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Institut Universitaire et Stratégique de l’Estuaire

Estuary Academic and Strategic Institute (IUEs/Insam)


Sous la tutelle académique des Universités de Buéa, Douala et Dschang

SPECIALITE OPTION
Industrie du Textile et de INDUSTRIE DE L’HABILLEMENT
l’Habillement

NIVEAU

IH 1

FILATURE

PROGRAMME : 3 crédits (45 heures)

CHAPITRE I : Fibres Textiles


CHAPITRE II : Historique et généralités
CHAPITRE III : Filature du coton
CHAPITRE IV : Etapes de filature classique
CHAPITRE V : Filature de la laine

Dispensé par :

Mme NDENGUE Adélaïde Epse MANGA

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OBJECTIF GENERAL

A la fin de ce cours, l’étudiant sera capable de maîtriser en général, les étapes de


filature et en particulier la filature du coton et les machines à utiliser.

OBJECTIFS SPECIFIQUES

L’étudiant doit être capable de :

 Maitriser les fibres textiles ;


 Connaître l’historique et les généralités de la filature ;
 Maîtriser la filature du coton ;
 Enumérer les étapes de la filature classique ;
 Maîtriser la filature de la laine

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CHAPITRE I
FIBRES TEXTILES

 Objectif général : l’étudiant sera capable de maîtriser les différentes fibres


textiles

 Objectifs spécifiques :
Définir le textile et les fibres textiles;
Donner la classification des matières textiles ;
Connaitre les caractéristiques d’une fibre textile ;
Maîtriser les fibres naturelles et chimiques.

I. DEFINITIONS

Un textile est un matériau susceptible d'être tissé ou tricoté. Initialement, il désigne


un matériau qui peut se diviser en fibres ou en fils textiles, tels le coton, le chanvre, le lin,
la laine (textiles organiques) ou la pierre d'amiante (textile minéral), puis avec les
évolutions de la technique des fibres synthétiques.

Les fibres textiles sont des éléments de forme allongée qui composent la matière textile.

Elles se répartissent en deux grandes catégories :

- Les fibres naturelles : Obtenues par transformations physiques et mécaniques


d’une matière naturelle, sans modifier sa composition. Elles peuvent être :
 d’origine végétale : Les fibres sont issues des fleurs, des graines, des tiges, des
feuilles des plantes, de la sève ;
 d’origine animale : Les fibres sont issues des poils d’animaux et des sécrétions
d’insectes ;
 d’origine minérale : les fibres sont issues des minéraux.

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- Les fibres chimiques quant à elles se divisent en deux familles :
 les fibres artificielles : elles proviennent d’une transformation chimique de
substances naturelles, généralement de la cellulose
 les fibres synthétiques : elles sont fabriquées à partir de polymères organiques et
inorganiques.

II. CLASSIFICATION DES MATIERES TEXTILES

1. Fibres naturelles (qui existent à l’état naturel)


o végétale
 provenant des tiges (lin, jute, chanvre, genêt, kénaf, ramie)
 provenant des feuilles (sisal, gucca, manille)
 provenant des graines (coton, kapok)
 provenant des fruits (noix de coco)
o animale
 provenant des poils de mouton (laine), chèvre (cachemire, mohair),
chameau, alpaga, lapin (angora), vigogne, …
 provenant des sécrétions d’insecte (soie, fils d’araignée, …)
o minérale (amiante, métaux, verre…)
2. Fibres chimiques (traitement chimique)
o les fibres artificielles (fabriquées à partir de matières premières naturelles)
 cellulose régénérée
 viscose (provenant de cellulose de bois : écorce de pin, bouleau
/ d’algues / de plantes oléagineuses : maïs, soja)

 esters cellulosique
 acétate de cellulose
 tri-acétate
 non cellulosique …

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o les fibres synthétiques
 polymères organiques
 polyamide (nylon)
 polyester…
 polymères inorganiques
 verre
 Carbonne…

III. CARACTERISTIQUES D’UNE FIBRE TEXTILE

Une fibre textile est caractérisée par plusieurs facteurs:

1. La finesse et la longueur

La finesse conditionne le toucher et la souplesse du tissu.

Le Tex est l’unité de mesure de la finesse d’un tissu.

1 Tex correspond à la masse en gramme d’un fil continu de 1000m. On utilise plus
souvent le dTex (décitex) qui correspond à la masse en gramme d’un fil de 10000 m de
long.

2. La forme

La forme des fibres peut être responsable de certaines propriétés optiques ou


thermorégulatrices.

3. Les propriétés physico-physiques

C’est un des critères les plus importants. Il va directement influer sur les conditions
d’utilisation et d’entretien du textile.

4. La cristallinité

Les fibres sont constituées de macromolécules linéaires. L’orientation des


macromolécules est privilégiée dans le sens de la longueur.

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Leur assemblage conduit à des structures complexes et hétérogènes comportant des
zones cristallines qui alternent avec des zones amorphes.

Les zones cristallines, structures ordonnées à forte cohésion assurent la rigidité et


la solidité alors que les zones amorphes, structures désordonnées à cohésion lâche,
assurent la souplesse et la flexibilité.

IV. FIBRES NATURELLES

Les fibres naturelles sont hydrophiles et elles présentent un confort exceptionnel.

En revanche, leur entretien est délicat, elles se froissent facilement, elles sont délicates
à entretenir. De plus, leur stabilité tridimensionnelle n’est pas toujours satisfaisante, ce
qui implique qu’ils peuvent se déformer facilement.

A. D’origine végétale

1) La cellulose

 Propriétés

De nombreuses fonctions alcools sont présentes. La cellulose est donc sensible aux
oxydants concentrés qui oxydent la fonction alcool en ester, et la fonction acide
carboxylique ou en cétone). Elle est aussi sensible aux acides qui les estérifient. On utilise
cette propriété pour obtenir des fibres artificielles d’acétate ou de triacétate de cellulose).

2) Le coton

Le coton est une fibre végétale qui entoure les graines des cotonniers. Il constitue la
première fibre textile du monde (environ 50%).

La culture du cotonnier et l'exploitation de son produit, sont d'une grande importance


économique pour les pays producteurs, c'est "l'or blanc".

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 Propriétés physiques et chimiques

Les propriétés chimiques du coton sont semblables à celle de la cellulose.

Les solvants, les enzymes et les corps gras sont sans action sur le coton.

Le coton possède de nombreux avantages :

– Peu coûteux

– Textile doux et confortable

– Bonne résistance mais élasticité médiocre

– Légèreté

– Bonne résistance au blanchiment – Jaunit à la lumière

– Très bonne affinité tinctoriale et à la filature

– Très bonne aptitude aux mélanges (en particulier avec les polyesters)

– Résiste bien aux insectes mais est sensible aux moisissures

Cependant, le coton rétrécit au lavage.

 Tests d’identification

• Brûle rapidement, cendres blanches et légères

• Coupe transversale : aspect d’un haricot

• Soluble dans la liqueur de Schweitzer et dans une solution acide de chlorure de


zinc.

 Utilisation

Le fil de coton mercerisé est utilisé tel quel, mais est également utilisé dans les fils
à âmes ou fils guippés. C'est à dire que le fil est composé d'une âme (souvent de polyester)
pour la solidité, autour de laquelle on enroule le fil perlé pour l'esthétique.

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3) Le lin

Le lin est utilisé depuis l’antiquité. Il est issu des tiges de lin. En Egypte, il servait
entre-autre à confectionner les bandelettes quasi imputrescibles qui enveloppait les
momies. Formé à partir de cellulose.

Les fibres peuvent être utilisées pour faire du papier, des cordes, des sacs.

Le lin est anallergique, isolant et thermorégulateur.

 Structure de la fibre

– Fibres lisses et parallèles

– Claires et brillantes, souvent groupés en faisceau

– Longueur moyenne de 6 cm

– Degré de polymérisation : n = 2500

Propriétés chimiques : comme le coton

Propriétés physiques :

1. Bonne résistance mécanique (meilleur que le coton en raison d’une plus grande
cristallinité des fibres et de la disposition des microfibrilles)

2. Fibres lourdes – Donne du tombant ou tissu

3. Faible élasticité par rapport au coton (lié à la forme de la fibre)

4. Grande finesse - Se froisse facilement

5. Moins bonne affinité tinctoriale que le coton car l’épaisseur des parois de la fibre
empêche une bonne pénétration du colorant

6. Mauvais pouvoir adiathermique (moins bon que le coton)

7. Reprise en eau de 12 à 20%

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8. Bon pouvoir absorbant

9. Jaunit à la lumière – Attaqué par les moisissures

- Brule rapidement, cendres blanches et légères

B. D’origine animale

a. La laine

La longueur, la finesse et l’élasticité des fibres dépendent de leurs positions sur le


corps de l’animal (épaule, flancs) et de la race de l’animal.

 Composition des fibres

La laine est composée de kératine. La kératine est composée de cystine, d’acide


glutamique, d’alanine, de glycine, de tyrosine… On y trouve en tout 18 acides aminés.

 Propriétés chimiques

La laine supporte les oxydants légers et les acides à froid (teinture des laines). Les
acides forts, les acides faibles, les réducteurs, les solvants, les enzymes et corps gras
n’abiment pas la laine.

Les oxydants oxygénés (eau oxygénée) décolorent la laine.

Ne supporte pas les solutions basiques et la chaleur (décomposition de la fibre).

Ne supporte pas l’eau de javel qui dissout la fibre.

Action du chlore qui rend la laine brillante et lui donne un toucher doux. Il renforce son
affinité tinctoriale et l’empêche de feutrer en détruisant les écailles superficielles.

Lavage avec les lessives les moins basiques possibles à l’eau tiède sans frotter pour éviter
le risque de feutrage. Les ultrasons améliorent la pénétration des bains de teintures.

Nettoyage à sec par des solvants. Attaquée par les mites (larves de papillons).

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 Propriétés physiques

• Fibre antistatique -Bonne protection thermique

• Ininflammable -La laine à tendance à feutrer

Les fibres s’accrochent et s’enchevêtrent grâce à leurs écailles (fabrication des feutres :
tissu épais et moelleux.

• Hydrophile

Capable d’absorber jusqu’à 30% de son poids en eau sans paraître mouillée. Elle peut
ainsi absorber et laisser s’évaporer très lentement le liquide qu’elle absorbe.

• Très grande élasticité

Due à l’hélice de kératine qui autorise un allongement de 25 à 40% ainsi qu’une


bonne résistance à la traction due aux ponts disulfures des cystéines. Mais cette résistance
diminue au mouillé et il ne faudra pas tordre ou sécher autrement qu’à plat les articles de
laine.

• La fibre est capable de se défroisser par simple action de l’humidité.

• Bonne affinité tinctoriale grâce à son grand pouvoir absorbant et son caractère
hydrophile.

• Bonne aptitude à la filature.

• Bonne aptitude aux mélanges en particulier avec les acryliques.

• La laine est irritante pour la peau.

 Tests d’identification

Brûle lentement en se boursouflant, grésille puis charbonne avec une odeur de


corne brûlée.

Cendres noires et brillantes, Fibres présentent des écailles en surface.

La laine est soluble dans une solution de soude caustique.

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3) La soie

On appelle soie, les filaments continus produits par des chenilles de papillons dont
la plus connue est le bombyx du murier.

Lors de sa métamorphose, le ver à soie entoure leur chrysalide d’un cocon (glande
séricigène). C’est ce cocon qui sera dévidé et donnera le fil de soie. Cependant si la
chrysalide va au terme de sa métamorphose, le papillon perce le cocon pour pouvoir sortir
et brise ainsi la continuité du fil.

On étouffe les chrysalides par la chaleur afin de ne pas porter atteinte au fil de soie.

 Caractéristiques des fibres

C’est un fil continu très fin mesurant 40 micromètre de diamètre de couleur pâle. Il
est brillant et soyeux car le fil est lisse et renvoie bien la lumière. Sa longueur varie entre
700 et 1500 m.

 Composition chimique

La soie, comme la laine, est d’origine protéinique.

Elle englobe deux protéines :

- la fibroïne (environ 65%), protéine fibreuse proche de la kératine constituée à 75%


de glycine et d’alanine.

- la séricine (environ 12 %). La séricine, est la colle naturelle qui enveloppe le fil
de soie quand le ver à soie file son cocon et qui le maintien en forme en séchant. C'est
une protéine naturelle hydrosoluble.

Le reste est composé d’eau et de matière minérale.

 Propriétés chimiques

Elles sont très semblables à celles de la laine.

La soie est hydrophile grâce à sa nature protéinique. Son affinité à la teinture est donc
très bonne du fait de son bon pouvoir absorbant. On « charge » la soie en lui faisant
absorber des sels métalliques afin de compenser la perte de poids lié au décreusage.

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 Propriétés physiques

La soie présente une grande résistance mécanique, comparable à celle d’un fil
d’acier. Sa charge de rupture est de l’ordre de 30 à 55 cN/tex. Elle est due aux liaisons
covalentes entre les acides aminées et les domaines cristallins. En effet, l’alignement des
molécules de fibroïne lors du passage dans la filière de l’animal permet la création des
zones cristallines. Elle a été longtemps utilisée pour fabriquer les toiles de parachutes.

La soie présente aussi une bonne élasticité car les forces de liaisons entre les feuillets
β sont faibles et permettent un glissement entre les feuillets. Malgré son extrême solidité,
la soie garde néanmoins une très bonne souplesse. Elle est due à l’existence de domaines
amorphes. Elle dépend de la proportion relative des domaines cristallins et des zones
amorphes (moyenne de 15 %). Cette bonne élasticité explique la propriété
d’infroissabilité de la soie.

Le décreusage apporte souplesse et brillant. En effet après l’élimination du grès, la


fibre présente une section triangulaire et pleine. Les rayons lumineux rencontrant chaque
face plane sont à l’origine de phénomènes de réflexion et de diffraction qui donnent les
propriétés de brillance et de chatoiement caractéristiques de la soie (aspect soyeux).

 Tests d’identification

Brûle lentement en se boursouflant – Odeur de corne brûlée - Fibre de section ovale ou


triangulaire Soluble dans la liqueur de Schweitzer - Un mélange sulfonitrique dissout la
soie

V. FIBRES CHIMIQUES
A. Les fibres artificielles

Elles sont formées à partir de molécules naturelles qui ont subi une transformation
chimique.

Elles peuvent dériver de la cellulose, du soja, du maïs, des arachides, de la caséine


du lait et d’autres protéines animales.

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Si les traitements chimiques apportés aux fibres naturelles sont peu important, les
fibres artificielles gardent des propriétés proches des fibres naturelles (Hydrophile,
présentent un bon confort, entretien proche des fibres naturelles).

Mais si le traitement chimique est trop important, les propriétés des fibres
artificielles se rapprochent plus de celles des fibres synthétiques.

Une fibre textile artificielle est obtenue par le traitement chimique de matières naturelles.

Ces traitements chimiques ont pour but d’obtenir un produit filable.

1. Fibres cellulosiques

a. La viscose

La viscose est un textile artificiel dérivant du coton. Elle a été inventée afin de
répondre à la demande croissante de tissus semblables à la soie. La viscose est appelée
soie artificielle. La matière première est la pâte à bois ou le coton.

La viscose est de constitution très voisine du coton mais le degré de polymérisation


y est en général plus faible (n = 300). C’est de la cellulose régénérée.

 Tissus fabriqués à base de viscose :

• la rayonne ou soie artificielle, composée de fibres continues

• la fibranne formée de fibres courtes associées par torsion.

 Aspect

Fil blanc et brillant. Mais on peut le traiter dans la masse pour le rendre mat ou semi-mat.
Le fil est fortement strié. La section du fil est dentelée.

 Propriétés chimiques

Elles sont proches du coton. Les acides forts et faibles, les bases fortes et faibles, les
oxydants et les réducteurs détériorent rapidement la viscose.

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Les solvants, les enzymes et les corps gras sont sans action sur la viscose

L’action de soude concentrée à froid permet aussi de merceriser la viscose

 Propriétés physiques et chimiques

- Bonne résistance à sec mais diminution de 50% au mouillé

- Tendance à rétrécir

- Elasticité moyenne mais meilleure que celle du coton. La viscose est donc moins
froissable que le coton. Mais la viscose peut se froisser car le mécanisme de formation
des plis peut toujours se faire grâce aux liaisons hydrogènes entre polymères.

- Bonne affinité tinctoriale lié au bon pouvoir absorbant (jusqu’à 150% en masse
d’où utilisation pour les couches).

- Son confort est identique à celui du coton - Aussi bonne aptitude aux mélanges
que le coton

- Bonne résistance à l’usure par abrasion

- Bonne résistance à la lumière

- Résiste aux mites-- Entretien facile

Marques : MERYL, MODAL pour la viscose « haute ténacité ». CINEDA pour la


viscose classique.

 Fabrication des fibres de viscose

La xanthate de cellulose est très visqueuse. Les fils sont coagulés dans un bain acide.

Simultanément au filage, les filaments de viscose sont lavés, blanchis et séchés puis
subissent une torsion. Les fils de viscose sont formés par assemblage et torsion des
filaments.

Les fibres se présentent sous forme de fils continus (rayonne) ou discontinus si on


les sectionne à une longueur déterminée (fibranne) ce qui permettra de les mélanger à
d’autres fibres courtes comme le coton ou la laine.

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b .Acétate, diacétate et triacétate de cellulose

Mis au point à la fin de la guerre 14-18, l’acétate de cellulose est fabriqué à partir de
cellulose et d’acide acétique.

C’est un dérivé du cellulose et non de la cellulose régénérée (contrairement à la viscose).

Elle est obtenue par estérification des fonctions alcools de la cellulose par de l’acide
acétique ou de l’anhydride acétique.

Selon le degré d’estérification on obtient de l’acétate de cellulose, du diacétate de


cellulose ou du triacétate de cellulose.

 Propriétés physiques et chimiques communes

• L’aspect des fibres se rapproche de celui de la soie.

• Elles sont moins résistantes que la viscose.

• Cette fibre est beaucoup moins hydrophile car les sites hydrophiles ont été
neutralisés lors de l’acétylation. Le textile sèche plus facilement et la fibre est peu
absorbante.

• Bonne élasticité donc textile peu froissable

• Bonne stabilité tridimensionnelle. Toucher très agréable

 Propriétés chimiques communes

• Les acides forts, les bases fortes et faibles, les réducteurs les détériorent rapidement

• Les acides faibles et les oxydants les altèrent peu

• Les solvants (SAUF L’ACETONE), les enzymes et les corps gras sont sans action.

Acétate de cellulose

- Fond avant de brûler, odeur piquante de vinaigre (acide acétique)

- Résidu dur et noirâtre -Fibre présente des cannelures

- Soluble dans l’acétone

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Marques : ALBENE, RHODI

Triacétate de cellulose

Son degré d’acétylation est de 62%. Elle résiste mieux à la température que l’acétate.
Elle est plus stable aux traitements chimiques que le triacétate.

L’action des bases forte sur le triacétate induit une réaction de saponification. Ce
traitement chimique confère au triacétate des propriétés antistatiques.

Tests d’identification

- Fond avant de brûler, odeur piquante plus âcre que pour l’acétate

- Le triacétate ne se dissous pas l’acétone mais s’y disperse en petits flocons

Marques : RHONEL, TRICEL, ARNEL

2. Fibres protéiniques

a. Le lanital

Cette fibre est fabriquée à partir du lait. On utilise une protéine du lait, la caséine.

Le procédé utilisé est proche de celui de la viscose. Le caséinate de sodium, filtré


et débullé est ensuite envoyé aux filières en bains acides. On traite ensuite le fil obtenu
par coagulation afin de le rendre insoluble. (Toutes les lessives étant basiques, sans ce
traitement, un lavage aurait comme conséquence de solubiliser la fibre). La coagulation

se fait par immersion du fil dans du formol. Les fibres sont ensuite regroupées en câbles
puis sectionnés.

 Aspect

Fibres très douces et très chaudes de couleur blanc crème avec possibilité de la teindre
dans la masse

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 Propriétés physiques

- Résistance inférieure à celle de la laine avec une diminution de 50% au mouillé.


C’est la raison pour laquelle le Lanital n’est utilisé qu’en mélanges

- Elasticité de la laine - Pouvoir absorbant de la laine

- Pouvoir feutrant : mélangé à une autre fibre que la laine, pas de pouvoir feutrant.

Mais mélangé à de la laine, le textile obtenu feutre plus vite que la laine.

- Bon pouvoir isolant (comme la laine) - Pas d’attaque par les mites

B. FIBRES SYNTHETIQUES

Elles sont formées à partir de dérivés du pétrole via une réaction de polymérisation.

Les fibres synthétiques, hydrophobes, sont moins agréables à porter. En revanche, elles
ont la particularité d’être plus facile à entretenir. Par ailleurs, ils se défroissent tous seuls,
sont très peu putrescibles et ont une bonne stabilité tridimensionnelle.

1. Polyesters

Ils sont le résultat de la condensation d’un acide carboxylique et d’un alcool


(estérification). Ils ont souvent une section ronde ou trilobée. Ils sont d’aspect soyeux
mais plus terne que les polyamides.

 Types de polyesters :

PTT : Polytriméthylène téréphtalate

PBT : Polybutylène téréphtalate

PEN : Polynaphtalate d'éthylène

PET fonctionnalisé

Alcantara : Ultramicrofibre de polyester semblable au daim (ameublement)

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 Propriétés chimiques :

Détériorés par les acides forts et les bases fortes

Faiblement détériorés par les oxydants et les réducteurs

Les acides faibles, les bases faibles, les solvants, les enzymes et corps gras sont
sans action

Utilisation : Il est utilisé souvent en mélange avec de la laine, de la viscose ou du coton

Quelques marques : Suivant son origine, on donne au polyester des noms différents :
Tergal (France), Diolen (Allemagne), Terital (Italie), Dacron (Grande bretagne),
Micrell Coolmax (EU)

2 Polyamides

Ils sont obtenus par réaction de polycondensation entre un acide carboxylique et une
amine.

 Types de polyamides :
• Polyamide 6 : Perlon Obtenu par polyaddition
• Polyamide 6.6 et 11 Obtenus par polycondensation
 Propriétés chimiques :

• Les acides forts, les acides faibles, les oxydants détériorent le polyamide

• Les bases fortes, les bases faibles, les réducteurs, les solvants, les enzymes et corps
gras sont sans action

 Utilisation :

En fils texturés : dans les bas, les collants, maillots de bain, training

En fil non texturés : en lingerie, anoraks, blousons, enveloppes de ballons, sac de


couchage, fil de pêche

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Exemple de marques :

Rilsan (polyamide 11) Perlon (polyamide 6)

Nylon 6,6 (brevet en 1938 par DuPont de Nemours)

3. Acryliques ou polyacrylonitriles

L’appellation acrylique est réservée aux matières formées de polymères contenant


au moins 85% de motif acrylonitrile qui est le composé de base utilisé pour la fabrication.

Ils sont formés par polyaddition. Les fibres peuvent être rondes, en haricot ou en os
de chien.

 Types d’acryliques :

Polyméthacrylate de méthyle

Polyacrylate de sodium

Il est utilisé comme absorbant dans les couches jetables qui en contiennent environ 15g
(soit un pouvoir absorbant de 900g d'urine environ). Le polyacrylate de sodium enserre
les molécules d'eau qui sont retenues par attraction électrostatique et forme un gel.

Polyacrylonitrille ou PAN, : Crylor - Précurseur des fibres de carbone

Poly (Acrylonitrile, Butadiène, Styrène) ou ABS

 Propriétés chimiques :

Les bases fortes détériorent l’acrylique, les bases faibles un peu Les autres agents
chimiques sont sans action sur l’acrylique

Souvent mélangé à de la laine, des polyesters (pull, couverture), des polyamides


(chaussettes, tapis) Pur il est utilisé pour imiter les fourrures, doublure de blouson

Quelques marques :

Crylor (France), Courtelle (GB), Dralon (Allemagne), Leacryl (Italie), Tergal (1950)

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6. Polypropylène

Fibre fabriquée à partir de propylène qui est un gaz sous-produit de la distillation du


pétrole. On l’obtient par polyaddition. Il ressemble au polyéthylène haute densité (PE-
HD).

 Propriétés chimiques :

La fibre absorbe les corps gras

Les solvants chlorés détériorent un peu la fibre

Les acides, bases, oxydants, réducteurs, enzymes et autres solvants sont sans action

 Utilisation :

Pur : Tapis, corderie, sacs, vêtements de travail, sièges de voitures

En mélange : survêtements, tee-shirt, chaussettes (laine), sous-vêtements (coton)

Marque :

MERAKLON (Italie), CETRY - MERAKLON SR-AB : PP bactéricide recommandé


pour les salles d’hôpitaux

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HISTORIQUE ET
CHAPITRE II
GENERALITES

 Objectif général : l’étudiant sera capable de connaître l’historique et les


généralités de la filature

 Objectifs spécifiques :
Connaître l’historique de la filature ;
Définir la filature et ses mots clés ;
Donner le principe et le but de la filature;
Maîtriser le Filage et la filature des fils

I. HISTORIQUE DE LA FILATURE

La filature remonte à la plus haute antiquité, des fils ont été retrouvés dans les
tombeaux égyptiens. La filature fut d’abord exécutée manuellement à l’aide d’un fuseau,
puis, au 14ème siècle, le rouet, fut inventé. Ils furent des instruments anciens utilisés dans
la filature artisanale des matières textiles.

Ces procédés primitifs de filage furent remplacés à la fin du 18éme siècle par des
machines permettant la filature de plusieurs fils à la fois.

Dès la révolution industrielle à la fin du xviiie siècle, la notion d'usine s'impose. Par
opposition à la manufacture (fabrication manuelle), on y utilise des machines en grand
nombre. Comme le métier à tisser s'est amélioré techniquement, les usines de tissages
prennent le dessus sur les filatures.

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Un fuseau à filer Un rouet

L'industrie de la filature entièrement liée à celle du textile, s'est formidablement


développée depuis cent ans, grâce aux progrès du machinisme, et l'on est bien loin,
aujourd'hui, de l'époque où l'on filait au fuseau et au rouet. A présent, de puissantes usines
se sont montées dans tous les pays, et plus particulièrement en France, en Angleterre, en
Russie, dans lesquelles le coton, la soie et la laine sont traités mécaniquement et avec
rapidité.

La filature, cette industrie si nécessaire, si indispensable à la vie de l'homme, ne


sera vraiment prospère, elle ne répondra aux besoins de l'humanité, que lorsqu'elle sera
entre les mains des travailleurs filant et tissant utilement pour le bien-être de tous.

II. GENERALITES
1 Définitions

La filature est l’ensemble des opérations industrielles qui transforment les matières
textiles en fil. C’est à dire en un cylindre de grosseur continue dont les fibres seront
maintenues par une torsion plus ou moins forte.

Le filage est le fait de produire des fils textiles à partir de divers matériaux bruts.
Cette opération peut se faire à la main, à l'aide d'un fuseau ou d'un rouet. Avec
la Révolution industrielle, le filage se réalise actuellement dans des usines. L'importance
du filage dans les sociétés fondées sur l'artisanat, jusqu'à nos jours, fait que cette activité
apparaît régulièrement dans les croyances religieuses, les mythes, contes et légendes,
ainsi que les œuvres d'art de nombreuses cultures.

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Filer c’est fabriquer un fil en tordant entre elles des fibres libres. Ainsi tordues, ces
fibres s’enroulent en prenant une forme hélicoïdale. Les fibres sont tressées les unes
contre les autres par une torsion, ce qui les empêche de glisser. Avant de subir cette
torsion, les fibres devront être parfaitement parallèles entre elles, sauf quand on veut
obtenir des fils grossiers comme les fis obtenus à partir des déchets de coton.

Autrement dit, filer c’est tout simplement transformer les fibres textiles en fils, qui
seront utilisés au tissage.

2 Principe de la filature

Les fibres naturelles brutes sont courtes et ont peu de résistance ou de solidité. On
les tord ensemble afin d'obtenir un fil continu plus résistant. Le résultat varie selon le
matériau utilisé, sa préparation (fibre cardée ou peignée) et le degré de torsion du fil.

En général, plus les fibres sont longues, plus le fil est fin, solide et lisse. Par contre
avec des fibres courtes, le fil est épais et cassant. Après la parallélisation des fibres
courtes, elles sont plus aérées et deviennent plus isolantes que les fibres longues.

3 Sens de torsion

Il existe deux types de torsion, qui dépendent de la direction dans laquelle on va


filer les fibres : torsion en Z et en S. On peut assembler deux ou plusieurs fils ensemble,
c'est le retors. On obtient alors un fil plus épais, régulier et solide.

La torsion est effectuée sur les fils textiles de toutes provenances, naturelles ou
chimiques. Son but est d’enchevêtrer les filaments et de disposer en hélice afin
d’améliorer la qualité du fil : plus le fil est tordu plus il est résistant. La torsion peut être
donnée de droite à gauche (torsion Z) ou de gauche à droite (torsion S).

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4 Travail de la fibre avant filage

Avant de pouvoir être filée, une fibre naturelle doit être cardée ou peignée, en
fonction du matériau et du résultat souhaité.

a) Le cardage

Avant de pouvoir être filée, une fibre naturelle doit être cardée ou peignée.

Le cardage a pour but de démêler et aérer les fibres. Le fil obtenu est souple, doux,
léger et gonflant. Il reste néanmoins fragile. Il est utilisé pour les fibres courtes (coton,
mérinos). C’est l’opération la plus importante de la préparation de la fibre pour la filature.
On peut dire que le processus de filature "proprement dit" commence avec le Cardage,
car les opérations et étapes antérieures (d’ouvraison de nettoyage et de mélange) ont pour
but de préparer la fibre pour un meilleur Cardage.

 Les buts du cardage sont :


 Démêler la masse fibreuse :

Les flocons qui proviennent de l’installation de nettoyage et qui passent par la


cheminée d'alimentation contiennent un très grand nombre de fibres emmêlées les unes
aux autres. Le cardage a pour effet d'ouvrir ces flocons et de séparer les fibres
individuellement.

 Nettoyer les fibres :

L'ouverture des flocons a pour effet d'exposer et de retirer les petites impuretés (non
éliminées au niveau du nettoyage) qui se trouvent emprisonnées à l'intérieur des flocons.

 Affiner la masse du coton et la mettre sous forme de ruban :

L'affinage ou l'étirage est le rapport entre la masse de fibre entrante par unité de
longueur et la masse de fibre sortante par la même unité de longueur. Cet affinage ou
étirage de la carde admet des valeurs très importantes (à peu près 100), il permet d'obtenir
un ruban de longueur très importante et propre destiné à l'alimentation du cycle de
filature.
24
Il est admis qu’un ruban bien cardé est à moitié filé, ce qui montre l’importance de
cette opération dans le cycle de filature.

 Principe du Cardage :

Pour avoir une action de cardage, il faut faire agir ensemble deux surfaces
recouvertes de pointes métalliques situées dans des plans quasi - parallèles. Lorsqu’une
couche de fibres se trouve placée entre ces surfaces, différentes actions peuvent se
produire selon l'orientation des dents, le sens du mouvement des surfaces et leurs vitesses
relatives l'une par rapport à l'autre.

Le rôle des dentures est à la fois de retenir les fibres et de les déplacer. Chaque
surface cardante peut être divisée en deux parties : les dents qu'on appelle garniture (c'est
l'organe cardant) et la base rigide qui reçoit le mouvement et sur laquelle est fixé l'organe
cardant.

 Action de cardage :

Les garnitures A et B sont disposées asymétriquement, les dents sont inclinées d'une
façon différente.

Il y ' a cardage si les mouvements sont tels que les pointes des deux surfaces passent
l'une devant l'autre "pointe contre pointe".

Garnitures asymétriques "Pointe contre Pointe"

25
Le cardage consiste donc à démêler et aérer les fibres. Le fil obtenu est souple, doux,
léger et gonflant mais relativement fragile. Il se pratique avec des peignez à carde ou des
planches munies de pointes métalliques.

Machine à cardage

b) Le peignage

Le peignage consiste à paralléliser les fibres et à ne conserver que les plus longues,
tout en retirant l'air contenu entre les fibres. Le fil obtenu est lisse et brillant, solide mais
moins doux.

Le peignage est une activité consistant à débarrasser des paquets de fibres textiles
parallèles de toutes sortes d'impuretés, afin d'améliorer l'opération de filatures si cela
s'avère nécessaire. Ces impuretés consistent en fibres trop courtes, en déchets non fibreux
tels que restes de matières végétales ayant échappé à l'opération de cardage, fibres
enroulées sur elles-mêmes sous forme de « boutons » inextricables.

En filature, l'opération de peignage - à ne pas confondre avec l'opération de cardage


- n'est pas obligatoire. Elle est réservée à la production de fils de qualité supérieure. De
nombreux fils sont produits à partir de fibres non peignées. C'est le cas de tous les fils
produits selon le processus de filature dite « cardée » ou « semi-peignée », cette dernière
ne comportant en fait aucune opération de peignage, juste une meilleure parallélisation
des fibres que dans le système « cardé ».

26
Le but du peignage est d'améliorer l'opération de filature au niveau de la
performance des machines et au niveau de la régularité et propreté des fils produits.
L'opération de peignage permet de s'approcher de la limite de filabilité des fibres, qui est
de l'ordre de 40 fibres à la section.

Il existe plusieurs techniques de peignage selon la nature des fibres à peigner. Les
fibres végétales grossières telles que le chanvre, le jute ou la filasse de lin ne sont pas
peignées de la même manière que le cachemire.

Peigne à chanvre.

En cas de filasses très longues telles que le lin brut le jute ou le chanvre, il n'y a
pas d'opération de cardage car lors de la récolte le parallélisme des fibres est maintenu.
Le peignage a alors un double effet : paralléliser les fibres et les débarrasser des
éléments non souhaités, essentiellement déchets végétaux non filables.

Ces opérations de peignage peuvent être effectuées manuellement, avec un matériel


très simple ou avec des machines adaptées. Dans le cas du lin long brin ce peignage est
réalisé sur d'énormes machines (voir plus bas).

Il en est tout autrement pour le peignage de la laine, du coton et d'autres fibres fines
et plutôt courtes. Pour ces fibres, l'opération est toujours réalisée sur des machines assez
complexes et plutôt peu productives. Au 19e siècle sont apparues presque en même temps
deux techniques de peignage très différentes l'une de l'autre. La première consistait en
peigneuses circulaires qui travaillaient à la continue. L'autre était un peignage dit
rectiligne, qui travaillait par touffes successives.

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Un des créateurs des peigneuses circulaires était l'Anglais Isaac Holden (1807-
1897), l'autre était un Français, en la personne d'Émile Hubner (1821-1888). La technique
du peignage rectiligne fut créée en 1845 par Josué Heilmann, ingénieur chez Nicolas
Schlumberger et Cie à Guebwiller (Alsace).

5 But de la filature

Les opérations de filature ont pour but :

 D’épurer et de mélanger les fibres afin d’obtenir une qualité homogène ;


 De démêler et de paralléliser les fibres ;
 De tordre ces fibres parallèles afin de donner de la résistance aux fils ainsi obtenus ;
 De créer des bobines de fils prêts pour le tissage.

Le procédé général de filature et le nombre d’opérations diffèrent quelques peu


selon le genre de fils que l’on veut obtenir.

6 Méthodes de filage

Il existe plusieurs méthodes de filage des fibres.

 Méthode « ring »

Le fil est renvidé sur un fuseau (petit support en carton ou en plastique) qui tourne.
Le sens de rotation donne le sens de torsion, S si le fuseau tourne dans le sens contraire
des aiguilles d'une montre ou Z si le fuseau tourne dans le sens horaire.

 Méthode « open-end »

Le fil est formé par la force centrifuge dans une turbine qui tourne à très haute
vitesse. Contrairement au "ring", le fil open-end n'a pas de sens de torsion car la torsion
sur les fibres n'est que périphérique, le cœur du fil n'est pas tordu.

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 Méthode « ply-fil ou repco »

Le fil est tordu par frottement, ce qui a pour conséquence que le fil présente une
petite longueur en torsion S, suivie d'une petite longueur sans torsion, puis suivie d'une
petite longueur en torsion Z.

La méthode la plus utilisée est la méthode « open-end » qui donne des fils avec
une importante résistance à la rupture et une grande régularité. Ils ont une grande facilité
de teinture et d’impression, le colorant monte rapidement sur le fil open-end.

Fils Open-End : ces fils sont creux comme des cylindres, vu que les fibres les
constituants sont soumises à une rotation très rapide (70000 à 140 000 tours/mn), elles
ne se disposent que sur la périphérie du fil. Ils sont caractérisés par un gonflement de
volume, un toucher plus rigueux et un allongement plus grand que celui des fils
classiques.

7 Numérotage métrique

Le numéro métrique (Nm) indique le nombre de kilomètre de fil pesant un


kilogramme. Il est utilisé pour tous les fils formés de fibres discontinues. Plus le Nm
sera élevé, plus le fil sera fin. Moins il sera élevé, plus le fil sera gros.

Le numéro métrique d’un fil est :

Nm = longueur du fil / son poids

8 Titrage d’un fil

Le titrage d’un fil consiste à lui donner un numéro qui indique sa grosseur. Le
diamètre du fil étant trop petit pour être mesuré, le calcul du numéro sera établi suivant
le rapport entre le poids et la longueur. Ce calcul est différent suivant les textiles et
indispensable lors du calcul des fils nécessaires à la réalisation d’un tissu.

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Le poids d’un fil est fixe et sa longueur variable donnera le numéro métrique c’est-
à-dire que le numéro du fil indiquera le nombre de kilomètres de fils réalisés dans 1 kg
de matière textile.

Exemple : les fils de coton contenus dans 1 kg peuvent mesurer suivant leur
grosseur :

36 km…………………fil Nm 36
60 km ………………. Nm 60
100 km ………………Nm 100

En comparaison, le fil au Nm 36 est plus gros qu’un fil au Nm 60. Le fil au Nm


100 est le plus fin. Ce qui revient à dire que plus le numéro sera petit plus le fil sera gros.

9 Titre en tex ou en décitex

Le titre en tex indique la masse en grammes de 1000 m de fil. C’est l’unité officielle qui
devrait être utilisée pour tous les fils.

Le titre en décitex indique la masse en décigrammes de 1000 m de fil.

10 Caractéristiques d’un bon fil

Un fil doit présenter plusieurs caractéristiques en vue de son utilisation ultérieure.


Parmi les caractéristiques recherchées, on trouve :

 La finesse (numéro métrique) : il est nécessaire de réaliser des fils avec des grosseurs
différentes suivant les exigences des clients et/ou les opérations ultérieures.

 La résistance mécanique (ténacité, solidité) : suivant l'utilisation (tissage, bonneterie,


couture, ...) les fils subissent un certain nombre de contraintes (de sollicitations
mécaniques). Ils doivent avoir une certaine résistance (à la traction, au cisaillement, au
frottement ...).

30
 L’élasticité : le pouvoir d'allongement des fils est un facteur très important. C'est ce
facteur qui permet d'avoir une certaine souplesse des structures surfaciques (tissus,
tricots, ... .) réalisées à base de fils.

 La régularité : sous le terme de régularité, nous entendons une section constante du fil.
Les fils irréguliers en section donnent des étoffes ayant un aspect irrégulier (sauf si c'est
recherché pour des effets de mode).

 La pilosité : la pilosité est un facteur permettant de mesurer la longueur des bouts des
fibres sortant du filé. Cette caractéristique est parfois recherchée pour donner des tissus
pileux (ayant à la surface des poils).

III. FILAGE ET FILATURE DES FILS

La fabrication des fils peut se faire de 2 manières différentes :

- Soit de manière manuelle : on parle de filage

- Soit de manière industrielle : on parle alors de filature

A. Le filage

Le filage est le fait de produire des fils textiles à partir de divers matériaux bruts.
Cette opération se fait à la main, à l’aide d’un fuseau ou d’un rouet. Elle a lieu dans une
manufacture.

Le fuseau est un bâton en bois, renflé à une extrémité ou en son centre, ce qui
permet le filage de la laine, du lin, du chanvre ou du coton. Il est utilisé pour la confection
de dentelles aux fuseaux.

Un rouet est un instrument ancien à roue actionné par une pédale ou une
manivelle.

31
Les fibres naturelles brutes sont courtes et ont peu de résistance ou solidité. On les
tord ensemble afin d'obtenir un fil continu plus résistant. Le résultat varie selon le
matériau utilisé, sa préparation (fibre cardée ou peignée), le degré de torsion du fil.

On commence par le cardage, puis le peignage. Le peignage consiste à rendre


parallèles les fibres et à enlever l’air contenu entre ces dernières. Lors de cette étape, on
ne garde que les plus longues fibres. Le fil obtenu est lisse et brillant, solide, mais moins
doux. Le peignage est généralement effectué sur les fibres longues.

Ensuite arrive l'étape du filage. La manière de filer les fibres dépend du type de fibre
et de sa préparation, mais il existe principalement deux manières de filer :

- type « laine à carde » : on ne pince pas les fibres au moment du filage, et on met
peu de torsions. On obtient un fil souple et gonflant.

- type « laine à peigne » : on pince le fil en cours de filage pour chasser l'air, et on
met davantage de torsion. On obtient un fil fin et lisse.

Une fois que l'on a filé une quantité suffisante de fibres, on peut passer au retors.

Le retors consiste à assembler plusieurs brins entre eux afin d'obtenir un brin de laine
plus épais, régulier et doux. Puis on met le fil obtenu en écheveau, à l'aide d'un mandrin
ou d'un écheveaudoir, ce qui rend le fil plus facile à laver et à teindre éventuellement.

La teinture se fait toujours sur des fibres propres, mais elle peut avoir lieu à tout
moment : sur les mèches brutes, sur les nappes cardées, les rubans, ou enfin sur le fil
terminé.

B. La filature

Une filature est une usine de filage textile industriel.

On distingue deux types de filatures, la filature cotonnière pour des fibres «


courtes » de longueur moyenne de 40 mm et la filature type laine pour les fibres «
longues » de longueur moyenne de 80 mm

32
La filature se fait en 4 étapes :

- L’épuration de matières premières

- Le démêlage des touffes de fibres par cardage

- La régulation et l’affinage du ruban

- La filature proprement dite

Étape 1 : L’épuration de matières premières : BOURRE

On commence par ouvrir et démêler les balles de matières premières.

On arrache l’ensemble compact de fibres pour obtenir des flocons grossiers. On mélange
des fibres d’origines différentes puis on les démêle et on les oriente. A cette étape, on
peut éventuellement teindre les fibres. Toutes les matières premières naturelles
contiennent des impuretés :

- débris de végétaux ou de parasites,

- graisses et suint, - poussières diverses.

Les fibres triées grossièrement issues de cette première étape forment la bourre.

Étape 2 : Le démêlage des touffes de fibres par cardage : RUBAN

La carde va paralléliser les fibres de la bourre grâce à des tambours comportant des
garnitures d’aiguilles métalliques en mouvement. Elle va individualiser les fibres mais
aussi éliminer les impuretés résiduelles et les fibres entremêlées.

Le passage dans un entonnoir permet de rapprocher les fibres et d’augmenter leur


cohésion. A la sortie de la carde, on obtient un voile de fibres que l’on va ranger dans un
pot tournant en donnant un ruban (avec une légère torsion) dans lequel les fibres sont
orientées parallèlement à l’axe et maintenues par leur adhérence.

33
En alimentant la carde avec des fibres différentes, on va pouvoir faire des mélanges.

Étape 3 : La régulation et l’affinage du ruban : MECHE

On poursuit la parallélisation des fibres qui n’est pas encore parfaite.

Sur le banc d’étirage, on régularise la grosseur du ruban en mélangeant et en étirant


plusieurs rubans. On peut ainsi procéder à des mélanges de matières. Les fibres peuvent
alors glisser les unes sur les autres.

Sur le banc à broches, on passe du ruban à la mèche par étirage avec une légère
torsion qui donne aux fibres une cohésion plus fort

Étape 4 : La filature proprement dite

On passe de la mèche au fil en affinant et retordant le fil définitif.

La torsion permet d’augmenter la résistance du fil.

I. LES FILS TRANSFORMES

Après la filature, les fils peuvent être employés tels quels (fils simples), ou être
transformés afin d’obtenir des caractéristiques précises.

C’est presque toujours le cas pour les fibres chimiques.

Ces transformations sont obtenues par : Moulinage, Guipage ou Texturation

1. Les fils moulinés ou retors

La torsion est effectuée sur tous les fils formés de fibres naturelles ou chimiques.

On lie par torsion des fils simples pour obtenir un fil de meilleure qualité.

Plus la torsion est élevée, plus le fil est résistant.

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Elle est variable par son intensité et son sens.

L’association par torsions successives S et Z de plusieurs fils retors produit des fils très
solides ou fils câblés.

2. Les fils guipés

On enroule autour d’un fil appelé « âme », un ou plusieurs fils appelés fils de couverture.

Ce procédé permet d’obtenir de fils de fantaisie de plusieurs textures ou plusieurs


couleurs.

3. La texturation

Elle permet d’augmenter le volume et l’élasticité du fil.

Elle s’obtient par des procédés thermiques qui modifient ses propriétés physiques.

C’est le cas des fils frisés, mousse, soufflés ou rétractables (tissus cloqués).

35
CHAPITRE III
FILATURE DU COTON

 Objectif général : l’étudiant sera capable de connaitre la filature du coton.

 Objectifs spécifiques :
Maitriser les opérations de la grosse préparation du coton ;
Connaitre les opérations de la petite préparation ;
Enumérer les étapes de finition de la filature ;

INTRODUCTION

Le coton est une fibre naturelle végétale de type cellulosique provenant du


cotonnier, un arbuste de 1.5 m de hauteur en général. L'utilisation très répondue
est due essentiellement aux caractéristiques du coton et à la facilité avec laquelle
on peut travailler ses fibres pour en obtenir un fil. La résistance du coton, son
pouvoir absorbant et la possibilité de le laver et de le teindre en font une matière
adaptable à une très grande variété de produits textiles.

Le fruit du cotonnier est une capsule plus ou moins allongée contenant des
graines brunes recouvertes de poils. Ces poils constituent la fibre du coton dont la
longueur varie de 10 mm à 50 mm. La capsule s'ouvre lorsqu'elle est mûre et laisse
sortir les fibres du coton.

L’aspect du coton à son arrivée à l’usine est compact et sale contenant de


débris végétaux (feuilles, graines, poussières, terre, déchets métalliques…) d’où
la nécessité de préparer le coton pour la filature.
I. OPERATIONS DE PREPARATION

Après récolte, les fibres de coton sont traitées pour faciliter la filature, puis
le tissage des fils obtenues. Pour cela, elles subissent des nombreuses opérations
de préparation :

A. LA GROSSE PREPARATION

1. Séchage et égrenage :

Le coton dès son arrivée à l’usine est séché à l'air et au soleil pendant quelques
jours. Une fois séchés, les stocks de coton sont emmenés à l’intérieur de l’usine
pour l'égrenage. Cette étape consiste à séparer les fibres suffisamment longues
des graines et d’éliminer les débris à l'aide de machines appelées égreneuses. Le
coton égrené est ensuite gardé dans un entrepôt, en attente pour être stocké dans
des balles. On distingue trois étapes : le séchage à l'air ambiant, l'égrenage
proprement dit (séparation des fibres et des graines), un nettoyage
complémentaire.

2. La mise en balles

Le coton égrené dont la densité est très faible est alors mis en balles. Cela
consiste à comprimer le coton égrené et à l’empaqueter en balles de 230 kg
environ, dans une toile de jute cerclée de fer. Les balles partiront ensuite vers les
usines de filage. Ces usines permettent de transformer la fibre de coton en fil.

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Elles ne se situent pas toujours dans le pays producteur de coton ; ces étapes de
transformation impliquent donc beaucoup de transport.

3. Le mélange

Pour fabriquer un fil, on ne dispose jamais d’une variété unique de coton,


mais d’un certain nombre de lots de marques et d’origines différentes. Les cotons
de diverses origines sont mélangés afin d'homogénéiser la production.

Lors de la constitution du mélange, il faut veiller à ne mélanger que les


cotons de caractéristiques voisines, dont la plus importante est la longueur des
fibres. Dans le cas des longueurs de fibres très différentes, il sera très important
de régler correctement les écartements du train d’étirage d’où les irrégularités
inévitables.

Pour être travaillé dans des bonnes conditions, les balles de coton doivent
avoir une certaine température et un degré d’humidité bien déterminé. Autant que
possible, on amène les balles dans la salle du mélange 48H avant l’utilisation pour
permettre de prendre la température et l’humidité favorable.

Le mélange lui-même se fera mécaniquement sur la première machine de


filature, le brise-balle pour la filature classique et l’éplucheuse pour la filature
automatique.

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4 le brise - balle

Le but du brise balle est :

- De déchiqueter le coton ;
- De mélanger le coton provenant des différentes balles ;
- De disloquer la masse de coton compact ;
- D’éliminer une quantité de poussières.

Autre fois les mélanges se faisaient à la main, aujourd’hui les brise-balles le


réalisent mécaniquement.

A la sortie des brise-balles, il faut amener le coton, soit au cassier de mélange


où il reposera 1 à 2 jours, soit directement à la première ouvreuse. Ce transport
peut se faire de plusieurs manières ; soit mécaniquement par des bandes
transporteuses, soit par aspiration dans des conduites pneumatiques, soit par
soufflage dans des conduites pneumatiques.

5 L’éplucheuse

Le but de l’éplucheuse est :

- De prélever sur la balle des petites touffes de coton. Ce qui améliore le nettoyage
du fait que ces touffes libèrent plus facilement leurs impuretés ;
- Opérer un premier mélange en prélevant automatiquement ces touffes sur les
balles différentes

6 Ouvraison et nettoyage du coton brut

L’ouvraison et le nettoyage sont deux opérations qui se fond simultanément


et sur les mêmes machines, les chargeuses pour la filature classique et les
batteurs. Leur but est de desserrer et nettoyer le coton.

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Les chargeuses et ouvreuses sont plus spécialement étudiées pour
l’ouvraison de la matière, tandis que les batteurs sont destinés au nettoyage.

La chargeuse a pour but :

- D’alimente régulièrement les ouvreuses et batteurs ;


- De disloquer les touffes et de procéder à une ouverture préliminaire. Toute
dislocation de la matière entraine en même temps l’élimination de certaines
impuretés contenues dans les touffes et contribuent à parfaire le mélange.

Les ouvreuses ont pour but :

- D’ouvrir la matière de sorte à fournir aux batteurs, un coton ne formant plus que
des petites touffes. Ce résultat doit être obtenu sans fatiguer les fibres ;
- D’éliminer les petites impuretés ;
- De parfaire le mélange par brassage.

Dans toutes les fibres naturelles, il existe des impuretés et des particules
étrangères qui peuvent - être par exemple les débris végétaux, des fragments de
capsules, des ficelles, de l'emballage, ... .

Les particules étrangères sont séparées des fibres principalement par des procédés
combinant des actions mécaniques et aérodynamiques. Ces particules sont
accrochées dans les fibres, c'est donc en ouvrant les flocons que l'on pourra le plus
aisément les éliminées.

Les batteurs eux, ont pour but :

- De nettoyer le coton ;
- De parfaire l’ouverture des mottes légères que fournit l’ouverture et faciliter ainsi
l’élimination des impuretés qu’elles renferment ;
- Fournir une nappe dont le poids au mètre soit le plus régulier possible

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B. LA PETITE PREPARATION
I. LE CARDAGE

Le cardage est l’opération la plus importante de la filature du coton cardé.


La nappe de coton en provenance du batteur se compose de petites touffes de
coton contenant encore de déchets de la poussière et de boutons.

Les fibres sont agglomérées, le but du cardage sera donc :

- De démêler, c’est-à-dire dénouer et redresser les fibres en les isolants les unes des
autres. Les fibres doivent être traitées isolement sans exception ;
- De nettoyer la masse de coton en la projetant contre les couteaux et la grille de la
carde. Cette action s’accompagne de l’élimination de fibres courtes ; ce qui
augmentera considérablement la qualité du fil. La carde est la dernière machine
de nettoyage.
- La carde sert d’affiner ou d’étirer la masse de coton de l’ordre de 100 fois.

1. Principe de cardage

Imaginons deux surfaces A et B, munies d’aiguilles de même inclinaison et se


déplaçant les pointes en avant.

Supposons qu’un paquet de fibres est placé sur la surface A. Etant donné le
faible intervalle entre les deux surfaces, un certain nombre de fibres seront
accroché par les aiguilles de la surface B, ensuite seront reprises par A. La matière
passe alternativement d’une surface à l’autre, elle se trouve ainsi progressivement
divisée ; les fibres sont séparées les unes des autres. Ce qui libère les impuretés.

La carde réalisera cette opération mais au lieu d’utiliser des surfaces


planes, elle utilisera des surfaces tournantes. La force centrifuge facilitera le
passage des fibres d’une surface à l’autre et permettra une action cardante plus
efficace, d’où sortira un ruban.
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2. Différentes sortes de cardes

En filature de coton, on rencontre deux types de cardes actuellement :

 Les cardes à chapeau dites aussi à chapelet ;


 Les cardes mixtes composées de deux paires de cylindres appelées les hérissons
suivis d’une série de chapeaux.

II. LE BANC D’ETIRAGE

1. But

Le but des bancs d’étirage est de :

 Paralléliser et aligner les fibres du ruban de carde ;


 Régulariser le numéro du ruban par réglage en réduisant les grosseurs et les
coupures ;
 Améliorer le mélange et affiner légèrement le ruban.

2. Opérations du banc d’étirage

On exécute principalement deux opérations distinctes aux étirages : L’étirage


et le doublage.

a) L’étirage

Il se fait par passage du ruban entre 4, 5 ou 6 paires de cylindres successifs,


tournant à des vitesses croissantes. Il résulte ce cette augmentation de vitesse du
ruban :

- Que les fibres s’étendent et se disposent parallèlement entre elles ;


- Que les fibres glissent partiellement les unes sur les autres, d’où la réduction de
la section du ruban et augmentation du numéro du ruban.

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1. But de l’étirage :

• Parallélisation des fibres dans le ruban ;


• Régularisation de la section pour avoir le même nombre de fibres à la
section tout le long du ruban.

L’étirage est réalisé sur des bancs d’étirage composés essentiellement d’un
râtelier alimentaire, d’un dispositif de laminage, d’un dispositif de mise en
forme et de mise en pot du ruban sortant. Le rapport entre la vitesse de sortie
et la vitesse de l’entrée permet de paralléliser les fibres et d’affiner la matière
textile, c’est la constante d’étirage totale.

2. Taux d’étirage

Le taux d’étirage peut être défini comme le rapport entre la vitesse


circonférentielle des cylindres étireurs Vs et celle des cylindres alimentaires Ve.

D’un point de vue mécanique,

Et = Vs / Ve avec Vs : vitesse de sortie et Ve : vitesse d’entée

3. Principe de l’étirage

Imaginons un élastique de section circulaire et de longueur 1m. Si nous


étions cet élastique de sorte à lui donner une longueur de 2 à 3 ou de 4m ; nous
dirons que l’étirage qu’il a subi est de 2, 3 ou 4m. Il est évident que pour permettre
cet allongement, la section de l’élastique sera devenue plus fine respectivement
de 2, 3 ou 4 fois.

Il en sera de même pour le ruban de 4 qu’on pourra assimiler à un ruban de


caoutchouc, une certaine longueur de ce ruban.
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Exemple : 5cm sera prise entre deux pinces constituées chacune par une paire
de cylindres. Si la première pince reste fixée et que l’autre tourne de sorte à
délivrer 5cm, la longueur du ruban aura doublée et nous dirons que l’étirage est
de 2cm. Si la deuxième pince délivre 10cm, la longueur sera de 15cm et l’étirage
de 3.

Mais pour que cette opération d’étirage puisse s’effectuer de manière


continue, il faut faire tourner les deux pinces. Il suffira de faire débiter plus de
matière sur la première que sur la deuxième. Si pendant la durée d’une minute, la
1ère pince a absorbé 3m et que la 2ème en a délivré 15, il est évident que ces 3m ont
été étiré de sorte en à donner 15. Et la valeur de cet étirage sera de 5. On peut en
déduire que l’étirage sera de 15 / 3.
𝐋𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞𝐮𝐫 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞
Etirage =
𝐋𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞𝐮𝐫 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐧𝐭𝐞

Au cours de cet étirage, la section et par conséquent le numéro métrique


seront devenus plus fin c’est-à-dire qu’il y a une certaine relation entre le numéro
métrique entrant et sortant. Le numéro métrique N définit la finesse de la mèche
ou du fil.
𝐋𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞𝐮𝐫
Numéro métrique =
𝐏𝐨𝐢𝐝𝐬

Pour une longueur constante L, si le poids augmente, le numéro métrique


diminue et le fil est grossier.

Plus le Nm sera élevé, plus le fil sera fin. Moins il sera élevé, plus le fil sera gros.

Longueur entrant = Nme X Poids entrant

Longueur sortant = Nms X Poids sortant

𝐍𝐦𝐬 𝐗 𝐏𝐨𝐢𝐝𝐬 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭


E=
𝐍𝐦𝐞 𝐗 𝐏𝐨𝐢𝐝𝐬 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭

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Etant donné que le Poids sortant = Poids entrant ; alors

𝐍𝐦𝐬
E=
𝐍𝐦𝐞

Exercice : Banc d’étirage 6 mèches

Nm = 0,25 pour 6 meches groupées

Nms = 0,20 Nme = 0,25 / 6 = 0,041


0,20
Etirage = = 4,8
0,041

Le banc d’étirage utilise donc le principe que nous venons de voir.


Cependant, l’étirage ne se fait pas entre 2points de pinçages seulement. Un banc
d’étirage comporte en général 4 cylindres cannelés ; il y a dont 3 zones d’étirage :

- Entre le 1er et le 2ème cylindre ;


- Entre le 2ème et le 3ème cylindre ; 3 zones d’étirage
- Entre le 3ème et le 4ème cylindre.

L’étirage n’est d’ailleurs pas reparti uniformément entre ces trois zones. Par
exemple, on étirera au maximum entre 1 et 2, prés que pas entre 2 et 3, et un peu
entre 3 et 4.

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4. Etirage préliminaire et Etirage total

L’étirage préliminaire appelé aussi pré-étirage est l’étirage appliqué entre


l’entrée du train de laminage et le cylindre de pré-étirage. Ce pré-étirage a pour
but de préparer les fibres pour l’étirage principal. Ainsi, les fibres subissent un
étirage de faible valeur car la vitesse du cylindre de pré-étirage et celle du cylindre
alimentaire ont des valeurs voisines ce qui facilite leur étirage et parallèlisation
entre le cylindre de pré-étirage et le cylindre de sortie (délivreur).

Le pré-étirage ou l’étirage intermédiaire sert à tendre les fibres et à les


préparer pour subir l’étirage le plus important appelé étirage principal qui se
trouve entre le cylindre de pré-étirage et le cylindre d’étirage principal ou
délivreur.

L’étirage total d’un train de laminage est par conséquent le produit des
étirages partiels des différentes zones (pré-étirage et étirage principal).

Nous savons calculer l’étirage entre deux paires de cylindres successifs.


Comment en déduire l’étirage entre trois ou quatre paires de cylindres ?

Considérons un système d’étirage à trois paires de cylindres

Supposons qu’entre C et B il y ait un étirage partiel E1 = 2.

De meme entre B et A un autre partiel E2 = 3. On demande quel est l’étirage


total ?

Pour 1m alimenté en C, que sera Nm à la sortie de C ?

Quel sera le Nms de B ?

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Pour 1m en C, A délivrera 6 car l,étirage de C à A sera de :

E = E1 X E2 c’est-à-dire E = 2 X 3 = 6

E est la longueur sortante du cylindre.

Remarque : pour calculer l’étirage total, en général on n’a pas besoin de calculer
E1 et E2. On obtiendra directement E en utilisant la formule suivante :

𝐋𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞𝐮𝐫 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐲𝐥𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 ( 𝐝é𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐮𝐫)


E=
𝐋 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐧𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐜𝐲𝐥𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 (𝐚𝐥𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞)

b) Le doublage

Dans cette opération, on alimente 6 ou 8 rubans qu’on réunit à la sortie pour


n’en délivrer qu’un seul. Ainsi on obtient un ruban régulier et un bon mélange. Si
on répète l’opération sur deux passages successifs de bancs, on obtient un
doublage de 6X6 ou 8X8.

Le doublage régularise la section des rubans de matière textile. Ceux-ci


portent en effet, lors de leur formation à la sortie des cardes, des défauts répartis
au hasard (grosseurs et parties fines ou coupures). Le doublage apporte une
certaine compensation de ces défauts. Amenant un grossissement de la section des
rubans, puisqu’on en juxtapose plusieurs, il est toujours combiné avec un étirage.
On pratique aussi des doublages quand on procède à des opérations de mélange
de diverses matières ou d’une même matière teinte diversement, en plaçant des
bobines des rubans à mélanger l’alimentation d’une machine où se fera un étirage.

Le doublage est donc la réunion, à l’entrée d’une machine de filature, d’un


certain nombre de rubans de matière textile qui vont y subir une opération
d’étirage.

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Le doublage est le fait d'associer deux ou plusieurs rubans pour alimenter
le banc d'étirage. Ces rubans alimentaires provenant des passages précédents sont
étirés ensemble et rassemblés en un seul ruban.

1) Buts et Nécessité :

Le doublage est nécessaire pour plusieurs raisons :

- Pallier les effets de l'hétérogénéité des matières premières utilisées pour la


réalisation des mélanges,

- Assurer une meilleure régularité de la section du ruban sortant,

- Améliorer le mélange ou bien obtenir un effet fantastique en mélangeant


plusieurs rubans de couleurs différentes…etc.

Cependant, un doublage très important à tendance à irrégulariser le produit


sortant.

2 / Taux de doublage :

C'est le nombre de ruban assemblés à l'entrée d'une machine, il varie de 2 à 8


dans les bancs d’étirage et peut atteindre la valeur 36 sur certaines machines
(réunisseuse – étireuse). Le taux de doublage dépend des facteurs suivants :

- titre à filer (un numéro plus fin exige des doublages plus nombreux),

- la régularité à obtenir,

- la grosseur des rubans,

- la distribution des longueurs au sein des rubans,

- ... .

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Généralement, au niveau du banc d'étirage le taux de doublage est
sensiblement égal au taux d'étirage. Si on considère une suite d'opérations
impliquant chacune un doublage, le doublage total de la suite est égal au
produit des doublages successifs.

Exemple : un ruban cardé subit deux passages d'étirages, le premier avec un


doublage de 8 et le second avec un doublage de 6.

Le doublage total résultant est 8X6 = 48.

III. Banc à broche

Le banc à broche est un appareil utilisé pour filer le coton et transformer en


mèches les rubans qui viennent du banc d’étirage. C’est la dernière étape en
préparation de la filature du coton.

1. But du banc à broche

Il a pour but de :

• Affiner les rubans provenant du banc d’étirage pour présenter à


l’étape suivante c’est-à-dire, il est utilisé pour passer le textile de l’état
ruban à l’état mèche.
• Amincir et aligner encore les fibres par des étirages successifs et
progressifs ;
• Donner une torsion qui maintient les fibres tout en leur permettant de
glisser encore les unes par rapport aux autres ;
• Renvider la mèche obtenue sur une bobine. Les spires sont déposées
de façon parallèle et jointives, la bobine est cylindrique avec des extrémités
biconiques.
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Le ruban ainsi étiré et tordu s’appelle la mèche. Le nombre de passages au
banc de broches dépend de la finesse de la mèche à obtenir.

2. Le fonctionnement du Banc à broches

Le banc à broche est une machine qui transforme le ruban sortant du banc
d’étirage en mèche. Ses principales fonctions sont :
* L’affinage et l’étirage : on obtient des mèches qui s’affinent, c'est-à-dire que
le ruban s’étire pour le rendre mèche qui sera sur une bobine de mèche.
* La légère torsion : qui sert à rendre la mèche plus résistante. Le banc à broche
donne une légère torsion.
* La formation de la bobine : en produisant la mèche sur une bobine.
(Renvidage : mettre la mèche sur une bobine, les spires sont déposées de façon
parallèle et jointives, la bobine est cylindrique avec des extrémités biconiques.)

3. les organes principaux :


* Râtelier : il est l’organe qui supporte les rubans ;
* Le guide ruban ;
* Laminage : il est l’organe qui fait l’étirage ou plutôt l’affinage ;
* Le rota mèche : il a un rôle important qui confère la fausse torsion à la
mèche
* Ailettes : l’organe qui tourne pour donner un légère torsion à la mèche,
elle est composée de bras, une bras d’équilibration et l’autre conducteur ;
* Les broches : l’organe dont la bobine est déposé et qui sertaussi à tordre
la mèche et facilite la formation des spires ;
* Le chariot ;
* La bascule : inverse le sens du chariot, déplace la courroie des connes,

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arrête la machine à l’atteint du diamètre désiré ;
* Les connes ;
* Le différentiel : le rôle du différentiel est la réception de deux vitesse
(le vitesse du moteur électrique et l’autre du conne inférieure) pour faire
sortir une seule vitesse.

4. Différentes sortes de bancs à broches

1- Banc à broche avec système d’étirage ordinaire

Cette solution est de plus en plus utilisée. Dans ce système on distingue :

 Le banc à broches en gros,


 Le banc à broches intermédiaire,
 Le banc à broches en fin,
 Le banc à broches en surfin

2- Banc à broche avec système à grand étirage


Ici on parle de banc unique. Les machines actuelles permettent d’appliquer un
étirage de 10 à 30 sur le banc à broche, on alimente sans doublage et on peut
obtenir des Nm jusqu’à 40.

3- La torsion
Avant la filature proprement dite sur le continu à filer, le banc à broche aura dont
pour but d’affiler la matière une première fois. Ce pendant toute réduction du
diamètre du ruban rendrait celui- ci si fragile qu’il ne pourrait plus résister à la
traction imposée par les machines suivantes. Il faut donc accompagner cet
affinage par une opération augmentant la résistance. Cette opération est la torsion
qui donne naissance à la mèche. En effet la torsion serre les fibres

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