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N° d’ordre : 02/2007-E/G.

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITÉ DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE HOUARI BOUMEDIENE

FACULTÉ DE GÉNIE CIVIL

THÈSE
Présentée pour l’obtention du diplôme de DOCTORAT d’ÉTAT

En Génie Civil

Spécialité : CONSTRUCTION

Par HADDADI SMAIL

Sujet

INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE

COMPORTEMENT AU FLUAGE DES ENROBÉS BITUMINEUX

Soutenue le 22 octobre 2007, devant le jury composé de :

Mr A. BALI Professeur, ENP/ EL HARRACH Président


Mr (Feu) N. LARADI Professeur, USTHB Directeur de thèse
Mme E. GHORBEL Professeur, UCP / FRANCE Co-directeur
Mme F. KHARCHI Professeur, USTHB Examinateur
Mr M.T. ABADLIA Professeur, U. BOUMERDES Examinateur
Mr M.N. OUDJIT Maître de Conférences, USTHB Examinateur
A mes chers parents,
A ma femme Djamila,
A mes enfants Célia, Rafik-Nassim et Yasmine,
A mes frères et sœurs,
A mes neveux Dounia-Thinhinan et Anis,
A toute ma famille,
A tous mes amis.
Résumé

Ce travail est consacré à l’étude de l’influence de la poudrette de caoutchouc sur le


comportement au fluage des enrobés bitumineux en utilisant du bitume modifié. Le
modifiant est un polymère thermoplastique du type acrylonitrile butadiène rubber
(NBR). L’étude montre que :
- l’incorporation du NBR dans le bitume améliore ses caractéristiques intrinsèques
(pénétrabilité, TBA, ductilité, susceptibilité thermique, etc.).
- la modification influe positivement sur l’enrobé bitumineux en améliorant :
- la compacité, la stabilité, le fluage et le quotient Marshall,
- la résistance à la compression,
- la résistance aux déformations de fluage en ralentissant notamment la
déformation initiale de l’enrobé bitumineux.
Le NBR est un déchet industriel non biodégradable, son utilisation dans le domaine
routier contribuera à la protection de l’environnement.

Mots Clés : Bitume, Poudrette de caoutchouc, NBR, Enrobés bitumineux, Marshall,


Compression, Fluage

Abstract

This work is devoted to the study of the influence of the rubber fine powder on
behaviour with the creep of the bitumen binders by using modified bitumen.
Modifying is a thermoplastic polymer of the type acrylonitrile butadiene rubber (NBR).
The study shows that :
- the incorporation of the NBR in the bitumen improves its intrinsic characteristics
(penetrability, TBA, ductility, thermal susceptibility, etc).
- the modification influences the bitumen binder positively while improving:
- compactness, stability, creep and the Marshall quotient,
- compressive strength,
- resistance to the deformations of creep by in particular slowing down the initial
deformation of the bitumen binder.

The NBR is a nonbiodegradable industrial waste, its use in the road field will contribute
to the environmental protection.

Key Words: Bitumen, rubber Poudrette, NBR, bitumen Binders, Marshall,


Compression, Creep
‫ﻣﻠﺨﺺ‬

‫آﺮس هﺬا اﻟﻌﻤﻞ ﻟﺪراﺳﺔ ﺗﺄﺛﻴﺮ ﻏﺒﺎر اﻟﻤﻄﺎط ﺣﻴﺎﻟﺔ ﺗﺼﺮف ﻇﺎهﺮة ﺗﻤﻴﻊ اﻷﻗﻨﻌﺔ اﻟﺰﻓﺘﻴﺔ ﺑﺈﺳﺘﻌﻤﺎل اﻟﺰﻓﺖ‬
‫اﻟﻤﻌﺪل‪ .‬اﻟﻤﻌﺪل هﻮ ﻋﺒﺎرة ﻋﻦ ﻣﻜﺜﻒ ﻟﺪن ﺣﺮارﻳﺎ ﻣﻦ ﻧﻮع اآﺮﻳﻠﻮﻧﺘﺮﻳﻞ ﺑﻮﺗﺪﻳﺎن رﻳﺒﺮ)‪(NBR‬‬
‫ﺗﺜﺒﺖ اﻟﺪراﺳﺔ أن‪:‬‬
‫‪ -‬إدﺧﺎل ‪ NBR‬ﻋﻠﻰ اﻟﺰﻓﺖ ﺗﺤﺴﻦ ﺧﺼﺎﺋﺼﻪ اﻟﻠﺤﻈﻴﺔ )اﻟﻨﻔﺎذﻳﺔ‪ ,‬اﻟﺤﺮارة‪ ,‬اﻟﺼﻼدة‪ ,‬اﻟﻘﺎﺑﻠﻴﺔ‬
‫اﻟﺤﺮارﻳﺔ‪(....,‬‬
‫‪ -‬اﻟﺘﺤﻮﻳﻞ ﻟﻪ اﻟﺘﺄﺛﻴﺮ اﻹﺟﺎﺑﻲ ﻋﻠﻰ اﻷﻗﻨﻌﺔ اﻟﺰﻓﺘﻴﺔ ﺑﺘﺤﺴﻴﻦ‪:‬‬
‫• اﻟﺮص‪ ,‬اﻹﺳﺘﻘﺮار‪ ,‬اﻟﺘﻤﻴﻊ و ﻣﻌﺎﻣﻞ ﻣﺎرﺷﺎل‪,‬‬
‫• ﻣﻘﺎوﻣﺔ اﻟﻀﻐﻂ‪,‬‬
‫• ﻣﻘﺎوﻣﺔ اﻟﺘﺸﻮهﺎت اﻟﻨﺎﺟﻤﺔ ﻋﻦ اﻟﺘﻤﻴﻊ ﺑﺘﻤﻬﻴﻞ اﻟﺘﺸﻮﻩ اﻹﺑﺘﺪاﺋﻲ ﻟﻼﻗﻨﻌﺔ اﻟﺰﻓﺘﻴﺔ‪.‬‬

‫ال ‪ NBR‬هﻮ ﻋﺒﺎرة ﻋﻦ ﻓﻀﻼت ﺻﻨﺎﻋﻴﺔ ﻏﻴﺮ ﻗﺎﺑﻞ ﻟﻠﺘﺤﻠﻴﻞ اﻟﺒﻴﻮآﻴﻤﻴﺎﺋﻲ‪ ,‬ﻳﺴﺎهﻢ إﺳﺘﻌﻤﺎﻟﻪ ﻓﻲ‬
‫اﻟﻄﺮﻗﺎت ﻋﻠﻰ ﺣﻤﺎﻳﺔ اﻟﺒﻴﺌﺔ‪.‬‬

‫اﻟﺰﻓﺖ‪ ,‬ﻏﺒﺎر اﻟﻤﻄﺎط‪ ,NBR ,‬اﻷﻗﻨﻌﺔ اﻟﺰﻓﺘﻴﺔ‪ ,‬ﻣﺎرﺷﺎل‪ ,‬اﻟﻀﻐﻂ‪ ,‬اﻟﺘﻤﻴﻊ‪.‬‬ ‫آﻠﻤﺎت ﻣﻔﺘﺎﺣﻴﺔ‪:‬‬
Je tiens à rendre hommage au Professeur LARADI Nadir, décédé le 21 mars
2007. Le destin a voulu qu’après m’avoir proposé le sujet de thèse de doctorat d’état, il
ne sera pas parmi nous pour partager les fruits de ce travail. J’ai eu à le connaître aussi
bien en tant que collègue et encadreur en thèses de magister et de doctorat d’état. Au fil
des années une amitié sincère s’est développée entre nous. J’ai beaucoup apprécié ses
qualités morales et scientifiques. A travers cet hommage je lui témoigne ma gratitude et
toute ma reconnaissance pour toutes ces années qu’on a passé ensemble. Je garde de lui
l’image d’un homme jovial, travailleur, dynamique, entreprenant et infatigable.
SOMMAIRE

RESUME
ABSTRACT
‫ﻣﻠﺨﺺ‬
HOMMAGE
REMERCIEMENTS
SOMMAIRE i
LISTE DES FIGURES v
LISTE DES TABLEAUX
INTRODUCTION GÉNÉRALE 1

CHAPITRE 1 ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE 5

INTRODUCTION 5

1.1 GENERALITES SUR LES MATERIAUX BITUMINEUX 6


1.1.1 Origine et fabrication des bitumes 6
1.1.2 Composition des bitumes 6
1.1.2.1 Constitution chimique des bitumes 7
1.1.2.2 Méthodes de séparation 7
1.1.2.3 Groupes génériques fondamentaux 10
1.1.3 Structure colloïdale du bitume 12

1.2 LES BITUMES MODIFIÉS 16


1.2.1 Agents modifiants 17
1.2.2 La modification des bitumes par les polymères 17
1.2.2.1 Principaux agents chimiques utilises dans la modification des bitumes 18
1.2.2.2 Le mécanisme de la modification 19
1.2.2.3 La notion de compatibilité 21
1.2.2.4 La solubilité 21
1.2.2.5 La convenance 22
1.2.2.6 Autres agents modifiants 25

1.3 LES ENROBES BITUMINEUX 27


1.3.1 Définition 27
1.3.2 Teneur en liant 27
1.3.3 Influence des actions appliquées à la chaussée 28
1.3.3.1 Effet du trafic 28
1.3.3.2 Effet de la température 29
CONCLUSION 31

I
CHAPITRE 2 MATÉRIAUX ET TECHNIQUES EXPÉRIMENTALES 32

2.1 PRÉSENTATION DES MATÉRIAUX 32

2.2 ESSAIS DE CARACTÉRISATION 32


2.2.1 Les granulats 32
2.2.2 Le bitume 33
2.2.3 La poudrette de caoutchouc 33
2.2.4 Les enrobés bitumineux 33

2.3 RÉSULTATS ET INTERPRÉTATIONS 34


2.3.1 Les granulats 34
2.3.1.1 Analyse chimique 34
2.3.1.2 Analyse aux Rayons X 34
2.3.1.3 Analyse granulométrique 37
2.3.1.4 Les densités 37
2.3.2 Le bitume pur 37
2.3.2.1 Caractéristiques classiques 38
2.3.2.2 Susceptibilité Thermique 38
2.3.3 Poudrette de caoutchouc NBR 39
2.3.3.1 Analyse granulométrique 40
2.3.3.2 Analyse en Infrarouge à l’aide du spectroscope FTIR 40
2.3.3.3 Densité du NBR 42
2.3.4 Bitume modifiés 42
2.3.4.1 Susceptibilité thermique des bitumes modifiés au NBR 43
2.3.4.2. Température bille-anneau (TBA) 45
2.3.4.3 La ductilité 45
2.3.4.4. Analyse par calorimétrie différentielle par balayage (DSC) 46
2.3.4.6. Analyse thermique gravimétrique (ATG) 48
2.3.4.7 Détermination du poucentage d’asphaltènes 49

2.4 L’ENROBÉ BITUMINEUX 50


2.4.1 Formulation de l’enrobé 50
2.4.1.1 Courbe granulométrique du mélange 50
2.4.1.2 Détermination de la teneur optimale en liant 51
2.4.2 Essai Marshall sur l’enrobé bitumineux modifié 52
2.4.2.1 Les compacités 52
2.4.2.2 Stabilité Marshall « SM » et fluage Marshall « FM » 53
2.4.2.3 Quotient Marshall 54
2.4.3 Compression Simple 56
2.4.3.1 Conditions opératoires 56
2.4.3.2 Résultats et analyses 56

CONCLUSION 61

II
CHAPITRE 3 FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES 62

3.1 INFLUENCE DES PARAMETRES DE FORMULATION SUR


LA RESISTANCE AU FLUAGE DES ENROBE BITUMINEUX 62
3.1.1 Définition du fluage et de la plasticité 62
3.1.2 Facteurs engendrant le fluage des enrobés bitumineux 62
3.1.3 Influence du mode de fabrication des éprouvettes. 64
3.1.3.1 Influence de la forme et de l’élancement de l’éprouvette 64
3.1.3.2 Influence du mode de compactage des éprouvettes 64
3.1.3.3 Influence de l’énergie de compactage et de la compacité 64
3.1.3.4 Influence de la teneur en vides 64

3.2 MÉTHODES EXPÉRIMENTALES POUR L’ÉVALUATION DE LA


RÉSISTANCE AU FLUAGE DES ENROBE BITUMINEUX 65
3.2.1 Essais triaxiaux de fluage dynamique 65
3.2.1.1 Essai avec contrainte latérale constante 65
3.2.1.2 Essai avec contrainte latérale périodique 67
3.2.2 Essai triaxial de fluage statique 69
3.2.3 Essai de fluage uniaxial à chargement répété 70
3.2.3.1 Conditions de l’essai 70
3.2.3.2 Détermination de la déformation due au fluage 70
3.2.4 Les machines d’essai de fluage dynamique 71
3.2.5 Essai de fluage sur pente 72
3.2.6 Essai de fluage par orniérage au simulateur de trafic LCP 73
3.2.7 Estimation du fluage par l’essai de la presse à cisaillement giratoire PCG 73
3.2.7.1 Notions de compactabilité et de mise en place 75
3.2.7.2 Estimation de la tendance au fluage d'un enrobé bitumineux 76
3.2.8 Fluage Marshall 77
3.2.9 Corrélations entre l'essai de fluage statique uniaxial et les différents résultats de
l'essai Marshall 77
3.2.10 Corrélation entre l'essai de fluage statique et l'essai d'orniérage au simulateur
de trafic LPC 79

3.3 MÉTHODE EXPÉRIMENTALE 79


3.3.1 Description de l’appareil utilisé 79
3.3.2 Autres appareils de fluage pour enrobés bitumineux 84
3.3.3 Consignes générales pour l’essai de fluage 86
3.3.4 Conditions particulières de l’essai, mode opératoire et valeurs déterminées 87
3.3.4.1 Conditions particulières de l’essai 87
3.3.4.2 Mode opératoire 87
3.3.4.3 Valeurs déterminées 88

3.4 EXPÉRIENCES DE FLUAGE ET DE RELAXATION 89


3.4.1 Essai de fluage en traction ou en compression simples 89
3.4.2 Essai de relaxation en traction ou en compression simples 90

3.5 CONCLUSION 91

III
CHAPITRE 4 ESSAIS DE FLUAGE STATIQUE ET DE RELAXATION 92

4.1 LE FLUAGE 92
4.1.1 Influence du chargement sur la déformation 92
4.1.2 Influence de la teneur en NBR sur la déformation 94
4.1.3 Taux de déformation de fluage 97
4.2 LA RELAXATION 99

CONCLUSION 103

CHAPITRE 5 ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES


DE MODELISATION 102

5.1 LE FLUAGE 102

5.2 LA RELAXATION 110

5.3 CONCLUSION 115

CONCLUSION GENERALE 116

REFERENCES BIBLIGRAPHIQUES 118

ANNEXES 127

IV
LISTE DES FIGURES

Figure 1. Orniérage par fluage des chaussées 1


Figure 1.1. Schéma de l'extraction aux solvants sélectifs 8
Figure 1.2. Chromatographie d'adsorption d'après Corbett [Cor 1969] 9
Figure 1.3. Représentation schématique d’un bitume type « sol » et « gel » 14
Figure 1.4. Stucture des asphaltènes selon Yen [Yen 1986] 15
Figure 1.5.Mécanisme de la dispersion d’un copolymère dans le bitume 20
Figure I.6. Variation du taux de gonflement en fonction de la teneur
en polymère [Rou 1999]. 23
Figure 1.7 - Mélange bitume/polymère à teneur croissante [Rou 1999] 24
Figure 1.8 - Variation de la pénétrabilité et TBA en fonction de la teneur
en polymère [Rou 999] 24
Figure 1.9. Schématisation des sollicitations induites par le trafic [Dib 2005] 29
Figure 1.10. Schématisation des sollicitations induites par la température [Dib 2005] 31

Figure 2.1. Diffractogramme aux rayons X du sable 0/3 (calcaire) 35


Figure 2.2. Diffractogramme aux rayons X des graviers 3/8 et 8/15 (basalte) 36
Figure 2.3. Courbes granulométriques du squelette granulaire 37
Figure 2.4. Variation de la pénétrabilité des bitumes purs en fonction de la température 39
Figure 2.5. Le déchet sous forme de poudrette 40
Figure 2.6. Analyse granulométrique de la poudrette de caoutchouc 40
Figure 2.7. Spectre FTIR du NBR. 41
Figure 2.8. Appareillage de modification mis au point à la FGC/USTHB 43
Figure 2.9. Variation de la pénétrabilité en fonction de la température
en coordonnées semi-logarithmique 44
Figure 2.10. Variation de la TBA en fonction de la teneur en polymère 45
Figure 2.11. Variation de la ductilité des bitumes modifiés à 25°C 46
Figure 2.12. DSC du bitume, du NBR et des bitumes modifiés aux différentes teneurs 47
Figure 2.13. Variation de la Tg en fonction de teneur en NBR 47
Figure 2.14. Courbes d’ATG pour les différents éléments 48
Figure 2.15. Courbes d’ATG pour les différents éléments entre 180°C et 210°C 49
Figure 2.16. Évolution du pourcentage d’asphaltène pour une heure de malaxage 50
Figure 2.17. Courbe granulométriques du fuseau et du mélange 0/14 51
Figure 2.18. Compacité des différents mélanges 53

v
Figure 2.19. Stabilité Marshall en fonction de la teneur en poudrette 53
Figure 2.20. Fluage Marshall en fonction de la teneur en poudrette 54
Figure 2.21. Quotient Marshall en fonction de la teneur en poudrette 55
Figure 2.22. Courbes contrainte-déformation en compression simple des enrobés
à 0% de NBR aux différentes températures 57
Figure 2.23. Courbes contrainte-déformation en compression simple des enrobés
à 2% de NBR aux différentes températures 57
Figure 2.24. Courbes contrainte-déformation en compression simple des enrobés
à 3% de NBR aux différentes températures 58
Figure 2.25. Courbes contrainte-déformation en compression simple des enrobés
à 4% de NBR aux différentes températures 58
Figure 2.26. Courbes contrainte-déformation en compression simple
pour les différents mélanges à 25°C 59
Figure 2.27. Courbes contrainte-déformation en compression simple
pour les différents mélanges à 40°C 59
Figure 2.28. Courbes contrainte-déformation en compression simple
pour les différents mélanges à 60°C 60

Figure 3.1. Éprouvette cylindrique en enrobé bitumineux 65


Figure 3.2. Appareil triaxial à répétition de charges 65
Figure 3.3. Système de mesure de la déformation 66
Figure 3.4. Appareil à répétition de charges 66
Figure 3.5. Schéma de principe de l’essai de fluage dynamique 66
Figure 3.6. Courbe de fluage 67
Figure 3.7. Essai triaxial 68
Figure 3.8. Formes caractéristiques des ondes de contraintes 68
Figure 3.9. Coupe transversale d’une cellule triaxiale 69
Figure 3.10. Machine de fluage dynamique ESSO (FDES) 71
Figure 3.11. Effet de la fréquence sur la déformation permanente 72
Figure 3.12. Mesure de l’ornière à la jauge de profondeur 73
Figure 3.13. Représentation schématique du mouvement de l’éprouvette lors
de l’essai PCG 74
Figure 3.14. Représentation schématique de l’essai PCG et de la réaction des corps
d’épreuves 74
Figure 3.15. Courbe de compactage obtenue à partir de la presse à cisaillement giratoire 75
Figure 3.16. Courbe de compactage obtenue à partir de la presse à cisaillement giratoire 76

vi
Figure 3.17. Appareil de fluage statique 80
Figure 3.18. Appareil utilisé pour la consolidation des sols 80
Figure 3.19. Appareillage mis au point en laboratoire pour les essais
de fluage sur enrobés bitumineux 81
Figure 3.20. Plaques métalliques poreuses 82
Figure 3.21. Position de l’éprouvette entre deux plaques métalliques, surmontée d’un
disque à évidemment central 82
Figure 3.22. Éprouvette soumise à l’essai de fluage statique 82
Figure 2.23. Vue de l’appareil de fluage couplé à un système d’acquisition
numérique 83
Figure 3.24. Essai de fluage à 60°C 83
Figure 3.25. Mise au point en laboratoire d’un appareil de fluage statique
pour enrobés bitumineux 84
Figure 3.26. Éprouvette d’enrobé bitumineux soumise à l’essai de fluage statique 84
Figure 3.27 : Oedomètre type Wykeham Farrance 86
Figure 3.28. Essai de fluage-recouvrance 88
Figure 3.29. Essai de fluage puis de recouvrance 89
Figure 3.30. Essai de relaxation 90
Figure 3.31. Presse Instron 5567 utilisée pour la relaxation 90

Figure 4.1. Courbes de fluage-recouvrance à 40°C pour à 0% de NBR 93


Figure 4.2. Courbes de fluage-recouvrance à 25°C pour à 2% de NBR 93
Figure 4.3. Courbes de fluage-recouvrance à 25°C pour à 3% de NBR 94
Figure 4.4. Courbes de fluage-recouvrance à 40°C pour à 4% de NBR 94
Figure 4.5. Courbes de fluage-recouvrance à 25°C pour 0.05 σ max 95
Figure 4.6. Courbes de fluage-recouvrance à 25°C pour 0.25 σ max 95
Figure 4.7. Courbes de fluage-recouvrance à 40°C pour 0.20 σ max 96
Figure 4.8. Courbes de fluage-recouvrance à 60°C pour 0.125 σ max 96
Figure 4.9. Taux de fluage pour 0.05 σ max 97
Figure 4.10. Taux de fluage pour 0.125 σ max 98
Figure 4.11. Taux de fluage pour 0.20 σ max 98
Figure 4.12. Taux de fluage pour 0.25 σ max 99
Figure 4.13. Courbes de relaxation à 25°C pour 0% de NBR 100
Figure 4.14. Courbes de relaxation à 25°C pour 1% de NBR 100

Figure 5.1. Courbe expérimentale de fluage et loi d’Andrade pour 0%

vii
de NBR à 25°C et 0.05 σ max 103
Figure 5.2. Courbe expérimentale de fluage et loi d’Andrade pour 0%
de NBR à 25°C et 0.05 σ max 103
Figure 5.3. Courbe expérimentale de fluage et loi d’Andrade pour 4%
de NBR à 60°C et 0.25 σ max 104
Figure 5.4. Courbe expérimentale de fluage et loi d’Andrade pour 3%
de NBR à 60°C et 0.20 σ max 104
Figure 5.5. Variation du coefficient a de la loi d’Andrade à 25°C 105
Figure 5.6. Variation du coefficient b de la loi d’Andrade à 25°C 105
Figure 5.7. Variation du coefficient a de la loi d’Andrade à 40°C 106
Figure 5.8. Variation du coefficient b de la loi d’Andrade à 40°C 106
Figure 5.9. Variation des coefficients a de la loi d’Andrade à 60°C 107
Figure 5.10. Variation des coefficients b de la loi d’Andrade à 60°C 107
Figure 5.11. Variation du coefficient a à 40°C pour différents rendements
pour 0% de NBR 108
Figure 5.12. Variation du coefficient a à 60°C pour différents rendements
pour 2% de NBR 108
Figure 5.13. Variation du coefficient a à 40°C pour différents rendements
pour 4% de NBR 109
Figure 5.14. Variation du coefficient a à 60°C pour différents rendements
pour 3% de NBR 109
Figure 5.15. Variation du coefficient b à 60°C pour différents rendements
pour 2% de NBR 110
Figure 5.16. Variation du coefficient b à 60°C pour différents rendements
pour 3% de NBR 110
Figure 5.17. Courbe expérimentale de relaxation et loi puissance pour 2%
de NBR à 25°C et 1.00 mm 111
Figure 5.18. Courbe expérimentale de relaxation et loi puissance pour 0%
de NBR à 25°C et 1.25 mm 111
Figure 5.19. Variation du coefficient a à 25°C pour différents rendements
pour 2% de NBR 112
Figure 5.20. Variation du coefficient a à 25°C pour différents rendements
pour 4% de NBR 112
Figure 5.21. Variation du coefficient b à 25°C pour différents rendements
pour 2% de NBR 113
Figure 5.22. Variation du coefficient b à 25°C pour différents rendements

viii
pour 3% de NBR 113
Figure 5.23. Variation du coefficient b à 25°C pour différents rendements
pour 4% de NBR 114
Figure 5.24. Variation du coefficient c à 25°C pour différents rendements
pour 0% de NBR 115
Figure 5.25. Variation du coefficient c à 25°C pour différents rendements
pour 4% de NBR 115

ix
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1. 1. Différents types de bitumes en fonction de leur composition [Suc 1986] 15


Tableau 2.1. Provenance des granulats utilisés. 32
Tableau 2.2. Analyse chimique sommaire des différents types de granulats 34
Tableau 2.3. Caractéristiques des granulats 37
Tableau 2.4. Caractéristiques du bitume 38
Tableau 2.5. Température de l'essai pour les différentes classes de bitume 44
Tableau 2.6. Indice de pénétrabilité 44
Tableau 2.7. Températures correspondant à 5% de perte 49
Tableau 2.8. Pourcentages pondéraux des différentes classes 50
Tableau 2.9. Résultats de l’essai Marshall sur l’enrobé bitumineux non modifié 52
Tableau 2.10. Variation des différents paramètres de l’essai Marshall 55
Tableau 2.11. Conditions opératoires de l’essai de compression simple 56
Tableau 2.12. Contraintes maximales en compression simple 61
Tableau 3.1. Comparaison C1 – orniérage 77
Tableau 3.2. Coefficients de corrélation des courbes de régression 78

x
INTRODUCTION GENERALE

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Les structures de chaussées routières sont soumises, en service, à des sollicitations très
complexes. Le trafic et le climat ont une influence importante sur le comportement des
matériaux de chaussées. Dans certains pays tels que le Canada, les États-unis, les pays
nordiques, la France, etc., les chaussées subissent de grandes amplitudes thermiques et sont
donc soumises au phénomène de fissuration thermique. En Algérie c’est le phénomène des
déformations permanentes (essentiellement l’orniérage) qui est apparu (figure 1).
L'orniérage est une déformation permanente dans la trace des roues provoquée par un trafic
canalisé. Il peut provenir soit d'une déformation du sol support, soit d'un amincissement par
fluage des couches bitumeuses. Ces dernières années, l’accroissement du trafic de poids
lourd combiné à la température ont aggravé ce phénomène.

Figure 1. Orniérage par fluage des chaussées


Pour réduire la portée de ces phénomènes de fissuration thermique et d’orniérage, diverses
techniques ont été entreprises ; parmi lesquelles, la modification des liants avec des
polymères qui s'avère une technique prometteuse. Cette opération permet d'améliorer les
performances des liants bitumineux et de réduire la fréquence de réparation des chaussées
[Hin 2004]. La modification des bitumes peut-être réalisée par les procédés de raffinage
(oxydation, désasphaltage, soufflage) ou par ajouts d'additifs (polymères, pneus recyclés,
produits chimiques et autres) [Kho1989, Ass1999, Pan 2004]. L'utilisation industrielle

FGC/USTHB 2007 1
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

routière de bitumes modifiés par des élastomères tel que le styrène-butadiène-styrène (SBS)
[Val1992, Kra1980, Kra1982] ou les plastomères tel que I'éthylène acétate de vinyle (EVA)
[Air 2002, Had 2007] dans les enrobés spéciaux remonte au début des années 70.

Au cours des dernières décennies, la croissance exceptionnelle du trafic lourd a pour effet
de diminuer de plusieurs années la durée de vie des routes. Comme l’entretien du réseau
routier n’était pas alors une priorité, les chaussées se sont détériorées rapidement. La
dégradation prématurée des chaussées due à la croissance exceptionnelle du trafic lourd est
lourde de conséquences [Cha 2000].

Le trafic lourd met les chaussées à rude épreuve, et ce, de plusieurs façons. Les charges
axiales statiques et dynamiques, les contraintes de cisaillement, l’usure de surface et la
sollicitation par choc sont toutes des pressions auxquelles l’enrobé sera exposé pendant sa
durée de vie.

La charge axiale statique est une charge immobilisée sur l’enrobé. Celle-ci peut créer une
déformation permanente due au fluage de l’enrobé. Les températures élevées en été
favorisent ce phénomène. Ce type de problème s’observe entre autres dans les cours
d’entreposage et sur les quais de déchargement de marchandises.
Les performances d’un enrobé qui sera soumis aux agressions du trafic sont tributaires de
trois éléments fondamentaux :
- le dimensionnement de la chaussée ;
- le drainage de la chaussée ;
- la formulation et le choix des composants.
Les deux premiers éléments relèvent de la conception. La formulation et le choix des
composants de l’enrobé dépendent des critères de performance auxquels il doit se
conformer. Dans le cas des enrobés qui devront supporter un trafic lourd important, les
principaux critères de performances sont les suivants :
- la résistance à l’orniérage ;
- la résistance à la fatigue ;
- la résistance à l’abrasion et l’usure.

La résistance à l’orniérage est probablement le critère de performance auquel nous faisons


référence lorsqu’il est question de trafic lourd [Cha 2000]. Il existe trois types d’orniérage
susceptible d’apparaître sur les chaussées sollicitées par le trafic lourd :
- l’ornière structurale, qui dépend de la capacité globale d’une chaussée à supporter
un trafic lourd ;

FGC/USTHB 2007 2
INTRODUCTION GENERALE

- l’ornière d’usure ;
- l’ornière de fluage.
La résistance à l’ornière de fluage peut se définir par la capacité d’un enrobé à maintenir
intact son squelette minéral (agencement des granulats) sous l’effet des charges du trafic
qu’il supporte. Plusieurs facteurs contribuent à améliorer la résistance à l’ornière de fluage.
Les principaux sont les suivants :
- une formulation qui permet un ajout de bitume suffisant sans trop s’éloigner de la
courbe de densité maximale ;
- des granulats 100 % concassés ;
- des granulats fins non friables et très angulaires ;
- de gros granulats durs, à très forte angularité et dont la proportion de particules
plates et allongées est faibles ;
- un liant bitumineux modifié aux polymères.

Dans cette étude nous nous sommes intéressés à l’incorporation d’un élastomère
acrylonitrile butadiène (NBR) sous forme de poudrette de caoutchouc. Ce polymère est un
déchet industriel qui nous a été proposé par la société algérienne d’élastomère (SAEL) pour
trouver une utilisation dans le domaine des travaux publics et plus particulièrement dans la
géotechnique routière afin de préserver l’environnement.
Devant le manque de moyen de contrôle des différentes formulations élaborées par les
laboratoires algériens, nous avons dans le cadre de cette thèse développé un essai de fluage
en laboratoire pour la mesure des déformations permanentes sous différentes contraintes et
à différentes températures.
Il apparaît donc nécessaire d’approfondir les études menées sur les matériaux de chaussées,
en particulier les bitumes et les enrobés bitumineux modifiés. Une meilleure connaissance
des propriétés thermomécaniques des matériaux bitumineux utilisés en construction
routière permettra à terme de formuler des enrobés suffisamment performants pour résister
de manière durable aux efforts appliqués.

Le travail effectué dans cette thèse peut être scindé en cinq parties :

Dans la première partie, une recherche bibliographique d’actualité est présentée. Nous
avons situé l’importance du recyclage des déchets industriels dans le domaine routiers et
son effet positif sur l’environnement. Quelques généralités sur les liants hydrocarbonés, les
polymères et les enrobés bitumineux sont abordées.

FGC/USTHB 2007 3
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Dans la deuxième partie, nous exposons les différentes techniques expérimentales qui ont
été utilisées lors de l’élaboration de cette étude pour les différents matériaux de ce travail à
savoir, le bitume, le polymère et les granulats. On retrouve notamment le procédé de
modification du bitume par le polymère acrylonitrile butadiène (NBR) sous forme de
poudrette de caoutchouc.

Dans la troisième partie on trouve le développement d’une méthode expérimentale basée


sur l’essai oedométrique pour la mesure des déformations de fluages sur l’enrobé
bitumineux à contrainte et températures constantes.

La quatrième partie nous l’avons consacré à l’analyse des résultats des essais de fluage à
différentes températures et différentes contraintes ainsi qu’aux essais de relaxation à
température ambiante et différentes déformations. Les résultats montrent que
l’incorporation d’un élastomère acrylonitrile butadiène (NBR) sous forme de poudrette de
caoutchouc améliore le comportement du bitume modifié et de l’enrobé vis-à-vis du
comportement aux déformations de fluage.

Enfin, la cinquième porte sur l’analyse des résultats et approches de modélisation des essais
de fluage et de relaxation. La dépendance vis-à-vis de la température et du pourcentage des
additions en polymère a été mise en évidence.

FGC/USTHB 2007 4
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

CHAPITRE 1

ÉTUDES BIBLIOGRAPHIQUES

INTRODUCTION

Ce chapitre résume les connaissances acquises à ce jour sur les propriétés des matériaux
bitumineux afin d’établir le cadre général de cette étude.
Tout d’abord, nous présentons brièvement quelques généralités sur l’origine, la fabrication,
la composition, ainsi que la structure des bitumes. Quelques rappels et propriétés sur les
polymères sont également introduits ainsi que l’association bitume-polymère. L’influence
des paramètres de formulation sur la résistance au fluage des enrobés bitumineux et des
méthodes expérimentales pour l’évaluation de la résistance au fluage des enrobés
bitumineux sont aussi présentées.

1.1 GENERALITES SUR LES MATERIAUX BITUMINEUX

L'utilisation du bitume remonte à la préhistoire et les plus anciens objets humains contenant
du bitume connus à ce jour sont vraisemblablement vieux de 180 000 ans [Con 1999]. En
parallèle d´applications médicales, le bitume naturel a ainsi été employé généralement
comme adhésif, en particulier pour le génie civil, dans des mortiers ou en tant qu'agent
d'imperméabilisation [Abr 1999]. La Bible cite aussi des exemples d´utilisations, pour
l´arche de Noé ou le berceau de Moïse. Il faut cependant remonter à Nabopolassar, roi de
Babylone (625-604 av. J.-C.) pour trouver les premières mentions de l´utilisation de bitume
pour application routière [Abr 1960], mais cet usage a disparu pour ne réapparaître qu´au
ième
cours du 19 siècle et finalement évoluer vers nos techniques routières actuelles [Abr
1960, Rev 2001]. Ainsi, les bitumes sont devenus des matériaux de haute technicité et il
existe maintenant un certain nombre d´additifs commerciaux, minéraux ou organiques,
chargés d´améliorer leurs propriétés [Ass 1999]. Actuellement, l´utilisation principale du
bitume est la technique routière sous forme d’enrobés et d’enduits superficiels, qui
représente environ 95 % de la production mondiale. Par ailleurs, on estime que la totalité

FGC/USTHB 2007 5
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

des réserves mondiales de pétrole brut devrait dépasser les 600 Gt, ce qui laisse présager un
long et bel avenir à cette industrie [She 1991].

1.1.1 Origine et fabrication des bitumes

Le bitume est obtenu par raffinage des pétroles bruts. Il s’agit du résidu obtenu après
distillation. Tous les bruts ne sont pas propres à produire du bitume. Sur les 1 300 bruts
environ référencés dans le monde, seuls 10 % sont choisis par les pétroliers pour la
fabrication du bitume. Des bruts légers, dépourvus d’asphaltènes, peuvent avoir un
rendement insuffisant en bitume. Partant d’une qualité de brut, divers modes de fabrication
sont possibles, cependant, ils impliquent toujours le passage par la distillation. Il existe trois
types de liants hydrocarbonés :
- Les liants naturels, qui se trouvent dans la nature et qui sont utilisés depuis des
temps très anciens. C'est une roche asphaltique telle qu'elle se présente dans le gisement et
qui, après broyage est dénommée asphalte.
- Les bitumes de pétrole, qui sont obtenus par raffinage des pétroles bruts et des
résidus pétroliers.
- Les goudrons, qui proviennent de la pyrogénation à l'abri de l'air, de la lignite et de
la tourbe et du bois.
Ayant des origines et des constitutions chimiques différentes, les bitumes et les
goudrons sont des liants de base utilisés séparément ou en mélange dans la technique
routière. Les bitumes purs, tels que produits, sont trop visqueux pour être manipulés et
mélangés avec des granulats.

1.1.2 Composition des bitumes

1.1.2.1 Constitution chimique des bitumes

Le bitume est un produit complexe composé de différents hydrocarbures de poids


moléculaire élevé appartenant dans leur grande majorité aux groupes aliphatiques et
naphténiques. Ils sont à chaînes droites plus ou moins ramifiées ou cycliques et saturées.
Issus du raffinage des pétroles bruts, les bitumes sont des mélanges complexes de
composés hydrocarbonés constitués de 82% à 88% de carbone (% massique), de 8% à 11%
d'hydrogène, de 0 à 6% de soufre, de 0 à 1,5 d’oxygène et de 0 à 1% d’azote. Ils
contiennent par ailleurs, divers éléments métalliques à l’état de traces, dont les principaux
sont : fer, vanadium, nickel, aluminium et silicium.

FGC/USTHB 2007 6
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

Ils ont des masses molaires et des structures chimiques variées. Les molécules de ces
composés sont constituées de quatre principaux types d'hydrocarbures : paraffiniques,
naphténiques, aromatiques et oléfiniques. Il faut également préciser que parmi les
différentes molécules présentes dans les bitumes, rares sont celles constituées d'un seul des
quatre types de motifs cités. Compte tenu de cette diversité, il n'est pas réaliste de vouloir
déterminer la composition exacte des bitumes, mais il y a eu des tentatives [Ait 1994].

1.1.2.2 Méthodes de séparation

Les méthodes de séparation des bitumes sont principalement basées sur la distillation,
l'extraction aux solvants sélectifs, l'adsorption et les réactions chimiques.

a. Séparation par distillation

Cette méthode permet de concentrer les asphaltènes (des composés polaires aromatiques) et
de classer les produits par ordre de leur point d'ébullition.

b. Extraction aux solvants sélectifs

La méthode d'extraction consiste à traiter le bitume avec des solvants de polarité croissante
qui précipitent des fractions de polarité décroissante. Le procédé Schweyer et Trader, figure
1.1, est un exemple typique représentant cette technique. La séparation la plus répandue est
celle qui permet de précipiter les asphaltènes en utilisant des alcanes à faible poids
moléculaire comme solvants. Les maltènes représentent la partie soluble dans le solvant. La
composition chimique des maltènes ainsi que leur proportion dans le bitume dépendent
donc, pour un bitume donné, de la nature du solvant et des conditions de dissolution. Les
maltènes peuvent être fractionnées par chromatographie en trois familles d’hydrocarbures :
saturés, aromatiques et résines.

FGC/USTHB 2007 7
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

BITUME

n-butanol

Précipité asphaltique

1. Evaporation du n-butanol
2. Dissolution dans l’acétone à -23°C

PARAFFINIQUES CYCLIQUES

Figure 1.1. Schéma de l'extraction aux solvants sélectifs

c. Chromatographie d'adsorption

Les méthodes chromatographiques sont les techniques les plus utilisées pour la
caractérisation chimique des bitumes. Elles sont basées sur l'aptitude du bitume à être
séparé en différentes fractions par adsorption sélective.

Le fractionnement par chromatographie est généralement précédé d'une séparation initiale


du bitume en asphaltènes et maltènes par précipitation sélective dans des alcanes à faible
poids moléculaire tels que le propane, le butane, le pentane, l'hexane et l'heptane. La
procédure de fractionnement mise au point par Corbett [Cor 1969] est schématisée sur la
figure 1.2.

FGC/USTHB 2007 8
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

BITUME

n-héptane
à reflux

ASPHALTENES insolubles MALTENES Solubles

Chromatographie
sur alumine

1. n-héptane 2. Benzène 3. méthanol/benzène


4. trichloroéthylène

SATURES NAPHTENO- AROMATIQUES


AROMATIQUES POLAIRES

Figure 1.2. Chromatographie d'adsorption d'après Corbett [Cor 1969]

La quantité d'asphaltènes dépend du solvant et du rapport de dilution. Plus le solvant est de


poids moléculaire faible, plus la quantité d'asphaltènes précipitée est importante. Le solvant
le plus utilisé est le n-heptane. Après évaporation du solvant, les maltènes se présentent
sous forme d'un liquide noir visqueux qui peut être fractionné par chromatographie
d'adsorption en hydrocarbures saturés, aromatiques et résines. La phase stationnaire qui est
souvent utilisée est l'alumine.

d. Chromatographie par perméation de gel (GPC)

Cette technique est différente des méthodes décrites ci-dessus, car elle est basée sur un
fractionnement selon le volume hydrodynamique des molécules. La chromatographie par
perméation de gel a été utilisée pour analyser la distribution en tailles moléculaires des
fractions. Brûlé [Brû 1983] a montré que la distribution en taille moléculaires des bitumes
est bimodale, ainsi que celle des asphaltènes, sauf dans le cas de bitumes soufflés où la
distribution devient trimodale. Les autres fractions saturés, aromatiques et résines
présentent une répartition unimodale.

FGC/USTHB 2007 9
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

e. Chromatographie sur baguette de silice (IATROSCAN)


La chromatographie sur baguette de silice (IATROSCAN) est une technique qui est
fréquemment utilisée pour déterminer la composition chimique des bitumes. Ce type de
chromatographie permet de séparer les bitumes selon les quatre grandes familles de
produits représentées précédemment. Cette technique d'analyse donne des résultats
reproductibles, ce qui permet d'établir des comparaisons efficaces entre les bitumes.

1.1.2.3 Groupes génériques fondamentaux

Le bitume est essentiellement constitué d’hydrocarbures et de leurs dérivés solubles dans le


sulfure de carbone ; la présence d’atomes tels que l’oxygène, l’azote et le soufre ainsi que
de certains métaux, soit sous forme d’hétéroatomes, soit sous forme de groupements
polaires indique l’existence de structures condensées très complexes. Néanmoins, il est de
pratique traditionnelle de regrouper les différents constituants au sein des grandes familles
chimiques. Ce sont les asphaltènes, résines, saturés et aromatiques, déterminés par une
méthode de séparation, dénommée habituellement par l’acronyme SARA (saturés,
aromatiques, résines, asphaltènes) et réalisée en deux étapes :
- la première consiste à isoler les asphaltènes par précipitation des composés insolubles
dans un hydrocarbure saturé de poids moléculaire faible avec du n-heptane ou l’heptane
normal. La partie soluble constitue les maltènes, produits huileux (molécules moins
grosses) dans lesquels baignent les asphaltènes.
- la seconde étape consiste à séparer les maltènes en trois familles (résines, saturés,
aromatiques). La méthode la plus couramment utilisée est la chromatographie sur gel de
silice ou d’alumine.

a. Les asphaltènes
Ils peuvent représenter jusqu’à 30% du bitume avec un aspect solide noir et cassant. Depuis
plusieurs années de nombreux travaux ont été réalisés afin de mieux comprendre la
structure des asphaltènes du fait notamment de leur rôle essentiel sur la rhéologie. [Bri
1986]. Les asphaltènes sont des composés polaires essentiellement aromatiques (solides
brun-noirs et friables). Le rapport H/C dépend de l'origine du brut et du procédé de
fabrication, mais il demeure souvent supérieur à 0,8. Les poids moléculaires varient de
1000 à 100 000 g/mole dans la majorité des cas suivant la méthode de détermination
utilisée, avec une moyenne se situant entre 1200 et 2700. Leur taille varie de 5 à 30 nm.
Leur composition élémentaire est stable d’un bitume à l’autre et ils contiennent l’essentiel
des métaux de transition du bitume (jusqu’à quelques dixièmes de % de Ni, Va, Fe,…). La

FGC/USTHB 2007 10
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

proportion d'hétéroatomes dans les asphaltènes est très importante (56% de soufie, 0,8%
d’azote et 1% d'oxygène).
L’incidence de la teneur en asphaltène sur les propriétés rhéologiques d’un bitume est très
importante : leur augmentation produit un bitume plus dur, plus visqueux, de plus faible
pénétration et de point de ramollissement plus élevé. La teneur en asphaltènes varie entre 5
et 30 % du bitume total.

b. Les aromatiques
Ce sont des huiles visqueuses, de couleur brun-noir. Environ 30% des atomes de carbone
font partie de structures aromatiques. Le rapport H/C est voisin de 1,5. La distribution de
poids moléculaires est généralement très semblable à celle des saturés (300-2000). Les
aromatiques polaires qui regroupent les résines et les asphaltènes contiennent plusieurs
cycles aromatiques condensés par molécule (environ 40% des atomes de carbone sont pris
dans des cycles aromatiques). Le reste du carbone est contenu dans des motifs naphténiques
et paraffiniques.
Le caractère polaire de ces composés est donné par les groupements contenant des atomes
d'oxygène et d'azote. Les teneurs en oxygène et en azote sont voisines de 1%, alors que la
teneur en soufre peut varier de 3 à 8 %.
Les aromatiques sont les fractions présentes en majorité (de 40 à 65 % du bitume total) et
sont notamment les espèces impliquées dans la transition vitreuse du bitume, en
conjonction avec les saturés non cristallisés [Cla 1991]. Leur vitrification se produit ainsi
pour des températures de l’ordre de -50 à -10°C, suivant la nature du brut, ce qui
correspond aux températures de transition vitreuse des bitumes [Cla 1991]
c. Les saturés

Ils sont constitués d’hydrocarbones aliphatiques à chaînes droites ou ramifiées. Ce sont des
huiles visqueuses non polaires de couleur paille ou blanche. Ils sont essentiellement
composés de carbone et d’hydrogène ; les autres éléments sont à l’état de traces. Leur
masse moléculaire est similaire à celle des aromatiques. Cette famille est constituée de
molécules principalement paraffiniques. Ces molécules peuvent contenir des cycles
naphténiques et des cycles aromatiques. Le rapport atomique H/C varie de 1,9 à 2. Pour les
paraffines pures, ce rapport est légèrement supérieur à 2. Cette fraction représente 5 à 20%
du bitume.
d. Les résines

Les résines sont des solides noirs qui fondent par chauffage. La courbe de distribution de
leur poids moléculaire est étalée entre 500 et 50 000 g/mole. Les résines parfois appelées

FGC/USTHB 2007 11
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

aromatiques polaires, sont peu nombreuses, mais ont un rôle essentiel vis-à-vis de la
stabilité colloïdale du bitume. Elles se rapprochent des asphaltènes et en différent surtout
par leur plus faible masse [Koo 1975]. Elles ont un rôle tensioactif qui permet de stabiliser
la dispersion d’asphaltènes dans la matrice maltènes [Swe 1942 et Lia 1994]. Leur taille est
comprise entre 1 et 5 nm. Le rapport H/C est de 1,3 à 1,4. La teneur habituelle des résines
dans les bitumes routiers se situe dans une fourchette de 13 à 25 %.
D'une façon générale, les bitumes sont presque toujours décrits par quatre groupes
différents :

Bitume = Asphaltènes + Maltènes (Saturés + Aromatiques + Résines)

Étant donné la diversité et la complexité des molécules formant les bitumes, il n'est pas
possible de déterminer la composition exacte de ces derniers. Cependant, plusieurs
chercheurs ont mis au point des méthodes de séparation des bitumes en fractions
principales et ont tenté de relier les caractéristiques de ces dernières aux propriétés
rhéologiques des bitumes. Outre les méthodes citées ci-dessus comme l'extraction aux
solvants sélectifs et la chromatographie, d'autres techniques sont utilisées pour déterminer
la composition chimique des bitumes [Ram 1990]:
- dosage des éléments tels que le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, le soufre
et les métaux comme le nickel et le vanadium;
- spectroscopie infrarouge pour déterminer les fonctionnalités et la nature chimique
des produits principaux;
- résonance paramagnétique électronique (RPE) pour le suivi de l'oxydation des
vanadyls porphilines au cours du vieillissement des bitumes;
- chromatographie sur gel perméable (GPC) pour la distribution des poids
moléculaires et,
- séparation par voie chimique de Rostler et Sternberg.

1.1.3 Structure colloïdale du bitume

Les bitumes sont des composés thermoplastiques. Ils peuvent se comporter, soit comme des
fluides newtoniens, soit comme des fluides non-newtoniens à caractère thixotropique ou
pseudoplastique. Le caractère colloïdal du bitume peut être apprécié et quantifié par un
indice : l’indice d’instabilité colloïdale Ic [Gae 1971]. Pour relier les propriétés des bitumes
à leur constitution chimique, de nombreuses études ont été réalisées. En 1953, Trader et
Schweyer [Tra 1953] ont analysé des bitumes de différentes natures, aromatique,
naphténique et paraffinique et ont étudié leur changement durant la distillation sous vide et

FGC/USTHB 2007 12
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

pendant le procédé de soufflage. Gaestel et coll. [Gae 1971] considèrent trois principaux
constituants : les asphaltènes, l'huile à tendance paraffinique et naphténique et le péptisant à
caractère aromatique. Ils ont établi une relation entre les principales propriétés rhéologiques
des bitumes et l'indice d'instabilité colloïdale.
L’école Soviétique et notamment Kolbanovskaja définissent à la température ordinaire trois
types structuraux de bitume associés à trois familles de composition.

a- Structure de type I à caractère gel « état élastoplastique»

Les saturés et les aromatiques (les huiles du bitume) peuvent être considérés comme le
milieu porteur des asphaltènes. Ces derniers sont la cause du comportement du bitume,
notamment de sa viscoélasticité à température ambiante. A partir d'un certain taux d’huile,
les molécules d'asphaltènes acquièrent une certaine liberté de mouvement. La structure gel
confère à la substance un caractère très élastique. YEN [Yen 1986] considère que les
asphaltènes, qui constituent le réseau, interagissent par leurs zones polaires à travers de
fines pellicules du milieu dispersant pour former des agglomérats (figure 1.3).

b- Structure de type II à caractère sol « état visqueux »

Celle-ci est en fait un système dispersé dans lequel les particules sont sans interactions
parce que statistiquement, elles sont éloignées les unes des autres. La concentration et la
masse moléculaire des asphaltènes sont faibles dans la structure sol; le caractère élastique
en est de même (figure 1.3).

c- Structure de type III « état viscoplastique »

Elle est intermédiaire entre les structures de type I et II. Les asphaltènes baignent dans un
milieu dispersant plus structuré par les résines que le type «gel» et moins structuré que
l’état «sol». Il y’a interaction entre les micelles d’asphaltènes qui forment des agglomérats,
mais le squelette structural n’est pas tout à fait continu. Ce type correspond à la majorité
des bitumes routiers [Suc 1987].

FGC/USTHB 2007 13
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Figure 1.3. Représentation schématique d’un bitume type « sol » et « gel »

Le comportement "gel" ou "sol" des bitumes est gouverné par les saturés et les aromatiques.

Les saturés et les aromatiques à faible poids moléculaire peuvent être considérés comme le
milieu porteur des aromatiques polaires, qui sont responsables du comportement du bitume,
par exemple, de sa viscoélasticité à la température ambiante. Ceci est dû à la capacité de ces
molécules de s'associer pour donner naissance à des structures de grandes tailles et dans
certains cas, à un réseau tridimensionnel et donc à un bitume de type gel. Quand la
concentration et la masse moléculaire des asphaltènes sont faibles, le bitume peut être de
type sol. Les bitumes qui possèdent une structure de type gel sont plus élastiques que ceux
ayant une structure de type sol.

Yen [Yen 1986] a proposé une structure pour représenter les micelles d'asphaltènes (figure
1.4). Selon cet auteur, les molécules d'asphaltènes peuvent exister sous forme de micelles
ou de paquets de micelles qu'on appelle agglomérats.

FGC/USTHB 2007 14
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

Coupe
a. Coupe d'und'un modèlede
modèle demicelles
micelles b. Macrostructure desdes
Macrostructure asphaltènes
asphaltènes

Figure 1.4. Structure des asphaltènes selon Yen [Yen 1986].

Tous les travaux réalisés sur les propriétés classiques des bitumes tels que la pénétrabilité,
la viscosité et le point de ramollissement ont révélé qu'il existe une étroite relation entre ces
propriétés et la composition chimique des matériaux. Par ailleurs, il a été montré par Dron
et coll. [Dro 1978] que la teneur en asphaltènes peut influencer les propriétés rhéologiques
des bitumes, entre autres leur viscosité.
Pour traduire cet état, Gaestel [Gae 1971] définit un indice d’instabilité colloïdale «Ic», qui
est le rapport des éléments antagonistes, à savoir, asphaltènes et huiles saturées (jouant le
rôle de floculant), sur résines et huiles aromatiques (jouant le rôle de péptisant et solvant):
Asphaltènes + Saturés
Ic =
Ré sin es + Aromatiques

Gaestel constate que plus cet indice est élevé plus le bitume se rapproche de l’état gel et
plus sa stabilité colloïdale est médiocre. Il note également que toutes les caractéristiques du
liant (point de ramollissement, ductilité, température de fragilisation, etc.) varient de façon
sensible avec l’indice d’instabilité colloïdale «Ic», donc avec la composition. Cet indice
prend les valeurs proches de 1 pour un bitume dans un état gel et prés de 0.25 pour un état
sol. Le tableau 1.1 montre les différents types de bitumes en fonction de leur composition.

Tableau 1. 1. Différents types de bitumes en fonction de leur composition [Suc 1986]


Type de bitume % d’asphaltènes % de résines % d’huiles
1 Gel > 25 < 24 > 50
2 Sol < 18 > 36 < 48
3 Sol-Gel 21 à 33 30 à 34 45 à 49

FGC/USTHB 2007 15
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

1.2 LES BITUMES MODIFIÉS

Devant l’accroissement du trafic et des charges les observations suivantes ont été relevées :
- le bitume pur ne permet plus à l’enrobé de type traditionnel d’assurer dans tous les
cas une résistance à l’orniérage pour des températures durablement élevées ;
- pour un grade plus dur, s’il apporte à l’enrobé un meilleur comportement à
l’orniérage, il accroît à l’inverse les risques de fissuration ;
- certains mélanges enrobés de granularité ouverte n’auront pas la résistance
mécanique souhaitée du fait de la cohésivité et de l’adhésivité obtenues avec un bitume pur,
ni même une durabilité satisfaisante du fait d’une richesse en liant faible ;
- de même, des enduits superficiels sous trafic élevé et lourd ne présentent pas la
même durabilité lorsqu’ils sont formulés avec un bitume pur pour les mêmes raisons de
qualités mécaniques et d’adhésivité.

Ces problèmes étant particulièrement préoccupants, il s'est avéré primordial de mettre au


point des bitumes qui ne soient pas trop rigides aux basses températures, afin d'avoir une
meilleure résistance à la fissuration, mais qui soient assez consistants aux hautes
températures, afin de minimiser le phénomène d'orniérage.

L'objectif de la modification des bitumes est donc le développement d'un bitume "idéal".
Ce bitume devrait avoir une susceptibilité thermique très faible sur toute la plage des
températures de service. Sa susceptibilité aux temps de charge devrait être faible, alors que
sa résistance à l'orniérage, à la rupture et à la fatigue, devrait être forte. De plus, ce bitume
devrait conserver les propriétés d'adhésivité et de cohésion des liants traditionnels. Enfin, la
résistance au vieillissement devrait être élevée tant en service que lors de la mise en oeuvre.
Ces modifications introduites dans les bitumes devraient ainsi entraîner une diminution de
la déformation permanente aux hautes températures, une meilleure résistance à la
fissuration aux basses températures et un meilleur comportement des enrobés en service
sous charges lourdes et répétées.

En plus de l’amélioration des caractéristiques des liants bitumineux qui se répercuteront sur
la durabilité des structures bitumineuses, l’environnement sera ainsi préservé car beaucoup
de déchets industriels ne sont pas recyclables et ne sont pas biodégradables. Donc le

FGC/USTHB 2007 16
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

domaine routier pourrait contribuer à la préservation de l’environnement en permettant le


recyclage d’une quantité importante des déchets industriels notamment les polymères.

1.2.1 Agents modifiants


Pour atteindre les performances préconisées, diverses méthodes ont été mises au point et
différents types d’additifs ont été testés. Parmi les additifs qui ont montré leur apport plus
ou moins bénéfique sur le comportement rhéologique des bitumes, on rencontre la lignine
[Dur 1982], le noir de carbone commercial [Ros 1977], le noir de carbone pyrolytique [Cha
1996, Che 1996], le polybutadiène [Lét 2000], le styrène butadiène styrène (SBS) [Lu
1997, Tay 2005], le vinyle acétate d'éthylène (EVA) [Air 2002, Had 2007], le polyéthylène
[Hin 2004; Xic 1995] et la poudrette de pneus usés [Pan 2004, Aks 2005]. Les polymères
se sont montrés les plus prometteurs.

1.2.2 La modification des bitumes par les polymères

Les polymères sont des substances constituées de grandes molécules formées par la
répétition d'un même motif composé d'une ou de plusieurs unités de base. Le nombre
moyen de ces unités de base (monomères) dans les molécules finales (polymères) est le
degré de polymérisation. Si ce degré de polymérisation est élevé, on parle de hauts
polymères; lorsqu'il est faible, le composé est un oligomère. Les homopolymères ne sont
constitués que d'un seul type de monomère dont le motif se répète dans la molécule; les
copolymères sont constitués de plusieurs types de monomères.
Au sens large, le terme polymérisation désigne l'ensemble des procédés de formation de
chaînes à partir de molécules plus petites (monomères). Il existe deux types de
polymérisation : la polycondensation et la polymérisation en chaîne, communément appelée
polymérisation.
Un polymère donné n'est pas un corps pur, mais un mélange de macromolécules de
différentes tailles, et de compositions variées si l'on a plusieurs monomères différents.
Ainsi, pour caractériser un polymère, on utilise des données statistiques : composition
chimique moyenne, masse moléculaire moyenne, degré de polymérisation, structure
(amorphe ou semi-cristalline), indice de polydispersité (dispersion en masse autour de la
masse moyenne).

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Les propriétés mécaniques des polymères dépendent fortement de la température. À basse


température, la plupart des polymères présentent un état vitreux : ils sont rigides. Lorsque
la température augmente, ils passent par un état de transition : pour une plage de
températures spécifique du polymère, les chaînes macromoléculaires glissent les unes par
rapport aux autres et le polymère se ramollit. Cette plage de températures est appelée
température de transition vitreuse, notée Tg. À une température plus élevée, le polymère
passe par un plateau caoutchoutique : son comportement est visco-élastique. À cet état, les
forces de Van Der Waals et la réticulation entre chaînes servent de force de rappel lorsque
l'on déforme le matériau (élasticité). Enfin, lorsque l'on élève la température de polymères
peu réticulés, on peut assister à une phase d'écoulement visqueux, correspondant au
désenchevêtrement des chaînes. Ce dernier comportement est utilisé pour mettre en forme
les matières plastiques. Certains polymères présentent également un point de fusion,
supérieur à Tg.
Les polymères étant utilisés la plupart du temps à température ambiante, on dit qu'ils sont
élastomères si leur température de transition vitreuse est inférieure à la température
ambiante (comportement caoutchoutique); ils sont plastomères (comportement rigide) dans
l'autre cas.
La nature du polymère, sa masse moléculaire moyenne, son degré de polymérisation, sa
structure influent énormément sur la largeur de ces différents domaines et sur leur seuil
d'apparition en fonction du temps ou de la température.

1.2.2.1 Principaux agents chimiques utilisés dans la modification des bitumes

L’emploi d’un agent chimique dans le bitume de base modifie la structure chimique et les
propriétés «physiques et mécaniques». Les polymères constituent la famille d’agents
modifiants chimiques la plus utilisée pour la modification des bitumes. On classe les
polymères en deux grandes catégories [Ass 1999] :

a- Les polymères thermodurcissables

Ils durcissent de façon irréversible à une température qui dépend de leur nature chimique.
L’enchaînement de leurs molécules forme un réseau tridimensionnel qui s’oppose à toute
mobilité thermique. Ils sont relativement peu utilisés en association avec le bitume en
technique routière.

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ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

b- Les polymères thermoplastiques

Ils se fluidifient et deviennent malléables sous l’effet de la chaleur, de façon réversible. Ils
sont formés, en première approximation, de chaînes macromoléculaires linéaires,
éventuellement ramifiées. Ils sont combinés au bitume à température élevée, alors que le
mélange se présente sous une forme fluide plus ou moins visqueuse.

Les polymères thermoplastiques sont subdivisés en deux familles, les élastomères et les
plastomères qui se distinguent, aux températures d’usage, par des comportements différents
du point de vue, en particulier, de leur rigidité, de leur déformabilité et de leur résilience.
Pour les plastomères, la déformation élastique s’accompagne d’une déformation
permanente qui peut être relativement importante. Il convient toute fois de noter qu’entre
ces deux situations on observe une gamme de matériaux dont le caractère élastomère ou
plastique est gradué suivant la proportion des phases souple et rigide présentes dans
la matrice du polymère.

1.2.2.2 Le mécanisme de la modification

Différentes procédures ont été développées pour produire les bitume-polymères. Les
principaux facteurs influençant le taux de dispersion des polymères dans la matrice
bitumineuse sont les dimensions des particules de polymère, la température et le
cisaillement appliqué aux mélanges.
La température de mélange est généralement comprise entre 150°C et 200°C ou plus. La
durée de mélange varie de quelques minutes à quelques heures. La durée optimale de
mélange est atteinte quand les propriétés désirées du bitume-polymère, telles que le point
de ramollissement, la pénétration et la viscosité deviennent constantes. Les PMBs ne sont
pas produits dans les raffineries à l'aide de moyens spéciaux, mais par des compagnies
spécialisées dans la construction des routes [Mal 1982].
La modification des propriétés des bitumes par l’addition de polymère est souvent
expliquée par le gonflement du polymère par les huiles du bitume. Pour qu’un polymère
soit utilisable dans la modification d’un bitume, il doit être au moins gonflable,
éventuellement soluble, dans les fractions hydrocarbonées de faibles masses moléculaires
du liant [Brû 1986]. Cela induit qu’un liant bitume-polymère peut être considéré comme un
système à deux phases [Don 1991] :
- une phase polymère gonflé par les huiles
- une phase bitume plus riche en résines et en asphaltènes (ceux-ci n’intervenant pas
dans la solvatation) que le bitume de base.

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Ceci permet une augmentation de la viscosité et le développement du caractère « GEL » du


liant. Le polymère gonflé rend donc, même à faible teneur, le bitume plus élastique et plus
résistant à l’écoulement. L’augmentation progressive de la teneur en polymère conduit, au-
delà d’une concentration critique, à des liants pour lesquels la phase polymère devient la
phase continue. Cette transition s’accompagne d’une modification importante des
propriétés physiques du système qui tendent alors vers celles du polymère. L’inversion est
observée vers 4 à 6% de polymère [Brû 1986a]. La dispersion du polymère dans le bitume
est également expliquée en tenant compte de trois paramètres influant (figure 1.5) [Kra
1980] :
- La taille des particules : plus elles sont petites, plus la surface d’échange est
importante et plus grande est la vitesse de diffusion du bitume dans les particules (étapes 1
et 2) ;Le cisaillement : malgré le gonflement, les molécules deviennent d’autant plus
mobiles (étapes 3 et 4) qu’elles ont été rompues ;
- La température : la vitesse de diffusion du bitume dans les particules de polymère
augmente avec la température et modifie le moment où le cisaillement devient efficace.
- Etape 1 Fines particules de polymère
en suspension dans le bitume

Etape 2 Microstructure du polymère

Polystyrène

Bitume Butadiène

Etape 3 Domaine de polystyrène


gonflé par le bitume

Etape 4 Dispersion ultérieure par cisaillement

Figure 1.5. Mécanisme de la dispersion d’un copolymère dans le bitume

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ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

1.2.2.3 La notion de compatibilité

La compatibilité des bitumes et des polymères est le sujet pour lequel il n’y a pas de
référence absolue et dont l’interprétation dépend du sens donné au terme « compatible ». La
compatibilité peut être définie de deux façons :
- en terme thermodynamique, la compatibilité se définit comme une situation
où le bitume et le polymère forment une seule phase. Nous nous référerons à cette
définition de la compatibilité en parlant de solubilité d’un polymère dans le bitume est
qu’il n’y aura pas de séparation de phases et qu’un tel mélange peut être stocké sans
agitation et,
- en terme pratique, la compatibilité se définit comme une situation où le
bitume et le polymère peuvent se combiner pour former un produit dont les propriétés se
trouvent améliorées et où ce mélange peut être manipulé sans précautions excessives.
Nous considérons alors que la compatibilité a le sens de convenance. L’implication
pratique pour un tel mélange bitume/polymère est qu’il peut y avoir séparation de phase si
le mélange est stocké sans agitation.

1.2.2.4 La solubilité

La solubilité des polymères dans les bitumes dépend de nombreux paramètres dont les plus
importants sont :
- la différence des paramètres de solubilité du polymère et de la fraction
« maltènes » du bitume ;
- la quantité et le type des asphaltènes présents dans le bitume.
Ceci est cohérent avec l’explication du rôle de solvant attribué à la fraction « maltènes » du
bitume vis-à-vis du polymère et avec le fait que les asphaltènes se trouvent en compétition
avec le polymère pour rester en solution.
La fraction « maltènes » d’un bitume quelconque est un mélange de différents produits
hydrocarbonés allant d’espèces paraffiniques ayant un paramètre de solubilité
(= densité d’énergie cohésive) d’environ 16 (J/cm3)0,5 à des produits aromatiques pour
lesquels cette valeur est de l’ordre 18 (J/cm3)0,5. Pour qu’il y ait interaction entre le
polymère et le bitume, le paramètre de solubilité du polymère doit être à peu près dans cet
intervalle.
La masse moléculaire des constituants est aussi un paramètre pertinent : il est plus facile de
mélanger des polymères ayant des masses moléculaires faibles que l’inverse.

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Pour tout mélange de bitume et de polymère, pour lequel la différence des paramètres de
solubilité est assez faible pour être acceptable, il y a une température en dessus de laquelle
une seule phase existera et en-dessous de laquelle il y aura deux phases. La valeur de cette
température critique dépend, elle aussi, de nombreux paramètres, mais aussi pour les
bitumes, elle est principalement déterminée par les asphaltènes et dans une moindre
mesure, par le pouvoir de solvatation des maltènes. Ainsi, il n’existe pas en soi de bitume
compatible ou incompatible, tant que le mélange n’est pas défini plus précisément en
termes de nature, de concentration et de température à laquelle une phase devrait exister.

1.2.2.5 La convenance

Qualifier d’incompatibilité un bitume qui ne conduirait pas à un mélange à une seule phase
impliquerait trop rapidement que ces bitumes ne sont pas adaptés pour être modifiés par des
polymères. L’appréciation de compatibilité est en partie attachée aux performances du
produit, mais principalement à des problèmes pratiques.

Les mélanges de bitume et d’élastomères du type styrène-butadiène-styrène (SBS) ou de


plastomères de type éthyle-vinyle-acétate (EVA) sont à l’échelle de la microstructure, des
systèmes à deux phases qui sont composées [Had 1998] :

- d’une phase riche en polymère qui contient le polymère et une partie des maltènes
du bitume absorbée par le polymère ;

- d’une phase riche en asphaltènes contenant tous les constituants du bitume qui
n’ont pas été absorbés par le polymère, en particulier les asphaltènes.

Concernant le volume des deux phases : les polymères tels que SBS et EVA peuvent
absorber des constituants du bitume jusqu’à environ 9 fois leur volume, mais cette capacité
d’absorption décroît avec l’augmentation de la concentration (figure 1.6).

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ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

Figure I.6. Variation du taux de gonflement en fonction de la teneur en polymère [Rou 1999].

Influence de la teneur en polymère [Rou 1999]

La microstructure des bitumes modifiés peut s’observer par microscopie de fluorescence en


réflexion. Leur structure dépend de la teneur en polymère. La figure1.7 montre les
mélanges à teneur croissante en polymère :

- aux faibles teneurs (< 5%) on observe une phase bitume continue avec un
polymère dispersé. Dans cette situation, les propriétés du mélange sont surtout modifiées
par l’augmentation de la teneur en asphaltènes dans la phase bitume. Dans ce cas, le choix
du bitume de base est déterminant.

- aux teneurs autour de 5%, on observe deux phases continues entremêlées.

- aux teneurs élevées (> 5%) on observe une phase polymère continue avec une
phase riche en asphaltènes dispersée. Dans cette situation, les propriétés du mélange sont
principalement déterminées par la phase riche en polymère et donc par le choix du
polymère.

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Figure 1.7 - Mélange bitume/polymère à teneur croissante [Rou 1999]

La modification des propriétés physiques (pénétrabilité et température bille anneaux) des


bitumes modifiés est représentée sur la figure 1.8. On remarque que la transition qui
s’opère autour de 5% de copolymère entre les systèmes à phase continue bitume (< 5% )
et ceux à phase continue polymère ( > 5% ) s’accompagne d’une augmentation plus rapide
de la température de ramollissement bille anneau.

Figure 1.8 - Variation de la pénétrabilité et TBA en fonction de la teneur en polymère [Rou 999]

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1.2.2.6 Autres agents modifiants

La modification du bitume peut être obtenue avec d’autres polymères comme les
Terpolymères, «les mélanges d’élastomères et de plastomères» et polyoléfines. Elle peut
être obtenue aussi avec d’autres agents modifiants autres que les polymères de synthèse, il
s’agit notamment de la poudrette de caoutchouc et des latex.
a- Terpolymères

Les terpolymères éthylène propylène diène appelés plus couramment EPDM présentent de
bonnes résistances à l’oxygène, l’ozone, la chaleur, la lumière ainsi que de bonnes
propriétés mécaniques en résilience élastique et flexibilité à froid.
Le bitume peut aussi être modifié par adjonction d’un élastomère et d’un plastomère. Ainsi
certains industriels ont cherché à tirer bénéfice des avantages spécifiques de chaque grande
famille de modifiant en ajoutant au bitume simultanément des EVA et des SBS.
b- Polyoléfines

Les polyoléfines sont des copolymères saturés d’éthylène, propylène et butène. Les
polyoléfines sont largement utilisées pour la fabrication de membranes d’étanchéité [Com
1986]. En revanche, ils sont moins utilisés en applications routières en raison des difficultés
à assurer un mélange homogène avec le bitume aux températures habituelles de mise en
œuvre.
c- Le caoutchouc
Des considérations économiques (liées au coût des polymères), associées à un problème
réel d’élimination des pneumatiques, ont conduit à tenter de modifier les propriétés du
bitume par incorporation de ces déchets. Le caoutchouc naturel ou synthétique a été utilisé
comme agent de modification des bitumes depuis les années 60 aux États-unis. Ce procédé,
qualifié aux États-unis de wet process, par opposition à l’addition de caoutchouc comme
partie de la fraction granulaire, dry process. Il faut noter que le caoutchouc utilisé pour la
fabrication des pneumatiques a été «vulcanisé», ce qui entraîne une modification chimique
de sa structure et lui confère des caractéristiques différentes de solubilité et de gonflement
de celle du caoutchouc non vulcanisé.

Le caoutchouc provient donc en général de pneumatiques usagés réduits à l’état de


poudrette de taille au plus millimétrique. Introduit dans le bitume chaud, le caoutchouc
réagit et gonfle par absorption de fractions huileuses du bitume. La vulcanisation du
caoutchouc issu du recyclage des pneumatiques, fait que les polymères formant la poudrette

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

ne se dissolvent pas bien dans le bitume chaud et que le mélange est généralement instable.
Donc le mélange doit être utilisé immédiatement en raison de son instabilité [Rou 1998].

Il a été suspecté que des émissions nocives puissent provenir de la réaction du caoutchouc
avec le bitume chaud. Les observations et études faites sur les lieux de fabrication et de
mise en oeuvre n'ont pas mis en évidence d'émissions dangereuses [Rou 1998].
d- Les latex

Les latex sont des agents de modification utilisés pour les émulsions. Les latex sont des
dispersions aqueuses de polymères naturels ou synthétiques sous forme de particules
extrêmement fines (en général ϕ <1µm).
e- Les copolymères styrène-butadiène-styrène (SBS) et les copolymères d’éthylène et
d’acétate de vinyle (EVA)
Les deux familles de polymères les plus utilisés pour la modification des caractéristiques
des bitumes sont les copolymères d’éthylène et d’acétate de vinyle (EVA) et les
copolymères styrène- butadiène- styrène (SBS).

- Les copolymères styrène butadiène styrène (SBS)


Depuis leur commercialisation en 1965, ces élastomères thermoplastiques ont connu un
grand essor de par leur structure et leurs propriétés tout à fait originales et intéressantes qui
leur ont permis d’avoir de nombreuses applications : chaussures (67%), adhésifs (9%),
modification de bitumes (14%) et de plastiques (6%) [ Del 1986].
La qualité essentielle pour un élastomère thermoplastique est de posséder un bon équilibre
entre sa faculté de fluer à l’état fondu et son comportement élastique dans les conditions
d’usage. A haute température le SBS se comporte comme un corps plastique et élastique à
plus basse température est donc totalement réversible. Les meilleures caractéristiques
mécaniques sont obtenues à température ordinaire. L’inconvénient est qu’il est très cher.

- Les copolymères d’éthylène et d’acétate de vinyle (EVA)


Les plastomères thermoplastiques compatibles avec les bitumes [Ass 1999] sont
fréquemment utilisés pour la fabrication de liants modifiés. Dans le domaine routier on
rencontre essentiellement des EVA. Les copolymères d’éthylène et d’acétate de vinyle
peuvent éventuellement être utilisés associés à des SBS. Les propriétés essentielles des
EVA sont leur résistance à la craquelure en flexion, leur stabilité thermique et leur coût
raisonnable.

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ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

1.3 LES ENROBES BITUMINEUX

L'enrobé bitumineux est un mélange, dans une proportion donnée, de granulats et d'un liant
hydrocarboné, en général de nature bitumineuse.
Grâce à leurs souplesse, résistance aux chocs, facilité de construction sans joints de
dilatation, ni de retrait, effet bénéfique sur la pérennité des structures bitumineuses, les
enrobés bitumineux ont, depuis plusieurs années, fait l'objet de nombreuses applications
(routes, noyaux de barrages, chaussées aéronautiques, protection de digues, étanchéités de
protection des barrages et bassins, etc.).

1.3.1 Définition
L’enrobé bitumineux est un mélange de granulats minéraux et de liant hydrocarbonés
(bitume pur) dosé dans des proportions convenables. C’est aussi un corps hétérogène
auquel le bitume confère un caractère visqueux, alors que sa partie minérale est responsable
de sa résistance.
Un enrobé bitumineux est défini comme un mélange de liant bitumineux (5 à 7 % en
masse), d’agrégats et de fines (passant à 80 µm). L’obtention des enrobés par mélange des
granulats et du bitume fait appel à des propriétés bien spécifiques aux liants hydrocarbonés
en général et donc au bitume en particulier :
- un pouvoir d’adhésion aux granulats,
- une consistance variable avec la température.
Dans leur domaine d’utilisation, les enrobés présentent des caractéristiques mécaniques
variables selon leur sollicitation par le climat et le trafic routier.

1.3.2 Teneur en liant

Le liant bitumineux transmet naturellement son comportement viscoélastique à l’enrobé. Il


faut donc définir une teneur en liant optimale afin d’assurer la cohésion du mélange et le
bon enrobage de tous les grains du mélange par un film mince de bitume, et ce, tout en
évitant des problèmes de fluage et d’orniérage trop prononcés à haute température (dans le
cas d’une trop forte teneur en bitume). Pour déterminer cette teneur en liant optimale, on
introduit la notion de surface spécifique des granulats (Arr 1959, Dur 1962 ), notée Σ et
exprimée en m2/kg. La teneur en liant à retenir pour le chantier, sera définie à partir d’une
étude de laboratoire.
Ces dernières années, plusieurs pays dans le monde à l'instar de l'Algérie, engagent des
budgets colossaux pour le développement de leurs réseaux routiers.

FGC/USTHB 2007 27
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

C'est ainsi que, dans les pays développés, on tente d'approfondir, chaque jour un peu plus,
le domaine des enrobés bitumineux afin de mieux comprendre leur comportement.
Plusieurs recherches ont été effectuées ces dernières années. On peut citer entre autres :
- résistance à la fatigue des enrobés denses, influence des facteurs de formulation et
de la température [God 1977],
- fluage dynamique dans la formulation des enrobés et le dimensionnement des
chaussées [Aus 1977],
- modules complexes de mélange bitumineux [Fra 1973, Fra 1977],
- flexion alternée sur éprouvettes trapézoïdales [Ass 1987],
- orniérage [Fra 1973, Hus 1984],
- étude expérimentale concernant l'anisotropie d'un enrobé bitumineux [Lar 1990],
- triaxial de révolution [Lar 1990, Roy 1985],
- etc.
Plusieurs paramètres peuvent influencer sur le comportement de l'enrobé bitumineux [Sau
1968, Dib 2005]:
- la forme des granulats,
- la compacité de l'enrobé,
- la teneur en bitume et la formule granulométrique,
- le type de bitume utilisé,
- la température
- le temps de charge.

1.3.3 Influence des actions appliquées à la chaussée

1.3.3.1 Effet du trafic

Chaque couche de chaussée subit des compressions et des flexions sous l’effet du trafic
(figure 1.9) [Ola 2003]. Le calcul des efforts et des déformations qui s'effectue
traditionnellement en considérant des multicouches élastiques linéaires isotropes, nécessite,
en premier lieu, la connaissance du module de Young et éventuellement du coefficient de
Poisson. C’est précisément à partir de ces deux coefficients, que les logiciels Alizé ou
encore Ecoroute –basés sur le modèle de Burmister (1943)- permettent la résolution du
problème considéré comme élastique.

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ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

Figure 1.9. Schématisation des sollicitations induites par le trafic [Dib 2005].

Les tractions répétées à la base des couches, sous l’effet du passage des véhicules, créent
des micro-dégradations qui s’accumulent et peuvent entraîner la ruine du matériau. Il s’agit
du phénomène de fatigue qui s’observe pour de nombreux matériaux. Une fissure peut
également apparaître et se propager dans la chaussée.
Les compressions répétées sous le passage de la charge peuvent créer des déformations
permanentes qui induisent parfois un orniérage à la surface de la chaussée. Cet orniérage
peut être dû au tassement des couches de béton bitumineux mais peut aussi être dû
éventuellement aux déformations de couches inférieures non traitées.
Nous pouvons également souligner qu’en raison des propriétés particulières apportées par
le liant bitumineux, les enrobés possèdent un comportement (donc un module) fortement
dépendant de la température et de la vitesse de chargement.

1.3.3.2 Effet de la température

A basse température le bitume possède un comportement fragile. La chaussée est, par voie
de conséquence, susceptible de se fissurer sous l’effet conjugué des conditions climatiques
et des contraintes de trafic. Cependant, la fissuration thermique peut être facilement évitée à
basse température si l’on utilise un bitume de grade élevé, c’est-à-dire un bitume moins
“dur”, et donc moins “cassant” à basse température.
Néanmoins, un bitume de grade trop élevé se révèle néfaste vis-à-vis des problèmes
d’orniérage (déformations permanentes de la chaussée) à température élevée. Le bitume

FGC/USTHB 2007 29
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

idéal doit donc être à la fois le moins susceptible possible aux phénomènes de fissuration
thermique (à basse température) et d’orniérage (à température élevée). Plus simplement, on
doit donc exiger des enrobés deux qualités principales en rapport direct avec la dépendance
du liant utilisé vis-à-vis de la température [Ola 2003] :
- la stabilité, c'est-à-dire la résistance à la déformation permanente qui est aggravée à haute
température,
- la flexibilité, soit l’aptitude à supporter sans fissures thermiques les basses températures.
Ces conditions ont notamment amené les différents groupes pétroliers à développer de
nouveaux bitumes pour couvrir ce large intervalle de température (-30°C à 60°C) : les
bitumes modifiés aux polymères.

Pour résumer, d’après Di Benedetto, outre le vieillissement du matériau, la température a


deux effets mécaniques principaux [Ola 2003] :
- changement du module du matériau. Un béton bitumineux que l’on chauffe devient plus
“mou”. Plus généralement, ces matériaux sont dits “thermo-sensibles”, c'est-à-dire que leur
comportement viscoplastique change selon la température considérée,
- création de contraintes et déformations au sein du matériau en raison des dilatations ou
contractions thermiques lors des changements de température (figure 1.10).

Le premier effet est, en général, caractérisé par la dépendance du module de rigidité vis-à-
vis de la température et de la vitesse de chargement.
Le deuxième effet est particulièrement néfaste :

- lors d’un refroidissement, par exemple, la chaussée a tendance à se contracter. Or,


les mouvements de contraction sont empêchés dans le sens longitudinal de la chaussée.
Cela revient donc à exercer une traction sur cette chaussée dans le sens longitudinal, d’où
l’amorçage éventuel de fissures transversales. Ces dernières sont ensuite susceptibles de se
propager à travers la structure lors de cycles thermiques (journaliers ou autres).

- lorsqu’une couche de base traitée aux liants hydrauliques existe dans la chaussée
(structures semi-rigides). En effet, cette couche traitée aux liants hydrauliques est sujette au
retrait thermique et de prise. Le retrait, empêché par le frottement à l’interface, peut
provoquer une fissure dans la couche en béton bitumineux. Cette fissure évolue avec les
cycles thermiques et peut progressivement traverser la couche.

FGC/USTHB 2007 30
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

Figure 1.10. Schématisation des sollicitations induites par la température [Dib 2005].

1.4 CONCLUSION

Afin de relever les caractéristiques des bitumes traditionnels qui ne répondent plus au
normes actuelles, les polymères s’avèrent être des agents modifiants efficaces. Mais des
conditions sont nécessaires pour optimiser cette modification. Les polymères
thermoplastiques sont les plus utilisés. Cette modifications introduite dans les bitumes
devrait ainsi entraîner une diminution de la déformation permanente aux hautes
températures, une meilleure résistance à la fissuration aux basses températures et un
meilleur comportement des enrobés en service sous charges lourdes et répétées. L'objectif
de la modification des bitumes est donc le développement d'un bitume "idéal".

On peut tenter de dresser les caractéristiques du polymère thermoplastique «idéal» pour la


modification des bitumes. Un tel thermoplastique doit être :
- solide et élastique à la température ambiante mais présenter une faible viscosité aux
températures d’enrobage et de mise en œuvre des bétons bitumineux ;
- compatible avec les bitumes et les granulats, c’est à dire conduire à un mélange homogène
présentant de bonnes propriétés adhésives et chimiquement stable aux températures
habituelles de mise en œuvre des enrobés ;
- non toxique tant en ce qui concerne le produit lui-même que les produits de
décomposition susceptibles d’apparaître par dégradation thermique ;
- recyclable avec les technologies habituellement utilisées dans le domaine routier.

FGC/USTHB 2007 31
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

CHAPITRE 2

MATÉRIAUX ET TECHNIQUES EXPÉRIMENTALES

Différents matériels et techniques expérimentales ont été utilisés pour la caractérisation des
matériaux de la présente étude. Dans ce chapitre sont exposés l’origine des matériaux
(granulats, bitume, poudrette de caoutchouc), les essais de caractérisations ainsi que des
essais mécaniques de formulation (Marshall) et de compression simple.

2.1 PRÉSENTATION DES MATÉRIAUX

L’origine des granulats utilisés est donnée dans le tableau 2.1.

Tableau 2.1. Provenance des granulats utilisés.

Matériau Provenance
Sable concassé 0/3 Carrière de Keddara, W. de Bouira (Algérie)
Gravillons 3/8 et 8/15 Carrière de Cap Djinet, W. de Boumerdès (Algérie)

Le bitume utilisé de grade 35/50 provient des raffineries de Naftal (Algérie).


Le polymère que nous avons étudié dans ce présent travail est un déchet industriel de
couleur noirâtre provenant de la société d’application d’élastomère (SAEL). Il est utilisé
sous forme de poudrette.

2.2 ESSAIS DE CARACTÉRISATION

2.2.1 Les granulats

Dans cette étude nous avons procédés aux essais usuels sur les granulats. Les essais
suivants ont été effectués :
- la granulométrie (NF P18-586),
- la densité (NF T 66 007),
- la propreté superficielle (NF P 18-591)

FGC/USTHB 2007 32
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

- l’équivalent de sable (NF P 18-597),


- résistance au choc (NF P 18-573),
- résistance à l’usure ou attrition (NF P 18-572),
- l’analyse chimique sommaire,
- l’analyse minéralogique par DRX.

2.2.2 Le bitume
Les essais suivants ont été réalisés sur le bitume :
- Pénétrabilité (NF T 66-004)
- Point de ramollissement (température bille anneau) (NF T 66-008)
- Densité (NF T 66-007)
- Point d’éclair et point de flamme (NF T 66 011)
- L’Analyse Enthalpique Différentielle (Differential Scanning Calorimetry)
- L’Analyse thermogravimétrie (ATG)
- La ductilité (NF T 66 006)
- La détermination du pourcentage d’asphaltènes.

2.2.3 La poudrette de caoutchouc


Nous avons réalisé les essais suivants sur la poudrette de caoutchouc :
- L’analyse infrarouge,
- l’analyse aux Rx,
- la densité,
- la granulométrie,
- l’analyse enthalpique différentielle (Differential Scanning Calorimetry)
- l’analyse thermogravimétrie (ATG).

2.2.4 Les enrobés bitumineux


Sur les enrobés bitumineux nous avons procédé comme suit :
- recherche de mélange optimal,
- la formulation,
- l’essai Marshall,
- l’essai de compression simple.

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MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

2.3 RÉSULTATS ET INTERPRÉTATIONS

2.3.1 Les granulats

2.3.1.1 Analyse chimique

Les résultats de l’analyse chimique sont récapitulés dans le tableau 2.2.

Tableau 2.2. Analyse chimique sommaire des différents types de granulats.


Sable concassé Graviers
Echantillon
0/3 (3/8 et 8/15)
Provenance Keddara Cap Djinet
Insolubles (SiO2+Silicates) 4.37 % 70.15
Oxyde de fer et d’Al
1.32 % 21.75
Fe2O3+Al2O3
Gypse (CaSO4, 2H2O) Traces Traces
Chlorures (NaCl) 0.17 % 0.15
Carbonates (CaCO3) 94.01 % 5.98
Anhydride
41.36 % 2.625
Carbonique CO2
Perte au feu PF 41.63 % 4.81
Eau de constitution 0.27 % 2.19
Bilan chimique pondéral 100.14 % 100.21

L’analyse chimique montre que :


- Le sable de Keddara a une forte teneur en carbonates (CaCO3), il s’agit d’un sable
calcaire.
- Les gravillons de Cap Djinet sont de nature Siliceuse.

2.3.1.2 Analyse aux Rayons X


L’analyse aux rayons X a été réalisée à la faculté des sciences de la terre de l’USTHB.
L’analyse des diffractogrammes X des graviers 3/8 et 8/15 ainsi que le sable 0/3 montre
que :

- Le sable 0/3 est un calcaire composé de CaCO3 sous forme de calcite. Il contient aussi
quelque trace de silice SiO2, sous forme d’alpha quartz (voir diffractogramme représenté
sur la figure 2.1).
- Les graviers 3/8 et 8/15 sont des basaltes (voir diffractogramme de la figure 2.2).

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Figure 2.1. Diffractogramme aux rayons X du sable 0/3 (calcaire)

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MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

Figure 2.2. Diffractogramme aux rayons X des graviers 3/8 et 8/15 (basalte)

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

2.3.1.3 Analyse granulométrique


L’analyse granulométrique est un essai qui permet de déterminer les dimensions des grains.
La figure 2.3 représente les courbes granulométriques.

100
90

80
Tamisats cumulés (%)

70
8/15
60 3/8
50 0/3
40
30

20

10
0
100 10 1 0,1 0,01
Tamis (mm)

Figure 2.3. Courbes granulométriques du squelette granulaire

2.3.1.4 Les caractéristiques


Les caractéristiques des différentes classes de granulats sont données par le tableau 2.3.
Tableau 2.3. Caractéristiques des granulats.
Classe granulaire
0/3 3/8 8/15
Essais
(Keddara) (Cap Djinet) (Cap Djinet)
Propreté (%) - 2.33 1.57
Equivalent de sable (%) 39 - -
Los Angeles (%) - 16 14
Micro-Deval (%) - 29 16
Densité spécifique 2.58 2.70 2.70

Les différents essais effectués (LA, MDE, ES, etc.) sur les granulats montrent que les
matériaux choisis présentent, de bonnes caractéristiques en qualités intrinsèques.

2.3.2 Le bitume pur

Cette étude consiste à caractériser de façon précise le bitume de base qui a servi à
l’élaboration des liants modifiés.

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MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

2.3.2.1 Caractéristiques classiques


Le bitume utilisé de grade 35/50 provient des raffineries de Naftal. Le tableau 2.4 résume
les résultats des différents essais conduits sur le bitume.

Tableau 2.4. Caractéristiques du bitume

Grade de bitume pur 35/50 Spécifications


Pénétrabilité à 25°C (1/10 mm) 42 35 à 50
Température bille et anneau «TBA» (°C) 51,6 50 à 58
Densité relative (g/cm3) 1.029 -
Ductilité à 25°C (mm) > 1000 > 1000
IPLCPC 0,545 -

Le bitume répond aux normes en vigueur en Algérie.

2.3.2.2 Susceptibilité Thermique


En 1889, il a été mis au point la méthode d'essai par pénétration en fonction de la
température qui après quelques modifications, a été longtemps d'usage courant en raison de
sa simplicité et de sa rapidité. En 1936, Pfeffier et Van Doormaal [Pfe 1936] ont montré
l'existence d'une relation Linéaire (2.1) entre le logarithme décimal de la pénétration et la
température :
Log (Pen) = AT + C (2.1)
Où :
A est la susceptibilité thermique,
C une constante.
La valeur de A varie entre 0,015 et 0,06, ce qui montre l'existence de différences
considérables en terme de susceptibilité thermique.
La susceptibilité thermique des bitumes routiers est représentée par un indice appelé indice
de pénétrabilité (IP) exprimé par les relations suivantes :
20 − IP
50A = (2.2)
10 + IP
Où :
20 − 500A
IP = (2.3)
I + 50A
La valeur de l'indice de pénétration varie de -3 pour les bitumes très susceptibles à la
température, jusqu’à environ +7 pour les bitumes moins susceptibles. Les valeurs de A et

FGC/USTHB 2007 38
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

de IP peuvent être calculées à partir des mesures de pénétration à deux températures T1 et


T2, à l'aide de la relation (2.4) :

log(Pen (T1 ) − log(Pen (T2 )


A= (2.4)
T1 − T2
Sur la figure 2.4, nous représentons le graphe semi-logaritmique la pénétrabilité en fonction
de la température comme préconisé par la méthode LCPC.

1000
Pénétrabilité (1/10 mm)

100

10

1
10 15 20 25 30 35 40 45
Température (°C)

Figure 2.4. Variation de la pénétrabilité des bitumes purs en fonction de la température.

2.3.3 Poudrette de caoutchouc NBR

Le polymère que nous avons étudié dans ce présent travail est un déchet industriel de
couleur noirâtre provenant de la société d’application d’élastomère (SAEL). Il est utilisé
sous forme de poudrette. La figure 2.5 montre son aspect.

FGC/USTHB 2007 39
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

Figure 2.5. Le déchet sous forme de poudrette

2.3.3.1 Analyse granulométrique

Une analyse granulométrique a été effectuée et les résultats sont représentés sur la figure
2.6.

Granulométrie

100
90
Tamisats cumulés (%)

80
70
60
50
40
30
20
10
0
10 1 0,1 0,01
Tamis (mm)

Figure 2.6. Analyse granulométrique de la poudrette de caoutchouc

L’analyse granulométrique montre que la poudrette de caoutchouc est constituée de grains


inférieurs à 0,8 mm.

2.3.3.2 Analyse en Infrarouge à l’aide du spectroscope FTIR


Une analyse en infrarouge a été réalisée sur la poudrette de caoutchouc. Nous avons noté
quelques observations :

FGC/USTHB 2007 40
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

L’aspect visuel : celui d’une poudre fine de couleur noire.


L’odeur : celle d’une matière caoutchouteuse.
et les conditions opératoires :
Type d’appareil : SHIMADZU FTIR-8400S.
Logiciel de Resolution.
Mode de transmittance (TR); Fenêtre KBr.
1 mg d’échantillon /100 mg de KBr.
Résolution : 1 cm-1.
Gamme d’absorption : 4000-400 cm-1.
Pastillage dans KBr; NBR/KBr.

Spectre obtenu :
Le spectre obtenu après 60 scans est représenté dans la figure 2.7 :

Figure 2.7. Spectre FTIR du NBR.

Interprétations :
- Présence d’une bande large aux environs de 3424 dûe à la présence des groupements
OH non liés, à priori engendrées par l’absorption de l’humidité. Un séchage de
l’échantillon s’avère nécessaire pour s’assurer de cette éventualité.

FGC/USTHB 2007 41
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

- Les groupements CH sont fortement présents (2880-2900 cm-1), ce sont ceux d’une
chaîne macromoléculaire (polymère). Cependant ces groupements sont liés aux
chaînes insaturées.
- Les groupements C=C (1652 cm-1) sont présents (butadiène) (-C=C-).
- Il se peut que la matière soit traitée par des dérivés souffres (-C-S).
- Les groupements nitriles se déforment à 468 cm-1 (-C-CN).
Conclusion :
Une matière caoutchoutique de type NBR (acrylonitrile butadiène rubber) est fort
probablement présente dont les vibrations caractéristiques de ses groupements sont
apparues dans le spectre infrarouge de l’échantillon analysé.

2.3.3.3 Densité du NBR

La densité de la poudrette est de 1,22 mesurée par rapport à l’éthanol dont la densité est de
0,79.

2.3.4 Bitume modifiés

Suivant la définition retenue, les liants modifiés sont des liants bitumineux dont les
propriétés ont été modifiées par emploi d'un agent chimique qui, introduit dans le bitume de
base, en modifie la structure chimique et/ou les propriétés physiques et mécaniques. Il s'agit
de liants préfabriqués soit dans une usine distante du lieu d'utilisation, soit immédiatement
avant l'emploi par une unité mobile spécialisée. Le liant ainsi modifié peut être caractérisé
en tant que tel séparément du mélange bitumineux.

Parmi les facteurs qui influent sur le mélange bitume-polymère nous avons la température,
la durée et la vitesse de malaxage. Plusieurs études ont été réalisées. Nous citerons certaines
qui se sont intéressées à l’association bitume-caoutchouc. Navarro et all [Nav 2002] ont
utilisé un caoutchouc industriel de diamètre moyen compris entre 0.1 et 0.74 mm. Ils ont
malaxé à la température de 180°C pendant 1h30 mn à la vitesse de 1200 tr/mn. Lu et Ulf
[Lu 2001] ont modifié du bitume avec un polymère à 180°C, pendant 2heures à la vitesse
de 125 tr/mn. Pérez et all [Pér 2003] ont procédé à la modification du bitume par du
polymère à la température de 180°C et à 1200 tr/mn. Murphy et all [Mur 2001] dans leur
étude ont modifié le bitume par du caoutchouc à la température de 175°C pendant 2 heures
à la vitesse de 700 tr/mn. Navarro et all [Nav 2004] ont malaxé le mélange bitume-
poudrette de caoutchouc à 180°C pendant 1h30 mn à 1200 tr/mn.

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Dans notre cas la modification a été réalisée au laboratoire de routes de la faculté de génie
civil de l’USTHB (Algérie). Nous avons pour cela utilisé, un appareillage se
composant (figure 2.8) :
- d’un agitateur électrique à hélice muni d’un variateur de vitesse de rotation allant de
50 à 2500 tr/mn,
- d’un thermomètre allant de – 50 °C à 250 °C,
- d’un récipient dans lequel on effectue la modification, ce dernier est équipé d’un
couvercle hermétique pour empêcher l’évaporation des huiles du bitume lors du
chauffage.
Nos essais ont été réalisés selon les conditions appropriées suivantes :
- une vitesse de rotation de 600 tr/mn,
- une température comprise entre 190 et 200 °C,
- un volume de 500 g de bitume,
- un temps de malaxage de 1 heure.
Le bitume a été modifié aux teneurs suivantes : 2, 3 et 4%.

Figure 2.8. Appareillage de modification mis au point à la FGC/USTHB

2.3.4.1 Susceptibilité thermique des bitumes modifiés au NBR

La susceptibilité des bitumes à la température, c’est à dire la mesure de la variation de leur


consistance en fonction de la température, est généralement caractérisée par un nombre
dénommé « indice de pénétrabilité (IP) » dans le domaine ou la pénétrabilité est mesurable.
Nous avons utilisé la méthode LCPC dite « à 5 températures ». Les cinq températures
d’essais pour les différentes classes de bitume sont données dans le tableau 2.5.

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MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

Tableau 2.5. Température de l'essai pour les différentes classes de bitume

Classe de bitume Température d’essais (°C)

20-30 25 – 30 – 35 – 40 - 45
35-50 20 – 25 – 30 – 35 - 40
50-70 15 – 20 – 25 – 30 - 35
70-100 10 – 15 – 20 - 25 - 30

La susceptibilité thermique, basée sur l’essai de pénétrabilité à différentes températures (10,


15, 20, 25, 30, 35, et 40°C) a été étudiée. Les résultats sont représentés par la figure 2.9.

Pénétrabilité(1/10 mm) 0% 2% 3% 4%
1000
Pénétrabilité (1/10 mm)

100

10

1
10 15 20 25 30 35 40 45
Tem pérature (°C)

Figure 2.9. Variation de la pénétrabilité en fonction de la température


en coordonnées semi-logarithmique

Le calcul de l’indice de pénétration IPest effectué comme pour le bitume pur (tableau 2.6).

Tableau 2.6. Indice de pénétrabilité

% Poudrette A IP(LCPC)
0 0,0369 0,545
2 0,0365 0,619
3 0,0358 0,753
4 0,0335 1,215

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INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Les résultats du tableau 2.6 montrent que :


- les valeurs de A sont comprises entre 0,015 et 0,06 (intervalle des bitumes routiers) ;
- la susceptibilité diminue avec la teneur en polymère.

2.3.4.2. Température bille-anneau (TBA)


L’essai pour la détermination de la température bille-anneau a été pratiqué sur l’ensemble
des mélanges. La figure 2.10 montre l’évolution de la TBA en fonction de la teneur en
NBR.

60
59 y = 1,4671x + 51,411
58 R² = 0,9768
57
TBA (°C)

56
55
54
53
52
51
50
0 1 2 3 4
Teneur (%)

Figure 2.10. Variation de la TBA en fonction de la teneur en polymère

Cette figure montre que la température de ramollissement augmente avec la teneur en


polymère. La tendance est linéaire.

2.3.4.3 La ductilité

La ductilité des différents mélanges a été mesurée. La figure 2.11 montre la variation de la
ductilité en fonction de la teneur en NBR. Elle montre que la ductilité augmente d’une
manière linéaire à 25°C avec la teneur en NBR ce qui se traduit par une résistance à la
traction.

FGC/USTHB 2007 45
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

220
y = 13,2x + 158
2
210 R = 0,9855

200
Ductilité (mm)

190

180

170

160

150
0 1 2 3 4
Teneur en NBR (%)

Figure 2.11. Variation de la ductilité des bitumes modifiés à 25°C

2.3.4.4. Analyse par calorimétrie différentielle par balayage (DSC)

Cette analyse sert à déterminer la température de transition vitreuse d’un matériau. La


transition vitreuse est un changement d'état du polymère ou du matériau composite
polymérisé, sous l'action de la température, et entraînant des variations importantes de ses
propriétés mécaniques. La transition vitreuse est caractérisée par une température de
transition vitreuse (Tg pour "glass temperature"). En dessous de cette température, le
polymère est dit vitreux (état solide) et présente le comportement d'un corps solide
élastique. Au dessus il présente un comportement de solide plastique (état viscoélastique),
suite à l'affaiblissement de liaisons intermoléculaires (force de Van der Waals, ...). La
transition vitreuse est réversible et s'observe essentiellement sur les polymères
thermoplastiques et ce d'autant plus qu'ils sont peu cristallisés et peu réticulés. Elle
s'observe également sur certains polymères thermodurcissables (par exemple résines
époxydes), dont la densité de réticulation n'est pas trop élevée. Ce changement d'état
s'accompagne toujours d'une variation importante des propriétés physiques notamment des
propriétés mécaniques (chute du module d'élasticité par exemple).
L’analyse enthalpique différentielle (DSC) est l’une des méthodes physiques les plus
utilisées pour permettant de mesurer la température de transition vitreuse « Tg ». L’essai a
été conduit à la vitesse de 10°C/min entre -90°C et 250°C en utilisant l’appareil Perklin
Elmer [Gar 2004].
Les transitions vitreuses sont représentées sur la figure 2.12.

FGC/USTHB 2007 46
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

-1,75 4% 0% 1% 2% 3% NBR

-2,00
-2,25
Heat flow (mW)

-2,50
-2,75
-3,00
-3,25
-3,50
-3,75
-4,00
-30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30
Température (°C)

Figure 2.12. DSC du bitume, du NBR et des bitumes modifiés aux différentes teneurs

Après la détermination de la température de transition vitreuse des différents produits, les


résultats sont donnés par la figure 2.13.

15,50
Transition vitreuse
15,00
Température (°C)

14,50

14,00

13,50

13,00

12,50

12,00
0 1 2 3 4 5
Teneur en NBR (%)

Figure 2.13. Variation de la Tg en fonction de teneur en NBR

Ces résultats montrent que la température de transition vitreuse augmente avec la teneur en
NBR.

FGC/USTHB 2007 47
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

2.3.4.6. Analyse thermique gravimétrique (ATG)

Cette analyse permet de tracer la courbe de perte de poids et de mettre en évidence un


indice de stabilité thermique à partir de la température de dégradation du matériau. Cet
indice est très important si la dégradation est très rapide ou si elle s’accompagne de
modifications brutales du comportement rhéologique. On peut utiliser aussi comme indice
la température à laquelle le polymère a perdu un pourcentage donné de son poids initial. En
général, les pourcentages sont les suivants : 5, 10, 25, 50.

L’ATG a été effectué pour étudier l’évolution du poids avec la température. Cet essai a été
réalisé en utilisant l’appareil TGA Q500 à la vitesse de 10°C/min. Les figures 2.14 et 2.15
représentent cette évolution.

100

90

80

70

60
Poids (%)

50

40

30

20

10 0% 1% 2% 3% 4% NBR

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Température (°C)

Figure 2.14. Courbes d’ATG pour les différents éléments

FGC/USTHB 2007 48
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

0% 1% 2% 3% 4% NBR
100,00

99,50
99,00

98,50
98,00
Poids (%)

97,50

97,00
96,50

96,00
95,50

95,00
190 195 200 205 210

Température (°C)

Figure 2.15. Courbes d’ATG pour les différents éléments entre 190°C et 210°C

La figure 2.15 montre qu’il n’y a pas de perte notable de poids sur l’intervalle 190-210°C
qui correspond à la température de malaxage du bitume modifié (190 – 200°C). Si on prend
comme critère d’indice de stabilité thermique une perte de 5% du poids initial [Ahm 2006],
les températures correspondantes sont données par le tableau 2.7.

Tableau 2.7. Températures correspondant à 5% de perte

Teneur (%) 0 1 2 3 4 NBR


Température
257 271 257 262 261 217
(°C)

Les résultats du tableau 2.7 montrent que les températures initiales de décomposition du
bitume pur, des bitumes modifiés et du NBR sont supérieures aux températures de
malaxage et de modification. Donc la poudrette de caoutchouc peut être utilisée pour la
modification.

2.3.4.7 Détermination du pourcentage d’asphaltènes


Le pourcentage d’asphaltènes est déterminé par distillation des bitumes modifiés dans le n-
heptane. La figure 2.16 montre l’évolution de ce pourcentage en fonction de la teneur en
NBR.

FGC/USTHB 2007 49
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

26,50

26,00

25,50
Asphaltènes (%)

25,00

24,50

24,00 y = 0,564x + 23,696


2
R = 0,981
23,50

23,00
0,00 1,00 2,00 3,00 4,00 5,00
Teneur (%)

Figure 2.16. Évolution du pourcentage d’asphaltène pour une heure de malaxage

Les résultats de la figure montre l’influence de la teneur en NBR. Le pourcentage


d’asphaltènes augmente avec la teneur en poudrette de caoutchouc. Ceci est dû à l’effet
absorbant du NBR des huiles présentes dans le bitume se traduisant par une transformation
d’une partie de résine en asphaltènes.

2.4 L’ENROBÉ BITUMINEUX

2.4.1 Formulation de l’enrobé

2.4.1.1 Courbe granulométrique du mélange


La courbe granulométrique qui s’insère dans le fuseau de spécification est obtenue pour les
proportions suivantes (tableau 2.8) :

Tableau 2.8. Pourcentages pondéraux des différentes classes

Pourcentages
Fraction Provenance
Pondéraux (%)
0/3 Keddara 35
3/8 Cap Djinet 30
8/15 Cap Djinet 35

La figure 2.17 montre le mélange 0/14 et le fuseau de spécification.

FGC/USTHB 2007 50
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

100

90

80
Tamisats cumulés (%)

70
sup
60
inf
50
Mélange
40

30

20

10

0
100 10 1 0,1 0,01
Tamis (mm)

Figure 2.17. Courbe granulométriques du fuseau et du mélange 0/14

2.4.1.2 Détermination de la teneur optimale en liant.


La teneur en liant pour un béton bitumineux semi-grenu 0/14 est déterminée en pourcentage
du poids des agrégats par la méthode basée sur le module de richesse et la surface
spécifique [Arr 1959, Dur 1962], donnée par la formule (2.5) :

L = α.k.5 Σ (2.5)

avec :

2.65
α= (2.6)
∑ Pi .δ i
et

Σ = (0.25 G + 2.30 S + 12 s + 135 f)/100 (2.7)

Pi : Pourcentage de la fraction i.
δi : Poids spécifique de la fraction i.
K: module de richesse.
G: Pourcentage de refus supérieur ou égal à 6.3 mm.

FGC/USTHB 2007 51
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

S: Pourcentage de refus compris entre 0.315 mm et 6.3 mm.


s: Pourcentage de refus compris entre 0.08 mm et 0.315 mm.
f: Pourcentage de passant à 0.08 mm.
Les résultats de l’essai Marshall ont permis de retenir la formulation suivante pour l’enrobé
non modifié (tableau 2.9) :

Tableau 2.9. Résultats de l’essai Marshall sur l’enrobé bitumineux non modifié

Formule
Désignations Spécifications C.P.S
B
Module de richesse 3.6 3.45 à 3.90
Teneur en liant 6.01 5.5 à 6.5
Densité vraie 2 .43
Densité apparente 2.29
Compacité (%) 94.30 Max 97 %
Vides (%) 5.70
Stabilité (kg) 961 >800 Kg
Fluage (1/10emm) 34.95 25 à 40

2.4.2 Essai Marshall sur l’enrobé bitumineux modifié

L’essai Marshall a été conduit sur des éprouvettes cylindriques de hauteur 63,50 mm et de
diamètre 101,60 mm, compactées à 50 coups par face. L’écrasement s’est effectué à la
vitesse de 0,850 mm/s après avoir conservé séjourné les éprouvettes dans un bain marie
porté à la température de 60°C pendant au moins 30 minutes. Cinq (05) éprouvettes ont été
testées dans chaque cas.

A l’issu de l’essai, nous avons mesuré la force maximale ainsi que le fluage correspondant.
Avant l’essai nous avons déterminé les compacités et le volume des vides d’air des
différentes éprouvettes.

2.4.2.1 Les compacités

Les compacités obtenues sont représentées sur la figure 2.18.

FGC/USTHB 2007 52
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

95,50

95,25

95,00
Compacité (%)

94,75

94,50

94,25

94,00

93,75

93,50
0 2 3 4
Teneur en poudrette (%)

Figure 2.18. Compacité des différents mélanges

La figure 2.16 montre que la compacité est maximale pour 3% de NBR. La modification du
bitume par le NBR améliore les compacités de l’enrobé.

2.4.2.2 Stabilité Marshall « SM » et fluage Marshall « FM »


Les figures 2.19 et 2.20 montrent les résultats de la stabilité Marshall notée « SM » et du
fluage Marshall noté « FM ».

14

12

10
SM (kN)

0
0 2 3 4
Teneur en poudrette (%)

Figure 2.19. Stabilité Marshall en fonction de la teneur en poudrette

FGC/USTHB 2007 53
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

L’incorporation du NBR dans le bitume influe positivement sur la stabilité Marshall pour
les différentes teneurs étudiées. Cette stabilité est maximale pour 2% de NBR.

4,00
3,50
3,00
2,50
FM (mm)

2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
0 2 3 4
Teneur en poudrette (%)

Figure 2.20. Fluage Marshall en fonction de la teneur en poudrette

Le fluage Marshall est minimal pour un enrobé bitumineux à 2% de NBR.

2.4.2.3 Quotient Marshall

Le quotient Marshall noté « QM » est un indicateur pour la résistance aux déformations,


permanentes, contraintes de cisaillement et aussi pour l’orniérage des enrobés bitumineux
[Hin 2004]. Les plus grandes valeurs du quotient indiquent que les mélanges sont plus
résistants aux déformations permanentes [Whi 1991].

Les valeurs de QM ont été calculées pour les différents mélanges et sont représentées sur la
figure 2.21.

FGC/USTHB 2007 54
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

5,00
4,50
4,00
3,50
QM (kN/mm)

3,00
2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
0 2 3 4
Teneur en poudrette (%)

Figure 2.21. Quotient Marshall en fonction de la teneur en poudrette

Le tableau 2.10 fait ressortir les variation des différents paramètres par rapport à l’enrobé
bitumineux à base de bitume pur (mélange témoin). Les résultats montrent que :

- le mélange à 2% de NBR améliore la stabilité de 24 %, réduit le fluage de 25 %


et améliore par conséquent le quotient Marshall de près de 65 %,
- le mélange à 3% de NBR augmente la stabilité de 13 %, diminue le fluage de 25
% et améliore le quotient Marshall de 50 %,
- le mélange à 4 % de NBR améliore la stabilité de 7 %, diminue le fluage de 23 %
et améliore par conséquent le quotient Marshall de près de 40 %.
- la compacité est maximale pour le mélange à 3% de NBR.

Tableau 2.10. Variation des différents paramètres de l’essai Marshall

Teneur ∆ SM ∆ FM ∆ QM ∆ C
(%) (%) (%) (%) (%)
2 23,81 -25,03 65,15 0,60
3 12,74 -25,03 50,40 0,94
4 6,65 -23,70 39,78 0,35

FGC/USTHB 2007 55
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

2.4.3 COMPRESSION SIMPLE

Pour mieux caractériser le comportement rhéologique des liants modifiés nous avons
réalisé l’essai de compression simple sur les bétons bitumineux modifiés à 0, 2, 3 et 4% de
NBR et aux températures de 25, 40 et 60°C.
L’essai consiste à soumettre axialement des éprouvettes cylindriques d’enrobé à une
charge variable et de déduire la courbe contrainte-déformation pour les différentes
températures et teneurs en NBR utilisés.

2.4.3.1 Conditions opératoires


L’essai est réalisé sur des éprouvettes de bétons bitumineux modifiés à 0, 2, 3 et 4%
de NBR et de 1,5 d’élancement dont les conditions opératoires sont présentées dans le
tableau 2.11.

Tableau 2.11. Conditions opératoires de l’essai de compression simple.

Diamètre (mm) 80
Hauteur (mm) 120
Température (°C) 25, 40, 60
Vitesse de compression (mm/min) 2
Nombre d’éprouvettes testées pour chaque cas 3

Les éprouvettes, conservées à température ambiante, sont soumises à l’essai de


compression simple 24 heures après leur fabrication.

2.4.3.2 Résultats et analyses

a- Influence de la température sur la compression simple

L’influence de la température pour chaque teneur est mise en évidence sur les figures 2.22,
à 2.25. Sur ces figures nous représentons les courbes contrainte-déformation de chaque
teneur aux trois températures précitées.

FGC/USTHB 2007 56
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

3,50
25 °C 40 °C 60 °C
3,00
0% de NBR
Contrainte (MPa)

2,50

2,00

1,50

1,00

0,50

0,00
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70
Déformation (‰)

Figure 2.22. Courbes contrainte-déformation en compression simple des enrobés à 0% de NBR aux
différentes températures

3,50 25°C 40°C 60°C

3,00 2% de NBR
Contrainte (MPa)

2,50

2,00

1,50

1,00

0,50

0,00
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Déformation (‰)

Figure 2.23. Courbes contrainte-déformation en compression simple des enrobés à 2% de NBR aux
différentes températures

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MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

3,50

3,00 25°C 40°C 60°C

2,50
Contrainte (MPa)

3 % de NBR

2,00

1,50

1,00

0,50

0,00
0 10 20 30 40 50 60 70 80

Déformation (‰)

Figure 2.24. Courbes contrainte-déformation en compression simple des enrobés à 3% de NBR aux
différentes températures

3,50
25°C 40°C 60°C
3,00
4 % de NBR
Contrainte (MPa)

2,50

2,00

1,50

1,00

0,50

0,00
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Déformation (‰)

Figure 2.25. Courbes contrainte-déformation en compression simple


des enrobés à 4% de NBR aux différentes températures

Nous constatons que les résistances chutent avec la température, pour toutes les teneurs en
NBR.

FGC/USTHB 2007 58
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

b- Influence de la teneur en NBR en compression simple

Les résultats de l’influence de la teneur en NBR, à température constante sont représentés


par les figures 2.26 à 2.28. Sur ces figures nous représentons les courbes contrainte-
déformation des teneurs en NBR pour chaque température.

3,50
25 °C
3,00
Contrainte (MPa)

2,50

2,00

1,50

1,00
0% 2% 3% 4%
0,50

0,00
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60
Déformation(‰)

Figure 2.26. Courbes contrainte-déformation en compression simple


pour les différents mélanges à 25°C

1,40 0% 2% 3% 4%

1,20
40 °C
Contrainte (MPa)

1,00

0,80

0,60

0,40

0,20

0,00
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85
Déformation(‰)

Figure 2.27. Courbes contrainte-déformation en compression simple


pour les différents mélanges à 40°C

FGC/USTHB 2007 59
MATERIAUX ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES

0,50 0% 2% 3% 4%
0,45
60 °C
0,40
Contrainte (MPa)

0,35
0,30
0,25
0,20
0,15
0,10
0,05
0,00
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60
Déformation(‰)

Figure 2.28. Courbes contrainte-déformation en compression simple


pour les différents mélanges à 60°C

Nous constatons un comportement similaire pour les quatre bétons bitumineux, caractérisé
par une croissance rapide de la contrainte jusqu’à un certain seuil, puis on note une
diminution (figures 2.26 à 2.28).

A 25°C et 40°C, les courbes contrainte-déformation des bétons bitumineux modifiés à 2%


de NBR donnent de meilleures résistances que les autres pourcentages.

A 60°C, la courbe contrainte-déformation des bétons bitumineux modifiés à 3% de NBR


donne la meilleure résistance comparée aux autres.

A l’issu des essais de compression simple, nous avons noté, les contraintes maximales pour
chaque enrobé sur le tableau 2.12.

FGC/USTHB 2007 60
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Tableau 2.12. Contraintes maximales en compression simple

NBR (%) Température (°C) σ max (MPa)

25 3,157
0 40 1,06
60 0,424
25 3,299
2 40 1,225
60 0,377
25 3,252
3 40 0,943
60 0,447
25 2,922
4 40 0,801
60 0,165

CONCLUSION

L’incorporation du NBR dans le bitume améliore les caractéristiques du bitume modifié et


de l’enrobé bitumineux obtenu.

Pour le bitume, le NBR :


- diminue la pénétrabilité,
- augmente la température de ramollissement,
- diminue la susceptibilité,
- augmente la ductilité,
- augmente la température de transition vitreuse,
- diminue la perte de poids.
Pour le mélange bitumineux, le NBR améliore, pour la teneur de 2%, les caractéristiques
Marshall.
En compression simple, les bétons bitumineux modifiés apportent une amélioration
mécanique par rapport au béton bitumineux traditionnel. Le béton bitumineux modifié à 2%
de NBR présente des performances meilleures du point de vue résistance aux températures
25 et 40°C et le béton bitumineux modifié à 3% de NBR présente aussi une amélioration à
60°C.

FGC/USTHB 2007 61
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

CHAPITRE 3

FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

Dans ce chapitre, nous abordons les paramètres de formulation sur la résistance au fluage
des enrobés bitumineux. Nous présentons quelques méthodes expérimentales pour
l’évaluation de la résistance au fluage des enrobe bitumineux et nous proposons un
appareillage mis au point au laboratoire pour mesurer les déformations de fluage statique
sous contrainte et température constantes.

3.1 INFLUENCE DES PARAMETRES DE FORMULATION SUR LA


RESISTANCE AU FLUAGE DES ENROBE BITUMINEUX

Les essais Marshall, Hveem, Hubbard-Field et Duriez ont été introduits dans plusieurs pays
afin d'évaluer la stabilité des enrobés bitumineux. Ces essais ont permis d'éliminer les
compositions les plus instables mais les enrobés sélectionnés n'ont pas toujours donné
satisfaction sur la route[Fri 1986].

3.1.1 Définition du fluage et de la plasticité


Un usage établi désigne sous le nom de fluage la déformation permanente que certains
matériaux subissent quand ils sont soumis à l’action prolongée d’une charge. Pour bien
distinguer le «fluage» de la «plasticité», précisons que les déformations permanentes dues
au fluage peuvent fort bien prendre naissance pour des charges inférieures à la limite
élastique, mais que leur apparition exige une action durable de la charge. Autrement dit que
leur ampleur dépend essentiellement du facteur temps. Par contre l’appellation de
«déformation plastique» est réservée aux déformations permanentes qui apparaissent d’une
manière pratiquement instantanée lorsque la charge dépasse la «limite élastique»du
matériau [Lev 1951].

3.1.2 Facteurs engendrant le fluage des enrobés bitumineux


Compte tenu de leurs caractéristiques dues à la nature thermoplastique du liant, le
comportement des mélanges hydrocarbonés [Lar 1990] est influencé par plusieurs facteurs :

FGC/USTHB 2007 62
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

a- Circulation : (charge par essieu, pression de gonflage, débit et canalisation de la


circulation, le temps et le mode de chargement).
Les déformations permanentes des revêtements de chaussées peuvent être provoquées par
des charges statiques ou par des charges dynamiques.

Les déformations permanentes dues à des charges statiques sont généralement observées
dans les cas suivants :
– terminaux pour poids lourds. – carrefours.
– parkings. – sortie d'autoroutes.
– terminaux à containers. – stations de péages (à l'étranger).
– installations portuaires. – revêtements de ponts.
– aires industrielles pour poids lourds. – virages courts.

Les déformations permanentes dues à des charges dynamiques (orniérage) [Exm 1996, Jeu
1985] sont généralement observées dans les cas suivants :
– Voies de circulation. – Circuits pour courses automobiles.
– Revêtements pour autoroutes. – Revêtements des routes nationales.
– Pistes de décollage pour avions. – Abords de carrefours.

Depuis quelques années, on constate sur le réseau autoroutier un changement dans la


silhouette type des poids lourds avec une très forte augmentation du nombre de véhicules à
cinq essieux du genre tridem équipés de roues simples, par ailleurs dénommées "Super
Single" dans les pays anglophones [Pét 1998]. Cette évolution, qui autorise une
augmentation conséquente du poids total en charge, a pour effet une augmentation de la
charge par roue et la pression de contact entre pneumatique et surface de contact de la
chaussée. Cela peut se traduire par des phénomènes de ressuage voir d’orniérage pour les
chaussées soumises à ce type de trafic lourd, lent et canalisé.
b- Conditions d’environnement : (régime des pluies, température). Les matériaux
composés à base de liants hydrocarbonés sont des corps "noirs" qui absorbent facilement la
chaleur extérieure [Sim 1993].

c- Sollicitations chimiques : Elles proviennent essentiellement des huiles et des carburants


répandus accidentellement qui ramollissent les revêtements bitumineux, accélérant ainsi le
phénomène de fluage [Mar 1984].
d- Dimensionnement des différents corps de chaussée : ainsi, dans le cas des routes sous-
dimensionnées le sol de fondation peut se déformer de manière irréversible sous des
contraintes trop élevées. Le revêtement suit alors le déplacement général [Ugé 1974]

FGC/USTHB 2007 63
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

3.1.3 Influence du mode de fabrication des éprouvettes.


3.1.3.1 Influence de la forme et de l’élancement de l’éprouvette.

Des recherches en laboratoires ont montré que dans l’essai de fluage statique les résultats
sont indépendants de la forme de l’éprouvette (cylindrique ou prismatique) et de son
élancement si l’on prend soin de lubrifier les deux faces planes de l’éprouvette (avec de la
graisse de silicone et de la poudre de graphite).
Cependant, la dispersion des résultats est moindre avec des éprouvettes cylindriques
qu’avec des éprouvettes ayant d’autres formes [Ugé 1974].

3.1.3.2 Influence du mode de compactage des éprouvettes

La plupart des résultats qui illustrent plusieurs articles ont été obtenus sur des éprouvettes
cylindriques compactées par la méthode Duriez. Quelques essais sont cependant relatifs à
d'autres moyens de compactage (mode opératoire de l'essai Marshall, presse à compaction
giratoire, compactage d'une dalle d'enrobé avec un petit rouleau de laboratoire et carottage)
[Bsi 1995, Hus 1984, Tay 2005, Aks 2005, Zoo 2000, Ahm 2006, Asi 2005].

3.1.3.3 Influence de l’énergie de compactage et de la compacité.

Les déplacements relatifs des granulats les uns par rapport aux autres se produisent lorsque
l'on manipule un enrobé bitumineux à très hautes températures (pendant la mise en œuvre
et le compactage) ou à une température plus modérée mais sous des charges appliquées
pendant longtemps (déformation par fluage) sont de même nature. Le liant joue toujours un
peu le rôle de "lubrifiant" et l'analogie pourrait être expliquée par l'équivalence bien connue
pour les liants bitumineux entre le temps de charge et la température [Had 1995].
Des enrobés peu maniables de par leur composition seront très résistants au fluage s'ils sont
bien compactés sur chantier. Si ce n'est pas le cas, ils peuvent être moins bons que d'autres
matériaux, à priori plus instables mais plus facile à mettre en œuvre. On doit juger le
matériau mis en place.

3.1.3.4 Influence de la teneur en vides


La résistance au fluage augmente lorsque la teneur en vides diminue [Jeu 1985a], mais
lorsque celle-ci atteint une certaine valeur faible (moins de 2%), le bitume remplit
pratiquement une forte proportion de vide, ce qui fait diminuer la résistance à la
déformation [Bro 1977, Elv 1977]

FGC/USTHB 2007 64
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

3.2 MÉTHODES EXPÉRIMENTALES POUR L’ÉVALUATION DE LA


RÉSISTANCE AU FLUAGE DES ENROBE BITUMINEUX

De nombreux appareillages ont été développés pour étudier la résistance des mélanges
hydrocarbonés aux déformations permanentes. Le but de cette étude est de comparer les
informations fournies par ces différents dispositifs d’essai.

3.2.1 Essais triaxiaux de fluage dynamique

3.2.1.1 Essai avec contrainte latérale constante


Cet essai consiste à contraindre un échantillon d’enrobé bitumineux en lui appliquant une
charge dynamique avec des conditions spécifiques de charge, de température et de
fréquence jusqu’à ce qu’une déformation standard soit atteinte [Fra 1972, Fra 1974 et Fra
1982]. Le temps requis pour atteindre cette déformation standard est nommé ″durée de vie
en fluage dynamique″.

L’essai s’effectue sur une éprouvette de forme cylindrique ( Φ =100 mm ; h =137mm) qui
peut provenir soit de la chaussée soit d’un échantillon de matériau (figure 3.1) ;

Figure 3.1. Une éprouvette cylindrique Figure 3.2. Appareil triaxial à répétition de
en enrobé bitumineux charges

FGC/USTHB 2007 65
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Figure 3.3. Système de mesure de la déformation Figure 3.4. Appareil à répétition de charges

Figure 3.5. Schéma de principe de l’essai de fluage dynamique

fabriquée en laboratoire à l’aide d’un compacteur de plaques de manière à reproduire le


compactage sur chantier. L’éprouvette est placée dans une enceinte isotherme (figures 3.2,
3.3 et 3.4), on la soumet à une contrainte verticale sinusoïdale de compression
σ V d’amplitude et de fréquence constantes. On y superpose une contrainte de compression
statique et isotrope σ H (figure 3.5). Sous l’effet de ce chargement, l’échantillon subit une
déformation axiale.

FGC/USTHB 2007 66
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

En pratique, on se borne à étudier systématiquement l’influence sur le fluage des quatre


grandeurs indépendantes suivantes :
- La contrainte verticale σ V ;
- La pression latérale σ H ;
- La température θ ;
- La fréquence f.

Soit H0 la hauteur initiale de l’échantillon et ∆H P la variation de hauteur associée à la partie


permanente de la déformation, la courbe de variation de la déformation permanente
∆H P
ε= en fonction du nombre de cycles de chargement est appelée courbe de fluage
H0
(figure 3.6)

Figure 3.6. Courbe de fluage

Supposons deux enrobés bitumineux ayant la même durée de vie en fluage dynamique ;
mais un frottement interne différent, leur comportement dans la chaussée sera également
différent et la couche bitumineuse faîte avec l’enrobé le plus frottant se déformera
beaucoup moins vite que prévu. L’essai triaxial de fluage dynamique s’impose donc tout
naturellement pour étudier le frottement des enrobés ; ce qui fait de cet essai un moyen
efficace pour comparer et classer les différents mélanges bitumineux selon leur niveau de
susceptibilité aux déformations permanentes [Bit 1973 et Dur 1962].
3.2.1.2 Essai avec contrainte latérale périodique

L’effet d’états de contrainte approchant la réalité a été étudié en appliquant des contraintes
périodiques latérales selon les deux procédés indiqués sur les figures 3.7 et 3.8. Ces essais
ont permis d’établir une comparaison d’une part entre une contrainte latérale constante ou
périodique et d’autre part entre les essais dans lesquels la période des deux contraintes est
la même et ceux dans lesquels la contrainte latérale est appliquée pendant un temps plus
long que la contrainte verticale, comme cela se produit sur chaussée [Bro 1977].

FGC/USTHB 2007 67
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Figure 3.7. Essai triaxial

Figure 3.8. Formes caractéristiques des ondes de contraintes

Des déformations permanentes identiques sont obtenues au cours d’essais comportant une
contrainte latérale cyclique, ainsi que d’essais utilisant une contrainte latérale statique

FGC/USTHB 2007 68
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

lorsque le niveau de ces dernières est égal à la valeur de la moyenne des premières [Bro
1977].

3.2.2 Essai triaxial de fluage statique

C’est un essai de stabilité sur éprouvettes compactées soumises à une compression triaxiale
par l’intermédiaire d’une cellule fermée [Azi 1976 et Bit 1973].
L’éprouvette cylindrique (élancement 2) est soumise à une contrainte verticale obtenue par
application de charge, et par réaction du liquide entourant l’éprouvette à une contrainte
latérale.
On applique ainsi à l’éprouvette, au moyen d’une presse hydraulique, des pressions
verticales croissantes et on note pour chaque valeur de celle-ci la pression latérale
correspondante du liquide contenu dans la cellule [Cho 1970] (figure 3.9) ;

Figure 3.9. Coupe transversale d’une cellule triaxiale

Pour chaque éprouvette, on peut tracer sur un graphique un certain nombre de cercles de
Mohr. L’enveloppe de ces cercles permet de déterminer l’angle de frottement interne ϕ et la
valeur de la cohésion (ou résistance initiale au cisaillement) de la structure bitumineuse
étudiée dans des conditions de l’essai et pour une température donnée.

Cet essai est mené à deux niveaux de contrainte radiale σ 3 (l’un à σ 3 nulle et l’autre à
σ 3 non nulle), on enregistre la variation de la différence des contraintes verticales et

FGC/USTHB 2007 69
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

radiales (q = σ1 − σ3 ) en fonction de la déformation verticale ε . La pente dans la partie


linéaire de la courbe q = f ( ε ), définit le module de rigidité S :

S=
∆q
∆ε
[
N / mm2 ]
(3.1)

On calcule également le rapport des modules de rigidité à σ3 nulle et à σ3 non nulle. Plus ce
rapport est grand, plus le frottement interne donc la résistance au fluage est élevée.

3.2.3 Essai de fluage uniaxial à chargement répété


Les essais de fluage dynamique en compression simple [Cho 1970 et Ctt 1995] consistent à
soumettre un échantillon d’enrobé bitumineux à une charge de compression périodique
(sinusoïdale ou à signal carré). Ces essais s’effectuent sur des éprouvettes de forme
cylindrique qui peuvent provenir soit d’un carottage effectué sur chaussée, soit d’un
échantillon de matériau fabriqué en laboratoire.
Cet essai permet d’étudier l’orniérage des chaussées et de mettre au point des formulations
permettant de l’éviter. Il exige un matériel qui n’est ni très compliqué, ni très onéreux et
bénéficie d’une répétabilité exceptionnelle pour un essai sur enrobé bitumineux, de plus il
reproduit assez fidèlement les sollicitations créées par le trafic.
3.2.3.1 Conditions de l’essai [Bri 1996]

L’essai est conduit dans les conditions suivantes :


- Contrainte de compression : 100 KPa ± 2 KPa
- Température d’essai : 30°C ± 0.5°C
- Période d’application de la charge : 1 seconde.
- Période de repos : 1 seconde.
- Nombre d’application de la charge : 1800.
- Durée de chargement : 3600 s
- Pré - charge : 1.6 % de la contrainte de compression.
D’autres combinaisons de température, de charge et de durée d’application ainsi que
différentes dimensions d’éprouvettes cylindriques ont été utilisées pour cet essai.
3.2.3.2 Détermination de la déformation due au fluage.

La déformation axiale ε d de l’éprouvette est calculée à partir des déformations mesurées


en utilisant la formule (3.2) :
∆H
ε d , (n, T) = (3.2)
h0

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FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

Avec :
- ε d , (n, T) : la déformation axiale causée à l’éprouvette après n applications de la
charge à la température T(en °C).
- h0 : la distance originale entre les surfaces chargées de l’éprouvette (en mm).
- ∆h : la déformation axiale (changement de distance entre les surfaces chargées).

3.2.4 Les machines d’essai de fluage dynamique :

Dans le cas des machines classiques de type électro-hydraulique, la contrainte σv est


exercée à l’aide d’un vérin piloté par une électro-servovalve. Grâce à un équipement
électronique complexe, le signal de contrainte est asservi de manière à rester constant en
amplitude et en fréquence quelles que soient les caractéristiques mécaniques de
l’éprouvette.
La machine de fluage dynamique Esso (FDES) :

Le principe de cette machine est illustré par la figure 3.10. L’échantillon, sur les extrémités
duquel sont collées deux plaques métalliques, est assujetti à sa partie supérieure au bâti
rigide de l’appareil et à sa partie inférieure à un équipage mobile. Ce dernier peut coulisser
sans frottement le long des colonnes du bâti. A l’intérieur de cet équipage se trouve un
vibreur mécanique constitué par un système de masselottes tournant à 10 tours / secondes.
Une cellule destinée à assurer la régulation et le contrôle de la température s’adapte sur
l’éprouvette.

Figure 3.10. Machine de fluage dynamique ESSO (FDES)

FGC/USTHB 2007 71
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Corrélation entre l’essai de fluage dynamique et l’essai de fluage statique


Si la propagation de la déformation permanente est un phénomène de fluage, c’est la durée
d’application des charges plus que leur nombre et leur fréquence qui est le paramètre le
plus important [Fra 1972, Fra 1976].

Figure 3.11. Effet de la fréquence sur la déformation permanente

Les résultats indiqués sur la figure 3.11 montrent que la déformation verticale permanente
est indépendante de la fréquence au-dessus de 1Hz.
Le développement de la déformation permanent sous des charges répétées correspond
essentiellement à un phénomène de fluage.
Si des essais de fluage statique doivent être utilisés pour prévoir la réponse du matériau en
place, il est évident qu’il faut établir une relation entre les résultats de cet essai et ceux
provenant de l’essai de chargement répété.
Des déformations permanentes identiques sont obtenues dans un essai de fluage, lorsque le
niveau de contrainte est égal à la valeur de la moyenne quadratique de l’essai de
chargement répété correspondant.

3.2.5 Essai de fluage sur pente

Utilisé pour tester les bétons bitumineux destinés aux travaux hydrauliques, cet essai
consiste à mesurer le déplacement de la surface libre d’une éprouvette parallélépipédique

FGC/USTHB 2007 72
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

d’épaisseur égale à celle utilisée sur le chantier, collée sur une pente et maintenue à l’étuve
pendant plusieurs jours à température constante (70°C) [Bit 1973, Ugé 1974].
On calcule le fluage entre le 2e et le 7e jour, et l’enrobé est généralement considéré comme
satisfaisant si le déplacement est inférieur à 1/10e mm.

3.2.6 Essai de fluage par orniérage au simulateur de trafic LCP.

L’orniéreur a été conçu et employé il y a plus d’une vingtaine d’années pour pouvoir tester
en laboratoire le comportement de matériaux bitumineux soumis à la circulation,
essentiellement sous l’angle de leur résistance vis-à-vis des déformations du type orniérage-
fluage. Pour ce faire, les échantillons subissent le passage d’un pneumatique, dans des
conditions de charge et de pression voisines des sollicitations engendrées par les véhicules
lourds, ce qui produit une déformation permanente. (figure 3.12). [Bro 1998, Hus 1986]

Figure 3.12. Mesure de l’ornière à la jauge de profondeur

La profondeur de cette empreinte ou ornière en fonction du nombre de passages va servir à


caractériser le comportement de l’échantillon soumis à cet essai d’orniérage [Gri 1977].
On peut dire qu’un enrobé bitumineux présente une bonne résistance à l’orniérage si la
profondeur d’ornière après 10 000 cycles est inférieure à 10 mm pour une plaque de 10 cm
d’épaisseur, soit 10 %. [Hus 1984]

3.2.7 Estimation du fluage par l’essai de la presse à cisaillement giratoire PCG.


Cet appareil permet d'étudier l'aptitude au compactage et d'estimer la tendance à l'orniérage
des enrobés bitumineux. [Dum 1986, Mou 1977].
Le principe de l'essai à la presse à cisaillement giratoire consiste à soumettre des
éprouvettes à une action de pétrissage conjuguée à une faible compression statique simulant
l'effet des compacteurs sur chantier.

FGC/USTHB 2007 73
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Dans un moule cylindrique, dont l'axe décrit un cône de sommet W et d’angle au sommet
2 ϕ pendant l'essai, est enfermé l'enrobé bitumineux ; la forme de l'éprouvette est un
cylindre oblique à extrémités parallèles dont l'une reste fixe et l'autre décrit un cercle (voir
figure 3.13 et 3.14), le mouvement global permet une réorientation des granulats pour
faciliter le compactage sous des tractions excessives [Hus 1984].

Figure 3.13. Représentation schématique du mouvement de l’éprouvette lors de l’essai PCG

Figure 3.14. Représentation schématique de l’essai PCG et de la réaction des corps d’épreuves

Les conditions de l'essai sont :


- Placer l'échantillon de béton bitumineux porté à la température de compactage dans un
moule chauffant.
- Maintenir la température de compactage pendant toute la durée de l'essai.
- Imposer un angle de basculement de 1 degré.

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FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

- Appliquer un effort constant (0,6 MPa).


- Mettre le moule en rotation (6 tours/minute).
- Effectuer le nombre de girations. Le diamètre des moules est de 16 mm et la hauteur de
l'éprouvette finale sera voisine de 150 mm.
3.2.7.1 Notions de compactabilité et de mise en place [Hus 1984, Mou 1977]
En général, les points reportés sur le graphique : compacité – nombre de girations
Ci = f (ni) (figure 3.15) s'alignent dans une représentation semi-logarithmique. La droite de
régression correspondant aux points compris entre 5 et 200 girations est définie par
l'équation (3.3):

C = C1 + K1 ln n (3.3)

Où :
C1 : compacité à l'orniérage à une giration. Elle caractérise la mise en place du mélange
bitumineux. Plus cette valeur est grande, plus il est probable que la compacité après les
premières passes de compacteur sera importante.

K1 : Caractérise l'évolution du compactage du matériau. Plus K1 est faible, plus il est


probable que l'évolution sous le compacteur sera lente et inversement.

100
C1 = 77.14
K = 4.07
95 -
Compacité (%)

C200 = 98.09

90 -

85 -

80 -

75 -
110
120
150
5

70
Nombre de girations log N

Figure 3.15. Courbe de compactage obtenue à partir de la presse à cisaillement giratoire

D'autre part, des études de corrélation ont montré que, pour un train de compactage
standard, la teneur en vides sur le chantier et la teneur en vides PCG étaient égales pour un
nombre de girations ng donnée l’expression (3.4) :

FGC/USTHB 2007 75
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ng = 0,625 × e × np (3.4)

Avec :
ng : nombre de girations.
e : épaisseur de mise en œuvre (cm)
np : nombre de passes du compacteur (3 t/roue, pression des pneus : 0,6 Mpa)

3.2.7.2 Estimation de la tendance au fluage d'un enrobé bitumineux.

Sur la courbe de compactage tracée à partir de cet essai (figure 3.16), il est possible
d'estimer la tendance à la déformation permanente.
On peut admettre que si le point représentant un mélange j se trouve au-dessus de la
perpendiculaire aux droites d'iso – compacité passant par le point représentant ce mélange i,
alors le mélange j a un comportement globalement meilleur (déformation permanente,
compactibilité) que le mélange i.
Pour obtenir les itinéraires renforcés, une action de recherche était entreprise afin de mettre
au point des bétons bitumineux destinés à être répandus en couche mince (épaisseur
moyenne : 4 cm).

Figure 3.16. Courbe de compactage obtenue à partir de la presse à cisaillement giratoire

Les qualités demandées – bonne compacité malgré la faible épaisseur, formule peu
orniérable – ont nécessité l'emploi d'un compactage giratoire, à l'époque seul capable de
mettre en évidence les différences de comportement d'une trentaine de formules.

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FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

Ces dernières se différenciaient par leur teneur en fines, leur teneur en sable roulé et la
présence d'une discontinuité. Pour le choix de formules destinées aux planches
expérimentales, une méthode utilisant C1, K1 et une référence à 80 girations a été mise au
point. Une comparaison des coefficients C1 et des résultats d'orniérage avait montré
préalablement que plus C1 était fort, plus l’orniérage était important [Mou 1977].
L’orniérage et C1 évoluent dans le même sens.

Tableau 3.1. Comparaison C1 – orniérage

Formule C1 Ornière
A 92 20 mm après quelques cycles
B 90 13 mm après 500 cycles
C 83 25 mm après 3000 cycles
D 76 10 mm après 3000 cycles
E 74 6,5 mm après 105 cycles
F 72 3,4 mm après 105 cycles

3.2.8 Fluage Marshall


L'essai Marshall est un essai destructif, effectué en laboratoire selon un mode opératoire
précis. Le fluage Marshall est la valeur, en 1/10 mm de l'affaissement de l'éprouvette au
moment de la rupture dans l’essai d’écrasement.

3.2.9 Corrélations entre l'essai de fluage statique uniaxial et les différents résultats de
l'essai Marshall
A l'aide d'un programme, un groupe de chercheurs du laboratoire des voies de circulation
de l'école Polytechnique fédérale de Lausanne [Hus 1984] a déterminé les courbes de
régression entre les résultats de ces deux essais et les caractéristiques de composition et
volumétriques. Quatre fonctions ont étaient retenues pour le calcul de ces courbes de
régression :
ƒ y = ax + b (3.5)
ƒ y = ae (3.6)
ƒ y = a + b log x (3.7)
ƒ y = ax (3.8)

Pour chacune de ces quatre fonctions, le coefficient de corrélation a été calculé et la courbe
ayant le coefficient de corrélation le plus proche de 1 (-1) a été retenue. (Un coefficient de
corrélation r ≥ 0,8 est considéré acceptable). Les coefficients de corrélation des courbes de

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ENROBES BITUMINEUX

régression calculées entre les caractéristiques de formulation, volumétrique et d'écrasement


des essais Marshall et de fluage statique sont donnés au tableau 3.2.

Tableau 3.2. Coefficients de corrélation des courbes de régression

Caractéristiques de formulation et volumétriques de l'éprouvette


Marshall
B F F/B MR V VC MVA SM FM S/F
FT
0,908 0,314 0,355 0,841 0,934 0,911 0,032 0,700 0,902 0,952
Essai de fluage 60
statique FT 1 0,575 0,047 0,357 0,539 0,578 0,571 0,061 0,440 0,683 0,659
BFL 0,089 0,246 0,258 0,109 0,110 0,086 0,366 0,303 0,022 0,163

Où :
- FT 60 : fluage total à 60 min (‰).
- FT 1 : fluage total à 1 min (‰).
- BFL : pente de la courbe de fluage.
- B : teneur en bitume (%).
- F : teneur en filler (%).
- F/B : rapport filler / bitume.
- MR : module de richesse.
- V : teneur en vides.
- VC : teneur en vides remplis par le liant (%).
- MVA : masse volumique apparente (g/cm3).
- SM : stabilité Marshall.
- FM : fluage Marshall.
- S/F : quotient Marshall

Interprétation :

a- Fluage total à 60 minutes ε(60) (FT60) :


Pour des éprouvettes Marshall, la corrélation avec les caractéristiques de composition ou
volumétriques est bonne :
Le fluage à 60 minutes ε(60) croît avec (tableau 2) :
- La teneur en liant (r = 0,908).
- Le pourcentage de vides remplis par le liant (r = 0,911).

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FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

- Le module de richesse (r = 0,941).


Et ε(60) décroît lorsque la teneur en vides augmente.
- Le fluage Marshall (r = 0,902).
- Et la rigidité (SM / FM) Marshall (r = 0,952).
Tandis que la corrélation entre le fluage total à 60 minutes et la stabilité Marshall est faible.

b- Fluage total à 1 minute ε(1) (FT1) :


Aucune corrélation entre le fluage total à 1 minute FT1 et les caractéristiques de
composition, volumétriques ou d'écrasement des éprouvettes Marshall n’est constatée
(tableau 2).

c- Pente de la courbe de fluage (BFL) :


Il n'y a aucune corrélation entre la pente de la courbe de fluage et les caractéristiques de
composition, volumétriques ou d'écrasement des éprouvettes Marshall (tableau 2)

3.2.10 Corrélation entre l'essai de fluage statique et l'essai d'orniérage au simulateur


de trafic LPC

Les essais de fluage statique donnent une bonne appréciation du comportement à


l'orniérage. L’étude des courbes de régression entre les résultats des essais de fluage sur des
éprouvettes Marshall, confectionnées ou carottées à partir de plaques ; et ceux de l’essai
d’orniérage au simulateur de trafic ont permis de faire l’interprétation suivante :
Il convient de différencier entre les modes de compactage des éprouvettes :
- Compactage Marshall ; la corrélation entre le fluage total à 60 minutes (ε(60) ou FT60) et
l’ornière à 1.000 et 10.000 cycles est bonne. Alors qu’il n’y a aucune avec les autres
valeurs (fluage total à 1 minute (ε(1) ou FT1) et la pente de la courbe de fluage (Bfl) ).
- Compactage au compacteur de plaques LPC ; la corrélation entre le fluage total (à 60
minutes et à 1 minute) et l’ornière à 1000 et 10000 cycles est bonne, alors qu’il n’y en a
aucune en ce qui concerne la pente de la courbe de fluage.

3.3 MÉTHODE EXPÉRIMENTALE

3.3.1 Description de l’appareil utilisé


Plusieurs types d’appareils ont été utilisés pour effectuer de tels essais. Ces appareils
doivent permettre d’appliquer une force constante durant l’essai, quelles que soient les
caractéristiques de l’éprouvette [Bri 1995] (figure 3.17).

FGC/USTHB 2007 79
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L’application de la charge se fait par l’intermédiaire de deux plateaux maintenus parallèles.


Un des plateaux est fixe et la course du plateau mobile doit être de quelques millimètres.

Figure 3.17. Appareil de fluage statique

Citons à titre d’exemple un appareil normalement utilisé pour mesurer la consolidation des
sols et conçu par la société de fabrication des matériels d’essais controls [Con 1993]. Cet
appareil, de type d’oedomètrique a été utilisé pour caractériser le fluage des enrobés
bitumineux [Ugé 1974] et le fluage des Texsols [Bli 1990] (figure 3.18).

Figure 3.18. Appareil utilisé pour la consolidation des sols

FGC/USTHB 2007 80
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

Nous avons fixé sur le plateau inférieur de cet appareil un bac à eau fabriqué en métal
galvanisé [Lét 1991], ce dernier est relié grâce à une tuyauterie spéciale ; à un bain-marie
muni d’une pompe hydraulique haute pression. Le bain-marie ; la pompe hydraulique et le
bac à eau forment tous les trois un circuit fermé pour l’eau qui conserve une hauteur et une
température constantes dans le bac pendant l’essai (figure 3.19).

L’éprouvette est chargée par des poids au moyen d’un système de leviers. La charge se
transmet à l’éprouvette grâce à un vérin à vis incorporé au portique de chargement. L’une
des extrémités de ce vérin a la forme d’une demi-sphère destinée à épouser un évidement à
la surface d’un disque posé sur une plaque métallique perforée au-dessus de l’éprouvette.
L’autre extrémité actionne la tige d’un comparateur et permet la mise à zéro de ce dernier
(figures 3.20, 3.21 et 3.23)

Figure 3.19. Appareillage mis au point en laboratoire pour les essais


de fluage sur enrobés bitumineux

Pour éviter que l’échantillon ne bouge pendant que les poids sont mis en place, un autre
vérin à vis est incorporé à la base de la machine pour supporter temporairement le levier.
Un dispositif spécial de mise en charge permet de bien fixer le début de l’expérience.
Deux plaques métalliques perforées et rainurées assurent la répartition de la charge
appliquée sur toute la surface de l’éprouvette, et le passage de l’eau thermostatée vers les
surfaces chargées (figures 3.20 et 3.21).

FGC/USTHB 2007 81
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Figure 20. Plaques métalliques poreuses Figure 3.21. Position de l’éprouvette entre deux
plaques métalliques, surmontée d’un
disque à évidemment central

Comparateur

Disque à évidement central

Plaque métallique perforée

Eprouvette
Plaque métallique perforée

Figure 3.22. Éprouvette soumise à l’essai de fluage statique

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Le déplacement relatif des deux plaques au cours de l’essai est indiqué par un comparateur
situé dans l’axe de l’éprouvette (figure 3.22).
Nous avons établi la relation (3.9) permettant de déterminer la contrainte appliquée sur
l’éprouvette en fonction de la masse utilisée et la surface chargée de l’éprouvette :
113.33M
σ0 = (3.9)
S
avec :
σ 0 : contrainte de compression appliquée sur l’éprouvette.
M : masse utilisée.
S : surface chargée de l’éprouvette.

Afin de l’adapter aux exigences de cet essai, nous avons modifié les pièces du portique
mobile de chargement de cet appareil [Ele] en tenant compte des dimensions des
éprouvettes d’enrobé bitumineux type Marshall.

Notons enfin, que cette machine peut être encore équipée d’un système numérique
d’acquisition et de traitement de données qui peut rendre la tache plus facile à l’utilisateur
(figure 3.23).

Figure 3.23. Vue de l’appareil de fluage couplé à Figure 3.24. Essai de fluage à 60°C
un système d’acquisition numérique

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3.3.2 Autres expériences misent au point en laboratoire d’appareils de fluage pour


enrobés bitumineux
Plusieurs expériences ont été mises au point permettant la réalisation des essais de fluage
sur enrobés bitumineux ont été tentées. Nous présentons ici deux d’entre elles :

a- L’une de ces expériences est celle du vérin hydraulique qui nous a permis d’observer
certains phénomènes concernant le comportement des enrobés bitumineux soumis à des
charges de compression (figure 3.22 et 3.23).
Cette machine originale [Con 1999, Kac 2000] permet d’appliquer une charge grâce à un
vérin hydraulique. Un anneau dynamométrique bien adapté aux éprouvettes d’enrobés
bitumineux et bien placé permet la lecture des niveaux de forces (figure 3.24). Les
déformations de l’éprouvette sont indiquées par un comparateur à quadrant judicieusement
placé (figures 3.25 et 3.26). Afin de contrôler la température de l’essai ; l’appareil est
introduit dans une enceinte thérmo-régulée bien adaptée.

Figure 3.25. Mise au point en laboratoire d’un appareil Figure 3.26. Éprouvette d’enrobé bitumineux
de fluage statique pour enrobés bitumineux soumise à l’essai de fluage statique.

Constatations faites sur le comportement des éprouvettes testées après un certain


nombre d’essais

Lors de l’application de la contrainte, l’éprouvette (étant rigide au départ) transmet cette


contrainte à la pièce flexible de l’anneau dynamométrique qui actionne une tige faisant
tourner à son tour l’aiguille du comparateur permettant ainsi la lecture de la force.

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Cette force emmagasinée initialement par l’anneau flexible est retransmise vers
l’éprouvette (la rigidité de l’éprouvette diminue avec la température au cours de l’essai), et
la force de contact entre l’éprouvette et l’anneau tend à s’annuler au fil du temps.
Le fait de remonter la force après sa chute à chaque fois nous faisait sortir du domaine des
essais à charge constante dans le temps et nous mettait dans le cas des essais à chargement
répétés et à fréquence aléatoire.

Il est aussi important de remarquer que les presses classiques utilisées dans plusieurs
laboratoires (même à l’étranger) pour le compactage des éprouvettes Duriez ; fonctionnent
avec le même principe décrit dans ce paragraphe, sachant que la norme relative à cet essai
recommande d’appliquer une charge constante dans le temps pendant toute la durée de
l’essai. Cependant, il existe un autre type de machines où la contrainte est exercée à l’aide
d’un vérin piloté par une éléctro-servovalve. Le signal de contrainte dans ces machines
éléctro-hydrauliques est asservi de manière à rester constant en amplitude et fréquence
quelles que soient les caractéristiques mécaniques de l’éprouvette. Cet asservissement
contribue pour une part au coût élevé de ces machines [Bro 1977].

b- Une autre expérience de mise au point de cet appareil est celle de l’oedomètre à
chargement par l’arrière, fabriqué par Wykeham Farrance Engineering Ltd [Wyk, Sed
1982] et utilisé par Ugé et Van de Loo [Ugé 1974] (figure 3.27). Malheureusement ce
projet a été abandonné à cause des difficultés rencontrées pour pouvoir mener les essais de
fluage à des températures élevées, puisque les comparateurs utilisés sont très sensibles à la
température ; les exposer directement à la chaleur rend l’erreur dans la lecture des
déformations inévitable.

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Figure 3.27 : Oedomètre type Wykeham Farrance

3.3.3 Consignes générales pour l’essai de fluage

Nous présentons ici quelques consignes générales et recommandation concernant l’essai de


fluage statique uniaxial que nous avons développé :

- avoir des faces planes et parallèles.


- mesurer l’épaisseur de l’éprouvette au départ de l’essai.
- s’assurer que la force appliquée est répartie de façon homogène sur toute la surface de
contact.
- l’écart maximum d’épaisseur, suivant plusieurs génératrices, doit être de l’ordre de 0,1
mm.
- Les éprouvettes doivent être cylindriques avec un diamètre compris entre 100 mm et 200
mm.
- La dispersion des résultats est moindre avec des éprouvettes cylindriques qu’avec des
éprouvettes ayant d’autres formes.
- Les dimensions de l’éprouvette doivent être choisies en fonction de la taille des granulats.
- la côte minimale de l’éprouvette doit être égale à 4 fois la taille du diamètre du plus gros
grain (40 mm pour un enrobé 0/10).
- L’épaisseur de l’éprouvette doit être aussi proche que possible de l’épaisseur de la couche,
mais n’excédant pas 100 mm. On peut résoudre ce problème (dans le cas de carottes

FGC/USTHB 2007 86
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

prélevées sur chantier et trop minces) en superposant plusieurs carottes et en collant chaque
morceau avec du plâtre de moulage (le collage diminue la dispersion des résultats).
- Beaucoup d’essais de fluage en compression simple ont été effectués avec des éprouvettes
compactées par la méthode Duriez, cependant un tel processus peut être fait sur des
éprouvettes obtenu d’une autre façon (éprouvettes Marshall, éprouvettes compactées avec
une presse à compaction giratoire, carottes, …)
- Plusieurs combinaisons de charge, température et durée de chargement peuvent être
utilisées.

3.3.4 Conditions particulières de l’essai, mode opératoire et valeurs déterminées

3.3.4.1 Conditions particulières de l’essai

Les conditions particulières de l’essai sont établies selon la norme anglaise BS 598 Part
111 : 1995 [BSI 1995], ces conditions sont aussi confirmées par Ugé et Van de Loo [Ugé
1974] ainsi que par J. Zawadzki [Zaw 1997], Hushek et Pigois [Hus 1984].
L’enregistrement de la déformation initiale après 15s de chargement avait été choisit
arbitrairement. Le nombre de 15s est à peu près le même temps moyen du stop d’un bus sur
un arrêt.
- Mélanges testés : béton bitumineux 0/14.
- Températures de l’essai : +25°C, +40°C, +60°C.
- Contrainte de compression appliquée : quatre niveau de contrainte.
- Type d’éprouvettes utilisées : Éprouvettes Marshall compactées à 50 coups par face.
- Écart maximum d’épaisseur toléré suivant plusieurs génératrices : 0.1 mm
- Temps de conditionnement des éprouvettes : 4 heures [Mad 2001].
- Intervalles des lectures : chaque 15 secondes pendant la première minute, puis chaque
minute pendant les dix premières minutes, puis chaque 5 minutes jusqu’à 1h.
Les mêmes intervalles sont utilisés pendant la recouvrance.
- Temps de chargement : 1h.
- Temps de déchargement : 1h.

3.3.4.2 Mode opératoire

Après l’avoir conserver pendant 4 heures à la température de l’essai, on la place entre les
deux plaques métalliques dans le bain-marie [Bit 1991], porté préalablement à la même
température, en faisant en sorte qu’elle soit totalement immergée.
- On applique une contrainte de compression σ0 pendant 1h et on mesure la déformation
axiale,
- On décharger tout en mesurant le retour des déformations.

FGC/USTHB 2007 87
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3.3.4.3 Valeurs déterminées

La contrainte appliquée, ainsi que les composantes de la déformation mesurées durant


l’essai sont représentées par la figure 3.28 :
Où :
σ0 : Contrainte de compression appliquée sur l’éprouvette.
ε tot : Déformation totale enregistrée après 1h de chargement.
ε init : Déformation initiale enregistrée après 15s de chargement.
ε final : Déformation finale complémentaire.
ε irr : Déformation irréversible ou permanente.
ε rev : Déformation réversible.

σ (t)
σ0

0 1 t (heures)
ε (t)

ε finale
ε rev
ε totale
ε initiale
ε irrev
0 1 2
t (heures)

Figure 3.28. Essai de fluage-recouvrance

Les déformations durant l’essai sont calculées par :

∆h
ε (t , T ) = 1000 [‰] (3.10)
h0

FGC/USTHB 2007 88
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

Avec :

ε (t , T ) : Déformation axiale de l’éprouvette durant le temps de chargement (t) en


secondes à la température (T) en °C.
h0 : Hauteur initiale de l’éprouvette.
∆h : Déformation axiale (changement de distance entre les surfaces chargées).

Le module de rigidité en fluage statique est calculé par :

σ0
SM (t , T ) = [MPa] (3.11)
ε (t, T )
avec :
SM (t, T ) : Module de rigidité du mélange sous charge statique durant le temps de
chargement (t) en secondes à la température (T) en °C.

3.4 EXPÉRIENCES DE FLUAGE ET DE RELAXATION

3.4.1 Essai de fluage en traction ou en compression simples


L’éprouvette est soumise à un échelon de contrainte et l’on étudie comment varie la
déformation ε en fonction du temps, ce qui caractérise le durcissement et la viscosité du
matériau (figure 3.29). L’attente à contrainte nulle (point B) correspond à l’essai de
recouvrance. La recouvrance partielle de la déformation est schématisée sur la partie droite
de la figure 3.29 [Cha 2004].

Figure 3.29. Essai de fluage puis de recouvrance

L’appareillage utilisé est celui décrit plus haut.

FGC/USTHB 2007 89
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

3.4.2 Essai de relaxation en traction ou en compression simples

C’est l’essai dual du précédent : la réponse en contrainte à un échelon déformation ; elle est
gouvernée principalement par la viscosité mais dépend du durcissement induit par le
chargement initial (figure 3.30) [Cha 2004].

Figure 3.30. Essai de relaxation

Les essais de relaxation ont été menés au L2MGC (UCP) sur une presse INSTRON 5567 et
piloté automatiquement en imposant une déformation comme sollicitation, la réponse sera
sous forme de contrainte (figure 3.31). Il s’agit de mesurer la chute de contrainte dans le
temps.

Figure 3.31. Presse INSTRON 5567 utilisée pour la relaxation

FGC/USTHB 2007 90
FLUAGE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

3.5 CONCLUSION

Plusieurs prototypes ont été expérimentés pour l’évaluation des déformations permanentes
de fluage. Parmi les résultats les plus intéressants obtenus, on peut citer le fait que :

- Ce soit le temps total de chargement qui détermine les déformations permanentes,


indépendamment de la fréquence de chargement ;

- Une contrainte latérale sinusoïdale n’apporte rien de plus que la contrainte latérale
constante ;

- Le taux de fluage n’est pas constant en cours d’essai ;

- Le fluage augmente avec la température et avec la diminution de la fréquence ;

- La couche bitumineuse faite avec un enrobé plus frottant se déformera beaucoup moins
vite que prévu ;

- Il existe une bonne corrélation entre l’essai de fluage statique uniaxial et certains résultats
de l’essai Marshall ;

- Les corrélations établies entre l’essai de fluage et d’autres essais (classiques ou modernes)
peuvent servir dans le choix des formules optimales.

Au vu de ces résultats, l’appareillage développé dans notre laboratoire permettra d’avoir


une idée sur comportement des enrobés au fluage statique.

FGC/USTHB 2007 91
ESSAIS DE FLUAGE STATIQUE ET DE RELAXATION

CHAPITRE 4

ESSAIS DE FLUAGE STATIQUE ET DE RELAXATION

Nous exposons dans ce chapitre les essais relatifs au fluage et à la relaxation sur des
enrobés bitumineux modifiés aux NBR ou non modifiés.

4.1 LE FLUAGE

Les essais de fluage statiques ont été conduits sur l’appareillage développé et présenté
précédemment. Les conditions d’essais sont les suivantes :
- Température de l’essai : 25, 40 et 60°C,
- Contraintes appliquées : 0.05 de σ max ; 0.125 de σ max ; 0,20 de σ max et 0.25 de
σ max (voir en annexe pour les chargement correspondants),
- Teneurs en NBR : 0, 2, 3, et 4%.
- Éprouvettes Marshall (101,6 mm de diamètre et 64 mm de hauteur).
- Nombre d’éprouvettes utilisées pour chaque cas : 3.

Les essais ont été conduits suivant les étapes énumérées au chapitre 3, lors de la
présentation de l’appareillage de fluage statique.

Les contraintes maximales sont déterminées à partir des essais de compression simple pour
chaque mélange aux différentes températures. Les différentes contraintes appliquées sont
portées en annexe.

4.1.1 Influence du chargement sur la déformation

Les figures 4.1 à 4.4 montrent les courbes de déformation en fonction du temps, pour
différentes contraintes pour une teneur en NBR et à température constante. Toutes les
courbes ont la même allure. A la fin de l’essai (après deux heures), elles présentent des
déformations permanentes (irréversibles). Les résultats montrent que les déformations
augmentent avec la contrainte quelque soit la température de l’essai.

FGC/USTHB 2007 92
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

25 0% ; 40°C

20
Déformation axiale (‰)

15

10

5
0,05 smax 0,125 smax 0,20 smax 0,25 smax

0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200

Temps (s)

Figure 4.1. Courbes de fluage-recouvrance à 40°C pour à 0% de NBR

30 2% ; 25°C

25
Déformation axiale (‰)

20

15

10

5
0,05 smax 0,125 smax 0,20 smax 0,25 smax

0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200

Temps (s)

Figure 4.2. Courbes de fluage-recouvrance à 25°C pour à 2% de NBR

FGC/USTHB 2007 93
ESSAIS DE FLUAGE STATIQUE ET DE RELAXATION

30 3% ; 25°C

25
Déformation axiale (‰)

20

15

10

5
0,05 smax 0,125 smax 0,20 smax 0,25 smax

0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200

Temps (s)

Figure 4.3. Courbes de fluage-recouvrance à 25°C pour à 3% de NBR

20 4% ; 40°C
18

16
Déformation axiale (‰)

14

12

10
8

2 0,05 smax 0,125 smax 0,20 smax 0,25 smax

0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200

Temps (s)

Figure 4.4. Courbes de fluage-recouvrance à 40°C pour à 4% de NBR

4.1.2 Influence de la teneur en NBR sur la déformation

Les figures 4.5 à 4.8 montrent l’allure de quelques courbes de fluage-recouvrance des
essais de fluages :

FGC/USTHB 2007 94
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

16 25°C ; 0,05 σmax


14
12
Deformations (‰)

10
8

6
4
2
0% 2% 3% 4%
0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s)

Figure 4.5. Courbes de fluage-recouvrance à 25°C pour 0.05 σ max

35 25°C ; 0,25 σmax

30
Deformations (‰)

25

20

15

10

5
0% 2% 3% 4%
0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s)

Figure 4.6. Courbes de fluage-recouvrance à 25°C pour 0.25 σ max

FGC/USTHB 2007 95
ESSAIS DE FLUAGE STATIQUE ET DE RELAXATION

25 40°C ; 0,25 σmax

Deformations (‰) 20

15

10

0% 2% 3% 4%
0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s)

Figure 4.7. Courbes de fluage-recouvrance à 40°C pour 0.20 σ max

12 60°C ; 0,125 σmax

10
Deformations (‰)

2
0% 2% 3% 4%
0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Te mps (s)

Figure 4.8. Courbes de fluage-recouvrance à 60°C pour 0.125 σ max

Les résultats obtenus montrent que la tendance générale est l’amélioration de la résistance
au fluage du mélange à 2% de NBR à 25°C quelque soit le niveau de contrainte appliqué.
Par contre pour les températures de 40 et 60°C le mélange à 3% de NBR présente des
déformations de fluage plus faible. Ces courbes montrent l’existence de déformations
permanentes (irréversibles) pour toutes les expériences.

FGC/USTHB 2007 96
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

4.1.3 Taux de déformation de fluage

Le taux de déformation de fluage a été également évalué [Had 2006]. Il correspond au


rapport de l’allongement de fluage après 15 secondes à l’allongement de fluage après 1
heure et est un indicateur quant à la résistance de l’enrobé à l’orniérage. Les figures 4.9 à
4.12 montrent l’évolution de ce taux. Il nous permet d’évaluer la capacité d’un enrobé à
retarder la déformation de fluage.

Pour les faibles charges, figure 4.9, à 25°C le taux de fluage pour 0% de NBR atteint
environ 77% alors que pour le mélange avec 2% de NBR ce taux n’est que de 67%. D’où
une amélioration du comportement de l’enrobé vis-à-vis des déformation de fluage. A 40 et
60°C ce taux avoisine les 45% pour l’enrobé à 2% de NBR.

85 Taux de fluage pour 0,05 σmax


80
75
Taux de fluage (%)

0%
70 2%
65 3%
60 4%
55
50
45
40
20 25 30 35 40 45 50 55 60
Température (°C)

Figure 4.9. Taux de fluage pour 0.05 σ max

Sur la figure 4.10, pour des contraintes correspondant à 0.125 σ max on observe un taux de
fluage à 25°C le plus bas pour le mélange bitumineux à 3% de NBR, alors que pour 40 et
60°C le meilleur taux est obtenu pour l’enrobé à 2% de NBR.

FGC/USTHB 2007 97
ESSAIS DE FLUAGE STATIQUE ET DE RELAXATION

90
85
Taux de fluage (%) 80
75
70
65
0%
60
2%
55 3%
50 4% Taux de fluage pour 0,125 σmax
45
40
20 25 30 35 40 45 50 55 60
Température (°C)

Figure 4.10. Taux de fluage pour 0.125 σ max

Pour des contraintes correspondant à 0.20 σ max , les courbes de la figure 4.11 montrent que
le meilleur taux est obtenu avec 2% de NBR.

90 Taux de fluage pour 0,20 σmax


85
80
Taux de fluage (%)

75
70
65
60 0%
55 2%
50 3%
45 4%

40
20 25 30 35 40 45 50 55 60
Température (°C)

Figure 4.11. Taux de fluage pour 0.20 σ max

FGC/USTHB 2007 98
INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

La figure 4.12 montre les courbes de la variation du taux de fluage avec la température pour
les plus contraintes élevées (0.25 σ max ). Une amélioration est constatée pour l’enrobé à

base de 3% de NBR.

95 Taux de fluage pour 0,25 σmax


90
85
Taux de fluage (%)

80
75
70 0%
65 2%
60 3%
55 4%
50
45
40
20 25 30 35 40 45 50 55 60
Température (°C)

Figure 4.12. Taux de fluage pour 0.25 σ max

Globalement l’ajout de poudrette de caoutchouc de NBR améliore la résistance aux


déformations de fluage. Les mélanges à 2 et 3 % résistent mieux. A 60°C, pour de fortes
charges (0,25 σ max ) les déformations, pour tous les mélanges, sont de même niveau.

4.2 LA RELAXATION

Des essais de relaxation ont été conduits sur des mélanges bitumineux modifiés et non
modifiés. Après avoir tracé les courbes contrainte-déformation en compression simple nous
avons opté pour les conditions suivantes :
- température : 25°C,
- déplacement (mm) : 0,5 ; 0,75 ; 1,00 et 1,25,
- teneur en NBR : 0, 1, 2, 3 et 4,
- temps de relaxation: 2h.
- nombre d’éprouvettes pour chaque cas : 3

FGC/USTHB 2007 99
ESSAIS DE FLUAGE STATIQUE ET DE RELAXATION

Influence de déplacement

Les figures ci dessous montrent quelques courbes de relaxation obtenues pour différentes
teneurs en NBR et différents déplacements imposés. Les autres courbes sont données en
annexe.
4,00
3,50 0% - 25 °C

3,00
Contrainte (MPa)

0,50 mm
2,50
0,75 mm
2,00 1,00
1,50 1,25 mm

1,00
0,50

0,00
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s)

Figure 4.13. Courbes de relaxation à 25°C pour 0% de NBR

4,50
4,00 2% - 25 °C
3,50
Contrainte (MPa)

3,00
0,50 mm
2,50 0,75 mm
2,00 1,00
1,50 1,25 mm

1,00
0,50
0,00
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s)

Figure 4.14. Courbes de relaxation à 25°C pour 1% de NBR

Les figures 4.13 et 4.14 montrent que la contrainte initiale augmente avec le déplacement
imposé pour toutes les teneurs.

FGC/USTHB 2007 100


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

La relaxation montre de façon claire que le comportement peut être viscoélastique aux
faibles déplacements. La relaxation étant quasi totale aux faibles déplacements.

4.3 CONCLUSION

Les essais de fluage statiques ont montré que tous les enrobés testés présentaient les mêmes
courbes. Ces enrobés présentent tous une déformation permanente irréversible après l’essai
de recouvrance. Néanmoins l’influence de la modification du bitume par du NBR sur les
déformations de fluage a été mise en évidence.

La modification a permis de réduire toutes les déformations. Les meilleurs résultats ont été
obtenus pour les mélanges à 2% à 3% de NBR pour tous les chargements et températures
des essais.

Pour 15 s, la modification a permis de ralentir les déformations de fluage pour tous les
chargements aux différentes températures.

Les essais de fluage ont permis de mettre en évidence le caractère viscoplastique de tous les
mélanges étudiés aux conditions énumérées plus haut

Les essais de relaxation ont montré que la relaxation des différents enrobés n’est pas totale
pour les grands déplacements. Que pour les faibles déplacements le comportement peut être
viscoélastique. La relaxation étant quasi-totale. Ce qui n’a pas été observé lors des essais de
fluage parce que les contraintes imposées étaient plus importantes.

FGC/USTHB 2007 101


ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES DE MODELISATION

CHAPITRE 5

ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES DE


MODÉLISATION

Dans cette partie nous avons analysé les résultats et proposons des approches de
modélisation en procédant à une régression non linéaire du fluage pour plusieurs niveaux
de contraintes (0.05 σ max ; 0.125 σ max ; 0.20 σ max et 0.25 σ max ) et à différentes
températures (25, 40 et 60°C) ainsi que la relaxation à différents niveaux de déplacement
(0,50 ; 0,75 ; 1,00 et 1,25 mm) et à la température de 25°C. Pour cela nous avons utilisé le
logiciel MATLAB (matrix laboratory) du LMMGC de l’Université de Cergy-Pontoise pour
la régression non linéaire qui nous permet de choisir la fonction de régression ou bien le cas
échéant introduire une autre fonction si elle n’existe pas.

5.1. LE FLUAGE

La courbe de fluage classique représente l’évolution en fonction du temps de la


déformation d’un matériau soumis à une contrainte unidimensionnelle constante à
température constante.

Cette courbe met en évidence généralement trois phases :


- Une phase de fluage « primaire » au cours de laquelle l’écrouissage du matériau
engendre une diminution de la vitesse de fluage initialement très grande.
- Une phase de fluage « secondaire » pendant laquelle la vitesse est sensiblement
constante.
- Une phase de fluage « tertiaire » où l’augmentation régulière de la vitesse
jusqu’à la déformation de rupture.

Pour prédire le comportement du mélange bitumineux nous proposons la loi d’Andrade


[Cha 2004]. Cette loi s’applique pour des matériaux viscoplastiques. La loi d’Andrade
représente assez bien le fluage primaire. C’est une fonction puissance du type :
1
ε fluage = a t b

FGC/USTHB 2007 102


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Nous présentons dans ce qui suit quelques exemples de courbes expérimentales de fluage
avec la loi d’Andrade (figures 5.1 à 5.4). Les autres résultats sont donnés en annexe.

18 Modélisation
16
Déformation axial (‰)

14
12
10
8 0% ; 25°C ; 0.05 σmax
6
a = 9,116 ; b = 15,67 ; r² = 0,92
4
expérimentale modèle de Andrade
2
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s)

Figure 5.1. Courbe expérimentale de fluage et loi d’Andrade pour 0% de NBR à 25°C et 0.05 σ max

Modélisation
16

14

12
Fluage axial (‰)

10

8 0% ; 40°C ; 0.125 σ max


6
a = 10.88 ; b = 25.61 ; r² = 0,91
4

2 expérimentale modèle de Andrade

0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s)

Figure 5.2. Courbe expérimentale de fluage et loi d’Andrade pour 0% de NBR à 25°C et 0.05 σ max

FGC/USTHB 2007 103


ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES DE MODELISATION

25 Modélisation

Déformation axiale (‰) 20

15

4% ; 60°C ; 0,25 σmax


10

a = 16,32 ; b = 36,58 ; r² = 0,902


5
expérimentale modèle de Andrade
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s)

Figure 5.3. Courbe expérimentale de fluage et loi d’Andrade pour 4% de NBR à 60°C et 0.25 σ max

10 Modélisation
9
8
7
Fluage axial (‰)

6
5 3% ; 60°C ; 0.20 σmax
4
3 a = 6.078 ; b = 20.23 ; r² = 0,953
2
1 expérimentale modèle de Andrade
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s)

Figure 5.4. Courbe expérimentale de fluage et loi d’Andrade pour 3% de NBR à 60°C et 0.20 σ max

Au vu des résultats obtenus, la loi d’Andrade représente assez bien les courbes de fluage
des mélanges bitumineux modifiés et non modifiés pour les différents déplacements
appliqués.

FGC/USTHB 2007 104


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Les figures 5.5 à 5.8 montrent l’évolution des coefficients a et b de la loi d’Andrade.

20 0% 2% 3% 4%

25 °C

15
Coefficient a

10

5
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Rendement

Figure 5.5. Variation du coefficient a de la loi d’Andrade à 25°C

20
25 °C

15
Coefficient b

10

0% 2% 3% 4%

5
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Rendement

Figure 5.6. Variation du coefficient b de la loi d’Andrade à 25°C

FGC/USTHB 2007 105


ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES DE MODELISATION

15 40 °C

10
Coefficient a

0% 2% 3% 4%

0
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Rendement

Figure 5.7. Variation du coefficient a de la loi d’Andrade à 40°C

30 40 °C

25
Coefficient b

20

15

10 0% 2% 3% 4%

5
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Rendement

Figure 5.8. Variation du coefficient b de la loi d’Andrade à 40°C

FGC/USTHB 2007 106


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

20 0% 2% 3% 4%

60 °C
15
Coefficient a

10

0
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Rendement

Figure 5.9. Variation des coefficients a de la loi d’Andrade à 60°C

40 60 °C 0% 2% 3% 4%

35
30
Coefficient b

25
20
15
10
5
0
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Rendement

Figure 5.10. Variation des coefficients b de la loi d’Andrade à 60°C

Pour le coefficient a nous remarquons un changement de tendance. A 25°C les coefficients


du mélange à 0% de NBR sont les plus bas, à 40 et 60°C ils deviennent plus grands.
A 40 et 60°C les coefficients des mélanges bitumineux avec 2 et 3% de NBR sont les plus
petits.

FGC/USTHB 2007 107


ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES DE MODELISATION

Nous remarquons aussi, sur les figures 5.11 à 5.14, que pour les températures de 40 et
60°C, les coefficients a ont une tendance linéaire suivant le rendement.

16 0% de NBR ; 40 °C
14

12
Coefficient a

10
8
y = 30,656x + 6,2367
6 2
R = 0,9403
4
2
0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement

Figure 5.11. Variation du coefficient a à 40°C pour différents rendements pour 0% de NBR

40 2% NBR ; 60 °C

35
30
Coefficient b

25

20

15
y = 138,58x - 2,9214
10 2
R = 0,9034
5

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement

Figure 5.12. Variation du coefficient a à 60°C pour différents rendements pour 2% de NBR

FGC/USTHB 2007 108


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

15 4% NBR ; 40 °C

10
Coefficient a

5
y = 31,049x + 4,8451
2
R = 0,991

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement

Figure 5.13. Variation du coefficient a à 40°C pour différents rendements pour 4% de NBR

15 3% NBR ; 60 °C

10
Coefficient a

y = 39,567x - 1,104
2
R = 0,9679

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement

Figure 5.14. Variation du coefficient a à 60°C pour différents rendements pour 3% de NBR

Par contre pour le coefficient b, à 60°C pour les teneurs 2 et 3% de NBR, la tendance est
linéaire (figures 5.15 et 5.16).

FGC/USTHB 2007 109


ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES DE MODELISATION

40 2% NBR ; 60 °C

35

Coefficient b 30

25

20

15
y = 138,58x - 2,9214
10 2
R = 0,9034
5

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement

Figure 5.15. Variation du coefficient b à 60°C pour différents rendements pour 2% de NBR

25 3% NBR ; 60 °C

20
Coefficient b

15

10
y = 67,136x + 4,087
2
R = 0,9016
5

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement

Figure 5.16. Variation du coefficient b à 60°C pour différents rendements pour 3% de NBR

5.2 LA RELAXATION

Pour prédire le comportement du mélange bitumineux nous proposons une loi puissance
pour la relaxation. Cette fonction est du type :

σ = a tb + c

FGC/USTHB 2007 110


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

Nous présentons quelques exemples de courbes expérimentales de relaxation avec la loi


puissance. Les autres résultats sont donnés en annexe. Les coefficients a et b étant
différents de ceux du fluage.

Les figures 5.17 et 5.18 montrent ces tendances.

3,00

2,50
expérimentale lissage
Contrainte (MPa)

2,00
2% ; 25°C ; 1.00 mm
1,50
a = 1,929 ; b = - 0,289 ; c= 0.153 ; r² = 0,96
1,00

0,50

0,00
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 4200 4800 5400 6000 6600 7200
Temps (s)

Figure 5.17. Courbe expérimentale de relaxation et loi puissance pour 2% de NBR à 25°C et 1.00 mm

7
6
expérimentale puissance
Contrainte (MPa)

5
4
0% ; 25°C ; 1,25 mm
3
2 a = 4,231 ; b = - 0,315 ; c= 0,331 ; r² = 0,945

1
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 4200 4800 5400 6000 6600 7200
Temps (s)

Figure 5.18. Courbe expérimentale de relaxation et loi puissance pour 0% de NBR à 25°C et 1.25 mm

La tendance qui se dégage est que :


- le coefficient a varie suivant la contrainte. Il varie linéairement avec le
déplacement imposé comme le montre les figures 3.19 et 3.20. Les autres
résultats sont donnés en annexe.

FGC/USTHB 2007 111


ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES DE MODELISATION

5 0%

Coefficient a 4

2
y = 4,1491x - 1,3769
2
1 R = 0,9933

0
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm)

Figure 5.19. Variation du coefficient a à 25°C pour différents rendements pour 2% de NBR

5 4%

4
Coefficient a

2
y = 4,8682x - 2,1864
2
1 R = 0,955

0
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm)

Figure 5.20. Variation du coefficient a à 25°C pour différents rendements pour 4% de NBR

- le coefficient b est compris entre – 0. 38 et – 0.26, les figures 5.21 à 5.23


montrent qu’il varie linéairement suivant le déplacement imposé pour 2, 3 et 4%
de NBR.

FGC/USTHB 2007 112


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

0,00 2%
-0,05

-0,10
Coefficient b

-0,15
y = 0,0724x - 0,3513
2
-0,20 R = 0,972

-0,25

-0,30

-0,35
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm)

Figure 5.21. Variation du coefficient b à 25°C pour différents rendements pour 2% de NBR

0,00 3%
-0,05
-0,10
y = 0,0935x - 0,3851
Coefficient b

-0,15 2
R = 0,9013
-0,20

-0,25

-0,30
-0,35

-0,40
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm)

Figure 5.22. Variation du coefficient b à 25°C pour différents rendements pour 3% de NBR

FGC/USTHB 2007 113


ANALYSE DES RESULTATS ET APPROCHES DE MODELISATION

0,00
4%
-0,05

-0,10
Coefficient b

-0,15
y = 0,1073x - 0,3906
-0,20 2
R = 0,9545
-0,25

-0,30

-0,35

-0,40
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm)

Figure 5.23. Variation du coefficient b à 25°C pour différents rendements pour 4% de NBR

- le coefficient c est compris entre 0 et 0.42 et varie linéairement comme le


montre les figures 5.24 et 5.25 pour les différentes teneurs. Les autres résultats
sont donnés en annexe.
0,35 0%
0,30

0,25
Coefficient c

0,20
y = 0,4121x - 0,1871
0,15 2
R = 0,9747
0,10

0,05

0,00
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm)

Figure 5.24. Variation du coefficient c à 25°C pour différents rendements pour 0% de NBR

FGC/USTHB 2007 114


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

0,40 4%
0,35
0,30
0,25
Coefficient c

0,20
0,15
y = 0,4859x - 0,2712
0,10 2
R = 0,9798
0,05
0,00
-0,05
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm)

Figure 5.25. Variation du coefficient c à 25°C pour différents rendements pour 4% de NBR

5.3 CONCLUSION

L’approche des courbes expérimentales de fluage par la loi d’Andrade qui présente une
bonne corrélation montre que le comportement des enrobés bitumineux étudiés est élasto-
visco-plastique. La loi puissance proposée pour la régression des courbes de relaxation
présente également une bonne corrélation avec les courbes expérimentales.

FGC/USTHB 2007 115


INFLUENCE DE LA POUDRETTE DE CAOUTCHOUC SUR LE COMPORTEMENT AU FLUAGE DES
ENROBES BITUMINEUX

CONCLUSION GÉNÉRALE

Dans cette étude nous nous sommes intéressés à l’incorporation d’un élastomère
acrylonitrile butadiène (NBR) sous forme de poudrette de caoutchouc. Ce polymère qui
n’est pas biodégradable, est un déchet industriel. Il nous a été proposé par la société
algérienne d’élastomère (SAEL) afin de trouver une utilisation dans le domaine des travaux
publics, particulièrement dans la géotechnique routière. Son recyclage, contribuera à
préserver l’environnement, à diminuer les zones de stockage et éviter ainsi la contamination
du milieu.

Les conditions de la modification sont :


- durée de malaxage : une heure,
- température de malaxage : de 190 à 200°C,
- vitesse de malaxage : 600 tr/mn.

Nous avons abouti aux observations suivantes :


La modification du bitume par le NBR a changé ses caractéristiques physico-chimiques. Ce
changement est induit par
- l’augmentation du pourcentage d’asphaltènes,
- la diminution de la pénétrabilité,
- l’augmentation de la ductilité,
- la diminution de la susceptibilité,
- l’augmentation de la température de transition vitreuse,
Sur le mélange bitumineux une amélioration des caractéristiques Marshall pour 2% de
NBR est observée pour atteindre 65% d’augmentation pour le Quotient qui peut être un bon
indicateur pour la résistance aux déformations permanentes.

Nous avons mis au point un essai de fluage basé sur l’appareillage oedométrique. Cet
appareil permet d’appliquer une contrainte constante et contrôler la température durant
l’essai.
Les résultats obtenus montrent qu’à 25°C le mélange à 2% de NBR présente la meilleure
résistance aux déformations de fluage. Pour 40°C, la meilleure résistance est entre les
mélanges à 2 et 3% de NBR alors qu’elle est à 3% de NBR à 60°C.

FGC/USTHB 2007 116


CONCLUSION GENERALE

L’incorporation du NBR a freiné la vitesse de déformation initiale mesurée à 15 s.

Les essais de fluage ont permis de mettre en évidence le caractère viscoplastique de tous les
mélanges étudiés aux conditions énumérées plus haut

Les essais de relaxation ont montré que la relaxation des différents enrobés n’est pas totale
pour les grands déplacements. Que pour les faibles déplacements le comportement peut être
viscoélastique. La relaxation étant quasi-totale. Ce qui n’a pas été observé lors des essais de
fluage parce que les contraintes imposées étaient plus importantes.

La relaxation étudiée, montre également qu’à 25°C le mélange à 2% de NBR présentent le


meilleur comportement.

La loi puissance d’Andrade représente assez bien le fluage primaire. Ce qui montre le
caractère viscoplastique des mélanges bitumineux modifiés ou non étudiés.
b
La loi puissance du type σ = a t + c présente une bonne corrélation pour les essais de
relaxation à 25°C.

Nous rappelons les conditions que la modification a été effectuée pour une heure et une
température comprise entre 190 et 200°C de malaxage et à une vitesse de 600 tr/mn.

En perspective, il serait souhaitable :

- d’associer au NBR un autre composé pour améliorer encore le comportement du


mélange bitumineux,
- d’étudier l’influence du temps et la vitesse de malaxage,
- développer les essais physico-chimiques pour mieux appréhender le
comportement entre 2 et 3% et trouver des explications rationnelles,
- Au vu des résultats expérimentaux le comportement des enrobés bitumineux est
du type visco-élastique visco- plastique sous forme puissance. il s’agit d’établir
le modèle et de le valider.
- étudier leur comportement à la fatigue (ceci nécessite un matériel lourd qui n’est
pas disponible).

FGC/USTHB 2007 117


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FGC/USTHB 2007 126


ANNEXE 1

Contraintes et masses appliquées dans l’essai de fluage

Température (°C)

25 40 60
Teneur
en
Rendement σ max σ app Masse σ max σ app Masse σ max σ app Masse
NBR (kg) (kg) (kg)
(%)
0,05 0,158 11,26 0,053 3,78 0,021 1,51

0,125 3,157 0,395 28,16 1,06 0,133 9,45 0,424 0,053 3,78
0
0,2 0,631 45,06 0,212 15,13 0,085 6,05

0,25 0,789 56,32 0,265 18,91 0,106 7,56

Rendement σ max σ app Masse σ max σ app Masse σ max σ app Masse
(kg) (kg) (kg)
0,05 0,165 11,77 0,061 4,37 0,019 1,35

0,125 0,412 29,43 1,225 0,153 10,93 0,377 0,047 3,36


2 3,299
0,2 0,660 47,08 0,245 17,48 0,075 5,38

0,25 0,825 58,85 0,306 21,85 0,094 6,73

Rendement σ max σ app Masse σ max σ app Masse σ max σ app Masse
(kg) (kg) (kg)
0,05 0,163 11,60 0,047 3,36 0,022 1,59

0,125 3,252 0,407 29,01 0,943 0,118 8,41 0,447 0,056 3,99
3
0,2 0,650 46,41 0,189 13,46 0,089 6,38

0,25 0,813 58,01 0,236 16,82 0,112 7,97

Rendement σ max σ app Masse σ max σ app Masse σ max σ app Masse
(kg) (kg) (kg)
0,05 0,146 10,43 0,040 2,86 0,008 0,59

0,125 2,922 0,365 26,06 0,801 0,100 7,14 0,165 0,021 1,47
4
0,2 0,584 41,70 0,160 11,43 0,033 2,35

0,25 0,731 52,13 0,200 14,29 0,041 2,93

127
128
ANNEXE 2. Courbes de fluage-recouvrance pour différents chargements pour chaque teneur en NBR à température constante

35 0% ; 25°C 25 0% ; 40°C 20 0% ; 60°C


18
30
20 16
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


25 14
15 12
20
10
15
10 8
10 6
0,05 smax 0,125 smax 5 4
5 0,05 smax 0,125 smax 0,05 smax 0,125 smax
0,20 smax 0,25 smax 2
0,20 smax 0,25 smax 0,20 smax 0,25 smax
0 0 0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
T emps (s) T emps (s) T emps (s)

30 2% ; 25°C 20 2% ; 40°C 16 2% ; 60°C


18 14
25
16
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


12
14
20
12 10

15 10 8
8 6
10
6
4
4
5 0,05 smax 0,125 smax
2 0,05 smax 0,125 smax 2 0,05 smax 0,125 smax
0,20 smax 0,25 smax 0,20 smax 0,25 smax 0,20 smax 0,25 smax
0 0 0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
T emps (s) T emps (s) T emps (s)
129
ANNEXE 2 (suite). Courbes de fluage-recouvrance pour différents chargements pour chaque teneur en NBR à température constante

30 3% ; 25°C 18 3% ; 40°C 16 3% ; 60°C 0,05 smax


16 0,125 smax
14
25 0,20 smax
14
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


12
0,25 smax
20 12
10
10
15 8
8
6
10 6
4 4
5 0,05 smax 0,125 smax 0,05 smax 0,125 smax
2 2
0,20 smax 0,25 smax 0,20 smax 0,25 smax
0 0 0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
T emps (s) T emps (s) T emps (s)

30 4% ; 25°C 20 4% ; 40°C 25 4% ; 60°C


18
25
16 20
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


14
20
12 15
15 10
8 10
10
6
4 5
5 0,05 smax 0,125 smax 0,05 smax 0,125 smax 0,05 smax 0,125 smax
2
0,20 smax 0,25 smax 0,20 smax 0,25 smax 0,20 smax 0,25 smax
0 0 0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
T emps (s) T emps (s) T emps (s)
130
ANNEXE 3. Courbes de fluage-recouvrance pour différentes teneurs en NBR pour une contrainte et température constantes

16 25°C ; 0,05 σmax 25 30 25°C ; 0,20 σmax 35 25°C ; 0,25 σmax


25°C ; 0,125 σmax
14 30
20 25
12
D eform ation s (‰ )

D eform ation s (‰ )

D eform ation s (‰ )

D eform ation s (‰ )
25
20
10 15
20
8 15
10 15
6
10
4 10
5
5
2 0% 2% 3% 4% 0% 2% 3% 4% 5
0% 2% 3% 4%
0% 2% 3% 4%
0 0 0
0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s) Temps (s) Temps (s) Temps (s)

12 40°C ; 0,05 σmax 16 40°C ; 0,125 σmax 20 40°C ; 0,20 σmax 25 40°C ; 0,25 σmax
14 18
10
16 20
12
D eform ation s (‰ )

D eform ation s (‰ )

D eform ation s (‰ )
D eform ation s (‰ )
8 14
10 12 15
6 8 10
6 8 10
4
6
4
4 5
2
2
0% 2% 3% 4% 0 2% 3% 4% 2 0% 2% 3% 4% 0% 2% 3% 4%
0 0 0 0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s) Temps (s) Temps (s) Temps (s)

9 60°C ; 0,05 σmax 12 60°C ; 0,125 σmax 14 60°C ; 0,20 σmax 22 60°C ; 0,25 σmax
8 20
10 12
18
7
16
D eform ation s (‰ )

D eform ation s (‰ )
10
D eform ation s (‰ )
D e fo r m a tio ns (‰ )

6 8 14
5 8 12
6
4 6 10
3 8
4
4 6
2
4
2 2
1 2 0% 2% 3% 4%
0% 2% 3% 4% 0% 2% 3% 4% 0% 2% 3% 4%
0 0 0 0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s) Temps (s) Temps (s) Temps (s)
ANNEXE 4

Courbes de relaxation à différentes teneurs en NBR et différents déplacements à 25°C

4,00 4,50

3,50 0% - 25 °C 4,00 1% - 25 °C

3,00 3,50
Contrainte (MPa)

Contrainte (MPa)
0,50 mm 3,00 0,50 mm
2,50
0,75 mm 2,50 0,75 mm
2,00 1,00 1,00
2,00
1,50 1,25 mm 1,25 mm
1,50
1,00 1,00
0,50 0,50
0,00 0,00
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s) Temps (s)

4,50 4,50
4,00 2% - 25 °C 4,00 3% - 25 °C
3,50 3,50
Contrainte (MPa)

Contrainte (MPa)

3,00 3,00
0,50 mm
2,50 2,50 0,50 mm
0,75 mm
0,75 mm
2,00 1,00 2,00 1,00
1,25 mm
1,50 1,50 1,25 mm
1,00 1,00
0,50 0,50
0,00 0,00
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s) Temps (s)

4,50
4,00 4% - 25 °C
3,50
Contrainte (MPa)

3,00
2,50 0,50 mm
0,75 mm
2,00
1,00
1,50 1,25 mm
1,00
0,50
0,00
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s)

131
ANNEXE 4 (suite)

Courbes de relaxation à différentes teneurs en NBR pour chaque déplacement à 25°C

1,4 0,50 mm ; 25°C 2,0 0,75 mm ; 25°C


1,8
1,2
1,6
Contrainte (MPa)

Contrainte (MPa)
1,0 0% 1,4 0%
1% 1,2 1%
0,8
2% 1,0 2%
0,6 3% 0,8 3%
4% 0,6 4%
0,4
0,4
0,2
0,2
0,0 0,0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s) Temps (s)

4,5 1,00 mm ; 25°C 4,5 1,25 mm ; 25°C


4,0 0% 4,0
3,5 1% 3,5 0%
Contrainte (MPa)

Contrainte (MPa)

3,0 2% 3,0 1%
2,5 3% 2%
2,5
4% 3%
2,0 2,0
4%
1,5 1,5
1,0 1,0
0,5 0,5
0,0 0,0
0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200
Temps (s) Temps (s)

132
ANNEXE 5

18 30
Modélisation Modélisation
16
25

D éform ation axial (‰ )


Déformation axial (‰)

14
12 20
10 0% ; 25°C ; 0.125 smax
8 0% ; 25°C ; 0.05 σmax
15
6 a = 6.339 ; b = 12.07 ; r² = 0,95
10
a = 9,116 ; b = 15,67 ; r² = 0,92
4
expérimentale modèle de Andrade 5 expérimentale modèle de Andrade
2
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

30 Modélisation 35
Modélisation
30
25

Déform ation axiale (‰ )


25
Déformation axial (‰)

20
20
15 0% ; 25°C ; 0.20 σ max 0% ; 25°C ; 0.20 σ max
15

10 a = 8.043 ; b = 16.24 ; r² = 0,91


10 a = 9.813 ; b = 19.36 ; r² = 0,92
5 expérimentale modèle de Andrade 5
expérimentale modèle de Andrade
0
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
0 600 1200 1800 2400 3000 3600

Temps (s) Temps (s)

Figure A.1. Courbes de fluage à 25°C pour différent niveaux de contrainte pour 0% de NBR

14
Modélisation Modélisation
16
12
14
10
Déformation axiale (‰)

12
Fluage axial (‰)

8 10
0% ; 40°C ; 0.05 σ max
6
8 0% ; 40°C ; 0.125 σ max
6
a = 7.187 ; b = 17.54 ; r² = 0,98
4 a = 10.88 ; b = 25.61 ; r² = 0,91
4

2 2 expérimentale modèle de Andrade


expérimentale modèle de Andrade
0
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
0 600 1200 1800 2400 3000 3600

Temps (s) Temps (s)

25 Modélisation Modélisation
25
Déformation axiale (‰)

20
Déformation axiale (‰)

20
15
15
0% ; 40°C ; 0.125 σ max
0% ; 40°C ; 0,25 σ max
10
10
a = 12,67 ; b = 19.29, ; r² = 0,84
a = 13.37 ; b = 16.47 ; r² = 0,81
5 5
expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 40°C pour différent niveaux de contrainte pour 0% de NBR

133
9 Modélisation Modélisation
8 12

Déformation axiale (‰)


7

Déformation axiale (‰)


10
6
8
5 0% ; 60°C ; 0.05 σ max 0% ; 60°C ; 0,125 σ max
4 6
3 a = 5,846 ; b = 26,36 ; r² = 0,997 a = 8,577 ; b = 28,75 ; r² = 0,995
4
2
1 expérimentale modèle de Andrade 2 expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

14 Modélisation 20 Modélisation
18
12
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


16
10 14
8 12
0% ; 60°C ; 0.20 σ max 10 0% ; 60°C ; 0,25 σ max
6 8
a = 9,066 ; b = 27,06 ; r² = 0,963 6 a = 12,08 ; b = 18,40 ; r² = 0,712
4
4
2 expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
2
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Figure A.3. Courbes de fluage à 60°C pour différent niveaux de contrainte pour 0% de NBR

14 Modélisation 25 Modélisation
12
Déformation axiale (‰)

20
Déormation axiale (‰)

10

8 15

2% ; 25°C ; 0.05 σ max 2% ; 25°C ; 0,125 σ max


6 10
4 a = 13,53 ; b = 14.36 ; r² = 0,88 a = 10,06 ; b = 11 ; r² = 0,80
5
2 expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

30 Modélisation 30 Modélisation

25 25
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

20 20

15 15 2% ; 25°C ; 0.25 σ max


2% ; 25°C ; 0.20 σ max
10 10 a = 12,80 ; b = 13,88 ; r² = 0,82
a = 9,685 ; b = 12.96 ; r² = 0,95
5 5
expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 25°C pour différent niveaux de contrainte pour 2% de NBR

134
8 Modélisation 14 Modélisation
7 12

Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


6
10
5
8
4
2% ; 40°C ; 0.05 σ max 2% ; 40°C ; 0.125 σ max
6
3
a = 2,429 ; b = 7,714 ; r² = 0,96 4 a = 6,849 ; b = 13,76 ; r² = 0,961
2
1 expérimentale modèle de Andrade 2 expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

18 Modélisation 25 Modélisation
16

Déformation axiale (‰)


20
Déformation axiale (‰)

14
12
15
10
2% ; 40°C ; 0.20 σ max 2% ; 40°C ; 0,25 σ max
8 10
6
a = 9,967 ; b = 15,56 ; r² = 0,951 a = 11,22 ; b = 14,62 ; r² = 0,85
4 5
2 expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 40°C pour différent niveaux de contrainte pour 2% de NBR

6 Modélisation 8 Modélisation
7
5
Déformation axiale (‰)
Déformation axiale (‰)

6
4
5

3 4 2% ; 60°C ; 0,125 σ max


2% ; 60°C ; 0,05 σ max
3
2 a = 3,212 ; b = 10,06 ; r² = 0,971
a = 1,587 ; b = 7,317 ; r² = 0,974 2
1 1 expérimentale modèle de Andrade
expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600

Temps (s) Temps (s)

10 Modélisation 16 Modélisation
9 14
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

8
12
7
6 10
5 2% ; 60°C ; 0,20 σ max 8 2% ; 60°C ; 0,25 σ max
4 6
3 a = 6,171 ; b = 22,41 ; r² = 0,983 a = 11,69 ; b = 35,14 ; r² = 0,97
4
2
1 expérimentale modèle de Andrade 2 expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 60°C pour différent niveaux de contrainte pour 2% de NBR

135
14 Modélisation 20 Modélisation
18
12

Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


16
10 14
8 12
3% ; 25°C ; 0,05 σ max 10
6 3% ; 25°C ; 0,125 σ max
8
4 a = 14,04 ; b = 12,79 ; r² = 0,83 6 a = 9,7 ; b = 9,06 ; r² = 0,87
4
2 expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
2
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

30 Modélisation 30 Modélisation

25 25
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


20 20

15 15 3% ; 25°C ; 0,25 σ max


3% ; 25°C ; 0,20 σ max
10 10 a = 13,71 ; b = 13,22 ; r² = 0,87
a = 11,35 ; b = 10,69 ; r² = 0,83
5 5
expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 25°C pour différent niveaux de contrainte pour 3% de NBR

9 Modélisation 16 Modélisation
8 14
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

7 12
6
10
5
8 3% ; 40°C ; 0,125 σ max
4 3% ; 40°C ; 0,05 σ max
6
3 a = 7,834 ; b = 14,09 ; r² = 0,87
a = 4,621 ; b = 13,78 ; r² = 0,97 4
2
1 expérimentale modèle de Andrade 2 expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

18 20 Modélisation
Modélisation
18
16
Déformation axiale (‰)

16
14
14
12
Fluage axial (‰)

12
10
3% ; 40°C ; 0,20 σ max 10
8 3% ; 40°C ; 0,25 σ max
8
6 a = 9,586 ; b = 16,2 ; r² = 0,88 6 a = 10,19 ; b = 14,22 ; r² = 0,82
4
4
2 expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
2
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600

Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 40°C pour différent niveaux de contrainte pour 3% de NBR

136
4,5 Modélisation 8 Modélisation
4,0 7

Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


3,5 6
3,0
5
2,5
3% ; 60°C ; 0,05 σ max 4 3% ; 60°C ; 0,125 σ max
2,0
3
1,5 a = 3,546 ; b = 12,09 ; r² = 0,974
a = 1,242 ; b = 7,008 ; r² = 0,974
1,0 2

0,5 expérimentale modèle de Andrade 1 expérimentale modèle de Andrade


0,0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

10 Modélisation 16 Modélisation
9 14

Déformation axiale (‰)


8
12
Fluage axial (‰)

7
6 10
5 3% ; 60°C ; 0.20 σmax 8 3% ; 60°C ; 0,25 σ max
4 6
a = 9,447 ; b = 18,98 ; r² = 0,753
3 a = 6.078 ; b = 20.23 ; r² = 0,953
4
2
expérimentale modèle de Andrade 2 expérimentale modèle de Andrade
1
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600

Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 60°C pour différent niveaux de contrainte pour 3% de NBR

16 Modélisation 25 Modélisation
14
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

20
12
10 15
8 4% ; 25°C ; 0,125 σ max
4% ; 25°C ; 0,05 σ max
6 10
a = 13,14 ; b = 12,54 ; r² = 0,86
a = 16,98 ; b = 18,84 ; r² = 0,87
4
5
2 expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

30 Modélisation 35 Modélisation

25 30
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

25
20
20
15 4% ; 25°C ; 0,20 σ max 4% ; 25°C ; 0,25 σ max
15
10 a = 13,04 ; b = 10,98 ; r² = 0,80 a = 17,76 ; b = 15,08 ; r² = 0,80
10
5 5
expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 25°C pour différent niveaux de contrainte pour 4% de NBR

137
12 14
Modélisation Modélisation

10 12

Déformation axiale (‰)


Déformation axiale (‰) 10
8
8
6 4% ; 40°C ; 0,125 σ max
4% ; 40°C ; 0,05 σ max 6

4 4 a = 8,509 ; b = 22,01 ; r² = 0,996


a = 6,447 ; b = 19,47 ; r² = 0,999
2 expérimentale modèle de Andrade
2
expérimentale modèle de Andrade
0
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

18 Modélisation 20 Modélisation
16 18
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)


14 16
12 14
12
10
4% ; 40°C ; 0,20 σ max 10 4% ; 40°C ; 0,25 σ max
8
8
6 a = 11,4 ; b = 25,32 ; r² = 0,92 6 a = 12,43 ; b = 22,03 ; r² = 0,88
4 4
2 expérimentale modèle de Andrade 2 expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 40°C pour différent niveaux de contrainte pour 4% de NBR

7 Modélisation 9 Modélisation
6 8
Déformation axiale (‰)

Déformation axiale (‰)

7
5
6
4 5
4% ; 60°C ; 0,05 σ max 4% ; 60°C ; 0,125 σ max
3 4

a = 4,579 ; b = 26,04 ; r² = 0,99 3 a = 5,678 ; b = 23,07 ; r² = 0,998


2
2
1 expérimentale modèle de Andrade 1 expérimentale modèle de Andrade
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Modélisation 25 Modélisation
10
9
Déformation axiale (‰)

20
Déformation axiale (‰)

8
7
6 15
5 4% ; 60°C ; 0,20 σmax 4% ; 60°C ; 0,25 σmax
4 10
3 a = 4,621 ; b = 13,78 ; r² = 0,996 a = 16,32 ; b = 36,58 ; r² = 0,902
2 5
expérimentale modèle de Andrade expérimentale modèle de Andrade
1
0 0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 0 600 1200 1800 2400 3000 3600
Temps (s) Temps (s)

Courbes de fluage à 60°C pour différent niveaux de contrainte pour 4% de NBR

138
ANNEXE 6

Variation des coefficients a et b de la loi d’Andrade

16 Variation du coefficient d'Andrade a 40 °C 14 Variation du coefficient d'Andrade a 60 °C


pour 0% de NBR pour 0% de NBR
14 12
12 10
Coefficient a

Coefficient a
10
8
8
y = 30,656x + 6,2367 6
6 2
R = 0,9403
4 y = 27,863x + 4,5387
4
2
2 R = 0,9111
2
0 0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement Rendement

14 Variation du coefficient d'Andrade a 40 °C 14 Variation du coefficient d'Andrade a 60 °C


pour 2% de NBR pour 2% de NBR
12 12

10 10
Coefficient a

Coefficient a
8 8
y = 47,767x - 1,799
2
6 6 R = 0,8849

4 y = 44,226x + 0,7059 4
2
R = 0,9764
2 2

0 0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement Rendement

12 Variation du coefficient d'Andrade a 40 °C 10 Variation du coefficient d'Andrade a 60 °C


pour 3% de NBR 9 pour 3% de NBR
10
8
7
8
Coefficient a

Coefficient a

6
y = 27,816x + 3,7114 y = 39,567x - 1,104
6 5 2
2
R = 0,9482 R = 0,9679
4
4 3

2 2
1
0 0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement Rendement

14 Variation du coefficient d'Andrade a 40 °C 18 Variation du coefficient d'Andrade a 60 °C


pour 4% de NBR 16 pour 4% de NBR
12
14
10
12
Coefficient a

Coefficient a

8 10
6 8
y = 31,049x + 4,8451 6
4 2
R = 0,991 4 y = 51,164x + 0,4163
2 2
2 R = 0,695
0 0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement Rendement

139
40 Variation du coefficient d'Andrade b 60 °C 25 Variation du coefficient d'Andrade b 60 °C
pour 2% de NBR pour 3% de NBR
35
20
Coefficient b 30

Coefficient b
25 15
20
15 10
y = 138,58x - 2,9214 y = 67,136x + 4,087
2 2
10 R = 0,9034 R = 0,9016
5
5

0 0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rendement Rendement

140
ANNEXE 7

Variation des coefficients a, b et c de la loi puissance de relaxation

5,00 0,00
0% 1% 2% 3% 4%
4,50 -0,05
4,00
-0,10
3,50 0% 1% 2% 3% 4%

Coefficient b
Coefficient a

3,00 -0,15

2,50 -0,20
2,00 -0,25
1,50
-0,30
1,00
0,50 -0,35
0,00 -0,40
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

4,50 0% 0,00 0%
4,00 -0,05
3,50 -0,10 y = 0,0587x - 0,3721
2
3,00 R = 0,6283
Coefficient b
Coefficient a

-0,15
2,50
-0,20
2,00
y = 4,1491x - 1,3769 -0,25
1,50 2
R = 0,9933
1,00 -0,30

0,50 -0,35
0,00 -0,40
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

5,00 1% 0,00 1%
4,50
-0,05
4,00
3,50 -0,10
Coefficient b
Coefficient a

3,00 -0,15 y = 0,0526x - 0,3203


2,50 2
R = 0,5317
2,00 -0,20
y = 4,6547x - 1,582
1,50 2
R = 0,918 -0,25
1,00
-0,30
0,50
0,00 -0,35
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

141
4,50 2% 0,00 2%
4,00 -0,05
3,50 y = 3,9228x - 1,1994
2
R = 0,8981 -0,10
3,00

Coefficient b
Coefficient a

2,50 -0,15
y = 0,0724x - 0,3513
2
2,00 -0,20 R = 0,972
1,50
-0,25
1,00
-0,30
0,50
0,00 -0,35
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

3,50 3% 0,00 3%

3,00 -0,05
-0,10
2,50 y = 0,0935x - 0,3851

Coefficient b
Coefficient a

-0,15 2
2,00 R = 0,9013
-0,20
1,50
-0,25
1,00 y = 3,1296x - 0,9037 -0,30
2
0,50 R = 0,9829
-0,35
0,00 -0,40
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

4,50 4% 0,00 4%
4,00 -0,05
3,50 -0,10
3,00
Coefficient b
Coefficient a

-0,15
2,50 y = 0,1073x - 0,3906
-0,20 2
R = 0,9545
2,00
y = 4,8682x - 2,1864 -0,25
1,50 2
R = 0,955
1,00 -0,30

0,50 -0,35
0,00 -0,40
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

4,50 0,50 mm 0,75 mm 1,00 mm 1,25 mm -0,250

4,00
3,50 -0,275

3,00
Coefficient a

Coefficient b

-0,300
2,50

2,00
-0,325
1,50

1,00
-0,350
0,50
0,50 mm 0,75 mm 1,00 mm 1,25 mm
0,00 -0,375
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
Teneur en NBR (%) Teneur en NBR (%)

142
0,40 0,35 0%
0% 1% 2% 3% 4%
0,35 0,30
0,30
0,25
0,25
Coefficient c

Coefficient c
0,20 0,20
y = 0,4121x - 0,1871
0,15 0,15 2
R = 0,9747
0,10
0,10
0,05
0,00 0,05

-0,05 0,00
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

0,35 1% 0,30 2%

0,30 y = 0,3404x - 0,1523


0,25 2
R = 0,9484
0,25
0,20

Coefficient c
Coefficient c

0,20

0,15 0,15
0,10 y = 0,4124x - 0,2259
0,10
2
0,05 R = 0,8198
0,05
0,00

-0,05 0,00
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

0,35 3% 0,40 4%
0,30 0,35

0,25 0,30
0,25
Coefficient c

Coefficient c

0,20
0,20
0,15
0,15
0,10 y = 0,4859x - 0,2712
0,10 2
0,05 y = 0,3977x - 0,2001 R = 0,9798
2 0,05
R = 0,9757
0,00 0,00
-0,05 -0,05
0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50 0,25 0,50 0,75 1,00 1,25 1,50
Déplacement (mm) Déplacement (mm)

143

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