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Hélène VASSILIADOU

LES CONNECTEURS
C'EST-A-DIRE (QUE) EN FRANCAIS
ET (OILAOI) EN GREC
ANALYSE SYNTAXIQUE
ET SEMANTICO-PRAGMATIQUE

Diffusion

A nrt
Thèse à la carte
Atelier national de reproduction des thèses
Que se passe-t-il aux plans linguistique et discursif, lorsque Alphonse Allais écrit qu’il faut
« prendre l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres » ? « Bon d’accord, ils n’ont
pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres ». Comme toute opération productrice
de sens, la reprise marquée par c’est-à-dire (que) suppose un échange qui n’est pas que simple
répétition. Il s’agit d’un travail dans et sur la langue, marqué par un mouvement de retour, de
réflexion sur le dire et le dit : retour, réflexivité, reprise, rephrasage, métalangage, métadiscours,
métaénonciation… tout un travail autour du re- et du méta-. C’est précisément dans ce double
questionnement, onomasiologique et épistémologique, que se situe l’origine de cette étude,
c’est-à-dire s’intègrant dans une thématique plus générale, celle de l’étude des activités
épilinguistiques et de l’étude des marqueurs discursifs. Dans cette perspective, nous nous
proposons de faire ressortir les caractéristiques stables du potentiel sémantico-pragmatique de
c’est-à-dire (que) en étudiant les contrastes entre énoncés avec et sans marqueur et les
contrastes entre énoncés avec des connecteurs intégrant la même classe sémantique que
c’est-à-dire (cf. à savoir, autrement dit, en d’autres termes, etc.). La focalisation sur un marqueur
soulève inévitablement la question de la méthodologie à suivre pour le décrire ainsi que du cadre
théorique susceptible de rendre compte des difficultés que présente la détermination des
possibilités d’emploi de c’est-à-dire. De ce fait, notre thèse propose une double rencontre.
Rencontre d’abord entre la diachronie, la syntaxe et la sémantique qui s’interpellent
naturellement, mais sont rarement réunies dans la pratique. Rencontre ensuite entre la méthode
classique monolingue et l’analyse contrastive. Notre étude repose donc aussi sur la comparaison
de connecteurs pouvant fonctionner comme correspondants dans deux langues distinctes, en
l’occurrence le français et le grec. La comparaison des deux marqueurs (c’est-à-dire et äçëáäÞ
[äilaäi]) permettra de saisir les propriétés communes qui leur donnent la possibilité d’intervenir
dans des contextes semblables, et de faire ressortir leurs emplois distincts. Une compréhension
de plus en plus fine des connecteurs, pris individuellement, peut conduire à des propositions, à la
fois sur leurs fonctions et sur leur classification, plus générales que celles dont nous disposons à
l’heure actuelle.

This study focuses on the description of the french connective c’est-à-dire (que). C’est-à-dire
enters a group of linguistic items which may be called “discourse markers”, a
functional-pragmatic class which either is identical to, subsumes, or to a large extent overlaps with
what has been called among other things “discourse particles”, “operators”, “metalinguistic
connectives’ and so on. Although discourse markers present decided difficulties of interpretation
and are frequently multi-functioal, they appear to contribute, through their hedging qualities, to the
mediation of social interaction. C’est-à-dire is usually thought of as providing various kinds of
metalinguistic indications about the unfolding discourse. It flags an upcoming repair or gloss and
appear utterance-medially as a general rule. Within this perspective, we propose to offer some
account of its distribution and function by examining a group of linguistic items which are
considered to be part of the same class (à savoir, en d’autres termes, autrement dit, etc.). Three
approaches are taken into account: semantics, syntax and the theory of grammaticalization. We
will also present a contrastive analysis between French marker c’est-à-dire and Greek äçëáäÞ
(äilaäi). The analysis show coincidences in their prototypical functions such as explanation and
definition, whereas differences arise when pragmatic factors are involved. Assuming that those
differences have roots in discourse, parallel differences are expected to be found in their
semantic instructions. We argue that their comparison can lead us to seize their common
properties allowing them to permute in similar contexts and that new markers, that there were not
taken into account initially, can reveal new data for this study. A fine comprehension of discourse
markers, taken individually, can lead to general propositions concerning both their functions and
classifications.