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Congo

Trimestriel - Août 2013 - N° 1

Un destin doré
pour le Port autonome
de Pointe-Noire

Le Port autonome de Pointe-Noire fait l’objet d’une


modernisation et d’un agrandissement de ses ins-
tallations. Quelque 180 millions d’euros ont déjà
été engagés par Congo Terminal, concessionnaire
le journal d'UNICONGO du nouveau terminal à conteneurs. Des investisse-
ments qui vont permettre de renforcer la compéti-
tivité du port sur la scène internationale. Lire p. 10

L ’ e s s e n t i e l

Dossier
L as er

Un pont tant attendu…


On en parle depuis si longtemps que l’on
ose évoquer son avènement. Pourtant, le
projet de pont route-rail et son corollaire, le
prolongement du chemin de fer Kinshasa-
Ilebo, est bien sur les rails. Une chose
est sûre, ces deux réalisations devraient
renforcer le processus d’intégration régionale
et les échanges économiques entre les pays

Unicongo
membres de la Communauté économique
des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC).
Lire p. 7

région

Les Plateaux fêtent


l’indépendance du pays
Au centre du pays, frontalier de la République
démocratique du Congo, le département des
Plateaux devrait sortir de son enclavement
actuel au gré d’un important programme
de développement. Et dans l’immédiat, son
chef-lieu, Djambala, se prépare à accueillir
les festivités du 53 e anniversaire de
l’indépendance du pays, le 15 août prochain.
quand l’Union fait la force
Suivez le guide… Lire p. 36 Des statuts modifiés, des engagements renouvelés et une volonté réaffir-
mée de nouer des partenariats qui permettront aux entreprises adhérentes
Pays d’élargir leur audience, notamment à l’international. Plongée au cœur de
L’Afrique du Sud l’Union patronale et interprofessionnelle du Congo, un levier incontournable
Des ressources minières considérables, un de l’essor économique du pays. A lire également dans ce dossier, une ana-
secteur tertiaire en pleine expansion… On lyse exclusive des perspectives économiques en 2013 par secteur d’activité.
connaît les atouts de la première économie Lire p. 21
continentale. Pourtant, à l’instar d’autres
pays émergents, l’Afrique du Sud subit
Technologies
les contrecoups de la crise mondiale. Une Travail et société
monnaie dépréciée, des tensions sociales
La fibre optique
en interne… Le pays de l’arc-en-ciel serait-il
voué à devenir celui du mirage ? Lire p. 38 à la porte des La sécurité au travail :
afrique
usagers congolais une priorité pour l’OIT
Un développement Le 11 mai 2012 est une date importante
pour le Congo dans son lien avec le reste Chaque année, les chiffres des victimes des
hétérogène du monde. C’est en effet depuis ce jour accidents du travail et des maladies profession-
Par facilité ou par mauvaise habitude, les que le pays est connecté aux fameuses nelles sont accablants. Pour tenter de limiter
observateurs internationaux ont parfois « autoroutes de l’information » dans le l’hécatombe, l’Organisation internationale du
tendance à désigner l’Afrique comme un cadre du projet du câble sous-marin à travail (OIT) se mobilise via de nombreuses
ensemble indistinct, fort de son robuste taux fibre optique de la côte occidentale de initiatives, visant notamment à promouvoir le
de croissance global. Pourtant, les chiffres l’Afrique. Trois villes congolaises sont respect des normes de sécurité. Le Congo n’est
peuvent aussi cacher des réalités diverses. actuellement connectées à ce réseau, pas en reste, comme en témoigne l’organisation
Confirmation avec ce petit tour d’horizon des avant son extension à Ouesso, dans le sur son sol, depuis 2011, de la Journée inter-
pays de l’Afrique subsaharienne. département de la Sangha, au nord du nationale pour la santé et la sécurité au travail.
Lire p. 42 pays.
Lire p. 6
GRATUIT
Lire p. 5
PREZIOSO CONGO
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Tél. + (242) 06 633 15 10 Site : www.prezioso.fr e-mail : prezioso.direction@yattoo.com
congo économie - N°1 - août 2013 3

edito Sommaire
Bienvenue dans ce premier numéro de Congo Economie, créé à l’initiative de l’Union patronale
et interprofessionnelle du Congo (Unicongo). Nous le constatons quotidiennement avec 07
l’ensemble de nos partenaires, les potentialités de l’économie congolaise sont considérables, et

10
nous avons voulu ce magazine pour en révéler tous les aspects. Nous sommes en effet convaincus
qu’une information économique fiable et innovante peut susciter l’envie d’entreprendre,
d’investir et, par conséquent, générer de nouveaux emplois.
Le Congo mérite un journal d’informations économiques de premier plan. Pour cette raison,
05
les informations locales occuperont une place privilégiée dans notre publication : secteurs
d’avenir, opportunités d’affaires, tendances actuelles… De plus, le pays est à un tournant
de son histoire. Les perspectives sont nombreuses dans le domaine des infrastructures, de
27
l’agriculture, du pétrole, des mines, des services. Tous ces axes concourent à une diversification
de l’économie congolaise et à ses retombées en termes de développement.
Au-delà du Congo, l’économie revêt un caractère global. L’ouverture au monde ne sera donc
pas négligée et nous serons attentifs à l’actualité internationale, et notamment africaine. Trop 21 28
souvent passé sous les fourches Caudines des grands décideurs de l’économie mondiale, notre
continent suscite aujourd’hui toutes les attentions, avec des taux de croissance enviés et une
bonne capacité de résilience face à cette crise qui a tant ébranlé les grands pays industrialisés.
38
Nous le savons, les forces vives de l’activité économique congolaise sont incarnées par
les femmes et les hommes qui, chaque jour, lui confèrent son dynamisme. Ce sont eux qui 36 44
permettront de cheminer vers les objectifs d’émergence fixés par les autorités du pays. Il ne fait
aucun doute que leurs compétences et leur soif d’entreprendre permettront de relever le défi.
Laser
La fibre optique à la porte des usagers congolais p. 5
La sécurité au travail : une priorité pour l’OIT p. 6
Christian Barros, président d’Unicongo
Un pont tant attendu p. 7
De l’art de tisser des liens p. 9
Un destin doré pour le Port autonome de Pointe-Noire p. 10
Les nouveaux « mondes » du travail p. 17
Ce que le traité Ohada a changé p. 18
Réussir un brainstorming p. 19

Dossier : Unicongo
La voix des entreprises p. 21
De l’intention à l’action p. 22
Un partenariat de raison p. 23
Entretien avec Christian Barros, président d’Unicongo p. 27
Quelles perspectives économiques en 2013 ? p. 28
La santé, une priorité nationale p. 34

Région
Les Plateaux fêtent l’indépendance du pays p. 36

Pays
L'Afrique du sud à la croisée des chemins p. 38

Afrique
Un développement hétérogène p. 42

Management
Le coaching en entreprise p. 44
Le management interculturel p. 45

Congo Economie est une publication éditée par Conseiller auprès de la rédaction :
l'Union patronale et interprofessionnelle du Congo. Jean-Pierre Pont
Site internet : unicongo.org Secrétaire général de la rédaction : Didier Bras
Contact Brazzaville : boîte postale 42.
Fax : (+242) 81 47 66. Tél. : (+242) 81 47 68. Directeur artistique : Jean-Noël Dubois
Email : unicongobzv@unicongo.net Ont participé à ce numéro :
Contact Pointe-Noire : boîte postale 1713. Lasme Adou, Hamid Affalou, Rokia Bafembé, Laetitia
Tél. : (+242) 629 59 06. Bagamboula, Daouda Coulibaly, Christian Elion, Jean-
Avenue Barthélémy Boganda Email : secretariatpnr@unicongo.org Philippe Kassi, Fanny Macagbey, Jean-Claude Mikala,
Face à l’Océan rouge Président : Christian Barros
Jean-Jacques Samba, Simon Silué, François Wandji.
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4 congo économie - N°1 - août 2013 Laser
Laser congo économie - N°1 - août 2013 5

Technologies de l’information et de la communication

La fibre optique
à la porte des usagers
congolais
Le Congo ne pouvait rester en marge d’un accès à
internet à haut débit. Et si seules trois villes du pays
sont actuellement connectées à la fibre optique,
celle-ci va bientôt essaimer sur l’ensemble du territoire.

L
e Congo est connecté aux « auto- Les centres de relais à fibre optique sont garantissant une grande fiabilité de la SAT 3, notamment la Guinée équa-
routes de l’information » depuis installés dans certains chefs-lieux de connexion internet et des communica- toriale, la République démocratique
le 11 mai 2012 dans le cadre départements et districts. Le processus tions. Ce système vise à épargner les du Congo (RDC), la République du
du projet du câble sous-marin à devrait se poursuivre jusqu’à la couver- usagers des tracasseries de la connexion Congo, le Togo, le Cameroun, l’Ango-
fibre optique de la côte occidentale de ture totale de tous les districts et grands satellitaire, souvent perturbée par les la, le Botswana et le Gabon. Piloté par
l’Afrique (en anglais West Africa Cable villages du pays. effets climatiques. C’est en février 2011 l’Afrique du Sud, le projet devrait per-
System – WACS). Les villes de Braz- que le Congo a installé sa bretelle qui mettre aux pays concernés de rattraper
zaville, Pointe-Noire, Oyo et autres se Trois phases opérationnelles a été connectée au câble sous-marin à la connexion au câble.
trouvent d’ores et déjà connectées à la Le projet fibre optique est l’appendice fibre optique situé à 300 km au large de
fibre via la station terminale de Matom- du Projet de couverture nationale en té- la côte congolaise. Long de 14 400 km,
bi (département du Kouilou), qui fait lécommunications (PCN) qui est réalisé ce câble longe la côte ouest-africaine,
partie des premières stations des pays par la société chinoise Huawei, notam- jusqu’en Afrique du Sud. Le consor- L'atterrage du câble à partir du réseau sous-marin
principal, au large des côtes congolaises,
membres du consortium WACS à être ment dans la partie CDMA. D’un coût tium WACS regroupe les pays qui ont est la concrétisation de l’arrivée de la fibre
opérationnelles. estimé à près de 100 millions de dollars raté la connexion au câble sous-marin optique sur le territoire national.
Le projet prévoit l’extension de la fibre américains, la première phase du pro-
de Pointe-Noire à Ouesso dans le dépar- jet concerne les villes de Brazzaville,
tement de la Sangha (Nord Congo) en Pointe-Noire et Oyo. Elle porte entre
passant par la ville d’Owando (dépar- autres, sur la partie mobile (CDMA)
tement de la Cuvette). De Pointe-Noire dont les tests ont été concluants. Les
à Owando, la fibre est transportée via sites concernant la partie CDMA ont
les poteaux électriques des barrages été implantés dans ces trois aggloméra-
hydroélectriques de Moukoukoulou et tions. La deuxième phase, qui consiste
d’Imboulou, avec deux bretelles, dont à connecter les chefs-lieux de régions
l’une pour Djambala (département au backbone, est chiffrée à 73 millions
des Plateaux) et l’autre pour Boundji de dollars américains, tandis que la
(Cuvette). La fibre sera étalée entre les troisième phase, estimée à 36 millions
villes d’Owando et Ouesso par voie sou- de dollars américains, vise à connecter
terraine. La connexion de Pointe-Noire, les chefs-lieux de districts et les grands
Brazzaville et Owando en fibre souter- villages. C’est la société Alcatel Lucent
raine est également prévue afin que la s’occupe de la partie backbone.
fibre aérienne puisse servir de secours. Ce projet permettra de disposer des ser-
Les travaux des boucles métropolitaines vices téléphoniques de qualité, d’une
de Brazzaville, Oyo et Pointe-Noire connexion Internet à haut débit, ainsi
sont achevés, ceux des nœuds d’accès que d’autres services liés aux techno-
en cuivre et en fibre optique se trouvent logies de l’information et de la commu-
en phase terminale. Ces nœuds d’accès nication (TIC). Le câble sous-marin à
sont des endroits offrant aux abonnés fibre optique est un système établi pour
les possibilités de connexion au réseau. une durée maximum de vingt-cinq ans,
6 congo économie - N°1 - août 2013 Laser

Travail et société

La sécurité au travail :
une priorité pour l’OIT
Chaque année, dans le monde, plus de deux millions
de travailleurs perdent la vie suite à des accidents
ou des maladies professionnelles. Une hécatombe
qui affecte des familles entières et qui a aussi des
incidences économiques. Cet enjeu est une priorité
pour l’organisation internationale du travail (OIT)
qui multiplie les initiatives de sensibilisation. Le
Congo n’est pas en reste, où l’organisation patro-
nale Unicongo est fortement impliquée, notamment
à travers la Journée internationale pour la santé et
la sécurité au travail (JISST).

Les chiffres donnent le vertige. Selon victimes de maladies liées à leur activité
l’Organisation internationale du travail professionnelle. L’impact économique
(OIT), on estime à 270 millions le nombre donne également la mesure du fléau :
d’accidents du travail chaque année dans 4% du PIB mondial serait ainsi perdu
le monde, et 160 millions de personnes pour ces mêmes raisons, soit un poids

vingt fois plus important que l’ensemble plus touchés dans le monde. Pourtant,
de l’aide publique en faveur des pays l’expérience a démontré le bénéfice lié au
en développement. L’activité humaine, respect des normes de sécurité, naturelle-
et particulièrement professionnelle dans ment pour les travailleurs, mais aussi pour
certains métiers à risque, a beau induire les employeurs et les gouvernements.
des conséquences difficiles à prévoir, il Dans les pays industrialisés, tout au
n’en reste pas moins que la réalité que long du XXe siècle, on a enregistré une
décrit l’OIT nécessite une rapide inver- diminution notable des accidents du tra-
sion de tendance. Raison pour laquelle vail grâce à une série de mesures et de
l’organisation, qui dépend de l’ONU (lire sensibilisations des différentes parties
encadré p. 7), poursuit ses efforts de sen- prenantes. Le défi consiste aujourd’hui
sibilisation, après avoir adopté plus de à partager cette « culture de la sécurité »
quarante conventions et recommanda- à l’ensemble de la main-d’œuvre mon-
tions sur la sécurité et la santé au travail, diale. Parmi les leviers dont elle dispose,
ainsi que plus de quarante recueils de l’OIT a mis en place le programme Sa-
directives pratiques sur le sujet. feWork* qui vise à susciter une prise de
conscience mondiale sur l’ampleur et les
Des inégalités dans l’exposition conséquences des accidents, blessures et
aux risques maladies liés au travail ; à promouvoir
Les femmes et les hommes les plus expo- une protection de base pour tous les tra-
sés au risque d’un accident ou d’une mala- vailleurs, en conformité avec les normes
die professionnelle recouvrent des zones internationales du travail ; à renforcer
géographiques et des secteurs d’activité les moyens d’action des Etats membres
spécifiques. La pêche, l’exploitation mi- et des entreprises ; à établir et mettre en
nière, et surtout l’agriculture (la moitié œuvre des politiques et des programmes
des accidents mortels se produisent dans efficaces de protection et de prévention.
ce secteur qui emploie encore 50% de la
main-d’œuvre mondiale) sont au premier Sensibiliser, informer et former
rang des activités les plus risquées, et L’OIT a également mis en place un pro-
les pays en développement sont les pre- gramme d’éducation interactif – baptisé
miers concernés par le problème. A cela Solve – qui se concentre sur la préven-
vient s’ajouter la notion de précarité dans tion. Il traite aussi des problèmes psycho-
le sens où, toujours selon les sources de sociaux et de la santé au travail (notam-
l’OIT, ce sont les plus démunis et les ment des maladies respiratoires). Quant
moins protégés – en général les femmes, au Centre international d’informations
les enfants et les migrants – qui sont les de sécurité et santé au travail (CIS), il
Laser congo économie - N°1 - août 2013 7

joue sa partition dans le domaine de la


transmission de l’information sur ce Infrastructures de transport
sujet dans plus de cent pays. Au Congo,
c’est l’organisation patronale Unicongo
qui est le principal relais de ce travail de
mobilisation sur le sujet. En témoigne la
Journée internationale de la sécurité et de
la santé au travail qui s’est déroulée le 25
avril dernier à Pointe Noire, avec le sou-
tien du groupe Total. Initiée depuis 2003
par l’OIT, cette journée, dont l’impact est
international, tend à promouvoir un tra-
vail sûr, salubre et décent, dans la droite
ligne de la philosophie de cette journée
d’information qui se déroule aussi à
l’échelle mondiale, avec des milliers de
manifestations organisées en ce sens sur
l’ensemble de la planète.
Au Congo, les thématiques abordées de-
puis 2003 dans le cadre de cette journée
font aussi écho des réalités locales, avec
notamment la sécurité routière, la survie
en mer, l’hygiène et santé au travail, la Les villes de Brazzaville
prévention des accidents, le secourisme et Kinshasa vont-elles
au travail, le management de la sécurité, s'affranchir du fleuve
ou encore la prévention des maladies qui les sépare ?
professionnelles comme ce fut le cas
cette année. Au regard des enjeux consi-

Un pont
dérables que charrient les questions de commerciaux entre les deux pays, tout
la santé et de la sécurité au travail, il en en améliorant la fluidité du trafic sur le
va du rôle de chacun de participer à une corridor Cameroun-Gabon-Congo-Braz-
amélioration de la situation. Gageons que zaville-RDC, en touchant le Tchad et

tant attendu…
les partenaires congolais engagés dans la République centrafricaine. Ces deux
cette lutte ont au moins l’information projets renforceront le processus d’inté-
entre leurs mains. gration régionale et les échanges éco-
nomiques entre les pays membres de la
* Pour en savoir plus sur le programme Communauté économique des Etats de
SafeWork (en anglais) : www.ilo.org/ l’Afrique centrale (CEEAC) et ceux de la
safework Sadec. Ils devraient en outre contribuer
Brazzaville et Kinshasa ont beau être les deux ca- à la réduction des délais d’attente de la
Jean-Claude Mikala traversée du fleuve Congo entre Brazza-
pitales les plus proches du monde, aucun lien fixe ville et Kinshasa ; à l’accroissement de
ne permet actuellement de les relier. Cette situa- la libre circulation des personnes et des
tion se traduit par des pertes de temps énormes et biens dans l’espace de la CEEAC ; à
Une vieille dame l’élimination de la rupture de la chaîne
bientôt centenaire des coûts de transport élevés. Envisagé depuis des de transport pour les modes routier et fer-
décennies, le projet pont route-rail Brazzaville-Kins- roviaire ; à l’amélioration de l’efficacité
des services de transport et à la réduction
Agence spécialisée dépendant de hasa est en marche et l’ouvrage devrait enfin voir le des coûts. Il sied de signaler qu’en plus
l’Organisation des Nations unies
jour, au même titre que le prolongement du chemin de la zone industrielle et commerciale,
(ONU), l’OIT sera bientôt cente-
les autorités brazzavilloises projettent de
naire puisqu’elle a été créée en de fer Kinshasa-Ilebo. Le point sur ce dossier. créer une cité moderne et un port à hau-
1919 par les Etats signataires
teur de Maloukou, sur le fleuve Congo.
du Traité de Versailles, qui a

L
entériné l’accord de paix entre
e projet de construction du pont constitue déjà une zone industrielle. Aux Des financements complexes
l’Allemagne et les Alliés à l’issue
route-rail reliant les villes de Braz- dires des experts, Maloukou offre les Le projet bénéficie d’un appui de la
de la Première Guerre mondiale.
zaville, en République du Congo, profondeurs favorables pour l’érection Banque africaine de développement
Arthur Fontaine, ingénieur, mécène
et de Kinshasa, en République dé- du pont, ainsi que d’excellentes perspec- (BAD) qui avait accordé, en 2008, aux
français et l’un des concepteurs
mocratique du Congo (RDC), ainsi que le tives de développement et de croissance gouvernements des deux Congo, un don
de l’institution, déclarait à cette
prolongement du chemin de fer Kinshasa- économique pour les deux pays. de 5 millions d’unités de compte (soit
occasion qu’« une paix universelle
Ilebo (800 km) se trouve dans sa seconde 3,796 milliards de francs CFA) pour le
et durable ne peut être fondée que
phase d’étude. La première phase a per- Un projet qui induit des retombées financement de l’étude. La BAD a aussi
sur la base de la justice sociale ».
mis de retenir le site de Maloukou Tréchot multiples approuvé l’octroi à la CEEAC d’un don
L’OIT publie chaque année de très
pour le pont route-rail, et le corridor sud Le projet de pont route-rail est destiné supplémentaire d’environ 1 million de
nombreuses publications, adopte
pour le chemin de fer. Les données de à assurer le passage des marchandises dollars pour couvrir le gap de finance-
les nouvelles normes internatio-
cette première phase avaient été présen- et des personnes dans les conditions de ment du volet étude du chemin de fer.
nales du travail dans le cadre de
tées aux autorités des deux pays en fin sécurité optimale et d’économie du tra- Les études de ce projet ont déjà englouti
sa Conférence internationale du
2012, lors d’une rencontre à Brazzaville fic automobile et ferroviaire. Il prévoit quelque 8,97 millions de dollars amé-
travail, qui réunit une fois par an
qui avait regroupé les experts des diffé- notamment : ricains. Au terme de leurs travaux, les
ses mandants (représentants gou-
rentes parties prenantes au projet. Concer- - l’ouverture d’une voirie d’accès sur experts avaient demandé aux gouver-
vernementaux, représentants des
nant le choix du site de Maloukou, les par- chaque rive, destinée au raccordement nements des deux Congo de solliciter la
travailleurs et des employeurs),
ticipants à cette réunion avaient jugé que de l’ouvrage aux réseaux routier et fer- BAD en sa qualité de chef de file des
déterminant à cette occasion le
celui-ci réduirait les points de rupture de roviaire de chaque pays ; bailleurs de fonds, de sensibiliser les
programme et le budget de l’orga-
charge en favorisant le développement du - des installations terminales disso- partenaires financiers multilatéraux et
nisation. Elle est à l’origine de 189
transport multimodal. ciées ou communes en liaison avec le bilatéraux autour des enjeux et de l’im-
conventions et 201 recommanda-
Le gouvernement congolais est en train caractère spécifique de l’implantation portance du projet. Ils avaient invité la
tions, dont certaines remontent à
de construire une zone industrielle et de l’ouvrage en zone frontalière pour CEEAC à prendre des dispositions utiles
sa création. Distinguée en 1969
commerciale à Maloukou. Située au le traitement des questions administra- pour la poursuite des études sur la base
avec l’obtention du prix Nobel
nord-est de Brazzaville, cette zone sera tives, de police et de douanes. du choix du site proposé, et à la produc-
de la paix, l’organisation compte
connectée à la voie ferrée et à la Natio- Le pont route-rail Brazzaville-Kinsha- tion conséquente des dossiers à même
actuellement 183 Etats membres.
nale 1 reliant Pointe-Noire à Brazzaville. sa et le prolongement du chemin de fer de soutenir la recherche des finance-
Du côté de Kinshasa, le site de Maloukou Kinshasa-Ilebo faciliteront les échanges ments auprès des bailleurs de fonds pour
8 congo économie - N°1 - août 2013 Laser
Laser congo économie - N°1 - août 2013 9

la réalisation du projet. S’agissant du Visite d’Alassane Ouattara au Congo nal de développement (PND) qui court

De l’art de
prolongement du chemin de fer Kinsha- sur la période 2012-2015. Pour la seule
sa-Ilébo, les experts ont choisi le corri- échéance 2013-2015, les investissements
dor du sud, estimant que celui du nord à réaliser sont chiffrés à hauteur de 9509,9
présentait des risques hydrologiques, milliards FCFA (soit environ 19 milliards
géotechniques, géologiques et naturels de dollars). Les bailleurs de fonds insti-

tisser des liens


susceptibles d’augmenter les coûts de tutionnels – parmi lesquels le FMI et la
construction et d’entretien d’infrastruc- Banque mondiale – et tous les autres fi-
tures, ce, en dépit du profil plat et de la nanciers ont été sollicités à cet effet.
réduction possible des frais d’exploita- On se souvient que le binôme café-cacao
tion. Pour ces experts, sur le corridor est la clé qui a permis l’avènement du
sud, les techniques de mise en œuvre fameux miracle ivoirien durant les deux
sont certes plus pointues, mais bien maî- Avec un taux de croissance qui flirte avec les 10% décennies qui ont suivi l’indépendance
trisées. Aussi, la population desservie du pays. Et si bien des déconvenues sont
est plus importante sur le corridor sud depuis deux ans, la Côte d’Ivoire a retrouvé une apparues ensuite à l’aune d’une dégrin-
que sur le corridor nord. place de choix dans l’économie continentale. Ainsi, golade du prix de ces matières premières
et d’une économie insuffisamment diver-
Des interconnexions aujourd’hui la rencontre du président Alassane Ouattara avec les sifiée, la Côte d’Ivoire nouvelle semble
insuffisantes opérateurs économiques congolais, le 9 juin dernier avoir tiré les leçons du passé et s’appuie
Une chose est sûre, l’aboutissement de à Pointe-Noire, était chargée de sens. Elle a permis aujourd’hui sur un tertiaire florissant,
ce projet devrait accélérer le rythme des tiré par les secteurs de la banque et de la
activités commerciales en Afrique cen- de réitérer une volonté commune de partenariat et téléphonie. Le pays produit également du
trale où l’on constate l’absence d’inter- d’échanges commerciaux entre les deux pays. gaz naturel, et l’activité pétrolière, bien
connexion des réseaux de transport rou- qu’encore modeste, suscite des attentes
tier et ferroviaire, alors que la région importantes suite à la récente décou-

P
figure parmi les plus nanties du continent ays leader au sein de la zone d’atouts. Tout d’abord une stabilité poli- verte, par le groupe Total, d’un gisement
africain en termes de ressources natu- Uemoa (Union économique et tique retrouvée, en dépit d’un maillage en eaux profondes au large d’Abidjan.
relles (mines, bois, pétrole, eau, etc.). monétaire ouest-africaine), la de l’administration locale encore défi- La Côte d’Ivoire reste par ailleurs le
A titre indicatif, la proportion moyenne Côte d’Ivoire aurait-elle dompté cient, notamment dans le nord et l’ouest premier producteur mondial de cacao.
des routes revêtues est d’environ 7%, ses démons ? Après plus d’une décennie du pays. Quant à sa capacité énergétique, elle doit
comparativement à l’Afrique de l’Ouest marquée par la crise politico-militaire de être décuplée dans les années à venir,
(16%) et l’Afrique australe (25%). 2002 jusqu’à celle qui a entouré l’élec- La Côte d’Ivoire veut diversifier son le pays vendant déjà de l’électricité aux
Exprimée en kilomètres, cette densité tion présidentielle de 2010, embrasant le économie pays voisins. Ce sont tous ces atouts que
moyenne de route revêtue est seulement pays durant de longs mois, cette nation Après avoir pris officiellement ses fonc- le président Ouattara n’a pas manqué de
de 0,44 km pour 100 km2 en Afrique phare de l’Afrique de l’Ouest ambitionne tions en mai 2011, le nouveau président, rappeler à ses hôtes congolais, soutenu
centrale, contre 3 km pour 100 km2 aujourd’hui de faire partie du cercle, Alassane Ouattara, a mis en route un vaste dans son intervention par un film produit
en Afrique de l’Ouest, et 3,4 km pour très envié, des pays émergents à l’orée programme de réhabilitation des infras- par le Centre de promotion des investis-
100 km2 en Afrique australe. 2020. Il faut dire qu’elle ne manque pas tructures locales via un Programme natio- sements en Côte d’Ivoire (Cepici).
10 congo économie - N°1 - août 2013 Laser

Activités portuaires

Un destin doré pour


A. Ouattara
regarde le Port autonome de
Pointe-Noire
l'avenir avec
confiance.

Des accords commerciaux en


devenir
Du côté congolais, l’organisation patro-
nale Unicongo figurait en bonne place lors

C
de cette rencontre avec le chef de l’Etat onsidéré comme l’un des ports les plus importants en
ivoirien. Les autorités congolaises étaient
Le Port autonome de Pointe-Noire eau profonde dans le golfe de Guinée, le Port auto-
représentées par le ministre de l’Econo- (PAPN) est en train de vivre le début nome de Pointe-Noire se modernise dans le cadre de
mie, des Finances, du Plan, du Portefeuille d’une ère glorieuse de son histoire son programme d’investissements prioritaires, d’un
public et de l’Intégration ; le ministre des coût global de plus de 450 milliards de francs CFA. C’est
Transports, de l’Aviation civile et de la grâce aux efforts financiers colossaux un ambitieux programme cofinancé par le gouvernement
Marine marchande ; les préfets des dépar- consentis dans la modernisation des congolais et les bailleurs de fonds internationaux, notamment
tements de Kouilou et Pointe-Noire ; le l’Agence française de développement (AFD) et la Banque
maire de Pointe-Noire. C’est le président infrastructures portuaires. Sa vocation
de la Chambre de commerce, d’industrie, de plateforme de transbordements en
d’agriculture et des métiers de Pointe- Afrique centrale ne fait plus l’ombre
Noire, M. Didier Mavouenzela, qui a ou-
vert les débats, insistant sur l’implication d’aucun doute ; en témoigne la hausse
de son pays dans la réalisation d’impor- du chiffre d’affaires et du trafic conte-
tantes infrastructures visant à rétablir le
Congo dans son rôle naturel de pays de neurs EPV résultant de la fluidité du
transit, grâce à sa position géographique trafic et de la modernisation des méca-
en Afrique centrale. Il a par ailleurs évo-
qué la balance commerciale entre les deux
nismes d’embarquement et de débar-
pays, avec 135 milliards de francs CFA quement des marchandises.
d’importations du Congo en provenance
de Côte d’Ivoire – composées notamment
de produits agroalimentaires, d’articles en
plastique et de produits chimiques – contre
58 milliards d’exportations. Il a enfin sou-
ligné le fort potentiel de développement
des échanges commerciaux et des partena-
riat entre les entreprises privées des deux
pays. Pour sa part, le chef d’Etat ivoirien
a souhaité une coopération plus forte et
diversifiée entre son pays et le Congo
grâce aux possibilités de développement
des échanges multiformes, illustrées par la
liaison aérienne récemment établie par Air
Côte d’Ivoire, la présence des entreprises
ivoiriennes au Congo et par la formation
des Congolais dans les métiers de la mer
à Abidjan. Autant de raisons qui portent à
croire que les relations bilatérales entre les
deux pays ont de beaux jours devant elles.

Jean-Pierre Pont
Laser congo économie - N°1 - août 2013 13

européenne d’investissement (BEI), respectivement tonnes en 2012, soit une hausse de 11,07%. Le trafic tion des deux ports secs prévus à Tchiamba Nzassi, sur
à hauteur de 15 milliards de francs CFA chacune, conventionnel pour sa part a également augmenté de la RN4, et à Liambou, sur la RN1, qui permettront de
ainsi que la Banque de développement des Etats de 2,228 millions de tonnes en 2011 à 2,554 millions de favoriser la sortie des marchandises du port avant leur
l’Afrique centrale (BDEAC) à hauteur de 6 milliards tonnes en 2012. acheminement vers l’hinterland et avec la création de
de francs CFA, et le concessionnaire du nouveau ter- Pour Michel Antonelli, ces investissements qui se la future zone franche.
minal à conteneurs, Congo Terminal, dans le cadre des réalisent tous azimuts au niveau du Port autonome de
engagements pris au titre de la concession. Pointe-Noire entraînent ipso facto la croissance du tra- Des facilités de navigation et d’accostage
L’objectif visé est de renforcer la compétitivité du fic. « On s’attend à la croissance. Après, il faut se dire La modernisation des installations du Port autonome
Port autonome de Pointe-Noire en tant que point de que la croissance n’est pas limitée. Cela tient compte de Pointe-Noire permet de booster les échanges éco-
chute des flux du trafic maritime international en du volume du trafic sur l’Afrique. Le but est de faire de nomiques et commerciaux entre la République du
Afrique centrale. Les actions du programme d’inves- Pointe-Noire la portée de l’Afrique centrale pour dé- Congo et ses pays voisins d’Afrique centrale. Elle
tissements prioritaires du Port autonome de Pointe- velopper des transbordements ; le corridor qui amène- accélère le rythme des échanges commerciaux entre
Noire portent sur l’extension et la modernisation du ra par l’intérieur vers tous les pays enclavés ; et pour l’Afrique centrale et les autres régions du monde,
terminal à conteneurs, l’extension et la réhabilitation faciliter toutes les importations du Congo avec les notamment de l’Europe, de l’Amérique et surtout de
des quais G du terminal à conteneurs sur un linéaire moyens plus modernes », a-t-il ajouté. Le développe- l’Asie. L’Afrique centrale représente un vaste mar-
total de 800 mètres, le dragage d’approfondissement ment du trafic sera également facilité avec la construc- ché économique de plus de 100 millions d’habitants.
du chenal et des postes à quai pour atteindre un ti-
rant d’eau de 16 mètres, la réhabilitation du système
d’adduction d’eau (avec la construction d’un châ-
teau d’eau) et d’électrification, l’extension des terre-
pleins du terminal à conteneurs, la construction des
entrepôts et des silos, l’aménagement du parc à bois
et d’autres opérations.

Une porte d’entrée en Afrique centrale


Le Gouvernement congolais avait lancé en 2008 un
appel d’offres international à l’issue duquel le groupe
Bolloré avait été retenu pour la mise en concession • Quincaillerie industrielle
du terminal à conteneurs du Port autonome de Pointe-
Noire. La gestion de ce terminal à conteneurs est • Parc Acier (tôles, poutrelles, laminés marchands)
assurée par la société Congo Terminal, dont 50% des
actions sont détenues par le groupe Bolloré, 25% par • Fer à béton
les sociétés Socotrans, Samariti et Translo et 25% par
les sociétés privées congolaises. Le groupe Bolloré • Froid & climatisation
prévoit de consentir dans ce projet un investissement
de 374 milliards de francs CFA sur la période de la
• Désinsectisation, désinfection,dératisation
concession, qui est de vingt-sept ans. Ainsi, dès 2009, • Magasin de pêche
la société Congo Terminal a entrepris des travaux de
modernisation avec la construction de la zone logis-
tique, qui ont permis de traiter la même année 290.000
conteneurs EVP* au Port Autonome de Pointe-Noire,
puis a lancé en décembre 2010 les travaux d’exten-
sion des terre-pleins du terminal à conteneurs, qui ont
permis de traiter 442 802 conteneurs EVP en 2011 et
509 037 en 2012.
En 2013, le cap est mis pour manipuler au moins
600.000 conteneurs EVP. Concernant les équipements
d’exploitation, Congo Terminal a procédé à l’installa-
tion et à la mise en service, en mai 2013, sur le nou-
veau quai G4, de deux portiques de quai sur un total
prévu de huit. Ces engins participent à la réduction
de la durée des navires à quai et améliorent déjà le
rythme des cadences portuaires. « Il y aura à terme
huit portiques, les deux suivants sont en cours de com-
mande. Ils vont venir s’intercaler avec les autres. Dans
quelques années, on arrivera à manipuler 1 million de
conteneurs EVP dès qu’on aura la pleine capacité et
la totalité du quai en cours de finition. La finalité, c’est
de faire du port de Pointe-Noire la porte d’entrée de
l’Afrique centrale », a expliqué le directeur général de
Congo Terminal, Michel Antonelli.

Trafic et chiffre d’affaire en hausse


De 2009 à 2013, Congo Terminal a investi dans le
projet à hauteur de 180 millions d’euros (117 mil-
liards de francs CFA) sur un montant global d’inves-
tissements d’environ 350 millions d’euros (227,5
milliards de francs CFA). Jusqu’à la fin des inves-
tissements prévus, le Port autonome de Pointe-Noire
connaîtra à coup sûr une évolution exceptionnelle,
aussi bien en termes de trafic que de chiffre d’affaires.
Financées par le Gouvernement congolais, les opéra-
tions de dragage ont permis de ramener la profondeur
du port de 13 à 16 m. Les navires à grand tirant d’eau,
transportant au moins 7 000 conteneurs y accostent
avec aisance, le chenal d’entrée, le bassin portuaire BP 459 - POINTE NOIRE - CONGO
et les quais étant approfondis. Côté chiffre d’affaires,
les résultats enregistrés ces dernières années sont sa-
tisfaisants, car celui-ci est passé de 29,604 milliards Tél. 06 650 92 61
de francs CFA en 2011 à 34, 508 milliards francs CFA
en 2012. Le trafic quant à lui, s’est accru de 6,889
millions de tonnes en 2011 contre 7,652 millions de
e-mail : codisco@codisco-congo.com
14 congo économie - N°1 - août 2013 Laser

De Pointe-Noire, les marchandises tran- zaville à Ouesso (plus de 800 km au nord-ouest).


sitent à Brazzaville via le chemin de fer Le Port autonome de Pointe-Noire est le seul port
Congo-Océan (CFCO) et la route natio- en eau profonde de l’Afrique centrale d’accès direct
nale n°1 (en construction, le premier depuis la mer et qui offre des facilités de naviga-
tronçon de 180 km entre Pointe-Noire et tion et d’accostage 24 heures sur 24. Le pilotage et
Dolisie étant déjà achevé). Elles gagnent le remorquage sont obligatoires et également assu-
ensuite la partie septentrionale du Congo rés 24h/24h. Le pilotage concerne tout navire ayant
et les pays voisins comme la République une jauge nette supérieure ou égale à 100 tonneaux,
centrafricaine (RCA) et la République et le remorquage tout navire ayant une jauge brute
démocratique du Congo (RDC) par le égale ou supérieure à 2000 tonneaux. Deux sociétés
débarcadère fluvial de Brazzaville et le shipchandler installées dans le port assurent l’avitail-
fleuve Congo (le Gouvernement ayant le lement des navires. L’eau et les hydrocarbures sont
projet de construire dans les prochaines fournis aux navires soit à quai (oléoduc, camions ci-
années un pont route-rail au nord de ternes, etc.), soit au large par remorqueurs. Les acti-
Brazzaville), le Gabon et le Cameroun vités d’acconage, de manutention, de consignation et
par la route nationale n°2 reliant Braz- de transit sont concédées à des sociétés privées.

Une volonté de simplifier les formalités


administratives
En dehors des installations et des équipements, les
autorités congolaises ont pris à bras-le-corps la ques-
tion du renforcement des capacités administratives et
financières du port. C’est dans cette lancée qu’elles
ont résolu de construire un nouveau siège moderne
pour le Port autonome de Pointe-Noire. D’une durée
de trois ans, les travaux de cet édifice de seize étages,
lancés en 2011, sont chiffrés à plus de 17 milliards de
francs CFA.
Parallèlement, les autorités congolaises ont mis sur
pied un guichet unique maritime (Gumar) au niveau
du port, destiné à faciliter les procédures d’importation
et d’exportation. Ce guichet virtuel a été conçu par le
Bureau international maritime (BIMV) basé en Bel-
gique. Ce guichet devra simplifier les formalités admi-
nistratives et douanières ; sécuriser les recettes doua-
nières et fiscales ; réduire la durée de dédouanement
des marchandises et des coûts connexes ; promouvoir
le commerce électronique ; réduire le temps de transit
des marchandises dans les enceintes portuaires et aires
logistiques multimodales. Il contribuera à la réduction
de la fraude, à la rentabilisation des moyens consentis
dans la modernisation des installations, à la diminu-
tion du délai de dédouanement des marchandises de
vingt-six à deux jours.

Un établissement public à autonomie de


gestion
En matière de sûreté et de sécurité des installations,
le Port autonome de Pointe-Noire ne figure pas sur la
liste noire de l’Organisation maritime internationale
(OMI). Ses installations sont conformes aux disposi-
tions édictées par le Code international sur la sûreté
des navires et des installations portuaires (Code ISPS),
adopté par les Nations unies au lendemain des atten-
tats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
L’entrée des usagers est réglementée par le port des
badges de contrôle d’accès. Le contrôle des navires est
assuré dans le cadre du Mémorandum d’entente sur le
contrôle des navires par l’Etat du port dans la région
d’Afrique de l’Ouest et du centre (MOU d’Abuja)
dont Pointe-Noire abrite le centre d’information et de
documentation.
Le Port autonome de Pointe-Noire a été créé en 2000
suite à la scission de l’Agence transcongolaise des
communications (ATC). Il possède le statut d’établis-
sement public à caractère industriel et commercial,
doté d’une autonomie de gestion. La première pierre
de construction avait été posée par le gouverneur An-
tonetti, le 11 juillet 1934. L’ouverture au trafic était
intervenue le 1er avril 1939 avec la mise en service
d'un quai de 200 mètres linéaires. L’accostage du pre-
mier paquebot le Foucault avait alors marqué l’inau-
guration officielle du port, en présence du gouverneur
général Joseph Reste.

*L’équivalent vingt pieds (EVP) est une unité de me-


sure. Un conteneur standard d’un EVP mesure 2,591
mètres (8,5 pieds) de haut sur 2,438 m de large (8
pieds) et 6,096 m (20 pieds) de long, soit environ 38,5
mètres cubes.

Christian Elion
Laser congo économie - N°1 - août 2013 17

analyse

Deux défis pour les


entreprises et leurs
managers

Quoi qu’il advienne, les entreprises et


leurs dirigeants devront concentrer
leurs efforts sur quelques points clés
pour s’adapter. A titre d’exemple, voici
deux problématiques soulevées par ce
rapport et des pistes de solution.
Le leadership : les managers devront,
entre autres, savoir persuader et
influencer des travailleurs beaucoup
plus indépendants. Ils auront aussi à
repenser les niveaux auxquels prendre
les décisions stratégiques, en haut, ou
au contraire à des degrés moins élevés
de la pyramide hiérarchique.
• Conséquence : faire du manage-
ment une force facilitant les activités
transversales plutôt que la réduire à la
seule fonction de décision.

La culture d’entreprise : davantage


de salariés capables de réfléchir seront
nécessaires, tandis que les tâches

Les nouveaux
qui peuvent être automatisées ou
scriptées diminueront. Un des enjeux :
créer une culture à même d’attirer et
d’encourager les personnes présentant

« mondes »
ces qualités de réflexion requises, dans
un contexte de compétition accrue
et de plus grande indépendance des
travailleurs.
• Conséquence : passer, si néces-
saire, d’une culture d’entreprise forte à
un mode d’engagement plus consen-
suel et moins rebutant.

du travail
Des travailleurs confrontés à la mobilité de l’emploi,
interconnectés et plus autonomes… La révolution
numérique va changer nos habitudes et remettre en
question les schémas auxquels nous étions habi-
tués. Bienvenue dans le monde de demain.

à
quoi ressemblera le monde du Les mondes mutuels
travail de demain ? Le rap- Tout se passe dans le cadre des commu-
port d’un groupe de réflexion, nautés locales, vie privée comme profes-
intitulé « Modes de travail : sionnelle. Le modèle coopératif prévaut,
espace, lieux et technologie en 2016 », au lieu du « big business ». Oubliés aus-
apporte une ébauche de réponse. Il envi- si dans ce système les trajets pour aller un contexte d’incertitude sur l’avenir, salariés disposeront de plus de marge de
sage quatre scénarios d’organisation du au bureau : les gens préféreront travail- les travailleurs alterneront périodes liberté dans leur activité.
travail, puis développe les défis straté- ler dans de petites entreprises locales, d’activité intense et repos. Ce sera à eux
giques que devront relever les entreprises souvent connectées au réseau d’autres d’aller vers les entreprises et non l’in- Les disciples de la nuée
si elles veulent rester compétitives. Dans structures similaires. verse, même si celles-ci devront veiller Cette appellation poétique cache sim-
cette optique, la flexibilité du temps et à rester attractives. plement une extension de l’organisation
des lieux de travail ainsi que la propriété Les « répondants » actuelle des grandes entreprises, avec
intellectuelle devront être leurs deux La figure du consultant free-lance de- Les cottages électroniques des salariés se rendant sur un lieu de
priorités managériales, estime le rapport. viendra dominante, tandis que celle du Comme ce nom le suggère, le télétravail travail centralisé. Le rôle croissant des
La réflexion relève plus de l’anticipation salarié déclinera. Il ne sera pas rare de deviendrait la norme, univers privé et technologies de l’information multiplie-
que la science-fiction : elle est basée sur travailler pour plusieurs entreprises. On professionnel se confondant. Plus be- ra les façons de collaborer et accroîtra
l’observation des tendances actuelles, perdra en sécurité de l’emploi, en visi- soin de subir une heure de transport, les l’efficacité. Le contrôle du travail sera
en germe ou plus ancrées. D’ailleurs bilité et en routine ce que l’on gagnera salariés se « logueront » de chez eux sur omniprésent. La frontière entre travail et
peut-être travaillez-vous déjà comme en liberté. La majeure partie des tâches le réseau de l’entreprise. Les réunions vie privée restera marquée.
dans le futur sans le savoir ? La réalité s’effectuera chez soi, avec la possibilité se tiendront dans de petits bureaux cen-
sera probablement un mélange de ces de s’installer temporairement dans les traux situés à courte distance. La flexi-
quatre scénarios. bureaux de son client du moment. Dans bilité du temps de travail s’impose. Les Jean-Philippe Kassi
18 congo économie - N°1 - août 2013 Laser

Législation

Ce que le traité
Ohada a changé
Le traité relatif à l’harmonisation du
droit des affaires en Afrique (Ohada)
a été signé par 14 Etats africains
membres de la zone franc, le 17 octobre
1993, à Port-Louis (Ile Maurice). Après
avoir été ratifié par ses membres, il est
entré en vigueur le 18 septembre 1995.

Selon son article 1er, le traité a pour objet l’espace Ohada, il n’est plus nécessaire à
« l’harmonisation du droit des affaires l’investisseur de se procurer et de se fa-
par l’élaboration et l’adoption de règles miliariser à une législation locale dispa-
communes simples, modernes et adaptées rate. Il dispose du même éventail de dis-
à la situation de leurs économies, par la positions juridiques partout où il se rend.
mise en œuvre de procédures judiciaires - Les normes sont connues : la large pu-
appropriées et par l’encouragement au blication des Actes et leur codification
recours de l’arbitrage pour le règlement ont mis à la disposition des investisseurs
des différends contractuels ». un corps de règles identifiées applicables
Il s’agit principalement de mettre à la dans l’espace Ohada. L’accessibilité, la
disposition de chaque État des textes connaissance et le suivi de l’entier dispo-
juridiques simples et techniquement sitif du droit des affaires en sont rendus
performants, de faciliter les échanges plus aisés. Il en résulte une sécurisation
à travers les frontières de l’aire Ohada des avis juridiques.
ainsi que la communication et le trans- - Les normes sont modernes : les Actes
fert des techniques modernes de gestion ont permis la modernisation du droit des
des entreprises, mais également d’ins- affaires des Etats concernés qui, pour la
taurer la sécurité juridique et judiciaire plupart, possédaient jusqu’en 1998 des
des entreprises en restaurant un climat textes totalement inadaptés, datant des
de confiance… L’harmonisation juri- années coloniales ! Ils ont instauré des
dique ainsi préconisée se réalisera par dispositifs juridiques modernes et prag-
l’adoption de règles communes qualifiées matiques, sources de sécurité des inves-
d’« Actes uniformes » dans le domaine tissements.
du droit des affaires, tel le droit des so- A titre d’exemple, on peut relever la
ciétés commerciales, le droit commercial possibilité de constituer des structures
général, le droit des sûretés, le droit de légères comme les sociétés uniperson-
l’arbitrage… Mais quel est aujourd’hui nelles, notamment sous la forme de
leur apport à la pratique du droit des af- « Société unipersonnelle à responsabilité
faires en Afrique ? limitée » et de « Société anonyme uniper-
sonnelle ». En droit des sûretés, la pos-
Des avancées notables sibilité existe désormais de prendre des
Le traité a permis d’enregistrer de réels garanties pour le financement des projets
progrès dans la pratique du droit des ou l’achat de marchandises, notamment
affaires dans les Etats signataires. Ces par le gage de créances, le nantissement
avancées peuvent être résumées de la de valeurs mobilières, le nantissement de
manière suivante : marchandises, etc. Au total, sans être par-
- Les normes sont unifiées : avec les faits, les Actes uniformes de l’Ohada ont
Actes uniformes, tous les Etats possèdent doté les Etats adhérents de normes juri-
la même législation dans les domaines du diques modernes et harmonisées qui sont
droit des affaires. Bien que récemment de nature à favoriser les investissements
créée, l’Ohada a en effet permis d’élabo- et rassurer les investisseurs.
rer un environnement juridique commun,
abolissant de ce fait les frontières juri-
diques. Ainsi, dans chacun des États de Simon Silué
Laser congo économie - N°1 - août 2013 19

Le monde du travail à leur exploitation. Il les regroupe et les hiérarchise.

Réussir un
Ensuite, il devra relier les idées, reformuler celles
qui sont confuses ou éliminer les propositions hors
sujet, et regrouper les idées similaires. Des précisions
peuvent être demandées, il est alors possible de discu-
ter et de critiquer.

La clôture

brainstorming
Plusieurs méthodes peuvent permettre de sélectionner
les meilleures idées. Les trois méthodes les plus pro-
ductives consistent à donner un score ou un pourcen-
tage aux idées et à les classer, à recourir au vote, ou à
procéder par processus d’élimination jusqu’à retenir
les meilleures d’entre elles.

Lasme Adou

N’est-on pas plus intelligent


à plusieurs que seul ? C’est le
principe qui soutient l’utilité des
sessions de brainstorming,
un outil incontournable pour
les entreprises exerçant dans
un marché compétitif.
Une séance de brainstorming est une rencontre « re-
mue-méninges ». Si vous avez besoin d’innovation
pour vos services, produits, processus ou technolo-
gies, il est vivement conseillé d’en organiser une ou
plusieurs. Pour que votre brainstorming soit efficace et
que vous en sortiez avec des idées de nature à gonfler
votre chiffre d’affaires, voici quelques règles d’or très
importantes :

Le cadre
Sortez du cadre habituel : cela implique d’organiser la
séance en dehors de vos locaux et, de surcroît, de se
rendre dans un endroit qui sort du « déjà-vu ». De plus,
le brainstorming doit se dérouler à l’abri des regards,
du bruit et surtout de tout flux de personne. Plus vous
serez dépaysés, mieux les méninges en seront excitées
et prêtes à produire des idées.

Les participants
Le chiffre idéal se situe entre cinq et quinze personnes.
Choisissez les participants qui vous semblent capables
d’apporter quelque chose. Ne vous limitez seulement
pas aux seuls départements concernés. Si vous avez
détecté des traces de créativité chez un salarié d’un
autre département, pourquoi ne pas l’inviter ? Les
participants doivent être issus d’horizons tout à fait
divers.

Le facilitateur
Vous devez avoir un excellent facilitateur. Son rôle
consiste à animer la séance en distribuant le tour de
parole. Mais un excellent facilitateur possède au de-
meurant l’art de savoir poser les questions et rebondir
sur certaines réponses afin de stimuler la participa-
tion et la créativité. En général, vous le remarquerez
par son talent en communication orale introspective
(animation et échange dynamique), mais surtout par
sa perspicacité et son jugement correct des situations.

L’atmosphère
Vous devez bien préciser à tous les participants qu’on
ne censure aucune idée ou suggestion et que la situation
ne se prête pas à la compétition ou à la rivalité. Pas de
commentaires désobligeants ou critiques. Toute idée est
acceptée et notée afin de ne pas inhiber le processus.
Encouragez les idées exagérées et hors normes, privilé-
giez la quantité, vous ferez le tri sur la qualité plus tard.
La clé, c’est la liberté absolue d’imagination ; laissez
les gens dire tout ce qui leur passe par la tête.

L’exploration ou discussion
Toutes les idées émises sont inscrites sur un tableau
visible par chaque participant. Après la phase de pro-
duction des suggestions, le facilitateur doit procéder
Dossier congo économie - N°1 - août 2013 21

Unicongo
dossier
La voix
des entreprises
Depuis sa création, l’union patronale tement imprégnée par le contexte in-
et interprofessionnelle du Congo a ac- ternational. Au fil du temps Unicongo
compagné et conseillé les entreprises, a dû adapter son fonctionnement pour
confrontées aux mutations d’une éco- répondre à ces nouveaux défis et aux
nomie autrefois centrée sur le local et besoins de ses adhérents. Zoom sur
le secteur public, mais aujourd’hui for- son évolution et ses engagements.

N
ous sommes en 1958 et l’Afrique marquée par une importante refonte de de nouvelles adhésions sont venues cou- survie en mer, l’hygiène et la santé au
équatoriale française (AEF), son organisation interne. Tout d’abord par ronner cet exercice 2012. travail, le management de la sécurité, ou
dont la capitale siège à Brazza- une nouvelle réforme de ses statuts, avec encore la prévention des maladies pro-
ville, vit ses dernières heures. un premier objectif qui tendait à réaffirmer Une présence soutenue au niveau fessionnelles comme ce fut le cas lors
Les quatre territoires qui la composent le caractère unitaire de ses instances. Cette national de la dernière édition qui s’est tenue en
– Gabon, Moyen-Congo (aujourd’hui intention s’est traduite par l’avènement de Au-delà des problématiques d’organisa- avril dernier. Par ailleurs, des campagnes
République du Congo), Tchad et Ouban- fédérations nationales qui se sont substi- tion en interne, l’Union tient à marquer d’informations sont menées dans le cadre
gui-Chari (aujourd’hui République cen- tuées aux fédérations régionales présentes de son empreinte l’activité socio-écono- de la lutte contre le sida, via des échanges
trafricaine) – vont bientôt accéder à une jusqu’alors. Dans cet esprit, tous les deux mique du Congo. Et par-delà les contin- d’expériences entre les membres de
autonomie nouvelle, courte transition mois, un nouveau Comité des fédéra- gences économiques, ce sont aussi des l’Union sur leurs lieux de travail respec-
avant leur indépendance en août 1960. tions se réunit alternativement à Braz- initiatives de solidarité qu’elle entend tifs. Une autre manière de concrétiser le
C’est durant cette période charnière que zaville et Pointe-Noire, en présence des impulser, comme ce fut le cas récemment lien entre l’activité professionnelle et la
naît Unicongo, organisation patronale représentants des différentes fédérations. à l’endroit des victimes des explosions conscience citoyenne.
alors régie par la loi dite « de 1901 »*. Elle Une autre préoccupation d’une organisa- des entrepôts de munitions à Brazzaville
est l’héritière d’une section territoriale tion comme Unicongo concerne les ques- en mars 2012. Une volonté qui s’est tra- Une visibilité internationale
de l’Union patronale et interprofession- tions transversales qui peuvent intéresser duite par une participation financière, Au-delà du seul contexte congolais, la pré-
nelle qui existait déjà du temps de l’AEF. plusieurs fédérations à la fois. Pour favori- mais également par de nombreuses sence des entreprises implantées sur son
L’organisme va très vite prendre sa forme ser les échanges entre elles, l’Union a éga- contributions initiées par les membres de sol nécessite de faire entendre leur voix en
actuelle autour de sa vocation première : lement mis en place en cette année 2012 l’organisation. Autre domaine qui relève dehors des frontières du pays. Leur repré-
rassembler les principaux organismes pro- des commissions thématiques dont les de l’intérêt collectif : celui de la forma- sentativité est assurée par Unicongo, grâce
fessionnels qui participent à l’activité éco- ordres du jour sont à même de répondre tion professionnelle, vivier des forces notamment à l’adhésion à l’Organisation
nomique congolaise. Il faudra attendre le à ces problématiques partagées par les fé- vives dont les entreprises ont besoin pour africaine des employeurs (Organisation
début des années 1980 pour que l’Union dérations. De surcroît, à l’instar de ce qui soutenir leur développement. A cet égard, of Employers Business Africa), qui a pris la
connaisse une première restructuration, existe dans bon nombre d’organisations Unicongo s’est engagé dans un partena- suite de la Confédération panafricaine des
motivée notamment par un nombre crois- patronales, un Conseil d’administration, riat avec l’Office national de l’emploi et employeurs (CPE). De surcroît, l’Union
sant d’adhérents et la nécessité de s’adap- voué à se réunir tous les trimestres, s’est de la main-d’œuvre (Onemo) à propos est très impliquée dans le processus de
ter à des problématiques économiques substitué au Comité national qui existait du Programme emploi diplômé (PED). création d’une organisation faîtière des
nouvelles. Puis c’est à nouveau au terme jusqu’alors. Autre initiative dans ce sens, son adhé- organisations patronales d’Afrique cen-
d’une double décennie, en 2003, qu’Uni- Par ailleurs, une organisation telle qu’Uni- sion au projet de Centre d’éducation de trale. Cette ouverture sur le monde est aussi
congo procède à une réforme de ses statuts congo tire sa légitimité de ses instances formation et d’apprentissage (Cefa) au- concrétisée via des partenariats comme
dans le dessein d’optimiser le fonctionne- élues. Dans le souci de permettre un meil- près du ministère de la Formation tech- celui qui se poursuit avec le Mouvement
ment et l’articulation des différentes fédé- leur suivi des programmes pluriannuels, nique, professionnelle, qualifiante et de des entreprises de France – Medef (lire
rations qui la composent. leur mandat a été fixé à trois ans, gage l’Emploi, avec le soutien de l’Agence p. 23) – mais aussi une participation active
d’une réelle continuité dans les politiques française de développement (AFD). à la Conférence internationale du travail et,
La recherche d’une meilleure mises en œuvre. Quant au secrétariat gé- Enfin, consciente des enjeux sanitaires, parallèlement, aux réunions de l’Organisa-
efficience au plan interne néral, il a été étoffé avec la nomination de Unicongo organise tous les ans, depuis tion internationale des employeurs. Dans
Unicongo est aujourd’hui un partenaire secrétaires généraux adjoints à Brazza- 2011, la Journée internationale pour la une économie-monde en mutation, cette
incontournable au sein de l’activité éco- ville et Pointe-Noire. Toutes ces mesures santé et la sécurité au travail. L’occa- présence sur la scène internationale a valeur
nomique congolaise. Mais dans le but de ont répondu aux attentes des membres et sion de passer en revue des thématiques de témoignage : celui d’un entrepreneuriat
renforcer cette assise, l’année passée a été de leurs fédérations puisqu’une vingtaine aussi diverses que la sécurité routière, la congolais qui fait figure de premier levier
22 congo économie - N°1 - août 2013 Dossier

pour atteindre les objectifs d’émergence que Unicongo et ses adhérents leurs tout autant les entreprises adhérentes
s’est fixés le pays à l’horizon 2025. que des investisseurs potentiels désireux

De l’intention
de s’implanter localement, qui y trouvent
* Toujours en vigueur en France, la loi du là matière à conforter leur démarche. Par
1er juillet 1901 concerne les associations ailleurs les quelque deux cent cinquante
dont les activités sont à but non lucratif. membres d’Unicongo retrouvent dans cette
organisation un lieu précieux de rencontre,

à l’action
Jean-Pierre Pont d’échange et de partage d’informations qui
permet de transmettre son expérience, ses
réussites comme ses difficultés. Car paral-
Un engagement en lèlement à la nature implacable des bilans
faveur de la traçabilité économiques, il est toujours bon de savoir
sur qui compter en cas de besoin…
L’exploitation illégale des forêts, phéno- Comment l’organisation patronale traduit-elle en Jean-Pierre Pont
mène largement répandu, constitue une
des causes de la dégradation des patri- actes ses engagements envers ses adhérents ? Tour
moines forestiers et de la déforestation, d’horizon de ses axes de travail et des prestations
engendrant notamment un commerce de
bois illégal, estimé au niveau mondial à
qui justifient la confiance que les sociétés portent Pouvoir s’informer
plusieurs dizaines de milliards d’euros par en elle. et échanger
an. Mis en place par l’Union européenne,
le plan d’action Flegt (acronyme anglais Le bon sens, pour tout entrepreneur, l’Etat congolais (Comité national consul- Les ressources documentaires
pour « Applications des réglementations consiste à évaluer la somme des besoins tatif du travail, présidence du conseil dont dispose Unicongo, à Brazza-
forestières, gouvernance et échanges de la structure qu’il dirige. Ainsi, les as- d’administration de la Caisse nationale de ville comme à Pointe-Noire, font
commerciaux ») tend justement à lutter pects législatifs et réglementaires figurent Sécurité sociale, Tribunal du travail et du partie des ressources les plus im-
contre l’exploitation illégale des forêts au premier plan des préoccupations des commerce, Office national de l’emploi et portantes du pays. Les adhérents
et le commerce illégal du bois. Unicon- chefs d’entreprise. La plupart d’entre eux de la main-d’œuvre…). peuvent y consulter de nombreux
go a souhaité soutenir ce processus en ont bien compris l’atout que constituait Reste la relation directe avec les entre- articles et revues de presse, mais
concevant un projet d’appui à la « mise leur adhésion à l’Union patronale et inter- prises adhérentes. Un rapport de confiance aussi une très large documentation
en conformité du système de traçabilité professionnelle du Congo, dont la légiti- qui passe par la capacité d’écoute et de relative aux différents textes légis-
de l’entreprise ». Cette démarche est sou- mité lui permet en effet d’être acteur de dialogue afin de saisir au mieux la nature latifs et réglementaires nationaux,
tenue financièrement par le Programme cet environnement réglementaire, que ce de leurs besoins. Or, la diversité des de- mais également communautaires
d’appui ACP-Flegt de l’Organisation des soit en matière de législation du travail mandes émanant des adhérents suppose de qui peuvent concerner les entrepre-
Nations unies pour l’alimentation et l’agri- (évolution du Code du travail, négocia- pouvoir s’appuyer sur un réseau de profes- neurs, ou encore l’ensemble des
culture (FAO). Deux volets clés constituent tions des conventions collectives, harmo- sionnels capable d’apporter des réponses documents internes de l’Union. Par
l’armature de ce projet : le système de nisation du droit des affaires, etc.) ou pour concrètes, sur le plan juridique ou en ma- ailleurs il est possible d’accéder à
traçabilité de l’entreprise, ainsi que la pro- sa capacité à mobiliser ses partenaires – tière de contentieux administratif. Cette des salles de réunion*.
duction et le contrôle des données liées pouvoirs publics, organismes paritaires ou expertise découle d’une veille quotidienne Pour tout renseignement :
à ces enjeux de traçabilité. Trois phases leaders d’opinion. vis-à-vis de l’actualité législative, mais www.unicogo.org puis onglet « nos
successives concourent à sa réalisation Fort de sa légitimité, l’Union dispose éga- également de compétences avérées dans services ».
effective : une phase de diagnostic des lement de cette capacité de défense des le domaine des études économiques ou J.-P. P.
pratiques de traçabilité existantes et la intérêts d’une entreprise, que ce soit au fiscales. Cet atout considérable sert d’ail-
définition d’un cahier de charge adapté à niveau d’éventuels contentieux avec les
chaque entreprise ; une phase de mise en administrations publiques, ou encore en
œuvre de la traçabilité auprès de chaque interne, via un rôle de conseil dans le cas Des valeurs ancrées dans une charte éthique
entreprise pilote ; une phase de contrôle d’une entreprise soumise à des probléma-
de la conformité de la traçabilité de tiques de conflit avec son personnel.
l’entreprise à travers des audits internes Unicongo est engagée dans une • Respect de la libre concurrence.
réalisés selon une grille d’audit spécifi- Une expertise avérée charte éthique qui détermine les • Rejet de la corruption et des pra-
quement établie à cet effet. Par la suite, Cette légitimité est confortée par une pré- contours de son engagement auprès tiques frauduleuses.
deux ateliers d’échange d’information et sence constante au sein d’organisme inter- de ses entreprises adhérentes : • Prise en compte de l’environnement
de restitution permettront de transmettre nationaux, qu’ils soient sous-régionaux naturel et de la culture spécifique de
l’expérience acquise auprès des entre- (Cemac, Union des patronats d’Afrique • Protection et défense des intérêts la République du Congo.
prises et les acteurs institutionnels et éco- centrale…) ou bien au-delà (Organisation des adhérents dans le respect des lois • Adhésion aux principes de la
nomiques du pays. Les trois entreprises internationale des employeurs, Bureau en vigueur au Congo. Déclaration universelle des droits de
pilotes participant au projet sont Eucalyp- international du travail…). Une repré- • Interdiction de se prévaloir de son l’homme de décembre 1948.
tus Fibre Congo, Foralac et Trabec. sentativité que l’on retrouve également appartenance à Unicongo dans les • Adhésion aux principes des conven-
J.-P. P. au niveau des différents organismes ou débats politiques. tions internationales du travail.
commissions relevant des compétences de

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Dossier congo économie - N°1 - août 2013 23

Rapprochement Unicongo/Medef

Un partenariat
de raison
La France demeure le premier partenaire écono-
mique du Congo. Il était donc naturel que les repré-
sentants du patronat de ces deux pays renforcent
les liens entre leurs organisations respectives. Une
logique de réseau qui a également favorisé la signa-
ture d’une convention de formation avec la presti-
gieuse école HEC. Une manière de démontrer que
l’intérêt économique permet aussi de répondre à
des besoins plus vastes.

L
e Congo occupe une position straté- visite officielle en France du président
gique au sein de l’Afrique centrale. Denis Sassou N’Guesso. En février 2012,
Porte ouverte sur l’Océan, le port le chef de l’Etat avait ainsi été reçu par
en eau profonde de Pointe-Noire – le Medef International à Paris. Parmi les
boosté par les travaux de modernisation et dossiers abordés, on citera un accord pour
d’extension dont il fait l’objet – témoigne la protection réciproque des investisse-
des moyens que le pays souhaite dévelop- ments entre les deux pays. Puis c’est une
per pour asseoir sa place enviable de pays délégation de quarante-quatre personnes
de transit. D’autant que le développement représentant trente-deux entreprises fran- avec le Conseil français des investisseurs la ville côtière, à Oyo, dans la Cuvette, et à
du transport fluvial, la réhabilitation du çaises qui s’est rendue au Congo du 24 au en Afrique et la Compagnie française d’as- Ouesso, dans la partie nord du pays. Elles
chemin de fer Congo-Océan et l’essor des 27 septembre 2012. Des rencontres infor- surance pour le commerce extérieur. Puis sont destinées à offrir des conditions fis-
interconnexions routières nationales (corri- melles ont ainsi permis de favoriser les en avril dernier, M. Denis Sassou-N’Gues- cales et douanières exceptionnellement fa-
dor Brazzaville-Pointe Noire) et régionales échanges et les partenariats entre les entre- so, accompagné de plusieurs membres du vorables aux entreprises dans les secteurs
complètent ce dispositif, gages d’une vo- prises françaises et des entreprises locales gouvernement congolais, s’est à nouveau des mines, du pétrole, de l’agriculture, du
lonté affichée de jouer un rôle majeur dans ou étrangères implantées au Congo. entretenu avec le patronat français à l’insti- bois et des services », a pu souligner à cette
la sous-région, et même au-delà. Au terme de ces journées, le Medef Inter- gation du Medef International et d’Unicon- occasion le Président Sassou-N’Guesso.
De son côté, la France reste le premier national et Unicongo ont pu conclure un go. Pour l’occasion, l’assemblée était, entre Selon les observateurs, les investisseurs
partenaire économique du Congo avec partenariat renforcé portant sur le volet for- autres, constituée d’une centaine de chefs français seraient particulièrement sensibles
une présence estimée à près d’un tiers des mation puisqu’une convention a été signée d’entreprises françaises issus de différents aux opportunités d’investissement dans les
parts du marché congolais, tous secteurs à cette occasion avec la prestigieuse école secteurs, dans le dessein de les inciter à secteurs de l’agro-industrie et du pétrole,
confondus. Plus de 130 filiales et succur- parisienne HEC pour la création d’une investir au Congo. des transports et des télécommunications,
sales d’entreprises françaises sont pré- filière économique de formation continue L’occasion de souligner le souci du Congo ainsi que dans l’eau, l’électricité et le déve-
sentes dans le pays, et parmi les secteurs au Congo. Ce dossier avait été préparé d’améliorer son climat des affaires et de loppement urbain. Le rapprochement entre
clés de la présence française, celui du pé- en amont dès l’année précédente, via une favoriser l’installation des investisseurs le Medef International et Unicongo s’ins-
trole permet au groupe Total – l’un des huit rencontre entre SEM Rodolphe Adada, étrangers. Plusieurs mesures incitatives crit dans une logique de dynamisation des
opérateurs installés à Pointe-Noire – d’as- ministre du Développement industriel et de contenues dans la nouvelle loi des finances relations économiques et commerciales
surer près de 60% de la production à lui la Promotion du secteur privé, SEM Henri 2013 vont en effet dans ce sens, notamment entre la France et le Congo, dans l’intérêt,
seul. D’autres géants comme Air France Lopes, ambassadeur du Congo à Paris, et sur le plan de la fiscalité. « Trois zones éco- indéniable, des différentes parties.
et Bolloré Africa Logistics occupent éga- les responsables de l’institution parisienne. nomiques spéciales sont en cours de déve-
lement une place prépondérante dans les Selon les termes de cet accord de forma- loppement, respectivement à Pointe-Noire, Jean-Pierre Pont
transports et la logistique. En outre, le tion, le groupe HEC Paris développera un
Congo bénéficie d’un important potentiel programme sur mesure de renforcement
en ressources naturelles. Sans compter les des capacités managériales des agents de
perspectives d’exploitations pétrolières et l’administration congolaise afin de per- La voix du patronat français à l’international
de nouvelles activités minières qui sont mettre à cette administration de travailler
particulièrement prometteuses, et forcé- en confiance avec le secteur privé. Par ail-
ment attractives pour des investisseurs leurs, HEC a créé à Brazzaville et Pointe- Le Medef International est une structure qui dépend du Mouvement des entre-
potentiels. Pour la France, ces liens sont Noire deux HEC Executive Club destinés prises de France (Medef), organisation patronale créée en 1998 en remplacement
aussi une manière de conforter sa position aux chefs d’entreprises et aux cadres de de l’ancien Conseil national du patronat français (CNPF). Organisée par zones –
face à la concurrence accrue de l’empire différentes entreprises congolaises. intelligence économique, soutien des entreprises à l’exportation, etc. –, cette ins-
du Milieu, particulièrement dans le do- tance rassemble des entreprises françaises de toute taille et de tout secteur. Elle
maine des travaux liés aux infrastructures. Des mesures pour favoriser les met en relation les chefs d’entreprise français et les décideurs publics et privés
du monde entier, favorisant le développement international des entreprises fran-
investissements
Echanges économiques et Dans la dynamique de cet accord conclu çaises en s’appuyant sur son réseau à l’échelle planétaire. Chaque année, le Medef
retombées en termes de formation avec Medef International, en novembre International conduit à l’étranger des délégations de chefs d’entreprise français
Ce rapprochement entre les deux organi- 2012, une délégation d’Unicongo, conduite porteurs de projets concrets dans des pays ciblés afin de rencontrer des déci-
sations patronales a été favorisé par plu- par son président Christian Barros, a orga- deurs publics et privés de haut niveau, d’identifier des partenaires étrangers, et de
sieurs rencontres récentes, dont la toute nisé une nouvelle rencontre avec ses homo- prendre connaissance de l’environnement des affaires dans ces pays.
dernière a eu lieu en marge de la récente logues du patronat français, mais également J.-P P.
Ministère du Commerce et
ATOUTS
6
RAISONS
D’INVESTIR &
CONGO DE RÉUSSIR
UNE NATURE TRÈS ATTRACTIVE
Chers lecteurs,
A la lecture de ce texte, vous allez L’ECO-TOURISME NATURELLEMENT
découvrir un nouvel espace De par la grande diversité de son environnement : ses reliefs, ses forêts, sa faune, son
hydrographie, son climat et sa façade maritime le Congo est propice au développement du
pour entreprendre, un grand
tourisme écologique et de la découverte.
marché en devenir, que Le pays dispose d’un potentiel de réserves naturelles et de biosphères : éléphants de forêts,
vous ne soupçonniez pas : grands singes et gorilles, buffles caffer, hippopotames, espèces rares de poissons et d’oiseaux,
LE CONGO-BRAZZAVILLE. de plantes.
En effet, depuis cinq ans le Certaines zones abritent des populations autochtones réputées pour leurs traditions ancestrales,
CONGO affiche, malgré la leurs rituels, leurs danses et leurs arts.
crise, un taux de croissance Encore faiblement exploité, le tourisme offre de réelles opportunités d’affaires : création
annuel moyen supérieur à 5%. d’agences de tourisme, construction d’établissements hôteliers et de restaurants,
Sous l’impulsion du Président de la aménagement et exploitation de sites, transports et location de voitures.
République, son Excellence Monsieur DENIS SASSOU DEVELOPPEMENT DURABLE
NGUESSO, le CONGO s’est engagé à booster l’industrialisation, Le développement durable est au cœur de la stratégie de développement du Congo. Des
potentialités existent dans le domaine de l’assainissement : exploitation et traitement des
la diversification et la modernisation de son économie.
déchets (industriels et hospitaliers), traitement des ordures ménagères, nettoyage industriel
La première étape de ce vaste projet a commencé avec la mise et assainissement des agglomérations.
en œuvre du Programme National de Développement 2012- La filière bois doit développer des technologies appropriées au renouvellement de la forêt et tous les
2016. secteurs industriels en expansion méritent un accompagnement écologique.
La construction des infrastructures et la mise en place des
mesures d’accompagnement pour la promotion du secteur CE QU’IL FAUT RETENIR
privé figurent parmi les grandes priorités du pays. Fort de ces • Des parcs et réserves à développer
atouts et des effets déjà visibles de cette politique volontariste, • Un éco-tourisme embryonnaire à mettre en valeur
• Un accompagnement écologique du développement
le CONGO ambitionne d’accéder au niveau de pays émergent
à l’horizon 2025.
Le Congo a besoin de votre savoir-faire et vous invite à venir
participer au renforcement de cette dynamique dans le cadre
DES RESSOURCES D’EXCEPTION !
d’un partenariat « gagnant-gagnant ». PETROLE : 40 ANS DE RESERVES
Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Mouyondzi, Sibiti, 4ème pays producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, le Congo a augmenté sa production
Oyo, Ouesso, Impfondo… bref, tout le Congo vous attend. de 9,7% en 2012, soit 15 millions de tonnes. Les réserves sont estimées à 6 milliards de
Je vous souhaite, d’ores et déjà, une chaleureuse et cordiale barils, soit 40 ans d’exploitation au rythme de production actuelle. Le Congo a besoin de
développer dans ce secteur de nouvelles unités industrielles et commerciales.
bienvenue en terre congolaise.
BOIS : 2e SECTEUR D’ACTIVITE
Le bois constitue le second secteur d’activité du Congo, avec des réserves forestières
évaluées à 22 millions d’hectares, soit 65% du territoire. 15 millions d’hectares de ces
réserves forestières sont éligibles à la production.
La production annuelle de bois est d’environ à 850 000 m3. Elle pourrait atteindre 2 millions
de m3 par an. Le potentiel ligneux total du Congo est estimé à 567 millions de m3 en volume
brut exploitable.
GAZ A VALORISER
Le Congo dispose de réserves de gaz partiellement mises en valeur estimées à
62 milliards de m3 associés au pétrole et 38 milliards de m3 de gaz naturel. Ce secteur
présente des réelles opportunités dans la prospection, l’extraction, la transformation et la
LES CHIFFRES CLEFS DU CONGO (2012) distribution.
Superficie : 342 000 km2 Littoral : 170 km sur l’océan Atlantique MINES A EXPLOITER
Population : 4 .077.000 habitants (2011) P.I.B/hab : $ 4000 Le sous-sol est riche en minerais solides : potasse, phosphate, zinc, cuivre, manganèse, or,
Capitale politique : Brazzaville Taux de croissance : 5,6% (2011)
argent, diamant et en particulier le fer dont la teneur se situe entre 45 et 60%. Des cartes des
Capitale économique : Pointe Noire Taux d’inflation : 4% (FMI)
ressources minières sont disponibles.
Régime politique : Présidentiel Monnaie : Franc CFA (zone franc)
(existence d’une Assemblée nationale
et d’un Sénat)
Communauté économiques régionales :
CEMAC, CEEAC
CE QU’IL FAUT RETENIR
Chef de l’Etat : Denis SASSOU-NGUESSO Pays limitrophes : Angola, Gabon,
• D’importantes réserves pétrolières Off-Shore et On-shore
Langue officielle : Français Cameroun, République Centrafricaine, • 15 millions d’hectares de forêt à exploiter
Principales langues vernaculaires : République Démocratique du Congo. • Des réserves de Gaz partiellement exploitées
Lingala, Kituba • Des cartes minières disponibles

www.ministere-commerce.cg
des Approvisionnements
UNE STABILITE INSTITUTIONNELLE POUR EN SAVOIR PLUS
La République du Congo est une démocratie parlementaire et un Etat de Droit stable. Le Textes législatifs : www.congo-site.com
multipartisme, les libertés individuelles, la liberté de la presse, la liberté d’association et
les libertés syndicales sont consacrés par la Constitution. AMELIORATION DU CLIMAT DES AFFAIRES
• Création d’une Agence pour la Promotion des Investissements,
UN CADRE LEGISLATIF INCITATIF • Simplification des procédures administratives de création d’entreprises,
De nombreux textes législatifs encouragent l’investissement au Congo (charte des • Réduction du poids de la fiscalité et de la parafiscalité,
investissements, code des hydrocarbures, code minier, code forestier, code des marchés • Développement des mécanismes d’appui financier et non financier aux TPE/PME/PMI,
publics, etc). • Sécurisation et facilitation de l’accès au foncier,
Le code du travail congolais donne la possibilité aux investisseurs d’adapter leurs politiques • Sécurisation de l’environnement judiciaire et juridique des entreprises, avec la mise en
d’embauche et de licenciement à l’activité économique et à la conjoncture. place d’un Centre de Médiation et d’Arbitrage,
La création d’entreprise se fait désormais en 48h, auprès d’un guichet unique. • Facilitation de l’accès des PME aux marchés publics,
Une Agence de promotion des Investissements accompagne et assiste les investisseurs • Adaptation de la formation professionnelle aux besoins des entreprises,
depuis 2013. • Facilitation de l’implantation d’entreprises à vocation exportatrice avec l’aménagement
DES RESSOURCES HUMAINES RICHES de zones économiques spéciales,
La population congolaise est estimée à 4 ,4 millions d’habitants. Elle est urbaine à 62%, • Développement des infrastructures routières, énergétiques, aéroportuaires, fluviales,
jeune à plus de 50%, scolarisé à 82%. C’est un potentiel de main d’oeuvre disponible et apte maritimes et ferroviaires.
à s’approprier les nouvelles technologies.

PERSPECTIVES DE L’OR BLEU INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS


EAU ET ENERGIES : L’AVENIR PRIORITE AUX TRANSPORTS
Le Congo est en phase de reconstruction de ses infrastructures énergétiques de base : Le développement du domaine des infrastructures de transport est prioritaire en ce
l’objectif est de doubler d’ici 2015 l’accès au réseau électrique et d’atteindre alors une qu’il permet au Congo Brazzaville de tirer meilleur avantage de sa vocation de « pays
couverture de 90% du pays. de transit », porte d’entrée de la sous-région afrique centrale.
Un potentiel hydroélectrique national Transport routier :
Il est estimé à 14.000 MW, dont 6% sont disponibles aujourd’hui. C’est donc un secteur Sur 8 000 km de liaisons terrestres, 15 % sont bitumés. Le développement de ce
prioritaire d’investissement. Le nouveau Code de l’Electricité favorise le recours à secteur est donc l’une des priorités de l’Etat congolais. Il s’agit d’un marché diversifié
l’initiative privée : équipements de haute technologie, maintenance et sous-traitance et ouvert. Il couvre la construction, l’équipement, les services et l’entretien des réseaux
spécialisée sont attendus par des centrales hydroélectriques ou à gaz. interurbains.
Des ouvrages d’art à réaliser Transport fluvial :
La construction de microcentrales électriques à base d’énergie solaire ou éolienne, ou Le fleuve Congo est essentiel au transport de marchandises entre Brazzaville, le Nord
encore à base de bio-carburants est une autre des attentes du Congo, tout comme le du pays, la République Centrafricaine et la République Démocratique du Congo. Ce
transport et la distribution de l’électricité. dernier constitue la seule alternative à la route sur l’axe Congo-Brazzaville/République
Le domaine de l’eau Centrafricaine. Le transport fluvial présente de nombreuses potentialités
Il offre lui aussi des opportunités notamment en termes de traitement, d’investissements.
d’assainissement et de distribution d’eau. Nul n’ignore que le bassin du Congo est à Transport Aérien :
l’avenir une réserve précieuse pour la planète qui ouvre des perspectives d’innovation Le secteur aérien offre la possibilité d’exploiter des lignes nationales et sous
technologique. régionales. Le Congo a entrepris la construction d’aéroports nationaux et
internationaux à l’image de l’aéroport international Maya Maya. Le Congo ambitionne
CE QU’IL FAUT RETENIR d’être un hub central de la sous région. La gestion de ces nouvelles infrastructures
• Objectif 90% de couverture du Congo en Energie en 2015 crée des besoins en maintenance, en management et en formation notamment dans
• 94% du potentiel électrique à exploiter les différents métiers du transport aérien.
• Le bassin hydraulique du Congo : réserve d’eau de la planète Transport ferroviaire :
Le chemin de fer Congo-Océan (CFCO) est une double ligne ferroviaire longue de
886 km. Il constitue l’un des poumons économiques du pays. Le secteur est en phase
de modernisation et présente de réelles opportunités, notamment dans le domaine de
AGRO-INDUSTRIE ET PECHERIE la logistique ferroviaire.
C’est un enjeu majeur du Congo qui doit retrouver des niveaux de production Transport Maritime :
qu’il avait déja atteint par le passé. Ainsi, autosuffisance et exportation A mi-chemin entre Le Cap en Afrique du Sud et Dakar au Sénégal, le Port Autonome
amélioreraient la balance des paiements du Congo. de Pointe-Noire a pour ambition de devenir le « hub » de la sous-région. Il est le seul
port en eau profonde de la région susceptible d’accueillir des bateaux de lourds
DES TERRES DISPONIBLES tonnages. Le port fait actuellement l’objet de lourds investissements pour sa
Avec 12 millions d’hectares de terres arables dont seulement 3% sont mis en
modernisation.
valeur, l’agriculture est un secteur à fort potentiel. La production et
l’exportation de produits de rente tels que le café, le cacao et le tabac CE QU’IL FAUT RETENIR
constituent d’importantes activités à relancer. • Des milliers de kilomètres de liaisons intérieures à construire et de pistes rurales
TRANSFORMATION ET DISTRIBUTION à aménager
En matière de pêche maritime et continentale, le Congo dispose d’un potentiel • Un réseau de voies de transport fluvial à rénover
annuel exploitable de l’ordre de 70 000 à 100 000 tonnes. Le pays importe • Un Chemin de fer à réhabiliter
chaque année pour plus de 100 milliards de FCFA de produits alimentaires • Un hub portuaire en eau profonde à développer
(légumes, viandes et poissons). Les opportunités s’avèrent innombrables tant
dans l’exploitation que dans la création de structures d’approvisionnement, de
stockage, de transformation ou de distribution commerciale des produits POUR RÉPONDRE À VOS QUESTIONS
halieutiques.
Ministère du Commerce et des Approvisionnements
CE QU’IL FAUT RETENIR Tour Nambemba - 23ème étage - BP 2965 Brazzaville
• Atteindre l’autosuffisance alimentaire
• Développer les cultures de rentes
Tél : (00242) 222 81 58 29 - Fax : (00242) 222 81 50 56
• Créer des unités de transformation Email : minicomcongo@yahoo.fr
• Accroître la production agricole et halieutique et mettre en place les
structures de stockage et de distribution
• Développer la pêche continentale et maritime
26 congo économie - N°1 - août 2013 Dossier
Dossier congo économie - N°1 - août 2013 27

Entretien avec

Christian Barros, président d’Unicongo

« Les possibilités
d’investissement
sont nombreuses »
Christian Barros préside aux destinées d’Unicongo de-
puis 2003. Sous sa houlette, le syndicat patronal congo-
lais s’est inscrit dans une dynamique nouvelle, illustrée
notamment par la création récente de la Fédération des
mines solides. Acteur particulièrement impliqué dans
l’essor de l’économie congolaise, il fait le point sur les
grands chantiers en cours et sur les objectifs
de l’organisation qu’il dirige.

Quelle est la part des trième producteur de pétrole en Afrique en crise depuis de nombreuses années.
PME au sein des ad- subsaharienne. Au-delà, la position du Comme vous le voyez, les possibilités
hérents de l’Union ? Port autonome de Pointe-Noire (PAPN) d’investissement sont nombreuses.
Les PME constituent est également cruciale dans le déve-
l’essentiel de nos loppement du pays, ainsi que la mise Toutefois, y a-t-il des « cibles » qui vous
adhérents, aux côtés, en route d’une véritable « autoroute de semblent prioritaires en termes d’inves-
bien sûr, des « majors l’énergie », avec notamment la centrale tissement ?
» telles que Total E&P à gaz de Djeno, le barrage hydro-élec- Parmi les opportunités d’avenir, outre
Congo, ENI Congo, trique de Moukoukoulou et d’Imboulou, le pétrole, le secteur minier recèle aus-
Congorep, Spie Oil la centrale à fuel de Brazzaville, la créa- si un très fort potentiel, tout comme le
& Gas, Dietsmann, tion de nombreuses secteur agricole.
SDV, Congo Termi- lignes à haute ten- Néanmoins, l’un
nal, Brasco, Socofran, etc. 95% des so- sion, la réhabili- des plus gros atouts
M. le Président, pouvez-vous revenir sur ciétés formelles font partie de l’Union. tation des réseaux « L’existence d’Unicongo du pays me semble
le contexte de la création d’Unicongo et de distribution à démontre la pérennité de tout de même repo-
les raisons qui avaient justifié son avène- Sur le plan administratif, quels sont les Pointe-Noire, Braz- ser sur le Port auto-
ment ? principaux écueils pour qui voudrait zaville, Dolisie… Il notre organisation, tout au nome de Pointe-
Unicongo a été créé en 1958. Dans le créer une entreprise au Congo ? convient également long de l’histoire de la Noire, qui a réalisé
contexte de l’époque – à un moment où Le Centre de formalités des entreprises de souligner un pro- de très gros inves-
les territoires qui composaient l’Afrique (CFE) – qui est un organisme d’Etat – est gramme d’investis-
République du Congo. » tissements et qui en
équatoriale française allaient accéder à un guichet unique chargé de faciliter l’ins- sement très impor- prévoit d’autres. Il
l’autonomie puis, peu de temps après, tallation des sociétés qui souhaiteraient tant au niveau du a vocation à devenir
à l’indépendance –, un certain nombre s’implanter au Congo. Cependant, Uni- secteur routier (routes du Nord, Pointe- sous peu l’un des tout premiers ports
de PME/PMI implantées au Congo et congo propose à ses adhérents, ou à ses Noire/Brazzaville, ainsi que la réfection d’Afrique centrale et de l’Ouest, avec
filiales de groupe français (Davum, futurs adhérents, une aide spécifique afin de nombreuses pistes intermédiaires). 1 million de containers dans quelques
Bernabe,Tractafric, Elf, Brossette, etc.) d’accompagner leur installation au Congo. D’autre part, la rénovation du chemin années.
avaient décidé de se regrouper pour la de fer Congo-Océan (CFCO), en cours
défense de leurs intérêts vis-à-vis de Qu’aimeriez-vous dire à des investisseurs de réalisation, est un chantier important L’Union est-elle engagée au niveau de la
l’administration française dans un pre- étrangers qui hésiteraient à investir au qui nécessite de gros investissements. formation des compétences sur le plan
mier temps, puis de l’Etat congolais Congo ? Le secteur minier n’est pas en reste et local ?
par la suite. L’existence d’Unicongo Actuellement, le pays est potentielle- fait l’objet d’un très fort développement Nous sommes effectivement très enga-
démontre ainsi la pérennité de notre ins- ment très attractif, et tous les secteurs (fer, phosphate, multi-métaux…). Enfin, gés sur ce plan grâce à une collabora-
titution, tout au long de l’histoire de la d’activité peuvent être envisagés. L’ac- l’agriculture est appelée à devenir un sec- tion étroite avec l’Agence française de
République du Congo. Je dois cependant tivité pétrolière est très soutenue, ren- teur clé de l’économie congolaise, sans développement (AFD) et sur le Centre
préciser, pour lever toute ambiguïté, que forcée notamment par la mise en exploi- oublier le secteur forestier, fortement d’éducation de formation et d’apprentis-
toutes les nationalités sont les bienve- tation du gisement de Moho-Nord, par engagé dans la transformation indus- sage (Cefa) de Pointe-Noire et de Braz-
nues parmi nos sociétés adhérentes. Total E&P Congo. Le Congo est le qua- trielle du bois, bien que structurellement zaville. Unicongo est aussi impliqué
28 congo économie - N°1 - août 2013 Dossier

financièrement auprès de l’Association analyse


Pointe-Noire industrielle (Apni) et col-

Quelles perspectives
labore avec l’Institut supérieur de tech-
nologie d’Afrique centrale (Istac). Par
ailleurs, nous souhaitons créer d’autres
Cefa dans les années à venir afin d’aider
nos adhérents à recruter du personnel
technique congolais qualifié.

économiques en 2013 ?

Quels sont les chantiers prioritaires


d’Unicongo a court, moyen et long
terme ?
A court terme, la priorité est la mise en
place complète et définitive des nouveaux
statuts (notamment sur la réorganisation
administrative et humaine de Brazzaville
et Pointe-Noire). La mise en route de la vi-
sioconférence, indispensable au dialogue
entre les cités, s’inscrit également dans
ces objectifs prioritaires. A moyen terme, Déclinée par secteur d’activité, nous vous propo- Services et professions libérales
nous souhaitons collaborer encore plus Le secteur tertiaire est le deuxième sec-
efficacement avec l’Etat et ses services au sons une analyse de l’activité économique congo- teur de l’économie congolaise. Il repré-
travers de plusieurs canaux tels que le Haut laise. Un panorama qui doit beaucoup aux sociétés sente 18% du PIB. Ce secteur englobe
Conseil de dialogue public-privé (HC- adhérentes d’Unicongo, leviers de la croissance tout service effectué par des tiers exer-
DPP) ou les commissions économiques de çant des métiers à caractère libéral.
l’Assemblée nationale et du Sénat. Puis, à économique du pays. La fédération Services et Professions
long terme… ce sera la tâche de mes suc- libérales compte trente-neuf adhérents
cesseurs ! Attelons-nous d’abord aux pro- La croissance du PIB réel au Congo de- Pétrole exerçant dans les secteurs suivants : ju-
blématiques auxquelles nous devrons faire vrait atteindre 5.1% en 2013 et 5.3% en La croissance économique du Congo ridique (avocats, notaires) ; prestations
face dans des échéances proches. 2014 contre 4.9% en 2012. Mais cette reste dominée par le secteur pétrolier qui de service ; santé, audit-comptabilité,
croissance relativement satisfaisante contribue à 70% du PIB nominal et 90% fiscalité.
Propos recueillis devra également se mesurer à l’aune des des exportations. La prédominance pé- Source : Document stratégique 2013-2017.
par Jean-Pierre
Pont perspectives de l’économie mondiale. En trolière rend l’économie vulnérable aux
effet, si, en dehors du pétrole, le Congo chocs externes. Les découvertes, la mise Industries

Congo
dispose d’importantes ressources mi- en exploitation de nouveaux champs Le secteur de l’industrie représente
nières, forestières et gazières, ainsi que pétroliers et bien d’autres exploitations pour le Congo 7% du PIB. En dehors
d’un bon potentiel agricole, la structure laissent présager d’excellentes perspec- de l’industrie pétrolière, le pays pos-
de l’économie a, elle, peu évolué. Le tives et, éventuellement, un deuxième sède quelques industries alimentaires
programme d’investissements publics de boom pétrolier. La fédération Pétrole et de boissons, mais les industries de

&
l’Etat est plus que jamais nécessaire, non est composée de neuf sociétés exerçant transformation de matières premières
B usi n ess seulement pour diversifier l’économie du pour les uns dans l’exploitation et la sont à développer. Depuis 2010, le sec-
F i n a n ce S pays, mais aussi pour juguler une pauvre- production pétrolière, et pour d’autres teur semble être attractif avec l’arrivée
té touchant encore 44% d’une population dans la recherche et l’exploration. sur le territoire national de plusieurs
qui connaît, surtout chez les jeunes et les Source : Document stratégique 2013- investisseurs étrangers dont, récem-
femmes, un taux de chômage élevé. 2017 – www.tresor.economie.gouv.fr ment, une nouvelle industrie brassicole

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Dossier congo économie - N°1 - août 2013 29
100 sociétés influentes au Congo

BANQUES-ETABLISSEMENTS DE CREDIT-
ASSURANCES INDUSTRIE
ALLIANZ CONGO AIR LIQUIDE SCGI
BANQUE COMMERCIALE INTERNATIONALE MINES SOLIDES ALUCONGO
BGFIBANK CONGO CONGO IRON BOSCONGO
CREDIT DU CONGO CONGO MINING BRASSERIES DU CONGO
ECOBANK CONGO MPD CONGO CTIC
LA CONGOLAISE DE BANQUE MAG MINERAL POTASSES FRIEDLANDER
MUCODEC SOREMI GNCAC
NSIA CONGO / NSIA VIE MACC
SOCIETE GENERALE CONGO AGRI-FORETS MINOTERIE DU CONGO
GRAS SAVOYE TRABEC PREZIOSO CONGO
ASCOMA CIB COMMERCE RENCO
AGC & AGC VIE IFO BUROTEC SARIS / SOMDIAA
MOKABI CFAO CONGO SESI CONGO
LIKOUALA TIMBER CODISCO SIAT
TRANSPORT - TRANSIT EDVT SN PLASCO S.A
PANALPINA ELECTRA FOSELEV CONGO
AIR France GRASSET SPORAFRIC
AERCO BATIMENT & TRAVAUX PUBLICS LABOREX CONGO
GETMA CONGO BOUYGUES ENERGY PUMA INTERNATIONAL
MAERSK SCAB CONGO LEMAI CONGO /LEMAI SERVICES
OCEAN - EXPRESS SOCOFRAN CASINO
SDV CONGO SGE-C CONGO SEP
CONGO TERMINAL SVP CONSTRUCTION
SOCOTRANS TRACTAFRIC MOTORS Congo
TAC HOTELLERIE X-OIL CONGO SA
TRANSLO AZUR INTERNATIONAL ETS GUENIN
HOTEL VILLA MADIBA TOTAL CONGO
SODEXO CONGO ACS
SOGICO HOTEL ELAïS TPI
OLYMPIC PALACE
PETROLE
SEAS SERVICES SERVICES & PROFESSIONS LIBERALES
CHEVRON OVERSEAS
CABINET DELOITTE&TOUCH TOHMATSU
Groupe PERENCO
CLINIQUE GUENIN
ENI CONGO
PARAPETROLIERS ERNST&YOUNG (HELIOS)
MAUREL & PROM CONGO
CEGELEC GKM
MURPHY WEST AFRICA LTD
DIETSMANN NETCARE CONGO
TOTAL E&P CONGO
HALLIBURTON PRICE WATERHOUSE COOPERS
SAIPEM CABINET GOMES
Groupe SCHLUMBERGER
SPIE OIL & GAS SCES CONGO

et deux nouvelles cimenteries. Malgré inexistence des sociétés agricoles, soit Gouvernement congolais. Un vaste pro- trole, la transition vers l’économie verte
l’existence d’un potentiel en matières sept sociétés d’exploitation forestière et gramme de culture des terres laissées en pourrait nécessiter des investissements
premières, les activités industrielles une société de transformation du bois. jachère a été lancé en 2011-2012 avec substantiels et impliquer des coûts d’op-
sont confrontées à l’insuffisance des l’arrivée de nombreux agriculteurs sud- portunité importants pour des intérêts
infrastructures de base et aux problèmes Agriculture africains, à qui des terres cultivables puissants qui pourraient s’y opposer.
énergétiques. La fédération Industries Le sol congolais est fertile et se prête au ont été données en bail à ferme dans la Source : Document stratégique 2013-2017
regroupe en son sein trente-quatre entre- développement de l’agriculture indus- région du Niari.
prises exerçant dans des secteurs divers. trielle, même sans l’apport d’engrais Mines
Source : www.starducongo.org chimiques. Ce secteur est confronté à Forêt Le secteur minier au Congo est encore
de nombreuses contraintes – tant tech- L’importance de son couvert végétal, qui principalement en phase d’exploration.
Agri-forêt niques que matérielles –, seules 2% des représente 65% de son territoire géogra- Le développement du secteur des mines,
Le secteur primaire, représente 5% du terres arables sont cultivées et la pro- phique, offre au Congo un potentiel im- très attractif pour les investisseurs privés,
PIB. La faiblesse du secteur primaire duction se limite à une culture vivrière portant en matière de croissance verte. s’inscrit dans la politique de diversifica-
contraste avec l’importance des res- de subsistance. Afin de réduire la dépen- Le potentiel de production durable de la tion de l’économie congolaise. La fédéra-
sources naturelles du pays et explique dance alimentaire au Congo, de nom- filière bois pourrait atteindre cinq mil- tion Mines compte cinq adhérents exerçant
un potentiel peu valorisé pour la diversi- breuses mesures ont été prises pour sou- lions de mètres cubes si les infrastruc- dans le domaine minier. Le démarrage de
fication de l’économie et une croissance tenir ce secteur encore embryonnaire. tures étaient améliorées et la fiscalité ces projets est souvent très long en raison
inclusive. Parmi les sociétés qui repré- La promotion de la sécurité alimen- adaptée, ainsi que la production locale, des besoins particulièrement importants
sentent ce secteur au sein d’Unicongo, taire et la diversification de l’économie constituaient un atout important pour en financement et du rôle crucial des in-
on remarque l’existence des sociétés nationale par l’essor d’un secteur hors l’économie verte. Enfin, en raison de la frastructures pour les mener à bien. Il est
d’exploitation forestière et la quasi- pétrole constituent l’une des priorités du forte dépendance de l’économie du pé- à noter que 2013 verra le démarrage en
30 congo économie - N°1 - août 2013 Dossier

exploitation de trois projets, notamment le projet po- sements de crédits et Assurances au sein d’Unicongo bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), la plupart des
tasse de la société MagMinerals Potasses Congo, dont regroupe plusieurs sociétés, dont huit banques, deux indicateurs bancaires sont bien orientés.
les travaux de construction de l’usine vont démarrer, et sociétés de microfinance et sept sociétés d’assurance. Source : Perspective économique en Afrique 2012.
les deux projets de fer de Mayoko, conduits par Exxaro Au Congo, les professionnels estiment le marché de
et Elemental Minerals, qui prévoient d’entrer dans une l’assurance à près de 20 milliards FCFA (30,48 mil- Bâtiment et travaux publics (BTP)
première phase de production fin 2013. lions d’euros) hors risques pétroliers, soit près du Le secteur du BTP représente 8,3% du PIB grâce
double du chiffre de la République démocratique du aux investissements publics soutenus. Le secteur est
Banques, établissements de crédits & Congo (RDC) voisine. Le risque incendie-responsabi- représenté par vingt et une sociétés réunies autour
assurances lité civile-automobile (Irca) arrive en tête, avec plus d’une fédération au sein d’Unicongo. Ces sociétés
La restructuration du secteur bancaire, entamée depuis de 40% du total. Par ailleurs, le secteur de l’assurance évoluent dans plusieurs domaines : bâtiment, bureau
2000, s’est traduite par la privatisation des trois prin- dégage un chiffre d’affaires global suffisant pour atti- d’études, conseil et contrôle des travaux, génie civil,
cipales banques et le retour d’investisseurs étrangers. rer de grands assureurs européens, au moment où ces construction, adduction d’eau, réseaux d’énergie et
Aujourd’hui, le secteur bancaire est composé de six derniers ont tendance à se désengager de la plupart des hydraulique, électricité générale, terrassement, VRD
banques commerciales et quatre établissements finan- marchés de petite taille d’Afrique subsaharienne. Le et routes. A travers le programme de la municipalisa-
ciers ou de crédits. Il connaît un réel essor et attire de système financier est relativement solide et peu vulné- tion accélérée initié depuis l’année 2004 et la création
nouveaux opérateurs. La fédération Banque, Etablis- rable aux chocs à moyen terme. Selon la Commission de la Délégation générale des grands travaux (DGGT)
en 2002, le pays s’est engagé dans de grands chan-
tiers qui visent à aménager le territoire par des projets
d’envergure, et à le doter d’infrastructures modernes
(infrastructures portuaires et aéroportuaires, routes,
nouveaux édifices publics, infrastructures d’énergie
et de télécommunication, etc.). Avec ses 17 300 km
de routes, 5 000 km de réseau fluvial et 886 km de
voies ferrées, le Congo reste engagé dans le cadre des
grands travaux structurants de l’économie nationale.

Télécommunications
Dans le domaine de la téléphonie mobile, l’ouverture
du secteur, en 1997, a été salutaire car elle aura per-
mis d’améliorer la télédensité grâce à la téléphonie
mobile. Le taux de couverture maximum des réseaux
mobiles est de 95% de la population et 34% de la
surface du pays. Depuis juin 2009, le Gouverne-
ment a mis en place un centre de supervision et de
contrôle du trafic international entrant par un arrêté
conjoint n°1278 MPT-NTC/MFEB portant réglemen-
tation du trafic international téléphonique entrant au
Congo. La fédération Télécom & NTIC (Nouvelles
Technologies de l’information et de la communica-
tion) est composée de six sociétés : quatre sociétés
de téléphonie mobile et deux sociétés de prestations
informatiques. Contrairement à la téléphonie mobile,
l’accès aux Tics (Technologies de l’information et de
la communication), et plus particulièrement à inter-
net, est encore limité à une catégorie de la popula-
tion du fait des coûts excessifs des fournitures et des
prestations. Mais tous les autres indicateurs caracté-
risant le secteur sont en hausse. A titre d’exemple,
entre 2009 et 2010, le nombre de ménages possédant
un ordinateur était estimé à +43%, le nombre d’utili-
sateurs de l’internet sur 100 habitants à +40%, et le
nombre d’emplois créés dans le secteur TIC à +43%.
En ce qui concerne l’audiovisuel, d’énormes difficul-
tés existent, se traduisant par une faible couverture
nationale. Ce secteur d’activité se caractérise par la
vétusté des équipements de production et de diffu-
sion ; le faible niveau de qualification du personnel
technique et l’absence d’une banque de données sta-
tistiques. Le secteur compte encore très peu d’opéra-
teurs et souffre du manque d’entreprises de presse.
Source : Plan national de développement 2012-2016.

Hôtellerie
Le secteur hôtelier, l’une des composantes de l’activité
touristique, a été perçu comme un équipement de base
nécessaire au développement du tourisme ; une activité
économique très importante contribuant aux recettes
fiscales de l’Etat. Ce secteur a connu un développement
rapide au cours des années 1970. Parmi les jeunes fé-
dérations de l’Union, cette dernière comprend au sein
d’Unicongo neuf hôtels restaurants et trois restaurants.
Source : ouvrage sur le Congo : « eBIZ Guide »

Transport-transit
L’un des principaux défis du Congo porte sur l’amélio-
ration des réseaux de transport. C’est un préalable à la
diversification de l’économie, à côté de l’amélioration
de la distribution énergétique et du développement
des télécommunications. La dynamisation du sec-
teur maritime passe par le Port autonome de Pointe-
Noire (PAPN), plateforme des échanges fluviaux avec
l’Afrique centrale, et le Port autonome de Brazzaville
Dossier congo économie - N°1 - août 2013 33

et ports secondaires, entièrement à réno- renouvellement de l’équipement et du standards internationaux, la moyenne est congolais dans la sous-région. Le Congo
ver. Cette fédération au sein d’Unicongo personnel du CFCO, et à l’insuffisance de 10 min au lieu de 45 min). Par ailleurs, devra exploiter ses « atouts » en matière
compte 28 entreprises réparties dans du matériel de transport et de traction. les problèmes de navigabilité de certains de coopération régionale afin de mieux
différents secteurs cités ci-dessous : affluents du fleuve Congo ont provoqué tirer profit des opportunités régionales
- Transport aérien un détournement du transport du bois du considérables que lui offre sa position
- Domaine des routes et du transport Le Congo a réalisé un bond significatif Nord-Congo vers Douala, au Cameroun. en tant que « corridor » et frontière entre
routier dans la modernisation des aéroports in- Malgré les travaux de balisage (1 050 km l’Afrique Ouest/centrale, et celle de l’Est
Le réseau routier congolais compte 20 ternationaux de Brazzaville et de Pointe- en 2009 et 1 200 km en 2010) et de dra- Source : Plan national du développe-
925 km de routes, en grande partie for- Noire grâce à d’importants investisse- gage (210 000 m3 en 2009 et 233 000 m3 en ment 2012-2016, p. 145.
tement dégradées et seulement bitumées ments de réhabilitation et d’extension, 2010), l’insuffisance des investissements
à moins de 10,0% (1 976 km), y compris notamment avec la construction de la dans l’acquisition du matériel de manu- Commerce
les voiries urbaines. Le Gouvernement, nouvelle aérogare de l’aéroport Maya- tention, dans l’aménagement des quais et Selon le Doing Business 2013, le Congo
avec l’appui de la Délégation générale Maya de Brazzaville, la construction des entrepôts, ainsi que les faiblesses dans occupe la 183e place sur 185 pays et,
des grands travaux, a multiplié depuis d’une deuxième piste, la réhabilitation l’organisation du trafic constituent les d’après la Banque mondiale, le pays
les années 2000 des programmes de complète et l’extension de l’aéroport An- principales contraintes de ce sous-secteur. demeure un environnement hostile aux
bitumage et de réhabilitation du réseau tonio-Agostinho-Neto de Pointe-Noire. affaires. Selon l’indicateur, le coût à
routier. Ces efforts se sont intensifiés au Ces renforcements ont doté les deux - Transport maritime l’exportation (USD par conteneur) est de
cours de ces trois dernières années, avec principales villes du pays d’infrastruc- Le transport maritime enregistre des per- 3 818 dollars et les coûts à l’importation
des résultats encourageants. Plusieurs tures aéroportuaires leur permettant de formances remarquables au Port auto- (USD par conteneur) sont de 7 709 dol-
programmes de bitumage sont en cours devenir des « hubs » régionaux. En outre, nome de Pointe-Noire (PAPN), avec un lars. Enfin, les importations s’élèvent à 2,9
d’exécution (environ 1 500 km). le renforcement des infrastructures aéro- taux de fréquentation par les navires en milliards de dollars et les exportations à
portuaires, y compris les aéroports secon- constante augmentation (de 30% en 2009 8,2 milliards de dollars. Ces données sont
- Transport ferroviaire daires, réhabilités dans le cadre des pro- à 35% en 2010) et un taux d’embarque- largement contestées par le Gouvernement
Un effort important a été consenti par le grammes de municipalisation accélérée, ment et de débarquement de marchan- congolais qui a initié un vaste programme
Gouvernement pour renforcer les infras- s’est accompagné de changements im- dises croissant (de 35% en 2009 à 40% en de simplification des formalités (créa-
tructures de transport ferroviaire. En portants dans l’exploitation, avec la mise 2010). Le programme de renforcement tion d’entreprise, formalités douanières,
particulier, le Programme de réhabilita- en concession des aéroports de Brazza- des capacités du PAPN a permis de réha- transit et logistique) à travers la création
tion en équipements du Chemin de fer ville, de Pointe-Noire et d’Ollombo au biliter trois entrepôts de stockage. Les de guichets uniques, et par un vaste plan
Congo-Océan (CFCO), amorcé en 2007, profit de la société Aerco. grands travaux de réhabilitation en cours de communication visant à rassurer les
qui se poursuit avec des résultats tan- (accès, réseaux…) permettront de renfor- investisseurs internationaux sur l’attracti-
gibles. Cependant, l’irrégularité du tra- - Transport fluvial cer la fonctionnalité et la compétitivité de vité économique du Congo et la stabilité
fic et le niveau de service sur le réseau Des efforts ont été consentis par le Gou- ce port et d’en faire un « hub » régional. de son environnement juridique et fiscal.
ne permettent pas encore de garantir les vernement pour améliorer la navigabilité Une attention particulière doit être accor- La fédération Commerce est considérée
conditions d’une exploitation optimale. des eaux congolaises. Cependant, l’orga- dée aux questions du coût d’accès des po- comme la plus grande des douze fédéra-
Les raisons de ces contre-performances nisation du trafic n’a pas suivi ces efforts, pulations et des opérateurs économiques tions existant au sein d’Unicongo, car elle
sont, entre autres, liées au déficit d’en- notamment au port de Brazzaville où la aux services d’acconage, de transit et de regroupe quarante-trois sociétés exerçant
tretien de la voie ferrée sur certains tron- durée des formalités à l’arrivée des voya- logistique au regard des implications sur dans plusieurs domaines.
çons, au vieillissement et au retard de geurs reste relativement élevée (selon les la compétitivité de l’espace économique Source : Document stratégique 2013-2017.
34 congo économie - N°1 - août 2013 Dossier

Sensibilisation aux maladies professionnelles


et à la lutte contre le paludisme

La santé, une
priorité nationale
Unicongo, en partenariat avec Total E&P Congo, a organisé le 26 avril dernier,
28 avril – et la Journée mondiale de lutte
contre le paludisme. A cette occasion, la
représentante du directeur départemental
de la santé a mis en avant les progrès réa-
lisés, tant au niveau mondial qu’africain,
dans la lutte contre ce fléau. « Des progrès
la quatrième édition de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au majeurs ont été accomplis au cours des
dix dernières années dans le monde, dans
travail, à l’hôtel Elaïs. Retour sur cet événement. la lutte contre ce fléau selon l’organisa-
tion mondiale de la santé. Ainsi, depuis
Célébrée à Pointe-Noire depuis 2010, cette die professionnelle (lire aussi p. 6). Le et démonstrations autour de thèmes tels que l’an 2000 les taux de mortalité ont chuté
journée permet de réunir sur un même risque professionnel ne cesse de croître les bruits au poste de travail, l’équipement de plus de 25%, mais les efforts restent
site en moyenne une vingtaine d’entre- avec l’industrialisation croissante des pays de protection individuelle, les dangers des encore à fournir, dès lors que cette mala-
prises dont l’objectif est de promouvoir développés et en voie de développement. maladies radioactives, ou encore la réduc- die demeure la première cause de consul-
la culture de la sécurité de la santé au tra- Toujours selon les mêmes sources, le plus tion des risques d’accident sur les sites de tation et d’hospitalisation des enfants de
vail en mettant l’accent, notamment, sur la grand danger reste le risque de maladie pro- production d’une entreprise. 0 à 15 ans. » Des lots (T-shirt, casquettes,
prévention des accidents au travail et les fessionnelle avec un million sept cent mille calendrier, stylos, sac) ont récompensé les
maladies professionnelles. Réunissant pas personnes décédées des suites de maladies, Un jumelage avec la Journée visiteurs dans leur parcours, sans oublier
moins de vingt-quatre entreprises évoluant donnant un rapport de quatre décès du fait mondiale contre le paludisme la distribution de moustiquaires impré-
à Pointe-Noire et au Kouilou, réparties sous d’une maladie professionnelle contre un Le président de l’Union, Monsieur Chris- gnées au travers d’une tombola. Cet évé-
trente stands, cette quatrième édition a été décès pour les accidents du travail. tian Barros, s’est exprimé lors de son dis- nement a été l’occasion, pour une ving-
placée sous le thème de la prévention des Les maladies professionnelles les plus cours d’ouverture, en déclarant être « très taine d’élèves des classes de la 6e à la 3e
maladies professionnelles. Selon une esti- répandues sont les cancers, provoqués par fier de l’engagement et de la confiance que de l’école de la Bénédiction, située dans
mation du BIT (Bureau International du l’exposition à des substances dangereuses, nous ont témoignés les adhérents en nous le sixième arrondissement de la ville, à
Travail) et de l’OMS (Organisation Mon- les affections musculo-squelettiques, les accompagnant dans cette démarche ». La Ngoyo, de bénéficier des mêmes informa-
diale de la Santé), plus de deux millions maladies respiratoires, la perte de l’audition. particularité cette année a été le jumelage tions mises à la disposition du public.
de personnes meurent chaque année des Ainsi orienté, les organisateurs ont donc or- de la Journée mondiale de la sécurité et de
suites d’accidents du travail ou de mala- ganisé leurs expositions, conférences-débats la santé au travail – initialement célébré le Laetitia Bagamboula

Le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) Congo :


la modernisation pour l’améliorer l’offre de santé
Le CNTS est l’établissement de référence enmatière de sang Cette modernisation du CNTS est soutenue par le projet de Ce coût est supporté à 92% (63 000 FCFA) par l’Etat et
au Congo. Il a donc pour missions de garantir la sécurité du mise à niveau en cours avec Plasmaprime France, l’institut partenaires, et 8% (5000 FCFA) par la population. Cette
sang et dérivés, et d’assurer l’approvisionnement de transfusion sanguine (INTS) et Med Info. Il vise participation reste une charge importante compte tenu du
permanent et suffisantdesformationssanitairesenproduits l’instauration de la démarche qualité comme instrument de pouvoir d’achat des familles
sanguins. Sa contribution dans le système de soins de santé gestion l’informatisation du système transfusionnel pour Ce partenariat Etat – privé devrait permettre au CNTS
au Congo est méconnue. garantir la traçabilité des donneurs de sang et des produits d’intensifier ses actions de promotions du don de sang et de
Tout comme les autres secteurs de la santé, le CNTS est très sanguins, et le renforcement des capacités administratives et diversifier ses sources de financement afin de garantir la
affecté par l’insuffisance en personnel qualifié, l’obsolescence de gestion du personnel. Ce projet se déroule sur trois (03) pérennisation de la sécurité transfusionnelle sur toute
de son cadre règlementaire, les difficultés matérielles et ans, est ouvert à un partenariat privé – public pour son
l’étendue du territoire national, compte tenu de sa croissance
financières. La promotion du don de sang bénévole longtemps financement. Le secteur privé est également nécessaire pour
d’activités qui est de 20% depuis quatre (04) ans.
occultée s’impose désormais comme une activité la promotion du don de sang bénévole, véritables actions de
marketing, qui offrent une plateforme de visibilité, aussi bien En 2012 par exemple, le CNTS a reçu dans ces services
indispensable. L’une des conséquences directes de ce qui
précède, est la rupture fréquente en produits sanguins au CNTS qu’à ses éventuels partenaires. 52 851 donneurs de sang. 45 084 poches de sang sécurisé
Malgré ce constat, le CNTS, grâce à l’appui de l’Etat, qui Des actions de promotion du don de sang connaissent leur ont été distribuées à des malades. Grâce au don du sang, le
contribue à son budget annuel dispose de 26 sites de apogée dans le cadre du programme de municipalisation CNTS est proche des populations. Ainsi, il participe à la
transfusion sanguine (STS) sur toute l’étendue du territoire. accélérée des départements. sensibilisation sur toutes les mesures de santé et d’hygiène
Sa structure organique reste insuffisante, deux (02) centres Bien que le don de sang soit bénévole et gratuit, la préconisées par le Ministère de la santé. Sa participation à
interdépartementaux de transfusion sanguine (CIDTS) nord transfusion a un coût financier et il constitue un poids l’effort de développement par une bonne santé est
et sud, sont à prévoir, ainsi que d’autres STS pour un bonne économique pour la population. En effet, le traitement et la importante.
couverture nationale. Depuis 2009, 100% des dons de sang production des dérivés sanguins sécurisés ont été estimés, • Calendrier des collectes de sang du mois d’août ;
sont testés pour les quatre marqueurs (VIH, hépatites B et il y a une quinzaine d’année à 68 000 FCFA la poche de sang. • Djambala, pendant l’hôpital de campagne des forces
C, syphilis) exigés par l’OMS armées congolaises ;
Le budget d’investissement alloué par l’Etat permet au CNTS • Brazzaville : 04/08/2013, églises St Marie Vianney et
de poursuivre son programme de modernisation. Aussi, des évangélique de ouénzé; 11/08/2013, églises Ste Trinité
appels d’offres ont été lancés pour la réhabilitation et Barrage et Ndona – Marie de Mfilou ; 18/08/2013, églises
l’équipement des STS. Au titre de l’année 2012, les STS St Pierre Claver Bacongo et Jésus Ressuscité Plateaux de
suivants ont été réhabilités et attendent d’être équipés:
15 ans ; 25/08/2013, églises Notre Dame des Apôtres et
l’hôpital central des armées, l’hôpital de base de Bacongo, la
St Paul de Madibou ;
clinique Leyono (Brazzaville) et l’hôpital de base de Mindouli
• Pointe – Noire: du lundi au vendredi de 07h30 à 16h00 et
(Pool). En 2013 sont à réhabiliter et à équiper les STS de: Ngo
et Gamboma (Plateaux); Ngabé (Pool); Boundji (Cuvette); les samedis de 08h à 14h00 au STS A. Sicé et Tié-Tié ;
Etoumbi et Ewo (Cuvette – Ouest); A. Sicé et Tié – Tié à • Partout ailleurs, collectes fixes dans tous les STS de 07h30
Remise de diplômes aux donneurs de sang par la Directrice Générale à 14h00 ;
(Pointe-noire). Le CNTS réalise ainsi, un effort de distribution Dr Amélia BOKILO - DZIA du CNTS le 14 juin 2013 à Djambala
de produits sanguins sécurisés en zones périphériques. • collectes spéciales à programmer.

Contact Direction Générale, Cité L. Pasteur Tél. : (00242)012230273 <file://localhost/Tel/(00242)012230273> BP : 432


Publié par Dr Amélia BOKILO - DZIA
35 congo économie - N°1 - août 2013 Dossier

Congo
389 av. Charles de Gaulle
BP 681 Pointe-Noire - Congo
Unicongo s'est aussi Tél : (+242) 06 656 56 56
mobilisé pour… (+242) 05 530 13 14
E-mail : congo@ascoma.com

MAI

Salon Entreprise Emploi du Congo (SEEC) Agence de Brazzaville


Sixième édition de ce Av. Sassou Nguesso
salon, les 7-8 mai à Immeuble Mucodec
Brazzaville, et 14-15 mai
Tél : (+242) 05 530 13 69

&
à Pointe-Noire. Confé-
E-mail : brazzaville@ascoma.com
rences et ateliers autour
B usi n ess
de trois thèmes : orientation, emploi et entreprise.
F i n a n ce S
Organisateur : AIDD (Association initiative d’aide www.ascoma-congo.com
au développement) avec le soutien d’Unicongo,
Total, Spie, Campus France.

Forum Green Business


Quatrième édition de ce
forum, du 28 au 30 mai
à Pointe-noire (Chambre
de commerce de Pointe-
noire). Conférences-dé-
bats sur le thème de
l’économie verte. En
marge, des rencontres B to B entre opérateurs
locaux du réseau Unicongo et une délégation com-
posée d’une vingtaine d’entreprises françaises
(CCI Ile-de-France, CCI Rouen…).

JUIN

Colloque Eau & Assainissement


Mission collective organisée
par Ubifrance Douala, le 19
juin 2013, à l’Institut fran-
çais de Brazzaville, en pré-
sence de l’ambassadeur de
France, du ministre congolais
de l’Energie et de l’Hydrau-
lique, et du directeur général de la SNDE. Pré-
sentations des projets en cours (PEEDU/Banque
mondiale, AFD, Veolia) suivies de rencontres B to B
entre entreprises françaises et opérateurs locaux.
Visite de la station d’eau potable de Djiri le 20 juin.

7e Caravane de partenariat marocaine


au Congo
Evénement organisée le 28
juin à l’hôtel Elais par Maroc
Export, en partenariat avec
Unicongo et la Chambre de
commerce de Pointe-Noire
(dernière édition en 2011).
Cérémonie d’ouverture pré-
sidée par le ministre maro-
cain du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles
Technologies, et la ministre congolaise du Com-
merce. Au programme, ateliers et rencontres B to
B multisectorielles entre entreprises marocaines
et congolaises.

JUILLET

Journées portes ouvertes Apni


A l’occasion des dix ans de
l’Association Pointe-Noire
industrielle (Apni), organi-
sation de journées portes
ouvertes les 12 et 13 juillet
à la Chambre de commerce
de Pointe-noire. Au pro-
gramme, conférences et tables rondes entre ac-
teurs de l’Apni et témoignages de PME du réseau
de l’association.
36 congo économie - N°1 - août 2013 Région

Les Plateaux fêtent


l’indépendance du pays
Située à 425 kilomètres de Brazzaville, la ville de
Djambala, chef-lieu du département des Plateaux,
abritera les festivités du 53e anniversaire de l’indé-
pendance de la République du Congo, le 15 août
2013. Découverte d’une région exceptionnelle qui
va profiter de la municipalisation accélérée pour
sortir de son enclavement.

Succédant à huit autres départements, mètres carrés, les Plateaux constituent


Djambala, en particulier, et les Pla- le quatrième département le plus étendu
teaux en général subissent une véritable du Congo derrière la Likouala (66 044
métamorphose avec les divers chan- kilomètres carrés), la Sangha (55 800
tiers de la municipalisation accélérée. kilomètres carrés), et la Cuvette (48
D’un coût estimatif de 438 milliards de 250 kilomètres carrés). La population
francs CFA, cet ambitieux programme des Plateaux a été évaluée par le dernier
de développement permettra au dépar- recensement général de la population et
tement des Plateaux de sortir de son de l’habitation de 2007 à 174 591 ha-
enclavement actuel. Les grands travaux bitants, soit 4,72% de la population du
dans ce département portent sur près de Congo, avec une densité au kilomètre
56 projets, et les projets dits préfecto- carré de 4,55 habitants. Le département
raux, au nombre de 199, sont relatifs à est sillonné par des grandes rivières : la
la construction et à l’aménagement des Léfini et l’Alina – qui le délimite par-
diverses infrastructures. tiellement des départements du Pool et
Limité au sud par les départements du de la Cuvette –, le fleuve Congo, qui sert
Pool et de la Lékoumou, à l’ouest par de frontière naturelle avec la RDC, la
la République gabonaise, au nord par les Nkéni, la Nkomo, la Mpama, la Louara,
départements de la Cuvette-Ouest et de l’Agnié et la Lékéti. A ce titre, il est qua-
la Cuvette, et à l’est par la République lifié de château d’eau du Congo. D’ail-
démocratique du Congo dont il est sé- leurs, l’Ogoouée, qui coule au Gabon, y
paré par le fleuve Congo, le département prend sa source.
des Plateaux est, sur le plan administra- Le relief du département est essentielle-
tif, composé de onze districts : Djamba- ment dominé par les plateaux Batékés,
la, Lékana, Gamboma, Abala, Allembé, étagés entre 600 et 860 mètres, avec
Makotipoko, Mbon, Mpouya, Ngo, Ol- des surfaces faiblement ondulées et des
lombo et Ongogni. vallées encaissées de 300 à 400 mètres,
découpés à l’ouest en hautes collines. Le
Un réseau hydrographique climat du département des Plateaux est
remarquable du type guinéen forestier ou bas-congo-
Avec une superficie de 38 400 kilo- lais, et caractérisé par une température
Région congo économie - N°1 - août 2013 37

élevée avec une variation de faible amplitude, une


pluviosité variant entre 1 400 mm et 2 200 mm, une
saison sèche de deux à quatre mois (entre juin et sep-
tembre).
Les températures moyennes annuelles sont plus
fraîches (moyenne annuelle inférieure à 23° C) à
cause de l’altitude. Les températures plus élevées
(autour de 25° C) se rencontrent dans les zones pé-
riphériques des plateaux (Mpouya, Gamboma…).
L’amplitude thermique est faible, avec de nombreux
jours de brouillard. Sur le plan de la végétation, la
plus grande partie des plateaux est couverte par des
savanes dont la monotonie n’est interrompue que par
des îlots forestiers d’étendue variable et des forêts
galeries.

Une économie agricole, avec un potentiel


touristique à valoriser
L’économie du département des Plateaux est exclu-
sivement basée sur l’agriculture, avec la culture du
manioc – partiellement transformé en foufou dont la
farine est fortement prisée comme aliment de base
dans les villes –, celle de l’oignon, de l’igname et de
la pomme de terre, malheureusement en déclin pour
cette dernière alors qu’elle est pourtant à l’origine
du mot « djambala » (dzambala en langue téké, qui
signifie « manger l’igname», sachant que la pomme
de terre est considérée comme une igname), du hari-
cot blanc et de fruits tels que le safou et l’avocat.
L’élevage dans les villages se limite aux petits rumi-
nants et à la volaille de basse-cour pour l’autocon-
sommation. Aucune agro-industrie n’existe dans le
département.
L’exploitation forestière se limite à une seule unité de
production de grumes et de sciage implantée à Abala.
Au niveau minier, en l’absence d’un inventaire ex-
haustif, le potentiel en ressources minérales du dé-
partement des Plateaux n’est pas identifié. Sur le plan
énergétique, l’hydrographie est un véritable atout
pour le département qui abrite le nouveau barrage
hydro-électrique d’Imboulou, implanté sur la Léfini,
à un peu plus de 200 kilomètres de Brazzaville, et
qui a une capacité installée de 120 mégawatts. Outre
la capitale, ce barrage dessert Ngo, Djambala, Gam-
boma, Ollombo et Mpouya dans le département et de
nombreuses localités dans les autres départements
limitrophes.
Le relief, l’hydrographie, les infrastructures de
transport – qui s’articulent autour de l’aéroport in-
ternational Denis Sassou-Nguesso d’Ollombo et de
la route nationale numéro 2, – sont autant d’atouts
pour le développement du tourisme, dont le poten-
tiel est indéniable. Le système financier est constitué
de deux agences bancaires et de plusieurs agences
de microfinance. Ainsi présenté, le département des
Plateaux possède un potentiel économique dont la
mise en valeur devrait être impulsée par la construc-
tion des infrastructures de base, qui constituent l’axe
fondamental de la municipalisation accélérée, et par
sa position géographique charnière, notamment pour
« le boulevard énergétique ».

Jean-Jacques Samba
38 congo économie - N°1 - août 2013 Pays

L’Afrique du Sud
à la croisée des chemins

Dotée de secteurs économiques traditionnellement forts comme les indus-


tries minières et l’agriculture, la première économie africaine peut aussi
s’appuyer sur un tertiaire performant. Toutefois, l’Afrique du Sud doit faire
face depuis plusieurs mois à une baisse de sa monnaie, le rand, et reste
marquée par les conflits sociaux qui ont éclaté l’an dernier dans les mines.

L
e pays arc-en-ciel aurait-il définiti- à l’instar de ces nations, l’Afrique du Sud mais d’un système de bus moderne digne et de platine du monde, avait cependant
vement résilié son image, autrefois s’est métamorphosée depuis ces dernières de ce nom. Le train express construit par la moins souffert que d’autres grâce à la soli-
cristallisée sur l’apartheid, le crime années. Conséquence, entre autres, du suc- société française Bouygues et exploité par dité de son secteur bancaire qui, en dépit
organisé, la violence urbaine et les cès du Mondial 2010 de football, les infras- RATP DEV (une filiale de la Régie auto- d’un certain ralentissement économique,
ravages du sida ? Et peut-on tabler sur la tructures des grandes villes sud-africaines nome des transports parisiens) relie désor- continue d’occuper le haut du classement
pérennité du grand bond en avant d’un pays ont été améliorées avec une capacité hôte- mais Johannesburg, la capitale économique des banques africaines.
qui fait partie du fameux groupe des pays lière augmentée, les principaux aéroports du pays, à sa capitale politique, Pretoria. La hiérarchie des banques sud-africaines
émergents, identifiés sous le doux acro- rénovés (Durban s’est ainsi vu dotée d’un C’est à long terme que le gouvernement n’a pas connu de révolution majeure,
nyme du Brics (avec le Brésil, la Russie, aéroport flambant neuf), les autoroutes réa- de Jacob Zuma – qu’il vient d’ailleurs de même si, en 2011, le leader du secteur,
l’Inde et la Chine) ? Une chose est sûre, ménagées… Johannesburg dispose désor- remanier pour la quatrième fois depuis son Standard Bank, est passé sous la barre
élection en tant que chef d’Etat en 2009 – symbolique des 200 milliards de dollars
compte rentabiliser toutes ces infrastruc- (environ 155 milliards d’euros) de total
tures et équipements publics chiffrés à 4 de bilan, qu’il avait franchie seulement
milliards d’euros, soit environ 2 624 mil- un an plus tôt. Un recul purement sta-
liards de francs CFA. Notamment en boos- tistique dû à la forte baisse de la mon-
tant le secteur du tourisme (la barre des 10 naie nationale, le rand. Standard Bank
millions de visiteurs avait déjà été franchie conforte donc sa pole position, avec un
dès 2010 conformément aux prévisions du total de bilan de 183,34 milliards de dol-
gouvernement) ainsi que les sacro-saints lars US (est. 2011). Dans son sillage,
investissements étrangers. Standard Bank of South Africa (100,91
milliards USD) Amalgamate Banks of
Un secteur bancaire qui demeure South Africa (96,62 milliards USD),
solide Nedbank Group (76,60 milliards USD)
A court terme, tous ces travaux liés ont et FirstRand Banking Group (75,74 mil-
déjà permis la relance économique après liards USD) maintiennent leurs positions.
les affres de la récession survenue en 2009, Au niveau du classement des assurances
la première depuis dix-sept ans. Entre en Afrique, les acteurs sud-africains du
2004 et 2007, la croissance s’était en effet secteur, Sanlam Old Mutual (filiale de la
maintenue à plus de 5% avant que le PIB compagnie britannique éponyme), Old
n’enregistre une baisse de 1,8%. Malgré les Mutual Life Assurance, Liberty Group
incertitudes de la demande internationale, et bien d’autres continuent de dominer
l’Afrique du Sud, premier producteur d’or nettement le marché continental. Mieux,
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40 congo économie - N°1 - août 2013 Pays

a ainsi été déprécié de plus de 16,5% depuis


le début de l’année 2013, amenant la devise
locale au niveau de 2009 – annus horibilis
–, avec pour conséquence une inflation liée
au coût de la facture pétrolière, et une pos-
sible répercussion sur le coût des transports
et de nombreux produits. Autre effet redou-
té, un phénomène d’aversion au risque de
la part des investisseurs étrangers, enclins à
rapatrier leurs fonds face cette conjoncture
difficile. Selon de nombreux observateurs,
ce sont les craintes du ralentissement de la
croissance en Chine, vers laquelle le pays
exporte nombre de ses matières premières
(les secteurs miniers contribuent à 60% des
recettes d’exportation) qui pèsent sur la
monnaie locale.
Autre écueil auquel est confrontée
l’Afrique du Sud, les problèmes sociaux
qui ont atteint leur point d’orgue à l’au-
tomne 2012, avec des grèves marquées par
de nombreux épisodes de violence dans le
secteur minier. Des mouvements de pro-
testation qui se sont étendus aux transports
routiers, avec d’importantes répercussions
sur le circuit de distribution du carburant.
En cause, les négociations infructueuses
autour d’un système de conventions col-
lectives et une hausse des salaires exigée
par les grévistes. Là aussi, ces événements
ont freiné l’appétit des investisseurs, dans
un pays qui dépend beaucoup des capitaux
Sanlam Old Mutual a décidé fin 2011 d’in- lions de dollars US. De quoi lui permettre Des problèmes monétaires et extérieurs pour financer son déficit courant.
vestir le potentiel considérable du mar- d’étendre son spectre commercial, mais sociaux Quelques mois après, on est également ten-
ché indien en acquérant 26% de Shriram aussi de créer des emplois conséquents, et En effet, malgré les deux fers de lance de té de faire le lien avec la situation que vit le
Capital, la branche des services financiers surtout de ramener des flux financiers qui son activité tertiaire, l’Afrique du Sud est Brésil, autre pays émergent, frappé par les
et d’assurance du groupe Shriram pour 2 pourraient être injectés dans l’économie confrontée à d’importantes difficultés, par- revendications de ceux qui s’estiment à la
milliards de rands, soit environ 275 mil- sud-africaine. ticulièrement sur le plan monétaire. Le rand remorque du train de la croissance.
Pays congo économie - N°1 - août 2013 41

Enfin, le spectre du chômage, concernant marbre. Les cinq pays qui composent le
25,2% de la population active au premier Brics (voir plus haut) sont d’ores et déjà
trimestre 2013 selon les chiffres officiels, confrontés à une baisse de leur crois-
pèse sur la croissance sud-africaine. Un sance. A titre d’exemple, début juillet,
chiffre d’ailleurs bien en dessous de la le Fonds monétaire international (FMI)
réalité si l’on prend en compte le grand prévoyait une hausse limitée des PIB
nombre de travailleurs non inscrits parmi russes et brésiliens, à 2,5%. Quant au
les demandeurs d’emplois. cabinet d’audit PriceWatherhousCoo-
pers, son denier rapport* soulignait que
L’éducation, pour affronter l’avenir si la Chine, les Etats-Unis et l’Inde al-
Ces problèmes d’accès à l’emploi ren- laient probablement constituer le trio de
voient à un enjeu essentiel pour l’avenir tête de l’économie mondiale à l’horizon
de l’Afrique du Sud. Celui de l’éduca- 2050, les autres pays dits aujourd’hui «
tion et de la formation professionnelle, émergents »seraient confrontés à d’im-
en particulier pour la majorité noire du menses défis pour conforter leur crois-
pays, sachant que le principal problème sance. D’autant que de nouveaux venus
de l’économie locale est l’absence de la comme la Turquie – déjà surnommée le
main-d’œuvre suffisamment qualifiée. Tigre du Proche-Orient –,l’Indonésie,
Au-delà de cette réalité sud-africaine sur le Nigeria, voire le Vietnam pourraient
le plan de l’éducation, il est bon de rappe- connaître une progression spectaculaire.
ler que selon la dernière étude menée sur Au-delà de la prospective, il est cepen-
ce sujet en 2010*, 61 millions d’enfants dant est trop tôt pour considérer que le
en âge de fréquenter l’école primaire miracle sud-africain a vécu. Reste néan-
n’étaient pas scolarisés, dont la moitié moins à faire coïncider ce qui demeure • Collecte des boues de forage, des eaux et huiles usagées
en Afrique subsaharienne. « L’investisse- une quadrature du cercle : la croissance • Nettoyage industriel (capacités, espaces confinés)
ment le plus important pour l’avenir de et le développement. • Assainissement (Ramassage, enlèvement,
toute nation est l’éducation. Aucun héri-
tage ne peut être plus grand que celui-ci *Note publiée conjointement par le Rapport transport des ordures dans le milieu industriel et urbain)
», soulignait encore récemment le prési- mondial de suivi sur l’Education pour tous • Génie civil, Fourniture de matériels et mise à disposition
dent sud-africain, en s’engageant à mener (RMS) et l’Institut de statistique de l’Unesco. du personnel qualifié
à bien ce chantier d’ici à 2015. World in 2050 : • Vidange et Curage des fosses septiques, tuyauterie etc.
L’enjeu est d’importance pour le pays www.pwc.com/january-2013.pdf (en anglais)
• Dératisation, Désinsectisation, Désinfecter, Désodorisation
arc-en-ciel, d’autant que cette apparte-
nance symbolique au groupe des pays
émergents n’est pas gravée dans le Hamid Affalou
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42 congo économie - N°1 - Août 2013 Afrique

Un développement
forcément. Le pétrole représente 90% des
exportations et 70% du PIB nominal du
Congo. Les hydrocarbures équivalent à
95% des exportations et à 80% des re-
cettes de l’Etat fédéral nigérian. Préoccu-

hétérogène
pant. D’abord parce que malgré la solidité
des cours ces dernières années, portées
par la bonne santé des pays émergents,
Si l’instabilité chronique de aucune matière première n’est à l’abri
certains pays du continent les d’un revirement de fortune. Il faut donc
se diversifier.
condamne à faire du surplace, Le Congo-Brazzaville, encore riche
les forts taux de croissance en forêts vierges, développe sa filière
bois, dynamisée par les exportations à
des autres peuvent cacher des destination de l’Asie, en particulier de
réalités trompeuses. Passage la Chine. En outre, l’atteinte du point
en revue. d’achèvement à l’initiative Pays pauvres
très endettés (PPTE) lui a donné une
bouffée d’oxygène, mise notamment
la coopération et le développe- 5%. Parmi eux, le Malawi, pays du tabac, à profit dans des travaux d’infrastruc-
ment économique (OCDE) et la Tanzanie, terre touristique par excellence, tures qui boostent le BTP, et des projets
le Programme des Nations unies le Mozambique, producteur d’aluminium d’industrialisation. Le Nigeria déploie
pour le développement (PNUD), « dont la croissance devrait, à moyen terme son ambitieux secteur bancaire sur le
entre autres. Le rapport poursuit : « rester soutenue, étayée par des mégapro- continent, à la recherche de relais de
Comment va La qualité de l’environnement jets », selon le rapport Perspectives écono- croissance, mais la volonté de réforme
l’Afrique sub- macroéconomique explique [la] miques en Afrique. Le Botswana, voit aussi en dents de scie de ses gouvernements
saharienne au- croissance soutenue. Des poli- l’avenir de façon radieuse, en dépit de sa successifs ne met pas les établissements
jourd’hui ? Les tiques budgétaires et monétaires dépendance trop prononcée envers les cours financiers à l’abri du phénomène des
analystes éco- prudentes ont contribué à alléger du diamant brut. Sa croissance était estimée créances douteuses, qui a poussé le gou-
nomiques inter- les pressions inflationnistes grâce à 6,9% en 2011 et 7% en 2012. Puissance vernement à intervenir de manière auto-
nationaux, qui à une diminution des taux d’intérêt. industrielle de la région soumise aux chocs ritaire sur le marché à plusieurs reprises
évoquent souvent Le secteur privé a réagi positivement d’une économie mondiale en pleine tour- depuis la grande réforme de 2004. Le
le continent comme aux programmes de dévelop- mente, l’Afrique du Sud a su pays-symbole des paradoxes de l’éco-
un tout indistinct, pement initiés par le gouver- éviter la catastrophe avec nomie pétrolière est la Guinée équa-
pointent du doigt un robuste nement et à l’embellie un fléchissement de toriale. Malgré son revenu moyen par
taux de croissance global, quasi ininterrom- générale du climat des sa croissance, mais tête insolent, qui rivalise avec celui des
pu depuis de nombreuses années. « En 2010, affaires. L’accrois- bien loin de la ré- pays développés, il demeure membre du
six des dix économies mondiales à plus forte sement du crédit cession, comme syndicat dont tout le monde veut sortir :
croissance se trouvaient en Afrique et il est bancaire et des dans beaucoup celui des pays les moins avancés, avec
prévu que sept pays africains figurent dans entrées de capi- de pays d’Eu- une écrasante majorité de la population
le top 10 au cours des cinq prochaines an- taux suggère rope auquel vivant dans le dénuement.
nées », affirmaient ainsi les experts durant la un regain de l’Afrique du
préparation du sommet de Rio +20, organisé confiance de Sud vend et Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar :
en juin 2012. la part des achète. quand l’instabilité nourrit la pauvreté
Au-delà ce portrait de groupe quasi-idyl- investisseurs. Quel est Qui s’en étonnera ? Parmi les pays qui
lique, tous les pays africains ne sont pas Des économies donc le font grise mine au point de vue écono-
logés à la même enseigne en termes de émergentes secret de mique, se trouvent de nombreux qui
croissance du produit intérieur brut. Et par- comme la Chine l’Afrique sont – ou ont été – pris au piège d’une
mi ceux qui ont des bonnes performances et la Répu- australe, qui situation politique instable. Après sa
arithmétiques, tous ne sont pas à envier blique de Corée semble se mou- crise post-électorale qui s’est soldée par
dans le fond. Certains pays sont bien partis apportent au voir, bon an mal plus de 3 000 morts et des centaines de
pour mettre en place, sur le moyen terme au Ghana, à travers an, dans un « péri- milliers de réfugiés et déplacés, la Côte
moins, un système global de gouvernance les nouveaux parte- mètre d’abondance » ? d’Ivoire, déjà anémiée en 2010, année
propice à un développement harmonieux. nariats conclus, de nouvelles La paix, déjà. En dehors de électorale avec 2,5% de croissance, a
Tandis que d’autres surfent sur les cours sources de financement et de savoir- Madagascar, que l’insularité rend connu une dégringolade en 2011 avant,
favorables des matières premières, sans faire en matière de développement. » de toute façon fort éloigné de ses voisins, certes, une année de forte reprise 2012,
pour autant être sur le chemin d’un « mo- Le Ghana doit toutefois faire attention. Les une certaine forme de stabilité règne et pro- autour de 8%, au gré du retour des inves-
dèle économique » équilibré. Petite revue augmentations des salaires des fonction- fite à tous. Même le turbulent Zimbabwe, tissements directs étrangers et des finan-
de groupe. naires et les nécessaires investissements qui est passé par une décennie de dégringo- cements des bailleurs de fonds. En Gui-
massifs dans les infrastructures peuvent lade avant de stabiliser son PIB à plus de née, l’incidence de la pauvreté, de 49%
Le Ghana, modèle presque parfait ? faire déraper le budget et conduire le pays 5% de croissance depuis 2008. L’intégra- en 2002, était passée à 55% en 2010. Et
Le Ghana anglophone, longtemps méprisé, dans la spirale du surendettement. Certains tion régionale est également réussie dans pour cause : la mort, en décembre 2008,
est aujourd’hui admiré. Et pour cause. Son observateurs notent également que le sec- cette partie du continent qui ne subit ni le du président Lansana Conté, avait ouvert
taux de croissance était estimé en 2011 à teur vivrier ghanéen n’est pas aussi dyna- nationalisme exacerbé que l’on observe en la voie à un régime militaire chaotique
13,7%, soit l’un des plus élevés au monde. mique qu’il pourrait l’être au vu du poten- Afrique centrale, ni les guerres larvées, les et aux méthodes de gestion économique
Et la nature de son émergence économique a tiel agricole du second producteur mondial rébellions et les transitions démocratiques pour le moins fantaisistes. A Madagas-
de quoi rassurer. En effet, si le début de l’ex- de cacao, ce qui crée des pénuries alimen- heurtées qui empoisonnent l’Afrique de car, la crise politique qui a débuté en
ploitation pétrolière en décembre 2010, avec taires sur les marchés et des valses des éti- l’Ouest. 2009 suite au renversement du président
la mise en route du gisement « Jubilee » a quettes régulières. Marc Ravalomanana a eu un impact très
apporté un bol d’air frais au pays, un cer- Les limites de l’économie pétrolière sévère sur le développement socio-éco-
tain nombre de fondamentaux sont mis en L’Afrique australe a de quoi faire Si l’on s’arrête au sacro-saint indicateur nomique du pays. En 2012, le PIB/habi-
place dans le cadre d’une économie diver- des envieux qu’est le taux de croissance, le Nigeria et tant (461 USD) situait Madagascar au
sifiée, et permettent d’espérer un « progrès Une stabilité enviable, un gouvernement le Congo-Brazzaville vont bien. Le PIB 175e rang sur 182 pays. Entre une crois-
vertueux ». « La stabilité sociale et l’enra- pouvant se targuer d’une gestion de « bon nigérian a crû de 7% en 2009, de 8,1% en sance qui laisse les impératifs de déve-
cinement croissant de la démocratie dans le père de famille », une agriculture dyna- 2010, et se situait autour de 7% en 2011 et loppement à la remorque et des réalités
pays ont contribué à renforcer la confiance mique, et souvent un « petit plus », notam- en 2012. La République du Congo, de son sociopolitiques internes qui font frein à
des investisseurs, ce qui s’est traduit par ment en termes de production minière. côté, a pu se réjouir d’une croissance de toute croissance, les objectifs d’émer-
une recrudescence des opérations », notait C’est le secret d’un certain nombre de pays plus de 9% en 2010, avant de connaître un gence annoncés ici et là auront besoin
le rapport Perspectives économiques en d’Afrique australe qui connaissent depuis infléchissement, évalué à 5,1% en 2011 et d’être confirmés dans les faits.
Afrique, coédité par la Banque africaine de de nombreuses années des taux de crois- 4,3% en 2012. Des résultats intéressants
développement (BAD), l’Organisation pour sance supérieurs à la barre symbolique des mais faut-il applaudir sans réserve ? Pas François Wandji
44 congo économie - N°1 - août 2013 Management

sont associés à son poste et aux valeurs

Le coaching
de son entreprise. Le coaching de déve-
loppement sera utilisé dans le cas de per-
sonnes ayant un haut potentiel et visera le
développement de celui-ci dans le cadre
d’une promotion éventuelle. Ce type de
coaching pourra être utilisé par exemple

en entreprise
pour permettre à une personne occupant
un nouveau poste de développer les com-
pétences nécessaires pour faire face à
ses nouvelles missions et responsabilités
associées, et d’évoluer vers son plein po-
tentiel. Ce coaching est utilisé également
pour permettre à une personne d’atteindre
ses objectifs, relever un défi, développer
son leadership, ou tout simplement amé-
liorer quelque chose dans sa situation.
Appelé aussi coaching d’affaires, le coaching en A côté de ce coaching touchant essentiel-

L
’objectif premier est d’offrir lement le potentiel, nous avons une autre
un accompagnement au coa-
entreprise est l’accompagnement d’une personne forme de coaching pratiqué et qui touche
ché dans le but de dévelop- ou d’un groupe de personnes dans un temps limité. les comportements des individus en en-
per son potentiel, ceci dans L’idée est de proposer des « balises » et un regard treprise. Le but ici serait de redresser le
un contexte relié à son organisation comportement de la personne coaché.
et à ses objectifs professionnels. Le extérieur bienveillant, mais non complaisant. Cette Le coaching de redressement : ce type
coaching en entreprise émerge d’un approche vise à permettre à une personne ou à un de coaching a pour but d’améliorer de
besoin de changement personnel ou façon significative et rapide certains
professionnel qui aura comme résul- groupe de personnes d’atteindre des niveaux de comportements ayant un impact néga-
tante une modification, une trans- performances supérieurs. tif sur l’environnement du coaché, sur
formation et un succès, tant pour le sa performance individuelle, et le cas
coaché que pour l’organisation. Les échéant sur l’organisation. Le coaching
domaines d’intervention du coaching dans une approche comportementale de changement et de développement à la de redressement vise d’abord à neutra-
en entreprise sont nombreux, mais qui vise les moyens à mettre en œuvre performance. Trois formes de coaching liser des comportements contre-produc-
nous n’allons aborder ici que trois pour atteindre les objectifs que se fixe sont souvent pratiquées en entreprise. tifs qui nuisent à la performance, pour
aspects, sachant que cette liste n’est le coaché. Il ne s’agit pas d’améliorer - Le coaching de développement : il per- ensuite favoriser l’acquisition de nou-
pas exhaustive. des compétences, des connaissances ou met d’accompagner une personne dans le velles compétences. Il présuppose donc
une expertise, mais bien d’un accompa- développement des compétences identi- un retour à la base avant de s’engager
Les domaines d’intervention gnement qui vise à faire émerger chez fiées par son organisation et par elle-même dans le développement d’une nouvelle
Le coaching en entreprise s’inscrit le coaché ses propres solutions durables comme étant importantes au succès et qui compétence. Ce coaching s’applique par

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Management congo économie - N°1 - août 2013 45

Le management
exemple à une personne techniquement veaux comportements dans l’action et le
très bonne dans un domaine donné et qui développement de compétences durables.
est promue à un poste de gestion où des Le but de ce coaching serait de créer une
compétences managériales et de gestion cohésion ou une consolidation des équipes
des hommes sont importantes. Dans ce en vue d’atteindre de cibles de dévelop-

interculturel
cas, il peut arriver que cette personne ait pement précises. Il s’agit moins d’obtenir
du mal à faire des critiques tout en en te- de bonnes relations et de partager des va-
nant compte des sensibilités auxquelles leurs communes que de mieux fonction-
elle doit faire face. Cette propension à ner ensemble au bénéfice des objectifs de
faire des critiques acerbes pourrait dé- l’équipe, dans le respect de l’intégrité et
motiver ses interlocuteurs et entraîner de la réalisation personnelle et profession-
un ralentissement dans l’atteinte des nelle de chacun de ses membres. La mondialisation de l’activité économique
résultats. Le coaching de redressement
va dans ce cas créer des comportements Des conséquences positives amène les entreprises à vocation internatio-
nouveaux, mieux adaptés à la situation Le recours au coaching en entreprise nale à bâtir des modes de fonctionnement qui
nouvelle, et peut s’adresser aussi bien à permet donc d’optimiser la performance
l’individu qu’à l’équipe. des personnes ou de l’équipe, de faciliter doivent prendre en compte les particularités
Il existe, en plus de ces deux domaines un climat de travail et de respect intéres-
cités plus haut, un coaching concernant sant pour le développement de l’équipe,
culturelles de leurs ressources humaines.
essentiellement un groupe de personnes, et de mieux permettre la conduite du Un ouvrage fait référence en la matière,
appelé coaching d’équipe. changement, surtout dans les situations
Le coaching d’équipe : bien que diffé- difficiles. On peut ainsi affirmer que le Management interculturel, d’Olivier Meier.
rent du coaching individuel dans son coaching en entreprise favorise le chan-
approche, le coaching d’équipe vise éga- gement de façon permanente et à court
lement la performance. Mais cette fois-ci terme si l’on compare avec des moyens Pendant longtemps, l’expansion inter- racines profondes et s’appuient sur elles
ce n’est plus l’individu qui est au centre plus traditionnels tels que la formation. nationale a été le fait d’entreprises occi- pour étayer leur développement.
des préoccupations mais le groupe, qui Aujourd’hui c’est l’un des moyens les dentales, principalement américaines
doit parvenir à fonctionner efficacement. plus rapides et sûrs pour favoriser le (européennes dans une moindre mesure et Faire la chasse aux idées reçues
Le coaching d’équipe consiste à accom- transfert et l’intégration des compé- japonaises à partir des années 70). Cette Dès 2004, presque la moitié du commerce
pagner une équipe dans l’apprentissage tences. De plus, le coaching en entre- domination tendait à favoriser une cer- international était asiatique, avec de fortes
et le développement de ses performances prise favorise une plus grande cohésion taine homogénéisation des croyances et délocalisations d’entreprises occidentales
collectives (augmentation de sa réactivité des pratiques managériales. des valeurs culturelles. Toutefois, depuis en Chine, au Vietnam, en Thaïlande…
opérationnelle, optimisation de son fonc- Au total, l’investissement d’une entre- quelques années, nous assistons à un dé- Dès lors, se pose le problème du manage-
tionnement et de ses ressources…) dans prise dans le coaching est très bénéfique veloppement accéléré de pays émergents ment interculturel. L’on se souvient, à titre
le cadre de relations d’autonomie. Dans puisqu’il permet une approche de réso- qui sont souvent culturellement difficiles d’exemple, des anecdotes liées à l’inter-
ce cas, l’intervention consistera à élaborer lution des situations inconfortables et à appréhender par le gestionnaire occi- prétation du pouce levé (qui exprimerait
et structurer des plans d’actions concrets persistantes. dental. Par exemple, les pays asiatiques, son accord dans la culture occidentale et
guidant et stimulant la pratique de nou- Fanny Macagbey aux cultures millénaires, ont gardé leurs autre chose en Asie) ou encore du sourire

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46 congo économie - N°1 - août 2013 Management

(qui exprimerait d’un côté une aise et de chinois (télécoms, BTP…). Si c’est une le style de management des dirigeants de loppement à l’international réussiront cer-
l’autre une gêne). Des erreurs commises lapalissade de dire que les Asiatiques ont multinationales (notamment occidentaux), tainement mieux leur expansion.
par des managers envoyés en expatriation des cultures spécifiques, les pays afri- qui tendent fort heureusement à s’estom- En conclusion, nous partageons pleine-
ont souvent été à la base de malentendus cains, notamment anglophones et arabo- per de manière progressive. ment l’assertion de E. Mutabazi (ensei-
que l’on pourrait qualifier de « conflits phones, présentent également des carac- Les divergences proviennent également gnant-chercheur, auteur de plusieurs
culturels », et qui peuvent impacter néga- téristiques culturelles qu’il convient de du sens de certains mots clés comme « études et publications sur le sujet) qui
tivement l’entreprise. Une bonne raison connaître. Ces pays ont des codes et des contrôle », « responsabilité » ou « per- considère que les entreprises qui réus-
aussi de s’ouvrir à des cultures que l’on cultures totalement différents de ce que formance », dont la perception peut être sissent leur expansion sont celles qui
méconnaît puisque les erreurs courantes nous avons connu jusqu’à présent. La dif- différente suivant les cultures. Ces termes «  s’appuient sur des pratiques de mana-
reposent le plus souvent sur les stéréo- férence est aussi forte en termes de culture peuvent revêtir des connotations – posi- gement qui valorisent les différences et
types, les préjugés, les jugements de va- d’entreprise que de culture managériale. A tives ou négatives – entraînant parfois des les traitent comme des facteurs de perfor-
leurs… Comment réussir à naviguer dans titre d’exemple, nous pouvons citer cer- dérapages. Il appartient au manager averti mances, d’innovation et de progrès ».
ce nouvel environnement à la fois com- taines banques créées dont le contrôle a de trouver les moyens et les solutions pour
plexe et en voie de mondialisation ? été pris par de grands groupes bancaires communiquer sur ces mots clés de sorte Daouda Coulibaly
nigérians. Très rapidement, il a été noté que tous les employés, ou tout au moins
Du développement international à de fortes divergences entre ces cadres les principaux relais, puissent avoir la
la gestion des conflits locaux et les salariés des pays où leur en- même perception que lui.
Le livre d’Olivier Meier traite notamment treprise s’est implantée. Ceci a contribué
du développement international des firmes, à nuire fortement aux plans de dévelop- Valoriser les différences
ce qui implique de repenser la question des pement initialement mis en place par ces Quelques solutions trouvées par les entre-
cultures et des modes de management. groupes. Nous pouvons citer également prises pour résoudre les conflits culturels
Cette partie clarifie la notion de culture le cas des entreprises chinoises où les reposent notamment sur la capacité à par-
d’entreprise et des différentes sources ouvriers peuvent travailler douze heures tager à l’intérieur du groupe des valeurs
d’influence que sont la culture nationale par jour du lundi au samedi avec un seul communes qui transcendent les cultures,
(exemple chinois), la culture « régionale » jour de repos, écartant d’office des tra- à réaliser des séminaires d’intégration, à
(exemple européen), mais aussi la culture vailleurs locaux peu enclins à partager de faire des expatriations et « impatriations »
professionnelle à travers les exemples de tels rythmes de travail… avec retour d’expérience. En effet, face à
métiers plus ou moins standardisés (ex- un environnement international de plus en
perts-comptables, avocats…) et les parti- Du rôle de la sémantique plus ouvert à une concurrence élargie, la
cularismes individuels. Les différences qui s’entrechoquent sont prise en compte des différences culturelles
La problématique du management inter- nombreuses et, le plus souvent, difficiles et de l’interaction entre cultures devient
culturel est un sujet qui s’applique aisé- à résoudre. L’un des points les plus impor- un enjeu essentiel, tant pour satisfaire la
ment à l’Afrique. En effet, la majorité des tants est le style de management sur lequel diversité de la demande que pour intégrer
managers sont allés à l’école de la culture Hofstede (chercheur allemand) a longue- des équipes de travail multiculturelles.
occidentale alors que nous assistons aux ment travaillé. L’Afrique a longuement Les entreprises et organisations qui auront
arrivées, de plus en plus nombreuses, souffert des idées préconçues et des préju- intégré la problématique du management
de groupes asiatiques sur le continent : gés de l’époque coloniale qui influencent interculturel dans leur stratégie de déve-