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Le Gai Savoir

Friedrich Nietzsche
Résumé
Voici la structure de l’œuvre :

1
2020
Les illustrations utilisées dans ce résumé
ne représentent PAS la réalité
et ont pour objectif d’améliorer la mémorisation

Préface

Paragraphe 1
Nietzsche se dit en convalescence. Il guérit d’une longue
maladie et en éprouve une grande joie.
En effet, Nietzsche a été atteint de fortes migraines et de
syphilis. Ces pathologies physiques ont durement éprouvé son
mental, mais sa maladie est aussi celle d’un philosophe torturé
par ses questionnements sur la vie.
Ainsi, lorsqu’il écrit ce texte, malgré les séquelles physiques et
mentales, Nietzsche recouvre ses forces et a littéralement
envie de croquer la vie à pleine dents. C’est cette connaissance
jubilatoire de la vie que l’on peut prendre comme définition du
« gai savoir ».

Paragraphe 2
Il y a un lien entre ce que pense le philosophe et son
métabolisme, c’est-à-dire à la fois son état physique,
physiologique et son environnement. Le corps et ses
sensations ne font qu’un avec l’esprit et ses pensées.
Nietzsche prétend alors que de nombreux concepts créés par
la philosophie, l’idéal de bonheur ou de morale par exemple,
seraient inspirés par le mal-être physique et mental des
philosophes. Face aux durs aléas de la vie, les philosophes ont
créé des idées qui les rassurent.
Paragraphe 3
Nietzsche dit que la raison d’être du philosophe est de
transformer tout ce qui lui arrive en objet de connaissance et
de beauté.
Il affirme qu’il lui faut donc aussi se confronter et transformer
la douleur. C’est cela qui libère l’esprit et sublime la manière de
voir la vie. On s’endurcit, on devient un autre homme, on
s’interroge plus profondément… Un peu comme les rituels
douloureux des tribus indiennes visant à faire passer
symboliquement un cap dans la vie.
Ces épreuves nourrissent la volonté de savoir et de vivre
toujours plus intensément. La dureté de l’exercice amène selon
lui un « bonheur nouveau », un « gai savoir ».

Paragraphe 4
Nietzsche nous dit que pour transformer nos expériences en «
gai savoir », il ne faut pas y chercher « la vérité à tout prix ». Car
il n’y a pas d’arrière-monde où serait caché le sens de la vie, où
il existerait une seule vérité qui nous révèlerait comment vivre.
Il n’y a que le monde que nous connaissons, celui des
apparences, où tout peut être interprété à notre manière.
Avec la vie, il faut donc agir comme un artiste qui voit la
beauté dans « les sons, les formes, les paroles ». Il faut s’en
tenir à cette sensibilité superficielle, à ces apparences qui
seules sont utiles à notre vie.

3
Quatrième livre
Sanctus januarius

Le livre quatrième s’ouvre sur un court poème qui célèbre le


mois de janvier comme une renaissance, une victoire sur l’hiver
et donc une bonne raison d’espérer en l’avenir. Rappelons que
c’est le mois durant lequel Nietzsche rédigea cet ouvrage.

276. Pour la nouvelle année


Nietzsche décrit son vœu le plus cher en ce mois de janvier :
voir la beauté de son existence. Il veut être dans une posture
plus affirmative que négative, d’adhésion plus que de refus,
une attitude de noblesse parce que ni agressive, ni peureuse.
C’est ce que Nietzsche appelle « amor fati », l’amour du destin,
dans le bonheur comme dans le malheur. C’est la condition
pour développer la volonté de puissance et l’amour de la vie.

277. Providence personnelle


Nietzsche décrit le danger de croire en une « providence
personnelle ». Car, avec une certaine sagesse, nous arrivons à
penser que tout ce qui nous arrive, bonheur comme malheur, a
une bonne raison de nous arriver, peut être « tourné à notre
avantage ». Mais nous pouvons alors être tentés de croire
qu’une puissance supérieure veille au bon déroulement de
notre existence. Or, c’est bien nous-mêmes qui devenons
capables de voir la beauté que nous offre le hasard et de lui
donner un sens.

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278. La pensée de la mort
Ici, Nietzsche nous montre que l’idée de la vie domine l’idée de
la mort.
Nous en faisons sans cesse l’expérience : nous sommes tous
sûr d’une chose dans notre avenir, c’est que nous allons mourir.
Mais de manière surprenante, (et heureusement !) nous
pensons plutôt aux plaisirs qui nous restent à vivre !

279. Amitié d’astres


Ce paragraphe parle d’amitié, mais d’amis qui se seraient
perdus de vue et qui ne se reconnaitraient plus. Pour autant,
cela ne doit pas affecter leur respect mutuel.
L’idée ici, c’est d’être capable d’aimer ce qui est lointain de
nous, d’aimer jusqu’à son ennemi. C’est une « amitié d’étoiles »,
c’est-à-dire une amitié surhumaine

280. Architecture des


hommes de connaissance
Dans ce texte, Nietzsche évoque simplement la nécessité
d’avoir des espaces propices à la méditation dans nos villes.
Selon lui, les églises, tournées vers Dieu, ne permettent pas de
méditer nos propres pensées. D’autres lieux sont plus propices,
tels que les espaces naturels.

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281. Savoir trouver la fin
Nietzsche explique que les maîtres se reconnaissent au fait
qu’ils savent toujours trouver la fin parfaite à leur œuvre.

282. L’allure
Nietzsche établit de nouveau un lien entre le corps et la
pensée. Il prend l’exemple de Napoléon qui, même dans les
grandes cérémonies solennelles, marchait comme un chef de
guerre. La marche trahit notre façon de penser.

283. Hommes préparatoires


Ce paragraphe est essentiel dans la thèse de Nietzsche. Il y
parle d’hommes d’avant-garde, qui acceptent de « vivre
dangereusement », de surmonter toutes les difficultés de la
vie, et ainsi « préparent le terrain » d’une époque plus
épanouie. Cette vie très courageuse faite de dangers leur
procure une connaissance profonde et heureuse de l’existence.

284. La foi en soi-même


Ce paragraphe affirme que la confiance en soi est une chose
rare, que pour la plupart nous sommes victimes de notre
scepticisme intérieur qui emprisonne notre force de vie, notre
volonté de puissance.

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285. Excelsior
« Excelsior » signifie « plus haut, plus élevé ».
Nietzsche parodie la religion en s’adressant à un religieux.
Puisque ce religieux nous invite à renoncer aux plaisirs de la
vie, Nietzsche l’invite à son tour à renoncer à la confiance qu’il
place en ses croyances.
Il lui faudrait alors une force surhumaine pour continuer à vivre
sereinement. Mais comme un lac qui renoncerait à s’écouler, à
suivre le cours d’eau qui lui est tracé, son niveau s’élèverait
alors sans cesse. Nietzsche émet ainsi l’hypothèse qu’en
renonçant à nos préjugés rassurants sur la vie, on accumule
des forces qui permettent justement de vivre dans cet
inconfort et de s’élever.

286. Digression
Nietzsche nous montre que le discours religieux est
contradictoire : il nous fait espérer une vie meilleure tout en
nous invitant à renoncer à ce qu’il y a de meilleur dans la vie.
Nietzsche se défend de faire la même chose avec ses idées à
lui : il n’a pas l’intention, comme le prétend la religion, de nous
faire passer du stade animal à celui d’homme. Il nous prévient
que si c’est ce qu’on attend de lui, il vaut mieux qu’on aille
trouver un magicien comme Orphée.
Orphée est un héros de la mythologie grecque : c’est un
enchanteur capable d’animer les bêtes, les pierres et les arbres.

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287. Plaisir pris à la cécité.
Ce paragraphe évoque notre incapacité à lire l’avenir, ce qui
préserve notre joie de vivre. Car percevoir les conséquences
futures de nos actes donne le vertige, rend peureux et passif.

288. États d’âme élevés


Ici, Nietzsche imagine un homme dont l’état d’âme serait
constamment « élevé ». C’est l’image d’un surhomme (même si
le mot ne figure pas dans le texte) dont la connaissance de la
vie l’a rendu capable de changer sans cesse de perspective. Un
peu comme un homme en avion qui planerait joyeusement au
travers des nuages : car il peut voir du dessous le gris de ces
nuages, mais aussi du dessus leur splendeur sous le ciel bleu.

289. Aux navires !


Nietzsche appelle les philosophes à devenir des explorateurs, à
remettre en cause leur plate idée des valeurs morales, et à
découvrir, comme Christophe Colomb avant eux, que la « terre
morale aussi est ronde ».
Autrement dit, il les invite à dépasser l’idée qu’il y a d’un côté le
bien, de l’autre le mal. Cette opposition figée est absurde car le
bien et le mal dépendent de notre perspective : le bien d’un
point de vue, peut très bien être le mal d’un autre point de vue.
De plus, si le bien et le mal existent, c’est qu’ils ont tous deux
leur utilité dans la vie.

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290. Une chose est nécessaire
Nietzsche donne la leçon suivante : il faut « que l’homme
parvienne à être content de lui-même ». Cela suppose qu’il
accepte ses forces comme ses faiblesses. Il prend l’image de
l’artiste qui réussit une œuvre quand il y met son propre « style
», impose son goût quoiqu’il puisse être jugé mauvais.

291. Gênes
A la vue de la ville de Gênes, de son architecture, notre
philosophe tire la conclusion suivante : les bâtisseurs de ces
maisons lui inspirent la volonté de puissance, bien que ce
terme n’apparaisse pas comme tel.
A la différence de l’architecture du Nord, régulière et
impersonnelle, ils ont su exprimer quelque chose de fort, de
nouveau et de personnel, un style plus rebelle que celui du
Nord.

292. Aux prédicateurs de la morale


Nietzsche critique l’idée de morale telle qu’elle est souvent
utilisée par les philosophes. En effet, en nous imposant l’idée
de ce qu’est une bonne valeur morale, nous obéissons à ces
valeurs sans savoir pourquoi. C’est un peu comme savoir
réciter un texte par cœur sans le comprendre. C’est contre-
productif.
L’homme doit être capable de distinguer ces nobles
comportements par lui-même. C’est comme cela qu’il révèle
son héroïsme.

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293. Notre air
Nietzsche fait ici l’éloge de la sévérité des règles qui nous
poussent, par le bâton plus que par la carotte, à faire les choses
le mieux possible.
Il prend l’exemple de la sévérité de la science, dont la difficulté
effraie le commun des mortels, car « bien faire » y est la règle,
et « l’erreur » l’exception. Mais quand on affronte cette
difficulté au quotidien, on devient fort et on ne voudrait plus
vivre autrement.

294. Contre les


calomniateurs de la nature
Nietzsche critique l’idée que les instincts et les pulsions
naturelles de l’homme seraient « mauvais » ou honteux. Cette
idée nourrit notre peur de nous-même. L’homme qui fait
preuve de noblesse sait regarder sa vraie nature en face et s’en
nourrit pour s’élever.

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295. Brèves habitudes
L’auteur oppose ici les courtes habitudes aux habitudes
durables :
• Les habitudes courtes sont bonnes pour l’esprit. On s’en
nourrit, comme on écoute notre musique préférée jusqu’à
en être rassasié, puis on passe à quelque chose de nouveau.
On respecte ainsi le cours de la vie, faite de changements.
• Les habitudes durables par contre sont mauvaises pour
l’esprit. Par exemple habiter toute sa vie au même endroit.
La nature humaine n’est pas figée, elle s’accorde mal à la
routine.
Toutefois, attention, ne pas avoir d’habitude du tout serait ce
qu’il y a de plus terrible pour le philosophe.

296. La réputation de fermeté


Selon Nietzsche, la société fait bonne réputation aux individus
dont l’opinion et le caractère ne changent jamais car ils sont
des « instruments » fiables.
Au contraire, la société discrédite les individus qui changent
leurs opinions, leur comportement, leur manière de penser.
Pour lui, être sensible à notre réputation menace donc de nous
« fixer », de figer notre manière de penser. Or, pour accéder à
la connaissance, il est nécessaire de changer, de faire évoluer
sa pensée, de se contredire soi-même. En effet, « il n’y a que
les cons qui ne changent pas d’avis » !

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297. Savoir contredire
Aussi, Nietzsche nous incite à éprouver une bonne conscience
quand nous remettons en question nos croyances. Seuls les
esprits simplistes rejettent la contradiction.

298. Soupir
Ce paragraphe est original car il ne contient pas
d’enseignement. Il décrit la difficulté d’un philosophe à
expliquer une idée, à la fixer avec des mots : c’est comme
mettre un oiseau libre en cage.

299. Ce qu’on doit


apprendre des artistes
Comme un artiste qui sublime son sujet, un philosophe doit
sublimer la vie, être capable de rendre belle chaque chose du
quotidien.

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300. Prélude à la science
Nietzsche nous rappelle qu’avant de parvenir à la science, il
nous a d’abord fallu croire en la sorcellerie… Il considère cette
croyance comme une étape obligée pour nous donner le «
goût de la puissance », qui nous conduit vers la connaissance.
Nietzsche se demande alors si la religion est également une
étape : aujourd’hui, nous croyons en un Dieu supérieur à
l’Homme. Mais demain, sur la base de cette idée, nous
comprendrons peut-être que nous sommes en fait notre
propre Dieu.

301. Soupir
Selon Nietzsche, le penseur se croit injustement passif. Bien au
contraire, parce qu’il pense les choses, il leur donne une valeur.
Il est donc un créateur de vie, bien plus que l’homme d’action.

302. Danger du plus heureux


Le poète Homère, heureux grâce à son immense savoir,
mourut de chagrin parce qu’il ne réussissait pas à résoudre une
énigme posée par deux enfants… Un grain de sable et tout s’est
effondré : une petite déconvenue est donc la plus grande des
fragilités pour celui qui est au sommet du bonheur.
On peut ici comprendre que le bonheur seul ne suffit pas à
stimuler notre volonté de vivre-de puissance. Il faut avoir
éprouvé, augmenté notre force de vivre grâce au malheur.

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303. Deux hommes heureux
Nietzsche redéfinit le bonheur en prenant l’exemple de deux
hommes heureux : l’un réussit tout ce qu’il improvise.
L’autre rate tout ce qu’il entreprend. Mais la joie du second n’en
est pas moindre. En poursuivant un but, et par ses insuccès, il
apprit plus de la vie que le premier, et vécut alors plus heureux.

304. En faisant,
nous ne faisons pas
Nietzsche dénonce toutes les morales qui poussent au
renoncement, qui nous disent « fais pas ci, fais pas ça… ». Il
vante au contraire les morales qui poussent à l’action, qui nous
donne un but personnel. Car dans l’action, on oublie ce qui ne
nous sert pas à atteindre notre but.
En effet, le renoncement empêche d’agir, alors qu’à l’inverse,
agir permet de renoncer naturellement à ce qui est inutile.

305. La réputation de fermeté


Nietzsche prône une sorte de « lâcher prise » contre une
maîtrise excessive de soi-même.
Si l’homme n’accorde pas de liberté à ses instincts, il passe à
côté d’expériences capitales pour la connaissance.

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306. Stoïciens et épicuriens
Nietzsche oppose stoïciens et épicuriens, qui forment deux
courants philosophiques de l’Antiquité :
• Les stoïciens acceptent le monde comme il vient, ils
supportent la douleur et concentrent leur attention là où ils
peuvent agir. Cette philosophie convient selon lui aux
hommes qui sont insensibles et doivent devenir indifférents
aux aléas que la vie leur impose.
• Les épicuriens sont au contraire très sensibles et excitables.
Ils cherchent à assouvir les plaisirs nécessaires et naturels
de la vie. Nietzsche dit que cette philosophie convient
mieux à ceux qui veulent et peuvent vivre leur propre vie.

307. En faveur de la critique


Il est dit dans ce paragraphe que, contrairement à ce que l’on
croit, la raison n’est pas le moteur de notre esprit critique. La
critique viendrait au contraire d’une force intérieure et
inconsciente.
En effet, la vie est un perpétuel mouvement : elle nous fait
changer, physiquement et intellectuellement. Ce changement
naturel, effectué inconsciemment, nous pousse à actualiser
notre vision du monde, à la critiquer. L’esprit critique prouve
donc l’existence de cette force de vie qui veut s’affirmer en
nous.
On comprend ici que la raison et l’esprit critique sont la partie
visible de l’iceberg, celle dont nous avons conscience. La partie
immergée, inconsciente, est constituée de forces vitales
naturelles qui dirigent la majorité de nos pensées et de nos
actions.

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308. L’histoire de tous les jours
Nietzsche nous dit que, aussi bonnes soient nos actions, on ne
doit pas se satisfaire d’être bien vus par les autres. Il faut aller
plus loin que cette « bonne conscience » et l’interroger : que
vaut-elle vraiment ?

309. En faveur de la critique


On retrouve dans ce paragraphe l’idée d’une force vivante
intérieure qui pousse toujours plus loin le voyageur : fatigué, il
pourrait se satisfaire d’un lieu mais désire malgré lui trouver
quelque part une vérité, une certitude, comme si cette force
n’était pas lui-même et qu’il était impuissant face à elle.

310. Volonté et vague


Nietzsche nous dit que le point commun de l’espèce humaine
est sa volonté. Qu’elle est une force qui agit malgré nous, et
nous pousse à vouloir atteindre une chose puis une autre, sans
fin. Elle agit comme les vagues de la mer, dans un flux et reflux
constant.

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311. Lumière réfractée
Il y a deux idées superposées dans ce paragraphe.
La première est que l’on risque d’être dénigré lorsque l’on sort
du troupeau. Cela peut nous fatiguer.
La seconde est qu’il faut de la bravoure pour surpasser cette
fatigue. Car il est plus confortable de vivre dans la mêlée plutôt
que d’assumer ses différences quand elles suscitent le
scandale.

312. Mon chien


Nietzsche compare sa souffrance à un chien qui est comme
son animal de compagnie, qui est fidèle, intime, qui lui permet
de se défouler… Il sous-entend ainsi que, plutôt que de fuir la
souffrance, il sait en tirer des leçons de vie.

313. Pas de tableau de martyre


Nietzsche nous dit ne plus vouloir « peindre de tableau de
martyre ». Le martyre, c’est celui qui se sacrifie dans sa
recherche de vérité.
Or, pour Nietzsche, c’est peine perdue, car on n’a aucune
chance de trouver une vérité sur la vie, si on la vit comme un
cruel sacrifice. Il y a d’autres manières de s’élever.

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314. Nouveaux animaux de compagnie
Notre philosophe nous dit vouloir un lion (qui symbolise la
force) et un aigle (qui symbolise la noblesse) à ses côtés, pour
mesurer sa propre force. En effet, à les regarder, il saurait s’il
éprouve de la crainte ou au contraire si c’est lui qui leur inspire
de la puissance.

315. De la dernière heure


Nietzsche s’interroge sur sa mort : suicide, mort naturelle ou
maladie ? Ces morts correspondent à autant de manière de
vivre : courageusement comme un héros révolutionnaire,
tranquillement comme un vieux fatigué, ou de manière auto-
destructrice.
Quoiqu’il en soit, selon Nietzsche, la mort doit être l’ultime
liberté de notre vie.

316. Hommes prophétiques


Nietzsche nous dit que les hommes prophétiques, autrement
dit ceux qui sont en avance sur leur temps, sont d’abord des
hommes qui sont capables de souffrir, de pressentir la douleur
des tempêtes qui s’annoncent pour mieux les endurer.

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317. Coup d’œil rétrospectif
L’auteur se souvient d’une période douloureuse de son
existence. Il croyait alors qu’il vivrait toujours dans cette
douleur. Il se trompait, l’homme est « trop humain » pour avoir
une sensation éternelle.

318. Sagesse dans la douleur


Nietzsche nous parle de nouveau des hommes qui ne vivent
pleinement que dans le danger. Ces hommes font progresser
l’espèce humaine, car ils résistent à l’appel du confort, se
grandissent face à la douleur. C’est une forme de sagesse
héroïque.

319. En interprètes de
nos expériences vécues
Nietzsche nous invite à interpréter scientifiquement les
phénomènes de la vie, à nous appuyer sur notre propre
expérience afin de tirer des connaissances utiles à notre vie.
Contrairement au religieux qui ne s’appuie pas sur du vécu,
mais sur du « fantastique » pour expliquer la vie : leurs illusions
ne peuvent en aucun cas nous aider à mieux vivre.

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320. Au moment des retrouvailles
On aperçoit dans ce paragraphe la figure d’un homme
(personnage « B ») qui a une volonté de puissance telle qu’il
veut, plutôt que de le chercher, créer son propre soleil (=
décider de sa vie). Autrement dit, créer, c’est vivre vraiment.

321. Nouvelle prudence


Nietzsche nous déclare que c’est une perte de temps de punir
les autres pour les rendre meilleurs. Ce qu’il faut pour espérer
changer les autres, c’est donner l’exemple. Mieux encore, c’est
être l’exemple, sans vouloir le donner.

322. Image
Dans ce paragraphe, l’auteur nous dit que les penseurs qui
tournent en rond (comme des astres qui suivent des
trajectoires parfaitement cycliques) sont moins profonds que
ceux qui prennent des chemins tortueux, parce que l’existence
elle-même est labyrinthique.

323. Bonheur dans le destin


Le bonheur de la destinée, c’est de se battre un jour aux côtés
de ses adversaires. Cela signifie qu’on ne craint plus la
différence, mais aussi qu’on poursuit un but qui concerne
l’espèce humaine tout entière.
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324. In media vita
« In media vita » = au cœur de la vie.
Nietzsche proclame son amour pour la vie, l’excitation qu’il
éprouve pour elle. Il donne également un autre indice sur la
définition du « gai savoir » : malgré les déceptions, la vie ne
doit pas être subie comme une fatalité. Mais vécue comme le
moyen de toujours mieux se connaître. C’est cette pensée qui
procure de la joie au philosophe.

325. Ce qui appartient à la grandeur


Une fois encore revient l’idée que la souffrance est essentielle
dans l’élévation de l’esprit. Mais il ne s’agit pas ici de la
souffrance qu’on est capable d’endurer, mais plutôt de la
souffrance qu’on est capable d’infliger aux autres sans en pâtir
soi-même. Et sans pour autant faire preuve de cruauté…

326. Les médecins de l’âme et la douleur


Nietzsche critique ceux qui se disent « médecins de l’âme ». Il
s’agit des religieux et des philosophes moralistes qui cherchent
à nous convaincre que nous sommes souffrants, jusqu’à nous
dégoûter de la vie. Ils nous incitent à faire taire notre passion
et notre volonté, selon eux responsables de notre malheur.
Pour notre philosophe ce sont au contraire des énergies, des
forces qui conduisent au « gai savoir ».

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327. Prendre au sérieux
Ce paragraphe critique le préjugé suivant : le travail de
l’intellect, vu comme quelque chose de sérieux, serait
forcément pénible, et s’opposerait donc à la joie. De plus,
n’aurait de valeur que ce qui est sérieux, et serait méprisable ce
qui est joyeux.
Vous l’avez compris, le « gai savoir » réfute cette idée.

328. Faire du tort à la bêtise


Dans cet paragraphe, l’auteur veut redonner de la valeur à l’«
égoïsme », trop souvent décrit comme la source de notre
malheur et le symptôme de la bêtise. Car selon lui l’égoïsme
nous permet justement de ne pas être un mouton !

329. Loisirs et oisiveté


En prenant l’exemple de la ruée vers l’or, Nietzsche déplore la
trop grande place de la recherche du gain dans notre vie. On
aurait presque honte de vouloir prendre un peu de plaisir «
gratuit ».
Mais le philosophe nous rappelle que le loisir est quelque
chose de noble, car il nous permet de prendre le temps de
contempler la vie.

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330. Approbation
Nietzsche nous dit que les penseurs n’ont pas besoin de
recevoir l’approbation des autres, mais ont besoin de
s’approuver eux-mêmes.

331. Plutôt sourd qu’assourdi


En prenant l’image d’une place publique qui serait saturée de
monde, Nietzsche explique que le penseur a bien du mal à
vivre à son époque. Trop de gens prennent la parole, font du
bruit et crient, de sorte que le penseur peine à trouver le
silence nécessaire à sa réflexion.

332. Le mauvais quart d’heure


Nietzsche imagine que chaque philosophe a dû surmonter un
grand moment de doute dans sa vie : en effet, à quoi sert-il si
on ne croit pas en ses idées ?

333. Ce que signifie connaître


L’idée à retenir dans ce paragraphe, c’est que la philosophie
traditionnelle voit la connaissance comme le fruit d’une
réflexion consciente.
La connaissance viendrait d’abord d’un travail de nos instincts
qui nous offre un premier jugement sur l’objet étudié.
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334. On doit apprendre à aimer
Il vous est peut-être déjà arrivé de devoir entendre une
chanson plusieurs fois, d’abord avec difficulté, avant de
l’écouter avec plaisir ?
C’est cet exemple que prend Nietzsche pour nous dire que
toute chose dans la vie, y compris nous-même, y compris la vie
elle-même, demande des efforts et du temps pour être aimée.
Mais nous en sommes toujours récompensés.

335. Vive la physique !


C’est l’paragraphe le plus long du livre IV. Il commence par une
critique de la morale « commune »… Nietzsche émet un gros
doute sur ce que pense la plupart de ses collègues : le fait qu’il
puisse exister chez l’homme une conscience morale innée,
c’est-à-dire une vision universelle de la justice, du bien et du
mal. Pour Nietzsche, c’est absurde, et cela nous empêche de
devenir ce qu’on est vraiment.
Chaque homme a son propre jugement, chacun réagit
différemment à chaque situation selon sa perspective et doit
se sentir libre de penser et d’agir. Pour le comprendre, il faut
devenir physicien de l’esprit.

336. Avarice de la nature


Nietzsche déplore l’égalité apparente entre les hommes. Selon
lui, la nature aurait dû donner plus de visibilité aux grands
hommes.

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337. L’humanité à venir
Le philosophe essaye de concevoir le sens de l’histoire en
s’imaginant regarder le présent depuis le futur. Si l’homme est
un jour capable de comprendre ce sens, il ressentira le bonheur
d’un Dieu. Un bonheur qu’il appelle « humanité », parce qu’il
aurait fait le tour de ce qui constituait l‘humanité et
regrouperait en un seul sentiment toutes les noblesses de
l’espèce humaine.

338. La volonté de souffrir


et les compatissants
Ici, Nietzsche explique pourquoi il rejette le sentiment de pitié,
une valeur qui serait injustement sacralisée. Selon lui, compatir
à la souffrance de quelqu’un, c’est une manière de se donner
bonne conscience tout en fuyant sa propre vie. En plus, on
n’aide pas vraiment : on ne cherche pas à comprendre
vraiment le malheur de l’autre, on refuse l’idée que ce malheur
puisse lui être utile à quelque chose.
Bon, Nietzsche n’est pas totalement insensible non plus… Il dit
aussi qu’il est normal d’être tenté d’aider les autres. On peut
même aller à leur secours, mais seulement si on comprend
vraiment leur peine, et qu’on les aide comme on s’aiderait soi-
même. C’est-à-dire ne pas s’apitoyer sur leur sort, mais
procurer du courage et de la joie.

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339. Vita femina
Vita femina = « la vie [est une] femme »
Dans ce paragraphe, Nietzsche explique que la beauté des
choses ne peut se voir que très rarement. Il compare ainsi la
vie à une femme dont on devine les charmes mais qui ne se
laisse pas dévoiler si facilement…

340. Socrate mourant


Dans ses derniers mots, avant de mourir, Socrate énonce le
regret de ne pas avoir eu le temps de sacrifier « un coq à
Esculape », Dieu de la médecine. Cette dernière parole montre
que Socrate vit la mort comme une délivrance, et ainsi qu’il a
considéré la vie comme une maladie, une souffrance.
Cette parole trahit selon Nietzsche une haine de la vie, un «
pessimisme » synonyme de faiblesse, et donc la difficulté,
puisque même un grand sage tel que Socrate n’y est pas
parvenu, d’atteindre une connaissance joyeuse de la vie.

341. Le poids le plus lourd


Nietzsche nous propose un test pour savoir à quel point nous
aimons la vie : si un démon venait vous dire que vous êtes
condamné à revivre éternellement votre vie dans ses moindres
détails, comment réagiriez-vous ? Si vous l’aimez peu, chacune
de vos actions deviendrait un poids énorme. Si vous l’aimez
vraiment, vous vous réjouiriez de votre sort !
Cette idée est celle de l’ « éternel retour » qui a guidé la pensée
de Nietzsche à l’écriture du Gai savoir.
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342. Incipit tragœdia
Incipt tragœdia = « la tragédie commence »
Dans ce paragraphe, on découvre le prophète Zarathoustra, qui
n’en peut plus de méditer seul depuis dix ans. Il souhaite alors
partager ses enseignements avec les autres hommes.
En effet, quel intérêt d’être un soleil si on éclaire personne ?
Mais en voulant revenir parmi les hommes, il va vers son déclin
et la tragédie ne fait que commencer…

Ce résumé ne suffit pas pour assurer aux épreuves

Pour aller plus loin

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