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Anatomie de la langue
G. Touré

La langue est un organe musculomembraneux qui occupe la paroi inférieure de la cavité orale par sa
portion horizontale. Elle se prolonge par une partie verticale au niveau de la cavité pharyngée. Les dif-
férents muscles constitutifs sont intriqués pour former une masse musculaire mobile intervenant dans
la succion, la préhension des aliments, la mastication et le premier temps de la déglutition. C’est aussi
l’organe du tact et du goût. Elle est recouverte par une muqueuse richement innervée, avec une sensibilité
épicritique et sensorielle. Cette muqueuse est d’origine ectodermique en avant du sillon terminal, et en
arrière de celui-ci d’origine endodermique. Les muscles de la langue, d’origine somitique, migrent de la
région occipitale et sont innervés par le nerf hypoglosse. Quatre autres paires de nerfs crâniens corres-
pondant aux différents arcs branchiaux d’origine de la langue interviennent. Ce sont les paires de nerfs
crâniens suivants : nerf trijumeau, nerf facial, nerf glossopharyngien, nerf vague. La langue comprend
des muscles intrinsèques formés par un muscle impair, le muscle longitudinal supérieur, le muscle vertical,
le muscle longitudinal inférieur et le muscle transverse. Les muscles extrinsèques sont constitués par les
muscles génioglosse, hyoglosse, styloglosse, palatoglosse, amygdaloglosse, pharyngoglosse. La vascula-
risation est assurée essentiellement par l’artère linguale qui donne l’artère dorsale de la langue et l’artère
profonde de la langue, accessoirement des branches provenant de l’artère palatine ascendante et de
l’artère pharyngienne ascendante. L’innervation riche et multiple est expliquée par l’embryologie. Le nerf
hypoglosse est moteur pour tous les muscles de la langue sauf pour le muscle palatoglosse. L’innervation
sensitive et sensorielle (gustative) est assurée par les autres nerfs.
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Mots-clés : Anatomie de la langue ; Innervation de la langue ;


Muscles intrinsèques et extrinsèques de la langue ; Artère linguale

Plan  Introduction
■ Introduction 1
La langue est un organe musculaire complexe par son ori-
■ Développement embryologique de la langue 2 gine embryologique, sa structure, ses fonctions élaborées et ses
■ Historique de l’étude anatomique de la langue 2 multiples pathologies. C’est un organe oropharyngé. Elle est
Avant le IIe siècle 2 constituée par des fibres musculaires extrinsèques et intrinsèques,
Du IIe au XVIIIe siècle 3 innervées par plusieurs paires de nerfs crâniens.
XIXe –XXe siècles 3 La complexité de la langue est liée à son origine embryologique.
De 1852 à 1975 3 Elle se développe dans la paroi inférieure de l’intestin pharyngien
À partir de 2000 3 à partir des quatre premiers arcs pharyngiens qui enveloppent le
■ Anatomie descriptive de la langue 3 tissu musculaire provenant des somites occipitaux. La classique
Aspect externe de la langue 3 division de la langue en deux portions : une partie buccale mobile
Constitution 5 et horizontale et une partie fixe verticale et pharyngienne est liée
à l’embryologie.
■ Actions de la langue 6
Organe original des vertébrés, spécialisé dans la gustation et
■ Vascularisation 6 le tact oral, elle participe à des fonctions aussi diverses que
Artères 6 l’articulation des sons, la praxie alimentaire, la mastication, la
Veines 7 déglutition et la respiration. Elle est capable de mouvements com-
Lymphatiques 7 plexes mais la contribution spécifique des différents muscles est
■ Innervation 7 peu connue. La connaissance de l’organisation neuromusculaire
Innervation motrice 7 de la langue est une étape nécessaire à la compréhension de son
Innervation sensitive et sensorielle 8 fonctionnement.
■ Macroglossie 8
Nous allons voir successivement l’origine embryologique de
la langue avec son intérêt dans l’innervation de la langue,

EMC - Chirurgie orale et maxillo-faciale 1


Volume 12 > n◦ 2 > mai 2017
http://dx.doi.org/10.1016/S2352-3999(17)50921-8

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22-001-B-13  Anatomie de la langue

2
3 1

4 Orale

5
Arcs
pharyngiens
2
3
Figure 1. Embryologie. Développement de la langue. 1. Renflements
latéraux ; 2. renflements médians ; 3. foramen cæcum ; 4. copula ; 5. ren-
Pharyngien
flements hypopharyngés des troisième et quatrième arcs pharyngiens.

4
1

Figure 3. Développement de la langue : langue et épiglotte. 1. Sillon


médian ; 2. sulcus terminalis (sillon terminal) ; 3. papilles circumvallées ;
4. épiglotte.

Arcs bourgeons droit et gauche qui forment la langue mobile donne le


2 sillon médian.
pharyngiens
Des troisième et quatrième arcs branchiaux, l’éminence hypo-
pharyngée se développe et recouvre la copula. Le mésenchyme de
ces arcs branchiaux forme le tissu conjonctif de la langue mais les
Figure 2. Développement de la langue en deux parties : langue orale cellules musculaires striées squelettiques proviennent des myo-
(en jaune) ; langue pharyngienne (en bleu). 1. Sillon médian ; 2. épiglotte, tomes occipitaux. La croissance et la prolifération de ces tissus
sillon glossoépiglottique. sont telles que la masse linguale dépasse la région endodermique
pharyngée et forme une évagination de l’ectoderme du plancher
du stomodéum.
l’architecture de la langue, la distribution intralinguale des nerfs La couverture épithéliale est ectodermique et dépendante du
sur la base de nos travaux personnels et les différentes fonctions premier arc branchial pour la langue mobile et innervée par le nerf
de la langue. trijumeau. La muqueuse du tiers postérieur est d’origine endoder-
mique et innervée par le nerf glossopharyngien. L’épiglotte et la
zone valléculaire sont innervées par le nerf vague. La couverture
 Développement embryologique épithéliale de la cavité du stomodéum est d’origine ectodermique.
L’extrémité crâniale de l’intestin pharyngien d’origine endoder-
de la langue mique communique avec le stomodéum. C’est au niveau de la
langue que le passage entre l’entoblaste et l’ectoblaste se réalise ;
Les muscles de la langue proviennent des somites occipi- le sillon terminal ou « V lingual » en avant duquel se trouvent les
taux. L’occipital et les deux nerfs hypoglosses forment un même papilles circumvallées est la limite.
ensemble embryologique [1]. La complexité de la langue tient à la Les muscles de la langue proviennent du dermomyotome des
pluralité des arcs branchiaux dont elle est issue, à son innervation cinq premiers somites céphaliques. L’occipital, les deux nerfs
à la fois somitique et branchiale. La langue dérive de plusieurs hypoglosses et la musculature de la langue forment une unité
bourgeons se développant aux dépens de l’endoderme du plan- embryologique [1].
cher des arcs branchiaux (Fig. 1 à 4). La langue se développe dans
la quatrième semaine. À la fin de la quatrième semaine, le plancher
du pharynx est formé par cinq arcs pharyngiens.
À partir du premier arc, un renflement médian ou bourgeon  Historique de l’étude
médian ou tuberculum impar se forme en même temps que deux anatomique de la langue
bourgeons distaux ou renflements linguaux latéraux. Le premier
arc branchial donne naissance à un bourgeon médian, le tubercu- De nombreuses études ont porté sur la langue afin de compren-
lum impar, et à deux bourgeons latéraux. Ces bourgeons donnent dre la structure musculaire chez différents animaux et chez les
naissance aux deux tiers antérieurs de la langue. grands singes [2,3]. La connaissance de la langue humaine a
À la fin de la quatrième semaine, le deuxième arc bran- commencé avec l’autorisation des dissections cadavériques.
chial donne naissance à la copula, renflement médian recouvert
par l’éminence hypopharyngienne qui provient des troisième et
quatrième arcs pharyngiens au cours des cinquième et sixième Avant le IIe siècle
semaines. Cet ensemble forme le tiers postérieur de la langue.
La limite entre les deux tiers antérieurs et le tiers postérieur cor- La langue était considérée comme un muscle unique et
respond à une dépression, le sillon terminal. La fusion entre les compact.

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Figure 4. Langue et foramen cæcum.


Différences visuelles entre portions
mobile et fixe, avec l’épiglotte (A, B).
1. Langue mobile recouverte d’une
muqueuse d’origine ectodermique. La
muqueuse des deux tiers antérieurs de
la langue se développe essentiellement
à partir des bourgeons distaux de la
1 1 langue issus du premier arc pharyn-
gien ; 2. langue fixe – verticale en arrière
du sillon terminal et des papilles circum-
vallées – recouverte d’une muqueuse
3 entoblastique ; 3. foramen cæcum, site
de naissance de la glande thyroïde par
prolifération de l’endoderme à la pointe
du foramen cæcum, migrant en avant
et en bas du larynx. Elle reste attachée
jusqu’à la cinquième semaine au fora-
men cæcum et atteint son site définitif
2 dans la septième semaine.
3

B
A

Du IIe au XVIIIe siècle l’existence de muscles intrinsèques de la langue qui étaient des
prolongements des divers muscles extrinsèques.
Les travaux de Galien furent la référence. Les dissections de Au XXe siècle, beaucoup d’articles ont été écrits sur la langue
Claude Galien (Claudius Galen : Pergame vers 131-Rome ou Per- en embryologie et en morphologie. Cependant, deux auteurs sont
game vers 210) sur les grands singes de « Barbarie », les magots, souvent cités : Abdelmalek (1939) et Miyawaki (1973) qui pré-
étaient rapportées en 177. Galien a décrit les muscles de la langue sentent des descriptions de la musculature linguale.
selon leur origine, leur trajet et leurs insertions. Ses travaux por- Abd-El-Malek a présenté une description détaillée à partir de
taient sur de grands singes dont il estimait l’anatomie proche de coupes transversales. Il ne citait aucune référence. Cependant il
celle de l’homme, voire identique. Il a décrit les muscles de la était intéressant de noter les similitudes avec les observations
langue en fonction de leurs insertions sur des structures fixes et de Cruveilhier (1844) et Salter (1852), environ un siècle plus
n’envisageait pas l’existence de muscles intrinsèques. tôt.
André Vésale (1514–1564) effectua vers 1543 des dissections
sur cadavres humains, ce qui lui permit sa contribution décisive
à l’anatomie. Dans la langue humaine, il observa des muscles À partir de 2000
extrinsèques et intrinsèques. Il a décrit leurs fonctions. Ainsi le
muscle hyoglosse latéralisait la langue et la contraction bilaté- Les études ont porté sur la physiologie de la langue, son rôle
rale du muscle styloglosse soulevait la pointe de la langue. Vésale mécanique dans la modification de l’articulé dentaire en ortho-
observait que les muscles mylohyoïdiens prenaient leur origine dontie, dans la pathologie obstructive des apnées du sommeil. La
sur la face médiale de la mandibule près des racines des molaires, reconstruction tridimensionnelle a permis d’illustrer la disposi-
et en accord avec Galien, qu’ils s’inséraient sur la face ventrale de tion de la plupart des muscles [5].
la langue. On attribuait à Vésale la description de neuf muscles Nos travaux ont contribué à décrire l’architecture de la langue et
tandis que Léonard de Vinci trouvait 24 à 28 muscles [4]. décrire la distribution des nerfs à l’intérieur de la masse musculaire
Pendant trois siècles, les textes d’anatomie avaient pour réfé- de la langue [6–8].
rence les descriptions faites par Vésale. Cependant, comme le
notait Drake en 1727, il n’y avait pas d’accord entre les auteurs
concernant le nombre des muscles constitutifs de la langue.  Anatomie descriptive
XIXe –XXe siècles
de la langue
Blandin (1823), Soemmering (1841) firent des descriptions La langue occupe le plancher buccal de la cavité orale. Elle est
détaillées et précises des muscles intrinsèques et extrinsèques de ovalaire, aplatie, comprend une face dorsale et une face ventrale ;
la langue. d’avant en arrière, une partie mobile, le corps de la langue et une
partie fixe formée par la racine ou base de la langue.
À la suite de dissections chez l’homme et les grands singes, Blan-
din a décrit des muscles intrinsèques perpendiculaires, transverses
et longitudinaux et des muscles extrinsèques.
Aspect externe de la langue
De 1852 à 1975 La partie libre comprend deux faces, deux bords, et un sommet.
La face supérieure ou dos de la langue est convexe d’avant en
Sappey (1876) décrit huit muscles dont le muscle lingual supé- arrière (Fig. 5, 6). Elle est en contact avec le voile du palais en
rieur ou muscle peaucier principal de la langue. Il s’opposait à arrière et le palais dur en avant.

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Pha
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5 2
4
l
Ora

4
3
2 3

5
1

7
7
AR
Figure 5. Muscle génioglosse et ses trois faisceaux (1 à 3) ; 4. sillon 8
glossoépiglottique ; 5. épiglotte.

Figure 7. Face dorsale de la langue et de l’épiglotte. 1. Orifice trachéal ;


10 2. épiglotte ; 3. pli glossoépiglottique médian ; 4. vallécule ; 5. racine de
la langue ; 6. foramen cæcum ; 7. papilles circumvallées disposées en V
lingual – avant du sillon terminal ; 8. langue mobile.
8
9

2
7 1

1
6 4 2 2
3 3
5 3

Figure 6. Cavité orale de profil. 1. Symphyse du menton ; 2. langue


mobile (horizontale) ; 3. muscle génihyoïdien ; 4. racine de la langue Figure 8. Jonction entre la racine de la langue et la langue mobile.
(verticale) ; 5. sillon glossoépiglottique ; 6. épiglotte ; 7. muqueuse face 1. Foramen cæcum ; 2. sillon terminal ; 3. papilles circumvallées.
ventrale de la langue ; 8. voile du palais ; 9. arc palatoglosse ; 10. palais
osseux.

Segment buccal ou langue mobile


Elle est limitée en arrière par un sillon en forme de V ouvert en
avant, le sillon terminal (Fig. 4B), dont le sommet correspond au 3
foramen cæcum. De ce foramen à la pointe de la langue, la langue 2
présente un sillon médian. Cette surface d’aspect inégal est parse- 1
mée de papilles filiformes, coniques, fungiformes, circumvallées
(Fig. 7, 8). Les papilles circumvallées ou caliciformes formées d’une
saillie, le mamelon, et entourées d’une dépression muqueuse sont
les plus volumineuses, elles sont situées en avant d’un sillon, le
sillon terminal, et forment un V ouvert en avant, le « V lingual ».
Au sommet du V se trouve une dépression, le foramen cæcum.
En arrière du sillon terminal se trouve la tonsille linguale et les
glandes muqueuses en avant. Figure 9. Face ventrale de la langue. 1. Frein de la langue ; 2. veines
La face inférieure de la partie buccale de la langue est recouverte linguales ; 3. bord de la langue.
par une muqueuse fine translucide marquée par la présence d’un
repli muqueux : le frein ou filet de la langue (Fig. 9).
Ce frein est relié au plancher buccal par une saillie, la caron- des bords latéraux existent des papilles foliées représentées par des
cule, au sommet de laquelle s’ouvre de part et d’autre de la ligne replis verticaux parallèles.
médiane l’ostium du conduit submandibulaire apportant la salive L’apex aplati est creusé du prolongement du sillon médian de
issue de la glande homonyme. À travers la muqueuse, de part et la face dorsale et est en contact avec les incisives.
d’autre du frein, transparaissent les veines linguales profondes.
Il existe une gouttière médiane, puis des bourrelets latéraux qui Segment pharyngien (Fig. 5, 6)
correspondent à la saillie des muscles génioglosses. Des gouttières Il est en arrière du sillon terminal et représente la partie verti-
latérales séparent les bourrelets musculaires des bords latéraux. cale, en regard du pharynx. Sur chaque hémilangue, parallèles à
Ces bords s’épaississent d’avant en arrière. À la partie postérieure chacune des branches du V lingual, sont disposées des saillies en

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9
8
4
1
2 6 2
3 1
3
4
5 7 6
7
8 5
1 9

11
10

12
A B
Figure 10. Muscles de la langue.
A. Coupe parasagittale. 1. Muscle digastrique ; 2. muscle stylo-hyoïdien ; 3. muscle pharyngoglosse ; 4. muscle styloglosse ; 5. muscle hyoglosse ; 6. muscle
lingual inférieur ; 7. muscle génioglosse ; 8. muscle lingual supérieur ; 9. muscle palatoglosse.
B. Coupe frontale. 1. Longitudinal supérieur ; 2. palatoglosse ; 3. styloglosse ; 4. pharyngoglosse ; 5. génioglosse ; 6. septum lingual ; 7. hyoglosse (faisceau
cératoglosse : s’insère sur le bord supérieur de la grande corne) ; 8. styloglosse (faisceau inférieur) ; 9. hyoglosse (faisceau basioglosse : s’insère sur le corps
de l’os hyoïde) ; 10. longitudinal inférieur ; 11. mylohyoïdien ; 12. digastrique.

rangées obliques en bas et en dedans. L’ensemble de ces saillies


forme l’amygdale linguale. La partie postérieure de la face dorsale 1 1 a
de la langue est unie à l’épiglotte par un pli glossoépiglottique 2 b
2
médian et deux plis glossoépiglottiques latéraux.
3
L’épiglotte considérée comme un cartilage laryngé [9] est une c
structure glossolaryngée qui forme un ensemble fonctionnel et 4
anatomique avec la langue, le larynx et l’os hyoïde.
L’aspect cribriforme du cartilage épiglottique est dû aux vais-
seaux, aux nerfs et à la présence de glandes [9,10] au niveau de la 8 8 d
5
muqueuse. Des bourgeons du goût existent sur les faces ventrale
et dorsale. La frontière entre muqueuse orale et muqueuse respi-
ratoire ne se fait pas entre langue et épiglotte mais à l’intérieur 7
même de l’épiglotte [8]. 6
9
e
Constitution 10 6
Les muscles de la langue se fixent sur les structures osseuses
avoisinantes. Les structures membraneuses sont formées par le
septum et la membrane hyoglossienne.
La membrane hyoglossienne est une lame située entre les deux
petites cornes et se perd dans les muscles de la langue après envi- Figure 11. Architecture de la langue : disposition en trois colonnes
ron 1 cm. et cinq couches. Trois colonnes : une colonne centrale centrée sur le
Le septum lingual est une lame fibreuse falciforme, médiane, génioglosse ; une colonne paramédiane entre septum médian et septum
située entre les muscles génioglosses. Des fibres musculaires sont paramédian centrée sur le longitudinal inférieur ; une colonne latérale
situées au-dessus de son bord supérieur convexe et en dessous de avec essentiellement les muscles latéraux (styloglosse-palatoglosse) ; cinq
son bord inférieur concave de telle sorte que le septum divise de couches (strates) : a. Muqueuse ; b. longitudinal supérieur ; c. muscle ver-
façon incomplète la langue. tical et muscle transverse ; d. génioglosse (fibres obliques), longitudinal
inférieur ; e. génioglosse (fibres horizontales). 1. Muqueuse ; 2. muscle
Muscles de la langue (Fig. 5, 6, 10 à 12) longitudinal supérieur ; 3. muscle vertical ; 4. muscle transverse ; 5. sep-
tum paramédian ; 6. génioglosse ; 7. septum médian ; 8. longitudinal
Nous décrivons les 17 muscles classiques de la langue : huit inférieur ; 9. nerf ; 10. veine.
muscles pairs et un muscle impair. À ces muscles il faut ajouter le
muscle vertical constitué par des fibres verticales situées de part et
d’autre du septum lingual. Il existe des variations du nombre de
muscles liées à celles des terminologies. linguale. Il s’insère sur l’apophyse géni supérieure. On distingue
Les muscles de la langue se distinguent en muscles intrinsèques trois groupes de fibres : les fibres antérieures vont à la pointe ;
et en muscles extrinsèques selon qu’ils prennent leur origine dans les fibres moyennes vont à la face dorsale et à la membrane hyo-
la langue elle-même ou sur le cadre ostéoviscéral de voisinage. glossienne ; les fibres inférieures vont au bord supérieur du corps
On distingue les muscles extrinsèques pairs et symétriques, et les de l’os hyoïde. Les fibres inférieures et moyennes entraînent la
muscles intrinsèques pairs et impairs. protraction de la langue, tirent la langue en avant et en haut.
Sa contraction totale applique la langue sur le plancher buccal.
Muscles extrinsèques • Le muscle hyoglosse est un muscle pair quadrilatère, aplati,
• Le muscle génioglosse (Fig. 5) est le muscle le plus volumineux tendu de l’os hyoïde aux faces latérales de la langue. Il
de la langue, muscle pair situé de part et d’autre du septum lin- comprend trois faisceaux selon que les fibres s’insèrent sur la
gual. Les deux muscles échangent des fibres transversales sous grande corne, la petite corne ou le corps de l’os hyoïde : céra-
le septum. Il est disposé en « éventail », sagittal, aplati trans- toglosse, chondroglosse et basioglosse. Il est situé latéralement
versalement et se termine sur la face profonde de la muqueuse au génioglosse et au lingual inférieur. Il se porte en haut et en

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Figure 12. Disposition concentrique des fibres


1
au niveau de langue mobile.
2 A. Coupe histologique. Cercle rouge : contient
le muscle transverse ; cercle jaune : contient
l’ensemble des muscles disposé de façon homo-
3 gène avec un groupe supérieur, un groupe latéral
et un groupe inférieur ; en dehors du cercle
jaune : muqueuse linguale.
B. Schéma. 1. Muqueuse ; 2. longitudinal supé-
4
rieur ; 3. transverse ; 4. génioglosse, longitudinal
5 inférieur, hyoglosse, styloglosse, palatoglosse ;
5. muqueuse.
A B

avant, ses fibres se mêlent à celles du styloglosse et du lingual Architecture de la langue [7]
inférieur. Il abaisse et rétracte la langue. Les trois faisceaux du
Les différents muscles de la langue se disposent de telle sorte
muscle hyoglosse peuvent être considérés par certains comme
qu’ils donnent une architecture particulière à la langue. Au tiers
des muscles distincts [10].
moyen de la langue (Fig. 11), on distingue une superposition des
• Le muscle styloglosse est un muscle pair, long, grêle, d’aspect
muscles en couches et une juxtaposition en colonnes [7], ainsi la
conique ; il naît du processus styloïde de l’os temporal, du liga-
langue présente cinq couches avec la muqueuse et trois colonnes
ment stylomandibulaire au bord latéral de la langue, jusqu’à
juxtaposées. On distingue :
l’apex. Le muscle se divise en deux groupes musculaires. Les
• une colonne latérale avec les muscles palatoglosse, styloglosse,
fibres supérieures, obliques en avant et en dedans, vont à la face
hyoglosse ;
dorsale en se rapprochant de la pointe. Les fibres inférieures tra-
• une colonne paramédiane, centrée sur le muscle longitudinal
versent les muscles hyoglosse et le lingual inférieur. Il porte la
inférieur ;
langue en haut et en arrière.
• une colonne médiane centrée sur le muscle génioglosse.
• Le muscle palatoglosse ou glossostaphylin s’étend du voile du
En dehors du muscle génioglosse, le septum paramédian, avec
palais, de l’aponévrose palatine descend dans l’épaisseur du
les éléments vasculonerveux, le sépare du muscle longitudinal
pilier antérieur du voile du palais et se termine dans la langue
inférieur. En dehors du muscle longitudinal inférieur, des fibres
par des fibres transversales et longitudinales qui s’entrecroisent
musculaires des muscles hyoglosse, styloglosse et palatoglosse
avec les fibres supérieures du muscle styloglosse. Il rétrécit
forment un ensemble musculaire homogène.
l’isthme du gosier, rapproche les bords libres des piliers anté-
Au tiers antérieur (Fig. 12), au niveau de la langue mobile, les
rieurs, abaisse le voile du palais et élève la racine (base) de la
muscles ont une disposition concentrique ; au centre, le septum
langue.
médian, de part et d’autre de celui-ci les muscles transverses ;
• Le muscle amygdaloglosse est inconstant, il s’étend de la face
un cercle musculaire est formé par la combinaison des différents
externe de la capsule amygdalienne, ses fibres sont médiales au
muscles entourant le « noyau » musculaire, et un cercle muqueux.
constricteur supérieur du pharynx et pénètrent dans la langue.
Il élève la racine de la langue.
• Le muscle pharyngoglosse est un faisceau du constricteur supé-
rieur du pharynx qui se prolonge sur le bord latéral de la langue.  Actions de la langue
Ses fibres se mêlent avec celles des muscles styloglosse, génio-
glosse, lingual inférieur. Il attire la langue en arrière et en haut. Cet organe musculaire joue un rôle important dans l’émission
des sons, dans la préhension des aliments et la déglutition. La
Muscles intrinsèques coordination des mouvements de préhension alimentaire de la
• Le muscle longitudinal inférieur est un muscle pair, arciforme à langue et du sphincter labial est réflexe et fait intervenir les nerfs
concavité antérieure, s’étend de la petite corne de l’os hyoïde à trijumeau et facial, avec une alternance de contractions et de relâ-
la pointe de la langue ; ses fibres se mêlent à celles du styloglosse. chements des muscles masticateurs. La langue participe au temps
C’est un mince faisceau musculaire situé entre le génioglosse buccal de la déglutition par la préparation du bol avec le muscle
médialement et le muscle hyoglosse latéralement. buccinateur en le mobilisant entre les molaires pour être trituré et
• Le muscle longitudinal supérieur est un muscle impair, médian, en le retournant pour permettre l’insalivation. Le bol alimentaire
situé sous la muqueuse linguale. Il comprend deux faisceaux subit ses premières modifications, humidifié, ramolli, il est pro-
latéraux fixés sur les petites cornes de l’os hyoïde et un fais- jeté vers l’isthme du gosier, puis vers l’hypopharynx. L’épiglotte
ceau médian qui naît de l’épiglotte et du pli glossoépiglottique occlut et protège les voies respiratoires ; ensuite le bol alimentaire
médian ; l’ensemble des fibres musculaires se termine à la pointe est dirigé vers la bouche œsophagienne.
de la langue. Il est élévateur et rétracteur de l’apex de la langue. La langue est fixée sur une base osseuse formée par la
• Le muscle transverse de la langue, muscle intrinsèque de la mandibule, l’os hyoïde et un ensemble fibromusculaire ; ses
langue, s’étend de part et d’autre du septum à la face profonde mouvements sont synchronisés avec le sphincter labial, puis le
de la muqueuse des bords de la langue. Ses fibres transversales sphincter vélolingual synchronisé avec l’unité pharyngolinguale.
sont distinctes des autres muscles et visibles sur une coupe fron- Les muscles constricteur supérieur du pharynx, stylopharyn-
tale. Des fibres verticales situées de part et d’autre du septum gien et styloglosse chassent le bol alimentaire dans la filière
s’entrecroisent avec les autres muscles et forment le muscle digestive.
vertical. Il aplatit la langue.
L’ensemble des muscles est recouvert par une muqueuse avec
un épithélium pavimenteux stratifié et un derme épais et dense
sur la face dorsale.
 Vascularisation [11,12]
(Fig. 13 à 15)

Artères
Muqueuse de la langue La principale artère de la langue est l’artère linguale. L’artère lin-
L’aspect de la muqueuse a été décrit avec l’aspect externe de guale naît d’un tronc unique de l’artère carotide externe ou parfois
la langue. La muqueuse linguale est un épithélium pavimenteux d’un tronc commun avec d’autres branches de l’artère carotide
stratifié avec un derme épais et dense, le fascia linguae, sur lequel externe dont l’artère faciale. Son origine se trouve dans le tri-
s’insèrent les fibres musculaires. angle de découverte de l’artère carotide externe, formé : en haut

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Anatomie de la langue  22-001-B-13

5
2
6

1 5 1

7 7 4

12 8 10 14

9 8
4 3
6 2
3 15 11

13
9

Figure 13. Triangle de découverte de l’artère carotide externe. 1. Veine


jugulaire interne ; 2. artère carotide interne ; 3. veine thyroïdienne supé-
rieure ; 4. tronc veineux thyrolingual ; 5. artère occipitale ; 6. artère
pharyngienne ascendante ; 7. artère faciale ; 8. nerf hypoglosse ; 9. artère
linguale ; 10. tendon intermédiaire du muscle digastrique ; 11. os hyoïde ; Figure 15. Lymphatiques. 1. Langue ; 2. nœuds submentonniers ;
12. nerf vague ; 13. racine supérieure de l’anse cervicale ; 14. tendon du 3. nœuds submandibulaires ; 4. nœuds rétrogoniaques ; 5, 6. jugulaire sus-
muscle stylohyoïdien ; 15. artère thyroïdienne supérieure ; f. triangle de et rétrospinal – sous-digastrique ; 7. ventre postérieur muscle digastrique ;
Farabeuf. 8. ventre antérieur muscle digastrique ; 9. omohyoïdien.

bulaire, chemine vers le voile du palais en passant entre styloglosse


et stylopharyngien. Ces deux artères contribuent à la vascularisa-
tion de la racine de la langue.

Veines
Le sang veineux est drainé par les veines superficielles, les veines
7 dorsales, les veines linguales profondes satellites de l’artère lin-
guale. Les veines forment un tronc unique qui se jette dans le
tronc veineux thyro-linguo-facial.

2 4
5 10 Lymphatiques
3 Les lymphatiques forment un réseau largement anastomosé
9 6 8 des deux côtés. Le drainage lymphatique se fait vers les nœuds
lymphatiques submentonniers, latéralement vers les nœuds sub-
mandibulaires, puis sous-digastriques et jugulocarotidiens.
1

 Innervation [8,11–14]
(Fig. 16 à 20)

L’innervation de la langue reflète l’embryologie de la langue.


Elle est assurée par des nerfs moteurs, sensitifs et sensoriels : hypo-
glosse, facial, lingual, glossopharyngien et vague.

Figure 14. Coupe parasagittale. 1. Anse cervicale ; 2. nerf hypoglosse ; Innervation motrice
3. artère linguale ; 4. muscle digastrique ; 5. muscle stylohyoïdien ;
6. muscle hyoglosse ; 7. nerf lingual ; 8. muscle mylohyoïdien ; • Le nerf hypoglosse est le principal nerf moteur (Fig. 16). Son ori-
9. connexions nerf lingual-nerf hypoglosse ; 10. nerf mentonnier. gine se trouve dans un noyau somitique bulbaire, il émerge du
crâne par le canal condylien antérieur (canal de l’hypoglosse). Il
entre dans la langue après un parcours infradigastrique, longe le
par le ventre postérieur du digastrique et le nerf hypoglosse (XII), bord inférieur du ventre postérieur du muscle digastrique, reçoit
en arrière par la veine jugulaire interne, en bas par le tronc vei- l’anse anastomotique cervicale. Dans la loge submandibulaire,
neux thyro-linguo-facial (Fig. 11, 12A). L’artère linguale chemine le nerf est sur la face latérale du muscle hyoglosse. Il traverse le
en dedans du muscle hyoglosse, donne une branche collatérale, triangle infradigastrique (Béclard) formé par le ventre postérieur
l’artère dorsale de la langue et une de ses branches terminales est du muscle digastrique, le bord postérieur du muscle hyoglosse et
l’artère profonde de la langue. la grande corne de l’os hyoïde. Le triangle supradigastrique est
L’artère pharyngienne ascendante chemine au contact de la formé par le nerf hypoglosse, le tendon intermédiaire du muscle
paroi pharyngée qu’elle vascularise. L’artère palatine ascendante, digastrique et le bord postérieur du muscle mylohyoïdien (Piro-
branche collatérale de l’artère faciale, naît dans la loge submandi- goff). Sur la face latérale du muscle hyoglosse, le nerf hypoglosse

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1
7
2
V
1 6
2
V3
VII 7
3

4
3 5 IX
Ht
4
AV

Figure 16. Région submandibulaire. 1. Muscle digastrique ; 2. nerf 6


X
hypoglosse ; 3. anse cervicale (plexus cervical) ; 4. os hyoïde ; 5. muscle
5
hyoglosse ; 6. muscle mylohyoïdien ; 7. bord inférieur de la mandibule.

1
6
Figure 19. Innervation de la langue. 1. Vers la voie gustative centrale ;
2 2. noyaux salivaires supérieur et inférieur ; 3. nerf lingual ; 4. corde du
tympan ; 5. rameau laryngé ; 6. vers les muscles de la déglutition, de la
mimique et de la mastication ; 7. tractus solitaire.
3 5

4 2
Ht 1

7 3
AR 8 4
Figure 17. Face latérale de la langue avec connexions nerfs lingual et
hypoglosse. 1. Mandibule (langue libérée des insertions mandibulaires) ; 6
2. nerf lingual ; 3. connexion entre nerf lingual et nerf hypoglosse ; 5
4. nerf hypoglosse ; 5. muscle styloglosse ; 6. langue mobile ; 7. muscle
hyoglosse ; 8. tendon intermédiaire du muscle digastrique.

HT Figure 20. Cercle nerveux de la langue. 1. Nerf lingual ; 2. nerf hypo-


glosse ; 3. nerf glossopharyngien ; 4. branche du nerf vague ; 5. épiglotte ;
AR 6. sillon glossoépiglottique.

En arrière du sillon terminal, l’innervation est assurée par le


1 nerf glossopharyngien, les rameaux laryngés du nerf vague pour
3 l’épiglotte. Les fibres des nerfs glossopharyngien et vague sont en
connexion avec le noyau solitaire, les neurofibres de la mastica-
2 tion, de la déglutition et de la mimique.
4
La sensibilité générale extéroceptive, tactile fine, thermoalgé-
sique, protopathique est assurée par le nerf lingual.
Les nerfs hypoglosse, lingual, glossopharyngien et vague pré-
sentent des connexions à l’intérieur de la langue ; ils forment un
Figure 18. Connexions nerveuses à l’intérieur de la langue. 1. Nerf véritable cercle nerveux ; ces connexions sont également retrou-
lingual ; 2. nerf hypoglosse ; 3. connexion ; 4. langue mobile. vées au niveau de l’épiglotte.

présente une ou plusieurs connexions avec le nerf lingual. Tous


les muscles de la langue sont innervés par le nerf hypoglosse,
 Macroglossie
sauf le muscle palatoglosse innervé par le nerf facial. La langue est le siège de différentes pathologies de nature et de
• Le nerf facial innerve parfois le styloglosse et le longitudinal traitement différents. La macroglossie [15], qui est l’augmentation
inférieur. de volume de la langue, peut être congénitale ou acquise.
• Le nerf glossopharyngien innerve le muscle styloglosse, les Elle entraîne des déformations dentosquelettiques avec instabi-
muscles palatoglosse et longitudinal inférieur. lité du traitement orthodontique et ou chirurgical. Différentes
techniques chirurgicales [16] ont été proposées pour le trai-
Innervation sensitive et sensorielle tement de ces macroglossies. Les macroglossies peuvent avoir
des retentissements sur les différentes fonctions de la langue
En avant du sillon terminal, elle est assurée par le nerf lingual, que sont l’élocution, la respiration et la mastication. Les vraies
branche terminale du nerf mandibulaire ; il véhicule les fibres de macroglossies peuvent être dues à la trisomie 21, au syndrome
la corde du tympan. Ces neurofibres sont connectées aux noyaux de Beckwith-Widemann, ou à l’hypertrophie musculaire, glan-
salivaires supérieur et inférieur, le thalamus et les centres corti- dulaire, ou aux hémangiomes et aux lymphangiomes. Une
caux. volumineuse langue peut faire extrusion en dehors de la cavité

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orale et s’interposer entre les dents, s’accompagner d’une protru-  Références


sion mandibulaire et maxillaire avec inclinaison labiale des dents
antérieures. [1] Bennaceur S, Coiffier T, Couly G. Biologie du développement de la
Les pseudomacroglossies sont représentées par une langue de langue : embryologie, neurophysiologie, topogenèse. In: Langue et
volume et de taille normaux associée à un environnement ana- dysmorphie. Paris: Masson; 1996. p. 5–13.
tomique qui entraîne sa protrusion : hypertrophie amygdalienne [2] Bagett H, Doran GA. A structural and functional classification of
ou adénoïdienne, déficit transversal ou sagittal de l’étage moyen mammalian tongue. J Mammal 1971;52:427–9.
ou inférieur de la face. Les tumeurs sont une cause à envisager [3] Weddell G, Harpman JA, Lambley DG, Young L. The innervation of
séparément. the musculature of the tongue. J Anat 1940;74:255–67.
Les vraies et les pseudomacroglossies sont de traitement diffé- [4] Brix M, Devauchelle B, Couly G. Anatomie comparée de la langue.
rent, d’où l’intérêt d’un diagnostic précis. In: Langue et dysmorphie. Paris: Masson; 1996. p. 34–42.
[5] Takemoto H. Morphological analyses of the human tongue mus-
culature of three-dimensional modeling. J Speech Lang Hear Res
2001;44:95–107.
“ Points essentiels [6] Toure G, Vacher C. L’épiglotte, structure glosso-laryngée. Étude ana-
tomique de son innervation. Morphologie 2005;89:117–20.
[7] Toure G, Vacher C. Anatomic study of tongue architecture based on
• La langue est le reflet de l’interpénétration des arcs bran- fetal histological sections. Surg Radiol Anat 2006;28:547–52.
chiaux et de leurs dérivés. [8] Toure G, Bicchieray L, Selva J, Vacher C. The intra-lingual course of
• On distingue la langue mobile de la racine de la langue the nerves of the tongue. Surg Radiol Anat 2005;27:297–302.
[9] Williams PL. Gray’s anatomy. London: Churchill Livingstone; 1995.
sur les plans embryologique, histologique et fonctionnel. p. 1637–52.
Il existe un segment buccal et un segment pharyngien. [10] Barnwell YM. Human lingual musculature: an historical review. Int J
• Les muscles de la langue se distinguent en muscles Oral Myol 1976;2:31–41.
intrinsèques et extrinsèques et forment une architecture [11] Rouvière H, Delmas A. Anatomie humaine, descriptive, topographique
systématisée en colonnes et en couches. et fonctionnelle. (Tome 1). Paris: Masson; 1991.
• L’innervation de la langue en arrière du sillon terminal [12] Olivier G. Tête et cou. Fascicule 2. Paris: Doin; 1973.
[13] Kamina P. Précis d’anatomie clinique. (Tome 2). Paris: Maloine; 2002.
est assurée par les nerfs hypoglosse, glossopharyngien et
[14] Laude M. Langue et dysmorphie. Paris: Masson; 1996. p. 15–30.
vague. [15] Wolford LM, Stevao EL, Moody Alexander C, Goncalves JR,
• L’innervation en avant du sillon terminal est assurée par Rodrigues DB. Orthodontics for orthognathic surgery. In: Peterson’s
le nerf lingual et le nerf hypoglosse. principles of oral and maxillofacial surgery. Philadelphia: WB Saun-
• Il existe un véritable cercle nerveux décrit par les ders; 2010. p. 1269–70.
connexions nerveuses autour de l’épiglotte et de la langue. [16] Péri G. Technique des glossectomies. Rev Stomatol Chir Maxillofac
1978;79:335–7.

Pour en savoir plus


Déclaration de liens d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de déclaration de www.sleepapnea.org.
liens d’intérêts en relation avec cet article. www.sleep-apnea-guide.com.

G. Touré, Praticien hospitalier, chirurgien des Hôpitaux, chef de service, MD-PhD, Fellow of the European Board of Oral, Maxillofacial Surgery [FEBOMS]
(gaoussou.toure@chiv.fr).
Service de chirurgie maxillofaciale, Centre hospitalier intercommunal, 40, allée de la Source, 94190 Villeneuve-Saint-Georges cedex, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Touré G. Anatomie de la langue. EMC - Chirurgie orale et maxillo-faciale 2017;12(2):1-9 [Article
22-001-B-13].

Disponibles sur www.em-consulte.com


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