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Université Hassan II - Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales

Module : Procédure civile


Professeur : Mr.MIKOU
Par : IRAQI HOUSSAINI Fatine

INTRODUCTION AU COURS DE PROCÉDURE CIVILE :

La procédure civile comme son nom l’indique est la procédure de la société civile et qui de ce fait
n’est pas limitée au droit civil proprement dit. C’est ainsi qu’elle couvre toutes les activités qu’il
s’agisse de celles à caractère civil, social, commercial et administratif à l’exception des infractions
pénales et militaires. Il va de soi que le législateur prend soin lorsqu’il estime nécessaire de
consacrer des dispositions spécifiques au niveau du Code de procédure civile afin de tenir compte
des particularités de certaines matières telles que le statut personnel. La même technique a été
suivie par la réforme législative sur les tribunaux administratifs. La procédure civile constitue une
technique d’organisation du procès, en ce sens qu’elle permet d’assurer la conduite d’un procès avec
sérénité et sécurité juridique.
Sur le plan étymologique du terme, la procédure civile revêt deux sens. Au sens large elle désigne
l’ensemble des formalités devant être suivies pour l’obtention d’un certain résultat (par exemple les
formalités à suivre pour s’inscrire au barreau). Au sens plus restreint elle détermine les formalités à
accomplir pour saisir valablement une juridiction donnée, ainsi la procédure civile est constituée par
l’ensemble des règles régissant l’organisation et le fonctionnement de la justice en ce qui concerne
les rapports entre les particuliers ou leurs relations avec l’Etat. ​Elle permet aux justiciables de
s’adresser aux juridictions pour obtenir la reconnaissance de leurs droits et précise les moyens
d’assurer l’exécution forcée des obligations à l’encontre de leur débiteur ainsi que les sanctions
appropriées​. La procédure civile comporte trois types de règles fondamentales, tout d’abord celles
relatives à l’organisation judiciaire, ensuite celles régissant la compétence et enfin celles concernant
la procédure proprement dite. Quant aux voies d’exécution, elles sont le prolongement normal de la
procédure civile et on peut les définir comme étant des procédures visant l’exécution soit d’un
engagement, soit d’une décision judiciaire. En faite seule l’exécution sur les biens constitue
actuellement le procédé principal qui est réalisé les saisines.
Pendant longtemps, la procédure civile a été régie par le ​Dahir du 12 Août 1913 ​qui a été remanié de
façon assez profonde. Il a été remplacé par le ​Dahir du 28 Septembre 1974​ qui a marqué la
naissance d’un nouveau Code de procédure civile. Suite à l’entrée en vigueur de ce Dahir, toutes les
dispositions légales antérieures et qui étaient contraires ou qui pouvaient faire double emploi ont
été abrogées. À son tour le ​Dahir du 28 Septembre 1974​ a fait l’objet de plusieurs modifications par
plus de vingt textes. Au cours de la dernière décennie du 20​ème​ siècle, le mouvement de codification
s’est intensifié dans les différentes branches de droit marocain en général et la procédure civile en
particulier. La fin de la première décennie du 21​ème​ siècle, est marquée par un tournant décisif dans
la stratégie et la vision des réformes. C’est ainsi que le ​discours royal du 20 Août 2009​, prononcé à
l’occasion de la célébration du ​56​ème​ anniversaire​ de la révolution du Roi et du peuple a marqué le
point de départ d’une réflexion sur une réforme profonde de la justice. Pour le souverain : « ​Au lieu
de quelques réformes étriquées, nous avons décidé de mettre au point une réforme substantielle qui
ne se limite pas au seul secteur judiciaire mais qui, par sa consistance et sa globalité, englobe

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l’ensemble du système de la justice ». ​Dans ce sens le discours royal annonce ​six domaines d’actions
prioritaires​ :
-​ ​La consolidation des garanties de l’indépendance de la justice;
-​ ​La modernisation du cadre normatif;
-​ ​La mise à niveau des structures judiciaires et administratives;
-​ ​La mise à niveau des ressources humaines;
-​ ​L’amélioration de l’efficience judiciaire;
-​ ​La moralisation de la justice.
Depuis ce discours royal, les services du Ministère de la Justice se sont activés pour mettre en œuvre
des projets de réforme dans ce sens. Selon le ​Professeur Mohamed Jalal Essaid​, il est à reconnaître
que ces travaux préparatoires ont été éclipsés par la​ Charte de la Réforme du Système Judiciaire
datée du mois de Juillet 2013, et qui a été rendue publique le 13 Septembre 2013. Ce document
assez détaillé en 200 pages est le fruit de plusieurs séminaires régionaux tenus sous l’égide de la
Haute Instance du Dialogue National sur la réforme du système judiciaire. Cette Haute Instance a eu
le mérite de lancer le chantier de la mise en œuvre de la Constitution de 2011 en associant les
opinions les plus diverses représentant les secteurs professionnels, les universitaires, le corps
judiciaire, le corps militaire, la gendarmerie, la police, et tous les professionnels impliqués. Les
rédacteurs de cette Charte ont dressé un diagnostic des faiblesses du système judiciaire dont
notamment la lenteur, la complexité, le manque de transparence. ​Sur la base de ce constat, dix-huit
principales recommandations ont été arrêtées par cette Charte et qui se déclinent comme suit :
1.​ ​La mise en œuvre des garanties constitutionnellement consacrées pour l’indépendance du
pouvoir judiciaire avec la protection de ce pouvoir de toute immixtion ou influence externe et ce
à travers les dispositions des deux lois organiques relatives au Conseil Supérieur du pouvoir
judiciaire et au statut des magistrats ainsi que les autres textes nécessaires pour l’application des
dispositions de la Constitution.
2.​ ​La séparation du Ministère Public du pouvoir exécutif. Les magistrats du parquet doivent être
placés sous l’autorité du procureur général agrée auprès de la Cour de Cassation. Tout en
confiant au Ministre de la Justice la prérogative de l’élaboration de la politique pénale qui sera
décidée par les autorités compétentes.
3.​ ​La mise en place d’une inspection générale au sein du Conseil Supérieur du pouvoir judiciaire et
qui sera chargée de l’inspection générale et d’une inspection au sein du Ministère de la justice
chargé d’une inspection administrative et financière sous l’autorité du ministre de la justice.
4.​ ​La présidence du Conseil d’Administration de l’Institut de formation des magistrats par le
Président délégué du Conseil Supérieur du pouvoir judiciaire.
5. L’harmonisation des législations nationales avec la Constitution du Royaume et les Conventions
Internationales ratifiées et publiées en relation avec la lutte contre la criminalité et des droits de
l’homme.
6. La révision du régime de la garde à vue et de la détention provisoire dans le sens de leur
rationalisation.
7. Révision des mécanismes et des conditions de travail de la police judiciaire tout en mettant
honneur davantage son contrôle par le Ministère Public.
8. Mise en place d’une organisation judiciaire basée sur les deux principes de l’unité et de la
spécialisation avec au sommet la Cour de Cassation et créer une juridiction fondée sur une
nouvelle vision basée sur la proximité, la simplicité et la qualification.

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9. Lancement des bases d’une juridiction numérique ouverte sur son environnement et sur les
justiciables et généralisation progressive de l’usage des moyens des nouvelles technologies dans
l’administration des juridictions et dans les relations avec les justiciables et les professionnels.
10. Encouragement du recours aux modes alternatifs de règlement des litiges ou des conflits et
facilitation des voies incitant à ces recours.
11. Révision des conditions d’accès aux professions judiciaires et juridiques et mise à niveau des
acteurs de ces professions.
12. Révision des législations régissant les professions judiciaires et juridiques dans le sens du
renforcement de leur indépendance.
13. Elaboration par le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et par les ordres des différentes
professions judiciaires et juridiques des codes d’éthique comportant des règles éthiques et
professionnelles auxquelles doivent être soumis les membres de ces professions.
14. Assainissement du système judiciaire des déliquescence ce qui nécessité en particulier outre la
transparence promue par la généralisation de l’usage des nouvelles technologies et la
communication avec les professionnels et les justiciers.
15. Incitation matérielle et morale des membres du corps judiciaire et leurs auxiliaires.
16. La fermeté dans l’application des sanctions en observant les garanties juridiques à l’encontre de
tous ceux qui travaillent et exercent dans le domaine de la justice et tout en rendant publiques les
sanctions.
17. Instauration de la transparence dans l’exercice des missions judiciaires en permettant aux
justiciables à la faveur d’un mécanisme responsable de dénoncer tout comportement inapproprié
provenant d’un acteur ou d’un intervenant dans le système judiciaire au Conseil Supérieur du
Pouvoir Judiciaire.
18. Mobilisation de l’opinion publique et sensibilisation des citoyens aux dangers des mauvaises
pratiques.
A ce jour, les textes importants sur l’indépendance du pouvoir judiciaire ont été adoptés et certains
sont mêmes entrés en vigueur, ainsi ont été publiés au Bulletin Officiel du 18 Août 2016, les ​lois
organiques relatives au Dahir sur le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et le statut des
magistrats​. Il est à noter que les membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire ont été déjà
installés le 06 Avril 2017 et devront élaboré un Code de déontologie en leur qualité de garant des
droits des magistrats. Le Président délégué du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire ​Mustapha
Farès,​ a annoncé qu’en 2017, 21 dossiers disciplinaires ont été ouverts dont 15 seulement ont été
retenus. Après délibération le Conseil a prononcé plusieurs sanctions stipulées dans la loi organique
fixant le statut des magistrats. Un magistrat a été définitivement révoqué, un deuxième a été mis à
la retraite. Deux autres magistrats ont fait l’objet d’une exclusion temporaire de 6 mois assortie de
privation de toute rémunération, tandis qu’un autre magistrat a écopé d’une exclusion de 4 mois.
Enfin le Conseil s’est contenté de prononcer des blâmes et des avertissements à l’encontre de 4
juges. Parallèlement le Conseil a fait bénéficier 340 magistrats d’un avancement de grade au titre de
l’année 2017, parmi eux 80 ont été promus au grade exceptionnel, 133 au premier grade et 127 au
second grade. Le 07 Octobre 2017, le Ministère Public a vu son indépendance consacrée par rapport
au Ministère de la Justice, c’est ainsi que le parquet est placé sous l’autorité du Procureur Général du
Roi auprès de la Cour de Cassation qui gère près de 1000 procureurs sous son autorité. Enfin le 02
Mars 2018, a été créée à Rabat la​ Commission de Coordination Tripartite entre le Ministère de la
Justice, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et le Ministère Public​. Lors de la première édition de
la Conférence Internationale de la Justice, tenue à Marrakech du 02 au 04 Avril 2018, le Roi a adressé
des messages forts interpellant les magistrats sur la ​probité, l’indépendance et la transparence du

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climat des affaires.​ L’un des messages phares de la lettre royale a porté sur l’impératif d’accroître la
confiance en la justice. L’importance que le souverain consacre à ce dossier s’exprime à travers un
passage fort du discours : « ​Garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, nous veillons tout
particulièrement à ce que ce principe constitutionnel soit placé au service des citoyens, au service du
développement et au service de l’Etat ; les magistrats principaux acteurs de la réforme sont
particulièrement interpellés ». ​Le Roi a rappelé : « ​qu’il est du devoir du juge de se plier aux exigences
d’indépendance et d’intégrité et de se prémunir contre toutes formes d’influence aux tentations sous
peine de tomber sous le coup d’une procédure disciplinaire ou pénale ». L​ e message souligne que : «
le principe a ainsi créé un droit pour les justiciables et un devoir pour les magistrats. ».​ Le juge est
ainsi appelé à ne fonder ses décisions : ​« que sur les règles de droit et statuer exclusivement en son
âme et conscience guidée par ses seules convictions… et rendre la justice dans des délais
raisonnables ». L​ e nom de l’entreprise figure aussi au coeur des préoccupations royales et ce en les
termes suivants : « ​la sécurité juridique et judiciaire doit être assurée pour améliorer le climat des
affaires, donner aux investisseurs une impulsion vigoureuse et contribuer en définitive au
développement du pays​ ».
Au niveau de l’axe de l’​efficience​, le bilan de 2018 des tribunaux traduit un​ impact positif des
nouvelles réformes entrées en vigueur​. C’est ainsi que 2 901 975 dossiers ont été enregistrés dont
85% attribués aux tribunaux de première instance. Le bilan indique que le total des affaires en cours
de jugement est nettement plus élevé en atteignant 3 566 281 dossiers. S’agissant de la cadence des
jugements, le bilan indique que 147 000 attendent le verdict final. Les tribunaux de commerce ont
été parfaitement actifs au niveau de la cadence et arrivent en tête du tableau avec plus de 88% des
affaires jugées en 2018. S’agissant des 3 cours d’appels commerciales, c’est Casablanca qui arrive en
tête avec 6614 affaires jugées. Quant aux ​délais de jugement​, ils varient de 166 jours pour les
juridictions commerciales à 330 jours pour les juridictions d’appel. Il est à noter que le ​suivi à
distance des affaires en cours de jugement​, n’a pas encore donné l’effet escompté. C’est ainsi qu’en
2017, 47% des parties aux litiges ont pu suivre à distance, le cours de leur dossier, ce pourcentage
est tombé à 38% en 2018. Pour améliorer l’efficacité de l’accès à la justice , ​33 nouvelles juridictions
ont été créées en 2016/2017 et 10 ont été programmées dans la loi de finance 2019. ​L’ouverture de
l’année judiciaire​ 2019​, a été marquée par un ​réquisitoire à l’égard du Ministère de la Justice​. Lors
de la séance d’ouverture du 30 Janvier 2019 au siège de la Cour de Cassation à Rabat, les points de
discorde ont été ouvertement exprimés, le Premier Président de la Cour de Cassation n’a pas
manqué de poser la problématique de la formation et du recrutement des magistrats qui est
toujours sous la supervision du Ministère de la Justice. Il a considéré qu’il n’est pas besoin de
techniciens de droit, mais de personnalité de magistrat, de son éthique, sa formation, son audace et
son indépendance. A cet effet, il a rappelé que des solutions sont attendues, notamment par le
remplacement du Président de l’Institut Supérieur de la Magistrature qui est dirigé actuellement par
le Ministre de la Justice​, il a plaidé que cette présidence revienne au Conseil Supérieur du Pouvoir
Judiciaire qui dispose de cette prérogative de par la Constitution. Cette solution est partagée par le
chef du parquet, qui estime que des blocages sont rencontrés notamment au niveau de la formation
continue des procureurs au cours de l’année. De plus, il a souligné ​le déficit important du nombre
des procureurs​ en notant qu’en 2018, seuls 30 magistrats ont été nommés et affectés au parquet
alors que le besoin s’élève à 400 procureurs et procureurs généraux. Enfin, il a plaidé pour
l’accélération des textes réglementaires pour la mise en oeuvre de la loi organique de 2016 s​ ur le
statut des magistrats et qui a institué en leur faveur des indemnités diverses. Il a conclu que
l’indépendance du pouvoir judiciaire ne sera complète que par la ​réalisation de l’indépendance
financière et matérielle des juridictions​. Enfin, le chef du parquet a regretté que le ​Ministère Public

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ne contrôle pas les réseaux informatiques ​utilisés par le parquet et ne dispose même pas des
statistiques judiciaires.
Dans l’attente de la finalisation et de l’entrée en vigueur de l’ensemble des textes et surtout du Code
de procédure civile intégrant les effets de ces réformes avec les nouvelles orientations, la procédure
civile demeure régie par le Code de procédure civile en vigueur tel qu’il a été remanié. ​Ce Code est
composé de 528 articles répartis en 10 titres :
➢ Titre I - Les dispositions préliminaires et le rôle du Ministère Public
➢ Titre II - La compétence des juridictions au niveau matériel et territorial
➢ Titre III - Les procédures devant les juridictions de première instance
➢ Titre IV - Les procédures en cas d’urgence et à l’injonction de payer
➢ Titre V - Les procédures spéciales
➢ Titre VI - Les procédures devant la Cour d’appel et devant les chambres d’appel de première
instance
➢ Titre VII - Les procédures devant la Cour de Cassation
➢ Titre VIII - La rétractation
➢ Titre IX - Les voies d’exécution
➢ Titre XX - Quelques dispositions générales
Le​ Conseil du Gouvernement du 19 Février 2016​ a adopté un ​projet de loi n°38.15 relatif à
l’organisation judiciaire du Royaume,​ ce projet de loi intervient dans le cadre du chantier globale de
la réforme de la justice, il insiste en particulier sur le​ renforcement des droits des justiciables​ en
prévoyant notamment le principe de bénéficier de l​’assistance judiciaire​ et de percevoir des
dommages et intérêts en cas d’erreur judiciaire.​ Aussi, il a accordé une importance à l’​exécution des
jugements et des procédures​ auprès des tribunaux de manière à garantir un procès équitable ainsi
que le respect des droits de la défense et le prononcé du jugement dans un délai raisonnable. Le
projet de loi prévoit également des dispositions tendant à faciliter l’​accès à l’information juridique et
judiciaire​ en permettant aux justiciables de suivre leur procédure à distance dans le respect des
données personnelles des individus et de l’emploi d’un langage accessible. S’agissant des règles de
fonctionnement des instances judiciaires, le projet met l’accent sur la nécessité d’un
fonctionnement régulier des tribunaux​ permettant d’assurer la ​continuité des services et la tenue
des audiences​. Il confirme la ​langue arabe​ comme langue de plaidoirie devant les tribunaux et de
formulation des jugements tout en tenant compte des dispositions constitutionnelles relatives à la
mise en oeuvre du caractère officiel de la ​langue amazigh.​ Le projet de loi met l’accent sur la
nécessité de ​motiver les jugements​ qui ne doivent être prononcés qu’après leur rédaction complète.
Par ailleurs, les jugements doivent consigner l’avis divergent d’un juge dans l’exposé des motifs afin
de mieux déterminer les​ responsabilités​ dans le cas où celles-ci sont engagées par suite d’​erreur
judiciaire​. Quant à l’​organisation interne des tribunaux​, le projet élargit le rôle de l’Assemblée
générale du Tribunal en imposant un certain nombre de ​nouveautés dans la gestion administrative
des tribunaux​. C’est ainsi qu’il instaure l’unification des greffes au niveau du Tribunal, la création de
la fonction de Secrétaire Général du Tribunal chargé de la gestion administrative de la juridiction
avec la mise en place d’un mécanisme de coordination générale. Par ailleurs, en ce qui concerne les
composantes des tribunaux, le projet de loi ​supprime les chambres d’appel au sein des tribunaux
de première instance​ et institue la possibilité de créer par décret après consultation du Conseil
Supérieur du Pouvoir Judiciaire, des sections spécialisées en matière de justice commerciale et
administrative. Il a également élargi le principe du juge unique dans le domaine dans la famille pour
inclure notamment les affaires de divorce par consentement mutuel, la pension alimentaire et

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l’indemnité pour la garde des enfants. Enfin, le projet élargit le domaine d’application de la justice
collégiale au sein des tribunaux de première instance en incluant les affaires correctionnelles.

Les caractéristiques de la procédure civile :

1. La procédure civile est essentiellement une ​procédure de type inquisitoire​. Dans le cadre de
la procédure de type accusatoire, les parties et leurs mandataires ont la direction du procès
en ce sens qu’elles ont l’initiative de son déclenchement et peuvent le conduire jusqu’à son
terme, c’est notamment le cas du système français ou le juge apparaît comme un arbitre
passif dont le rôle se limite à rendre le jugement qui tranche le litige. En revanche, la
procédure civile marocaine est une procédure de type inquisitoire, en ce sens que le procès
est dirigé non par les parties et leurs mandataires mais par le juge lui-même. Ce caractère se
traduit dans l’institution du juge rapporteur, aussi bien devant les tribunaux de première
instance, les tribunaux administratifs et de commerce ainsi que devant la Cour de Cassation.
(article 334 du code de procédure civile) Toutefois, un praticien de droit a noté que faute de
moyens matériels et humains suffisants, le juge n’est pas toujours en mesure de se
consacrer entièrement au rôle véritable consistant à instruire et à juger l’affaire. En
conséquence, il se borne souvent à insister passivement à l’échange ininterrompu des
conclusions entre les parties. De ce fait, certains traits caractéristiques de la procédure
accusatoire ne sont donc pas totalement absents.
2. La procédure civile est un​ droit servant et sanctionnateur​ : contrairement au droit civil, la
procédure civile n’est pas un droit substantiel mais un droit sanctionnateur qui n’a pour
objectif que la réalisation des droits subjectifs substantiels. En conséquence, la procédure
n’est donc pas une fin en soi, mais elle sert les droits substantiels. Du fait de son rôle
d’auxiliaire aux droits substantiels, la procédure civile dépend de ce dernier et n’existe que
par lui.
3. La procédure civile est un ​droit indépendant​ : bien qu’au service du droit substantiel, la
procédure civile n’en concerne pas moins en principe son autonomie, comme en témoigne le
fait qu’elle est insérée dans un code spécifique à savoir le Code de procédure civile.
4. La procédure civile est une ​discipline technique érigée en véritable science du procès​ :
considérée traditionnellement comme complexe, trop technique, constituée d’un ensemble
de formalités minutieuses et dissuasives, la procédure civile a progressivement perdu la
réputation négative qu’on lui attribuait à tort, elle est désormais perçue comme une
discipline réellement noble et utile. Pendant longtemps, la matière a été négligée,
notamment dans l’enseignement et souvent apparue comme mineure ou secondaire, la
discipline procédurale est désormais incontournable et traite tant de l’action en justice, de la
compétence, de l’instance, que du jugement et des voies de recours. La connaissance des
droits substantiels se révèle insuffisante à elle seule et il s’avère de plus en plus que la
maîtrise du droit procédural est indispensable pour assurer leur mise en mouvement et leurs
sanctions. C’est avec l’apparition du droit procédural que la matière a acquis ses lettres de
noblesse accédant au statut de science du procès. En outre, la technique procédurale est
étudiée pour elle-même mais également en lien avec la protection des libertés publiques des
justiciables dans le procès.
5. La procédure civile est constituée par des règles procédurales rigoureuses : les règles
procédurales se caractérisent par leur formalisme et leur impérativité.

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➢ Le formalisme des règles procédurales se traduit dans le fait que le procès civil obéit à des
règles rigoureuses. Il impose aux justiciables des délais pour agir que ce soit diligenter une
action en justice ou exercer des voies de recours ou constituer un avocat devant les
juridictions ou encore pour présenter des conclusions devant les tribunaux pendant la phase
d’instruction. En outre le Code de procédure civile requiert parfois des parties la formulation
de leurs prétentions ou de certaines de leurs demandes dans les écrits. Il les contraint
également à respecter un ordre déterminé dans le développement de leurs arguments de
défense. Le formalisme du procès civil s’impose également au juge qui doit rendre un
jugement écrit en langue arabe comportant un certain nombre de mentions sous peine de
nullité. Le formalisme du procès civil n’est pas fortuit, il est imposé au justiciable et au juge
d’abord pour donner un cadre précis et prévisible à l’action en justice et ensuite pour éviter
l’arbitraire et assurer des garanties aux justiciables.
➢ L​’impérativité​ des règles procédurales constitue la deuxième manifestation de cette rigueur,
elle s’explique par le fait que la justice est un service public et qu’il serait anormal
d’abandonner au justiciable le choix de la juridiction à saisir ou le choix d’une procédure. De
ce fait les règles de procédure civile sont impératives et échappent en principe à la ​volonté
des parties.​ Toutefois, le caractère impératif ne concerne pas toutes les règles de la
procédure civile, seules les règles relatives à l’organisation judiciaire le sont absolument. Les
règles de procédure civile sont applicables sur l’intégralité du territoire marocain. De plus,
lorsque le législateur n’a pas édicté de règles de droit transitoires, les lois de procédures sont
susceptibles de s’appliquer immédiatement aux instances futures et mêmes aux instances en
cours.

TITRE I - L’ACTION EN JUSTICE


Chapitre I - Les règles générales régissant l’action en justice :

Pour qu’une action «​da3oua​ » puisse favorablement aboutir, il est nécessaire qu’elle s’appuie sur un
droit juridiquement reconnu. En droit marocain, il n’existe pas de règles limitant le droit pour une
personne de saisir un tribunal en dehors des conséquences d’un éventuel abus de droit. Il va de soi
que si une action peut effectivement être engagée sans fondement juridique, elle sera vouée à
l’échec. A l’inverse, un droit peut exister sans donner lieu à la mise en oeuvre d’une action, ainsi la
victime d’un léger dommage pourra juger utile d’en poursuivre le responsable, il en résulte que le
droit est indépendant de l’action proprement dite. Quant à la demande «​talab» ​ , elle constitue l’acte
par lequel l’action est effectivement engagée. Elle diffère toutefois de l’action elle-même, puisque
son introduction n’épuise pas nécessairement la faculté d’exercice de l’action par le demandeur.
Ceci a d’ailleurs des conséquences pratiques, une demande tendant à la reconnaissance d’un droit
rejetée pour insuffisance de pièces justificatives ou déclarée irrecevable pour des raisons de forme
peut être à nouveau formulée et accueillie si elle est par la suite régulière et assortie des justificatifs
requis. Par contre si le tribunal a examiné le fond de la contestations qui lui est soumise, et s’il a
rendu une décision sur le fond, l’action ne peut plus être valablement exercée par application de la
règle de l’autorité de la chose jugée.​ Une autre conséquence de la distinction entre action et
demande apparaîtra en matière de désistement. Le ​désistement ​sur l’action met fin définitivement
aux prétentions du demandeur. En revanche, si ce dernier s’est désisté seulement sur sa demande
sans renoncer à son action, il pourra éventuellement introduire ultérieurement une nouvelle

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instance. Toutes les actions obéissent à des règles communes qui s’imposent aussi bien aux
magistrats qu’aux plaideurs.
➢ S’agissant des magistrats il y a lieu de rappeler un principe juridique fondamental selon
lequel le juge ne peut être dispensé de juger ou de rendre une décision, ainsi​ toute affaire
devant une juridiction doit donner lieu à une décision​. Cependant, en cas de désistement et
s’il n’y a pas d’opposition, l’affaire est radiée et mention de cette radiation est portée au
registre des audiences. De plus, le Code de procédure civil impose pour le juge saisi de
statuer dans les limites fixées dans les demandes des parties et ne peut modifier d’office ni
l’objet, ni la cause de ces demandes. Il doit toujours statuer conformément aux lois qui
régissent la matière même si l’application de ces lois n’est pas requise par les parties. Par
ailleurs, le Code de procédure civile interdit à un magistrat de connaître en appel ou en
cassation une affaire dont il a déjà eu connaissance dans une juridiction de degré inférieur.
➢ Quant aux plaideurs, ils sont tenus d’exercer leurs droits selon les règles de bonne foi
conformément à ​l’article 5 du Code de procédure civile​. La jurisprudence de la Cour de
Cassation est constante dans l’application de ce principe. Dans un ​arrêt du 06 Octobre 1999​,
elle a considérée que l’engagement de l’action devant un Tribunal du territoire d’un lieu
autre que le domicile réel du défendeur afin de priver ce dernier de son droit de recours est
contraire au principe de bonne foi institué par l’article 5 du Code de procédure civile et que
ce moyen a une relation étroite avec le principe des droits de la défense et constitue une
règle de fond. Dans un autre arrêt de la Cour Suprême du ​26 Octobre 2005​, il a été jugé que
constitue ​une violation du principe de bonne foi​, le fait pour une femme d’avoir sollicité la
convocation de son mari dans une adresse autre que celle de son domicile réel qu’elle savait
parfaitement qu’il se situait en Hollande et sur lequel elle avait déjà entamée une action
auparavant. L’avant projet du Code de procédure civile a institué des sanctions pour non
respect de la condition de bonne foi, ainsi il a prévu qu’il sera prononcé à l’encontre de toute
personne qui exerce ses droits de mauvaise foi une amende versée au profit de la trésorerie
générale allant de 500 à 5000 dirhams et ce en plus du dédommagement demandé par la
partie lésée.
Section I - Les conditions de l’exercice de l’action :
L’action en justice peut être librement exercée du fait de l’absence d’une disposition de la procédure
marocaine faisant obstacle à ce qu’un Tribunal soit saisi par toute personne sur une prétention de
quelque nature que ce soit. En particulier, la nationalité du demandeur ne constitue pas une
condition de l’action. De même, ce dernier ne devra pas en principe fournir une caution garantissant
le paiement des frais et des dommages en cas de rejet de ses prétentions. Sous réserve du paiement
préalable de la taxe judiciaire, l’accès aux tribunaux est entièrement libre, mais l’action en justice ne
sera recevable que si celui qui l’exerce justifie de la réunion d’un certain nombre de conditions.
L’article premier du Code de procédure civile énumère ces conditions en précisant que : «​ Seules
peuvent ester en justice les personnes qui ont qualité, capacité et intérêt pour faire valoir leurs droits.​
», ces trois conditions à caractère d’ordre public (aucune dérogation n’est permise). Le juge relève
d’office le défaut de la qualité ou de capacité ou d’intérêt ou le défaut d’autorisation lorsque celle-ci
est exigée. Il met en demeure, la partie pour régulariser la situation dans un délai qu’il fixe. Si la
régularisation intervient, l’action est considérée comme valablement engagée, dans le cas contraire,
le juge déclare l’action irrecevable. La jurisprudence est constante dans l’application de ces règles,
de plus elle considère que le défaut de l’une de ces conditions peut-être invoqué à tout moment de
la procédure. L’avant projet du Code de procédure civile a donné à cette jurisprudence une assise

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légale en précisant que le défaut de l’une de ces conditions peut être invoqué à tout moment de la
procédure aussi bien en première instance qu’en appel.
Paragraphe Ier - La qualité :
La qualité est le titre qui autorise une personne à exercer en justice le droit qu’elle veut faire
reconnaître ou sanctionner​. Celui qui exerce une action doit justifier qu’il est lié par un rapport de
droit avec celui qu’il poursuit. Ce rapport doit être entendu au sens large, qu’il s’agisse d’un lien
contractuel, quasi-contractuel, délictuel ou quasi-délictuel. La Cour de cassation a jugée dans un
arrêt du 26 Avril 2012,​ que le changement de dénomination d’une société ne constitue pas la
création d’une entité juridique nouvelle dès lors que les associés, personnes physiques sont
demeurés identiques. De ce fait, le changement de dénomination ne constitue pas un défaut de
qualité dans le conflit se déroulant devant la justice. En revanche dans un arrêt de la Cour Suprême
du ​28 Mai 2008,​ il a été jugé que l’appel interjeté à l’encontre d’une personne dont il a été établi
qu’elle était décédée en cours de première instance, était dirigé contre une personne privée de la
qualité juridique. Cependant, bien qu’elle ne soit pas expressément consacré par les textes, l’action
oblique qui permet à un créancier d’exercer les droits de son débiteur négligent s’abstient de faire
valoir est admise par la doctrine et par la jurisprudence marocaine. En revanche, certaines actions
appelées attitrées, ne peuvent être exercées que par une personne déterminée.
Paragraphe II - La capacité :
Il s’agit évidemment de la capacité juridique, elle est appréciée différemment selon qu’il s’agit de
personnes physiques ou de personnes morales. Pour les personnes physiques, le demandeur devra
avoir atteint l’âge de la majorité et ne pas être pourvu d’un tuteur ou d’un administrateur légal. Le
mineur ne pourra pas agir lui-même et devra donc être représenté par son tuteur. L’avant projet du
Code de procédure civile, prévoit la possibilité pour le tribunal d’autoriser un mineur à ester en
justice lorsqu’il est dépourvu d’un représentant légal ou n’a pu être représenté. La capacité
présuppose l’existence juridique du demandeur. Cela signifie que ne sera pas admise une action
exercée au nom d’une personne décédée. S’agissant des personnes morales, le droit d’ester en
justice est subordonné à leur existence en conformité aux règles légales, à savoir, le respect des
règles juridiques de constitution. Il en résulte que la condition juridique n’est pas remplie pour une
association n’ayant aucune existence légale ou une société irrégulièrement constituée. Quant aux
personnes morales de droit privé en cours de constitution et particulièrement les associations, la
jurisprudence a eu l’occasion de statuer sur leur situation. Dans un jugement du tribunal
administratif de Rabat en date du ​22 Juillet 2014​, il a été considéré qu’une association qui ne
dispose pas du récépissé provisoire n’est pas autorisé d’agir en justice du fait qu’elle ne dispose pas
de la capacité juridique qui lui attribue cette qualité. En l’espèce, l’association dénommée «​ La
Liberté Maintenant Commission de la défense de la liberté de la presse et d’expression au Maroc​ »
s’est vue refuser le dépôt de son dossier de constitution par le responsable du bureau d’ordre de la
Wilaya. Un recours pour excès de pouvoir a été exercé contre la décision de refus du Wali. Le
tribunal administratif a considéré qu’en l’absence de récépissé provisoire du dépôt, la personnalité
morale de l’association n’est pas constituée ce qui l’a prive du droit d’agir en justice. Cette décision
du tribunal administratif de Rabat ne va pas dans le sens de la jurisprudence de la Cour de cassation
qui a décidée dans un arrêt du ​31 Mars 2013​, que le refus de délivrer un récépissé provisoire de
dépôt de constitution d’une association, constitue un ​excès de pouvoir justifiant la sanction​. Enfin
pour les personnes morales de droit public, elles sont soumises à une tutelle administrative et ne
peuvent exercer d’action qu’avec l’autorisation de leur autorité de tutelle.
Paragraphe III - L’intérêt :
Cette condition est souvent exprimée par l’adage : « ​pas d’intérêt, pas d’action ​». Il est à noter

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qu’avant le Code de procédure civile de 1974, cette condition était exigée uniquement par la
jurisprudence du fait qu’elle n’était pas expressément prévue dans les textes. Désormais l’article 1er
du Code de procédure civile du 28 septembre 1974 donne à cette condition un fondement légal.
L’intérêt peut être matériel ou moral. Par ailleurs, il doit être également direct et personnel.
L’application de ces règles peut présenter des difficultés lorsqu’il s’agit de demander la réparation
d’une atteinte portée à des intérêts professionnels collectifs. A cet égard, ​l’article 10 du Dahir du 16
Juillet 1957 é​ nonce que les syndicats peuvent devant toutes les juridictions exercer tous les droits
réservés à la partie civile relatifs aux faits portant un préjudice direct ou indirect à l’intérêt collectif
de la profession qu’ils représentent. Cette disposition met en relief la condition essentielle de
recevabilité de l’action du syndicat car c’est l’intérêt collectif de la profession qui doit être lésé et
non celui individuel d’un membre de cette profession. Aussi l’intérêt doit être légitime, ainsi la Cour
de cassation a -t-elle décidée que lorsqu’une convention à une cause contraire aux bonnes moeurs,
les contractants qui y ont sciemment participé ne sont pas recevables à fonder sur elle une action
pour obtenir soit l’exécution soit la réparation du préjudice qui découle de son exécution. Le principe
est qu’un intérêt simplement éventuel ne suffit pas à fonder une action, mais ce principe n’est pas
absolu. La loi accorde dans certains cas, la possibilité au titulaire de droit qui peut n’être éventuel de
saisir les tribunaux. Il est possible d’obtenir en référé la désignation d’un expert pour faire procéder
à des constatations et évaluer un préjudice même si les droits de celui qui aller ce préjudice ne sont
que éventuels. Cette faculté est d’ailleurs consacrée par le ​Dahir du 02 Octobre 1984​ relatif à la
réparation des accidents de la circulation. Dans tous les cas il s’agit en réalité de conserver des
éléments de preuve qui pourraient avoir disparus au moment ou le droit prendrait effectivement
naissance. L’avant-projet du Code de procédure civile, a donné aux évolutions jurisprudentielles une
assise légale, ainsi un article 1-2 a été ajouté à l’article 1er précisant que l’intérêt doit être réel et
légitime. Toutefois un intérêt éventuel peut fonder une action lorsque l’objet de la demande tend à
prévenir un danger imminent et qu’il y a des craintes sur la disparition des preuves le justifiant.
Section II - Classification des actions :
Traditionnellement les actions sont classées selon la nature de leur objet. C’est dans ce sens que l’on
distingue des actions réelles, personnelles ou mixtes d’une part, les actions mobilières ou
immobilières d’autre part et les actions possessoires et pétitoires en dernier lieu.
Paragraphe Ier : Les actions réelles, personnelles et mixtes :
L’action est dite réelle lorsqu’elle a pour objet la reconnaissance d’un droit réel, ainsi l’action du
demandeur qui revendique un objet perdu ou volé est une action réelle puisque son aboutissement
consacre son droit de propriété sur cet objet. De même l’action tendant à la reconnaissance d’un
droit de propriété ou d’un droit réel tel qu’un usufruit, une servitude, une hypothèque sur un
immeuble déterminé. En revanche l’action relative à un droit personnel ou à un droit de créance est
qualifiée d’action personnelle, c’est le cas d’une action en divorce ou de paiement d’une pension
alimentaire ou en dommages et intérêts pour l’indemnisation d’un préjudice ou en remboursement
d’une dette. L’action mixte est celle qui a pour objet d’obtenir à l’encontre d’une personne
l’exécution d’une obligation qui se traduira par le transfert d’un droit réel au profit du demandeur.
La distinction entre ces différentes catégories d’actions a des intérêts multiples notamment pour la
détermination de la compétence territoriale de la juridiction. S’il s’agit d’une action réelle , le
tribunal compétent sera celui du lieu de la situation de la chose. En cas d’action personnelle, la
compétence territoriale appartient au tribunal du domicile du débiteur sauf exceptions prévues par
la loi. Enfin, en cas d’action mixte, ce sera l’un ou l’autre des deux tribunaux au choix du demandeur.
Un autre intérêt réside dans le fait que l’action personnelle ne peut être exercée qu’à l’encontre du

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débiteur de l’obligation. En revanche, l’action réelle, notamment l’action en revendication de
meubles perdus ou volés, peut être dirigée contre tout détenteur de la chose.
Paragraphe II - Les actions mobilières et immobilières :
Les actions mobilières sont celles qui ont pour objet d’obtenir la sanction d’un droit de créance ou
d’un droit sur un bien mobilier. Les actions immobilières ont pour objet la reconnaissance d’un droit
immobilier, c’est le cas notamment le cas de l’action tendant à faire juger qu’un droit de préemption
sur un immeuble a été valablement exercé ou l’action en partage d’un immeuble. L’intérêt de la
distinction, est fondé principalement sur la détermination de la compétence territoriale. L’action
immobilière doit être introduite devant le tribunal du lieu de la situation de l’immeuble alors que
l’action mobilière relève de la compétence du tribunal du domicile du défendeur sauf exceptions
prévues par la loi.
Paragraphe III - Les actions possessoires et pétitoires :
Parmi les actions réelles immobilières une dernière distinction permet d’opposer l’action pétitoire et
l’action possessoire. La première permet de constater la propriété d’un bien immobilier par une
action judiciaire en revendication, c’est au juge qu’il revient de déterminer le titulaire de tels droits
réels sur un immeuble. La seconde a pour objet d’assurer la protection du possesseur d’un bien
contre les troubles de cette possession.

TITRE I - L’ACTION EN JUSTICE


Chapitre II - La compétence :

En terminologie judiciaire, la compétence d’une juridiction peut se définir comme le pouvoir qu’il lui
est reconnu par la loi de juger le litige qui lui est soumis, le législateur a institué des règles générales
qui s’imposent à toute les juridictions civiles, commerciales, administratives... Ainsi, sauf dispositions
légales contraires, il est interdit aux juridictions de connaître même accessoirement de toute
demande tendant à entraver l’action de l’administration, de l’Etat et autres collectivités publiques ou
à faire annuler un de leur actes conformément à​ l’article 25 du Code de procédure civile​. Ce principe
n’est tenu en échec qu’en matière de voie de fait. L’administration ne saurait se faire justice
elle-même sans commettre une voie de fait que le juge des référés est compétent pour faire cesser.
Il est à noter que les​ dispositions de l’article 25 du Code de procédure civile​ n’ont pas été reprises
dans l’avant-projet du Code de procédure civile. En revanche, l’avant-projet a maintenu le principe
interdisant aux juridictions de se prononcer sur la constitutionnalité de la loi, une telle compétence
est dévolue à la Cour Constitutionnelle en vertu de​ l’article 133 du Dahir du 29 Juillet 2011 p ​ ortant
promulgation de la Constitution du 30 Juillet 2011. Cet article dispose expressément que la Cour
Constitutionnelle est compétente pour connaître d’une exception d’inconstitutionnalité soulevée au
cours du procès lorsqu’il est soutenu par l’une des parties que la loi dont dépend l’issue du litige
porte atteinte aux droits et libertés garanties par la Constitution. Une loi organique fixe les
conditions et les modalités d’application de cette disposition. Enfin, il y a lieu de préciser que sous
réserve des dispositions de l’article 149 du Code de procédure civile, chaque juridiction connaît des
difficultés relatives à l’interprétation ou à l’exécution de ses jugements ou arrêts et notamment
celles relatives aux frais exposés devant elle. Il est à souligner, que ne peuvent faire l’objet d’appel
les décisions rendues en matière d’interprétation ou d’exécution des jugements sauf si les jugements
intervenus dans les instances principales étaient eux-mêmes susceptibles d’appel. Sous réserve de
l’observation de ces règles, lorsqu’une personne est amenée à saisir la justice d’un litige, elle doit

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tout d’abord rechercher la nature de la juridiction à laquelle elle doit s’adresser, et eu égard à l’objet
de la contestation, son choix va s’opérer en fonction des règles de compétences dites d’attribution.
Elle devra ensuite déterminer, parmi les différents tribunaux du même type répartis
géographiquement dans le pays lequel doit être choisi de préférence à un autre, ce sont les règles de
compétence dites territoriales qui leur permettront de faire ce choix.
Section I - La compétence d’attribution :
Paragraphe Ier - Compétence de première instance :
Sous réserve de la compétence spéciale attribuée aux sections de la justice de proximité, le tribunal
de première instance connaît de toutes les affaires civiles, de famille, commerciales, administratives
et sociales soit en premier ou dernier ressort soit à charge d’appel. Cette compétence est d’ordre
public car l’article 18 alinéa 2 du Code de procédure civile dispose que : « il est également
compétent nonobstant toute disposition contraire même au cas ou une loi spéciale aurait dévolue la
connaissance d’une catégorie d’affaires à une autre juridiction ». La détermination de la compétence
en raison de la nature doit être appréciée à la lumière de celle des tribunaux de commerce définis
par les articles 5 à 9 de la loi 53-95 et des tribunaux administratifs tel que prévu par l’article 8 du
Dahir portant promulgation de la loi 41-90 du 10 Septembre 1993. Il est à signaler que parallèlement
au tribunal de première instance, le Président de ce tribunal dispose d’une compétence spéciale
pour ordonner certaines mesures ou statuer dans certaines matières. Il est à noter que le taux de la
compétence en dernier ressort est déterminé uniquement par le montant de la demande tel qu’il
résulte des dernières conclusions du demandeur et ce à l’exception des frais de justice, des intérêts
moratoires, des astreintes et des amendes fiscales. Pour les litiges à valeur indéterminée, la décision
est rendue en premier ressort. Quant aux litiges à valeur déterminée, il y a lieu de distinguer selon
que la demande déterminée est unique ou multiple. S’il s’agit d’une demande unique, le tribunal de
première instance est compétent en premier ressort à charge d’appel devant les chambres d’appel
des tribunaux de première instance pour les demandes jusqu’à la valeur de 20 000 dirhams. Et en
premier ressort et à charge d’appel devant les cours d’appel pour les demandes de valeur supérieure
à 20 000 dirhams. L’avant projet du Code de procédure civile établit une distinction selon les
tribunaux et la nature des affaires. Pour les tribunaux de première instance, le taux de compétence
en dernier ressort est abaissé à 5000 dirhams, au delà de cette somme l’affaire est jugée en premier
ressort. Au cas ou le tribunal de première instance ne comporte pas de sections commerciales, ou ne
se trouve pas dans le ressort d’une juridiction commerciale, il est habilité à statuer sur les affaires de
nature commerciale en premier ressort et à charge d’appel lorsque la valeur est inférieure à 20 000
dirhams.
S’agissant des demandes multiples, lorsque dans une même instance, plusieurs demandes sont
formulées par le demandeur contre le même défendeur, la décision est prononcée à charge d’appel
si leur valeur globale dépasse le taux du dernier ressort alors même que l’une de ces demandes
serait inférieur à cette somme. La demande formulée par plusieurs demandeurs ou contre plusieurs
défendeurs collectivement et en vertu d’un titre commun est jugée en dernier ressort si la part
afférente à chacun des demandeurs ne dépasse pas le taux du dernier ressort. En revanche, elle est
jugée pour le tout en premier ressort si la part d’un des intéressés excède cette somme. Toutefois,
ces dispositions ne sont pas applicables en cas de solidarité, soit entre les demandeurs soit entre les
défendeurs ou lorsque l’objet du litige est indivisible. Le tribunal connaît de toutes les demandes
reconventionnelles ou par compensation ou qui par leur nature ou valeur sont dans les limites de sa
compétence. Lorsque chacune des demandes principales reconventionnelles ou en compensation
dans les limites de sa compétence en dernier ressort, il se prononce sans qu’il y ait lieu à appel. Si

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l’une des demandes n’est susceptible d’être jugée qu’à charge d’appel, le tribunal se prononce sur
toutes les demandes qu’en premier ressort.
A. Compétence des tribunaux sociaux :
En matière sociale, le Tribunal de première instance est compétent pour connaître des litiges
suivants :
- Les contestations individuelles relatives aux contrats de travail ou d’apprentissage et les
différends individuels en relation avec le travail ou l’apprentissage;
- La réparation des demandes résultant des accidents de travail et maladies professionnelles;
- Les contestations auxquelles peut donner lieu l’application des législations et
réglementations sur la sécurité sociale.
Le juge statue en ​dernier ressort​ dans la limite de la ​compétence du Tribunal de première instance
fixée à 20 000 dirhams​ et à​ charge d’appel​ si la demande est d’une valeur supérieure ou si son taux
est indéterminé. Toutefois, il statue seulement en ​premier ressort​ en matière d’​accidents de travail
et de maladies professionnelles a​ insi que des ​pensions servies au titre de la sécurité sociale​ à
l’exception des contestations relatives à l’application des astreintes prévues par la législation sur les
accidents de travail et les maladies professionnelles qui sont jugées en ​dernier ressort​ ​même si les
demandes sont indéterminées.​ Il est à noter que les dispositions relatives aux demandes
reconventionnelles sont identiques à celles précisées précédemment. Enfin, il y a lieu de préciser
que les contestations et les différends individuels relatifs aux contrats de travail et d’apprentissage
ou en relation avec ceux-ci doivent faire l’objet d’une seule demande à peine d’être déclarés non
recevables. Toutefois, l’irrecevabilité peut être écartée si le demandeur peut justifier que les causes
des demandes nouvelles ne sont nées à son profit et non été connues de lui que postérieurement à
l’introduction de la première demande. Par ailleurs, demeurent recevable les demandes nouvelles
qui sont formées avant que la demande originaire soit définitivement jugée, auquel cas elles doivent
être jointes à la première demande pour qu’il soit statué sur l’ensemble des demandes par un seul et
même jugement. Il est à noter que l’avant-projet du Code de procédure civile prévoit la suppression
de cette dernière disposition.
B. Compétence des tribunaux de commerce :
Quant à la compétence matérielle des tribunaux de commerce, elle est déterminée par les ​articles 5
à 9 de la loi 53.95​ instituant des juridictions de commerce promulguée par le​ Dahir du 12 Février
1997​ tel que modifié et complété. C’est ainsi que les tribunaux de commerce sont compétents dans
les domaines suivants :
● Les actions relatives aux contrats commerciaux;
● Les actions entre commerçants à l’occasion de leur activité commerciale;
● Les actions relatives aux effets de commerce;
● Les différends entre les associés d’une société commerciale;
● Les différends relatifs aux fonds de commerce.
Le commerçant peut convenir avec le non commerçant d’attribuer compétence au tribunal de
commerce pour connaître des litiges pouvant les opposer à l’occasion de l’exercice de l’une des
activités du commerçant. On notera également que les parties pourront convenir de soumettre les
litiges à la ​procédure d’arbitrage et de médiation​ conformément aux dispositions des​ articles 306 à
327-70 du Code de procédure civile​. ​Sont exclus de la compétence des tribunaux de commerce, les
affaires relatives aux accidents de la circulation​. Il est à noter que les tribunaux de commerce sont
compétents pour connaître des demandes dont le ​principal excède la valeur de 20 000 dirhams​. Ils
connaissent également toutes les ​demandes reconventionnelles ou en compensation q ​ uelle qu’en
soit la valeur. Le tribunal de commerce peut allouer une provision lorsque la créance est établie et

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qu’elle ne fait pas l’objet d’une contestation sérieuse et ce à condition de fournir des garanties
réelles ou personnelles suffisantes. Par ​dérogation a​ ux dispositions de ​l’article 17 du Code de
procédure civile,​ le tribunal de commerce doit statuer sur l’exception d’incompétence en raison de
la matière dont il est saisi par jugement séparé dans un​ délai de 8 jours.​ Le jugement relatif à la
compétence peut faire ​l’objet d’un appel ​dans un​ délai de 10 jours à compter de la date de sa
notification.​ Le greffe est tenu de transmettre le dossier à la Cour d’appel de commerce le jour
suivant celui du dépôt de la requête d’appel. La Cour statue dans un​ délai de 10 jours à compter de la
date ou le dossier parvient au greffe​. Lorsque la Cour d’appel de commerce statue sur la
compétence, elle transmet d’office le dossier au tribunal compétent. Le greffe est tenu de
transmettre le dossier au tribunal compétent dans un​ délai de 10 jours à compter de la date où
l’arrêt a été prononcé​. L’arrêt de la Cour n’est susceptible d’aucun recours ordinaire ou
extraordinaire. Enfin, il est à noter que le tribunal de commerce est compétent pour connaître de
l’ensemble des litiges commerciaux qui comportent un objet civil.
C. Compétence des tribunaux administratifs :
S’agissant de la compétence matérielle des tribunaux administratifs, elle est définie par les ​articles 8,
9, 20 et 44 de la loi 41.90​ instituant les tribunaux administratifs promulgués par le​ Dahir du 10
Septembre 1993 ​tel que modifié et complété. En vertu de cette loi, les tribunaux administratifs sont
compétents pour juger en premier ressort des actions suivantes :
● Les recours en annulation pour excès de pouvoir formés contre les décisions des autorités
administratives;
● Les litiges relatifs aux contrats administratifs;
● Les actions en réparation des dommages causés par les actes ou les activités des personnes
publiques à l’exclusion toutefois de ceux posés sur la voie publique par un véhicule
quelconque appartenant à une personne publique;
● Des litiges nés à l’occasion de l’application de la législation et de la réglementation des
pensions et du capital décès des agents de l’Etat, des collectivités locales, des établissements
publics, du personnel de l’administration de la Chambre des représentants et de la Chambre
des conseils;
● La législation et la réglementation en matière électorale;
● La législation et la réglementation fiscale;
● La droit de l’expropriation pour cause d’utilité publique;
● Les actions contentieuses relatives au recouvrement des créances du trésor;
● Les litiges relatifs à la situation individuelle des fonctionnaires et agents de l’Etat et
collectivités locales, établissements publics, des fonctionnaires de la Chambre des
représentants et de ceux de la Chambre des conseils.
Les sanctions de non respect des règles de compétence d’attribution :
Il est à noter que l’incompétence en raison de la matière peut-être prononcée d’office par le juge du
premier degré. Toute exception d’incompétence doit être soulevée par les parties avant toute autre
exception ou moyen de défense, c’est dans ce sens qu’a statué la ​Cour Suprême​ notamment dans un
arrêt du 31 Mai 2007,​ elle a considéré que l’exception d’incompétence ne peut être retenue dans la
mesure où il résulte des pièces du dossier qu’elle n’a été évoquée qu’après l’étude du litige au fond.
Aussi, l’exception d’incompétence ne peut être invoquée pour cause d’appel que dans le cadre d’un
jugement rendu par défaut. La ​Cour de Cassation​ a rejeté un moyen tiré de l’incompétence
matérielle évoqué devant elle pour la première fois et ce dans un ​arrêt du 17 Avril 2012.​ Le
demandeur à l’exception est tenu de faire connaître à peine d’irrecevabilité la juridiction devant
laquelle l’affaire doit être portée. Si l’exception est accueillie, le dossier est transmis à la juridiction

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compétente qui se trouve saisie de plein droit et sans frais. Enfin, le tribunal saisi d’une exception
d’incompétence doit statuer sur celle-ci soit par jugement séparé, soit en joignant l’incident au fond.
Paragraphe 2ème - La compétence des Cours d’appel et des chambres d’appel des tribunaux de
première instance :
Sauf dispositions légales contraires, les Cours d’appel connaissent des jugements de ​première
instance ainsi que des appels des ordonnances rendues par leur Président.​ Par ​dérogation​ à cette
disposition, la Chambre d’appel du tribunal de première instance connaît des appels formés à
l’encontre des jugements rendus en premier ressort par les tribunaux de première instance dans la
limite des dispositions du paragraphe Ier de ​l’article 19 du Code de procédure civile​. Il est à rappeler
que l’avant-projet du Code de procédure civile et le projet sur l’organisation judiciaire prévoient la
suppression des Chambres d’appel devant les tribunaux de première instance.
Section II - La compétence territoriale :
On entend par compétence territoriale celle qui ​permet à une juridiction déterminée de statuer
valablement dans les limites du territoire constituant son ressort​. Le ressort géographique de chaque
juridiction est précisé par le​ Dahir relatif à l’organisation judiciaire et les textes d’application du
Dahir.​ La compétence territoriale d’un tribunal saisi d’un litige s’établit à partir de certaines règles
juridiques.
Paragraphe Ier - Principe général de la compétence territoriale :
Il est posé par​ l’article 27 du Code de procédure civile​ selon lequel la compétence appartient au
tribunal du domicile réel ou élu du défendeur. En d’autres termes lorsqu’un litige se produit le
demandeur doit s’adresser à la juridiction du lieu où habite celui qu’il veut assigner.​ L’article 519 du
Code de procédure civile​ donne pour la première fois une ​définition légale de la notion de domicile,​
cette définition est reprise à ​l’avant-projet du Code de procédure civile​ dans son ​article 19​. Il y a
lieu de définir la notion de domicile et de résidence au sens légal et d’envisager par la suite les cas
particuliers d’élection de domicile, d’absence de domicile et de pluralité de défendeurs.
A. Définition et détermination du domicile légal et de la résidence :
Pour une ​personne physique​, le domicile est le lieu où elle a son habitation principale et le centre de
ses affaires et de ses intérêts. Cette définition suppose à première vue la réunion de deux éléments à
savoir, d’une part l’habitation proprement dite et d’autre part le lieu habituel d’exercice de l’activité
professionnelle et patrimoniale. Si la personne a son habitation habituelle dans un lieu et le centre
de ses affaires dans un autre, elle est considérée comme domiciliée à l’égard de ses droits de famille
et de son patrimoine personnel là où elle a son habitation habituelle et à l’égard des droits relevant
de son activité professionnelle là où elle a le centre de ses occupations et de ses intérêts sans
qu’aucune nullité soit encourue par un acte de procédure délivré indifféremment à l’une ou l’autre
adresse. Le domicile de l’​incapable e​ st fixé par ​l’article 621 du Code de procédure civile ​au lieu du
domicile de son tuteur. Quant au ​fonctionnaire public​, son domicile légal est fixé au lieu où il exerce
ses fonctions.
Le domicile se distingue de la résidence qui est définie comme étant « ​le lieu ou la personne se
trouve effectivement à un moment déterminé​ ». Le marocain qui fixe sa résidence principale dans un
pays étranger ne perd pas son domicile au Maroc s’il exerce dans le pays étranger une fonction
officielle qui lui a été conférée par un organisme public marocain ou international. Ce domicile est
soit au ​siège de l’organisme public​ qui l’emploie soit au ​siège de son administration d’origine​ ou s’il
est au service d’un organisme international, le ​département consulaire du Ministère des affaires
étrangères à Rabat.​ Tout étranger peut posséder une résidence au Maroc en se conformant à la
réglementation spéciale régissant le séjour des étrangers au Royaume​. Les règles déterminant le
lieu de son domicile ou de sa résidence sont identiques de celles qui régissent les nationaux. Sauf

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preuve contraire, l’étranger remplissant ces conditions est présumé posséder son domicile ou sa
résidence au Maroc. La présente règle ne s’applique pas à l’étranger qui exerce une fonction
conférée par un organisme national ou international.
S’agissant des ​personnes morales​, et particulièrement des ​sociétés​, leur domicile est fixé en principe
au lieu où se trouve leur siège social sauf dispositions légales contraires.
Qu’il s’agisse de ​personnes physiques ou morales,​ le domicile à considérer est ​celui existant au
moment du dépôt de la requête.​ Un changement ultérieur du domicile du défendeur n’aurait aucune
incidence sur la compétence territoriale du tribunal saisi, ce principe est constamment appliqué par
la jurisprudence.
B. Les cas particuliers :
Les cas particuliers concernent la détermination conventionnelle du domicile, l’absence de domicile
et la problématique de pluralité de défendeurs.
A. L’élection du domicile : ​l’élection du domicile consiste à fixer par convention un domicile
théorique​ qui peut coïncider avec le domicile réel lors de la conclusion de la convention et
qui servira par la suite à la détermination de la compétence territoriale en cas de conflit. Ceci
a pour avantage d’éviter les inconvénients d’un changement ultérieur de domicile et ses
répercussions possibles sur cette compétence territoriale. Selon ​l’article 524 du Code de
procédure civile​, en cas de conflit ​le domicile élu prévaut sur le domicile réel ou le domicile
légal​. Les effets de cette élection de domicile se limite évidemment à l​’objet​ pour lequel elle
a été faite. La question se pose toutefois de savoir si en cas d’élection de domicile, le
demandeur ne peut s’adresser qu’au tribunal du domicile élu et non à celui du domicile réel.
L’utilisation par ​l’article 524 du Code de procédure civile​ du terme « prévaut » semble
impliquer qu’effectivement le demandeur conserve la faculté de saisir le tribunal du domicile
réel. La jurisprudence marocaine s’est prononcée dans ce sens, lorsque le ​l’élection du
domicile a été faite par une partie dans l’intérêt de l’autre partie​, elle constitue pour cette
dernière un ​avantage auquel elle a le droit de renoncer​. Si au contraire elle a été faite dans
l’intérêt réciproque des deux parties , la partie suivante n’a plus l’option entre le domicile
réel et le domicile élu.
B. Absence de domicile : l​ e justiciable peut n’avoir aucun domicile au Maroc. Toutefois s’il
possède une résidence, le ​tribunal compétent sera alors celui de la résidence​. S’il n’a ni
domicile, ni résidence, le principe de ​l’article 27 du Code de procédure civile​ cédera la place
à des considérations plus pratiques et le ​demandeur pourra s’adresser au tribunal du lieu de
son propre domicile​ ou de sa résidence ou de celui d’entre eux s’ils sont plusieurs. Cette
règle permet donc à la partie résidente au Maroc d’obtenir une décision du tribunal
marocain même si son adversaire réside à l’étranger. Alors il faut cependant remarquer que
l’exécution à l’étranger de la décision rendue au Maroc pourra se heurter à des difficultés​. Le
tribunal étranger appelé à autoriser cette décision peut la refuser s’il estime que sa règle de
compétence interne a été violée.
C. Pluralité de défendeurs :​ lorsqu’il y a plusieurs défendeurs, le demandeur peut s’adresser au
tribunal de l’un d’entre eux,​ à la condition toutefois que celui dont le domicile détermine la
compétence n’ai pas été arbitrairement attrait à la procédure pour justifier d’une
compétence qui normalement aurait appartenue à un autre tribunal.
Paragraphe deuxième - Les dérogations au principe :
Le principe de la compétence territoriale du domicile du défendeur comporte un ensemble
d’​exceptions​ qui repose sur des considérations diverses. Ces considérations peuvent aboutir soit à
imposer la compétence unique d’un tribunal déterminé pour des raisons pratiques ou d’ordre public,

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soit à offrir au demandeur un choix entre deux ou plusieurs tribunaux, il y aura alors une ​option de
compétence​. Cette option sera exercée en fonction soit de la situation du demandeur qui mérite une
faveur particulière, soit du lieu de la situation de l’objet du litige soit du lieu de création ou
d’exécution de l’obligation objet de la contestation. Ces dérogations sont précisées par les ​articles
28 et 29 du Code de procédure civile​ qui prévoient soit une ​compétence unique​ soit une ​option de
compétence.​
A. Compétence unique :
En matière immobilière y compris les actions pétitoires ou possessoires, le tribunal compétent est
celui de la situation des biens litigieux. En matière de travaux publics, l’action doit être portée devant
le tribunal du lieu où les travaux ont été exécutés. En matière de contrats dans lesquels l’Etat ou une
autre collectivité publique est partie, la compétence appartient au tribunal du lieu où le contrat a été
signé. En matière d’impôts directs et de taxes municipales, le tribunal compétent est celui du lieu où
l’impôt ou la taxe est dû. En matière de successions, l’action est exercée devant le tribunal du lieu où
la succession est ouverte. En matière de sociétés, le tribunal compétent est celui du lieu du siège
social de la société. La​ loi n°53.95 instituant les juridictions de commerce​ précise que par
dérogation aux dispositions de l’article 28 du Code de procédure civile​, les actions en matière de
sociétés sont portées ​devant le tribunal de commerce du siège social​ de la ​société o ​ u de ​sa
succursale​. En matière d’assurance portant sur des immeubles ou des meubles par nature, la
compétence est attribuée au tribunal du lieu de la situation des objets assurés. En matière de
sécurité sociale, la compétence revient au tribunal du domicile du défendeur, toutefois la
compétence revient ​uniquement au tribunal de Casablanca lorsque le domicile de l’assuré est situé à
l’étranger​. En matière de prévention et de traitement des difficultés de l’entreprise, la compétence
est attribuée au tribunal du lieu du principal établissement du commerçant ou du siège social de la
société. Il est à rappeler que le​ tribunal qui a ouvert la procédure de traitement est compétent
pour toutes les actions qui s’y rattachent​, à cet effet le législateur précise qu’il est considéré
particulièrement comme actions relevant de sa compétence, celles se rapportant à l’administration
de la procédure ou dont la solution requiert l’application d’une procédure de traitement. Lorsqu’il se
révèle que la procédure doit être étendue à une ou plusieurs entreprises par suite de confusion de
leur patrimoine, le ​tribunal initialement saisi reste compétent​.
B. Les options de compétence :
- En matière mixte portant à la fois sur la contestation d’un droit personnel et d’un droit réel,
l’action peut être portée soit devant le tribunal de la situation des lieux des objets ou celui
du domicile ou de la résidence du défendeur.
- En matière de pension alimentaire, le tribunal compétent est celui de la résidence du
défendeur ou du demandeur au choix de ce dernier.
- En matière de prestation de soins médicaux ou de nourriture, l’action peut être exercée soit
devant le tribunal du lieu ou les soins ont été prodigués soit celui du lieu ou la nourriture a
été fournie.
- En matière de réparation de dommages, le tribunal compétent est celui du lieu ou le fait
dommageable s’est produit ou celui du domicile du défendeur au choix du demandeur.
- En matière de fournitures, travaux, locations, louage d’ouvrages ou d’industrie, l’action peut
être portée devant le tribunal du lieu où la convention a été contractée ou exécutée lorsque
l’une des parties est domiciliée à ce lieu à défaut devant le tribunal du lieu du domicile du
défendeur.

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- En matière de contestation relative aux correspondances, objets recommandés, et envois de
valeurs déclarées et colis postaux, le tribunal compétent est celui du domicile de l’expéditeur
ou celui du domicile du destinataire au choix de la partie la plus diligente.
- En matière d’incapacité, d’émancipation, d’interdiction ou de révocation d’un tuteur datif ou
testamentaire, l’action peut être portée devant le tribunal du lieu d’ouverture de la
succession ou celui du domicile des personnes frappées d’incapacité au choix de ces derniers
ou de leur représentant légal. S’ils n’ont pas de domicile au Maroc, l’action peut être portée
devant le tribunal du lieu du domicile du défendeur.
- En toute autre matière commerciale le demandeur peut au choix porter son action soit
devant le tribunal du domicile du défendeur soit devant celui dans le ressort duquel
l’exécution devait être effectuée.
- En matière d’assurances, dans toutes les instances relatives à la fixation et au règlement des
indemnités dues, l’action peut être portée devant le tribunal du domicile ou de la résidence
de l’assuré ou devant le tribunal du lieu où s’est produit le fait dommageable.
- En matière de contrats de travail et d’apprentissage, le tribunal compétent peut être celui du
lieu de la situation de l’établissement lorsque le travail a lieu dans un établissement ou celui
du lieu où l’engagement a été contracté ou exécuté pour le travail en dehors de
l’établissement.
- En matière d’accidents de travail, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel s’est
produit l’accident. Cependant lorsque l’accident s’est produit dans le ressort d’un tribunal
autre que celui dans lequel réside la victime, celle-ci ou ses ayants droits peuvent opter pour
le tribunal de leur résidence. Si l’accident du travail s’est produit hors du Maroc, la
compétence revient au tribunal de la résidence de la victime ou de ses ayants droits.
- En matière de maladies professionnelles, la compétence revient au tribunal de la résidence
du travailleur ou de ses ayants droits. Toutefois lorsque le domicile du travailleur ou de ses
ayants droits est situé à l’étranger, la compétence revient au tribunal du lieu où la
déclaration de la maladie a été déposée.
C. Les demandes complémentaires :
Les ​demandes en garantie​ et ​autres demandes incidentes​, les ​interventions et les demandes
reconventionnelles ​doivent être portées devant le tribunal saisi de la demande principale. Sauf s’il
apparaît au tribunal de toute évidence que la demande initiale a été portée devant lui pour traduire
la partie appelée hors de sa juridiction normale à renvoyer le demandeur à celui pourvoir.
Section III - La prorogation de compétence :
En entend par prorogation de compétence le fait de donner à une juridiction le pouvoir de juger un
litige qui normalement excéderait les limites de sa compétence soit d’attribution soit sa compétence
territoriale. Cette prorogation de compétence peut découler d’une ​décision judiciaire​ lorsque sur
renvoi après cassation, une juridiction autre que celle qui aurait été territorialement compétente
pour statuer est désignée par la Cour de cassation pour trancher à nouveau le litige au fond. Elle
peut résulter aussi d’une ​convention des parties​, celle-ci décide d’un ​commun accord​ de porter un
litige déjà né ou un litige à naître devant une juridiction autre que celle qui devrait normalement
être saisie.​ Il faut distinguer entre la prorogation de compétence d’attribution et la prorogation de
compétence territoriale.
Paragraphe I - La prorogation de compétence d’attribution :
Le principe est que les ​règles de compétence d’attribution sont d’ordre public​ et qu’il n’est​ pas
possible d’y déroger​ par convention. Les parties ne peuvent pas décider de soumettre au tribunal de
commerce ou au tribunal administratif un litige qui relève de la compétence du tribunal de première

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instance en raison de sa nature ou de sa valeur. De même, les parties ne peuvent pas décider de
soumettre directement à la Cour d’appel un litige relevant du tribunal de première instance car on
ne peut déroger à l’ordre normal des juridictions. Enfin on ne peut pas soumettre directement à la
Cour de cassation un litige qui n’a pas été tranché en dernier ressort par le juge du fond.
Paragraphe II - La prorogation de compétence territoriale :
Les clauses de prorogation de compétence concernent principalement la compétence territoriale.
Elles sont souvent utilisées en pratique. On en trouve plusieurs applications particulièrement dans
les ​contrats établis par les sociétés financières​ notamment celles qui pratiquent le crédit à la
consommation et dont les ​services contentieux sont centralisés dans certaines grandes villes.​ Les
clauses de ces contrats attribuent souvent​ compétence au tribunal du lieu du siège social de ces
sociétés ​qui peut ne pas être celui du domicile du défendeur. La question se pose de savoir si le juge
est tenu d’accepter cette prorogation de compétence. Cette question est résolue par différentes
dispositions légales, tout d’abord ​l’article 27 du Code de procédure civile​ selon lequel la
compétence territoriale appartient au tribunal du ​domicile réel ou élu du défendeur,​ ensuite ​l’article
524 du Code de procédure civile​ qui précise lorsqu’il a été fait é​ lection du domicile, ce dernier
prévaut sur le domicile réel ou légal​. Ceci implique nécessairement que la​ prorogation
conventionnelle de compétence territoriale s’impose au juge​, ceci est confirmé par ​l’article 16 du
Code de procédure civile ​au dernier alinéa qui dispose que​ l’incompétence en raison de la matière
peut être prononcée d’office par le juge du premier degré​. A contrario, cela implique que
l’incompétence territoriale ne peut pas être soulevée d’office par le juge​, de ce fait si les ​parties se
sont accordées pour choisir un juge territorial ​autre que celui qui est normalement compétent,
celui-ci ​ne pourra pas soulever d’office son incompétence.​
Section IV - La solution des conflits de compétence :
Les conflits de compétence peuvent surgir à différents stades de la procédure. Un défendeur peut
tout d’abord ​opposer l’exception d’incompétence​, d’autre part il peut y avoir un ​conflit soit positif
soit négatif entre les décisions rendues sur le même litige par des juridictions différentes​ qui se
seraient prononcées en sens contraire sur leur compétence respective.
Paragraphe I - L’exception d’incompétence :
Il y a lieu de distinguer entre l’incompétence d’attribution et l’incompétence territoriale.
La principale différence entre elles réside dans le fait que ​le juge peut soulever d’office
l’incompétence d’attribution sans même qu’une partie l’ait invoquée​. En revanche, ​le juge ne peut
soulever d’office l’incompétence territoriale​. Le dernier alinéa de ​l’article 16 du Code de procédure
civile ​est à cet égard formulé de manière particulière, il dispose que l’​incompétence en raison de la
matière peut être prononcée d’office par le juge du premier degré​. Il résulte d’une ​lecture littérale​ de
cette disposition que l’exception d’incompétence d’attribution ne peut pas être soulevée d’office
devant la juridiction du second degré.​ Il s’agit en réalité d’une hypothèse théorique puisque le litige
ne devrait normalement pas être soumis à la juridiction du second degré mais ​tranché en premier et
dernier ressort par le tribunal de première instance​. Toutefois, la problématique reste posée dans le
cas où un​ tribunal de première instance se déclare incompétent sur une contestation qui ne relève
pas de sa compétence pour des raisons d’ordre public​. C’est notamment le cas s’il statue sur une
demande tendant à annuler un acte de l’administration ou d’une collectivité publique en violation de
l’article 25 du Code de procédure civile​ et si l’incompétence du tribunal n’avait pas été soulevée, la
Cour d’appel puisse néanmoins statuer sur la question sans soulever d’office son incompétence. ​Si
l’incompétence du tribunal n’a pas été soulevée​, la ​Cour d’appel devra statuer sur la question sans
pouvoir soulever d’office son incompétence​.
Paragraphe II - Les règlements des juges :

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Dans des cas très exceptionnels les conflits de compétence peuvent aboutir à des ​conflits de
juridiction​ soit ​négatifs​ soit ​positifs.​ Ainsi si le tribunal a fait droit à une exception d’incompétence et
si la juridiction de renvoi qu’il a désigné se déclare à son tour incompétente il y aura conflit négatif.
Ces conflits négatifs ou positifs donnent lieu à la procédure particulière de ​règlement des juges.​ Le
Code de procédure civile​ dispose qu’il y a lieu à règlement de juges lorsque dans un même litige
plusieurs juridictions ont rendu des décisions irrévocables par lesquelles elles se déclarent
également compétentes ou incompétentes.
Il résulte qu’il doit s’agir d’un même litige qui oppose les ​mêmes parties a​ vec le ​même objet​ et la
même cause​. Par ailleurs, les décisions rendues doivent être ​irrévocables​. Lorsque ces conditions
sont réunies, la demande en règlement de juges doit être portée ​par requête d ​ evant la juridiction
immédiatement supérieure commune aux juridictions dont les décisions sont attaquées et devant la
Cour de cassation lorsqu’il s’agit de juridictions n’ayant au dessus d’elles aucune autre juridiction
supérieure commune. La requête devant la Cour d’appel est examinée en chambre de conseils ​sans
la présence des parties ou de leur mandataires.​ Devant la Cour de cassation, cette requête est
notifiée dans les ​mêmes conditions qu’un pourvoi.​ ​Deux phases sont prévues​ :
- La juridiction saisie peut estimer qu’il n’y a pas lieu à règlement des juges, c’est le cas si l’une
des décisions n’est pas irrévocable ou si les décisions sont relatives à des litiges différents,
dans ce cas la ​Cour rendra un arrêt de rejet qui doit être motivé,​ ce dernier ​peut faire l’objet
d’un pourvoi en cassation.
- En revanche, si la juridiction saisie estime qu’il s’agit d’un cas de règlement de juges, elle
renvoi l’affaire au magistrat rapporteur p ​ our qu’il soit ​statué​ dans les formes formes
ordinaires. Il est à souligner que les délais prévus par la loi sont réduit de moitié. Cette
décision suspend à sa date, toutes poursuites et procédures devant le juge de fond. À
l’exception des actes simplement conservatoires, tout acte qui viendrait à être accompli en
violation du sursis accordé serait entaché de ​nullité​.
La décision qui statue à l’issue de la deuxième phase va devoir ​soit désigner la juridiction
compétente​ ​soit si elle estime ​qu’aucune des juridictions saisies n’était compétente, inviter le
demandeur à se pourvoir devant celle qu’elle estime devoir être saisie​. Si l’une des deux
juridictions était bien compétente, on peut se demander si le principe de l’évocation obligatoire tel
qu’il est posé par ​l’article 146 du Code de procédure civile​ devrait alors s’appliquer lorsque l’affaire
est en état d’être jugée. Le texte ne le prévoit pas expressément, mais rien ne s’y oppose,
semble-t-il.

TITRE I - L’ACTION EN JUSTICE


Chapitre II - Les actes de la procédure et leur notification :

Les actes de procédure intervenant à chaque étape du processus judiciaire sont soumis à des ​règles
de forme​ qui répondent à une double préoccupation. D’abord celle de leur conférer une ​valeur
probante​, et ensuite celle d’​assurer aux justiciables les garanties fondamentales​ auxquelles il a
droit. Elles seront plus ou moins impératives suivants la matière et l’objet de l’acte.
Section I - Les différents actes de la procédure :
Paragraphe Ier - Les actes des parties :
A. Les actes introductifs d’instance :​ au terme de ​l’article 31 du Code de procédure civile,​ le
tribunal de première instance est saisi soit par requête écrite et signée du demandeur ou de
son mandataire, soit par la déclaration du demandeur comparant en personne dont le

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procès-verbal est dressé par l’un des agents assermentés du greffe. Cette déclaration est
signée par le demandeur ou mention est faite qu’il ne peut pas signer. Il en découle que les
actes des parties lors de l’introduction de l’instance sont constitués par des​ actes écrits​ ou
par des ​déclarations verbales​. L’acte écrit est constitué par la requête, c’est-à-dire la
demande présentée au président de la juridiction. La requête est signée par le demandeur
ou par son mandataire. Le tribunal peut également être saisi par simple déclaration du
demandeur comparant en personne, dans ce cas, un procès-verbal de cette déclaration est
dressé par l’un des agents assermentés du greffe, cette déclaration est signée par le
demandeur ou mention est faite qu’il ne peut pas signer. Dans ​l’avant-projet du Code de
procédure civile​, la formulation de cet article 31 a changée dans les termes suivants : «​ le
tribunal de première instance est saisi par requête écrite et signée par un avocat inscrit au
barreau du Maroc en prenant en considération les conventions internationales et les
dispositions spéciales des juridictions de proximité. Toutefois le demandeur et le défendeur
peuvent plaider personnellement sans l’aide d’un avocat dans les cas suivants :
● Mariages, pensions, divorce amiable et pensions alimentaires,
● Les procédures devant les tribunaux de première instance statuant par des jugements en
premier et dernier ressort,
● Les procédures relatives à l’état civil,
● Si l’une des parties est juge ou avocat, elle pourra agir personnellement,
● Les procédures prévues par la loi. »
Dans le Code de procédure civile actuel, la requête ou le procès-verbal de déclaration doivent être
i​nscrits sur un registre​ par ordre de réception et de date avec indication du nom des parties ainsi que
la date des convocations et doivent être cachetés par le greffe. Dans ​l’avant-projet du Code de
procédure civile​, il est précisé que ​l’enregistrement des procédures est fait au secrétariat greffe dans
des dossiers spéciaux sur support papier ou numérique par ordre chronologique​ ainsi que les n ​ oms
des parties et l’objet de la poursuite​. Dès leur enregistrement, le président du tribunal désigne selon
le cas, un juge rapporteur ou un juge qui sera chargé de l’affaire. Dans​ l’avant-projet du Code de
procédure civile​ il est précisé que ​dès le dépôt de la requête au secrétariat greffe,​ il est procédé à la
désignation du juge rapporteur ou le juge chargé de l’affaire​ et à la fixation de la date de l’audience
dans le cadre d’un programme numérique spécial sous la supervision du président du tribunal ou de
son adjoint. Il peut être procédé à leur modification en cas de nécessité. Au terme de ​l’article 32 du
Code de procédure civile​, la requête ou le procès-verbal de déclaration doivent indiquer les noms,
prénoms, qualité ou profession, domicile ou réside du défendeur et du demandeur ainsi que s’il y a
lieu, les noms, qualité et domicile du mandataire du demandeur. ​L’avant-projet du Code de
procédure civile​ ajoute à ces mentions, l’indication le cas échéant de l​’adresse électronique.​ Si l’une
des parties est une société, la requête ou le procès-verbal de déclaration doivent indiquer la
dénomination sociale, la nature et le siège de la société. ​L’avant-projet du Code de procédure civile​,
vise en plus des sociétés ​toute personne morale.​ Par ailleurs, il impose la précision de la forme
juridique de ces institutions, leur siège social ou celui de leur filiales sauf dispositions légales
contraires. À la différence du ​Code de procédure civil français,​ il n’est pas imposé l’obligation de
préciser le nom du représentant légal de la société, ou de la personne morale. Par ailleurs,
l’avant-projet du Code de procédure civile​ impose aux parties l’​obligation d’informer le tribunal de
tout changement d’adresse ou d’élection de domicile.​ Dans le ​Code de procédure civile​, la requête
doit en outre énoncer sommairement l’​objet​ de la demande, les​ faits et les moyens invoqués​. Les
pièces dont le demandeur entend éventuellement se servir doivent être annexées à la demande
contre récépissé délivré par le greffe au demandeur mentionnant le nombre et la nature des pièces

21
jointes. ​L’avant-projet du Code de procédure civile ​attribue la ​valeur de récépissé​ à ​toute requête
revêtu du cachet de dépôt au tribunal ​et indiquant la ​date et le nombre des pièces​ jointes à cette
requête. Si la demande est formulée par requête écrite contre plusieurs défendeurs, le demandeur
devra déposer autant d’exemplaires qu’il y a de défendeurs en cause. Le juge rapporteur ou le juge
chargé de l’affaire fait préciser le cas échéant, les ​énonciations omises​ ou ​incomplètes ​et demande la
fourniture d’un nombre suffisant de copies de la requête et ce dans le délai qu’il fixe sous peine
d’​irrecevabilité​ de la demande. Si la requête est présentée par un mandataire, ce dernier doit être
domicilié dans le ressort de la juridiction. Au terme de ​l’article 33 du Code de procédure civile​, la
constitution d’un mandataire vaut élection de domicile chez celui-ci.​ L’avant-projet du Code de
procédure civile détermine les modalités d’élection de domicile par le mandataire avocat selon les
règles suivantes : ​l’avocat est tenu d’élire son domicile professionnel dans la circonscription de
compétence de la Cour d’appel du ressort de l’ordre des avocats dont il est inscrit. ​Le mandataire
avocat est également tenu lors de toute représentation devant une juridiction spécialisée ne se
trouvant pas dans le ressort de la juridiction de sa circonscription, d’​élire domicile auprès d’un avocat
dans le ressort de la Cour d’Appel de la juridiction spécialisée en question​. Par ailleurs, le mandataire
qui ne jouit pas profession du droit de représentation en justice ne peut être que le conjoint, un
parent ou allié en ligne directe ou en ligne collatérale jusqu’au 3ème degré inclusivement. Le
mandataire autre que celui qui par profession jouit du droit de représentation en justice, doit
justifier de son mandat par acte authentique ou par acte sous-seing privé​ dûment légalisé, ou par
déclaration verbale de la partie comparaissant avec lui ​devant le juge. S’agissant des administrations
publiques, elles sont valablement représentées en justice par un de leurs ​fonctionnaires ayant reçu
délégation​ à cet effet.​ L’avant-projet du Code de procédure civile​ ajoute à cette disposition, à moins
que leur ​représentation ne soit assurée par un avocat.​
Il est à noter certaines personnes sont exclues de la qualité de mandataire, à savoir :
- L’individu privé du droit de témoigner en justice ;
- Celui qui a été condamné irrévocablement soit pour crime soit pour délit de faux, vol, abus
de confiance, escroquerie, banqueroute simple ou frauduleuse, extorsion de fonds ou
tentative d’extorsion de fonds ;
- Le mandataire professionnel qui par mesure disciplinaire est privé du droit de représentation
en justice ;
- Les adouls ou les notaires destitués.
Il est à noter que cette dernière disposition a été supprimée par ​l’avant-projet du Code de
procédure civile​, il a ainsi élargi la troisième catégorie aux les membres de la profession libérale.
B. ​Les autres actes de procédure : ​constituent également des actes des parties les conclusions
qu’elle dépose au dossier, qui constituent en mémoires, résumant les éléments de fait et les
moyens de droit du litige, et qui ​sont versés soit en réponse de requête​, s​ oit en réplique à d’autres
conclusions. ​Par ailleurs, constituent des actes entraînant des conséquences juridiques et
procédurales, les ​déclarations que les parties pourront faire elles-mêmes en se présentant devant le
juge​, soit lorsqu’elles agissent en personnes, soit lorsque leur comparution personnelle a été
ordonnée. Il en est de même du ​serment que prêtent les parties si elles ont été requises de le faire.​
Tel sera également le cas des ​déclarations faites par l’intermédiaire de leur avocat lorsqu’elle se
désiste de l’audience​ ou de ​tout ou partie de leur prétentions​ ou lorsqu’elle​ interjette appel d’une
décision rendue en première instance​. Dans tous ces cas, ces actes nécessiteront toutefois pour
produire leurs effets qu’il soit ​dressé procès-verbal par le greffier​ habilité à les recueillir et à les
authentifier. Enfin, peuvent également être considéré comme actes verbaux, les ​plaidoiries
prononcées en audience par les avocats,​ celles-ci peuvent intervenir en procédure écrite comme en

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procédure orale. Le ​Code de procédure civile​ énonce à leur propos certains principes. Elles doivent
être exprimées avec modération et ne pas manquer au respect dû à la justice. Faute de quoi, elles
peuvent donner lieu à une ​amende maximale de 60 dirhams​ prononcée par le président. Le
Président peut toujours en cas de trouble ou scandale, ordonner​ l’expulsion tant d’une partie ou de
son mandataire représentant​, ainsi que de ​toute personne présente à l’audience.​ Si les personnes
dont l’expulsion est ainsi ordonné résistent ou reviennent, le président peut procéder
conformément aux ​prescriptions du Code de procédure pénale.​ Dans le cas d’insultes, ou
d’irrévérences graves envers le tribunal, le président d’audience dresse ​procès-verbal qui est
immédiatement transmis au parquet ​pour être procédé comme en matière de​ flagrant délit.​ Dans le
cas ou des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires sont tenus par des mandataires qui ont
par profession le droit de représentation en justice, le président de l’audience ​dresse procès-verbal
qu’il transmet au parquet​ et s’il ​s’agit d’un avocat, au bâtonnier de l’ordre​. Il est à noter que dans
le cas ou des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires seraient tenus par des avocats devant
la Cour d’appel, la juridiction en dresse un ​procès-verbal qu’elle transmet au bâtonnier et au
Procureur général du Roi​ aux fins de prendre les mesures qui seraient nécessaires.
Paragraphe II - Les actes des greffiers :
Les greffiers jouent un ​rôle important​ dans la ​mise en état des procédures,​ de même que dans la
notification et l’exécution des décisions de justice​. Ils enregistrent la requête lors de son dépôt,
constituent le dossier dont elle fera l’objet qu’ils transmettent au président de la juridiction. De plus,
sur instruction du juge, ils établissent les convocations et font le nécessaire pour leur transmission,
de même que pour celles des requêtes et des conclusions ultérieures. Ils sont présents à l’audience,
et sont chargés de la tenue du registres des audiences appelé ​plumitif​. Ils notes les décisions qui sont
prises, renvoi, désistement, jugement… Lorsqu’une enquête ou comparution a été ordonnée, ils en
transcrivent le procès-verbal. Ils participent également à la ​mise au point définitive des jugements en
rédigeant les qualités​, c’est-à-dire en reprenant les noms et adresses des différentes parties en cause
et leur mandataires et parfois le résumé de la requête et des conclusions échangées. Ils reçoivent
également les déclarations des parties lorsqu’elles constituent l’accomplissement de la formalité
prévue pour l’exercice d’un recours tel que l’appel ou le pourvoi en cassation. Enfin, ils sont chargés
d’établir les procès-verbaux de constat, de sommation, de saisie et de notification des jugements.
Les​ actes des greffiers sont des actes authentiques​ qui font foi de leur date et de leur énonciation
jusqu’à inscription de faux.
Paragraphe III - Les actes des juges :
Ces actes comme ceux des parties peuvent être​ verbaux o ​ u ​écrits.​
Les actes verbaux consistent essentiellement dans les décisions qui se rattachent à la conduite des
audiences, renvoi, mise en délibéré ou radiation… De même, c’est habituellement sous la dictée du
juge que le greffier lors des audiences d’enquête ou de comparution prendra note des déclarations
faites par les parties ou par les témoins.
Quant aux actes écrits, ils sont nombreux. Le juge adresse aux parties des correspondances
habituellement dénommées, soit-transmises pour les convoquer à l’audience, leur transmettre les
requêtes et les conclusions, les inviter à répliquer, à fournir leurs pièces et justifications ainsi que
tout autre document dont il estimerait la production nécessaire. Il leur communique ses
ordonnances par lesquelles il peut prescrire soit une mesure d’instruction, telle qu’une enquête, une
expertise, une comparution et par laquelle il constate que les délais accordés pour la mise en état du
dossier sont expirés. Il s’agit de​ l’ordonnance de dessaisissement.​ ​L’acte essentiel du juge reste bien
entendu, le jugement.
Section II - La notification des actes de procédures :

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La protection du justiciable, impose qu’il soit informé en temps utile de l’existence et du
déroulement de toute procédure intentée contre lui. C’est pour répondre à cette exigence, que la loi
organise un système de notification des principaux actes de procédure selon des modalités précises.
Les actes soumis à ces formalités sont la requête introductive d’instance et les conclusions
échangées par les parties lorsque la procédure est écrite et d’une façon générale les convocations
aux audiences, les avis adressés par le juge aux parties et enfin les décisions.
Paragraphe Premier - Les instruments de notification :
La notification consiste matériellement dans la remise d’un pli à son destinataire ou à la personne
qui a qualité pour recevoir ce pli en son nom. Les règles prévues concerne le pli lui-même et le
document qui constate cette remise.
A. Le pli de notification :
Le pli peut contenir une convocation à l’audience, le texte d’une assignation ou d’une conclusion,
l’expédition du jugement rendu. Le contenu de la convocation est précisé par​ l’article 36 du Code de
procédure civile​ dans les termes suivants : « ​les juges convoquent immédiatement par écrit le
demandeur et le défendeur à l’audience au jour qu’il indique, la convocation écrite mentionne :
- Les noms, prénoms, professions, domiciles ou résidences du demandeur et du défendeur
- L’objet de la demande
- La juridiction qui doit statuer
- Le jour et l’heure de la comparution
L’avis d’avoir affaire s’il y a lieu élection de domicile au lieu du siège du tribunal​ »
L’avant-projet du Code de procédure civile​ ouvre la possibilité d’adjoindre des données
supplémentaires, le cas échéant, liées aux moyens modernes de communication. Dans tous les cas, il
s’agit d’un document privé qui ne concerne que son destinataire. La confidentialité du contenu doit
en conséquence être assurée. A cet effet, l’acte doit être remis dans une ​enveloppe fermée ​qui ne
mentionne que le ​nom, le prénom, adresse de la partie et la date de la notification suivie de la
signature de l’agent et du sceau du tribunal.​ Selon le modèle en usage, cet enveloppe comporte une
formule imprimée mentionnant que la remise du pli qu’elle contient vaut notification d’un acte de
procédure​ conformément à la loi en vigueur et que la date qui sera apposée sera celle prise en
considération pour le calcul des délais.
B. Le certificat de remise :
C’est l’accusé de réception du pli de notification.​ Il s’agit d’une pièce importante car elle atteste la
régularité​ de la notification. Il fait partie du dossier du tribunal et appartient à ses archives. Il
consiste en un​ imprimé,​ qui est ​rempli au moment de la notification.​ Il doit mentionner la​ date​ à
laquelle la remise du pli a été effectuée, le ​lieu​ ou elle est intervenue, l’​identité de la personne à
laquelle elle a été faite​, et bien que le texte ne le précise pas, ​sa qualité par rapport au destinataire
quant la notification n’est pas faite à personne​, afin qu’il soit établi qu’elle était habilitée à la
recevoir. Ce certificat doit également être revêtu de la ​signature de l’agent notificateur et de la
personne qui a reçu le pli​ ou de l’indication qu’elle ne peut pas ou ne veut pas signer. ​L’avant-projet
du Code de procédure civile​ ajoute ​deux mentions complémentaires​ qui doivent figurer sur le
certificat à savoir : d’abord, le ​numéro de la CINE,​ le cas échéant, tout autre moyen d’identification
équivalent de la personne recevant la notification, ​l’heure de remise ou de refus de réception​ de la
convocation.
Le certificat de remise est déposé par l’agent notificateur au greffe du tribunal. Si la remise de la
convocation par l’agent chargé de la notification n’a pu être effectuée du fait que la personne n’a
pas été rencontrée ni personne à son domicile ou à sa résidence, un avis est immédiatement affiché
dans un endroit apparent dont le lieu de la notification et une mention en est faite sur le certificat

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qui est retourné au greffe du tribunal. ​L’avant-projet du Code de procédure civile​ ajoute que le
certificat attestant de la difficulté de notification doit comporter les mentions supplémentaires
suivantes, à savoir : le numéro du dossier, la nature du pli, le lieu, la date et l’heure de l’affichage de
l’avis.
Par la suite, le greffe adresse à la partie la convocation, sous ​pli postal recommandé​ avec ​accusé de
réception.​ La ​Cour de cassation​ dans un​ arrêt du 03 Avril 2012​, a considéré que le retour du courrier
portant la mention «​ non réclamé ​» n’est pas considéré juridiquement comme une notification. Si le
domicile et la résidence d’une partie sont inconnus, le juge nomme en qualité de ​curateur un agent
du greffe​, auquel la convocation est notifiée. La ​Cour d’appel commerciale de Casablanca​ dans un
arrêt du 17 Mars 2009,​ a considéré que le curateur est désigné lorsque la résidence de la partie est
inconnue. En revanche, dans le cas où l’adresse est incomplète, il est nécessaire d’appliquer les
dispositions de ​l’article 32​ qui précise que le juge rapporteur ou celui chargé de l’affaire fait préciser
le cas échéant, les énonciations omises ou incomplètes. Le curateur recherche la partie avec le
concours du Ministère Public et des autorités administratives et fournit ​toute pièce et
renseignement à sa défense​ sans que toutefois le jugement puisse en raison de ces productions être
déclaré contradictoire. Si la partie dont le domicile et la résidence sont inconnus vient à être
découverte, le curateur en informe le juge qui l’a nommé, et avise cette partie par lettre
recommandée de l’état de la procédure. Son mandat, prend fin ​dès l’accomplissement de ces
procédures.
L’avant projet du Code de procédure civile​ introduit une nouvelle procédure préalable à la saisine
du curateur. Dans tous les cas, où l’adresse du défendeur est inconnue ou que ce dernier a
déménagé, l’agent chargé de la notification est tenu de présenter une demande de renseignement
relative à l’adresse du défendeur à l’autorité locale, laquelle est tenue de fournir une réponse dans
les ​48H suivant le dépôt de la demande.​ Si l’autorité fournie la nouvelle adresse du défendeur,
l’agent informe le tribunal pour que le convocation ait lieu à la nouvelle adresse. En revanche, si
l’autorité locale ne dispose pas des renseignements demandés, elle informe l’agent que la personne
à convoquer à quitter sans avoir laisser d’adresse ou cette dernière demeure inconnue. L’agent
dresse un​ procès-verbal portant sur les actions menées par lui e​ t comportant le ​numéro de dossier, la
nature du pli, la date du dépôt de la demande de renseignement, la date de réponse de l’autorité et
les résultats de la procédure accomplie. ​Le tribunal statue par défaut sur l’affaire, mais à l’expiration
d’un ​délai de 2 moi​s, à compter de la date de la rédaction du procès-verbal de l’agent notificateur.
Enfin, ​l’avant-projet du Code de procédure civile ​prévoit que le demandeur, avocat, ou son
mandataire peut à la fixation de la date de l’audience,​ recevoir les plis relatifs à la convocation et à
toute autre procédure judiciaire liée au dossier​ afin de les remettre au défendeur ou toute personne
ayant intérêt faisant partie de l’assignation et ce à travers un huissier de justice.
Le problème se pose de savoir quelle est la date qui doit prévaloir lorsqu’il y a divergence entre
celle respectivement apposée sur l’enveloppe de notification et celle figurant sur le certificat de
remise?
Dans un ​arrêt du 29 Juin 1975​, la​ Cour d’appel de Rabat ​avait jugé que la mention de la date sur
l’enveloppe de notification, n’était pas prévue à peine de nullité et qu’il y avait dans le lieu de le
prendre en considération que celle figurant sur le certificat de remise. Cette décision avait été
critiquée, au motif que l’enveloppe de notification est le seul document daté restant entre les mains
de la personne qui reçoit la notification et par voie de conséquence, le seul qui lui sert de référence
pour déterminer le délai dans lequel elle peut agir. De plus, l’enveloppe porte une mention
imprimée qui précise que la date apposée marque le point de départ du délai. C’est ainsi que dans
un ​arrêt du 18 Décembre 1985​, la ​Cour d’appel de Casablanca​, est revenue sur cette jurisprudence,

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et a décidé à très juste titre, que la​ date de notification est une mention essentielle qui doit figurer
sur l’enveloppe de notification​ et qu’à défaut de cette mention, la ​notification est nulle​ et le ​recours
est réputé avoir été exercé dans les délais légaux​. Cette position jurisprudentielle a été confirmée par
l’avant-projet du Code de procédure civile​ qui prévoit que la ​convocation est remise lorsqu’il figure
le sceau du tribunal, la date de la notification suivie de la signature de l’agent ou de l’autorité qui l’a
remise.​
Paragraphe Deuxième - Les personnes qui effectuent les notifications :
Au terme de ​l’article 37 du Code de procédure civile​, la convocation est transmise :
● Soit par l’un des agents du greffe,
● Soit par l’un des huissiers de justice,
● Soit par la poste par lettre recommandé avec accusé de réception,
● Soit par voie administrative, à savoir, par les préposés habilités à le faire tel que Sheikh,
Moqqadam, gendarme, policier…
La jurisprudence s’est montrée stricte sur l’exigence de la précision sur le certificat de remise de la
qualité de la personne qui effectue la notification. C’est ainsi qu’un arrêt de la Cour de cassation du
10 Juin 2010 n°536 Dossier social 974/5/1/2009 ​a décidé que le certificat de remise doit comporter
le​ nom et la qualité de l’agent notificateur.​ Dans le cas de l’espèce, la partie demanderesse qui n’a
pas pu se défendre en première instance du fait que le jugement était rendu par défaut au nom de
ses héritiers. Aussi il a invoqué en appel, la nullité des procédures de notification de la convocation
en première instance en sollicitant la transmission à nouveau du dossier au tribunal de première
instance pour respecter les dispositions légales. Il a fondé sa demande sur le fait que la convocation
transmise aux héritiers, comporte uniquement le nom de l’agent notificateur sans préciser sa qualité
selon qu’il s’agit d’un agent du tribunal, auquel cas il est nécessaire d’apposer le cachet du
secrétariat greffe à côté de son nom et de sa signature. Au cas ou il s’agit d’un huissier de justice, il
est nécessaire de préciser sa qualité. Enfin, s’il s’agit d’un agent administratif, il est nécessaire de
préciser l’administration concernée. Il a conclu, devant les juges que la convocation qui ne comporte
pas la qualité de l’agent notificateur est considérée comme nulle. La Cour de cassation a jugé que la
décision de la Cour d’appel qui a omis de répondre à ce moyen a violé les dispositions à caractère
légal ainsi que les droits de la défense.
L’avant-projet du Code de procédure civile​ consacre la pratique dominante actuelle en établissant
une priorité dans l’ordre de transmission dans les termes suivants : la ​convocation est transmise par
l’un des huissiers de justice.​ Le tribunal peut décider le cas échéant, de transmettre la convocation
soit par ​l’un des agents du greffe​, soit par​ voie administrative​, soit par ​tout autre moyen de
transmission.
Il découle de ce qui précède, que ​l’avant-projet du Code de procédure civile​ a posé le ​principe de la
notification par huissier de justice​. Par ailleurs, il a donné au tribunal la faculté de recourir soit aux
agents greffe, soit à la voie administrative, soit à tout autre moyen de transmission. Ainsi,
l’avant-projet​ ne fait plus expressément référence à la transmission par lettre recommandée avec
accusé de réception. Toutefois il a élargi la quatrième catégorie de notification, en faisant référence
à​ tout autre moyen de notification.​ Cette notion large peut englober aussi bien la ​transmission par
lettre recommandée avec accusé de réception​ que les nouveaux moyens de ​transmission par voie
électronique​.
Dans le cas ou le destinataire réside dans un pays étranger, la notification est transmise par voie
hiérarchique, pour être acheminée par la voie diplomatique aux autorités judiciaires du pays
concerné à moins qu’elle ne puisse s’accomplir selon les formes prévues par les conventions
judiciaires bilatérales lorsqu’il en existe. Ainsi par exécution de la ​Convention Judiciaire

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franco-marocaine du 11 juin 1957,​ la notification d’une requête et d’une convocation à l’audience et
d’un jugement concernant une partie domiciliée en France, sera régulièrement​ effectuée par un
huissier selon les modalités prescrites par la loi française.​ Inversement, une assignation déposée ou
un jugement rendu en France, contre une partie domiciliée au Maroc, pourront être notifiées à
celle-ci par ​l’intermédiaire du Bureau des Notifications et Exécutions Judiciaires Marocain​.
Afin de renforcer la protection des justiciables, ​l’avant-projet du Code de procédure civile​ a
introduit deux nouvelles règles. En premier lieu, il a définit la ​période journalière au cours de
laquelle la convocation doit être notifiée​. Ainsi, aucun pli judiciaire ne peut être transmis avant ​7h
du matin ou après 20h​ sauf en cas de nécessité et après ​autorisation écrite et motivée par le
Président du tribunal ou par le juge d’exécution s​ elon les cas. En second lieu, il a établit une ​règle
d’impartialité pour les agents du greffe​, en précisant que les ​salariés du greffe ne peuvent effectuer
un travail, dans le cadre de leurs fonctions lié à leur assignation en justice pour toute personne ayant
un lien de parenté ou d’alliance, jusqu’au 4ème degré inclusivement.​
Paragraphe Troisième - Les délais de notification :
Au terme de​ l’article 40 et suivants du Code de procédure civile​, un délai minimum doit séparer la
date de notification de la convocation et le jour fixé pour la comparution. Ce ​délai est de 5 jours​, si la
partie est domiciliée ou en résidence dans le lieu où siège le tribunal​ ou dans une localité limitrophe.
Il est de​ 15 jours​ si elle se trouve dans ​tout autre endroit sur le territoire du Royaume​. Ces délais sont
fixés à ​peine de nullité du jugement​ qui serait rendu par défaut. Cependant, ces délais ordinaires
sont applicables ​sauf​ aux juges à les proroger aux convocations remises à personne au Maroc encore
que la personne n’y ait ni domicile ni résidence.
​L’avant-projet du Code de procédure civile​ ajoute que si la partie comparaît malgré le non-respect
du délai précité et sollicite la prorogation du délai,​ l’affaire est reportée à une autre audience​, et si
alors cette partie ne se présente pas, elle doit être​ convoquée à nouveau.​ Lorsque celui qui est
convoqué n’a ni domicile, ni résidence dans le ressort des juridictions du Royaume, le ​délai de
comparution est de :
● Deux mois s’il réside en Algérie, Tunisie ou dans un État d’Europe.
● Trois mois s’il demeure dans un autre Etat d’Afrique, en Asie ou en Amérique.
● Quatre mois s’il demeure en Océanie.
L’avant-projet du Code de procédure civile ​a ​unifié ces délais de comparution à trois mois pour les
personnes qui n’ont ni domicile, ni résidence sur le territoire marocain​. Il a ajouté que ces délais
ordinaires s’appliquent aux convocations notifiées au Maroc à toute personne qui n’a ni domicile ni
résidence sauf pour le juge à les proroger.
Paragraphe Quatrième - Les personnes habilitées à recevoir les notifications :
Au terme de ​l’article 38 du Code de procédure civile​, la ​convocation et les documents sont remis à
l’un des six cas suivants :
● Soit, à personne,
● Soit à domicile,
● Soit en son lieu de travail,
● Soit en tout autre lieu ou la personne concernée peut se trouver,
● Soit au domicile élu,
● Soit à la résidence à défaut de domicile au Maroc.
A. La notification à personne :
La notification doit être remise à la ​personne indiquée sur l’enveloppe de convocation​ qui doit
mentionner « ​les noms, prénoms, professions, domiciles ou résidences du demandeur et du
défendeur ​» et qui doivent être précisés dans le certificat de remise.

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Si la ​personne est incapable​,​ l’article 516 du Code de procédure civile​, impose la même règle que
celle des personnes morales en exigeant que la ​notification soit faite au représentant légal.​ Dans le
cas des​ personnes morales​, ​l’article 516 du Code de procédure civile​ précise que les notifications
doivent être adressées à leurs ​représentants légaux pris en cette qualité.​ Cette règle, s’applique aussi
bien aux sociétés, associations et d’une manière générale à ​toute personne morale​. La ​jurisprudence
considère à juste titre, que le représentant légal n’est pas nécessairement l’administrateur, ou le
président de la société, mais ​toute personne habilitée à le représenter​, notamment, le directeur,
fondé de pouvoir et que les ​employés présents dans les bureaux de la société peuvent valablement
recevoir la notification pour le compte de la société​. Ainsi la Cour de cassation a considéré dans son
arrêt n°481 du 03 Mai 2012​ que le ​refus par l’employé de recevoir le pli e​ st considéré comme une
notification valable​ et produit tous ses effets. ​L’avant-projet du Code de procédure civile​ apporte
des précisions complémentaires sur le cas des notifications aux personnes morales en visant aussi
bien les personnes morales privées que publiques. La notification des personnes morales, des
administrations, des établissements publics, des collectivités territoriales et de toute autre​ personne
de droit public​ a lieu par la remise de la convocation à son​ représentant légal ou son mandataire ou
en signant le certificat de réception par le bureau d’ordre auquel elle est rattachée.​ Dans la pratique
l’enveloppe et le certificat ont soulevés des difficultés relativement à la portée et à la force probante
qui y sont apposés. Il a notamment été jugé que la ​mention portée par l’agent notificateur, selon
laquelle le pli a été notifié à personne se suffisait à elle-même​. Il est vrai qu’en l’espèce celui qui
contestait avoir apposée sa signature sur le certificat n’a pas établi et n’​offrait pas d’en établir un
fausseté​.
B. La notification à domicile :
Si la notification n’a pas pu être faite à la personne elle-même, elle est ​valablement effectuée à son
domicile​ conformément​ à l’article 38 du Code de procédure civile​, et ce entre les mains d’un ​parent,
serviteur, ou tout autre personne habitant avec le destinataire.​ Dans cette hypothèse le certificat de
remise doit sous peine de ​nullité​, indiquer l’​identité de la personne à laquelle le pli de notification a
été remis et à quelle date​. Dans son ​arrêt du 09 Janvier 2008​, la Cour suprême a considéré que
l’article 38 ​exigeant l’indication de l’identité de la personne, ​n’impose pas pour autant la précision
du numéro de la CIN de la personne​, qui a reçu le pli de notification​ ni l’obligation de s’assurer de son
identité par deux témoins présentant leur CIN.​
Toute contestation doit être établie par une action en faux par l’intéressé.
L’article 38 du Code de procédure civile​ qui énumèrent les personnes qualifiées pour recevoir cette
notification a modifié les dispositions de​ l’ancien article 56 du Dahir de 1913.​ Ce dernier prévoyait
que la notification pouvait être faite au​ concierge​ d’une part, et qu’elle pouvait être faite à ​toute
personne habitant la même demeure​. Le texte de ​l’article 38 est plus restrictif​, il ne suffira plus
d’habiter le même bâtiment, mais il faudra ​justifier d’une cohabitation véritable avec l’intéressé​. Il
en résulte que sera nulle, la notification faite à un voisin du destinataire.
La jurisprudence de la Cour de cassation a admis que la​ notification à un mineur est valable ​car le
texte n’exige pas la majorité pour la validité de la notification. Toutefois, la ​notification faite à
l’épouse au domicile du conjoint emprisonné est considérée comme valable​ en absence d’une
disposition qui considère la prison comme domicile en remplacement du domicile réel.
Par ailleurs, la jurisprudence n’a pas considéré comme une notification conforme aux articles 38 et
39 le certificat de remise dans lequel l’huissier de justice s’est contenté de préciser qu’il a trouvé une
femme qu’il a considéré personnellement comme le conjoint de la personne à notifier et que cette
femme a refusé de donner son nom et de signer le certificat de remise. De plus, l’huissier n’a pas
respecté les obligations légales de notification, lui imposant de préciser son nom et d’apposer sa

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signature sur le certificat de remise. Enfin, la notification effectuée aux frères de la personne
concernée dans une adresse autre que celle figurant dans les pièces de dossier n’est pas considéré
comme valable surtout que cette adresse ne constitue pas le centre des affaires de la personne
concernée. En revanche, la notification aux frères de la personne intéressée, dans l’adresse de son
fond de commerce objet de contestation est considéré comme valable conformément à l’article 8 du
Code de procédure civile qui n’exige pas que la personne notifiée soit majeure. Aussi la
jurisprudence de la Cour de cassation, dans un ​arrêt du 31 Octobre 2018​, a considéré non valable, la
notification faite à une tante paternelle dans son domicile personnel et non celui des héritiers. Dans
le cas de l’espèce, la tante était en conflit personnel avec les héritiers. La partie adverse s’est fondé
sur le refus de la tante paternelle pour obtenir à l’expiration du délai légal du secrétariat greffe le
certificat de non appel et de non opposition. Sur la base de ce certificat, elle a ouvert le dossier
d’exécution à l’encontre des héritiers en entamant des procédures de vente judiciaire de leur villa.
Le tribunal de première instance ainsi que la Cour d’appel ont donné droit à la partie adverse en
considérant que la notification est régulière. La Cour de cassation a infirmée la décision de la Cour
d’appel au motif que cette dernière n’a pas recherché la réalité de la notification qui a été effectuée
au domicile de la tante paternelle et non à celui des héritiers. De ce fait, il n’a pas été établi que le
refus de notification provenait des héritiers eux-mêmes, par conséquent la ​notification ne pouvait
produire ses effets juridiques à leur égard, d’autant plus qu’ils étaient en mésentente avec leur
tante paternelle.
L’avant-projet du Code de procédure civile​, apporte des précisions plus explicites sur la convocation
à personne sur les termes suivants : dans le cas ou la personne n’ayant pas été rencontrée à son
domicile réel ou élu, l’agent peut remettre la convocation à une ​personne désignée par elle​ ou à ​celle
ayant qualité de son mandataire, de son employé, d’une des personnes cohabitant dans son domicile
soit conjoint, proches ou ayant un lien d’alliance et ​majeur​ pourvu que l’intérêt de la personne
convoquée ne soit pas contradictoire avec l’intérêt de ce dernier. Ainsi on constate, que
l’avant-projet du Code de procédure civile​ a remplacé le terme serviteur par employé. Par ailleurs, il
a précisé davantage la notion de parents en visant expressément un conjoint, proches ou ayant un
lien d’alliance et en exigeant qu’il soit majeur.
S’agissant du ​conjoint,​ il est à noter que ​l’avant-projet du Code de procédure civile​ entérine la
jurisprudence constante dans ce domaine et qui a été notamment confirmée dans un ​arrêt de la
Cour Suprême en date du 29 Mars 2006​, ce dernier a considéré que la ​notification à l’épouse est
valable en se fondant sur le fait qu’elle rentre dans la catégorie des personnes habitant la même
demeure que la personne destinataire de la notification​, elle a justifié sa position par le fait que le
domicile principal de l’époux est censé être celui de l’épouse ​à moins qu’il y a conflit conjugal établi.
C. La notification au lieu de travail :
Elle peut s’opérer à​ l’intéressé lui-même ou à toute personne travaillant avec lui.​ On rappellera que
par son ​arrêt du 03 Mai 2012​, la Cour de cassation a jugé que le​ refus de la notification par l’employé
est considérée comme une notification valable et produit tous ses effets​. En revanche, la notification
effectuée à​ l’épouse dans le lieu de travail ​n’est​ pas considéré comme régulière ​dans la mesure où ce
lieu ne peut être assimilé au domicile réel de l’intéressé.
D. La notification en tout autre lieu où la personne concernée pourrait se trouver :
Cette formulation très large, permet la notification de la personne en quelque lieu qu’elle soit. Mais
encore faut-il qu’il n’y ait ​pas contestation sur son identité.​
E. La notification au domicile élu :
Toute notification faite à domicile élu, notamment à l’avocat régulièrement constitué d’une partie
est ​valable​ puisque le Code non seulement ​permet​ mais dans un​ cas précis impose l’élection de

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domicile​. Il faut toutefois préciser, que le ​Code de procédure civile​ opère une distinction
difficilement justifiable entre les notifications des jugements rendus par le TPI et celles des arrêts de
la Cour d’appel. La notification à domicile élu du jugement de première instance fait courir le délai
d’appel conformément à ​l’article 134 al.4​ qui précise que le ​délai court à compter de la notification à
personne ou à domicile réel ou élu…
En revanche, la notification de l’arrêt de la Cour d’appel à domicile élu ne fait pas courir le délai de
pourvoi en cassation. ​L’article 358 du Code de procédure civile ​ne faisant courir ce délai qu’à
compter de la ​notification à personne ou à domicile réel.​ Le domicile élu reste valable aussi
longtemps que la partie n’a pas informé son adversaire de son changement d’avocat. Si elle omet de
le faire, la notification de la décision au domicile de son précédent mandataire est néanmoins
régulière.
F. La notification à la résidence :
On rappellera conformément à​ l’article 38 alinéa 2 du Code de procédure civile​, à ​défaut de
domicile au Maroc la résidence vaut domicile.
Paragraphe Cinquième - Les modalités de la notification :
A. La notification par la poste :
L’article 37 du Code de procédure civile​ prévoit la possibilité d’une notification par la ​voie postale
par lettre recommandé​. Cette possibilité existait déjà depuis le ​Dahir du 05 Mai 1920​ qui a modifié à
cet effet, l’article 55 de l’ancien Code. Le texte n’a cependant jamais été interprété comme
permettant utiliser immédiatement les services postaux. La notification par poste est ​soumise à la
condition​ précisée à ​l’article 39 du Code de procédure civile​ à savoir, que la partie intéressée n’a pas
été trouvée par l’agent de notification, ni à son domicile, ni à sa résidence, ni même à la personne
pourrait recevoir à son compte. C’est seulement dans ces conditions, que cette forme de
notification devient alors une étape obligatoire. Dans cette hypothèse, l’agent notificateur doit
mentionner cette impossibilité sur le certificat de remise et c’est alors seulement suite à cela, que le
greffe adresse la convocation sous pli postal recommandé avec avis de réception. Il n’y aura pas dans
ce cas de certificat de remise, c’est l’accusé de réception qui en tiendra lieu.
Dans la pratique, ces notifications par voie postale soulèvent des ​difficultés t​ enant au fait que très
souvent, les récépissés de remise ne comportent pas les​ indications suffisantes​ permettant de
s’assurer que le pli a effectivement été remis à son destinataire. La jurisprudence considère que
l’avis de réception postal, est considéré comme un ​écrit officiel constituant une preuve des faits
relatés par l’agent public de la poste jusqu’à recours au faux.​ Elle a conclu, dans un arrêt de la ​Cour
Suprême du 04 Avril 1988 ​que la simple contestation de la signature est insuffisante pour conclure
au défaut de notification.
Par ailleurs, la Cour Suprême considère que le retour du pli recommandé avec la mention « ​non
réclamé​ » est soumis à ​l’appréciation des juridictions de fond​ pour admettre la validité ou non de la
notification selon chaque cas d’espèce.
On rappellera que​ l’avant-projet du Code de procédure civile​ a supprimé la référence expresse à
cette modalité de notification en lui substituant la notion large de tout autre moyen de transmission.
B. La notification au greffe :
L’article 330 du Code de procédure civile​ réglementant la procédure devant la Cour d’appel qui régit
aussi la procédure écrite en première instance précise que : « ​toute partie domiciliée en dehors du
ressort de la juridiction saisie de l’appel est tenue de faire élection au lieu ou siège de ladite
juridiction. Toute communication adressée à une personne non encore appelée en cause contient s’il
y a lieu avis d’avoir affaire cette élection de domicile. A défaut de cette élection, toute
communication, toute notification même celle de l’arrêt définitif est valablement faite au greffe de la

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Cour d’appel. ​». La jurisprudence de la Cour Suprême était amenée à se prononcer sur la ​sanction
applicable au non-respect de la désignation du domicile ​dans le ressort de la Cour d’appel. Elle a
considéré que le défaut de désignation de domicile élu dans le ressort territoriale de la Cour d’appel
n’entraîne pas pour conséquence l’irrecevabilité mais simplement la validité de toute notification
effectuée au secrétariat greffe de la Cour d’appel ​conformément à ​l’article 330 du Code de
procédure civile​. ​L’avant-projet du Code de procédure civile ​a non seulement repris cette règle mais
il a étendu son champ d’application au cas ou le domicile désigné est incomplet ou faux au point
qu’il est impossible de procéder à la notification ou si le mandataire ou l’avocat n’ont pas de
domicile réel ou élu dans le ressort du tribunal. ​La constitution d’un mandataire qualifié vaut
élection de domicile chez celui-ci.​ Le mandataire n’est valablement désigné que s’il a lui-même un
domicile réel ou élu dans le ressort du tribunal. Deux conditions sont nécessaires, d’une part que la
partie concernée réside en dehors du ressort du tribunal​ et d’autre part qu’elle ait ​été avertie lorsque
l’assignation lui a été signifiée pour la première fois qu’elle a l’obligation d’élire domicile dans ce
ressort.
C. La notification par curateur :
C’est le ​Dahir du 27 Avril 1920​ qui a institué cette notification par curateur. Elle a pour objet de
permettre le déroulement normal d’une procédure lorsque l’une des parties se trouve être sans
domicile ni résidence au Maroc ou partout ailleurs. La condition essentielle pour que la désignation
du curateur puisse intervenir est donc ​l’impossibilité de déterminer l’adresse de la partie. ​Cette
impossibilité doit être ​réelle,​ et doit découler du​ caractère infructueux des tentatives de notification
faite par le greffe et par la poste.​ Le curateur est en principe désigné par le juge chargé du dossier à
la demande de l’autre partie. Il s’agira d’un agent du greffe qui selon les termes de la loi a pour
mission de rechercher la partie avec le concours du Parquet et des autorités administratives. Si ces
recherches aboutissent, il en informe le juge et avise la partie découverte par lettre recommandé de
l’état de la procédure ce qui marque la fin de son mandat. Si elles n’aboutissent pas, l’instance peut
néanmoins se dérouler sous réserve que le jugement n’est pas contradictoire. Il peut néanmoins et
c’est l’intérêt essentiel de ce mode de notification, devenir exécutoire après l’accomplissement d’un
certain nombre de formalités. Dans son ​arrêt du 16 Janvier 2008​, la Cour Suprême a considéré non
conforme à la loi, le fait pour une juridiction de procéder à la désignation d’un curateur et rendre
son jugement sans respecter la procédure prévue par ​l’article 39 du Code de procédure civile​ qui
impose au curateur de rechercher la partie avec le concours du Ministère public et les autorités
administratives et de fournir toute pièce et renseignement utile à sa défense.
Paragraphe Sixième - Cas particuliers du refus de recevoir la notification :
Au terme de​ l’article 39 alinéa 4 du Code de procédure civile​ : « ​Si la partie ou la personne ayant
qualité à refuser de recevoir la convocation, mention en est faite sur le certificat.
La convocation est considérée comme valablement notifiée le dixième jour qui suit le refus opposé
par la partie ou la personne ayant qualité pour recevoir pour elle la convocation ​».
Il semble que l’on puisse également étendre la même règle au refus de recevoir une notification à
poste mais cette situation a soulevée des difficultés en jurisprudence. La question se pose
notamment de savoir, si ​l’on peut assimiler au refus,​ le fait courant dans la pratique, que le ​facteur
laisse au destinataire absent une convocation l’invitant à retirer l’envoi recommandé par la poste
mais que ce dernier ne se présente pas pour opérer le retrait​ . Les dernières décisions de la haute
juridiction ont tendance à admettre que dans ce cas la notification, n’est ​pas effectivement
intervenue​. Ces décisions sont contraires à la ligne directrice suivie par la haute juridiction
antérieurement à 1965 et qui considérait qu’il ne saurait dépendre de la volonté des parties
d’empêcher un délai légal de courir contre elle.

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Enfin, il est à rappeler que​ l’article 39 alinéa 6 du Code de procédure civile​, dispose que le juge peut
selon les circonstances proroger le délai de 10 jours et​ ordonner une nouvelle convocation. ​Cette
disposition ne peut toutefois s’appliquer qu’aux convocations aux audiences et non aux notifications
des jugements. Par suite de nombreuses difficultés pratiques, posées par la notification​,
l’avant-projet du Code de procédure civile​ a réaménagé totalement cet article dans sa formulation
et dans son fond et ce dans les termes suivants : « ​A la convocation, est annexé un certificat de
remise qui doit contenir les mentions suivantes :
1. Nom et prénom, numéro de la CIN ou tout autre document équivalent de la personne qui
reçoit la convocation;
2. La date et l’heure de remise ou de son refus;
3. L​a signature de la partie convoquée ou de la personne qui reçoit la convocation avec
précision de la nature de sa relation avec le convoqué qui justifie sa qualité pour la recevoir.
Si celui qui reçoit la convocation ne peut ou ne veut signer le certificat, mention en est faite par
l’agent ou l’autorité qui assure la remise. Cet agent, ou cette autorité signe dans tous les cas le
certificat et le fait parvenir au greffe du tribunal. ​»

IRAQI HOUSSAINI FATINE

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