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Les conceptions philosophiques de l’impôt :

On distingue deux conceptions de l’impôt : la justice commutative et la justice


distributive

La conception de la justice commutative:

C’est une conception libérale qui se fonde sur un « contrat rationnel »où «


l'impôt est la contribution financière que le citoyen apporte à l'État pour lui
permettre d'assurer l'ordre public et de fournir à la population les biens et les
services collectifs essentiels. » Il s'agit d'un échange, argent contre services.

On peut nommer aussi cette conception par conception d’Impôt-Echange,


celle-ci prix de la sécurité et plus généralement, des services rendus par l’Etat,
va s’affirmer dans la deuxième moitié du XVIII° siècle e se maintenir au XIX°, en
dépit des vives attaques qu’elle subira alors.1

Cet impôt privilégie l’impôt sur les choses à l’impôt sur les personnes, moins
facile à percevoir et plus intrusif. C’est ainsi qu’ont été créées les « quatre
vieilles » existant à la Révolution française : taxe foncière, contribution
mobilière, patente, portes et fenêtres. En 1816 elles représentaient 74% des
recettes du budget de l’État, le solde étant fourni par les droits de douane et
d’enregistrement.2

La notion d’échange implique en outre le consentement populaire de l’impôt


ou, tout au moins, l’agrément des représentants de la Nation. C’est le principe
soutenu par LOCKE, MONTESQUIEU, ROUSSEAU et proclamé par la Déclaration
des Droits de l’Homme et la plupart des constitutions.3

La conception de la justice distributive :

C’est une conception socialiste, collectiviste, elle considère l'impôt comme « un


outil de redistribution », visant à compenser les inégalités engendrées par les
activités. Selon cette vision, les richesses « n'appartiennent nullement à leurs
propriétaires juridiques, mais à la collectivité, parce que c'est la collectivité tout
entière, non les individus seuls, qui les produit ». En conséquence, « les
représentants de la collectivité se comportent comme propriétaires virtuels de
1
Ouvrage sciences et techniques fiscales page 53
2
https://entrepreneurs-pour-la-france.org/Libres-propos/Philippe-Nemo-Philosophie-de-l-impot
3
Ouvrage sciences et techniques fiscales page 55
toutes les richesses existantes, les particuliers n'en étant que les allocataires
potentiellement abusifs ».

Le rôle de l’Etat dans les conceptions philosophiques de l’impôt :

Le rôle de l'État n'est pas le même selon ces deux conceptions :

Il est restreint dans une société libérale aux fonctions régaliennes : défense,


police, justice, diplomatie, et au financement des biens et services collectifs
d'intérêt général : transports, école, santé, dont la gestion peut être confiée au
secteur public. Il peut éventuellement assurer des biens et services à caractère
social à travers des transferts de ressources en se basant sur le principe des
assurances (cotisants vers victimes) et non une redistribution unilatérale. 

Cependant, l'État collecte impôts et taxes pour financer ces fonctions et son


fonctionnement (administration) d'autant plus important que son rôle a un
coût de plus en plus élevé. Et, en la matière, son ingéniosité est sans borne.

Un État socialiste s'occupe de la vie des citoyens dans une visée paternaliste
(l'État-providence) et agressive, qui considère que tout est commun et doit être
géré par une autorité disposant de pouvoirs arbitraires, comme on le voit avec
la généralisation du contrôle via Internet où le citoyen peut-être « tracé » dans
les moindres détails de sa vie privée. Surtout, elle encourage des inégalités de
traitement - des injustices - en conférant à ceux qui nous gouvernent la
possibilité de redistribuer les avantages à certains en imposant à d'autres de les
payer, au nom d'une « justice sociale ».

Comme l'avait résumé Frédéric Bastiat (1801-1850), député des Landes, et


redoutable polémiste, dans une définition célèbre : « L'État, c'est la grande
fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre au dépens de tout le
monde. »  Dans une telle organisation, l'État crée une société de défiance.