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UNIVERSITÉ de NICE – SOPHIA ANTIPOLIS

UFR SCIENCES
Licence 2 MI

Examen d’Intégrales et Séries 2007–2008

Examen du Mardi 11 décembre 2007

Durée : 2h00
Les documents, calculatrices,... ne sont pas autorisés.

Exercice 1 : (9 points) Séries de fonctions


x
Soit fn : R+ → R définie pour n ≥ 1 par fn (x) = e−nx .
n
+∞
X
1.1. En séparant le cas x = 0, montrer que la série fn converge simplement
n=1
sur R+ . X
Soit x = 0, fn (0) = 0 et 0 converge.
n≥1
Soit x > 0, soit on utilise le critère de d’Alembert, soit on utilise un théorème de comparaison
avec o.
x −(n+1)x n nx n −x
Par le critère de d’Alembert : lim e × e = lim e = e−x < 1
n→+∞ n + 1 x n→+∞ n + 1
+∞
X
car x > 0. On en déduit que fn (x) converge.
n=1  
x −nx 1
Par le théorème de comparaison avec o : fn (x) = e = o quand n → +∞. Or
n n2
+∞
1 X 1 X
≥ 0 et converge, donc par le théorème de comparaison, fn (x) converge.
n2 n2
n≥1 n=1
1.2. On peut ainsi définir sur R+ la somme de la série de fonctions F (x) =
+∞ +∞
X X x −nx
fn (x) = e .
n
n=1 n=1
+∞
X
1.2.a. Calculer fn0 et en déduire sup |fn (x)| pour n ≥ 1. Montrer que la série fn
x∈R+ n=1
converge normalement sur R+ .
1 e−nx
fn0 (x) = e−nx − xe−nx = (1 − nx). On en déduit le tableau de variation suivant :
n n
x 0 1/n +∞
0
fn (x) + 0 –
1 X 1
fn (1/n) On a donc sup |fn (x)| = fn (1/n) = 2
. Or
x∈R+ en n2
fn % & n≥1
0 0

1
X +∞
X
converge, donc sup |fn (x)| converge, c’est-à-dire la série fn converge normalement
+
n≥1 x∈R n=1
sur R+ .
1.2.b. En déduire que F est continue sur R+ .
+∞
X
Pour tout n ≥ 1, fn est continue sur R+ . De plus, la série fn converge normalement donc
n=1
uniformément sur R+ , donc d’après le théorème de continuité des séries de fonctions, F est
continue sur R+ .
+∞
X
1.3.a. Calculer fn00 et en déduire sup |fn0 (x)| pour n ≥ 1. La série fn0 converge-
x∈R+ n=1
t-elle normalement sur ? R+
ne −nx
fn00 (x) = − − e−nx (1 − nx) = −e−nx (2 − nx). On en déduit le tableau de variation
n
x 0 2/n +∞
00
fn (x) – 0 +
suivant : 1/n 0 On a donc sup |fn0 (x)| = fn0 (0) =
fn0 & % x∈R+
1
fn0 (2/n) = − 2
ne
+∞
1 X1 X X
. Or diverge, donc sup |fn0 (x)| diverge, c’est-à-dire la série fn0 ne converge pas
n n x∈R +
n≥1 n≥1 n=1
normalement sur R+ .
1.3.b. Que vaut sup |fn0 (x)| pour n ≥ 1 ?
x∈[2,+∞[
e−2n
Pour n ≥ 1, 2/n ≤ 2 et donc sup |fn0 (x)| = |fn0 (2)| = (2n − 1).
x∈[2,+∞[ n
+∞
X 2n − 1 −2n
1.3.c. Déterminer la nature de e . En déduire la convergence normale
n
n=1
+∞
X
de la série fn0 sur [2, +∞[.
n=1
+∞
2n − 1 −2n X
On a e ∼ e−2n quand n → +∞. De plus e−2n ≥ 0 et e−2n converge (série
n
n=1
géométrique de raison e−2 < 1). Donc d’après le théorème de comparaison par équivalents
+∞
X 2n − 1 −2n
des séries, la série e converge.
n
n=1
+∞
X +∞
X
On en déduit que la série sup |fn0 (x)| converge, c’est-à-dire que la série fn0 converge
n=1 x∈[2,+∞[ n=1
normalement sur [2, +∞[.
1.3.d. En déduire que F est dérivable sur [2, +∞[.
+∞
X
On sait d’après la question 1.1. que la série fn (2) converge. Les fonctions fn sont dérivables
n=1

2
+∞
X
sur [2, +∞[. De plus, la série fn0 converge normalement donc uniformément sur [2, +∞[.
n=1
Donc d’après le théorème de dérivabilité des séries de fonctions, F est dérivable sur [2, +∞[.

Exercice 2 : (6 points) Séries entières


X (−1)n
2.1. On considère la série entière f (x) = xn . Déterminer son rayon de
2n + 1
n≥0
convergence.
(−1)n
f est une série entière avec an = . On utilise le critère de d’Alembert pour les séries
2n + 1
(−1)n+1 2n + 1

an+1
entières : lim = lim × = lim 2n + 1 = 1. Le rayon de conver-
n→+∞ an n→+∞ 2n + 3 n
(−1) n→+∞ 2n + 3
gence de la série entière vaut donc R = 1.
2.2.a.
√ Montrer que pour certains x ≥ 0, f peut se mettre sous la forme f (x) =
g( x) X (−1)n
√ , où g est la série entière g(x) = x2n+1 . Utiliser le rayon de f pour
x 2n + 1
n≥0
calculer le rayon de √g.
Pour x ≥ 0, on a x = ( x)2 .
X (−1)n X (−1)n √ 1 X (−1)n √ 2n+1
Donc f (x) = xn = ( x)2n = √ ( x) , c’est-à-dire
2n + 1 2n + 1 x 2n + 1
n≥0 n≥0 n≥0
√ X (−1)n
g( x) 2n+1
f (x) = √ , où g est la série entière g(x) = x .
x 2n + 1
n≥0
f est une série entière de rayon 1, elle converge donc pour x ∈] − 1, 1[ et diverge pour |x| > 1.
Comme g(x) = xf (x2 ), g converge également pour x ∈] − 1, 1[ et diverge pour |x| > 1. Donc
g est une série entière de rayon 1.
2.2.b. En citant soigneusement le théorème utilisé, dériver la fonction g et la
calculer sur un intervalle à préciser.
D’après le théorème de dérivation des séries entières, g est dérivable sur ] − 1, 1[ et g 0 (x) =
X 1
(−1)n x2n = .
1 + x2
n≥0
1
Donc pour x ∈]−1, 1[, g est la primitive de x → qui s’annule en 0, donc g(x) = arctanx.
1 + x2
2.2.c. En déduire √ une expression de f sur [0, 1[.
g( x)
Comme f (x) = √ pour x ≥ 0 et que g(x) = arctanx pour x ∈] − 1, 1[, on en déduit que
x √
arctan( x)
pour x ∈ [0, 1[, f (x) = √ .
x
X (−1)n
2.2.d. En justifiant soigneusement, calculer la valeur de la série .
2n + 1
n≥0
X (−1)n
f est une série entière de rayon 1 et converge d’après le théorème des séries
2n + 1
n≥0
alternées. En utilisant le théorème de continuité
√ des séries entières aux bords, on en déduit
arctan( x)
que f est continue en 1. De plus, x → √ est également continue en 1. En passant
x

3

arctan( x)
à la limite quand x → 1 dans l’équation f (x) = √ , on obtient donc que f (1) =
x
X (−1)n π
= arctan(1) = .
2n + 1 4
n≥0

Exercice 3 : (6 points) Séries de Fourier Soit f : R → R, 2π-périodique, et telle


que f (t) = |t| pour t ∈] − π, π].
3.1. Dessiner cette fonction sur l’intervalle [−2π, 2π].

3.2.a. Calculer les coefficients de Fourier de f . On montrera en particulier que


4
a0 = π et que a2p+1 = − pour tout p ≥ 0 et que a2p = 0 pour p ≥ 1.
π(2p + 1)2
La fonction f est paire. On sait donc que les Z coefficients bn Z= π0.
1 π 2
Calculons les coefficients an . On a a0 = f (t) dt = f (t) dt car f est paire. Donc
π −π π 0
Z π  2 π
2 2 t
a0 = t dt = = π.
π 0 π 2 0 Z
1 π 2 π
Z
De plus, pour n 6= 0, an = f (t) cos(nt) dt = f (t) cos(nt) dt car f est paire. Donc,
π −π π 0
2 sin(nt) π 2 π sin(nt)
Z π   Z
2
par une intégration par parties, an = t cos(nt) dt = t − dt =
 π π 0 π n 0 π 0 n
2 cos(nt) 2
0+ 2
car sin(nπ) = 0. Finalement, an = ((−1)n − 1) .
π n 0 πn2
Finalement, on a pour n pair, n 6= 0, an = 0, c’est-à-dire a2p = 0 pour p ≥ 1 et pour n impair,
4 4
an = − 2 , c’est-à-dire a2p+1 = − pour tout p ≥ 0.
πn π(2p + 1)2
3.2.b. En déduire la série de Fourier de f .
a0 X π 4X 1
On a donc S(f ) = + an cos(nx) = − cos((2p + 1)x).
2 2 π (2p + 1)2
n≥1 p≥0
3.3.a. Expliquer pourquoi la série de Fourier de f converge et donner la valeur
de sa somme (on rappellera précisément l’énoncé du théorème utilisé).
Or on remarque ici que f est dérivable par morceaux sur [−π, π] et continue sur [−π, π].
On peut donc appliquer le théorème de Dirichlet et la série de Fourier de f , S(f ), converge
simplement vers la fonction f sur R, c’est-à-dire pour tout x ∈ R, on a l’égalité suivante
π 4X 1
f (x) = − cos((2p + 1)x).
2 π (2p + 1)2
p≥0
+∞
X 1
3.3.b. En déduire la somme de la série suivante : .
(2p + 1)2
p=0
π 4X 1
En particulier pour x = 0, on obtient d’après la question 3.3.a., f (0) = 0 = − ,
2 π (2p + 1)2
p≥0

4
X 1 π2
c’est-à-dire = .
(2p + 1)2 8
p≥0
+∞
X 1
3.4. Calculer également en précisant le résultat utilisé.
(2p + 1)4
p=0
1 π a2 X 2
Z
On applique l’égalité de Parseval : f (t)2 dt = 0 + an .
π −π 2
n≥1
 π
1 π 2 π 2 2 t3 2π 2
Z Z
2
On calcule f (t) dt = t dt = = .
π −π π 0 π 3 0 3
2π 2 π2 16 X 1 X 1 π4
Et on a donc l’égalité = + 2 , donc = .
3 2 π (2p + 1)4 (2p + 1)4 96
p≥0 p≥0