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Convertisseurs continu-continu isolés

Les alimentations à découpage

Sommaire :
1) Les alimentations linéaires : critiques
2) Les intérêts des alimentations à découpage
3) Inductances en régime impulsionnel
4) Transformateur en régime impulsionnel
5) Hypothèses
6) Alimentation à accumulation (fly-back)
7) Alimentation directe (forward)
8) Convertisseurs continu-continu indirects
9) Exemple de dimensionnement

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Intérêt des alimentations à découpage


Alimentations linéaires issues du secteur
Principe
Le schéma synoptique de la partie puissance des alimentations linéaires est indiqué sur
la figure suivante :

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Le principe de base du montage régulateur « ballast » avec transistor série pour


alimentation linéaire:

La dénomination « linéaire » vient du fait que le transistor fonctionne dans sa zone


linéaire.
Toute variation de la charge sera absorbée, dans une certaine limite, par la diode Zener.
Le principe de base est le suivant :

Si Is augmente (augmentation de la charge), alors IE =IS augmente et VBE augmente.


Donc IB=IE/β augmente. Cette augmentation est β fois (100 au minimum) plus faible
que celle de IS. Ainsi VZ varie peu du fait que IZ varie peu.

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Les éléments fondamentaux utilisés dans une alimentation linéaire sont :


 Un transformateur fonctionnant à 50Hz assure une isolation galvanique et la
modification de la valeur efficace de la tension (en général abaisseur).
 Un redresseur à diodes suivi d’un condensateur de filtrage permettent de
transformer la tension sinusoïdale issue du transformateur en une tension de valeur
moyenne non nulle avec le minimum d’ondulation.
 Une diode Zener accompagnée d’un montage « Ballast » à transistor (ou
régulateur) permettent de fournir une tension régulée en sortie de l’alimentation.

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Points forts et points faibles des alimentations linéaires :

Points forts :
 Faciles à mettre en oeuvre
4
 Permettent d’obtenir des tensions très stables. Une stabilité relative Vs /Vs  10
s’obtient sans trop de contraintes techniques
 Très peu perturbatrices pour l’environnement électrique ou électronique.
Points faibles :

 Le transformateur est lourd et volumineux.


 Le transistor « Ballast » dissipe une puissance P~Vce.I~ (Ve-Vs)Is , Il impose
l’utilisation d’un radiateur encombrant et nuit au rendement de l’alimentation.

Conclusion : Les alimentations linéaires sont simples et stables mais lourdes,


volumineuses (puissances massique (W/kg) et volumique (W/m3) faibles) et à faible
rendement.

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Alimentations à découpage :
Elles sont appelées ainsi du fait du fonctionnement du transistor de puissance en
régime de commutation.
Principe de fonctionnement

Le schéma synoptique de la partie puissance est donné sur la figure suivante :

Les éléments fondamentaux utilisés dans une alimentation à découpage sont :


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 Redresseur + Filtre directement connectés au réseau (secteur).


Transformateur d’impulsion (isolation galvanique entre le réseau et l’utilisateur),
piloté au primaire par un interrupteur commandable (transistor) fonctionnant à une
Fréquence
 Redresseur + Filtre en sortie.
Remarque importante :
Le choix d’une fréquence fd = est lié à deux impératifs

 Une fréquence plus faible (entre 100Hz et 15kHz) correspondrait au spectre


audible. Ces alimentations deviendraient très pénibles pour l’oreille humaine.

Plus la fréquence de découpage fd sera grande, plus le condensateur de filtrage de


l’étage de sortie pourra être de faible capacité. En effet cette capacité, associée à
une résistance, joue un rôle de filtre passe-bas ayant pour fonction de transfert

 ( ) Avec
 Le filtre est efficace quand ( ) pour , soit : ou
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: Donc si on augmente ω, on peut diminuer la valeur de C


Points faibles :

 Elles sont moins simples à mettre en oeuvre que les alimentations linéaires.
 Une ondulation résiduelle due au découpage subsiste en sortie,
 Elles sont perturbatrices pour l’environnement électrique et électronique ; les
parasites rayonnés sont importants du fait du découpage.
Points forts :
Le transformateur travaille à une fréquence très supérieure à celle du réseau 50Hz, il
est donc de dimensions réduites.
 Le transistor de puissance fonctionne en régime de commutation et présente des
pertes réduites. Vce_sat négligeable et Ic=0 pour l’état Off

Le dissipateur associé est de faibles dimensions, d’où un gain en volume et en masse


Le rendement de l’alimentation est supérieur à 80 % (contre 60 % maximum pour les
alimentations linéaires

Inductances en régime impulsionnel


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L’étude du fonctionnement des inductances (ou bobines) et transformateurs (bobines


couplées) en régime impulsionnel est indispensable pour la compréhension du
fonctionnement des alimentations à découpage isolées du réseau de distribution
(secteur).

Inductance réelle : on considere le montage suivant :

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: 10
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On peut considérer une inductance parfaite lorsque le courant maximum admis (avant
commutation) est atteint pour un temps très inférieur à la constante de temps :
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Le Transformateur des alimentations à découpage 



Un transformateur est constitué par un circuit magnétique fermé (noyau) sur lequel
sont bobinés deux enroulements distincts :
 un enroulement primaire comportant n1 spires
 et un enroulement secondaire comportant n2 spires

 La forme idéale du circuit magnétique est le tore, qui permet de réduire les fuites
au minimum. Sa perméabilité doit être la plus élevée possible (µr >=1000 pour les
ferrites)

 La résistivité du circuit magnétique peut être très élevée, pour minimiser les
courants induits dans le noyau (courants de Foucault).

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 Les transformateurs pour alimentations à découpage utilisent en général des


noyaux en ferrite qui répondent bien à ces critères.

 Le repérage des sens relatifs des enroulements est indiqué par des points ; leur
signification est la suivante : si l’on applique aux bornes d’un enroulement une
tension positive du côté pointé, les tensions induites aux bornes des autres
enroulements sont positives du côté pointé.

Fonctionnement en transformateur parfait :

Fonctionnement quelconque

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En fonction de la nature des sources :

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Fonctionnement en transformateur pseudo parfait :

Dans ce cas :
 Fuites magnétiques négligeables
 Perméabilité non infinie
 Réluctance Rm non nulle
 Résistance électrique des enroulements négligeable.

On a :
n1i1  n2i2  Rm
n2 Rm '
i1  i2   i1  i
n1 n1


'
Avec i 1 : image du courant secondaire

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Schéma équivalent avec £ au secondaire:

n1i1  n2i2  Rm  n1i


Schéma équivalent avec secondaire ramené au primaire:

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Fonctionnement du transformateur en inductances couplées

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Inductances de fuites ramenées au primaire :

Inductances de fuites ramenées au secondaire :

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Inductances de fuites totales ramenées au primaire :

Schéma équivalent du transformateur réel :

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Réponse à un échelon de tension (transformateur chargé):

Schéma du montage

Courbe B(H) du transformateur

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Courbes obtenues

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Réponse à un créneau de tension à valeur moyenne nulle:

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Réponse à un créneau de tension à valeur moyenne non nulle (très dangereux,


saturation du fer et courants importants):

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Alimentations à découpage
Hypothèses
Comme lors de l’étude des structures des convertisseurs continu-continu non isolés,
nous supposons :
 la tension de sortie continue (ondulation résiduelle négligeable) ;
 la tension d’alimentation à l’entrée continue et constante ;
 les interrupteurs (semi-conducteurs) idéaux ;
 la puissance délivrée à la sortie égale à la puissance fournie à l’entrée (pertes
négligeables).
 nous n’envisageons pas la réalisation d’un convertisseur réversible.

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Insertion d’un transformateur


Le problème est d’insérer un transformateur d’isolement entre l’entrée et la sortie
d’un convertisseur continu-continu non isolés.
Pour le transformateur on rappelle

 lorsqu’il fonctionne effectivement en transformateur (deux enroulements conduisant


en même temps), il est transparent et ne modifie pas la nature des branches
auxquelles il est connecté ;
 si tous ses enroulements sauf un sont ouverts, celui-ci se réduit à une inductance ;
 la tension moyenne aux bornes d’un enroulement doit être nulle ; il en découle que la
tension moyenne aux bornes de tous les enroulements sera nulle, puisque ces
tensions sont les images les unes des autres, à un rapport k près ;
 l’énergie magnétisante donc le flux dans le noyau ne peuvent pas subir de
discontinuité, car ce sont des variables d’état. On doit assurer la continuité du flux en
ayant toujours au moins un enroulement conducteur, à moins que le flux ne soit
annulé.

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Schéma équivalent du transformateur (r1 et r2 faibles)(transfo parfait et avec


inductance des fuites)

Le transformateur se réduit à son inductance magnétisante £ égale à l’inductance L1 de


l’enroulement primaire.

Il suffit d’assurer la continuité du courant dans £ soit côté primaire, soit côté secondaire

En pratique, on doit prendre en compte certains défauts du transformateur, en


particulier l’influence des inductances de fuites lf, qui sont à l’origine des surtensions
parasites.

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L’introduction d’un transformateur peut se faire de deux manières :


 l’utiliser comme une inductance ; on a alors une branche courant qui s’intercale de
façon naturelle entre les sources de tension, et on passe par l’intermédiaire de
l’énergie stockée dans l’inductance magnétisante ;
 le faire fonctionner effectivement en transformateur (puissance transmise
instantanément du primaire au secondaire) ; dans ce cas, il ne modifie en rien les
règles à observer pour l’interconnexion des sources d’entrée et de sortie ; ces deux
sources étant ici des sources de tension, on doit, comme dans le cas des
convertisseurs non isolés, intercaler une inductance L. L’introduction du
transformateur impose simplement de respecter ses règles de fonctionnement.

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Alimentation à accumulation (fly-back)

Le schéma du fly-back se déduit de celui du convertisseur dévolteur-survolteur :

Le transfert d’énergie se fait en deux temps, par l’intermédiaire d’un élément de


stockage (inductance L) :
 séquence 1 : on accumule de l’énergie dans L [T conducteur, D bloquée] ;
 séquence 2 : on bloque T ; D s’amorce ; l’énergie emmagasinée dans L est transférée
vers la sortie à travers D.
Les durées des deux séquences doivent bien entendu assurer une tension moyenne
nulle aux bornes de l’inductance :
VL moy = 0

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On remplace L par l’inductance magnétisante £ d’un transformateur


Pour avoir effectivement une inductance, on utilise le transformateur dans un
fonctionnement en inductances couplées.

Il faut remarquer le pointage des enroulements, tel que le primaire et le secondaire ne


conduisent jamais en même temps. Cette structure se nomme alimentation à
accumulation ou fly-back.

Schéma équivalent

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Séquences de fonctionnement :

Les deux séquences sont les mêmes que pour le convertisseur dévolteur-survolteur :
 séquence 1 : T conduit : un courant iT circule au primaire ; le secondaire est ouvert
(D bloquée) ; on stocke une énergie W dans le circuit magnétique ;
 séquence 2 : on ouvre T : les tensions primaire et secondaire s’inversent (ouverture
d’un circuit inductif) ; D entre en conduction.

pour assurer la continuité du flux ; l’énergie stockée W est envoyée, à travers D, vers la
sortie (tension VS) et le courant de sortie IS circule dans la charge.
Le condensateur de filtrage permet d’avoir une source de tension à la sortie.

Il existe deux modes de fonctionnement du fly-back :


 démagnétisation complète (le flux s’annule) et
 démagnétisation incomplète (flux toujours positif).

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Montage usuel :

 L’émetteur du transistor T est relié à la masse de telle sorte que le circuit de


commande entre base et émetteur soit référencé à la masse.
 L’inversion des bobinages (pointage des enroulements) permet d’avoir une tension
de sortie positive.
Le condensateur C de découplage à l’entrée a deux rôles :
 il découple le montage de la source E (suppression du couplage dû à l’inductance
parasite du câblage) ;
 il fournit la composante alternative du courant absorbé par le montage.

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Fly-back en démagnétisation complète

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Si le temps de blocage t0 est suffisamment long, le courant a le temps de s’annuler.


À partir de cet instant, les deux enroulements sont ouverts et le flux φ est nul pendant
un temps mort tm : c’est un fonctionnement en démagnétisation complète, équivalent à
la conduction discontinue du convertisseur dévolteur-survolteur.

Toute l’énergie W stockée est transférée vers la sortie.

Tension de sortie
À chaque période, on transfère une énergie W; pour une fréquence de fonctionnement
f, la puissance transmise est (en une seconde) :
P = Wf
Si on néglige les pertes, cette puissance se retrouve intégralement à la sortie et on peut
écrire :

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On note que, en conduction discontinue, la tension de sortie VS ne dépend pas du


rapport de transformation k. En revanche, elle dépend malheureusement de la charge
R.
Une régulation, agissant sur , est indispensable.
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Tension aux bornes du transistor

T Conducteur : Vce~0V
T Bloqué : on a deux cas:
 Le secondaire conduit, au primaire on a la tension Vs/k (fonctionnement
transformateur) et Vce= E+ (Vs/k)
 Durant le temps mort tm , il n’y a plus de tension ni au primaire, ni au secondaire
et on a : VCE = E

Généralement : k=Vs/E (détermination de n1 et n2) cad Vs/k=E


Le transistor doit supporter : 2E

Le rapport cyclique  doit rester <1/2 pour permettre la démagnétisation.

 Mauvais facteurs de formes (signaux en triangles)


 Vs peut s’effondrer suite à une variation de la charge
 lors de la première période, le condensateur de filtrage CF à la sortie est déchargé
(VS = 0), et le courant au secondaire décroît très peu. Au début de la deuxième

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période, le courant magnétisant ne s’est pas encore annulé, la croissance du


courant primaire s’effectue à partir de cette valeur initiale, et ainsi de suite pour les
périodes suivantes (risque de saturation du circuit magnétique, risque de
destruction).

 On utilise donc un dispositif de démarrage progressif (soft-start) consistant à


démarrer avec un rapport cyclique très faible que l’on augmente progressivement,
de manière à charger en douceur le condensateur de filtrage.

 L’ensemble de ces contraintes réserve donc l’utilisation du fly-back au domaine


des faibles puissances (quelques dizaines de watts).

Fly-back en démagnétisation incomplète

Si l’on amorce T avant que le courant secondaire i2 se soit annulé, on fonctionne en


démagnétisation incomplète, ce qui correspond à la conduction continue du
convertisseur dévolteur-survolteur. Les courants prennent l’allure indiquée sur la figure
suivante :

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 Le flux φ ne s’annule plus.


 On remarquera que le facteur de forme du courant iT dans le transistor (ainsi que iD
dans la diode) est meilleur qu’en démagnétisation complète (trapèze au lieu de
triangle), ce qui permet d’obtenir, pour une valeur de crête imposée par le
transistor, une valeur moyenne plus élevée.

Si les pertes sont nulles : on a égalité des puissances :

PS = PE = E I1moy
Le fonctionnement en démagnétisation incomplète permet donc, pour un
dimensionnement donné, de délivrer une puissance supérieure à celle obtenue en
fonctionnement en démagnétisation complète.

Tension aux bornes de T :

T Conducteur : Vce~0V
T Bloqué : Le secondaire conduit, au primaire on la tension Vs/k (fonctionnement
transformateur) et Vce= E+ (Vs/k)

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Protection en courant
La valeur de crête du courant primaire dépend de sa valeur moyenne, qui est une image
de la puissance fournie à la sortie.

Si la charge à la sortie varie brusquement, la régulation ne pouvant pas avoir un temps


de réponse nul, on risque une augmentation brutale de ce courant (saturation du noyau)
entraînant la destruction du transistor. Il faut prévoir une protection en courant.
Intérêt :
En raison de sa simplicité, le fly-back en démagnétisation complète est très utilisé pour
les alimentations à découpage de faible puissance (quelques watts à quelques dizaines
de watts).
Limitations :
Une des principales limitations du montage fly-back classique est de ne pas pouvoir
fonctionner à vide ; si la charge est déconnectée accidentellement, il apparaît une
surtension élevée à la sortie, due au fait que l’énergie emmagasinée dans le
transformateur durant la conduction du transistor ne peut plus alors s’écouler que dans
le condensateur de filtrage à la sortie (risque de destruction).

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Pour pallier cet inconvénient, on peut réaliser un fly-back à plusieurs sorties, qui
permet alors d’obtenir une marche à vide sur l’une des sorties, l’énergie stockée étant
envoyée sur les autres.

Deux sortie, et schéma équivalent

Avec bobinage de récupération : si à vide vs augmente, Vs2 augmente quand elle


dépasse E, il y’a récupération

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Fly-back en demi-pont asymétrique


Structure
Dans les structures précédentes, la tenue en tension du transistor doit être
supérieure ou égale à 2E. Impossible d’utiliser directement un réseau 380 V (soit, en
continu, environ 500 V après redressement et filtrage, donc plus de 1 000 V de tenue
en tension des transistors.
L’inductance de fuites lf du transformateur, que nous avons négligée jusqu’à présent,
se traduit par une surtension aux bornes du transistor au moment du blocage :v=lfdi/dt
qui s’ajoute à la tension théorique.
Pour réduire la tenue en tension des transistors, on peut utiliser deux transistors qui se
partagent la tension lorsqu’ils sont bloqués.

Si la tension totale à supporter est égale à 2 E, chacun supporte seulement E.

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D1 et D2 conduisent si V(1) dépasse E, T1 et T2, ne voient pas plus que E


Diodes d’écrêtage

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Fonctionnement
Les transistors T1 et T2 sont commandés en synchronisme. Le fonctionnement est
celui du fly-back classique en démagnétisation complète ou incomplète, avec
possibilité de fonctionnement à vide.
 Lorsque T1 et T2 sont conducteurs, on stocke de l’énergie dans l’inductance
magnétisante (D3 bloquée) ; la tension v1 au primaire est égale à E.
 Lorsque l’on bloque T1 et T2, l’énergie accumulée est transférée du côté de la
sortie à travers la diode D3 ; la tension au secondaire devient égale à VS , donc la
tension au primaire, en valeur absolue (elle est en sens inverse de celle de la
première séquence), est : Vs/k.

Tension max au bornes des transistors Vce=[E+(Vs/k)]/2

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Courbes pour une démagnétisation complète

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Les avantages du fly-back en demi-pont asymétrique sont donc :


 fonctionnement possible à partir du réseau alternatif 220 V ou 380 V avec les
transistors actuels ;
 protection en tension des transistors ;
 possibilité de marche à vide.

En conclusion :
Les différents montages fly-back mettent en jeu un nombre minimal de composants
actifs mais:
 le circuit magnétique du transformateur doit avoir un volume lui permettant de
stocker l’énergie W demandée par la charge ; à puissance égale, il est plus
volumineux qu’un transformateur d’alimentation directe utilisé dans le montage
forward;
 l’ondulation de courant dans les diodes et le condensateur de filtrage sont élevés et
les composants sont très sollicités ;
 il faut prévoir une protection en courant.

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Alimentation directe (forward)

Elle est basée sur le montage dévolteur avec remplacement de l’inductance par un
transformateur.

La diode D de roue libre en // sur le secondaire (interdit) d’où l’ajout d’une diode D2
d’isolement.

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Mais il y’a un autre problème : le blocage de T :

 l’ouverture de l’enroulement primaire ;


 l’ouverture de l’enroulement secondaire (le sens de v2) entraîne le blocage de la
diode d’isolement D2 ;
 l’amorçage de la diode de roue libre D1 (continuité de iL).
Le primaire et le secondaire étant ouverts, il n’y a aucun chemin pour la continuité du
courant magnétisant.

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Le flux et l’énergie magnétisante stockée dans le noyau ne devant pas subir de


discontinuité, il faut donc créer ce chemin en fermant une maille supplémentaire aux
bornes de l’inductance magnétisante lorsque les circuits primaire et secondaire
s’ouvrent (amorçage de D3)
Pour que la tension moyenne aux bornes de £ puisse être nulle, cette maille doit
comporter une source de tension Ec de signe opposé à E (force contre-électromotrice
Ec).

Pour les faibles puissances, on peut utiliser, comme force contre-électromotrice Ec,
une diode Zener DZ

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Pour les puissances plus élevées, le problème peut être résolu par l’adjonction d’un
troisième enroulement (enroulement de démagnétisation) avec Ec=E ou Vs

Le pointage du troisième enroulement est tel que la diode D3 est bloquée lors de la
conduction de T (primaire et secondaire conduisant) et conductrice pendant le blocage
de T. Cet enroulement fonctionne donc exactement comme celui d’un fly-back.

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Fonctionnement

Le schéma le plus fréquent est celui avec une démagnétisation sur E,

Usuellement on prend : n3 = n1

Pour les tracés on suppose une conduction continue dans L.

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Séquence 1 : pendant tf
 le transistor T est conducteur,
 la diode D2 est conductrice
 les diodes D1 et D3 bloquées.
 Le primaire est soumis à une tension E,
 le secondaire à kE, k=n2/n1
 le troisième enroulement à E (puisque n3 = n1)
 Le courant magnétisant iµ croît linéairement avec une pente :
di E E
 
dt L1 £

 La tension aux bornes de L est égale à (kE – Vs). Le courant iL croît linéairement
diL kE  Vs
avec une pente : dt  L
 Le courant primaire : i1=iT=iµ+kiL=courant magnétisant+courant secondaire
ramené au secondaire

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Séquence 2 : pendant t0
 le transistor T est bloqué,
 la diode D2 est bloquée
 les diodes D1 et D3 conductrices.
 Le courant magnétisant iµ décroît linéairement à travers D3 (soumis à –E) avec
une pente :
di  E  E  E
   , la pente est identique au signe prés à la précédente
dt L1 £ L3

 iµ s’annule au bout de tf
 On voit qu’il est nécessaire que la durée du blocage soit supérieure (à la limite,
égale) au temps de conduction. → le rapport doit être inférieur ou égal à 1/ 2.


 Tant que D3 conduit, la tension aux bornes du primaire est égale à – E


 Vce= 2 E.
 quand le courant magnétisant s’annule, on a un temps mort tm ,

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Convertisseurs continu-continu isolés

 pendant tm D3 se bloque ; il n’y a plus de courant dans aucun des enroulements ;


la tension aux bornes du transistor tombe à E.
 Durant toute cette séquence, l’inductance de filtrage L est soumise à -Vs et le
courant dans L décroît avec une pente : diL   Vs
dt L

Tension de sortie
La tension moyenne aux bornes de L étant nulle, soit :
(kE – Vs) tf = Vs t0
La tension de sortie :
n
Vs  kE  2 E
n1

Influence de l’inductance de fuites


Comme dans le cas du fly-back, l’inductance de fuites du transformateur est à l’origine
d’une surtension qui va s’ajouter à la tension théorique, on a intérêt à réaliser un
couplage très serré entre les enroulements, de manière à minimiser les fuites.

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 Pour le Forward : le fonctionnement à vide est possible, même si la régulation


n’intervient pas instantanément ; toutefois la tension de sortie, aux bornes du
condensateur de filtrage, va atteindre k E( comme le dévolteur à vide), alors qu’en
fonctionnement en charge elle est limitée à k E /2 pour un rapport cyclique
maximal égal à 1/2 ;
 le transformateur est plus petit (mais plus complexe) ;
 la tenue au court-circuit à la sortie est possible si l’on protège le transistor ;
 l’ondulation de courant dans L et CF est plus faible (filtrage plus facile).
 !!! le transistor doit supporter 2E
 D’où le montage asymétrique en demi pont:


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Forward en demi-pont asymétrique


Cette structure utilise deux transistors se partageant la tension et deux diodes écrêtant
les surtensions, de manière telle que la tension aux bornes des transistors soit limitée à
E (écrêtage des surtensions dues aux inductances de fuites, possibilité de fonctionner à
partir du réseau alternatif 380 V).

n2
Vs  kE  E
On a toujours : n1

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Convertisseurs continu-continu isolés

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Convertisseurs continu-continu isolés

Séquence 1 : pendant tf
 les transistor T1 et T2 sont conducteurs (commande synchronisée),
 la diode D3 est conductrice
 les diodes D1 et D2 bloquées.
 Le primaire est soumis à une tension E,
 le secondaire à kE, k=n2/n1
 Le courant magnétisant iµ croît linéairement avec une pente :
di E E
 
dt L1 £

 La tension aux bornes de L est égale à (kE – Vs). Le courant iL croît linéairement
diL kE  Vs
avec une pente : dt  L
 Le courant primaire : i1=iT=iµ+kiL=courant magnétisant+courant secondaire
ramené au secondaire

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Convertisseurs continu-continu isolés

Séquence 2 : pendant t0
 les transistor T1 et T2 sont bloqués,
 la diode D3 est bloquée
 la diode D4 conduit.
 Le courant magnétisant iµ décroît linéairement à travers D2 et D1 (soumis à –E)
avec une pente :
di  E  E
  , la pente est identique au signe prés à la précédente
dt L1 £

 iµ s’annule au bout de tf
 On voit qu’il est nécessaire que la durée du blocage soit supérieure (à la limite,
égale) au temps de conduction. → le rapport doit être inférieur ou égal à 1/ 2.


 Tant que D1 et D2 conduisent, la tension aux bornes du primaire est égale à – E


 Vce1= E.
 quand le courant magnétisant s’annule, on a un temps mort tm ,

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Convertisseurs continu-continu isolés

 pendant tm D1 et D2 se bloquent ; il n’y a plus de courant dans aucun des


enroulements ; la tension aux bornes du transistor tombe à E/2.
 Durant toute cette séquence, l’inductance de filtrage L est soumise à -Vs et le
courant dans L décroît avec une pente : diL   Vs
dt L

Avantages de cette structure :


 tenue en tension des transistors limitée à E ;
 pas de troisième enroulement de transformateur pour la démagnétisation.

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Convertisseurs continu-continu indirects

Idée :
A partir du continu : on ondule a fréquence élevée et on redresse et on filtre pour avoir
une tension continue.

Structures exemple:

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Convertisseurs continu-continu isolés

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Convertisseurs continu-continu isolés

Les redresseurs

Les onduleurs et redresseurs

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Convertisseurs continu-continu isolés

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Convertisseurs continu-continu isolés

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Convertisseurs continu-continu isolés

Dimensionnement des inductances et des transformateurs utilisés dans les


alimentations à découpage

Les matériaux magnétiques dans les alimentations à découpage


Les alimentations à découpage fonctionnent en haute fréquence, il est
impossible d’utiliser des tôles pour la réalisation des composants magnétiques, les
pertes deviennent trop importantes.

Les fabriquant utilisent donc des ferrites, mieux adapté au fonctionnement haute
fréquence.
Ce sont des céramiques magnétiques à haute résistivité (de 102 à 108 
cm)donc présentant des pertes par courant Foucault particulièrement faible, et à
haute perméabilité (de 2000 à 10000 environ).
Leur fabrication se fait par moulage pour obtenir toutes formes de géométrie.

L'induction de saturation des ferrites est de l'ordre de 0.4 à 0.5 T. on les


emploie généralement hors saturation et l’on retient Bmax=0,3T

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Convertisseurs continu-continu isolés

Un composant magnétique est constitué d’un circuit magnétique, mais


également d’un ou plusieurs bobinages.

Si le courant traversant les bobinages constituants des inductances ou


des transformateurs haute fréquence est alternatif, les électrons ont tendance à se
répartir à la périphérie du conducteur, dans une zone caractérisée par son épaisseur,
appelée épaisseur de peau.

On utilise la relation suivante pour déterminer ep :

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Convertisseurs continu-continu isolés

Pour un fil en cuivre on adopte :

Si l’on souhaite utiliser de façon correcte notre fil conducteur, il ne faut pas queson
rayon excède l’épaisseur de peau.

La section est donnée par :

Donc le courant maximal efficace admissible est :

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Convertisseurs continu-continu isolés

 représente la densité de courant (généralement fixée autour de 5 A/mm²) :

Si le courant efficace devant circuler dans le bobinage est supérieur à ces
valeurs limites, il est nécessaire de prévoir l’utilisation de fil divisé (chaque brin est
isolé), du fil méplat ou du feuillard.

Les bobinages prennent place à l’intérieur du circuit magnétique dans la


fenêtre de bobinage. Malheureusement, il est impossible de remplir totalement cette
fenêtre, notamment lorsque le nombre de spires est peu élevé :

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Convertisseurs continu-continu isolés

On défini alors un coefficient dit de bobinage ou de remplissage (Kb), défini par:

La surface de cuivre représente la surface effective du bobinage, soit le nombre total de


spire multiplié par la surface des spires.

On obtient alors :

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Convertisseurs continu-continu isolés

Où :
* Sb représente la surface de la fenêtre de bobinage,
* n le nombre de spires de l’enroulement considéré (il peut y en avoir plusieurs
dans le cas de transformateur ou d’inductances couplées
* Ieff le courant efficace de l’enroulement considéré
*  la densité de courant.

Principe de calcul des inductances et des transformateurs.


La principale difficulté lors du calcul de l’inductance ou d’un transformateur
est de choisir la bonne taille de circuit magnétique.

Nous allons démontrer que la taille de ce circuit est proportionnelle, ou à


l’énergie stockée dans le cas d’une inductance, ou à la puissance apparente dans le cas
d’un transformateur.

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Convertisseurs continu-continu isolés

Il sera alors facile de choisir le bon circuit.

On note:
-Sb la surface bobinable
- Sf ou Ae la section effective du noyau du circuit magnétique
-B le champ d’induction magnétique
-H le champ d’excitation magnétique
-(e) l’épaisseur de l’entrefer dans le cas d’une inductance
-n le nombre de spires

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Convertisseurs continu-continu isolés

Exemple de dimensionnement d’une inductance.

Détermination de l’expression de L :

Nous allons montrer dans un premier temps que l’essentiel de l’énergie est
stockée dans l’entrefer. Par définition, l’expression de l’énergie électromagnétique
volumique stockée dans volume V est donnée par la relation :

Les fabriquants de ferrite réalisent leurs circuits magnétiques de telle sorte


que le champ d’induction soit constant dans tout le circuit. On peut alors en déduire
l’énergie stockée dans la ferrite et l’énergie stockée dans l’entrefer :

Dans la ferrite :

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Convertisseurs continu-continu isolés

Dans l’entrefer :

Même si le volume de ferrite est bien supérieur au volume de l’entrefer, la


perméabilité relative des ferrites est tel que :

Nous considérons donc que l’intégralité de l’énergie est stockée dans l’entrefer.
 Il est alors possible de déterminer l’expression de l'inductance L en fonction de
0,
n (nombre de spire), Sf (surface magnétique effective) et e (valeur de l'entrefer) :
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Convertisseurs continu-continu isolés

 Le théorème d’ampère appliqué le long d’une ligne de champs dans


notre inductance nous donne :

 Nous obtenons alors :

 D’où :

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Convertisseurs continu-continu isolés

où A L représente le facteur d'inductance du circuit magnétique, qui ne dépend que de


sa géométrie.

Détermination de la puissance maximale stockable dans un circuit magnétique


donné, choix d’un circuit magnétique :

Par définition :

Or :

D’où :

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Convertisseurs continu-continu isolés

Nous voyons alors apparaître le terme Sf .Sb représentatif du volume du


circuit magnétique.
Afin d’être sûr de choisir le bon circuit magnétique, il suffit de choisir un pot
dans le produit Sf .Sb sera légèrement supérieur à celui nécessaire.
Calcul du nombre de spires et de la valeur de l’entrefer.

Le nombre de spires peut facilement être déterminé à partir de la surface bobinable du


circuit magnétique retenu :
On a :

D’où :

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Convertisseurs continu-continu isolés

Une fois le nombre de spire déterminé, le calcul de l’entrefer est immédiat, à


partir de l’expression de L :

>==<

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