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12“' ANNÉE — N° 21 (NouY.

série) MAI-JUIN 1949

CAHIERS ASTROLOGIQUES
Sous la direction de A. VOLGUINE

SOMMAIRE

A. Volguine .. . . Les Correspondances Astrales.


André Barbault .. La Méthode Analogique.
F.-Xavier Kieffer . Origine des doctrines astrologiques de J.
Firmicus Maternus.
Dr Probst-Biraben. Raymond Lu Ile et ^Astrologie.
Maurice Privât . . Les Equivalents Géodésiques.
Ad. Ferrière.......... Le Problème des Cycles de l'Histoire (fin).
H. Le Riche . .. . . Hortus Astrologiae : thème de Dorval.
Paul L. Ed.-Rayet. A propos d'Ephémérides.
F. von Stromer-
Reichenbach. Introduction à THistorionomie (suite).
G. -L. Brdhy.......... Deux Maîtres en Astrologie Mondiale.
François Allaeus. . Destin de l'Univers (suite).
P.-E.-A. Gillet .. . Le Coin de la Précession.
Communiqués du C.I.A.
Les Nouveaux Livres.

EDITIONS DES CAHIERS ASTROLOGIQUES


15z rue Rouget-de-l’lsle, NICE

Prix : 120 Fr
ÉDITIONS DES CAHIERS ASTROLOGIQUES
IEh ftuc now^çct-de-l’lwl© • NICE
C. C. P. Marseille 290-35

° Les Maîtres de ^Occultisme ”


Collection des textes fondamentaux et des travaux originaux
sur les diverses branches de la tradition occulte, dirigée par A. Volguine
♦ Vol. I. — Gérard de Crémone :. < Géomancie Astronomique »
(1661) ....................... ............................................... 150 fr.
♦ Vol. II. — Claude de Saint-Martin : < Des Nombres ». Précédé d’une
introduction inédite de Pierre Orletz..................... 180 fr.
♦ Vol. III. — Ellphas Lévi: «Clef des Grands Mystères» .. 390 fr.
4 Vol. IV. — M.-C. Polnsot : « Le Banc du Silence » ................. 200fr.
♦ Vol. V. — Dr Marc Haven : « La Magie d’Arbatel »................ 130fr.
♦ Vol» VI. —A. Volguine : «Astrologie chez les Mayas et les Aztè­
ques » .................. ..................... .. ............................ 200 fr.
♦ Vol» VII. — Philippe d’Aquin : « Interprétation de l’Arbre de la Cabale »
(1625). Préfacé par le Docteur Marc Haven .. 120 fr.
♦ Vol. VIII. — Th. Terestchenko: « Initiation» ............................. 150 fr.
♦ Vol. IX. — Henri Rantzau : « Traité des Jugements des Thèmes
Généthliaques (1657)............................................ 360 fr.
♦ Vol» X. — J.-M. Ragon : « De la Maçonner-e Occulte et de l’ini­
tiation Hermétique ». préface par A. Volguine 240 fr.
♦ Vol» XI. —Dr L-H. Probst - Biraben : «Les Mystères des
Templiers* ................................................. .. ....... 240 fr.
♦ Vol» XII. — Pezelius: «Préceptes Généthliaques» (1607), traduits
pour la première fois par P.-E.-A. Gillet et annotes
par Jean Hièroz.
♦ Vol. XIII.— Th. Terestchenko : « Les 33 voies de la Sagesse » 180 fr.
♦ Vol. XIV.— F.-Xavier Kieffer : « La Vérité sur la Domifica-
tion », préfacé par A. Volguine . 200 fr.
♦ Vol. XV.— « Le Rituel dela Maçonnerie Egyptienne de
Cagliostro», annoté par le docteur Marc
Haven et précédé d’une étude introductive
de Daniel Nazir....................................................... 275 fr.
♦ Vol. XVI. — Confucius : « L'Invariable Milieu », traduit du
chinois par Abel Remusat, avec une intro­
duction de A. Volguine.
♦ Volumes parut. ♦ Pnernieri è paraître

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12,nt’ Année — N° 21 (Nouvelle Série) Mai-Juin 1949

LES
CAHIERS ASTROLOGIQUES
REVUE D'ASTROLOGIE TRADITIONNELLE
Paraissant tous les deux mois sous la direction de
A. VOLCUINE

Rédaction et Administration : -* Abonnement (6 numéros) :


France : 600 francs — Etranger : 700 francs
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Prix du numéro : 120 et 150 fr. (N01* spéc.)
NICE (A.-M.) C. C. Postaux : Marseille 290-35.

Les Correspondances Astrales

L'Hermétisme, devenu de nos jours l'Occultisme, est basé avant


tout sur une série de correspondances qui lient les entités invisibles
(les génies planétaires et zodiacaux), les astres, les métaux, les plan­
tes, les animaux, les couleurs/les sons, les nombres, etc., transformant
ainsi tout ce qui se trouve dans l'univers en compartiments allant du
plus petit au plus grand à travers toutes les espèces, phénomènes et
divisions par genre naturel. Comme l'Astrologie est, par excellence,
la science des ‘correspondances et des analogies (conservées même
dans l'Astrologie dite scientifique qui prétend cependant n'avoir rien
de commun avec l'Occultisme), il me semble indispensable d'essayer
d'approfondir le principe même de quelques-unes de ces correspondan­
ces que l'Astrologüe manie le plus souvent sans réfléchir.
Les anciens avaient visiblement une sorte de « sixième sens » qui
leur permettait la vision directe et, probablement, infaillible de ces
.« correspondances » et « affinités ». Ce sont eux qui nous ont légué
ces listes parfois contradictoires^des rapports entre les planètes et les
•signes du zodiaque, d'un côté, et toutes les choses terrestres de l'autre
côté. Les modernes répètent les données anciennes sans les expliquer,
ou essaient empiriquement de les'élargir et de les compléter, parfois
en.les déformant (« Les 33 Voies de la Sagesse » de Th. Teretschenko
est la dernière tentative en date de revoir ces correspondances (1).
. (1) Voir surtout le tableau de la p. 67-68.
114 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

Si je me permets de revenir aujourd'hui à cet ABC de notre


science, c'est que l'étude d'André Barbault sur La Méthode analogique
qu'on lira plus loin, m'en donne l'occasion. En effet, la plupart des
notions élémentaires de l'Astrologie ont besoin d'etre'approfondies si
nous voulons rendre notre science plus facilement assimilable.
Prenons aujourd'hui pour exemple les correspondances astrales de
notre alphabet.
On lit souvent que la lettre A appartient au Soleil et au signe du
Lion, que B correspond à la Lune et au signe du Cancer, que C se
trouve sous l'influx de Mercure dans le signe des Gémeaux, que D est
influencé par Vénus ou le Taureau, que E est gouverné par Jupiter ou
Sagittaire, et ainsi de suite, bien que les Arabes ne rattachent aux
planètes que les voyelles, réservant les consonnes aux signes du Zo­
diaque et aux étoiles fixes (2), tandis que Agrippa attribue A à Sa­
turne, les trois lettres suivantes aux trois premiers signes du Zodia­
que, É à Jupiter, F au Cancer, G au Lion, H à l'Esprit, I à Mars, J à
Mercure, K a la triplicité de Terre, L à la Vierge, M à la Balance, N
au Scorpion, O au Soleil, P au Sagittaire, Q à la triplicité d'Eau, R au
Capricorne, S au Verseau, T aux Poissons, U à Vénus, V à la Lune,
X à l'élément d'Air et Z à celui de Feu (3).
Je crois que personne n'a essayé d'apporter une explication à ces
correspondances. S'agit-il des affinités entre les sons de ces lettres,
leur valeur numérique ou leurs formes graphiques et les facteurs as­
trologiques ? C'est une question d'autant plus importante à résoudre
que l'histoire des écritures ne correspond pas toujours à celle des lan­
gues parlées. Il est évident que les premières lettres de l'humanité
n'étaient évidemment que de simples aides-mémoire, et que, d'autre
part, le tracé des lettres (et autres signes) était toujours considéré
comme une opération magique répétant le geste initial du De­
miurge (4).
On admet généralement aujourd'hui que les premières idées ex­
primées par l'écriture durent être des idées de nombre et de temps.
Les calendriers rudimentaires, les cordes nouées ont visiblement pré­
cédé l'écriture telle que nous la connaissons aujourd'hui. De ce fait,
il est logique que les deux premières lettres de l'alphabet soient consa­
crées aux luminaires qui règlent le calendrier (5), mais il est presque

^’Astrologie » dans le no 3 de 1946.


dans son Dlctioniuüre^thïher^t&ïe^ï^^SnS’tî0^! r R* 208* Dom pern.etty
plaçant A sous rinfluenée des PoissoiS b £>ut à *4* une autre en
ment de Feu, E sous leCa^corn?^ C 60118 Ie Verseau, D sous Fêlè­
rent s’explique peut-être par le°fait’ au^se etc-.Son Point de vue dlffé-
mique. ■ IW qu u 86 P^ce uniquement au point de vue alchi-
Jm»9ue l’Hléroglyphe de 6a-
deœlné d'en bu en haut fait anSî ... Ju? côtt de cette Planète, tandis que celui
W**?* par celui de 1Æ de 'et astre. SI ce dernier tracé
« symbolise a 11116 signification
se la ligne de la manifestation terrpctm “^enmles, Infra^humalnés que traver-
SSS&E ^e^ereceue dans le mond? Certains
W (5) âd” pentecIes- 11 magie graphique et l’utilisent dans la
bats du^^1,î^.5,’r^le^Notowlb re’proSsaÔu^ets' “r-chaque civilisation

r nest Pas la première lettre, mais la


LES CORRESPONDANCES ASTRALES 115

certain qu'il s'agit des lettres en tant qu'imagés et non sons. (D'ail­
leurs, le son A, comme celui de toutes les lettres, n'est pas invariable
non seulement dans les langues différentes, mais même dans l'inté­
rieur d'une même langue : l'a de flamme n'est pas celui de hâte/ par
exemple). Eh parlant des rapports entre l'alphabet et les facteurs cos­
miques, la Tradition parle certainement des caractères graphiques et
non des sons qui leur sont attribués. Il s'agit ici essentiellement de
l'ésotérisme graphique et non de ce qu'on nomme en Orient les Man-
trams. Agrippa que nous avons mentionné plus haut et qui était, même
aux dires des historiens profanes et adversaires de tout ésotérisme,
un des esprits les plus étonnants du XVIe siècle, donne une page en­
tière de lettres sacrées ou caractères particuliers des planètes, — ca­
ractères qui n'ont rien de commun avec nos lettres, mais qui, d'après
lui, doivent représenter des graphiques parfaits correspondant à l'in­
fluence de chaque astre (6).
Mais revenons à notre alphabet.
La lettre A est celle qui a subi le moins de transformations et
d'arrangements au cours des âges, du phénicien à nos jours. Son pro­
totype égyptien (car il est généralement admis aujourd'hui que l'al­
phabet phénicien est dérivé des hiéroglyphes égyptiens) symbolise
l'homme ou l'enfant naissant, ses deux jambages représentant les deux
jambes. C'est peut-être parce que son prototype égyptien représentait
l'enfant naissant que le A a été placé en tête de la plupart des alpha­
bets, tandis que le caractère masculin de ce prototype confirme sa
correspondance solaire.
Faire le même raisonnement pour les autres lettrés de notre al­
phabet est souvent plus difficile, mais indispensable si nous ne voulons
pas répéter les listes des correspondances astrales sans les comprendre.
Notre B, beth, beta est à la fois le chiffre deux qu'on donne sou­
vent à la Lune, ainsi que le symbole de la main gauche (qui est le côté
lunaire) et de l'enceinte, de la maison, du lieu secret, de la bâtisse,
du repos de la nuit, de la bouche, — toutes les attributions de la IV®
maison horoscopique et du signe du Cancer. Diodore nous apprend
qu'en Ethiopie, la main gauche fermée était l'image d'une possession
tranquille (7) qui semble être le sens originel de cette partie du ciel.
Notre graphisme de la lettre B ne montre-t-il pas l'image d'une ar­
moire à deux portes bombées vue d'en haut ?
Quant au C, son attribution à Mercure paraît plus douteuse
(même si on laisse de côté son caractère guttural qu'il avait déjà chez
les Grecs ; comme nous l'avons souligné plus haut, ces correspondan­
ces sont, à notre avis, uniquement celles de l'ésotérisme graphique et
non des sons). Les Phéniciens l'avaient certainement tiré d'un idéo­
gramme égyptien, mais en l'altérant tellement que la parenté est mé­
connaissable. Le Ghimel qui est sa forme hébraïque, contient surtout,
à côté de lridée de la main tendue, celleiJè grâce, faveur, beauté, etc,,
et de ce fait, cette lettre comme aussi le nombre 3 qui est son équiva­

le) Livre I, chapitre XXXIII.


(7) Livre ni.
116 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

lent numérique, convient mieux à Vénus qu'à Mercure. Sa significa­


tion de lo main tendue qui prend ou qui retient, semble être surtout
celle du salut, de caresse, mais nullement un rapport anatomique.
Cette main est aussi peu mercurienne que la main gauche symboli­
sant la lettre B. D'autre part, la forme même du C ne ressemble-t-elle
pas au début du tracé de l'hiéroglyphe de Vénus, — tracé qui reste
inachevé ?
En accord avec Agrippa qui attribue la lettre D aux Gémeaux,
on peut la placer sous l'influence certaine de Mercure, car le Daleth,
selon M. de Paravey (8) est « littéralement traduit par ostium, janûa,
porto, fores, et encore par une idée toute voisine, par folium, pagina
libri ; et le d Runique, le d lllyrien offrent exactement la forme du
caractère des portes à deux bottants de l'écriture hiéroglyphique con­
servée en Chine, soit que ces portes soient représentées entr'ouvertes
seulement, ou entièrement ouvertes, et leurs battants tournés en de­
hors ; et l'on voit nos D divers, comme le Delta grec, comme le Daleth
hébraïque lui-même, n'en être que des abréviations toutes naturels
les»... Notons aussi que cette lettre représente en musique la note ré
dans l'alphabet dit de Boèce, et qu'on donne généralement cette note
à Mercure ; c'est justement à cause du caractère « reversible », « her-#
maphrodite » de cette planète, qu'elle n'avait pas de clef comme
l'ut et le fa.
Chaque astrologue peut continuer ces réflexions, car l'analyse
complète de l'alphabet demanderait la moitié de ce numéro. Il n'est
généralement pas nécessaire d'épuiser un sujet ; il suffit d'éveiller la
pensée.

A. VOLGUINE.

P.n«8iOTRE?aliflsur ^origine unique et hiéroglyphique des chiffres et des lettres ».

LIBRAIRIE

astrologie - graphologie - radiesthésie


occultisme - hermétisme

Ï8, Rue du Vieux-Colombier . PARIS (6e)


La Méthode Analogique

La critique : « Questions de méthode » (n" 16) du AL H. Labbé, suite aux


« Problèmes méthodologiques n (n° 13), soulève de grandes discussions qui nous
obligent à aller de l’étude des méthodes à celle des principes mêmes de l'astrologie
sur lesquels ces méthodes doivent se. fonder.
La critique que l’on peut faire de mon exposé du n” 13, est de séparer arbi­
trairement les trois aspects méthodologiques : dialectique, statistique et psycholo­
gique. La démarche astrologique, pour être parfaite, doit en effet réaliser la syn­
thèse de ces trois données : philosophique, mathématique et symbolique.
Après critique de M. Labbé, je garde le sentiment d'avoir exposé le problème
des méthodes en astrologie dans toute son ampleur, sans erreur véritable, avec
toutefois le reproche d’avoir été imprécis et incomplet. Aussi je pense montrer à
mon aimable contradicteur que ses critiques tombent à côté et qu'il ramène le pro­
blème à un ensemble de vues nettement limitatif et restrictif, qui compromet cer­
tainement l’astrologie « scientifique » qu'il entend défendre.
Quand l’auteur me demande quelle loi fut jamais découverte par la métaphy­
sique^ il entend nier les rapports de la scieftce et de la philosophie, ou les réduire
à une perspective microscopique.
Faut-il lui montrer que le rapport entre la loi scientifique et la pensée philo­
sophique est à la fois plus large et pfus étroit qu’il ne le suppose ? De l'avis de ses
historiens, la science est un phénomène social qui ne pousse pas sur la civilisation
comine un épiphénomène isolé,' mais tient au contraire par toutes ses racines au
terrain général, aussi bien politique, économique qu'idéologique, d’une époque déter­
minée. Elle est fonction d’une histoire générale où sont synchronisées toutes les
manifestations humaines. Or, on ne peut qu’arbitrairement séparer la science de
la philosophie. L’histoire de la science n’est précisément qu'une suite de « cou­
rants » dont on peut dire qu’ils sont autant sinon plus philosophiques que scien­
tifiques : le rationalisme cartésien, l'esprit expérimental newtonien, le mécanisme
et le déterminisme .issus de l'analyse leibnizienne, le matérialisme surgi des travaux
de Lavoisier, l'évolutionnisme lamarckien... Les grandes découvertes scientifiques
naissent de la pensée philosophique de leur temps, et les grands savants sont pour
la plupart de grands philosophes. Epiçure n'a pas attendu la physique nucléaire
pour donner une conception atomique du monde. Si nous lisons la dialectique de
Héraclite, de Hegel et de Marx, nous y trouvons toute la notion du cycle plané­
taire qui deviendra vite une loi scientifique. Tout récemment, nous avons vu une
science entière : la psychanalyse, naître directement d'une philosophie : celle de
Schopenhauer. L'astrologie elle-même ne repose-t-elle pas sur la philosophie her­
métique, et la couper de ses origines philosophiques nous conduit à lui appliquer
des méthodes diamétralement opposées à ses principes ! On peut se demander
comment la science pourrait vivre sans dialecticiens, car le problème scientifique,
surtout quand il est un problème humain comme en astrologie, devient vite un
problème philosophique. Et ce n’est pas seulement le « Pourquoi » (que nous pou­
vons laisser de coté) des problèmes astrologiques, mais le « Comment » lui-même
de ces problèmes qui nous fait passer de la sphère technique, au domaine psycho­
logique, puis au domaine philosophique, c'est-à-dire qui nécessite, pour être résolu,
la mobilisation de toutes jios possibilités.
Quand M. Labbé se réfère, à la logique d’Aristote, il est lui-même l’exemple
d'une science basée sur une métaphysique. Ib est exact que presque toutes les
méthodes scientifiques, à quelque époque que ce soit, sont nées de la philosophie.
Est-ce un hasard que la renaissance astrologique se place en lin du XIXW0 siècle,
dans un courant^ « anti-intellectualiste » à l’opposé du rationalisme (conjonction
Neptune-Pluton) ? Courant qui, avec Planck, Pasteur, Freud, Einstein, Bergson et
d’autres... aboutit à une révolution scientifique sans précédent, à une crise de
structure de la science ? Le paradoxe est que les astrologues aient entrepris cette
rénovation uniquement dans l'esprit rationnel, non dans la pensée philosophique
qui a fait sortir des fagots cette vieille astrologie tellement irrationnelle. Les scién-
118 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES
ces nouvelles issues du même courant philosophique que Fastrologie ont bouleversé
les fondements scientifiques les mieux établis ; elles ont etc en desaccord avec les
lois régnantes ; elles ont élargi démesurément la connaissance grace a des metho­
des nouvelles. Chaque grande découverte n'est-elle pas le fait d une discipline nou­
velle, en général en désaccord avec les methodes conformistes .
L'astrologie devait faire sa révolution î le courage hii.a manque. 11 y avait une
belle excuse : il fallait des prennes formelles. Personne n'en conteste l utilité. Mais
exiger des preuves mathématiques conduisait à appliquer les méthodes « ration­
nelles » utiles certes, mais absolument insuffisantes.
On aurait pu se contenter de preuves expérimentales et au moins donner à
l'astrologie une méthode appropriée à sa nature et qui soit totale.
Cette exigence existe-t-elle • dans les sciences nouvelles ? La psychologie est
une science cïhjpotlièscs où chaque acquisition est accompagnée d'un a tout se
passe comme si ». Sans cette formule, elle ne saurait exister. Dans les sciences
humaines —- comme l'est l'astrologie— il ne saurait y avoir de certitude absolue,
mais seulement d'acquisitions plus ou moins fondées. Que nous utilisions les statis­
tiques ou la méthode analogique, il nous faut faire une place honorable à l'aprio­
risme aux côtés de l'empirisme. Inévitablement, car si le premier terme de l’équa­
tion est la mécanique céleste exactement contrôlable, le second est l’homme qui
se dérobe à toute formulation chiffrée. Quand on possède les données psychologi­
ques et le sens philosophique d'une connaissance humaine, on est plus riche que
si l’on possède sa technique seule, et c'est pourquoi un Carteret — qui • n'est. pas
astrologue — peut faire des découvertes proprement" astrologiques, et un statisti­
cien astrologue sortir de parfaites niaiseries astrologiques !
J'ai critiqué la statistique d'enquête en partant de l'analyse psychologique du
raisonnement syllogistique, qui est ?i peu près seul à intervenir dans l’opération
statistique. J’ai dit que son rôle n’était pas de découvrir mais de prouver, qu’il
avait surtout une fonction de contrôle. 11 paraît que mes conclusions sont fausses.
Elles figurent pourtant dans n’importe quel manuel de psychologie de bachot,
celui de Cuvillier par exemple. Il faudrait donc renvoyer le débat aux tribunes
psychologiques de la Sorbonne. Bien que les déductions de M. Labbé me paraissent
scabreuses, je n'irai pas lui chercher chicane sur le terrain psychologique, alors
que le terrain astrologique offre suffisamment de place... Je lui ferai seulement
remarquer, que la logique aristotélicienne, en tant que raisonnement syllogistique,
a abouti historiquement à la scolastique du Moyen-Age dont la formule de raison­
nement est célèbre : < Pourquoi l'opium fait-il dormir ? —. Parce qu’il a une vertu
dormitive »!
Je tiens à faire une remarque : je n’ai pas condamné catégoriquement la sta­
tistique d’enquête. Je répète que cette recherche peut donner des résultats, mais
en général en donne très peu. Il faut juger d’une méthode par les résultats qu’elle
donne. Or, j'aimerais bien qu'on me dise quelles sont les grandes « découvertes »
statistiques qui ont été faites jusqu ici ?... Certes, il y. a eu des trouvailles ; on en
découvre, par exemple, dans « La Combustion » de notre ami Symours. Cela suffit
pour ne pas la rejeter. Moi-même, aux dernières pages de mes cahiers de thèmes
d etude (savants, écrivains, musiciens, politiques, névrosés, pervers, etc...) je dresse
des. listes de positions et d aspects. C’est tellement logique. Et c’est indispensable.
Mais le problème se pose à partir du moment où il s’agit ^interpréter les résul­
tats, bi on en fait uniquement une question de chiffres, on risque d’en être pour
ses Irais ; ce n est qu’en appliquant la méthode analogique qu’il est possible d’en
|UD ensei8nement H 5s1 e?, tout cas manifeste, aux yeux de la plupart des
\^°-0SUef’ k statlsCl(îue (fenquete, tout utile qu’elle soit, est insuffisante et
impuissante a faire progresser l'astrologie. Kraft, après 20 années de staXues
a .adnds etait impossible de construire une astrologie nar la seule

«..kun t0Ut sc,entifi‘lae flu’eUe soit la méthode statistique est -frè. rriri

terme de l'équation: la mécanique céleste Ahk h k♦ P * de vue,dun seul


LA MÉTHODE ANALOGIQUE 119

résultats sont médiocres, et c’est précisément aux résultats que l’on juge de la
valeur d’une méthode.
Le premier defaut de la méthode statistique — relevé par Choisnard — est
d’aboutir presque toujours à un faible écart de fréquence ; écart peu impression­
nant dit-il, souvent peu probant. Si je prends les statistiques de contrôle faites par
Choisnard, qu’il s’agisse du sextil Soleil-Lune dont la fréquence a été trouvée égale
à 53 % chez un millier de gens quelconques et voisine de 12 ?o chez un millier
de gens célèbres ; de Jupiter au Milieu du ciel dont la fréquence saute de 5 à 10 %
d’un millier de gens quelconques à un millier de gens célèbres, ou de l’aspect
Lune-Mercure dont la fréquence passe de 50 à 77 % de 300 thèmes de personnes
quelconques à 167 thèmes de philosophes, l'écart en question, s'il mérite l’atten­
tion du scientifique, n’est pas très solide pour rétablissement d'une loi astrale.
Que l'on songe, par exemple, à sa statistique faite sur les transits de Mars et
Saturne en aspect du Soleil dans la mortalité, et appliquée sur 200 thèmes ; il en
tirera une loi, parce qu’il trouva, là encore, une fréquence spéciale presque double
de-la fréquence générale. Et pourtant, lorsque notre ami Gouchon étendit la sta­
tistique sur 2160 thèmes, il ne constata aucune prédominance marquante pour la
conjonction et l’opposition de ces transits ! Fragilité des chiffres ?...
Cette faiblesse de l’écart trouvé soulève deux critiques. Puisqu’il est déjà diffi­
cile de faire une solide statistique de contrôle, il semble quasi-exceptionnel de réa­
liser une statistique d'enquête qui puisse répondre aux exigences du calcul des
Probabilités récemment établies par Hièroz. A cette critique théorique s'ajoute une
• critique pratique. La statistique ainsi faite ne pose pas la loi sur son véritable ter­
rain. Il ne s'agit pas de savoir, en effet, si, par exemple, les personnes constipées ont
une dissonance saturnienne à un luminaire plus souvent que les autres personnes,
mais de voir si la majorité des gens qui ont la dissonance saturnienne sont constipés
et si la majorité des constipés présentent la dissonance saturnienne. C’est cette réci­
proque seule qu’il est utile et probant d’établir. La statistique doit s’engager dans
cette voie et doit trouver des écarts de fréquence plus probants. Sinon, la <c Ibi
astrale » ne peut servir à rien et n'est d’aucune utilité. En conséquence, l’astrologie
n’avancera pas d’un pas. On ne voit pas très bien, parce que Choisnard a trouvé
que les gens célèbres .avaient 12 % de* sextils Soleil-Lune, un astrologue diagnosti­
quer à quelqu’un qui a ce sextil, 12 % de chances d’être célèbre à sa manière!
Raisonnement stupide ? N’est-ce pas pourtant celui de certains a scientifiques » qui
déclarent les yeux feVmés que tel Ascendant des Gémeaux est intelligent, à la suite
d’une fameuse statistique des ascendants en signes d’Air portant sur 123 cas...?
Le second défaut de la méthode statistique est de ne pouvoir relever que des
valeurs globales, d'ordre général, qui sont les moins importantes ; mais elle ne peut
déceler les indices individuels qui expliquent chaque phénomène, ce qui est le plus
important. On ne peut faire de statistique que sur un grand nombre de cas, en pre­
nant par exemple tous les savants, tous les artistes, tous les philosophes, tous les
criminels... etc., possibles. Ce que peut alors déceler la statistique, c’est un indice
propice à la qualité de savant, de philosophe, de criminel (indice pouvant corres­
pondre à une « faculté » : d’analyse chez le savant, d’abstraction chez le philosophe...).
Voilà tout Le principal reste à faire, c’est-à-dire à trouver pourquoi Pierre est philo­
sophe, Jacques savant, Charles artiste, Robert assassin... et surtout quelle est la
qualité propre, l'individualité de tel artiste, de tel savant ou de tel assassin... L’ « in­
telligence », par exemple, peut servir à constituer une statistique, mais il y a une
infinité de façons d’être intelligent ; nous ne pourrons connaître que les indices « pro­
pices au développement de l’intelligence ».
Cependant, le’ formel en astrologie n’est pas dans l'intensité mais
dans le caractère ; le thème révèle beaucoup plus la forme que le degré de l’intel­
ligence. Nous ne pouvons pas toujours savoir si un sujet est intelligent ou non, mais
nous devons pouvoir définir les traits de son intelligence. Il est manifeste ici que la
statistique ne porte pas vraiment sur le terrain astrologique. Nous en saisissons les
raisons : d’une part, elle porte l’étude sur un plan (celui de l’intensité, du degré, de
l'importance) qui ne sejnble pas être celui où s’exerce un déterminisme astral for­
mel ; d’autre part, comme toutes les formes d’intelligence sont recensées, tout l’arc-
en-ciel » des configurations est susceptible d’intervenir ; d’où pour ces deux raisons
.relevé de faibles écarts de fréquence. Il ressort nettement qu’au point de vue quan­
titatif et qualitatif, le « coup de filet » de la statistique n’est pas très riche. Tout en
120 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

demeurant nécessaire, son résultat reste insuffisant. Sa marge d’efficacité est limitée
tout en n’étant pas la plus importante.
Je ne saurai jamais vous dire avec certitude, en présence d’un thème si le sujet
est artiste, manuel, savant ou métaphysicien... Je pourrai tout au plus vous dire
qu’il est plus probable qu’il soit l’un plutôt que l'autre, qu’il penche davantage vers
tel genre, en vertu d’une tendance à préférer la matière de son élément. Mais je
resterai dans l'incertitude pour la raison — humaine — bien simple que la tendance
psychologique, en raison de sa plasticité naturelle, peut prendre plusieurs chemins
pour se réaliser, peut « choisir n différents habits, adopter différentes formes dans
sa manifestation. Mais ce que je dois à coup sûr déduire, c’est en présence de quel
genre de savant, de quel type, de métaphysicien, de quelle classe d’artiste, de quelle
espèce de manuel... je suis; c'esi-à-dirc quel est le thème que le sujet en question
réalise, quel programme il applique. C’est toute l’histoire du « contenu » et du
« contenant * que j'ai expliquée sommairement dans mon article sur la Vocation.
Ce problème primordial ouvre la voie à, une PHENOMENOLOGIE de l'astrologie
qu'il est indispensable de mettre sur pied et dont je ne puis ici. qu'esquisser les pre­
miers traits.
Cela nous montre que la statistique a un rôle spécifique ?» jouer. Elle doit nous
|K»rmettre de trouver le degré de probabilité qu'une tendance astrale a de revêtir
telle ou telle forme, de choisir telle matière ; par exemple, les chances que le vénu-
sien a de se réaliser dans l'art, le saturnien dans la science, le marsien dans Far­
inée... Il n'y aurait que cette méthode pour nous renseigner sur ce sujet et c’est
dans ce sens qu'il faut l'employer. Par contre, elle est impuissante pour détecter le
thème générateur, le programme de réalisation qui est derrière l’étiquette sociale,
c'est-à-dire la valeur individuelle qui est, en fin de compte, l'objectif n° 1 de nos
recherches. En somme, la statistique, devrait travailler sur le « contenant », le
« contenu » relevant d'une autre méthode de travail.
En raison de ces deux défauts — faiblesse de l'écart de fréquence et portée
limitée de son efficacité — défauts d'ailleurs étroitement liés, aucune statistique ne •
peut être faite sans tenir compte de la nature du matériel humain auquel elle est
appliquée. A partir du moment où l'écart de fréquence obtenu peut être, d’après les
probabilités, l'effet du hasard, il faut soumettre le résultat statistique à la critique
psychologique. Cette exigence a Ses raisons.
J’ai osé prendre l'exemple — gratuit j’en conviens — d’une statistique faite sùr
un millier de femmes veuves ou divorcées, qui pourrait relever une fréquence maxi­
ma d'harmoniques Lune-Jupiter pour la raison qu'une cinquantaine d’entre elles
lyncheraient pour la cuisine ou la gourmandise. Si le cas psychologique était aussi
simple, il n'arrêterait sans doute pas le statisticien; mais il est.à la vérité plus
complexe. Puisqu’il s'agit d'une statistique d'enquête, il faut bien aligner toutes les
configurations (ou en prendre une au hasard, ce qui ne change rien) c’est-à-dire
faire intervenir les configurations se rapportant à tous les événements et phénomè­
nes de la vie de nos mille personnes. Ces femmes ne sont pas que veuves ou divor­
cées; les unes sont volages, les autres fideles, les autres dépensières, d’autres gour­
mandes, d autres masochistes, d’autres frigides, d’autres agressives... il en est qui
sont en bonne santé, d’autres qui souffrent de telle ou telle maladie ; il est des fem­
mes; dintérieur, des collaboratrices, des indépendantes; leurs relations avec la
iamille, les arms, 1 entourage sont diverses, etc... bref toute la destinée de chacune
passe au cnble de la statistique. Or, si chaque phénomène humain était en rapport
avec un nombre dehm de configurations et que ce rapport soit constant pour tous
les phénomènes humains, que le veuvage corresponde à X configurations et la gour­
mandise egalement a A (meme nombre) de configurations d’un autre ordre, je coin-
“ freq-rnce m“ relev<?e indubitablement au «veu-
inge, puisqu il y aurait, en supposant que mes chiffres tiennent, 1000 veuves contre
gourm^des, Malheureusement, il n’en est pas ainsi : les phénZèna• psvchX-
^nV*înCOmP C\CS’ comme Ic veuvage ou le divorce, qui revêtent de multiples causes
sont en rapport avec un nombre dè configurations pratiquement illimité alors nue

maximafquand(rileestTféri^œ ™ PeriXcT dT‘ SÛr 3^fré£>ue"ce


"iCOnnU avec °le
e cmaie, danx notre cas, cela pourrait mener à attribuer l’harmonique
LA MÉTHODE ANALOGIQUE 121

Lune-Jupiter au veuvage, alors qu'elle est plutôt en rapport avec la gourmandise...


LA complexité du problème atteint toute son ampleur quand on associe à la notion
présente d’une difference numérique de rapports entre configurations et phénomè­
nes humains, le nombre des correspondances augmentant des phénomènes élémen­
taires aux phénomènes complexes, celle d’une signification indéfinie de possibilités
dfune même configuration. J’ai parlé d’une harmonique lame-Jupiter pouvant cor­
respondre à des femmes cuisinières et gourmandes. Mais cet aspect ne signifie pas
que cela. La symbolique jupitérienne associée à l’élément lunaire peut aussi corres­
pondre, selon toute vraisemblance, à des femmes sensuelles, à des femmes fécon­
des, à des femmes de bon caractère ou de bonne nature... et les possibilités de cet
aspect ne sauraient se résumer là. De sorte que les femmes gourmandes, cuisinières,
sensuelles, fécondes, optimistes, bonnes,... et d’autres sans doute que je ne connais
pas, peuvent, autour d’un seul aspect, « noyauter » notre statistique_sur les veuves
ou les divorcées, puisque les indices du divorce ou du veuvage s’éparpillent sur tout
un réseau de tendances.
C’est là une analyse psychologique absolument logique qui doit faire réfléchir
le statisticien et, qui découle de cette règle de travail fondamentale qu’à un événe­
ment’ donné peut correspondre une série de configurations diverses et qu'à une
configuration donnée peut correspondre une série de phénomènes divers. Elle nous
invite à réfléchir sur la prétendue « certitude mathématique » des chiffres, sur quelle
réalité humaine elle repose.
Le statisticien ne doit pas s’entêter à ne voir que les chiffres, commeXil le fait
trop souvent. Il faut apprendre ;i faire de l’astrologie en tenant compte des deux
termes def l’équation : la mécanique céleste et l’homme. Dans ces conditions, la
méthode statistique est, en soi, irréprochable ; elle donnera des résultats qu’aucune
autre méthode ne pourra donner, mais n’attendons pas d'elle autre chose que des
données dans l’ordre de celles que j’ai signalées, et adressons-nous à une autre
méthode plus appropriée pour entrer au cœur des problèmes astrologiques.
Cette méthode, j’en ai parlé dans les « Problèmes Méthodologiques » (1) mais
ne lui ai pas donné sa pleine signification. Avant de la développer, il me faut aupa­
ravant, pour préparer le terrain, répondre à plusieurs critiques de M. Labbé.
Lorsque je recommande d’étudier d'emblée une conjonction en signe et en mai­
son, mon contradicteur me reproche de substituer une donnée complexe à une
donnée simple, alors qu’il conviendrait au contraire d'aborder la conjonction isolé­
ment, en soi, pour en découvrir le caractère spécifique. Notre confrère a raison, en
principe. Mais la réalité astrologique ne s’accommode pas toujours de cette logique.
Car la pratique démontre que les conjonctions isolées ou ne donnent rien ou ne
peuvent être analysées.
Je connais une quantité de personnages qui ont la conjonction Soleil-Vénus ;
j’ai pu me rendre compte que ces personnages étaient, dans l’ensemble, des natures
sensibles et sensuelles, des charmeurs, artistes ou hommes populaires, jouissant de
la faveur publique... Le résultat est appréciable, certes, mais c'est à peu près tout
ce qu’il semble possible, synthétiquement, de tirer de ce phénomène. Le reste e,st à
extraire de la position des conjonctions en signes, aspects et maisons. C’estHà que
se fera le grand travail de déblayement. Par contre, je défie M. Labbé de me for­
muler une interprétation des 44 conjonctions historiques Soleil-Saturne de ma col­
lection. En voici la liste :
Amyot, Baudelaire, Bossuet, Berthellet, Campinchi, Carlos de Portugal, Char­
les VI, Marie Curie, Dante, Léon Daudet, de Curel, Camille Desmoulins, L. Dou­
bler, Dürer, Dorgelès, Max Dormoy, Edison, Falguière, François-Joseph, Haydn,
Francis Jammes, La Fontaine, Lavoisier, F. Lemaître, Léopardi, Lulli, Lumière
Louis, Le Nôtre, Loewenstein, M. Magre, Mandel, André Marie, Abbé Mermet, Mus­
set, Mozart, R. Poincaré, Walter-Scott, Robert Schuman, Scriabine, Schopenhauer,
Spinoza, Charles Trenet, Thérèse de Lisieux, Tycho-Brahé...
Je ne lui demande pas de me répartir les personnages en savants, artistes, poli­
tiques ou en centenaires ou tuberculeux... Ce travail de « classification » déjà fait
par XXX n’est que la préparation d’une étude plus approfondie qui doit permettre
de découvrir chez tous nos personnages, la manifestation, sous des expressions
diverses, d'un même ensemble de tendances psychologiques. Il comprendra mainte-

(1) « Les Cahiers Astrologiques », 1948, N» . 13.


122 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES
nant, je pense, pourquoi je tiens tellement à placer mes conjonctions dans les signes
• t les maisons.,.
Certes, il faut partir du général, mais quand nous cherchons dans le monde
.symbolique, une vue trop générale n'est pas toujours à la mesure de notre petite
dimension ; elle n’est pas toujours à la portée de notre esprit actuel, instrument
encore mal habitué à la pensée symbolique. Il faut prendre les ensembles qui nous
sont les plus accessibles, et ce ne sont pas toujours les vues les plus générales.
Le point faible de notre contradicteur est de séparer, de considérer à part l’in­
terprétation horoscopique et la découverte des lois, de considérer en somme que
je mets la charrue avant les bœufs en partant de, cas, isolés, pour édifier des lois
générales. Il paraît que je vais à l'encontre de la définition scientifique elle-même.
Je me demande un peu comment la science médicale a pu s’édifier, si les disci­
ples d’Èsculape sont partis sur des chiffres et des moyennes abstraites et non sur
des malades, des cas-clinique. Si la nosographie de telle maladie a pu être établie,
c’est uniquement par la constatation répétée du même ensemble de symptômes sur
une série de malades. Après quoi il a été permis d’avancer qu’il existait telle mala­
die se traduisant par tels troubles plus ou moins circonscrits. La personne est à
l’origine de la science médicale et les statistiques médicales viennent loin derrière.
Et la psychanalyse, comment a-t-elle été édifiée ? Uniquement par l’examen de
malades, d’individus isolés qui ont permis à Freud de découvrir les mécanismes de
l'inconscient. I41 psychanalyse n’a aucune statistique de découverte à son édifice :
elle n’a, qu'une « somme d'observations » sur des cas divers et des résultats-clini­
que qui vérifient les hypothèses provisoires fondées sur les observations qui ne ces­
sent de croître et de se confirmer. Elle n'en est pas moins une science qui a son
représentant officiel ?» la Sorbonne. Les découvertes proprement dites faites par les
statistiques en psychologie se limitent ?» bien peu. Dans ce domaine, elles servent
surtout ?» contrôler. Dans toutes les sciences humaines il en est ainsi, car l’homme
en tant qu’unité originale reste le point de départ de l'édification des lois générales.
Les résultats statistiques qui ne statuent que sur une moyenne générale, comme il
en existe, dans toutes les sciences par dossiers empilés les uns sur les autres, s’avè­
rent généralement inutiles, pratiquement inapplicables. Car les constatations vala­
bles pour des ensembles doivent au préalable être valables pour la cellule, l’unité
originale et irréductible qu’est l'homme. JJastrologie n'existera que si elle part du
concret, d'individus existant, de Pierre, de Paul et de Jean, et c’est pourquoi je tiens
tellement a respecter la complexité des phénomènes pris dans chaque cas parti­
culier. La methode monographique que je préconise n’est donc pas à blâmer puis-
queue a ete fondamentale dans la construction des sciences humaines : médecine et
psychologie.
vinnw ,ceIa soit’ l'astrologie est une SCIENCE DE L’INDL
iJÜUhL; libre a M. Labbé de conserver les illusions d’une interprétation étroite
des etiquettes aristotéliciennes. Avant de critiquer, il aurait dû philosopher davan­
tage sur la place de l astrologie parmi les sciences, ses buts et conséquences.
Le but des sciences humaines n'est pas de connaître un objet idéal, mais un
objet concret, de comprendre non pas l’homme en abstraction, mais Piérre et Paul
Dans les connaissances humaines, l'astrologie introduit de nouvelles perspectives
qui doivent permettre d accomplir un pas décisif vers l’accès à l’objet Mividuel
Pour la science médicale actuelle, c’est essentiellemênt l’homme en tant qu’es-
C1TU ? b ,ndlv,dueJk demeure une inconnue. Avec le concours
“k ™ ‘ ’ homme tend a etre vu < du dedans », dans sa spécificité organique :

Passons a la psychologie et développons notre sujet

de tel homme particulier Mais cette iLvnilu»; lï 9e de I Homme avant celle


LA MÉTHODE ANALOGIQUE 123

psychologique, quel qu'il soit, est par rapport à la réalité individuelle concrète une
approximation originellement déficiente. Aussi, Emmanuel Mounier a pu dire que
la typologie définit l'individu par ce qui n'est pas lui-même. Il existe, à n’en pas
douter, sous le type, des structures propres à l'être individuel qu’aucune psychologie
de l’homo-sapiens ne saurait relever. Quelle que soit. la typologie : tempéraments,
diathèses, métabolisme basal, influence endocrinienne, sexualité... la connaissance
de l’être individuel n’est pas atteinte ; il n’y a qu'un acheminement vers cette connais­
sance. Déjà, la psychologie de l’expression (graphologie, stylistique, chirologie...)
marque un progrès dans cette évolution. Quant à la psychanalyse, elle fait un
sérieux pas. en avant en introduisant définitivement dans les données psychologi­
ques l'histoire de la personne, c’est-à-dire les événements vécus par elle. Mais elle
a, comme les autres psychologies, le plus grand mal à aboutir : les symptômes indi­
viduels sont « couverts j) par les symptômes de l'espèce. L’accident historique finit
par .rentrer dans le .cadre d’une classification typologique, et nous n’arrivons pas
pleinement à déterminer le thème générateur d’un psychisme individuel,' à considé­
rer, comme le voulait Politzer, une psychologie où le fait psychologique est un évé­
nement à la première personne, ayant une signification et une valorisation per­
sonnelles.
C’est précisément le moment où l’astrologie peut venir à la remorque de la
science. C’est qu’en effet elle permet d'aborder Vhomme, sur son terrain propre,
c’est-à-dire sous l’angle personnel! Tout en donnant de lui une perspective cosmi­
que, elle le présente en tant que cellule particulière. Ses propres voies amènent non
à la synthèse de l’être humain, mais à la synthèse de chaque cas pris en particulier.
Elle vient donc prolonger l’évolution scientifique arrivée à une crise devant la
connaissance, du facteur individuel original ; elle doit permettre de résoudre cette
crise. Elle vient à point pour compléter la psychologie actuelle, et toute sa puissance
est dans cette particularité.
L’astrologie part d’une psychologie de l’objet-espèce. Il faut d’abord qu’elle
connaisse l’essence générique de l’objet qu’elle étudie ; il lui faut se baser sur les
données de la psychologie impersonnelle. Les planètes et les signes représentent
cette qualité universelle de l’objet : l’hommé existant, dans son espèce. Leur sym­
bolisme est en effet valable pour tout le genre humain. Or, les positions qu’occu­
pent ces planètes et ces signes à un moment et un lieu donnés, nous font accéder
à l’essence individuelle. Elles nous représentent non plus seulement l’homme exis­
tant, mais UN homme existant dans des conditions particulières, c’est-à-dire un être
spécifique. Elle permet donc à la psychologie impersonnelle, qui lui sert de trem­
plin, de se dépasser pour accéder à la psychologie de cet être unique qu’est la per­
sonne : le thème révèle « MOI ».
L’astrologie inaugure une nouvelle phase de l’évolution scientifique et de ce fait
implique la mise en vigueur de méthodes nouvelles. Voilà pourquoi les méthodes
applicables pour connaître le général, l’objet-espècfe, ne le sont plus ou ne sont pas
les plus-efficaces pour connaître le particulier, l’objet-individuel.
■ Le fait que M. Labbé compare constamment l’astrologue au chimiste est symp­
tomatique de la limitation qu’il apporte aux problèmes astrologiques, et montre que
l’astrologie véritable n’est absolument pas son élément. La « matière » de ces deux
sciences est absolument différente ; la chimie travaille sur une matière inanimée ;
on n’a pas encore démoli la critique de Bergson à ce sujet. Ce n’est pas au chimiste
qu’il faut comparer l’astrologue, mais au médecin ou au psychologue, puisque ceux-
ci étudient la même matière : l’homme. Bien naïvement, notre contradicteur met
en parallèle astrologie et chimie comme si la première était, comme l’autre, sus­
ceptible d’être menée d’un bout à l’autre selon des opérations logiques. C’est igno­
rer complètement les véritables fondements et les bases psychologiques de l'astro­
logie ; c’est même aller à contre-sens des principes mêmes sur lesquels elle repose.
Pour m’expliquer sur ce Slijet, il me faudrait toute la matière de l'ouvrage que
je suis en train de terminer : « Les Bases Psychologiques de VAstrologie » (1), où je
présente le processus astrologique en parallèle et en fonction des différentes condi­
tions du psychisme : dynamique, symbolique, génétique et dialectique. Un grand
développement serait nécessaire et je ne peux ici que donner quelques directives.
Bien que Choisnard ait spécifié par « Influence astrale » : a influence exprimée
par les astres, sans rien préjuger sur la nature et l'origine de cette influence »,

(1) Il fait actuellement l’objet d’un cours oral à r « Ecole Centrale d’Astrologlé ».
124 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES-

lecôle a scientifique » a inculqué Vidée M'une confluence » physique; le « rayonne-


nu-nt » astral ou les « influx » bénéfiques nu maléfiques (vocabulaire médiéval res­
sassé par les scientifiques) sont dans toutes les pages. H serait plus sérieux de se
taire, car sur ce point, ce que la science a établi (courants cosmiques, taches solai­
res et autres...) est encore trcx loin des prétentions astrologiques. Demain, nous
aurons peut-être raison aussi de ce côté-là, mais pour l'instant, il est plus sage de
considérer qu'il s'agit là d'une « mythologie de remplacement-» : on croit que les
rayons de Vénus influencent les amours de M. Dupont comme les Anciens croyaient
que la planète Mars était manigancée par un dieu guerrier,,. On arrange çà tout
simplement à la sauce de la science du moment, La foi moderne a besoin d’une
théorie scientifique pour oser s'affirmer.
Pour ma part, je me rallie entièrement au point de vue de l'astrologie alle­
mande qui se suffit à lui-même et est dans la nonne de 1$ science actuelle comme
dans l'esprit de la tradition. S’il existe un rapport, une correspondance entre le
ciel cl l'homme, c'est que l'un et l'autre ont une structure analogue, que l'on
découvre en l'homme le cosmos et que la iiiéinc énergie anime les astres et la
personne humaine. La manifestation du cosmos en l'homme s'exprime donc à tra­
vers l'organisation humaine, biologique, physiologique, psychologique. Les lots bio­
logiques physiopsychologiques sont aussi les lois cosmiques ; elles en sont la mani­
festation. On n'a que trop souvent tendance à séparer l’homme du cosmos, à en
faire deux facteurs, l'un en face de Vautre, qui ont leurs lois propres et réagissent
l'un sur Vautre. C'est le point de vue de la « vieille école ». A la vérité, ils ne font
qu'un : le cosmos passe à travers Vhomme qui en est le reflet. C’est actuellement la
seule théorie astrologique qui se tienne et qui soit conforme d’ailleurs à la tradi­
tion. Il faut donc partir de là : Les astres « inclinent »... parce que nous avons
l'inclination en nous. Le ciel est à l'intérieur de nous.
Or, dv l'avis des psychologues, le déterminisme psychologique, qui reflète le
déterminisme astrologique, ne jxnit s'exercer qu a l'étage inférieur du psychisme,
dans les fonctions psychiques élémentaires qui nous relient à la race, à la terre,
au cosmos, en particulier dans l'instinct, Nous sommes toujours dans l’esprit des
fondateurs de l'astrologie : le sage régit son étoile, l'ignorant est régi par elle.
Ceci nous amène à voir dans les manifestations instinctives, dans les états affec­
tifs l'expression du déterminisme astral : états affectifs rattachés à des conditions
biologiques et considérés comme l'expression directe et immédiate de la vie végé­
tative. Les sentiments plongent en effet au plus profond de l’individu; ils ont leur
racine dans les besoins et les instincts, c'est-à-dire des mouvements. C’est ici, dans
l'inconscient principalement, où l'être effectif prend racine, que se situe le point
d'application du déterminisme universel.
Partant de là, il nous faut subordonner toute recherche astrologique aux condi­
tions de la psychologie affective, laquelle nous révèle Vunivers de Vhomme avec des •
lois qui débordent de tous les côtés la logique formelle quand elles ne sont pas en
pleine contradiction avec celle-ci : le cœur a ses raisons... C'est la logique du cœur,
la logique effective de l'inconscient, et non la logique rationnelle (celle notamment
des opérations chimiques) qui doit guider l’astrologue dans ses opérations,
. Cest ici que nous entrons au cœur des grands problèmes astrologiques. Pour
vtre menée à bien, -l'opération astrologique doit tenir compte des processus du psy­
chisme qui sont ceux du déterminisme cosmique.
Lastrologie doit être DYNAMIQUE : les astres traduisent les forces primitives
de letre dou les états de conscience et les événements sont issus; les dynamismes
initiaux ou I mdividu puise son énergie, les instincts, les tendances qui le font mou­
voir, qui J animent. l^s aspects planétaires révèlent des jeux de forces entre ten-
jL-mces. des nœuds de relations entre courants : ce sont les « complexes » affectifs.
! necr>'sai7 «lymploycr une terminologie dynamique pour exprimer la mani-
j±"on d.u,|P°,en,,e! d enerjpe des planètes, et suivre les transformations des ten­
dances quelles représentent, transformations qui s'inscrivent dans le mouvement
I evolution de la personnalité et de la destinée. mouvement,
L'astroloj-ie doit aussi être SYMBOLIQUE. Le cœur parle en symboles et le
symbolisme est un processus psychologique fondamental qui se trouve à h base

.tsï
LA MÉTHODE ANALOGIQUE 125

signes et planètes, qu’il faut voir s’exprimer les tendances du thème, sous quelque
ferme que ce soit : manifestation, comportement, événement...
L’astrolçgie doit également être DIALECTIQUE. La logique aristotélicienne,
dont se réclame tant M. Labbé, a établi entre les choses des divisions arrêtées, des
murs infranchissables, et les a vues fixes, immuables. Les phénomènes doivent être
au contraire compris dans leurs liaisons avec d'autres éléments et dans leur deve­
nir. La logique hégélienne, la pensée dialectique, permet de voir les choses dans
leur mouvement, dans leurs transformations successives, et aussi de suivre la conti­
nuité entre les phénomènes. de la vie, non seulement ;'i l'intérieur des différents
domaines., mais entre les différents domaines. Faute de cette logique dialectique,
l'astrologie n’est pas viable, et ceci montre qu'il est difficile d'être astrologue, sans
être philosophe.
Sans doute, il est fâcheux d'avoir à invoquer des considérations psychologiques
et même philosophiques, de faire intervenir des facteurs encore obscurs comme le
symbolisme et l’analogie, ou de faire appel à des données phénoménologiques, mais1
vouloir réduire l’opération astrologique «à une équation mathématique et s'imaginer
que par un procédé logique on peut la fixer, c’est en méconnaître complètement
la nature et se condamner d’avance à l'échec.
On peut dire que L’ASTROLOGIE N’EXISTE PAS PLUS SANS SYMBO­
LISME QUE N’EXISTENT LES MATHEMATIQUES SANS LES CHIFFRES. Il
est donc absolument indispensable que l’astrologue se pénètre de la pensée analo­
gique qui lui permet de comprendre le symbolisme. L'effort que j'ai fait dans ce
sens, m’a permis de concevoir le SYSTEME SYMBOLIQUE, véritable clef des pro­
blèmes astrologiques, qui d’ailleurs correspond à la fameuse « structure » psyçhique
dont parlent nos modernes psychologues.
Qu’est-ce que le système symbolique ?
Dans ce système, le SYMBOLE joue un rôle primordial. Selon les psychana­
lystes, il est centre d’énergie, principe dynamique, rythme fondamental, force agis­
sante. Charles Baudouin le définit sommairement comme la représentation d’un
complexe, comme la projection du dynamisme de ce complexe. C’est l’analyse des
symboles, dit-il, qui a permis d'induire les complexes ; le symbole tout entier est la
figuration du complexe tout entier. Le Symbole est impersonnel; il a une valeur
universelle ; il est l’expression, le langage du mythe ; on peut dire qu'il se place sur
le plan universel, sur le plan cosmique. C’est pourquoi il est comme une source
d'où découle une multiplicité indéfinie de termes, d'éléments qui sont ses « surdé-
termihations ». Les termes du symbole se déplacent au sein de kl « condensation »
qu’il forme. Ces différents termes sont analogues ; le symbole en est le dénomina­
teur commun. On peut le représenter graphiquement par un point central.
Si le symbole est une énergie, une matière dynamique, l’ANALOGIE, elle, est
un rapport. L’image classique de ce rapport est donnée avec le cône ou la pyra­
mide sectionnée de différents plans parallèles entre la base et le sommet. Tous les
plans que l’on peut établir entre ces extrêmes sont* dits semblables, c’est-à-dire ana­
logues. Précisément, l’analogie reproduit un thème à l’infini, non en considération
de ses dimensions en soi, mais seulement du rapport de ces dimensions. Dans notre
pyramide, nousxpourrions placer sur différents plans : l'atome, l'homme, le monde
et le cosmos comme quatre univers de dimension variable mais Semblables, c’est-
à-dire construits sur un mode unique, sur le même type. Ce qui est constant, ce
ne sont pas les plans, mais les rapports de leurs dimensions. Dans la relativité des
choses, les hommes ne sont-ils pas que des atomes sur ce globe qui n’est lui-même
qu’un atome dans l'immensité cosmique ? C’est par l'analogie que le symbole se
fraye le passage d’un plan, c’est-à-dire d'un domaine à l’autre de la vie. C’est elle
qui établit un trait-d’union entre les différents termes, qui le composent. Elle reçoit
et transmet les contenus les plus variés de l’énergie symbolique. L’analogie, pour­
rait-on dire, c’est la manière dont les différents termes du système correspondent
entre eux. Le symbole montre le thème initial. L’analogie reproduit les différentes
formes que revêt ce thème, situe ses différentes manifestations sur tous les plans.
On peut dire que l’analogie chemine linéairement, et sa place est’ celle d’une ligne
droite qui partirait du point central du symbole.
Nous-avons vu les TERMES ou éléments qui composent le système symbolique
correspondre entre eux. On peut les situer le long de la ligne d’analogie, au carre­
four des différents plans comme différents points de cette ligne. Ces points s’éta­
blissent aux endroits qui délimitent les différents PLANS ou domaines de la vie.
126 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

Plans multiples, innombrables qui sont comme des cercles ayant leur centre au
point du symbole.
Ce système symbolique révèle l’ordre universel, selon lequel les memes princi­
pes president à l’évolution de tous les mondes et les êtres, qu’il s’agisse d'un dieu,
d'une étoile, d’un homme ou d’un insecte. Ici, toutes les expressions de la vie sont
reliées entre elles : c'est h LOI DES CORRESPONDANCES UNIVERSELLES.
Voici présents deux exemples de système symbolique. Le principe de Mars
constitue la matière symbolique, et les conséquences biologiques, physiologiques,
psychologiques, morphologiques, caractérologiques, pathologiques.., sont les différents
« points d’interférencc » de la même énergie, - les différentes formes que revêt le
thème marsien suivant le plan de vie. Nous avons là un exemple des différents
aspects que peut revêtir un processus unique : la planète. On peut concevoir autant
de systèmes que l'on veut et autant de plans que l’on veut dans ces systèmes.
Après cela, nous comprenons que nous devons toujours rechercher à travers la
diversité des événements et phénomènes de la vie, les éléments symboliques de base
qui sont les facteurs constants d'où partent toutes les corrélations. Nous émettons
donc une première règle foi\:lamentale : remonter de la diversité des termes le long
de la ligne de l'analogie jusqu'à l'uuilé du symbole planétaire zodiacal terme géné­
rateur.
L'astrologue qui fait cette opération est comme le psychologue qui remonte des
manifestations périphériques du moi vers l'unité du caractère qui exprime ce moi.
Ce qui prouve que je suis dans le vrai, c’est que cette méthode est celle même de
la psychologie dynamique qui étudie le même objet que nous ; l’homme, et que
cette méthode donne des résultats.
Comme exemple, je citerai le cas d’un individu né sous une conjonction Soleil-
Saturne dans les Gémeaux en XII et au carré de la Lune maîtresse de l’AS. Le
sujet présente les caractéristiques suivantes : complexe de sevrage et d’abandon,
masochisme, introversion, complexe d'infériorité, maigreur, tuberculose, végétarisme,
célibat, renoncement, spiritualisme... Ne pouvons-nous pas placer ces différents élé­
ments le long d'une ligne qui réaliserait le système symbolique de Saturne 'des
Gémeaux en XII ? Ces différents tenues présentent en effet la même parenté affec­
tive et ne sont séparés que par un niveau devolution ; car, l’astrologie doit se baser
également sur la donnée génétique psychanalytique suivante qu’à iin même degré
dévolution instinctive chez les individus les plus différents en apparence, les plus
éloignés logiquement en raison de leur différence d'évolution, les PRODUITS PSY­
CHIQUES sont ANALOGUES entre eux.
Comme on le voit, l’utilisation du système symbolique permet de réduire les
phenomenes différents à 1 identité, de les intégrer dans une explication unique qui
les comprenne tous. Mais on conçoit qu'il faille arriver en astrologie à une symboli­
sation aussi précise et complète que possible.
Naturellement, le maniement de la méthode analogique n’est pas des plus faci-
ïîU1? ,mphque nécessairement une manière de penser conforme à la dialectique,
et avec la logique courante pour qui le monde, en cases
hîertês. * parpllle en m,IIe choses disparates, en solides immuables et

mais'î» ’’n leS ,°b'etS dans ,e?r forme extérieure qui sont primordiaux,
eUX- r *rfaut en e?et Carrosser de l’objet
primitivité de l'intérêt atterrit 'r}^net‘? “ ^aut e®sen*’eIIement considérer en lui la
tOU,OUF <**”*.” l’.in^cient sous le cons-
voir, par delà la représentation ob,ectl.ve> rever‘e sous l'expérience et
ici que gît- le déterminisme la construction sous-jacente. N’est-ce pas
le sens a/jectif sous-jacent et s’éxbrinià m le!,t'™ol.,v astrologique est toujours dans
Voilà fa secondenf fJ*?avec l'atavisme du pithécanthrope.
rations astrolSÎ $oS„T"±. que nous„ Annulons pour nos opé-
logie de l’astroîfgie «t un^fe^T’•’ effet- <lue phénoméno-
événements objectifs avec des l9lfecllvité • elle détermine des
b réalité. < Le^mond^t notre Prieures projetées sur
cest cette représentation plus que Pévénem^ * dlt ^choPenhauer- En astrologie,
vonschoses
les qui en
travailler nous
nous touché sur hler» ™ 1 j €Zénon
basant m^îs 2,SO1 *qui 4UIdit <ïue “etnenous
imP°rte, pas­
sont pou
nisme cosmique n’est en effet qu’un qVe n<?us en avons- Le détermi-
Cest la raison pour laquelle tous /es^ï”151116'de v,aleurs subjectives.
h- queue tous les phénomènes humains : événements, acci-
la méthode analogique 127

fstoüiftue
Uàkf jhgx tridîjitfhaKnue
loOuqut
Xh^rjlc

^\Z,oW«^h€u><
kerp^.
/fUîtocrX \
Z^cktalûoieX. ’ \
^sZa^’’ntffWuc X X
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asUfcnç. f”’®|

DeSKhà - S«tU’

Deux exempleo de oyetème eymbollque.

dents, entreprises, maladies, actions, sentiments, représentations... doivent être rame­


nés à des forces psychologiques fondamentales; pourquoi il faut rechercher les
composantes de la libido dans toutes les manifestations de la vie. C’est d’ailleurs
la seule façon d’accéder par l’enchaînement analogique à l’unité du symbole. Mais
cette troisième règle fondamentale est une démarche nécessaire, puisque le pos­
tulat de l’astrologie repose sur la solidarité de l’énergie qui anime le monde avec
celle qui anime l’homme, et par suite sur l’équivalence des planètes-signes et de
l’énergétique psychique.
En ces quelques pages, j’ai pu seulement donner uu aperçu des grands problè­
mes que pose la méthodologie astrologique. Je n’ai pas la prétention d’avoir pris
conscience de tous les problèmes astrologiques, mais je voudrais avoir montré que
ce n’est pas moi qui mets la charrue avant les bœufs, mais bien M. Labbé quand il
128 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

s'embarque dans les statistiques d'enquête avant de connaître les fondements, bases
psychologiques et principes de l'astrologie, quand il s’engage dans des opérations
avant d’avoir pris conscience de la nature de son sujet.
Statisticien malgré moi ? Pourquoi pas! S'il faut appeler statisticien celui qui
assemble une somme de cas, qui .groupe des collections, je fais profession de foi.
Là où nous divergeons, c’est dans-la manière de nous servir des collections et
d'interpréter les résultats. Car l'interprétation est inévitable et primordiale, meme
dans la statistique.
M, tabbé prendra sa collection de personnages : artistes, savants, tuberculeux,
criminels... et cherchera à déduire quelque chose d'après les configurations trouvées,
comme il dit « plus souvent » ou « moins souvent ». 11 statuera sur un a écart de
fréquence *». 11 sera content d'avoir trouvé un résultat « impersonnel », mais sa
decouverte sera inapplicable dans la pratique.
Quant à moi. je ferai plutôt la démarche inverse. Je comparerai des individus
divers ayant une <*ori/i*</uraü<>ii commune, mais pour y découvrir des éléments de
vie communs, une constante; c'est ici que j’appliquerai tout ce qui vient d’etre
exposé au point de vue psychologique, symbolique, dialectique, phénoménologique...
Il y aura véritablement un peu de moi-même dans le résultat, mais au moins je
fera» une plongée dans l'individuel, et mes constantes, établies sur la personne,, se­
ront valables pour tous les cas donc pratiquement utilisables et mériteront ainsi la
finalité de règle.fie travail (je ne dis pas encore de a loi astrale »).
Comme on le voit, les deux méthodes sont diamétralement opposées et ne peu­
vent en aucun point se comparer.
I^a petite polémique qui m'a opposé un instant à mon estimable confrère M.
Labbé, n'est à vrai dire qu'une manifestation d'un conflit profond-qui oppose deux
écoles ». deux classes d'astrologues. Ce qui les oppose essentiellement, c’est une
mentalité différente, l'une logique, rationaliste et périmée, et l’autre plus symbolique
et plus dialectique, Ccsj-à-dirc plus proche de la pensée astrologique, et de la peu-1
sée philosophique et scientifique contemporaine.
Avec la meilleure volonté, les premiers n’arrivent pas à bien « penser » l’astro­
logie. Ils lui ont jusqu'ici rendu un grand service, en « rationalisant » les problèmes
astrologiques; mais ils tendent maintenant à lui nuire, tout au moins à la limiter,
faute de concevoir leur science dans sa réalité profonde. Certains vont jusqu'à s’en ,
défendre inconsciemment en la dépouillant de ce qui fait son originalité et sa ri-
chesse (notamment le rejet du symbolisme, le mépris plus ou moins avoué pour les
• travailleurs des symboles »).... Ils sont naturellement portés à lui appliquer des
méthodes qui sont celles des sciences abstraites ou physiques, alors qu'il convient
d appliquer les méthodes des sciences humaines.
Je suis absolument persuade que si l'on poussait l'astrologie dans la voie exclu­
sivement rationnelle préconisée par Choisnard, elle aboutirait à une crise irrémédia­
ble. dont la seule solution serait dans un retour à la pensée proprement astrologi­
que. Je ne suis pas le seul à prévoir cette crise et à tenter d’y remédier. Mais je
sms aussi, d accord en cela avec les « scientifiques », qu’il faut se défendre des
• proliferations » personnelles qui manquent d'objectivité. La statistique de contrôle
doit donc intervenir et a beaucoup à faire. Le mal peut donc venir des deux côtés
et cest a chacun den prendre conscience et d’agir en conséquence. Car l’astrologie
nLuî? P US exiSter saiis ,a statistique qu’elle ne peut exister sans la méthode
analogique.
.... :n£JL0^luS-ie ■:en1,ercie?M- Labbé de ^on intervention. Même s'il a été plutôt
un infortune critique, je lui dois tout ce travail. 1 '
f ™ natlends Pas de lui qu’il se rallie à mes idées, car une critique ne trans-
reposent3su^Ddes^’stème^le ffta *°S prin.cîpes’ aussi intellectuels qu’ils paraissent,
bXTmalsFde <aiderendeSlnL^?M,iC<i11k*:irn*tS’ et le “ à faire pas de se
•la méthode analogique. Chacun dé Mn^âté'™ ses Jtatlsticlue^ et moi de pratiquer
mieux : il suffira de comparer résultat ’ da"S S°" element : cela vaudra

André BARBAULT.
en insistant sur le côté nSthmlotocioue'je” aSpect 8?nf,ral deJa méthode analogique
me consacrant à ses au"res - dW^Se a';°,r. ' °CCa?!?n de la d^lopper en
sont comme k-s facettes d’un polyèdre II J°8Kïue> Phénoménologique — qui
posés jusqu’à l’édification d "Æ ^lan’£ jtudier les problèmes
C tous les plans de cette methode encore en chantier.
Origine des Doctrines Astrologiques
de Julius Firmicus Maternus

Firmicus Maternus, agent d’affaires sous Constantin le Grand., com­


posa aux environs de l’an 336 de notre ère huit livres sur l’astrologie
Il en existe plusieurs éditions latines.
Ces livres sont pour* celui qui étudie l’histoire de la civilisation une
source inépuisable d’aj/ciennes conceptions et des trésors d’une science
alors hautement estinfée.
Le matériel rassemblé par Maternus nous donne les anciennes tra­
ditions de l’antiquité égyptienne et chaldéenne et nous permet de jeter
ainsi un regard sur les particularités et coutumes d’anciens peuples
civilisés.
L’œuvre de Maternus représente la collection la plus riche et la
;plus importante des doctrines astrologiques de l’antiquité.
Maternus lui-même indique que sa science lui venait de la sagesse
des hiérophantes égyptiens et des initiés babyloniens.
De son temps la bibliothèque d’Alexandrie existait encore. A cette
époque elle contenait 42.800 volumes et rouleaux destinés uniquement
à renseignement. Il est plus que probable que l’auteur, qui était origi­
naire de Sicile, les a utilisés pour composer son œuvre. Nous sommes
d’autant plus autorisés à le penser que cette œuvre n’est pas homogène
dans sa composition. Ses rapports si souvent sans cohésion ou même
contradictoires sur l’établissement de l’horoscope et les interprétations
astrologiques ne s’expliquent que par leur provenance complètement
différente.
Le livre « Myriogénèse » d’Asklépios que Maternus désigne comme
étant un ouvrage connu, devait contenir des écrits étrangement ésoté­
riques. Le rouleau, dont les feuillets contenaient de nombreuses expli­
cations, n’existe plus.
Les explications que Maternus donne au livre II, chapitre 19, sur
les douze lieux, proviennent de traditions enseignées dans la haute anti­
quité dans les collèges initiatiques. Les douze lieux, nommés « mai­
sons » dans la terminologie astrologique moderne, formaient à cette
époque déjà la base de tout l’horoscope. Ils représentent dans leur
essence un mystère par lequel s’exprime une loi cyclique aussi bien bio­
logique que physiologique et physique.
Cette doctrine traditionnelle faisait partie de la science ésotérique
antique relative aux lois régissant le monde des phénomènes et vivant
et qui veut que, du haut en bas de l’Univers, causes et effets se mani­
festent dans un ordre identique intangible.
’ Les douze lieux de l’horoscope ont léur origine dans l’essence même
de l’homme, dans son aura astrale, dans son astralité physique qui
constituent un centre animateur et vivifiant.
130 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

Cette doctrine représente donc un ensemble de conceptions liées


entre elles et s’interpénétrant sur l’influence et la compénétration réci­
proques des signes du zodiaque, du soleil, de la lune et des planètes
avec les zones de l’aura du corps astral humain.
Les irradiations de l’aura de l’homme sont, comme il a été prouvé,
apparentées par leur essence aux radiations de l’aura du zodiaque. -,
La comparaison qu’a établie le savant Kiesenwetter dans son ou­
vrage « Les sciences ésotériques », Leipzig 1894, entre des inscriptions
cunéiformes et les textes des livres III et IV de Maternus prouvent à
suffisance que ces derniers*sont farcis d’additions sémitico-babylonien-
nes et que toute cette doctrine est établie sur les bases simples et natu­
relles d’une loi biologique.
Nous en trouvons une preuve déjà dans le mot hébreu « bathim »
par lequel on désigne les maisons horoscopiques et dont le radical
« bath » indique la sphère duodénaire dans laquelle est contenue, réel­
lement ou virtuellement, l’entité vivante dans sa forme physiologique
et physique qui constitue l’être.
Parmi les signes qui composent le mot « bathim », surtout le « th »,
exprime, en ésotérisme, la sphère d’action, la réalisation dans le temps
et dans l’astralité matérielle limitée.
Remarquons bien que cette doctrine semble exclure toute idée d’une
sphère locale terrestre comme nous la concevons pour les domificatioiis
modernes et celte constatation est pour nous une confirmation aussi
précieuse que puissante du véritable sens que les initiateurs antiques
attribuèrent à la domification duodénaire basée sur « l’horoscope »,
c’est-à-dire sur l’ascendant.
N’y a-t-il pas, d’ailleurs, quelque chose d’impressionnant à voir la
science la plus récente découvrir ce que les initiateurs antiques ensei­
gnaient à leurs élèves sous le couvert d’un symbolisme graphique ?
Nous ayons déjà dit ailleurs que l’astrologie antique contenait de
nombreux éléments intelligibles, c’est-à-dire des éléments non accessi­
bles à nos sens et à nos moyens d’investigation, mais qui sont, néan­
moins, réels. Ces éléments expriment symboliquement des lois qui régis­
sent le monde physique, physiologique et biologique et qui dirigent son
évolution tant générale que particulière.
Si seule l’intelligence peut concevoir l’existence de ces lois consi­
gnées par les initiateurs antiques dans des symboles et doctrines ésoté­
riques dont est imprégnée l’astrologie, on doit constater aujourd’hui
que la confusion en astrologie, qui s’est accentuée depuis le Moyen
mentsPraüonnelsr,OUt d“ lnélange d’éléments symboliques avec des élé-

catiM«*Lreun2?S n jlre ®uJet- Çù trouvons-nous les premières indi­


cations sur la science des douze lieux et leurs particularités ? ‘
tiau^^mak’mi’W ^on.lestf 'a Maternus ne fut pas un astrologue cri-
nes ancieinw H aS Tent co.nscie«cieusement transmis les doctri-
sources auxancliAc exister de son. temps de très anciennes
que cela nuisse naraîi^UÀait puiser ses doctrines. Et quelqu’incroyable
P P tre a un savant moderne, les doctrines que Mater-
ORIGINE DES DOCTRINES ASTROLOGIQUES 131

nus nous a transmises sur les douze lieux devaient provenir de la plus
ancienne préhistoire.
De nombreuses formùles dans le livre III, VU™ partie, de Mater-
nus prouvent incontestablement que dans la plus haute antiquité les
astrologues avaient coutume d établir les horoscopes de telle sorte que
le premier et le septième lieu s’y étendaient aussi bien au-dessus qu’au-
dessous de l’horizon. De plus, elles démontrent clairement qu’à cette
époque ils distinguaient entre le milieu du ciel réel et le milieu du ciel
théorique, autrement de nombreuses sentences transmises par Mater-
nus ne seraient plus du tout explicables.
Il est donc hors de doute que la domification à maisons égales re­
monte à des conceptions connues des collèges initiatiques de l’antiquité
la plus reculée.
Ecoutons ce que dit de la domification égale qu’on pourrait aussi
bien appeler la domification naturelle, le traducteur de l’antique œuvre
hindoue « Brihat Jataka » de Varaha Mihira, Wilhelm Wulff :
« L’astrologue indou Bhaskara Charyan, qui vécut 600 ans environ
avant J.-Chr., décrit à peu près la même méthode. Différents astrolo­
gues indous confirment absolument cette manière. Elle a jusqu’ici été
complètement mal comprise par les astrologues européens et une grande
partie des astrologues arabes, et c’est de cette fausse interprétation
que dériva la malheureuse manière inégale de Regiomontanus. »
« Je ne puis que confirmer par des sources indoues ce que vous
dites de l’ancienneté de la manière décrite par Maternus. » (Extrait
d’une lettre de M. Wulff.)
Dans les textes sanscrits publiés en 1925 aux éditions Atair à Ham­
bourg avec la traduction en regard, nous trouvons à la page 100 le pas­
sage suivant :
« Le point de l’écliptique, qui coupe l’horizon oriental, est appelé
« Lagna » (l’ascendant) et le point de l’écliptique, qui coupe l’horizon
occidental « Lagna descendant » ; les points où le méridien local coupe
l’écliptique sont appelés « Madya » ou « Lagna moyen », les « Lagna »
X et IV. »
Dans le texte sanscrit ce passage est suivi d’une explication ainsi
formulée :
« Cès quatre points sont respectivement les milieux des maisons
(Bhavas) I, VII, X et IV. »
Ces indications fournies par les antiques traditions hindoues cor­
respondent à celles données par Maternus dans ses livres III et IV et
semblent donc provenir d’une même doctrine fondamentale.
. Nous'donnerons pour terminer un exemple pour prouver que Mater­
nus n’est pas l’inventeur de la doctrine traditionnelle, mais qu’il nous
l’a simplement transmise.
Le professeur Dr Boll, dans son ouvrage fondamental « Croyance
aux astres » (Sternglaube), nous explique l’emploi des « Tabula Bian-
chini » et de la plaque de marbre de « Daressys » comme suit :
« ...On a trouvé des dés de planètes façonnés chacun avec les pier­
res précieuses consacrées particulièrement à chaque planète. On utili-
132 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

sait également un dé pour « l’horoscopus ». Ce dé était en cuivre.


Lorsqu'on établissait l’horoscope d'un natif, on mettait le point d’inter­
section oriental de l’horizon fixé par un clacul à la place du zodiaque
qui lui revenait .çt puis an mettait ce degré au milieu de premier lieu.
Le dé en cuivre indiquait ce point. »
Ainsi les douze lieux prouvent leur ancienneté par les trouvailles
archéologiques, ta plaque de marbre de Bianchini de l’Aventin à Rome,
nommée « Tabula wanchini », et par la plaque de marbre de « Dares-
sys n avec le zodiaque.
Elles prouvent que Maternas, pas plus que nous-mêmes, n’a inventé
ni les doctrines ni les méthodes relatives à la domification égale.
Il faut considérer comme un fait établi que l’ancienne tradition des
douze lieux a été abandonnée au moment où on a, par erreur, placé le
commencement de la dixième et la quatrième maison en ces points.
C’est un fait incontestable que la ligne méridienne MC-FC et les mai­
sons 10 et 4 sont des facteurs absolument séparés et indépendants dont
chacun doit être apprécié indépendamment. Seuls les protagonistes
obstinés des méthodes de domification inégale ne veulent pas le com­
prendre.
Rappelons pour terminer les paroles que Firmicus Maternus place
à la fin du 30rae chapitre de son livre II :
« ...Approche-toi ainsi de l'œuvre et transmets ces livres à ta mé­
moire, afin que la divinité te confie intacte la science et l’insuffle à
ton esprit avec sa force secrète et intuitive. »

F. Xavier KIEFFER.

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Raymond Lulle, polygruplie célèbre par son « Grand Arl », méthode


de réduction de la multiplicité des -Connaissances à l'Unité et surtout algè­
bre logique ingénieuse, est un descendant des chevaliers catalans conquc-
rants des îles Baléares. Il est né à Palma de Majorque en 1235. Sa répma-,
thon d’alchimiste cl d’occultiste- est usurpée car de nombieux disciples,
amateurs d ésolérime cl môme pratiquants de la Science spagyrique, pro-
. filèrent de son renom et de sa popularité pour signer de'son nom des trai­
tés cabbaliistiqucs cl d’Alchimic, tels que le « Teslamcnla », le « Codicil-
lum », etc. Lulle, indépendamment de scs innombrables ouvrages de phi­
losophie exemplarisle, applications de son « .1rs Magna », fut ï’admirablc
écrivain en langue'catalane de romans pittoresques à encyclopédiques : le
Blanquerua et le Felix. de poèmes mystiques, profoaids et charmants comme
l'Ami el l'Aimé ci TArbre de Philosophie, d'Amour.
Ces écrits très étudiés à l’étranger, la sainteté du vieux polygraphc,
assomme par les musulmans barbaresques qu’il voulait convertir lors d'une
de scs missions d’outre-mer, béatifié cl actuellement en instance de cano­
nisation, établissent sur des documents authentiques sa juste renommée-
Nicolas de zCusa s’inspira de scs méthodes que Leibniz reprit au XVI1“®
siècle. Peut-être Descaries n’cut-il jamais écrit son fameux « Discours de
la Méthode ». s’il n’avait conçu lo hardi dessein de- le dépasser.
Assurément, Raymond Lulle, è la manière des médiévaux, loucha-t-il ù
de très nombreux sujets ? lil les traite, c'est certain, d’autre façon que les
chercheurs indépendants, libérés en général de liens religieux ou doctri­
naux. C’est un Fnanciscaim et même «un des quatre grands Docteurs des
Frères Mineurs, dont les trois autres sont Roger Bacon le moine, Alexan­
dre de Halés et Duns Scofl- J1 est presque aussi génial théblogicn que le
Dominicain Sainl Thomas d'Aquin, surnommé l’Ange de 1 Ecole-
Lulle, dit le Docteur illuminé, ne lut pas plus astrologue qu’alchilniste
•mais ne* faisahl pas exception à La règle, il ne sépare jamais 1 Astronomie
de (’Astrologie. On sait qu’il faut arriver aux temps modernes pour les dis­
tinguer et que longtemps les plus remarquables astronomes cl mathéma­
ticiens furent en même temps astrologues des princes cl grands seigneurs.
Il suffit de citer Tycho Brahé cl Kepler pour en avoir la preuve-
Nous n’allons pas prétendre que le Majorquain s inspira de 1 Astrolo­
gie pour découvrir des explications cosmogoniques nouvelles, ni qu il s in­
téressa spécialement à cette science- Comme il s’agit d un homme de science,
très lu au Moyen Age, professeur des principales Universités de b rance,
d’Espagne, d’Italie, son opinion fut quoique partiellement favorable seu­
lement, très utile tout de même.
Continuant à suivre 4e point de vue d Aristote, le Maître de la Pensée
Hellénique, auquel doit beaucoup le christianisme médiéval, soucieux de
mettre d’accord la Science cl la Philosophie, plus ou moins confondue a\ec
la. Théologie. Lulle approuve une certaine Astrologie modérée, justement
pour ne point se mettre en contradiction avec les enseignements orthodoxes
romains sur la Liberté humaine- On pourrait donner la même origine ù
134 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

des sentences courantes, dont la suivante est un exemple banal : « Astra


inclinant, non nécessitant » (1).
Lulle en gros, et nous allons le montrer par des textes incontestables
admet, affirme l'influence des Astres sur les Corps, mais repousse toute
influence de leur part sur les Ames. Il blâme surtout Tabus des divinations
auxquelles se livrent les faux astronomes. Voici comment il s’exprime
dans le Prologue de son a Trac la tus Novus de Astronomia » : « Nous-vou­
lons composer ce tnaitë d’Astronomie conformément aux Principes (de
l'Ars Magna) pour que les lecteurs prennent garde aux erreurs de certains
Astronomes qui les trompent par de faux raisonnements sur l’action des
corps célestes sur les terrestres. Grâce au présent traité, les Prin­
ces et les autres hommes pourront connaître les dites tromperies des faux
astronomes, semblables à celles des divinations imaginaires et à l’Art de
Géomancie (2). »
Dans son zèle à discriminer la véritable astrologie de la fallacieuse,
il parle ici à la. légère do la Géomancie qu’il paraît n’avoir guère étudiée
de près, ou en tout cas la condamne sans preuves.
Lulle énumère ensuite les bases erronées des Astrologues trop pré­
somptueux, montre qu’ils partent de principes mal établis et peu scientifi­
ques, indiquant une méthode plus correcte et solide qui est celle de son
« Arbre des Sciences » (2).
Il examine ensuite les cas où l’élude incomplète de facteurs secondai­
res a donné l’illusion de concordance avec- les effets constatés, quand ils
sont au contraire en discordance et faussent ainsi les véritables correspon­
dances des faits célestes cl des faits terrestres.
Recommander des précautions, se refuser à accepter l’abus de la divi­
nation astrologique, rejeter l’influence des astres sur les âmes pour la
réserver aux choses corporelles, est légitime quant aux deux premières
recommandations, trop timide quant à la dçrnière.
Il dévoile.nettement Je pourquoi Ihéologique de son attitude dans sa
« Declaralio Raimundi per modum dialogi édita ». L’Ame ne serait pas
libre, c’est-à-dire inclinée par elle-même ‘à comprendre et â aimer Dieu,
si elle dépendait des Intelligences astrales, motrices seulement des corps.
Il revient souvent sur ce sujet, pierre d’açhoppement de l’Ecole francis­
caine et auguslinienne à laquelle il appartenait, parfois sous d’autres for­
mes. C’est ainsi qu’il écrit dans le même traité, que « l’effet des astres
sur le Libre Arbitre est impossible, et que notre volonté n’est pas sou misé
à la puissance des corps célestes »•
Nous devons comprendre que le Majorquain avait à combattre dans
les Lmversités ceux que l’on appelait les Averrolstes latins, sorte de libres
penseurs du xnime siècle, qui enseignaient des doctrines condamnées par
t , n*s^’ Ie es 1 éternité du monde, la manifestation produite par des
Intelligences émanées, la négation de l’immortalité personnelle et le retour
des âmes dans le sem de l’intelligence commune, le déterminisme absolu.
jSl ™P°,ss*^6 de savoir quels astrologues de son temps lui
ïïbïï ’îu clxarla!fns> c.ar comme, beaucoup dTiommes de science ou
de lettres de 1 époque, il ne citait pas de noms propres.
encvclonédiauè ÜTiS*1 r J'u.8ements ^veloppés dans un ouvrage
p q e romancé, le Felix. Le personnage principal qui a donné
«vecSà 8clence<etlM^ert^Mata?unU(j*ümî?n?rtr\1,n?!?r<1<le ltt rellïlon musulmane
(2) Et c’est l™i«me natÏÏS?iS.i¥a^?nile)> flt 1» même chose chez les Juifs,
pouvoir tout expliquer par son S é^re systématiquement, en croyant
; pur son aigenre logique du Grand Art et sa Combinatoire.
RAYMOND LULLE ET L'ASTROLOGIE . 135

son titre.au livre demande à un berger avec lequel il s’entrelient. du ciel -•


« Bel ami, djs-moi de quelle manière les étoiles qui sont au firmament ci
les planètes mfluen -rls sur les Quatre Eléments et en ce qui est^mnposé
des Quatre Elements ? » Et le berger répand que c’est « la participation
demande"».6 * °S C°rpS ca eslcs cl dcs terreslres qui est l’inSuenceP qu’il

1 AiiU^-rrl?OrS î <( Fclix <lemanda au berger s’il y a donc cha-


leui, humidité, froid, sécheresse. Le berger répondit que les Astronomes
ont fait correspondre les quatre qualités précitées aux douze signes et aux
sept •planètes, parce qu elles sont occasion de multiplier les quatre qualités
dans les Eléments, plus forts en un temps qu’en un autre, et cela en raison
de 1 influence que «les corps terrestres reçoivent des célestes » (3).
Il est inutile et même fastidieux dé multiplier les citations de'Ray­
mond bulle. Nous devons cependant, preuves en mains, attirer une fois de
plus. 1 attention sur 1 importance de F Astrologie au Moyen Age où elle ne
fut jamais séparée de F Astronomie, et aussi sur la confiance que les sa­
vants et écrivains non spécialistes, comme le grand Raymond Lulle, eurent
en cette science même quand ils en restreignirent le domaine pour éviter
les condamnations ecclésiastiques. La plupart d’entre eux, comme d’ail­
leurs notre paly graphe de Majorque, professaient en toute occasion la doc­
trine des correspondances, justification hermétique de F Astrologie.

Dr J.-H. PROBST-BIRABEN.

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Les Equivalents Géodésiques

Dans son ouvrage sur les Equivalents Géodésiques, Sepharial consi­


dère que le point de départ des longitudes, à 0° Greemvich^nc constitue
pas qu'une vérité de circonstance. Caslant professait une opinion analogue
m conseillant de reporter le 0 Bélier sur Téquateur, à 0° Greenwich, pour
en dresser le thème, « \ writable thème du monde
Avec les Equivalents Géodésiques, Sepharial donnait la longitude d’une
\ilb\ par rapport au centre des méridiens, comme un point sensible et
déterminant. Le procédé que recommande M. Gouchon pari de celle idée.
Y inscrire une Révolution Solaire est-il pratique ?
La méthode île Sepharial permet* de discerner où se portera l’influence
d'une conjonction importante, d’un phénomène astronomique. Y ajouter un
Soleil, rendant varialde un point fixe. est-il raisonnable ? Que viendrait,
faire cet astre ? t’omme déclencheur, la direction ou le transit solaires suf­
fi rail à l’imposer.
.Le mariage des Equivalents Géodésiques de l’astrologue écossais avec
. les Ré\(ilulions Solaires est-il mieux «qu'une hypothèse ? Il complique le
problème, ce qui ne suffit pas pour le rejeter. Ses adaptations de l’ingrès
du Bélier sont chimériques, ce qui est plus grave. Pourquoi les degrés se
rapportant aux capitales, en parlant de 0°, auraient-ils rapport avec Ten-
tier du Bélier dans le premier Signe, en prenant date jusqu’à plusieurs
mois avant ou après ’? Car il faudrait, dans ce système, étudier l’avenir
pour Pékin, à 2(»°18 du Cancer ou pour San-Francisco, à 27°4o du Scor­
pion. Cela, espérera-l-on. sans rejeter le fait que la modification des posi­
tions pkuiélaiies, par la situation des grandes cités, fut toujours, et avec
raison, considérée comme démonstrative. Je dresse, pour l’étude d’une an­
née. une centaine de thèmes de l’ingrès de Bélier, afin de trouver où por­
tent certaines de ses affirmations, ce que donnent en gros, d’ailleurs, les
Equivalents Géodésiques préconisés par Sepharial.
Si la proposition énoncée par notre confrère possédait une valeur, ce
ne saurait être vis-à-vis d’un ingrès quelconque- Elàe ne présenterait
un intérêt que par rapport aux Milieux du Ciel supposés des capitales. En
ce «cas, pourquoi leurs .Ascendants, également définis par Sepharial, n’in-
tervicndraient-ils pas ?
En se référant, au Bélier, nous pouvons assurer les lecteurs des Cahiers
que I idée omise par M. Gouchon n’apporte pas l’éclaircissement qu’il es-
perait- n

Maurice PRIVAT-

"DEMAIN”
_ Revue Internationale d’Astroïogie paraissant, tous les mois
irecteur : G.-L. BRAHY — Rédacteur en chef : Paul-Ed. RAYET
Abonnements----- 6 mois : 390 fr. — 3 mois : 210 fr,
. jnilnistraüon : 7. «UE DE CAMBRAI, TOURCOING (Nord)
- - C.C. Postaux : Lille 1917.11 (Demain) ____ —__ -
Le Problème des Cycles de l’Histoire
dans ses rapports avec la Typocosmie
de K.-E. Krafft
(FIN (U)

Signes et Indices. — Un peu à la maniéré des sphères de l’époque


des alchimistes, au centre desquelles on distingue l’homunculus, Krafft
envisageait un cycle très vaste dont trois archétypes, jusqu’ici, four­
niraient la clef : ère inantique, Urane du Bélier ; ère empirique, Saturne
des Gémeaux, et'ère proprement rationnelle ou méthodique, actuelle,
de Mars du Lion. Suivraient les ères de sensibilité esthétique de la
Balance,-d’intuition typocosmique du Sagittaire et de mystique du
Verseau, .
. Au sein de cette ère actuelle du Lion, on distinguerait à leur tour
six étapes dont trois seraient derrière nous : l’étape primitive ou pré­
historique (Bélier), l’étape antique (Gémeaux) et l’étape moderne ou
individualiste (Lion). Il y a ici comme un écho des conceptions déve­
loppées par Helan Jaworski dans Les Etapes de (’Histoire. Je reviendrai
sur ce point.
A leur tour, ces trois étapes de l’Histoire se trouveraient subdivi­
sées en cycles .que Krafft désignait par les mots :
1. MUTATION (Bélier) ;
2. AGGLOMERATION (Gémeaux);
3. INDIVIDUATION (Lion);
4. POLARISATION (Balance);
5. HIERARCHISATION (Sagittaire);
6. FUSION (Verseau).
. Suivaient les événements historiques qui justifiaient les six cycles,
des civilisations primitive et antique et des trois premiers cycles de la
civilisation moderne.
Mais ici intervenaient les sous-cycles, au nombre de six. Krafft
reprenait le cycle des Gémeaux qu’il situait à l’époque du millenium,
après la fin de l’invasion dite dês-« Barbares », et prolongeait jusqu’à
la. Révolution française, et il en indiquait les six phases historiques:
1. Mutation = Croisades ; — 2. Agglomération = Royaumes ; — 3.
Individuation = Franchises des villes ; — 4. Polarisation = Renais­
sance ; — 5. Hiérarchisation = Philosophes ; — 6. Fusion = Affaiblis­
sement des systèmes autoritaires de la Royauté et de l’Eglise.
A son tour; voici le cycle du Lion: individuation, avec ses sous-
cycles: 1. Mutation = Droits de F Homme et du Citoyen ; — 2. Agglo­
mération = Romantisme (tout au moins serait-ce ici la place vraie du
romantisme que je m’étonne de ne pas trouver dans l’esquisse de 1932) ;
(1) Voir « Les Cahiers Astrologiques », n° 20, p. 55.
138 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

— 3. Individuation - Analyse, atomisme, matérialisme ; lutte de tous


contre tous ; dans les démocraties, le « nombre » de voix se substitue
à la notion de « valeur » des opinions, notion qui se retrouvera.sous
le signe du Sagittaire ; — 4. Enfin, selon Krafft, nous en serions à la
phase de la polarisation : la psychologie de l'inconscient, Taction de la
propagande sur les masses, les mouvements dictatoriaux, l’oecuménisme
ecclésiastique en seraient les manifestations.
F.t le sous-cycle N° 5 : Hiérarchisation, serait à l’horizon, marquant
ses caractères, ceux qui sont le propre de Jupiter du Sagittaire : relati­
vité des faits et des idées et hiérarchie des valeurs de vie, orientation
professionnelle, rôle des aptitudes dans Forganistaion sociale, synthèses
d’ordre scientifique rassemblant les analyses faites juqu’ici en ordre
dispersé.
Nous avions cru, ai-je dit plus haut, pouvoir établir, Krafft et moi,
un parallélisme entre les cycles et sous-cycles et les faits historiques.
Eh bien, quinze ans plus tard, je conviens qu’il nous a sans doute
fallu un peu « choisir » parmi les événements, ceux qui illustraient
le mieux la thèse préconçue.
Non que j'écarte le déroulement si bien mis en lumière par Krafft.
Bien loin de là. Mais, j’ai appris que la présence simultanée de types
individuels de tous les niveaux à chaque époque rend très délicat le
choix des événements révélateurs. Il s’agit d’accentuations et il est trop
facile, de puiser dans l’ensemble des manifestations de chaque époque
celles qui conviennent le mieux pour illustrer tel trait que l’on veut y
apercevoir. La question doit être reprise avec un doigté plus subtil.
J'y reviendrai.
Mais tout d’abord, ouvrons les ouvrages de quelques chercheurs
qui se sont penchés sur ce problème des cycles.
Tn des plus curieux, assurément, est celui d’un professeur de phi­
losophe de Riga. Walter Schubart, L’Europe et l’Ame de TOrient (en
allemand jusqu’ici ; une traduction française devait paraître chez Stock
après la guerre ; la crise du papier en retarde la publication).
Schubart distingue quatre « archétypes » qui président chacun à
un cycle qu’il désigne du vieux mot : Eon, ou ère. Disons tout de suite
que ces quatre archétypes figurent assez bien les quatre quadrants
de la typocosmie.
i. Le premier quadrant, primitif ou pré-ratiohnel, Schubart l’attrv-
bue a 1 homme harmonieux, reflet d’un cosmos régi par les lois inté­
rieures elles-memes harmonieuses et éternelles ; le rôle de l’homme est
a aimer ce cosmos et de le contempler sans chercher , à le corriger ni à
htrmnmî I0IUTer* r ldée d’évolution n’aborde pas l’esprit de l’homme
harmonieux. Les Grecs des temps homériques, les Chinois de l’époque
cp V°ire meme les chréleins de l’âge gothique en étaient à

H qUadrant’fall0nne msPiratif- voici l’homme héroïque;


pit en pr. ^nce d’un univers chaotique que son devoir
est d organise! et de conduire vers des fins dont l’homme lui-même prend
LE PROBLÈME DES CYCLES DE L'HISTOIRE
139
l’initiative. Tout est mouvement et évolution. Ainsi pensaient les Ro­
mains, dans 1 Antiquité, et aujourd’hui les peuples de l’Occident
.. vh°nm^le<.eU^rant’ r.atio,nnel enCQre> mais aspiratif. Schubart
voit ici 1 homme ascétique, selon la typocosmie, particulier au Scorpion
dans la mesure ou il prepare le Capricorne. Celui-ci subit l’existence
avec le sentiment qu il n’appartient pas vraiment à ce monde, qu’il v a
en quelque sorte erreur, qu’il faut donc le fuir en se réfugiant dans la
mystique et en cherchant à renouer avec la Cause première de toutes
choses. L homme ascétique se détourne du monde sans éprouver de
désirs à son égard et sans espérer pouvoir l’améliorer. Les Grecs de
l’époque néo-platonicienne sentaient ainsi ; de même les Hindous de
tous temps.
4. Quatrième quadrant, aspiratif et trans-rationnel : homme mes­
sianique. Celui-ci sent qu’il a pour mission d’établir sur la terre un
ordre divin supérieur à l’ordre existant, selon l’image qu’il porte voilée
au dedans de lui-même. Schubart constate cette attitude de sacrifice de
soi chez les premiers chrétiens et dans le peuple russe qu’il connaît bien
et dont il loue l’esprit de fraternité active et d’abnégation.
Et de comparer ces quatre types :
1. Harmonie avec le monde (Taureau);
2. Domination du monde (Lion);
3. Fuite du monde (Scorpion);
4. Sanctification du monde (Verseau);
Ces quatre signes, remarquons-le, forment un carré placé de façon
oblique.
Schubart continue :
Pour l’homme harmonieux et pour l’homme messianique, le monde
est pareil à une bien-aimée ; pour l’homme héroïque, c’est une esclave
sur la nuque de laquelle il a posé le pied; pour l’homme ascétique, une
tentatrice pleine de séductions et qu’il faut fuir.
L’homme héroïque ne lève pas vers le ciel un regard résigné.; il
jette sur la terre des regards haineux pleins du désir de puissance. II.
est de sa nature de s’éloigner de Dieu toujours davantage et de s’enga­
ger de plus en plus avant dans là matière.
L’homme messianique — plus actif que l’homme harmonieux —
n’est pas animé par la volonté de dominer, mais par le désir de l’amour
et de la justice. Pour lui, l’homme est un frère ; le monde attend la
rédemption et la sanctification. Le sentiment de la Totalité cosmique et
spirituelle l’anime.
Schubart ne sait rien, bien entendu, de la typocosmie.' Il l’éclaire
pourtant èn établissant, entre ses archétypes à lui : Taureau, Lion,
Scorpion, Verseau, des archétypes particuliers aux « époques de tran­
sition », comme il les appelle. Ainsi, sa description du type gothique
se situe bien dans le Cancer. Il le voit aux XIV100 et XVme siècles : cheval-
lerie chrétienne ; l’homme regarde vers le ciel et pense au salut de
son âme ; la chrétienté forme encore un tout ; l’homme est rempli de
confiance en Dieu.
L’âge prométhéen ou héroïque commence avec les temps modernes :
prise de Constantinople par les Turcs, 1453 ; humanisme, réformation ;
140 les cahiers astrologiques

]a orise de possession de la Terre commence (Vasco de Gaina, Christophe


Colomb Magellan). L’homme cherche à se débarrasser de Dieu. .. est
lui oui veut-« devenir comme les dieux ». 1/ilymologie du nom.l ro-
inéthée con ienl ce préfixe pro qui annonce le progrès, la prospection
tes programmes et la propagation. Los forces de séparation agissent et
prédominent.
Mais déjà se dessine l'époque johannite, celle de l’homme rempli
de l’esprit d’amour de l’Evangile de Saint Jean : « Que tous soient un. »
Et nous reconnaissons là les hautes aspirations du Capricorne.
Le mérite de Walter Schubart — dont je n’ai pu résumer que très
succinctement les arguments - est de comprendre qu il y a intrication,
emboîtement d’un âge à l’autre. Chaque âge comporte des types des
Hs précédents et des tvpes, encore en minorité, mais qui déjà prépa­
rent les âges suivants. C’est la prépondérance d’un type donné qui,
en un temps et dans une région, confère à ce temps et à cette région le
caractère par lequel on les désigne.
Dans un cours donné en juin 1943, à Neuchâtel, le psychologue
E.-A. Niklaus a développé le thème des éléments du caractère et des
niveaux.
Voici en quels termes — sans connaître lui non plus la typocosmie
— il établit l’échelonnement des types en rapport avec le déroulement
de l’existence. (Journal intérieur des groupes Esprit Suisses, N° 2,
juin 1943, pp. 13-14.)
« Si nous représentons les niveaux par une pyramide, nous aurons
à la base les niveaux les plus déterminants et qu’on retrouve chez tout
être vivant ; à la pointe, les niveaux propres à l’homme ou propres aux
hommes les plus humains. »
Je les désignerai par leur archétype :
a) Urane du Bélier. « Le niveau de la vie élémentaire, végétative...
C’est le plan de l’élan vital de Bergson. »
b) Vénus du Taureau. « Le niveau des besoins vitaux élémentaires,
mais déjà organisés; besoin d’expansion individuelle, de sécurité, besoin
sexuel, besoin parental, etc... »
c) Saturne des Gémeaux. « Les intérêts déjà propres à l’homme,
niveau de la vie sociale élémentaire, des conformismes, de la tradition,
des conditions de la culture. Ici, au milieu de ce niveau, se situe la Ligne
de séparation si difficile à placer entre le naturel (terre) et le spirituel
(ciel). »
On ne saurait mieux désigner le 15ra* degré des Gémeaux qui sépare
en effet ciel et terre. Mais l’image de la pyramide doit nous mettre en
garde. Niklaus voit la « terre » d’où l’on vient et le « ciel » où l’on
ira ! De même il intervertit ici les deux signes suivants. Remettons-les
à leur place.
Jupiter du Cancer. « Le niveau des valeurs acceptées ou subies,
mais maintenues. Première source de ia morale et société close de
Bergson. »
Mars du Lion. « Le niveau des intérêts personnels où le moi se
prend pour objet total ou partiel de la conduite. Intérêts: ...argent,
LE PROBLÈME DES CYCLES DE L'HISTOIRE 141

ambition, gloire. » Même quand l’homme sublime ses intérêts et vise


des fins supérieures, « le moi reste secrètement intéressé malgré les
apparences. Voir dans l’œuvre de Klages l’étude des conflits, des appé­
tits entre eux, des intérêts entre eux et surtout la contrainte des mobiles
humains civilisés sur les tendances intuitives, les appétits naturels, les
pulsions. »
Ici Niklaus marque d’un trait la remontée de la courbe. C’est « le
niveau où l’homme collabore à la création — Société ouverte chez
Bergson... — c’est la spiritualité qui intègre par le haut tous les degrés
de la vie. »
Gonzague de Reynold, de qui j’ai exposé la thèse dans’Le Mystère
Cosmique, n’apercevait que « la descente de l’escalier »>. E.-A. Niklaus
a raison d’indiquer la marche ascendante. Et lui, comme Helan Ja­
worski, retrouve ces étapes cosmiques et historiques chez l’enfant.
Chez les astrologues, la vision des étapes de l’histoire n’apparaît
pas aussi nettement.
Choisnard s’est borné à poser le principe, déclarant que l’astrologie
« est basée sur la remarque de correspondances d’aspects planétaires
avec les résultats habituels d’aptitudes évoluées dans un régime social
particulier et connu. » (Ch. de Herbois de Thun, Synthèse de l’Œuvre
de Paul Choisnard, p. 67).
Kerneïz cite les travaux.de l’abbé Gabriel sur les cycles luni-solaires
de 744 ans, divisés en demi-cycles de 372 ans et en quarts de cycles
de 186 ans. (Le Vrai Visage de (’Astrologie, pp. 39-40).
« Un autre chercheur, continue-t-il, M. Emile Cassiopée, s’est arrêté
au demi-cycle de 372 ans parce qu’il ramène les mêmes éclipses de
Soleil et de Lune à très peu de choses près aux mêmes jours de l’année. »
On voudrait les contrôler par des observations météorologiques
comparées, dit Kerneiz. Les états d’âmes humains ne constitueraient-ils
pas des baromètres plus sensibles? Et ceux-là, on les trouverait con­
signés, tout au moins pour ces derniers siècles, dans des journaux inti­
mes. Le même auteur signale toutefois une autre cause d’erreurs pos­
sibles : « intervention de cycles mineurs dont l’incidence peut déterminer
d’importants décalages. »
Ainsi, selon Albert Nodon, Essai d’Astrométéorologie, en est-il des .
quadratures héliocentriques ; ainsi de même, selon les observations de
G.-W. Maag, Planeteneinflüsse, 1928, lequel aurait « donné des preu­
ves indéniables des répercussions météorologiques des configurations
géocentriques des planètes » (p. 42). Les détails dont Kerneiz donne, le
résumé (pp. 40-44) sont suggestifs.
Mais il faudra revenir aux grands cycles, comme le fit Krafft:
cycles par rapport aux mêmes points du Zodiaque, donc de notre point
de vue géocentrique, sans tenir compte de la position du Soleil (Kerneiz,
op. cit., p. 181), soit cycle de Saturne de 30 ans environ ; cycles d’Urane
de 84 ans. cycle complet de Neptune de 164 ans, etc...
Je m’en explique plus en détail dans Le Mystère de la Personne.
Ces pages n’avaient pour but que de poser le problème et d’envisager
quelques-unes des solutions proposées.
44 Ad* FERRIÈRE.
Hortus Astrologiæ(U

DORVAL (Marie DELAUNAY dite), artiste dramatique née à Lorient


le dimanche 7 janvier 1798 à 20 heures, morte a Pans le ven­
dredi 18 mai 1849 vers midi. Source des renseignements . Nais­
sance : Almanach Chacornac. Mort : lettre d'Alexandre Dumas
père à George Sand.
NOTICE
Marie-Amélie-Thomase Delaunay est une enfant de balle. Elle
est née à Lorient comme elle aurait pu naître n'importe ou suivant les
hasards des déplacements de ses parents. Son père, ancien militaire,
s'est fait comédien pour vivre ; sa mère, qui a du talent, chante
l'opéra-comique en province.
Tout enfant, la petite Marie Delaunay, qu'on appelle la petite
Bourdais, du nom de son oncle, monte déjà sur les planches et chante
des airs faciles dans les vaudevilles. A treize ans, elle joue les amou­
reuses ou bien elle figure dans les opéras, dans les villes où ses pa­
rents sont engagés. A Lille, elle tient l'emploi de dugazon.
En 1812, elle quitte ses parents pour épouser un acteur nomade
nommé Allan, fils d'une famille honorable de Paris et qui se fait appe­
ler Dorval. Allan, qui est un piètre comédien, va mourir en Russie, où
il a accepté un engagement.
Marie Allan, devenue veuve, est remarquée par le célèbre acteur
Charles Potier qui se trouve en tournée de représentation. Celui-ci
s'intéresse à cette enfant précoce, que tout le monde appelle « Ma­
dame Dorval », lui devine l'étoffe d'une rare comédienne et l'emmène
avec lui à Paris. Pendant longtemps, Marie végète dans les théâtres
de second ordre où elle joue le mélodrame et elle en souffre.
En 1827, Trente ans ou la vie d'un joueur à la Porte-Saint-Mar­
tin donne enfin l'occasion à Marie Dorval de montrer, sous la-forme
la plus émue, son énergique et profonde organisation d'artiste. Au
Théâtre de la Renaissance, puis à l'Odéon et enfin à la Comédie-Fran­
çaise, Marie Dorval déploie un merveilleux et courageux talent pour
rendre les passions les plus diverses. Le rôle charmant de Kitty Bell de
Chatterton est l'occasion d'un véritable triomphe pour Dorval.
De 1829 à 1835, elle devient l'amie intime d'Alfred de Vigny.
Le grand poète, qui soigne sa femme légitime avec un soin maternel
pendant sa maladie, éprouve une grande affection pour l'artiste et cet
amour est partagé. Cependant, Dorval se laisse entraîner par un de
ses camarades, Mélingue, qui la délaissera quelque temps après.
Le 28 avril 1835, elle joue Angelo de Victor Hugo au Théâtre
Français. Par la suite, son talent est tellement divers, qu'elle remplit

(1) Voir les numéros 5. 6, 8, 9. 11, 12, 14, 17 et 19.


HORTUS ASTROLOGIÆ : THÈME DE DORVAL 143

alternativement le rôle de Catarina et celui de Tishé avec autant de


succès, malgré leur caractère tout à fait différent.
Après une existence particulièrement dissipée où elle est le jouet
d'amants plus jeunes qu'elle, Dorval finit par épouser en secondes no­
ces un journaliste, Jean-Toussaint Merle, dont elle a une fille, puis
un petit garçon, Georges, né en 1844.
En novembre 1845, elle est engagée à la Porte-Saint-Martin pour
y jouer Marie-Jeanne. Par la magie de son talent, elle transforme cette
pièce vulgaire en un drame formidable. On raconte que Frederick Le­
maître, qui a été autrefois un amant passager de Dorval, ayant appris
son succès dans cette pièce, vint la trouver dans sa loge pendant
l'entracte pour la complimenter,. Les deux acteurs émus, ne trouvent
pas de mots à se dire, s'embrassent et se mettent à pleurer.
Cependant, les goûts du public ayant évo|ué, la grande artiste
finit par être oubliée et Jes directeurs des scènes parisiennes ne l'en­
gagent plus. Le mari n'est pas d'un grand secours financier. La misère
règne au foyer.
144 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

Le 16 moi 1848, Dorval perd son fils. L'enfant, qui est d'une
intelligence rare, est enlevé rapidement par la méningite. La mère en
éprouve un chagrin qu'elle ne peut surmonter.
En moi 1849, Marie Dorval est engagée à Caen avec un acteur
parisien pour faire quelques représentations. Le 16 mai, jour anniver­
saire de la mort de son fils, elle dit brusquement à son partenaire :
« Je me sens très mal. Mon petit Georges est mort, il y a juste un an.
Dans deux jours, je n'y serai plus. Je ne veux pas mourir ici, fais en
sorte que nous rentrions de suite à Paris. » Dorval, qui est très pau­
vre, fait vendre son dernier bijou pour payer le voyage. Arrivée dans
son pauvre logis dont les meubles ont été vendus un à un, elle retrouve
son mari et sa fille. Le matin du 18 mai, elle fait appeler d'urgence son
grand ami Alexandre Dumas. Celui-ci arrive vers onze heures et demie.
Elle lui dit : « Je me sens mourir, je ne veux pas être enterrée dans la
fosse commune, je veux être placée près de mon petit Georges. Promets-
moi de faire tout pour que mon dernier désir soit exaucé. » Alexandre
Dumas, tout en cherchant à la consoler, lui fait la promesse. L'agonie
de la pauvre cigale commence aussitôt et à midi, elle est morte. Il va
falloir cinq cents francs pour lui donner .une concession de cinq ans.
Alexandre Dumas, qui n'est pas riche, décide de distraire cent francs
sur son pauvre budget ; mais où trouver les quatre cents francs com­
plémentaires ? Il va trouver le ministre Falloux. Celui-ci déclare qu'il
n'a pas de crédit pour les funérailles des comédiens ; cependant il
remet cent francs de sa poche à Alexandre Dumas. Victor Hugo in­
formé, ajoute deux cents francs et un autre ami de la morte fait le
complément.
Les obsèques ont lieu-deux jours après. Camille Doucet prononce
quelques mots d'adieu. Les autres assistants sont trop émus et ne
peuvent dire une parole.
Le talent de Dorval a été diversement apprécié. Sa voix n'était
pas, parait-il, très distinguée et sa prononciation avait quelque chose
de faubourien ; mais ses accents dans les mouvements pathétiques et
,a1PQss1ionJétaient tels qu'aie devenait irrésistible.
Aussi, la plaçait-on I égalé des grands artistes de son époque.

ELEMENTS DES THEMES PRINCIPAUX


Naissance: Latitude géographique + 47«45'..Longitude Ôuèsf Paris
0 h. 23 m. — Temps sidéral : 3 h. 10 m.
Long. Lat.
Soleil............................ Décl.
••= 287052’ I.- 1490
Lune .............................. — 22oi5’ 11 = 170J
= 178041’ Périgée + 5® 0’
Mercure................ .’*’•**” + 5° 6* III = I960
Vénus ................ •••••- » 306° 2’
— 1058’ IV = 230
= 335° 0’ — O03I’ — 10® 9’
Mars .................. V = 267°
= 234°32’ 4- 034’ — 18021’
Jupiter .................... VI = 302°
Saturne .............................. - 11”57' — 1017’ + 3052’
= 97®4S’ VII = 329®
Iranus................................ — 037’ -H 12°37’ VIII = 350 •
Neptune .......... = 167*38' + 048’ + 5038’
= 222*32’ IX = 16"
Nœud asc. ............ — lo46’ + 13°54’ X - 50"
Nœud desc. ............ •■= 71032’
= 2510.32’ XI = 87"
XII = 1210
HORTUS ASTROLOGIÆ : THÈME DE DORVAL 145

PRINCIPAUX ASPECTS
Soleil trigone Uranus. — Vénus trigone Saturne, -r- Jupiter sex­
tile caput. — Jupiter trigone cauda. — Jupiter carré Saturne. — Sa­
turne trigone Nepture. — Mars en F. C.
Révolution solaire du 7 janvier 1849 à 5 h. 0 m.
Lat. géogr. +: 48°50. — Temps sidéral : 12 h. 10 m.
Long. Lat. - Décl.
Soleil ............................... , = 287052’ — 22015’ I = 2470
Lune ................................. . = 97032’ Perigée — 4°38’ + 18o34’ II = 282°
Mercure .......................... . = 286021’ — 1054’ - 24oir III = 32.0
Vénus ................................, = 328o30’ - lo35’ - 13028’ IV = 30
Mars ................................. . = 261053’ — 021’ — 23O30’ V = 30
Jupiter .............................., =. 141o r R. + 056’ + 15° 23’ VI = 50-
Saturne ............................ = 35025’ — 2o 8’ — 5042’ VII = 67°
Üranus ............................ = 18o26’ — 037’ •b 604O’ VIII = 1021
Neptune .......................... = 331o 2’ - 039’ — 11045’ IX = 140
Nœud asc.......................... = 165°11’ X = 183o
Nœud desc........................ = 345011’ XI = 210
• XII = 230

PRINCIPAUX RAPPROCHEMENTS
Lune révol. transite Saturne natal. — Vénus révol. carré Mars
natal. — Jupiter révol. carré Mars natal. — Uranus révol. carré Soleil
natal. — Caput révol. transite Uranus natal.
Mort : lat. géogr. : + 48°50'. — Temps sidéral : 3 h. 44 m.
Long. Lat. Décl. •
Soleil ...... .................... = 57022’ + 1035’ I = 1550
Lupe ....... .................... - 4®45' Perigée — 2oi3* - 0 8' II = 1770
Mercure....... .................... = 73037’ +. 2o 2’ + 24028’ III = 2040
Vénus ......... .................... = 48019’ + 2o 5’ + 19018’ IV = 238o
Mars ........... . ............. 014’ — 1034’ — 1021’ V » 275°
Jupiter ........ ..................... = 134052’ 4- 056’ + 17017’ VI = 308“
Saturne ___ ......................... = 4°55’ — 2oir — O 3’ VII = 335‘>
Uranus .... .................... « 24°15’ — 035’ + 8°52’ VIII = 357o
Neptune .... .................... = 334044’ — 041’ — 1025’ IX = 24o
•Nœud asc. . ..................... = 158014’ X = 58o
Nœud desc. .................... . = 338°14’ XI = 95°
XII = 128o
\

PRINCIPAUX RAPPROCHEMENTS
Soleil mort opposition Mars natal. — Soleil mort carré Vénus
révol. — Lune et Saturne mort carré Saturne natal. — Mercure mort
carré Uranus natal et Dragon natal. — Vénus mort carré Jupiter
natal. — Jupiter mort carré Neptune natal. — Nepture mort et Cauda
mort transitent Vénus natal.
H. LE RICHE.
A propos d Ephémérides

Les hasards de recherches et études systématiques conduisent parfois aux


développements les plus imprévus et ce n’est pas une nouveauté de dire que, sou­
vent, les résultats les plus fructueux sont en grande -partie dus au hasard... !
C’est en poursuivant depuis 1937-1938 des travaux systématiques sur les fluc­
tuations de l’activité solaire que je fus conduit à travailler la question des mouve­
ments des planètes, mouvements apparents et réels, d’ailleurs, y- et, plus spécia­
lement encore, la représentation de ces mouvements en fonction du temps, —
étude qui préoccupa jadis les esprits les plus éminents parmi les savants du moment,
et parmi lesquels nous pouvons avoir la fierté de compter une grande majorité,
une majorité écrasante, même, d’Astrologues : tels sont surtout les Tycho, les
Képler, les Stofjler, les Rcgio, et tant d’autres...
Une documentation devenue actuellement très intéressante, s’accumula peu à
peu dans mes cartons et, peut-être par le fait d'un goût prononcé pour ces études,
engendrant sans doute une certaine facilité, mais aussi grâce à beaucoup de travail
ingrat et pénible, je l'assure, je suis arrivé depuis environ deux années à la mise
en oeuvre des éléments fondamentaux indispensables à l’élaboration d’Ephémérides
modernes, quotidiennes naturellement, spécialement établies à l’usage de l’Astro­
logue.
Il m’est apparu dès le tout début, indispensable en effet de produire des Ephé­
mérides qui soient en harmonie à la fois avec les possibilités actuelles en fait
d’applications pratiques des données théoriques et aussi qui correspondent exacte­
ment aux besoins actuels des Astrologues, tout en laissant largement ouverte la
voie des recherches et travaux éventuellement possibles dans l’immédiat. La période
projetée, pour ces Ephémérides, couvre les cinquante et une années comprises entre
1950 et 2000 (ou, si on l'estime préférable, couvrira les cinquante années 1951-2000);
les éléments suivants sont estimés répondre à ces desiderata d’une façon satisfai­
sante et même permettre des travaux et recherches qui, autrement, nécessiteraient
la consultation des grandes Ephémérides telles que la Connaissance des Temps ou
analogues ; ce sont : (outre les éléments courants, bien connus de tous) :
1°) Une certaine valeur numérique, donnée de proche en proche, et qui per­
mettra, par une. opération arithmétique simple et unique, de déterminer l’instant
d'un retour solaire (RS) avec une excellente et très homogène précision (de l’or­
dre de la demi-minute de temps, sinon même mieux encore) ;
2°) Pour ce qui.concerne la Lune, la question n’est point encore résolue concer­
nant les memes éléments ; mais il apparaît, à l’étude du problème posé, qù’il est
loin detre impossible d obtenir semblable résultat, malgré la complication extrême
des mouvements de notre satellite et les très nombreuses inégalités qui l’affectent ;
en tous cas, si l on se contentait d’une précision de l’ordre de la minute ou de deux
minutes de temps, l’instant du retour lunaire (RL classiques ou non) pourrait être
assurée avec une grande homogénéité d un bout a l’autre de la période couvert© ;
. émis par les Organismes de Normalisation Indus­
trielle (et qui, selon diverses opinions, seront avant longtemps rendus légaux, nous
croyons savoir), il a été admis de décimaliser le degré. D’ailleurs toute personne
essayant de cette^ présentation, en pratique courante, se montrera avant peu de
temps particulièrement Satisfaite, car elle perdra ce souci sérieux de toujours pen­
ser d l ordre de succession des unités sexagésimales.,.
Que préfèrera-t-on, en effet, de l'une ou de l’autre des opérations suivantes*'
(pour un retour solaire, notamment) :
‘ 53’48” x 24 h.
= 21 h. 38,8 m. env.
5939”
A PROPOS D'ÉPHÉMÉRIDES 147

ou de celui-ci :
0°897 x 24 Ii.
------------------- = 21,657 = 21 h. 39’ 4
0°994
Les personnes qui douteraient des affirmations ci-dessus se convaincront en
executant elles-memes, d’après les procédés de leur choix, les opérations ci-dessus.
On remarquera du même coup que l’écart exact entre les valeurs déduites de l’une
et de l’autre des deux opérations ci-dessus est de l’ordre de 0,5, c’est-à-dire très
peu different, en ce qui concerne l’opération effectuée avec les valeurs décimali­
sées, de la valeur théorique donnée par l’opération correspondante portant sur les
valeurs sexagésimales, alors que la considération théorique a priori de l’incerti­
tude finale, découlant de la décimalisation à seulement 0,0005 unités près, aurait
conduit à le supposer supérieur. Ceci provient de ce que les écarts, ici et même
généralement, sont respectivement par excès et par défaut dans les deux termes
de la division, ce à quoi, un opérateur expérimenté pense immédiatement, d’ail­
leurs.
II convient néanmoins de faire remarquer que la tâche ne serait pas plus
importante, au contraire même, de continuer à fournir les éléments, dans les Ephé­
mérides projetées, selon la numération sexagésimale. Pour mon compte personnel,
je ne vois aucune objection à préférer la numération sexagésimale à celle décima­
lisée, pour nos buts astrologiques. Mais je ne peux empêcher que les calculateurs
les plus expérimentés, dans les domaines les pliis divers, se sont, poiïr ainsi dire
sans exception, ralliés à la décimalisation du degré...’ Ainsi !...
Le méridien et l’heure moyenne des Ephémérides seraient choisi, comme on
le voudra, ou Paris, ou Greenwich, ou midi ou zéro heure. Ceci n’ayant aucune
importance aux yeux des calculateurs, puisque c’est une simple question de cor­
rection convenable d’arguments fondamentaux.
Je crois tout de même nécessaire de faire remarquer que les grandes Ephémé­
rides utilisent le méridien de Greenwich et zéro heure de temps moyen (quoiqu’aux
Etats-Unis, tout au moins dans le domaine astrologique, l’usage semble devoir se
dessiner d’utiliser un méridien différent, le 75° Ouest, notamment, et qui corres­
pond à 5 heures Ouest, comptées de Greenwich). Ceci n’ayant aucune importance
aux yeux des calculateurs, comme pour l’heure moyenne, en fait c’est une question
très analogue, puisque déterminant uniquement le choix des arguments fondamen­
taux, sans plus.
Il serait donc tranché de ces questions éventuellement par référendum proposé
aux Astrologues intéressés, tant en France qu’ailleurs...
4°) La question des lunaisons ayant été récemment soulevée par divers cher­
cheurs, y compris d’ailleurs la notion moderne de thème nodal, il m'est apparu
intéressant de donner, en annexe aùx. Ephémérides, . une série de tableaux per­
mettant :
a) De déterminer les moments des nouvelles et pleines Lunes, voire même des
quartiers de Lune, pour la période 1950-2000, voire même avec extension aux limi­
tes des tableaux jusqu'au début du XXIe siècle — et ceci au moyen de calculs exces­
sivement simples. La précision assurée comme étant très homogène tout du long
de la période couverte voisinant 2 à 3 minutes de temps, largement suffisante pour
les recherches astrologiques et connexes, j’estime.
3°) Pour les Astrologues désireux d’expérimenter un grand nombre de révolu­
tions solaires, il m’a semblé utile d’étudier la question de permettre d’établir un
jeu de tableau donnant, par des calculs toujours très simples, le moment d’un retour
solaire donné, pour un âge donné, avec une précision très homogène entre 1800 et
2000, avec une précision du même ordre que celle assurée par les éphémérideJ
elles-mêmes, pour le même but (soir, au pire, la demi-minute de temps'). Les recher­
ches historiques se trouveraient ainsi largement facilitées, et même les autres étu­
des, car il m’est apparu que l'étude interprétative des ciels de retours solaires, clas­
siques ou non, était défavorisée par le fait de l'absence de Tables et Ephémérides
à la fois complètes et précises et assez étendues.
6°) Des éléments assez nouveaux, en Astrologie, je crois, sont également pré­
vus et pour lesquels les études préliminaires sont pratiquement achevées ; ce sont :
148 - LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

kl n.uallaxe lunaire (parallaxe équatoriale horizontale) et dont la nécessité


n<* tardera sans doute |*ds à se faire1 sentir ; i/ca tables, mi.i'iliiiircs, éventuellement!
permettront de poursuivre les calculs — toujours très simples jusqu à 1800, natu~
tellement ;
Les distances des divers corps célestes à la Terre (qui seront egalement utiles,
ù mon avis, dans de brefs délais, aux expérimentateurs Astrologues) ;
Us coordonnées hélioccntriqucs complètes, enfin, pour la période egalement
couverte par les Ephemerides (avec extension, .si la chose est possible, du point de
vue de l'édition proprement dite, jusqu'à 18(H)).
Ces dernières tables seront, je crois, peu encombrantes, étant donné certaines
simplifications, possibles ici. sans que la précision générale annoncée en soit affectée.
Ces Enhéinérides. si les conditions de l’édition permettaient de les publier,
constitueraient réellement un outil de travail indispensable et le plus moderne
comme le plus complet qui, jusqu’alors, aura été offert à l’Astrologue pour ses
recherches, travaux et interprétations.
Elles assureront une précision plus que suffisante — et pqur longtemps encore,
je crois — à garantir la rigueur et la correction scientifiques requises en pareille
matière. Leur réalisation matérielle — élaboration, impression, corrections multi­
ples, etc... — nécessitera évidemment un travail très important, mais les divers
appels que j’ai lancés, l’an dernier et encore dès le début de cette année, ne sont
ïxoint restés vains. C’est ainsi que plusieurs de nos Confrères, parisiens ou non,
ont accepté d emblée de fournir l’effort en commun, et, d’autre part, notre sympa­
thique et dévoué Directeur, M. A. Volguine, m’a assuré qù’il étudiait actuellement
de très près la question de savoir dans quelle mesure ces Ephémérides pourraient
être éditées par ses soins diligents.
Il serait évidemment très fructueux que coopèrent à ce travail tous ceux qui
pourront y consacrer quelques uns de leurs loisirs — si rares ou si courts soient-ils
— et toute offre en ce sens sera reçue avec joie. Je dois dire de suite que l’œuvre
sera signée en commun, naturellement, et que les droits d’auteur y attachés^seront
équitablement répartis entre les co-auteurs, comme il se doit.
Souhaitons, pour terminer, que se révèle quelque généreux mécène qui, dans
le but de contribuer à l’avancement de notre Science, fournisse à notre éditeur
eventuel les moyens matériels de mettre en route l’élaboration et l’impression de
ces Ephemerides.

Paul L. Ed. RAYET.

^a................... ......

destin
Direction : HL-H. HIRSIG (IX* année) - CLARENS (Vd. Suisse)
Revue internationale illustrée pour servir l’ASTROLOGIE, les sciences
conjecturales et d’observation. Paraît en Suisse le 15 de chaque mois,
avec la collaboration de l’élite du mouvement astrologique.
Abonnements pour la France
On s’abonne pour une année en versant le montant de 500 fr. sur
le compte de W.-H. Hirsig, directeur de DESTIN: Compte D/E 74.129
Crédit Lyonnais, boulevard des Italiens, Paris. On est prié de confirmer
la souscription à l’abonnement auprès de la Direction de DESTIN
(Clos du Lac, Clarens Vd. Suisse).
FRIEDRICH VON STROMER-REICHENBACH

Introduction à l’Historionomie
Application à la Guerre de 1870-71

Traduit de l'allemand avec l’autorisation de l’auteur par


Gaston GEORGEL ■

Si’itf; (1)

Lorsque, dans des conditions déterminées de temps et de lieu (et


ceci demande encore à être précisé), deux événements historiques A et B
sont donnés, qui ont tout au moins en commun une particularité n, alors
il leur succède, en un temps déterminé et dans un lieu déterminé un
troisième événement C présentant les trois ou quatre particularités sui­
vantes. Premièrement il contient quelque chose d’entièrement nouveau
et d’inconnu qui ne se trouve ni dans A ni dans B et ne peut donc pas
être prévu et encore moins calculé; c’est l’élément irrationnel du troi­
sième événement C. Deuxièmement et troisièmement, il contient des
éléments qui se rencontrent seulement dans A ou seulement dans B ; on
ne peut baser là-dessus que des suppositions (provisoirement du moins).
Quatrièmement, l’événement C contient enfin -un élément n ou même
plusieurs, qui sont communs à A et à B ; alors ces éléments se laissent
également déterminer par le calcul dès que leur existence a été suffi­
samment établie par les investigateurs de l’histoire. De ces compo­
santes il s’ensuit ainsi la résultante n dans C. Mais ce rapport est ici
purement temporel et non pas causal, les termes « composante >; et
« résultante » doivent être pris ici dans leur sens figuré seulement ; ce
n’est pas parce que, mais lorsque A et B sont donnés avec la particu­
larité commune n, que celle-ci se répète dans C. Il n’y a donc pas ici
une causalité (de contact) proprement dite, mais une causalité de persis­
tance dans le sens de Paul Kammerer. Bien qu’une importante statis­
tique des dates de l’-histoire se trouve à la base de notre théorie, c’est
de raisonnement par analogie et par induction qu’il s’agit ici et non pas
de lois statistiques, donc pas de ce qu’on appelle la « Loi des grands
nombres ».
(1) Voir « Les Cahiers Astrologiques », n<> 20, p. 80.
150 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

Comme restrictions on observera ceci :


Ce n’est pas encore une philosophie de l’histoire proprement dite
aue l’on donnera ici, mais seulement les bases d une telle philosophie;
on ne décrira pas ici (provisoirement du moins), ni les causes, ni les
buts des mouvements historiques, ni les mobiles, ni les desseins des
personnages agissant, non plus que la signification interne des événe­
ments; mais on calculera seulement le déroulement purement extérieur
des laits historiques mondiaux et non pas les personnes et leurs des­
tinées, car les personnes ne sont pas seulement des singularités —
comme les événements — mais des individualités réelles, donc non cal­
culables. En outre, on ne peut pas calculer des événements historiques
à peu près quelconques ni presque tous les événements, mais seulement
ceux pour lesquels les conditions qui ont été précisées ici-même sont
données de façon complète; toutefois il y en a proportionnellement peu.
Finalement on ne peut jamais cacluler en entier le troisième événe­
ment C, mais rien que la partie n qui est commune aux événements
antérieurs A et B.
Après l’examen complet et impartial de la totalité des 22.350 dates
de l’histoire du monde dont il vient d’ètre question, j’ai trouvé que le
nombre 3 en liaison avec le nombre 10 et leurs multiples, les périodes
de 3, 6, 9, 12. 15, 18. etc., dizaines ou centaines d’années, surtout celle
de trois siècles, jouait (certes pas le seul, mais) le plus grand rôle’dans
la répétition des événements historiques. Il ne s’agit pas ici évidemr
ment de chiffres mathématiquement précis; douze siècles ne signifient
pas toujours exactement 1200, mais 1150-1250 ans; le jeu de la fluc­
tuation est souvent assez grand, ce qui amène d’importantes variations,
gène singulièrement. les calculs et les rend incertains.
Ensuite, j’ai découvert que, de ces répétitions, se dégageaient net­
tement des domaines ou cercles raciaux pour lesquels cette périodicité
est valable. Les huit cercles raciaux les plus connus et les plus inté­
ressants pour nous se situent autour du continent eurasien; ce sont, en
suivant le sens des aiguilles d’une montre : 1°) le cercle racial grec,
2°) l’italien; 3°) l’ibérique (Espagnols et Portugais d’Europe comme
d’outre-mer); 4°) le cercle britannique ou anglo-normand (Anglais, Anglo-
Ecossais, Anglo-Irlandais, Anglo-Américains, Anglo-Indiens, etc...);
5’) le cercle celtique (Français en France et dans ses colonies, en Bel­
gique, en Suisse et au Canada,. Wallons, Ecossais, Irlandais, etc...);
6°) le cercle teutonique (Allemands d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, •
etc., Flamands, Hollandais, Scandinaves); 7°) le cercle slave (Russes,
Polonais, Tchèques, Serbes, etc., ainsi que les Bulgares actuels, mal­
gré que les anciens « Bulgares », les conquérants de la Bulgarie, ne
fussent pas des Slaves) ; 8°) le cercle mongol (Chinois, Coréens, Thibé-
taihs, Japonais, etc.). Ces domaines ou cercles raciaux sont — comme
c’est visible —- indépendants des territoires des Etats; ainsi, par exem­
ple, les descendants des émigrants espagnols et portugais en Amérique
du Sud appartiennent bien au troisième cercle ibérique comme ceux, de
la péninsule pyrénéenne; il s’agit précisément ici.de cercles ethniques
ou raciaux et non pas de domaines d’états ou de pays. Il est également
indifférent que la grandeur des cercles raciaux change beaucoup dans
le cours des temps. Comme le cercle grec, par exemple, est petit aujour-
INTRODUCTION A L'HISTORIONOMIE 151

d’hui à côté du temps de l’empereur Justinien I,r ou de Basile II ! et


comme le cercle britannique est grand aujourd’hui par rapport au
temps de la reine Elisabeth ! Malgré cela les mêmes lois historiques
sont valables pour eux autrefois comme aujourd’hui.
En premier lieu on ne peut déterminer que l’avenir de l’ensemble
du cercle racial et seulement dtfns certaines conditions et dans des cas
exceptionnels, l’avenir des peuples qui le composent. Les peuples isolés
périssent dans le cours de l’histoire; par contre, les cercles raciaux
demeurent, du moins aucun des cercles raciaux que j’ai envisagés n’a
disparu dans les temps historiques ; ce fait rend fragile l’argument bio­
logique de la « Mort des peuples » que l’on peut élever contre.les lois
de l’histoire. Des lois historiques de deux sortes sont à considérer avant
tout •
a) Loi du parallélisme intérieur.
Lorsque, à l’intérieur d’un même cercle racial (mais pas forcément
dans un même peuple), deux événements A et B ayant en commun
un élément constitutif n, se suivent à la distance d’environ trois siècles,
alors trois siècles plus tard on doit attendre un troisième événement C
qui contient cet élément n à côté d’autres complètement inconnus ou,
tout au plus, présumables. Un exemple pris dans le cercle 6 (germani­
que) servira, d’éclaircissement : En Suède, en l’an 1318, eut lieu une
révolution à. la suite de quoi le roi Birger fut détrôné et expulsé. En
1618, soit juste 300 ans après, les protestants de Bohême se révoltèrent
et proclamèrent la destitution de l’empereur allemand Matthias, ainsi
que du roi Ferdinand TI. Si profondément différents que puissent être
par ailleurs ces deux événements A et B, ils ont cependant en commun
deux éléments constitutifs n : premièrement une révolution victorieuse ;
deuxièmement le fait de détrôner des princes du sixième cercle (teuto-
nique) (par contre, dans les deux cas, les agitateurs appartenaient à
des cercles raciaux différents!). Juste 600 ans après 1318, 300 ans
après 1618, ces éléments n se répétaient en automne 1918 dans le troi­
sième événement C en Autriche-Hongrie et dans l’empire allemand.
b) Loi du parallélisme extérieur :
Celle-ci se divise à son tour en deux lois secondaires :
a) Lorsque dans deux cercles raciaux séparés l’un de l’autre par
un autre cercle, surviennent à l’intervalle d’environ 300 ans, deux évé­
nements A et B ayant en commun une particularité n, alors on peut
attendre dans le cinquième cercle à la suite (soit deux cercles plus loin
et dans le sens des aiguilles d’une montre), un troisième événement C
contenant cette particularité n. Voici qui va servir d’exemple : dans le
deuxième cercle, italien, en 774, le royaume des Lombards fut sous le
.roi Didier envahi et détruit par les Francs du roi Charlemagne. Dans
le quatrième cercle, britannique, et environ trois siècles plus tard, les
Normands du duc Guillaume conquirent et anéantirent le royaume anglo-
saxon du roi Harold. Ces événements A et B, d’ailleurs différents, ont
tous deux en commun comme particularité n : conquête et assujettis­
sement d’un royaume. Trois siècles plus tard ceci arriva également dans
le sixième cercle teutonique. Les Danois du roi Waldemar IV Atterdag
152 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

conquirent en 1360-1361 le sud de la Suède et l’île de Gotland où ils


détruisirent la célèbre ville hanséa tique Wisby. Et dans le huitième cercle
(mongol) eut encore lieu après trois siècles la répétition correspondante
de l’élément commun n lorsque l’empire chinois fut, en 1644, sous le
dernier Ming, Empereur Tschung Tscheng, conquis et soumis par les
Mandchous commandés par Fu-Hin. Par suite, on doit en conclure
qu'a près de nouveau trois siècles, donc au plus tard en 1944 (mais vrai­
semblablement déjà plus tôt), il en résultera la conquête et l assujettis­
sement d’un Etat du dixième cercle, touronien, non mentionné ci-des-
sous, et auquel appartiennent entre autres les Turcs et les Magyars (1).
b) Lorsque deux événements A et B qui, parmi les anciennes diffé­
rences, ont eu en commun une particularité n, se succèdent dans deux
cercles raciaux immédiatement voisins (dans le sens des aiguilles d’une
montre), et à l’intervalle d’environ un siècle et demi, alors on peut en
conclure à la répétition de cet événement n dans un troisième événement
C, survenant un siècle et demi plus tard dans le cercle racial suivant.
Ainsi, par exemple, eut lieu à Londres, dans le 4“* cercle (britannique)
une tentative manquée d’attentat (ladite « conjuration des poudres »),
par un certain Guy Fawkes, contre les représentants du gouvernement
anglais, à cause de leurs mesures d’exception contre l’église catholique
romaine. Dans le. 5™ cercle (celte>,Je 5 janvier 1757, à Versailles, et
pour le même motif, Robert-François Damiens se précipita avec un
couteau sur le roi Louis XV, pour l’assassiner, mais lui fit seulement
une blessure. Comme particularité n, ces deux événements ont en com­
mun : Lutte du pouvoir de l’Etat contre l’Eglise catholique romaine par
des lois d’exception, par suite attentat contre le ou les représentants du
Gouvernemént et échec de cet attentat. Dans le 6®* cercle, teutonique,
cet n se répéta aussi après un temps correspondant. A cause du Kultur-
kampf, le compagnonjonnelier Edward Franz Ludvig Kullmann tira,
le 13 juillet 1874, à Bissingen, sur le chancelier allemand, le prince
Otto de Bismarck, mais le blessa seulement à la main. Par conséquent,
de semblables attentats sans effetç doivent se reproduire pour les mêmes,
raisons un siècle et demi plus tard dans le 7rae cercle (slave), et ênsuite
dans le 8m* (mongol). •
La répétition est dans les cas (a) et (b), grandement vraisembla­
ble ; dans le cas (b) elle l’est même au plus haut degré ; mais elle
n’est guère certaine que dans les cas (très rares, il est vrai) où lés. paral­
lélismes intérieur et extérieur concordent pour les mêmes cercles sociaux.
Ceci se réalisa en 1918 pour la Révolution allemande de Novembre. Le
parallélisme intérieur du 6me cercle, teutonique, 1318-1618-1918, a déjà
été mentionné plus haut.JDu fait que les cercles .de la même série (série
paire : 2, 4, 6, 8 ; impaire : 1, 3, 5, 7) se ressemblent beaucoup plus
entre eux, le 2mc cercle (italien) et le 4me cercle (britannique) sont à
considérer avant tous les autres pour le parallélisme extérieur. La
grande période révolutionnaire proprement dite, du 2me cercle, italien,
commença en 1347, à Rome, avec le soulèvement de Nicolas Rienzi,
mais cinq ans plus tôt, en 1342, à Florence, avait déjà eu lieu un soulè­
vement de ha classe ouvrière dirigée par Gauthier de Brienne. Dans le
. (p Cette prédiction s’est effectivement réalisée, à la date indiouée. avec l’entrée
des Russes en Hongrie. (N. du Tr.).
INTRODUCTION A L'HISTORIONOMIE
153
4 cercle, britannique, la période révolutionnaire proprement dite com­
mença en Angleterre en 1642 avec « La Grande Rébellion», mais elle
avait eu egalement, cinq ans plus tôt, un avant-coureur dans le soulè­
vement de 1 Ecosse en 1637. Ainsi convergent dans le 6W® cercle (eu-
tonique, le parallélisme extérieur (Florence 1342 et Ecosse 1637), comme
composantes pour la résultante d’automne 1918. Cette Révolution n’est
egalement qu un avant-coureur ; la période révolutionnaire proprement
dite du 6m* cercle, teutonique, commencera pareillement cinq ans environ
plus tard, en 1923 (1924, donc dans un temps très proche)?
Pour le parallélisme intérieur, le temps de 3 ou 6 siècles signifie
très souvent (mais pas toujours), les nombres précis de 300, 600 ans ;
pour le parallélisme extérieur, au contraire, on constate un intervalle
de fluctuation assez considérable, soit 27 à 30 dizaines d’années au lieu
de 300 ans ; ceci entraîne naturellement un décalage correspondant lors
de la répétition. Donc, si des événements à peu près contemporains A,
B, C, D ont une répétition correspondante après environ (rois siècles,
alors au lieu de l’ordre de succession attendu A 1, B 1, C1, D 1, il peut
se présenter l’ordre de succession B 1, A 1, D 1, C 1 ou C1, B 1, A t, D 1
ou un autre, quJon ne se laisse donc pas induire en erreur par cela !...
Comme on l’a déjà remarqué, il ne s’agit naturellement pas, dans
le calcul des événements historiques, de détails historiquement insigni­
fiants de la vie privée — fût-ce même celle des plus importantes person­
nalités — mais seulement des événements ayant une signification et une
importance historique. Ce ne sont pas là dés caractères génériques uni­
versels. D’après Otto Ehrlich, « Les communautés humaines» leurs si­
tuations et leurs rapports réciproques, ainsi que les changements de ces
situations et de ses rapports, forment l’objet de toutes les sciences histo­
riques ». Ceci constitue également l’objet de l’Historionomie.
' Sous certaines conditions, on peut aussi calculer à l’avance d’autres
faits, à l’extérieur des cercles raciaux. Ainsi j’ai indiqué, par exemple,
la période de trois siècles pour l’apogée du nationalisme et de l’inter­
nationalisme dans « Qu’est-ce que l’Histoire du Monde » (1919, pages
32-34), pour les trois phases du capitalisme et de son écroulement (pour
'1927 environ?) dans « Qu’adviendra-t-il ? » (1919, pages 44-45), ainsi
que pour l’émancipation de la bourgeoisie et de la classe ouvrière (même
brochure, pages 46-48), je dois ici renvoyer le lecteur à ces deux opus­
cules.
Outre les lois historiques et les combinaisons citées, il y en a natu­
rellement d’autres ; mais cela ne change rien à celles-là, tout au moins,
et dans les conditions décrites, à celle du retour, dans l’événement C de
l’élément n commun aux événements A et B.
La conclusion de tout ceci est la suivante : les motifs et les projets
dès personnalités historiques importantes et celles-ci elles-mêmes ne
sont pas,„en vérité (comme on l’a déjà remarqué plus haut), détermina­
bles à l’avance par le calcul ; mais les esprits des personnalités consi­
dérées sont dirigés, par une puissance myslérieuse dont. nous pouvons
tout au nlus entrevoir provisoirement la manière d’être ou d agir, mais
que nous ne pouvons pas comprendre, ces esprits sont dirigés de telle
sorte que, par une répétition régulière et dans les conditions précisées
plus haut, ils prennent toujours les mêmes moyens pour la poursuite de
154 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

leurs buis ; or ces moyens (guerres, attentats, révolutions, coups d’Etat,


etc..3, ainsi que leur résultat direct, purement extérieur, nous pouvons
jusqu’à un certain point les calculer à l’avance, lorsque ces conditions
sont réalisées.
D’après ceci, l’histoire de l’humanité est régie par des lois éternelles
et d’airain par lesquelles certains événements ou actions historiques
importants sont fixés dès l’abord de façon immuable, tout au moins
dans leurs particularités isolées ; par suite la volonté humaine ou le
hasard n’y peuvent rien changer. A ce point de vue, les « masses »
et les « héros » ne sont pas les guides de l’histoire, mais cette force
inconnue et mystérieuse x. Ou bien doit-on parler ici, à propos de cette
question des cercles raciaux, d’une sorte d’« Autotéléologie »? Qui le.
sait ?
Cette faculté d’être déterminés à l’avance par le calcul n’existe pas
seulement pour des mouvements de masse tels que guerres ou révolu­
tions, mais aussi pour des actes isolés, en apparence totalément volon­
taires comme les attentats politiques et leurs résultats ü!
Naturellement, les quelques exemples auxquels je suis obligé de me
restreindre ici à cause du manque de place, ne constituent pas une
démonstration suffisante ; je dois pour cette raison renvoyer le lecteur
à mes autres écrits mentionnés précédemment. N’ayant pas pu publier
jusqu'ici mes tableaux de dates historiques, par lesquels je puis prouver
la validité des lois énoncées ci-dessus, il ne me reste provisoirement rien
d’autre à faire qu’à rejeter sur mes contradicteurs éventuels le fardeau
de la preuve. S’ils en ont la possibilité, qu’ils tentent de me réfuter en
prouvant que, dans un cas quelconque de l’histoire du monde, le résultat
que j’ai affirmé ne s’est pas produit, bien que toutes les conditions exi­
gées par moi pour le temps et le lieu et pour la convergence des paral­
lélismes intérieur’et extérieur, aient été complètement réalisées. Qui
en est capable ?
L’humanité n’a pas seulement une origine unique dans le passé,
mais aussi (jusqu’à un certain point), une tendance unique d’évolution
pour l’avenir ; sinon des peuples fort éloignés l’un de l’autre dans l’es­
pace et de races totalement différentes, entre lesquels toute possibilité
de transmission directe ou indirecte était complètement exclue, ne pour­
raient pas présenter de pareilles analogies de développement, ainsi que
je les ai décrites dans mes ouvrages. Ceci fait songer à l’étude d’Adolf
Bastion sur « Pensées de l’humanité et des peuples ».
L’extension des communications et leur accélération, ainsi que les
relations réciproques entre les peuples, relations qui deviennent toujours
plus intimes, n’ont aucune influence sur les lois décrites. Bien que l’on
doive penser que les groupes touchés par cette modernisation réagissent
entre eux spirituellement et aussi plus rapidement, les périodes qui
concernent les XJX“® etXX“e siècles ne se sont pas raccourcies, malgré
les circonstances susdites. Et ceci est une plus ample preuve de ce fait
qu en dernier heu, 1 histoire n’est pas dirigée par les humains (« Héros »
ou « Masses »), ni par leurs esprits comme on l’admet généralement,
mais la puissance inconnue et déjà mentionnée « x ».

(4 suivre.)
Deux Maîtres en Astrologie mondiale

Lailjcle de M. Beer inséré dans notre dernier numéro, nous a apporté


Protestations. « Je connais personnel!emenlM.
Beer, écut M- Hector Compant : Je sais combien il a souffert et, malgré
I elevation habituelle de sa pensée, je lui reconnais aisément le droit d'avoir
certaines rancœurs Mais i ai été assez désagréablement surpris à la lecture
de son article que ie me permets de juger déplacé cl inopportun... » « Ne
peut-on, lorsque l on est astrologue, s'élever un peu au-dessus des erreurs
humaines ? » dit avec justesse Mme Michelle Pascal... « Mais pourquoi faut-
ü louiours que l un ou l autre déverse sa bile à rencontre d'un confrère ? n
clame A. M. : « Ces sortes de polémiques ne sont pas faites pour servir
notre cause »... 1 r
Quant à G.-L. Brahy, il nous a adressé la lettre suivante :
Mon cher Volguine,
Dans le numéro de mars-avril des « Cahiers », votre collaborateur H. Beer
signe un article intitulé a Deux Maîtres en Astrologie mondiale » où, en se défen­
dant de me citer et de me vouloir du mal, il fait à ma personne des allusions telle­
ment transparentes qu’il aurait été plus loyal de sa part de me désigner clairement
Vous m’aviez prévenu de la nécessité où vous vous trouviez de laisser passer
cette attaque ; j’essaie donc de vous comprendre et ne discuterai pas vos raisons ni
la position, assurément fort singulière, que vous avez prise de la sorte. Vous admet
trez par contre que je m’explique un peu avec votre collaborateur.
Dans cet article, où l’on ne distingue pas très bien s’il s’en prend aux morts ou
aux vivants, ou aux deux à la fois, M. Beer me donne en la personne de Nostra­
damus un compagnon d’infortune bien inattendu. C’est trop d’honneur ! Evidem­
ment, j’entends bien que. M. Beer y voit au contraire un déshonneur ! Laissons-Iui
le bénéfice de cette opinion, qu’il discutera au besoin avec les nostradamisants ;
cette question n?a’ rien à faire ici. Tout de même, quand on sait que Nostradamus,
en maintes circonstances, soigna les humbles gratuitement, et avança même de
grosses sommes pour des travaux publics, on est en droit de trouver que M. Beer
traite un peu trop facilement les gens de bateleurs.
Qu’en ce qui me. concerne personnellement il me qualifie d’ex-boursier (ce .que
je ne fus jamais) ou d’ex-expert-comptable (ce que je suis au contraire toujours), où
encore qu’il me reconnaisse des dons divers où il voit certainement la marque d’une
aveuglante médiocrité, peu me chaut. Mais il est certainement dommage ppur M.
Beer lui-même qu’il n’ait pas encore acquis assez de philosophie ou de contrôle de
soi pour ne pas passer ses rancœurs personnelles sur le dos d’autrui.
Il y a cependant un reproche • qu’il m’adresse, et auquel je suis fort sensible :
c’est celui de a collaboration » dans le sens politique où l’entend M. Beer.
Parce que j’ai conclu qu’en mai 1941 les astres poussaient à la collaboration.
franco-allemande, M. Beer me traite « d’astrologue collaborationniste ». Puis-je
faire remarquer à ce propos que, dans le premier numéro de reparution de « De­
main » (21 mars 1941) nous avions nettement défini notre position comme suit :
« La politique, cause essentielle de nos malheurs et de nos défaites, nous a
toujours tellement répugné que nous ne serons certes pas .désorientés de devoir la
tenir à l’écart. Mais, sans nous mêler à de sordides polémiques ou â de misérables
querelles d’intérêts et de clochers, il nous sera bien permis sans doute, comme
précédemment, de considérer le conflit actuel par dessus la mêlée des nationalismes
et des idéologies qui l’animent — du point de vue de Sirius, si l’on veut — et d’en
tirer les conclusions philosophiques et morales qui s’en dégagent.
« Aussi loin qu’on se reporte dans l’existence de la Revue, on y trouvera des
allusions de plus en plus pressantes, de plus en plus claires, à l’imminence de Temps
Nouveaux. Ce n’est, donc pas à une formule nouvelle, ni à une idée servile et
156 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

banale, que nous aboutirons ici, niais bien à une profession de foi ancienne et en
quelque sorte prophétique.
« De plus en plus, au fur et à mesure que notre expérience de la vie s’accroît,
nous en venons à considérer que la science astrologique a besoin d’une solide arma­
ture morale si elle ne veut pas faire fausse route au contact d’idées vulgaires.
« De même qu’il ne faut pas confier de dynamite aux enfants, de même l’usage
de l'astrologie se conçoit difficilement en dehors d’une certaine éthique, d’une force
d’idéal peu commune, d’une certaine pratique de l’occulte. Car bien des événements
ne s’assimilent, ne se comprennent même, s'ils ne sont pas observés du point de vue
universel, là oïi les petits intérêts personnels se fondent dans la masse et n’ont
plus que des résonnances lointaines. » (Demain. 21 mars 1941, pages 2 et 3.)
Et nous ajoutions, par souci de précision, dans notre numéro du 21 avril, sous
le titre n Par dessus la mêlée. Le point de vue de l'occultiste sur la guerre ac­
tuelle » ;
« Quand une guerre ou une révolution désole le monde, l’occultiste ne s'at­
tarde pas à rechercher les responsabilités apparentes de ce bouleversement. Il sait
que ces bouleversements ne constituent qu’une face des choses... Les causes de
conflit s’enchevêtrent au long des siècles et d’un bout à l’autre de notre planète
comme des lianes issues les unes des autres. Pourquoi ne pas voir dans les événe­
ments actuels une évolution nécessaire,.;?
« Mais quelque « détachée » qu'apparaisse l'attitude de l'occultiste en jace d'un
conflit comme celui qui ensanglante le monde, il ffb faudrait pas en conclure qu’il
reste ferme à toute émotion, à tout regret, à toute indignation, à toute pitié, voire
même à tout sentiment national ou patriotique. PLUS QUE'TOUT AUTRE PEUT-
ETRE, IL RESSENT L'INIQUITE DE CERTAINES ACTIONS, l'acuité de certains
drames intimes, la douleur et le désespoir qui accompagnent toujours la ruine des
oeuvres humaines. Mais son attitude reste toujours mesurée et digne... » (Demain,
21 avril 1941, pages 34 à 36.)
Nous voilà loin, me semble-t-il, du sens péjoratif que M. Beer donne à nos
propos « colla bora tionnistes » 1 D'ailleurs, M. Beer a eu bien soin d’exclure du texte
qu’il incrimine le bout de phrase que je réincorpore ci-après :
« Nous en concluons simplement — et objectivement, faisant abstraction de tout
sentiment personnel — que la collaboration... »
Tout comme j’avais encore écrit plus loin :
« Pourquoi d’ailleurs envisager ayec effroi l’expérience qui commence ? Qui
pourrait dire au surplus par quelles métamorphoses, par quelles expériences suc­
cessives le drame de l’Europe passera encore ? »
' i?Ui! pro,uve bien que je n attachais pas une idée d'immédiat, d'instantané,
a la collaboration en question. Mais M. Beer, pour les besoins de sa cause, prend
bien soin de découper mes écrits de façon à ne pas livrer ma pensée dans toute
son expression. Le jeu est très habile et peut mener très loin. C'est celui qu’ont
pratique mes accusateurs, et avec une virtuosité qui laisserait M. Beer sur place.
Or, il est assez curieux qu'après un interrogatoire assez « féroce » — car la justice
dépuration était assez... directe, et forcément mal disposée «à l’égard de ses victimes
- ou ion me confronta avec quantité de passages isolés — et forcément tronqués
• de mes cents, 1 auditeur qui ni interrogeait ait finalement conclu « qu'il n’y avait
pas de quoi fouetter un chat ». Il èst non moins curieux qùe l’auditeur qui fut chargé
de requenr dans ma cause ait conclu à mon objectivité et laissé au Tribunal le soin
d apprécier cette affaire assurément peu banale. C'est que M. Beer perd de vue le
principe de la. relativité . Lne phrase peut prendre un sens bien différent lorsqu'elle
est jugee a travers celles qui la precedent et celles qui la suivent ; et écrire dans un
dlffiUSe a d<ï dizainJes1de milliers d’exemplaires et faisant l’opinion
et de Oiml" ” ‘|Ue le 'æ™ di,nS "ne revUe destinée à des
Cest peut-être l’endroit de dire, pour couper court aux légendes qui circulent
au sujet de « Demain » : ») que celui<i ne fut jamais censuré, parais^nishnnlé-
S; “ Demain ” ne bénéficia d’aucune faveur de
J occupant, 1 engine de son papier et de ses fonds s’étalant au grand iour et

rahon aucune mesure d’interdiction n’a jamaiXpJ" noTe’ReU L‘be'


DEUX MAITRES EN ASTROLOGIE MONDIALE 157

tinnêVîn nrnn,!°>re seneusement que si j'avais réellement voulu faire la poli-


chokie ? Il Œ 6 d°nf 'a Revue « Demain » que j’aurais
nnît è r,,Lk „ ? ??ns <1<H1 e <,u "V** lcs dons <livcrs <>“'« vtut «en me recon-
pîir J".” “’C-’* „ecn.re dl,ns «ra"d quotidien ou m'inscrire à un
nvnnt tout T* *’ S',J e*IcIc‘>'’cinent tenu — étant pacifiste et internationaliste
avant tout — a me mettre au-dessus de la mêlée, c’est par souci de la vérité, ne
irancai^nJ^n ^lro.logic l,uissc ^vêlir un nationalisme quelconque, allemand,
aïïfifX'.Un’* Pf”’ors’ tout c? «>uc !'on P®ut me reprocher est d’avoir adopté
une attitude don quichottesque ou imprudente.
Mais alors, imprudente à tous les points de vue! Car, publier sous l’occupation
un horoscope peu favorable au leader rexiste belge Léon Degrelle, un article de
du Carpon attestant que lannee 1942 se terminerait mal pour le Führer, l’annonce
d un debarquement imminent en Afrique, celle d’une cessation probable des hosti­
lités en Europe Centrale ou en Italie vers août 1943 - et* bien d’autres encore -
c était, je pense, risquer le camp de concentration. En fait, c’est pour cela que
« Demain » fut, lin 1942, interdit par l’autorité occupante.
Quant à la rectification du thème de Hitler, que M. Beer me reproche double-
ment, voici exactement en quels termes elle fut faite. Je regrette de ne pouvoir citer
1 article en entier, car d autres passages que ceux que je cite éclairent singulière­
ment la question. Il est donc question de l’échec de notre pronostic fixant en 1940
le summum de chance du Führer.
« Il est toujours vexant pour un astrologue d’encourir un échec, surtout d’une
telle portée, et qui n’est pas annihilé par le fait d’avoir ajouté « que, si le Chan­
celier Hitler n’était pas renversé ou vaincu au cours du troisième trimestre 1939,
il pourrait encore reprendre du prestige en 1941 »...
« Nous avons négligé — c’est du moins ce qui ressort de plus vraisemblable —
un aspect de parallèle, et un parallèle d’importance ! Qu’on en juge ! Il s’agit
d’une parallèle Soleil Jupiter. C’est tout simplement inimaginable, car cela modi­
fie le problème et forcément les conclusions que tous, objectivement, nous en avions
tirées.
« Or, ce parallèle est à son maximum d’effet en 1942. Il agissait donc en 1939
comme une sauvegarde, et en 1940 et 1941 comme un facteur réel de chance. On
s’explique mieux, maintenant, ces succès extraordinaires qui ne paraissaient plus
correspondre aux directions relevées.
« Et 1942 serait donc une année dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle se
passerait sans doute encore sans accroc sérieux pour le sujet du thème, même si
d'autres configurations lui étaient par ailleurs désavantageuses ou hostiles. L'apo­
gée du Führer se trouverait donc ainsi postposé de trois ans sur l’échéance primi­
tivement prévue.
. « Nous avons cru devoir, puisque nous étions coupables d’une inattention vrai­
ment inexcusable, faire notre mea culpa. Ainsi, le cas échéant, on n’attribuera
pas à l’astrologie des lacunes ou des erreurs qui relèvent avant tout des astrolo­
gues. Mais nous avons cru devoir en revanche justifier amplement cette rectifica­
tion, en vue de présenter les choses sous leur jour exact et de ne pas laisser place
à des suspicions dont trop de gens se montrent vraiment prodigues par les temps
troublés que nous vivons actuellement. »
Ce n’est pas du tout ce que M. Beer feint de comprendre.
Après ces mises au point — que je limite évidemment au minimum — j’aurais
le droit, me semble-t-il, de demander à M. Beer les raisons pour lesquelles il trouve
intéressant de me demander des comptes quatre à. cinq ans seulement après la
Libération. Serait-ce parce que, récemment, la Revue a Demain » a repris sa publi­
cation et.rétrouvé d’emblée son public d’autrefois?
Comme il eût été simple de régler mon cas, cependant! Après la Libération,
au moment où certains « confrères » — bien entendu animes des plus pures inten­
tions patriotiques ! ! — cherchaient à me noircir pour mieux se blanchir eux-mêmes,
et réclamaient officiellement ma tête (ni plus, ni moins !), des gens dignes et plus
larges d’esprit proposèrent de constituer un jury d’honneur qui aurait examiné mon
cas. Mais lesdits confrères tenaient sans doute davantage à leur vengeance qua la
justice proprement dite, car cette proposition fut rageusement rejetée. Faut-il vous
en donner des preuves, Monsieur Beer ?
En conclusion, mon cas ayant été, par la faute même de mes confrères, tranché
par la justice, je ne vois pas pour quel niotif, ni de quel droit, M. Beer voudrait
158 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES
le remettre en cause. Au nom d’ailleurs de quelle singulière « liberté » ou de quelle
étroite idéologie raciale ou politique voudrait-il m’empêcher de penser selon ma
conscience et mon tempérament ?
Quant A la valeur ou à la non-valeur de mes prévisions, je demanderai simple­
ment à M. Beer de bien vouloir répondre aux questions suivantes :
— L’apogée de la chance d’Hitler a-t-il pris place, oui ou non, en 1942 ainsi que
je l'annonçais ?
— La France a-t-elle conclu une paix séparée avec l'Allemagne, comme je l'avais
pronostiqué dès 1939 ?
— L’Angleterre se trouve-t-elle bien plongée dans cette crise redoutable que
j'avais prévue pour elle, même en cas de victoire ?
— La Pologne a-t-elle été abandonnée à son sort comme je l’avais écrit dès
1939 ?
— L’Allemagne n’a-t-elle pas quelque chance, du train dont vont les choses, de
conclure une paix honorable, comme je le prévoyais ?
Ce sont là des vérités essentiellement désagréables à proclamer, je le sais !
Mais ce sont des faits, malheureusement ! Siv donc M. Beer n’est pas satisfait de
ces références, et de quelques autres que je pourrais encore lui rappeler, il ne lui
restera plus, je pense, qu’à essayer de faire mieux. Il s’apercevra ce jour-là que pré­
dire est autrement difficile que critiquer !
En attendant, je lui conseille de conserver, dans les critiques qu’il est certaine­
ment libre de me faire, la dignité, et surtout la mesure, qui s’imposent. Je n’ai pas
l'intention de laisser attaquer impunément mon honneur, ni ma réputation.
Veuillez excuser, mon cher Volguine, cette mise au point un peu longue, mais
qui ne dépasse pas cependant, je crois, les limites de mon droit de réponse. Je
compte sur vous pour l'insérer dans votre plus prochain numéro, sous le même
titre que l'attaque à laquelle elle répond, et vous envoie entretemps l’expression de
mes meilleurs sentiments.
G.-L. BRAflY,
Directeur de la Revue « Demain j».

DONNÉES DE NAISSANCES INTÉRESSANTES

Guillaume Apollinaire, poète, le 20 août. 1880 à « 5 heures et quelques


minutes du matin » (d’après un article de Marcel Adéma dans Figaro
Littérairej n° du 14 février 1948), Rome (comni. par Pierre Gautier).
Blanqui, Louis-Auguste, politicien, le 19 pluviôse de l’an 13 (le 8 février
1805), 1 h. du matin, Puget-Thénier (A.-M.) (extrait de naissance).
Docteur Alexis Carell, le 20 juin 1873, 11 h- du soir, Lvon (d’après
Demain, n° de Noël 1941-. ‘ ”
Marcel Cerdan, le 22 juillet 1910, 11 h. du matin (et non 20 h. comme nous
avons indiqué dans notre n° 18, p. 356, Sidi-bel-Abbès, Algérie (heure
donnée par l’intéressé à M. G. Renoult lors de son retour d’U.S.A.).'
Louis Ghacornac, éditeur, le 25 novembre 1889, 11 h. 30’ du soir, Paris
(rens. pers.).
Paul Chacornac dont le dernier ouvrage Le Comte de Saint-Germain a
reçu le prix Maria Star J948. le 29 septembre 1884. 6 h. du matin Paris
(rens. pers.). ’
(Suik à lap. 163.)
Destin de l’Univers12

observé par
François ALLAEUS
Arabe Chrétien
en l'année 1654

FIGURE DE LA SECTE MAHOMÉTANE

Dans la copie dont nous nous servons pour celte réimpression, se place
ici la FIGURE DE LA SECTE MAHOMETANE montée par le copiste el
n'exsitarit pas dans l'édition originale. Celle figure est absolument identique
à la FIGURE DE HENRI IV donnée en hors-texte au N° 6 de Novembre-
Décembre 1938 (2), avec toutefois celle différence que LA FLECHE- DU
CERCLE CENTRAL MOBILE SE TROUVE .4 23° DU CANCER et non
au début de la Vierge.

JUGEMENT GÉNÉRAL
Mahomet naquit l'an de J.-C. 623, au 23° de l'Ecrevisse, maison
de la Lune, d'où les mahométans ont pour enseigne la lune croissante,
car eu égard au Soleil qui était en la vocation du monde dans Ariès,
depuis ce vingt-deuxième degré de l'Ecrevisse, la Lune se hâte d'aller à
son opposition et à sa plénitude. Ce même degré est aussi le décanat
ou face de la Lune, et le génie tombe au 22° de Libra, dans la maison
et terme de Vénus, qui signifie que les Mahométans seront adonnés
aux femmes, recevront la polygamie, et qu'ils fêteront le vendredi.
Cette figure ayant quasi une même constitution de signes et planètes
que celle de ('Univers, signifie un Empire bien étendu, et il semble
qu'elle ait la même signification que celle de la France, et ce n'est
qu'en celle de la France, les planètes touchant de leurs orbes les poin­
tes des maisons, sont plus puissantes suivant leur nature et celle des
maisons.
Le 23° de l'Ecrevisse, qui est au milieu de l'hydre et du cœur du
Lion, signifie que le monde doit craindre une cruelle bête, qui court
aux splendeurs, et une secte puissante tant sur mer que sur terre.

(1) Voir « Les .Cahiers Astrologiques », Numéros 7-15 de la première série et 3,


4, 6, 8, 9, 11, 14, 17 et 19 de la nouvelle.
(2) Nous expédions ce numéro contre un mandat de 75 francs. Rappelons que nous
sommes encore en mesure de.fournir la collection complète de notre Revue aux prix
suivants: Collection d'avant-guerre (15 numéros): 750 francs; Collection 1946:
400 francs; Collection 1947 : 450-francs et Collection 1948 : 580 francs.
160 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

Le Lion dons le 2,w témoigne une brutale et horrible avidité d oc­


cuper les biens des autres sous prétexte de religion a cause du trime
de Mars, du Soleil et de Mercure qui sont dans le 9 lesquelles pla­
nètes étant dans la 10"w maison de l'Univers, signifient une religion
qui doit* commander.
L'Epi au même lieu donne de grands biens par le commerce et
par les pèlerinages de dévotion. La Lune dans la 3”' avec I opposition
de Mars dans la 9m% menace de péril ceux qui iront sur mer, a cause
des courses des chevaliers de Malte, leurs ennemis.
Le génie dans la 4nu, signifie tyrannie, qui doit occuper les suc­
cessions des morts.
Le Scorpion dans la 5u* donne grande quantité d'enfants, vu que,
comme nous avons dit, ayant Vénus dominante, ils admettent la poly­
gamie.
Le Sagittaire, dans la 6,,u maison de Jupiter, signifie un peuple
travaillé tant par les diverses sectes de sa religion que par les armes
et les courses des autres. La partie de fortune dans la 7me maison de
mariage montre que leur principale force est dans la multitude des
hommes qui naissant, de leur polygamie, qui suffit à tant de guerres,
et à cette tyrannie qui ne pardonne jamais au sang des hommes.
Saturne venant toutefois à la pointe de cette maison avec le quadrat
de Vénus, montre que le destin des femmes sera malheureux parmi
eux, lesquelles ils tiennent d'une façon servile, et les changent comme
ils veulent, comme si elles étaient des bêtes ou des esclaves.
Saturne, dispositeur de la 8mc, et la pointe de cette maison étant
dans l'orbe de Jupiter, semble signifier la fureur de cette nation, éta­
blissant sa religion par la mort et par le supplice.
La lumineuse Eridan à la pointe de la 9m<? maison, signifie une reli­
gion splendide ; cette même pointe au terme et face de Mars, et entre
son orbe, celui du Soleil et celui de Mercure, signifie une religion qui
commande par les armes sans raison, à cause que Mercure prend la
nature des planètes supérieures auxquelles'iTêst joint.
C'est une chose merveilleuse que dans un si heureux Empire qui
étend tous les jours ses limites, Algol soit dans la 10mc la plus mauvai­
ses de toutes les constellations, qui semble présager du malheur. N'est-
ce point que cet astre malin favorisant cette nation d'une sympathie
occulte, annonce aux autres empires leur défaite et leur dernière ruine.
N'est-ce point parce qu'ils ont coutume de monter sur le trône
par la mort de leurs frèries en leur faisant perdre leur tête. Ou n'est-ce
point à cause que par une certaine force magique et sorcellerie, ils
^tiennent les mains êt les courages des autres- rois, de peur qu'ayant
joint leurs forces ensemble, ils n'aillent contre cet ennemi commun.
Les Gémeaux, maison de Mercure, dans la douzième, montrent
que ces peuples sont grands ennemis des études et de la Sagesse, et
que les sectateurs de cette religion se moquent et tournent en risée
tous tes sages.
DESTIN DE L'UNIVERS
161
JUGEMENT PARTICULIER
L'an 707, Vlit calife augmente de beaucoup la puissance des
± d'ô^n’ P"7 6 Tn^AHaS jUSqU'aU Heuve Le pied gau!
che a Orion passait par la 10'"'. K 3
Depuis l'an 775 jusqu'à 849, entre les deux chiens, ils vont avec
grande ardeur contre les chrétiens. Alors dans la figure de l'Univers,
la tete de Meduse et la 101"' des Turcs passaient par le I’c des Gé-
meaux, racine de la religion chrétienne.
L an 849, au 7""' des Gémeaux, voulant de l'Afrique envahir la
puissance romaine, ils sont repoussés et défaits parce que la religion
chrétienne était plus forte vers son Horoscope.
L'an 1009, en l'œil du Taureau, terme de Vénus, appliquant à
son corps le roi de Babylone, assiège Jérusalem, la prend, jette le tem­
ple par terre, leur Vénus les favorisant alors, et dans le traité qu'ils
font I année suivante avec les chrétiens, en sorte que le roi des Sar-
razins épouse la sœur du roi catholique, l'Hydre passant alors par le
corps de Vénus, signifiait ces noçes horribles.
L'an 1043, au corps de Vénus dans la 10”h, promet une domina­
tion illustre dans cette maison, qui auparavant était tributaire.
L'an 1099, Godefroy de Bouillon prend alors Jérusalem et y est
couronné roi, le quadrat de Saturne, l'opposition de Vénus et le cœbr
du Scorpion passaient alors sur {'Horoscope et l'opposition de Saturne
par la .10’"°. Environ ce temps, leurs affaires commencent à dépérir en
Espagne après avoir perdu Tolède. Le trine de Mercure courant alors
favorisàit les crhétiens. Mais ce bonheur leur est surtout signifié parce
que, dans la figure de l'Univers, la 10n,c avec Mars, le Soleil et Mer­
cure passaient par le 1° des Gémeaux, horoscope de la religion chré­
tienne.
L'an 1149, au 7° d'Ariès, terme de Vénus, les chrétiens font une
expédition dans la Palestine par les exhortations de Saint Bernard,
mais hors de saison, et malheurs aussi, de sorte qu'ayant été défaits
en plusieurs combats, ils sont contraints de se retirer honteusement
chez eux, car dans la figure de l'Univers, ('Horoscope de la* secte maho-
niétane passait par le T de Libra, où est la Lune qui lui favorise et
opposée à Mercure, seigneur de la religion chrétienne.
L'an 1202 et les suivants, pendant le passage d'un signe igné en
un signe aqueux, sympathique à leur Ecrevisse, les Tartares font une
heureuse course sur les chrétiens, toutes choses leur succédant heu­
reusement, environ le vingt-deuxième degré des Poissons, trine de.leur
horoscope.
L'an J 335 et 1340, au corps de Jupiter, la monarchie des Turcs
commence par Ottoman.
L'an 1373 et les suivants, il y eut une guerre civile entre les
Mahométants, dans laquelle Tamerlan surmonte Bejazet, ce qui sem­
bla être signifié par la 6ue maison des maladies, qui passe par la 1rc
et le quadrat de Saturne par la 11"10.

(A SUIVRE.)
Le coin de la Précession

M, P. Roussel nous adresse une nouvelle communication que, faute de place,


nous résumons ainsi :
1) Tout en restant partisan de l’obligation de tenir compte, dans l’interpré­
tation. de la Précession des Equinoxes, P. Roussel est inquiet du désaccord exis­
tant entre divers auteurs dans la fixation de l’époque à partir de laquelle ladite
précession devrait être compensée.
Les Hindous opinent pour 397 ap. J.-C., Cyril Fagan pour 285 ap. J.-C., P.E.A.
Gillet pour 76 av. J.-C... A qui se fier ?
Dans le doute, dit P. Roussel, ne pourrait-on prendre un moyen terme, accep­
ter. par exemple, 23° au lieu de 28°, comme évaluation, pour notre époque, du
décalage précessionnel ? Et ne suffirait-il pas de signaler, en marge du schéma du
thème, les limites ainsi déterminées des subdivisions du Zodiaque naturel, celui des
Constellations, pour en tenir- compte dans l’interprétation du Radix auquel rien,
d’ailleurs, ne serait changé ?
2) P. Roussel s’inquiète également, et peut-être plus encore, de la diversité des
systèmes de Domification, des divergences dans l'appréciation des maîtrises et des
aspects...
Et là-dessus, parlant au nom des « nouveaux convertis à l’Astrologie dite scien­
tifique, il demande un fil d’Ariane aux augures chevronnés... »
Cet appel sincère, émouvant même, ne saurait rester sans réponse, et nous y
convions les astrologues qualifiés.
Quant à nous, sans nous prendre pour un augure, la plus grande modestie
étant ici de rigueur, mais possédant, hélas ! par loi de nature, un chevronnage
considérable, nous croyons déjà pouvoir apporter aux jeunes, dans le débat qu’ils
sollicitent, l’influence apaisante oui nous a permis à nous-mêmes, chemin faisant,
de conserver la foi.
Nous disons bien, la foi, dans une tradition millénaire qui a fait merveille en
son temps, qui nous arrive polluée par les siècles, et qu’il semble suffire, après
l’avoir purifiée au lieu de la détruire, de replacer dans , son cadre « comme un
poisson dans l’eau », car elle n’est pas morte, pour lui rendre sa vigueur première.
La tradition a été polluée au cours des siècles :
«— D’abord par la Précession qui, insensiblement mais inflexiblement, altérait
les maîtrises ;
~ P*1" Ie5 ^prudents qui, à partir du XVI“« siècle, la Précession atteignant
déjà 19°, ont cherché dans une Domification révolutionnaire un remède pire que
le mal ; car ils augmentaient ainsi, arbitrairement, le décalage Signes-Constella­
tions, au lieu de le réduire.
■— Par les chercheurs impavides qui, de nos jours même, ne reculent pas de­
vant une totale démolition dans l'espoir de mieux reconstruire.
Nous avons déjà dit (1) que l’entreprise de ces derniers nous semblait être
sans issue, la puissante tentative de Kraft en ayant fait la preuve.
d’autr€ Part, dans de prochains Cahiers, que la Domification,
JL®*?511* P®ut être rationnellement ramenée à son unité
i*Possède en ses flancs de quoi moduler les as­
pects et les^sOTtir, dans la ligne indiquée par Bons-Paque (2), de la fausse régidtté où
les a réduits 1 abus des aphorismes à la Julevno.
répondions dès maintenant à la question posée par P. Roussel au
sujet de la position du point Gamma dans les Constellations.
Les Hindous indiquent l’étoile Revati pour des raisons occultes* Cvril Faaan
pourquoi... Quant à nous, profâsantqu’fl
Astrologie, utiliser 1 occultisme que lorsqu'il n’y a aucun moven nosi-
Uf > de faire autrement, que lorsque le « péser, compter, mâiuer Y St imn^bîe
Problèlne

/O? ü’ n£ahJ>er8 Astrologiques », No 17» p. 282, note 2.


(2) V. Boris-Paque. Aperçus nouveaux sur l’interprétation.
LE COIN DE LA PRECESSION 163

Car si 0° Ariès, en 1930, se trouve à 28° Bélier, la cause de ce décalage résul­


tant astronomiquement de la Précession du point Gamma sur L’Ecliptique, a raison
de 50”6 par an, on en peut rigoureusement conclure que la coïncidence 0° Ariès-
> 0° Bélier existait 28'750’’,6 =» 2006 ans auparavant, soit en l’an 76 av. J.-C. Cela ne
peut faire l’ombre d’un doute pour tous ceux (ils sont légion !) qui croient que 2
et 2 font 4... et qui, en même temps, admettent l’exactitude de notre point de
départ, c’est-à-dire 0° Aries à 28° Bélier en 1930.
Or, cette dernière donnée est officielle : elle résulte des travaux du Congrès
de l’Union astronomique internationale de 1930; on la trouve dans l’Annuaire
Flammarion 1947 et dans les Ephémérides perpétuelles de E. Cariant : nous pou­
vons donc nous y tenir.
Nous devons même nous y tenir4, et aucune transaction ne nous parait possible,
car le fait est là !
Si d’ailleurs P. Roussel veut bien se livrer au petit travail (1) que je sollicitais
E. Boyer de faire, il se rendra compte, « de visu », de la sagesse de la Tradition,
dans sa division de la sphère céleste en 12 Signes égaux coïncidant, à cette époque,
soit avec la Constellation patronymique, soit au moins avec le centre de cette
constellation.
La solution que nous proposons, à savoir point Gamma à 0° Aries en 76 av.
J.-C. est astronomique : elle est donc motivée en droit; elle l’est en fait en ce
sens, qu’on peut constater par l’opération ci-dessus, que, cette compensation pré-
cesslonnelle effectuée, les 12 Signes rentrent automatiquement en leur giron
d’étoiles.
L’occultisme est ici dépassé : nous sommes dans la lumière des chiffres. Gar­
dons-nous de l’obscurcir... Il reste bien assez d’autres coins d’ombre pour tenter les
rêveurs.
PJS.A. GILLET, .

(1) V. « Cahiers Astrologiques », N° 17, p. 281.

DONNÉES DE NAISSANCES INTÉRESSANTES


Coleridge, Samuel-Taylor, poète et philosophe anglais, le 20 octobre 1772,
11 h. dumatin, Ottery-Saint-Mary (Devonshire) (comm, par M- Troinski,
Berlin).
Conan Doyle, romancier anglais, le 22 mai 1859, 5 h. du malin, Edimbourg
(comm- par M. Troinski, Berlin).
Albert Durer, peintre-graveur allemand, le 20 mai 1471, 10 h. 30 du
matin, Nuremberg (comm- par M. Troinski, Berlin; notons que La
Grande Encyclopédie le fait naître un jour plus tard).
Erasme Rot, savant hollandais, le 28 octobre 1467, 4 h. 30* du matin, Rot­
terdam (comm. par M. Troinski).
Grillparzer Franz, poète autrichien, le 15 janvier 1791, 10 h. 30’ du matin,
Vienne (comm. par M. Troinski).
Haeckel E.-H-, naturaliste allemand, le 16 février 1834, 10 h. 30* du soir,
Postdam (comm- par M. Troinski).
Herder (Johann-Gottfried von), écrivain allemand, le 25 août 1744, 11 h. 30’
du soir, Mohrungen (Prusse-Orientale) (comm. «par M. Troinski).
Jung J.-H., surnommé Stilling, médecin, mystique et écrivain allemand,
ami de Goethe, le 12 septembre 1740, 8 h. du soir, ’Grund (Nassau)
(comm- par M. Troinski).
Communiqués du C. I. A.
Les séances de travail ont continue Salle des Sociétés Savantes.
Réunion du 9 Février
Les études d’Astrologic Mondiale continuent à susciter un vif intérêt. Mais le
Bureau du C.I.A. estime que le dépouillement des travaux est fait de façon insuf­
fisante pour tirer de ceux-ci le meilleur enseignement possible. Il fait appel ïi
scs membres pour trouver parmi eux un collaborateur qui accepte de se charger
de la comparaison des événements du mois et des pronostics établis.
Réunion du 9 Mars
L’étude du thème d’Hitler, basée sur 43 dates de son existence, a clé commen­
cée, aycc pour but la recherche du système de directions donnant la meilleure
justification astrologique de ces dates (Nota : La liste de dates ci-dessus est à la
dispositions des lecteurs des Cahiers qui en feraient la demande au président du
C.LA.)
Les séances publiques organisées par le C.I.A. ont commencé le 23 février. La
conférence de M. Marchon sur /es destinées amoureuses sera publiée dans notre
numéro 23. Celle de M. De Gremilly sur l'astrologie auxiliaire de la pédagogie dans
notre numéro 22 (numéro spécial sur TOriemation professionnelle).
TRANSITS LOGARITHMIQUES
Le 19 janvier, Armor avait fait un très intéressant exposé des transits loga­
rithmiques (système dérivé des directions évolutives de D. Neroman). Le 9 février,
Hièroz lui répondit. Nous reproduisons ci-dessous l’essentiel de ces deux inter­
ventions. *
Les prochaines conférences annoncées sont :
27 avril : Mme Jeanne DUMONCEAU : Les rapports de l'astrologie, et de la
voyance. — M. MARQUIS : L’Astrologie c$ VEconomie.
18 mai : Paul-Edouard RAYET : Les rapports de VAstrologie et de la Méde­
cine. L’œuvre de Ttretschenko. — Guy FRADIN : Le Marquis de Sade et Casanova
révélés par rAstrologie.

L’Evolution logarithmique
A la première réunion de novembre 1948 du C.I.A., le Président Hièroz attirait
notre attention sur certaines contradictions au sujet des prémices de la loi évolu­
tive de Néroman (arcs prénataux), contradictions qui. selon lui, permettaient de
mettre en doute, sans autre forme de procès, toutes les valeurs numériques des
tables. Je n'étais pas de cet avis. Je n'avais jamais épluché la démonstration de
Néroman, niais je savais par expérience que la loi numérique donnait parfois des
résultats très intéressants. Je décidais donc sur le champ de réétudier à fond la
question pour mieux pouvoir défendre la loi évolutive que j’utilisais et que je consi­
dérais malgré tout comme exacte. Le résultat, il faut bien l’avouer, a été assez
inattendu : au cours de sa démonstration, Néroman ne respectait pas exactement
sa propre hypothèse de départ, â savoir que l’être s’incarne au moment où sa
vitesse évolutive est annulée par la vitesse de rotation de la Terre. Il supposait, en
effet, que* 1 être psychique évolue 360 fois plus vite que l’être matériel, ce qui n’est
pas tout à fait exact comme nous allons le voir tout à l’heure. Cette approximation
conduit Néroman à une vitesse V qui est 364,2/360 fois trop grande (’). 11 en résulte
dans lare parcouru des écarts importants qui expliquent l’imprécision à .laquelle
se sont toujours heurtes jusqu'ici les partisans de la méthode évolutive. Dans ces
conditions, il était nécessaire de recalculer au plus vite de nouvelles tables et de
les essayer avant de les lancer « dans la nature ». Tout ceci a été fait, soigneuse­
ment et consciencieusement, cela m'a demandé deux mois de travail que je. ne

Ciel/1937)’. Nérornan ; Prfea«« à la lumière des lois de revolution (Ed. Sous le


COMMUNIQUÉS DU C.I.A. 165
ïlîlrny S «. Jendre service a I Astrologie. L intervention du Président
nnSinn rnntrJ I I .co/lî'7’“.ence1s heureuses puisque, finalement, c’est sa prise de
position contre la loi evolutive de Ncroman qui aura permis de dcRer l'Astrologie
d un outil plus perfectionne que celui existant déjà. Avant de passer à des applica­
tions pratiques, il nous reste a refaire rapidement la démonstration de la loi d evo­
lution que nous appellerons « loi devolution logarithmique » pour éviter toute confu­
sion avec loi evolutive de Neroman dont nous nous désolidarisons formellement.

LA LOI D'EVOLÙTION LOGARITHMIQUE

Tout être, vivant évolue d'une façon inversement proportionnelle à son âge.
C est la un fait d’observation courante : en quelques jours, la pousse verte grandit
de plusieurs centimètres ; il faut, par contre, des mois pour apprécier la croissance
de l’arbuste ' des années enfin sont nécessaires pour observer celle de l'arbre qui
tend vers, une limite imprécisee qu’il ne dépassera pas. D’une façon plus imagée,
on peut dire qu’en un an le bébé d'un an double son acquis, alors que le centenaire
ne fait qu’y ajouter un centième : si la vitesse d’évolution du bébé est représentée
par le rapport 1/1, celle du vieillard le sera par 1/100. Ceci revient à dire qu’un
organisme dont l’âge s’exprime par un temps T auïa une vitesse d’évolution
(1) v = , le étant une. constante que nous définirons par la suite. Cette vue n'est
pas fantaisiste, les travaux expérimentaux de nombreux chercheurs, et en particu­
lier ceux du docteur Alexis Carrel et Lecomte du Noüy la confirment. Le docteur
Carrel a, en effet, déterminé à différentes époques de la vie, la vitesse de cicatrisa­
tion des plaies et il a trouvé des résultats qui cadrent parfaitement avec la rela­
tion (1). Georges Bournier, dans la brochure « Un Acte », compare graphiquement
les vitesses de cicatrisation expérimentales et les vitesses évolutives théoriques cal­
culées : la conclusion est assez probante. Si l’on fait 'F — 0 dans notre formule (1)
la vitesse V devient infinie ; or, il est bien évident a priori, que la vitesse d'évolution
d’un, nouveau-né n’est pas infinie, sinon nous le verrions s'enfler d'un seul coup
comme une baudruche, ce qui ne serait pas très rassurant. Nous sommes ainsi
amenés à nous poser la question suivante : Quelle est la vitesse d’évolution au mo­
ment de la naissance ?
— L’être qui s’incarne se trouve brusquement rivé à la quatrième dimension :
le temps, qui va désormais l'entraîner d’une façon inexorable vers son triste destin
d’ici4>as ; or, cet être a été happé par la matière, il a d’abord réagi en tournoyant,
puis il a été freiné par le milieu matériel, par le frottement de la Terre qui tournait
en sens inverse ; l’enlisement est complet au moment où sa propre vitesse, décrois­
sante est annulée par la vitesse de la Terre. Si nous acceptons provisoirement cette
hypothèse (qui est d'ailleurs celle de Néroman) nous sommes du même coup conduits
à admettre que l’instant T = 0 est en réalité celui de la conception, instant de la
vitesse infinie où l'être est encore complètement libre de se mouvoir dans le temps
et dans l’espace, instant aussi de l’appel vers la matière dont la conséquence iné­
luctable sera l’enlisement progressif jusqu’à la vitesse d’incarnation. Tant que cette
vitesse d’évolution reste supérieure à la vitesse de rotation de la Terre, l’être psy­
chique garde partiellement le contrôle du temps, il bénéficie d’un excès de vitesse
V — V’, (V' étant la vitesse de rotation de la Terre) : mais il perd peu à peu ce
contrôle puisque V — V’ tend vers 0. L’être éprouve alors de plus en plus de diffi­
cultés à se déplacer dans le temps ; son espace à 4 dimensions, ou hyper-espace,
s’estompe de plus en plus pour ne laisser subsister qu’une agonie que l’on devine
atroce. Enfin, au moment précis où V — V' = 0, il fait le grand saut, c'est la mort
de l’au-delà, infiniment plus abominable que notre mort physique (qui n’est en réa­
lité qu'une délivrance). A partir de ce. moment V — V’ étant devenu négatif, l’être
qui s'est incarné a perdu le contrôle du temps, il n'est plus libre de s'y mouvoir à
sa guise : il est enchaîné inexorablement aux années et aux saisons sans pouvoir
rien y changer. Enfin le choc, qu'il a subi en changeant d’état lui a fait perdre la
mémoire de ses vies antérieures : c'est désormais un mort-vivant, et c'est ce mort
pitoyable que nous devons étudier dans sa vie d'ici-bas.
Revenons à des réalités plus concrètes :
Si l’être s’incarne au moment où sa vitesse est annulée par celle de la Terre,
nous devons exprimer cette vitesse dans un système d'unités commode; la première
166 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES
unité de temps qui se présente à l’esprit est le jour solaire moyen, temps pendant
lequel la Terre, fait un tour sidéral plus une fraction de tour égale à 1/365,2 pour
rattraper l’avance du Soleil moyen pendant le même temps. Mais cette unité n’est
lias commode, elle n’est pas dans un rapport simple avec l’année qui vaut 365,25
joursnous adopterons donc la vitesse en tours par an : cette vitesse est égale à
(T + T/365,2) 365,2 = 366,2 T et conformément à notre hypothèse, cette vitesse est
également, au signe près, la vitesse de l’être qui s’incarne, donc V = 366,2 T, mais
cette vitesse est la vitesse théorique, spirituelle de l’être non encore incarné ; celle
qui nous intéresse, c’est la vitesse pratique, matérielle, de l’être incarné, or cette
vitesse est égale à un tour par an ; en effet, si le fatum est orienté suivant une
direction de référence oz au moment de la naissance, le lendemain, il aura tourné
de 360° + 360°/365,2. angle qui mesure sa vitesse d’évo­
lution en degrés par jour ; il sera ainsi venu en oz’ ayant
finalement évolué de l’angle zoz’ = 360°/365,2 qui mesure
sa vitesse matérielle d’incarnation en degrés par jour.
Donc la vitesse Vo que. nous cherchons est bien égale à :
(360°/365,2) 365,2 j = 360° = 1 tour par an dans le sens
évolutif rétrograde. Au moment de l’incarnation, T est
égal à g, temps passé depuis le moment de la conception,
c'est-à-dire durée de la gestation, par conséquent variable
avec les espèces, et peut-être, les cas particuliers de cha­
que espèce (naissance avant terme par exemple et pour
lesquelles des études comparatives seraient nécessaires).
Or l'instant origine qui nous intéresse étant celui de la
naissance, nous devons poser obligatoirement T = t + g,
t étant l’âge que nous exprimerons en années puisque
Fig. 1 nous avons déjà choisi cette unité de temps ; et g durée
de la gestation exprimée également en années ; pour la
race humaine nous prendrons g = 3/4 d’année (tous cas
particuliers mis à part). Dans ces conditions, notre équation (1) devient : (2) v =—~
k t+8
Mais au moment de l'incarnation t = o donc V» = —
g
Par suite, pour la race humaine que nous nous proposons d’étudier
360 x 3
k g = 270
4
D où l’expression finale de la vitesse matérielle d’évolution ou vitesse biologique
» j,. . . . , ,,v 270 1080
de I homme expnmee en degres par an (3) v =---- r-— =--------- .
t+3/4 4 t+3
Mais ce qui nous intéresse en fin de compte, c’est non pas la vitesse mais l’espace
parcoiyu qui nous permettra connaissant l’orientation originelle ou native de situer
h position du sensitif à un âge quelconque.
Pour cela, il suffit d’intégrer la vitesse, de la naissance ou âge o, à l’âge consi­
déré t : entre un instant quelconque t et l'instant t + dt, l’arc élémentaire parcouru
k dt
da = vdt = ------------ .

L’intégration donne : (4) a = k L (t+g) = k L qui est la formule définitive


de l'évolution d'un être quelconque que nous exprimerons en degrés par an.
Pour l’espèce humaine on a :

a = 270 L —= 270 L (4 t+3) - 270 L 3


d’où l'expression finale :
a = 270 L (4 t+3) — 296,625
COMMUNIQUÉS DU C.I.A. .167
LES LOIS D'EVOLUTION APPLIQUEES A L'ASTROLOGIE

Dom Néroman, révolté par la stupidité apparente de certains systèmes de direc-


? nmlimîJ. r2tSni,“ “ Sonna,fsan.«¥ Qu* ait cu f’idée lumineuse de chercher
a appliquer cette loi mathématique classique a l’Astrologie. L’idée était simple mais
?n«rfvrlendra Jama,s assez ,,on,n,a8e au pionnier qui nous a ainsi montré la voie
suivi
. Neroman propose dans ses Présages, une expression dont les coefficients numé-
f^“feS.1®0?t>sen®!^,e?ient d,(Ierents de ceux que nous venons de déterminer. Cela
Se"‘ aj fa,t qu-11 .na Pas suffisamment approfondi sa propre hypothèse; en effet,
il prend comme vitesse de rotation de la Terre : V = 365,2 tours par an et il intè-
Vou'i'étak déW & 'a ^°!.te -V = .+ 1 ro,ation a""uel'e - or. Ia vitesse
V qm était déjà trop faible d une unite devient alors V — 1 = 364,2, cela nous paraît
absolument inexplicable, et chose plus grave, il admet que cette vitesse est expri-
mee en tours par an et en degrés par le même nombre, ce qui est faux puisque la
Terre tourne ai une vitesse N = 366,2 tours synodiques par an et le sensitif évolutif
a la vitesse initiale V0 = 360° par an, c’est-à-dire que V/va = .366,2 et non pas 360
comme propose Dom Neroman. II semblerait que Bournier au cours de sa propre
démonstration, se soit aperçu de cet écart, mais il en parle de façon très voilée pour
ne pas etre en contradiction avec la formule de Néroman. Cela fait trois erreurs
simultanées en une seule page qui est précisément la plus importante de tout l’ou­
vrage... Cela se passe de commentaires’et il y a simplement lieu de comparer les
deux expressions pour savoir laquelle des deux doit disparaître :
1) Expression de Néroman : p = 273,18 L (4 t-f-3) — 300
2) Expression d’Armor : a = 270 L (4 t+3) — 296,62.
Un calcul rapide nous permet de dresser le tableau comparatif suivant :

Ages Arcs parcourus en degrés


Neroman Armor Différence
Années A = p — a
P a
10 7,5 (3me tour) 358,6 (2mo tour) 8,9
20 187,1 — 176,5 (3ra® tour) 10,6
30 294,6 — 282,7 — 11,9
40 11,6 (4me.tour) 358,7 — 12,9 •
50 71,5 — 58,0 (4UJ® tour) 13,5
60 120,6 — 106,5 — 14,1
70 162,2 — 147,7 — 14,5
80 198,3 — 183,4 — 14,9
90 230,2 - 214,9 — 15,3
100 258,8 — . 243,1 — 15,7

Ce tableau nous montre que les écarts atteignent rapidement 10 degrés dans la
jeunesse et dépassent 15 degrés à la fin de la vie.
Ces écarts sont inadmissibles parce qu’ils décalent les transits d'une demi-Mai-
son environ faussant une fois sur deux le résultat, quand le transit se produit avec
la loi évolutive au milieu d’une Maison, il.se trouve ramené avec la loi logarithmi­
que sur la cuspide de la même Maison, et la signification ne s’en trouve pas chan­
gée ; mais si un autre transit était cuspidaire, il va se trouver ramené dans la Mai­
son précédente et la signification va se trouver complètement faussée ; s'il s’agit
d’un événement étudié après coup, on peut toujours retomber sur ses pattes en
décalant le natif d’une heure dans le sens convenable. L’incertitude qui règne pres­
que toujours au sujet de l’heure de naissance ne permettait pas de faire des recher­
ches expérimentales, sans cela il y a sans doute bien longtemps que l’on aurait dé­
celé un écart systématique entre les transits caclulés et les transits réels ; il aurait
été alors facile de retrouver l’expression correcte de la loi évolutive ; tandis que le
oc tripotage » de l’heure de naissance auquel on pouvait se livrer sans coup férir
aura permis de masquer pendant douze ans l'erreur évolutive.
L’intervention énergique du Président Hiéroz a simplement démontré que le
moment d’une révision de la loi était arrivé. Les nouvelles tables numériques sont
recalculées sous une forme plus pratique, avec un intervalle de variations de 1 mois
qui réduit au strict minimum les interpolations à la longue fastidieuses. Une édition
provisoire pour les gens pressés d’expérimenter, est à votre disposition chez l'au-
168 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

tc.nr, 9, Grande Rue à Chaville (S.-et-O.) (nu prix de 100 fr.) ; mais cela n'épuise
pas le débat lu» méthode évolutive est une mine encore à peine exploitée et nous
ne soidmcs pas dans ce domaine au bout-de nos surprises.
Nous reproduisons ci dessous un extrait de ces tables, donnant les valeurs de
a d'année en année jusqu'à 100 ans.
ARCS PARCOURUS EN DEGRES DE ZERO A CENT ANS
7Vg»<*
* Arc Âge Arc Age Al‘è 1 ” Age Arc
il 0,0 2o 176,5 40 358.6 6(1 10G.Û so 183,3
1 22S.S 21 189,2 41 61 110,9 81 . 186,7
Q 350,8 22 201,3 *1 11,6 62 115,2 S2 189,9
3 74,5 23 212.9 43 17.9 63 119,5 S3 193,2
; 138J 24 221,1 41 24.0 64 123,7 84 196,4
à 190,0 25 234,7 45 29,9 65 127,9 85 199,6
6 233,2 26 245,0 4G 35,8 66 131.9 86 202,7
270,G 254.9 Ï7 41.5 4)7 135,9 87 205,8
s 303.3 2S 264.5 ’»S 47,1 68 139,9 88 208,8
9 332.5 29 49 52.G 69 143,8 89 211,9
10 358,9 30 30 57,9 70 147,6 90 214,9
11 22,9 31 29L3 51 63,2 71 151,4 91 217,8
12 45.0 32 299,7 •c
* 6-8,4 155,2 92 220,7
13 65,4 33 307.8 33 73,4 73 138,9 93 223,6
14 84,3 34 315,7 54 7S.4 74 162,5 94 226,5
là 102.0 35 323,3 35 83,5 75 166,1 95 229,3
16 118.6 36 330.S 56 ' 88.1 76 169,6 96 232,1
17 134,3 37 33\0 57 92,8 173,1 97 234,9
IX 149,1 3s 345,1 5s 97,5 78 176,6 98 237,7
19 1G3,1 39 352.0 39 102,0 79 180,0 99 240.4
i’u 176.5 40 358,6 60 106,5 80 183,3 100 243,1
-vr-—-r--
il nous reste à montrer très rapidement les quelques essais concluants auxquels
je me suis livré avant de décider si je devais lancer les nouvelles tables a dans la
nature >», ou m'abstenir complètement de prendre position à ce sujet. J’avais l’in­
tuition très nette que « ça collerait » ; mon premier essai a été effectué sur le thème
de Roosevelt, qui était ?» l'ordre du jour de votre réunion du S décembre. Etant ?»
ce moment « embrayé à fond » sur les calculs numériques de la loi logarithmique,
je disposais de très peu de temps et je décidais de me limiter au transit de mort. Il
in avait semblé dès le début de l'étude qu'il fallait mettre Uranus sur F Ascendant,
d abord parce que cette conjonction se retrouve dans de nombreux thèmes d’hom­
mes (K)litiqiies, ensuite parce qu Uranus c'est-à-dire Jupiter céleste se trouve lui-
même au trigone de Jupiter, or, Roosevelt d'après sa physionomie était fortement-
jupitérien. Cette, orientation place le Milieu du Ciel à 76. Nous avons donc 1?» un
thème dont l orientation de départ connue, ne se prête ?» aucun « tripotage ».
Dans ces conditions, traçons le transit de mort : les positions sont celles de la
néoménie, ce qui souligne encore une fois l'importance des lunaisons dans les thè­
mes mondiaux. Voilà j)our l'émetteur, reste le sensitif : ?» 63 ans et demi, le sensitif
a tourné d'après les nouvelles tables : de 120p degrés; le fatum référence de la
rotation est donc venu se placer ?» :
76 -r 360 = 436 — 120,5 = 315,5
Dans ces conditions que constatons-nous ? La queue du Dragon est accrochée ?t la
yjll logarithmique, Uranus est sur 1- comme a la naissance, voilà donc un être qui
• s incarne de façon uranienne et qui meurt de même, soudainement, comme Hitler,
comme Mussolini, comme Laval, etc... mais de la plus belle mort que puisse sou­
haiter un grand cerveau organisateur comme le sien, c’est-à-dire ?i sa table de tra­
vail en pleine lucidité, entouré de l’alTecdon inquiète de millions d’hommes. Mais
nous natoib la que les elements lents, les transits logarithmiques qui ont créé le
climat de la mort. Voyons maintenant les détails, ils sont encore bien plus sugges­
ts : la XI loganthnuque est conjointe à la VIII radicale (cette fois il s’agit d'une
direction de la Xll logarithmique vers la VIH native) nouvel élément lent qui crée
le climat d épreuve finale, c est dans ce climat que vient exploser la néoménie ; la
Lune, latitude -- 3, passe a la conjonction de Priape, latitude + 5 sur la VIII na- .
tive, ce sont d ailleurs deux transits natifs classiques. Vénus rétrograde, latitude +7
coupe exactement la Xfl logarithmique et Mercure suit le même chemin.
COMMUNIQUÉS DU C.I.A, 169
KENARQUE:
. Par suite de la forte latitude des éléments agissant Sur la VIII native il est
necessaire de faire une representation à trois dimensions. Sur notre canevas 48 N
lc^îemdëhtta 1!‘ Cül'r°”,,e .'nt“r'cure représente par convention
K cercle de latitude — (> et la couronne extérieure le cercle de latitude + 6 Dans
ces conditions, il est facile de déterminer et de tracer les domificateurs (cercles de
posthon) de la VIII nahve (en pointillé) et de la XII logarithmique'fentraiï plein)

F/g. 2
(Réduction 70 %)

Si je sais bien compter, cela fait 6 conjonctions sur la, VIII native : conjonction
multiple qui comprend à la fois des transits natifs, une direction et des transits
logarithmiques, comme exemple d'application d’une méthode, je ne crois pas qu’on
puisse trouver mieux, mais il nous reste encore à interpréter ce schéma : les jour­
naux à l’époque ont précisé que depuis plusieurs jours le Président ne trouvait au­
cun goût aux aliments, ceci parce que le climat de mort créé depuis quelques mois
par le Dragon accroché à la VIII logarithmique et en quadrature de la VIII native
s’est trouvé subitement aggravé par le passage de Vénus et Mercure en VIII et XII,
il y avait environ un mois que ces deux planètes s’y trouvaient amorçant la rétro­
gradation qui devait retourner le couteau dans la plaie au moment do la vitalisation
par les Luminaires. Comme toujours, c'est la Lune qui donne le coup de grace en
passant ici à l'opposite de Lilith.
Or, les journaux ont précisé encore que le matin du 12 il allait bien, c’était le
calme qui précède la mort, il travaillait et recevait : la Lune n’avait pas encore
no- LES CAHIERS ASTROLOGIQUES
franchi le seuil de la VIII. Au début de I après-midi îl écoutait la l.b.F., Mercure
était dans le coup ; mais Vénus aussi : un peintre prenait son croquis. Au moment
précis où la Lune franchissait la VIH, il ressentit soudain des douleurs violentes
dans la tête, or la I et Uranus sont en quadrature de Mars. 11 perdit connaissance
puis mourut d’une hémorragie cérébrale sans être revenu a lui.
Pour être complet, il faudrait évidemment -remonter aux lunaisons, au retour
solaire, etc... cela nous entraînerait trop loin et nous en resterons la,* sur cet exem-
pie qui est vraiment le plus saisissant que. j'aie jamais vu jusqu'ici.
Un mot maintenant des thèmes où foira « tripoté u le natif pour faire « col-
fer » un transit quelconque : c’était le cas de la suicidée étudiée au C.I.A. en octo­
bre 1948; la rectification était basée sur le transit de mort moyennant un décalage
du natif de + t heure par rapport à l'heure proposée; or, à 45 ans lécart p —a =
13°, ce qui a pour effet de ramener en arrière de près d'une heure le natif,, conclu­
sion : l’heure proposée était bonne, le transit de mort aussi, seule la loi evolutive
était fausse.
Un mot enfin des erreurs quelquefois graves que Ion peut commettre par 1 em­
ploi de la loi évolutive : ayant eu un jour à étudier le thème d'une personne pour
savoir quel moment elfe devait choisir pour lancer une affaire, je lui conseillai de
choisir le moment où Mars bouclerait sa rétrogradation sur la I evolutive ; de cette
façon, elfe bénéficierait à coup sûr d'un regain d’énergie et d'activité. Le schema se
présentait de la façon suivante :
J’étais certain de 1 heure qui
avait été rectifiée d’après des consi­
dérations natives, dans ces condi­
tions Mars recoupait trois fois l’As-
cendant évolutif, il n’y avait pas à
hésiter, il fallait prendre le taureau
(ou plutôt le bélier) par les cornes.
Au début, ça a bien marché, puis le
sujet s’est mis à fléchir, il était vi­
siblement fatigué, surmené, il a
fallu abandonner après bien des
dépenses inutiles le projet de lan­
cement qui apparaissait désormais
comme un échec complet, la pré­
vision aussi. Autant cela paraissait
inexplicable à l’époque, autant cela
paraît lumineux maintenant : la
rétrogradation de Mars s’est en
. réalité produite non pas en I évo­
lutive, mais en XII logarithmique.
Dans ces conditions, la plus élémentaire prudence’s’imposait ou plutôt se. serait
imposée et la volonté d’action aurait dû être remplacée par une volonté d’absten­
tion. Un an après cet incident, le sujet ne s'est pas encore-remis, « coulé » par le
surmenage intempestif que lui a inspiré la loi évolutive, il n’arrive que péniblement
à « refaire surface ».
Etant donné qu'il y a des milliers de personnes qui se servent de cette loi
depuis douze ans, il nous est permis de penser que de pareilles méprises ont dû se
reproduire plus d’une fois, elles sont particulièrement graves quand il s’agit d'une
personne vis-à-vis de laquelle votre responsabilité peut être engagée moralement et
matériellement sans préjudice du discrédit qui pourrait en résulter pour le traduc­
teur. Et que dire enfin des dizaines et peut-être des centaines de milliers d’heures
de travail employées en pure perte de part le monde du fait de l’emploi de tables
numériquement fausses ! Dans ces conditions, il faut abandonner la loi évolutive,
à cause de son imprécision et c’est bien le moins qu’on puisse dire.
De la même façon, il faudra peut-être abandonner un jour la loi logarithmique
que nous proposons aujourd'hui, si un autre chercheur propose encore quelque
chose de mieux. Loin de lui en vouloir, nous lui proposons d’avance notre concours
pour la discussion et la mise au point de ces études...
ARMOR,
Ingénieur A. et M.
COMMUNIQUÉS DU C.I.A. 171

L’Activité Biologique
et les transits logarithmiques

M. Armor a, dans sa conférence, fait allusion à une communication faite par


M. Bournier, ancien élève de Polytechnique, au Congrès du C.A.F. de 1$37. M.
Bournier avait releve, dans uû ouvrage de jCarrel, les durées de cicatrisation d’une
plaie de 10 cm2 à différents âges de la vie. En divisant un coefficient K (choisi pour
les besoins de la cause égal à 144) par les chiffres de Carrel, on obtient des vites­
ses relatives de cicatrisation indiquées au tableau ci-dèssous :
Age Durée Vitesse
10 ans 7 jours 20,6
20 ans 10 jours 14,4
40 ans 18 jours 8,0
60 ans 32 jours 43
Ces divers points sont réunis par un tracé ep pointillé sur la figure 1. L’hyper­
bole figurant l’évolution selon la loi de Neroman est figurée en trait plein. Le
coefficient K ayant en fait été choisi égal à 144 pour que les points de 60 ans de
Càrrel et de Néroman coïncident, on voit que la courbe Neromane s’écarte consi­

dérablement des points de Carrel. Il y a en effet 16 % d’écart à 40, ans, 43 % à


20 ans et 233 % à 10 ans. Cependant M. Bournier trouve ces différences toutes
naturelles et pour les justifier il écrit : « Cette concordance est d’autant plus reinar-
quable que les chiffres de Carrel semblent être des moyennes très largement éta­
blies; les âges sont arrondis... les durées exprimées en jours pleins, ce qui donne
172 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

une marge* de battement très appréciable .surtout pour le bas âge : de sept jours,
chiffre arrondi, a sept jours et demi, chiffre bien possible pour un cas réel, l’écart
est de 7 %. »
Malheureusement pour la thèse de M. Bournier, ce n'est pas 7 % mais bien
233 % qu'on trouve comme différence entre la vitesse Neromane et la vitesse réelle
et avec ces 233 %» il faudrait admettre, pour justifier la thèse de M. Bournier, cinq
jours et demi au lieu de sept comme durée de cicatrisation à 10 ans. Si M. Bour­
nier avait voulu être scientifique comme scolastiquement il devait l'être, il aurait
cherché à faire passer par les points de Carrel une hyperbole, sans lui imposer
des asymptotes qui, si elles répondaient à la loi de Neroman, ne répondaient
nullement à la. vie’ biologique telle que les expériences de Carrel et Lecomte
du Nouy conduisent à exprimer son déroulement.
La courbe qui en réalité, se rapproche le plus des points de Carrel a pour
équation : (30 + T) (7,75 4.- V) = 1110, où T est l’âge astronomique et V la
vitesse biologique.
Les écarts qu’elle donne entre les points calculés et les points de Carrel ne
déplissent pas* 3 % soit un quart de jour à 10 ans. Le tableau ci-de§sous donne la
comparaison entre les points de Carrel, la vitesse calculée et la vitesse déduite de
la formule Neroman :
Age Carrel Hyperbole logique Hyperbole Bournier
10 203 20,0 25,4
'20 14,40, 14,45 13,2
40 • 8,0 8,1 6,7
60 43 4,6 43
M. Bournier s'est,bien gardé de calculer cette hyperbole car elle contredit ter­
riblement les théories de son maître ès-astrologie. En effet, d'après cette formule
la vitesse n'est pas infinie lors de la conception (théorie Neroman) mais 30 ans
avant ; d'autre part, alors que la vitessç biologique n’est - jamais nulle dans la théo­
rie Neroman (ce qui est contraire au bon sens), elle s'annule vers 112 ans, ce qui
corresjxind sensiblement à la durée maxima de la rie.
Poussant plus loin mes recherches sur cette intéressante question de l’évolution
biologique, je me suis reporté aux travaux de Lecomte du Nouy (1). Celui-ci a
déduit‘des vitesses de cicatrisation de différentes dimensions et aux différents âges
ce qu’il nomme a le coefficient d'activité biologique ». Il donne ce coefficient pour
huit âges de la vie et avec une précision très supérieure aux chiffres arrondis de
Carrel.
J'ai calculé l'hyperbole passant le plus près possible de ces huit points. Elle
diffère légèrement de celle déduite des quatre points de Carrel, elle s’écrit :
(143 *r T) (8,00 + V) = 1210 (2)
où V = 100 A, A étant le coefficient ..d'activité biologique de Lecomte du-Nouy.
Dans le tableau suivant, on voit que V/100 et A ne diffèrent jamais de plus de 4 %.
Age A (Lecomte de Nouy) V/100 (H
10 ans 0,400 0,413
20 ans 0,260 0,271
25 ans 0,225 0,228
30 ans 0,198 0,194
32 ans 0,188 0,181
40 ans 0,145 0,142
50 ans 0,103 0,107
60 ans 0,080 0,082
Basée V sur uun aussi< Ilolnbre. de points, cette formule est certainement
preferable a celle déduite des quatre points assez imprécis de Carrel. La principale
difference reside dans la constante correspondant à la vitesse de cicatrisation infi­
me (correspondant en fait à la naissance biologique).
Celle^î au lieu de 30 ans (points de Carrel) est seulement de 143 ans. D’autre
Iieu\le lpeUr < C T corresP°ndant 51 V = 0 (mort biologique) est de 1363 ans au

(.1) Voir « Les Travaux de Lecomte du Nouy, par de N » (1938).


COMMUNIQUÉS DU C.I.A. 173
Ces chiffres paraissent d’ailleurs plus satisfaisants à l’esprit. En effet, Up ans
est sensiblement égal I age de lu puberté augmente tics 3/4 d'année de la gros­
sesse. Ceci voudrait dire que le premier ovule prendrait vie biologique personnelle
à la naissance de la mère, la naissance biologique des autres ovules étant retardée
d’autant de cycles mensuels qu’ils retardent sur le premier. D’autre part, le chif­
fre de 1363 ans correspond mieux que 112 ans à la durée possible maxima de la
vie humaine.
Si. partant de cette dernière formule de la vitesse biologique, nous considérons
celle-ci comme la dérivée à un coefficient k près du temps apparent t par rapport
au temps astronomique T, nous avons :
dt
= k -----
dT
ce qui donne, en partant de (a)
dt 1210
k ----- = ---------------- 8,00
dT 14,5 + T
et en intégrant :
T
kt= 1210 L (1 + -----) - 8 T (b)
14p
On peut donner à k une. valeur en rapport avec le but inquisitorial poursuivi.
Par exemple, si l’on désire savoir à quel % de la vie apparente, l’homme est
arrivé à un âge donné, il suffit dans cette formule de faire t = 100 et T = 1363
pour trouver une valeur de k correspondant au but poursuivi.
Dans la théorie évolutive de Don Neroman, le milieu du Ciel se déplace selon* •
une loi.. logarithmique et fait quatre tours dans la vie humaine maximum.
Si cette évolution se faisait proportionnellement à la vie biologique déduite des
chiffres de Lecomte de Nouy, il faudrait déterminer K en faisant t = 4 x 360 et
Tk = 1363.
Au point de vue purement biologique, la formule (b) est logiquement très supé­
rieure à celle de Bournier-Neronian. En effet, si l’on compare les quatre tours du
MC de Neroman aux quatre parties de la vie humaine (enfance, adolescence, matu­
rité, vieillesse) on a :
Tours Période % vie biologique .Age formule Age formule
à la fin de la période Hiéroz Neroman
Enfance 25 7 ans 2 ans
2 Adolescence 50 * 19 10
3 Maturité 75 41 38
4 ^.Vieillesse 100 136,5 145
—__ ____ que les quatre «âges de la vie correspondent mieux aux
On doit reconnaître
sections que j’ai déterminées qu’à celles de Neroman. Bien entendu, je n’entends
nullement démontrer que les tables de Neroman ou d’Armor sont fausses, et a
rejeter astrologiquement parlant. J’affirme simplement que la justification qu’en a
tenté M. Bournier par les vitesses de cicatrisation des plaies loin d’être concluante
amène à douter fortement de leur valeur.
x. HIEROZ.
P-S __ Notre ami Ternier auquel j'avais soumis mon raisonnement me remet
en mémoire une théorie de Manilius affirmant que la quarte entre AS et MC cor­
respond à l'enfance, celle entre MC et DS à l adolescence, celle entre DS et FC a
la maturité et enfin celle entre FC et AS à la vieillesse (1). H serait intéressant de
voir si la formule (b) ne pourrait pas Rappliquer à une progression logarithmique de
l’AS. Celui-ci décrirait en effet les quatre quartes dans les durées de Manilius. Pour
cela il suffit de déterminer k en faisant t = 360 pour T = 136,5, eff de faire pro­
gresser l'AS contre la succession des signes selon la formule ainsi obtenue. Si cette
recherche intéresse les lecteurs des Cahiers, nous donnerons dans un prochain
numéro la table de progression de l'AS calculée d'après la dite lori™d£ ''

(1) Cf. J Hleroz : Manilius et la Tradition .Astrologique, 1941.


Les Nouveaux Livrés

Ad. Ferrière : « Le Mystère Cosmique » (Ed. des Cahiers Astrologiques ; prix


500 fr. ). Le Mystère Cosmique est le second volume du traité sur la Typocosmie,
attendu avec intérêt par tous les astrologues disciples de K.E. Krafft. L’auteur
développe successivement le symbolisme des divisions binaire, quaternaire, ter­
naire et sénaire du cercle et cela le conduit tout naturellement au symbolisme
du zodiaque qui occupe la plus grande partie de l'ouvrage. La documentation est
remarquable par son étendue et sa variété, les astrologues, non typocosmistes y
retrouvent avec plaisir les données traditionnelles qui leùr sont familières et
bien d’autres qu’ils ne connaissent pas. Ils seront souvent surpris par la nou­
veauté des horizons qu’ils découvriront à chaque chapitre.

J. Reverchon : « L'Astrologie est-elle contraire à la Raison ? » (Ed. des Cahiers


Astrologiques, Nice; prix 50 fr.). Alors que l’Angleterre .s’achemine vers la
reconnaissance officielle de l’Astrologie, nous assistons en France à une campa­
gne anti-astrologique. Quand un journaliste non spécialisé et titré traite l’Astro-
logle de « science fasciste •, on peut se contenter de sourire, mais quand la cam­
pagne est menée par un astronome comme P. Couderc, une réponse est obliga­
toire. L’auteur des Rotions d’Astrologie, particulièrement qualifié pour répondre
aux attaques de nos détracteurs, a réfuté dans cet opuscule, les arguments de
nos contempteurs. :—-
Goethe : « Le’ Serpent Vert » suivi d’une étude de Rudolf Steiner (Ed. Mer-
mod, Lausanne). André Tanner à qui nous devons la traduction d’Un tournant,
décisif d’Albert Steffen, Le Sepher de Moïse et la Typocosmie et, tout dernière­
ment, l’anthologie de Claude St-Martin et de Fabre d’Olivet parue sous le titre
de Gnostiques de la Révolution, nous donne la nouvelle traduction de ce « conte >
hermétique de Goethe, nettement supérieure aux précédentes. Les ésotéristes
connaissent « Le Serpent Vert », mais aucun n’a encore donné son inter­
prétation définitive. Remercions A. Tanner d’avoir fait suivre le texte gœthéen
du résumé de deux conférences encore inédites en français de R. Steiner. Notons
que le Serpent Vert contient certainement un symbolisme astrologique, car ses
quatre rois sont identiques ù. ceux du Livre de Daniel qui symbolisent les quatre
âges.
Ephémérides Astronomiques Quotidiennes pour 1950 (Ed. des Cahiers Astro-
4i2giques ; prix 100 fr.). Ce fascicule est complété non seulement par le tableau
des lunaisons et des pleines lunes dressé par M. Froger en modes vernal et
nodal, mais par une longue étude de Louis Ternier sur la « Solution graphique
de quelques problèmes placidîens » permettant en outre, de remplacer la table
d’ascendance par des graphiques et de convertir automatiquement les longitudes
en ascensions droites. Ces études rendent ce fascicule de nos Ephémérides par­
ticulièrement fourni.
Marie-Louise Herboulet : a La Loi de Wronski adaptée à l’Astrologie » (Ed. du
Nouvel Humanisme, Garches). Ce livre, écrit par une élève de E. Caslant, nous
initie dans sa méthode d’application de la loi de Création de .Wronski à l’Astro­
logie à peine ébauchée dans un article publié en 1929 dans « Le Voile d’Isls ». Il
s’adresse aux astrologues expérimentés, car cette méthode ne remplace nullement
tous les procédés astrologiques courants, mais les surplombe. Son point faible est
évidemment la valeur individuelle des quarts de. l’horoscope qui ne devient
connue qu’à la mort de l’individu, ce qui diminue fortement les possibilités de son
application aux thèmes des personnes vivantes. Néanmoins, ces théories sont de
grande valeur et nous exprimons ici notre reconnaissance à Mme M.-L. Herboulet
de les avoir formulées clairement. Espérons que l’édition du traité posthume de
E. Caslant rendra ces idées plus courantes.
LES NOUVEAUX LIVRES 175
Pierre Maheu : « Graphique do Positions Planétaires Zodiacales pour les
£J1 rt’i rT’irnvMi ?" ’■°i00 à 2,000 ”.(En vente à la librall'ie Nlclaus ; prix
250 fr.). Ce travail sci upuleusement bien fait sera précieux à tous ceux qui
rttaTti ÎÎÙtnri«n»’Che d6S concordances entra certaines positions planétaires
cl Auo lUllo IlloiUl iqUtîb.
René Trintzius : « Lisez dans vos Mains » (Ed. Niclaus, Paris). Ce très bon
manuel de vulgarisation de la chirologie forme le quatrième volume de la col­
lection (( L’Occultisme Simplifié » dont la réputation est déjà solidement établie.
Lucien de Samosate ; « La Déesse Syrienne », trad, nouvelle avec prolégomè­
nes et notes par Mario Meunier (Ed. Dervy, Paris ; prix 250 fr.). Ce traité de
Lucien a pour notre connaissance des dieux de Syrie, la même importance que
Isis et Osiris de Plutarque pour l’Egypte. Pour les astrologues sachant lire entre
les lignes, c’est un des rares documents antiques consacré à l'ésotérisme de la
planète Vénus et à ses rapports avec la Lune et l’élément d’Eau (où se place son
exaltation), et nous devons souligner ici ce côté particulier de « La déesse sy­
rienne ». Le sentiment religieux peut s’exercer par le canal de n’importe quelle
planète, mais de nos jours la religiosité humanitaire et laïque d’Uranus ou la
religion purement extérieure de caractère jupitéïlen est plus compréhensible et
d’usage courant que l’expression vénusienne de la divinité, bien qu’on trouve
encore cette dernière dans l’Hindouisme. Les notes de Mario Meunier sont parti­
culièrement travaillées, complètent heureusement le texte de Lucien et font sou­
vent des rapprochements utiles.
Dr H. Emile Cady : « Dans la Voie Spirituelle.u. (Ed. Astra, Paris ; prix 150 fr.).
C’est un des ouvrages de base dé The Unity School of Christianity, un mouvement
américain consacré à l’étude approfondie de rAncien et du Nouveau Testaments.
Il traite principalement'des rapports entre l'homme et le Dieu. Un catholique, un
protestant, un orthodoxe et mémo un croyant non-chrétien seront certainement
d’accord avec son contenu.
Charles et Cora Fillmore : « Enseigne-nous à prier » (Ed. Astra, Paris ; prix :
240 fr.). Livre fondamental de la même école consacré à la technique de la prière
qui intéressera les croyants de toutes les religions, bien que l’accent soit mis sur
l’oraison dominicale qui est la prière vraiment universelle. Le chapitre sur l’Epa-
nouissement est à signaler particulièrement.
Henri Régnault : « Comment faire tourner les tables » (Ed. Deny, Paris ;
prix : 75 fr.). Une plaquette particulièrement réussie consacrée à ce « vestibule
du spiritisme • que sont les manifestations de la table.
A. V.
« Anthologie de la Poésie Hermétique ». Choix, introduction et notes de
Claude d’Ygé, contenant deux gravures hermétiques du XVI® siècle, et une biblio­
graphie des ouvrages cités ou à consulter. Préface de Eugène Canseliet. Editions
Montbrun, 47, rue Vavin, Paris, 390 fr.
Ce petit ouvrage est à coup sûr une des meilleures réalisations de cette année
dans le domaine, fort restreint, il est vrai, des œuvres consacrées à l’Hermétisme
traditionnel. La préface de M. E. Canseliet constitue à elle seule une garantie,
et la dédicace aux mystérieux Frères de la Fraternité d’Héliopolis, sur lesquels
plane l’énigmatique figure de Fulcanelli, n’est pas pour nous déplaire.
En 150 pages de textes élégamment présentés, M. Claude d’Ygé a su nous
révéler et faire revivre les humbles travaux « littéraires » d’hermétistes aux
noms bien oubliés, et dont les vieux in-folios dorment sous la poussière de téné­
breuses bibliothèques. Et pourtant, quel parfum dans ces vers aux rimes parfois
désuètes et naïves, dans ces textes que personne ne lit plus, faute de les com­
prendre ou même plus simplement, d’en connaître l’existence. Mais quel symbo­
lisme aussi ! Nous tenons donc à féliciter tout particulièrement l’auteur de cette
originale et précieuse anthologie, de l’heureux choix de ses textes, de son éru­
dition et des judicieux commentaires qui les accompagnent.
Espérons aussi qu’il ne s’en tiendra pas à cette première réussite, et que
s’inspirant de la volumineuse littérature hermétique, il saura nous donner d’au­
tres ouvrages aussi jeunes, aussi riches que ce premier essai.
Pierre SOUS.
176 LES CAHIERS ASTROLOGIQUES

Eriqh Cari Kühr, Systematisohe Horoskopbercchnung. Elu Lehrbuoh zum


Selbstefudium. — Villach, ('dit.. Moritz Stadler, 1948.'
Cn excellent petit traité de GS pages et illustré de G figures qui a pour objet
d'initier le profane A l’art de calculer un thème astrologique facilement et surtout
correctement. Dans la première partie, fauteur expose d’une manière claire et
concise les notions fondamentales de la représentation de l’état du ciel pour un
moment et pour un lieu donnés. La seconde partie explique ù l'aide de 5 exemples
judicieusement choisis, et qui épuisent toutes les possibilités pouvant se présenter
dans la pratique, le mode opératoire pour dominer le ciel et pour déterminer les
positions des planètes. Cet exposé rend évident que l’établissement d’un thème
astrologique n’exige pas de connaissances spéciales en mathématiques et au sur­
plus les tables annexées réduisent au minimum tous les calculs nécessaires.
E. HENTGES.
LES CAHIERS DU SYMBOLISME CHRETIEN
On a longtemps déploré que, parmi tant de'revues consacrées aux traditions
ésotériques prises dans leur plus large acception, pas une seule ne se plaçât dans
la perspective chrêlienne. C’est une lacune comblée par Les Cahiers du Symbo­
lisme Chrétien, dont le premier numéro a paru en juin dernier. Désormais, les
problèmes posés par l’occultisme, les métaphysiques orientales, la kabbale, l’as­
trologie et lçs autro disciplines du même ordre feront l’objet d’études menées en
toute objectivité, dans un esprit réceptif et curieux.
Au sommaire du numéro » : Une vue d’ensemble, par André D. Tolédano, sur
le symbolisme des nombres chez Pythagore ; « L’Etoile des Mages », par Albert
Frank-Duquesne: un admirable texte de Saint Augustin sur le sens symbolique
des 153 poissons qui furent recueillis par les Apôtres lors de la seconde pêche
miraculeuse relatée par Saint Jean : une brève et lumineuse élude de Raoul
Auelair sur les apparitions de Fatima : de Marcel Lallemand, une substantielle
tùude sur « .Analogie et Symbolisme » : enfin, sous le titre « Monde moderne et
Tradition ». les événements contemporains sont confrontés avec les principes de
la sagesse traditionnelle : signalons parmi ces chroniques : « Musique et Educa­
tion ». « Symbole et Question sociale ».

ERRATA
Deux erreurs se sont glissées dans Particle de A. M. L’Année 1949 dans l’Evo-
luiion Mondiale paru dans notre dernier numéro :

<«£& Æ:'"“" —*» *■


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