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FA114148 ISSN 0335-3931

norme européenne NF EN 1994-2


Février 2006

Indice de classement : P 22-420-1

ICS : 91.010.30 ; 91.080.10 ; 91.080.40 ; 93.040

Eurocode 4
Calcul des structures mixtes acier-béton
Partie 2 : Règles générales et règles pour les ponts

E : Eurocode 4 — Design of composite steel and concrete structures —


Part 2: General rules and rules for bridges
D : Eurocode 4 — Bemessung und Konstruktion von Verbundtragwerken
aus Stahl und Beton — Teil 2: Allgemeine Bemessungsregeln und
Anwendungsregeln für Brücken
© AFNOR 2006 — Tous droits réservés

Norme française homologuée


par décision du Directeur Général d'AFNOR le 5 janvier 2006 pour prendre effet
le 5 février 2006.
Est destinée à remplacer la norme expérimentale XP ENV 1994-2, de décembre 2000.

Correspondance La Norme européenne EN 1994-2:2005 a le statut d’une norme française

Analyse La présente partie de l’Eurocode 4 donne les règles générales et règles pour les
ponts. Le présent document ne comprend pas de document d’application national
mais doit être complété par une Annexe nationale qui définit les modalités de son
application.

Descripteurs Thésaurus International Technique : construction métallique, structure en béton,


acier de construction, béton, pont, conception, calcul, matériau, résistance des
matériaux, résistance à la fatigue, poutre, poteau, dalle, contrainte, limite.

Modifications Par rapport au document destiné à être remplacé, adoption de la norme européenne.

Corrections

Éditée et diffusée par l’Association Française de Normalisation (AFNOR) — 11, rue Francis de Pressensé — 93571 La Plaine Saint-Denis Cedex
Tél. : + 33 (0)1 41 62 80 00 — Fax : + 33 (0)1 49 17 90 00 — www.afnor.fr

© AFNOR 2006 AFNOR 2006 1er tirage 2006-02-F


Commission de Normalisation
CNCMIX
de la construction métallique

Membres de la commission de normalisation


Président : M RAOUL
Secrétariat : M BEGUIN — BNCM)

M ANTROPIUS JDA CONSULTANT


M ARIBERT INSA, CONSULTANT
M ASHTARI CETEN/APAVE
M BITAR CTICM
M BUI SETRA
M CAUSSE VINCI CONSTRUCTION GRANDS PROJETS
M CHABROLIN CTICM
M CORTADE
M CRETON BN ACIER
MLLE DAVAINE SETRA
M FLEURY RICHARD-DUCROS
M GAULIARD SCMF
M GOURMELON
M GRASMUCK ATEIM
M GRIMAULT LORRAINE-CONDESSA
M HOORPAH MOI
M KRETZ LCPC
M KRUPPA CTICM
M LAMADON BUREAU VERITAS
M MAITRE SOCOTEC
M MARTIN D. SNCF
M MATHIEU J. ARCELOR SECTIONS COMMERCIAL
M MOUM PAB
MME PATROUILLEAU AFNOR
M PERNIER DAEI / SOUS-DIRECTION DU BÂTIMENT ET DES TRAVAUX PUBLICS
MME PERO SETRA — CTOA / DGO — BNSR
M PESCATORE BNCM
M RAOUL SETRA
M RENAUX CORUS BÂTIMENT ET SYSTÈMES
M SOKOL ARCELOR CONSTRUCTION FRANCE
M TAILLEFER CSTB
M THONIER EGF BTP
M TRINH CETEN/APAVE
M ZHAO CTICM
—3— NF EN 1994-2:2006

A.P.1 : Introduction
(0) Le règlement du Comité européen de Normalisation (CEN) impose que les normes européennes adoptées par
ses membres soient transformées en normes nationales au plus tard dans les 6 mois après leur ratification et que
les normes nationales en contradiction soient annulées.
(1) La présente publication reproduit la norme européenne EN 1994-2 — «Eurocode 4 : Calcul des structures
mixtes acier-béton — Partie-2 : Règles générales et règles pour les ponts», ratifiée par le CEN le 7 juillet 2005 et
mise à disposition le 12 octobre 2005. Elle fait partie d’un ensemble de normes constituant la collection des
Eurocodes, qui dépendent dans une certaine mesure les unes des autres pour leur application. Certaines d’entre
elles sont encore en cours d’élaboration. C’est pourquoi le CEN a fixé une période de transition nécessaire à
l’achèvement de cet ensemble de normes européennes, période durant laquelle les membres du CEN ont l’auto-
risation de maintenir leurs propres normes nationales adoptées antérieurement.
(2) Cette publication, faite en application des règles du CEN, peut permettre aux différents utilisateurs de se fami-
liariser avec le contenu (concepts et méthodes) de la norme européenne.
(3) L’application en France de cette norme appelle un ensemble de précisions et de compléments pour lesquels
une Annexe nationale est en préparation dans le cadre de la Commission de normalisation CNCMIX. En attendant
la publication de cette Annexe nationale, si la norme européenne est employée, ce ne peut être qu’avec les com-
pléments précisés par l’utilisateur et sous sa responsabilité.
(4) Avec son Annexe nationale (NF P 22-420-2), la norme NF EN 1994-2 est destinée à remplacer la norme expé-
rimentale XP ENV 1994-2. Cependant, en raison des normes provisoires ENV relatives à d’autres parties de la
collection des Eurocodes, qui font référence aux normes expérimentales et qui ne sont pas encore remplacées
par des normes EN, ces dernières sont maintenues en vigueur pendant la période de coexistence nécessaire.
A.P.2 : Références aux normes françaises
La correspondance entre les normes mentionnées à l'article «Références normatives» et les normes françaises
identiques est la suivante :
EN 1090-2 : NF EN 1090-2 (indice de classement : P 06-100-2) 1)
EN 1990 : NF EN 1990 (indice de classement : P 06-100-1)
EN 1991-1-5 : NF EN 1991-1-5 (indice de classement : P 06-115-1)
EN 1991-1-6 : NF EN 1991-1-6 (indice de classement : P 06-116-1)
EN 1991-2 : NF EN 1991-2 (indice de classement : P 06-120-1)
EN 1992-1-1 : NF EN 1992-1-1 (indice de classement : P 18-711-1)
EN 1992-2 : NF EN 1992-2 (indice de classement : P 18-720-1) 1)
EN 1993-1-1 : NF EN 1993-1-1 (indice de classement : P 22-311-1)
EN 1993-1-3 : NF EN 1993-1-3 (indice de classement : P 22-313-1) 1)
EN 1993-1-5 : NF EN 1993-1-5 (indice de classement : P 22-315-1) 1)
EN 1993-1-8 : NF EN 1993-1-8 (indice de classement : P 22-318-1)
EN 1993-1-9 : NF EN 1993-1-9 (indice de classement : P 22-319-1)
EN 1993-1-11 : NF EN 1993-1-11 (indice de classement : P 22-381-1) 1)
EN 10025-1 : NF EN 10025-1 (indice de classement : A 35-501-1)
EN 10025-2 : NF EN 10025-2 (indice de classement : A 35-501-2)
EN 10025-3 : NF EN 10025-3 (indice de classement : A 35-501-3)
EN 10025-4 : NF EN 10025-4 (indice de classement : A 35-501-4)
EN 10025-5 : NF EN 10025-5 (indice de classement : A 35-501-5)
EN 10025-6 : NF EN 10025-6 (indice de classement : A 35-501-6)
EN 10326 : NF EN 10326 (indice de classement : A 36-326)
EN 10149-2 : NF EN 10149-2 (indice de classement : A 36-231-2)
EN 10149-3 : NF EN 10149-3 (indice de classement : A 36-213-3)
EN ISO 13918 : NF EN ISO 13918 (indice de classement : A 87-021)
EN ISO 14555 : NF EN ISO 14555 (indice de classement : A 89-600)

1) En cours de publication.
NORME EUROPÉENNE EN 1994-2
EUROPÄISCHE NORM
EUROPEAN STANDARD Octobre 2005

ICS : 91.010.30 ; 91.080.10 ; 91.080.40 ; 93.040 Remplace ENV 1994-2:1997

Version française

Eurocode 4 —
Calcul des structures mixtes acier-béton —
Partie 2 : Règles générales et règles pour les ponts

Eurocode 4 — Eurocode 4 —
Bemessung und Konstruktion Design of composite steel
von Verbundtragwerken aus Stahl und Beton — and concrete structures —
Teil 2: Allgemeine Bemessungsregeln Part 2: General rules and rules for bridges
und Anwendungsregeln für Brücken

La présente Norme européenne a été adoptée par le CEN le 7 juillet 2005.

Les membres du CEN sont tenus de se soumettre au Règlement Intérieur du CEN/CENELEC, qui définit les
conditions dans lesquelles doit être attribué, sans modification, le statut de norme nationale à la Norme
européenne.

Les listes mises à jour et les références bibliographiques relatives à ces normes nationales peuvent être obtenues
auprès du Centre de Gestion ou auprès des membres du CEN.

La présente Norme européenne existe en trois versions officielles (allemand, anglais, français). Une version dans
une autre langue faite par traduction sous la responsabilité d'un membre du CEN dans sa langue nationale et
notifiée au Centre de Gestion, a le même statut que les versions officielles.

Les membres du CEN sont les organismes nationaux de normalisation des pays suivants : Allemagne, Autriche,
Belgique, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie,
Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni,
Slovaquie, Slovénie, Suède et Suisse.

CEN
COMITÉ EUROPÉEN DE NORMALISATION

Europäisches Komitee für Normung


European Committee for Standardization

Centre de Gestion : rue de Stassart 36, B-1050 Bruxelles

© CEN 2005 Tous droits d’exploitation sous quelque forme et de quelque manière que ce soit réservés dans le monde
entier aux membres nationaux du CEN.
Réf. n° EN 1994-2:2005 F
Page 2
EN 1994-2:2005

Sommaire
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Avant-propos ...................................................................................................................................................... 7
1 Section 1 — Généralités ................................................................................................................. 10
1.1 Domaine d'application ....................................................................................................................... 10
1.1.1 Domaine d’application de l'Eurocode 4 ............................................................................................. 10
1.1.2 Domaine d’application de la Partie 1-1 de l'Eurocode 4 ................................................................... 10
1.1.3 Domaine d’application de la Partie 2 de l’Eurocode 4 ....................................................................... 11
1.2 Références normatives ..................................................................................................................... 11
1.2.1 Normes de référence générales ........................................................................................................ 11
1.2.2 Autres normes de référence .............................................................................................................. 11
1.2.3 Normes générales additionnelles et autres références pour les ponts mixtes .................................. 12
1.3 Hypothèses de travail ........................................................................................................................ 12
1.4 Distinction entre principes et règles d'application ............................................................................. 12
1.5 Définitions ......................................................................................................................................... 12
1.5.1 Généralités ........................................................................................................................................ 12
1.5.2 Termes et définitions supplémentaires utilisés dans la présente Norme .......................................... 13
1.5.2.1 Élément mixte ................................................................................................................................... 13
1.5.2.2 Connexion ......................................................................................................................................... 13
1.5.2.3 Comportement mixte ......................................................................................................................... 13
1.5.2.4 Poutre mixte ...................................................................................................................................... 13
1.5.2.5 Poteau mixte ..................................................................................................................................... 13
1.5.2.6 Dalle mixte ........................................................................................................................................ 13
1.5.2.7 Ossature mixte .................................................................................................................................. 13
1.5.2.8 Assemblage mixte ............................................................................................................................. 13
1.5.2.9 Élément ou structure étayée ............................................................................................................. 13
1.5.2.10 Élément ou structure non étayée ...................................................................................................... 13
1.5.2.11 Rigidité en flexion non fissurée ......................................................................................................... 13
1.5.2.12 Rigidité en flexion fissurée ................................................................................................................ 14
1.5.2.13 Précontrainte ..................................................................................................................................... 14
1.5.2.14 Tablier à poutres enrobées ............................................................................................................... 14
1.5.2.15 Plaque mixte ..................................................................................................................................... 14
1.6 Symboles .......................................................................................................................................... 14
2 Section 2 — Bases de calcul ......................................................................................................... 21
2.1 Exigences .......................................................................................................................................... 21
2.2 Principes du calcul aux états limites ................................................................................................. 21
2.3 Variables de base ............................................................................................................................. 21
2.3.1 Actions et influences de l'environnement .......................................................................................... 21
2.3.2 Propriétés des matériaux et des produits .......................................................................................... 21
2.3.3 Classification des actions .................................................................................................................. 21
2.4 Vérification par la méthode des coefficients partiels ......................................................................... 21
2.4.1 Valeurs de calcul ............................................................................................................................... 21
2.4.1.1 Valeurs de calcul des actions ............................................................................................................ 21
2.4.1.2 Valeurs de calcul des propriétés de matériau ou de produit ............................................................. 22
2.4.1.3 Valeurs de calcul des données géométriques .................................................................................. 22
2.4.1.4 Résistances de calcul ....................................................................................................................... 22
2.4.2 Combinaisons d'actions .................................................................................................................... 22
2.4.3 Vérification de l'équilibre statique (EQU) .......................................................................................... 22
3 Section 3 — Matériaux .................................................................................................................... 23
3.1 Béton ................................................................................................................................................. 23
3.2 Acier d'armature pour les ponts ........................................................................................................ 23
3.3 Acier de construction pour les ponts ................................................................................................. 23
3.4 Dispositifs d'assemblage ................................................................................................................... 23
3.4.1 Généralités ........................................................................................................................................ 23
3.4.2 Goujons à tête ................................................................................................................................... 23
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EN 1994-2:2005

Sommaire (suite)
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3.5 Acier et dispositifs de précontrainte ................................................................................................... 23


3.6 Éléments tendus en acier .................................................................................................................. 23
4 Section 4 — Durabilité ..................................................................................................................... 24
4.1 Généralités ........................................................................................................................................ 24
4.2 Protection contre la corrosion à l'interface acier-béton dans les ponts .............................................. 24
5 Section 5 — Analyse structurale .................................................................................................... 25
5.1 Modélisation structurale pour l'analyse .............................................................................................. 25
5.1.1 Modélisation structurale et hypothèses de base ................................................................................ 25
5.1.2 Modélisation des assemblages .......................................................................................................... 25
5.1.3 Interaction sol-structure ..................................................................................................................... 25
5.2 Stabilité structurale ............................................................................................................................ 25
5.2.1 Effets de la déformation géométrique de la structure ........................................................................ 25
5.2.2 Méthodes d'analyse pour les ponts ................................................................................................... 26
5.3 Imperfections ..................................................................................................................................... 26
5.3.1 Bases ................................................................................................................................................. 26
5.3.2 Imperfections pour les ponts .............................................................................................................. 26
5.4 Calcul des effets des actions ............................................................................................................. 26
5.4.1 Méthodes d'analyse globale .............................................................................................................. 26
5.4.1.1 Généralités ........................................................................................................................................ 26
5.4.1.2 Largeur efficace des semelles pour le traînage de cisaillement ........................................................ 27
5.4.2 Analyse élastique linéaire .................................................................................................................. 28
5.4.2.1 Généralités ........................................................................................................................................ 28
5.4.2.2 Fluage et retrait .................................................................................................................................. 28
5.4.2.3 Effets de la fissuration du béton ........................................................................................................ 29
5.4.2.4 Étapes et phasage de construction ................................................................................................... 30
5.4.2.5 Effets de la température .................................................................................................................... 30
5.4.2.6 Précontrainte par déformations imposées contrôlées ....................................................................... 30
5.4.2.7 Précontrainte par armatures .............................................................................................................. 30
5.4.2.8 Éléments tendus dans les ponts mixtes ............................................................................................ 30
5.4.2.9 Tabliers de ponts à poutres enrobées ............................................................................................... 31
5.4.3 Analyse globale non linéaire pour les ponts ...................................................................................... 32
5.4.4 Combinaison des effets d'actions globales et locales ........................................................................ 32
5.5 Classification des sections ................................................................................................................. 32
5.5.1 Généralités ........................................................................................................................................ 32
5.5.2 Classification des sections mixtes sans enrobage de béton ............................................................. 33
5.5.3 Classification des sections de tabliers de ponts à poutres enrobées ................................................ 33
6 Section 6 — États limites ultimes .................................................................................................. 35
6.1 Poutres .............................................................................................................................................. 35
6.1.1 Poutres de ponts — généralités ........................................................................................................ 35
6.1.2 Largeur efficace pour la vérification des sections .............................................................................. 35
6.2 Résistances des sections de poutres ................................................................................................ 35
6.2.1 Résistance à la flexion ....................................................................................................................... 35
6.2.1.1 Généralités ........................................................................................................................................ 35
6.2.1.2 Moment résistant plastique Mpl,Rd d'une section mixte ..................................................................... 35
6.2.1.3 Règles supplémentaires pour les poutres de ponts ........................................................................... 36
6.2.1.4 Résistance non linéaire à la flexion ................................................................................................... 37
6.2.1.5 Résistance élastique à la flexion ....................................................................................................... 38
6.2.2 Résistance à l'effort tranchant ........................................................................................................... 38
6.2.2.1 Domaine d'application ........................................................................................................................ 38
6.2.2.2 Résistance plastique à l'effort tranchant ............................................................................................ 38
6.2.2.3 Résistance au voilement par cisaillement .......................................................................................... 39
6.2.2.4 Flexion et effort tranchant .................................................................................................................. 39
6.2.2.5 Règles supplémentaires pour les poutres de ponts ........................................................................... 39
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Sommaire (suite)
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6.3 Tabliers à poutres enrobées ............................................................................................................. 40


6.3.1 Domaine d'application ....................................................................................................................... 40
6.3.2 Généralités ........................................................................................................................................ 41
6.3.3 Moments fléchissants ........................................................................................................................ 41
6.3.4 Effort tranchant .................................................................................................................................. 41
6.3.5 Résistance et stabilité des poutres en acier en cours d'exécution .................................................... 41
6.4 Déversement des poutres mixtes ...................................................................................................... 41
6.4.1 Généralités ........................................................................................................................................ 41
6.4.2 Poutres de ponts à sections uniformes de classe 1, 2 ou 3 .............................................................. 42
6.4.3 Méthodes générales pour le flambement des éléments et ossatures ............................................... 43
6.4.3.1 Méthode générale ............................................................................................................................. 43
6.4.3.2 Méthode simplifiée ............................................................................................................................ 43
6.5 Forces transversales exercées sur les âmes .................................................................................... 43
6.5.1 Généralités ........................................................................................................................................ 43
6.5.2 Voilement des âmes induit par les semelles ..................................................................................... 43
6.6 Connexion ......................................................................................................................................... 44
6.6.1 Généralités ........................................................................................................................................ 44
6.6.1.1 Bases de calcul ................................................................................................................................. 44
6.6.1.2 États limites ultimes autres que la fatigue ......................................................................................... 44
6.6.2 Effort de cisaillement longitudinal dans les poutres de ponts ........................................................... 45
6.6.2.1 Poutres pour lesquelles la résistance des sections utilise une théorie élastique ou non linéaire ..... 45
6.6.2.2 Poutres de ponts avec des sections de classe 1 ou 2 ...................................................................... 45
6.6.2.3 Effets locaux d’un effort concentré de cisaillement longitudinal dû à l'introduction de forces
longitudinales .................................................................................................................................... 46
6.6.2.4 Effets locaux d’un effort concentré de cisaillement longitudinal dû à un soudain changement
de section .......................................................................................................................................... 47
6.6.3 Goujons à tête utilisés dans les dalles pleines et les enrobages de béton ....................................... 48
6.6.3.1 Résistance de calcul ......................................................................................................................... 48
6.6.3.2 Influence de la traction sur la résistance au cisaillement .................................................................. 48
6.6.4 Goujons à tête donnant lieu à des efforts de fendage dans le sens de l'épaisseur de la dalle ......... 48
6.6.5 Dispositions constructives de la connexion et influence de l'exécution ............................................ 49
6.6.5.1 Résistance à la séparation ................................................................................................................ 49
6.6.5.2 Enrobage et bétonnage des ponts .................................................................................................... 49
6.6.5.3 Armature locale de la dalle ................................................................................................................ 49
6.6.5.4 Renformis autres que ceux formés par les plaques nervurées en acier ........................................... 50
6.6.5.5 Espacement des connecteurs ........................................................................................................... 50
6.6.5.6 Dimensions de la semelle en acier ................................................................................................... 50
6.6.5.7 Goujons à tête ................................................................................................................................... 51
6.6.6 Cisaillement longitudinal dans les dalles en béton ............................................................................ 51
6.6.6.1 Généralités ........................................................................................................................................ 51
6.6.6.2 Résistance de calcul au cisaillement longitudinal ............................................................................. 52
6.6.6.3 Armature transversale minimale ....................................................................................................... 52
6.7 Poteaux mixtes et éléments mixtes comprimés ................................................................................ 52
6.7.1 Généralités ........................................................................................................................................ 52
6.7.2 Méthode générale de calcul .............................................................................................................. 53
6.7.3 Méthode simplifiée de calcul ............................................................................................................. 54
6.7.3.1 Généralités et domaine d’application ................................................................................................ 54
6.7.3.2 Résistance des sections transversales ............................................................................................. 54
6.7.3.3 Rigidité en flexion efficace, rapport de contribution de l'acier et élancement réduit .......................... 56
6.7.3.4 Méthodes d'analyse et imperfections des éléments ......................................................................... 57
6.7.3.5 Résistance des éléments soumis à une compression axiale ............................................................ 58
6.7.3.6 Résistance des éléments à une combinaison de compression et de flexion uni axiale .................... 59
6.7.3.7 Compression et flexion bi axiale combinées ..................................................................................... 59
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EN 1994-2:2005

Sommaire (suite)
Page

6.7.4 Connexion et introduction des charges ............................................................................................. 60


6.7.4.1 Généralités ........................................................................................................................................ 60
6.7.4.2 Introduction des charges ................................................................................................................... 60
6.7.4.3 Cisaillement longitudinal hors des zones d'introduction des charges ................................................ 62
6.7.5 Dispositions constructives ................................................................................................................. 63
6.7.5.1 Enrobage des profilés en acier et des armatures .............................................................................. 63
6.7.5.2 Armature longitudinale et transversale .............................................................................................. 63
6.8 Fatigue ............................................................................................................................................... 64
6.8.1 Généralités ........................................................................................................................................ 64
6.8.2 Coefficients partiels pour l'évaluation de la fatigue des ponts ........................................................... 64
6.8.3 Résistance à la fatigue ...................................................................................................................... 64
6.8.4 Sollicitations et chargements pour la fatigue ..................................................................................... 65
6.8.5 Contraintes ........................................................................................................................................ 65
6.8.5.1 Généralités ........................................................................................................................................ 65
6.8.5.2 Béton ................................................................................................................................................. 65
6.8.5.3 Acier de construction ......................................................................................................................... 66
6.8.5.4 Armature ............................................................................................................................................ 66
6.8.5.5 Connexion .......................................................................................................................................... 66
6.8.5.6 Contraintes dans l'armature béton et l’armature de précontrainte des éléments précontraints
par armature adhérente ..................................................................................................................... 67
6.8.6 Étendues de contrainte ...................................................................................................................... 67
6.8.6.1 Acier de construction et armature ...................................................................................................... 67
6.8.6.2 Connexion .......................................................................................................................................... 67
6.8.7 Évaluation de la fatigue basée sur les étendues de contrainte nominale .......................................... 68
6.8.7.1 Acier de construction, armature et béton ........................................................................................... 68
6.8.7.2 Connexion .......................................................................................................................................... 68
6.9 Éléments tendus dans les ponts mixtes ............................................................................................ 69
7 Section 7 — États limites de service ............................................................................................. 70
7.1 Généralités ........................................................................................................................................ 70
7.2 Contraintes ........................................................................................................................................ 70
7.2.1 Généralités ........................................................................................................................................ 70
7.2.2 Limitation des contraintes dans les ponts .......................................................................................... 71
7.2.3 Respiration des âmes ........................................................................................................................ 71
7.3 Déformations dans les ponts ............................................................................................................. 71
7.3.1 Flèches .............................................................................................................................................. 71
7.3.2 Vibrations ........................................................................................................................................... 71
7.4 Fissuration du béton .......................................................................................................................... 71
7.4.1 Généralités ........................................................................................................................................ 71
7.4.2 Armature minimale ............................................................................................................................. 72
7.4.3 Contrôle de la fissuration due aux actions directes ........................................................................... 73
7.5 Tablier à poutres enrobées ................................................................................................................ 74
7.5.1 Généralités ........................................................................................................................................ 74
7.5.2 Fissuration du béton .......................................................................................................................... 74
7.5.3 Armature minimale ............................................................................................................................. 75
7.5.4 Contrôle de la fissuration due aux actions directes ........................................................................... 75
8 Section 8 — Dalles en béton préfabriqué dans les ponts mixtes ............................................... 76
8.1 Généralités ........................................................................................................................................ 76
8.2 Actions ............................................................................................................................................... 76
8.3 Calcul, analyse et disposition constructive de la dalle de pont .......................................................... 76
8.4 Interface entre poutre en acier et dalle en béton ............................................................................... 76
8.4.1 Scellement et tolérances ................................................................................................................... 76
8.4.2 Corrosion ........................................................................................................................................... 76
8.4.3 Connexion et armature transversale .................................................................................................. 76
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EN 1994-2:2005

Sommaire (fin)
Page

9 Section 9 — Plaques mixtes dans les ponts ................................................................................ 77


9.1 Généralités ........................................................................................................................................ 77
9.2 Calcul des effets locaux .................................................................................................................... 77
9.3 Calcul des effets globaux .................................................................................................................. 77
9.4 Calcul des connecteurs ..................................................................................................................... 77
Annexe C (informative) Goujons à tête donnant lieu à des efforts de fendage
dans le sens de l'épaisseur de la dalle ...................................................................................... 80
C.1 Résistance de calcul et dispositions constructives ........................................................................... 80
C.2 Résistance à la fatigue ...................................................................................................................... 82
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EN 1994-2:2005

Avant-propos

Le présent document (EN 1994-2:2005), «Eurocode 4 : Calcul des structures mixtes acier-béton — Partie 2 :
Règles générales et règles pour les ponts», a été élaboré au nom du Comité technique CEN/TC 250 «Eurocodes
structuraux», dont le secrétariat est tenu par BSI.
Cette Norme européenne devra recevoir le statut de norme nationale, soit par publication d'un texte identique, soit
par entérinement, au plus tard en avril 2006, et toutes les normes nationales en contradiction devront être retirées
au plus tard en mars 2010.
Le présent document remplace l’ENV 1994-2:1997.
Le CEN/TC 250 est en charge de tous les Eurocodes structuraux.
Selon le Règlement Intérieur du CEN/CENELEC, les instituts de normalisation nationaux des pays suivants sont
tenus de mettre cette Norme européenne en application : Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Danemark,
Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg,
Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède
et Suisse.
Fondement du programme des Eurocodes
En 1975, la Commission des Communautés européennes arrêta un programme d'actions dans le domaine de la
construction, sur la base de l'article 95 du Traité. L'objectif du programme était l'élimination des obstacles techni-
ques au commerce et l'harmonisation des spécifications techniques.
Dans le cadre de ce programme d'action, la Commission prit l'initiative d'établir un ensemble de règles techniques
harmonisées pour le dimensionnement des ouvrages ; ces règles, en premier stade, serviraient d'alternative aux
règles nationales en vigueur dans les États Membres et, finalement, les remplaceraient.
Pendant quinze ans, la Commission, avec l'aide d'un Comité directeur comportant des représentants des États
Membres, pilota le développement du programme Eurocodes, ce qui conduisit au cours des années 1980 à la
première génération de codes européens.
En 1989, la Commission et les États Membres de l'Union Européenne et de l'AELE décidèrent, sur la base d'un
accord 1) entre la Commission et le CEN, de transférer au CEN, par une série de Mandats, la préparation et la
publication des Eurocodes, afin de leur donner par la suite un statut de normes européennes (EN). Ceci établit de
facto un lien entre les Eurocodes et les dispositions de toutes les Directives du Conseil et/ou Décisions de la
Commission concernant les normes européennes (par exemple, la Directive du Conseil 89/106/CEE sur les
Produits de Construction — DPC — et les Directives du Conseil 93/37/CEE, 92/50/CEE et 89/440/CEE sur les
marchés publics de travaux et services, ainsi que les Directives équivalentes de l'AELE destinées à la mise en
place du marché intérieur).
Le programme des Eurocodes Structuraux comprend les normes suivantes, chacune étant en général constituée
d'un certain nombre de Parties :

EN 1990 Eurocode : Base de calcul des structures


EN 1991 Eurocode 1 : Actions sur les structures
EN 1992 Eurocode 2: Calcul des structures en béton
EN 1993 Eurocode 3 : Calcul des structures en acier
EN 1994 Eurocode 4: Calcul des structures mixtes acier-béton
EN 1995 Eurocode 5: Calcul des structures en bois
EN 1996 Eurocode 6 : Calcul des structures en maçonnerie
EN 1997 Eurocode 7: Calcul géotechnique
EN 1998 Eurocode 8: Calcul des structures pour leur résistance sismique
EN 1999 Eurocode 9: Calcul des structures en aluminium

1) Accord entre la Commission des Communautés européennes et le Comité européen de normalisation (CEN)
concernant le travail sur les EUROCODES pour le dimensionnement des ouvrages de bâtiment et de génie
civil (BC/CEN/03/89)
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EN 1994-2:2005

Les normes Eurocodes reconnaissent la responsabilité des organismes de réglementation de chaque État mem-
bre et ont sauvegardé le droit de ceux-ci de déterminer, au niveau national, des valeurs relatives aux questions
relevant de la réglementation en matière de sécurité, là où ces valeurs continuent à différer d'un État à l'autre.
Statut et domaine d'application des Eurocodes
Les États Membres de l'UE et de l'AELE reconnaissent que les Eurocodes servent de documents de référence
pour les usages suivants :
— comme moyen de prouver la conformité des bâtiments et des ouvrages de génie civil aux exigences essentiel-
les de la Directive du Conseil 89/106/CEE, en particulier à l'Exigence Essentielle N° 1 — Stabilité et résistance
mécanique — et à l'Exigence Essentielle N° 2 — Sécurité en cas d'incendie ;
— comme base de spécification des contrats pour les travaux de construction et les services techniques associés ;
— comme cadre d'établissement de spécifications techniques harmonisées pour les produits de construction
(EN et ATE).
Les Eurocodes, dans la mesure où ils concernent les ouvrages eux-mêmes, ont une relation directe avec les
Documents Interprétatifs 2) visés à l'Article 12 de la DPC, bien qu'ils soient d'une nature différente de celle des
normes harmonisées de produits 3). En conséquence, les aspects techniques résultant des travaux effectués
pour les Eurocodes nécessitent d'être pris en considération de façon adéquate par les Comités techniques du
CEN et/ou les groupes de travail de l'EOTA travaillant sur les normes de produits en vue de parvenir à une com-
plète compatibilité de ces spécifications techniques avec les Eurocodes.
Les normes Eurocodes fournissent des règles de conception structurale communes d'usage quotidien pour le
calcul des structures entières et des produits composants de nature traditionnelle ou innovante. Les formes de
construction ou les conceptions inhabituelles ne sont pas spécifiquement couvertes, et il appartiendra en ces cas
au concepteur de se procurer des bases spécialisées supplémentaires.
Normes nationales transposant les Eurocodes
Les normes nationales transposant les Eurocodes comprendront la totalité du texte des Eurocodes (toutes
annexes incluses), tel que publié par le CEN ; ce texte peut être précédé d'une page nationale de titres et par un
Avant-Propos National, et peut être suivi d'une Annexe Nationale.
L'Annexe Nationale peut seulement contenir des informations sur les paramètres laissés en attente dans
l'Eurocode pour choix national, sous la désignation de Paramètres Déterminés au niveau National, à utiliser pour
les projets de bâtiments et ouvrages de génie civil dans le pays concerné ; il s'agit :
— de valeurs et/ou des classes là où des alternatives figurent dans l'Eurocode ;
— de valeurs à utiliser là où seul un symbole est donné dans l'Eurocode ;
— de données propres à un pays (géographiques, climatiques, etc.), par exemple carte de neige ;
— de la procédure à utiliser là où des procédures alternatives sont données dans l'Eurocode ;
Elle peut également contenir :
— des décisions sur l'usage des annexes informatives, et
— des références à des informations complémentaires non contradictoires pour aider l'utilisateur à appliquer
l'Eurocode.

2) Selon l'article 3.3 de la DPC, les exigences essentielles (EE) doivent recevoir une forme concrète dans des
Documents interprétatifs pour assurer les liens nécessaires entre les exigences essentielles et les mandats
pour normes européennes (EN) harmonisées et guides pour les agréments techniques européens (ATE), et
ces agréments eux-mêmes.
3) Selon l'article 12 de la DPC, les documents interprétatifs doivent :
a) donner une forme concrète aux exigences essentielles en harmonisant la terminologie et les bases techni-
ques et en indiquant, lorsque c'est nécessaire, des classes ou niveaux pour chaque exigence ;
b) indiquer des méthodes pour relier ces classes ou niveaux de exigences avec les spécifications techniques,
par exemple méthodes de calcul et d'essai, règles techniques pour la conception, etc. ;
c) servir de référence pour l'établissement de normes harmonisées et de guides pour agréments techniques
européens.
Les Eurocodes, de facto, jouent un rôle similaire pour l'EE 1 et une partie de l'EE 2.
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EN 1994-2:2005

Liens entre les Eurocodes et les spécifications techniques harmonisées (EN et ATE) pour les produits
Une cohérence est nécessaire entre les spécifications techniques harmonisées pour les produits de construction
et les règles techniques pour les ouvrages 4). En outre, toute information accompagnant le marquage CE des
produits de construction, se référant aux Eurocodes, doivent clairement faire apparaître quels Paramètres
Déterminés au niveau National ont été pris en compte.
Informations additionnelles spécifiques à l'EN 1994-2
L'EN 1994-2 décrit les principes et les exigences relatifs à la sécurité, à l'aptitude au service et à la durabilité des
structures mixtes acier-béton, ainsi que les dispositions spécifiques relatives aux ponts. La présente norme est
fondée sur le concept d'état limite utilisé conjointement à une méthode des coefficients partiels.
L'EN 1994-2 est destinée à être utilisée par :
— les comités qui rédigent d’autres normes relatives au calcul des structures et aux produits associés, ainsi que
des normes d'essai et d'exécution ;
— les clients (par exemple pour la formulation de leurs prescriptions spécifiques concernant les niveaux de
fiabilité et la durabilité) ;
— les concepteurs et les constructeurs ;
— les autorités compétentes.
L’EN 1994-2 comporte les règles générales de l'EN 1994-1-1 ainsi que des règles spécifiques pour la conception
de structures mixtes en acier-béton pour les ponts et éléments constitutifs des ponts.
L’EN 1994-2 est destinée à être utilisée avec l'EN 1990, les parties pertinentes de l'EN 1991, l'EN 1993 pour la
conception des structures en acier et l'EN 1992 pour la conception des structures en béton.
Des valeurs numériques pour les coefficients partiels et d'autres paramètres de fiabilité sont recommandés
comme valeurs de base fournissant un niveau de fiabilité acceptable. Ces valeurs et paramètres ont été sélec-
tionnés en supposant qu'un niveau approprié de qualité d'exécution et de management de la qualité s'applique.
Les mêmes valeurs doivent être utilisées lorsque l'EN 1994-2 est utilisée comme document de base par les autres
Comités techniques du CEN.
Annexe Nationale pour l'EN 1994-2
La présente norme propose des alternatives concernant des procédures, des valeurs et des recommandations de
classes, avec des Notes indiquant où des choix nationaux peuvent devoir être faits. C'est pourquoi il convient de
doter la Norme Nationale transposant l'EN 1994-2 d'une Annexe Nationale contenant tous les Paramètres
Déterminés au niveau National à utiliser pour le dimensionnement de ponts à construire dans le pays concerné.

Un choix national est autorisé dans les Un choix national est autorisé pour les règles
règles générales de l'EN 1994-1-1:2004, spécifiques aux ponts, par application des
par application des paragraphes suivants : paragraphes suivants :
• 2.4.1.1 (1) 1.1.3 (3)
• 2.4.1.2 (5) 2.4.1.2 (6)

• 6.6.3.1 (1) 5.4.4 (1)


6.2.1.5 (9)
6.2.2.5 (3)
6.3.1 (1)
6.6.1.1 (13)
6.8.1 (3)
6.8.2 (1)
7.4.1 (4)
7.4.1 (6)
8.4.3 (3)

4) Voir le paragraphe 3.3 et l'article 12 de la DPC, ainsi que les paragraphes 4.2, 4.3.1, 4.3.2 et 5.2 du DI 1.
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1 Section 1 — Généralités

1.1 Domaine d'application


1.1.1 Domaine d’application de l'Eurocode 4
(1) L'Eurocode 4 s'applique au calcul des éléments et structures mixtes destinées aux bâtiments et aux ouvra-
ges de génie civil. Il est conforme aux principes et exigences concernant la sécurité et l'aptitude au service des
structures, les bases de leur calcul et leur vérification qui sont donnés dans l'EN 1990:2002 — Bases de calcul
des structures.
(2) L'Eurocode 4 concerne uniquement les exigences de résistance, d'aptitude au service, de durabilité et de
résistance au feu des structures mixtes. Les autres exigences, par ex. concernant l'isolation thermique ou phoni-
que, ne sont pas considérées.
(3) L'Eurocode 4 est destiné à être utilisé en conjonction avec les :
— EN 1990 Bases de calcul des structures
— EN 1991 Actions sur les structures
— EN, hEN, ATE (Agréments Techniques Européens) et guides ATE pour les produits de construction concer-
nant les structures mixtes
— EN 1090 Exécution des structures en acier et en aluminium — Exigences techniques
— EN 13670 Exécution des structures en béton
— EN 1992 Calcul des structures en béton
— EN 1993 Calcul des structures en acier
— EN 1997 Calcul géotechnique
— EN 1998 Calcul des structures pour leur résistance sismique
(4) L'Eurocode 4 est subdivisé en différentes parties:
— Partie 1.1 : Règles générales et règles pour les bâtiments
— Partie 1.2 : Calcul du comportement au feu
— Partie 2 : Règles générales et règles pour les ponts

1.1.2 Domaine d’application de la Partie 1-1 de l'Eurocode 4


(1) La Partie 1-1 de l'Eurocode 4 donne une base générale pour le calcul des structures mixtes ainsi que des
règles spécifiques pour les bâtiments.
(2) Les sujets suivants sont traités dans la Partie 1-1 :
- Section 1 : Généralités
- Section 2 : Base de calcul
- Section 3 : Matériaux
- Section 4 : Durabilité
- Section 5 : Analyse structurale
- Section 6 : États-limites ultimes
- Section 7 : États-limites de service
- Section 8 : Assemblages mixtes des structures de bâtiments
- Section 9 : Dalles mixtes avec plaques nervurées en acier dans les bâtiments
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1.1.3 Domaine d’application de la Partie 2 de l’Eurocode 4


(1) La partie 2 de l'Eurocode 4 donne les règles de calcul pour les ponts mixtes acier-béton ou éléments
de ponts en supplément aux règles générales de l'EN 1994-1-1. Les ponts à haubans ne sont pas pleinement
couverts par cette partie.
(2) Les sujets suivants sont traités dans la Partie 2 :
- Section 1 : Généralités
- Section 2 : Base de calcul
- Section 3 : Matériaux
- Section 4 : Durabilité
- Section 5 : Analyse structurale
- Section 6 : États-limites ultimes
- Section 7 : États-limites de service
- Section 8 : Tabliers à dalles en béton préfabriqué
- Section 9 : Plaques mixtes dans les ponts
(3) Des dispositions pour les connecteurs sont uniquement indiquées pour les goujons à tête soudés.
NOTE L’Annexe Nationale peut donner des informations pour d'autres types de connecteurs.

1.2 Références normatives


Les documents normatifs suivants contiennent des dispositions qui, par suite de la référence qui en est faite,
constituent des dispositions valables pour la présente norme européenne. Pour les références datées, les amen-
dements ou révisions ultérieurs de l'une quelconque de ces publications ne s'appliquent pas. Cependant, les par-
ties pour des contrats basés sur la présente Norme Européenne sont encouragées à étudier la possibilité
d’appliquer les éditions les plus récentes des documents normatifs indiqués ci-dessous. Pour les références non
datées, la dernière édition du document normatif auquel il est fait référence s'applique.

1.2.1 Normes de référence générales


EN 1090-2 5) Exécution des structures en acier et des structures en aluminium — Partie 2 : Exigences tech-
niques pour l’exécution des structures en acier.
EN 1990:2002 Base de calcul des structures.

1.2.2 Autres normes de référence


EN 1992-1-1:2004 Eurocode 2 : Calcul des structures en béton — Partie 1-1 : Règles générales et règles pour
les bâtiments.
EN 1993-1-1:2005 Eurocode 3 : Calcul des structures en acier — Partie 1-1 : Règles générales et règles pour
les bâtiments.
EN 1993-1-3 5) Eurocode 3 : Calcul des structures en acier — Partie 1-3 : Profilés et plaques formés à froid.
5)
EN 1993-1-5 Eurocode 3 : Calcul des structures en acier — Partie 1-5 : Plaques planes.
EN 1993-1-8:2005 Eurocode 3 : Calcul des structures en acier — Partie 1-8 : Calcul des assemblages.
EN 1993-1-9:2005 Eurocode 3 : Calcul des structures en acier — Partie 1-9 : Fatigue.
EN 1993-1-11 5) Eurocode 3 : Calcul des structures en acier — Partie 1-11 : Calcul des structures compre-
nant des câbles ou des éléments tendus.

5) En cours de publication.
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EN 10025-1:2004 Produits laminés à chaud en aciers de construction — Partie 1 : Conditions générales de


livraison.
EN 10025-2:2004 Produits laminés à chaud en aciers de construction — Partie 2 : Conditions techniques de
livraison des aciers de construction non alliés.
EN 10025-3:2004 Produits laminés à chaud en aciers de construction — Partie 3 : Conditions techniques de
livraison des aciers de construction à grains fins soudables laminés normalisés/normalisés.
EN 10025-4:2004 Produits laminés à chaud en aciers de construction — Partie 4 : Conditions techniques de
livraison des aciers de construction à grains fins soudables obtenus par laminage thermo-
mécanique.
EN 10025-5:2004 Produits laminés à chaud en aciers de construction — Partie 5 : Conditions techniques de
livraison des aciers de construction à résistance améliorée à la corrosion atmosphérique.
EN 10025-6:2004 Produits laminés à chaud en aciers de construction — Partie 6 : Conditions techniques de
livraison des tôles et larges plats en aciers de construction à haute limite d'élasticité à l’état
trempé et revenu.
EN 10326:2004 Bandes et tôles en aciers de construction galvanisées à chaud en continu Conditions tech-
niques de livraison.
EN 10149-2:1995 Produits plats laminés à chaud en aciers à haute limite d'élasticité pour formage à froid —
Partie 2 : Conditions de livraison des aciers obtenus par laminage thermomécanique.
EN 10149-3:1995 Produits plats laminés à chaud en aciers à haute limite d'élasticité pour formage à froid —
Partie 3 : Conditions de livraison des aciers à l'état normalisé ou laminage normalisant.
EN ISO 13918:1998 Goujons et bagues en céramique pour le soudage à l'arc des goujons.
EN ISO 14555:1998 Soudage à l'arc des goujons sur les matériaux métalliques.

1.2.3 Normes générales additionnelles et autres références pour les ponts mixtes
EN 1990:Annexe 2 6) Bases de calcul des structures : Application aux ponts.
EN 1991-1-5:2003 Actions sur les structures — Partie 1-5 : Actions générales — Actions thermiques.
EN 1991-1-6:2005 Actions sur les structures — Partie 1-6 : Actions générales — Actions en cours d’exécution.
EN 1991-2:2003 Actions sur les structures — Partie 2 : Actions sur les ponts, dues au trafic.
6)
EN 1992-2 Calcul des structures en béton — Partie 2 — Ponts.
EN 1993-2 6) Calcul des structures en acier — Partie 2 — Ponts.

1.3 Hypothèses de travail


(1) Outre les hypothèses générales de l'EN 1990:2002, les hypothèses suivantes s'appliquent:
— celles données en 1.3 de l'EN 1992-1-1:2004 et EN 1993-1-1:2005.

1.4 Distinction entre principes et règles d'application


(1) Les règles données dans l'EN 1990:2002, 1.4 s'appliquent.

1.5 Définitions
1.5.1 Généralités
(1) Les termes et définitions donnés dans l'EN 1990:2002, 1.5, EN 1992-1-1:2004, 1.5 et EN 1993-1-1:2005,
1.5 s'appliquent.

6) En cours de publication.
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1.5.2 Termes et définitions supplémentaires utilisés dans la présente Norme

1.5.2.1 Élément mixte


Un élément structural comportant des éléments en béton et en acier de construction ou formé à froid, liés entre
eux par connexion afin de limiter le glissement longitudinal entre béton et acier et la séparation de ces éléments.

1.5.2.2 Connexion
Une liaison entre les éléments en béton et les éléments en acier d'un élément mixte, possédant une résistance et
une rigidité suffisantes pour permettre à ces deux éléments d'être calculés comme parties d'un même élément
structural.

1.5.2.3 Comportement mixte


Un comportement apparaissant après que la connexion ait atteint son efficacité par durcissement du béton.

1.5.2.4 Poutre mixte


Un élément mixte soumis principalement à la flexion.

1.5.2.5 Poteau mixte


Un élément mixte soumis principalement à la compression ou à la compression et la flexion.

1.5.2.6 Dalle mixte


Une dalle dans laquelle des plaques nervurées en acier sont utilisées initialement comme coffrage permanent et
collaborent ensuite structuralement avec le béton durci pour agir comme armatures de traction dans le plancher
fini.

1.5.2.7 Ossature mixte


Une ossature dans laquelle certains ou la totalité des éléments sont des éléments mixtes et où la plupart des élé-
ments restants sont des barres en acier de construction.

1.5.2.8 Assemblage mixte


Un assemblage entre un élément mixte et un autre élément mixte, en acier ou en béton armé, où l'armature est
prise en compte dans le calcul pour la résistance et la rigidité de l'assemblage.

1.5.2.9 Élément ou structure étayée


Une structure ou élément où le poids des éléments en béton est appliqué sur les éléments en acier qui sont
appuyés en travée, ou est supporté indépendamment jusqu'à ce que les éléments en béton soient capables de
résister aux contraintes.

1.5.2.10 Élément ou structure non étayée


Une structure ou élément où le poids des éléments en béton est appliqué sur les éléments en acier qui ne sont
pas appuyés en travée.

1.5.2.11 Rigidité en flexion non fissurée


La rigidité EaI1 d'une section transversale d'un élément mixte où I1 est le moment d'inertie de la section efficace
en acier équivalente calculé en supposant que le béton tendu n'est pas fissuré.
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1.5.2.12 Rigidité en flexion fissurée


La rigidité EaI2 d'une section transversale d’un élément mixte où I2 est le moment d'inertie de la section efficace
en acier équivalente calculé en négligeant le béton tendu mais en tenant compte de l'armature.

1.5.2.13 Précontrainte
Procédé consistant à appliquer des contraintes de compression au béton faisant partie d'un élément mixte, au
moyen de câbles de précontrainte ou par déformations imposées et contrôlées.

1.5.2.14 Tablier à poutres enrobées


Tablier constitué d'une dalle en béton armé et de poutres en acier laminées ou soudées partiellement enrobées
de béton et dont la semelle inférieure est au niveau de la partie inférieure de la dalle.

1.5.2.15 Plaque mixte


Élément mixte constitué d'une tôle inférieure plane en acier connectée à une dalle en béton et dont la longueur et
la largeur sont beaucoup plus grandes que l'épaisseur.

1.6 Symboles
Pour la présente Norme, les symboles suivants s'appliquent :
Caractères romains majuscules
A Aire de section de la section mixte efficace en négligeant le béton tendu
Aa Aire de section de la section d'acier de construction
Ab Aire de section de l'armature transversale inférieure
Abh Aire de section de l'armature transversale inférieure d'un renformis
Ac Aire de section du béton
Act Aire de section de la zone tendue du béton
Afc Aire de section de la semelle comprimée
Ap Aire de section de l’armature de précontrainte
As Aire de section de l'armature
Asf Aire de section de l'armature transversale
At Aire de section de l'armature transversale supérieure
Av Aire de cisaillement d'une section en acier de construction
A1 Aire chargée sous le gousset
Ea Module d'élasticité de l'acier de construction
Ec,eff Module d'élasticité efficace pour le béton
Ecm Module sécant d'élasticité du béton
Es Valeur de calcul du module d'élasticité de l'acier d'armature
(EA)eff Rigidité longitudinale efficace du béton fissuré
(EI)eff Rigidité en flexion efficace pour le calcul de l'élancement réduit
(EI)eff,II Rigidité en flexion efficace pour l'analyse au second ordre
(EI)2 Rigidité en flexion fissurée par unité de largeur du béton ou de la dalle mixte
Fd Composante, dans le sens de la poutre en acier, de l’effort de calcul d’un câble adhérent ou non adhé-
rent, appliqué après que la connexion soit devenue efficace
Fl Effort longitudinal de calcul par goujon
Ft Effort transversal de calcul par goujon
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Ften Effort de traction de calcul par goujon


Ga Module de cisaillement de l'acier de construction
Gc Module de cisaillement du béton
I Moment d'inertie de flexion de la section mixte efficace en négligeant le béton tendu
Ia Moment d'inertie de flexion de la section en acier de construction
Iat Constante de torsion de St Venant de la section en acier de construction
Ic Moment d'inertie de flexion de la section en béton non fissurée
Ieff Moment d'inertie de flexion efficace des poutres enrobées
Is Moment d'inertie de flexion de l'armature en acier
I1 Moment d'inertie de flexion de la section équivalente efficace en acier en supposant que le béton tendu
est non fissuré
I2 Moment d'inertie de flexion de la section équivalente efficace en acier en négligeant le béton tendu mais
en incluant l'armature
Ke , Ke,II Facteurs de correction à utiliser dans le calcul des poteaux mixtes
K0 Facteur de calibration à utiliser dans le calcul des poteaux mixtes
L Longueur ; portée ; portée efficace
Le Portée équivalente
Li Portée
LA-B Longueur de la zone inélastique, entre les points A et B, correspondant respectivement à Mel,Rd
et MEd,max
Lv Longueur de la connexion
M Moment fléchissant
Ma Contribution de la section en acier de construction au moment résistant plastique de calcul de la section
mixte
Ma,Ed Moment fléchissant de calcul appliqué à la section en acier de construction
Mb,Rd Valeur de calcul du moment résistant au flambement d'une poutre mixte
Mc,Ed Part du moment fléchissant de calcul appliquée à une section mixte
Mcr Moment critique élastique de déversement d'une poutre mixte
MEd Moment fléchissant de calcul
MEd,max Moment fléchissant total de calcul appliqué à l'élément en acier et mixte
MEd,max,f Moment fléchissant maximal du à un chargement de fatigue
MEd,min,f Moment fléchissant minimal dû à un chargement de fatigue
Mel,Rd Valeur de calcul du moment résistant élastique de la section mixte
Mf,Rd Moment résistant de calcul conformément à 5.2.6.1 de l'EN 1993-1-5
Mmax,Rd Valeur de calcul maximale du moment résistant en présence d'un effort normal de compression
Mperm Moment fléchissant le plus défavorable pour la combinaison caractéristique
Mpl,a,Rd Valeur de calcul du moment résistant plastique de la section en acier de construction
Mpl,N,Rd Valeur de calcul du moment résistant plastique de la section mixte en prenant en compte l'effort normal
de compression
Mpl,Rd Valeur de calcul du moment résistant plastique de la section mixte avec connexion complète
Mpl,y,Rd Valeur de calcul du moment résistant plastique selon l'axe y-y de la section mixte avec connexion
complète
Mpl,z,Rd Valeur de calcul du moment résistant plastique selon l'axe z-z de la section mixte avec connexion
complète
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MRd Valeur de calcul du moment résistant d'une section mixte


MRk Valeur caractéristique du moment résistant d'un assemblage ou d'une section mixte
My,Ed Moment fléchissant de calcul appliqué à la section mixte selon l'axe y-y
Mz,Ed Moment fléchissant de calcul appliqué à la section mixte selon l'axe z-z
N Effort normal de compression ; nombre de cycles d'étendue de contraintes ; nombre de connecteurs
Na Valeur de calcul de l'effort normal exercé dans la section en acier de construction d'une poutre mixte
Nc Valeur de calcul de l'effort normal de compression exercé dans la semelle en béton
Ncd Effort de compression de calcul dans la dalle en béton, correspondant à MEd,max
Nc,f Valeur de calcul de l'effort normal de compression exercé dans la semelle en béton avec connexion
complète
Nc,el Effort normal de compression exercé dans la semelle en béton correspondant à Mel,Rd
Ncr,eff Charge critique élastique d'un poteau mixte correspondant à une rigidité en flexion efficace
Ncr Effort normal critique élastique
Nc1 Valeur de calcul de l'effort normal évaluée pour l'introduction des charges
NEd Valeur de calcul de l'effort normal de compression
NEd,serv Effort normal de l'élément tendu en béton pour l'ELS
NEd,ult Effort normal de l'élément tendu en béton pour l'ELU
NG,Ed Valeur de calcul de la partie permanente de l'effort normal de compression
Npl,a Valeur de calcul de la résistance plastique de la section en acier de construction à l'effort normal
Npl,Rd Valeur de calcul de la résistance plastique de la section mixte à l'effort normal de compression
Npl,Rk Valeur caractéristique de la résistance plastique de la section mixte à l'effort normal de compression
Npm,Rd Valeur de calcul de la résistance du béton à l'effort normal de compression
NR Nombre de cycles d'étendue de contraintes
Ns Valeur de calcul de la résistance plastique de l'armature en acier à l'effort normal
Nsd Valeur de calcul de la résistance plastique de l'armature en acier à l'effort normal de traction
Ns,el Effort de traction dans une dalle en béton fissurée correspondant à Mel,Rd, compte tenu des effets de
rigidité du béton tendu
PEd Effort longitudinal sur un connecteur à une distance x de l'âme la plus proche
Pl,Rd Valeur de calcul de la résistance au cisaillement d'un seul goujon connecteur correspondant à Fl
PRd Valeur de calcul de la résistance au cisaillement d'un connecteur
PRk Valeur caractéristique de la résistance au cisaillement d'un connecteur
Pt,Rd Valeur de calcul de la résistance au cisaillement d'un goujon connecteur correspondant à Ft
Va,Ed Valeur de calcul de l'effort tranchant agissant sur la section en acier de construction
Vb,Rd Valeur de calcul de la résistance au voilement par cisaillement d'une âme en acier
Vc,Ed Valeur de calcul de l'effort tranchant agissant sur la section transversale en béton armé d’une poutre
enrobée
VEd Valeur de calcul de l'effort tranchant agissant sur la section mixte
VL Effort de cisaillement longitudinal, agissant à l'interface acier-béton de la semelle
VL,Ed Effort de cisaillement longitudinal, agissant sur la longueur LA-B de la zone inélastique
Vpl,Rd Valeur de calcul de la résistance plastique de la section mixte à l'effort tranchant
Vpl,a,Rd Valeur de calcul de la résistance plastique de la section en acier de construction à l'effort tranchant
Vp,Rd Valeur de calcul de la résistance d'une dalle mixte au poinçonnement
VRd Valeur de calcul de la résistance de la section mixte à l'effort tranchant
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Caractères romains minuscules


a Écartement entre des poutres parallèles ; diamètre ou largeur ; distance
aw Projection de la semelle en acier hors de l'âme de la poutre
b Largeur de la semelle d'une section en acier ; largeur de dalle, moitié de la distance entre âmes adja-
centes, ou la distance entre l'âme et le bord libre de la semelle
beff Largeur efficace totale
beff,1 Largeur efficace à mi-portée pour une travée appuyée à ses deux extrémités
beff,2 Largeur efficace au niveau d'un appui intermédiaire
bei Largeur efficace de la semelle en béton de chaque côté de l'âme, largeur efficace de la semelle infé-
rieure mixte d’une section fermée
bf Largeur de la semelle d'une section en acier
bi Largeur géométrique de la semelle en béton de chaque côté de l'âme
b0 Entraxe des connecteurs en saillie ; largeur moyenne d'une nervure en béton (largeur minimale pour
les profils rentrants) ; largeur de renformis
c Largeur du débord d'une semelle en acier ; périmètre efficace de barre d'armature
cst Enrobage de béton au-dessus des poutres en acier de tabliers à poutres enrobées
cy, cz Épaisseur d'enrobage de béton
d Hauteur libre de l'âme de la section en acier de construction ; diamètre de la tige d'un goujon ; dia-
mètre hors tout d'un profilé creux circulaire en acier ; dimension transversale minimale d'un poteau
ddo Diamètre du bourrelet de soudage d'un goujon
ds Distance entre l'armature tendue en acier et la fibre comprimée extrême de la dalle mixte ; distance
entre l'armature longitudinale tendue et le centre de gravité de la section de la poutre en acier
eD Pince transversale
ed Une des distances 2eh ou 2ev
eg Espace entre l'armature et la platine d'extrémité dans un poteau mixte
eh Distance latérale du point d'application de la force Fd à l'âme en acier correspondante, si Fd est appli-
quée à la dalle en béton
ev Distance verticale du point d'application de la force Fd au plan de connexion concerné, si Fd est appli-
quée à l'élément en acier
fcd Valeur de calcul de la résistance à la compression du béton sur cylindre conformément à 2.4.1.2
fck Valeur caractéristique de la résistance à la compression du béton sur cylindre à 28 jours
fcm Valeur moyenne de la résistance à la compression du béton mesurée sur cylindre
fct,eff Valeur moyenne de la résistance efficace à la traction du béton
fctm Valeur moyenne de la résistance à la traction du béton
fct,0 Résistance de référence du béton tendu
flctm Valeur moyenne de la résistance à la traction du béton léger
fpd Contrainte limite des armatures de précontrainte conformément à 3.3.3 de l'EN 1992-1-1
fpk Valeur caractéristique de la limite d'élasticité des armatures de précontrainte
fsd Valeur de calcul de la limite d'élasticité de l'acier d'armature
fsk Valeur caractéristique de la limite d'élasticité de l'acier d'armature
fu Résistance ultime spécifiée à la traction
fy Valeur nominale de la limite d'élasticité de l'acier de construction
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fyd Valeur de calcul de la limite d'élasticité de l'acier de construction


h Hauteur hors tout ; épaisseur
ha Hauteur de la section en acier de construction
hc Épaisseur de la semelle en béton
hn Position de l'axe neutre
hs Hauteur entre les centres de gravité des semelles de la section en acier de construction
hsc Hauteur nominale hors tout d'un goujon
k Facteur d'amplification pour les effets du second ordre ; coefficient ; facteur empirique pour la
résistance de calcul au cisaillement
kc Coefficient
ks Facteur de réduction de la résistance au cisaillement d’un goujon
kφ Paramètre
k1 Rigidité en flexion de la dalle en béton fissurée
k2 Rigidité en flexion de l'âme
l0 Longueur d'introduction des charges
m Pente de la courbe de résistance à la fatigue ; facteur empirique pour la résistance de calcul au
cisaillement
n Coefficient d'équivalence ; nombre de connecteurs
nL Coefficient d'équivalence dépendant du type de chargement
n0 Coefficient d'équivalence pour un chargement de courte durée
n0G Coefficient d'équivalence (modules d'effort tranchant) pour un chargement de courte durée
ntot Voir 9.4
nLG Coefficient d'équivalence (modules d'effort tranchant) pour un chargement de longue durée
nw Voir 9.4
r Rapport des moments d'extrémité
s Entraxe longitudinal des goujons
sf Distance libre entre les semelles supérieures des poutres en acier de tabliers à poutres enrobées
st Entraxe transversal des goujons
sw Espacement des âmes de poutres en acier de tabliers à poutres enrobées
t Âge ; épaisseur
tw Épaisseur de l'âme de la section en acier de construction
tf Épaisseur de la semelle en acier des poutres en acier des tabliers à poutres enrobées
t0 Âge au chargement
vEd Valeur de calcul de la contrainte de cisaillement longitudinal
vL,Ed Effort de calcul du cisaillement longitudinal par unité de longueur à l’interface acier-béton
vL,Ed,max Effort de calcul du cisaillement longitudinal maximal par unité de longueur à l’interface acier-béton
wk Valeur de calcul de largeur de fissure
x Distance d'un connecteur de l'âme la plus proche
xpl Distance entre l'axe neutre plastique et la fibre extrême comprimée de la dalle en béton
y Axe de section transversale parallèle aux semelles
z Axe de section transversale perpendiculaire aux semelles ; bras de levier
z0 Distance verticale
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Caractères grecs majuscules


∆r Étendue de contraintes
∆rc Valeur de référence de la résistance à la fatigue à 2 millions de cycles
∆rE Étendue de contrainte d'amplitude constante équivalente
∆rE,glob Étendue de contrainte d'amplitude constante équivalente, résultant des effets globaux
∆rE,loc Étendue de contrainte d'amplitude constante équivalente, résultant des effets locaux
∆rE,2 Étendue de contrainte d'amplitude constante équivalente, en référence à 2 millions de cycles
∆rs Augmentation de contrainte dans l'armature en acier provoquée par la rigidité du béton tendu
∆rs,equ Étendue de contrainte de dommage équivalent
∆s Étendue de contrainte de cisaillement pour le chargement de fatigue
∆sc Valeur de référence de la résistance à la fatigue à 2 millions de cycles
∆sE Étendue de contrainte d'amplitude constante équivalente
∆sE,2 Étendue de contrainte de cisaillement d'amplitude constante équivalente, en référence à 2 millions
de cycles
∆sR Résistance au cisaillement de fatigue
W Coefficient
Caractères grecs minuscules
a Facteur ; paramètre, voir 6.4.2 (6)
acr Facteur par lequel les charges de calcul devraient être multipliées pour provoquer une instabilité
élastique
aM Coefficient lié à la flexion d'un poteau mixte
aM,y , aMz Coefficient lié à la flexion d'un poteau mixte, selon l'axe y-y et l'axe z-z respectivement
ast Rapport
b Facteur ; paramètre de transformation, moitié de l'angle de répartition de l'effort de cisaillement lon-
gitudinal Vl dans la dalle en béton
cC Coefficient partiel pour le béton
cF Coefficient partiel pour les actions, prenant également en compte les incertitudes de modèle et les
variations des dimensions
cFf Coefficient partiel pour l'étendue de contraintes d'amplitude constante équivalente
cM Coefficient partiel pour une propriété de matériau, prenant également en compte les incertitudes de
modèle et les variations des dimensions
cM0 Coefficient partiel pour l'acier de construction, appliqué à la résistance de sections droites, voir
l'EN 1993-1-1:2005, 6.1(1)
cM1 Coefficient partiel pour l'acier de construction, appliqué à la résistance d’éléments aux instabilités
évaluée par vérification des éléments, voir l'EN 1993-1-1:2005, 6.1(1)
cMf Coefficient partiel pour la résistance à la fatigue
cMf,s Coefficient partiel pour la résistance à la fatigue des goujons soumis au cisaillement
cP Coefficient partiel pour une action de précontrainte
cS Coefficient partiel pour l'acier d'armature
cV Coefficient partiel pour la résistance de calcul au cisaillement d'un goujon à tête
d Facteur ; rapport de contribution de l'acier ; flèche centrale
duk Valeur caractéristique de la capacité de glissement
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e 235 ⁄ f y , où fy est en N/mm2


ga, gao Facteurs liés au confinement du béton
gc, gco, gcL Facteurs liés au confinement du béton
h Angle
k, kv Facteurs de dommage équivalent
kv,1 Facteur à utiliser pour la détermination du facteur de dommage équivalent kv pour goujons à tête sou-
mis au cisaillement
kglob, kloc Facteurs de dommage équivalent, respectivement pour les effets globaux et les effets locaux
k Élancement réduit
kLT Élancement réduit pour le déversement
l Coefficient de frottement ; facteur nominal
ld Facteur lié au calcul pour la compression et la flexion uni axiale
ldy, ldz Facteur ld lié au plan de flexion
ma Coefficient de Poisson pour l'acier de construction
q Paramètre lié à la résistance réduite de calcul à la flexion prenant en compte l'effort tranchant
qs Paramètre ; taux d'armature
rc,Rd Résistance de calcul locale du béton
rct Contrainte de traction de la fibre extrême dans le béton
rmax,f Contrainte maximale résultant du chargement de fatigue
rmin,f Contrainte minimale résultant du chargement de fatigue
rs,max,f Contrainte dans l’armature résultant du moment fléchissant MEd,max,f
rs,min,f Contrainte dans l’armature résultant du moment fléchissant MEd,min,f
rs Contrainte dans l'armature tendue
rs,max Contrainte exercée dans l'armature par le moment fléchissant Mmax
rs,max,0 Contrainte exercée dans l'armature par le moment fléchissant Mmax, en négligeant le béton tendu
rs,0 Contrainte exercée dans l'armature tendue en négligeant la rigidité du béton tendu
sRd Résistance au cisaillement de calcul
φ Diamètre (dimension) d'une barre d'armature en acier ; facteur d’impact de dommage équivalent
φ* Diamètre (dimension) d'une barre d'armature en acier
ut Coefficient de fluage
u (t,t0) Coefficient de fluage, définissant le fluage entre les instants t et t0, concernant la déformation élasti-
que à 28 jours
v Facteur de réduction pour le flambement par flexion
vLT Facteur de réduction pour le déversement
wL Multiplicateur de fluage
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EN 1994-2:2005

2 Section 2 — Bases de calcul

2.1 Exigences
(1)P Le calcul des structures mixtes doit être conforme aux règles générales données dans l'EN 1990:2002.
(2)P Les dispositions supplémentaires données pour les structures mixtes dans cette Section doivent également
être appliquées.
(3) Les exigences de base de l'EN 1990:2002, Section 2 sont considérées comme satisfaites pour les structu-
res mixtes lorsque les dispositions suivantes sont appliquées conjointement :
— calcul aux états limites effectué suivant la méthode des coefficients partiels conformément à l'EN 1990:2002 ;
— actions en conformité avec l'EN 1991 ;
— combinaisons d'actions en conformité avec l'EN 1990:2002 et
— résistances, durabilité et aptitude au service en conformité avec la présente Norme.

2.2 Principes du calcul aux états limites


(1)P Pour les structures mixtes, les étapes de construction appropriées doivent être prises en compte.

2.3 Variables de base


2.3.1 Actions et influences de l'environnement
(1) Les actions à utiliser dans le calcul peuvent être prises dans les parties appropriées de l'EN 1991.
(2)P Lors de la vérification des plaques en acier utilisées comme coffrage, l'effet de la formation de mares doit
être pris en compte (augmentation de l'épaisseur de béton due au fléchissement des tôles).

2.3.2 Propriétés des matériaux et des produits


(1) Sauf indications contraires données dans l'Eurocode 4, il convient de prendre les actions provoquées par
le comportement du béton dans le temps dans l'EN 1992-1-1:2004.

2.3.3 Classification des actions


(1)P Les effets du retrait et du fluage du béton et des variations non uniformes de température provoquent des
sollicitations dans les sections transversales, ainsi que des courbures et des déformations longitudinales dans les
éléments ; les effets qui se produisent dans les structures isostatiques, et dans les structures hyperstatiques avant
prise en compte de la compatibilité des déformations, doivent être classés comme effets primaires.
(2)P Dans les structures hyperstatiques les effets primaires du retrait, du fluage et de la température sont
associés à des effets d'actions additionnels, de telle sorte que les effets totaux respectent la compatibilité ; ceux-
ci doivent être classés comme effets secondaires et doivent être considérés comme des actions indirectes.

2.4 Vérification par la méthode des coefficients partiels


2.4.1 Valeurs de calcul

2.4.1.1 Valeurs de calcul des actions


(1) Pour la précontrainte par déformations contrôlées imposées, par ex. par vérinage au niveau des appuis, il
convient que le coefficient partiel cP soit spécifié pour les états limites ultimes, en prenant en compte les effets
favorables et défavorables.
NOTE Des valeurs pour cP peuvent être données dans l'Annexe Nationale. La valeur recommandée pour les effets favo-
rables et défavorables est 1,0.
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EN 1994-2:2005

2.4.1.2 Valeurs de calcul des propriétés de matériau ou de produit


(1)P Sauf si une estimation haute de la résistance est exigée, des coefficients partiels doivent être appliquées
aux résistances caractéristiques ou nominales inférieures.
(2)P Pour le béton, un coefficient partiel cC doit être appliqué. La résistance de calcul à la compression est don-
née par :
fcd = fck / cC ... (2.1)
où la valeur caractéristique fck doit être calculée par référence à l'EN 1992-1-1:2004, 3.1 pour le béton normal et
à l'EN 1992-1-1:2004,11.3 pour le béton léger.
NOTE La valeur de cC est celle utilisée dans l'EN 1992-1-1:2004.

(3)P Pour les armatures en acier, un coefficient partiel cS doit être appliqué.
NOTE La valeur de cS est celle utilisée dans l'EN 1992-1-1:2004.

(4)P Pour l'acier de construction, les plaques en acier et les dispositifs d'assemblage en acier, des coefficients
partiels cM doivent être appliqués. Sauf indication contraire, cM0 doit être pris comme coefficient partiel pour l'acier
de construction.
NOTE Les valeurs de cM sont celles données dans l'EN 1993-2.

(5)P Pour la connexion, un coefficient partiel cV doit être appliqué.


NOTE La valeur de cV peut être donnée dans l'Annexe Nationale. La valeur recommandée pour cV est 1,25.

(6)P Pour la vérification de la fatigue des goujons à tête utilisés dans les ponts, des coefficients partiels cMf
et cMf,s doivent être appliqués
NOTE La valeur de cMf est celle utilisée dans l'EN 1993-2. La valeur de cMf,s peut être donnée dans l'Annexe Nationale.
La valeur recommandée pour cMf,s est 1,0.

2.4.1.3 Valeurs de calcul des données géométriques


(1) Les données géométriques pour les sections transversales et les systèmes peuvent être prises en tant que
valeurs dans les normes de produits hEN ou les plans d'exécution et considérées comme des valeurs nominales.

2.4.1.4 Résistances de calcul


(1)P Pour les structures mixtes, les résistances de calcul doivent être déterminées conformément à
l'EN 1990:2002, expression (6.6a) ou expression (6.6c).

2.4.2 Combinaisons d'actions


(1) Les formats généraux pour les combinaisons d'actions sont donnés dans l'EN 1990:2002, Section 6.
(2) Pour les ponts, les combinaisons d'actions sont données dans l'Annexe A2 de l'EN 1990:2002.

2.4.3 Vérification de l'équilibre statique (EQU)


(1) Il convient que le format de fiabilité donné pour la vérification de l'équilibre statique pour les ponts, selon la
description de l'EN 1990:2002, Tableau A2.4(A), soit également appliqué aux situations de calcul équivalentes à
(EQU), par ex. pour le calcul des boulons d’ancrage ou la vérification du soulèvement des appuis de poutres
continues.
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EN 1994-2:2005

3 Section 3 — Matériaux

3.1 Béton
(1) Sauf indication contraire donnée dans l'Eurocode 4, il convient de déterminer les propriétés par référence
à l'EN 1992-1-1:2004, 3.1 pour le béton normal et à l'EN 1992-1-1:2004, 11.3 pour le béton léger.
(2) La présente Partie de l'EN 1994 ne couvre pas le calcul des structures mixtes avec des bétons de classes
inférieures à C20/25 et LC20/22 et supérieures à C60/75 et LC60/66.
(3) Il convient de déterminer le retrait du béton en prenant en compte l'humidité ambiante, les dimensions de
l'élément et la composition du béton.

3.2 Acier d'armature pour les ponts


(1) Il convient de déterminer les propriétés par référence à l'EN 1992-1-1:2004, 3.2, sauf 3.2.4 où l’EN 1992-2
s’applique.
(2) Pour les structures mixtes, la valeur de calcul du module d'élasticité Es peut être prise égale à la valeur
donnée pour l'acier de construction dans l'EN 1993-1-1:2005, 3.2.6.
(3) Il convient que les caractéristiques de ductilité satisfassent au 3.2.4. de l'EN 1992-2.

3.3 Acier de construction pour les ponts


(1) Il convient de déterminer les propriétés par référence à l'EN 1993-2.
(2) Les règles données dans la présente Partie de l'EN 1994 s'appliquent à l'acier de construction possédant
une limite d'élasticité nominale ne dépassant pas 460 N/mm2.

3.4 Dispositifs d'assemblage


3.4.1 Généralités
(1) Il convient de se référer à l'EN 1993-1-8:2005 pour les exigences concernant les fixations et les produits
d'apport de soudage.

3.4.2 Goujons à tête


(1) Il convient de se référer à l'EN 13918.

3.5 Acier et dispositifs de précontrainte


(1) Il convient de se référer à 3.3 et 3.4 de l'EN 1992-1-1:2004.

3.6 Éléments tendus en acier


(1) Il convient de se référer à l'EN 1993-1-11.
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EN 1994-2:2005

4 Section 4 — Durabilité

4.1 Généralités
(1) Il convient de respecter les dispositions appropriées données dans les EN 1990, EN 1992 et EN 1993.
(2) Il convient d’adopter des dispositions constructives de la connexion conformes aux exigences données
en 6.6.5.

4.2 Protection contre la corrosion à l'interface acier-béton dans les ponts


(1) Il convient que la protection contre la corrosion de la semelle en acier s'étende sur au moins 50 mm dans
l'interface acier-béton. Pour les règles supplémentaires applicables aux ponts comportant des dalles en béton pré-
fabriqué, voir la Section 8.
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EN 1994-2:2005

5 Section 5 — Analyse structurale

5.1 Modélisation structurale pour l'analyse


5.1.1 Modélisation structurale et hypothèses de base
(1)P Le modèle structural et les hypothèses de base doivent être choisies conformément à l'EN 1990:2002, 5.1.1
et doivent refléter le comportement prévu des sections, éléments, assemblages et appuis.
(2) La Section 5 est applicable aux ponts mixtes dans lesquelles la plupart des éléments et assemblages struc-
turaux sont soit mixtes soit en acier de construction. Lorsque le comportement structural est essentiellement celui
d'une structure en béton armé ou précontraint, avec seulement quelques éléments mixtes, il convient générale-
ment d'effectuer l'analyse globale conformément à l'EN 1992-2.
(3) Il convient d'analyser les plaques mixtes conformément à la Section 9.

5.1.2 Modélisation des assemblages


(1) Il est admis généralement de négliger les effets du comportement des assemblages sur la distribution des
sollicitations au sein d'une structure, et sur les déformations d'ensemble de la structure, mais lorsque ces effets
sont significatifs (comme dans le cas d'assemblages semi continus) il convient d'en tenir compte, voir la Section 8
et l'EN 1993-1-8:2005.
(2) Afin de savoir s'il est nécessaire de prendre en compte les effets du comportement des assemblages dans
l'analyse, une distinction peut être faite entre trois modèles d'assemblages, voir 8.2 et l'EN 1993-1-8:2005, 5.1.1 :
— articulé, où l’on peut considérer que l'assemblage ne transmet pas de moment fléchissant ;
— continu, où l'on peut considérer que la rigidité et/ou la résistance de l'assemblage permet de supposer dans
l'analyse une parfaite continuité des éléments ;
— semi continu, où il est nécessaire de prendre en compte le comportement de l'assemblage dans l'analyse.
(3) Il convient de ne pas utiliser d'assemblages mixtes semi-continus dans les structures des ponts.

5.1.3 Interaction sol-structure


(1)P On doit tenir compte des caractéristiques de déformations des appuis lorsque cela est significatif.
NOTE L’EN 1997-1:2004 donne des recommandations pour le calcul de l’interaction sol-structure.

(2) Lorsque des tassements doivent être pris en compte et lorsqu'il n'a pas été précisé de valeurs de calcul, il
convient d'utiliser des valeurs estimées convenables des tassements prévus.
(3) Les effets des tassements peuvent normalement être négligés dans les états limites ultimes autres que la
fatigue pour les éléments mixtes dont toutes les sections sont de classe 1 ou 2 et dont la résistance à la flexion
n'est pas réduite par le déversement.

5.2 Stabilité structurale


5.2.1 Effets de la déformation géométrique de la structure
(1) Généralement les effets des actions peuvent être déterminés en utilisant soit :
— une analyse au premier ordre, basée sur la géométrie initiale de la structure.
— une analyse au second ordre, prenant en compte l'influence de la déformation de la structure.
(2)P Les effets de la géométrie déformée (effets du second ordre) doivent être pris en compte s'ils ont pour
conséquence d'augmenter les effets des actions de manière significative ou de modifier de manière significative
le comportement structural.
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EN 1994-2:2005

(3) L’analyse au premier ordre peut être utilisée si l'augmentation des sollicitations provoquées par les défor-
mations données par l'analyse au premier ordre reste inférieure à 10 %. On peut considérer que cette condition
est remplie si le critère suivant est satisfait :
acr ≥ 10 ... (5.1)
où :
acr est le facteur par lequel le chargement de calcul devrait être multiplié pour provoquer une instabilité élastique.
(4)P Lors de la détermination de la rigidité de la structure, on doit tenir compte, de manière appropriée, de la
fissuration et du retrait du béton ainsi que du comportement des assemblages.

5.2.2 Méthodes d'analyse pour les ponts


(1) Pour les structures des ponts, 5.2.2 de l'EN 1993-2 s'applique.

5.3 Imperfections
5.3.1 Bases
(1)P Les effets des imperfections doivent être pris en compte dans l'analyse structurale de manière appropriée,
incluant les contraintes résiduelles et les imperfections géométriques comme les défauts d'aplomb, les défauts de
rectitude, les défauts de planéité, les défauts d'ajustement et les petits excentrements inévitablement présents
dans les assemblages de la structure non chargée.
(2)P La représentation des imperfections doit tenir compte du mode de flambement élastique de la structure ou
de l’élément dans le plan de flambement considéré, avec la forme et le sens les plus défavorables.

5.3.2 Imperfections pour les ponts


(1) Il convient d'utiliser des imperfections géométriques équivalentes appropriées avec des valeurs qui reflètent
les éventuels effets des imperfections du système ainsi que les imperfections des éléments à moins que ces effets
ne soient inclus dans les formules de résistance.
(2) Il convient de calculer les imperfections et les forces transversales de calcul destinées à stabiliser les
cadres transversaux, conformément aux 5.3 et 6.3.4.2 de l'EN 1993-2, respectivement.
(3) Pour les poteaux mixtes et les éléments mixtes comprimés, il convient de toujours tenir compte des imper-
fections des éléments lors de la vérification de la stabilité dans la longueur de l'élément, conformément à 6.7.3.6
ou 6.7.3.7. Il convient de prendre les valeurs de calcul des imperfections initiales équivalentes en arc dans
le Tableau 6.5.
(4) Il convient d’envisager des imperfections dans les éléments comprimés en acier conformément à 5.3
de l'EN 1993-2. Calcul des effets des actions.

5.4 Calcul des effets des actions


5.4.1 Méthodes d'analyse globale

5.4.1.1 Généralités
(1) Les effets des actions peuvent être évalués par l'analyse globale élastique, même lorsque la résistance
d'une section est basée sur sa résistance plastique ou non linéaire.
(2) Il convient d'utiliser l'analyse globale élastique pour les états limites de service, avec des corrections appro-
priées pour les effets non linéaires comme la fissuration du béton.
(3) Il convient d'utiliser l'analyse globale élastique pour les vérifications de l'état limite de fatigue.
(4)P Les effets du voilement local et du traînage de cisaillement doivent être pris en compte s’ils influencent
l'analyse globale de façon significative.
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(5) Les effets du voilement local des éléments en acier sur le choix de la méthode d'analyse peuvent être traités
par classification des sections, voir 5.5.
(6) Les effets du voilement local des éléments en acier sur la rigidité peuvent être négligés pour les sections
mixtes courantes. Pour les sections de Classe 4, voir l'EN 1993-1-5, 2.2.
(7) Lors de l'analyse globale, il convient de prendre en compte les effets du glissement dans les trous de bou-
lons et ceux de déformations similaires des dispositifs d'assemblage.
(8) À moins qu’une analyse non linéaire soit utilisée, les effets du glissement et de la séparation sur le calcul
des sollicitations peuvent être négligés au niveau des interfaces entre acier et béton lorsque la connexion est réa-
lisée conformément à 6.6.
(9) Pour les situations transitoires de calcul, pendant les phases de construction, il est admis d'utiliser l'analyse
globale non fissurée et la répartition de la largeur efficace conformément à 5.4.1.2(4).

5.4.1.2 Largeur efficace des semelles pour le traînage de cisaillement


(1)P La flexibilité des semelles en acier ou en béton affectées par le cisaillement dans leur plan (traînage de
cisaillement) doit être prise en compte, soit par une analyse rigoureuse, soit en utilisant une largeur efficace de
semelle.
(2) Il convient de prendre en compte les effets du traînage de cisaillement dans les éléments des plaques en
acier conformément à l'EN 1993-1-1:2005, 5.2.1(5).
(3) Il convient de déterminer la largeur efficace des semelles en béton conformément aux dispositions suivantes.
(4) Lorsque l'analyse globale élastique est utilisée, une largeur efficace constante peut être admise sur la lon-
gueur totale de chaque travée. Cette valeur peut être prise égale à la valeur beff,1 à mi-travée pour une travée
appuyée à ses deux extrémités, ou à la valeur beff,2 au niveau de l'appui pour un porte-à-faux.
(5) À mi-portée ou au niveau d'un appui intermédiaire, la largeur efficace totale beff, voir Figure 5.1, peut être
déterminée par :
beff = b0 + ∑bei ... (5.3)
où :
b0 est l'entraxe des connecteurs en saillie ;
bei est la valeur de la largeur efficace de la semelle en béton de chaque côté de l'âme, prise égale à Le/8 sans
être toutefois supérieure à la largeur géométrique bi. Il convient de prendre pour valeur bi la distance entre
le connecteur en saillie et le point situé à mi-distance entre les âmes adjacentes, mesurée à mi-hauteur de
la semelle en béton, sauf pour un bord libre où bi est la distance au bord libre. Il convient de prendre pour
longueur Le la distance approximative entre les points de moment fléchissant nul. Pour les poutres mixtes
continues types, lorsque le calcul est régi par une enveloppe de moments résultant de différentes disposi-
tions de charges, et pour les consoles, Le peut être prise comme indiqué sur la Figure 5.1.
(6) La largeur efficace au niveau d'un appui d'extrémité peut être déterminée par :
beff = b0 + ∑bi bei ... (5.4)
avec :
bi = (0,55 + 0,025 Le / bei) ≤ 1,0 ... (5.5)
où :
bei est la largeur efficace, voir (5), de la travée d'extrémité à mi-portée et Le est la portée équivalente de la
travée d'extrémité conformément à la Figure 5.1.
(7) La répartition de la largeur efficace entre appuis et mi-travées peut être prise comme indiqué sur la
Figure 5.1.
(8) La répartition transversale des contraintes dues au traînage de cisaillement peut être prise en compte
conformément au 3.2.2 de l'EN 1993-1-5, à la fois pour les semelles en béton et celles en acier.
(9) Pour les sections transversales dont les moments fléchissants résultent du système de poutre principale et
du système local (par exemple, dans les treillis mixtes où sont appliqués des actions directes sur la membrure
entre nœuds), il convient d'utiliser, suivant les moments fléchissants applicables, les largeurs efficaces correspon-
dant au système de poutre principale et celles correspondant au système local.
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Légende :
1 Le = 0,85 L1 pour beff,1
2 Le = 0,25(L1 + L2) pour beff,2
3 Le = 0,70 L2 pour beff,1
4 Le = 2 L3 pour beff,2

Figure 5.1 — Travées équivalentes pour la largeur efficace de la semelle en béton

5.4.2 Analyse élastique linéaire

5.4.2.1 Généralités
(1) Il convient de prendre en compte les effets de la fissuration du béton, du fluage et du retrait du béton, du
phasage de construction et de la précontrainte.

5.4.2.2 Fluage et retrait


(1)P Les effets du fluage et du retrait du béton doivent être pris en compte de façon appropriée.
(2) À l'exception des éléments dont les deux semelles sont mixtes, les effets du fluage peuvent être pris en
compte par l'utilisation de coefficients d'équivalence nL pour le béton. Les coefficients d'équivalence dépendant
du type de chargement (indice L) sont donnés par:

n L = n 0  1 + w L u t ... (5.6)

où :
n0 est le coefficient d'équivalence Ea / Ecm pour un chargement à court terme ;
Ecm est le module sécant d'élasticité du béton pour un chargement à court terme selon l'EN 1992-1-1:2004,
Tableau 3.1 ou Tableau 11.3.1 ;
ut est le coefficient de fluage u(t,t0) selon l'EN 1992-1-1:2004, 3.1.4 ou 11.3.3, en fonction de l'âge (t) du béton
au moment considéré et de l'âge (t0) lors du chargement ;
wL est le multiplicateur de fluage dépendant du type de chargement, pris égal à 1,1 pour les charges perma-
nentes, à 0,55 pour les effets primaires et secondaires du retrait et à 1,5 pour la précontrainte réalisée par
déformations imposées.
(3) Pour les charges permanentes exercées sur les structures mixtes bétonnées en plusieurs étapes, une
valeur unique moyenne t0 peut être utilisée pour la détermination du coefficient de fluage. Cette hypothèse peut
également être utilisée pour la précontrainte par déformations imposées, si l'âge de la totalité du béton situé dans
les travées concernées au moment de l'application de la précontrainte est supérieur à 14 jours.
(4) Pour le retrait, il convient d'une manière générale de supposer que l'âge au moment du chargement est
d'un jour.
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(5) Lorsque l'on utilise des dalles préfabriquées ou lorsque l'on met en œuvre la précontrainte de la dalle en
béton avant que la connexion ne soit devenue effective, il convient d'utiliser les valeurs de coefficient de fluage et
de retrait à partir de l’instant où l’action mixte devient effective.
(6) Pour les ponts, lorsque la distribution des moments fléchissants à t0 est modifiée de façon significative par
le fluage, par exemple dans les poutres continues de structures hybrides comportant des travées mixtes et non
mixtes, il convient de prendre en compte les effets hyperstatiques dépendant du temps en raison du fluage, sauf
dans l'analyse globale à l'état limite ultime en présence d’éléments dont toutes les sections sont de Classe 1 ou
2 et qui ne sont pas sujets au déversement. Pour les effets hyperstatiques dépendant du temps, le coefficient
d'équivalence peut être déterminé avec un multiplicateur de fluage wL de 0,55.
(7) Il convient de prendre en compte de manière appropriée les effets hyperstatiques et isostatiques provoqués
par le retrait et le fluage de la dalle en béton. Les effets du retrait et du fluage du béton peuvent être négligés dans
l'analyse relative aux vérifications aux états limites ultimes autres que la fatigue, pour des éléments mixtes dont
toutes les sections sont de classe 1 ou 2 et qui ne sont pas sujets au déversement. Pour les états limites de
service, voir Section 7.
(8) Dans les régions où la dalle en béton est supposée fissurée, les effets isostatiques dus au retrait peuvent
être négligés dans le calcul des effets hyperstatiques.
(9) Dans les éléments comprimés et poteaux mixtes, il convient de prendre en compte les effets du fluage
conformément à 6.7.3.4(2).
(10) Dans le cas d'une double action mixte avec les deux semelles non fissurées (par ex. en cas de
précontrainte), il convient de déterminer les effets du fluage et du retrait par des méthodes plus précises.
(11) Il convient de calculer la rigidité de torsion de Saint-Venant des sections fermées, pour une section
transversale transformée dans laquelle l'épaisseur de la dalle en béton est réduite par le coefficient d'équivalence
n0G = Ga/Gc où Ga et Gc sont respectivement les modules d'élasticité en cisaillement de l'acier de construction et
du béton. Il convient de tenir compte des effets du fluage conformément à (2) avec le coefficient d'équivalence
nLG = n0G (1 + wLut).

5.4.2.3 Effets de la fissuration du béton


(1)P Les effets de la fissuration du béton doivent être pris en compte de façon appropriée.
(2) La méthode suivante peut être utilisée pour la détermination des effets de la fissuration dans les poutres
mixtes avec semelles en béton. En premier lieu, il convient de calculer l'enveloppe des sollicitations pour les
combinaisons caractéristiques, voir l'EN 1990:2002, 6.5.3, en incluant les effets à long terme et en utilisant la rigi-
dité en flexion Ea I1 des sections non fissurées. Cette analyse est dite «analyse non fissurée».
Dans les régions où la contrainte de traction exercée sur la fibre extrême du béton par l'enveloppe des effets glo-
baux dépasse deux fois la résistance fctm ou flctm, voir l'EN 1992-1-1:2004, Tableau 3.1 ou Tableau 11.3.1, il
convient de réduire la rigidité à Ea I2 , voir 1.5.2.12. Cette distribution de rigidité peut être utilisée pour les états
limites ultimes et pour les états limites de service. Une nouvelle distribution des sollicitations, et des déformations
s’il y a lieu, est alors déterminée par une nouvelle analyse, dite «analyse fissurée».
(3) Pour les poutres mixtes continues avec semelle en béton non précontrainte disposée au-dessus de la sec-
tion en acier, y compris les poutres des ossatures résistant aux forces horizontales grâce à un contreventement,
la méthode simplifiée suivante peut être utilisée. Lorsque tous les rapports de portée entre appuis des travées
continues adjacentes (courte/longue) sont d'au moins 0,6, l'effet de la fissuration peut être pris en compte en uti-
lisant la rigidité en flexion Ea I2 sur 15 % de la portée de part et d'autre de chaque appui intermédiaire, et la rigidité
non fissurée Ea I1 partout ailleurs.
(4) Il convient de déterminer l'effet de la fissuration du béton sur la rigidité en flexion des éléments comprimés
et poteaux mixtes conformément à 6.7.3.4.
(5) À moins qu'une méthode plus précise ne soit utilisée, dans les tabliers à poutres multiples où les éléments
mixtes transversaux ne sont pas soumis à des forces de traction, on peut supposer que les éléments transversaux
sont non fissurés sur toute la longueur.
(6) Il convient de calculer la rigidité en torsion des sections fermées pour une section transversale transformée.
Dans les zones où la dalle en béton est supposée fissurée à cause de la flexion, il convient d'effectuer le calcul
en tenant compte d'une épaisseur de dalle réduite de moitié, à moins que les effets de la fissuration ne soient pris
en compte de manière plus précise.
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(7) Pour les états limites ultimes, il convient de tenir compte des effets de la fissuration sur les efforts de cisaille-
ment longitudinal, à l'interface acier-béton conformément à 6.6.2.
(8) Pour les états limites de service, il convient de calculer les efforts de cisaillement longitudinal à l'interface
acier-béton par une analyse non fissurée. Si en alternative les effets de la fissuration sont pris en compte, il
convient de considérer la rigidité entre fissures et la sur-résistance du béton tendu.

5.4.2.4 Étapes et phasage de construction


(1)P Une analyse appropriée doit être mise en œuvre pour couvrir les effets d'une construction par phases en
incluant, s’il y a lieu, les effets séparés des actions appliqués à l'acier de construction et aux éléments totalement
ou partiellement mixtes.
(2) Les effets du phasage de construction peuvent être négligés dans l'analyse aux états limites ultimes autres
que la fatigue, pour les éléments mixtes dont toutes les sections sont de Classe 1 ou 2 et qui ne sont pas sujet au
déversement.

5.4.2.5 Effets de la température


(1) Il convient de prendre en compte les effets de la température conformément à l'EN 1991-1-5.
(2) Les effets de la température peuvent normalement être négligés dans l'analyse aux états limites ultimes
autres que la fatigue, pour les éléments mixtes dont toutes les sections sont de Classe 1 ou 2 et qui ne sont pas
sujets au déversement.
(3) Pour simplifier l'analyse globale et pour déterminer les contraintes des structures mixtes, la valeur du coef-
ficient de dilatation thermique linéaire de l'acier de construction peut être prise égale à 10 × 10-6 par °C. Pour le
calcul des variations de longueur du pont, il convient de prendre la valeur du coefficient de dilatation thermique
égale à 12 × 10-6 par °C pour tous les matériaux structuraux.

5.4.2.6 Précontrainte par déformations imposées contrôlées


(1)P Lorsqu'une précontrainte est mise en œuvre par l'application de déformations imposées contrôlées (par ex.
par vérinage au niveau des appuis), les effets sur les sollicitations des écarts éventuels, par rapport aux valeurs
supposées, des déformations imposées et de la rigidité doivent être pris en compte pour l'analyse des états limites
ultimes et de service.
(2) Sauf si une méthode plus précise est utilisée pour déterminer les sollicitations, les valeurs caractéristiques
des actions indirectes résultant des déformations imposées peuvent être calculées avec les valeurs caractéristi-
ques ou nominales des propriétés des matériaux et de la déformation imposée, si les déformations imposées sont
contrôlées.

5.4.2.7 Précontrainte par armatures


(1) Il convient de déterminer les sollicitations dues à la précontrainte par armatures adhérentes conformément
au 5.10.2 de l'EN 1992-1-1:2004, en tenant compte des effets du fluage et du retrait ainsi que de la fissuration du
béton, s’il y a lieu.
(2) Pour l’analyse globale, il convient de traiter les efforts dans les armatures de précontrainte non adhérentes
comme des efforts extérieurs. Pour la détermination des efforts dans les armatures de précontrainte non adhé-
rentes de façon permanente, il convient de tenir compte des déformations de l'ensemble de la structure.

5.4.2.8 Éléments tendus dans les ponts mixtes


(1) Dans le présent article, élément tendu en béton signifie :
a) soit un élément tendu en béton armé isolé agissant en combinaison avec un élément tendu en acier de
construction, et connecté uniquement aux extrémités de l'élément, ce qui entraîne un effort de traction global
dans l'élément tendu en béton ;
b) soit la partie en béton armé d’un élément mixte, connectée sur la longueur de l'élément (un élément tendu
mixte) soumis à une traction longitudinale.
Des exemples types sont fournis dans le cas des ponts bowstring et des treillis où les éléments en béton ou mixtes
agissent comme des éléments tendus dans le système mixte principal.
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(2)P Pour la détermination des sollicitations dans un élément tendu, le comportement non linéaire dû à la fissu-
ration du béton et les effets de la rigidité du béton tendu doivent être pris en compte pour les analyses globales
des états limites ultimes et de service ainsi que de l'état limite de fatigue. Les effets résultants de la sur-résistance
du béton tendu doivent être pris en compte.
(3) Pour les calculs des sollicitations d'un élément tendu en béton fissuré, il convient de tenir compte des effets
du retrait du béton entre fissures. Les effets du retrait endogène peuvent être négligés. Pour simplifier et
lorsque (6) ou (7) est appliqué, il convient d'utiliser la déformation libre due au retrait de l'élément non fissuré pour
déterminer les effets hyperstatiques dus au retrait.
(4) À défaut d'une méthode plus précise conformément à (2) et (3), il est admis d'utiliser la méthode simplifiée
conformément à (5). Comme alternative, les méthodes en (6) et (7) sont applicables.
(5) Les effets de la rigidité du béton tendu peuvent être négligés si, dans l'analyse globale, les sollicitations de
l'élément tendu en béton sont déterminées par une analyse non fissurée et les sollicitations dans les éléments en
acier de construction sont déterminées par une analyse fissurée.
(6) Dans les ponts bowstring à éléments tendu en béton armé isolé et connectés uniquement aux extrémités
de l'élément, les sollicitations peuvent être déterminées comme suit :
— détermination des sollicitations dans la structure en acier avec une rigidité longitudinale efficace (EAs)eff de
l'élément tendu en béton fissuré conformément à l'équation (5.6-1).

 EA  Es As
 s eff = ---------------------------------------------------- ... (5.6-1)
1 – 0,35 ⁄  1 + n 0 q s
 
où n0 est le coefficient d'équivalence pour un chargement de courte durée conformément à 5.4.2.2(2), As est l’aire
de l'armature longitudinale de l'élément tendu en béton à l’intérieur de la largeur efficace et qs est le ratio d’arma-
ture qs = As/Ac déterminé avec l'aire efficace de la section transversale du béton Ac,
— les efforts normaux dans l'élément tendu en béton NEd,serv pour l'état limite de service et NEd,ult pour l'état limite
ultime sont données par

N Ed,ser. = 1,15 A c f ct,eff  1 + n 0 q s ... (5.6-2)


 

N Ed,ult = 1,45 A c f ct,eff  1 + n 0 q s ... (5.6-3)


 
où fct,eff est la résistance efficace à la traction du béton.
À moins qu'elle ne soit vérifiée par des méthodes plus précises, la résistance efficace à la traction peut être
supposée égale à fct,eff = 0,7 fctm lorsque l'élément tendu en béton agit comme un tablier et est simultanément
soumis à une combinaison d’effets globaux et locaux.
(7) Pour des éléments tendus mixtes, soumis à des efforts normaux et à des moments de flexion, il convient
de déterminer les caractéristiques de la section transversale fissurée et l’effort normal dans la partie en
béton armé de l'élément mixte en utilisant la rigidité longitudinale efficace de l'armature conformément à
l'équation (5.6-1). Si l’effort normal de la partie en béton armé de l'élément ne dépasse pas les valeurs données
par les équations (5.6-2) et (5.6-3), il convient d'utiliser ces valeurs pour le calcul. Il convient de déterminer les
contraintes dans l'armature en utilisant ces efforts mais en tenant compte de l'aire réelle As de la section transver-
sale de l'armature.

5.4.2.9 Tabliers de ponts à poutres enrobées


(1) Lorsque les dispositions constructives sont conformes à 6.3, en flexion longitudinale, les effets du glisse-
ment entre le béton et les poutres en acier et les effets du traînage de cisaillement peuvent être négligés. Il
convient également de négliger la contribution du coffrage supporté par les poutres en acier et qui devient partie
intégrante de la construction finale.
(2) Lorsque la répartition des charges appliquées après durcissement du béton n'est pas uniforme dans le sens
transversal à celui des poutres enrobées, il convient que l'analyse tienne compte de la répartition transversale des
forces dues à la différence de déformation entre deux poutres enrobées adjacentes et tienne compte de la rigidité
transversale, à moins qu'il ne soit vérifié qu'une précision suffisante est obtenue par une analyse simplifiée qui
supposerait un comportement rigide dans le sens transversal.
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(3) Les effets décrits en (2) peuvent être pris en compte en utilisant l'une des méthodes d'analyse suivantes :
— modéliser le tablier par une dalle orthotrope en répartissant uniformément les poutres en acier,
— considérer le béton comme discontinu de manière à obtenir un gril de poutres où les éléments ont une rigidité
en flexion et en torsion et où la rigidité en torsion de la section en acier peut être négligée. Pour la détermination
des sollicitations dans le sens transversal, la rigidité en flexion et en torsion des éléments transversaux en
béton peut être supposée égale à 50 % de la valeur de la rigidité non fissurée,
— utiliser des méthodes générales conformément à 5.4.3.
La valeur nominale du coefficient de Poisson du béton peut être supposée égale à zéro pour les états limites
ultimes et à 0,2 pour les états limites de service.
(4) Il convient de déterminer les sollicitations par une analyse élastique, en négligeant la redistribution des
sollicitations due à la fissuration du béton.
(5) Pour les états limites ultimes autres que la fatigue, un pourcentage n’excédant pas 15 % des moments
négatifs des poutres enrobées continues ayant des sections transversales de classe 1 au niveau des appuis inter-
médiaires, peut être redistribué pour tenir compte du comportement inélastique des matériaux. Pour chaque cas
de charge, il convient que les sollicitations après redistribution soient en équilibre avec les charges.
(6) Les effets du fluage sur les déformations peuvent être pris en compte conformément à 5.4.2.2. Les effets
de retrait du béton peuvent être négligés.
(7) Pour la détermination des flèches et des contre flèches à l'état limite de service ainsi que pour l'analyse
dynamique, la rigidité efficace en flexion des tabliers à poutres enrobées peut être prise égale à

E a I eff = 0,5  E a I 1 + E a I 2 ... (5.6-4)


 
où I1 et I2 sont les valeurs non fissurées et fissurées du moment d'inertie de flexion de la section mixte soumise à
une flexion positive comme définie en 1.5.2.11 et 1.5.2.12. Il convient de déterminer le moment d'inertie de flexion I2
en utilisant la section transversale efficace de l'acier de construction, de l'armature et du béton en compression.
L'aire du béton en compression peut être déterminée à partir de la distribution plastique des contraintes.
(8) Les influences des différences de température et des gradients thermiques peuvent être négligés, sauf pour
la détermination des flèches des ponts ferroviaires avec ou sans traverses et dépourvus de ballast.

5.4.3 Analyse globale non linéaire pour les ponts


(1)P L'analyse non linéaire peut être utilisée. Aucune règle d’application n’est donnée.
(2)P Le comportement de la connexion doit être pris en compte.
(3)P Les effets des déformations géométriques de la structure doivent être pris en compte.

5.4.4 Combinaison des effets d'actions globales et locales


(1) Il convient d'additionner les effets d'actions globales et locales en tenant compte d'un coefficient de
combinaison.
NOTE Le coefficient de combinaison peut être donné dans l’Annexe Nationale. Les valeurs recommandées pour les
ponts routiers sont données en Annexe E de l'EN 1993-2.

5.5 Classification des sections


5.5.1 Généralités
(1)P Le système de classification défini dans l'EN 1993-1-1:2005, 5.5.2 s'applique aux sections des poutres
mixtes.
(2) Il convient qu'une section mixte soit classée en fonction de la classe la plus défavorable de ses parois
comprimées en acier. La classe d'une section mixte dépend normalement du signe du moment fléchissant exercé
au niveau de cette section.
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(3) Une paroi comprimée en acier maintenue par sa liaison à un élément en béton armé peut être classée plus
favorablement, à condition que l'amélioration de comportement correspondante soit démontrée.
(4) Pour la classification, il convient d'utiliser la distribution plastique des contraintes, excepté pour la limite
entre les Classes 3 et 4 où il convient d'utiliser la distribution élastique des contraintes prenant en compte le
phasage de construction ainsi que les effets du fluage et du retrait. Pour la classification, il convient d'utiliser les
valeurs de calcul des résistances des matériaux. Il convient de négliger le béton tendu. Il convient de déterminer
la distribution des contraintes avec la section brute de l'âme en acier et la largeur efficace des semelles.
(5) Pour les sections de Classes 1 et 2 comportant des barres d’armature tendues, il convient que les barres
situées dans la largeur efficace possèdent une ductilité de Classe B ou C, voir l'EN 1992-1-1:2004, Tableau C.1.
En outre, pour une section dont le moment résistant est déterminé par 6.2.1.2, 6.2.1.3 ou 6.2.1.4, il convient de
prévoir une aire minimale d'armature As dans la largeur efficace de la semelle en béton, satisfaisant la condition
suivante :
A s ≥ qs A c ... (5.7)
avec :
f y f ctm
q s = d ---------- --------- k c ... (5.8)
235 f sk

où :
Ac est l'aire efficace de la semelle en béton ;
fy est la valeur nominale de la limite d'élasticité de l'acier de construction en N/mm2 ;
fsk est la limite d'élasticité caractéristique de l'armature ;
fctm est la résistance moyenne en traction du béton, voir l'EN 1992-1-1:2004, Tableau 3.1 ou Tableau 11.3.1 ;
kc est un coefficient donné en 7.4.2 ;
d est égal à 1,0 pour les sections de Classe 2 et à 1,1 pour les sections de Classe 1 pour lesquelles une rota-
tion de la rotule plastique est requise.
(6) Il convient de ne pas tenir compte d'un treillis soudé dans la section efficace, sauf s'il a été démontré que
celui-ci possède une ductilité suffisante pour éviter sa rupture, lorsqu'il est incorporé dans une dalle en béton.
(7) Dans l'analyse globale pour les différentes phases de construction, il convient de prendre en compte la
classe de la section en acier à l'étape considérée.

5.5.2 Classification des sections mixtes sans enrobage de béton


(1) Une semelle en acier comprimée maintenue vis-à-vis du voilement par une liaison efficace sur une semelle
en béton au moyen de connecteurs peut être considérée comme étant de Classe 1 si l'espacement des connec-
teurs est conforme aux exigences de 6.6.5.5.
(2) Pour les autres semelles et âmes comprimées en acier de poutres mixtes sans enrobage de béton, il
convient d'adopter une classification conforme à l'EN 1993-1-1:2005, Tableau 5.2. Il convient de considérer
comme étant de Classe 4 un élément qui ne satisfait pas les limites de la Classe 3.
(3) Les sections comportant des âmes de Classe 3 et des semelles de Classe 1 ou 2 peuvent être
traitées comme des sections efficaces de Classe 2 comportant une âme efficace définie conformément
à l'EN 1993-1-1:2005, 6.2.2.4.

5.5.3 Classification des sections de tabliers de ponts à poutres enrobées


(1) Il convient de classer une semelle à débord en acier d'une section mixte conformément au Tableau 5.2.
(2) Une âme de classe 3 qui est enrobée de béton, peut être représentée par une âme efficace de même
section en classe 2.
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Tableau 5.2 — Valeurs maximales c/t pour des semelles en acier de poutres enrobées

Section laminée Section soudée

Répartition des contraintes


(compression positive)

Classe Type Limite max (c/t)

1 c/t ≤ 9e

235 2
2 Laminé ou soudé c/t ≤ 14e e = ---------- avec f y en N ⁄ mm
fy
3 c/t ≤ 20e
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6 Section 6 — États limites ultimes

6.1 Poutres
6.1.1 Poutres de ponts — généralités
(1) Il convient de vérifier les poutres mixtes vis-à-vis de :
— la résistance des sections (voir 6.2 et 6.3)
— la résistance au déversement (voir 6.4)
— la résistance au voilement par cisaillement et aux charges appliquées dans le plan des âmes (voir 6.2.2 et 6.5)
— la résistance au cisaillement longitudinal (voir 6.6)
— la résistance à la fatigue (voir 6.8).

6.1.2 Largeur efficace pour la vérification des sections


(1) Il convient de déterminer la largeur efficace de la semelle en béton pour la vérification des sections confor-
mément à 5.4.1.2 en prenant en compte la distribution de largeur efficace entre les appuis et les zones situées à
mi-portée.

6.2 Résistances des sections de poutres


6.2.1 Résistance à la flexion

6.2.1.1 Généralités
(1)P La résistance de calcul à la flexion ne doit être déterminée par la théorie rigide plastique que lorsque la sec-
tion mixte efficace est de Classe 1 ou de Classe 2, et en l'absence de précontrainte par câbles.
(2) L'analyse élastique ainsi que le calcul non linéaire pour la résistance à la flexion peuvent être appliqués aux
sections de toutes les classes.
(3) Pour l'analyse élastique et le calcul non linéaire, on peut supposer que la section mixte reste plane si la
connexion et l’armature transversale sont dimensionnées conformément à 6.6, en considérant des distributions
appropriées du cisaillement longitudinal de calcul.
(4)P La résistance à la traction du béton doit être négligée.
(5) Lorsque la partie en acier d'une poutre mixte présente une courbure dans un plan, les effets de la courbure
doivent être pris en compte.

6.2.1.2 Moment résistant plastique Mpl,Rd d'une section mixte


(1) Il convient d'adopter les hypothèses suivantes pour le calcul de Mpl,Rd :
a) il existe une interaction complète entre l'acier de construction, l’armature et le béton ;
b) l'aire efficace de la poutre en acier de construction est soumise à une contrainte égale à sa limite d'élasticité
de calcul fyd en traction ou en compression ;
c) les aires efficaces des armatures longitudinales tendues et comprimées sont soumises à une contrainte égale
à leur limite d'élasticité de calcul fsd en traction ou en compression. En alternative, l’armature comprimée d'une
dalle peut être négligée ;
d) l'aire efficace de béton comprimé reprend une contrainte de 0,85 fcd constante sur toute la hauteur entre l'axe
neutre plastique et la fibre la plus comprimée du béton, où fcd est la résistance de calcul du béton à la
compression sur cylindre.
Des distributions plastiques types de contraintes sont illustrées sur la Figure 6.2.
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Figure 6.2 — Exemples de distributions plastiques de contraintes pour une poutre mixte
avec une dalle pleine et une connexion complète, sous flexion positive et négative

(2) Pour les sections mixtes comprenant de l'acier de construction de nuance S420 ou S460, où la distance xpl
entre l'axe neutre plastique et la fibre extrême comprimée de la dalle en béton est supérieure à 15 % de la hauteur
totale h de la section, il convient de prendre le moment résistant de calcul MRd égal à b Mpl,Rd où b est le facteur
de réduction donné par la Figure 6.3. Pour des valeurs de xpl/h supérieures à 0,4, il convient de déterminer la
résistance à la flexion comme indiqué en 6.2.1.4 ou 6.2.1.5.

Figure 6.3 — Facteur de réduction b pour Mpl,Rd

(3) Lorsque le calcul plastique est utilisé et que l’armature est tendue, il convient que cette armature soit
conforme à 5.5.1(5).

6.2.1.3 Règles supplémentaires pour les poutres de ponts


(1) Lorsqu'une poutre mixte est soumise à une flexion bi-axiale, à une interaction de flexion et de torsion ou à
une combinaison d’effets globaux et locaux, il convient de tenir compte du 6.2.1(5) de l'EN 1993-1-1:2005.
(2) Dans le cas d’une analyse élastique globale d’une poutre continue, il convient que MEd ne dépasse
pas 0,9 Mpl,Rd dans toute section de classe 1 ou 2 en flexion positive, la dalle en béton étant comprimée, et
lorsque à la fois :
— la section en flexion négative, au niveau ou à proximité d'un appui adjacent, est de classe 3 ou 4, et
— le rapport des longueurs des portées adjacentes à cet appui (la plus courte/la plus longue) est inférieur à 0,6.
Comme alternative, il convient d'utiliser une analyse globale qui tient compte du comportement inélastique.
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6.2.1.4 Résistance non linéaire à la flexion


(1)P Lorsque la résistance à la flexion d'une section mixte est déterminée par un calcul non linéaire, les relations
contraintes-déformations des matériaux doivent être prises en compte.
(2) Il convient de supposer que la section mixte reste plane et que la déformation des armatures, en traction
ou en compression, est identique à la déformation moyenne dans le béton environnant.
(3) Il convient de calculer les contraintes dans le béton comprimé au moyen des courbes
contraintes-déformations données dans l'EN 1992-1-1:2004, 3.1.7.
(4) Il convient de calculer les contraintes dans les armatures au moyen des diagrammes bilinéaires donnés
dans l'EN 1992-1-1:2004, 3.2.7.
(5) Il convient de calculer les contraintes dans l'acier de construction comprimé ou tendu au moyen du
diagramme bilinéaire donné dans l'EN 1993-1-1:2005, 5.4.3(4) et de prendre en compte les effets de la méthode
de construction (c’est-à-dire étayée ou non étayée).
(6) Pour les sections mixtes de Classe 1 ou de Classe 2 dont la semelle en béton est en compression, la
résistance non linéaire à la flexion MRd peut être déterminée en fonction de l'effort Nc de compression exercé dans
le béton au moyen des expressions simplifiées (6.2) et (6.3), comme indiqué sur la Figure 6.6 :

Nc
M Rd = M a,Ed +  M el,Rd – M a,Ed ------------ pour N c ≤ N c,el ... (6.2)
 N c,el

N c – N c,el
M Rd = M el,Rd +  M pl,Rd – M el,Rd --------------------------- pour N c,el ≤ N c ≤ N c,f ... (6.3)
 N – N c,f c,el

avec
Mel,Rd = Ma,Ed + k Mc,Ed ... (6.4)
où :
Ma,Ed est le moment fléchissant de calcul appliqué à la section en acier de construction, avant comportement
mixte ;
Mc,Ed est la part du moment fléchissant de calcul appliqué à la section mixte ;
k est le facteur le plus faible amenant à atteindre l’une des limites de contrainte données en 6.2.1.5(2). En
cas de construction non étayée, il convient de prendre en compte l'ordre des phases de construction ;
Nc,el est l'effort de compression dans la semelle en béton correspondant au moment Mel,Rd.
Pour les sections où 6.2.1.2 (2) s'applique, il convient d'utiliser dans l'expression (6.3) et dans la Figure 6.6 la
valeur réduite b Mpl,Rd au lieu de Mpl,Rd.

Légende
1 Construction étayée
2 Construction non étayée
Figure 6.6 — Relation simplifiée entre MRd et Nc
pour des sections avec dalle en béton comprimée
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(7) Lorsque la résistance à la flexion d'une section mixte est déterminée par un calcul non linéaire, il
convient de déduire les contraintes dans l’armature de précontrainte à partir des courbes de calcul du 3.3.6
de l'EN 1992-1-1:2004. Lors de l'évaluation de ces contraintes, il convient de tenir compte des déformations de
calcul initiales dans l’armature de précontrainte.

6.2.1.5 Résistance élastique à la flexion


(1) Il convient de calculer les contraintes par la théorie élastique, en utilisant une largeur efficace de la semelle
en béton conforme à 6.1.2. Pour les sections de Classe 4, il convient de déterminer la section efficace en acier
conformément à l'EN 1993-1-5, 4.3.
(2) Dans le calcul de la résistance élastique à la flexion basé sur la section efficace, il convient d’adopter les
limites de contraintes suivantes :
— fcd dans le béton comprimé ;
— fyd dans l'acier de construction tendu ou comprimé ;
— fsd dans l’armature tendue ou comprimée. En alternative, l’armature comprimée d’une dalle béton peut être
négligée.
(3)P Les contraintes dues aux actions exercées sur la structure métallique seule doivent être ajoutées aux
contraintes dues aux actions exercées sur l’élément mixte.
(4) Sauf si une méthode plus précise est utilisée, il convient de prendre en compte l'effet du fluage par l'utilisa-
tion d'un coefficient d'équivalence conformément à 5.4.2.2.
(5) Dans les sections comportant du béton tendu supposé fissuré, les contraintes dues aux effets primaires
(isostatiques) du retrait peuvent être négligées.
(6) Il convient de vérifier le déversement des semelles comprimées conformément à 6.4.
(7) Pour les ponts mixtes ayant des sections de classe 4 calculées conformément à 4 de l'EN 1993-1-5, il
convient de calculer la section d'acier efficace à l’instant considéré à partir de la somme des contraintes résultant
des différents stades de construction et d’utilisation, calculées sur des sections brutes. Il convient d'utiliser cette
section efficace pour la vérification des contraintes dans la section mixte aux différents stades de construction et
d’utilisation.
(8) Pour le calcul de la résistance élastique à la flexion sur la base de la section efficace, il convient de
prendre la contrainte limite dans l'armature de précontrainte comme étant égal à fpd, conformément au 3.3.6
de l'EN 1992-1-1:2004. Il convient de tenir compte des contraintes dues aux déformations initiales dans l’armature
de précontrainte, conformément au 5.10.8 de l'EN 1992-1-1:2004.
(9) Comme alternative aux (7) et (8), il est admis d'utiliser 10 de l'EN 1993-1-5.
NOTE L'Annexe Nationale peut proposer un choix entre la méthode donnée en (7) et (8) et celle du 10 de l'EN 1993-1-5.

6.2.2 Résistance à l'effort tranchant

6.2.2.1 Domaine d'application


(1) 6.2.2 s'applique aux poutres mixtes comportant un profilé en acier de construction laminé ou soudé avec
une âme pleine, éventuellement raidie.

6.2.2.2 Résistance plastique à l'effort tranchant


(1) Il convient de prendre la résistance à l'effort tranchant Vpl,Rd égale à la résistance de la section en acier de
construction Vpl,a,Rd sauf si la valeur d'une contribution de la partie en béton armé de la poutre a été démontrée.
(2) Il convient de déterminer la résistance de calcul au cisaillement plastique Vpl,a,Rd de la section en acier de
construction conformément à l'EN 1993-1-1:2005, 6.2.6.
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6.2.2.3 Résistance au voilement par cisaillement


(1) Il convient de déterminer la résistance au voilement par cisaillement Vb,Rd d'une âme en acier non enrobée
conformément à l'EN 1993-1-5, 5.
(2) Il convient de ne pas prendre en compte une contribution de la dalle en béton, sauf si l'on utilise une
méthode plus précise que celle donnée dans l'EN 1993-1-5, 5 et si la connexion est justifiée vis-à-vis de l’effort
vertical approprié.

6.2.2.4 Flexion et effort tranchant


(1) Lorsque l'effort tranchant VEd dépasse la moitié de la résistance à l'effort tranchant VRd donnée par Vpl,Rd
en 6.2.2.2 ou Vb,Rd en 6.2.2.3, en retenant la plus faible de ces deux valeurs, il convient de prendre en compte
son effet sur le moment résistant.
(2) Pour les sections de Classe 1 ou 2, l'influence de l'effort tranchant sur la résistance à la flexion peut être
prise en compte au moyen d’une résistance de calcul réduite de l'acier (1 – q) fyd dans l'aire de cisaillement,
comme le montre la Figure 6.7 où :

q = (2VEd / VRd – 1)2 ... (6.5)


et VRd est la résistance adéquate à l’effort tranchant, déterminé suivant 6.2.2.2 ou 6.2.2.3.
(3) Pour les sections de Classe 3 et de Classe 4, l'EN 1993-1-5, 7.1 est applicable en utilisant les contraintes
calculées dans la section mixte.
(4) Il convient de ne pas prendre en compte le décalage de la position de l’axe neutre plastique de la section,
dû à la limite d’élasticité réduite selon (2), lorsque la classe de l’âme est déterminée selon 5.5.

Figure 6.7 — Distribution plastique des contraintes,


modifiée par l'effet de l'effort tranchant

6.2.2.5 Règles supplémentaires pour les poutres de ponts


(1) Lorsque 5.4(1) de l'EN 1993-1-5 est appliqué pour une poutre ayant une semelle mixte, la dimension de la
semelle non mixte peut être utilisée même si sa section est plus grande. Il convient de prendre l'effort normal NEd
dans le sens axial donné au 5.4(2) de l'EN 1993-1-5, comme l'effort axial agissant sur la section mixte. Pour les
semelles mixtes, il convient d’utiliser l’aire efficace.
(2) Pour le calcul de Mf,Rd selon 7.1(1) de l'EN 1993-1-5, il convient d'utiliser la résistance plastique de calcul
à la flexion de la section mixte efficace, à l'exclusion de l'âme en acier.
(3) 6.2.2 de l'EN 1992-2 s'applique pour l'effort tranchant dans une semelle en béton d'un élément mixte.
NOTE Pour les semelles tendues en béton, les valeurs de CRd,c et k1 au 6.2.2 de l’EN1992-1-1:2004 (équations 6.2a
et 6.2b) peuvent être données dans l’Annexe Nationale. Il convient de prendre en compte pour la valeur de k1 les aspects
particuliers d’une action mixte. Les valeurs recommandées sont CRd,c = 0,15/cC et k1 = 0,12. Si la contrainte de traction rcp
dépasse rcp,0, il convient de la remplacer par rcp,0 dans les équations (6.2a) et (6.2b) de 6.2.2 de l’EN1992-1-1:2004, avec
la valeur recommandée de rcp,0 égale à 1,85 N/mm2.
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6.3 Tabliers à poutres enrobées


6.3.1 Domaine d'application
(1) Les paragraphes 6.3.1 à 6.3.5 sont applicables aux tabliers définis en 1.5.2.14. Une section type d'un tablier
à poutres enrobées avec coffrage permanent non collaborant, est illustrée sur la Figure 6.8. Aucune règle d'appli-
cation n'est donnée dans le cas de poutres totalement enrobées.
NOTE L'Annexe Nationale peut donner une référence à des règles pour les poutres enrobées transversales

(2) Les poutres en acier peuvent être des sections laminées ou soudées de section transversale uniforme.
Pour les sections soudées, il convient qu'à la fois la largeur des semelles et la hauteur de l'âme s'inscrivent dans
les gammes de produits disponibles pour les sections laminées en H- ou en I.
(3) Les travées peuvent être simplement appuyées ou continues. Les appuis peuvent être droits ou biais.

Légende
1 Coffrage non collaborant
Figure 6.8 — Section type d'un tablier à poutres enrobées
(4) Il convient que les tabliers à poutres enrobées soient conformes à ce qui suit :
— les poutres en acier ne sont pas courbes en plan ;
— il convient que l'angle du biais h ne soit pas supérieur à 30° (la valeur h = 0 correspondant à un tablier droit) ;
— la hauteur nominale h des poutres en acier vérifie : 210 mm ≤ h ≤ 1 100 mm ;
— il convient que l'espacement sw des âmes entre deux poutres adjacentes en acier ne dépasse pas la plus faible
valeur entre h/3 + 600 mm et 750 mm, où h est la hauteur nominale des poutres en acier en mm ;
— l'enrobage cst au-dessus des poutres en acier satisfait aux conditions suivantes :
cst ≥ 70 mm, cst ≤ 150 mm, cst ≤ h/3, cst ≤ xpl – tf
où xpl est la distance entre l'axe neutre plastique de la section sous moment positif et la fibre extrême du béton
comprimé, et tf est l'épaisseur de la semelle en acier ;
— l'enrobage de béton sur le côté d'une semelle en acier enrobée est d'au moins 80 mm ;
— la distance nette sf entre les semelles supérieures des poutres en acier est d'au moins 150 mm, de manière à
permettre le coulage et le compactage du béton ;
— la sous-face de la semelle inférieure des poutres en acier n'est pas enrobée ;
— une nappe inférieure d'armature transversale passe à travers les âmes des poutres en acier, et est ancrée au-
delà des poutres en acier de rive et à chaque extrémité de chaque barre, de manière à atteindre sa limite
d'élasticité conformément au 8.4 de l'EN 1992-1:2004 ; des barres à haute adhérence, conformes au 3.2.2
de l'EN 1992-1-1:2004 et à l'Annexe C sont utilisées ; leur diamètre est d'au moins 16 mm et leur espacement
d'au plus 300 mm ;
— du béton de densité normale est utilisé ;
— il convient de décalaminer la surface des poutres en acier. Il convient de protéger contre la corrosion la sous-
face, les surfaces supérieures et les bords des semelles inférieures des poutres en acier ;
— pour les ponts routiers et ferroviaires, il convient de réaliser par perçage les trous dans les âmes des sections
en acier.
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6.3.2 Généralités
(1) Il convient de calculer les tabliers à poutres enrobées pour les états limites ultimes conformément aux 6.3.2
à 6.3.5 et pour l'état limite de service conformément à la Section 7.
(2) Il convient de vérifier la résistance à la fatigue des poutres en acier assemblées par boulons et/ou soudage.
(3) Il convient de classer les sections mixtes conformément au 5.5.3.
(4) Il n'est pas nécessaire de prévoir de connexions mécaniques.

6.3.3 Moments fléchissants


(1) Il convient de déterminer la résistance de calcul à la flexion des sections mixtes conformément à 6.2.1. Lors-
que l’effort tranchant vertical Va,Ed dans la section en acier excède la moitié de la résistance au cisaillement donné
en 6.3.4, il convient de tenir compte de son effet sur le moment résistant conformément à 6.2.2.4(2) et (3).
(2) Il convient de déterminer la résistance de calcul à la flexion transversale des sections en béton armé
conformément à l'EN 1992-2.

6.3.4 Effort tranchant


(1) Il convient de prendre la résistance à l'effort tranchant des sections mixtes comme étant égale à la résis-
tance de la section en acier de construction Vpl,a,Rd à moins qu'une contribution de la partie en béton armé n'ait
été établie conformément à l'EN 1992-2.
(2) À moins qu'une analyse plus précise ne soit utilisée, la partie Vc,Ed de l'effort tranchant total VEd agissant
sur la partie en béton armé peut être prise égale à Vc,Ed = VEd (Ms,Rd/Mpl,Rd), avec Ms,Rd = Ns . zs = As fsd zs.
Le bras de levier zs est illustré sur la Figure 6.9 pour un tablier à poutres enrobées de classe 1 ou 2.

Figure 6.9 — Distribution des contraintes à une valeur MRd


pour une partie d'un tablier à poutres enrobées de classe 1 ou 2
(3) Il convient de vérifier la résistance de calcul à l'effort tranchant des sections en béton armé entre poutres
enrobées conformément à l'EN 1992.

6.3.5 Résistance et stabilité des poutres en acier en cours d'exécution


(1) Il convient de vérifier les poutres en acier avant prise du béton conformément à l'EN 1993-1-1:2005 et
à l'EN 1993-2.

6.4 Déversement des poutres mixtes


6.4.1 Généralités
(1) Une semelle en acier connectée à une dalle mixte ou en béton conformément à 6.6 peut être considérée
comme latéralement stable, à condition que toute instabilité latérale de la dalle en béton soit empêchée.
(2) Il convient de vérifier la stabilité latérale de toutes les autres semelles en acier comprimées.
(3) Les méthodes de l'EN 1993-1-1:2005, 6.3.2.1 à 6.3.2.3 et plus généralement 6.3.4, sont applicables pour
les sections en acier sur la base des efforts agissant sur la section mixte, en prenant en compte les effets du
phasage de construction conformément à 5.4.2.4. Les conditions de maintien latéral et en torsion élastique au
niveau de la connexion à la dalle en béton peuvent être prises en compte.
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6.4.2 Poutres de ponts à sections uniformes de classe 1, 2 ou 3


(1) Pour les poutres de section d'acier uniforme de classe 1, 2 ou 3, maintenues conformément au 6.4.2(5), il
convient que le moment résistant de calcul au déversement soit pris égal à :
Mb,Rd = vLT MRd ... (6.6)
où :
vLT est le facteur de réduction pour le déversement correspondant à l'élancement réduit, k LT et
MRd est le moment résistant de calcul au niveau de la section considérée.
Les valeurs du facteur de réduction vLT peuvent être obtenues à partir du 6.3.2 de l'EN 1993-1-1:2005.
(2) Pour des sections de classe 1 ou 2, MRd = Mpl,Rd, cette valeur étant déterminée conformément au 6.2.1.2.
(3) Pour des sections de classe 3, il convient que MRd soit pris égal à Mel,Rd donné par l'expression (6.4), mais
considéré comme étant le moment fléchissant de calcul qui entraîne soit une contrainte de traction fsd dans l'arma-
ture, soit une contrainte fyd dans une fibre extrême de la section en acier, en retenant la plus faible de ces deux
valeurs.
(4) L'élancement réduit k LT peut être calculé à partir de la formule suivante :

M RK
k LT = ----------- ... (6.7)
M cr

où :
MRk est le moment résistant de la section mixte calculé en utilisant les grandeurs caractéristiques des matériaux
et la méthode spécifiée pour MRd ;
Mcr est le moment critique élastique de déversement déterminé pour la section considérée.
(5) Lorsque la dalle est fixée à un ou plusieurs éléments d'appui en acier qui sont approximativement parallèles
à la poutre mixte considérée, et que les conditions (a) et (b) ci-dessous sont satisfaites, le calcul du moment
critique élastique Mcr peut être fondé sur le modèle de «portique continu en U inversé». Ce modèle tient compte
du déplacement latéral de la semelle inférieure entraînant une flexion de l'âme en acier et la rotation de la semelle
supérieure comme illustré sur la Figure 6.10 :
a) La semelle supérieure de l'élément en acier est fixée à une dalle en béton armé par des connecteurs confor-
mément à 6.6 ;
b) À chaque appui de l'élément en acier, la semelle inférieure est maintenue latéralement et l'âme est raidie.
Partout ailleurs, l'âme est non raidie.
(6) Au niveau de la semelle supérieure en acier, une rigidité en rotation ks par unité de longueur de poutre en
acier peut être adoptée afin de représenter le modèle de portique en U par une poutre unique :
k1 k2
k s = -----------------
- ... (6.8)
k1 + k2

où :
k1 est la rigidité en flexion de la dalle en béton fissurée dans le sens transversal à la poutre en acier. Sa valeur
peut être prise égale à :
k1 = a Ea I2 / a ... (6.9)
où a = 2 lorsque k1 est calculée pour une poutre de rive, avec ou sans porte-à-faux, et a = 3 lorsque k1 est
calculée pour une poutre intérieure. Pour les poutres intérieures d'un tablier de pont à quatre poutres simi-
laires ou plus, il est admis d'utiliser a = 4.
a est l'espacement entre les poutres parallèles ;
Ea I2 est la rigidité en flexion «fissurée» par unité de longueur de la dalle en béton ou mixte comme défini
en 1.5.2.12, où il convient de prendre I2 comme étant la plus faible des valeurs à mi-portée sous moment
positif et des valeurs au niveau des éléments d'appui en acier sous moment négatif ;
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k2 est la rigidité en flexion de l'âme en acier, prise égale à :


3
Ea tw
k 2 = -----------------------------
- ... (6.10)
4  1 – m a h s
2
 

où ma est le coefficient de Poisson de l'acier et hs et tw sont définis sur la Figure 6.10.


(7) Dans le modèle de portique en U, l'effet favorable de la rigidité de torsion de Saint-Venant, Ga Iat, de la sec-
tion en acier peut être pris en compte pour le calcul de Mcr.

Légende
1 Fissures
Figure 6.10 — Modèle de portique en U

6.4.3 Méthodes générales pour le flambement des éléments et ossatures

6.4.3.1 Méthode générale


(1) 6.3.4 de l'EN 1993-2 est applicable pour les éléments mixtes hors du domaine d'application du 6.4.2(1) ou
du 6.7 ainsi que pour les ossatures mixtes. Pour la détermination de ault et acrit, il convient d'utiliser des valeurs
appropriées de résistance et de rigidité pour les éléments en béton et pour les éléments mixtes, conformément
à l'EN 1992 et l’EN 1994.

6.4.3.2 Méthode simplifiée


(1) 6.3.4.2 et l'Annexe D2.4 de l'EN 1993-2 sont applicables aux semelles en acier de construction des poutres
mixtes et aux membrures des treillis mixtes. Lorsque le maintien est assuré par des éléments en béton ou mixtes,
il convient d'utiliser des valeurs appropriées de la rigidité élastique, conformément à l'EN 1992 et à l'EN 1994.

6.5 Forces transversales exercées sur les âmes


6.5.1 Généralités
(1) Les règles données dans l'EN 1993-1-5, 6 pour la détermination de la résistance de calcul d'une âme raidie
ou non raidie à des forces transversales exercées par l'intermédiaire d'une semelle sont applicables à la semelle
en acier non connectée d'une poutre mixte et à la partie adjacente de l'âme.
(2) Si la force transversale agit en combinaison avec une flexion et un effort normal, il convient de vérifier la
résistance conformément à l'EN 1993-1-5, 7.2.

6.5.2 Voilement des âmes induit par les semelles


(1) L'EN 1993-1-5, 8 est applicable à condition que l'aire Afc soit prise égale à l'aire de la semelle en acier non
mixte ou à l'aire équivalente de la semelle mixte acier-béton calculée avec le coefficient d'équivalence pour un
chargement à court terme, en retenant la plus faible de ces valeurs.
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6.6 Connexion
6.6.1 Généralités
6.6.1.1 Bases de calcul
(1) 6.6 est applicable aux poutres mixtes et, éventuellement, à d’autres types d’éléments mixtes.
(2)P Une connexion et une armature transversale doivent être prévues afin de transmettre le cisaillement longi-
tudinal entre le béton et l'élément en acier de construction, en négligeant l'effet d'adhérence naturelle entre les deux.
(3)P Les connecteurs doivent posséder une capacité de déformation suffisante pour justifier toute redistribution
inélastique du cisaillement admise dans le calcul.
(4)P Les connecteurs ductiles sont ceux qui possèdent une capacité de déformation suffisante pour justifier
l'hypothèse d'un comportement plastique idéal de la connexion dans la structure considérée.
(5) Un connecteur peut être considéré comme ductile si sa capacité de glissement en valeur caractéristique duk
est d'au moins 6 mm.
NOTE Une évaluation de duk est donnée dans l'Annexe B de l'EN 1994-1-1.

(6)P Lorsque deux ou plusieurs types différents de connecteurs sont utilisés dans la même travée d'une poutre,
toute différence significative entre leurs propriétés cisaillement-glissement doit être prise en compte.
(7)P Les connecteurs doivent être capables d'empêcher la séparation de l'élément en béton et de l'élément en
acier, à moins que cette séparation ne soit empêchée par d'autres moyens.
(8) Afin d'empêcher le soulèvement de la dalle, il convient que les connecteurs soient conçus pour résister à
un effort nominal de traction ultime, perpendiculaire au plan de la semelle en acier, d'au moins 0,1 fois la
résistance ultime au cisaillement de calcul des connecteurs. Si nécessaire, il convient de les compléter par des
dispositifs d'ancrage.
(9) Les goujons à tête conformes à 6.6.5.7 peuvent être considérés comme conférant une résistance suffisante
au soulèvement, à l’exception du cas où la connexion est soumise à une traction directe.
(10)P On doit se prémunir vis-à-vis de la rupture par cisaillement longitudinal et du fendage de la dalle en béton
dû aux efforts concentrés exercés par les connecteurs.
(11) Si les dispositions constructives de la connexion sont conformes aux dispositions appropriées données
en 6.6.5 et si l'armature transversale est conforme aux dispositions données en 6.6.6, on peut admettre que
l’exigence 6.6.1.1(10) est satisfaite.
(12) Lorsqu'un système de connexion, autre que les connecteurs mentionnés en 6.6, est utilisé pour transmettre
un cisaillement entre un élément en acier et un élément en béton, il convient que le comportement admis dans le
calcul soit basé sur des essais et corroboré par un modèle conceptuel. Il convient, dans toute la mesure du pos-
sible, que le calcul de l’élément mixte reste conforme au calcul d'un élément similaire utilisant les connecteurs
mentionnés en 6.6.
(13) Dans le voisinage des cadres transversaux et des raidisseurs verticaux d'âme ainsi que pour les sections
fermées mixtes, il convient de tenir compte des effets des moments à l'interface acier-béton, autour d'un axe paral-
lèle à l’axe de la poutre en acier, dus aux déformations de la dalle ou de l'élément en acier.
NOTE Des références à d'autres informations peuvent être données dans l'Annexe Nationale.

6.6.1.2 États limites ultimes autres que la fatigue


(1) Pour les vérifications relatives aux états limites ultimes, les dimensions et l'espacement des connecteurs
peuvent être conservés constants sur toute longueur où l'effort de calcul du cisaillement longitudinal par unité de
longueur ne dépasse pas la résistance de calcul du cisaillement longitudinal de plus de 10 %. Sur chacune de ces
longueurs, il convient que l'effort total de calcul du cisaillement longitudinal ne dépasse pas la résistance totale de
calcul du cisaillement longitudinal.
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6.6.2 Effort de cisaillement longitudinal dans les poutres de ponts

6.6.2.1 Poutres pour lesquelles la résistance des sections utilise une théorie élastique ou non linéaire
(1) Pour toute combinaison de charges et disposition des actions de calcul, il convient de déterminer l'effort de
cisaillement longitudinal par unité de longueur à l'interface acier-béton d'un élément mixte, vL,Ed, à partir du taux
de variation de l'effort longitudinal soit dans l'élément en acier, soit dans l’élément en béton de la section mixte.
Lorsqu'une théorie élastique est utilisée pour calculer la résistance des sections, il est admis d'utiliser l'enveloppe
des efforts tranchants transversaux dans le sens approprié.
(2) En général, il convient d'utiliser les caractéristiques élastiques de la section non fissurée pour déterminer
l'effort de cisaillement longitudinal, même si l'analyse globale suppose une fissuration du béton. Les effets de la
fissuration du béton sur l'effort de cisaillement longitudinal peuvent être pris en compte si les effets de la rigidité
entre fissures, et éventuellement de la sur-résistance du béton tendu, sont pris en compte dans l'analyse globale
et dans le calcul de l'effort de cisaillement longitudinal.
(3) Lorsque les efforts de cisaillement longitudinal sont concentrés, il convient de tenir compte des effets locaux
du glissement longitudinal ; par exemple, comme indiqué aux 6.6.2.3 et 6.6.2.4. Dans le cas contraire, les effets
du glissement longitudinal peuvent être négligés.
(4) Pour les sections fermées mixtes, il convient que l'effort de cisaillement longitudinal sur les connecteurs
inclue les effets de la flexion et de la torsion ainsi que, le cas échéant, les effets de déformation conformément
au 6.2.7 de l'EN 1993-2. Pour les sections fermées munies d'une semelle de type plaque mixte, voir 9.4.

6.6.2.2 Poutres de ponts avec des sections de classe 1 ou 2


(1) Dans les éléments ayant des sections de classe 1 ou 2, si le moment total de calcul MEd,max = Ma,Ed + Mc,Ed
dépasse la résistance élastique à la flexion Mel,Rd, il convient de tenir compte de la relation non linéaire entre
cisaillement transversal et cisaillement longitudinal dans les longueurs inélastiques de l'élément. Ma,Ed et Mc,Ed
sont définis en 6.2.1.4 (6).
(2) Le présent paragraphe s'applique aux régions où la dalle en béton est comprimée, comme illustrée sur
la Figure 6.11. Il convient de prévoir des connecteurs dans la longueur inélastique LA-B pour résister à l'effort de
cisaillement longitudinal VL,Ed, résultant de la différence entre les efforts normaux Ncd et Nc,el dans la dalle en
béton au niveau des sections B et A, respectivement. La résistance à la flexion Mel,Rd est définie en 6.2.1.4. Si le
moment maximal MEd,max au niveau de la section B est inférieur au moment résistant plastique Mpl,Rd, l'effort
normal Ncd au niveau de la section B peut être déterminé conformément à 6.2.1.4(6) et à la Figure 6.6, ou comme
alternative, en utilisant la relation linéaire simplifiée conformément à la Figure 6.11.

Figure 6.11 — Détermination de l'effort de cisaillement longitudinal


dans les poutres où des sections ont un comportement inélastique
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(3) Lorsque les effets du comportement inélastique d'une section où la dalle en béton est tendue, sont pris en
compte, il convient de déterminer les efforts de cisaillement longitudinal et leur répartition à partir des différences
d'effort dans la dalle en béton armé, sur la longueur inélastique de la poutre, en tenant compte des effets de la
rigidité entre fissures et de l'éventuelle sur-résistance du béton tendu. Pour la détermination de Mel,Rd, 6.2.1.4(7)
et 6.2.1.5 s'appliquent.
(4) Sauf si la méthode définie en (3) est utilisée, il convient de déterminer les efforts de cisaillement longitudinal
par une analyse élastique utilisant les caractéristiques de la section non fissurée, en tenant compte des effets du
phasage de construction.

6.6.2.3 Effets locaux d’un effort concentré de cisaillement longitudinal dû à l'introduction de forces
longitudinales
(1) Lorsqu'une force FEd parallèle à l'axe longitudinal de la poutre mixte est appliquée à l'élément en béton ou
en acier par une armature de précontrainte adhérente ou non, il convient de déterminer la répartition de l'effort
concentré de cisaillement longitudinal VL,Ed le long de l'interface acier-béton conformément à (2) ou (3). Il convient
de déterminer la répartition de VL,Ed due à plusieurs forces FEd par superposition.
(2) La force VL,Ed peut être supposée répartie sur une longueur Lv de connexion avec un effort de cisaillement
maximal par unité de longueur donné par l'équation (6.12) et la Figure (6.12a) dans le cas d’une introduction des
charges sur une certaine longueur de semelle en béton, et par l'équation (6.13) et la Figure (6.12b) dans le cas
d’une introduction des charges à l'extrémité d'une semelle en béton.
vL,Ed,max = VL,Ed / (ed + beff/2) ... (6.12)
vL,Ed,max = 2 VL,Ed / (ed + beff/2) ... (6.13)
où :
beff est la largeur efficace pour l'analyse globale, donnée en 5.4.1.2,
ed est soit 2eh soit 2ev (la longueur sur laquelle la force FEd est appliquée, peut être ajoutée à ed),
eh est la distance transversale du point d'application de la force FEd à l'âme en acier correspondante, si la force
est appliquée à la dalle,
ev est la distance verticale du point d'application de la force FEd au plan de connexion concerné, si la force est
appliquée à l'élément en acier.
(3) Lorsque des goujons sont utilisés aux états limites ultimes, une distribution rectangulaire de l’effort de
cisaillement longitudinal par unité de longueur peut être supposée sur la longueur Lv, de sorte que sur une certaine
longueur de semelle en béton,
vL,Ed,max = VL,Ed / (ed + beff) ... (6.14)
et à l'extrémité d'une semelle,
vL,Ed,max = 2 VL,Ed / (ed + beff) ... (6.15)
(4) En l'absence de détermination plus précise, il est admis de supposer que la force FEd – VL,Ed se diffuse
dans l'élément en béton ou en acier avec un angle 2b, où b = arc tan 2/3.
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Figure 6.12 — Répartition de l'effort de cisaillement longitudinal


le long de l'interface

6.6.2.4 Effets locaux d’un effort concentré de cisaillement longitudinal dû à un soudain changement
de section
(1) Il convient de considérer et le cas échéant, de tenir compte de l’effort concentré de cisaillement longitudinal
à l'extrémité de la dalle en béton, dû par exemple aux effets isostatiques du retrait et des actions thermiques
conformes à l'EN 1991-1-5:2003 (voir Figure 6.12c). Ceci s'applique également aux phases intermédiaires de
construction d'une dalle en béton (Figure 6.12d).
(2) Il convient de tenir compte de l’effort concentré de cisaillement longitudinal au niveau d’un soudain
changement de sections, par exemple le passage d'une section en acier à une section mixte, conformément à la
Figure (6.12d).
(3) Lorsque les effets isostatiques de la température et du retrait, au niveau de chaque extrémité libre de
l'élément considéré, nécessitent l’accrochage de l'effort de calcul de cisaillement longitudinal VL,Ed à l'interface
acier-béton, sa répartition peut être supposée triangulaire, avec un effort de cisaillement maximal par unité de
longueur (Figures 6.12c et d) égal à :
vL,Ed,max = 2 VL,Ed / beff ... (6.16)
à l'extrémité libre de la dalle, où beff est la largeur efficace pour l'analyse globale, donnée en 5.4.1.2(4). Lorsque
des goujons sont utilisés pour l'état limite ultime, la répartition peut également être supposée rectangulaire sur une
longueur beff adjacente à l'extrémité libre de la dalle.
(4) Pour le calcul des effets isostatiques du retrait lors des phases intermédiaires de la construction d'une dalle
en béton, il convient que pour la détermination de la largeur beff selon 6.6.2.4, la portée équivalente soit prise égale
à la longueur continue de dalle en béton où la connexion est effective, à l'intérieur de la portée considérée.
(5) Lorsqu’à un soudain changement de section conformément à la Figure 6.12d, l'effort concentré de cisaille-
ment longitudinal résulte de la force Nc due à la flexion, la répartition donnée en (3) peut être utilisée.
(6) Il convient de supposer que les forces accrochées par les connecteurs se diffusent dans la dalle en béton
avec un angle 2b, où b = arc tan 2/3.
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6.6.3 Goujons à tête utilisés dans les dalles pleines et les enrobages de béton

6.6.3.1 Résistance de calcul


(1) Il convient de déterminer la résistance au cisaillement de calcul d'un goujon à tête soudé en automatique
conformément à l'EN 14555, au moyen des expressions suivantes :
2
0,8 f u π d ⁄ 4
P Rd = --------------------------------
- ... (6.18)
cV

ou :
2
0,29 a d f ck E cm
P Rd = ---------------------------------------------
- ... (6.19)
cV

en prenant la plus petite de ces deux valeurs, avec :

 h sc 
a = 0,2  -------
- + 1 pour 3 ≤ h sc ⁄ d ≤ 4 ... (6.20)
 d 

a = 1 pour h sc ⁄ d > 4 ... (6.21)

où :
cv coefficient partiel ;
d est le diamètre de la tige du goujon, 16 mm ≤ d ≤ 25 mm ;
fu est la résistance à la traction ultime spécifiée du matériau du goujon, mais sans être supérieure à 500 N/mm2 ;
fck est la résistance caractéristique sur cylindre du béton à la compression à l'âge considéré, d'une masse
volumique d'au moins 1 750 kg/m3 ;
hsc est la hauteur nominale hors-tout du goujon.
NOTE La valeur de cv peut être donnée dans l'Annexe Nationale. La valeur recommandée pour cv est 1,25.

(2) Il convient que les bourrelets de soudage soient conformes aux exigences de l'EN ISO 13918.
(3) Lorsque les connecteurs sont disposés de telle sorte que les efforts de fendage agissent dans la direction
de l'épaisseur de la dalle, (1) n’est pas applicable.
(4) Pour les goujons d'un diamètre supérieur à 25 mm, ou les goujons à bourrelets de soudage qui ne sont pas
conformes aux exigences de l'EN ISO 13918, il convient, avant de les utiliser, de vérifier par des essais les for-
mules du 6.6.3.1(1), voir B.2 de l'EN 1994-1-1:2004.

6.6.3.2 Influence de la traction sur la résistance au cisaillement


(1) Lorsque les goujons à tête sont soumis à un effort de traction direct en plus du cisaillement, il convient de
déterminer l'effort de traction de calcul par goujon Ften.
(2) Si Ften ≤ 0,1PRd, où PRd est la résistance au cisaillement de calcul définie en 6.6.3.1, l'effort de traction peut
être négligé.
(3) Si Ften > 0,1PRd, la connexion n'entre pas dans le domaine d’application de l'EN 1994.

6.6.4 Goujons à tête donnant lieu à des efforts de fendage dans le sens de l'épaisseur de la dalle
(1) Lorsque, dans les ponts, des goujons à tête sont disposés de telle sorte que des efforts de fendage puissent
apparaître dans le sens de l'épaisseur de la dalle (voir Figure 6.13) et qu'il n'y ait pas d’effort de cisaillement trans-
versal, la résistance au cisaillement longitudinal de calcul peut être déterminée conformément à 6.6.3.1(1),
à condition que les exigences (2) et (3) soient remplies.
NOTE Lorsque les conditions en (1) ne sont pas remplies, des règles de calcul sont données dans l'Annexe informative C.
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(2) Il convient de prévoir une armature transversale, comme illustrée sur la Figure 6.13, de sorte que ev ≥ 6d,
et il convient que la longueur d'ancrage v soit supérieure ou égale à 14d.
(3) Il convient d'utiliser des étriers pour résister à l'effort de fendage ; il convient que les étriers soient calculés
pour un effort de traction de 0,3PRd par goujon. Il convient que l'espacement de ces étriers ne dépasse pas la plus
faible des valeurs de 18d et de l'espacement longitudinal des connecteurs.

Figure 6.13 — Armature locale pour les efforts de fendage

6.6.5 Dispositions constructives de la connexion et influence de l'exécution

6.6.5.1 Résistance à la séparation


(1) Il convient que la surface d'un connecteur résistant aux efforts de séparation (par exemple, la face inférieure
de la tête d'un goujon) dépasse le dessus de l'armature inférieure d'au moins 30 mm, voir Figure 6.14.

6.6.5.2 Enrobage et bétonnage des ponts


(1)P Les dispositions constructives des connecteurs doivent être telles que le béton puisse être correctement
compacté autour de la base de chaque connecteur.
(2) Il convient que l'enrobage au-dessus des connecteurs ne soit pas inférieur à celui qui est exigé pour l'arma-
ture adjacente à la même surface de béton.
(3) Pendant l’exécution, il convient d’exiger que la vitesse et le phasage de bétonnage soient tels que le béton
partiellement durci ne soit pas endommagé suite à une action mixte limitée due à la déformation des poutres en
acier lors des opérations ultérieures de bétonnage. Il convient dans toute la mesure du possible, de ne pas impo-
ser de déformations à une connexion avant que le béton n'ait atteint une résistance mesurée sur cylindre d'au
moins 20 N/mm2.

6.6.5.3 Armature locale de la dalle


(1) Lorsque la connexion est adjacente au bord longitudinal de la dalle en béton, il convient que l’armature
transversale réalisée conformément à 6.6.6 soit totalement ancrée dans le béton entre le bord de la dalle et la file
de connecteurs adjacente.
(2) Afin de prévenir un fendage longitudinal de la semelle en béton provoqué par les connecteurs, il convient
d'appliquer les recommandations supplémentaires suivantes lorsque la distance entre le bord de la semelle en
béton et l'axe de la file de connecteurs la plus proche est inférieure à 300 mm :
a) il convient de réaliser l’armature transversale au moyen de barres en U passant autour des connecteurs ;
b) lorsque des goujons à tête sont utilisés comme connecteurs, il convient que la distance entre le bord de la
semelle en béton et l'axe du goujon le plus proche ne soit pas inférieure à 6d, où d est le diamètre nominal du
goujon, et il convient que le diamètre des barres en U ne soit pas inférieur à 0,5d et
c) il convient que les barres en U soient disposés aussi bas que possible tout en ménageant un enrobage inférieur
suffisant.
(3)P À l'extrémité d'une travée mixte en porte-à-faux, une armature locale suffisante doit être prévue pour assu-
rer la transmission des efforts entre les connecteurs et l’armature longitudinale.
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6.6.5.4 Renformis autres que ceux formés par les plaques nervurées en acier
(1) Lorsqu'un renformis en béton est ménagé entre la section en acier et la face inférieure de la dalle en béton,
il convient de situer les flancs du renformis à l'extérieur d'une ligne tracée à 45° à partir du bord extérieur du
connecteur, voir Figure 6.14.

Figure 6.14 — Dispositions constructives


(2) Il convient de prévoir une épaisseur nominale d’enrobage mesurée à partir du flanc du renformis jusqu’au
connecteur, d’au moins 50 mm.
(3) En ce qui concerne les barres d'armature transversales nécessaires pour satisfaire aux exigences données
en 6.6.6, il convient de disposer ces barres dans le renformis à une distance d'au moins 40 mm au-dessous de la
surface du connecteur qui s’oppose au soulèvement.

6.6.5.5 Espacement des connecteurs


(1)P Lorsqu'il est supposé dans le calcul que la stabilité de l’élément en acier ou de l’élément en béton est assu-
rée par leur liaison, les connecteurs doivent être suffisamment rapprochés pour que cette hypothèse soit valable.
(2) Lorsqu'une semelle en acier comprimée, qui serait autrement de classe plus défavorable, est supposée être
de Classe 1 ou de Classe 2 en raison de son maintien par les connecteurs, il convient de ne pas dépasser les
limites suivantes pour l'entraxe des connecteurs dans la direction de la compression :
— lorsque la dalle est en contact sur toute la longueur (cas d’une dalle pleine) : 22 tf 235 ⁄ f y
— lorsque la dalle n'est pas en contact sur toute la longueur (cas d’une dalle à nervures disposées transversale-
ment à la poutre) : 15 tf 235 ⁄ f y
où :
tf est l'épaisseur de la semelle ;
fy est la limite d'élasticité nominale de la semelle en N/mm2.
En outre, il convient que la distance nette entre le bord d'une semelle comprimée et la file de connecteurs la plus
proche n'excède pas 9 tf 235 ⁄ f y .
(3) Il convient que l'entraxe maximal des connecteurs dans le sens longitudinal ne dépasse pas la valeur la
plus faible de quatre fois l'épaisseur de la dalle ou 800 mm.
(4) Les connecteurs peuvent être disposés en groupes, l'espacement entre les groupes étant supérieur à celui
spécifié pour les connecteurs individuels, à condition de porter attention :
— au flux non uniforme de cisaillement longitudinal,
— à une plus grande possibilité de glissement et de séparation verticale entre la dalle et l'élément en acier,
— au voilement de la semelle en acier, et
— à la résistance locale de la dalle aux efforts concentrés induits par les connecteurs.

6.6.5.6 Dimensions de la semelle en acier


(1)P L'épaisseur de la semelle ou de la plaque en acier sur laquelle un connecteur est soudé doit être suffisante
pour permettre un soudage correct et un transfert d’effort convenable entre le connecteur et la plaque sans ruine
locale ni déformation excessive.
(2) Il convient que la distance eD entre le bord d'un connecteur et le bord de la semelle de la poutre à laquelle
il est soudé, voir Figure 6.14, ne soit pas inférieure à 25 mm.
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6.6.5.7 Goujons à tête


(1) Il convient d’avoir une hauteur hors-tout de goujon d’au moins 3d, où d est le diamètre de la tige.
(2) Il convient que la tête ait un diamètre d'au moins 1,5d et une hauteur d'au moins 0,4d.
(3) Pour les éléments tendus et soumis à un chargement de fatigue, il convient que le diamètre d'un goujon
soudé ne dépasse pas 1,5 fois l'épaisseur de la semelle sur laquelle il est soudé, sauf si des résultats d'essais
permettent d’établir la résistance à la fatigue du goujon utilisé comme connecteur. Ceci s'applique également aux
goujons situés directement sur une âme.
(4) Il convient d’adopter un espacement des goujons dans la direction du cisaillement qui ne soit pas inférieur
à 5d ; il convient d’adopter un espacement dans le sens transversal à celui du cisaillement qui ne soit pas inférieur
à 2,5d dans les dalles pleines et 4d dans les autres cas.
(5) En dehors du cas où les goujons sont situés directement sur l'âme, il convient que le diamètre d'un goujon
soudé ne dépasse pas 2,5 fois l'épaisseur de la partie sur laquelle il est soudé, sauf si des résultats d'essais
permettent d’établir la résistance du goujon utilisé comme connecteur.

6.6.6 Cisaillement longitudinal dans les dalles en béton

6.6.6.1 Généralités
(1)P L’armature transversale de la dalle doit être dimensionnée à l'état limite ultime de façon à prévenir une ruine
prématurée par cisaillement longitudinal ou une rupture par fendage longitudinal.
(2)P La contrainte de calcul de cisaillement longitudinal pour toute surface potentielle de ruine par cisaillement
longitudinal dans la dalle ne doit pas dépasser la résistance de calcul au cisaillement longitudinal de la surface de
cisaillement considérée.
(3) Il convient de prendre la longueur de la surface de cisaillement b-b illustrée sur la Figure 6.15 égale à 2hsc
plus le diamètre de la tête pour une file unique de goujons ou pour des goujons en quinconce, ou égale
à (2hsc + st) plus le diamètre de la tête pour des goujons disposés par paires, où hsc est la hauteur des goujons
et st l'entraxe transversal des goujons.
(4) Il convient de déterminer le cisaillement longitudinal de calcul par unité de longueur de poutre, sur une surface
de cisaillement, conformément à 6.6.2 et en cohérence avec le dimensionnement et la disposition des connecteurs.
Il peut être tenu compte de la variation du cisaillement longitudinal sur la largeur de la semelle en béton.
(5) Pour chaque type de surface de cisaillement considérée, il convient de déterminer la contrainte de calcul
de cisaillement longitudinal vEd à partir du cisaillement longitudinal de calcul par unité de longueur de poutre, en
tenant compte du nombre de plans de cisaillement et de la longueur de la surface de cisaillement.

type Asf/sf

a-a Ab + At

b-b 2 Ab

c-c 2 Ab

d-d 2 Abh

Figure 6.15 — Surfaces potentielles types de ruine par cisaillement


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6.6.6.2 Résistance de calcul au cisaillement longitudinal


(1) Il convient de déterminer la résistance de calcul au cisaillement de la semelle en béton (plans de cisaille-
ment a-a illustrés sur la Figure 6.15) conformément à l'EN 1992-1-1:2004, 6.2.4.
(2) À défaut de calcul plus précis, la résistance de calcul au cisaillement de toute surface de ruine potentielle
par cisaillement dans la semelle ou dans un renformis peut être déterminée selon 6.2.4(4) de l'EN 1992-1-1:2004.
Pour une surface de cisaillement passant autour des connecteurs (cas de la surface de cisaillement b-b sur la
Figure 6.15), il convient de prendre pour dimension hf la longueur de la surface de cisaillement.
(3) Il convient que l'armature transversale efficace par unité de longueur, désignée par Asf/sf dans
l'EN 1992-1-1:2004, soit celle représentée sur la Figure 6.15, dans laquelle Ab, At et Abh sont des sections d'arma-
ture par unité de longueur de la poutre, l’armature étant ancrée conformément à l'EN 1992-1-1:2004, 8.4 relatif à
une armature longitudinale.
(4) Lorsqu'on utilise une combinaison d'éléments préfabriqués et de béton coulé en place, il convient de
déterminer la résistance au cisaillement longitudinal conformément à l'EN 1992-1-1:2004, 6.2.5.

6.6.6.3 Armature transversale minimale


(1) Il convient de déterminer l'aire minimale d'armature selon l'EN 1992-1-1:2004, 9.2.2(5) en utilisant des
définitions appropriées à l’armature transversale.

6.7 Poteaux mixtes et éléments mixtes comprimés


6.7.1 Généralités
(1)P 6.7 s'applique au calcul des poteaux mixtes et des éléments mixtes comprimés présentant des sections
enrobées de béton, des sections partiellement enrobées, ainsi que des tubes circulaires et rectangulaires remplis
de béton, voir Figure 6.17.
(2)P Ce paragraphe s'applique aux poteaux et aux éléments comprimés utilisant les nuances d'acier S235
à S460 et un béton de masse volumique normale et de classe de résistance allant de C20/25 à C50/60.

Figure 6.17 — Sections types de poteaux mixtes et notations


(3) Ce paragraphe s'applique aux poteaux isolés, aux poteaux et aux éléments mixtes comprimés d’ossatures
où les autres éléments structuraux sont soit des éléments mixtes soit des éléments en acier.
(4) Il convient d’avoir un rapport de contribution de l'acier d qui satisfasse la condition suivante :
0,2 ≤ d ≤ 0,9 ... (6.27)
où :
d est défini en 6.7.3.3(1).
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(5) Il convient de vérifier les poteaux et les éléments comprimés mixtes quelle que soit leur section vis-à-vis de :
— la résistance de l’élément conformément à 6.7.2 ou 6.7.3 ;
— la résistance au voilement local conformément à (8) et (9) ci-après ;
— l’introduction des charges conformément à 6.7.4.2 et
— la résistance au cisaillement entre éléments en acier et en béton conformément à 6.7.4.3.
(6) Deux méthodes de calcul sont données :
— une méthode générale en 6.7.2 dont le domaine d’application comprend les éléments à section non symétrique
ou non uniforme sur la longueur, et
— une méthode simplifiée en 6.7.3 pour les éléments à section à double symétrie et uniforme sur la longueur.
(7) Pour des éléments comprimés mixtes soumis à des moments fléchissants et à des efforts normaux résul-
tant d'actions indépendantes, il convient de ne prendre que 80 % du coefficient partiel cF de ces actions pour le
calcul des sollicitations qui conduisent à augmenter la résistance des éléments.

Tableau 6.3 — Valeurs maximales (d/t), (h/t) et (b/tf) avec fy en N/mm2

Section max (d/t), max (h/t) et max (b/t)

Profils creux circulaires 235


max ( d ⁄ t ) = 90 ----------
en acier fy

Profils creux rectangulaires 235


max ( h ⁄ t ) = 52 ----------
en acier fy

Profilés en I 235
max ( b ⁄ t f ) = 44 ----------
partiellement enrobés fy

(8)P L'influence du voilement local de la section en acier sur la résistance doit être prise en compte dans le
dimensionnement.
(9) Les effets du voilement local peuvent être négligés pour une section en acier totalement enrobée confor-
mément à 6.7.5.1(2), ainsi que pour d'autres types de sections à condition que les valeurs maximales du
Tableau 6.3 ne soient pas dépassées.

6.7.2 Méthode générale de calcul


(1)P Un dimensionnement vis-à-vis de la stabilité de forme doit prendre en compte les effets du second ordre
incluant les contraintes résiduelles, les imperfections géométriques, l'instabilité locale, la fissuration du béton, le
fluage et le retrait du béton ainsi que la plastification de l'acier de construction et de l’armature. On doit s'assurer
que l'instabilité ne se produit pas pour la combinaison d'actions la plus défavorable à l'état limite ultime et que la
résistance des sections individuelles soumises à une flexion, à un effort normal et à un effort tranchant n'est pas
dépassée.
(2)P Les effets du second ordre doivent être pris en compte dans toutes les directions où une ruine est suscep-
tible de se produire, s'ils affectent la stabilité de forme de façon significative.
(3)P Les sollicitations doivent être déterminées par une analyse élasto-plastique.
(4) Les sections planes peuvent être considérées comme restant planes. L'action mixte entre les éléments en
acier et en béton de la barre peut être supposée totale jusqu'à la ruine.
(5)P La résistance du béton à la traction doit être négligée. L'influence de la rigidité du béton tendu entre fissures
sur la rigidité en flexion peut être prise en compte.
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(6)P Les effets du retrait et du fluage doivent être pris en compte s'ils sont susceptibles d’affecter la stabilité de
forme de façon significative.
(7) Pour des raisons de simplification, les effets de fluage et de retrait peuvent être négligés si l'augmentation
des moments fléchissants du premier ordre due aux déformations de fluage et à l'effort normal résultant des char-
ges permanentes n'est pas supérieure à 10 %.
(8) Il convient d'utiliser les relations contraintes-déformations suivantes dans l'analyse non linéaire :
— pour le béton comprimé, comme indiqué dans l'EN 1992-1-1:2004, 3.1.5 ;
— pour l'acier d'armatures, comme indiqué dans l'EN 1992-1-1:2004, 3.2.7 ;
— pour l'acier de construction, comme indiqué dans l'EN 1993-1-1:2005, 5.4.3(4).
(9) Par simplification, l'effet des contraintes résiduelles et des imperfections géométriques peut être modélisé
par des imperfections en arc équivalentes (imperfections des éléments) qui sont indiquées au Tableau 6.5.

6.7.3 Méthode simplifiée de calcul


6.7.3.1 Généralités et domaine d’application
(1) Le domaine d’application de cette méthode simplifiée est limité aux éléments avec section à double symé-
trie et uniforme sur la longueur de l’élément, avec des profilés en acier laminés, formés à froid ou soudés. La
méthode simplifiée n'est pas applicable si l'élément en acier de construction est composé de deux ou plusieurs
sections non solidarisées. Il convient que l'élancement réduit k défini en 6.7.3.3 satisfasse la condition suivante :

k ≤ 2,0 ... (6.28)


(2) Pour un profilé en acier totalement enrobé, voir Figure 6.17a, les épaisseurs maximales d'enrobage de
béton pouvant être utilisées dans le calcul sont limitées à :
max cz = 0,3h et max cy = 0,4 b ... (6.29)
(3) Il convient de ne pas prendre en compte dans le calcul une section d’armature longitudinale supérieure
à 6 % de l’aire du béton.
(4) Il convient que le rapport de la hauteur de la section à sa largeur se situe dans les limites 0,2 et 5,0.

6.7.3.2 Résistance des sections transversales


(1) Il convient de calculer la résistance plastique à la compression Npl,Rd d'une section mixte en additionnant
les résistances plastiques de ses composants :
N pl,Rd = A a f yd + 0,85 A c f cd + A s f sd ... (6.30)

L'expression (6.30) s'applique pour les profilés en acier enrobés de béton et partiellement enrobés de béton. Pour
les profilés creux remplis de béton, le coefficient 0,85 peut être remplacé par 1,0.
(2) La résistance d'une section à une combinaison de compression et de flexion ainsi que la courbe d'interac-
tion correspondante peuvent être évaluées en supposant des blocs de contraintes rectangulaires comme indiqué
sur la Figure 6.18, en prenant en compte l'effort tranchant de calcul VEd conformément à (3). Il convient de négliger
la résistance à la traction du béton.

Figure 6.18 — Courbe d'interaction pour une combinaison


de compression et de flexion uni axiale
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(3) Il convient de considérer l'influence de l'effort tranchant sur la résistance à la flexion et à l'effort normal dans
la détermination de la courbe d'interaction, lorsque l'effort tranchant Va,Ed s'exerçant sur le profilé en acier
dépasse 50 % de la résistance de calcul au cisaillement Vpl,a,Rd de ce profilé, voir 6.2.2.2.
Lorsque Va,Ed > 0,5Vpl,a,Rd, il convient de prendre en compte l'influence de l'effort tranchant sur la résistance en
flexion et compression combinées, en utilisant une valeur réduite de la résistance de calcul de l'acier (1 – q) fyd
pour l'aire de cisaillement Av conformément à 6.2.2.4(2) et à la Figure 6.18.
Il convient que l'effort tranchant Va,Ed ne dépasse pas la résistance du profilé en acier déterminée conformément
à 6.2.2. Il convient de vérifier la résistance à l'effort tranchant Vc,Ed de la partie en béton armé conformément
à l'EN 1992-1-1:2004, 6.2.
(4) À défaut d’une analyse plus précise, VEd peut être réparti entre Va,Ed agissant sur l'acier de construction
et Vc,Ed agissant sur l’élément en béton armé, au moyen des expressions :
M pl,a,Rd
V a,Ed = V Ed -------------------- ... (6.31)
M pl,Rd

V c,Ed = V Ed – V a,Ed ... (6.32)


où :
Mpl,a,Rd est le moment résistant plastique de la section en acier, et
Mpl,Rd est le moment résistant plastique de la section mixte.
Par simplification, VEd peut être supposé agir sur le profilé en acier seul.
(5) Par simplification, la courbe d'interaction peut être remplacée par une ligne polygonale (ligne de tirets sur
la Figure 6.19). La Figure 6.19 montre à titre d'exemple la distribution des contraintes plastiques d'une section
toalement enrobée pour les points A, B, C et D de la courbe d’interaction. Il convient de prendre Npm,Rd égal
à 0,85 fcd Ac pour les profilés enrobés de béton et partiellement enrobés de béton, voir Figures 6.17a – c, et égal
à fcd Ac pour les profils creux remplis de béton, voir Figures 6.17d – f.

Figure 6.19 — Courbe d'interaction simplifiée


et distributions de contraintes correspondantes
(6) Pour les profils creux à section circulaire remplis de béton, l'augmentation de la résistance du béton due au
confinement peut être prise en compte à condition que l'élancement réduit k défini en 6.7.3.3 ne dépasse pas 0,5
et que e/d < 0,1, où e est l'excentrement du chargement donné par MEd / NEd et d est le diamètre extérieur du
poteau. La résistance plastique à la compression peut alors être calculée au moyen de l'expression suivante :

 t f 
N pl,Rd = g a A a f yd + A c f cd  1 + g c --- -----y- + A s f sd ... (6.33)
 d f ck

où t est l'épaisseur de la paroi du profilé creux en acier.


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Pour les éléments avec e = 0, les valeurs ga = gao et gc = gco sont données par les expressions suivantes :

gao = 0,25 (3 + 2 k ) (mais ≤ 1,0) ... (6.34)

gco = 4,9 – 18,5 k + 17 k 2 (mais ≥ 0) ... (6.35)


Pour les éléments soumis à une combinaison de compression et de flexion avec 0 < e/d ≤ 0,1, il convient de déter-
miner les valeurs ga et gc au moyen de (6.36) et (6.37), où gao et gco sont donnés par (6.34) et (6.35) :
ga = gao + (1 – gao) (10 e/d) ... (6.36)
gc = gco (1 – 10 e/d) ... (6.37)
Pour e/d > 0,1, ga = 1,0 et gc = 0.

6.7.3.3 Rigidité en flexion efficace, rapport de contribution de l'acier et élancement réduit


(1) Le rapport de contribution de l'acier d est défini par :
A a f yd
d = --------------
- ... (6.38)
N pl,Rd

où Npl,Rd est la résistance plastique à la compression définie en 6.7.3.2(1).


(2) L'élancement réduit k pour le plan de flexion considéré est donné par :

N pl,Rk
k = --------------
- ... (6.39)
N cr

où :
Npl,Rk est la valeur caractéristique de la résistance plastique à la compression donnée par (6.30) lorsque, au lieu
des résistances de calcul, on considère les valeurs caractéristiques ;
Ncr est l'effort normal critique élastique pour le mode de flambement approprié, calculé avec la rigidité en flexion
efficace (EI)eff déterminée conformément à (3) et (4).
(3) Pour la détermination de l'élancement réduit k et de l'effort critique élastique Ncr, il convient de calculer la
valeur appropriée de la rigidité en flexion efficace (EI)eff d'une section transversale de poteau mixte au moyen de
l'expression :
( EI ) eff = E a I a + E s I s + K e E cm I c ... (6.40)

où :
Ke est un facteur de correction qu'il convient de prendre égal à 0,6 ;
Ia, Ic et Is sont les moments d'inertie de flexion de la section en acier de construction, de la section en béton
non fissurée et de l’armature pour le plan de flexion considéré.
(4) Il convient de prendre en compte l'influence des effets à long terme sur la rigidité en flexion efficace. Il
convient de réduire le module d'élasticité du béton Ecm à la valeur Ec,eff conformément à l'expression suivante :
1
E c,eff = E cm -------------------------------------------------- ... (6.41)
1 +  N G,Ed ⁄ N Ed u t
 

où :
ut est le coefficient de fluage conformément à 5.4.2.2(2) ;
NEd est l'effort normal de calcul total ;
NG,Ed est la partie permanente de cet effort normal.
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6.7.3.4 Méthodes d'analyse et imperfections des éléments


(1) Pour la vérification des éléments, il convient de baser l'analyse sur un calcul élastique linéaire au second
ordre.
(2) Pour la détermination des sollicitations, il convient de déterminer la valeur de calcul de la rigidité en flexion
efficace (EI)eff,II au moyen de l'expression suivante :

( EI ) eff,II = K o  E a I a + E s I s + K e,II E cm I c ... (6.42)


 

où :
Ke,II est un facteur de correction qu'il convient de prendre égal à 0,5 ;
Ko est un facteur de calibration qu'il convient de prendre égal à 0,9.
Il convient de prendre en compte les effets à long terme conformément à 6.7.3.3 (4).
(3) Il n'est pas nécessaire de prendre en compte les effets du second ordre lorsque 5.2.1(3) s'applique et lors-
que la charge critique élastique est déterminée avec la rigidité en flexion (EI)eff,II conformément aux dispositions
données en (2).
(4) L'influence des imperfections géométriques et structurales peut être prise en compte par des imperfections
géométriques équivalentes. Des imperfections de barres équivalentes pour les poteaux mixtes sont données dans
le Tableau 6.5, où L est la longueur du poteau.
(5) Sur la longueur du poteau, les effets du second ordre peuvent être pris en compte en multipliant le moment
fléchissant de calcul au premier ordre le plus élevé MEd, par un facteur k donné par l'expression :
b
k = --------------------------------------- ≥ 1,0 ... (6.43)
1 – N Ed ⁄ N cr,eff

où :
Ncr,eff est l'effort normal critique pour le plan de flexion approprié et correspondant à la rigidité en flexion efficace
donnée en 6.7.3.4(2), avec une longueur de flambement égale à la longueur du poteau ;
b est un facteur de moment équivalent donné dans le Tableau 6.4.

Tableau 6.4 — Facteurs b pour la détermination des moments


selon la théorie du second ordre

Distribution des moments Facteurs de moment b Commentaire

Moments fléchissants de premier MEd est le moment fléchissant maximal


ordre résultant de l'imperfection de le long du poteau en ignorant les effets
barre ou de la charge transversale : du second ordre
b = 1,0

Moments d'extrémité : MEd et r MEd sont les moments d'extrémité


résultant de l'analyse globale au premier
b = 0,66 + 0,44r
ordre ou au second ordre
mais b ≥ 0,44
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6.7.3.5 Résistance des éléments soumis à une compression axiale


(1) Les éléments peuvent être vérifiés par une analyse au second ordre effectuée conformément à 6.7.3.6 en
prenant en compte les imperfections des barres.
(2) Par simplification, pour les éléments soumis à une compression axiale, il convient que la valeur de calcul
de la force normale NEd satisfasse la condition :
N Ed
- ≤ 1,0
------------------ ... (6.44)
vN pl,Rd
où :
Npl,Rd est la résistance plastique de la section mixte conformément à 6.7.3.2(1), mais avec fyd déterminé en utili-
sant le coefficient partiel cM1 donné dans l'EN 1993-1-1:2005, 6.1(1) ;
v est le facteur de réduction pour le mode de flambement approprié donné dans l'EN 1993-1-1:2005, 6.3.1.2
en fonction de l'élancement réduit k approprié.
Les courbes de flambement appropriées pour les sections de poteaux mixtes sont données dans le Tableau 6.5,
où qs est le taux d’armature As / Ac.

Tableau 6.5 — Courbes de flambement et imperfections de barres pour les poteaux mixtes

Axe de Courbe de Imperfection


Section Limites
flambement flambement d’élément

Profilé enrobé de béton


y–y b L/200

z–z c L/150

Profilé partiellement enrobé de béton


y–y b L/200

z–z c L/150

Profil creux circulaire


et rectangulaire en acier qs ≤ 3 % quelconque a L/300

3 % < qs ≤ 6 % quelconque b L/200

Profil creux circulaire en acier


avec adjonction d'une section en I y–y b L/200

z–z b L/200

Profilé partiellement enrobé de béton


avec sections en I disposées en croix

quelconque b L/200
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6.7.3.6 Résistance des éléments à une combinaison de compression et de flexion uni axiale
(1) Il convient que l'expression suivante, basée sur la courbe d'interaction déterminée conformément
à 6.7.3.2 (2) — (5), soit satisfaite :
M Ed M Ed
- = ----------------------- ≤ a M
-------------------- ... (6.45)
M pl,N,Rd l d M pl,Rd
où :
MEd est la valeur la plus défavorable entre les moments d’extrémités et le moment fléchissant maximal le long
du poteau, calculé conformément à 6.7.3.4, en incluant les imperfections et les effets du second ordre si
nécessaire ;
Mpl,N,Rd est la résistance plastique à la flexion prenant en compte l'effort normal NEd, donnée par ld Mpl,Rd,
voir Figure 6.18 ;
Mpl,Rd est la résistance plastique à la flexion, correspondant au point B de la Figure 6.19.
Pour les nuances d'acier de S235 à S355 inclus, il convient de prendre le coefficient aM égal à 0,9 et, pour les
nuances S420 et S460, égal à 0,8.
(2) La valeur ld = ldy ou ldz, voir Figure 6.20, fait référence au moment résistant plastique de calcul Mpl,Rd pour
le plan de flexion considéré. Il convient d'utiliser des valeurs ld supérieures à 1,0 uniquement lorsque le moment
fléchissant MEd dépend directement de l'action de l'effort NEd, par exemple lorsque le moment MEd résulte
d'un excentrement de l'effort normal NEd. Dans le cas contraire, une vérification supplémentaire est nécessaire
conformément à 6.7.1 (7).

Figure 6.20 — Calcul pour la compression et la flexion bi axiale

6.7.3.7 Compression et flexion bi axiale combinées


(1) Pour les éléments comprimés et poteaux mixtes soumis à une flexion bi axiale les valeurs ldy et ldz de
la Figure 6.20 peuvent être calculées conformément à 6.7.3.6 séparément pour chaque plan de flexion. Il convient
de prendre en compte les imperfections uniquement dans le plan pour lequel la ruine est attendue. Si la détermi-
nation du plan le plus critique n'est pas évidente, il convient d'effectuer les vérifications pour les deux plans.
(2) Pour la compression et la flexion bi axiale combinées, il convient que les conditions suivantes soient satis-
faites pour la vérification de stabilité le long du poteau et pour la vérification à l'extrémité :
M y,Ed M z,Ed
- ≤ a M,y
---------------------------- - ≤ a M,z
---------------------------- ... (6.46)
l dy M pl,y,Rd l dz M pl,z,Rd

M y,Ed M z,Ed
- + ----------------------------- ≤ 1,0
---------------------------- ... (6.47)
l dy M pl,y,Rd l dz M pl,z,Rd

où :
Mpl,y,Rd et Mpl,z,Rd sont les résistances plastiques en flexion pour le plan de flexion approprié ;
My,Ed et Mz,Ed sont les moments fléchissants de calcul incluant les effets du second ordre et les imper-
fections comme indiqué en 6.7.3.4 ;
ldy et ldz sont définis en 6.7.3.6 ;
aM = aM,y et aM = aM,z sont donnés en 6.7.3.6(1).
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6.7.4 Connexion et introduction des charges

6.7.4.1 Généralités
(1)P Des dispositions doivent être prises dans les zones d'introduction des charges pour que les sollicitations
appliquées par les éléments assemblés aux extrémités et les charges appliquées en partie courante se répartis-
sent entre les éléments en acier et en béton, en prenant en compte la résistance au cisaillement au niveau de
l'interface acier-béton. Le cheminement des efforts doit être clairement identifié de manière à ne pas engendrer
au niveau de l'interface un glissement qui serait susceptible d'invalider les hypothèses prises dans le calcul.
(2)P Lorsque des éléments comprimés et poteaux mixtes sont soumis à un effort tranchant significatif, provoqué
par exemple par des charges transversales localisées et par des moments d'extrémité, des dispositions doivent
être prises pour la transmission du cisaillement longitudinal qui en résulte au niveau de l'interface acier-béton.
(3) Pour les éléments comprimés et les poteaux soumis à un chargement axial, il n'est pas nécessaire de pren-
dre en compte le cisaillement longitudinal hors des zones d'introduction des charges.

6.7.4.2 Introduction des charges


(1) Il convient de prévoir des connecteurs dans la zone d'introduction des charges ainsi que dans les zones de
changement de section, si la résistance au cisaillement de calcul sRd, voir 6.7.4.3, est dépassée au niveau de
l'interface acier-béton. Il convient de déterminer les efforts de cisaillement à partir de la variation des efforts en
section dans l'acier ou dans le béton sur la longueur de la zone d'introduction. Si les charges sont introduites dans
la section de béton uniquement, il convient, pour les valeurs résultant d'une analyse élastique, de prendre en
compte le fluage et le retrait. Sinon, il convient de déterminer les efforts exercés au niveau de l'interface par un
calcul élastique ou un calcul plastique en retenant le cas le plus sévère.
(2) À défaut de méthode plus précise, il convient d’adopter une longueur de la zone d'introduction ne dépassant
pas 2d ou L/3, où d est la dimension transversale minimale du poteau et L sa longueur.
(3) Pour des éléments comprimés et des poteaux mixtes, il n'est pas nécessaire de prévoir une connexion pour
l'introduction des charges par des platines d'extrémité, si la totalité de l'interface entre la section en béton et la
platine d'extrémité est comprimée en permanence, compte tenu du fluage et du retrait. Dans le cas contraire, il
convient de justifier l'introduction des charges conformément à (5). Pour les profilés creux à section circulaire rem-
plis de béton, l'effet de confinement peut être pris en compte, si les conditions données en 6.7.3.2(6) sont satis-
faites en utilisant alors les valeurs ga et gc correspondant à k égal à zéro.

Figure 6.21 — Forces de frottement additionnelles dans les poteaux mixtes


résultant de l'utilisation de goujons à tête
(4) Lorsque des goujons sont fixés sur l'âme d'une section en I en acier totalement ou partiellement enrobée
de béton ou d'une section similaire, les forces de frottement résultant de l’empêchement de dilatation latérale du
béton par les semelles en acier adjacentes peuvent être prises en compte. Cette résistance peut être ajoutée à la
résistance calculée des connecteurs. Le supplément de résistance peut être supposé égal à l PRd/2 sur chaque
semelle et pour chaque file horizontale de goujons, comme indiqué sur la Figure 6.21, où l est le coefficient de
frottement approprié. Pour les profilés en acier non peints, l peut être pris égal à 0,5. PRd est la résistance d'un
seul goujon conformément à 6.6.3.1. À défaut de meilleures informations données par des essais, il convient que
la distance nette entre les semelles ne dépasse pas les valeurs données sur la Figure 6.21.
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(5) Si la section n’est chargée que localement (comme, par exemple, sur la Figure 6.22A), les charges peuvent
être diffusées avec la pente 1/2,5 à travers l'épaisseur te de la platine d'extrémité. Il convient alors de limiter les
contraintes du béton dans la zone efficace d'introduction des charges, pour les profilés creux remplis de béton,
conformément à (6), et pour tous les autres types de sections conformément à l'EN 1992-1-1:2004, 6.7.
(6) Si le béton remplissant un profilé creux circulaire ou un profilé creux carré n'est que localement chargé, par
exemple par des goussets traversant le profilé ou par des raidisseurs comme indiqué sur la Figure 6.22, il convient
de déterminer la résistance de calcul locale du béton, rc,Rd sous le gousset ou le raidisseur dimensionné par les
forces en section de béton, au moyen de l'expression :

 t fy  A A c f cd
r c,Rd = f cd  1 + g cL --- ------ ------c ≤ -------------, ≤ f yd ... (6.48)
 a f ck A 1 A1

où :
t est l'épaisseur de paroi du tube en acier ;
a est le diamètre du tube ou la largeur de la section carrée ;
Ac est l'aire de la section en béton du poteau ;
A1 est l'aire sollicitée sous le gousset, voir Figure 6.22 ;
gcL = 4,9 pour les profils creux circulaires et 3,5 pour les profils creux carrés.
Il convient que le rapport Ac/A1 ne dépasse pas la valeur 20. Il convient que les soudures situées entre le gousset
et les profils creux en acier soient justifiées conformément à l'EN 1993-1-8:2005, Section 4.

a) b)
Figure 6.22 — Profil creux circulaire rempli de béton,
localement chargé
(7) Pour les profils creux circulaires remplis de béton, l’armature longitudinale peut être prise en compte pour
la résistance du poteau, même lorsqu'elle n’est pas soudée sur les platines d'extrémité ou en contact direct avec
ces platines, à condition que :
— une vérification à la fatigue n'est pas requise ;
— l'espace eg existant entre l'armature et la platine d'extrémité ne dépasse pas 30 mm, voir Figure 6.22A.
(8) Il convient que l’armature transversale soit conforme à l'EN 1992-1-1:2004, 9.5.3. Dans le cas de profilés
en acier partiellement enrobés, il convient que le béton soit maintenu en place par une armature transversale
disposée conformément aux indications de la Figure 6.10 de l’EN 1994-1-1:2004.
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Légende
1 Non directement connecté
2 Directement connecté
Figure 6.23 — Aires de béton directement et non directement connectées
pour le calcul de l'armature transversale
(9) Dans le cas d'introduction des charges par l'intermédiaire de la section acier seule ou de la section en béton
seule, et dans le cas des profilés en acier totalement enrobés, il convient de calculer l'armature transversale pour
le cisaillement longitudinal résultant de la transmission de l'effort normal (Nc1 sur la Figure 6.23) provenant des
parties du béton directement concernées par des connecteurs vers les parties du béton sans connexion directe
(voir Figure 6.23, coupe A-A ; il convient de considérer l'aire hachurée située à l'extérieur des semelles sur la
Figure 6.23 comme non directement connectée). Il convient que le calcul et la disposition de l’armature transver-
sale soient basés sur un modèle en treillis supposant un angle de 45° entre les bielles de béton comprimées et
l'axe de la barre.

6.7.4.3 Cisaillement longitudinal hors des zones d'introduction des charges


(1) Hors de la zone d'introduction des charges, il convient de vérifier le cisaillement longitudinal au niveau de
l'interface acier-béton lorsqu'il est provoqué par des charges transversales et/ou des moments d'extrémité. Il
convient de prévoir des connecteurs, sur la base de la distribution de la valeur de calcul du cisaillement longitudi-
nal, lorsque celui-ci dépasse la résistance au cisaillement de calcul sRd.
(2) À défaut de méthode plus précise, l'analyse élastique, prenant en compte les effets à long terme et la
fissuration du béton, peut être utilisée pour déterminer le cisaillement longitudinal au niveau de l'interface.
(3) À condition que la surface du profilé en acier en contact avec le béton soit dépourvue de peinture et exempte
d'huile, de graisse et de calamine ou de rouille non adhérentes, les valeurs données dans le Tableau 6.6 peuvent
être adoptées pour sRd.

Tableau 6.6 — Résistance au cisaillement de calcul sRd

Type de section sRd (N/mm2)

Profilés en acier totalement enrobés de béton 0,30

Profils creux circulaires remplis de béton 0,55

Profils creux rectangulaires remplis de béton 0,40

Semelles de profilés partiellement enrobés 0,20

Âmes de profilés partiellement enrobés 0,00


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(4) La valeur de sRd donnée dans le Tableau 6.6 pour les profilés en acier totalement enrobés de béton est
applicable aux poteaux comportant un enrobage minimal de béton de 40 mm ainsi que des armatures transver-
sales et longitudinales conformes à 6.7.5.2. Pour un enrobage de béton supérieur et une armature appropriée,
des valeurs supérieures de sRd peuvent être utilisées. Sauf justification par essais, une valeur majorée bcsRd peut
être utilisée pour les profilés totalement enrobés, avec bc donné par l'expression :

 c z,min
- ≤ 2,5
b c = 1 + 0,02 c z  1 – ------------- ... (6.49)
 cz 
où :
cz est la valeur nominale d'enrobage de béton en mm, voir Figure 6.17a ;
cz,min = 40 mm est l'enrobage minimal de béton.
(5) Sauf justification complémentaire, pour les profilés en I partiellement enrobés soumis à un effort tranchant
dû à une flexion selon l'axe faible provoquée par un chargement latéral ou des moments d'extrémité, il convient
de prévoir systématiquement des connecteurs. Si la résistance à l'effort tranchant n'est pas prise égale unique-
ment à la résistance de l'acier de construction, il convient alors que les barres d’armature transversale requises
pour l'effort tranchant Vc,Ed conformément à 6.7.3.2(4) soient soudées sur l'âme du profilé en acier ou traversent
cette âme.

6.7.5 Dispositions constructives

6.7.5.1 Enrobage des profilés en acier et des armatures


(1)P Pour les profilés en acier totalement enrobés, un enrobage minimal de béton armé doit être réalisé afin
d'assurer la transmission efficace des efforts d'adhérence, la protection de l'acier contre la corrosion et d’éviter
l’éclatement du béton.
(2) Il convient que l'enrobage de béton d'une semelle de profilé en acier totalement enrobé ne soit pas inférieur
à 40 mm, ni inférieur à un sixième de la largeur b de la semelle.
(3) Pour l'enrobage des armatures dans les ponts, voir Section 4.

6.7.5.2 Armature longitudinale et transversale


(1) Il convient que l’armature longitudinale des poteaux enrobés de béton, prise en compte dans la résistance
de la section, ne soit pas inférieure à 0,3 % de la section du béton. Dans les profilés creux remplis de béton,
aucune armature longitudinale n'est normalement nécessaire si la résistance au feu n'est pas à justifier.
(2) Il convient que les armatures transversale et longitudinale des poteaux totalement ou partiellement enrobés
de béton soient justifiées et réalisées conformément à l'EN 1992-1-1:2004, 9.5.
(3) La distance nette entre les barres d'armature longitudinale et le profilé en acier de construction peut être
plus faible que celle exigée en (2), voire nulle. Dans ce cas, il convient de prendre pour l'adhérence un périmètre
efficace c de la barre d'armature égal à la moitié ou au quart de son périmètre, comme indiqué dans la Figure 6.24
en (a) et (b) respectivement.
(4) Pour les éléments totalement ou partiellement enrobés, lorsque les conditions d'environnement relèvent de
la classe X0 selon l'EN 1992-1-1:2004, Tableau 4.1, et lorsque l'armature longitudinale est négligée dans le calcul,
il convient d’utiliser une armature longitudinale minimale, avec des barres de 8 mm de diamètre espacées
de 250 mm, ainsi qu’une armature transversale minimale avec des barres de 6 mm de diamètre espacées
de 200 mm. En alternative, un treillis soudé de barres de 4 mm de diamètre peut être utilisé.

Figure 6.24 — Périmètre efficace c d'une barre d'armature


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6.8 Fatigue
6.8.1 Généralités
(1)P La résistance des structures mixtes à la fatigue doit être vérifiée lorsque les structures sont soumises à des
variations de contraintes répétées.
(2)P Le calcul à l'état limite de fatigue doit s'assurer, avec un niveau de probabilité acceptable, que durant la
totalité de sa durée de vie de calcul, la structure n'est pas susceptible de subir une ruine par fatigue ou de néces-
siter la réparation de dommages provoqués par la fatigue.
(3) Pour les goujons à tête utilisés dans les ponts, il convient que l'effort de cisaillement longitudinal maximal
par connecteur ne dépasse pas ks PRd où PRd est déterminé conformément à 6.6.3.1, sous combinaison carac-
téristique d'actions.
NOTE Le coefficient ks peut être donné dans l'Annexe Nationale. La valeur recommandée est ks = 0,75.

(4) Pour l'acier de construction, aucune évaluation de la fatigue n'est requise lorsque 9.1.1(2) de l'EN 1993-2
s'applique.
(5) Pour le béton et l'armature, aucune évaluation de la fatigue n'est requise lorsque 6.8.4 (107) de
l’EN 1992-2 ou les exceptions listées en 6.8.1 (102) de l'EN 1992-2 s'appliquent.

6.8.2 Coefficients partiels pour l'évaluation de la fatigue des ponts


(1) Les coefficients partiels cMf de la résistance à la fatigue sont donnés au 9.3 de l'EN 1993-2, pour les élé-
ments en acier et au 2.4.2.4 de l'EN 1992-1-1:2004, pour le béton et l'armature. Pour les goujons à tête en cisaille-
ment, il convient d'appliquer un coefficient partiel cMf,s.
(2) Il convient d'appliquer des coefficients partiels pour les charges de fatigue cFf.
NOTE Les coefficients partiels cFf sont donnés dans les notes du 9.3.(1) de l'EN 1993-2.

6.8.3 Résistance à la fatigue


(1) Il convient de prendre la résistance à la fatigue pour l'acier de construction et pour les soudures dans
l'EN 1993-1-9:2005, 7.
(2) Il convient de prendre la résistance à la fatigue de l'acier d'armature et de l'acier de précontrainte dans
l'EN 1992-1:2004. Pour le béton, l'EN 1992-1-1:2004, 6.8.5 s'applique.
(3) La courbe de résistance à la fatigue d'un goujon à tête soudé automatiquement conformément aux
dispositions données en 6.6.3.1 est représentée sur la Figure 6.25, et donnée pour le béton de masse volumique
normale par l'expression :
m m
 ∆s  N =  ∆s  N ... (6.50)
 R R  c C

où :
∆sR est la résistance à la fatigue relative à la section de la tige du goujon, en utilisant le diamètre nominal de la
tige ;
∆sc est la valeur de référence à NC = 2 × 106 cycles, avec ∆sc égal à 90 N/mm2 ;
m est la pente de la courbe de résistance à la fatigue, correspondant à la valeur m = 8 ;
NR est le nombre de cycles d'étendue constante de contraintes.
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Figure 6.25 — Courbe de résistance à la fatigue


pour les goujons à tête dans les dalles pleines
(4) Pour les goujons utilisés avec du béton léger d'une classe de masse volumique conforme à
l'EN 1992-1-1:2004, 11, il convient de déterminer la résistance à la fatigue conformément aux dispositions don-
nées en (3) mais en remplaçant ∆sR par gE∆sR et ∆sc par gE ∆sc, où gE est donné par l'EN 1992-1-1:2004, 11.3.2.

6.8.4 Sollicitations et chargements pour la fatigue


(1) Il convient de déterminer les sollicitations par une analyse globale élastique de la structure conformément
à 5.4.1 et 5.4.2 et pour la combinaison d'actions donnée dans l'EN 1992-1-1:2004, 6.8.3.
(2) Les moments de flexion maximal et minimal et/ou les sollicitations résultant de la combinaison de charges
définie en (1) sont dénommées MEd,max,f et MEd,min,f.
(3) Il convient d'utiliser le chargement de fatigue de l'EN 1991-2:2003. Lorsqu’aucun chargement de fatigue
n'est spécifié, l'Annexe A.1 de l'EN 1993-1-9:2005 peut être utilisée.
(4) Il est admis d'utiliser pour les vérifications de la résistance à la fatigue des ponts routiers, des méthodes
simplifiées conformément à l'EN 1992-2 et à l'EN 1993-2, sur la base du modèle 3 de charge de fatigue défini
dans l'EN 1991-2:2003, 4.6.
(5) Pour les ponts routiers précontraints par câbles et/ou par déformations imposées, il convient d'utiliser le
modèle de chargement pondéré conformément au NN2.1 de l'EN 1992-2 pour la vérification de l'armature béton
et de l’armature de précontrainte.
(6) Pour les ponts ferroviaires, il convient d'utiliser les valeurs caractéristiques du modèle 71 du chargement
conformément à l'EN 1991-2:2003.

6.8.5 Contraintes

6.8.5.1 Généralités
(1) Il convient de calculer les contraintes sur la base de 7.2.1.
(2)P Pour la détermination des contraintes dans les zones fissurées, l'effet de rigidité du béton tendu sur les
contraintes dans l’armature doit être pris en compte.
(3) Sauf vérification par une méthode plus précise, l'effet de rigidité du béton tendu sur les contraintes dans
l’armature peut être déterminé suivant 6.8.5.4.
(4) Sauf utilisation d'une méthode plus précise, l'effet de rigidité du béton tendu sur les contraintes dans l’acier
de construction peut être négligé.
(5) Il convient de tenir compte des effets de la rigidité du béton tendu sur les contraintes dans l’armature de
précontrainte. Le paragraphe 6.8.5.6 peut être utilisé.

6.8.5.2 Béton
(1) Pour la détermination des contraintes exercées dans les éléments en béton, l'EN 1992-1-1:2004, 6.8
s'applique.
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6.8.5.3 Acier de construction


(1) Aux endroits où les moments de flexion MEd,max,f et MEd,min,f induisent des contraintes de traction dans la
dalle de béton, les contraintes dans l'acier de construction relatives à ces moments de flexion peuvent être déter-
minées à partir du moment d'inertie I2 défini en 1.5.2.12.
(2) Aux endroits où MEd,min,f et MEd,max,f, ou uniquement MEd,min,f, induisent de la compression dans la dalle
de béton, il convient de déterminer les contraintes dans l'acier de construction dues à ces moments à partir des
propriétés de la section non fissurée.

6.8.5.4 Armature
(1) À l'endroit où le moment de flexion MEd,max,f induit des contraintes de traction dans la dalle de béton et
lorsque l'on n'utilise pas de méthode plus précise, il convient de déterminer les effets de rigidité du béton tendu
sur les contraintes rs,max,f dans l’armature résultant de MEd,max,f, au moyen des relations (7.4) à (7.6) donnés
en 7.4.3 (3). Dans la relation (7.5) de 7.4.3 (3), il convient d'utiliser un facteur 0,2 au lieu du facteur 0,4.

Légende
1 Dalle tendue
2 Section entièrement fissurée
Figure 6.26 — Détermination des contraintes rs,max,f et rs,min,f
dans les régions fissurées
(2) À l'endroit où le moment de flexion MEd,min,f induit des contraintes de traction dans la dalle de béton, l'ampli-
tude de contraintes ∆r est illustrée par la Figure 6.26 et la contrainte de traction rs,min dans l’armature résultant
de MEd,min,f peut être déterminée par :
M Ed,min,f
r s,min,f = r s,max,f ------------------------ ... (6.51)
M Ed,max,f

(3) Aux endroits où MEd,min,f et MEd,max,f, ou uniquement MEd,min,f, induisent des contraintes de compression
dans la dalle de béton, il convient de déterminer les contraintes dans l'acier d'armature relatives à ces moments
de flexion à partir des propriétés de la section non fissurée.

6.8.5.5 Connexion
(1)P Le cisaillement longitudinal par unité de longueur doit être calculé au moyen d'une analyse élastique.
(2) Il convient de tenir compte, en utilisant un modèle adéquat, de l'effet de rigidité du béton tendu dans les
éléments fissurés. Par simplification, il est permis de déterminer les efforts de cisaillement longitudinal à l'interface
acier/béton en utilisant les caractéristiques de la section non fissurée.
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6.8.5.6 Contraintes dans l'armature béton et l’armature de précontrainte des éléments précontraints par
armature adhérente
(1)P Pour les éléments à armature de précontrainte adhérente, les comportements différents d'adhérence de
l'armature béton et de l’armature de précontrainte doivent être pris en compte pour la détermination des contrain-
tes dans ces armatures.
(2) Il convient de déterminer les contraintes conformément au 6.8.5.4 mais en utilisant rs,max,f conformément
au 7.4.3 (4).

6.8.6 Étendues de contrainte

6.8.6.1 Acier de construction et armature


(1) Il convient de déterminer les étendues de contrainte à partir des contraintes déterminées suivant 6.8.5.
(2) Lorsque la vérification relative à la fatigue est basée sur des étendues de contrainte de dommage équiva-
lent, en général, il convient de déterminer une étendue ∆rE en utilisant la formule :
∆r E = k φ r max,f – r min,f ... (6.52)

où :
rmax,f et rmin,f sont les contraintes maximale et minimale déterminées en utilisant 6.8.4 et 6.8.5 ;
k est un coefficient de dommage équivalent ;
φ est un coefficient de dommage équivalent d'impact.
(3) Lorsqu'un élément est soumis à des effets combinés global et local, il convient de considérer séparément
les effets. Sauf utilisation d'une méthode plus précise, il convient de combiner les effets global et local au moyen
de la formule suivante pour obtenir l'amplitude de contrainte constante équivalente.
∆r E = k glob φ glob ∆r E,glob + k loc φ loc ∆r E,loc ... (6.53)

dans laquelle les indices «glob» et «loc» se réfèrent à l'effet global et à l'effet local respectivement.
(4) Le coefficient de dommage équivalent k dépend du spectre de chargement et de la pente de la courbe de
résistance à la fatigue.
(5) Le coefficient k pour les éléments en acier de construction est donné au 9.5.2 de l'EN 1993-2 pour les ponts
routiers et au 9.5.3 de l'EN 1993-2 pour les ponts ferroviaires.
NOTE Les coefficients k = ks pour l'armature béton et l’armature de précontrainte sont donnés en NN.2 (Informative)
et NN.3 (Informative) de l'EN 1992-2 pour les ponts routiers et les ponts ferroviaires respectivement.

(6) Pour les ponts ferroviaires, le facteur d’impact de dommage équivalent φ est défini au 6.4.5
de l'EN 1991-2:2003.
(7) Pour les ponts routiers, le facteur d’impact de dommage équivalent peut être pris égal à 1,0.

6.8.6.2 Connexion
(1) Pour la vérification des goujons basée sur des étendues de contrainte nominale, l’étendue de contrainte
constante de cisaillement équivalente ∆sE,2 pour 2 millions de cycles est donnée par :
∆s E,2 = k v ∆s ... (6.54)

où :
kv est le coefficient de dommage équivalent dépendant des spectres du chargement de fatigue et de la
pente m de la courbe de résistance en fatigue ;
∆s est l'étendue de contrainte de cisaillement due au chargement de fatigue, relative à l'aire de la tige du
goujon en utilisant le diamètre nominal d de la tige.
(2) Il convient de calculer l'étendue de contrainte de cisaillement d'amplitude constante équivalente dans les
soudures des autres types de connecteurs suivant l'EN 1993-1-9:2005, 6.
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(3) Pour les ponts, il convient de déterminer le coefficient de dommage équivalent kv pour les goujons à tête
en cisaillement à partir de kv = kv,1 kv,2 kv,3 kv,4 où les coefficients kv,1 à kv,4 sont définis en (4) et (5).
(4) Pour les ponts routiers d’une portée allant jusqu'à 100 m, il convient d'utiliser le coefficient kv,1 = 1,55. Il
convient de déterminer les coefficients kv,2 à kv,4 conformément aux paragraphes 9.5.2 (3) à (6) de l'EN 1993-2,
mais en utilisant les exposants 8 et 1/8 au lieu de ceux donnés dans ladite référence pour tenir compte de la pente
correspondante m = 8 de la courbe de résistance à la fatigue des goujons à tête, donnée en 6.8.3.
(5) Pour les ponts ferroviaires, il convient d'utiliser le coefficient kv,1 de la Figure 6.27.
NOTE Les coefficients kv,2 à kv,4 peuvent être déterminés conformément aux paragraphes NN.3.1(104) à (106) de
l'EN 1992-2, mais en utilisant l'exposant m = 8 pour les goujons à tête au lieu de l'exposant k2.

6.8.7 Évaluation de la fatigue basée sur les étendues de contrainte nominale

6.8.7.1 Acier de construction, armature et béton


(1) Il convient que l'évaluation de la résistance à la fatigue de l’armature soit effectuée conformément
à l'EN 1992-1-1:2004, 6.8.5 ou 6.8.6.
(2) Il convient que la vérification pour le béton comprimé soit effectuée conformément à l'EN 1992-2, 6.8.7.
(3) Pour les ponts, il convient que l'évaluation de la résistance à la fatigue de l'acier de construction soit effec-
tuée conformément à la Section 9 de l'EN 1993-2.
(4) Il convient que l'évaluation de la résistance à la fatigue de l’armature de précontrainte soit effectuée
conformément au 6.8.5 de l'EN 1992-1-1:2004.

Figure 6.27 — Valeurs kv,1 en fonction de la portée pour trafic normal


ou lourd pour le modèle 71 conformément à l'EN 1991-2:2003

6.8.7.2 Connexion
(1) Pour les goujons soudés sur une semelle en acier toujours comprimée sous l'effet de la combinaison
d'actions adéquate, voir 6.8.4 (1)), il convient d'effectuer la vérification en fatigue en satisfaisant le critère suivant :
c Ff ∆s E,2 ≤ ∆s c ⁄ c Mf,s ... (6.55)

où :
∆sE,2 est défini en 6.8.6.2(1) ;
∆sc est la valeur de référence de la résistance à la fatigue à 2 millions de cycles selon 6.8.3.
Il convient de déterminer l'étendue de contrainte ∆s exercée dans le goujon avec l'aire de section de la tige du
goujon en utilisant le diamètre nominal d de cette tige.
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(2) Lorsque la contrainte maximale exercée dans la semelle en acier sur laquelle les goujons sont soudés est
en traction sous l'effet de la combinaison d'actions adéquate, il convient de vérifier l'interaction existant au niveau
de toute section d’élément entre l'étendue de contrainte de cisaillement ∆sE exercée dans la soudure du goujon
et l'étendue de contrainte normale ∆rE exercée dans la semelle en acier, au moyen des expressions d’interaction
suivantes :
c Ff ∆r E,2 c Ff ∆s E,2
---------------------- + ------------------------- ≤ 1,3 ... (6.56)
∆r c ⁄ c Mf ∆s c ⁄ c Mf,s

c Ff ∆r E,2 c Ff ∆s E,2
---------------------- ≤ 1,0 - ≤ 1,0
------------------------ ... (6.57)
∆r c ⁄ c Mf ∆s c ⁄ c Mf,s

où :
∆rE,2 est l'étendue de contrainte dans la semelle déterminée suivant 6.8.6.1 ;
∆rc est la valeur de référence de résistance à la fatigue donnée dans l'EN 1993-1-9, 7, en appliquant la
catégorie 80.
Les étendues de contrainte ∆sE,2 et ∆sc sont définies en (1).
Il convient de vérifier l'expression (6.56) pour la valeur maximale de ∆rE,2 et la valeur concomitante ∆sE,2, ainsi
que pour la valeur maximale de ∆sE,2 et la valeur concomitante de ∆rE,2. Sauf si l'on prend en compte l'effet
de rigidité du béton tendu par des méthodes plus précises, il convient de vérifier le critère d'interaction avec
les étendues de contrainte correspondantes déterminées avec les propriétés des sections à la fois fissurées et
non fissurées.

6.9 Éléments tendus dans les ponts mixtes


(1) Il convient d'effectuer le calcul conformément aux Sections 6 et 9 de l'EN 1992-2 pour un élément tendu en
béton armé isolé conforme à 5.4.2.8 (1) (a). Pour les précontraintes par câble, il convient de tenir compte de l'effet
des comportements différents d'adhérence de l’armature de précontrainte et de l'armature béton, conformément
au 6.8.2 de l'EN 1992-1-1:2004.
(2) Pour les éléments tendus utilisés dans les ponts à tablier inférieur et les ponts bowstring, lorsque l'élément
tendu agit comme tablier tout en étant soumis à une combinaison des effets d'actions globales et locales, il
convient de vérifier la résistance au cisaillement de calcul vis-à-vis d'effort tranchant local et de poinçonnement
dû aux charges permanentes et charges de trafic. À moins qu'une méthode plus précise ne soit utilisée, il convient
d'effectuer la vérification conformément aux 6.2 et 6.4 de l'EN 1992-1-1:2004 et à 6.2.2.5(3) en tenant compte de
l'effort normal de l'élément en béton armé, conformément à 5.4.2.8(3) et (6).
(3) Aux extrémités de la partie en béton d’un élément tendu mixte, pour l'introduction de l'effort normal, il
convient de prévoir un groupe concentré de connecteurs conçus conformément au 6.6. Il convient que la
connexion soit capable de transférer la valeur de calcul de l'effort normal dans l'élément tendu en béton sur une
longueur 1,5b où b est la valeur la plus élevée du débord de l'élément en béton et de la moitié de la distance entre
éléments en acier adjacents. Lorsqu'il s'agit de vérifier les connecteurs sous l'effort normal déterminé conformé-
ment au 5.4.2.8(6), il convient d'utiliser l'équation (5.6-3).
(4)P Il faut prévoir de répartir les sollicitations induites par les éléments connectés aux extrémités d'un élément
tendu mixte, entre les éléments en acier de construction et les éléments en béton armé.
(5) Pour les éléments tendus mixtes soumis à des efforts de traction et de flexion, il convient de prévoir une
connexion conformément au 6.6.
(6) Pour les éléments tendus mixtes, tels que les diagonales des treillis, il convient que le calcul ne suppose
pas une longueur d'introduction de l'effort normal supérieure à deux fois la dimension minimale transversale de
l'élément.
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7 Section 7 — États limites de service

7.1 Généralités
(1)P Une structure comportant des éléments mixtes doit être calculée et construite de telle sorte que tous les
états limites de service appropriés soient vérifiés conformément aux Principes énoncés en 3.4 de l'EN 1990:2002.
(2) Il convient que la vérification des états limites de service soit basée sur les critères donnés dans
l'EN 1990:2002, 3.4(3).
(3) Il convient de classer le pont mixte, ou des parties spécifiques de ce pont, dans des classes environnemen-
tales conformes au 4 de l'EN 1992-2.
(4) Il convient d'effectuer les vérifications des états limites de service des ponts ou parties de pont au cours des
phases de construction ainsi qu'en situations durables.
(5) Il convient de tenir compte, s’il y a lieu, des exigences et critères donnés au A2.4 de l'Annexe A2 de
l'EN 1990:2002.
(6) Il convient de vérifier les états limites de service des plaques mixtes conformément à la Section 9.

7.2 Contraintes
7.2.1 Généralités
(1)P Le calcul des contraintes pour les poutres à l'état limite de service doit prendre en compte les effets des
paramètres suivants, selon le cas :
— traînage de cisaillement ;
— fluage et retrait du béton ;
— fissuration du béton et rigidité du béton tendu ;
— phasage de construction ;
— augmentation de la flexibilité résultant d'un manque significatif d'interaction dû au glissement dans la
connexion ;
— comportement inélastique de l'acier et des armatures, le cas échéant ;
— torsion et gauchissement des sections, le cas échéant.
(2) Le traînage de cisaillement peut être pris en compte conformément à 5.4.1.2.
(3) À défaut d’une méthode plus précise, les effets du fluage et du retrait peuvent être pris en compte par l'uti-
lisation de coefficients d'équivalence conformément à 5.4.2.2.
(4) Dans les sections fissurées, les effets primaires du retrait peuvent être négligés pour la vérification des
contraintes.
(5)P Dans l'analyse des sections, la résistance à la traction du béton doit être négligée.
(6) Il convient de prendre en compte l'influence de la rigidité du béton tendu entre fissures sur les contraintes
exercées dans les aciers d'armature et de précontrainte. À défaut de méthodes plus précises, il convient de déter-
miner les contraintes dans les armatures conformément à 7.4.3.
(7) Les influences de la rigidité du béton tendu sur les contraintes dans l'acier de construction peuvent être
négligées.
(8) Il convient d'ajouter les contraintes dans la dalle en béton et ses armatures résultant des effets simultanés
des actions globales et locales.
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7.2.2 Limitation des contraintes dans les ponts


(1)P Tout fluage et microfissuration excessifs doivent être évités en limitant la contrainte de compression dans
le béton.
(2) Il convient que la limitation des contraintes du béton à la valeur ki fck soit conforme au 7.2 de
l'EN 1992-1-1:2004 tel que modifié par l’EN 1992-2.
(3)P La contrainte dans l'armature béton et dans l’armature de précontrainte doit être telle que les déformations
inélastiques de ces armatures soient évitées.
(4) Sous l’effet d’une combinaison caractéristique d'actions, il convient que les contraintes soient limitées
à ki fsk dans l’armature béton et à k5 fpk dans l’armature de précontrainte. Les valeurs ki et k5 sont données
au 7.2(5) de l'EN 1992-1-1:2004.
(5) Il convient que les contraintes dans l’acier de construction soient conformes au 7.3 de l'EN 1993-2.
(6) Pour les états limites de service, il convient de limiter l'effort de cisaillement longitudinal par connecteur
conformément au 6.8.1 (3).

7.2.3 Respiration des âmes


(1) Il convient de limiter l'élancement des plaques d'âme raidies et non raidies des poutres mixtes conformé-
ment au 7.4 de l'EN 1993-2.

7.3 Déformations dans les ponts


7.3.1 Flèches
(1) S’il y a lieu, pour l'état limite de déformation, A2.4 de l'Annexe A2 de l'EN 1990:2002, ainsi que 7.5 à 7.8
et 7.12 de l'EN 1993-2, s'appliquent.
(2) Il convient de calculer les flèches en utilisant une analyse élastique conforme à la Section 5.
(3) En cours de construction, il convient de contrôler les déformations de façon à ce que le béton ne soit pas
altéré par des déplacements incontrôlés lors de sa mise en place et sa prise, et de façon à ce que la géométrie
requise à long terme soit obtenue.

7.3.2 Vibrations
(1) S’il y a lieu, pour l'état limite de vibration, A2-4 de l'Annexe A2 de l'EN 1990:2002, 5.7 et 6.4 de
l’EN 1991-2:2003 ainsi que 7.7 à 7.10 de l'EN 1993-2 s’appliquent.

7.4 Fissuration du béton


7.4.1 Généralités
(1) Pour la limitation de l’ouverture des fissures dans les ponts, les considérations générales données dans
l'EN 1992-1-1:2004, 7.3.1, tel que modifié dans l’EN 1992-2 s'appliquent aux structures mixtes. La limitation de
l’ouverture des fissures dépend des classes d'exposition selon l'EN 1992-2, 4.
(2) Une estimation de l’ouverture des fissures peut être déduite de l'EN 1992-1-1:2004, 7.3.4, où il convient de
calculer la contrainte rs en prenant en compte les effets de rigidité du béton tendu. À défaut d’une méthode plus
précise, rs peut être déterminée conformément à 7.4.3(3).
(3) Comme alternative simplifiée plaçant du côté de la sécurité, la limitation de la largeur de fissures à une
valeur acceptable peut être obtenue en mettant en place une armature minimale définie en 7.4.2 avec un espa-
cement ou des diamètres de barres d'armature ne dépassant pas les limites définies en 7.4.3.
(4) Les règles d'application pour la limitation de l'ouverture des fissures à wk sont données en 7.4.2 et 7.4.3.
NOTE L'Annexe Nationale peut fournir les valeurs de wk et la combinaison des actions. Les valeurs recommandées
pour wmax selon les classes d'exposition appropriées sont indiquées dans la note du 7.3.1(105) de l'EN 1992-2.
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(5) Lorsque l’action mixte devient effective, au fur et à mesure de la prise du béton, il convient de tenir compte
des effets de l’échauffement dû à l’hydratation du ciment et des effets du retrait thermique correspondant, seule-
ment pendant la phase de construction pour l'état limite de service afin de définir les zones où une traction est
attendue.
(6) À moins que des mesures spécifiques ne soient prises pour limiter les effets de l’échauffement dû à l'hydra-
tation du ciment, il convient par simplification d'adopter une différence de température constante entre la section
en béton et la section en acier (béton plus froid) pour déterminer les régions fissurées conformément à 7.4.2 (5)
et pour limiter l'ouverture des fissures conformément à 7.4.2 et 7.4.3. Pour la détermination des contraintes dans
le béton, il convient d'utiliser le module d'élasticité à court terme.
NOTE L'Annexe Nationale peut fournir des mesures spécifiques et une différence de température. La valeur recomman-
dée pour la différence de température est 20K.

7.4.2 Armature minimale


(1) À défaut d’une méthode plus précise et utilisée en conformité avec l'EN 1992-1-1:2004, 7.3.2(1), dans
toutes les sections dépourvues d'aciers de précontrainte et soumises à une traction significative due à un bridage
par des déformations imposées (par ex. les effets primaires et secondaires du retrait), combiné ou non à des effets
d'actions directes, l'aire d'armature minimale As exigée pour les dalles de poutres mixtes est donnée par
l'expression :
A s = k s k c k f ct,eff A ct ⁄ r s ... (7.1)

où :
fct,eff est la valeur moyenne de la résistance efficace à la traction du béton à l'instant où les premières
fissures sont susceptibles d'apparaître. Les valeurs de fct,eff peuvent être prises égales à celles de fctm,
voir l'EN 1992-1-1:2004, Tableau 3.1, ou à flctm, voir Tableau 11.3.1, selon le cas, en prenant pour classe
la résistance à l'instant où les fissures sont susceptibles d'apparaître. Lorsque l'âge du béton au moment
de la fissuration ne peut être établi avec certitude car étant inférieur à 28 jours, une résistance minimale à
la traction de 3 N/mm2 peut être adoptée ;
k est un coefficient qui tient compte de l'effet d'autocontraintes non uniformes, pouvant être pris égal à 0,8 ;
ks est un coefficient qui tient compte de l'effet de la réduction de l'effort normal de la dalle en béton due à la
fissuration initiale et au glissement local de la connexion, pouvant être pris égal à 0,9 ;
kc est un coefficient prenant en compte la distribution des contraintes dans la section immédiatement avant la
fissuration, et qui est donné par l'expression :
1
k c = ---------------------------------- + 0,3 ≤ 1,0 ... (7.2)
1 + h c ⁄  2z o
 
hc est l'épaisseur de la semelle en béton, à l'exclusion de tout renformis ou nervure ;
zo est la distance verticale entre le centre de gravité de la semelle en béton non fissurée et celui de la section
mixte non fissurée, en utilisant dans le calcul le coefficient d'équivalence n0 pour un chargement à court
terme ;
rs est la contrainte maximale autorisée dans l'armature immédiatement après la fissuration. Elle peut être
prise égale à la limite d’élasticité caractéristique fsk. Une valeur inférieure, fonction de la dimension des bar-
res d'armature, peut cependant être nécessaire pour satisfaire les limites de largeur d’ouverture requises.
Cette valeur est donnée dans le Tableau 7.1 ;
Act est l'aire de la zone tendue (sous l'effet des actions directes et les effets primaires du retrait) immédiatement
avant la fissuration de la section. Pour simplifier, il convient d'utiliser l'aire de la section de béton comprise
dans la largeur efficace.
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Tableau 7.1 — Diamètres de barres maximaux


pour les barres d’armature à haute adhérence

Contrainte dans l'acier Diamètre maximal de barre φ (mm)


rs pour une ouverture de calcul wk des fissures
(N/mm2) wk = 0,4 mm wk = 0,3 mm wk = 0,2 mm

160 40 32 25
200 32 25 16
240 20 16 12
280 16 12 8
320 12 10 6
360 10 8 5
400 8 6 4
450 6 5 —

(2) Le diamètre maximal des barres composant la section d’armature minimale peut être modifié à la valeur φ
donnée par :
φ = φ∗. fct,eff / fct,0 ... (7.3)
où :
φ∗ est la dimension maximale de barre donnée dans le Tableau 7.1 ;
fct,0 est une résistance de référence de 2,9 N/mm2.
(3) Il convient de disposer au moins la moitié de l'armature minimale requise entre la mi-hauteur de la dalle et
la face soumise à la déformation de traction la plus forte.
(4) Pour déterminer la section d'armature minimale dans les dalles en béton d'épaisseur variable transversa-
lement à la direction de la poutre, il convient de procéder avec l'épaisseur locale.
(5) Il convient de placer l'armature minimale conformément à (1) et (2) dans des zones où le béton est soumis
à des contraintes de traction, sous l'effet de la combinaison caractéristique d'actions. Pour les éléments
précontraints par armature adhérente, 7.3.2(4) de l' EN 1992-1-1:2004 s'applique.
(6) Lorsqu’une armature de précontrainte adhérente est utilisée, sa contribution à l'armature minimale peut être
prise en compte conformément au 7.3.2 (3) de l'EN 1992-1-1:2004.

7.4.3 Contrôle de la fissuration due aux actions directes


(1) Lorsqu’au moins la section d’armature minimale donnée en 7.4.2 est mise en œuvre, la limitation de l’ouver-
ture des fissures à des valeurs acceptables peut en général être obtenue en limitant l'espacement des barres ou
le diamètre des barres. Le diamètre maximal des barres et leur espacement maximal dépendent de la
contrainte rs dans ces barres et de l’ouverture de calcul des fissures. Les diamètres maximaux de barres sont
donnés dans le Tableau 7.1 et l'espacement maximal des barres dans le Tableau 7.2.

Tableau 7.2 — Espacement maximal pour des barres à haute adhérence

Contrainte dans l'acier Espacement maximal des barres (mm)


rs pour une ouverture de calcul wk des fissures
(N/mm2) wk = 0,4 mm wk = 0,3 mm wk = 0,2 mm

160 300 300 200

200 300 250 150

240 250 200 100

280 200 150 50

320 150 100 —

360 100 50 —
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(2) Il convient de déterminer les sollicitations par une analyse élastique effectuée conformément à la Section 5
en prenant en compte les effets de la fissuration du béton. Il convient de déterminer les contraintes exercées dans
l'armature en prenant en compte les effets de rigidité du béton tendu entre fissures. À défaut d’une méthode plus
précise, les contraintes peuvent être calculées conformément aux dispositions données en (3).
(3) Dans les poutres mixtes, lorsque la dalle en béton est supposée fissurée et en l'absence d'aciers de pré-
contrainte, les contraintes exercées dans l’armature sont supérieures, en raison des effets de rigidité du béton
tendu entre les fissures, aux contraintes calculées dans une section mixte en négligeant le béton. La contrainte
de traction dans l'armature rs sous l'effet des actions directes peut être calculée au moyen de l'expression :
r s = r s,o + ∆r s ... (7.4)

avec
0,4 f ctm
∆r s = -------------------
- ... (7.5)
a st q s

AI
a st = ----------- ... (7.6)
Aa Ia

où :
rs,o est la contrainte dans l'armature due aux sollicitations agissant sur la section mixte, calculée en négli-
geant le béton tendu dans le calcul ;
fctm est la résistance moyenne à la traction du béton, prise dans l'EN 1992-1-1:2004 égale à fctm pour le béton
normal, Tableau 3.1 ou à flctm pour le béton léger, Tableau 11.3.1 ;
qs est le taux d’armature, donné par qs = (As /Act) ;
Act est l'aire efficace de la semelle en béton dans la zone tendue ; par simplification, il convient d'utiliser l'aire
de la section en béton comprise dans la largeur efficace ;
As est l'aire totale de toutes les nappes d'armature longitudinales dans l'aire efficace Act ;
A, I sont l'aire et le moment d'inertie de flexion, respectivement, de la section mixte efficace en négligeant le
béton tendu et les plaques nervurées, le cas échéant ;
Aa, Ia sont les caractéristiques correspondantes pour le profilé en acier de construction.
(4) Lorsqu’une armature de précontrainte adhérente est utilisée, il convient que le calcul soit conforme au 7.3
de l'EN 1992-1-1:2004, où rs est déterminé en tenant compte des effets de la rigidité du béton tendu.

7.5 Tablier à poutres enrobées


7.5.1 Généralités
(1) Pour les états limites de service, il convient de déterminer les effets des actions conformément aux
alinéas (1) à (4) et (6) à (8) de 5.4.2.9.

7.5.2 Fissuration du béton


(1) Il convient de tenir compte des règles d'application du 7.4.1.
(2) Il convient d'appliquer 7.5.3 et 7.5.4 pour les barres d'armature dans le sens des poutres en acier sur toutes
l’épaisseur du tablier.
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7.5.3 Armature minimale


(1) Sauf si des méthodes de vérification plus précises sont utilisées, il convient de déterminer l'armature longi-
tudinale supérieure minimale As,min par poutre enrobée de la manière suivante :
As,min ≥ 0,01 Ac,eff ... (7.7)
où :
Ac,eff est l'aire efficace de béton donnée par Ac,eff = sw cst ≤ sw deff
deff est l'épaisseur efficace de béton donnée par deff = c + 7,5 φs
φs est le diamètre de l'armature longitudinale en [mm] dans la plage de 10 mm ≤ φs ≤ 16 mm
c, cst est l'enrobage des armatures longitudinales et de la section en acier de construction (voir Figure 6.8)
sw est défini à la Figure 6.8.
Il convient que l'espacement s des barres de l'armature longitudinale vérifie 100 mm ≤ s ≤ 150 mm.

7.5.4 Contrôle de la fissuration due aux actions directes


(1) Le paragraphe 7.4.3 (1) est applicable.
(2) Les contraintes dans l'armature peuvent être calculées en utilisant les propriétés de section mixte fissurée,
avec le moment d'inertie de flexion I2 selon 1.5.2.12.
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8 Section 8 — Dalles en béton préfabriqué dans les ponts mixtes


8.1 Généralités
(1) La Section 8 traite des dalles en béton préfabriqué, armé ou précontraint, utilisées soit comme constituant
à elles seules des membrures de pleine hauteur des tabliers de pont, soit comme dalles de hauteur partielle fonc-
tionnant avec du béton coulé sur chantier.
(2) Il convient de calculer les dalles de pont en béton préfabriqué, conformément à l'EN 1992 et également pour
l'action mixte avec la poutre en acier.
(3) Il convient de tenir compte dans le calcul, des tolérances de la semelle en acier et de l’élément en béton
préfabriqué.

8.2 Actions
(1) L'EN 1991-1-6:2005 est applicable aux éléments préfabriqués agissant comme coffrage permanent. Ces
exigences ne sont pas nécessairement suffisantes et il convient également de tenir compte des exigences de la
méthode de construction.

8.3 Calcul, analyse et disposition constructive de la dalle de pont


(1) Lorsqu'il est supposé que la dalle préfabriquée agit avec le béton coulé sur place, il convient de les calculer
comme étant continus tant dans le sens longitudinal que transversal. Il convient de calculer les joints entre dalles
de manière à transmettre les charges dans le plan ainsi que les moments fléchissants et les efforts tranchants. La
compression perpendiculaire au joint peut être supposée transmise par pression de contact si le joint est rempli
de mortier ou de colle ou s'il est démontré par des essais que les plans de joint ont un contact suffisamment étroit.
(2) Pour l'utilisation des goujons en groupes, voir 6.6.5.5(4).
(3) Une distribution en escalier des efforts de cisaillement longitudinal peut être utilisée à condition que les
limites du 6.6.1.2(1) soient respectées.

8.4 Interface entre poutre en acier et dalle en béton


8.4.1 Scellement et tolérances
(1) Lorsque des dalles préfabriquées sont utilisées sans scellement, il convient de spécifier toute exigence
particulière pour les tolérances applicables à la structure métallique d'appui.

8.4.2 Corrosion
(1) Il convient qu'une semelle en acier disposée sous des dalles préfabriquées sans scellement ait la même
protection anticorrosion que le reste de la structure métallique sauf pour toute couche esthétique, appliquée après
construction, qui peut être omise.

8.4.3 Connexion et armature transversale


(1) Il convient de calculer la connexion et l'armature transversale conformément aux clauses appropriées des
Sections 6 et 7.
(2) Si les connecteurs soudés sur la poutre en acier pénètrent dans des espaces ménagés dans les dalles, ou
dans les joints entre les dalles, avec remplissage de béton après montage, il convient que les dispositions
constructives ainsi que les caractéristiques du béton (par exemple la granulométrie) soient de nature à permettre
un coulage convenable. Il convient que la distance nette entre les connecteurs et l'élément préfabriqué soit suffi-
sante dans toutes les directions pour pouvoir compacter entièrement le béton de remplissage en tenant compte
des tolérances.
(3) Si les connecteurs sont disposés en groupes, il convient de prévoir une armature au niveau de chaque
groupe afin de prévenir toute ruine locale prématurée du béton, qu'il soit préfabriqué ou coulé en place.
NOTE L'Annexe Nationale peut faire référence à des informations appropriées.
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9 Section 9 — Plaques mixtes dans les ponts

9.1 Généralités
(1) La présente Section 9 s'applique aux plaques mixtes constituées d'une tôle en acier de construction nomi-
nalement plane, connectée par des goujons à une couche de béton coulée sur chantier, destinées à être utilisées
comme semelles dans un tablier de pont soumis à des charges appliquées perpendiculairement au plan de la dalle
ainsi qu'à des charges dans ce plan ou comme semelles inférieures d’une section fermée. Elle ne s'applique pas
aux plaques à double peau ou aux autres types de connecteurs.
(2) Il convient que la plaque en acier soit soutenue pendant le coulage, soit de façon permanente, soit à l’aide
d'appuis provisoires, afin de limiter sa flèche à moins de 0,05 fois l'épaisseur de la couche de béton sauf si le poids
supplémentaire du béton dû à la flèche de la plaque est pris en compte dans le calcul de la plaque en acier.
(3) Il convient de déterminer la largeur efficace conformément au 5.4.1.2, où b0 est pris égale à 2aw et aw est
défini en 9.4(4).
(4) Pour l'analyse globale, 5.1 et 5.4 s'appliquent.

9.2 Calcul des effets locaux


(1) Les effets locaux sont les moments fléchissants et les efforts tranchants dus aux charges transversales sur
la plaque fonctionnant comme une dalle dans une ou deux directions. Pour les besoins de l’analyse des effets
locaux d’actions, la dalle peut être supposée élastique et non fissurée. Il n'est pas nécessaire de calculer une
semelle supérieure de poutre en I comme mixte dans le sens transversal.
(2) Le béton et la plaque en acier peuvent être considérés comme fonctionnant de façon mixte sans glissement.
(3) La résistance à la flexion et à l’effort tranchant peut être vérifiée, comme pour une dalle en béton armé dans
laquelle la plaque en acier est considérée comme armature. La résistance de calcul au cisaillement vertical
du 6.2.2.5(3) est applicable, lorsque la distance entre connecteurs, dans les sens longitudinal et transversal, ne
dépasse pas trois fois l'épaisseur de la plaque mixte.

9.3 Calcul des effets globaux


(1)P La plaque mixte doit être calculée pour résister à tous les efforts engendrés par des charges axiales ainsi
qu'à la flexion générale et à la torsion de toutes les poutres longitudinales ou transversales dont elle fait partie.
(2) La résistance de calcul à la compression en plan peut être prise égale à la somme de la résistance de calcul
du béton et de la plaque en acier à l’intérieur de la largeur efficace. Il convient de considérer la réduction de résis-
tance due aux effets du second ordre conformément au 5.8 de l'EN 1992-1-1:2004.
(3) Il convient que la résistance de calcul à la traction en plan soit prise égale à la somme des résistances de
calcul de la plaque en acier et de l'armature à l’intérieur de la largeur efficace.
(4) Pour les connecteurs dans les cas indiqués en 9.4(1)P, il convient de prendre en compte l'interaction avec
les effets des charges locales. Dans le cas contraire, il n'est pas nécessaire d'en tenir compte. Il convient de véri-
fier les connecteurs calculés pour des efforts de cisaillement à la fois dans les sens longitudinal et transversal, en
utilisant la somme vectorielle des forces agissant simultanément sur le connecteur.

9.4 Calcul des connecteurs


(1)P La résistance à la fatigue et les exigences relatives aux états limites de service doivent être vérifiées pour
les combinaisons d'effets locaux et globaux simultanés.
(2) Il est admis d’utiliser la résistance de calcul des connecteurs donnée en 6.6.3 et 6.8.3, à condition que la
dalle en béton ait une armature inférieure dont l'aire est d'au moins 0,002 fois l'aire de béton dans chacun des
deux sens perpendiculaires.
(3) Les règles du 6.6.5 pour les dispositions constructives sont applicables.
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(4) Pour des semelles de poutres larges, la répartition du cisaillement longitudinal due aux effets globaux pour
les états limites de service et de fatigue, peut être déterminée comme décrit ci-dessous afin de tenir compte du
glissement et du traînage de cisaillement. L'effort longitudinal PEd sur un connecteur à une distance x de l'âme la
plus proche peut être pris égal à :

– 0,17 2
v L,Ed   nw   
P Ed = -------------  3,85  -------- – 3  1 – --x- + 0,15 ... (9.1)
n tot   n tot  b

où :
vL,Ed est l’effort de cisaillement longitudinal de calcul par unité de longueur dans la dalle en béton dû aux effets
globaux pour l’âme considérée, et déterminé en utilisant les largeurs efficaces de traînage de cisaillement ;
ntot est le nombre total de connecteurs de même taille par unité de longueur de poutre, comme illustré sur la
Figure 9.1, à condition que le nombre de connecteurs par unité d’aire n'augmente pas avec x ;
nw est le nombre de connecteurs par unité de longueur placés jusqu’à une distance de l'âme égale à la valeur
la plus grande de 10tf et 200 mm, où tf est l'épaisseur de la plaque en acier. Pour ces connecteurs, il
convient de prendre x égal à 0 ;
b est égale à la moitié de la distance entre âmes adjacentes, ou à la distance entre l'âme et le bord libre de
la semelle.
Dans le cas d'une semelle en console jusqu’à une distance aw du plan de l'âme conformément à la Figure 9.1, les
nombres de connecteurs ntot et nw peuvent inclure des connecteurs placés sur cette semelle. Il convient de
concentrer les connecteurs dans la zone nw correspondant à la Figure 9.1. Il convient que l'espacement des
connecteurs remplisse les conditions établies en (7) pour éviter un voilement local prématuré de la plaque.

Figure 9.1 — Définition des notations dans l'équation (9.1)


(5) Il n'est pas exigé de déterminer de façon plus précise, la répartition des efforts de cisaillement longitudinal
dans des semelles inférieures mixtes de section fermée conformes à (4) si la disposition des connecteurs est fon-
dée sur les règles suivantes :
— Il convient que les connecteurs soient concentrés dans les angles de la section fermée ;
— Il convient qu’au moins 50 % du nombre total de connecteurs, auxquels incombe le transfert de l’effort de
cisaillement longitudinal d’une âme vers la semelle inférieure en béton, soit placé sur l’âme et à l’intérieur de
la largeur bf de la semelle inférieure en acier. Il convient que la largeur bf de la semelle inférieure en acier soit
prise égale à la valeur la plus grande de :
bf = 20 tf, bf = 0,2 bei et bf = 400 mm
où bei est la largeur efficace de la semelle inférieure conformément à 5.4.1.2 et tf l'épaisseur de la semelle
inférieure en acier.
(6) Pour les états limites ultimes, on peut supposer que tous les connecteurs à l’intérieur de la largeur efficace
supportent le même effort longitudinal.
(7) Lorsque le rôle des connecteurs est de prévenir le voilement local de l'élément en acier d'une plaque mixte
en compression, il convient que les entraxes des connecteurs n'excèdent pas les limites données au Tableau 9.1.
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Tableau 9.1 — Limites supérieures des espacements des connecteurs


dans une plaque mixte en compression

Classe 2 Classe 3

Transversalement au sens semelle à débord : 14 te 20 te


de la contrainte de compression
semelle intérieure : 45 te 50 te

Dans le sens de la contrainte semelles à débord et intérieure : 22 te 25 te


de compression

e = 235 ⁄ f y , avec fy en N/mm2 t — épaisseur de la semelle en acier


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Annexe C
(informative)
Goujons à tête donnant lieu à des efforts de fendage
dans le sens de l'épaisseur de la dalle
Init numérotation des tableaux d’annexe [A]!!!
Init numérotation des figures d’annexe [A]!!!
Init numérotation des équations d’annexe [J]!!!

C.1 Résistance de calcul et dispositions constructives


(1) Il convient que la résistance au cisaillement de calcul d'un goujon à tête conforme au 6.6.3.1, qui entraîne des
efforts de fendage dans le sens de l'épaisseur de la dalle, voir Figure C.1, soit déterminée pour les états limites
ultimes autres que la fatigue à partir de l'équation (C.1), si ceci conduit à une valeur plus faible que celle qui résulte
des équations (6.18) et (6.19) :
0,4 0,3
1,4 k v  f ck d a′ r  a ⁄ s
   
P Rd,L = --------------------------------------------------------------------------- [ kN ] ... (C.1)
cV

où :
a′ r est la pince transversale efficace = ar – cv – φs / 2 ≥ 50 mm ;
kv = 1 pour une connexion d’un seul côté de l’âme ;
= 1,14 pour une connexion de part et d’autre de l’âme ;
cV est un coefficient partiel ;
NOTE Voir la Note du 6.6.3.1(1) pour c V .

fck est la résistance caractéristique du béton mesurée sur cylindre, en N/mm2 ;


d est le diamètre de la tige du goujon avec 19 ≤ d ≤ 25 mm ;
h est la hauteur totale du goujon à tête avec h/d ≥ 4 ;
a est l’espacement horizontal des goujons avec 110 ≤ a ≤ 440 mm ;
s est l'espacement des étriers avec à la fois a/2 ≤ s ≤ a et s/ a′ r ≤ 3 ;
φs est le diamètre des étriers avec φs ≥ 8 mm ;
φl est le diamètre de l'armature longitudinale avec φl ≥ 10 mm ;
cv est l'enrobage de béton vertical conformément à la Figure C.1 en [mm].
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Position intermédiaire Section A-A

Légende
1 Armature transversale

Figure C.1 — Position et paramètres géométriques des connexions


réalisées par goujons disposés horizontalement

(2) Il convient de prévenir une ruine par arrachage du goujon au bord de la dalle en remplissant les conditions
suivantes :
— béton non fissuré : b ≤ 30° ou v ≥ max{110 mm ; 1,7 a′ r ; 1,7 s / 2}
— béton fissuré : b ≤ 23° ou v ≥ max{160 mm ; 2,4 a′ r ; 2,4 s / 2}
où v est tel qu'illustré sur la Figure C.1.
(3) Pour résister à l'effort de fendage dans le sens de l'épaisseur de la dalle, il convient d’utiliser des étriers
calculés à partir d’un effort de traction donné par l’équation suivante :
Td = 0,3 PRd,L ... (C.2)
(4) Il convient de tenir compte de l'influence de l’effort tranchant vertical sur la résistance de calcul d'un goujon
dû à l'appui vertical de la dalle. L'interaction peut être vérifiée par l'équation suivante :
1,2 1,2
 F d,L   F d,V 
 -------------- +  -------------- ≤1 ... (C.3)
 P Rd,L  P Rd,V

avec
0,5 0,4 0,3 0,7
0,012  f ck φ l  d a ⁄ s  φ s  a′ r,o k v
       
P Rd,V = ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- [ kN ] ... (C.4)
cV

où :
a′ r,o est la distance efficace au bord appropriée a′ r,o = ar,o – cv – φs / 2 ≥ 50 mm. Outre les exigences de calcul
données en C.1(1), il convient de remplir les conditions suivantes :
h ≥ 100 mm ; 110 ≤ a ≤ 250 mm ; φs ≤ 12 mm ; φl ≤ 16 mm.
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C.2 Résistance à la fatigue


(1) La courbe de résistance à la fatigue des goujons à tête qui donnent lieu à des efforts de fendage dans le
sens de l'épaisseur de la dalle conformément à C.1(1), est donnée pour un béton normal par la plus faible des
valeurs entre 6.8.3 et l’équation (C.5) :
m m
 ∆P  N =  ∆P  N ... (C.5)
 R  c c

où :
∆PR est la résistance à la fatigue obtenue par différence d'effort de cisaillement longitudinal par goujon ;
∆Pc est la valeur de référence de la résistance à la fatigue à Nc = 2 × 106 conformément au Tableau C.1 ;
m est la pente de la courbe de résistance à la fatigue, avec m = 8 ;
N est le nombre de cycles d'étendue constante d'efforts.
Dans le Tableau C.1, a′ r est la distance efficace au bord conformément à la Figure C.1 et au paragraphe C.1(1).

Tableau C.1 — Résistance à la fatigue ∆Pc pour des goujons disposés horizontalement

a′ r [mm] 50 ≥ 100 NOTE : Pour 50 < a′ r < 100 mm il convient de déterminer


∆Pc par interpolation linéaire.
∆Pc [kN] 24,9 35,6

(2) Pour l'effort de cisaillement longitudinal maximal par connecteur, 6.8.1(3) s'applique.

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