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Des chiens détecteurs

Depuis longtemps, le flair des chiens est utilisé pour retrouver des personnes disparues, pour la
recherche de drogues et pour la détection* d’explosifs. Mais savais-tu qu’on fait aussi appel aux
chiens pour la détection du cancer? La société KDOG a lancé ce projet innovant, avec l’aide de
l’Institut Curie à Paris, spécialisé dans la lutte contre le cancer.

SAUVÉ PAR LE CHIEN

Tout commence en 1989. Une femme de 44 ans a un grain de beauté* sur la jambe, que son chien
renifle* sans arrêt, pendant des mois. La femme décide alors d’aller voir un dermatologue. Celui-ci
constate que c’est un mélanome, un cancer de la peau. Cette constatation fait réfléchir les
scientifiques, qui sont fascinés par l’idée que les chiens sont capables de détecter l’odeur du cancer.
Ils décident de faire des tests avec deux chiens de l’armée, entraînés pour détecter les drogues et les
explosifs. Pendant six à neuf mois, on leur apprend à identifier la sueur* d’une femme en bonne
santé et celle d’une femme qui souffre d’un cancer du sein*. Les résultats sont surprenants. Les
chiens ont analysé l’odeur de 130 femmes et ont identifié toutes les femmes atteintes de cancer du
sein.

L’ODORAT* TRÈS DÉVELOPPÉ DU CHIEN

Pourquoi utilise-t-on des chiens pour détecter les drogues, les explosifs ou le cancer? L’explication
est simple: l’odorat du chien est 10 000 fois plus sensible que celui de l’homme. Les meilleurs chiens
pour ce genre de travail sont les bergers (allemands et malinois) et les labradors, parce que leur sens
de l’odorat est hyperdéveloppé. L’entraînement demande beaucoup de temps et d’énergie, mais
pour les chiens, c’est un jeu. S’ils réussissent à trouver l’odeur qu’ils ont appris à reconnaître, ils
reçoivent une récompense*. Pour la sélection des chiens, on ne tient donc pas seulement compte de
leur odorat exceptionnel, mais aussi de leur personnalité: il faut que les chiens aiment jouer et qu’ils
apprécient recevoir une récompense. L’ODEUR DU CANCER Quand une cellule normale devient
cancéreuse, sa structure change. De très petites molécules se produisent et commencent à circuler
dans le corps. À ce moment-là, ni le médecin ni les techniques d’imagerie* ne peuvent encore
détecter le cancer. Mais on peut déjà le sentir dans la sueur, le sang, l’urine ou même l’haleine*.
«Rassurez-vous, on ne fait pas entrer une dizaine de chiens à l’hôpital», rit Aurélie Thuleau, membre
de l’équipe du 11WWW.

projet KDOG. «Les chiens et les patients ne se rencontrent pas. Pour la détection du cancer du sein,
par exemple, la patiente porte sur chaque sein une compresse pendant quelques heures. Puis, on
envoie cette compresse à un centre spécialisé où un chien l’analyse. Si celui-ci reconnaît l’odeur du
cancer, il s’arrête devant la compresse. Alors, nous invitons la patiente à venir en consultation chez le
spécialiste.»

LES AVANTAGES DE CETTE NOUVELLE TECHNIQUE

Les études déjà réalisées, auxquelles ont participé 130 personnes, montrent que les chiens peuvent
détecter correctement le cancer dans 88 à 100 % des cas.

Ainsi, ils ont détecté le cancer de la prostate dans 98 % des cas, le cancer du col de l’utérus* chez 90
% des patientes testées et le cancer du sein chez 100 % des patientes qui ont fait le test. Ces résultats
sont très satisfaisants. «Cette technique a beaucoup d’avantages», explique Aurélie Thuleau. «Elle
est simple, rapide et sans risque. De plus, elle est peu coûteuse et il ne faut pas faire de biopsie. Elle
peut être utilisée pour tout le monde, aussi pour des personnes qui se déplacent difficilement jusqu’à
l’hôpital. Elle permet également de détecter plus tôt le cancer de l’ovaire*, qui en général est
constaté à un stade avancé. Bien sûr, il faudra toujours faire appel à l’imagerie pour connaître la
nature exacte de la tumeur.» Pour confirmer les premiers résultats positifs de cette méthode
inhabituelle, les scientifiques font actuellement de nouvelles études, auxquelles participent mille
personnes. On attend les nouveaux résultats pour 2021.

DES PROJETS POUR L’AVENIR

Comme la détection du cancer par les chiens a de plus en plus de succès, les scientifiques veulent
mettre au point un nez artificiel, qui est capable de faire la même chose que les chiens. Ainsi, une
université israélienne développe le NaNose, un appareil qui fonctionne comme un alcootest. Il
pourra détecter plusieurs maladies dans l’haleine. À Paris, on travaille sur un autre instrument qui
permettra de détecter le cancer de la prostate dans l’urine. «Mais pour les dix ans à venir, les chiens
restent bien meilleurs que les nez artificiels», dit Aurélie Thuleau. «De plus, on peut les utiliser dans
les pays moins avancés sur le plan médical. Pour nous, l’aspect humanitaire de notre travail est aussi
important. Ainsi, nous travaillons déjà à la formation de chiens détecteurs de cancer du sein au Brésil
et au Mali.

la détection: de opsporing

inquiet: ongerust

le grain de beauté: de schoonheidsvlek

renifler: opsnuiven, besnuffelen

la sueur: het zweet

le sein: de borst

l’odorat (m): de reukzin

la récompense: de beloning

l’imagerie (f): de beeldvorming, zoals de MRI-scan

l’haleine (f): de adem

le col de l’utérus: de baarmoederhals

1-Lis le texte, puis, coche tous les éléments dont on parle dans l’article.
 les chiens

 les chevaux

 la guerre

 le cancer

 les scientifiques

 la police

 l’odeur

 les enfants

 l’alcool
2-Vrai (V) ou faux (F)? Corrige oralement ce qui est faux.
V F
1 La société KDOG a lancé son projet avec l’aide de la Fondation contre le
Cancer à
Bruxelles.

2 Les premiers chiens qui ont appris à détecter le cancer étaient des chiens de la
police.

3 L’odorat du chien est dix mille fois plus sensible que celui de l’homme.

4 Pour sélectionner les chiens détecteurs de cancer, il suffi t de tenir compte de


leur
odorat qui doit être très développé.

5 Au début du développement de la maladie, ni le médecin ni les techniques


d’imagerie ne peuvent détecter le cancer.

6 Pour permettre la détection du cancer, les chiens doivent rencontrer les


patients.

7 Les chiens sont capables de détecter correctement le cancer dans 75 % des


cas.

8 Actuellement, les scientifi ques n’ont plus besoin de faire de nouvelles études
pour
prouver l’effi cacité des chiens détecteurs de cancer.

9 Pendant les dix prochaines années, les chiens détecteurs de cancer


continueront à
présenter de meilleurs résultats que les nez artifi ciels comme NaNose.

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