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DEUXIÈME PARTIE

CULTURE, RÉCOLTE, DESSICCATION,

CONSERVATION

DES PLANTES MÉDICINALES EN GÉNÉRAL

CULTURE

Les végétaux en général(i), les plantes médicinales en particulier,, ont besoin, pour se développer et se
reproduire dans de bonnes conditions, d'une nourriture et d'un climat différents de l'une à l'autre, mais
constants et uniformes pour une même espèce : car les principes auxquels celles-ci doivent leur action
thérapeutique, loin de prendre également naissance dans toutes les conditions possibles de végétation,
n'acquièrent leur entière valeur que si ces conditions sont adaptées à leur développement. Placez, par
exemple, un pied de sauge ou de mélisse dans un terrain gras et froid, ces plantes pourront bien végéter,
pousser des feuilles et des fleurs ; mais leur principe actif restera nul ou peu prononcé, au lieu de se
développer comme il l'aurait fait si ces mêmes pieds avaient été plantés dans une terre légère et un peu
chaude. Par contre, les champignons ne viennent que dans les lieux humides, le cresson aime le bord des
ruisseaux, etc. De là il résulte que, lorsqu'on entreprend la culture des plantes médicinales, il faut
connaître et' observer certaines règles sans lesquelles le temps et les efforts seraient employés en pure
perte ; il faut surtout se garder de placer côte à côte des plantes n'ayant entre elles aucune affinité
naturelle. Les règles de la culture sont surtout fournies par l'expérience personnelle de l'herboriste, et
mieux encore par la tradition que les gens de la campagne tiennent de l'observation et de l'imitation de
la conduite suivie par la nature.

Beaucoup de plantes médicinales croissent naturellement dans les champs, les bois ou les prairies, et
n'ont pas besoin d'être cultivées : il suffit de les aller chercher dans les endroits où elles sont le plus
actives, de meilleure qualité.. Chez quelques-unes même, la culture semble diminuer l'énergie qu'elles
avaient à l'état sauvage. Mais le plus grand nombre peuvent et doivent être cultivées, tantôt parce que la
culture agit favorablement sur elles en accroissant la quantité de principes huileux, sucrés, salins, etc.,
qu'elles renferment, tantôt parce que la médecine en fait un tel usage qu'il est indispensable de les avoir
toujours et en grande quantité sous la main.

La. germination de la graine ou semence est le mode de repro- duction naturel des végétaux; le semis de
graines est donc le pro- cédé le plus usuel pour les plantes cultivées. Pourtant il en est qui se multiplient
plus facilement par division des toujffes ou des racines; d'autres, par bouture ou par marcottage. Quant
à la greffe, qui consiste à insérer une jeune tige, ou une portion d'écorce pourvue de bourgeons, sur un
autre végétal appartenant à la même famille, ou du moins ayant une grande analogie de structure et de
végétation, c'est surtout un moyen d'améliorer les plantes, qui, sans changer les espèces ni les variétés,
augmente la qualité, le volume, la longévité, etc.

La première chose à faire est de s'enquérir de celui de ces pro- cédés qui convient à la plante qu'on se
propose de cultiver. En second lieu, il est indispensable de connaître la nature du terrain dans lequel elle
doit être plantée et l'exposition qu'elle doit avoir : car si tous les végétaux ont besoin d'air, d'eau et de
chaleur, il s'en faut que les proportions nécessaires de ces trois éléments soient égales pourtous. Ainsi
les principes aromatiques,gommeux,sucrés, féculents, sont développés surtout par une exposition
chaude et une culture dans un terrain léger: mais il est des plantes chez lesquelles l'accroissement de ces
principes se ferait aux dépens des composés salins, acides, ou autres, qui leur donnent leurs vertus
médicinales ; à celles-là c'est une autre terre et une autre exposition qu'il faut donner.