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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

*********** ***********
FACULTE DES ARTS LETTRES FACULTY OF ARTS LETTERS
ET SCIENCES HUMAINES AND SOCIAL SCIENCES

DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE
DEPARTMENT OF GEOGRAPHY

Unité De Formation Doctorale De Géographie


Geography Doctorate Training Unit

Mémoire présenté et soutenue en vue de l’obtention du diplôme de


ANALYSE DES INDICATEURS STATISTIQUES DE
LA SECHERESSE DANS LA VALLEE DE LA
BENOUE (NORD-CAMEROUN)

Master II Recherche en Géographie

Parcours : Géographie, Environnement Naturel et Aménagement (GENA)

Par

LODIGAM Moïse

Matricule : 14A028LF

Titulaire d’une Licence en Géographie

Sous la direction de :

Pr. BRING

Année académique 2018/2019


REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
*********** ***********
FACULTE DES ARTS LETTRES FACULTY OF ARTS LETTERS
ET SCIENCES HUMAINES AND SOCIAL SCIENCES

DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE
DEPARTMENT OF GEOGRAPHY

Unité De Formation Doctorale De Géographie


Geography Doctorate Training Unit

ANALYSE DES INDICATEURS STATISTIQUES DE


LA SECHERESSE DANS LA VALLEE DE LA
BENOUE (NORD-CAMEROUN)
Mémoire présenté et soutenue en vue de l’obtention du diplôme de

Master II Recherche en Géographie

Parcours : Géographie, Environnement Naturel et Aménagement (GENA)

Par

LODIGAM Moïse

Matricule : 14A028LF

Titulaire d’une Licence en Géographie

Sous la direction de :

Pr. BRING

Année académique 2018/2019


DEDICACE

A mes chers parents, GUIMBAI David et MADJILEMGOTO Jacqueline pour


l’amour qu’ils n’ont cessé de manifesté et les sacrifices accomplis durant mon
parcours académique jusqu’à la réalisation de ce mémoire.

I
Remerciements

Nous voulons reconnaitre à ce travail la grâce de DIEU, car malgré les


défis il nous a fortifiés.

Nous voulons reconnaitre l’apport de plusieurs personnes que ce soit


d’une manière directe ou indirecte, de près ou de loin pour la réalisation de ce
travail.

Nous voulons ici remercier grandement le Professeur BRING qui a bien


voulu dirigé ce travail malgré ses multiples tâches. Grâce à ses orientations,
ses conseils, nous avons pu produire ce travail.

Un merci particulier à M. Anaba Banimb Robert Christian pour son


temps et son énergie dépensés dans l’accomplissement de ce travail

Nous tenons à remercier le corps d’enseignant du Département de


géographie de l’Université de NGaoundéré qui n’a toujours cessé de multiplier
des efforts et des moyens pour nous transmettre le savoir, pour faire de nous
des étudiants bien formés durant notre parcours. Ce sont : Professeur IYA
Moussa, Professeur TCHOTSOUA Michel, Professeur WAKPONOU Anselme,
Professeur NDAME Joseph-Pierre, Professeur AOUDOU DOUA Sylvain, Dr
FOFIRI NZOSSIE Éric Joël, Dr PETNGA Simon Pierre, Dr Anne Marie
MABOULOUM sans oublier, Mme NJOYA ainsi que tous les autres ainés
académiques.

Nos remerciements vont également à l’endroit des différents services


administratifs, nous voulons dire merci pour leur accueil et pour nous avoir
facilité l’accès aux informations.

Nous voulons adresser notre profonde gratitude à mon oncle


LOTODINGAM SAMUEL et sans toutefois oublier maman ELDJOUMA Thérèse
pour le soutien qu’ils m’ont accordé durant mon parcours académique
jusqu’ici.

II
Nous voulons également remercier toute la famille entière pour les
différents encouragements : mes grand-mères LARSOL Miriam et MILCA, mes
tantes et oncles MBAINAISSEM Luc, MBAYAM Philémon, DEDA Justine,
DAOUSSSEM Fréderic, MEMADJI Marthe, MBAYOREUM Maurice,
NGINAMBAY Alain MILLAMEUM Rode, MENODJI Geneviève, NAISSEM SYNDI
Bébé Amélie, DJERROU Freddy.

A mes chers frères et sœurs KONODJI Charlie, MBANODJI Sonia


Lucrèce, DJEKADOM LOTODINGAM Fabien, SINGANODJI Bénédicte,
NDORAM Julien, NGAIMA MADINE Jean Blaise, IYA Calvin merci.

Merci à mes amis TOLDA Simplis, MIAMBE Alfredo, SIRWOWE


Abraham, PIDIMI Rachel, MBENA Anaba, KAMMEGNE Michèle.

Mes remerciements particuliers à MAIRAIRA Véronique.

Pour tous les camarades de la promotion (GENA-GEPRADD), nous


tenons à saluer les encouragements des uns et des autres et plus
particulièrement à MARIAM Véronique, TAYAMAOUBA Carole, LAMGNALE
DIDDI Nathalie, KIDMO Laurent, FOTSING JUNIOR Marcel, MENDOUGA
Ayissi, YACHTE Arafat, ALLAH-NGANGNON Gédéon.

Nos remerciements vont également à l’endroit de toute la communauté


de l’Aumônerie Protestante Universitaire de Ngaoundéré (APUN) et de l’Union
des Eglises Evangéliques au Cameroun et plus particulièrement à la chorale
CROSS RIVERS et la VOIE DE LA VICTOIRE pour le soutien moral et spirituel
indispensable.

A tous ceux dont nous n’avons pas pu les citer dans ce travail, merci
infiniment.

III
SOMMAIRE

DEDICACE............................................................................................................... I

Remerciements ....................................................................................................... II

SOMMAIRE ............................................................................................................ IV

LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................... V

LISTE DES PHOTOS ............................................................................................. VII

PLANCHE PHOTOGRAPHIQUE ............................................................................. VII

LISTE DES ANNEXES ........................................................................................... VII

SIGLES ET ABREVIATIONS .................................................................................VIII

Résumé…….. .......................................................................................................... X

Abstract…………………………………………….………………………………………………..X

INTRODUCTION GENERALE................................................................................... 1

PREMIERE PARTIE : UN MILIEU DOMINE PAR LE DRAINAGE DU FLEUVE BENOUE


ET GENERALITES SUR LES INDICATEURS CLIMATIQUES EN RAPPORT AVEC LA
SECHERESSE....................................................................................................... 24

Chapitre 1. Un milieu dominé par le drainage du fleuve Bénoué ........................... 26

1.1. Milieu physique .............................................................................................. 27

1.2. Cadre humain................................................................................................. 38

1.4. Historique de la sécheresse............................................................................. 43

Chapitre 2. Généralités sur les indicateurs climatiques en rapport avec la


sécheresse ............................................................................................................ 45

2.1. Différents indicateurs climatiques................................................................... 45

2.2. Les indicateurs de la variabilité climatique ..................................................... 50

2.3. Rôles des indicateurs des indicateurs climatiques .......................................... 56

DEUXIEME PARTIE : PERCEPTIONS, INDICATEURS LOCAUX ET ANALYSE DES


INDICATEURS STATISTIQUES DE LA SECHERESSE DANS LA VALLEE DE LA
BENOUE…............................................................................................................ 58

IV
Chapitre 3. Perceptions et indicateurs locaux de la sécheresse dans la vallée de la
Bénoué…………….…………………………………………………………………………………60

3.1. Les manifestations de la sécheresse et les types de sécheresses...................... 61

3.2. Perceptions de la sécheresse ........................................................................... 65

3.3. Les indicateurs locaux de la sécheresse ......................................................... 68

3.4. Les impacts de la sécheresse .......................................................................... 75

Chapitre 4 : Analyse des indicateurs statistiques de la sécheresse dans la vallée de la


Bénoué.................………………………………………………………………………………..81

4.1. Méthodes de suivi de la sécheresse et Indicateurs........................................... 82

4.2. Les indicateurs statistiques de la sècheresse ................................................. 82

DISCUSSION DES RESULTATS .......................................................................... 109

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS.......................................... 111

BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................. 114

ANNEXES…..……………………………………………………………………… …….123
TABLE DES MATIERES....................................................................................... 139

LISTE DES TABLEAUX


Tableau 1: Tableau synoptique de la recherche.......................................... 15
Tableau 2:Répartition de la population de la région du Nord par Département
et par Arrondissement/District, selon le sexe. ........................................... 39
Tableau 3: indicateurs climatiques ............................................................ 48
Tableau 4: indicateurs locaux de la sécheresse .......................................... 75
Tableau 5: Classification des séquences de sécheresse selon SPI ............... 92
Tableau 6: SPI des périodes sèches et humides de 1984 à 2019................. 93
Tableau 7: classification des séquences de sécheresse selon DI:................ 95
Tableau 8: DI des périodes sèches et humides de 1984 à 2019 .................. 95
Tableau 9: Classification de PN.................................................................. 97
Tableau 10: Périodes sèches et humides du PN de 1984 à 2019 à la station de
Garoua...................................................................................................... 97

V
Tableau 11: classification des sécheresses selon le RAI .............................. 99
Tableau 12: Valeur de la classification de RDI ......................................... 104

LISTE DE FIGURES
Figure 1. Zone d'étude ................................................................................. 9
Figure 2. Climat et Régions climatiques ..................................................... 29
Figure 3. Climat et Régions climatiques du Cameroun ............................... 29
Figure 4. Précipitations annuelles de 1920 à 2000..................................... 30
Figure 5. Hydrologie du Bassin versant de la Bénoué................................. 32
Figure 6. Sol du Bassin de la Bénoué ........................................................ 35
Figure 7. Relief du Nord Cameroun............................................................ 37
Figure 8. Les principaux flux de migrations humaines récentes dans la région
Nord-Cameroun. ....................................................................................... 41
Figure 9. Cadre logique pour le suivi – évaluation des mutations
environnementales en Afrique, y compris les changements climatiques et la
vulnérabilité des écosystèmes et des populations....................................... 46
Figure 11. Différents types de sécheresse et relations existant entre eux .... 65
Figure 12. Causes et conséquences des sécheresses .................................. 79
Figure 13. Hauteur des précipitations de 1984 à 2019 à la station de Garoua
................................................................................................................. 83
Figure 14. Température moyenne de 1984 à 2019 ..................................... 84
Figure 15. ETP annuel de 1984 à 2019 ...................................................... 84
Figure 16. Régime pluviothermique et évapotranspiratoire de 1984-2019 à la
station de Garoua...................................................................................... 85
Figure 17. Coefficient de d’autocorrélation des précipitations de 1984 à 2019
à la station de Garoua. .............................................................................. 87
Figure 18. Le test de Buishand et Ellipse de Bois appliqués à la station de
Garoua...................................................................................................... 88
Figure 19. Rupture selon le test de Pettitt .................................................. 89
Figure 20. Amplitude de la densité de probabilité ...................................... 90
Figure 21. Densité de probabilité de la position d'un changement .............. 91
Figure 22. Valeur moyenne du SPI de 1984 à 2019 à la station de Garoua. 93

VI
Figure 23. Indice de Décile annuel de 1984 à 2019 à la station.................. 96
Figure 24. Pourcentage de l’indice Normal de 1984 à 2019 ........................ 98
Figure 26. RAI de Mai de 1984 à 2019 ....................................................... 99
Figure 27. RAI de Juin de 1984 à 2019.................................................... 100
Figure 28.RAI de Juillet de 1984 à 2019 .................................................. 101
Figure 29. RAI d’Aout de 1984 à 2019 ..................................................... 101
Figure 30. RAI septembre 1984 à 2019 .................................................... 102
Figure 31. RAI Octobre 1984 à 2019........................................................ 102
Figure 32. RDI standardisé...................................................................... 105

LISTE DES PHOTOS


Photo 1. Savane arborée ............................................................................ 34
Photo 2. Le Karité comme indicateur de sécheresse ................................... 71

PLANCHE PHOTOGRAPHIQUE
Planche photographique 1. Le forage comme indicateur de sécheresse ....... 73

LISTE DES ANNEXES


Annexe 1. Décret portant réorganisation de l’ONACC ......................................... 123
Annexe 2. Presse du IPS ................................................................................................ 125
Annexe 3. Résultats des tests de rupture sur Khronostat ................................. 126
Annexe 4. Résultats du test de normalité ................................................................ 127
Annexe 5. Résultats du test de corrélation sur le rang ....................................... 128
Annexe 6. Hauteur de pluviométrie de 1984 à 2019............................................ 129
Annexe 7. Température moyenne mensuelle de 1984 à 2019 .......................... 130
Annexe 8. Attestation de recherche............................................................................ 131
Annexe 9. Test de détection de rupture sur Khronostat ..................................... 132
Annexe 10. Evapotranspiration potentielle.............................................................. 133
Annexe 11.RDI Normalisé.............................................................................................. 137
Annexe 12. Intervalle de confiance de l'autocorrélogramme.............................. 137
Annexe 13. Valeur de SPI, RDI normalisé et standardisé ................................. 138

VII
SIGLES ET ABREVIATIONS

ACC Adaptation aux Changements Climatiques


ADEME Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie
CDSE Cadre pour le Développement des Statistiques de l'Environnement
CEE Commission Economique pour l’Europe
CNSC Cadre National pour les Services Climatologiques
CNULCD Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la
Désertification

CPAP Plan d’Action des programmes des Pays


DI Indice de Déciles

GWP Global Water Partnership


IRAD Institut de Recherche Agricole pour le Développement
MEADEN Mission d’Etudes pour l’Aménagement et le Développement de la
province du Nord
MEAVSB Mission d’Etudes pour l’Aménagement de la Vallée Supérieure de
la Bénoué
MINADER Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural
MINMEE Ministère des Mines de l’Eau et de l’Energie
NDMC National Drought Mitigation Center

NOAA National Oceanic and Atmospheric Administration

OSS Observatoire du Sahara et du Sahel


ONACC Observatoire National sur les Changements Climatiques
PANGIRE Plan National de Gestion Intégrée des Ressources en Eau
PN Indice de Pourcentage à la Normal

PNACC Plan National d’Adaptation aux Changements Climatiques du


Cameroun

PNGE Plan National de Gestion de l’Environnement

RAI Indice d’Anomalie de pluviosité

VIII
RDI Indice de Reconnaissance de Sécheresse

SEMNORD Secteur Expérimental de Modernisation du Nord-Cameroun


SPI Indice de Précipitation standardisé

SRP Plan de Réponse Stratégique

WMO World Meteorological Organization

IX
Résumé
Le Nord Cameroun, comme toutes les régions tropicales a connu
l’alternance des périodes humides et sèches. Dans un contexte d’impact des
aléas climatiques (la sécheresse) sur l’homme et les ressources naturelles, les
efforts sont fournis pour le suivi et l’évaluation de ce phénomène ; il est
important d’évaluer les indicateurs appropriés, fiables et simple pour
caractériser la sécheresse dans la vallée de la Bénoué. La méthode de terrain
et la littérature ont permis d’identifier les indicateurs locaux ; et les méthodes
statistiques les indices de la sécheresse. La fréquence de poches de
sécheresses, la baisse du niveau d’eau dans les puits, les forages, rivières, le
comportement des plantes sont des bons indicateurs de prévision et d’impact.
L’analyse des données climatiques par les logiciels (Khronostat, MDM, DRINC)
ont permis détecter des périodes très sèches en 1987, 1991, 1997-2002,
2009 ; Les périodes très humides (1993-1996 ; 2012 ; 2018-2019). Le RDI qui
prends comme paramètres d’entrés les précipitations et l’ETP est plus fiable
que les SPI, PN, RAI qui prennent qu’un seul paramètre (les précipitations).
Mots clés : sécheresse, indicateur, rupture, perception, vallée de la Bénoué

Abstract
North Cameroon, like all tropical regions, has alternated between wet
and dry periods. In the context of the impact of climate hazards(drought) on
man and his natural resources, efforts are being made to monitor and evaluate
this phenomenon; it is important to evaluate the appropriate , reliable and
simple indicators to characterize the drought in the Bénoué valley. The field
method and literature identified local drought indicators, and the conventional
methods the indicators drought. The frequency of drought pockets, declining
water levels in wells, drilling, rivers and plant behavior are good predictors
and impact indicators. Analysis on climate data by software (Khronostat,
MDM, DRINC) made it possible detect very dry periods in 1987, 1991, 1997-
2002, 2002, 2009 and very wet periods (1993-1996, 2012; 2018-2019). The
RDI which takes precipitation and ETP as input parameters is more reliable
than the SPI, PN, RAI which take a single parameter (precipitation)

Keywords: drought, indicator, rupture, statistical tests, Bénoué Valley

X
INTRODUCTION GENERALE

La sécheresse est l’un des phénomènes qui a impacté les régions


tropicales ; Elle a eu des conséquences néfastes sur l’homme et ses activités.
La partie septentrionale du Cameroun a connu dans les années 1970 une
sécheresse causée par un déficit pluviométrique ayant provoqué le
déplacement de plusieurs personnes de l’Extrême-Nord vers le Bassin de la
Bénoué. Cette contrainte climatique a conduit plusieurs sociétés africaines à
développer des moyens et des savoirs faire pour s’adapter. Les modifications
des paramètres climatiques entrainent les fluctuations et la variabilité
d’éléments tels que la température, les précipitations, la pression
atmosphérique, l’humidité et le vent, ou alors d’un ensemble d’éléments
comme : des types de temps ou des phénomènes caractéristiques d’un lieu ou
d’une région, voire de l’ensemble de la planète, sur une période donnée.
Depuis le Sommet de Rio de Janeiro de 1992 baptisée Sommet de la terre à la
conférence des parties sur le climat de Paris, dite « COP21 » de 2015, en
passant par la Conférence des Nations Unies sur le développement durable de
2012 (Rio+20), un constat global s’est dégagé, à savoir l’amenuisement
progressif des ressources naturelles mobilisables. La principale cause
reconnue est le développement effréné industriel urbain et agricole auquel
s’ajoute une forte croissance démographique galopante dans certaines régions
du monde qui induit à son tour une augmentation sans cesse des besoins en
ressources naturelles. La combinaison de tous ces facteurs a un impact
négatif et grandissant sur l’environnement et est à l’origine des changements
climatiques. Le Cameroun ayant très tôt intégré ces préoccupations dans ses
stratégies de développement, à l’instar de celle déclinée dans le Document de
Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) ; Un cadre institutionnel a été
mis en place, par le réaménagement des organigrammes des institutions tels
que l’Institut National de la Statistique et le Ministère de l’Environnement, de
la protection de la nature de et du Développement Durable, y compris la
création de l’Observatoire National sur les Changements Climatiques
(ONACC).

1
1. PROBLEMATIQUE ET QUESTIONS DE RECHERCHE

1.1. QUESTIONS DE RECHERCHE


1.1.1.Question principale
Quels indicateurs sont les mieux adaptés pour l’observation de la
sécheresse dans la vallée de la Bénoué ?

1.1.2.Questions spécifiques

- Quels sont les indicateurs de la variabilité climatique et le rôle de ces


indicateurs pour le suivi de la sécheresse ?

- Quelles sont les relations entre les différents indicateurs de la


sécheresse étudiés dans la vallée de la Bénoué ?

1.2. PROBLEMATIQUE
1.2.1.Problème

Au regard des effets de la variabilité climatique observée d’une manière


générale au Cameroun et particulièrement dans la vallée de la Bénoué.
Plusieurs phénomènes climatiques (sécheresse, inondations, irrégularité des
précipitations…) affectent l’homme et ses activités. L’étude de ces phénomènes
se fait grâce à des indicateurs du climat. Ces derniers peuvent permettent de
suivre un phénomène et ou de faire des projections. Vue les impacts de ces
phénomènes cités précédemment, nous pensons qu’il est important de s’y
lancer. Le suivi de la sécheresse dans la partie septentrionale est de plus en
plus difficile ; si les prévisions météorologiques ont pour objectifs de suivre et
de proposer des solutions ou mesures d’adaptations aux phénomènes
météorologiques extrêmes, pourquoi l’on n’arrive toujours pas à s’adapter.
Selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), de 1967 à 1991, 1,4
milliards de personnes ont été affectées par les sécheresses et 1,3 milliards en
sont mortes de causes directes ou indirectes.
Nous voulons étudier les indicateurs entre eux selon les différentes
composantes du climat. C’est dans cette lancée que l’ONERC (Observatoire
national des effets du réchauffement climatique) dans sa note technique N°1
de mars 2005 dit que « L’analyse croisée d’indicateurs peut aussi fournir des
indications intéressantes sur de possibles liaisons entre les évolutions

2
constatées. En tant que « signaux » régulièrement actualisés, le jeu des
indicateurs constitue enfin un véritable tableau de bord sur l’état du climat,
auquel chacun peut se référer. »

Djoufack V (2011), dans sa thèse affirme que « pour déterminer un mois


sec, les indices comme ceux de Bagnouls et Gaussen (1957) intègrent la
combinaison de deux indicateurs résumant au mieux le climat à savoir la
température et les précipitations : un mois est sec lorsque ses précipitations
moyennes sont inférieures au double de la température moyenne. ». Nous
comprenons par la que, la combinaison de ces deux indicateurs a permis de
mieux apprécier la situation. C’est sur cet axe que nous voulons analyser les
indicateurs statistiques de la sécheresse entre eux, tout en identifiant ceux
qui sont fiables, simples, pertinents et faciles à calculer qui sont susceptible
de nous amener à mieux appréhender la sécheresse dans la vallée de la
Bénoué.

Selon Da Sylvestre (2017) dans ces travaux sur « l’état de l’art sur la
vulnérabilité des écosystèmes et des populations aux changements
climatiques en Afrique de l’Ouest », La combinaison d’indicateurs pour prédire
le niveau de vulnérabilité est la méthode la plus utilisée. L’un des atouts de
combiner plusieurs indicateurs est qu’il amène le plus souvent les auteurs à
prendre en compte l’aspect multidimensionnel de la vulnérabilité et à
s’appuyer sur la définition de la vulnérabilité donnée par le GIEC (2007).
L’OMM et le GWP (2016) dans le « Manuel des indicateurs de la sécheresse »,
parlant du choix des indicateurs ou des indices de suivi de la sécheresse ; il
est important de noter que l’indicateur ou l’indice qui est facile à utiliser ou
facilement accessible n’est pas forcément le meilleur ou le plus adapté. Tout
compte fait, le choix revient aux utilisateurs à l’échelon régional, national ou
local. Il est recommandé d’intégrer plusieurs indicateurs ou indices, ou un
indicateur ou indice composite ou hybride, dans un système d’alerte précoce
qui relève d’un plan global d’atténuation de la sécheresse. Cela suppose, en
principe, de réaliser des analyses approfondies et d’adopter une approche

3
expérimentale pour établir quels indicateurs sont le plus efficaces dans un
régime climatique, une région, un bassin ou un lieu donné.

Les données empiriques indiquent qu’aucun indicateur unique ne peut


suffire pour définir des repères comparatifs et des seuils de danger. De ce fait,
dans de nombreux pays, la détermination des moments auxquels une
sécheresse commence et prend fin continue à chicaner (embrouiller) les
scientifiques et décisionnaires. D’importance critique est la comparaison
systématique d’indicateurs multiples pour une appréciation globale de la
variabilité à court terme du climat et des décalages climatiques à plus long
terme (Wilhite, Hayes et Knutson, 2005).

2. CONTEXTE SCIENTIFIQUE ET CADRE GEOGRAPHIQUE

2.1. Contexte de l’étude

Les problématiques autour du changement climatique fait l’objet de


plusieurs recherches. Des travaux ont été faits sur la problématique de la
variabilité climatique dans le monde en générale et l’Afrique en particulier. Le
cas du Cameroun et surtout de sa partie septentrionale n’est pas à négliger.
Ces études ont été faites grâce à l’élaboration des indicateurs
environnementaux et plus précisément ceux dits météorologiques. Notons
d’entrer de jeux que la climatologie a pour objectifs : l’analyse des éléments
météorologiques qui constituent le climat, la recherche des causes qui
expliquent les différents climats et les fluctuations qui les accompagnent,
l’étude de l’interaction du climat et des sols, des matériaux, des êtres vivants,
des techniques et de l’activité économique et sociale.

C’est autour de ces objectifs que s’organisent toutes les recherches en


climatologie. Par les observations de terrain effectuées ce qui a conduit au
choix de ce thème, nous essayerons d’atteindre nos objectifs en tenant compte
de ceux cités ci-dessus.

4
Le Cameroun à travers le Document de Stratégie pour la Croissance et
l’Emploi (DSCE), la mise sur pied des institutions telles que l’Institut National
de la Statistique et le Ministère de l’Environnement, de la protection de la
nature de et du Développement Durable, y compris la création de
l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC), cherche à
répondre à une demande statistique sans cesse croissante, surtout liée à la
réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés par les
Nations Unies en 2015. Le Cameroun s’est doté d’une stratégie pour le
développement de la statistique, couvrant la période 2016-2020 et intégrant
la production des indicateurs pour le suivi/évaluation des ODD. Le projet de
produire et de publier un Atlas a démarré depuis 2012 par une analyse
situationnelle auprès des structures productrices des informations sur
l’environnement, suivi de la mise en place d’un répertoire des indicateurs
environnementaux prioritaires par thème.

Selon l’ONERC (Observation Nationale sur les Effets du Réchauffement


Climatique) en France, « La réflexion sur les vulnérabilités sectorielles,
notamment des organisations humaines et des dispositifs techniques
complexes, sera l’occasion de développer un certain nombre d’indicateurs de
vulnérabilité » l’un des objectifs était de mettre à disposition du public et des
décideurs un ensemble d’indicateurs de suivi du changement climatique, de
ses conséquences et des mesures d’adaptation. Dans ce document il nous est
présenté quelques indicateurs. L’ONERC estime que « L’analyse croisée
d’indicateurs peut aussi fournir des indications intéressantes sur de possibles
liaisons entre les évolutions constatées. En tant que « signaux » régulièrement
actualisés, le jeu des indicateurs constitue enfin un véritable tableau de bord
sur l’état du climat, auquel chacun peut se référer. »
Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et Partenariat
mondial pour l’eau (GWP), 2016 : Manuel des indicateurs et indices de
sécheresse (M. Svoboda et B.A. Fuchs), Programme de gestion intégrée des
sécheresses, Integrated Drought Management Programme Tools and
Guidelines Séries 2, Genève. Le suivi des sécheresses fait fréquemment appel
à des indicateurs ou des indices qui varient selon la région et la saison. Les

5
indicateurs et les indices présentés décrivent les caractéristiques
hydrométéorologiques des sécheresses, sans considérer les facteurs socio-
économiques et environnementaux.
Fomo M.A, en collaboration avec l’Institut Nationale de Statistique et
du développement durable dans l’Atelier sur les statistiques de l’appui à la
mise en œuvre du CDSE 2013 Libreville 27 novembre au 1er décembre 2017.
Changements climatiques et indicateurs de mesure ; dans l’un de ses axes ces
a proposé la formulation des indicateurs pour la surveillance des changements
climatiques sur plusieurs domaines.
Dans le Recueil de littérature internationale, l’ADEME (l’Agence De
l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) qui a pour thème les
Adaptations aux changements climatiques, « L’étude repose sur une revue des
indicateurs existants et le développement d’un processus de construction
d’indicateurs de vulnérabilité. » (2010).
Soubeyroux J.M, dans le cadre de « la restitution du projet
Extremoscope » (juin 2017) en France présente les indicateurs pour les
phénomènes extrêmes. Projet dont l’objectif est de « disposer d’indicateur pour
caractériser et qualifier un événement extrême qui vient de se produire (vague
de chaleur/froid, pluie intense ou sécheresse) en contexte de changement
climatique ». Cet auteur nous présente les différents types de données et
l’importance des jeux de données climatiques et météorologiques en France.
Cette étude lui a permis de définir les indicateurs qui pourront l’aider à
caractériser les phénomènes extrêmes rencontrés en France.
L’Institut National de Santé Publique du Québec (avril 2009), dans sa
« synthèse de connaissance », nous présente l’utilisation des indicateurs
météorologiques de la présence de vecteurs du virus Nil occidental. Cette
synthèse a pour objectif « d’évaluer le potentiel d’utilisation de la température
et des niveaux de précipitations à titre d’indicateurs météorologiques de la
présence de certains vecteurs du virus du Nil occidental (VNO) au Québec ».
La combinaison des indicateurs de températures et précipitations ont permis
de faire des prédictions sur la croissance et l’abondance des Culex (Genre de
moustiques dont plusieurs espèces sont des parasites hématophages vecteurs
de maladies).

6
Dans le rapport final présenté par Moktar1 L., Johann
J., Line P.L et Jessica B (2016), sur l’adaptation aux changements
climatique, notons que ceux-ci ont présenté
les résultats de recherche obtenus dans le cadre du projet intitulé « Analyse
des indicateurs en adaptation aux changements climatiques (ACC) utilisés
dans certains pays de l’Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE) : le cas de la gestion côtière» tout en ressortissant
les indicateurs utilisés dans certains pays notamment (Australie, Etats-Unis,
Canada, France,…..).
Dans cette même optique, le rapport final du Projet SICFOR2 en France
en mars 2014, nous présente un travail sur la mise sur pied des indicateurs
du changement climatique en forêt. Ce projet a permis d’identifier, de définir,
de classifier les différents indicateurs dans le domaine de la forêt en France.
Les travaux de Dogan en 2012 a démontré que la prise en compte de plus
d’un indicateur et ou indice de la sécheresse pourrait donner certains
avantages, car la comparaison et la combinaison de différents indices
permettront de :
Mieux caractériser les sécheresses ;
Examiner la sensibilité et la précision des indicateurs des sécheresses ;
Etudier la corrélation entre les indicateurs ;
Explorer la cohérence des indicateurs de sécheresse dans le contexte d’un
objectif spécifique

1 Ce rapport final présente les résultats


des études de cas réalisées et met en relief les aspects institutionnels, notamment e
n ce qui concerne la gouvernance ainsi que l’utilité de l’information,
associés à l’élaboration et à la mise en œuvre d’indicateurs d’ACC en matière de
gestion côtière.

2
Rapport final du Projet SICFOR (Du Suivi aux Indicateurs du Changement
Climatique en Forêt) en Mars 2014. Projet financé par le Ministère de l’agriculture,
de l’agroalimentaire et de la forêt. Rapport dont l’objectif est « d’établir un jeu
d’indicateurs du changement climatique en forêt en mettant en œuvre une expertise
collective permettant la sélection d’indicateurs représentatifs et variés. »
7
2.2 Cadre géographique

La partie camerounaise du bassin de la Bénoué est encadrée par le


parallèle 8° N et 11° N et par le méridien 12 E et 16 E. Ses limites, celles de
ses subdivisions (bassins du Faro, du Mayo Kébi, de la haute Bénoué ou
Boubandjida) (figure 1). Le cours d’eau Bénoué3 est long d’environ 1400 km.
Il prend sa source dans le massif de l'Adamaoua au Nord du Cameroun, puis
se dirige à l'Ouest vers le Nigeria en passant par la ville de Garoua, avant de
se jeter dans le fleuve Niger à Lokoja. Avec débit moyen annuel d’environ 360
m3/s à la frontière avec le Nigeria, sa longueur au Cameroun est de 390 km
et peut être divisé en trois parties : la haute Bénoué, la moyenne Bénoué et la
partie inférieure.
La Vallée4 de la Bénoué est une vaste plaine située au centre de la région
du Nord entre le 12° et 15° de longitude Est et entre le 6° et 11° de latitude
Nord5. C’est une zone de transition entre la forêt humide au Sud et la savane
sèche ouverte du Nord. Les précipitations moyennes varient entre 900 mm et
1500 mm, la température moyenne annuelle est de 28°C. Elle est constituée
de plusieurs localités parmi lesquelles l’on retrouve : Garoua, Lagdo, Ngong,
Bashéo, Bibémi, Dembo, Gashiga, Mayo -Hourna, Pitoa, Touroua. Elle dispose
d’une superficie d’environ 13614 km² et se caractérise par la présence du
fleuve Bénoué. Ce fleuve est le principal affluent du fleuve Niger. Il prend
source dans les massifs de l’Adamaoua, dispose d’une longueur de 1400 km,
un bassin de 335035 km², son bassin collecteur est le Niger et son débit moyen
est de 3400 mètres cube par seconde.

La Bénoué, dans son cours camerounais et tchadien, draine un bassin


versant de 97000 km² dont 60000 km² au Sud du parallèle de Garoua ; le
reste au Nord et à l'Est. Sa longueur totale, de la source à la confluence avec
le Faro, est de 350 km dont 220 km en amont du barrage et 130 en aval.

3 PANGIRE (2009)
4 Monographie de la ville de Garoua, 2018, pp.1-9.
5 D. Tcheumeni, 2007, « Les missions d’aménagement dans la stratégie de

développement économique et social du Cameroun : cas de la MEAVSB (Nord-


Cameroun) de 1973 à nos jours », mémoire de DEA en Histoire, Université de
Ngaoundéré, p.42.
8
Le climat de la région est caractérisé par deux saisons fortement
contrastées dont une longue saison sèche (de novembre à mai) et une courte
saison pluvieuse (de mai à octobre) (Olivry, 1986). Par ailleurs, il est
généralement marqué par des années exceptionnelles tant pour les
précipitations que pour la sécheresse. Ce qui affecte particulièrement le régime
hydrologique de la Bénoué. De nos jours, l’on perçoit une longue saison sèche
qui varie entre 7 à 8 mois.

Figure 1. Zone d'étude

9
3. OBJECTIFS ET INTERET DE LA RECHERCHE
3.1. Objectifs
3.1.1.1. Objectif principal

- Proposer des indicateurs simples, fiables et rapides pour l’évaluation


de l’état de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué.

3.1.1.2. Objectifs spécifiques


- Présenter les indicateurs de la variabilité climatique et montrer le rôle de ses
indicateurs pour le suivi de la sécheresse ;
- Analyser les relations entre les indicateurs statistiques de la sécheresse avec
d’autres indicateurs utilisés ;

3.2. Intérêt

Le thème que nous souhaitons aborder est issu d’un constat dans la région
du Nord Cameroun plus précisément dans le bassin de la Bénoué qui est
soumis à plusieurs phénomènes climatiques extrêmes (la sécheresse, les
inondations……) ces dernières décennies. Ce travail comprend deux intérêts
à savoir scientifique car elle va donner un élément de plus à la science ;
deuxième il comprend un intérêt professionnel car il constitue un outil de
décision. Les résultats issus de ces travaux pourront être des outils
importants de prise de décision dans plusieurs secteurs et à l’Etat, à la
population, aux sociétés de différents secteurs, mais aussi aux ONG. Les
résultats de l’analyse de ces indices choisis ou identifiés peuvent ensuite être
recommandés ou intégrés dans un système d’alerte précoce, comme valeurs
seuils reliées aux mesures d’atténuation ou d’intervention dans les
programmes ou plan de lutte contre la sécheresse. Notre étude nous a permis
d’acquérir des connaissances sur la question de la sécheresse et de
l’utilisation des outils liées à notre thématique.

10
4. Hypothèses et concepts
4.1. Hypothèse principale

Les indicateurs qui prennent en compte plusieurs paramètres climatiques


sont les mieux adaptés pour observer la sécheresse dans la vallée de la
Bénoué.

4.2. Hypothèses spécifiques

- La réduction de précipitation, la hausse des températures, la baisse globale


du niveau de l’eau en toute saison sont des indicateurs d’observation et de
l’état de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué ;

- La combinaison de l’évolution des précipitations, de température et de


l’évapotranspiration sont de bons indicateurs d’observation et d’évaluation de
l’état de la sécheresse.

4.3. Concepts

- Un indicateur est « une donnée sélectionnée à partir d’un ensemble


statistique plus important car elle possède une signification et une
représentativité particulières » (L’IFEN 2004). C’est une information (ou
variable) associée à un phénomène et permettant d’en indiquer l’évolution
dans le temps de façon objective. Un indicateur est un outil d’évaluation et
d’aide à la décision grâce auquel on peut mesurer une situation ou une
tendance à un instant donné, ou une évolution dans le temps et/ou l’espace
(Job et Virly, 2009). Un indicateur est donc une représentation simplifiée
d’une réalité complexe qui mesure ou décrit l’état de l’environnement, les
pressions qu’il subit, les réponses des acteurs et éclairent sur les tendances
(IFEN, 2008).
Dans le domaine du climat et du changement climatique, l’ONERC a
défini un certain nombre d’indicateurs qui sont à chaque fois une information,
associée à un phénomène, permettant d’en indiquer l’évolution dans le temps,
de façon objective, et pouvant rendre compte des raisons de cette évolution.
Un indicateur s’appuie sur une ou plusieurs séries de données mesurées. Les

11
séries de mesures doivent couvrir une période suffisamment longue pour
dégager une tendance et éliminer les variabilités interannuelles.
Selon Montagne H et Niedzwiedz (2011), « les indicateurs doivent
transposer un état généralement complexe en faits faciles à observer ; ils
doivent être suffisamment simples, politiquement et scientifiquement
pertinents, utiles, mesurables, comparables. ».
Dans le cadre de notre étude nous définissons un indicateur de la
sécheresse comme étant des variables ou des paramètres qui servent à
décrire les conditions de sécheresse.
-La sécheresse : L’OMM définit la sécheresse comme une période sèche
prolongée dans un cycle climatique naturel, susceptible de se produire
n'importe où à la surface de la terre. Il s’agit d’un phénomène insidieux
causé par un déficit pluviométrique.
- Indice : dans le contexte notre étude est une représentation numérique
calculée de la sévérité de la sécheresse, souvent calculée à l’aide de
combinaisons d’indicateurs météorologiques, hydrologiques ou biophysiques
(World Meteorological Organization and Global Water Partnership 2016). Les
indices fournissent des informations quantitatives sur la sévérité, le moment,
la durée et l’étendue d’une sécheresse. La sévérité représente un écart par
rapport à la norme et les seuils de sévérité de la sécheresse identifient le début,
la fin et le lieu de la sécheresse. Comparativement aux indicateurs de
sécheresse qui se définit comme étant des variables météorologiques,
hydrologiques ou biophysiques (telles que les précipitations, la température,
le débit des cours d’eau, les niveaux de stockage de l’eau souterraine et de
l’eau, et l’humidité du sol) qui décrivent les conditions de sécheresse (World
Meteorological Organization and Global Water Partnership 2016).

-Variabilité climatique : La variabilité d'un phénomène désigne le


changement de celui-ci. Cette variabilité est souvent prévisible ou connue à
l'avance. La variabilité climatique se définit comme étant la variation de l'état
moyen du climat à des échelles temporelles et spatiales. Autrement dit, c'est
la variation naturelle intra et interannuelle du climat. Elle est une
caractéristique inhérente du climat qui se manifeste par les différences entre

12
les statistiques de long terme des éléments climatiques (pluie, température,
humidité, durée des saisons) calculées pour des périodes différentes. La
variabilité du climat est souvent perçue à travers l'irrégularité des paramètres
climatiques dans leur évolution.
- Selon le GIEC un événement météorologique extrême est un événement
rare selon les statistiques relatives à sa fréquence en un lieu donné. Si les
définitions du mot « rare » varient considérablement, un phénomène
météorologique extrême devrait normalement être aussi rare. Par définition,
les caractéristiques de ce qu’on appelle conditions météorologiques extrêmes
varient d’un endroit à l’autre. Un événement climatique extrême correspond
à la moyenne d’un certain nombre d’événements météorologiques se
produisant sur une certaine période de temps, cette moyenne étant elle-même
extrême (par exemple, les précipitations enregistrées au cours d’une saison).
- Vulnérabilité : manière générale, la vulnérabilité représente une condition
résultant de facteurs physiques, sociaux, économiques ou environnementaux
qui prédisposent les éléments exposés à la manifestation d’un aléa à subir des
préjudices ou des dommages. Dans le cas du changement climatique, la
vulnérabilité est le degré auquel les éléments d’un système (éléments tangibles
et intangibles, comme la population, les réseaux et équipements permettant
les services essentiels, le patrimoine, le milieu écologique …) sont affectés par
les effets défavorables des changements climatiques (incluant l’évolution du
climat moyen et les phénomènes extrêmes). La vulnérabilité est fonction de la
nature, de l’ampleur et du rythme de la variation du climat (l’exposition) à
laquelle le système considéré est exposé et de la sensibilité de ce système à
cette variation du climat (ADEME 2012). La vulnérabilité englobe divers
concepts ou éléments, notamment les notions de sensibilité ou de fragilité et
l’incapacité de faire face et de s’adapter. Selon UNISRD, 2009 : Les
caractéristiques et les circonstances d’une communauté ou d’un système qui
le rendent susceptible de subir les effets d’un danger (sous-entend un
phénomène météorologique extrême ou tectonique).
- Selon le « National Drought Mitigation Center » des États-Unis (NDMC, 2005),
deux types de définition des sécheresses existent. Le premier type, dit
conceptuel, aide à mieux saisir la notion de la sécheresse. « La sécheresse

13
est une période de temps prolongée où un manque de précipitation provoque
des dégâts sévères aux cultures et entraîne une perte de rendement » est un
exemple de définition conceptuelle.
Le second type, dit opérationnel, sert à mieux cerner le début, la fin et
la sévérité des sécheresses. Ces définitions qualifient généralement la
condition actuelle d’une variable climatique par rapport à une condition
normale historique afin de déterminer des seuils, plus ou moins arbitraires,
du début, de la fin et de l’intensité d’une période de sécheresse. Selon les
définitions opérationnelles, il existe quatre grands types de sécheresse : les
sécheresses météorologiques, hydrologiques, agricoles et socio-
économiques.

14
Tableau 1: Tableau synoptique de la recherche
PROBLEMATIQUE
Thème : « Analyse des indicateurs statistiques de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué ».
Au regard de l’impact ou encore des conséquences de la sécheresse sur l’environnement et sur l’homme. L’analyse
de plusieurs indicateurs ou indices pourrait constituer un bon tableau de bord pour mieux comprendre, suivre
l’évolution de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué.
Question principale Objectif principal Hypothèse principale

Quels indicateurs sont mieux proposer les indicateurs simples, fiables Les indicateurs qui prennent en
adaptés pour l’observation de la et rapides pour l’évaluation de l’état de compte plusieurs paramètres
sécheresse dans la vallée de la Bénoué la sécheresse dans la vallée de la climatiques sont les mieux adaptés
? Bénoué pour observer la sécheresse dans la
vallée de la Bénoué

Questions spécifiques Objectifs spécifiques Hypothèses spécifiques

Quels sont les indicateurs de la Présenter les indicateurs de la La réduction de précipitation, la


variabilité climatique et le rôle variabilité climatique et montrer le hausse des températures, la
QS1 OS H
de ses indicateurs pour le suivi rôle de ses indicateurs pour le S baisse globale du niveau de l’eau
1
de la sécheresse ? suivi de la sécheresse 1 en toute saison sont des
indicateurs d’observation et de
l’état de la sécheresse dans la
vallée de la Bénoué ;

15
Quelles sont les relations entre - Analyser les relations entre les H La combinaison de l’évolution
les différents indicateurs de la indicateurs statistiques de la S des précipitations, de
OS
sécheresse étudiés dans la sécheresse avec d’autres 2 température et de
2
QS2 vallée de la Bénoué ? indicateurs utilisés l’évapotranspiration sont des
bons indicateurs d’observation et
d’évaluation de l’état de la
sécheresse.

16
5. DEMARCHE ET METHODOLOGIE

Dans le cadre de notre étude, nous utiliserons la méthode de terrain,


qui nous permettra de collecter des données. Nous procéderons par les
interviews, le questionnaire, les entretiens auprès des personnes ressources
et ou autorités (les autorités administratives chargés de l’agriculture, de l’eau,
de la météorologie ; afin d’évaluer l’impact de la variabilité climatique et
d’identifier les différentes actions menées et d’identifier et choisir les
indicateurs pertinents plus utilisés et appropriés par rapport de la sécheresse
dans la vallée de la Bénoué.

Nous exploiterons les documents écrits (les articles, mes mémoires, les
livres…) afin de mieux comprendre les faits. Après collecte des données, nous
utiliserons les méthodes de statistiques générales (la distribution des
fréquences, la corrélation …) afin de mieux expliquer l’impact et l’évolution de
la sécheresse.

L’analyse et le traitement de données se feront par les logiciels tels que :


QGIS pour la réalisation des cartes, WORD pour la saisie des textes et EXCEL,
MDM, KHRONOSTAT pour le traitement de données et pour la réalisation des
graphiques en ce qui concerne la variabilité des paramètres tels que les
précipitations, la température, afin de mieux comprendre l’évolution du
phénomène étudié.

La méthodologie est l’ensemble des outils et techniques permettant de


collecter, de traiter et d’analyser des informations sur un phénomène
quelconque. Grawitz (1990) définit une méthode comme l’ensemble des
opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les
vérités qu’elle poursuit, les démontre, les vérifie. Omar (1987) définit la
méthodologie comme étant l’étude du bon usage des méthodes et techniques.
Il ne suffit pas de les connaitre, encore faut-il savoir les utiliser comme il se
doit, c’est-à-dire savoir comment les adapter, le plus rigoureusement possible,
d’une part à l’objet précis de la recherche ou de l’étude envisagée et d’autre
part aux objectifs poursuivis. Pour cette thématique de recherche, la
méthodologie s’articule en trois phases à savoir : le constat de terrain, (enquête

17
exploratoire), la collecte des données à travers les enquêtes (fiches d’enquêtes
de terrain) et enfin le traitement des informations collectées.

Nous sommes partis de la démarche hypothético-déductive qui consiste


à émettre des hypothèses sur la base d’un raisonnement considéré comme
vraisemblable toutefois destiné à être vérifié à postériori. L’étude s’appuie sur
la collecte de deux types de données : les données primaires pendant l’enquête
exploratoire et les données secondaires pour renforcer les informations.

5.1. Démarche hypothético-déductive


La démarche hypothético-déductive part d'un construit théorique
supposé expliquer le réel, pour le tester par la suite sur le terrain. Elle valorise
la théorie et consiste à fixer la problématique et les faits à analyser, formuler
les hypothèses de travail et les explications potentielles et enfin, tester les
hypothèses sur le terrain pour pouvoir les confirmer ou les infirmer, voire les
modifier et les adapter.

En termes de structure conceptuelle, c’est une démarche qui va du


général au particulier. La détermination d’une théorie de portée générale
précède la vérification dans une situation particulière. Pour expliquer la
démarche hypothético-déductive de la manière la plus simple, c’est une
démarche qui part d’un constat, d’une hypothèse et d’une déduction et
l’ensemble fait l’objet de vérification sur le terrain.

5.2. Méthode de terrain


5.2.1.Phase exploratoire
Notons ici que cette phase est l’une des étapes très importante de cette
recherche. Elle nous a permis de procéder à une lecture de quelques ouvrages
et d’avoir une idée et des opinions par rapport à notre recherche ; dans le but
mieux construire notre travail. Elle a aussi consisté en une observation de
terrain car, elle est fondamentale pour avoir une lecture des réalités et des
problèmes perçus. Elle s’est également faite par une visite d’exploration dans

18
divers structure et des institutions en administrant des guides d’entretien et
des discussions élargie avec personnes ressources et les populations.

5.2.2. Recherche documentaire


Cette phase a été introduite dans les préalables de la recherche. Elle
n’a pas seulement constitué un préalable, mais elle nous a permis d’orienter
le travail et d’en dégager la pertinence, tout en l’insérant dans un contexte
scientifique précis. C’est une phase qui avait commencé par le recensement
des documents administratifs auprès niveau de la délégation Régionale de
transport(Nord) pour les données météorologiques, le Comité Interrégionale de
Lutte contre la Sécheresse, la MEADEN. Ces documents ont précisément porté
sur les rapports nationaux, les conférences, les mémoires et les ouvrages
généraux et relatifs au thème. Le moteur de recherche GOOGLE nous a
largement permis de consulté des articles et biens d’autres documents pour
ce travail et surtout l’identification des outils de travail.

5.2.3.Collecte de données

C’est une enquête qui a pour but de recueillir des informations relatives à
notre thème. Nous avons utilisé un questionnaire pour recenser et
comprendre les indicateurs de la sécheresse à l’échelle locale questionnaire. Il
s’agit de recueillir des informations sur l’impact de la sécheresse, les
indicateurs locaux ou traditionnels de prévisions et d’impact de la sécheresse
dans la vallée de la Bénoué. L’entretien avec les chefs de service de l’eau, de
l’énergie, de la météorologie. Les questions sont définies sont préalablement
définies, ce qui a favorisé les réponses libres.

En ce qui concernent les données météorologiques, nous les avons


collectés à la délégation de régionale du transport au près du chef de service
météorologique. Nous avons également téléchargé les données
météorologiques dans les sites : NOAA et CRUT

19
5.2.4.Outils de collecte et de traitement de données

Dans le cadre de notre recherche, nous avons utilisé les outils


suivants pour collecter les informations nécessaires pour l’élaboration de ce
travail :

- Pour relever les coordonnées géographiques sur le terrain, on s’est servi


de l’application GPS Essentials ;
- Pour la prise de photo sur le terrain on a utilisé une tablette TECNO
DroiPad 7D, modèle TECNO P701 et le stockage des informations avec
l’ordinateur ;
- Les différents logiciels de Microsoft (Word, Excel, KHRONOSTAT, MDM,
DrinC.) ont été utilisés pour le traitement des textes et des données
statistiques.

 Echantillonnage
Pour mener à bien notre étude, nous nous sommes focalisé sur le critère
âge des enquêtés. La population cible a été les paysans âgés de 45 ans et plus
des loclaités de Pitoa (avec 45 enquêtés), Babla (50 enquêtés), Ngong (30
enquêtés), Garoua (40 enquêtés) ; au total nous avons eu 165 enquêtés.

5.3. Traitement et analyse des données


5.3.1.Traitement des textes
Pour le traitement des textes et les données qualitatives recueillies à
travers les entretiens, nous avons utilisé le programme Word pour traiter ces
informations.

5.3.2.Traitement statistique
Nos données ont été dépouillées à l’aide du logiciel Excel (2013) dont nous
avons construit une base des données des informations recueillies. Le
traitement des données climatiques s’est fait par le programme Excel. Ce
dernier nous permis de réaliser certains graphiques, des tableaux. Nous avons
également utilisé le logiciel KHRONOSTAT qui regroupe différents tests
statistiques. Le logiciel MDM (Meteorological Drought Monitor), DrinC, Excel.

20
 Présentation de Khronostat
Le Khronostat est un logiciel de l’analyse statistique de séries
chronologiques conçue par une équipe de recherche de l’IRD, dans le cadre
d’une étude sur la variabilité climatique en Afrique de l’Ouest et Centrale. Cet
objectif peut être atteint en considérant une seule série de données. Ces
méthodes statistiques concernent l'exploitation d'une série de données et une
seule. Telles analyses sont qualifiées de ponctuelles ou par site.
Il permet d’effectuer deux types de tests : Les premiers tests sont relatifs
à la vérification de caractère aléatoire de séries chronologiques de données
météorologiques ; ce qui traduit une tendance à la persistance. Les seconds
tests concernent la détection d’un point de rupture dans l'hypothèse où la
série est déclarée non aléatoire. Ces tests sont spécifiques d’un
changement de comportement de la variable dans la série temporelle. Les tests
les plus utilisés, les mieux argumentés dans la littérature et, surtout, les plus
robustes ont été choisis. La première catégorie de test concerne le caractère
aléatoire des séries (test de corrélation sur le rang et autocorrélogramme). Ils
portent sur la constance de la moyenne de la série tout au long de sa période
d’observation. Nous avons utilisé le logiciel DrinC1.7.2 pour calculer l’indice
de reconnaissance de la sécheresse.

6. Difficultés rencontrées
La réalisation de ce travail n’a pas été sans difficulté. Lors de nos
différentes descentes, nous avons l’hésitation de certains paysans lors des
entrevus, nous avons également noté l’indisponibilité de plusieurs
responsables et personnes ressources dans certaines institutions, et la non
disponibilité des archives ; nous avons aussi noté le refus de façon indirect de
mettre à notre disponibilité des informations.

21
7. ORGANISATION DE LA REDACTION

Le travail présent est structuré en deux parties. La première partie porte


sur la présentation de la zone d’étude et les généralités sur les indicateurs
climatiques ; elle est constituée de deux chapitres. La seconde partie tente de
faire l’état de lieux de l’impact de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué et
d’analyser les indicateurs de la sécheresse dans cette zone. Cette seconde
partie comporte aussi deux chapitres.

Première partie : Un milieu dominé par le drainage du fleuve Bénoué et


généralités sur les indicateurs climatiques en rapport avec la sécheresse

Chapitre 1 : Un milieu dominé par le drainage du fleuve Bénoué

Ce chapitre a décrit la zone d’étude en prenant en compte le cadre


physique, économique et humain dans la vallée de la Bénoué

Chapitre 2 : Généralités sur les indicateurs climatiques en rapport avec la


sécheresse

Dans ce second chapitre nous avons mis l’accent sur les indicateurs
climatiques en rapport avec la sécheresse utilisés pour évaluer et suivre les
risques environnementaux liées à la variabilité climatique. Il est question de
montrer le rôle de ses indicateurs dans plusieurs secteurs et de faire le lien
avec la sécheresse.

Deuxième partie : Perceptions, indicateurs locaux de la sécheresse et


indicateurs statistiques dans la vallée de la Bénoué

Chapitre 3 : Perceptions et indicateurs locaux de la sécheresse dans la vallée


de la Bénoué

Pour ce chapitre, Il est question de présenter les perceptions locales de


l’impact ou de la prédiction de la sécheresse et les indicateurs locaux issus
des observations de quelques paysans dans la vallée de la Bénoué. Il est

22
également question de faire un bref aperçu de l’impact de la sécheresse (sur
le plan social, économique, …).

Chapitre 4 : Analyse des indicateurs statistiques de la sécheresse dans la


vallée de la Bénoué

Le quatrième chapitre met en exergue les périodes de ruptures de la


pluviosité, l’évolution de la sécheresse, l’avantage que procure le fait
d’analyser plusieurs indices ou indicateurs pour suivre et évaluer l’évolution
de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué et les différents rapports entre
ces indicateurs ou indices.

23
PREMIERE PARTIE : UN MILIEU DOMINE PAR LE
DRAINAGE DU FLEUVE BENOUE ET GENERALITES
SUR LES INDICATEURS CLIMATIQUES EN RAPPORT
AVEC LA SECHERESSE

24
Introduction à la première partie

La variabilité climatique et La croissance démographique des sociétés


africaines ces dernières décennies sont évolutives. Ce changement influence
considérablement le cadre et le mode de vie des africains. C’est le cas du
bassin de la Bénoué, où l’on note des changements tant sur l’aspect physique
que l’aspect humain. L’état de l’environnement physique actuel et la situation
de l’évolution de la population nous montre que la vallée de la Bénoué n’est
pas à la marge des risques climatiques, notamment la sécheresse.

Au vue et su des impacts que causent les risques climatiques,


l’évaluation et le suivie de l’environnement dans un contexte de changement
climatique se fait par ce que l’on appelle les indicateurs climatiques. Dans ce
domaine, il est important de noter qu’aucune étude ne peut se faire sans
indicateurs. Ces derniers sont d’une importance capitale comme le sous-tend
la communauté internationale. Le Cameroun pour s’arrimer aux textes et
accords a mis sur pied les indicateurs environnementaux et les outils qui
permettront d’évaluer et de suivre notre environnement. Le rôle et l’importance
de l’utilisation des indicateurs ne sont pas connue de tous et les méthodes
non plus.

C’est dans cette optique que nous voulons dans cette partie présenter
les indicateurs climatiques en rapport avec la sécheresse d’une manière
générale au Cameroun ; après avoir présenté la zone d’étude.

25
Chapitre 1. Un milieu dominé par le drainage du fleuve Bénoué

Introduction

La partie camerounaise du bassin de la Bénoué est encadrée par le


parallèle 8° N et 11° N et par le méridien 12 E et 16 E. Ses limites, celles de
ses subdivisions (bassins du Faro, du Mayo Kébi, de la haute Bénoué ou
Boubandjida). Le cours d’eau Bénoué6 est long d’environ 1400 km. Il prend sa
source dans le massif de l'Adamaoua au Nord du Cameroun, puis se dirige à
l'Ouest vers le Nigeria en passant par la ville de Garoua, avant de se jeter dans
le fleuve Niger à Lokoja. Avec débit moyen annuel d’environ 360 m3/s à la
frontière avec le Nigeria, sa longueur au Cameroun est de 390 km et peut être
divisé en trois parties : la haute Bénoué, la moyenne Bénoué et la partie
inférieure.
La haute Bénoué prend sa source sur le rebord septentrional du plateau
de l’Adamaoua à environ 1300 m d’altitude et à quelques km seulement des
virages de « la falaise ». Elle traverse le Parc National de la Bénoué sur un lit
rocheux où l’affluent le plus important en rive droite est le Mayo Oldiri. En
quittant le parc national, elle entre dans la vallée de la Bénoué où elle reçoit
le Mayo Rey et le Mayo Godi en rive droite, et le Mayo Mbay en rive gauche.
(Gavaud M. Rieffel J.M,Muller J.P.1975).
La moyenne Bénoué est située en amont du barrage de Lagdo. Elle coule
dans une large vallée avec des plaines de débordement, des méandres morts
ou des mares qui restent en eau toute l’année. Vers l’aval de Lagdo, la pente
reste faible et les zones de débordement peuvent aboutir à de vastes plans
d’eau telle que le Vinede Douloumi qui couvre en rive droite plus de 1000 ha
à droit d’Adoumri.
La partie inférieure du cours d’eau Bénoué est située en aval du barrage
de Lagdo. Elle est caractérisée par une vallée bien marquée séparée des zones
inondables par les bourrelets de berge.

6
Ce paragraphe a été extrait du PANGIRE 2009

26
Le bassin de la Bénoué est occupé par des formations végétales peu
denses en particulier au cours de la saison sèche.

1.1. Milieu physique


1.1.1.Climat7
La délimitation des unités climatiques du Cameroun varie suivant les
auteurs (Génieux, 1958, Suchel, 1988 ; Tchiadeu, 2000, Santiago, 1998). Elle
dépend des paramètres pris en compte dans l’analyse ainsi que de l’échelle
spatio-temporelle. Les plaines et dépressions du Nord-Cameroun sont érigées
contre l’Atlantique et sont par conséquent fréquemment exposées au souffle
de l’harmattan. Ici, on retrouve une topographie de faibles altitudes qui évoque
plus l’aridité que l’abondance des pluies rencontrée plus au sud. Elles sont
formées principalement de 2 dépressions : le bassin supérieur de la Bénoué
et la plaine du Lac Tchad. Dans le bassin de la Bénoué, l’on note au centre
une série de ramifications de faible altitude correspondant à la vallée
supérieure de la Bénoué dont les affluents sont le Mayo Kébi au nord-est ; le
Mayo Rey au sud-est ; le Mayo Déo et le Faro au sud-ouest. La cuvette de la
Bénoué est plus accidentée de la bordure vers l’intérieur.
Ainsi, au Cameroun, on distingue 03 grands domaines climatiques qui
comportent chacune des nuances :
Le premier domaine est dit « équatorial ». Il s’étend entre 2°N-6°N et
comporte deux nuances :
- la nuance équatoriale classique ou type « guinéen » à quatre saisons située
grossièrement au sud du 4e parallèle. Les cumuls annuels sont supérieurs à
1500 mm Les Maxim se trouvent entre mars-avril et en septembre, et les
minimas entre décembre janvier et entre juillet-août. Les températures
moyennes oscillent autour de 25 °C avec des amplitudes de 2 °C.
- la nuance équatoriale de mousson ou type « caméronien » : le climat de
mousson est marqué par un régime pluviométrique unimodal où les hauteurs
annuelles oscillent entre 2000mm et

7
Ce paragraphe a été tiré de la Thèse de DJOUFACK

27
11000mm sur le flanc sud-ouest du mont Cameroun. Les températures
moyennes sont de 22 °C.
Le second domaine est dit « tropical humide ou soudanien » est situé
entre 6°N- 10°N et reçoit en moyenne 1500 à 900mm d'eau par an. La
température moyenne est de 28°C et l'écart thermique de 6°C. Il a deux
nuances : la nuance soudano-guinéenne d’altitude aux latitudes de
Ngaoundéré, où la saison des pluies est longue (mars-novembre) et d’intensité
(1500mm) et les températures moyennes plus fraîches (25°c). La deuxième
variante est dite soudanienne classique et se rencontre dans la cuvette de la
Bénoué. Les températures moyennes sont élevées (28°c), avec 45°c en avril et
des précipitations moyennes inférieures à 1000mm/an. Le climat soudanien
classique dans la cuvette de la Bénoué. Il présente six mois de pluies et six
mois de saisons sèches. L’amplitude thermique est de l’ordre de 6°C.
Le domaine « tropical sec (ou soudano-sahélien) » constitue le troisième
domaine climatique du pays. Il se rencontre au nord du 10e parallèle, sur les
plaines du Mayo-Danay et du Diamaré. Il est fortement influencé par la
continentalité et sa rudesse annoncent les climats sahélien et saharien : au
moins 8 mois de saison sèche par an, des précipitations extrêmement
variables et comprises en moyenne entre 800mm à Maroua à 400mm à
Kousséri et dans la plaine du Tchad. Les températures moyennes quant à elles
sont supérieures à 28 °C et les amplitudes thermiques fortes (707° c).
De manière générale, dans la Région du Nord, nous avons un climat
tropical de type soudanien avec une tendance guinéenne au sud de la région.
Il est caractérisé par 6 à 7 mois de pluie (avril à octobre) et 5 à 6 mois de
sécheresse (novembre à mars). La pluviométrie dans le bassin de la Bénoué
est relativement abondante du nord vers le sud de 1000 à 1300 mm avec
cependant d’importantes variations interannuelles (Suchel, 1971). Au mois de
décembre et janvier, le climat est froid et sec. Alors que pendant le mois de
décembre il est froid et humide. Les mois de mars et avril, le climat est
chaud et sec, avec des températures les plus élevées au cours de l’année. En
effet, la température moyenne est de 28°C avec cependant des maximas de
35°C entre mars et mai et des minimas de 21°C entre décembre et février

28
Figure 3. Climat
Figure 2. Climat et climatiques
et Régions Régions climatiques du Cameroun

29
1.1.2.Précipitations

Dans la Région du Nord8, la hauteur totale des pluies enregistrées jusqu’au


quatrième trimestre 2014 est de 1 242,7 mm en 71 jours contre 1 500,7 mm
en 85 jours en 2013 ; soit une baisse de 258 mm et de 14 jours en valeur
absolue ; ou 17,19% en valeur relative. Notons tout de même que, des fortes
précipitations par endroits ont causé des inondations avec des dégâts
importants sur les cultures et les habitations dans l’arrondissement de
Bibémi. Dans certains arrondissements des départements de la Bénoué et du
Mayo-Louti des poches, de sécheresses ont ralenti le développement des
légumineuses notamment l’arachide, le niébé et le soja.
D’une manière générale, cette pluviométrie a permis aux cultures
céréalières de boucler leur cycle de développement, et aux vertisols de
constituer des réserves nécessaires au bon développement du Muskwari.

La partie septentrionale du Cameroun a connu une variabilité de la


pluviométrie dans le passé. Selon le WMO et GWP (2003), une baisse de la
pluviométrie est observée dans la partie Nord du Cameroun. Ceci est illustré
par la figure 2. Cette diminution des précipitations pourrait être synonyme
d’une baisse des ressources en eau souterraine.

Source : WMO et GWP, 2003


Figure 4. Précipitations annuelles de 1920 à 2000

8
Rapport MINADER 2014
30
Si l’on prend l’exutoire à la frontière Cameroun – Nigeria, le réseau
hydrographique du bassin septentrional de la Bénoué (figure 2) est constitué
de trois bassins secondaires de taille pratiquement équivalente :
- le bassin de la Haute Bénoué au centre ;
- le bassin du Mayo Kébi au Nord ;
- le bassin du Faro au Sud.
La Bénoué reçoit le Mayo Kébi au Nord – Est avant d’être rejoint par le
Faro à la frontière entre la Cameroun et le Nigeria. Chaque bief aval est issu
de deux ou trois branches majeures :
- la moyenne Bénoué est issue de la Haute Bénoué qui est à la sortie du lac
Lagdo ; ce dernier reçoit le Mayo Rey puis et Mayo Godi ;
- le Mayo Kébi est issu de son cours amont, appelé Kabia aux confins de la
vallée du Logone et d’un affluent plus modeste, le Mayo Louti venu des monts
mandara ;
- le Faro est issu, en amont de Tchamba, du Faro supérieur et du Mayo Déo
d’importances comparables.

31
Source : Olivry, 1986

Figure 5. Hydrologie du Bassin versant de la Bénoué

32
1.1.3.Végétation9

Dans le bassin de la Bénoué, on retrouve surtout les formations végétales


suivantes :
- les savanes arbustives soudano – guinéennes de l’Adamaoua ;
- les savanes soudaniennes arborées (photo 1) et boisées et les forêts claires
sèches soudaniennes.
- les formations soudaniennes d’altitude ;
- les Yaérés (grande plaine inondable, couverte d’une savane herbeuse).

Les savanes arbustives sont de vastes savanes herbeuses souvent


d’origine anthropique ou des prairies à graminées parsemées d’arbres et
d’arbustes. Elles concernent le Sud du bassin septentrional de la Bénoué, les
bassins du Faro et Déo, les montagnes de Poli. Les savanes soudaniennes
arborées et boisées occupent la cuvette de la Bénoué. Dans la vallée de la
Haute Bénoué, la densité des arbres est suffisante pour former une forêt
claire. Les formations soudaniennes se rencontrent dans les monts Mandara.
La végétation ligneuse des zones incultes ou des jachères est de type
soudanien. Dans le bassin de la Bénoué, les Yarées sont de vastes prairies à
Hyparrhenia et Vetveria nigritiana (C’est une formation végétale qui se met en
place lorsque les eaux se retirent des plaines qui bordent le Logone entre le
Mayo Kébi et le lac Tchad). On note également la présence des parcs nationaux
de la Bénoué, du Faro et de Bouba Djida.

9 PANGIRE 2009 (Plan d’Action National de Gestion Intégrée des Ressources en Eau)

33
Source : cliché Debru J., 19 mai 2009
Photo 1. Savane arborée

La photo met en exergue une savane arborée originelle comparée aux espaces
défrichées et mis en culture par les paysans.

1.1.4.Sols
Dans le bassin septentrional du Niger, on distingue les sols ferralitiques,
les sols ferrugineux tropicaux et les sols hydromorphes. Les sols ferralitiques
sont localisés sur les hauts bassins des cours d’eau comme la Bénoué et le
Faro. La grande partie du bassin du Niger est occupée par des sols ferrugineux
tropicaux type. Au Sud de la latitude de Garoua, il y’a une bonne proportion
de sols hydromorphes dont la formation dépend de l’hydromorphie de surface
caractéristique des vertisols. Ce sont également des sols hydromorphes à
pseudo – gley que l’on trouve en rive droite de la Bénoué dans la région de Rey
Bouba et jusqu’au Tchad, à l’Ouest de Poli dans toute la vallée du Faro et Déo
(figure 6). (PANGIRE 2009).

34
Source : Bradant, 1974

Figure 6. Sol du Bassin de la Bénoué

35
1.1.5.Reliefs

Le relief se compose de deux grands ensembles à savoir: les plaines; qui


sont des zones de cultures par excellence; on a la grande pénéplaine de 200
m à 300 m d’altitude qui s’étend du département du Faro à celui de Mayo-
Rey, en couvrant une partie de la Bénoué et la plaine du Mayo-Louti; les
hautes terres; qui se dressent de part et d’autres des plaines et constituent
les lieux de refuges des animaux; on peut citer les hauts plateaux de Doumo
et Guiriza dans le Mayo-Rey; les montagnes de Mousgoye-Douroum dans le
Mayo-Louti et les monts Hosséré vokre et Atlantika dans le
Faro(PNUD,2000).
Le bassin sédimentaire gréseux que nous voyons au centre de la carte sur
un axe est ouest est parsemé de buttes témoins dont le Tinguelin, au profil
tabulaire, non représenté ici, au nord de Garoua (figure.6.)

36
Source : Hervieu, 1970
Figure 7. Relief du Nord Cameroun

37
1.2. Cadre humain
1.2.1.Tendance démographique et culturelle10

La population du Nord est estimée à 168.7959 habitants dans


l’ensemble. Son effectif varie dans les départements d’intervention du
projet : Faro (69.477 habitants) ; Mayo Louti (391.326 habitants) ; Mayo
Rey (375.201 habitants) (Tableau I). Du point de vue ethnique, cette
population se caractérise par une grande hétérogénéité. On a les Doyayo
(dans le département du Faro), Fali, Koma, Bata, Moundang et les
Toupouri (dans le département du Mayo Rey) et les Dii (dans le
département du Mayo-Rey).

Dans l’ensemble, cette population est essentiellement musulmane.


Les groupes minoritaires sont constitués par : les Njegn, qui peuplent le
Mayo-Louti ; les Panon-Pape et les Guewe sont installés à Poli ; les
Voko occupent le sud- ouest du Faro ; les Kolbila, qui ont des liens
de parenté avec les Tchamba, vivent dans la vallée du Mayo Bantadje;
les Mboum, cousins des Doyayo, sont concentrés dans le Faro et le
Mayo-Rey.

10
Cette partie été tiré du Rapport final du CGES (Cadre de Gestion Environnementale et Social) et PFS
(Projet Filets Sociaux) 2012. Le PFS vise à asseoir les bases d’un système efficace de filets sociaux au
Cameroun dans le but d’améliorer l’accès des personnes pauvres et vulnérables aux filets sociaux ciblés
à travers un mécanisme de transfert de fond et des travaux publics à HIMO dans 12 départements, 2 en
milieu urbain (Wouri dans le Littoral et Mfoundi dans le Centre) et 10 en milieu rural, couvrant
cinq régions (Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord et Nord-Ouest). Le CGES du PFS permettra de
guider la gestion environnementale et sociale dans le financement des activités de travaux publics à
HIMO (Haute Intensité de Main d’Œuvre), et notamment la conformité aux Politiques de Sauvegarde.

38
Tableau 2:Répartition de la population de la région du Nord par
Département et par Arrondissement/District, selon le sexe.

Circonscription Population totale Sexe Rapport de


Administrative
Masculin Féminin masculinité
REGION DU NORD 1687959 836927 851032 98,34
Département du Faro 69477 34380 35097 97,96
BEKA 31595 15444 16151 95,62
POLI 37882 18936 18946 99,95
Département du Mayo 391326 186940 204386 91,46
FIGUIL 67997 32760 35237 92,97
Louti
GUIDER 223503 107354 116149 92,43
MAYO OULO 99826 46826 53000 88,35
Département du Mayo 375201 186947 188254 99,31
REY – BOUBA 116192 57376 58816 97,55
Rey
TCHOLLIRE 47296 24033 23263 103,31
MADINGRING 57347 28450 28897 98,45
TOUBORO 154366 77088 77278 99,75
Source : 3 e RGPH

1.2.2.Evolution de la population

La région du Nord a été toujours considérée comme la terre d’accueil,


sa population a doublé en 11 ans : elle est passée de 448000 habitants en
1976 à 833 000 habitants en 1987 (PNUD, 2000). Avec un taux
d’accroissement moyen annuel estimé à 5,8% (le plus fort du pays), cette
population a été estimée en 2000 à 2,54 millions et serait de 3,57 millions
en 2010 et de 5,06 millions d'habitants en 2015 (MINPAT, 2000).

1.2.3.Migrations

C’est en 1967 que le Cameroun a lancé sa première opération consistant


à faire migrer les populations de l’extrême-Nord vers les plaines situées un
peu plus au Sud. En 1972, la création de la MEAVSB a été créée dans le but
d’organiser et d’encadrer les migrations. Plusieurs projets de migrations ont
été mis sur pied dans la région du Nord ; ces différents projets de migrations
avaient pour maitre d’œuvre le
SEMNORD (Secteur Expérimental de Modernisation du Nord) dont le projet

39
Nord Est Bénoué (NEB). L’objectif de ce projet était de « valoriser un espace
non utilisé » (figure 8). Le projet NEB s’est étendu vers l’Ouest. La partie
Ouest n’a pas bénéficié d’encadrement des migrations, mais elle a été
marquée par une forte migration spontanée (Debru J.2009).

Notons ici que l’une des causes des migrations dans le cadre du projet Nord-
Est-Bénoué est la sécheresse de 1972 qui a motivé les migrants du début du
projet, et celle de 1984 a accéléré le courant migratoire spontané.
L’accroissement naturel de la population dans les régions de forte densité de
la province de l'Extrême-nord a abouti au manque de terre exploitable par
tous ceux qui en avaient besoin. La quantité utilisable est à son tour frappée
par la sécheresse et aller ailleurs à la recherche de la terre cultivable est
devenu indispensable pour la survie.

De nos jours notons également des migrations vers l’Adamaoua qui ont
pour cause la sécheresse, en plus de l’augmentation de la population. Les
éleveurs et agriculteurs sont à la recherche perpétuelle des terres cultivables
et des zones de pâturages.

40
Figure 8. Les principaux flux de migrations humaines récentes dans la région
Nord-Cameroun.

41
1.3. Activités économiques

Les activités économiques de la région du Nord sont diversifiées, on peut


citer :
- le commerce ; qui concerne la distribution des produits manufacturés
de première nécessité tels que le sucre, le riz, les huiles, le thé, les
savons, etc. ; il s’agit aussi de la commercialisation des produits
d’élevage ;
-l’artisanat ; ce secteur concerne les activités telles que la menuiserie,
les fabriques de glace, les tisserands, les bijoutiers, etc. ;
-le tourisme ; qui repose sur l’importance de la flore et faune, l’attrait
du paysage soudano-sahélien, l’organisation sociale de la région, etc. ;
-l’élevage bovin ; qui reste généralement traditionnel ;
-la pêche ;
-l’agriculture

La11 région du Nord dispose d’un potentiel agricole et pastoral énorme mais
qui ce faisant est peu exploitées. D’importantes surfaces cultivables sont
laissées en friche ; seulement une faible proportion des surfaces irrigables du
barrage de Lagdo est exploitée (1000 ha exploités contre un potentiel de 17
000 ha). Notons à ce niveau que L’exploitation des aménagements
hydroagricoles de la vallée de la Bénoué pour la culture irriguée de riz et les
cultures maraîchères (oignon) est insuffisante par rapport aux potentialités de
valorisation de ces ressources en eau. L’élevage est aussi une source
importante sur les plans alimentaire et économique de la région.

11
Rapport MINADER 2015. Ce rapport a été rédigé dans le cadre de la Mission conjointe
MINADER/PAO/PAM d’évaluation des récoltes, des disponibilités alimentaires dans les régions de
l’Adamaoua, l’Est, de l’Extrême-Nord et du Nord Cameroun du 7 au 21 décembre 2014

42
1.4. Historique de la sécheresse
La zone soudano-sahélienne est celle la plus touchée par la sécheresse et
la désertification. La densification du parcellaire dans la région de Garoua et
dans les zones de colonisation agricole de la vallée de la Bénoué a correspondu
avec l’allongement des parcours de transhumance vers le sud suite aux
grandes sécheresses des années 1970-80. C’est à partir de cette période que
la pression de l’élevage a commencé à augmenter dans la Haute Bénoué,
principalement dans le pâturage au nord de Gouna (Raimond, 2015). Le12
secteur de l’élevage est très vulnérable à la sécheresse. Celles des années 1970
et du début des années 1980 ont entraîné d’importantes pertes de cheptels
qui sont restées gravées dans l’esprit des éleveurs.

L’augmentation des températures et la diminution des précipitations ont


contribué à allonger la durée des saisons sèches avec une incidence
grandissante sur les sécheresses, surtout dans le septentrion soudano-
sahélien (par exemple, en 1998 dans les régions du nord, de l’Extrême-Nord
et de l’Adamaoua) (PNACC, 2015).

Les premiers indices de la sécheresse actuelle apparaissent dans la région


sahélienne, définie par Rodier (1964) comme la bande de pluviométrie
comprise entre 300 mm et 750 mm. L’Hôte et al. (1995) préfèrent le terme
tropical semi-aride à cette même bande. La littérature sur la sécheresse
commence en général en 1968, mais on peut trouver cette thématique chez
Lamb dès 1966. A partir des cumuls annuels de précipitations sur quelques
stations de l’Afrique de l’Ouest, cet auteur indique que l’on peut observer
plusieurs types de champs d’anomalies pluviométriques sans toutefois décrire
les états déficitaires. Sircoulon (1976) pense aussi que ce phénomène qui
concerne d’abord la zone soudano-sahélienne commence en 1965 dans
certaines régions.
Le début des années 1980 marque un tournant important. Plusieurs travaux
de Nicholson (1980, 1981, 1986) fournissent une première vision de
l’ensemble de la variabilité spatiotemporelle des précipitations en insistant sur

12
Cette phrase a été extraite du PNACC (2015) ; précisément du rapport du projet REVEECC (Réduction
de la Vulnérabilité aux Effets du Changements Climatiques) inclut dans le PNACC.
43
la régionalisation et la persistance de la récente sécheresse. Les années 1982
à 1984 enregistrent des précipitations encore plus faibles que celles de 1972-
1973.
En 201113 et en 2012, les régions du Nord et Extrême-Nord ont été
frappées par la sécheresse et les inondations ayant entraîné des pertes en
vies humaines, d’importants dégâts matériels et des milliers de sinistrés
(PNUD, 2017).

Conclusion

Le présent chapitre portant sur la présentation de la zone d’étude


nous révèle que le Bassin versant de la Bénoué et plus précisément la
cuvette de la Bénoué encore appelée vallée de la Bénoué par certains
auteurs est un milieu arrosé par de nombreux cours d’eau et
principalement le fleuve Bénoué. Elle regorge d’énorme potentialités
physique (sol, végétation, climat….) qui lui permet d’occupé une place
importante dans la contribution au développement de l’économie de notre
pays. Les caractéristiques pédologiques, climatiques permettent une
diversité de culture. A côtés de ces caractéristiques physiques, s’ajoute
l’aspect humain avec les migrations qui peuplent cette partie de la région.
Cette croissance est l’une des causes de la sécheresse du fait de
l’exploitation abusive de la flore après l’aspect climatique.

13
Extrait d’un projet du PNUD appelé Plan d’Action des programmes des Pays (CPAP 2013-2017).
Programme qui concernait l’Amélioration de la résilience des populations aux effets du Changement
Climatique qui correspond à la composante du Document de Stratégie pour la Croissance et l'Emploi
axé sur « l’Appui à l’économie et à la gestion stratégique de l’Etat ». Et qui regroupé 7 communes
dans la région de l'Extrême Nord : Lagdo, Pitoa, Maga, Kousséri, Darack, Moulvoudaï, Touloum et
autres zones en fonction des opportunités de mobilisation des ressources du FEM ou autres
mécanismes.
44
Chapitre 2. Généralités sur les indicateurs climatiques en rapport
avec la sécheresse

INTRODUCTION

Selon l’Observatoire National sur les Risques du Réchauffement


Climatique (ONERC), un indicateur est une information associée à un
phénomène, permettant d’en indiquer l’évolution dans le temps de façon
objective et pouvant rendre compte des raisons de cette évolution. En d’autres
termes, il s’agit de données concrètes ou de faits permettant de constater
l’existence d’un phénomène. Un suivi quantitatif du changement climatique et
de ses incidences peut être fait par le moyen d’indicateurs. La finalité et la
nature de tels indicateurs ont été précisées notamment par l’Agence
européenne de l’environnement, qui commence à en faire un usage
systématique (EEA, 2004).

2.1. Différents indicateurs climatiques


2.1.2.Approche par définition et par modèle
2.1.2.1. Définition

L’ADEME définit les indicateurs climatiques comme étant tout ce qui a


pour vocation d’observer les évolutions effectives de l’état et de la variabilité
du climat et à constituer progressivement un historique qui permet de dégager
des tendances sur le moyen et long terme.

2.1.2.2. Objectif

Un indicateur14 n’a pas de sens en soi, il est défini par rapport à un objectif
ou une problématique Les objectifs assignés à des indicateurs peuvent être
multiple :
- Comparer des objets différents (dans l’espace et le temps),

14
Selon l’ADEME

45
- Déceler les grandes tendances, (aspect prospectif)
- Déterminer des modèles, des réponses, des axes et des priorités
politiques (aide à la décision),
- Coordonner et mettre en pratique les plans proposés (Planification),
- Mesurer le niveau de performance des réponses (évaluation des actions
et des politiques).

2.1.3. Chaine logique du modèle des indicateurs climatiques

Dans le cadre du projet REP-SAHEL15, l’OSS (Observatoire du Sahara


et du Sahel)

Figure 9. Cadre logique pour le suivi – évaluation des mutations


environnementales en Afrique, y compris les changements climatiques et
la vulnérabilité des écosystèmes et des populations
Source : projet REP-SAHEL

15
http://www.oss-online.org/rep-sahel/images/Etudes/
Regionales/D%C3%A9veloppement_des_sp%C3%A9cifications_des_syst%C3%A8me
s_de_surveillance_au_niveau_r%C3%A9gional_OSS_REPSAHEL.pdf

46
Selon l’OSS, « Ce cadre logique peut être adapté dans chaque pays pour
mieux prendre en compte les spécificités nationales ; des indicateurs
communs entre tous les systèmes nationaux devant être obligatoirement
intégrés afin d’assurer la surveillance environnementale aux échelles sous
régionales et régionale ».

Ce cadre logique se résume comme suit :

- Forces motrices : croissance démographique, surexploitation du bois,


changement climatique, etc.
- Indicateurs de pression : charge pastorale, surfaces de terres dont
l’utilisation a été changée pour la production agricole
- Indicateurs d’état : volume d’eau de surface, structure de la
biodiversité, etc.
- Indicateurs d’impact : vulnérabilité de la communauté, perte de
biodiversité, etc.
- Indicateurs de réponse : zones restaurées

C’est dans cette optique que le gouvernement camerounais a adopté ce


modèle afin de lutter contre les changements climatiques. Pour ce fait l’INS
lors de son atelier sur la question des changements climatiques, a formulé
quelques indicateurs qui permettront de suivre l’évolution du climat sur
l’environnement et à tous niveaux (Tableau 3).

47
Tableau 3: indicateurs climatiques

Forces motrices Indicateurs forces motrices

Accroissement démographique ; Taux d'accroissement moyen annuel de la


Accroissement de la population ; population ; Taux de croissance de la
Pauvreté des ménages ; Industries population agricole ; Proportion de la
extractives ; Industries population vivant en dessous du seuil de
manufacturières pauvreté ; Nombre d’Industries extractives
; Nombre d’Industries manufacturières;

Pression Indicateurs pression

Déforestation ; Feux de brousse ; Taux de déforestation annuelle ; Superficie


Emission des gaz à effet de serre ; totale dévastée par les feux de brousse par
Consommation des énergies fossiles an Changement dans l’utilisation des sols ;
(production d'énergie, Carburant des Consommation annuelle de carburant ;
véhicules, chauffage de l'habitat, Quantité de bois et charbon de bois
industrie) Utilisation des substances consommée par an ; Emission des gaz à
appauvrissant la couche d’ozone effet de serre par habitant et par PIB

Etat Indicateurs d’Etat

Détérioration du climat ; Zones Précipitations, variation de la température ;


vulnérables ; Populations Superficie des zones touchées par la
vulnérables ; Ressources (eau, zone désertification ; Proportion de populations
côtière, secteur de ; L’agriculture et vulnérables ; Proportion des ressources
de l’élevage, la foresterie…) affectées.
vulnérables.

Impacts Indicateurs d’Impacts

Inondation ; Réchauffement Nombre d’agglomérations affectées par


climatique ; Sécheresse et forte l’inondation, superficie des terres agricoles
insolation ; Perturbation du régime inondées ; Ecart de la moyenne annuelle
pluviométrique Ensablement et des précipitations par moyenne annuelle à
dégradation des berges des cours long terme, écart de la température
d’eau Baisse de l’humidité des sols moyenne annuelle par la moyenne annuelle
Aggravation de la dégradation des à long terme ; Elévation du niveau de la
terres ; Migration des populations mer ; Nombre de cours d’eaux menacés de
disparition Nombre de personnes déplacées
26 suite au changement du climat

Réponses Indicateurs de réponses

48
Promotion de l’agroforesterie, ; Superficie des aires protégées ; Superficie
Elaboration et mise en œuvre du des Aires Maritimes Protégées (AMP) ;
PANA ; Promotion du réseau d’aires Superficie des écosystèmes fragiles
(marines) protégées ; Promotion des restaurés ; Proportion des populations
technologies appropriées en matière sensibilisées et éduquées sur les méfaits du
d’adaptation, ; Promotion de changement climatique ; Nombre de petits
l’information, de l’éducation et de la ouvrages hydrauliques aménagés ; Listes
communication, Appui à la des textes législatifs et réglementaires de
promotion des activités génératrices portée globale et sectorielle adoptées et
de revenus ; Adoption et la promulguées ; Listes des conventions
promulgation des textes législatifs environnementales de portée régionale et
et réglementaires de portée globale internationale ratifiées ; Proportion des
et sectorielle ; Ratification des ménages bénéficiaires d’appui à
conventions environnementales de l’amélioration des conditions de vie
portée régionale et internationale.

Source : INS,2015

49
2.2. Les indicateurs de la variabilité climatique
2.2.2.A l’échelle internationale

Nous distinguons les indicateurs d’adaptations et les indicateurs résiliences


et de vulnérabilité.

2.2.2.1. Indicateurs d’adaptation climatique


2.2.2.2. Indicateurs de gestion du risque climatique

Les indicateurs de CRM (gestion du risque climatique) s’inscrivent dans


la démarche 1 du TAMD. Ils sont utilisés pour évaluer l’étendue et la qualité
des processus institutionnels et des mécanismes de réponse au risque
climatique. Ces indicateurs englobent : les process tels que l’intégration de la
notion de changement climatique dans les processus de planification ; le
niveau de connaissance du changement climatique et des actions possibles
parmi les planificateurs. Le cadre TAMD4 propose neuf indicateurs
standards pour alimenter son tableau de bord. Les huit premiers indicateurs
de CRM du TAMD. Aussi, le nombre d’indicateurs chiffrés utilisé pour évaluer
la réussite de l’adaptation est déroutante. Certains indicateurs se calquent
sur des données classiques en matière de développement (tels que la
pauvreté, la santé ou la nutrition) : cela pose au passage la question de savoir
en quoi les activités d’adaptation diffèrent des activités de développement «
habituelles ». La mesure de la réussite d’activités visant à améliorer la
résilience, les capacités d’adaptation et à réduire les vulnérabilités est une
notion abstraite : il faut donc trouver des indicateurs quantifiables pour que
cette mesure devienne opérationnelle.

Tout comme le terme « vulnérabilité », le terme « résilience » englobe de


nombreuses notions différentes. La plupart de ces notions se réfèrent à la
capacité d’un système à faire face et à se remettre d’une perturbation. Le
terme peut se rapporter à des facteurs de stress ou des événements généraux
dont des risques actuels, qu’ils soient physiques, économiques, écologiques
ou sociaux (UNISDR 2013). La « résilience climatique », en particulier, se
concentre sur les perturbations et les événements causés par les
changements climatiques et étudie les risques futurs liés au climat qui
50
peuvent poser de nouveaux défis à la gestion des risques traditionnels.
(OCDE 2013)

Le lien entre vulnérabilité et résilience n’est pas clairement défini. De


nombreux chercheurs qui travaillent avec ces deux concepts d’un point de
vue théorique soulignent leur complémentarité (par exemple Turner 2010,
Gallopin 2006). Ils font observer que la résilience se concentre sur les
processus d’un système plutôt que sur son statut. De nombreux auteurs
pensent que la résilience met également en évidence la capacité
d’apprentissage et de réorganisation d’une société en réponse à des
événements négatifs. Les liens les plus clairs entre les deux concepts sont
visibles au niveau des capacités d’adaptation socio-économiques,
institutionnelles, politiques et culturelles. Réduire la vulnérabilité en
améliorant la capacité d’adaptation améliore la résilience. (GIZ 2009)

2.2.2.3. Indicateurs de résilience

Dans le domaine de la réponse aux impacts du changement climatique,


améliorer la résilience constitue un objectif primordial. En plus de celui-ci,
on peut citer les objectifs tels que : la réduction de la vulnérabilité et
l’accroissement de capacités d’adaptation. Ces trois termes constituent des
concepts différents qui ne peuvent changer entre eux. Mais ils sont liés à des
facteurs (climatiques et humains) permettant aux systèmes et aux personnes
de : se préparer au changement climatique ; d’éviter les chocs et les stress
climatiques ; de se préparer à ces derniers et de s’en relever le cas échéant.
Les indicateurs de résilience peuvent être tirés des bases de données
nationales (issues des recensements, des études de niveau de vie, etc.) ou y
être ajoutés.
Les indicateurs de résilience cherchent à saisir les caractéristiques de
personnes et de systèmes. Ils peuvent être mesurés à tout moment pour
évaluer l’évolution de la capacité à gérer les effets du changement climatique,
même en l’absence de choc ou de stress climatique. Ces indicateurs
permettent d’évaluer le résultat des activités d’adaptation sur des durées
51
courtes, ce qui répond au problème des échelles de temps en matière de Suivi
et d’Evaluation de l’adaptation (IIED 2014).

2.2.2.4. Indicateurs de vulnérabilité

Au nombre des études ayant utilisé des indices de vulnérabilité il y a Busby


et al, (2014) qui se sont intéressés à la cartographie de la vulnérabilité à
l’échelle du continent africain en adoptant l’approche multidimensionnelle du
GIEC (2007) et en combinant des indicateurs décrivant :
- L’exposition physique au climat,
- La population,
- La résilience des ménages et des communautés,
- La gouvernance et violence politique. Ces indicateurs ont été intégrés
via une approche de moyenne »
Le GIEC regroupe trois (03) concepts autour de la vulnérabilité :
l’exposition au risque, la sensibilité et la capacité d’adaptation.
L’exposition au changement climatique correspond à la nature et au
degré auxquels un système est exposé à des variations climatiques
significatives sur une certaine durée.
La sensibilité quant à elle est une condition intrinsèque d’un élément
(collectivité, organisation…) qui le rend vulnérable.
La vulnérabilité n’est pas une caractéristique mesurable d’un système, comme
peuvent l’être la température, les précipitations ou la production agricole. Il
s’agit d’un concept qui traduit l’interaction complexe de plusieurs facteurs qui
vont déterminer la sensibilité d’un système aux effets du changement
climatique (GIZ 2009).
Dans la pratique, la sélection des indicateurs est un processus itératif
dans lequel une liste de choix idéaux est petit à petit réduite, les indicateurs
étant rejetés lorsqu’ils sont irréalisables ou - en particulier - lorsqu’il n’y a pas
suffisamment de données pour les étayer. C’est pourquoi ce module aboutit à
une liste d’indicateurs provisoires, qui seront ensuite entérinés dans le
module

52
Un bon indicateur présente les caractéristiques suivantes :
- Il est valable et pertinent, c’est à dire qu’il représente bien le facteur
vous voulez évaluer ;
- Il est fiable et crédible et permet également l’acquisition de données à
l’avenir, ce qui est particulièrement important pour le suivi et
l’évaluation ;
- Il a un sens précis, à savoir que les parties prenantes sont d’accord sur
ce que l’indicateur mesure dans le Contexte de l’analyse de
vulnérabilité ;
- Le sens de son évolution est clair, c’est-à-dire qu’une augmentation
de sa valeur est clairement positive ou négative par rapport au facteur
et à la composante de vulnérabilité ;
- Il est pratique et abordable financièrement, c’est à dire, qu’il vient
d’une source de données accessible ;
- Il est approprié, à savoir la résolution temporelle et spatiale de
l’indicateur est cohérente avec l’analyse de vulnérabilité (GIZ 2009).

2.2.2.5. Indicateurs du bien-être humain

Il faudrait noter ici que, la réussite de l’adaptation climatique se fait en


prenant en compte le bien-être et les performances du développement. La
mesure de ces deux axes peut se faire à l’aide d’indicateurs de « coût du
changement climatique » et de ses effets sur : les biens matériels ; les moyens
de subsistance ; les vies humaines ; des aspects du bien-être tels que la
pauvreté, la nutrition ou la santé.
Sur plusieurs années voire décennies, cet indicateur pourrait ainsi révéler
si l’adaptation au climat joue ou pas un rôle dans le développement – sur
fond d’intensification des aléas climatiques. Ce type de collecte de données
convient mieux à un état qui souhaite suivre et évaluer sa progression sur le
long terme. Sur le court terme, les fluctuations climatiques et les expositions
aux chocs et aux stress climatiques rendent en effet l’identification de
tendance difficile.

53
2.2.3.A l’échelle nationale

Le gouvernement camerounais comme tout Etat a mis sur pied les textes
et les institutions, des programmes, des plans d’actions pour évaluer les
impacts des changements climatiques et développer les mesures
d’adaptations. Depuis la Convention Cadres des Nations Unies sur les
changements climatiques en 1992 jusqu’à nos jours, le Cameroun continue
à fournir des efforts pour utiliser les instruments juridiques relatifs aux
changements climatiques, et fait partir des sept (7) pays ayant élaboré un
Plan National d’Adaptation aux Changements Climatiques (PNACC)

2.2.3.1. Cadre législatives

- La constitution de 1996 :
- La loi n° 96/12 du 05 août 1996 portant loi cadre relative à la gestion
de l’environnement et par la création en 2005 d’un ministère de
l’Environnement et de la Protection de la Nature ;
- L’élaboration en 2001 et après de la Communication Initiale Nationale
sur les Changements Climatiques ;
- L’adhésion du Cameroun au Protocole de Kyoto en Juillet 2002 ;

2.2.3.2. Cadre institutionnel

L’ONACC : C’est par le Décret N° 2009/410 du 10 décembre 2009


portant création, organisation et fonctionnement de l’Observatoire National
des Changements Climatiques (ONACC) que le Cameroun montre son
intéressement à la question du Changement climatique. L’ONACC a été mis
sous la tutelle et du Ministère de l’environnement et sous la tutelle financière
du Ministère en charges des finances. Notons que l’organe de gestion de
l’observatoire est le Conseil d’administration qui est constitué des
représentants de plusieurs ministères (environnements, forets finances,
agriculture, élevage, eau, météorologie……).

54
Dans son article 4 (1)16 « l’Observatoire a pour mission de suivre et
d’évaluer les impacts socio-économiques et environnementaux, des mesures
de prévention, d’atténuation et/ou d’adaptation aux effets néfastes et risques
liés à ces changements».
Dans le cadre de notre étude nous notons au même article dans son
alinéa (2) « À ce titre, il est notamment chargé :
- D’établir les indicateurs climatiques pertinents pour le suivi de la
politique environnementale ;
- De mener des analyses prospectives visant à proposer une vision sur
l’évolution du climat, de fournir des données météorologiques et
climatologiques à tous les secteurs de l’activité humaine concernés et de
dresser le bilan climatique annuel du Cameroun ». En 2019, nous assistons à
la signature du DECRET N° 2010/026 du 18 Janvier 2019 portant
réorganisation de l’Observatoire National des Changements Climatiques. (Voir
Annexe1).

- INS17 : le Cameroun conscient des enjeux du changement climatique,


est engagé plus que jamais à soutenir le développement durable. Dès
lors il est impératif de disposer des statistiques fiables sur les
changements climatiques. L’INS a créé dans son organigramme en 2009
une cellule de la cartographie et de la statistique de l’environnement,
cette unité a été érigée depuis janvier 2017, en Division de la
Cartographie et des Statistiques sur l’Environnement et les
Changements Climatiques. Cette unité a pour mission :
- La centralisation et la diffusion des statistiques de l’environnement ;
- La production d’un atlas sur les statistiques de l’environnement y
compris le suivi du climat ;

16
DECRET N° 2009/410 du 10 décembre 2009 portant création, organisation et fonctionnement
de l’Observatoire National des Changements Climatiques.
17
Tiré de « l’Atelier sur les statistiques de l’environnement en appui à la mise en œuvre du
CDSE 2013 Libreville 27 novembre au 1er décembre 2017 » ayant pour thème « les
changements climatiques et les indicateurs de mesures » par Fomo M.A (chef de Division de
le Cartographie et des Statistiques sur l’Environnement et les Changements Climatiques, INS
Cameroun

55
- La mise en place d’une base de données sur l’environnement et les
changements climatiques.
Dans l’un de ses ateliers sur les statistiques de l’environnement,
l’INS présente quelques indicateurs de mesures des changements
climatiques présentés ci-dessus (tableau 2).

2.3. Rôles des indicateurs climatiques


2.3.1.Rôle pour l’agriculture

Partout, le climat a contribué à élaborer le mode de vie des populations


(Friedberg, 1999) cité par Akindélé (2011). Du coup, les moindres soubresauts
ou perturbations atmosphériques ont des répercussions immédiates sur
l’existence de l’homme (Bokonon-Ganta, 1987 ; Boko, 1992). D’une manière
générale, les perturbations climatiques ont pour conséquence les
perturbations des cycles culturaux, le bouleversement des calendriers
agricoles traditionnels et la modification des normes culturales empiriques en
vigueur chez les paysans (Houndénou, 1999 ; Ogouwalé, 2006). En effet, les
paysans se servent des modifications physiologiques des espèces végétales,
animales et de certaines ressources naturelles comme indicateurs des
différentes saisons, pour prédire certains évènements climatiques et
hydrologiques, ou mieux encore prévoir la production agricole dès le début de
campagne (Ogouwalé, 2006) Si ces croyances ont tendance à disparaître dans
les sociétés dites modernes, elles ont encore cours dans beaucoup de sociétés
dites traditionnelles (Boko et Ogouwalé, 2008). Ces éléments de la nature
permettent aux paysans de programmer les différentes activités agricoles dans
la mesure où le climat représente pour l’agriculture ce que le sang représente
pour l’homme.
Un suivi quantitatif du changement climatique et de ses incidences peut
être fait par le moyen d’indicateurs. La finalité et la nature de tels indicateurs
ont été précisées notamment par l’Agence européenne de l’environnement, qui
commence à en faire un usage systématique (EEA, 2004).

56
Conclusion à la première partie

La vallée de la Bénoué comme présenté plus, c’est un bassin versant doté


de nombreuses ressources et potentialités qui sont mis en valeur pour assurer
le bien-être de la population ; cette zone est particulière exposée à des risques
d’ordre environnementale et liés au climat (inondation, chaleur excessive,
sécheresse,….). Face à ces risques, la communauté internationale et le
Cameroun ont mis sur pied des stratégies et des moyens pour lutter et
s’adapter contre ces risques. L’évaluation et suivi de ces risques se font par
les indicateurs climatiques ou environnementaux. Nous avons des indicateurs
d’impact, d’Etat, d’adaptations, de résilience, de vulnérabilité.

57
DEUXIEME PARTIE : PERCEPTIONS, INDICATEURS LOCAUX
ET ANALYSE DES INDICATEURS STATISTIQUES DE LA
SECHERESSE DANS LA VALLEE DE LA BENOUE

58
Introduction à la deuxième partie

Depuis quelques décennies, la Communauté Internationale accorde


une attention particulière aux problèmes d’environnement avec un accent
précise aux changements climatiques. La dégradation progressive de
l’environnement se manifeste au niveau du continent africain par des
phénomènes tels que la sécheresse et la désertification qui, à court, moyen
et long termes, dégradent l’environnement, impactent les ressources
naturelles, réduisent la productivité agricole dans nos pays malgré les
efforts fournis.
Cette partie nous montrera comment est-ce que la population locale
perçoit-il la sécheresse et les indicateurs traditionnels qui leur permettent
de prédire ou de suivre la sécheresse. Nous allons également faire un état
de lieux de l’impact de la sécheresse sur le secteur de l’agriculture, de
l’élevage, de la pêche, de l’énergie et même sur l’homme.
Ensuite il conviendra d’évaluer la sécheresse par l’analyse des
indicateurs et indices météorologique de la sécheresse. Ceci pour une
bonne lecture de l’évolution de la sécheresse. Pour ce fait nous
présenterons les indices et les indicateurs appropriés afin d’identifier les
périodes sèches et humides, en montrant leur intensité et leur fréquences
d’évolution. En plus des indicateurs météorologiques, nous présenteront
aussi les indicateurs dits traditionnels ou endogènes.

59
Chapitre 3. Perceptions et indicateurs locaux de la sécheresse dans la
vallée de la Bénoué

Introduction

Au Cameroun, les changements climatiques se manifestent entre autres


par des inondations, des sècheresses de plus en plus récurrentes et
catastrophiques, des vents violents, des tempêtes de sable et de la brume
sèche. Ils affectent plusieurs secteurs activités et même aussi la santé de la
population sans toutefois oublié son bien-être. L’absence des prévisions sont
à l’origine de l’augmentation de la vulnérabilité (PNACC 2015). Selon Bring.C
et Moussa.F, (2015) « La sécheresse fait partie des principaux risques
climatiques identifiés sur le territoire camerounais. Ses impacts sont très
importants et se caractérisent par une dégradation des ressources naturelles,
le déplacement des populations, les perturbations des activités économiques
surtout agricoles et des coûts économiques et sociaux de plus en plus lourds
alors que l’agriculture est le secteur prédominant de l’économie nationale, tant
par sa contribution au PIB que pour les effets d’entrainement sur d’autres
secteurs d’activité. Les études de connaissance et de perception de
l’environnement, de la gestion des ressources naturelles, des adaptations aux
changements climatiques sont de plus en plus intégrées dans les recherches
scientifiques (Farooquee et al., 2004; Fairhead et al., 2005; Brouet al., 2007;
Tschakert, 2007; Krishnamurthyet al., 2011).L’Organisation Météorologique
mondiale et le partenariat pour l’eau ont, dans leur manuel qui traite des
indicateurs de sécheresse(2016), définit des indicateurs et les critères de
sélection pour l’évaluation et le suivi de la sécheresse à l’échelle
internationale. Mais dans ce chapitre, nous nous intéresserons plus sur les
perceptions locales de la sécheresse identifiées dans le bassin de la Bénoué
et aussi sur les indicateurs locaux de la sécheresse, en faisant un état de lieu
de l’impact de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué.

60
3.1. Les manifestations de la sécheresse et les types de sécheresses
3.1.1.Les manifestations de la sécheresse

La sécheresse provoque un stress hydrique. Elle est la plus frappante


dans les zones agricoles et l'un des principaux facteurs limitant la production
agricole mondiale (TURNER, 1986 ; PASSIOURA et al, 1996). La sécheresse
est un phénomène naturel qui se manifeste aussi bien par un déficit
pluviométrique entrainant un déficit de production (BARAKAT et al, 1997) que
par une diminution importante de la longueur de la saison des pluies, la
fréquence accrue des arrêts des pluies « poches de sécheresse » plus ou moins
longues pendant la période culturale (ZAGRE et al, 1998). Elle peut être
exprimée aussi d'une part, par la restriction de la disponibilité en eau du sol,
d'autre part pat l'augmentation d'évaporation et d'évapotranspiration accrue
par l'élévation des facteurs climatiques tels que la température
l'ensoleillement, la vitesse du vent. En Afrique, où la culture en saisons
pluvieuses est très largement majoritaire, la sécheresse est une contrainte
permanente de la production agricole (CECCARELLI et al., 1996). Elle affecte
la croissance des plantes.

3.1.2.Les types de sécheresse

La sécheresse peut également être définie selon les différents secteurs


qui interag3issent avec ses effets. Il est à noter que la sécheresse est un
phénom3ène naturel complexe et ne dispose pas d’une définition précise.
Ainsi, elle se manifeste uniquement par certains indices et paramètres dont
plusieurs3 chercheurs ont essayé de les identifier. En effet, ces indices
permettent d’identifier les différents types de sécheresse (météorologique,
agricole et hydrologique), son intensité, sa durée, son étendu spatial et sa
probabilité de récurrence. La plupart de ces indices sont fondés sur deux
concepts à savoir : l’année normale, et le seuil qui indique la sécheresse. La
littérature spécialisée distingue plusieurs types de sécheresse : la sécheresse
météorologique, la sécheresse hydrologique, la sécheresse agricole, la
sécheresse économique et la sécheresse écologique. Mais dans le cadre de ce

61
travail, nous allons présenter respectivement les trois premiers types de
sécheresse

3.1.2.1. La sécheresse météorologique

Elle est souvent définie sur la base du degré de siccité (nombre de jours
sans pluie, en comparaison aux normales ou à la moyenne) et de la durée de
la période sèche. On la définit également comme le temps écoulé entre deux
pluies efficaces, c’est à dire capables d’apporter réellement de l’eau dans le
sol. Toujours sur le plan météorologique, on parle de sécheresse lorsque les
hauteurs de pluie enregistrées sont largement inférieures aux prévisions sur
une zone donnée et pendant une longue période. Les définitions de la
sécheresse météorologiques sont souvent spécifiques à la région de travail
puisque les conditions atmosphériques aboutissant à ces déficits
pluviométriques sont largement variable d'une région à une autre. Une notion
similaire est la sécheresse climatologique qui est perçue comme un déficit
pluviométrique prolongé. On s’accorde à dire que l’on est en condition de
sécheresse quand la pluviométrie annuelle est en dessous de 20% de la
normale.

3.1.2.2. La sécheresse hydrologique

La sécheresse hydrologique est associée aux effets des périodes de


précipitations sur l’approvisionnement en eau de surface ou souterraine (c’est-
à-dire le débit des cours d’eau, les niveaux des réservoirs et des lacs, les eaux
souterraines). La fréquence et la gravité de la sécheresse hydrologique sont
souvent définies à l'échelle d'un bassin versant ou d'un bassin
hydrographique.

Bien que toutes les sécheresses aient pour origine un déficit en


précipitations, les hydrologues s’intéressent davantage à la façon dont ce
déficit est répercuté sur le système hydrologique. On observe généralement un
décalage entre les sécheresses hydrologiques et celles météorologiques et

62
agricoles. Les déficits de précipitation apparaissent dans les composantes du
système hydrologique telles que l'humidité du sol, le débit des cours d'eau, les
niveaux des eaux souterraines et des réservoirs. Ce décalage est aussi
remarquable par rapport à ceux des autres secteurs économiques. Par
exemple, une insuffisance de précipitation peut entraîner un épuisement
rapide de l'humidité du sol qui est presque immédiatement perceptible par les
agriculteurs, mais l'impact de cette déficience sur les niveaux des réservoirs
peut ne pas affecter la production d'énergie hydroélectrique ou les utilisations
récréatives pendant plusieurs mois. De plus, l’eau dans les systèmes de
stockage hydrologiques (réservoirs, rivières, etc.) est souvent utilisée à des fins
multiples et concurrentes (par exemple, maîtrise des inondations, irrigation,
loisirs, navigation, hydroélectricité, habitat faunique), ce qui complique
davantage la séquence et la quantification des impacts. La concurrence pour
l'eau dans ces systèmes de stockage s'intensifie pendant la sécheresse et les
conflits entre les utilisateurs d'eau augmentent considérablement. Cet impact
est particulièrement ressenti par les femmes qui voient leur accès à l'eau pour
les activités quotidiennes, rendu beaucoup plus ardu.

On parle de sécheresse hydrologique lorsque des niveaux d’eau inférieurs


à la moyenne dans les lacs, les réservoirs, les fleuves, les cours d’eau et les
eaux souterraines ont un impact sur les activités non agricoles comme le
tourisme, les loisirs, la consommation d’eau en zones urbaines, la production
d’énergie et la conservation des écosystèmes.

3.1.2.3. Sécheresse agricole

Elle se définit plus volontiers par la présence dans le sol d’une quantité
d’eau suffisante pour assurer la croissance des cultures et du fourrage que
par l’écart des précipitations par rapport à la normale sur une période de
temps déterminée. Il n’y a pas de relation directe entre la hauteur de
précipitation et l’infiltration des précipitations dans le sol. Le taux d’infiltration
varie en fonction des conditions d’humidité antérieures, de la pente de la

63
nature du sol et de l’intensité des précipitations. Les sols ont aussi des
caractéristiques variables : certains ont une faible capacité de rétention d’eau
et sont donc plus sujets à la sécheresse de type agricole. (OMM, 2006). La
sécheresse agricole se produit lorsque l’humidité du sol est insuffisante pour
subvenir aux besoins des cultures, des pâturages et des espèces des parcours.

3.1.2.4. Sécheresse socioéconomique

Elle diffère fortement des autres types de sécheresse du fait qu’elle reflète
la relation entre l’offre et la demande de certaines denrées ou de certains biens
économiques (i.e. grains, fourrage, énergie hydro-électrique..., etc.) qui sont
tributaires des précipitations (OMM, 2006).

En résumé il faudrait noter ici que ces différents types de sécheresse


présentés ci-dessous sont reliés entre eux les unes aux autres ; cette relation
(figure 11) met en exergue une liaison importante, c’est-à-dire une relation de
dépendance ; car un type de sécheresse pourrait dépendre de l’autre et causer
des dégâts énormes. Prenons le cas de la sécheresse agricole qui dépend
entièrement à la sécheresse météorologique ; le cas de la sécheresse
hydrologique qui dépend également de la sécheresse météorologique. Les types
de sécheresses et les secteurs.

64
Figure 10. Différents types de sécheresse et relations existant entre eux

Source : Adapté de National Drought Mitigation Center, University of


Nebraska-Lincoln

3.2. Perceptions de la sécheresse

Ces dernières années la question de la perception (c’est une manière de


comprendre l'espace) locale est de plus en plus considérée dans les études
portant sur l’évolution des écosystèmes sahéliens en relation avec les
changements climatiques (Roncoli, 2006; Thomas et al., 2007; West et al.,
2008; Barbier et al., 2009; Mertz et al., 2009). En climatologie, la perception
est un élément fondamental pour comprendre l’environnement et ressentir les
effets invisibles de la variabilité climatique ; raison pour laquelle plusieurs
sociétés africaines se servent des signes, des comportements des animaux,

65
des plantes pour expliquer et prédire le temps qu’il fait ou qui fera à un endroit
précis. Selon les travaux de Bing (2005), l’expression de la perception de la
sécheresse varie d’une société à une autre ou d’une communauté à une autre
car les rites, les traditions ; car en matière de perception, chaque ethnie à sa
manière d’interpréter le climat. La perception est une manière de comprendre
l'espace, miroir de ceux qui le vivent et de ceux qui l'observent. C’est aussi le
fait de saisir un événement ou le déroulement d’un phénomène de façon
sensorielle ou spirituelle (Hounkannou, 2010).

Le changement climatique n’est pas seulement constaté par les


scientifiques puisque depuis plus de trois décennies, les populations locales
du bassin de la Bénoué l’avaient perçue. Lors de nos entrevus, nous avons pu
relever quelques perceptions de la sécheresse dans quelques localités (Babla,
Pitoa, Ngong …) ; nous avons entre autre : Les perceptions les plus citées par
les producteurs étaient la poche de sécheresse, l’harmattan et l’excès de
chaleur. Dans le cadre notre étude nous allons dans cette section souligner
quelques pratiques ou idéologies permettant de caractériser la sécheresse au
Nord Cameroun et plus précisément dans le bassin de la Bénoué.

3.2.1.Poche de sécheresse

La sécheresse provoque un stress hydrique. Elle est la plus frappante


dans les zones agricoles et l'un des principaux facteurs limitant la production
agricole mondiale (TURNER, 1986 ; PASSIOURA et al, 1996). La sécheresse
est un phénomène naturel qui se manifeste aussi bien par un déficit
pluviométrique entrainant un déficit de production (BARAKAT et al, 1997) que
par une diminution importante de la longueur de la saison des pluies, la
fréquence accrue des arrêts des pluies « poches de sécheresse » plus ou moins
longues pendant la période culturale (ZAGRE et al, 1998).

Certains paysans affirment qu’il y a une trentaine d’année, au


démarrage des pluies en avril, il était rare d’observer 2 à 3 jours sans pluie.
Par contre de nos jours, après le démarrage tardif des pluies vers fin mai, des

66
arrêts de pluie dans les mois de juin, juillet et d’août sont non seulement
constatés mais peuvent atteindre une vingtaine de jours.

3.2.2.L’harmattan

Le déplacement de la période d’apparition de l’harmattan, le


raccourcissement des délais et la variation de l’intensité de l’harmattan d’une
année à l’autre sont des signes du changement climatique. « Le chauffage au
feu de bois, est une pratique qui disparaît de nos jours. L’harmattan se
féminise de nos jours, elle n’est plus forte ». Ces propos d’un paysan de
« Babla » confirmaient la lecture du changement climatique que les
populations faisaient à travers l’harmattan.

3.2.3.Tarissements des marigots

Les producteurs montrent clairement que l’eau dans les marigots


débordait pendant la période de pluies (juin-août). Alors ; l’eau restait jusqu’en
saison sèche pour abreuver les animaux. Ce qui n’est plus le cas de nos jours.
D’où l’expression du tarissement des marigots selon eux.

 Autres caractéristiques de la sécheresse

Pas de pluie, sol sec et dur, les cours d'eau s'assèchent, les puits tarissent,
les plantes et les cultures s'assèchent, chaleur intense, trop de vent dans tous
les sens, les animaux meurent, beaucoup de poussière.

 Les éléments de prévision de la sécheresse

- Il pleut un peu en pleine saison sèche.


- Retard de la saison pluvieuse.
- Le vent souffle en période de chaleur.
- La pluie s'annonce et ne vient pas.

67
 Les variantes de la sécheresse

- Le brouillard sec réapparaît en début de saison pluvieuse.


- Sécheresse intermittente (elle entraîne une alternance de périodes sèches et
pluvieuses)
- Sécheresse de longue durée et forte (elle arrive après un peu de pluie et la
pluie ne revient que vers la fin de la saison)

3.3. Les indicateurs locaux de la sécheresse

D’une manière générale, les prévisions saisonnières sont une estimation


des probabilités des variables clés pour une saison à venir (Ogallo et al., 2000;
Klopper et al., 2006). Elles comptent parmi les stratégies traditionnelles des
paysans pour réduire le risque climatique sur la production des cultures
pluviales (Roncoli et al., 2008 ; West et al., 2008). La hausse des températures,
les forts vents suivis de la poussière, la visibilité nette des étoiles et de la lune
traduisent une répartition régulière des pluies pour la future saison (Mogotsi
et al., 2011).

Outre l'observation du comportement des animaux et des plantes


cultivées, des spécialistes rituels utilisent des visions, des rêves et de la
divination pour prédire le temps comme c’est le cas de certains villages dans
le nord Cameroun. De ce fait, Phillips et al. (2002) comme Kihupi et al. (2003)
confirment que les fruits et les feuilles des arbres servent souvent
d’indicateurs de prévisions communs aux agriculteurs africains. Face aux
aléas climatiques (vague de chaleur, inondations, sécheresse ….) dont fait face
les sociétés camerounaises, les hommes ont développé le sens de l’observation
pour décrire, comprendre leur environnement.

Dans le bassin de la Bénoué nous avons pu identifier quelques


indicateurs de la sécheresse, qui sont souvent similaires à ceux étudiés dans
d’autres pays africains (Burkina-Faso, Bénin, Cote d’ivoire….). Nous
présenterons les indicateurs de prévision et d’impact de la sécheresse dans la
vallée de la Bénoué.

68
3.3.1. Les indicateurs de prévision

Il convient de noter que les indicateurs de prévision sont également


fonction des pratiques culturales (Ingram et al., 2002 ; Ziervogel et Calder,
2003). En dépit de leur importance, les prévisions sont devenues moins fiables
qu’auparavant en raison de l’accentuation des changements climatiques au
cours des dernières décennies (Ingram et al., 2002; Roncoli et al., 2008). Par
conséquent, les paysans sont à la recherche de nouvelles stratégies de
prévisions saisonnières pour mieux planifier la production des cultures
pluviales (Ingram et al., 2002). De ce fait, Phillips et al. (2002) comme Kihupi
et al. (2003) confirment que les fruits et les feuilles des arbres servent souvent
d’indicateurs de prévisions communs aux agriculteurs africains.
Lors de nos enquêtes, les paysans ont donné leurs avis sur les
indicateurs locaux de la sécheresse. Les résultats de ce trouve dans le tableau
4, où il présenté les pourcentages des différents avis des paysans sur la
question des indicateurs de la sécheresse.

3.3.1.1. Les indicateurs liés aux conditions climatiques

Les indicateurs liés aux conditions climatiques ici reposent sur les
expériences agraires de plusieurs années et des connaissances empiriques
des agriculteurs sur les conditions climatiques, certains agriculteurs peuvent
déjà percevoir que la campagne agricole sera marquée soit par des poches de
sécheresse soit par une courte durée des saisons de pluies. Il s’agit d’une
méthode prédictive qui reste empirique et fondée sur le flair des acteurs.
Lorsqu’il n’y a pas concordance entre le calendrier agricole et les premières
pluies, ceci est perçu comme un signe avant-coureur de la sécheresse. A cela
s’ajoute, la durée et l’intensité de l’harmattan (vent sec venant du Sahel) qui
sont cités comme un indicateur par les paysans.

69
3.3.1.2. Les indicateurs liés aux comportements des plantes

Une des difficultés pour analyser l'état des connaissances sur les
réactions des plantes à la sécheresse est la grande diversité de définitions.
Pour le grand public, mais aussi pour une majorité des études de biologie
moléculaires, sécheresse implique symptômes sévères et mort possible de la
plante.
La floraison et la feuillaison de certaines espèces végétales constituent
des indicateurs endogènes de prédiction d’épisodes de sécheresse. Selon les
enquêtes, la floraison (En botanique, la floraison est la formation puis
l'épanouissement d'une fleur ou d'une inflorescence, suivie de la période
durant laquelle les fleurs restent épanouies. La floraison est le moment où
l'inflorescence des plantes est alors la plus développée, l'étape de floraison est
suivie par la défloraison) de certaines espèces végétales telles le karité
(Vitellaria paradoxa) est un des signes précurseurs de la sécheresse.

A travers l’observation de leur environnement ou bien par tradition, les


populations ont su acquérir des moyens purement endogènes pour la
détermination de l’arrivée des épisodes de sécheresse. Ainsi, elles ont recours
à d’autres indicateurs autres que les variables scientifiques notamment la
pluviométrie, l’humidité qu’elles n’ont pas les moyens de mesurer.
Les indices de sécheresses ou indicateurs ont été étudiés au niveau local à
travers la perception des populations rurales des sécheresses.

70
X=9°23’49.81’’ Y= 13°22’36.98’’ cliché, Lodigam, mars 2020

Photo 2. Le Karité comme indicateur de sécheresse

La photo 2 nous montre le Karité (arbre fruitier). De nos différentes


investigations certains paysans interrogés affirment que cet arbre un indicateur
de prévision de la sécheresse lors de la floraison.

71
3.3.2. Les indicateurs d’impacts

Ici, il est question de présenter les indicateurs d’impacts de la sécheresse


identifiés dans la vallée de la Bénoué.

3.3.2.1. Les rivières

Certains paysans affirment que, lorsqu’on observe le niveau d’eau est


bas à la sortie de l’Hiver, on peut dire qu’il y a de forte chance que la sécheresse
survient. Les producteurs montrent clairement que l’eau dans les marigots
débordait pendant la période de pluies (juin-août). Ainsi, l’eau restait jusqu’en
saison sèche pour abreuver les animaux. Ce qui n’est plus le cas de nos jours.
D’où l’expression du tarissement des marigots selon eux.

3.3.2.2. Les puits, les forages et les barrages hydroélectriques

Grace aux données des entretiens et des interviews, plusieurs


répondants ont affirmé que les puits sont des véritables indicateurs de
prédiction des sécheresses dans leurs localités car ils observent des
tarissements de puits profonds (au moins 10 mètres).

En ce concerne les forages comme ce type présenté ci-dessous, (planche


photographique 1), les entretiens nous renseignent sur le fait que ces ouvrages
sont aussi frappés de tarissement, et les nappes sont asséchées. D’après les
informations recueillies à la délégation régionale de l’eau et de l’énergie du
Nord, seule le tarissement des forages qui respectent les normes (60 m de
profondeurs) peuvent être considérées comme indicateurs de sécheresse.
Aux puits et forages s’ajoute les barrages hydroélectriques qui constituent
également un indicateur d’impact de la sécheresse. Ceci s’explique par le
simple fait que le niveau d’eau baisse dans les barrages par rapport à la
normale, comme ça été le cas du barrage de Lagdo.18

Tiré du rapport diagnostic Cameroun de la Banque Mondiale en 2017 sur les


18

changements climatiques et gestion de risques de catastrophes au Cameroun.

72
1 2

X= 9°21’40.41’’ N Y= 13°24’16.73’’ E X= 9°20’49.79’’ N Y= 13°22’29.53’’ E


cliché Lodigam Moïse, mars 2020

Planche photographique 1. Le forage comme indicateur de


sécheresse

La planche photographique ci-dessus présente deux images, la première où


des enfants sont venues puiser de l’eau. Le choix de ce type de forage repose
sur le fait que celui-ci atteint la nappe phréatique. Lors de notre enquête, nous
avons compris que les forages sont de véritables indicateurs de prévision et
d’impact de la sécheresse, car lors du pompage si l’eau ne monte pas comme
prévue, alors il se pourrait que le niveau d’eau ait diminué.

3.3.2.3. Le sol

Pour d’autres les sols fissurés sont des indicateurs d’impacts de la


sécheresse. Certains paysans ce base sur cette caractéristique pour dire qu’il
y a sécheresse.

73
 Inconvénients

La fissure des sols n’est pas un bon indicateur de la sécheresse parce que
lors du retrait de l’eau dans certaines zones marécageuses en saison sèche,
l’on constate ces fissures.

Tableau 4. Avis des paysans sur l'identification des indicateurs locaux de la


sécheresse

Indicateurs Réponse et Nombres des Pourcentages


enquêtés
Rivières oui 120 72,72%
non 45 27,28%
Puits oui 165 100%
non 0 0%
Forages oui 100 60,60%
non 65 39,40%
Arbres oui 140 84,84%
non 25 15,15%
Sols oui 35 21,21
non 130 78,78%
Nombres total 165
des enquêtés
Source : enquêtes de terrain

Le tableau 4 ci-dessus nous présente l’avis des paysans sur le choix ou


l’identification des indicateurs locaux de la sécheresse dans la vallée de la
Bénoué. Les pourcentages des avis recueillis s’est fait comme suit :

é 100
=
′ é

Les indicateurs locaux de la sécheresse présentés ci-dessus sont les


principaux identifiés. En plus de ceux-ci, nous avons pu noter d’autres
indicateurs qui sont insérés dans le tableau ci-dessous (tableau 5). A cela
s’ajoute l’appréciation ou la qualité de ces indicateurs, car d’autres sont
fiables et d’autres ne le sont pas.

74
Tableau 5: indicateurs locaux de la sécheresse

Paramètres/ress Indicateurs Qualités des


ources naturelles indicateurs
Pluviométrie - Fréquences des poches de - fiable
sécheresse ;
- Baisse de la pluviosité ; - fiable
- Rallongements de périodes
- fiable
sèches
Eau - Baisse du niveau d’eau dans - fiable
les barrages ; - fiable
- Baisse du niveau d’eau dans
les puits ; les rivières, les
forages
Arbres - Comportement de certaines - fiable
espèces végétales (le Karité)
Sol - Fissure des sols - Non fiable

Source : enquêtes de terrain 2019

3.4. Les impacts de la sécheresse

L’augmentation des températures et la diminution des


précipitations observées au cours des 50 dernières années ont contribué
à allonger la durée des saisons sèches avec une incidence grandissante
sur les sécheresses, surtout dans la ZAE soudano-sahélienne et la ZAE
hautes savanes guinéennes.

Comme d’autres phénomènes extrêmes, la sécheresse peut être décrite


par son intensité, son emplacement, sa durée et son moment d’apparition.
Elle est provoquée par divers processus hydrométéorologiques qui inhibent
les précipitations ou limitent le volume des eaux superficielles et

75
souterraines disponibles, créant des conditions beaucoup plus sèches que
la normale ou réduisant autrement l’humidité disponible dans des
proportions potentiellement dommageables. Les indicateurs et les indices
de sécheresse présentés dans ce manuel permettent de déterminer
l’intensité, l’emplacement, la durée, le début et la fin de ces conditions. Il
faut savoir que les sécheresses ont des impacts aussi variés que leurs
causes. Elles peuvent avoir une incidence néfaste sur l’agriculture et la
sécurité alimentaire, la production d’hydroélectricité, les activités
industrielles, la santé humaine et animale, la sécurité des moyens de
subsistance et celle des personnes (quand les femmes doivent parcourir de
grandes distances pour aller chercher de l’eau, par exemple) et l’accès à
l’éducation (quand les filles ne vont plus à l’école car la corvée d’eau prend
trop de temps). (OMM et GWP 2016).

Il faudra noter que Tous les cultivateurs de la région n’affrontent pas en


même temps les mêmes périodes de sécheresse, interrompant les pluies.
La situation varie tout le temps d’un endroit à l’autre.

3.4.1.1. Sur l’agriculture

La sécheresse de conséquences considérables sur les cultures. Ainsi,


lorsqu’on s’intéresse aux cultures de nos régions, une sécheresse correspond
à un déficit en eau du sol et/ou de l’air entraînant au niveau de la plante
entière une diminution de la quantité d’eau absorbée par la plante par
comparaison avec la quantité d’eau évaporée. Cette différence entre l’eau
absorbée et l’évaporation se caractérise par une diminution du rendement qui
serait attendu en situation favorable ou de la qualité des produits récoltés
(Voltas et al., 2005 ; Tardieu et al., 2007).

« La19 production céréalière a chuté de 30.000 tonnes en 2011, par


rapport à 2010 », déclare Lazare Ilonga, le directeur de la sécurité alimentaire

Extrait d’une interview fait par l’Inter Press Service New Agency (IPS) de
19

Ngalla K.C, publié le mardi 17 décembre 2019


76
dans la Région du Nord au ministère de l'Agriculture et du Développement
rural. Il impute cette baisse à la sécheresse qui a frappé la région en 2011.
(Voir annexe 2). D’après les paysans, Le déficit pluviométrique ou la
sécheresse a impacté négativement la production de l’arachide.

3.4.1.2. Sur la production d’énergie et les ressources halieutiques

La sécheresse a eu des impacts négatifs sur les ressources en eau et


d’eau dans la vallée de la Bénoué. Prenons le cas de la sécheresse de 1997,
la pluviométrie a été très faible dans l’ensemble du bassin (moins de 1 000
mm). Le niveau de la retenue de Lagdo a tellement baissé que la
distribution d’électricité a été réduite. Accessoirement à cette réduction, de
vastes étendues de terres fertiles sont demeurées hors de l’eau pendant
plusieurs mois. Seules les parties les plus basses de la vallée ont été
inondées. Le calendrier agricole et les transhumances ont été affectés.
La sécheresse a donc réduit la productivité fourragère et les activités
pastorales. De nombreux pasteurs ont nomadisé sur de longues distances
pour nourrir leur bétail. Ceci a entraîné le surpâturage de certaines zones
et la surcharge générale en ruminants. Les systèmes de cultures de décrue
ont été déstabilisés. Certaines cultures se sont soldées par des échecs. Les
captures de poisson ont été maigres et les revenus tirés de la pêche ont
diminué. Il y a eu une augmentation du taux de mortalité animale.
(Ngounou N., Njitchoua R., et Naah E., 2002).

La20 dépendance vis-à-vis de l'énergie hydroélectrique rend le pays


particulièrement vulnérable aux sécheresses et aux vagues de chaleur.
Ceci s’explique par l’action conjuguée d’une baisse significative des totaux
moyens annuels précipités et d’une élévation du taux d’évaporation
affectant la capacité de production. Ces deux facteurs joueraient
directement sur les débits des cours d’eau, en particulier sur celui de la

20 Tiré du rapport diagnostic Cameroun de la Banque Mondiale en 2017 sur


les changements climatiques et gestion de risques de catastrophes au
Cameroun.
77
Bénoué situé en zone soudano sahélienne et qui porte la retenue de Lagdo.
En période de sécheresse et de fortes températures, la demande en
électricité augmente également du fait du plus grand besoin de la
population notamment lié à la climatisation.

La consommation de l’énergie électrique au Cameroun est d’environ 14


% de la consommation énergétique totale et la consommation de l’énergie
traditionnelle principalement le bois de chauffe est plus de 60 %.
L’approvisionnement en électricité est essentiellement d’origine
hydraulique et est fourni par les trois principales centrales
hydroélectriques que sont Edéa, Song Loulou et Lagdo qui se trouve dans
notre zone d’étude. La production actuelle de ces centrales
hydroélectriques, qui ne représente que 3 % du potentiel hydroélectrique
économiquement « équitable », restes-en deçà des besoins énergétiques du
pays. Or la fourniture de cette énergie est largement déficitaire et justifie
de nombreux délestages et le rationnement fréquemment observés. Ce
déficit est justifié par de fréquents étiages liés aux sécheresses (PNACC,
2015).

3.4.1.3. Sur la biodiversité

Des périodes de sécheresse interrompent plus ou moins souvent le cycle


végétal. Les plantes flétrissent parce que le sol n’est pas complètement
humecté en début de saison et qu’il a déjà perdu une partie de ses réserves
en superficie à la fin.

3.4.1.4. L’impact sur le sol

En plaine, la longue sécheresse durcit les horizons supérieurs du sol, en


secteur peu boisé. Les premières pluies ruissellent et s’infiltrent peu, jusqu’à
ce que cette couche dure soit humectée. Les alternances de pluies et de
sécheresses en début de saison pluvieuse provoquent sur certains sols de
plaine une crotte mince imperméable par effet de battance (Boutrais, J et al,
1984).
78
3.4.2.Impacts sociaux

La sécheresse a un impact social considérable dans la vallée de la


Bénoué. Le tarissement des puits et des forages met la population dans une
situation de pénurie d’eau. La population doit parcourir des longues distances
à la recherche de l’eau. Cette figure nous présenter en résumé les causes et
les conséquences des différents types de sécheresse.

Source : OMM, rapport n°1006, 2006


Figure 11. Causes et conséquences des sécheresses

79
CONCLUSION

Parvenue au terme de ce chapitre qui consistait à présenter les


différentes perceptions et indicateurs locaux de la sécheresse dans la vallée
de la Bénoué, nous pouvons dire que les paysans utilise l’observation comme
une méthode leurs permettant de percevoir, de décrire le climat et leur
environnement ; pour mieux le faire, ils se basent sur des croyances, des
comportements de plantes, des rivières, des puits comme des indicateurs de
prévision et d’impacts de la sécheresse. Toutefois noter que certains
indicateurs ne sont pas fiables (par exemple la fissure des sols). Il ressort que
la sécheresse a d’impact négatif sur l’agriculture avec la diminution du
rendement agricole dans certains arrondissements, la baisse du niveau d’eau
qui a impacté sur la production de l’énergie à Lagdo et dans le domaine de
l’élevage et voir social. La sécheresse hydrologique qui affecte également la
production de l’énergie électrique à Lagdo. Afin de compléter l’évaluation de la
sécheresse, il sera judicieux d’analyser les indicateurs scientifiques de la
sécheresse en utilisant la méthode conventionnelle (l’analyse des indices).

80
Chapitre 4 : Analyse des indicateurs statistiques de la sécheresse dans
la vallée de la Bénoué

Introduction

Depuis quelques années, plusieurs études ont porté sur les


changements planétaires, dont plusieurs se sont attardées aux sécheresses.
Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), de 1967 à 1991, 1,4
milliards de personnes ont été affectées par les sécheresses et 1,3 milliards
en sont mortes de causes directes ou indirectes. Selon certains scénarios
des changements planétaires, l’occurrence et l’impact des sécheresses
risquent d’augmenter dans les années à venir. L’augmentation de la
population humaine qui entraîne une pression accrue sur l’environnement y
contribue grandement. Dans plusieurs régions du globe, une pratique agricole
non-adaptée aux conditions environnementales et climatologiques,
combinée à la surexploitation des réserves hydriques accélère le
processus des sécheresses et entraînent parfois une situation irréversible,
la désertification (ONU, 1997; UNCCD, 2004)
D’après l’analyse de l’évolution des précipitations faite par le PNACC
pour la période 1951- 2006, l’année 1981 marque le début de la péjoration
des précipitations annuelles pour la zone agro-écologique soudano-
sahélienne. Les précipitations moyennes annuelles ont oscillé d’une valeur
maximale de 1248 mm en 1965 (décennie 2) à 727 mm en 1984 (décennie 4
et année marquante de la sécheresse dans le sahel africain). Une baisse
globale de 20,39% a été enregistrée, ce qui correspond à une diminution
décennale des précipitations moyennes de 4,07% au cours de ces six dernières
décennies. L’analyse des données climatiques par station montre par ailleurs
que la zone soudano-sahélienne présente les plus fortes baisses de
pluviométrie.

Il est à noter que la sécheresse est un phénomène naturel complexe et


ne dispose pas d’une définition précise. Ainsi, elle se manifeste uniquement
par certains indices et paramètres dont plusieurs chercheurs ont essayé de

81
les identifier. En effet, ces indices permettent d’identifier les différents types
de sécheresse (météorologique, agricole et hydrologique), son intensité, sa
durée, son étendu spatial et sa probabilité de récurrence. La plupart de ces
indices sont fondés sur deux concepts à savoir : l’année normale, et le seuil
qui indique la sécheresse.

4.1. Méthodes de suivi de la sécheresse et Indicateurs


4.1.1.Méthode de suivi et d’évaluation

Selon l’OMM (2012), il existe trois façons de surveiller les conditions de


sécheresse et de faciliter l’alerte précoce et l’évaluation :
- Utiliser un indicateur ou indice ;
- Utiliser plusieurs indicateurs ou indices ;
- Utiliser des indicateurs composites ou hybrides

La littérature nous enseigne que dans le passé, les décideurs et les


scientifiques utilisaient un seul indicateur ou indice pour surveiller les
conditions de sécheresse. Ceci s’explique par le fait qu’ils ne disposaient pas
d’autres éléments de mesures ou encore il n’y avait pas assez de temps pour
collecter les données. Mais depuis ces vingt dernières années, l’on a constaté
une nette amélioration et un intérêt grandissant pour la mise sur pied des
méthodes, des indices à partir de la construction de divers indicateurs.

En plus de la méthode dite endogène, connue sur le nom de méthode


traditionnelle pour beaucoup, la méthode scientifique est plus utilisée et plus
fiable pour le suivi de la sécheresse.

4.2. Les indicateurs scientifiques de la sècheresse

Dans le cadre de cette étude nous allons utiliser Deux indicateurs : les
précipitations et l’évapotranspiration pour évaluer l’évolution de la sécheresse
et son intensité dans le temps.

82
4.2.1. Evolution des paramètres climatiques
 Les précipitations
Nous pouvons noter au travers de la courbe d’évolution des
précipitations que la vallée de la Bénoué a connu une variabilité climatique
remarquable. Cette courbe nous montre comment les précipitations
décroit.

1800

1600

1400

1200

1000

800

600

400

200

0
1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025

Figure 12. Hauteur des précipitations de 1984 à 2019 à


la station de Garoua

 Température moyenne
La courbe de température annuelle de notre période d’observation nous
présente une évolution ascendante (figure 14). L’on constant qu’il fait de plus
en chaud dans la vallée de la Bénoué.

83
31

30

29
Tempéture en °C

28

27

26

25

Figure 13. Température moyenne de 1984 à 2019


 ETP selon la Méthode de Thornthwaite
Cette figure nous renseigne sur l’évolution de l’évapotranspiration de 1984 à
2019 à la station. 2006, 2011 et 2015 enregistrent une évapotranspiration
élevée par aux autres.

ETP
180

160

140

120

100

80

60

40

20

0
1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025

Figure 14. ETP annuel de 1984 à 2019

84
La figure ci-dessous (figure 16) nous montre le régime pluviothermique
et évapotranspiratoire de ses trois indicateurs. Cette figure met en exergue les
variations de ces paramètres de janvier en décembre. Ainsi regroupés, nous
pouvons plus apprécier la tendance aux variations s’observe plus avec les
précipitations et l’ETP. Les températures sont constantes.

601,0

501,0

401,0

301,0

201,0

101,0

1,0
J F M A M J Jt A S O N D

Figure 15. Régime pluviothermique


Température et évapotranspiratoire
Précipitations ETP de 1984-
2019 à la station de Garoua

4.2.2.Les indicateurs statistiques

Selon de nombreux auteurs on distingue plusieurs indicateurs ou


indices capables d’étudier les différents types de sécheresse (la sécheresse
météorologique, hydrologique, agricole, socio-économique, écologique).
Plusieurs indices de sécheresse ont été décrits auparavant. Le plus utilisé
dans l’alerte précoce à sécheresse à l’échelle internationale est le SPI à cause
de sa simplicité et des avantages déjà énumérés. Le deuxième modèle est PDSI
qui renseigne sur la sécheresse agricole. Mais à cause de sa complexité, il est
surtout utilisé aux Etats Unis. De même, le SPI et la méthode des déciles ont
été étudiés par certains chercheurs (Yacoubi et al, 1998). Dans cette partie,
nous utiliserons les indices simples c’est-à-dire ceux qui prennent en compte
un seul indicateur qui est les précipitations, notamment le SPI, DI, PN, RAI ;
et un indice composite qui est le RDI (qui prends en compte les précipitations
et l’évapotranspiration.

85
4.2.2.1. Analyse des séries chronologiques

L’analyse des séries chronologiques en climatologie fait recours


principalement à l’analyse harmonique et à l’analyse spectrale qui
décomposent les séries en leurs composantes en fonction du temps ou de la
fréquence. La stationnarité (caractère d’une série dont la moyenne et la
variance ne varient pas sur toute son étendue) constitue une hypothèse de
première importance pour ces modèles (OMM, 2011).

Dans notre travaille, nous allons analyser les tests de vérification de


caractère aléatoire (calcul de l’autocorrelogramme et de son intervalle de
confiance, le test de corrélation sur les Rang) et les tests de détection de
rupture (test de Buishand et ellipse de bois, méthode non paramétrique de
PETTITT, méthodes Bayésienne de LEE et Heghinian) grâce au logiciel
Khronostat.

4.2.2.2. Tests de vérification de caractère aléatoire


4.2.2.2.1. L’autocorrelogramme et Test de corrélation sur le Rang

La méthode de Rang est un test non paramétrique vérifie les caractères


à des seuils de confiance de 90%, 95% ou 99% avec pour hypothèse alternative
celle d’une tendance. Les données de résultats sont récapitulées dans des
tableaux (annexe 5). Sous cette rubrique nous avons deux colonnes dont une
pour les caractères où sont mentionnés les sigles :
- NA : caractère non aléatoire des séries
- A : caractère aléatoire dans les séries chronologiques
Et l’autre colonne pour les seuils de confiance.

Pour vérifier le caractère aléatoire des deux séries, le test de corrélation


sur les rangs ainsi que le coefficient d’autocorrélation seront utilisés. Pour la
série de la station de Garoua, l’hypothèse nulle (série chronologique aléatoire)
du test de corrélation sur le rang est acceptée, les données présentent donc
un caractère aléatoire. Ce résultat est confirmé par le coefficient
86
d’autocorrélation représenté sur la figure 17 ci-dessous et dont la majorité des
points représentatifs sont à l’intérieur de l’intervalle de confiance. Les
hypothèses nulles sont acceptées au seuil de confiance de 90,95 et 99%

Autocorrélogramme
Autocorrélogramme 99% 95% 90%

0,400

0,300
Coefficient d'autocorrélation

0,200

0,100

0,000

-0,100

-0,200

-0,300

-0,400

1 2 3 4 5 6 7 8 9
Retard

Figure 16. Coefficient de d’autocorrélation des précipitations de 1984 à


2019 à la station de Garoua.

4.2.2.3. Tests de détection de rupture


4.2.2.3.1. Test de Buishand et ellipse de bois

La statistique de Buishand s’appuie sur le cumul de l’écart par rapport


à la moyenne (Buishand, 1982). En général, à cette méthode est jumelée la
méthode de l’ellipse de Bois. Cette dernière est une extension de la méthode
des résidus cumulés de la régression linéaire qui servait à tester l’homogénéité
d’une série par rapport à une autre. Les tests de Buishand et de Pettitt
acceptent des ruptures au seuil de confiances de 90,95 et 99%. Ces tests nous
montrent que les années de rupture sont : 1988, 1991,1992, 2011(figure 18).

87
Ellipse de Bois à 99, 95 et 90 %
Variable Sk de l'ellipse 99% 95% 90%

2 000
Somme des écarts à la moyenne

1 500

1 000

500

-500

-1 000

-1 500

-2 000

1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019
Période

Figure 17. Le test de Buishand et Ellipse de Bois appliqués à la station de Garoua

4.2.2.3.2. Méthode non paramétrique de PETTITT

Ce test non paramétrique dérive du test de Mann-Kendall. Le test de


Pettitt exprime l’hypothèse nulle H0 qui correspond à l’absence de rupture au
seuil d’homogénéité de la série. Il consiste à découper la série principale de N
éléments en deux sous séries à chaque instant t compris entre 1 et N-1. La
série principale présente une rupture à l’instant t si les deux sous séries ont
des distributions différentes (Kingumbi A. et al., 2000). Son hypothèse nulle
étant l’hypothèse de non-rupture (Paturel et al., 1998). Dans le cadre de cette
série, le test de Pettitt situe la rupture dans les années 1988, 1990/1992,
2002,2009/2011.

88
Evolution de la variable U du test de Pettitt
Variable U du test de Pettitt

20

-20

U -40

-60

-80

-100

-120
1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018
Période

Figure 18. Rupture selon le test de Pettitt

4.2.2.3.3. Méthodes Bayésienne de LEE et Heghinian

La technique développée par Hubert consiste à diviser la série


temporelle en plusieurs sous séries et à l’aide de la technique des moindres
carrés et du test de Scheffe, estimer si la différence entre les moyennes des
sous-séries successives est significative ou pas. Dans l’affirmative, il existe
une rupture dans la série complète. Cette technique a l’avantage de déceler
l’existence de plusieurs ruptures.

89
- Procédure de Lee et Heghinian -
Densité de probabilité 'a posteriori' de l'amplitude d'un changement
0,003

0,002
Densité de probabilité

0,002

0,001

0,001

0,000
-1 400

-1 200

-1 000

-800

-600

-400

-200

200

400

600

800

1 000

1 200

1 400
Am plitude

Figure 19. Amplitude de la densité de probabilité

La méthode bayésienne de Lee et Heghinian nous présente par sa


densité de probabilité les changements dans observés dans la période
d’observation. Nous notons que, 1988 est l’année qui présente un changement
élevé, ensuite les années 1984, 1987, 1991, 2011(figure 21). Cette méthode
nous montre les probabilités de rupture durant notre période d’observation.

90
- Procédure de Lee et Heghinian -
Densité de probabilité 'a posteriori' de la position d'un changement

0,05
0,045
Densité de probabilité

0,04

0,035
0,03

0,025
0,02
0,015

0,01
0,005
0
1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018
Période

Figure 20. Densité de probabilité de la position d'un changement

4.2.3.Analyse des indices


4.2.3.1. Indice basé sur l’indicateur précipitation

Dans cette partie nous allons effectuer les calculs sur les indices
prenant en compte un seul paramètre (Précipitation).

4.2.3.1.1. Indice de Précipitation Normalisé (SPI)

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a adopté l’Indice


de précipitations normalisé (SPI) en 2009 comme instrument mondial pour
mesurer les sécheresses météorologiques, aux termes de la « Déclaration de
Lincoln sur les indices de sécheresse ». L’OMM en promeut l’utilisation par les
services nationaux météorologiques et hydrologiques en association avec
d’autres indices
Le choix de l’indice standardisé des précipitations (dénommé en anglais,
SPI, Standardized Precipitation Index), mis au point par McKee et al. (1993)
est lié au fait que cet indice présente des avantages en termes de cohérence
statistique et à la capacité de décrire à la fois à court terme et à long terme les

91
impacts de la sécheresse à travers les différentes échelles de temps (McKee et
al, 1993).
L'indice (McKee et al, 1993 ; Hayes, 1996) standardisé des précipitations
« SPI » (Standardised Precipitation Index) a été développé en vue de quantifier
le déficit des précipitations pour des échelles de temps multiples qui vont
refléter l'impact de la sécheresse sur la disponibilité des différents types de
ressources en eau pour une période donnée. Il est exprimé mathématiquement
comme suit :

Pi : Pluie de l’année i ;
Pm : Pluie moyenne de la série sur l’échelle temporelle considérée ;
S : Ecart-type de la série sur l’échelle temporelle considérée. Etudier cet
indice permet également de distinguer les années sèches des années humides
ou les années déficitaires des années excédentaires. Une sécheresse sévit
lorsque le SPI est consécutivement négatif et que sa valeur atteint une
intensité de -1 ou moins et se termine lorsque le SPI devient positif. On effectue
une classification de la sécheresse suivant les valeurs du SPI (Tableau 6).

Tableau 6: Classification des séquences de sécheresse selon SPI

2,0 et plus Extrêmement humide


De 1,5 à 1,99 Très humide
De 1,0 à 1,49 Modérément humide
De -0,99 à 0,99 Proche de la normale
De -1,0 à -1,49 Modérément sec
De -1,5 à -1,99 Très sec
-2 et moins Extrêmement sec

4.2.3.1.1.1.Résultats SPI

92
La moyenne du SPI ci-dessous (figure 22) nous présente ici les années
sèches et les années humides.
Tableau 7 : Périodes sèches et humides du SPI de 1984 à 2019 de la station
de Garoua.
Tableau 7: SPI des périodes sèches et humides de 1984 à 2019

Périodes sèches Périodes humides

Années SPI Années SPI


1987-1991 -1,40 1993 1,2
2001 -1,98 1996 1,0
2012 1,0
1999 -2,5 1994 2,4
2000 -2,3

Figure 21. Valeur moyenne du SPI de 1984 à 2019 à la station de Garoua

4.2.3.1.1.2.Les avantages et les inconvénients du SPI

Avantages de la méthode SPI :


L’indice SPI offre une bonne souplesse d’utilisation : il est possible de le
calculer pour de multiples échelles de temps.

93
Quand il porte sur un laps de temps relativement court, entre 1 et 3
mois par exemple, l’indice SPI permet de détecter rapidement les
situations de sécheresse et d’en évaluer la gravité.
L’indice SPI présente une bonne cohérence spatiale, ce qui permet
d’établir des comparaisons entre des zones différentes soumises à des
climats différents.
Sa nature probabiliste le place dans un contexte historique, ce qui
convient bien à la prise de décision.

Inconvénients de la méthode SPI :


L’indice SPI ne repose que sur les relevés de précipitations.
Le bilan hydrique du sol n’étant pas pris en compte, l’indice ne permet
pas le calcul du rapport évapotranspiration/évapotranspiration
potentielle (ET/ETP).

4.2.3.1.1.3.Indice de décile (DI)

Cette notion a été développée par Gibbs et Maher (1967) pour pallier
aux faiblesses du pourcentage à la normale. Cette approche permet de
connaître la fréquence d’un événement. Elle divise la distribution des
fréquences des événements en 10 parties représentant chacune 10 % de
la distribution (tableau 8). Le cinquième décile représente donc la médiane
et le dixième décile le volume maximal de précipitation reçu pour une région
et pour une période de temps. La méthode peut être appliquée aux valeurs
quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles, saisonnières ou annuelles, car elle
offre une souplesse dans la comparaison des données récentes aux relevés
anciens pour n’importe quelle période.
Notons ici que cet indice a la possibilité de regarder différentes échelles
de temps ; les déciles peuvent être utilisés dans des situations de sécheresse
météorologique, agricole et hydrologique.
Le DI indique que la valeur absolue de SPI est inférieure à -1,0. Plus la
valeur est faible, plus l'intensité de la sécheresse sera grande. L’intensité
correspond généralement à la valeur SPI la plus faible de la sécheresse.

94
Tableau 8: classification des séquences de sécheresse selon DI:

Classification Catégorie de
sécheresse
1-2 Très sec
3-4 Sec
5-6 Normal
7-8 Humide
9-10 Très humide

Les résultats du DI (figure 23) nous présentent quelques années sèches


et humides selon la classification du DI. Nous constatons des périodes très
sèches en 1987, 1991, 1997-2002, 2009 et les périodes extrêmement sèches
1984,1986 et 1988. Les périodes très humides se situent entre les années
1993-1996 ; 2012 ; 2018-2019 et en fin les années humides de 1989-1990
comme le montre le tableau ci-après :

Tableau 9: DI des périodes sèches et humides de 1984 à 2019

Périodes sèches Périodes humides

Années DI Années DI
1987 ; 1991 1-2 1989-1990 7-8
1987-2002 ;
2009
1984 ; 1986 ; 2-4 1993-1996 ; 9-10
1988 2012
2018-2019

95
Figure 22. Indice de Décile annuel de 1984 à 2019 à la station de Garoua

4.2.3.1.1.4.Pourcentage de l’indice normal (PN)

Le rapport à la normale des précipitations représente le pourcentage


de l’écart des précipitations d’une période par rapport à la normale historique
de cette période. La normale étant habituellement la moyenne des
précipitations totales de la période, calculée à partir d’environ 30 ans de
données. Cet indicateur est appliqué à l’échelle locale ou régionale pour des
périodes de temps variant de 1 mois à quelques mois, voire une année selon
une classification précise (tableau 10). Dans notre travail notre période
d’observation est de 35 ans. Sa formule est la suivante :
PN= (P/Pm) *100
D’où P= Précipitation totale d’une période (mm)
Pm= Précipitation moyenne historique d’une période (mm)

96
Tableau 10: Classification de PN

Humide > 100


Normal 80 à 100
Sécheresse légère 70 à 80
Sécheresse modérée 55 à 70
Sécheresse sévère 40 à 55
Sécheresse extrême < 40

Le résultat obtenu au terme de cette analyse nous montre que 1994 est
l’année l’a plus humide de toute la période d’observation avec un pourcentage
de plus de 300% ; ensuite 1993 avec plus de 165% ; 2012 avec 155%.
Par contre les années de sécheresse extrême est compris entre 1999 à
2001 avec moins de 20% (figure 24)

Tableau 11: Périodes sèches et humides du PN de 1984 à 2019 à la


station de Garoua

Périodes sèches Périodes humides

Années PN Années PN
1987 30% 1993 165%
1991 30% 2012 155%

1999 à 2001 20% 1994 Plus de 300%

97
24. Pourcentage de l’indice Normal de 1984 à 2019
Figure 23.

4.2.3.1.1.5.Indice d’anomalie de pluviosité (RAI)

L’indice d’anomalie de pluviosité est issu des travaux entrepris au début


des années 1960 par Van Rooy. L’indice utilise les valeurs normalisées des
précipitations établies à partir de l’historique des relevés à une station
particulière. La comparaison avec la période courante donne une perspective
historique aux valeurs de sortie. Cet indice utilise comme paramètre d’entrée
les précipitations. L’indice permet d’analyser les sécheresses qui ont une
incidence sur l’agriculture, les ressources en eau et d’autres secteurs, car, du
fait de sa souplesse, il peut être établi à différentes échelles temporelles. Il est
facile à calculer, peut être analysé aux échelles mensuelles, saisonnières ou
annuelles (OMM et GWP 2016).
Dans le cadre de notre étude, nous allons analyser les données à
l’échelle mensuelle (Mai à Octobre). Les indices sont calculés partir des
classifications du tableau suivant :

98
Tableau 12: classification des sécheresses selon le RAI

Extrêmement humide >0,3


Modérément humide 0,3 à - 0,3
Proche de la normale -0,3 à -1,2
Modérément sec -1,2 à -2,1
Sévèrement sec -2,1 à -3,0
Extrêmement sec <-3,0

Le RAI du mois de Mai nous montre que la période allant de 1998 à


2003 était une année sévèrement sèches avec un indice inférieur à -2,1 à -
3,0 ; malgré quelques années extrêmement humide (2011 à 2012) (figure 26).
Par contre celui de Juin nous renseigne sur le fait que l’on note un
changement de périodes humides (1994 à 1997) rapport à celui du mois de
Mai et la période 2011-2012 est revenue à la normale. Quant aux années de
périodes sèches il n’y a pas eu un grand changement (figure 27).

Figure 25. RAI de Mai de 1984 à 2019

99
Figure 26. RAI de Juin de 1984 à 2019

Le RAI du mois de juillet nous montre que les années 1984, 1991, 2005
et de 1999 à 2000 ont été des années extrêmement sèches avec le période
1993 à 1994 qui enregistre une période extrêmement humide avec un indice
supérieur 3.
Comparativement à celui du mois de juillet, celui d’août, présente
presque les mêmes périodes de sèches avec une différence d’intensité dans les
années 1991,1997 à 1998 qui ont enregistré un indice d’anomalie de
pluviosité avoisinant 4. Par contre 2003, 2010, 2018 sont des années la plus
extrêmement humide.
Nous constatons que les périodes sèches sont plus enregistrées entre
1984 à 1991 et de 1999 à 2001 ; les périodes humides allant de 2012 à 2018
en septembre. Par contre le RAI d’octobre les périodes humides et sèches sont
modérées malgré 1994 qui enregistre un indice positif et très élevé traduisant
une année extrêmement humide.

100
Figure 27.RAI de Juillet de 1984 à 2019

Figure 28. RAI d’Aout de 1984 à 2019

Le RAI du mois de septembre nous présente une période longue de


sécheresse de 1984 à 1991 et 1987 à 1991 avec une intensité importante
situant dans la classe des sécheresses extrêmes. Les périodes humides se
situent entre les années 2015 à 2017. Mais l’année où le mois de septembre
enregistre une sécheresse humide extrême est 2012.

101
Par contre celui d’aout présente des périodes sévèrement sèches
presque toutes années à l’exception 1991 avec une intensité à une période très
sèche. Mais en 1994 nous notons une période humide très extrême.

Figure 29. RAI septembre 1984 à 2019

Figure 30. RAI Octobre 1984 à 2019

En résumé, le RAI nous a permis de définir les anomalies de pluviosité


du mois de Mai à Octobre, Nous notons une variation et une évolution non
constante de la pluviométrie. Nous avons noté des périodes sèches et humides
dans chaque mois de notre période d’observation. Le RAI nous a permis

102
également de voir l’année et le mois où nous pouvons noter des anomalies.
Par exemple les périodes ou les séquences de sécheresses durant les mois
pluvieux.

4.2.3.2. Indice basé sur les indicateurs Précipitations et


Evapotranspiration potentielle

L’indice choix ici est le RDI (Indice de reconnaissance de la sécheresse).


L’indice RDI, basé sur le rapport de précipitation et d’évapotranspiration
potentielle a été employé en parallèle avec le SPI, DI, PN, RAI.
Le RDI se calcule de la même manière que le SPI en remplaçant par
contre les précipitations par le rapport précipitations, évapotranspirations
potentielles (ETP), ce dernier est estimé avec l’équation de (Thornthwaite
1948).
Le RDI présente des avantages significatifs par rapport aux autres
indices en incluant les précipitations et l'évapotranspiration potentielle
calculée par la méthode de Penman, la première expression est nommé par la
valeur initiale de RDI ( 0), est généralement calculé pour chaque année i
utilisant l’équation suivante :

et sont les précipitations et l’évapotranspiration potentielle de


j mois et i années. La deuxième expression est le RDI normalisé par
l’équation suivante :

0¯ est égale à la moyenne arithmétique du 0, elle est calculée pour N


année de période d’étude. L’expression suivante, c’est le RDI standardisé
( ), la même procédure utilisé pour calculer SPI, l’expression pour calculer
le RDI standardisé est :

103
Tel que, c’est le ln ( 0( )), ¯¯¯c’est la moyenne arithmétique et ^
est la déviation standard, il est noté que cette expression est basée sur
l'hypothèse que les valeurs 0 suivent une distribution log-normale, le RDI
standardisé se comporte de la même manière que le SPI, par conséquent, le
RDIst peut être comparé aux mêmes seuils que le SPI.
Dans notre cas nous allons calculer la dernière expression pour mieux
caractériser et lire l’évolution de la sécheresse dans notre zone étude. Le RDI
standardisé (figure 32) nous montre très clairement que la vallée de la Bénoué
a connu une année très sèche en 1987 et en 1991, nous notons les périodes
extrêmement sèches de 1999 à 2001. Quant aux périodes humides, nous
notons un début de période humide en 1993 et qui s’en suit avec une année
extrêmement humide en 1994.

Tableau 13: Valeur de la classification de RDI

2,0 et plus Extrêmement humide


De 1,5 à 2 Modérément humide
De 1 à 1,5 Normale à l’humidité légère
De 0 à 1 Normale à la sécheresse légère
De -0,99 à 0 Sécheresse légère
De -1,0 à -1,5 Sécheresse modérée
De -1,5 à -2 Sécheresse sévère
-2,0 ou moins Sécheresse extrême

104
3,00

2,00

1,00

0,00

-1,00

-2,00

-3,00

-4,00

Figure 31. RDI standardisé

4.2.4.Les difficultés face aux défis de sécheresse


4.2.4.1. A l’échelle internationale

Les experts s’entendent désormais pour dire que la sécheresse agricole


devrait être mesurée en se servant d’indices composites prenant en compte les
précipitations, l’humidité du sol, la température, les types de sol et de
cultures, les débits fluviaux, les eaux souterraines, le manteau neigeux, etc.,
ainsi que des archives historiques ayant trait aux impacts de la sécheresse
(OMM, 2010).

105
4.2.4.2. A l’échelle locale

 Les contraintes des indicateurs


Les indicateurs de la vulnérabilité

L’une des contraintes de la quantification de la vulnérabilité vient de la


disponibilité des données, qui limite très fortement la sélection des
indicateurs. À cela s’ajoutent des limites liées à la fiabilité, la résolution et
l’actualisation des indicateurs. Parmi les études présentées ici, on observe une
redondance des types d’indicateurs et de sources de données pour cette
raison. Brenkert et Malone (2005) reconnaissent qu’il y a un degré d’arbitraire
dans chaque combinaison d’indicateurs et que la disponibilité des données de
bonne qualité limite toujours le développement des indices. La vulnérabilité
locale est influencée par une combinaison de facteurs à différentes échelles,
par exemple de facteurs locaux (comme les ressources naturelles ou les
institutions locales) ou nationaux (comme les politiques) (Fekete et al., 2009 ;
O’Brien et al., 2004), alors que la vulnérabilité d’une nation va dépendre
d’autres facteurs macroéconomiques et structurels. Il est ainsi difficile de
comparer des études à l’échelle nationale et des études utilisant des
indicateurs à l’échelle locale. L’analyse de la vulnérabilité à une échelle sous-
nationale présente l’avantage de pouvoir considérer des facteurs à différentes
échelles alors que les études à l’échelle nationale se limitent à des facteurs par
pays (Brooks et al. 2005). Mais les études sous-nationales à des résolutions
fines présentent des contraintes au niveau de la disponibilité des données, en
particulier socioéconomiques (Döll, 2009 ; Samson et al. 2011). De plus, elles
couvrent souvent des espaces géographiques plus limités (Ericksen et al.
2011).

106
Conclusion

Après avoir analysé les indicateurs et indices de la sécheresse. Il ressort


au terme de ce chapitre que l’analyse des plusieurs indices ou indicateurs
(SPI, RAI, DI, PN) et les différents tests de rupture de pluviosité ; nous avons
pu lire par les différents résultats qu’il y a eu des périodes de sécheresses qui
ont frappés la vallée de la Bénoué. L’indice RDI vient compléter les autres
indices car cet indice prend en compte la température et l’évapotranspiration
potentielle. Nous que certains indices présentent des résultats légèrement
différents les uns des autres. Néanmoins nous notons des similitudes des
périodes sèches et humides. Le PN et le RDI présente légèrement de même
résultats sauf que ce dernier vient compléter tous ces indices.

Notons que ces indicateurs peuvent encore être amélioré afin de mieux
comprendre l’évolution de la sécheresse et de développer les stratégies
d’adaptation appropriées.

Conclusion de la deuxième partie

En somme, il était question dans cette partie présenter la perception et les


indicateurs locaux de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué et d’évaluer la
sécheresse par les méthodes conventionnelles que sont les différents
indicateurs ou indice. Il ressort au terme de cette analyse que Contrairement
aux méthodes scientifiques de prédiction de sécheresses étudiées
précédemment, nous avons des méthodes dites traditionnelles que les
paysans utilisent pour prédire des éventuelles sécheresses. Lors de nos
enquêtes de terrain, nous avons pu recenser quelques indicateurs locaux de
prédiction et d’impact de la sécheresse issu de leur perception de leur
environnement dans la vallée de la Bénoué. Les indicateurs locaux permettent
de prédire la sécheresse de façon empirique. Il s’agit notamment des
conditions climatiques, les puits, forages, les rivières, le sol, des
comportements de certaines espèces végétales. La sécheresse a eu d’énorme
incidence sur l’environnement et les activités de de l’homme, notamment la

107
diminution du rendement agricole pour cause la diminution ou les épisodes
de sécheresses. Nous avons pu révèle l’impact de la sécheresse sur la
disponibilité des ressources en eau tant pour les hommes que pour le bétail.
Le secteur de l’énergie n’est pas aussi épargné par l’impact, la dégradation du
sol influent sur le rendement et le couvert végétal. Nous avons noté aussi les
impacts socio-économiques. Aux méthodes traditionnelles se sont ajoutées
celles dites scientifiques ou conventionnelles. Pour mieux comprendre
l’évolution de la sécheresse, les tests de rupture de Buishand et Ellipse de
bois, le test de Pettitt, les méthodes Bayésienne de Lee et de Heghinian nous
fait comprendre qu’il y a eu des ruptures dans la série chronologique des
précipitations de la période d’observation (1984 à 2019). Les périodes sèches
sont plus situées entre 1987 à 1991, les périodes humides 1994 ; 2012, 2018
à 2019. L’analyse de tous ces indices : SPI, DI, RAI, PN, nous a permis de lire
clairement au travers des graphes l’évolution et l’intensité de la sécheresse
dans la vallée. Le RDI est venu compléter les limites des autres indices ; car
l’avantage de l’indice de RDI repose sur le fait qu’il prend en compte
l’indicateur précipitation et évapotranspiration potentielle.

108
DISCUSSION DES RESULTATS

A travers les résultats obtenus, l’analyse des indicateurs traditionnels


ou locaux ont permis de comprendre comment les paysans suivent la
sécheresse dans leurs localités. Nous noter que les indicateurs locaux tels que
la fréquence des poches de sécheresses, la baisse du niveau d’eau dans les
puits, les rivières, les forages, les barrages constituent des indicateurs fiables
pour le suivi de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué, par contre les
indicateurs comme les fissures sol ne sont pas de indicateurs fiables. Bien que
ces indicateurs traditionnels ne soient pas fiables à 100%, ils peuvent du
moins renseigner sur les impacts ou les prévisions à l’échelle locale.

Etant donné que cette méthode est empiriques, nous avons fait recourt
à la méthode dite scientifique ou conventionnelle pour évaluer la sécheresse
dans la Vallée de la Bénoué. Pour ce fait l’analyse de plusieurs indices a
permis de faire la comparaison entre différents indices ou indicateurs. Bien
que les indices utilisés ont pris en compte uniquement les précipitations, nous
avons pu au travers de cette étude mis en exergue les différentes ruptures
dans la série chronologique, les périodes sèches et humides observées dans la
vallée de la Bénoué. Notons que l’analyse de ces indices nous a permis de voir
les insuffisances et les petites sèches qui diffèrent selon chaque indice. Nous
constatons également que les le SPI, DI et PN (Tableaux 6, 8 et 10) nous
présente une homogénéité des périodes sèches et humide malgré quelques
légères différences.

D’après les travaux de Merabti. A (2018) en indiquent que l’indice des


déciles détecte en permanence une grande fréquence des événements de
sécheresse et d’humidité extrême tandis que le pourcentage à la normale (PN)
détecte une très grande fréquence de sécheresse extrême pour l’échelle de
temps d’un mois. Cette grande fréquence diminue en augmentant l’échelle de
temps jusqu’à ce que l’indice ne détecte aucune fréquence de sécheresse
extrême à l’échelle de temps de 9 et de 12 mois. Ces résultats peuvent être
expliqués par le fait que ces deux indices, particulièrement le PN, étaient
élaborés pour l’évaluation de la sécheresse à l’échelle annuelle.
109
Notons ici qu’à l’échelle annuelle, le SPI, DI et PN. Les années 2012 à
2019 sont à moitié humide et sèches c’est-à-dire les périodes sèches et
humides ne sont pas dans les valeurs extrêmes. Par contre le RAI à l’échelle
mensuelle nous montre le contraire car nous notons des séquences de
sécheresses durant cette période ; d’où l’importance de plus considéré l’aspect
échelle dans la vallée de la Bénoué.
Plusieurs indices et méthodes ont été développés et utilisés pour mieux
identifier et analyser les caractéristiques de la sécheresse, à savoir l’indice de
précipitations standardisé connu par SPI : McKee et al. (1993), citons en outre
l’indice des déciles (Gibbs et Maher 1967), l’indice de pourcentage à la normale
(PN) (Willeke et al. 1994). Néanmoins, l’utilisation de ces indices s’avère limitée
et incomplète puisqu’ils prennent en compte uniquement les précipitations
comme données de base, pour y remédier et tenter d’apporter plus de rigueur
à l’analyse et la connaissance relative à la sécheresse, l’indice de
reconnaissance de sécheresse (RDI) (Tsakiris et al. 2007) est ajouté à la série
d’indices utilisés dans le présent mémoire. L’indice RDI, parmi tant d’autre
indice, prend en compte l’effet de la température, des précipitations, plus
exactement l’évapotranspiration potentielle. Il est considéré plus adéquat pour
les études de sévérité de sécheresse sous l’effet des changements climatiques
(Thomas et al. 2016) et il représente mieux le déficit du bilan hydrique par
rapport à un indice basé seulement sur la précipitation (Tsakiris et Vangelis.
2005).ces indices présentés ci-dessus sont à la fois facile à calculer, simples
et rapides malgré les limites de certains.

110
CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS

La sécheresse est un phénomène universel qui touche plusieurs pays


dont le Cameroun en fait partie. Elle a des effets néfastes sur l’ensemble des
secteurs (agriculture, l’élevage, l’énergie hydroélectrique, l’environnement, le
social et l’économie). Sa gestion nécessite de mettre à la disposition des
organes concernés les informations nécessaires de son suivi afin de prendre
les mesures d’atténuation et les programmes de réponses qui permettent de
minimiser ses impacts. Pour cela de nombreux outils et instruments sont mis
sur pied pour l’évolution et le suivi. La vallée de la Bénoué comme tout autre
bassin versant subit également les conséquences de la sécheresse.

Parlant de ce suivi et de l’évaluation de la sécheresse, notre travail a


porté sur « l’analyse des indicateurs statistiques de la sécheresse dans la vallée
de la Bénoué ». Notre question principale qui est : quels indicateurs sont les
mieux adaptés pour l’observation de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué?
L’objectif principal a été de proposer des indicateurs simples, fiables et rapides
pour l’évaluation de l’état de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué. De
façon spécifique, il était question de :
- Présenter les indicateurs de la variabilité climatique et montrer le rôle
de ses indicateurs pour le suivi de la sécheresse ;
- D’analyser les relations entre les différents indicateurs statistiques
de la sécheresse avec d’autres indicateurs utilisés ;
Notre hypothèse principale stipule que : les indicateurs qui prennent en compte
plusieurs paramètres climatiques sont les mieux adaptés pour observer la
sécheresse dans la vallée de la Bénoué.

Les hypothèses principales et spécifiques préalables défini sont


effectivement diversifiés. Ces hypothèses ont été confirmées par le biais du
travail de terrain, du manuel des indicateurs de la sécheresse produit par
l’OMM et par les ouvrages ; des études menées.

Dans le cadre de notre étude nous avons identifié les indicateurs locaux
de perception et d’impact de la sécheresse fiables et adaptés pour le suivi et
l’évaluation de la sécheresse ; bien qu’ils soient fiable, nous avons analysé les

111
indices qui sont facile à utiliser et en fonction des paramètres entrées comme
les précipitations et l’évapotranspiration potentielle. Nous avons utilisé deux
indicateurs (précipitation et évapotranspiration potentielle) pour évaluer et
voir l’évolution de la sécheresse dans la vallée de la Bénoué et cinq indices
(SPI, DI, PN, RAI et le RDI). Les résultats obtenues nous des différents indices
nous montre que les indices utilisant un seul indicateur (SPI, DI, PN, RAI) sont
limités ; car l’analyse du RDI nous présente avec précision les années humides
et sèches après avoir comparé les indices SPI, DI, PN et RAI à l’indice RAI.
Mais nous notons du moins quelques années humides et sèches qui sont
identiques à tous indices étudiés.

Avant d’analyser ces indicateurs nous avons présenté les différentes


perceptions de la sécheresse dans le Nord Cameroun et plus précisément dans
notre zone d’étude, ensuite nous avons identifié les indicateurs locaux et fait
l’état de lieux de l’impact de la sécheresse dans le bassin de la Bénoué.

Il est important de noter au terme de cette étude que l’analyse


comparative de ces indicateurs nous a permis de lire l’évolution de la
sécheresse en identifiant les périodes de ruptures de pluies, des séquences ou
périodes sèches à l’échelle annuelle et mensuelle.

Dans la méthode statistique de caractérisation de la sécheresse, l’une


des limites que nous avons rencontrées est l’indisponibilité et l’accessibilité à
des données sur les débits d’eau par exemple. Plus l’indice prend en compte
plusieurs paramètres, plus il offre de meilleur résultats. Ces données
associées entres elles (température, précipitation, insolation….) constitueront
des bons indicateurs d’évaluation et le suivi de la sécheresse.

Par ce moyen nous proposons aux différents secteurs concernés de


faciliter l’accès aux données relatives au suivi et l’évaluation de la sécheresse
(pour tous les types de sécheresse répertoriée plus haut).

112
PERSPECTIVES

Il est important de noter qu’en matière de base de données concernant


le suivi de la sécheresse, le Cameroun comme plusieurs autres pays dispose
d’un cadre institutionnel et politique de gestion des risques climatiques. Il
convient de noter jusqu’ici que plusieurs ministères œuvrent pour lutter
contre les effets de la sécheresse au Cameroun. Le MINEPEDED par exemple
à travers les structures telles que l’ONACC (l’Observatoire Nationale sur les
Changements climatiques), le CILSN (Comité Interrégional de Lutte contre la
Sécheresse au Nord) dispose des données importantes pour le suivi de la
sécheresse. Nous avons aussi le MINADER (avec le Système Mondiale
d’Information et d’Alerte Rapide qui dispose en son sein des données
climatiques pour évaluer l’impact de la sécheresse ou faire des prévisions) ;
MINTRANSPORT (Direction Nationale de la Météorologie qui fournit des
données météorologiques) ; le MINATD (avec l’Observatoire Nationale des
Risques).Bref certaines de ces structures disposent déjà des bases de données
utiles qui sont orientées vers des systèmes d’Alerte préconise à la sécheresse.

Malgré ces atouts, il faudrait noter que le Cameroun fait face à un


problème de coordination, puisque les bases de données sont logées dans
plusieurs secteurs. Pour un bon suivi de la sécheresse :

- Il faudrait une bonne coordination entre les différents secteurs existant;


- Il faudrait développer des nouveaux outils et méthodes d’évaluation et
de suivi de la sécheresse;
- Il faudrait également tenir compte des indicateurs locaux de la
sécheresse et les insérer dans un programme d’adaptation aux effets
des changements climatiques;
- L’on pourrait s’intéresser aux outils de la télédétection pour le suivi de
la sécheresse.

113
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- https://cran.r-project.org/web/packages/scPDSI/index.html
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122
ANNEXES

Annexe 1. Décret portant réorganisation de l’ONACC

123
124
Annexe 2. Presse du IPS

125
Annexe 3. Résultats des tests de rupture sur Khronostat

126
Annexe 4. Résultats du test de normalité

127
Annexe 5. Résultats du test de corrélation sur le rang

128
Annexe 6. Hauteur de pluviométrie de 1984 à 2019

Hauteur de pluviométrie de 1984 à 2019


J F M A M J Jt A S O N D TOTAL
1984 0 0 0 88,9 89,2 0 0 56,1 0 130 0 0 364,3
1985 0 108 150 0 39,1 6,1 49,7 154 0 14 0 0 520,8
1986 0 0 0 0 24,9 85,1 31 98,4 21,9 60,2 0,3 0 321,8
1987 0 0 0 0 10,9 0 72,9 40,1 0 6,1 0 0 130
1988 0 0 0 0 84,8 82 43,9 97,1 62,9 1 0 0 371,7
1989 0 0 11 0 107 213 117,6 190 44,2 17,6 0 0 699,6
1990 0 0 0 45 90 103 120,1 150 35 10 0 0 552,6
1991 0 0 0 0 104 27,9 0 0 0 0 0 0 132
1992 0 0 18 90,2 0 73,8 34,1 114 90 46 37,1 0 503,4
1993 0,5 0 8,9 103,1 87,8 98,4 268 181 95 66 6,1 0 914,7
1994 0 50 0 84,8 28,9 219 519,2 206 170 305 0 0 1582,6
1995 0 0 7,9 16,9 38,1 150 224,7 228 69,2 23 7,9 0 765,3
1996 0 0 19 20 98,9 163 191 144 145 72,9 0 0 853,5
1997 0 0 0 27,1 59,1 105 29 3 102 4,1 0 0 329
1998 0 0 0 41,1 17 54,3 171,5 90,5 211 58,3 0 0 643,8
1999 0 0 0 0 0 0 0 0 0 51,1 0 0 51,1
2000 0 0 0 0 0 25,9 4,5 0 8,1 29 0 0 67,5
2001 0 0 0 2 5 0 49 36,9 0 0 0 0 92,9
2002 0 0 0 54,1 24,1 2 23,1 44,7 120 0 0 0 268,2
2003 0 0 23 7,1 16 112 195,8 250 9,9 8,9 2 0 624,3
2004 0 0 0 15,9 98,4 76,8 112,1 158 35 47 0 0 542,9
2005 0 0 0 10,9 38,9 60,9 0 138 118 57,8 0 0 424,7
2006 0 0 0 0 109 51 106 79,7 146 40,9 0 0 532,4
2007 0 0 0 0 58,1 4,3 36,9 39,4 180 94,3 0 0 412,6
2008 0 0 0 16 37,8 6,6 84,1 211 158 4,1 0 0 517,8
2009 0 0 0 20,1 13,4 82 80,9 65,1 4,1 29,7 0 0 295,3
2010 0 0 25 20,1 0 29 85,8 329 59,2 0 0 0 548
2011 0 0 0 0,3 128 52,1 165,3 63,4 48,6 32,5 0 0 490,2
2012 0 0 0 14,9 144 50 58,4 183 260 67,8 48 0 825,8
2013 0 0 0 2,3 43,9 62,6 65 118 149 65,6 0 0 506,8
2014 0 0 2 34 40,9 90 71,1 151 96 91 0 0 575,7
2015 0 0 0 0 21,7 103 35,9 146 229 87,9 0 0 623,3
2016 0 0 0 4,1 58,9 63,5 181 170 188 54,9 0 0 720,1
2017 0 0 0 43,7 90,1 129 210,1 69,2 208 1 0 0 751
2018 0 0 0 1 20,4 85,8 194 313 166 0 0 0 780
2019 0 0 0 0 0 0 14,9 187 180 139 0 0 520

129
Annexe 7. Température moyenne mensuelle de 1984 à 2019

température mensuelle de 1984 à 2019 Station de Garoua


Années J F M A M J Jt A S O N D Moyenne
1984 26,7 30,4 34,9 32,3 28,9 27,0 26,6 26,5 27,2 28,7 29,7 26,4 28,8
1985 28,8 28,2 32,9 32,7 30,2 29,2 26,3 26,5 26,0 28,4 29,2 26,2 28,7
1986 27,0 30,8 33,0 34,9 31,3 28,4 25,8 26,3 25,5 28,0 27,7 25,0 28,6
1987 27,0 30,6 32,7 35,1 34,0 29,2 28,3 25,8 27,9 28,6 27,4 27,2 29,7
1988 27,5 30,3 33,8 37,3 30,5 26,8 26,2 25,7 25,7 28,1 27,1 24,8 28,6
1989 23,1 25,6 30,7 32,5 29,6 27,3 25,5 25,3 27,4 27,2 27,9 25,9 27,3
1990 27,8 26,9 30,7 32,6 30,0 28,0 29,7 28,0 31,5 28,6 30,6 28,5 29,5
1991 27,4 28,2 33,7 32,8 29,3 29,7 28,1 26,0 31,5 29,9 28,3 26,1 29,3
1992 26,8 24,9 30,8 32,4 29,0 27,9 26,3 25,5 26,1 28,4 26,8 25,9 27,6
1993 24,9 27,8 31,8 28,5 30,1 28,2 26,9 26,7 26,5 28,1 29,7 26,9 28,0
1994 26,8 28,4 32,6 31,8 30,6 27,6 26,7 25,7 26,1 27,1 27,3 25,0 28,0
1995 24,9 27,5 32,6 33,4 30,7 27,6 26,3 25,6 26,8 26,8 25,9 25,8 27,8
1996 26,5 30,2 33,0 33,1 29,4 27,2 26,8 25,6 25,8 27,1 26,2 25,6 28,0
1997 25,9 26,7 32,3 31,4 29,3 27,1 26,8 27,7 27,0 27,3 27,6 26,3 27,9
1998 25,4 29,1 31,3 34,0 31,2 29,0 27,5 26,7 26,5 27,8 29,0 26,2 28,6
1999 25,6 31,1 34,1 33,5 31,1 28,5 26,5 25,7 25,3 25,6 28,9 25,6 28,5
2000 27,4 26,7 31,0 31,6 32,1 26,9 25,6 26,6 25,3 27,5 26,6 23,4 27,6
2001 23,6 27,7 33,0 32,2 30,0 28,0 25,0 24,7 26,1 27,4 29,2 28,8 28,0
2002 25,5 29,9 34,3 34,1 33,2 28,5 28,4 26,2 26,9 28,8 29,0 28,1 29,4
2003 26,9 30,3 33,4 34,2 34,0 28,3 27,4 27,2 26,8 28,5 29,3 28,0 29,5
2004 28,9 29,9 33,5 34,6 31,0 27,6 27,2 27,3 27,8 30,0 31,4 29,4 29,9
2005 26,3 33,9 35,5 35,0 32,0 30,1 27,4 26,4 27,7 29,2 31,0 30,0 30,4
2006 31,3 33,9 35,1 35,5 31,3 30,0 28,2 27,2 27,5 29,4 28,8 26,9 30,4
2007 26,0 31,3 34,1 34,8 31,6 28,7 28,6 26,8 27,8 29,7 30,8 28,8 29,9
2008 26,7 28,6 35,5 34,0 31,5 28,7 28,7 26,9 27,3 29,5 29,7 28,8 29,7
2009 29,3 31,3 34,4 34,1 31,8 29,6 28,3 27,7 29,0 29,1 29,6 28,4 30,2
2010 28,9 32,5 34,5 36,0 31,9 28,9 27,6 27,3 26,4 27,6 29,2 26,5 29,8
2011 25,4 31,3 33,6 33,8 31,7 29,7 27,5 26,7 26,5 28,3 27,3 25,6 29,0
2012 26,6 32,1 33,7 35,0 30,7 28,2 27,0 26,7 26,7 27,8 28,0 25,8 29,0
2013 26,9 29,9 33,9 33,7 31,6 29,4 26,7 26,7 26,8 28,6 29,4 29,1 29,4
2014 28,0 30,7 34,0 33,3 31,3 29,0 28,3 26,9 27,4 29,0 30,7 28,4 29,8
2015 26,9 32,4 34,8 36,2 33,6 30,2 29,1 28,1 27,4 29,1 29,4 25,3 30,2
2016 26,6 30,3 35,4 34,9 31,6 28,9 28,1 27,8 28,0 29,9 31,3 28,4 30,1
2017 29,3 29,8 34,7 34,4 31,8 29,2 27,8 26,9 27,0 30,2 30,3 28,9 30,0
2018 26,2 33,1 35,2 35,1 31,6 29,3 28,1 27,3 27,7 30,6 30,3 26,2 30,1
2019 27,5 29,4 35,6 35,2 32,1 30,1 28,1 27,1 27,7 27,8 29,8 26,8 29,8

130
Annexe 8. Attestation de recherche

131
Annexe 9. Test de détection de rupture sur Khronostat

132
Annexe 10. Evapotranspiration potentielle

ETP 1984 à 2019 Station Garoua


Années J F M A M J Jt A S O N D ETP Annuel
1984 10,0 13,6 19,0 15,7 12,0 10,2 9,8 9,8 10,4 11,8 12,8 9,7 145,0
1985 12,0 11,3 16,4 16,2 13,4 12,3 9,6 9,8 9,3 11,6 12,3 9,5 143,8
1986 10,2 14,1 16,2 19,0 14,6 11,5 9,2 9,6 8,9 11,2 10,9 8,6 143,9
1987 10,3 13,8 16,2 19,2 17,9 12,4 11,5 9,2 11,1 11,8 10,7 10,4 154,4
1988 10,7 13,5 17,6 22,2 13,8 10,0 9,5 9,1 9,1 11,2 10,3 8,3 145,3
1989 7,0 9,0 13,9 16,0 12,8 10,6 8,9 8,8 10,6 10,4 11,1 9,3 128,4
1990 10,9 10,2 13,9 16,1 13,2 11,2 12,9 11,2 14,8 14,4 13,8 11,7 154,2
1991 10,6 11,4 17,5 16,4 12,4 12,9 11,2 9,3 14,8 13,0 11,5 9,5 150,6
1992 10,1 8,4 14,0 15,9 12,2 11,1 9,6 8,9 9,4 11,6 10,1 9,3 130,5
1993 8,4 11,0 15,1 11,6 13,3 11,4 10,1 9,9 9,8 11,3 12,8 10,2 134,9
1994 10,0 11,5 16,2 15,1 13,9 10,8 10,0 9,1 9,5 10,3 10,5 8,5 135,3
1995 8,4 10,7 16,2 17,0 13,9 10,8 9,6 9,0 10,1 10,0 9,3 9,2 134,1
1996 9,7 13,4 16,6 16,7 12,5 10,4 10,0 9,0 9,2 10,4 9,5 9,0 136,5
1997 9,3 9,9 15,8 14,7 12,5 10,4 10,1 10,9 10,2 10,5 10,8 9,6 134,5
1998 8,9 12,3 14,6 17,8 14,5 12,2 10,7 9,9 9,8 11,0 12,1 9,5 143,3
1999 9,0 14,4 17,9 17,2 14,4 11,6 9,8 9,1 8,8 9,0 12,1 9,0 142,2
2000 10,6 9,9 14,3 14,9 15,5 10,1 9,0 9,9 8,8 10,7 9,8 7,3 130,8
2001 7,4 10,9 16,6 15,6 13,2 11,1 8,5 8,2 9,4 10,6 12,3 11,9 135,8
2002 9,0 13,1 18,2 18,0 16,8 11,7 11,6 9,5 10,2 12,0 12,1 11,3 153,4
2003 10,2 13,5 17,1 18,1 17,8 11,5 10,6 10,4 10,1 11,7 12,4 11,2 154,4
2004 12,1 13,1 17,2 18,5 14,3 10,8 10,4 10,6 11,0 13,1 14,71 12,5 158,2
2005 9,6 17,7 19,1 15,5 13,3 10,6 9,7 10,8 12,3 14,2 13,2 13,2 159,1
2006 14,6 17,8 19,3 19,8 14,6 13,2 11,3 10,4 10,7 12,6 11,9 10,1 166,2
2007 9,4 14,6 17,9 18,8 15,0 11,8 11,7 10,0 10,9 12,9 14,1 11,9 159,0
2008 10,0 11,8 19,8 17,8 14,9 11,8 11,8 10,2 10,5 12,7 12,9 12,0 156,0
2009 12,4 14,6 18,3 17,9 15,1 12,8 11,5 10,9 12,2 12,2 12,8 11,6 162,2
2010 12,1 2,0 18,5 20,4 15,3 12,0 10,8 10,5 9,7 10,8 12,4 9,8 144,2
2011 8,9 14,7 17,3 17,6 15,0 12,9 10,7 10,0 9,8 11,5 10,6 9,0 147,8
2012 9,9 15,5 17,5 19,1 14,0 11,4 10,2 10,0 10,0 11,0 11,2 9,2 148,7
2013 10,2 13,1 17,7 17,4 14,9 12,5 10,0 9,9 10,1 11,7 12,6 12,3 152,4
2014 11,2 13,9 17,8 16,9 14,6 12,1 11,4 10,2 10,6 12,2 14,0 11,6 156,5
2015 10,1 15,8 18,8 20,7 17,3 13,4 12,3 11,3 10,6 12,3 12,6 8,8 164,0
2016 9,9 13,6 19,6 19,0 14,9 12,0 11,3 10,9 11,2 13,1 14,7 11,6 161,7
2017 12,4 13,0 18,7 18,4 15,2 12,4 11,0 10,2 10,2 13,4 13,5 12,0 160,4
2018 9,5 16,7 19,4 19,2 14,9 12,5 11,3 10,5 10,9 13,8 13,5 9,5 161,8
2019 10,7 12,6 19,9 19,3 15,5 13,3 11,3 10,3 10,9 11,0 13,0 10,0 157,8

133
Annexe 9. Questionnaire sur les indicateurs traditionnels

Monsieur/Madame, je m’appelle LODIGAM Moïse, étudiant en Master 2 en


géographie option environnement à l’Université de Ngaoundéré, matricule
14A028LF. Dans le cadre de mes travaux de recherche, je viens par ce présent
guide d’entretien solliciter votre importante contribution à la réponse des
questions ci-dessous relativement à mon thème portant sur les enjeux
environnementaux dont : « Analyse des indicateurs de la sécheresse dans
la vallée de la Bénoué ». Je vous prie monsieur le Délégué, de m’accorder un
peu de votre temps pour recueillir les informations utiles à la rédaction de
mon travail de recherche.

Questionnaires à la population locale

Fiche N°__________

Site :

Coordonnées géographiques :

Village/quartier :

Rubrique I : IDENTIFICATION

R1Q1 : Noms et Prénoms

R1Q2 : Ages

Rubrique II : PERCEPTION ET IMPACT DE LA SECHERESSE

R1Q1 : Comment se manifeste la sécheresse dans votre localité ?

134
R2Q2 : Quels sont les impacts de la sécheresse sur vos activités
agropastorales dans votre localité ?

R2Q3 : Quels sont les impacts de la sécheresse sur les Lacs, Etangs, les
mares, les rivières ?

Rubriques III : LES INDICATEURS TRADITIONNELS DE LA SECHERESSE

R3Q1 : Parmi les éléments suivants, lesquels constituent-ils des


indicateurs ?

- Les forages
- Les rivières
- Les mares
- Les puits
- Le sol
- Les arbres
- Autres

Indicateurs liés à la flore

R3Q2 : Quels sont les plantes qui constituent des indicateurs pour la
prédiction des périodes ou de poches de sécheresse ?

R2Q3 : Comment ces plantes renseignent-elles sur les éventuels poches de


sécheresses ?

135
R3Q4 : Sont-elles efficaces pour prédire les périodes de sécheresses ?

Si oui comment ?

Sinon, pourquoi quels sont les limites ?

R3Q5 : Comment les indicateurs cochés ci-dessous permettent d’évaluer ou


de prédire des périodes ou de poches de sécheresse ?

R3Q6 : Quelles sont les limites de ces indicateurs ?

136
Annexe 11.RDI Normalisé

RDI Normalisé
2,50

2,00

1,50

1,00

0,50

0,00

-0,50

-1,00

-1,50

Annexe 12. Intervalle de confiance de l'autocorrélogramme

137
Annexe 13. Valeur de SPI, RDI normalisé et standardisé

SPI RDI Normalisé RDI Standardisé


1984 -0,34 1984 -0,29 1984 -0,19
1985 0,20 1985 0,02 1985 0,31
1986 -0,52 1986 -0,37 1986 -0,35
1987 -1,62 1987 -0,76 1987 -1,70
1988 -0,32 1988 -0,28 1988 -0,17
1989 0,70 1989 0,53 1989 0,87
1990 0,29 1990 0,01 1990 0,30
1991 -1,60 1991 -0,75 1991 -1,64
1992 0,14 1992 0,08 1992 0,40
1993 1,20 1993 0,91 1993 1,17
1994 2,39 1994 2,29 1994 1,92
1995 0,86 1995 0,60 1995 0,94
1996 1,06 1996 0,76 1996 1,06
1997 -0,49 1997 -0,31 1997 -0,23
1998 0,55 1998 0,26 1998 0,61
1999 -2,52 1999 -0,90 1999 -2,87
2000 -2,27 2000 -0,85 2000 -2,37
2001 -1,97 2001 -0,81 2001 -1,98
2002 -0,76 2002 -0,51 2002 -0,69
2003 0,50 2003 0,14 2003 0,46
2004 0,26 2004 -0,03 2004 0,24
2005 -0,12 2005 -0,25 2005 -0,11
2006 0,23 2006 -0,10 2006 0,14
2007 -0,16 2007 -0,27 2007 -0,15
2008 0,19 2008 -0,07 2008 0,19
2009 -0,64 2009 -0,49 2009 -0,64
2010 0,28 2010 0,07 2010 0,38
2011 0,10 2011 -0,07 2011 0,19
2012 1,00 2012 0,56 2012 0,90
2013 0,15 2013 -0,06 2013 0,19
2014 0,36 2014 0,03 2014 0,33
2015 0,49 2015 0,07 2015 0,38
2016 0,75 2016 0,25 2016 0,59
2017 0,82 2017 0,32 2017 0,66
2018 0,89 2018 0,36 2018 0,70
2019 0,19 2019 -0,07 2019 0,18

138
TABLE DES MATIERES
DEDICACE................................................................................................... I

Remerciements............................................................................................ II

SOMMAIRE ................................................................................................ IV

LISTE DES TABLEAUX................................................................................ V

LISTE DES PHOTOS..................................................................................VII

PLANCHE PHOTOGRAPHIQUE ..................................................................VII

LISTE DES ANNEXES................................................................................VII

SIGLES ET ABREVIATIONS ......................................................................VIII

Résumé ..................................................................................................... X

Abstract ……………………………………………………………………………………X

INTRODUCTION GENERALE ....................................................................... 1

1. PROBLEMATIQUE ET QUESTIONS DE RECHERCHE ............................ 2

1.1. QUESTIONS DE RECHERCHE ...................................................... 2

1.1.1. Question principale....................................................................... 2

1.1.2. Questions spécifiques ................................................................... 2

1.2. PROBLEMATIQUE ........................................................................ 2

1.2.1. Problème....................................................................................... 2

2. CONTEXTE SCIENTIFIQUE ET CADRE GEOGRAPHIQUE ...................... 4

2.1. Contexte de l’étude........................................................................ 4

2.2 Cadre géographique ............................................................................... 8

3. OBJECTIFS ET INTERET DE LA RECHERCHE .................................... 10

3.1. Objectifs ..................................................................................... 10

3.1.1.1. Objectif principal ........................................................................ 10

3.1.1.2. Objectifs spécifiques.................................................................... 10


139
3.2. Intérêt......................................................................................... 10

4. Hypothèses et concepts ....................................................................... 11

4.1. Hypothèse principale................................................................... 11

4.2. Hypothèses spécifiques ............................................................... 11

4.3. Concepts..................................................................................... 11

5. DEMARCHE ET METHODOLOGIE ....................................................... 17

5.1. Démarche hypothético-déductive................................................. 18


5.2. Méthode de terrain...................................................................... 18
5.2.1. Phase exploratoire....................................................................... 18

5.2.2. Recherche documentaire ....................................................... 19


5.2.3. Collecte de données..................................................................... 19

5.2.4. Outils de collecte et de traitement de données ............................. 20

5.3. Traitement et analyse des données .............................................. 20


5.3.1. Traitement des textes .................................................................. 20

5.3.2. Traitement statistique ................................................................. 20

6. Difficultés rencontrées ......................................................................... 21

7. ORGANISATION DE LA REDACTION.................................................... 22

PREMIERE PARTIE : UN MILIEU DOMINE PAR LE DRAINAGE DU FLEUVE


BENOUE ET GENERALITES SUR LES INDICATEURS CLIMATIQUES EN
RAPPORT AVEC LA SECHERESSE ............................................................ 24

Introduction à la première partie ............................................................... 25

Chapitre 1. Un milieu dominé par le drainage du fleuve Bénoué ................ 26

Introduction .............................................................................................. 26

1.1. Milieu physique........................................................................... 27

1.1.1. Climat......................................................................................... 27

1.1.2. Précipitations .............................................................................. 30

140
1.1.3. Végétation................................................................................... 33

1.1.4. Sols ............................................................................................ 34

1.1.5. Reliefs......................................................................................... 36

1.2. Cadre humain............................................................................. 38

1.2.1. Tendance démographique et culturelle ........................................ 38

1.2.2. Evolution de la population .......................................................... 39

1.2.3. Migrations................................................................................... 39

1.3. Activités économiques ................................................................. 42

1.4. Historique de la sécheresse ......................................................... 43

Chapitre 2. Généralités sur les indicateurs climatiques en rapport avec la


sécheresse ................................................................................................ 45

INTRODUCTION ........................................................................................ 45

2.1. Différents indicateurs climatiques ............................................... 45

2.1.2. Approche par définition et par modèle ......................................... 45

2.2. Les indicateurs de la variabilité climatique .................................. 50

2.2.2. A l’échelle internationale ............................................................. 50

2.2.3. A l’échelle nationale .................................................................... 54

2.2.3.1. Cadre législatives ........................................................................ 54

2.2.3.2. Cadre institutionnel .................................................................... 54

2.3. Rôles des indicateurs climatiques................................................ 56

Conclusion à la première partie ................................................................. 57

DEUXIEME PARTIE : PERCEPTIONS, INDICATEURS LOCAUX ET ANALYSE


DES INDICATEURS STATISTIQUES DE LA SECHERESSE DANS LA VALLEE
DE LA BENOUE ........................................................................................ 58

141
Chapitre 3. Perceptions et indicateurs locaux de la sécheresse dans la vallée
de la Bénoué ............................................................................................. 60

Introduction .............................................................................................. 60

3.1. Les manifestations de la sécheresse et les types de sécheresses... 61

3.1.1. Les manifestations de la sécheresse ............................................ 61

3.1.2. Les types de sécheresse............................................................... 61

3.1.2.1. La sécheresse météorologique...................................................... 62

3.1.2.2. La sécheresse hydrologique ......................................................... 62

3.1.2.3. Sécheresse agricole ..................................................................... 63

3.1.2.4. Sécheresse socioéconomique ....................................................... 64

3.2. Perceptions de la sécheresse ....................................................... 65

3.2.1. Poche de sécheresse.................................................................... 66

3.2.2. L’harmattan ................................................................................ 67

3.2.3. Tarissements des marigots .......................................................... 67

3.3. Les indicateurs locaux de la sécheresse...................................... 68

3.3.1. Les indicateurs de prévision ........................................................ 69

3.3.1.1. Les indicateurs liés aux conditions climatiques ........................... 69

3.3.1.2. Les indicateurs liés aux comportements des plantes.................... 70

3.3.2. Les indicateurs d’impacts............................................................ 72

3.3.2.1. Les rivières.................................................................................. 72

3.3.2.2. Les puits, les forages et les barrages hydroélectriques ................. 72

3.3.2.3. Le sol .......................................................................................... 73

3.4. Les impacts de la sécheresse ...................................................... 75

3.4.1.1. Sur l’agriculture.......................................................................... 76

142
3.4.1.2. Sur la production d’énergie et les ressources halieutiques ........... 77

3.4.1.3. Sur la biodiversité ....................................................................... 78

3.4.1.4. L’impact sur le sol....................................................................... 78

3.4.2. Impacts sociaux .......................................................................... 79

CONCLUSION ........................................................................................... 80

Chapitre 4 : Analyse des indicateurs statistiques de la sécheresse dans la


vallée de la Bénoué.................................................................................... 81

Introduction .............................................................................................. 81

4.1. Méthodes de suivi de la sécheresse et Indicateurs ....................... 82

4.1.1. Méthode de suivi et d’évaluation.................................................. 82

4.2. Les indicateurs scientifiques de la sècheresse.............................. 82

4.2.1. Evolution des paramètres climatiques ......................................... 83

4.2.2. Les indicateurs statistiques......................................................... 85

4.2.2.1. Analyse des séries chronologiques............................................... 86

4.2.2.2. Tests de vérification de caractère aléatoire................................... 86

4.2.2.3. Tests de détection de rupture ...................................................... 87

4.2.3. Analyse des indices ..................................................................... 91

4.2.3.1. Indice basé sur l’indicateur précipitation ..................................... 91

4.2.3.1.1.Indice de Précipitation Normalisé (SPI) ........................................ 91

4.2.3.1.1.3.Indice de décile (DI).................................................................. 94

4.2.3.1.1.4.Pourcentage de l’indice normal (PN) ......................................... 96

4.2.3.1.1.5.Indice d’anomalie de pluviosité (RAI) ........................................ 98

4.2.3.2. Indice basé sur les indicateurs Précipitations et Evapotranspiration


potentielle ............................................................................................... 103

4.2.4. Les difficultés face aux défis de sécheresse ................................ 105

143
4.2.4.1. A l’échelle internationale ........................................................... 105

4.2.4.2. A l’échelle locale ........................................................................ 106

Conclusion .............................................................................................. 107

DISCUSSION DES RESULTATS ............................................................... 109

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATION ................................ 111

BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................... 114

ANNEXES................................................................................................ 123

TABLE DES MATIERES ........................................................................... 139

144