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UNIVERSITÉ de NICE – SOPHIA ANTIPOLIS

UFR SCIENCES
Licence 2 MI

Examen d’Intégrales et Séries 2007–2008

Contrôle Continu du Lundi 29 Octobre 2007

Durée : 2h00
Les documents, calculatrices,... ne sont pas autorisés.

Exercice 1 : Intégrales généralisées


1.1. Etudier les variations de la fonction f (t) = ln(1 + t) − t sur R+ . Donner des
équivalents simples de f en 0 et en +∞.
1 t
La fonction f est continue et dérivable sur R+ . En dérivant f 0 (t) = −1 = − ≤0
1+t 1+t
pour t ∈ R+ . Donc f est décroissante sur R+ et strictement décroissante sur R∗+ . De plus,
f (0) = 0.
f (t) ln(1 + t) ln t ln(1 + 1/t)
Quand t → +∞, f (t) ∼ −t car = − +1 = − − + 1. Or,
−t t t t
ln(1 + 1/t) ln t f (t)
lim = 0 et par croissances comparées, lim = 0, donc lim = 1.
t→+∞ t t→+∞ −t t→+∞ −t
t 0 +∞
0
f (t) –
Donc lim f (t) = −∞. 0
t→+∞
f &
−∞
t 2 t2 t2
Quand t → 0, ln(1 + t) = t − + o(t2 ) et donc f (t) = − + o(t2 ), c’est-à-dire f (t) ∼ − .
2 2 t→0 2
Quand t → +∞, f (t) ∼ −t.
1
1.2. Soit α ∈ R, une constante. On définit g(t) = α sur R∗+ . Déduire
t (ln(1 + t) − t)
de la question précédente l’ensemble de R∗+ où g est continue.
1 1
On remarque que g(t) = α . Or la fonction x → est continue sur R∗ .
t f (t) x
La fonction t → tα (ln(1 + t) − t) est définie et continue sur R∗+ quel que soit α. Il reste à
déterminer pour quelles valeurs de t ∈ R∗+ elle s’annule. Elle s’annule lorsque ln(1 + t) − t = 0,
c’est-à-dire lorsque f s’annule. D’après la question précédente, f est strictement décroissante
sur R∗+ et f (0) = 0, donc f (t) < 0 pour t > 0. f ne s’annule donc pas sur R∗+ . Donc
t → tα (ln(1 + t) − t) est continue sur R∗+ et à valeurs de R∗+ dans R∗ . Par composition de
fonctions continues, g est continue sur R∗+ .
1.3. Donner des équivalents simples de la fonction g en 0 et en +∞ en fonction de
α.
1 1 2
g(t) = α , donc d’après la question 1.1., g(t) ∼ − α+1 quand t → +∞ et g(t) ∼ − α+2
t f (t) t t
quand t → 0.

1
Z +∞
1
1.4. Existe-t-il des valeurs de α pour lesquelles l’intégrale dt
0 tα (ln(1 + t) − t)
converge ?
1
D’après la question 1.2., g(t) = α est continue sur R∗+ . On étudie donc séparément
t (ln(1 + t) − t)
Z +∞ Z 1
g(t)dt et g(t)dt.
1 0 Z 1
2 1
En 0, g(t) ∼ − α+2 < 0. Or α+2
dt converge ssi α + 2 < 1, d’après Riemann. Donc par le
t Z 10 t
théorème de comparaison, g(t)dt converge ssi α < −1.
0 Z
+∞
1 1
En +∞, g(t) ∼ − α+1 < 0. Or − α+1 dt converge ssi α + 1 > 1, d’après Riemann. Donc
t 1Z t
+∞
par le théorème de comparaison, g(t)dt converge ssi α > 0.
Z +∞ 1 Z +∞ Z 1
Donc si α < 0, g(t)dt diverge et donc g(t)dt diverge. Et si α ≥ 0, g(t)dt diverge
Z +∞ 1 0 Z +∞ 0

et donc g(t)dt diverge. En conclusion, l’intégrale g(t)dt diverge, quelle que soit la
0 0
valeur de α.

Exercice 2 : Séries numériques


X ln n
2.1. Trouver la nature de en utilisant un théorème de comparaison.
n3
n≥1
ln n 1
On sait que pour x ≥ 1, 0 ≤ ln x < x, donc pour tout n ≥ 1, 0 ≤ ln n ≤ n et 0 ≤ 3 ≤ 2 . Or,
X 1 n n
converge, d’après Riemann. Donc d’après le théorème de comparaison avec inégalités,
n2
n≥1
X ln n
converge.
n3
n≥1  
X π n+1
2.2. Quelle est la nature de sin × ?
2 n+2
n∈N    
n+1 π n+1 π  X π n+1
On a lim = 1, donc lim sin × = sin = 1 6= 0, donc sin ×
n→+∞ n + 2 n→+∞ 2 n+2 2 2 n+2
n∈N
diverge.
X arctan n
2.3. Trouver la nature de la série .
n!
n≥1
arctan n
On pose un = ≥ 0.
n!
un+1
On a lim = lim arctan(n + 1) × n! = lim
arctan(n + 1)
×
1
= 0 < 1,
n→+∞ un n→+∞ (n + 1)! arctan n n→+∞ arctan n n+1
π X
car lim arctan n = . D’après la règle de d’Alembert, on en déduit que un converge.
n→+∞ 2
n≥1
1
2.4.a. Montrer que la fonction f (x) = est décroissante pour x > 1. Qu’en
x ln x

2
 
1
déduit-on pour la suite ?
n ln n n≥2
1 + ln x
En dérivant f 0 (x) = − 2
< 0 pour x > 1, donc f est décroissante pour x > 1. On en
 (x lnx)
1
déduit que la suite est décroissante.
n ln n n≥2
X (−1)n
2.4.b. En déduire la nature de la série .
n ln n
n≥2  
1 1
On sait que ≥ 0 pour n ≥ 2. De plus, la suite est décroissante et
n ln n n ln n n≥2
1 X (−1)n
lim = 0 . D’après le critère des séries alternées, on en déduit que converge.
n→+∞ n ln n n ln n
n≥2
2.5.a. Rappeler le développement limité de exp en 0 à l’ordre 2.
x2
En 0, exp(x) = 1 + x + + o(x2 ).
2
X (−1)n
  
2.5.b. En déduire la nature de exp √ −1 .
n
n≥1
(−1)n (−1)n (−1)n
   
1 1
Comme lim √ = 0, on en déduit que exp √ −1 = √ + +o ,
n→+∞ n n n 2n n
(−1)n (−1)n

1
c’est-à-dire que exp √ −1= √ + vn , où vn ∼ .
n n n→+∞ 2n
1 X 1 X
Or vn ∼ ≥ 0 et diverge. Donc par le théorème de comparaison, vn diverge.
n→+∞ 2n 2n
1 1
De plus, √ est une suite décroissante, positive et lim √ = 0, donc d’après le
n n n→+∞ n
X (−1)n
théorème des séries alternées, √ converge.
n
n≥1
X (−1)n
  
Donc la série exp √ − 1 diverge comme somme d’une série convergente et d’une
n
n≥1
série divergente.
1
2.6.a. Rappeler le développement limité de en 0 à l’ordre 1.
1+x
1
En 0, = 1 − x + o(x).
1+x
X (−1)n √n
2.6.b. En déduire la nature de .
n+1
√ n∈N
(−1)n n (−1)n 1
On met en facteur = √ × .
n+1 √ n 1+ 1/n
(−1)n n (−1)n (−1)n (−1)n
   
1 1 1 1
Comme lim = 0, = √ 1− +o = √ − 3/2 + o =
n→+∞ n n+1 n n n n n n3/2
(−1)n (−1)n
√ + vn , où vn ∼ .
n n→+∞ n3/2
1 X 1
Or |vn | ∼ 3/2
≥ 0 et converge (série de Riemann avec α = 3/2 > 1), donc par
n→+∞ n
Xn3/2
le théorème de comparaison, vn converge absolument et donc converge.

3
X (−1)n
De plus, comme à la question 2.5.b., √ converge.
n
n≥1
X (−1)n √n
Donc la série converge comme somme de deux séries convergentes.
n+1
n≥0

Exercice 3 : Intégrales généralisées Z +∞


1
3.1. Etudier la convergence des intégrales Iα = dt en fonction de
0 (1 + t2 )α
α > 0.
1
Pour tout α > 0, la fonction f : t → est continue sur R+ . Il n’y a donc qu’un seul
(1 + t2 )α Z +∞
1 1 1
problème en +∞. En +∞, on a 2 α
∼ 2α ≥ 0 et 2α
dt converge ssi 2α > 1.
(1 + t Z) t→+∞ t 1 t
+∞
1
Donc par le théorème de comparaison, dt converge ssi α > 1/2.
1 (1 + t2 )α
Z 1
1
De plus, 2 α
dt converge car f est continue sur [0, 1]. Donc Iα converge ssi α > 1/2.
0 (1 + t )
3.2. Calculer
Z +∞ I1 . Z X
1 1 π π
I1 = 2
dt. Or 2
dt = [arctan t]X
0 = arctan X → . Donc I1 = .
0 1 + t 0 1 + t X→+∞ 2 2
3.3. A l’aide d’une intégration par parties, montrer que I1 = 2(I1 − I2 ). En déduire
I2 . Z
X
1 1
Soit 2
dt. On fait une intégration par parties avec u0 (t) = 1 et v(t) = , soit
0 1+t 1 + t2
−2t
u(t) = t et v 0 (t) = . On obtient
(1 + t2 )2
X X Z X Z X
2t2 t2
Z 
1 t X
dt = + dt = + 2 dt
0 1 + t2 1 + t2 0 0 (1 + t )
2 2 1 + X2 2 2
0 (1 + t )
Z X 2 Z X Z X
X t +1−1 X 1 1
= 2
+2 2 2
dt = 2
+2 2
dt − 2 2 2
dt.
1+X 0 (1 + t ) 1+X 0 1+t 0 (1 + t )

X
En passant à la limite quand X → +∞, comme → 0, on obtient I1 = 2(I1 − I2 ).
1 + X2
π I1 π
Comme I1 = , I2 = = .
2 2 4
3.4. On cherche à calculer I3/2 .
sin x 1
3.4.a. Montrer que la dérivée de la fonction f (x) = tan x = vaut f 0 (x) = .
cos x cos2 x
1
Montrer également que = cos2 x.
1 + tan2 x
(cos x)2 + (sin x)2 1 1 1
En dérivant f 0 (x) = = . De plus, = =
(cos x)2 cos2 x 1 + tan2 x sin2 x
1+
cos2 x
2
cos x
= cos2 x.
cos x + sin2 x
2

4
Z x
1
3.4.b. Faire le changement de variable t = tan u dans l’intégrale dt
0 (1 + t2 )3/2
Z x Z arctan(x)
1
pour obtenir 2 3/2
dt = cos u du.
0 (1 + t ) 0
Z x Z arctanx Z arctan(x)
1 3 du
Par changement de variable, 2 3/2
dt = cos u 2 = cos u du,
0 (1 + t ) 0 cos u 0
d’après la question précédente.
3.4.c. En déduire la valeur de I3/2 .
Z x
1 arctan(x) π
Donc 2 )3/2
dt = [sin u]0 = sin(arctan(x)) → sin( ) = 1. Donc I3/2 = 1.
0 (1 + t x→+∞ 2

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