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Hygiène et purification des voies respiratoires

nasales dans une perspective physiologique et


spirituelle

La médecine ayurvédique et le yoga


Le Véda (l’essence de ce qui deviendra un jour l’hindouisme) est, pour être simple, un corpus de
connaissances qui fut, voilà quelques milliers d’années, compilé sous la forme de quatre séries
d’ouvrages qui ont fait l’objet de milliers de commentaires (Brâhmanas). Ces textes sacrés ont été écrits
en sanskrit (d’où dérivent les langues dites indo-aryennes). Du reste, le mot Ayurvéda dérive de ayu
« vie » et de vid qui signifie « savoir » ou « connaissance ». Certains textes, comme l’Atharvavéda, qui
contient beaucoup d’informations médicales, sont anciens, d’autres écrits sont plus récents comme la
Susruta Samhita1, traitant surtout de chirurgie2, ainsi que deux autres appelés respectivement la Charaka
Samhita et la Bhela Samhita.
L’Ayurvéda inclut de nombreuses branches de la médecine remontant à une très haute antiquité et qui
furent exportées jadis en Chine et en Egypte. En voici les plus importantes :

1 – kaya-chititsa, ou médecine proprement dite, le diagnostic et le traitement des maladies en général ;


2 – salakya-tantra, ou diagnostic et traitement spécial des maladies des yeux, des oreilles, du nez et de
la gorge ;
3 – salya-tantra : la chirurgie et l’obstétrique ;
4 – visha-chikitsa : la toxicologie dans son sens le plus large, y compris le traitement des morsures de
serpents, la rage, les piqures de scorpions, etc. ;
5 – bhuta-vidyâ : le traitement sophrologique des prétendues possessions d’esprits ;
6 – kaumara-bhritya : la pédiatrie ;
7 – rasayana-tantra : le traitement de rajeunissement ;
8 – vajikarana-tantra : la science de restauration et de préservation de la puissance reproductrice.

On notera quatre particularités de base dans le traitement de toutes les maladies. Ce sont : samsodhana
(processus de nettoyage ou purification), traitement d’élimination ou radical ; samsamana (apaisement
des humeurs corporelles dérangées), traitement sédatif ou conservatoire ; ahara (régime approprié) ;
acara (conduite correcte, observation de règles d’hygiène et régime médical prescrit, traitement
régiminal. Enfin précisons qu’une grande importance était donnée à l’état d’esprit du malade (en termes
d’optimisme) et à son influence déterminante sur la guérison. Le médecin ne considère pas le patient
comme un malade mais comme un être identique à lui et applique une méthode cherchant toujours à
harmoniser le corps, le mental (psychisme) et l’âme, celle-ci pouvant être la cause d’une guérison. Cet
article se limitant au nettoyage nasal, nous nous abstiendrons d’en dire plus. Mais ceux qui ignorent tout

1
Sushruta décrit environ cent instruments chirurgicaux différents qu’il utilisait, lui et ses collègues. La césarienne était
pratiquée dans l’Inde ancienne aussi bien que les opérations de retrait de calculs.
2
Le docteur Kenneth Walker, dans son Histoire de la Médecine écrit : « La médecine de l’Inde était la plus forte en
chirurgie (…) Les chirurgiens plastiques d’aujourd’hui se réfèrent encore à la méthode indienne de rhinoplastie, en
d’autres termes à la méthode consistant à rabattre un pan de peau à partir du front, procédé adopté par les anciens
chirurgiens indiens quand ils voulaient couvrir un gros défaut du nez du patient.
« Dans l’Ayurvéda, nous trouvons une description du système vasculaire qui suggère fortement que les Hindous de
cette époque ont anticipé la découverte de la circulation du sang faite par Harvey. »

© MICHEL COQUET
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de la médecine indienne et de ses yogas auront peut-être un regard plus curieux et plus intéressé envers
cette tradition et cette culture remontant à plusieurs milliers d’années.

Hatha yoga et prâna


Le hatha yoga, bien connu en Occident, a été une voie spirituelle proposée aux premiers peuples de
l’Inde archaïque. Il démontre une connaissance du corps, physique aussi bien que subtil, parvenue au
sommet de sa perfection. Le but était de contrôler les organes vitaux au moyen de la volonté et grâce à
certaines postures. Comme ces organes étaient hors du contrôle volontaire, car entièrement soumis au
système nerveux sympathique involontaire, le hatha yoga rendait possible la création d’un lien entre les
deux systèmes, le conscient et l’inconscient. Le dessein final, en dehors d’une bonne santé qui n’en était
que la conséquence, avait pour but essentiel de purifier un second corps plus subtil considéré comme le
substrat vital du corps matériel grossier3. Pour cela, il disposait d’une science de la respiration connue
sous le nom de prânâyâma. Une fois ce corps subtil purifié, il devenait capable de s’emplir d’une
nouvelle énergie appelée prâna, énergie qui, par sa présence, apportait la santé, la régénération des
cellules et finalement la transfiguration. En Occident, ce corps vital a été dans certains mythes comparé
à la coupe du Graal et le prâna au sang (plutôt sa vitalité) du Christ.

A terme, on devait éveiller une formidable puissance endormie dans la partie subtile des vertèbres
coccygiennes qui, en s’élevant le long d’un méridien subtil de la moelle épinière, s’unissait à un centre
situé au-dessus du crâne et permettait au yogi d’atteindre l’émancipation finale, le nirvâna des
bouddhistes ou la résurrection des chrétiens. Cependant cette méthode était très matérielle et les sages
décidèrent il y a environ cinq mille ans de donner de l’importance à un yoga plus dévotionnel et plus
mental, ainsi naquirent le bhakti et le râja-yoga, deux méthodes plus particulièrement adaptées aux
Occidentaux car plus essentielles à leur évolution mentalisée et intellectuelle.
Dans le mot prânâyâma, nous avons prâna. L’esprit cartésien des Occidentaux, très prompts à donner
de l’importance au visible et au tangible, s’est trop souvent focalisé sur le yoga des postures (asanas) et
sur l’air impliqué dans la technique de respiration yoguique. En vérité, ce n’est pas seulement l’oxygène
qui a de l’importance mais le prâna véhiculé par l’air.

Nature du prâna
En quelques pages, je crains de ne pouvoir donner une idée précise de ce qu’est cette énergie encore
non identifiée par la science mais pourtant constamment utilisée par tous les hommes. Cette énergie est
celle de la Vie même. Dans son livre Poussières d’Etoiles, Hubert Reeves nous donne une intéressante
définition du mystère de la vie, qui montre que notre science est ouverte à de nouveaux horizons :
« Aujourd’hui, à la lumière de nos connaissances scientifiques, on est tenté de redéfinir la vie comme
cette tendance mystérieuse et universelle de la matière à s’associer, à s’organiser, à se complexifier. »
En abrégé, les écrits sacrés nous disent que prâna est ce fluide vital et magnétique sans lequel la Vie ne
pourrait se manifester. C’est cette énergie qui est à la base de la rotation, de la pulsation et du processus
d’évolution de n’importe quelle forme subtile ou grossière, qu’il s’agisse d’un atome, d’un homme,
d’une planète ou d’un système solaire. Une fois manifestée, cette essence quasiment divine devient
chaleur, lumière, gravitation, attraction-répulsion, magnétisme ou électricité. Comme toute énergie,
celle-ci a des point de concentration et de diffusion. Dans notre système solaire, c’est le soleil qui est la
source du prâna. André Van Lysebeth, professeur de yoga, avait bien raison de dire que : « Prâna est
au yoga ce que l’électricité est à notre civilisation » puisque sans lui rien ne pourrait fonctionner !

3
Pour les Orientaux, seul le corps éthérique ou pranique est vrai, le corps matériel n’étant qu’une illusion constituée de
particules de substances attirées par le pouvoir attractif de la matière éthérique et y adhérant jusqu’à la cohérence.

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Le prâna n’est pas une exclusivité de l’Inde car la Chine et le Japon le connaissent et l’utilisent depuis
des lustres. En Chine, il est appelé Ch’i, et est largement utilisé dans les arts martiaux (tai Ch’i) et dans
la médecine (acupuncture). Au Japon, il est connu sous le nom de Ki et lui aussi est largement utilisé
dans les arts martiaux4 et en médecine, du reste le mot pour malade se dit bioki, qui signifie un manque
de ki ! En ce qui concerne l’acupuncture, toute la technique consiste à permettre au prâna de couler
librement en travaillant sur lui au moyen d’aiguilles positives (yang) ou négatives (yin). Le corps subtil
par où s’écoule l’énergie de vie est un corps aussi précis et complexe que le corps physique dense. Si
l’on veut en avoir une image exacte, on le visualisera sous la forme des systèmes nerveux et de ses
milliers de ramifications puisqu’il en est le substrat vital. Toutefois, la connaissance des 12 méridiens
principaux et des 108 points vitaux utilisés par le médecin chinois ne nécessite pas moins de 12 ans de
pratique avant que l’on puisse prétendre être capable de guérir par ce moyen. Ce qu’il faut retenir ici,
c’est que ce qui s’écoule plus ou moins librement dans ces veines ou méridiens, c’est de l’énergie
pranique, rien de plus, rien de moins.

Les savants viennent de s’apercevoir que la vie pouvait se manifester dans des conditions extrêmes,
comme par exemple le fond obscur des océans. Ils ont ainsi décrété que la vie n’avait pas besoin du
soleil ! En effet, les savants pensent encore que ce que nous appelons l’énergie de vie est un élément
chimique. A la vérité, il n’en est pas ainsi. Effectivement, la lumière solaire n’est peut-être pas
indispensable à l’existence de certaines formes, mais ce qu’irradie le soleil, c’est-à-dire le prâna, est lui
parfaitement indispensable et lui seul permet à ces formes primaires de vivre et de croître en dehors de
la lumière. Du point de vue du cosmos, le prâna est l’énergie secondaire active (yang) émanant d’une
énergie primaire passive (yin) appelée âkasha par les hindous. De ces deux énergies fondamentales se
manifestent le monde et ses multiples dualités. Il n’est donc rien de vivant qui puisse l’être sans l’aide
du prâna.

Nous ne nous éloignons pas de notre sujet du nez car la respiration est un mouvement physique causé
par la présence du prâna. Une question est souvent posée : à partir de quel moment un fœtus peut-il être
considéré comme un être humain à par entière ? La réponse est que l’embryon est vivant mais en tant
qu’extension de sa mère (physique et astrale). Il n’est encore qu’un véhicule en attente d’une âme
individualisée qui s’ancrera dans son corps éthérique et matériel par deux liens éthériques à travers la
fontanelle : le premier lien s’ancrera dans une zone proche de la glande pinéale (aspect conscience), et
l’autre descendra jusqu’au cœur (aspect énergie et vie) soumettant le corps à la loi d’attraction et de
cohésion. Ce processus a lieu lorsque le nouveau-né inhale pour la première fois l’air véhiculant le
prâna.
Au moment de la mort, mais dans le sens inverse, se produit l’exhalation ultime du prâna dans un
dernier souffle, entraînant la désagrégation du corps soumis alors à la loi de répulsion. Ici bien sûr, je
simplifie à l’excès.
Rappelons que, selon la tradition du yoga, il existe un chakra moyen subsidiaire dont le but est d’être le
récepteur du prâna. Il se trouve à l’intérieur de la rate (dans sa partie éthérique).

On aura compris que les disciplines visant la santé ont pour but de faire entrer dans le corps éthérique
un maximum de prâna, et de permettre à celui qui est en nous de circuler librement et de n’être point
gaspillé ou bloqué (stress, anxiété, émotions perturbatrices comme la jalousie, la haine, la passion,
l’avidité, etc.). Par conséquent, l’une des premières choses à faire est d’avoir une attitude psychologique
saine, éventuellement basée sur une certaine philosophie de la vie. Dans la même idée de non gaspillage
du prâna, on s’efforcera d’arrêter de fumer et de rechercher les lieux où le prâna est fortement
concentré. Il y a évidemment les forêts et les campagnes (sans pesticides) car le vert de la chlorophylle
est du prâna, les bords de mer très ionisés, etc. Les deux autres apports matériels sont la nourriture et la
boisson. Un homme raisonnable, sans être un yogi pour autant, devrait comprendre que le prâna est
plus concentré dans la nourriture fraîche et peu cuite que dans les conserves, les produits cuisinés et la

4
Lire de l’auteur La Recherche de la Voie – Mushâ Shugyô, Editions Véga, 2007.

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viande qui contient un grand nombre de toxines et dont la digestion exige une grande quantité de prâna.
De plus, la viande épaissit le sang est empêche le prâna de l’imprégner. Le régime végétarien sera donc
toujours conseillé.
Du point de vue boisson, l’eau de source est la meilleure, même si elle paraît fade à certains. Quant à
l’alcool, il possède peut-être quelques vertus, mais il a trois inconvénients, il altère notre lucidité,
empêche le bon fonctionnement de la pituitaire et de la pinéale, et, en tant qu’excitant, libère et gaspille
une grande quantité de prâna. Enfin, l’apport essentiel de prâna provient évidemment de la respiration.
S’abstenir de manger ou de boire n’empêche pas de survivre plusieurs semaines, mais quelques minutes
sans prâna entraînent la mort. Cela est une vérité de base qui devrait nous interpeller.

Le corps vital ou éthérique


Si, en Occident, on parle de la vitalité d’une manière générale, en Asie, ce principe est dit émané d’un
corps vital reconnu de manière aussi précise que peut l’être le corps physique dense chez nous. Etant
constitué d’éther, il est appelé le corps éthérique et il est utilisé dans la vie de tous les jours. En Inde,
les sages et les médecins lui ont donné le nom de prânamâyâ kosha ou véhicule de prâna. Il est, comme
nous l’avons dit, fait d’éther et forme un véritable archétype vital constitué de lignes de forces nouées
et entrecroisées à la manière d’un filet de pêcheur, ressemblant aux nervures d’une feuille. C’est sur cet
archétype que s’est construit le système nerveux. Sachant donc que toute forme matériellement dense
est animée par un substrat de force vitale, en parallèle à un nerf ou une veine se trouve forcément un
méridien. Pour rester dans la terminologie de la médecine indienne nous appellerons ce méridien nâdî,
mot dérivé de la racine nad ou mouvement, car c’est à l’intérieur du nâdî que circule l'énergie de vie.
Le corps éthérique, et ses milliers de nadis (72.000 principaux), correspond à l’aspect vie. Le réseau
nerveux est, quant à lui, l’homologue de l’aspect âme (conscience), alors que le système endocrinien,
l’extériorisation physique des nerfs et des nadis réunis, correspond à l’aspect forme.
Par conséquent, la double chaîne de ganglions du système nerveux sympathique est vitalisée par deux
importants nadis majeurs, Ida-nâdî à gauche, et Pingalâ-nâdî à droite. Cependant le nadi le plus
important du corps se situe au centre à l’intérieur de la moelle épinière et prend le nom de Sushumnâ-
nâdî. Il est le substrat vital du système nerveux central ou cérébro-spinal. Les yogis et médecins hindous
ont établi des relations très précises entre les trois nâdîs et le système nerveux. Cela nous donne :

Ida nâdî Sushumnâ nâdî Pingalâ nâdî


S. N. Sympathique gauche S. N. Cérébro-spinal S. N. Sympathique droit
La matière ou forme L’Esprit divin L’âme ou conscience
La Mère Le Père Le Fils
Intelligence Volonté Amour-sagesse
Tamas guna (inertie) Sattva guna (équilibre) Rajas guna (activité)
Le Feu latent Le feu électrique Le feu actif

Cette médecine ancienne et typiquement orientale s’intéresse donc plus particulièrement au vrai corps,
qui sous-tend tous les phénomènes d’ordre physique, les maladies entre autres. Pour cette raison le
médecin établit ses diagnostics en donnant une importance non négligeable à la prise des pouls qui le
renseignent sur la vitalité des organes.
Les anciens médecins yogi ont découvert, entre autres choses, dans le corps éthérique, sept zones
d’énergie active coïncidant avec sept importantes glandes endocrines (à sécrétion interne). Ces zones
vibrantes et colorées, vues par clairvoyance, ont été appelées chakra car elles ont la forme d’une roue
en rotation. L’observation de ces sphères de vie pranique plus ou moins rayonnantes a permis de déceler
à l’intérieur de chacune d’elle des vibrations en forme de pétales en nombre précis, ce qui a fait identifier
les chakras à des lotus. En voici le tableau pour ceux qui souhaitent connaître les relations existant entre
les deux corps, subtil et grossier.

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Chakra Glande endocrine Organe physique
Sahasrâra chakra ou centre coronal Glande pinéale Partie supérieure du cerveau – Œil droit
Ajnâ chakra ou centre frontal Glande pituitaire Partie inférieure du cerveau – Œil gauche – Nez
– Système nerveux
Vishuddha chakra ou centre laryngé Glande thyroïde Appareil respiratoire et canal alimentaire
Anâhata chakra ou centre cardiaque Glande thymus Cœur – Système sanguin et Nerf vague
Manipûra chakra ou centre solaire Pancréas et Plexus solaire Estomac – Foie – Vésicule biliaire – Système
nerveux
Svâdhisthâna chakra ou centre sacré Gonades Organes sexuels mâle et femelle
Mûlâdhâra chakra ou centre coccygien Capsules surrénales Reins – Colonne vertébrale

La perception des chakras par des yogis expérimentés permet de voir non seulement l’état de santé de
la personne mais la qualité de sa conscience spirituelle. L’éveil des pétales dans les chakras est indicatif
du niveau d’évolution qu’un homme est capable d’exprimer à ce moment précis de son évolution. Ce
sont des points focaux à travers lesquels l’énergie peut être assimilée ou distribuée, et dont l’ensemble
forme le champ aurique de tout individu.

L’importance de la respiration
Bien que le prâna soit présent dans l’air, il n’est ni l’oxygène, ni l’azote ni aucun constituant chimique,
mais se trouve dans l’atmosphère sous forme d’ions négatifs (sa partie grossière). Il est complémentaire
de l’Esprit divin dans l’univers, et donc omniprésent dans les cinq éléments qui le constituent.
Nous avons dit plus haut que lorsque prâna est présent dans une forme, cette forme est soumise à une
pulsation. Nous retrouvons celle-ci naturellement sous la forme des battements de cœur (contraction-
dilatation) et dans le mouvement d’inspiration et d’expiration des poumons. Ces deux mouvements ont
des fonctions connues et inconnues. Nous savons que c’est le moyen d’apporter de l’oxygène au sang
et de le libérer de toutes ses toxines ; c’est aussi le moyen de maintenir un bon métabolisme entre ce qui
est ingéré et ce qui est expulsé. Mais c’est aussi et surtout, le moyen d’introduire prâna et de le répandre
dans toutes les parties de l’organisme, en particulier dans les ganglions et les plexus du système nerveux,
puis dans le sang.
Comme toujours l’homme possède assez de libre arbitre pour changer sa vie et connaître, sinon le
bonheur, au moins la sérénité. Il peut ne s’occuper que de ses affaires extérieures en oubliant sa vie
intérieure. Mais la vie le rappellera à l’ordre un jour ou l’autre et ceux qui veulent en connaître davantage
sur les fonctions de l’organisme vital et physique doivent savoir qu’il existe une intime relation entre
îda et Pingalâ nâdîs, entre les deux systèmes nerveux, les deux mouvements respiratoires et les deux
hémisphères du cerveau.
Nous ne pouvons ici décrire les capacités du cerveau, mais seulement faire observer que bien que ce
dernier s’occupe de tout ce que nous ne faisons pas volontairement (battements de cœur, digestion, etc),
il est possible pour tout être humain raisonnable de prendre les rênes en main et de contrôler un certain
nombre de fonctions pour accélérer des processus naturels inconscients5.

La science a maintenant observé que le cerveau subit un processus d’alternance toutes les 90 minutes
environ, rythme régulier pendant lequel l’un des deux hémisphères du cerveau est plus actif que l’autre.
Les yogis considèrent eux que cette alternance est provoquée par le prâna actif et présent dans l’un des
deux nâdis. Si par exemple Pingalâ nâdî est actif, le souffle passera plus aisément dans la narine droite
et c’est l’hémisphère gauche du cerveau qui sera prioritairement vitalisé. En effet les deux nâdîs se
croisent au niveau du front, le droit aboutissant à l’hémisphère gauche du cerveau et inversement pour
l’autre côté. C’est du reste à partir de cette observation que les hatha yogis ont mis au point une forme
de respiration consistant à respirer alternativement par l’une et l’autre narine (nâdî shôdhana
rânâyâma).

5
Une étude exhaustive a été faite par l’auteur dans Pouvoirs spirituels et psychiques, Editions Trajectoire.

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Avant de commencer l’art de la respiration ou plutôt l’art de contrôler prâna, il est conseillé d’observer
une hygiène de vie en permanence et non pas le temps d’un stage ou d’une cure. Il faut se débarrasser
du mucus6 qui bloque le conduit respiratoire, éliminer les gaz dans l’estomac et les intestins, etc. Six
techniques de yoga permettent d’y parvenir. On les appelle Shatkarma. Mais notre sujet n’est pas le
yoga et nous en resterons à la purification du nez.

L’une des caractéristiques du prâna est sa faculté de nourrir tout ce qui est pensé ou désiré par le mental.
Il est comme la pluie salutaire et génératrice qui fait fructifier tous les germes, les bons comme les
mauvais. C’est une énergie neutre et seule la conscience qui la dirige est responsable de son utilisation.
Par conséquent, le genre humain devrait être infiniment vigilant à tout ce qu’il pense, dit ou fait. Le
truisme « l’énergie suit la pensée » est une loi universelle et impose à chacun de nous d’être très prudent
dans notre vie quotidienne. Cela nous amène à une intéressante observation.

L’air qui est inhalé par le nez se dirige vers trois zones. Inspiré sans intention particulière l’air se dirige
vers les deux poumons. La troisième zone est située au sommet du dôme nasal. C’est là qu’une partie
de l’air inspiré entre en contact avec la zone nerveuse olfactive. Cette zone nous intéresse plus
particulièrement du fait qu’elle est proche de la glande pituitaire, tout particulièrement de son lobe
antéhypophyse qui naît de l’ébauche pharyngée et que les yogis considèrent comme de polarité positive.
C’est lui qui reçoit et accumule le prâna (contenu dans l’oxygène) avant de le redistribuer au lobe
posthypophyse de polarité négative, puis de là au cerveau et à l’ensemble des systèmes nerveux. Une
action consciente pour envoyer le prâna dans cette zone est donc essentielle si l’on veut obtenir les
résultats que l’on est en droit d’espérer. D’autant plus que l’une des principales caractéristiques du
prâna est de reconstruire ce qui est détruit et de guérir ce qui est malade. Prâna est le meilleur des
médecins si vous lui laissez un peu de place pour se manifester. Plus il y a de prâna et plus la nature
s’occupera de réparer avec sagesse les outrages du temps, les accidents de parcours et les effets de notre
négligence.

Les bienfaits de la douche nasale


En yoga, le premier exercice commence toujours par un nettoyage ou une purification, connue sous le
nom de jala neti. Il n’est pas question ici d’aller plus loin et de parler d’autres techniques de purification
comme basti karma qui consiste à s’asseoir dans un bassin d’eau jusqu’au nombril, d’insérer un tube
dans l’anus et, par des mouvement respiratoires, d’aspirer l’eau dans l’intestin pour le nettoyer avant de
la rejeter avec toutes ses impuretés. Ce qui est proposé ici, aussi simple soit-il, n’en comporte pas moins
de grands et immenses bienfaits.

Une cure ORL en établissement thermal commence aussi par cette même technique avant d’aborder le
reste du programme comme les gargarismes, la pulvérisation pharyngée, le humage et la nébulisation,
les aérosols soniques et manosoniques, ou des soins plus délicats, selon la pathologie du patient, comme
les douches pharyngiennes, le lavage de sinus par la méthode dite de Proëtz et les insufflations tubo-
tympaniques.
Dans un établissement thermal donc, le programme ORL commence par un nettoyage nasal. Le patient
remplit d’eau (soufrée par exemple, tiède et légèrement salée7 ), une petite pipette. Puis il introduit
l’embout de celle-ci dans la narine gauche, le corps légèrement penché en avant, et la tête tournée vers
la droite afin que l’eau s’écoule dans l’autre narine. La plupart des curistes trouvent ce premier soin
inconfortable, voire désagréable, et n’ont le plus souvent aucune idée de la valeur d’un nettoyage nasal.

6
Les produits laitiers sont des producteurs de mucus et il est salutaire d’en ralentir la consommation.
7
En l’absence de cette eau spécifique chez soi, il est possible d'utiliser de l'eau de source à laquelle on ajoute un peu de
sel et de bicarbonate de soude.

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Par conséquence ils abrègent ou négligent ce soin et, sitôt rentrés à la maison, s’empressent de mettre
cette bonne habitude de côté.

De leur côté, les yogis utilisent un petit pot (neti lota) dont le bec verseur est conçu pour s’adapter à la
narine. Pendant ce temps, il est nécessaire de respirer par la bouche entrouverte et de rester bien détendu.
Il est bon de rester quelques instants dans cette position le temps de bien imprégner toutes les parties de
la gorge et du nez. Une fois l’opération terminée, exercez une pression sur la narine gauche et par petits
à-coups, soufflez tout le reste d’eau. Si vous vous mouchez, faites-le avec douceur et chaque narine
alternativement afin d’éviter que l’eau qui reste ne soit poussée dans la trompe d’Eustache et donc les
oreilles. Refaites le même processus pour l’autre narine. Un verre suffit pour chaque narine.

Swami Satyananda Saraswati qui fut un expert en yoga, conseillait, comme tous les médecins hindous,
de pratiquer le neti tous les jours, tout particulièrement lorsque l’on souffre de sinusite, de rhumes, d’une
désensibilisation de l’odorat, de saignements de nez, de tension oculaire ou d’infection des yeux.
Autrement deux fois par semaine suffisent. Après ce premier nettoyage, le yogi passe à la phase de
séchage en pratiquant Bhastrika ou Kapalbhati prânayam. Dans un établissement thermal, le
programme finit aussi par un séchage.

Le nettoyage nasal devrait devenir une pratique aussi naturelle que de prendre son petit déjeuner. Il est
à la portée de tous (sauf avis médical contraire) et a la propriété de maintenir en bonne condition les
mécanismes de sécrétion et de drainage de toute la zone des oreilles, du nez et de la gorge, zones
particulièrement agressées de nos jours à cause des différentes pollutions que nous respirons et qui
engendrent les rhumes allergiques et infectieux, les rhumes des foins, la toux, les rhinites, les catarrhes
et l’angine. Les spécialistes ORL admettent que de telles pratiques de nettoyage favorisent la résistance
à diverses maladies comme la surdité due à l’otite (interne) ou l’inflammation des amygdales, etc. Ces
séances de nettoyage sont également bénéfiques contre la myopie ou les maux de tête dus à la tension
oculaire.
J’ai eu l’occasion de parler avec deux mamans dont les enfants faisaient otite sur otite, infection sur
infection et qui étaient traités à coup d’antibiotiques sans résultats à long terme. Après deux ou trois ans
de cure, la guérison fut complète pour plusieurs années.
Le nez bouché par des rhumes à répétition incite les enfants à respirer par la bouche, ce qui est
excessivement préjudiciable à leur développement physique et psychologique, en affaiblissant le
système immunitaire par un manque d’apport d’énergie pranique. Cette habitude peut causer une
diminution de la mémoire, une mauvaise concentration et même un ralentissement de la croissance. La
raison est, selon les médecins ayurvédiques, que l’air inhalé par la bouche va directement dans les
poumons sans avoir la possibilité de déposer sa force pranique maximum alors que l’air respiré par le
nez vitalise, comme nous l’avons dit, une glande endocrine maîtresse du corps, la glande pituitaire ou
hypophyse.
Le nettoyage de la muqueuse nasale fait disparaître le mucus accumulé et permet à l’air (et au prâna)
de circuler librement. Selon Swami Satyananda :

« La membrane qui tapisse les narines sécrète une pellicule protectrice du mucus visqueux. Des cils minuscules pareils à
des poils favorisent le déplacement de ce mucus ainsi que des polluants, poussières, etc. qui adhèrent à sa surface. La
membrane nasale est innervée de quantités de fibres nerveuses, et c’est peut-être la zone la plus sensible de tout le corps.
Ces fibres nerveuses comportent non seulement les fibres du nerf olfactif (le premier nerf crânien), qui régit le sens de
l’odorat, mais nombre d’autres fibres autonomes chargées de transmettre au cerveau les informations concernant le souffle
d’inspir. Ce ne sont pas seulement les odeurs, mais aussi la température ambiante, l’humidité et les allergènes de l’air qui
sont perçus par le nez, tandis que le souffle remonte le long de la muqueuse. Neti (le nettoyage nasal) exerce un effet de
relaxation et d’irrigation sur les yeux, en stimulant les conduits et les glandes lacrymaux. Il dégage également l’entrée des
trompes d’Eustache dans le nasopharynx. Les sinus, cavités osseuses importantes à l’intérieur des os de la face et du front,

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sont aussi tapissés de muqueuses, ils aident à donner de la légèreté au crâne et de la sonorité à la voix. Neti facilite le drainage
des sinus, et empêche la stase des mucus. Il maintient ainsi les sinus propres et en bon état8. »

Par conséquent cette simple pratique a pour effet d’équilibrer l’énergie qui entre dans les narines gauche
et droite stimulant parallèlement les deux hémisphères du cerveau avec une répercussion régénératrice
sur les deux grands systèmes nerveux complémentaires, le mental (S. N. cérébro-spinal) et l’affectif (S.
N. grand sympathique)9, sur le système respiratoire et circulatoire, ainsi que sur le métabolisme en
général. Du point de vue du yoga, on considère que cette purification nasale stimule le chakra Ajnâ
(centre frontal) et sa glande endocrine associée, la glande pituitaire considérée comme le centre de
l’intuition10.

La rhinite à bascule
Bien que les médecins occidentaux connaissent maintenant ce phénomène de rhinite à bascule, la
médecine ayurvédique lui donne une bien plus grande importance. De quoi s’agit-il ? Une paroi sépare
les deux conduits du nez et se meut de manière à obstruer plus ou moins complètement l’arrivée d’air
de l’une ou l’autre des deux narines. Lorsque l’on a dit que le souffle passait alternativement par l’une
ou l’autre narine selon un cycle de 90 minutes environ, nous n’avons pas expliqué comment. En fait le
processus est en partie inconscient. Si le prâna, pour des causes diverses (physiques ou psychologiques)
se meut dans Ida nâdî, (le méridien lunaire et froid), la membrane se déplace de manière à laisser passer
le prâna par la narine gauche, ce qui a pour effet de rendre actif l’hémisphère droit du cerveau, et lorsque
prâna se meut dans Pingalâ nâdî (le méridien solaire et chaud), la membrane libère le conduit de la
narine droite, rendant active la partie gauche du cerveau. Lorsque l’on respire par les deux narines en
même temps, cela signifie que le prâna circule dans Sushumnâ nâdî. soit parce que le yogi a fait en
sorte qu’il en soit ainsi (pour commencer une méditation par exemple), soit parce que le prâna est en
train de passer d’un nâdî à l’autre à travers le corps calleux qui sépare les deux hémisphères.
Il est intéressant de remarquer que la narine gauche, féminine, (Idâ nâdî), est en relation avec
l’hémisphère droit qui est caractérisé par une polarité également féminine (tendances mystiques et
artistiques, imagination, etc.) alors que la narine droite, masculine, (Pingalâ nâdî), est en relation avec
l’hémisphère gauche lui aussi masculin et caractérisé par une tendance vers le concret et le matériel. Ce
processus montre l’importance de la respiration en vue d’harmoniser les paires d’opposés dans l’homme
et dans la nature.

Notre vie nocturne est également concernée par la rhinite à bascule. En effet, lorsqu’un homme en
bonne santé dort, son corps éprouve inconsciemment le besoin de se tourner alternativement d’un côté
puis de l’autre. Ce mouvement vient de l’alternance du prâna dans l’un ou l’autre des deux nâdîs et du
besoin de respirer par l’une ou l’autre des deux narines. Un yogi expérimenté peut par sa seule volonté
utiliser ce mouvement de rhinite à bascule afin d’engendrer certains effets souhaités. Pour le commun
des mortels, il existe plusieurs méthodes permettant de mouvoir volontairement la membrane du nez.

« Commencez par vous asseoir bien droit sur le sol, les deux jambes à l’horizontale. Pliez ensuite la
jambe gauche verticalement et placez le talon près de la fesse gauche. Le creux axillaire sur le genou

8
Hatha Yoga Pradîpikâ, pages 238-239, Editions Satyanandashram, 1985.
9
Voici comment les systèmes nerveux sont répertoriés dans certaines branches de la médecine ayurvédique :
A – Système nerveux cérébro-spinal ou central – Shiva – Volonté – Vie.
B – Système nerveux grand sympathique – Vishnu – Amour – Ame (conscience).
C - Système nerveux Parasympathique – Brahmâ – Intelligence – Forme.
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La glande pituitaire est située à la base du cerveau sous le plancher du troisième ventricule, zone où a lieu, en son
temps, la fusion des radiations électromagnétiques entre pituitaire et pinéale, engendrant un champ hautement
magnétique appelé en Orient le 3e œil de l’intuition. Cf. de l’auteur Le Troisième Œil dans les mythes, l’Histoire et
l’Homme, Ed. Le Temps Présent, 2013.

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(levé) gauche. En quelques secondes, le souffle passera vers Pingalâ nâdî, à droite. A la place du genou
on peut mettre son poing ou faire comme les yogis qui utilisent une canne ayant la forme d’un Y. Une
manière encore plus simple est de se coucher quelques minutes sur le côté de la narine ouverte, en
bouchant éventuellement la narine près du sol (ou du lit) avec un tampon d’ouate. Tout cela peut être
étudié en détail dans le hatha yoga11. »

Les yogis cherchent à utiliser sushumnâ nâdî, le canal central par lequel devra s’élever un jour une
énergie puissante et transfigurante (kundalinî-shakti). Mais avant de parvenir à ce stade, ils privilégient
Pingalâ nâdî. En dehors de certaines pratiques quotidiennes, ils font en sorte que la nuit soit également
positive et que prâna ne soit canalisé qu’à travers Pingalâ. Pour ce faire, ils dorment toujours sur le
flanc gauche et respirent par la narine droite. En outre, cette position est physiquement favorable car
l’estomac, formant une poche, est bien mieux soutenue lorsque l’on est couché de ce côté, tandis qu’il
se trouve en porte-à-faux sur le côté opposé.

Les sages et les médecins de l’Inde ont fait de ce processus naturel une véritable science
comportementale, une science des influences impliquant de faire ou d’éviter certaines actions selon que
prâna coule dans l’une ou l’autre narine. Ainsi lorsque l’on respire par la narine gauche, cela signifie
que ida nadi est actif et dans ce cas les sages conseillent des actions d’ordre matériel, par exemple
entreprendre un voyage d’affaire, se marier, cultiver son champ, signer un contrat, etc. Par contre,
lorsque l’on respire par la narine droite, on cherchera plutôt des actions spirituelles comme entreprendre
un long pèlerinage, réciter des prières, construire un temple, nourrir les pauvres, escalader une montagne
sacrée, faire du yoga, etc. Si maintenant le souffle est utilisé par les deux narines en même temps, cela
signifie que le prâna se trouve dans sushumnâ nâdî et dans ce cas on n’accomplira aucune action d’ordre
matérielle ou spirituelle mais on cherchera dans la non-action extérieure à s’intérioriser profondément
(prière, méditation, contemplation, etc). Dans l’écrit sacré intitulé Shiva Svarodaya, il est enseigné que
lorsque prâna est en Sushumnâ :

« (…) les gens sensés restent inactifs, ne prennent aucune nourriture, et méditent sur les réalités
profondes. C’est ce qu’on appelle les moments crépusculaires (sandhya). »

Où se trouve ce passage permettant au prâna de passer du côté droit au côté gauche du corps ? La
tradition le situe au niveau du cœur et d’autres sources dans la zone située entre la 9e et la 12e vertèbre.
Les yogis ont depuis des milliers d’années sondé les plus intimes secrets de la nature intérieure de l’être
humain, tout particulièrement son corps vital. Ils se sont rendus compte de la présence d’un flux constant
du prâna dans le système complexe des nâdîs, passant d’un côté du corps à l’autre en vue de nourrir ou
de reposer les organes vitaux. Cette régulation suit un rythme précis (similaire à celui des marées),
influencé par le soleil et la lune, par les constellations dans leur aspect positif ou négatif, et cela au cours
des douze heures diurnes et des douze heures nocturnes. Les principaux changements ont lieu au lever
du soleil : le prâna passe alors au côté droit et, jusqu’à midi, on peut dire que la force du prâna est plus
importante dans les systèmes nerveux que veineux. A midi, ils s’équilibrent. Au coucher du soleil, le
prâna est passé dans le système sanguin et se prépare, via le cœur, à passer du côté gauche. A minuit,
les forces praniques sont équilibrées. Au matin, le prâna est dans l’épine dorsale et entreprend son cycle
normal jusqu’à midi.

Des ouvrages entiers ont été écrits sur les mystères de l’être, sur sa santé, sur les moyens qu’il avait, par
la pratique des yogas (ou pratique similaire dans d’autres traditions), de se régénérer physiquement et
spirituellement. Ce qui compte est le premier pas et la purification de cette zone frontale si importante
en médecine aussi bien qu’en yoga, peut-être l’aube, non seulement d’une plus vaste connaissance de
soi, mais surtout d’une maîtrise du véhicule de l’âme sans lequel il n’est question ni de bonheur ni de
possibilité de perfectionnement personnel.

11
De l’auteur, Kundalini, le Yoga du Feu, p. 112, Ed. Alphée, 2009 (épuisé)

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Cet article simplifié à l’extrême a comme unique dessein la prise de conscience que derrière une action
aussi simple que le nettoyage nasal, il existe tout un monde de connaissances qui peuvent apporter, au
monde médical autant qu’aux personnes malades, des réponses à leurs problèmes ou interrogations. Je
le terminerai donc en citant les sages paroles d’A. Van Lysebeth :

« Le yoga affirme qu’il est facile de rester en bonne santé, qu’il suffit de modifier quelques habitudes conventionnelles
erronées, responsables d’un nombre incalculable de maux, de misères et de décès prématurés. La santé est un droit de
naissance ; il est aussi naturel d’être en bonne santé que de naître : la maladie trouve son origine dans la négligence,
l’ignorance ou la transgression des lois naturelles.
Au sens yogique du terme, la maladie est un péché physique et le malade est considéré comme étant aussi responsable de sa
mauvaise santé que de ses mauvaises actions. Pyle observait déjà que « les humains qui traitent leur corps comme il leur
plaît, et enfreignent les règles de la vie saine dont ils devraient avoir une connaissance approfondie, sont des pécheurs
physiques. Les lois de la santé ne sont ni restrictives ni étriquées. Au contraire, elles sont simples, peu nombreuses et nous
procurent une grande liberté en nous affranchissant d’une foule d’entraves qui ne laissent aucune place à notre propre force
pour se manifester dans son intégrité, nous empêchant ainsi de jouir pleinement de la vie. »
Quoique simples, les méthodes et préceptes du yoga sont rationnels et scientifiques. L’on pourrait même craindre que leur
simplicité et leur facilité d’application ne conduisent déplorablement à les négliger, nous privant ainsi des merveilleux effets
bénéfiques que procure leur pratique continue et soigneuse.12 »

Un article n’est pas un ouvrage et il péchera forcément par sa brièveté. Mais celui qui cherche trouvera.
Quant à nous, nous reprendrons à notre compte les paroles d’un sage entre tous qui affirmait à ses
étudiants que : « Une once de pratique vaut mieux que des tonnes de théories ! », et le premier pas
commence maintenant !

Michel Coquet
www.michelcoquet.fr

12
A. Van Lysebeth, J’apprends le Yoga, pp. 20-21, Ed. Flammarion, 1976.

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