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Principe de l'égalité devant impôt et devant les charges publiques

Selon l'article 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la contribution


commune « doit être également répartie entre les citoyens en fonction de leurs facultés». Il
se décline en deux principes, le principe de l’égalité devant l'impôt et le principe de l'égalité
devant les charges publiques.
A/ Le principe de l’égalité devant l'impôt
Le principe d'égalité devant l'impôt est la traduction, en droit fiscal, du principe plus général
de l’égalité des citoyens devant la loi posé par l'article 6 selon lequel «la loi doit être la
même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu’elle punisse». Selon le Conseil constitutionnel,
le principe d'égalité devant l’impôt ne s'oppose ni à ce que le législateur règle de façon
différente des situations différentes ni à ce qu'il déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt
général pourvu que, dans l'un et l'autre cas la différence de traitement qui en résulte soit en
rapport direct avec la loi qui l'établit. Aussi convient-il de ne pas exagérer la portée du
principe de l'égalité devant l'impôt, qui signifie seulement que deux contribuables placés
dans une situation identique doivent être traités de façon identique. A l'inverse, une
différence objective de situation peut justifier une différence de traitement, à condition que
cette différence de traitement permette la réalisation d'un but d'intérêt général : qui dit
égalité ne dit pas uniformité. Le conseil constitutionnel contrôle à cette fin, d'une part, la
cohérence de la mesure par rapport à son objectif d’intérêt général et la rationalité de
système d’imposition dans lequel elle s'insère et, d'autre part, la proportionnalité de la
mesure par rapport au but poursuivi. En définitive, le contrôle peut être décomposé en
quatre étapes successives: la différence de traitement fiscal correspond-t-elle à une
différence de situation ? Cette différence de traitement est-elle fondée sur un but d'intérêt
général ? Est-elle un moyen adéquat d'atteindre le but affiché ? Est-elle proportionnée à ce
but?
Il arrive que le juge constitutionnel censure la loi fiscale au motif qu'elle ne respecte pas le
principe d'égalité devant l’impôt, soit dans le cadre d'un contrôle a priori, soit à l'occasion de
l'examen d'une question prioritaire de constitutionnalité. Le plus souvent cependant, les
différences de traitement fiscal se trouvent justifiées par des considérations objectives. Il
peut s'agir d'éléments de fait, telle la situation familiale (par ex., le nombre
enfants en matière d'impôt sur le revenu est pris en compte par le mécanisme du quotient
familial) ou la situation géographique (on pense ici à la fiscalité dérogatoire applicable à
certains territoires ultra-marins ou aux zones d'aides fiscales à la création d'entreprises). Il
peut encore s'agir d'éléments de droit, tel le statut juridique du couple (les concubins, les
époux mariés et les partenaires n'ont pas le même statut fiscal, encore que le statut fiscal
des époux et des partenaires ait été quasiment aligné) ou le mode d'exploitation de
l'entreprise (les résultats de l'entreprise individuelle et ceux de la société anonyme ne sont
pas soumis aux mêmes règles fiscales). Ainsi l’Etat dispose d’un puissant levier pour mettre
en œuvre ses choix de politique générale. Telle est la fonction incitative de l'impôt, conçu
comme un instrument de régulation structurelle et conjoncturelle. Ces mesures fiscales
dérogatoires, qui correspondent dans le langage savant à la catégorie budgétaire des «
dépenses fiscales » sont désignées dans le langage courant par le terme de « niches fiscales
»; elles font aujourd'hui l'objet, du moins en matière d’impôt sur le revenu, de mesures
globales d'encadrement dont l'efficacité est pour instant douteuse.

b) L'égalité devant les charges publiques


Le principe d'égalité devant les charges publiques, lui aussi tiré de l'article 13 de la
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen vise à assurer une adéquation entre
l'imposition et les facultés contributives du contribuable. Il appartient donc au législateur de
déterminer, compte tenu des caractéristiques de chaque impôt, les règles selon lesquelles
doivent être appréciées les facultés contributives. La prise en compte des facultés
contributives n’a pas la même portée pour les impôts personnels, tel l’impôt sur le revenu,
que pour les impôts assis sur le capital, tel l’ISF. C’est la notion de facultés contributives qui
permet encore de vérifier si un impôt présente un caractère confiscatoire.
De façon prudente, puisque c'est au législateur qu'il revient de définir le choix à opérer en
matière de politique fiscale, le Conseil constitutionnel s'en tient à un contrôle de la simple
erreur manifeste d'appréciation, se contentant de vérifier si les modalités retenues par la loi
ne sont pas manifestement inappropriées compte tenu de l'objectif visé.

Le principe de la légalité de l'impôt


Le principe de légalité de l'impôt est affirmé à l'article 34 de la Constitution française : « La
loi fixe les règles concernant l'assiette, le taux et les modalités de recouvrement des
impositions de toute nature»
Cette compétence de principe du pouvoir législatif s'explique historiquement par le principe
du consentement à l'impôt .Il s'ensuit que, en matière fiscale, il ne peut y avoir de
règlements autonomes , sauf en ce qui concerne l'organisation de l'administration fiscale.
Qui plus est, le législateur n'est pas obligé de s'en tenir aux principes fondamentaux ; il peut,
s'il le souhaite, se prononcer sur le moindre détail de la réglementation fiscale.
Il est cependant fréquent que le législateur délègue sa compétence au pouvoir
réglementaire. Ces règlements d'application ne doivent pas excéder les limites de la
délégation consentie. Selon le Conseil constitutionnel, il ne saurait être reproché au
législateur, par le biais d'une question
prioritaire de constitutionnalité, de méconnaître sa propre compétence en consentant des
délégations trop larges au pouvoir réglementaire. Ce contrôle de compétence ne peut donc
s'exercer qu'au moment de l'adoption de la loi.
: Une niche fiscale désigne les avantages fiscaux dont peuvent bénéficier les contribuables

pour diminuer le montant de leur impôts, dès lors qu'ils remplissent certaines conditions