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UNIVERSITÉ de NICE – SOPHIA ANTIPOLIS

UFR SCIENCES
Licence 2 MI

Examen d’Intégrales et Séries 2007–2008

Examen de 2ème session du Jeudi 17 Janvier 2008

Durée : 2h00
Les documents, calculatrices,... ne sont pas autorisés.

Exercice 1 : (8 points) Séries de fonctions


x
On considère pour n ∈ N∗ fn (x) = 1 − exp − 2 définie pour x ≥ 0 et la série de
X n
fonctions F (x) = fn (x).
n≥1
(1.5 point) 1.1. Rappeler le développement limité de et à l’ordre 1 quand t → 0,
t
puis donner un Xéquivalent simple de 1 − e quand t → 0. Montrer alors que la série
de fonctions fn converge simplement sur R+ .
n≥1
et = 1 + t + o(t) quand t → 0 et donc 1 − et = −t + o(t), c’est-à-dire 1 − et ∼ −t quand t → 0.
x x
Soit x ∈ R+ , on a donc fn (x) = 1 − exp − 2 ∼ ≥ 0. Or d’après le critère de
X x n n→+∞ n2
Riemann, la série converge. Donc, d’après le théorème de comparaison des séries, la
n2
n≥1
X X x
série fn (x) = 1 − exp − 2 converge.
n
n≥1 n≥1
X
Donc la série de fonctions fn converge simplement sur R+ .
n≥1
X
(1.5 point) 1.2.a. Calculer fn0 et déterminer sup |fn (x)|. Est-ce que la série fn
x≥0 n≥1
converge normalement sur R+ ?
1 x
fn0 (x) = 2 exp − 2 ≥ 0 pour tout x ≥ 0. fn est donc une fonction croissante. Des plus,
n n
elle est positive pour x ≥ 0. Donc sup |fn (x)| = sup fn (x) = lim fn (x) = 1.
x≥0 x≥0 x→+∞
X X X
Or 1 diverge donc sup |fn (x)| diverge et la série fn ne converge pas normalement
n≥1 n≥1 x≥0 n≥1
sur R+ . X
(1 point) 1.2.b. Soit a > 0. Calculer sup |fn (x)|. La série fn converge-t-elle
x∈[0,a] n≥1
normalement sur [0, a] ?
a
Puisque fn est croissante et positive, sup |fn (x)| = fn (a) = 1 − exp − 2 . Or d’après la
x∈[0,a] n
X X a X
question 1.1., la série fn (a) = 1 − exp − 2 converge. Donc, la série fn converge
n
n≥1 n≥1 n≥1

1
normalement sur [0, a].
(2 points) 1.2.c. Pourquoi la fonction F est-elle bien définie sur R+ ? Est-elle conti-
nue sur R+ ? Justifier. X
D’après la question 1.1., la série de fonctions fn converge simplement sur R+ . La fonction
n≥1
F est donc bien définie sur R+ . X
D’après la question 1.2.b., la série fn converge normalement sur [0, a], donc uniformément
n≥1
sur [0, a]. De plus, les fonctions fn sont continues sur [0, a], donc d’après le théorème de
continuité des séries de fonctions, la fonction F est continue sur [0, a].
Comme
[ ceci est vrai pour tout a > 0, on en déduit que la fonction F est continue sur
[0, a] = R+ .
a>0
(2 points) 1.3. Déterminer sup |fn0 (x)|. En déduire que la fonction F est dérivable
x≥0
+∞
X 1 x
sur R+ , et que si x ≥ 0, F 0 (x) = 2
exp − 2 .
n n
n=1
1 x 1
fn0 (x)
= 2 exp − 2 est une fonction décroissante et positive donc sup |fn0 (x)| = fn0 (0) = 2 .
n n x≥0 n
X 1 X X
0 0
Or la série converge,donc sup |fn (x)| converge et la série fn converge nor-
n2 x≥0
n≥1 n≥1 n≥1
malement sur R+ . Elle converge +
X donc uniformément sur R . De plus, les fonctions fn sont
+
dérivables sur R , et la série fn (0) converge donc d’après le théorème de dérivabilité des
n≥1
séries de fonctions, la fonction F est dérivable sur R+ .

Exercice 2 : (8 points) Intégrales généralisées


+∞
e−t
Z
(1,5 point) 2.1. On cherche à étudier la convergence de l’intégrale sin(t) dt.
0 t3
e−t
Donner un équivalent simple de sin(t) 3 quand t → 0. En déduire la nature de
t
e−t
Z 1
l’intégrale sin(t) 3 dt, en rappelant précisément les hypothèses du résultat
0 t
e−t
Z +∞
utilisé. Quelle est la nature de l’intégrale sin(t) 3 dt ?
0 t
e −t 1
Quand t → 0, sin(t) ∼ t et e−t ∼ 1 et donc sin(t) 3 ∼ 2 .
Zt 1 t
e−t 1 1
On a donc sin(t) 3 ∼ 2 ≥ 0 quand t → 0. Or 2
dt diverge car 2 > 1, donc d’après le
t t 0Z t
1
e−t
théorème d’équivalence des intégrales généralisées, sin(t) 3 dt diverge.
0 t
e−t
Z +∞
On en déduit que sin(t) 3 dt diverge.
0 t
e−t
Z +∞
2.2. On considère la convergence de l’intégrale sin(t) dt.
0 t
e−t
(0,5 point) 2.2.a. Donner un équivalent simple de sin(t) quand t → 0. En déduire
t

2
1
e−t
Z
rapidement la nature de l’intégrale sin(t) dt.
0 t
e−t
Quand t → 0, sin(t) ∼ 1. La fonction est donc prolongeable par continuité en 0 et
t
l’intégrale est convergente.
e−t
 
1
(1,5 point) 2.2.b. Vérifier que lorsque t → +∞, sin(t) = o 2 . En déduire la
t t
e−t
Z +∞
nature de l’intégrale sin(t) dt, en citant le théorème utilisé.
1 t
Par les croissances comparées, lim te = 0. Or sin(t)te−t ≤ te−t donc lim sin(t)te−t = 0.
−t

t→+∞ t→+∞
e−t
 
1
On en déduit que lorsque t → +∞, sin(t) =o 2 .
t t
e−t
Z +∞ Z +∞
1 1
Or 2 ≥ 0 et dt converge car 2 > 1 donc par théorème de comparaisons, sin(t) dt
t 1 t2 1 t
converge.
e−t
Z +∞
(0,5 point) 2.2.c. Quelle est la nature de sin(t) dt ?
0 t Z
e−t e−t e−t
Z 1 Z +∞ +∞
sin(t) dt converge et sin(t) dt converge, donc sin(t) dt converge.
0 t 1 t 0 Z t
+∞
(1 point) 2.3. On considère la convergence de l’intégrale sin(t) dt. Calculer
Z X Z +∞ 0

sin(t) dt et en déduire la nature de sin(t) dt.


Z0 X 0

sin(t) dt = [− cos(t)]X0 = 1 − cos(X). Or cos(X) n’admet pas de limite quand X → +∞,


0 Z +∞
donc sin(t) dt diverge.
0 Z +∞
sin(t)
2.4. On considère la convergence de l’intégrale 1/2
dt. On admet que
Z 1 0 t
sin(t)
dt converge.
0 t1/2 Z +∞
cos(t)
(1 point) 2.4.a. Montrer que dt est absolument convergente, en vérifiant
1 t3/2
les hypothèses du théorème utilisé. Z +∞
cos(t) 1 1
Pour t ∈ R, | cos(t)| ≤ 1 et 0 ≤ 3/2 ≤ 3/2 . Or

3/2
dt converge car 3/2 > 1, donc
t t 1 t Z +∞
cos(t)
d’après le théorème de comparaisons des intégrales généralisées, t3/2 dt converge et

Z +∞ 1
cos(t)
donc dt est absolument convergente.
1 t3/2 Z +∞
sin(t)
(2 points) 2.4.b. Montrer que 1/2
dt converge à l’aide d’une intégration par
Z X 1 t Z +∞
sin(t) sin(t)
parties sur 1/2
dt. Quelle est la nature de dt ?
1 t 0 t1/2

3
Z X
sin(t)
Une intégration par parties sur dt donne
1 t1/2
X
cos(t) X 1 X cos(t) cos(X) 1 X cos(t)
Z   Z Z
sin(t)
dt = − 1/2 − dt = cos(1) − − dt.
1 t1/2 t 1 2 1 t3/2 X 1/2 2 1 t3/2
Z +∞
cos(t)
Or d’après la question 2.4.a., dt est absolument convergente et donc conver-
1Z t3/2
X
cos(t) cos(X)
gente. On en déduit que lim 3/2
dt existe. De plus, lim = 0, donc
X→+∞ 1 tZ X→+∞ X 1/2
Z X +∞
sin(t) sin(t)
lim 1/2
dt existe. Finalement, dt converge.
X→+∞ 1
Z 1 t Z +∞ 1 t1/2
sin(t) sin(t)
Or 1/2
dt converge, donc dt converge.
0 t 0 t1/2

Exercice 3 : (6 points) Séries de Fourier


Soit f : R → R, 2π-périodique, et telle que f (t) = |t| pour t ∈] − π, π].
(0.5 point) 3.1. Dessiner cette fonction sur l’intervalle [−2π, 2π].

(2.5 points) 3.2.a. Calculer les coefficients de Fourier de f . On montrera en par-


4
ticulier que a0 = π et que a2p+1 = − pour tout p ≥ 0 et que a2p = 0 pour
π(2p + 1)2
p ≥ 1.
La fonction f est paire. On sait donc que les Z coefficients bn Z= π0.
1 π 2
Calculons les coefficients an . On a a0 = f (t) dt = f (t) dt car f est paire. Donc
π −π π 0
π
2 π 2 t2
Z  
a0 = t dt = = π.
π 0 π 2 0 Z
1 π 2 π
Z
De plus, pour n 6= 0, an = f (t) cos(nt) dt = f (t) cos(nt) dt car f est paire. Donc,
π −π π 0
2 sin(nt) π 2 π sin(nt)
Z π   Z
2
par une intégration par parties, an = t cos(nt) dt = t − dt =
 π π 0 π n 0 π 0 n
2 cos(nt) 2
0+ 2
car sin(nπ) = 0. Finalement, an = 2
((−1)n − 1) .
π n 0 πn
Finalement, on a pour n pair, n 6= 0, an = 0, c’est-à-dire a2p = 0 pour p ≥ 1 et pour n impair,
4 4
an = − 2 , c’est-à-dire a2p+1 = − pour tout p ≥ 0.
πn π(2p + 1)2
(0.5 point) 3.2.b. En déduire la série de Fourier de f .
a0 X π 4X 1
On a donc S(f ) = + an cos(nx) = − cos((2p + 1)x).
2 2 π (2p + 1)2
n≥1 p≥0
(1 point) 3.3.a. Expliquer pourquoi la série de Fourier de f converge et donner la
valeur de sa somme (on rappellera précisément l’énoncé du théorème utilisé).

4
Or on remarque ici que f est dérivable par morceaux sur [−π, π] et continue sur [−π, π].
On peut donc appliquer le théorème de Dirichlet et la série de Fourier de f , S(f ), converge
simplement vers la fonction f sur R, c’est-à-dire pour tout x ∈ R, on a l’égalité suivante
π 4X 1
f (x) = − cos((2p + 1)x).
2 π (2p + 1)2
p≥0
+∞
X 1
(0.5 point) 3.3.b. En déduire la somme de la série suivante : .
(2p + 1)2
p=0
π 4X 1
En particulier pour x = 0, on obtient d’après la question 3.3.a., f (0) = 0 = − ,
2 π (2p + 1)2
p≥0
X 1 π2
c’est-à-dire = .
(2p + 1)2 8
p≥0
+∞
X 1
(1 point) 3.4. Calculer également en précisant le résultat utilisé.
(2p + 1)4
p=0
1 π a2 X 2
Z
On applique l’égalité de Parseval : f (t)2 dt = 0 + an .
π −π 2
n≥1
 π
1 π 2 π 2 2 t3 2π 2
Z Z
On calcule f (t)2 dt = t dt = = .
π −π π 0 π 3 0 3
2π 2 π2 16 X 1 X 1 π4
Et on a donc l’égalité = + 2 , donc = .
3 2 π (2p + 1)4 (2p + 1)4 96
p≥0 p≥0