Vous êtes sur la page 1sur 3

ENSIMAG 2ième année (2009-10)

Equations aux dérivées partielles et différences finies

Examen du 16 Décembre 2009


Durée : 2h. Les seuls documents autorisés sont les notes du cours
et des travaux dirigés d’EDP et différences finies. Les
calculatrices sont interdites.

Exercice 1
Etant donné une matrice symétrique A ∈ Mp (R), on considère le système
∂u ∂u
+A = 0, x ∈ R, t > 0, (1)
∂t ∂x
où u(x, t) : R × [0, +∞[→ Rp est de classe C 1 . On complète (7) par une
condition initiale
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ R, (2)
où u0 : R → Rp est une fonction C 1 .
1- Montrer que (1)-(2) admet une unique solution u et donner son expression
en fonction de u0 .
Indication : diagonaliser A et se ramener à la résolution de p équations de
transport scalaires.

Pour discrétiser l’équation (1) sur un intervalle de temps [0, T ], on utilise le


schéma aux différences finies de Lax-Wendroff
un+1 (x) − un (x) un (x + ∆x) − un (x − ∆x)
+A
∆t 2∆x
∆t
= A2 [ un (x + ∆x) − 2un (x) + un (x − ∆x) ], (3)
2∆x2
∆t
avec ∆t, ∆x > 0. On suppose par la suite que α = ∆x
est constant.
2. Déterminer l’ordre du schéma (3).

On étudie dans les questions suivantes la stabilité du schéma (3) dans


(L2 (R))p par la méthode de von Neumann.

1
3. Montrer que la matrice d’amplification G du schéma s’écrit

G(∆t, ∆x, k) = I − 2α2 sin2 (k∆x/2) A2 − iα sin (k∆x)A. (4)

Cette matrice est-elle normale ?


4. Exprimer les valeurs propres de G(∆t, ∆x, k) en fonction de celles de A.
5. Calculer Sup ρ(G(∆t, ∆x, k)), où ρ(G) désigne le rayon spectral de G.
k∈R
6. Déterminer suivant les valeurs de α la stabilité du schéma (3) dans
(L2 (R))p , et conclure sur sa convergence.
7. Montrer que l’équation des ondes posée sur R

∂ 2y 2
2 ∂ y
= c , x ∈ R, t > 0, (5)
∂t2 ∂x2
avec les conditions initiales
∂y
y(x, 0) = g(x), (x, 0) = h(x), x ∈ R, (6)
∂t
peut s’écrire sous la forme (1)-(2) avec p = 2.
8. Pour quelles valeurs de α le schéma de Lax-Wendroff appliqué à l’équation
des ondes est-il stable ?

Exercice 2 On considère l’équation d’Airy

∂u ∂ 3 u
+ 3 = 0, x ∈ R, (7)
∂t ∂x
avec la condition initiale

u(x, 0) = f (x), x ∈ R. (8)

Partie I : existence d’une solution

Dans cette partie on choisit f dans la classe des fonctions de Schwartz


S(R), i.e. f est C ∞ sur R et vérifie pour tout k, n ∈ N

dn f
lim xk (x) = 0.
x→±∞ dxn

2
On rappelle que la transformée de Fourier F est une bijection sur S(R).
1- Montrer que l’on a formellement
u = F −1 (a(λ, t) fˆ(λ)) (9)
pour un multiplicateur de Fourier a(λ, t) qu’on explicitera.
2- Montrer que la fonction u définie par (9) vérifie u(., t) ∈ S(R) pour tout
t ∈ R.
3- Montrer que la fonction u définie par (9) est C ∞ sur R2 et solution de (7)-
(8) (on pourra utiliser le théorème de convergence dominée pour la dérivation
d’intégrales à paramètres).
4- A partir de la solution u de (7)-(8) obtenue précédemment, trouver une
solution w du problème
∂w ∂w ∂ 3w
+c +k = 0, x ∈ R, (10)
∂t ∂x ∂x3
avec c, k ∈ R∗ et la condition initiale w(x, 0) = f (x).
5- Citer un domaine d’application de l’équation (10) mentionné en cours.
Partie II : comportement asymptotique
On introduit la fonction d’Airy, définie par l’intégrale
1 +∞
Z
1
Ai(x) = cos(ξ x + ξ 3 ) dξ. (11)
π 0 3
6- Montrer que l’intégrale (11) converge pour tout x ∈ R. Indication :
intégrer par parties.
1
R +∞ i (ξ x+ 1 ξ3 )
7- Montrer que Ai(x) = 2π −∞
e 3 dξ.
8- En déduire que
Z +∞
i 3
e−i2πλ x Ai(x) dx = e 3 (2πλ) (12)
−∞
en permutant formellement les intégrales suivant ξ et x. Indication : on
pourra utiliser la propriété F(δa ) = e−2iπλa , où δa désigne la distribution de
Dirac en a.
9- En utilisant (9) et (12), écrire u sous la forme d’un produit de convolution.
10- On admettra que Ai ∈ L∞ (R). En utilisant la question 9, montrer que
si f ∈ L1 (R) alors ku(., t)kL∞ (R) → 0 lorsque t → ±∞.

Vous aimerez peut-être aussi