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Droits de l’homme (Mme Rajab)

Séance 1 :
- Avant de définir le droit de l’homme, il faut le distinguer du droit humain .
Le droit humain se compose de plusieurs catégories de droit, dont le droit
de l’homme fait partie:
Droit humain  Droit international humanitaire (en temps de conflits)
Droit de l’homme (en temps de paix)
Droit des refugiés
Droit d’asile
Droits des apatrides

-Les droits de l’homme sont pour les uns les droits inaliénables de tous les
êtres humains, quels que soient leur nationalité, lieu de résidence, sexe,
origine ethnique ou nationale, couleur, religion, langue ou toute autre
situation.

-Plusieurs pays ont renoncé au terme « Droit de l’homme », pour le


remplacer avec un nouveau terme plus général et plus adapté à la société
moderne et égalitaire d’aujourd’hui. Il s’agit du terme « Droit humais ».

- En s’appuyant sur la connotation juridique qu’exige un texte de loi et une


opposabilité, on se pose la question sur:
Qu’elle est la mesure d’opposabilité des droits de l’homme ?
Est-ce que tous les droits de l’homme sont opposables ?
Qui doit assurer le maintien de ces droits de l’homme dans chaque pays ?
Est-ce que l’Etat doit intervenir pour faire respecter ces droits ?

=> Pour répondre à ces questions, il faut avant tout revenir fouiller dans les
piliers de l’histoire du droit humanitaire:

Le droit d’intervention ou ‘la gérance humanitaire’ est l’intervention de


l’Etat pour faire respecter les droits de l’homme.
La gérance humanitaire, a connu plusieurs évolutions en droit international
depuis la création de l’ONU jusqu’aujourd’hui. C’est ainsi que:

En 1945 : Création de l’ONU


Le but de création de l’ONU était bien évidement le maintien de
paix international notamment les droits de l’homme et la sécurité

international. Plusieurs débats ont eu lieu pour préciser qui


sera titulaire de la gérance humanitaire.
Afin d’atteindre la finalité de création de l’ONU, les Etats vont
faire un transfert de compétence de maintien de paix.
=> Application strict du principe de la non gérance ; seul l’ONU
peut intervenir en cas de non-respect des droits de l’homme
au sein de chaque Etat.
En 1998 : L’ONU ne réussit pas à stopper les conflits armés, ce qui a
déclencher un débat sur l’existence de l’ONU. En fin de compte
certain Etat ont décidé de retirer le transfert de compétence à
l’ONU. Les premiers Etats a retiré leur transfert : France+ G.B.
=> Ce retrait est connu par : La renationalisation des opérations
de maintien de paix (OMP)
En 1999: l’ONU peut officiellement sous-traiter les opérations de maintien
de paix, elle peut déléguer l’autorité de maintien de paix, et donc
la gérance humanitaire à un Etat (sous-traitance à la France en
mali – 2013), un groupement d’Etats ‘coalition’ ( sous-traitance
à l’Union africaine plusieurs opération comme en soudan )
En 2005 : Réforme de l’ONU et création de 2 constitution
- Commission de consolidation de paix
- Conseil de droit de l’homme
En 2013 : Retour vers la non intervention

Séance 2  :

 Phénomène d’inflation de la proclamation de droit de l’homme


Le droit de l’homme a connu plusieurs évolutions, les premiers textes
n’était pas sous forme conventionnelle, mais juste sous forme de
déclaration. Ce n’est que plus tard qu’il y a eu des pactes.
N.B : La convention Synonyme de pacte ou de traité. Il s'agit d'un accord international, qui peut
être bilatéral or multilatéral. Une convention (ou pacte, ou traité) se distingue d'une déclaration,
en ce qu'une convention est un accord selon lequel les É tats participants s'engagent
formellement en droit international à mettre en vigueur les dispositions de la convention dans
leur territoire. Les É tats s'engagent ainsi par une procédure de ratification ou d'adhésion à la
convention. Alors qu’une déclaration n'est pas un accord par lequel les É tats s'engagent en droit
international.
Les premiers pactes se constituent sur
18-19 siècles  : La première génération des droits de l’homme
La première génération est celle des droits de l’homme « civils et
politique ». Les premières revendications trouvent leur inspiration dans le
libéralisme concernent principalement la liberté, la propriété et la
résistance à l’oppression, qui sont des droits d’émancipation vis-à -vis d’un
Etat souvent oppresseur. Ces premiers droits sont opposables.
20ème siècles : La deuxième génération des droits de l’homme
La deuxième génération consacre les droits « économiques et sociaux ». Il
est cette fois question de dignité et de bien-être, nécessitent au contraire
son intervention et parfois la mise en place de services publics.
Aujourd’hui : La troisième génération
La troisième génération comprendrait également d’autre droits tels le
droit à la paix, le droit au développement, le droit à la communication ou
encore le droit à l’usage du patrimoine commun de l’humanité. Elle
recouvre des droits très mal définis (dans leur contenu) et donc très mal
acceptés. L’addition de nouveaux droits provoque un phénomène
inflationniste.
La troisième génération est le produit du progrès de la technologie
(droit de communication, droit de secret de correspondance, droit de
communication audio-visuelle, droit entre l’administration et les
administrés (ex : droit d’excès à l’information aux administrés,
transparence de l’administration par le principe de la reddition des
comptes* – constitution marocaine de 2011)
(*) : La reddition de comptes est l'opération effectuée par un mandataire ou
l'administrateur du patrimoine d'autrui, dans le cadre d'une tutelle par exemple. Il s'agit de
tenir des livres de comptes justifiant des interventions de l'administrateur ou du mandataire
sur ledit patrimoine.

La connotation ‘droit’ dans la 3ème génération, exceptionnellement ne


suppose pas l’opposabilité. Pourquoi ?
-> Car le droit n’existe réellement que lorsqu’il est reconnu en cas de litige
devant le juge, et si cette juridiction peut prendre des mesures répressives
en cas de non-respect. Alors que la plupart des droits en 3ème génération ne
disposent pas de cette répression. Ce qui va enchaîner une distinction entre
les droits opposable et non-opposable.
Ex : Droit au logement- C’est un droit non-opposable.
C’est juste une expression juridique d’une politique gouvernemental.

Quand le juge est en confrontation avec les droits de la 3ème génération, il est
mené à faire un tri entre les droits opposables et non-opposables.

 Distinction entre les droits et les libertés


 Définition

-La liberté: Appartient son seulement au vocabulaire juridique mais aussi


au vocabulaire philosophique. C’est le pouvoir d’agir dans une société
organisé mais dans les limites des règles définies.
-Le droit : Ensemble de règles qui s’impose à un moment donné à une
collectivité.

 Distinction
La liberté est une zone d’autonomie de la personne et c’est à charge d’elle
de choisir d’agir ou de ne pas agir.
Le couple droit-liberté devient aujourd’hui un couple indissociable, c’est
ainsi que la liberté est un espace d’action, alors que le droit est l’outil
d’encadrement de ses liberté.
Le droit Reconnait les libertés
Permet de les facilités
limite leurs usages
Séance 3  :

Le droit de l’homme découle de la philosophie des droits naturels, ce sont


l’ensembles de droit inaliénables et sacrés.

Après être reconnu dans le monde, Les droits de l’homme vont passer à une
conception universaliste qui repose sur l’équité dans la perception des
droits de l’homme par les êtres humains.

Les phases d’évolution des DH sont comme suit :


Conception philosophique => Convoquer comme chapitre du droit
international => Finalement, création un DROIT INTERNATIONAL DE
L’HOMME.

Existence d’un texte international Non-existence d’un texte


international
Ex : Le commerce Ex : Le commerce
Droit International de commerce Droit de commerce international

 Révision des sources de droit :

 Sources classiques : Loi, règlement, doctrine, jurisprudence


 Sources modernes : Acte unilatéraux des Etats/O.I
Acte unilatéraux d’Etat : c’est un acte qui émane soit du pouvoir
exécutif, pouvoir judiciaire ou pouvoir législatif.
Pourquoi ces actes sont des sources de Dr. International ?!
Car ces actes ont un prolongement dans la société international.
Ex : Code d’investissement marocain : ce code ne s’adresse pas
uniquement aux investisseurs marocains mais aussi aux étrangers.
Acte unilatéraux des organisations internationales : Les organisations
internationales prennent des décisions sous forme de résolutions ou
des recommandations.
 Sources de tiers ordre : émanent des acteurs privés ; ni ordre interne
ni ordre international

 Sources mixtes : sources d’ordres mixtes ni public ni privé


Ex : Contrat d’Etat : Pour l’Etat qui ne peut signer que des traités et les
particuliers qui ne peuvent signer que des contrats, on a créé des
contrat d’Etat pour régir les relations Etat-Particulier.

Les libertés publiques se rattachent à un ordre juridique national qui


s’applique à l’intérieur des frontières étatiques aux nationaux.
En ce qui concerne les libertés publiques ; c’est l’Etat qui veille sur ; sois
leur épanouissement, sois leur limitations (Pour préserver l’ordre publique
en temps normal, et pour sauver la démocratie en temps exceptionnel).

Qu’elles sont les acteurs qui produisent les droits de l’homme et les libertés
publiques ?
-Libertés publiques : Le ressort du législateur
-Droit de l’homme : Droit international

 Le phénomène de juridicisation

Les droits de l’homme ont étaient renforcés par la Déclaration Universelle


des Droits de l’Homme de 1948 qui a marqué non seulement une nouvelle
étapes dans l’histoire des Droits de l’Homme en leur conférant un
dimension universelle, mais encore elle a donné le « coup d’envoi » de la
juridicisation des Droits de l’Homme. En outre, elle favorise la prise en
charge par la communauté internationale de ces derniers à travers la mise
en d’un certain nombre d’institutions qui doivent préciser à la préservation
des principes émis par cette déclaration afin de donner à ces droits
l’opposabilité et des mesures répressifs en cas de non-respect

 Distinction entre les Droits de l’Homme, les libertés fondamentales et


les libertés publiques

-Dégager les critères de fondamentalité de liberté


-La fondamentalité des droits s’exprime sur le plan formel :
la conception formel de ces droits induit qu’ils découlent d’une norme
supérieure (ex : constitution ou des dispositions internationales) car seul la
constitution qui peut remettre en cause les libertés fondamentales.
-La fondamentalité des droits s’exprime sur le plan substantiel : l'Etat qui,
étant à la fois esclave et protecteur des libertés, tire sa légitimité de son
aptitude à développer les libertés et à s'y soumettre. Pour que cette
« mission soumission » caractéristique de l'Etat de droit soit menée à bien,
deux conditions doivent être réunies. Il faut d'une part que l'action des
gouvernants soit enserrée dans une hiérarchie des normes, au sommet de
laquelle figure la déclaration des droits, d'autre part que les juges soient
suffisamment indépendants pour en sanctionner la méconnaissance.

Séance 4  :

 Classification de droit de l’homme


Selon l’histoire : C’est la classification la plus utilisé qui qualifie les droits de
l’homme selon 3 générations. Mais en ajoutant une nouvelle génération qui
est toujours en débat car elle répond à une particularité française ; c’est la
génération liée à l’évolution technologique. Cette classification a été rejetée
par les nations unies et même en Europe par l’union européenne.
Pourquoi elle est rejetée ? => Car elle met en cause l’unité des DH et puis
parce qu’elle renvoie vers l’idée de leurs non juridicité ; ce qui est
complètement faux.
Limites de ce courant : ce courant développe un ancrage historique en
faisant une distinction entre les droits acquis (1ère et 2ème génération) et les
droits non acquis (3ème et 4ème génération)

Selon l’objet : Ce courant se compose de 2 types de classifications

1. Distinction entre liberté individuelle et liberté collective


Liberté individuelle c’est la liberté dont dispose un individu isolé de la
société. Ex : Liberté de pensée
Liberté collective, Ex : Association, réunion

2. Distinction entre 3 types de libertés


Liberté physique qui concerne la personne humaine en tant qu’être vivant
Ex : Droit à l’intégrité physique
Liberté intellectuel qui concerne la réflexion. Ex droit d’expression
d’opinion
Liberté qui correspond à la tridimensionnalité de la personne humaine :
économique social culturel

Selon la hiérarchie des droits : A ce niveau, il faut tout d’abord distinguer


entre le discours philosophique et le discours juridique. Pourquoi ?
Car philosophiquement parlant tous les droits de l’homme sont égaux, donc
les philosophes rejettent la hiérarchisation des droits de l’homme. Par
contre les juristes ne peuvent accepter que tous les droits de l’homme
soient identiques. Il est donc important de faire une rupture entre ces deux
discours, la philosophie cherche les valeurs alors que les juristes visent
l’opérationnalisation des droits*.
*c’est-à -dire, qu’en droit positif il est primordial d’établir une hiérarchie des
droits de l’homme car ils ne sont pas tous inaliénable aux êtres humains.
Qu’elles sont les droits inaliénables ? Ces droits sont au nombre de 4, et qui
sont appelés ‘Le noyau dur / Le noyau intangible’
Cette nomination provient de leur caractère imposable dans tous les temps
(temps de paix ou de guerre) et tous les lieux (Etat de droit ou non)
Ces droits sont :
-Droit à la vie
-Droit à ne pas être torturer ni de subir des traitements dégradants
-Ne pas être tenu en esclavage ou en servitude
-Droit de jouir au principe de la non-rétroactivité de la loi pénal
=>Les droits de l’homme ne sont pas sur pied d’égalité, y’en a ceux qui sont
supérieur aux autres droits (Noyau dur)

 Fondement intellectuel des droits de l’homme


Ecole philosophique : Les droits de l’homme sont des droits naturels que
l’homme disposait même avant la contractualisation de la société. Et même
l’objet du contrat social est de consacrer les libertés naturelles.

Influence religieuse : Toutes les religions ont consacré les droits de


l’homme

Conception juridique : Le fondement des droits de l’homme est le droit


positif qui s’oppose au déterminant naturel et religieux.
 Positivisme juridique : Le droit naturel n’existe pas, il résume les droits
de l’homme aux libertés publiques admises par les autorités publiques
par la loi en vigueur.

 Positivisme sociologique : rejette les origines métaphysiques du droit,


mais contrairement au positivisme juridique, il considère que le droit
n’est pas le produit des autorités publiques mais le produit spontané de
la conscience collective, c’est-à -dire que le droit est la création
psychologique de la société. C’est la conscience de la société qui se
développe et oblige le législateur à créer une norme juridique qui
correspond cette conscience collective.

Séance 5  :

 Universalité des droits de l’homme


-Les droits de l’homme concernent tous les êtres humains quel que soit leur
races, couleurs, nationalité...

* Paradigme universaliste
-L’idée du paradigme universaliste est construire un droit mondiale de DH
-Le premier texte de droit international ‘Déclaration de 1948’ parle du
principe de consécration universelle de droit de l’homme
*Critiques de ce paradigme
-La déclaration de 1948 est un produit purement occidental
-L’occident a connu 2 conceptions en ce qui concerne ce paradigme :
individualiste (qui protège les individus au détriment de la collectivité)
et libérale.

*Paradigme relativiste
Le relativisme est un courant qui rejette la conception universaliste ; le
droit ne peut être universalisé car chaque pays est différent avec sa culture,
ses usages…
Ce relativisme est développé d’une façon très radicale au sein des frontières
européennes (porteurs du courant) et à l’extérieur de ces frontières
* Relativisme à l’intérieur de l’Europe - relativisme national
Il est très difficile de construire une vision théorique de l’homme, donc les
DH ne peuvent être conçu qu’autant des droits Etatisés.
Cette vision nécessite l’intervention du législateur et donne une dimension
nationale. Ex : Union européenne
L’union européenne a réussi à harmoniser ses termes juridiques,
économiques, monétaire... Mais elle trouve toujours une difficulté
d’harmoniser ses droits de l’homme à cause de la diversité de ses régions et
leurs cultures (relativisme culturel)

*Conception africaine
La charte africaine des droits de l’homme 1981 consacre que les droits de
l’homme et les droits de peuple soit les mêmes. On ne cherche pas les droits
de l’homme mais de toute une collectivité (conception holiste)

*Conception asiatique

Conception qui repose sur la catégorisation des droits de l’homme


Ex (1): L’inde 
Même en étant un pays démocratique et développé sur plusieurs niveaux,
l’inde n’a pas pu créer une vision unitaire de l’homme.
Car la société n’a pas pu se débarrasser des classifications sociales*
*Le système des castes : Une société indienne divisée en 4 : Il est question des castes
dans les plus anciens textes fondateurs de l’hindouisme, notamment les Veda, qui
décrivent la division de la société indienne où les hommes naissent et demeurent
inégaux. Cette division est faite envarna, c’est-à -dire une division quadripartite de la
société et sert de base à la constitution des castes. On trouve au sommet de cette
hiérarchie, les brahmanes (prêtres), suivis par les kshatriyas (guerriers) puis
les vaishyas (commerçants) et enfin au bas de l’échelle sociale les sudra (le reste de la
population sauf les intouchables). Les intouchables sont exclus du système des castes
parce qu’ils exercent des métiers impurs et/ou dégradants comme le boucher ou la sage-
femme qui sont en contact direct avec le sang. 
=>La conception universaliste demeure impossible en Inde, car l’homme est
une abstraction ; Il n’y a pas d’homme mais des classifications sociales

Ex (2) : La chine
Le droit n’existe que pour les barbares* car les hommes civilisés ont réussi
à créer leurs abstractions.
*Les barbares sont des personnes réputées brutales, incultes, intolérantes, violentes,
destructrices

 L’internationalisation des droits de l’homme


L’internationalisation se fait par la création des textes (traités) globale
-Déclaration universelle des droits de l’homme 1948
-Les conventions internationales généralistes : qui ont un caractère
obligatoire, contrairement à la déclaration, aux Etats qui les ont ratifiés.
Les pactes qui sont des traités ayant une valeur juridique obligatoire et
s’adressent aussi aux Etats qui les ont ratifiés ; Et à partir des pactes on
parle de l’assise juridique des droits de l’homme.
Le 1er pacte concernent les droits civils et politiques, et il a été accompagner
de 2 protocoles :
Le premier protocole : facultatif, entré en vigueur en 1967, et adopté le
même jour
Le deuxième protocole qui vise à abolir la peine de mort, et qui a été
signer en 1989 et entrer en vigueur en 1991
Le pacte oblige les Etats à se conformer à ses dispositions et prévoit des
mécanismes et un dispositif institutionnel de vérification de sa propre
application, il s’agit d’un comité d’experts de droits de l’homme.
Ce comité sanctionne par la publication d’un rapport d’observation du pays
qui n’a pas respecté les dispositions du pacte.

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