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L'Élixir Végétal

Fr. Albertus
Pour la préparation de l'élixir végétal, nous utiliserons les parties des herbes qui ont une valeur
médicinale. Ce peut être les feuilles, les racines ou les fleurs, dépendant de l'herbe utilisée. Ceci
présuppose, évidemment quelque compréhension et connaissance de la part de l'étudiant quant aux
propriétés curatives des herbes. Les herbes fraîches en tout premier lieu doivent être mises à sécher
dans un endroit chaud, où il y a une circulation d'air adéquate. Si des herbes fraîches non séchées
sont utilisées dans notre travail on s'apercevra qu'elles contiennent beaucoup d'eau, ce qui ne nous
est d'aucune valeur. Quand une herbe est sèche, l'essence et le soufre demeurent en elle et peuvent
aisément être extraits. L'eau dans les herbes fraîches se mêlera avec l'alcool et servira simplement à
augmenter la masse de la matière à traiter. Par conséquent, l'étudiant devrait observer les procédures
suivantes:

Extraction de la teinture végétale


par Kumagawa
1 - une quantité d'alcool (1) doit être rectifiée (2).

2 - l'herbe choisie doit être finement moulue dans un mortier avec un pilon.

3 - l'herbe moulue (3) est maintenant placée dans la cosse d'un appareil extracteur. A cet appareil
attachez un vase à demi rempli d'alcool rectifié. Maintenant le feu devrait être allumé sous le vase
en vue de commencer l'extraction.

L'appareil extracteur Soxhlet consiste de trois parties:


- Flacon
- Extracteur et cosse (filtre de papier en forme de dé)
- Condensateur

Extraction au Soxhlet
Le flacon est en bas. La partie du milieu c'est l'extracteur qui contient une cosse (un filtre
cylindrique en papier dans lequel nous avons placé l'herbe utilisée). Le condensateur forme la partie
du haut, qui repose sur l'extracteur.

4 - Après que trois ou quatre extractions ont été faites on remarque qu'il y a changement net de
couleur dans le contenu du flacon. Si un cerne se forme sur le flacon, il sera nécessaire de baisser le
feu, autrement le Soufre (huile) sera brûlé et perdra son efficacité. Il est préférable d'utiliser un
bain-marie plutôt qu'une flamme directe, car le bain d'eau préviendra le ruisillement ou brûlage de
la délicate huile (Soufre) contenue dans l'extrait (Essence).

5 - Quand l'alcool en provenance du syphon devient éventuellement clair, c'est une indication que
l'extraction a été complétée. La cosse doit être enlevée et son contenu placé dans un plat en terre ou
en porcelaine. Placer un grillage métallique sur le plat et mettre le feu aux résidus qui
s'enflammeront immédiatement, dû au fait qu'ils seront saturés d'alcool. Des précautions devraient
être prises pour qu'il n'y ait pas d'autres substances inflammables à proximité. Cette matière doit
être calcinée au noir. Moudre la substance et recalciner jusqu'au gris pâle ( Une calcination
prolongée peut changer le gris en une couleur rougeâtre, qui évidemment est préférable, mais
requiert un long temps. ).

6 - Les cendres calcinées (Sel) sont maintenant placées dans le flacon du bas. Une quantité
suffisante d'extrait est versée sur ce Sel. Le flacon est réattaché à l'appareil d'extraction, et la
circulation est commencée. Ceci doit être continué jusqu'à ce que le Sel ait absorbé l'Essence et le
Soufre.
L'Extrait dans le flacon inférieur devrait devenir plus pâle. Quand il n'y a plus d'autre changement
dans la couleur, le Sel a absorbé tout ce qui lui est possible d'absorber. Si l'extrait devient clair,
l'enlever du flacon et remettre d'autre Essence jusqu'à ce que le Sel n'en absorbe plus.

7 - Détacher le flacon et verser son contenu. C'est à ce moment là que l'élixir alchimique est dans
son premier état. Quand il est chaud il devient une substance huileuse et coulera. Quand il est froid
il redevient solide.

8 - La potentialité de cet élixir peut être augmentée en le calcinant dans un plat à calciner. Ceci est
ensuite remis dans le flacon de l'appareil d'extraction, et la circulation est répétée avec d'autre
essence extraite. Chaque fois que ceci est fait, la potentialité s'accroît.
Le procédé peut franchir une autre étape encore: il s'agit de placer les trois substances combinées
dans un flacon hermétiquement fermé et de soumettre le tout à une chaleur modérée pour digestion.
De cette façon, une "pierre" dans le règne végétal peut être produite (ceci ne doit pas être confondu
avec la Pierre Philosophale). Bien que ce ne soit pas absolument nécessaire de produire une pierre
végétale, il en sera néanmoins d'une grande aide pour des recherches plus poussées en alchimie,
spécialement pour celui qui n'est pas familier avec l'apparence d'une substance sublimée. La
potentialité d'une telle "pierre" est beaucoup plus grande que tout médicament sous la forme
d'élixir, tel que décrit précédemment. Cette "pierre végétale" attirera l'Essence, le Soufre et le Sel
des autres herbes par immersion seulement. Toutefois ce n'est pas nécessaire. Une puissante
médication peut être préparée par le procédé déjà mentionné. Une fois que le premier résultat est
accompli et compris, des investigations plus poussées continueront à révéler de plus en plus de
secrets en Alchimie. Ceci peut seulement être expérimenté personnellement et individuellement par
chaque étudiant.

Pour ceux qui ne sont pas capables de se procurer un appareil d'extraction, une autre méthode peut
être employée, qui est beaucoup plus simple en ce qui regarde l'équipement requis. Cette méthode
fut décrit originellement dans le "Bulletin du Laboratoire Alchimique" premier Quaternaire, No: 1,
1 960, et est répétée dans les notes qui suivent.
Ceci est fait pour ceux qui ont étudié ou lu sur l'Alchimie et se préparent maintenant à travailler en
laboratoire. Bien que cela s'avérera être une tâche des plus intéressante et enrichissante, elle ne doit
pas être entreprise sans soins. En tout premier lieu, le choix d'une place appropriée pour le travail à
entreprendre est important. L'espace requis n'est pas grand. Un coin dans le sous-sol, ou dans le
grenier, peut-être même un garage fera, en autant qu'une source de chaleur constante est disponible.
L'eau froide, devrait être proche pour le refroidissement du condensateur. Quelques bouteilles et
flacons, un mortier et pilon sont désirables sinon nécessaires.

Extraction de la teinture au Kumagawa

Une table et une chaise complètent l'ameublement. La table ou banc de travail, devrait être placée
de façon à ce que les sources de chaleur et d'eau soient très proches, vu que la flamme du gaz ou
chaleur électrique (selon celle utilisée) est requise constamment. Pour la flamme du gaz, un brûleur
Bunsen, ou mieux encore un brûleur Fisher, les meilleurs types pour nos besoins. Les bouchons
peuvent être soit en caoutchouc ou en liège. Un assortiment mélangé durera longtemps. Un support
pour maintenir le flacon au-dessus de la flamme, et le maintenir dans une position fixe quand la
distillation se fait, est aussi requis. Il peut être acheté ou fabriqué par l'étudiant, en autant qu'il
rencontre les besoins requis.

Puisque les instruments les plus importants sont maintenant connus de l'étudiant, nous continuerons
maintenant à préparer la substance avec laquelle nous allons travailler alchimiquement. Choisissons
une herbe qui est facilement disponible, par exemple la Mélisse (Mélissa officinales Baume de
citronnelle). Puisque c'est une herbe importante, que tout fournisseur peut fournir, nous l'utiliserons
comme exemple dans notre première expérience.

Tel que mentionné précédemment, il est préférable pour débuter, d'utiliser l'herbe sèche. A ce point
nous devons nous assurer si nous avons réellement sélectionné l'herbe désirée. Cela peut sembler
non nécessaire mais c'est très important. Il y a, par exemple, une différence entre la sauge sauvage
et celle cultivée en jardin, en ce qui regarde notre travail. En outre les fleurs de la sauge sauvage
produiront une médication différente de celle produite par les feuilles de la même plante. Par
conséquent, l'étudiant doit toujours être certain que la substance herbacée impliquée est celle qu'il
désire.

L'étape suivante de la procédure est la mouture de l'herbe. Ceci peut être fait en la frottant entre les
mains ou en la pliant dans un mortier avec un pilon. Plus les particules seront fines, plus l'extraction
sera facile. L'herbe moulue est maintenant placée dans un flacon, une bouteille ou contenant i
(préférablement de verre) qui peut être fermé hermétiquement. Sur l'herbe moulue, le menstrum est
maintenant versé, ce qui permettra l'extraction. Le moyen le plus facile est de verser un alcool (fort)
concentré (ne JAMAIS utiliser un alcool dénaturé ou Méthanol) ou mieux encore une eau de vie
(cognac) sur l'herbe moulue dans le flacon ou la bouteille. Alors on bouche hermétiquement, et l'on
met sur le dessus ou près de la fournaise en hiver. Si la chaleur est produite par une autre méthode
la température requise ne devrait pas dépasser celle requise pour couver les oeufs de poules. La
moitié au tiers du contenant doit demeurer au-dessus du menstrum, de sorte qu'il y ait chambre
d'expansion pour compenser la pression qui peut s'emmagasiner dans le contenant.

Après plusieurs jours, le menstrum se colorera en vert. La teinte de vert dépendra de la sorte de
mélisse utilisée ainsi que de la force et de la pureté de l'alcool. Quand la macération sera suffisante
(ce procédé est appelé macération), le liquide doit être versé dans un contenant de verre propre. La
substance végétale restante devrait être mise dans un plat à calciner et brûlée jusqu'aux cendres.

L'alcool qui a saturé l'herbe s'enflammera immédiatement et brûlera ce qui reste des herbes,
maintenant appelées "fèces", les transformant en cendres noires. Comme ceci produira de la fumée
et une forte odeur, on doit prendre soin de ne pas le faire dans une pièce fermée.
Après avoir brûlé les fèces, comme nous devons les appeler, elles peuvent être incinérées dans un
plat à l'épreuve du feu, jusqu'à ce qu'elles deviennent gris pâle. Une mouture occasionnelle dans un
mortier suivie par une mise au feu que nous appellerons maintenant "calcination" amènera
graduellement une couleur plus pâle. Quand ce stade a été atteint, les fèces devront être retirées du
feu et, encore chaudes, seront mises dans un flacon qui aura été préalablement chauffé de sorte qu'il
ne brisera pas par le brusque changement de température. Dans ce flacon on verse l'essence qui a
été retirée précédemment de la macération des herbes, et qui avait été mise de côté. Le flacon doit
maintenant être bouché hermétiquement de sorte que les vapeurs d'alcool ne puissent s'échapper. Le
flacon est alors soumis à une chaleur modérée pour digestion. Laissez digérer de cette façon un
intervalle de deux semaines, le Sel absorbera l'Essence nécessaire à la formation de la force requise.
La médication est alors prête à être utilisée. Elle est absolument inoffensive mais d'une haute
potentialité et devrait être prise en très petites doses. Quelques grains de Sel pris avec une cuillerée
à thé d'Essence dans un verre d'eau distillée produiront des résultats réjouissants. L'élixir ne devrait
jamais être pris non dilué. C'est la plus primitive et la plus simple façon de préparer une substance
végétale en accord avec les préceptes de l'alchimie.

Le temps de la période de macération peut être utilement mis à profit pour produire un menstrum
d'alcool ou esprit de vin. Bien qu'il y ait diverses sortes d'alcools, une seule nous intéresse pour les
fins de notre travail. C'est l'esprit de vin. Comme généralement le vin contient moins que 20%
d'alcool par fermentation naturelle, cet alcool (esprit de vin) doit être extrait. Puisque nous sommes
seulement intéressés par l'alcool extrait du vin de raisin, nous devons exclure les autres sortes de
vin, vin de pommes, baies sauvages etc.

Notre prochaine étape est de prendre du vin de raisin non adultéré, ou eau de vie (cognac) et d'en
verser une quantité suffisante dans un flacon pour distillation. La quantité dépend du flacon
disponible. Il ne doit jamais être rempli plus que la moitié. Deux trous doivent être percés à travers
un bouchon de caoutchouc ou de liège, dans lesquels un thermomètre et un tube de verre courbé
doivent s'ajuster hermétiquement. Le thermomètre ne devrait pas toucher le vin, tandis que le tube
doit juste traverser le bouchon. Maintenant un condensateur est requis. Cela peut être acheté de
toute maison d'appareillage de chimie. Le tube recourbé du flacon doit être inséré dans le bouchon
fermant l'embouchure du condensateur.

Ce qui a été assemblé s'appelle un train de distillation. Dans le but de refroidir le condensateur avec
de l'eau, il doit être raccordé au moyen de tubes en caoutchouc à un robinet. Plus que probablement,
un adapteur sera requis à cette fin. L'eau passera à travers le condensateur et ressortira par le haut en
passant par un autre tube et s'écoulera alors dans un drain. De cette façon la vapeur qui monte du
flacon qui est chauffé se refroidira et s'écoulera du haut du condensateur dans le réceptacle.
Une fois que la chaleur sous le flacon est allumée et que le vin commence à bouillir, une vapeur
montera et, passant par le tube courbé, entrera dans le condensateur. Ici l'eau de refroidissement
circulant autour du tube intérieur la condensera et elle sortira distillée tombant goutte-à-goutte dans
un récipient. La chaleur devrait être réglée de façon à ce que la première distillation n'excède pas 80
degrés centigrades. Le thermomètre indiquera s'il faut que la chaleur soit augmenté ou diminuée.
Quand environ 15 gouttes ont été distillées et que la température a été réglée de façon à ce que le
thermomètre indique toujours la même température, le récipient de réception peut être relié au bout
du condensateur. Ceci est fait dans le but d'éviter toute évaporation non nécessaire d'alcool ou toute
possibilité d'ignition de ses vapeurs. Ceci toutefois, doit être fait seulement qu'après que la pression
se soit équilibrée dans le train de distillation.

Ce sera après qu'un peu de liquide en est sorti. Quand la température commence à monter au-dessus
de 85 degrés C. et que tout l'alcool est passé, il subsistera des traces d'eau dans l'alcool. Quand la
flamme est éteinte et que les vaisseaux sont assez refroidis pour être manipulés, le train peut être
disjoint.

Le résidu du vin peut être jeté n'étant plus d'aucune utilité. Cependant le distillat est conservé. Mais
comme cet esprit de vin distillé n'est pas encore assez pur, il doit subir encore plusieurs distillations
afin de devenir de l'alcool pur. A ce point nous devrions être certains que la quantité de distillat
avec laquelle nous aurons à travailler dépasse 100 ml.. Chaque redistillation est accomplie de la
même manière que la première. Quand chaque distillation est finie, le distillat est versé dans un
flacon sec de distillation. Durant ces distillations subséquentes, la température doit être
approximativement de 78 degrés C.. A la fin de chaque distillation il restera toujours une petite
quantité de résidus troubles, qui doit être jetée puisque contenant de l'eau. Seulement durant la
dernière distillation (sept distillations sont à peu près suffisantes) on doit régler la température à 76
degrés C. Comme le menstrum final ne contient plus de trace d'eau, il atteint l'essence spirituelle
d'une herbe en moins de temps et plus efficacement qu'avant qu'il ne soit complètement rectifié.
Une autre méthode pour rectifier du vin est d'employer du carbonate de potassium anhydreux.
Toutefois, pour débuter nous n'employons pas ce procédé.
L'esprit de vin purifié nous permet d'obtenir des résultats supérieurs dans l'extraction végétale. Par
conséquent nous l'utiliserons toujours dans notre travail des herbes.
Dans un livre Allemand (4), on peut lire comme suit une version résumée du procédé:
Cinquante livres de plantes fraîches en fleurs, incluant racines, tiges, feuilles et graines sont
nettoyées et purgées des feuilles mortes ou autres impuretés et alors lavées. Après avoir coupé les
plantes en petits morceaux, de l'eau est versée dessus et alors on distille lentement. Toute l'huile qui
apparait est séparée d'avec l'eau et l'eau ainsi obtenue sans l'huile qui est pour l'instant gardée à
part, est versée de nouveau sur les plantes auxquelles on a ajouté une à deux cuillères de levure. Le
tout est placé dans un contenant en bois et légèrement couvert de sorte qu'il puisse fermenter. On
doit surveiller le moment où la fermentation cesse, on brasse bien, et on met dans un flacon et on
distille jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus rien. La distillation au bain de vapeur est la meilleure. Ce
qui reste dans le flacon est calciné, lessivé avec de l'eau, filtré et évaporé lentement. Le résidu est
conservé. Le distillat précédent est réduit par d'autres distillations successives jusqu'à ce que deux
parties du distillat égalent une partie de sel lessivé. Les deux sont distillés encore une fois et l'huile
séparée de la prémière distillation est maintenant ajoutée.

Des plantes séchées, non poison, devraient être finement pulvérisées; ajoutant six parties d'eau, elles
seront mises à digérer pour 3 ou 4 jours dans un endroit chaud. Alors le procédé entier mentionné
précédemment est répété.

L'illustre Dr. Zimpel dit dans son "Taschenrezeptierbuch fuer Spagyriker" (Carnet de prescriptions
pour Spagyristes):
"Après avoir cueilli des plantes sauvages médicinales fleuries, ou leurs parties médicinales
respectives et les avoir coupées en petits morceaux, une levure spéciale leur est ajoutée et le tout
soumis à la fermentation. Cette fermentation cède les particularités de la plante et libère les huiles
éthériques. Après la fermentation, le nouvel alcool est minutieusement distillé. Le résidu est séché
et calciné et le sel calciné est lessivé avec le distillat. La liqueur ainsi obtenue est filtrée-elle
contient les minéraux solubles de la plante médicinale- incluant son essence et son huile volatile.
Plus on la laisse reposer longtemps avant de s'en servir meilleure elle est comme le vin quand il est
laissé à vieillir dans la bouteille accroît son efficacité."
Comme nous pouvons le voir par ces deux exemples il y a une petite différence à savoir que le Dr.
Zimpel lessive son sel immédiatement avec son premier distillat.

De telles petites différences ici et là peuvent être rencontrées dans la littérature alchimique. Il
appartient à l'expérimentateur (au praticien) de choisir sa méthode, ce que seule la pratique lui
permettra.

(1) L'alcool provient de diverses sources. Il est obtenu à partir de la canne à sucre, du grain, du
blé, des patates, du raisin, du bois, pour ne nommer que ses sources les plus usuelles. Donc, tous
les alcools ne sont pas identiques. Ceci est spécialement significatif en ce qui concerne l'Alchimie.
Quand nous nous référons à l'esprit du grain, nous parlons de ce qui est l'essence du grain. Ainsi
on constaterait que l'alcool est par conséquent l'esprit ou l'essence libéré des diverses sources
desquelles nous l'obtenons. L'alcool obtenu à partir du bois est connu comme méthanol et est
poison si pris. L'alcool ou esprit du vin obtenu du vin est le meilleur et l'essence et la plus
accomplie du règne végétal. Il est reconnu comme ayant le plus haut taux vibratoire de toutes les
essences de règne végétal et est par conséquent utilisé comme menstrum pour l'extraction des
herbes.

(2) Pour rectifier l'alcool procédez comme suit: Prendre tout alcool non poison (190 et le distiller à
78 degrés C. Tout ce qui est distillé à une température à 78° C. ne peut être utilisé. Prendre tout ce
qui est distillé en-dessous de 78° et le remettre dans un flacon propre. Redistiller à 76 degrés C.. Le
distillat distillé de nouveau. Ceci doit être répété sept fois à partir de la première distillation. Ce
qui restera en arrière après chaque distillation devient de plus en plus foncé. Finalement, à la
dernière distillation le distillat sera un alcool clair comme le cristal. (N'employez pas de
méthanol). Il y a une autre méthode par laquelle l'alcool peut être rectifié. Distillez de nouveau de
l'alcool non poison 190 éprouvé à 78 degrés C.. A chaque 1000 ml. de cet alcool distillé, ajoutez 25
grammes d'anhydride de carbonate de potassium. Laissez reposer pendant 48 heures. Brassez
occasionnellement. Distillez l'alcool encore une fois à 76 degrés C..Le distillat sera un alcool
rectifié.

(3) Notre alcool rectifié qui est suffisant pour les extractions d'herbes doit cependant subir une
autre préparation avant d'être reconnu propre à l'extraction minérale. L'esprit du vin rectifié des
sages diffère de celui décrit ici pour l'extraction végétale. Il doit être également fait mention que
pour la préparation de l'esprit rectifié de vin, il est préférable d'utiliser du vin rouge; plus il est
vieux, meilleur il est. Le vin doit être pur et non tortifié. Tout vin qui contient que 17% d'alcool par
volume peut avoir été fortifié avec un alcool provenant d'autres sources que des raisins. Quand tel
est le cas et que le vin ainsi altéré est distillé, il s'ensuivra que l'essence obtenue ne sera pas l'esprit
pur de vin. Pour cette raison l'esprit de vin devrait être obtenu seulement de vin contenant moins
que 17% d'alcool par volume, ou bien obtenu d'une eau-de-vie de raisin. Ceci est d'une grande
importance en Alchimie.

(4) De: Grossman: Die Pflanze im Zaubert,,Iauben unci. in der spagyrischen (okkulten) Heilkunst.
Verlag Karl Sigismund, Berliri, 1922.