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LES DIELECTRIQUES II

LES DIELECTRIQUES II

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LES DIELECTRIQUES II

LES DIELECTRIQUES II
A/ MECANISMES DE CONDUCTION ELECTRIQUE DANS LES
DIELECTRIQUES (réf.: Pptés diélectriques des matériaux isolants. R.Coelho et B. Aladenize.
éditions Hermès 1993)
Un matériau qui ne contiendrait pas d'autres charges que les noyaux atomiques et les électrons
des couches internes et des couches de valence complètes, ou qui contiendrait des charges qui
resteraient immobiles dans un champ électrique, serait effectivement un isolant parfait. Bien
que presque vraie dans le cadre de la mécanique statistique, en particulier pour beaucoup de
polymères, la première condition n'est jamais réalisée à cause des processus d'ionisation dus au
rayonnement cosmique. Quant à la seconde condition, celle de la mobilité nulle, elle est en
principe satisfaisante dans un environnement non cristallin à condition que le champ électrique
ne contribue pas à la création de porteurs de charge. Ce chapitre tentera de passer en revue ce
qui peut distinguer (du point de vue de la conductivité) un isolant réel utilisé dans des
conditions industrielles simples (par exemple l'isolation d'un câble de transport d'énergie), de
l'isolant parfait.

I/ INTRODUCTION

Lorsqu'on soumet un échantillon d'un matériau isolant à un champ électrique intense – de


l'ordre de 107 V/m par exemple –, soit 1kV appliqué sur un échantillon de 100µm, (niveau
inférieur d'un ordre de grandeur à celui qui produit un claquage de l'échantillon, on observe
toujours un courant transitoire qui s'amortit de plus en plus lentement. Ce transitoire sera vu par
la suite. La question est de savoir si après le déclin de ce transitoire apparait un courant
permanent. Il faut savoir que la limite de détection du courant par les appareils les plus
sensibles (Keithley) est de l'ordre de 10-14A soit le centième du pA.

II/ ANALOGIE ISOLANT/SEMICONDUCTEUR

Dans le cadre de la physique des solides (théorie des bandes d'énergie pour les matériaux
cristallins et homogènes), un isolant peut être considéré comme un semiconducteur dont la
bande interdite est d'au moins 5eV. Si des isolants cristallins comme NaCl, LiF, etc. ou vitreux
comme le verre, le PMMA (plexiglas) etc. sont transparents, c'est que les photons les plus
énergétiques du spectre visible – (violet: énergie 4,13eV – longueur d'onde = 0,3µm) ne
peuvent être absorbés. Si certains isolants comme le polyéthylène ou le PTFE (Teflon)
paraissent opaques, c'est à cause des irrégularités morphologiques qui s'accompagnent de
fluctuations spatiales de l'indice de réfraction et donc de diffusion, mais pas à cause d'une
véritable absorption avec excitation électronique.
Le tableau ci-dessous tente de comparer les conductivités à 300K et à 500K au moyen des
méthodes thermodynamiques employées avec succès dans le cas du silicium et du germanium.
Dans le haut du tableau on considère des matériaux ne contenant pas d'impuretés et dans le bas
on tient compte des impuretés et de leurs énergies d'ionisation au moyen du modèle
hydrogénoïde de Niels Bohr. Le modèle ne tient pas compte de l'existence de pièges ni de la
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structure moléculaire du matériau, en particulier des polymères. Ceux-ci peuvent présenter une
conductivité intramoléculaire élevée. Mais dans ce cas, la conductivité globale intermoléculaire
est fortement diminuée par la difficulté de transport des porteurs entre chaînes.

On a pourtant pu déceler des courants de l'ordre de 10-13 - 10-14 A pour des échantillons de
dimensions usuelles (surface 100cm2, épaisseur 100µm) polarisés sous un champ électrique de
l'ordre de 107V/m. la loi d'ohm donne alors une conductivité minimum de 10-18- 10-19 (m)-1,
alors que le tableau montre que même à T=500K, la conductivité extrinsèque des isolants n'est
pas mesurable.

Propriétés Physiques Formules Semiconducteurs Isolants


(Si-Ge….) NaCl, Polymères…)
Seuil d'absorption en 1,5µm   0,25 µm
longueur d'onde Opaque au visible Transparent au visible
Gap EG(eV)=1,24/(µm) 0,8 eV >5eV
Densité de porteurs n = p = ni 2,8 1018m-3 T=300K T=500K
intrinsèques = (NCNV)1/2.exp(-EG/2kBT) -18
10 m -3
1 m-3
Rapport des masses m*/m0 0,1 1
effectives
Mobilité intrinsèque µ (m2/V/s) 10-4 – 1 (m2/V/s) 10-8 (m2/V/s)
Conductivité intrinsèque  = n e µ (m)-1 5 10-5 – 0,5 (m)-1 T=300K T=500K
10 m)
-45 ( -1
10-27 (m)-1
Permittivité optique /0= n02 16 2,5
(Haute fréquence)
Energie d'ionisation Ei= R(m*/m0)(/0)2 5 10-3 2
d'impuretés (modèle R=13eV=1 Rydberg
hydrogénoïde de Bohr
Concentration d'impuretés N 1018 - 1024 m-3 1026 m-3
Concentration d'impuretés Ni=N exp(-Ei / kB T) 1018 - 1024 m-3
d'ionisés
Conductivité e=Ni e µ 10-5 -105 T=300K T=500K
extrinsèque due aux 10-35 (m)-1 10-22 (m)-1
impuretés ionisées

Les différences entre le tableau et les mesures expérimentales sont dues à trois raisons
principales:
La concentration des porteurs libres dans les isolants est nettement supérieure à celle
prévue par le tableau. En effet même en l'absence de champ électrique appliqué, le
rayonnement cosmique interagissant avec la matière augmente la concentration d'un
facteur qui peut être élevé. C'est un processus apparenté à la photo-ionisation.
Le champ appliqué, abaissant les barrières de potentiel interne (effet Poole-Frenkel)
favorise l'excitation des porteurs.
La mobilité des porteurs, indiquée très faible dans le tableau, peut être considérablement
augmentée par un processus de condition par saut ("hopping conduction").

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1-Photo-ionisation et rayonnement cosmique

Le rayonnement cosmique au niveau de la mer est essentiellement constitué d'un flux de


photons  d'une énergie de l'ordre de 1MeV et d'intensité 10-5Rad/s (1Rad=10-2Grey) on
admet que chaque processus d'ionisation prive le photon incident de 35 à 40eV, de telle sorte
qu'un photon  peut libérer 104 électrons avant d'avoir épuisé son énergie. Plus précisément on
peut utiliser la relation N = 6,24.107. / W pour calculer la concentration de porteurs créés
dans un matériau de densité  (kg/m3) par un flux  (Rad/s) de particules d'énergie W(eV).
Avec les chiffres annoncés on trouve pour un matériau de densité  = 2000 kg/m3 un taux de
création de l'ordre de 1010m-3s-1, et le même calcul confirme le taux de 1000 ions cm-3s-1 créés
dans l'air ambiant par le rayonnement cosmique.
Dans un bon isolant tel que l'air ou même les hydrocarbures saturés sous forme condensée,
liquides ou solides, ce processus de création d'ions par photo-ionisation est de loin le
phénomène prépondérant de création des porteurs libres. Ce phénomène, parfois oublié car en
marge de la physique des matériaux est d'ailleurs utilisé pour mesurer l'intensité des
rayonnements ionisants.

2-L'effet Poole-Frenkel
Sur la figure ci-dessous est représenté un puits de potentiel associé à un centre ionisé. L'effet
Poole-Frenkel résulte de l'abaissement I de l'énergie d'ionisation I du centre, sous l'effet
combiné du potentiel coulombien d'un centre d'ionisation et du potentiel associé au champ
appliqué. Sous sa forme élémentaire, on considère uniquement les potentiels dans le plan
contenant le centre, le champ étant appliqué dans le plan de la figure. L'abaissement I s'écrit
alors: I = (e E /  0 r)1/2 (eV) = e (e E /  0 r)1/2(J). (la démonstration est presque identique
à celle de l'abaissement de la barrière de Schottky).
Du point de vue des ordres de grandeur: un champ de 107 V/m pour un matériau où r = 2
donne un abaissement de 0,16eV. Et pour un abaissement de 1eV dans le même matériau il
faudrait un champ de 3,9 108 V/m, de l'ordre du champ de rupture diélectrique.

Energie potentielle d'un électron due au


centre ionisé

I
Energie potentielle due au champ appliqué
I

L'effet Poole-Frenkel: Le champ appliqué


abaisse l'énergie d'ionisation de I

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Dans les solides, les centres ionisés sont généralement fixes. Par la suite, la conduction ne peut
se faire que par les électrons qui ont pu franchir la barrière abaissée I-I, et la concentration
n(E) de ces électrons est donnée en fonction de n(0) en l'absence de champ:
 1
 e  eE 2 
n( E )  n( 0 ) exp    
k T
 B   0 r  
 
  E1 / 2 
d'où la densité de courant prend la forme J ( E )  J ( 0 ) exp  FP 
 k BT 
 FP est le coefficient de Poole-Frenkel.  FP  e( e /  0 r )1 / 2
Dans les liquides au contraire les ions sont aussi mobiles et contribuent aussi à la conduction.
Dans ce cas, la loi d'action de masse prévoit que la concentration de chaque type de porteurs
  E1 / 2 
(ions et électrons) est : n ( E )  n ( E )  exp  FP  . Si les porteurs ont une mobilité de
 2k BT 
  FP E1 / 2 
la forme v=µE, la densité de courant J(E) est donc de la forme E . exp   . Le même
 2k BT 
terme exponentiel que le processus de l'émission Schottky apparait, d'où il est souvent difficile
de distinguer expérimentalement ces deux processus. Le tracé de Log J en fonction de la racine
carrée du champ E devrait avoir allure linéaire. Sur un intervalle de champ électrique
considéré, les points expérimentaux sont bien alignés. Toutefois, la pente de la droite obtenue
correspond à une valeur trop élevée de la permittivité . Le modèle reste donc à affiner.

3-L'électro-dissociation
Alors que l'effet Poole-Frenkel discuté plus haut est dû à l'ionisation électro-stimulée, l'électro-
dissociation est l'électrostimulation du coefficient de dissociation d'une molécule. Le
coefficient de dissociation spontanée K d'une molécule A-B en ions A+ et B-, régi par la
réaction d'équilibre:
K
A-B A+ + B- dépend de la permittivité du milieu et de la taille des ions.
En présence d'un champ E assez intense, qui peut être appliqué à un électrolyte faible, K
augmente et Onsager établit une relation qui dans le cas des champs forts ressemble beaucoup à
celle de Poole-Frenkel au coefficient pré-exponentiel près qui est en E -3/4. Cette relation a été
utilisée en vue d'interpréter la conduction sous champ élevé dans les liquides isolants. Mais
dans notre cas il est difficile de dire si les porteurs qui produisent le courant sont dus à l'électro-
dissociation ou l'électro-ionisation.

4-La conduction par saut


En revenant à la théorie du solide, il existe d'autres processus de conduction électronique que la
conduction intrinsèque ou extrinsèque du tableau ci-dessus. En effet un transport d'électrons
peut se produire entre états localisés dans la bande interdite au voisinage du niveau de Fermi.
Un tel processus, étudié par Mott, est de nature à augmenter notablement la mobilité apparente
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des porteurs et donc de contribuer au courant mesuré, en particulier si la densité d'états près du
niveau de Fermi est élevée. Ce mécanisme peut-être observé s'il n'est pas masqué par le
transport électronique dans la bande de conduction; il est donc préférentiellement observé dans
les semiconducteurs à large bande interdite, c'est-à-dire dans le cas des isolants. Mott montre
alors que la conductivité par saut peut se mettre sous la forme:

   0 exp  ( T1 / T )1 / 4 
Cette formule a reçu d'excellentes vérifications expérimentales sur les matériaux amorphes,
particulièrement aux températures cryogéniques. Toutefois, ne faisant intervenir que la
température, elle admet implicitement que le matériau est et reste ohmique sous l'effet du
champ appliqué. Or la différence d'énergie entre deux sites dépend de ce champ à cause de
l'inclinaison des niveaux énergétiques. La non-linéarité du courant avec le champ est conforme
à cette dépendance, mais il n'est pas certain que cette dépendance soit la cause principale de la
non-linéarité: d'autres causes sont aussi possibles. (voir ci-dessus)
Poursuivant les recherches de Mott, d'autres auteurs ont pu tenir compte du champ appliqué
dans la théorie de la conduction par sauts, mais ces corrections n'affectent que le terme pré-
exponentiel de la loi de Mott. Les formules ainsi corrigées ont été vérifiées de façon très
satisfaisante sur des matériaux particuliers tels que les films minces de sélénium. Toutefois, il
n'est pas sûr qu'elles puissent s'appliquer aux polymères plus épais, essentiellement à cause de
la difficulté rencontrée dans toutes les tentatives de mesures précises et reproductives des
courants permanents dans ces matériaux.
Origine du modèle de Mott:
La probabilité de saut entre un site donneur et un site accepteur est proportionnelle:
- à l'intégrale de recouvrement entre ces deux sites
- au facteur de Boltzmann relatif à la différence d'énergie correspondante.
Le premier facteur ne dépend que de la distance R entre les sites, il peut être écrit sous la
forme: exp(-2R/R0), R0 étant la distance caractéristique d'amortissement radial.
Le second facteur ne dépend que de l'écart énergétique E entre les deux sites exp(-E /kBT).
 2 R E 
Ainsi la conductivité par saut est de la forme    0 exp  (  )
 R0 k BT 
Or R et E sont liés par la densité d'états Ni (eV-1m-3) des sites, supposée uniforme au
voisinage du niveau de Fermi, par la relation: (4/3)  R3 Ni E = 1
d'où on en tire R = (3/ (4  Ni E ))1/3 on obtient alors une relation pour  ne contenant que E
et Ni.
En se basant sur le principe de moindre action, Mott a suggéré qu'un tel système s'organise de
façon à prendre une conductivité maximale, c'est-à-dire à favoriser des sauts d'énergie optimale
Emax Ainsi en dérivant la conductivité en fonction de E (d(Log)/E)=0) et en l'annulant, on
trouve la valeur de Emax qui donne alors une conductivité de la forme prévue ci-dessus.

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5-Conduction ionique
Il n'a été question jusqu'ici que de conduction électronique, mais il est évident que les ions
peuvent aussi contribuer à la conduction des matériaux solides, même si les processus sont
moins simples que dans les liquides. C'est le cas par exemple dans certains cristaux ioniques
dont les petits cations lacunaires mobiles contribuent autant à la conduction en tension continue
qu'à la relaxation diélectrique en alternatif. C'est également vrai, dans une moindre mesure dans
certains polymères, et en particulier ceux à liaison hydrogène comme les polyamides. Dans ces
matériaux les protons – ou même éventuellement d'autres ions – participent à la conduction. Il
existe en principe une méthode simple pour déterminer la nature (ionique ou électronique) de la
conduction. Elle consiste à soumettre le matériau étudié à une pression hydrostatique élevée.
En rapprochant les atomes et/ou les chaînes polymériques, une telle pression favorise le
recouvrement des orbitales moléculaires, donc la délocalisation des électrons, et par suite la
conductivité électronique. Inversement en diminuant l'espace disponible pour le déplacement
des ions, elle tend à diminuer la conduction ionique.

III/ LA RUPTURE DIELECTRIQUE

Les champs électriques mis en jeu lors d’un claquage sont de l’ordre de 108V/m. ils sont
élevés par rapport aux contraintes usuellement présentes dans les isolements mais faibles par
rapport aux champs à l’échelle microscopique. Par suite, le claquage ne résulte pratiquement
jamais d’un effet direct du champ sur le matériau. En effet 108V/m = 10-2V/Å donc quelques
dizaines de mV à l’échelle moléculaire. On distingue essentiellement le claquage électronique
et le claquage thermique. Le résultat des deux étant une destruction locale du matériau avec
fusion et/ou vaporisation thermique avec un phénomène d’injection et/ou de conduction de
nature électronique. La seule différence étant quelle est la cause quel est l’effet.

- Le claquage électronique

Pour qu’un claquage électronique puisse avoir lieu il faut qu’il y ait dans le matériau des
électrons de conduction pouvant être accélérés et acquérir ainsi dans le champ électrique une
énergie comparable à l’énergie d’ionisation des atomes constitutifs (5 à 10 eV). D’après les
paragraphes précédents on a vu que ces électrons peuvent exister (sans qu’il y ait transition
BV-BC dont la probabilité est très faible). Lors d’une collision ionisante avec un atome du
matériau, l’électron incident peut céder à l’atome assez d’énergie pour l’ioniser sans être piégé.
L’atome se charge positivement en libérant un nouvel électron. De sorte qu’on a 2 électrons
libres qui peuvent acquérir dans le champ électrique assez d’énergie pour provoquer 2
nouvelles collisions ionisantes etc.. D’après cette théorie simpliste, il devrait y avoir une
augmentation exponentielle de ces électrons. Dans la réalité seuls ceux qui ne sont pas rentrés
en interaction avec les vibrations de réseau (phonons) ou les impuretés sont susceptibles d’être
accéléré par le champ et provoquer des collisions ionisantes et éventuellement une avalanche.
Le déclenchement de l’avalanche dépend donc de la température et du champ électrique seuil
qui permet que plus d’électrons ne perdent toute leur énergie en collisions électrons-phonons.

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Le champ seuil est donc une condition nécessaire au claquage mais pas suffisante.car il faut
qu’un nombre suffisant d’électrons soit produits par avalanche pour provoquer la fusion et
éventuellement la vaporisation du matériau. Chaque ionisation produisant 2 électrons, une
avalanche de m générations produit 2m électrons . F. Seitz a montré que la destruction du
matériau nécessite 40 générations donc m=40 soit 240=1012 électrons. On peut alors montrer
que le champ disruptif :
 Décroit avec l’épaisseur du film
 Qu’il est plus important dans des cristaux mixtes
 Qu’il dépend de la température
 Et qu’il est très dépendant de la structure atomique du matériau (voir
différence entre silice fondue et quartz)
Dans le cas des polymères on a la plus part du temps le même comportement que la silice fondue sauf si le taux de
cristallinité est important alors même comportement que le cristal (augmentation puis diminution quand T croit).
Ces allures peuvent s’expliquer par le libre le libre parcours moyen des électrons. Plus il est grand plus le champ
disruptif est faible. Cela peut expliquer que :
 Dans les cristaux mixtes ce champ est plus important que dans le cristal pur
 La diminution de température dans les cristaux conduit à une diminution de ce champ

- Le claquage thermique

Lorsqu’un courant de conduction traverse un échantillon légèrement conducteur, l’effet joule


échauffe le matériau. Or la conductivité du matériau augmente avec la température. Par suite la
température s’élevant, le courant augmente à son tour etc..si la chaleur accumulée dans
l’échantillon ne s’évacue pas assez vite par conduction thermique ou par rayonnement aux
interfaces, le processus peut conduire à un emballement thermique (thermal runaway)
conduisant à la destruction du matériau.. c’est le claquage thermique. En pratique, une
augmentation locale de température provoque la création et la propagation d’un canal chaud
(augmentation de la conductivité) conduisant à un claquage thermique ponctuel.

B/ NOTIONS SUR LES POLYMERES


Le mot "polymère" vient du grec "poly" = plusieurs et "meros" = parties. En effet, un matériau
macromoléculaire ou polymère est constitué de longues chaînes avec des séquences répétitives
identiques (homopolymère) ou de nature différente (copolymère). La cohésion des atomes sur
une même chaîne est assurée par des liaisons chimiques fortes (forces de cohésion
intramoléculaires iono-covalentes), tandis que les liaisons inter-chaînes sont plus faibles (forces
intermoléculaires de type secondaire ou de Van Der Waals). La présence de liaisons faibles et
fortes apporte des propriétés physicochimiques particulières.
Le concept de macromolécules a été établi par H. Staudinger (prix Nobel de chimie 1953) dans
les années 1920. Ces dans ces années que W.H. Carothers et son équipe réalisent la synthèse
d'un matériau macromoléculaire: le polyamide. Les premières fibres de polyamide 6-6 sont
élaborées en 1935 et commercialisées en 1939.

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Les polymères sont connus depuis bien plus longtemps et peuvent être naturels comme le
caoutchouc donné par l'hévéa (utilisé pour les pneus depuis le 19ème siècle). Cependant le bon
technologique vient de la synthèse de ces matériaux pour des propriétés telles que le faible
coût, la facilité d'élaboration, la faible densité, l'inertie chimique, et la forte résistivité.
En dehors de ces qualités ils sont peu rigides et ne supportent pas la plupart du temps des
températures supérieures à 200°C.
Quelques exemples:
1/ le poly tétrafluoroéthylène PTFE ou Téflon: connu pour son faible coefficient de
frottements, ses propriétés de non adhésion, sa résistance aux hautes températures, ses
propriétés diélectriques exceptionnelles et sa remarquable inertie chimique.
2/ le poly méthacrylate de méthyle PMMA ou Plexiglas utilisé pour ses bonnes propriétés
optiques et mécaniques comme hublot en aéronautique.
3/ le poly aryl ether ether cétone PEEK ou Vitrex composites à fibres de carbone utilisé en
aéronautique etc..
Il faut noter qu'il existe des polymères à propriétés ou fonctions particulières comme les
polymères ferroélectriques ou piézoélectriques. Comme le Polyfluorure de vinylidène PVDF:en
particulier PtrFE utilisé comme transducteur d'ondes ultrasonores. Un effort est fait
actuellement vers des propriétés fonctionnelles comme les polymères conducteurs ou
semiconducteurs, les polymères à cristaux liquides pour l'optique non linéaire et
l'optoélectronique, les polymères bioactifs etc..
Les polymères organiques sont de longues chaînes de carbone sur lesquelles sont fixés des
éléments comme H, Cl ou des groupements comme le radical méthyle (-CH3).
L’édification d’une structure polymère n’est possible qu’avec des éléments de valence égale ou
supérieure à 2. La structure linéaire la plus simple qu’il soit possible de former au départ de
l’atome de carbone comporte de nombreux sites covalents non occupés 2 par atome de carbone
de la chaine, 3 en bout de chaine. 2 cas limites peuvent se présenter
- Si tous les sites libres sont occupés par un élément monovalent comme l’hydrogène on a
un polymère linéaire : le poly-méthylène connu sous le nom de polyéthylène PE (obtenu
par polymérisation de l’éthylène, thermoplastique, il passe par la fusion (110-120°C)
pour être mis en forme. Sa faible température de fusion s’explique par la faiblesse des
liaisons inter-chaines).
- Si tous les sites libres sont occupés par un atome de carbone, on obtient alors la
structure tridimensionnelle du diamant. La structure polymère a alors les mêmes
dimensions que celle du cristal, il n’y a pas de molécules distinctes.
Les structures macromoléculaires peuvent être linéaires, ramifiées, bidimensionnelles ou
tridimensionnelles. Les macromolécules linéaires et ramifiées sont solubles et fusibles. Les
structures tridimensionnelles sont insolubles et ne sont pas thermoplastiques. Elles
possèdent par conséquent une résistance thermique plus élevée. En raison de cette
caractéristique, le polyéthylène tridimensionnel est utilisé comme isolant électrique pour les
lignes électriques souterraines à haute tension 200kV. Le graphite constitue un exemple de
structure macromoléculaire bidimensionnelle.

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En combinaison avec l’oxygène, le silicium permet également l’édification de matériaux


polymères.
Selon la structure chimique, un matériau polymère peut se présenter soit à l’état amorphe
soit à l’état semi-cristallin si le matériau est susceptible de cristalliser. Les cristallites sont
formées de chaines repliées. Les échelles de taille :

o distance inter-chaînes de l’ordre de 5Å,

o les cristallites ont une taille de l’ordre de 10µm 150Å


10µm

o Les sphérolites (formés d’un assemblage de cristallites) ont une


taille de l’ordre de 100µm.

- Les domaines de température spécifiques


Certaines températures conditionnent l’état physique du matériau polymère comme :
 La température de transition vitreuse Tg qui sépare le comportement
vitreux T<Tg (solide) de l’état caoutchoutique ou élastomère T>Tg
(liquide).
 La température de fusion Tf et la température de cristallisation TC.
évidemment ces températures n’ont de sens que si le matériau est
susceptible de cristalliser.
 La température de dégradation thermique
 Le domaine de température où le système est homogène ou au contraire
démixé. (cas des mélanges de polymères).
Les polymères constituent une classe de matériaux dont les propriétés proviennent de la
présence de forces de liaison faibles intermoléculaires et fortes intramoléculaires. Les
propriétés intéressantes demandent que les macromolécules présentent un degré de
polymérisation suffisant pour qu’elles présentent des enchevêtrements. La densité
d’enchevêtrement améliore la cohésion, la résistance mécanique remarquable du polycarbonate
comparé au polystyrène s’explique par la forte densité d’enchevêtrements du premier. Une
polymérisation faible conduit à une fragilité excessive, une température de transition vitreuse
basse etc.. d’autre part il n’est pas souhaitable non plus que le degré de polymérisation soit trop
élevé à cause d’une viscosité excessive, la mise en œuvre deviendrait problématique.
Il existe une grande variété de compositions chimiques avec un large éventail de propriétés
telles que la transition vitreuse (il est intéressant qu’elle soit basse pour une utilisation
d’élastomère et élevée pour l’utilisation des polymères comme matériau de structure à l’état
solide, la température de dégradation, l’aptitude ou non à cristalliser, la transparence optique, le
comportement diélectrique etc.…
En dessous de la température de transition vitreuse le polymère est à l’état vitreux (macroscopiquement isotrope).
Les Cij mesurés sont faibles si les liaisons sollicités sont les intermoléculaires, ils sont élevés si ce sont les
intramoléculaires. On mesure du  GPa (phase vitreuse non orientée ou phase cristalline , perpendiculairement au
chaînes et 100GPa (phase cristalline ou semi-cristalline suivant l’axe de la chaîne.

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