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VM, Dignitaires qui siégez à l’Orient, et vous tous mes FF et mes SSen vos grades
et qualités.

Ma planche d’aujourd’hui se portant sur notre hymne, « Hymne Du Droit Humain », je


vais entrer d’emblée dans ce sujet par la définition du mot hymne et parler de certains
de ses aspects du point de vue musicale, puisque l’Hymne Du Droit Humain en soi est
une musique. Je parlerais ensuite de l’Hymne Du Droit Humain du point de vue
maçonnique, symbolique et ésotérique avant de conclure par une synthèse personnelle.
Selon le dictionnaire pratique et historique de la musique, l’hymne est un chant en
l’honneur de la divinité. L’usage est de le classer dans le genre masculin, lorsqu’il
désigne un chant de l’antiquité païenne et je crois pour ma part que la plupart des
hymnes à caractères nationales font partie de cette catégorie, et dans le genre féminin
quand il s’applique à une œuvre poétique et musicale à l’usage des cultes chrétiens. A
mon point de vue, l’Hymne Du Droit Humain se retrouve dans la deuxième catégorie ci-
dessus. Notre Hymne, est dotée d’une mélodie composée des notes qui ont pour source
la gamme musicale universelle « DO-RE-MI-FA-SOL-LA-SI » d’où sa liaison avec la
musique qui est un mot venant du grec mousiké par le latin musica selon Fabre d’Olivet.
La musique aussi vieille que l’Univers, a une influence sur la culture, la transmission des
connaissances acquises, le progrès, bref la civilisation humaine en un mot.
Par ailleurs, Pythagore affirmant que « de la proportion naît toute vibration », Que
« L'univers chante puisqu'il est vibration, et que l'homme est une note résonnant dans
l'Harmonie Cosmique », définit la musique comme la science qui se fait à partir des
rapports des nombres. Pour ma part, à partir des définitions ci-dessus et de ma modique
connaissance en la matière, je peux la définir comme suit : « La musique est l’art de
combiner harmonieusement et rythmiquement les sons ou notes ayant chacun une
fréquence vibratoire bien spécifique et précise. (Je reviendrai plus tard sur cette
définition). Ne pouvant m’attarder sur l’étude des signes au moyen desquels on écrit la
musique et des lois qui les coordonnent qui font l’objet de la théorie de la musique, Je
ne manquerais pas de me référer si nécessaire, à certains de ses aspects, en parlant du
sujet même de cette planche.
En franc-maçonnerie, la musique est connue aussi sous le nom d’Harmonie ; d’où la
création de l’office de la colonne d’Harmonie dans nos loges à fin que la musique
complémente nos Rituels, ainsi que les cérémonies maçonniques. Ce terme Harmonie
est aussi utilisé en franc-maçonnerie pour designer la paix et la bonne entente qui doit
régner entre les membres d’une même loge.
Nous allons maintenant méditer, sur le sujet proprement dit de cette planche : « Hymne
Du Droit Humain », chantée à l’ouverture de nos travaux, pour permettre à mon point de
vue, à chacun de nous de s’harmoniser, de se régénérer et de s’éveiller. Confucius disait
et je cite : « si tu veux apprendre les mœurs d’un peuple, écoute sa musique ». Comme
pour dire que les valeurs de l’Ordre Maçonnique Mixte International « Le Droit Humain »
se trouvent dans son Hymne. Ainsi donc je vais analyser du point de vue maçonnique,
symbolique et ésotérique, les paroles de l’Hymne Du Droit Humain, telles qu’écrites par
son auteur la Très Illustre Sœur Amélie André Gédalge, puis sa musique et son
arrangement tels que composés par le Très Illustre Frère André Gédalge. J’ai noté
d’emblée que les paroles de l’hymne sont écrites en strophes ou couplets de quatre
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lignes chacun, évoquant ainsi la notion de proportion dans son exécution et sa


performance.
Le premier couplet me dit ce qui suit : « Que les sœurs et les frères, Travaillent sur
terre, O Sainte fraternité, A ton règne de bonté. A mon humble avis je vois dans la
première ligne de ce couplet, la raison fondamentale d’être de l’ordre maçonnique mixte
le « DROIT HUMAIN » telle que mentionnée aux premiers articles des titres premiers de
ses statuts et de son règlement général. Ceci évoque aussi le fait que faisant partie de la
Franc maçonnerie universelle, je me dois en tant qu’Apprenti Franc Maçon, d’être
prudent dans mes affirmations, et de fortifier mon jugement avec l’aide de mes frères et
de mes sœurs. La deuxième ligne de ce couplet me demandant de travailler sur terre, je
me suis demandé de quel travail s’agit-il ? Pour répondre à ma question, le mémento du
grade de l’Apprenti dit que je dois dégrossir la pierre brute ou le produit grossier de la
nature que je suis, afin de le dépouiller de ses aspérités et de le rapprocher d’une forme
par rapport à sa destination, je dois former son caractère et le purifier ; je dois être
tolérant, combattre l’injustice et faire régner la fraternité entre les hommes,
conformément aux enseignements de la loge de Saint Jean d’où je viens. La troisième
ligne de ce couplet évoquant la Sainte fraternité se réfère à mon point de vue, à la
fraternité maçonnique Universelle dont je fais partie ; et pourquoi cette fraternité est-
elle sainte ? Le mémento de l’Apprenti me dit pour répondre à cette question que dans
la loge de Saint Jean, dresser des couronnes pour la vertu et forger des chaînes pour le
vice nous y sont enseignés, ce qui caractérise d’ailleurs le règne de cette Fraternité de
« règne de bonté » dans la quatrième ligne de ce couplet.
Continuons l’analyse de l’Hymne avec le second couplet : « Que ta douce Tendresse, Que
ta ferme Sagesse, Que ta Force et ta Beauté, Donnent enfin la liberté ». L’auteur parle
dans la première ligne de ce couplet, de la tendresse qui est un attribut de l’Amour et de
la Tolérance, puis dans les deux lignes suivantes des trois piliers qui soutiennent
l’édification de mon temple intérieur, et enfin dans la quatrième ligne, du salaire à
percevoir après avoir acquis ces qualités qu’est la Liberté. Le troisième couplet de notre
Hymne dit ce qui suit : « O Vérité, O Mère, O Reine Isis, cœur du monde, O vraie beauté,
calme nos âmes et guides nous vers la Lumière. La première et seconde ligne de ce
couplet, donnant à la Reine Isis des attributs tels que Vérité, Mère, Cœur du monde et
vraie Beauté, ont suscité en moi, la question de savoir pourquoi la reine Isis, et non un
autre nom mythique ; et c’est dans le dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et
Alain Geerbrant, que des lignes parlant d’Isis, m’ont donné ce que je crois être la
réponse à ma question. Je cite « dans tous les cercles ésotériques, Isis est considérée
comme l’initiatrice, celle qui détient le secret de la vie, de la mort et de la résurrection,
et dans les religions à mystères des premiers siècles de notre ère, elle incarne le principe
féminin, source magique de toute fécondité et de toute transformation. Isis est la Mère
de l’Univers et ses pouvoirs sont infinis. Je suis amené à croire qu’elle représente alors
sur ce point de vue, le Grand Architect De L’Univers. Les deux lignes suivantes de ce
couplet sont des demandes faites à Isis pour qu’Elle calme nos cœurs et nous guide vers
la Verite. Voyons ce que renferme le quatrième couplet : Donnes aux hommes l’amour,
la paix et l’espérance, Révèles le devoir et permets nous de te servir. Ce couplet, me
rappelant le chanteur sénégalais Ismaëlo qui dit dans une de ses chansons que l’amour a
tout les droits et nous tout les devoirs, comme pour dire qu’en moi réside une étincelle
de cette Amour divine qui est mon guide et qui me parle, me laisse croire que, ce n’est
qu’en pratiquant rigoureusement tout ce que je reçois comme enseignement dans la loge
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de St. Jean que je pourrais l’approcher, l’écouter afin de mieux œuvrer au progrès de
l’humanité.
Par ailleurs, après réflexion j’ai trouvé que ces troisième et quatrième couplets de
« l’Hymne du Droit Humain » étant les plus invocatoires, feraient selon leur utilisation,
partie des éléments que symbolise le Fil à plomb (silence, méditation, concentration,
etc.), dans l’application de la formule V.I.T.R.I.O.L. tout comme l’Hymne elle même.

Notre Hymne, de par sa forme d’arrangement engendrée par ses lignes de mélodies,
représente pour moi les trois pas de l’Apprenti comme suit : l’Ordre de l’Apprenti Maçon
entre les deux colonnes représenté par l’introduction de l’Hymne sur l’accord de mi
bémol majeur, joué par le compositeur sur un piano. Le premier pas de l’apprenti,
représenté par la mélodie des deux premiers couplets de l’hymne, jouée
instrumentalement par le compositeur sur un piano, puis chantée d’une seule voix,
ensuite harmonieusement avec multiple voix, accompagnée du piano. Le deuxième pas
de l’apprenti qui a sa ligne mélodique bien différente de la précédente, représenté par la
mélodie du troisième et quatrième couplet, chanté en solo accompagné du piano. Et
enfin le troisième pas, qui n’est qu’une répétition des événements du premier pas
chanté harmonieusement avec multiple voix, accompagné du piano. Toujours de par sa
forme, notre hymne représente les trois voyages effectués par le récipiendaire lors de
son initiation au premier degré, dans lesquels, les trois voyages sont représentés par les
trois pas de l’apprenti, avec leur ligne mélodique comme mentionnée ci-dessus. Notre
hymne ressort les trois piliers de l’édifice, à l’occurrence la Sagesse, la Force et la
Beauté ou alors le V.M. et, les Premier et Second Surveillants. Notre hymne évoque aussi
les trois équerres formées quand je me mets à l’ordre.

Tout le symbolisme de notre Hymne étant engendré selon mes observations du nombre
trois, j’ai essayé aussi de méditer sur ce nombre et pendant mon utilisation du fil à
plomb dans ce but, une petite voix intérieure m’a tuilé comme suit : « Es-tu Apprenti » ?
Et j’ai répondu toujours intérieurement «Mes frères et mes sœurs me reconnaissent
comme tel » et à la petite voix de continuer : « Et quel âge as-tu » ? Intérieurement
encore j’ai répondu « Trois Ans » et à la voix intérieure de me dire ce qui suit :
«S’informer de l’âge maçonnique d’un Franc maçon, c’est lui demander quel est son
Grade. L’Apprenti a Trois ans parce qu’il est initié aux mystères des trois premiers
nombres. Quels sont ces Mystères ? Cherches et tu trouveras ».
Mes recherches m’ont conduit du Mémento du premier degré jusqu'à la Symbolique
maçonnique du troisième millénaire d’Irène Mainguy, dans lesquelles j’ai découvert que
l’Unité dans la génération des nombres se polarise ou se dédouble en essence indivisible
et en substance divisible tout en restant elle-même, mais conduisant alors au binaire qui
sous son aspect négatif est opposition, et sous son aspect positif complémentarité, et
qu’avec le ternaire, l’idée d’opposition disparaît grâce à ce troisième terme qui est
conciliateur des extrêmes opposés, ramenant ainsi le binaire à l’Unité Principielle.

V.M., Dignitaires qui siégez à l’Orient et vous tous mes Frères et mes Sœurs en vos
grades et qualités, pour entrer dans la synthèse de ma planche, je vais à présent, revenir
sur la définition de la musique. Comme je le disais donc, et pour essayer de mieux
expliquer ma définition mentionnée plus haut, je vais comparer sans aucune
profanation, notre Temple à une salle de concert de musique symphonique, lieu sacré et
digne de respect, dans laquelle le V.M. est le chef d’orchestre, le rituel est la partition,
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les membres de l’atelier sont à la fois les musiciens et l’assistance. Je vois dans ma
comparaison, que de la disponibilité intérieure et extérieure des Frères et Sœurs, de la
rigueur chaleureuse de leurs gestes, de leur qualité d’écoute et de la Sagesse de leur
cœur, dépendra la Force et la Beauté de la Tenue. Ceci veut dire selon ma définition ,
que chacun de nous ici présent représente une note ou son, ayant sa propre fréquence
vibratoire, et, pour que cette note ou son représenté par chacun de nous fasse partie de
l’harmonie vibratoire de la gamme du moment, symbolisé par le Delta Lumineux ci-
présent à l’Orient de notre Temple, chacun de nous devrait avoir laissé ses métaux à la
porte du Temple, tel que nous le recommande notre rituel, qui est lui-même une
musique. Par ailleurs, étant moi-même une note musicale ayant ma propre fréquence
vibratoire, il est aisé de comprendre que je suis une proportion vibratoire de l’Harmonie
vibratoire Universelle, ou le Microcosme dans le Macrocosme comme le disait Pythagore.

L’Hymne Du Droit Humain, chantée en loge ou en dehors du temple, me rappelle que je


dois dégrossir ma pierre brute, je dois utiliser les outils en ma possession (à l’occurrence
les ciseaux et le maillet sous l’égide du fil a plomb) pour la dépouiller de ses aspérités à
fin de lui donner une forme par rapport à sa destination. Elle me permet comme les
ciseaux de bien discerner mes erreurs a fin de prendre des résolutions, puis comme le
maillet, elle me donne la volonté de mettre a exécution les résolutions prises. Elle
imprime en moi comme la perpendiculaire, un double mouvement de descente et
d’élévation dans l’application de la formule par excellence V.I.T.R.I.O.L. Me venant du
passé et tendant vers l’avenir, elle me lie dans le temps et l’espace, comme la chaîne
d’union. Par l’harmonie qu’elle dégage, par la vie qu’elle régénère et par l’éveil qu’elle
permet, elle est la somme des trois piliers qui érigent mon édifice intérieur. De par sa
propriété très invocatoire, elle me permet une ouverture de mon esprit et de mon cœur
en vers moi-même et mes semblables. Elle me rappelle aussi que je dois combattre
l’injustice et considérer les humains d’après leur valeur morale.

En la chantant quotidiennement, je vois en moi ces outils symboliques qui me


permettent d’effectuer un travail dans la taille et le dégrossissement de ma pierre. C’est
ainsi qu’en restant humble et sincère, en faisant le silence et la méditation, et en
continuant à dépouiller la note musicale que je suis de ses aspérités, je ferais partie de
l’Harmonie Universelle.

J’ai dit !

Jean marie Teguia Tekouam.

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