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Moteurs asynchrones triphasés

A. Généralités

Ce chapitre est consacré à la présentation des moteurs asynchrones triphasés, moteurs les plus
utilisés pour l'entraînement des machines. Ces moteurs s’imposent en effet dans un grand
nombre d'applications en raison des avantages qu'ils présentent : normalisés, ils sont robustes,
simples d’entretien, faciles à mettre en œuvre et de faible coût.

I. Principe de fonctionnement
Le principe de fonctionnement d'un moteur asynchrone repose sur la création d'un courant
induit dans un conducteur lorsque celui-ci coupe les lignes de force d'un champ magnétique,
d'où le nom de « moteur à induction ». L’action combinée de ce courant induit et du champ
magnétique crée une force motrice sur le rotor du moteur.
D'après la loi de Lenz, le sens du courant est tel qu'il s'oppose par son action électromagnétique
à la cause qui lui a donné naissance. Chacun des deux conducteurs est donc soumis à une force
F de Laplace (de Lorentz, pour les Anglosaxons), de sens opposé à son déplacement relatif par
rapport au champ inducteur.

Supposons une spire ABCD en court-circuit, située dans un champ magnétique B, et mobile
autour d'un axe xy (Figure 1).
Si, par exemple, nous faisons tourner le champ magnétique dans le sens des aiguilles d'une
montre, la spire est soumise à un flux variable et devient le siège d'une force électromotrice
induite qui donne naissance à un courant induit i (loi de Faraday).

La règle des trois doigts de la main droite (action du champ sur un courant) permet de définir
facilement le sens de la force F appliquée à chaque conducteur.
Le pouce est placé dans le sens du champ de l'inducteur. L'index indique le sens de la force. Le
majeur est placé dans le sens du courant induit. La spire est donc soumise à un couple qui
provoque sa rotation dans le même sens que le champ inducteur, appelé champ tournant. La
spire se met donc en rotation et le couple électromoteur produit équilibre le couple résistant.

A
x
Sud
B

D
i
i
B
F
Nord

F
y Figure 2
C

Figure 1

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II. Constitution
Un moteur asynchrone triphasé à cage comporte deux parties principales : un inducteur ou
stator et un induit ou rotor
II.1. Le stator
C’est la partie fixe du moteur (Figure 3). Une
carcasse en fonte ou en alliage léger renferme
une couronne de tôles minces (de l'ordre de 0,5
mm d'épaisseur) en acier au silicium. Les tôles
sont isolées entre elles par oxydation ou par un
vernis isolant. Le « feuilletage » du circuit
magnétique réduit les pertes par hystérésis et
par courants de Foucault.
Les tôles sont munies d’encoches dans lesquelles
prennent place les enroulements statoriques
destinés à produire le champ tournant (trois
Figure 3
enroulements dans le cas d'un moteur triphasé).
Chaque enroulement est constitué de plusieurs
bobines. Le mode de couplage de ces bobines entre elles définit le nombre de paires de pôles du
moteur, donc la vitesse de rotation.
II.2. Le rotor
C’est l’élément mobile du moteur. Comme le circuit magnétique du stator, il est constitué
d'un empilage de tôles minces isolées entre elles et formant un cylindre claveté sur
l'arbre du moteur. Cet élément, de par sa technologie, permet de distinguer deux familles de
moteurs asynchrones : ceux dont le rotor est dit « à cage », et ceux dont le rotor bobiné est dit «
à bagues ».
II.2.1. Le rotor à cage
Dans des trous ou dans des encoches disposées sur le pourtour du rotor (à l’extérieur du cylindre
constitué par l’empilage de tôles) sont placés des conducteurs reliés à chaque extrémité par une
couronne métallique et sur lesquels vient s'exercer le couple moteur généré par le champ
tournant. Pour que le couple soit régulier, les conducteurs sont légèrement inclinés par rapport
à l'axe du moteur. L’ensemble a l’aspect d’une cage d’écureuil, d’où le nom de ce type de rotor.

La cage d’écureuil (figure 4 et 5) est généralement entièrement moulée, (seuls les très gros
moteurs sont réalisés à l'aide de conducteurs insérés dans des encoches). L’aluminium est injecté
sous pression et les ailettes de refroidissement, coulées lors de la même opération, assurent la
mise en court-circuit des conducteurs du stator.

Bagues de court-circuit

Conducteur
rotorique

Arbre

Figure 4 Figure 5

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Ces moteurs ont un couple de démarrage relativement faible et le courant absorbé lors de la
mise sous tension est très supérieur au courant nominal. En contrepartie ils ont un faible
glissement au couple nominal.
Ces moteurs sont utilisés principalement en forte puissance pour améliorer le rendement des
installations sur des pompes et ventilateurs. Ils sont également associés à des convertisseurs de
fréquence en vitesse variable, les problèmes de couple et de courant de démarrage sont alors
parfaitement résolus.

II.2.2. Le rotor bobiné (rotor à bagues)


Dans des encoches pratiquées à la périphérie du rotor sont logés des enroulements identiques à
ceux du stator (figure 6). Généralement le rotor est triphasé.

Rhéostat de démarrage

Bagues de court-circuit

Rotor
Balais

Bague Enroulements

Arbre

Figure 6

Une extrémité de chacun des enroulements est reliée à un point commun (couplage étoile). Les
extrémités libres peuvent être raccordées sur un coupleur centrifuge ou sur trois bagues en
cuivre, isolées et solidaires du rotor. Sur ces bagues viennent frotter des balais à base de
graphites raccordés au dispositif de démarrage.
En fonction de la valeur des résistances insérées dans le circuit rotorique, ce type de moteur peut
développer un couple de démarrage s’élevant jusqu’à 2,5 fois le couple nominal. Le courant au
démarrage est sensiblement proportionnel au couple développé sur l’arbre moteur. Le rôle du
rhéostat est de limiter le courant de démarrage.
Cette solution est de plus en plus abandonnée au profit de solutions électroniques associées à
un moteur à cage standard. En effet ces dernières permettent de résoudre des problèmes de
maintenance (remplacement des balais d’alimentation du rotor usés, entretien des résistances
de réglage), de réduire l’énergie dissipée dans ces résistances et aussi d’améliorer de façon
importante le rendement de l’installation.

III. Principe
On considère une série de conducteurs de longueur l, court-circuités par les barres A et B. Un
aimant placé au-dessus de cette échelle, et se déplace à la vitesse v (figure 7) .

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Le champ magnétique crée par l’aimant traverse les conducteurs à tour de rôle. Lorsque l’un des
conducteurs est coupé par le champ, une f.e.m. induite dans le conducteur de la forme : E = Blv,
le circuit étant fermé par le conducteur et les barres, donc, création du courant dans le
conducteur. Le courant se met à circuler dans le petit circuit qui est momentanément en dessous
de l’aimant, ainsi, d’une force mécanique, il va y avoir un déplacement du champ.
Le courant I ou règne un champ magnétique engendre une force (de Laplace) appliquée au
conducteur. Cette force agit dans une direction telle qu’elle entraîne le conducteur dans le sens
du déplacement de l’aimant.
La vitesse de l’échelle ne peut atteindre la vitesse de déplacement de l’aimant car dans ce cas
(vitesse relative nulle), il n’y a plus de force.
Dans le moteur asynchrone réel, l’échelle est recourbée sur elle-même pour constituer la cage
d’écureuil (figure 4).

IV. Glissement
Le couple moteur ne peut exister que si un courant induit circule dans la spire. Ce couple est
déterminé par le courant qui circule dans la spire et qui ne peut exister que s'il existe une
variation de flux dans cette spire. Il faut donc qu'il y ait une différence de vitesse entre la spire et
le champ tournant. C'est la raison pour laquelle un moteur électrique fonctionnant suivant le
principe que nous venons de décrire est appelé « moteur asynchrone ».
Les courants statoriques de fréquence f ou de pulsation  ( =2f), créent un flux tournant à la
vitesse synchrone : (s : stator)

S 2N S 2f S 60 f S
S    avec N S 
p 60 p p

 Ns : vitesse de synchronisme en tr/min


 f : fréquence en Hz,
 p : nombre de paires de pôles.

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Dans les machines asynchrones, le champ rotorique n’est pas lié au rotor : le rotor tourne
moins vite ; on dit que le rotor glisse dans son champ en arrière.
La différence entre la vitesse de synchronisme (Ns) et celle du rotor (N) est appelée « glissement
» (g) et s'exprime en % de la vitesse de synchronisme.

NS  N
g  100
NS

En fonctionnement, la fréquence du courant rotorique s’obtient en multipliant la fréquence


d’alimentation par le glissement. Au démarrage la fréquence du courant rotorique est donc
maximale.
Le glissement en régime établi est variable suivant la charge du moteur et selon le niveau de la
tension d’alimentation qui lui est appliqué : il est d'autant plus faible que le moteur est peu
chargé, et il augmente si le moteur est sous-alimenté.
Si le rotor tourne à la vitesse, il est balayé par le flux statorique à la vitesse S - . Donc les
f.e.m. et courants induits ont pour pulsation : (r : rotor, s : stator)

r = gS soit fr = g.fS

Remarque :
 La valeur de glissement g = 0 correspond à la vitesse de synchronisme, pour laquelle le
couple est nul.
 La valeur de glissement g = 1 correspond à une vitesse nulle, c'est-à-dire la machine est à
l’arrêt.

A noter que compte tenu du glissement, les vitesses de rotation en charge des moteurs
asynchrones sont légèrement inférieures aux vitesses de synchronisme indiquées dans le
tableau.
Nombre de pôles Vitesse de rotation en tr/min
50 Hz 60 Hz
2 3000 3600
4 1500 1800
6 1000 1200
8 750 900
10 600 720
12 500 600
16 375 450

Exemple :
La plaque signalétique d'un moteur asynchrone porte les indications suivantes :
4,4 kW; f = 50 Hz; cos = 0,85; 230/380 V ; N = 1420 tr/min ; 4 pôles ; 16,3 A/9,4 A
Toutes les indications de la plaque signalétique correspondent à un fonctionnement nominal.
Ainsi, la puissance utile indiquée 4,4kW correspond à la puissance utile nominale.
1. Quelle est la valeur du glissement ?
2. Quelle est la fréquence des courants induits dans le rotor ?

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B. Equations électriques

La mise en équation se fera pour une phase statorique et une phase rotorique puisque le réseau
alimentant le moteur est équilibré sur les trois phases.

I. Equations du stator
Le modèle équivalent à une phase du moteur asynchrone est identique à celui du primaire d'un
transformateur statique.

IS Ir

LS I
RS

VS L R ES S

Figure 8

 RS est la résistance d'une phase statorique


 LS l'inductance statorique de fuites,
 R et L modélisent le circuit magnétique. La bobine parcourue par le flux  est parfaite et
modélise le couplage avec le rotor.
 I est le courant stator lorsque le courant rotor est nul c'est à dire lorsque rotor est ouvert
ou lorsqu'il tourne au synchronisme.

Les équations sont :


VS = (RS + jLSS )IS + ES (1)
IS = I  (2)
avec :
ES = jkSSS (3)
kS : coefficient de bobinage

II. Equations du rotor


Le rotor tournant à la vitesse g.S par rapport aux champs stator et rotor est le siège de pertes
dans le fer; les pertes sont proportionnelles à la fréquence pour les pertes par hystérésis et au
carré de la fréquence pour celles par courants de Foucault; dans la plupart des cas, le glissement
est petit devant 1 donc la fréquence rotorique fr = g.fS est petite devant fS : nous négligeons les
pertes dans le fer du rotor lorsque le glissement est petit devant 1.

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Ir

Lr
Rr

r Er

Figure 9

Le rotor admet alors le schéma équivalent suivant :


 Rr est la résistance d'une phase rotorique
 Lr l'inductance rotorique de fuites.

La bobine idéale parcourue par le flux r de fréquence fr = g.fS modélise le couplage avec le
stator. Les équations sont :

Vr = 0 = RrIr + jLrrIr - Er
 0 = RrIr + jLrgS Ir – jgkrS r (4)

avec
Er = jkrgSr (5)
kr : coefficient de bobinage

III. Rapport de transformation en tension (et en fréquence)


La f.e.m induite e( t )  E . 2 . sin( t ) est sinusoïdale. Elle est créée par le flux  (t) issu du champ
magnétique tournant porté par la roue polaire, ce flux a pour expression  (t) avec :
 (t) = max . cos(t).
Le stator comporte N conducteurs, donc N/2 spires ; ainsi :

N d
  .k r . . max . sint   E 2 . sint 
N
e( t )  
2 dt 2

La valeur théorique de la valeur efficace de la f.e.m E est donc :


N
E .k r . . f . max
2

Un enroulement de l’induit (stator) soumis au champ magnétique tournant de l’entrefer est le


siège d’une f.é.m. e(t) de valeur efficace E.

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E = KkrNf = = KkrN pnS = K’nS


Finalement:
E = K’nS

E : f.é.m. induit (V)



K  2 ,22 : Coefficient de Kapp (caractéristique de la machine)
2
N : nombre de conducteurs d’une phase de la machine (1 spire = 2
conducteurs)
 : flux maximum à travers un enroulement (Wb)
f : fréquence du courant statorique
p : nombre de paires de pôles
nS : vitesse de rotation (trs.s-1)
K’ = KkrNp : constante globale (caractéristique du moteur)

Les déterminations précédentes montrent des tensions statoriques et rotoriques similaires. Elles
N
sont dans le rapport g r . Les fréquences au stator (f) et au rotor (fr) sont différentes : fr = gfS
NS
Ces constatations conduisent à une machine se comportant comme un transformateur dont les
caractéristiques sont les suivantes (figure ci-après) :

 rapport de transformation en tension :

Er k N k N
mV   g r r  g .m avec m  r r
ES kS N S kS N S

 rapport de transformation en fréquence :

fr
g
f

mV

VS Vr = m.g ;VS

fréquence f fréquence fr = g.f


Figure 10

A l’issue de cette étude, on peut envisager le schéma équivalent de la machine asynchrone


(MAS) pour chaque phase.

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C. Transformateur et schémas équivalents réels du moteur asynchrone

I. Transformateur équivalent
Contrairement à l'étude faite pour le transformateur statique, nous ne pouvons pas rassembler
Rr n'ont pas toutes la même
les modèles et les équations du stator et du rotor car les grandeurs
fréquence. g

Divisons les équations (4) et (5) par le glissement ; il vient :

E r  Rr 
   jLr   I r (6)
g  g 

Er
 jk r  r (7)
g

En valeur efficace, nous avons un rapport de transformation g.m donc :

Er E
 g .m d'où r  m .E S
ES g

Nous pouvons alors interpréter les équations (6) et (7) comme les équations au secondaire d'un
R
transformateur statique de rapport m et de résistance par phase r , toutes les grandeurs ayant
g
la fréquence f. Pour rassembler les grandeurs sur un même schéma, nous remplaçons Ir de
fréquence g.f par Ir’ de fréquence f et de même valeur efficace, Er par Er’ de fréquence f et de
E
valeur efficace r . L'équation électrique devient alors :
g

R 
E 'r  mE S   r  jLr   I 'r (8)
 g 

Les informations relatives au transformateur, et en particulier ses imperfections, permettent


d’établir le schéma équivalent électrique de la MAS réelle présenté à la Figure 11.

Ce transformateur présente deux particularités :


 le secondaire en est le rotor est en court-circuit ;
Rr
 la résistance du secondaire varie avec le glissement.
g

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m = krNr/kSNS
m.g en tension
IS g en fréquence Ir

LS I
RS R rR r Lr
g g

VS R L

Imperfections des
Imperfections du
Transformateur Imperfections des
enroulements parfait enroulements
circuit magnétique
statorique rotorique

Figure 11

II. Schémas équivalents


Tous les schémas vus pour le transformateur sont utilisables.

II.1. Schéma exact pour une phase


La présence de l’entrefer dans le circuit magnétique augmente notablement sa réluctance. La
valeur de l’inductance magnétisante diminue donc nettement par rapport à celle d’un
transformateur classique de puissance équivalente. C’est la raison pour laquelle la réactance Xμ
= Lμω est souvent beaucoup plus faible que Rμ : on ne tient donc que rarement compte de cette
résistance Rμ (résistance considérée infinie vis à vis de Xμ), on obtient le schéma de la figure 12.

IS Ir’ Ir

LSS I
RS Rr LrS
m = krNr/kSNS g

VS Z

Figure 12

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On peut ramener au primaire (au stator) l’impédance des enroulements secondaires (du rotor).
Au lieu de faire le court-circuit à la sortie du transformateur idéal, on peut le faire à l’entrée, d’où
le schéma de la figure 13.

IS Ir’

LSS I
RS Lr’S
R'r
g

VS Z = R + X Vr = 0

Figure 13

Dans ce schéma :

kr N r
I 'r   I r  Ir’ = -mIr (9)
kS N S
2
k N  R
R   S S
'
r
 Rr  r2
 (10)
 kr N r  m
2
k N  L
L   S S
'
r
 Lr  r2
 (11)
 kr N r  m

II.2. Schéma simplifié


Il est difficile de séparer LS S et Lr’ S. D’autre part il est beaucoup plus simple de travailler avec
un circuit à deux impédances qu’avec un circuit en comportant trois.
Aussi on utilise le schéma simplifié présenté dans la figure 14, obtenu en reportant à l’entrée
l’impédance magnétisante. On regroupe :
NS = LS S + Lr’ S

NS - est la réactance des fuites totales ramenée au primaire.

Dans ce schéma R rend compte des pertes dans le fer (dans le stator) ; RS rend compte des
R'
pertes Joule au stator ; r de toute la puissance acti ve transmise au rotor (pertes Joule
g
rotoriques, pertes mécaniques et la puissance utile) ; Rr’ rend compte des pertes Joule
rotorique.

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IS I r’

I
RS LSS LrS R'r R r
g g
NSS
VS Z = R  + X 

Figure 14

II.3. Identification des éléments du schéma simplifié


Pour déterminer les éléments du schéma de la figure 14 utilisée pour l’étude du moteur alimenté
par le réseau à tension et fréquence constantes, on fait trois essais.
1. On mesure, en courant continu, la résistance RS du stator.
2. On fait l’essai à vide. Le moteur n’entraînant rien, on l’alimente sous sa tension et sa
fréquence nominales.
 On mesure US, IS0 et PS0
 Puisque la puissance utile est nulle, g et Ir’ sont très faibles.
 IS0 diffère peu de I0

PS 0  3 RS I S2 0  Prot  P f  Prot  P f (12)

où Prot et Pf sont les pertes rotationnelles (mécaniques) et pertes fer respectivement.

Si on ne sait pas départager l’ensemble des pertes rotationnelles et des pertes fer, on le suppose
égales
On en déduit

Pf
R  (13)
3 I S2 0
US
Z  (14)
3I S0
X   Z 2  R2  Z  (15)

3. On fait l’essai à rotor calé (bloqué); le rotor immobilisé, on alimente le moteur à sa


fréquence nominale, mais sous tension réduite pour que le courant absorbé n’excède pas
sa valeur nominale.
 On mesure USC, ISC et PSC
 IS est négligeable devant Ir’, car la tension aux bornes de Z est faite. On peut
confondue IS et Ir’.

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Donc
PSC
RS  R'r  2
d' où R'r (16)
3 I SC

R S  R'r 
2
 N S2  2 
U SC
d' où N S  (17)
3 I SC

III. Remarques sur les schémas

 Le courant magnétisant I passant dans Z a une valeur relative nettement plus grande
que dans un transformateur normal (statique) (30 à 50% de ISn ) car le flux commun doit
traverser l’entrefer.
X
 L’inductance magnétisante est constante si on néglige la saturation du circuit

magnétique, c'est-à-dire si on suppose que les ampères-tours nécessités par le passage
du flux commun  dans le fer sont négligeables devant ceux nécessités par le passage de
ce flux dans l’entrefer.
 Le transfert de l’impédance magnétisante Z de l’aval à l’amont de RS + jLSS pour passer
du schéma exact au schéma simplifié n’est pas légitime que si la chute de tension due au
passage de IS dans RS + jLSS est faible par rapport à VS.
 C’est le cas pour le moteur alimenté à sa tension et à sa fréquence nominale, lors des
R'
fonctionnements normaux où le glissement est faible. Alors r  jL'r  et R + jX
g
sont beaucoup plus grands que RS + jLSS. Placer l’impédance Z en amont de RS + jLSS
ne change pas beaucoup la tension à ses bornes.
R'r
 Ce n'est plus le cas pour les forts glissements car alors RS + jLSS et  jL'r  sont
g

du même ordre de la grandeur. Mais alors I est faible par rapport à Ir et IS.

Lorsque le moteur ne sera plus alimenté à tension et fréquence constantes par le réseau, mais à
tension et fréquence variables, le schéma simplifié ne sera utilisable surtout aux très basses
fréquences.

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D. Fonctionnement du moteur asynchrone

I. Fonctionnement à vide
A vide, le rotor n’entraîne pas de charge. Par conséquent, le glissement est pratiquement nul et
le rotor tourne quasiment à la vitesse de synchronisme : on supposera que, à vide,
g = 0 et n = ns.
Le facteur de puissance cos à vide est très faible (il est inférieur à 0,2), en conséquence de quoi
le courant absorbé est élevé : si la puissance active absorbée P est faible en l’absence de charge,
la puissance réactive Q consommée est élevée. Le courant absorbé, essentiellement réactif, est
un courant de magnétisation : il sert à créer le champ magnétique tournant.

II. Fonctionnement en charge


Lorsque l’on charge le moteur, c’est à dire lorsqu’on lui demande de fournir un effort mécanique,
la consommation de puissance active augmente et le stator absorbe un courant actif.
De plus, comme nous pourrons le montrer au prochain paragraphe, le moteur asynchrone est
capable de démarrer en charge.

III. Bilan des puissances et des pertes


Le bilan des puissances et des pertes dans un moteur asynchrone est reporté sur la figure 15. Le
moteur asynchrone absorbe sur le réseau une puissance électrique active triphasée Pa.

Puissance électrique absorbée

Pertes Joule Pertes fer Puissance


stator stator transférée dans
l’entrefer

Pertes Joule Puissance


rotor par phase électromagnétique
transformable

Pertes Puissance
rationnelles mécanique utile

Figure 15

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Une partie PJS de cette puissance est dissipée par effet Joule dans les enroulements du stator.
Par la suite, le champ magnétique inducteur entraîne des pertes dans le fer Pf , par hystérésis et
par courant de Foucault. Le reste de la puissance Ptr est transmis au rotor à travers l’entrefer. La
majeure partie de cette puissance est alors utilisée pour produire une puissance
électromagnétique Pem, tandis que la présence d’un courant induit dans le rotor provoque des
pertes par effet Joule PJR.
La puissance électromagnétique fournie par le stator est responsable de la mise en mouvement
du rotor, qui produit la puissance mécanique utile Pu qui sera par la suite transmise à la charge
par le biais d’un arbre de transmission ou d’une courroie de distribution. Toutefois, dans le
mouvement du rotor, une partie de la puissance est perdue par divers mécanismes de
frottements, c’est ce que l’on appelle les pertes rotationnelles Prot.
Nous donnons par la suite les différentes relations permettant de calculer les pertes et les
puissances impliquées dans le moteur asynchrone, lorsqu’elles sont calculables.

III.1. La puissance absorbée


La puissance absorbée par un moteur asynchrone est une puissance active électrique. Lorsque
le moteur est connecté à un réseau triphasé, Pa vérifie la relation :

Pa  3UI cos  (18)

où U est la tension composée aux bornes du moteur, I le courant de ligne, et cos le facteur de
puissance du moteur. Remarquons que U et I sont accessibles directement sur la ligne et peuvent
par conséquent être mesurés de la même manière quel que soit le couplage du moteur avec le
réseau électrique. En TP, nous utiliserons la méthode des deux wattmètres pour faire la mesure
de la puissance absorbée.

III.2. Les pertes par effet Joule au stator PJS


Le stator peut être câblé en étoile ou en triangle. Puisque le moteur constitue un récepteur
triphasé équilibré, alors :

3
PJS  RI 2 (19)
2
où R est la résistance entre deux bornes.
Dans le montage étoile, la résistance entre deux bornes R est reliée à la résistance de chaque
enroulement r par la relation :

R = 2r (20)

Dans le montage triangle, cette relation devient :

3
R r (21)
2

III.3. Les pertes fer


Les pertes fer sont fonctions du flux magnétique. Elles ne dépendent donc que de la tension
d’alimentation et de la fréquence des courants statoriques. Or, en régime de fonctionnement,

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ces grandeurs ne varient pas et, par conséquent, les pertes fer peuvent être considérées comme
constantes quelle que soit la charge du moteur.
Dans la pratique, les pertes fer sont mesurées lors d’un essai à vide, en même temps que les
pertes rotationnelles.

III.4. La puissance transmise dans l’entrefer Ptr


La puissance transmise au rotor à travers l’entrefer Ptr est la partie de puissance absorbée qui
n’est pas perdue dans les enroulements du stator et dans le fer. Aussi :

Ptr = Pa - (PJS + Pf ) (22)

III.5. Pertes Joule au rotor PJR


Les pertes Joule au rotor sont fonctions de la puissance transmise à celui-ci. On peut par ailleurs
montrer qu’elles sont aussi fonctions du glissement. En effet, les grandeurs PJR et Ptr sont liées
par la relation :

PJR = g .Ptr (23)

III.6. Puissance électromagnétique Pem et moment du couple électromagnétique Tem


La puissance électromagnétique Pem transmise au rotor est égale à :

Pem = Ptr - PJR = (1 - g) . Ptr (24)

Le rotor, tournant à la vitesse , est soumis à un couple électromagnétique Tem et reçoit par
conséquent une puissance électromagnétique égale à :

2n
Pem  Tem .  Tem (25)
60

En injectant l’équation (24) dans (25), on peut montrer que :

Pem Ptr
Tem   (26)
 S

III.7. Pertes mécaniques rotationnelles


Les pertes rotationnelles dépendent uniquement de la vitesse de rotation du moteur. Or, nous
l’avons vu précédemment, la vitesse du moteur ne varie que relativement peu avec la
charge, la vitesse de décrochage étant relativement proche de la vitesse de synchronisme. Dans
un moteur asynchrone, les pertes rotationnelles seront par conséquent considérées comme
constantes, et déterminées à l’aide d’un essai à vide.
III.8. Puissance mécanique et couple utiles Pu et Tu
Le rotor déploie un couple utile Tu à la vitesse. Il délivre alors la puissance utile Pu telle que

Pu = Tu . (27)

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III.9. Rendement
Le rendement  du moteur asynchrone est le rapport entre la puissance utile mécanique qu’il
fournit et la puissance électrique qu’il absorbe, de sorte que :

Pu
 (28)
Pa

À l’aide de la chaîne des pertes, on peut aussi écrire :

Pa   pertes
 (29)
Pa

où  pertes  P JS  P f  PJR  Prot

IV. Détermination des pertes constantes


Les pertes constantes Pc, aussi appelées pertes collectives, regroupent les pertes fer et les pertes
rotationnelles. Pour les déterminer, on réalise un essai à vide. En effet, si l’on regarde le bilan des
pertes et des puissances de la figure 15, on voit que :

Pu0 = Pa0 - PJS0 - Pc - PJR0 (30)

Or, à vide, le glissement est nul : g0 = 0 et donc PJR0 = 0. De plus, toujours à vide, le moteur ne
délivre pas de puissance utile et donc Pu0 = 0. En remplaçant ces valeurs dans l’équation (27), il
vient que :

Pc = Pa0 - PJS0 (31)

Pour mesurer les pertes constantes dans un moteur asynchrone, il suffit de mesurer la puissance
absorbée (à l’aide d’un wattmètre par exemple) et de retrancher les pertes Joule au stator
(calculées après une mesure à l’ampèremètre).

V. Couple électromagnétique en fonction des pertes JOULE dans le rotor


Il est intéressant d’exprimer le couple électromagnétique en fonction des pertes joule dans le
rotor :

Rr .I r2
Ce  m . p. (32)
r

r
traduisant le glissement g 
S

p Rr .I r2
Ce  m. . (33)
S g

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S
La qualité représente la vitesse « de synchronisme », en « rd/s », on peut donc écrire :
p

m Rr .I r2
Ce  . (34)
 syn g
avec :

Ce : Couple électromagnétique total, en J/rd


m : nombre de phase de la machine
S
syn : vitesse de « synchronisme », en « rd /s » (  syn  )
p
Rr : Résistance du roror par phase, en ohm
Ir : Courant induit dans le rotor, valeur efficace par phase, en A
g : glissement de la machine

On peut aussi exprimer le couple électromagnétique en fonction de la vitesse de rotation m :


S
m  ( 1  g )
p
d’où :

m Rr .I r2
Ce  . (35)
 syn g

VI. Etude des performances par des circuits équivalents


VI.1. Etude d’un point de fonctionnement
Si on connaît les éléments du schéma monophasé équivalent simplifié de la figure 14. On peut
calculer la valeur des courants IS et Ir’, en déduire le facteur de la puissance cos1, la puissance
utile mécanique POUT et le rendement  pour diverses valeurs du glissement g et tracer point par
point les caractéristiques.

R'r
 Les trois impédances RS   jN S  absorbent :
g
VS
I 'r  avec LS  N S (36)
2
 R'r 
 RS    N S2  2
 g 

 R'r  '2

3 RS  Ir [Watts]

 g 
3 LS I 'r2 [Vars]

 Les trois t impédances Z = R + X absorbent :

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VS
I S  (37)
R2  X 2

3 R I P2 [Watts]
2
3X  I Q [Vars]

La source fournit :

 R'r  ' 2
PIN  3 RS   I r  3 R I 2P (38)
 g 
Q IN  3 LS I 'r2  3 X  I 2Q (39)
S IN  2
PIN  Q IN
2
(40)

d’où :

S IN S IN
IS   (41)
3V S 3U S
PIN
cos  S  (42)
S IN
1 R'r ' 2
Ce  3 .I (43)
 g r
R'
POUT  3 r .I 'r2 1  g   Prot  C u  .1  g  (44)
g
P
  OUT (45)
PIN

VI.2. Circuit équivalent ramené au stator


Dans la pratique, il est préférable d’étudier un moteur asynchrone au moyen d’un circuit
équivalent « ramené au stator ». C'est-à-dire faisant intervenir les inductions de « fuite » et de
« magnétisation ». Introduisant le rapport de transformation et les réactances suivantes :
XS = lSS : réactance de « fuite » stator, par phase
Xr = lrS : réactance de « fuite » rotor, par phase
X : réactance de « magnétisation » stator, par phase

Le circuit équivalent au moteur, par phase, prend la forme dessinée dans la figure 16,
parfaitement équivalente à celle de la figure 14 (de la même façon que, pour un transformateur).

L’impédance du moteur, par phase, vaut donc, avec ces nouvelles notations :

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RS XS m 2 Rr m 2 Xr

IS Ir / m

1 g
VS X m 2 Rr
g

Figure 16

  1  g 
Z  RS  jX S   jX  //  m 2 Rr  jm 2 X r  m 2 Rr 
  g 
R 
jm 2 X   r  jX r 
 g 
Z  R S  jX S  (46)
2  Rr 
jX   m   jX r 
 g 

L’avantage du circuit équivalent « ramené au stator » est qu’on peut déterminer facilement ses
paramètres au moyen d’essais. Montrons tout d’abord, par exemple ci-dessous, comment on
peut faire l’étude d’un moteur, quel que soit son régime, en utilisant ce circuit.

VII. Caractéristiques du moteur asynchrone


VII.1. Allure des caractéristiques
Les caractéristiques tracées en fonction de la puissance utile Pu dessinées sur la figure 17
présentent donc deux branches. On trace ou en on relève les caractéristiques pour le début de
la première branche, celui qui part du fonctionnement à vide car c’est là que fonctionne
normalement le moteur.
Le courant absorbée IS part d’une valeur relativement forte (30 à 50% de ISn) puis augmente
presque linéairement.
 Le facteur de puissance cosS part d’une valeur faible (0,1). Pour le fonctionnement
nominal il est de 0,75 à 0,85 suivant la puissance du moteur.
 Le rendement nul à vide, passe par son maximum avec la pleine charge, il est alors de 70
à 90%. (On cherche à obtenir le maxima de  et de cosSpour le fonctionnement nominal ;
c’est alors qu’on peut les déduire de la plaque signalétique).
 
 cos  S Pun 
Pun
(47)
3U S I Sn
 Le glissement g part d’une valeur très faible et croît à peu près linéairement dans cette
zone.

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Pu
 Le couple utile Cu est à peu près proportionnel à Pu, puisque C u  et que g est
1  g 
faible dans la zone où on trace les caractéristiques.

g%, cosS,  Cu, IS

cosS

ISn
IS g

Cun

IS0
Cu

Figure 17

VII.2. Caractéristiques
VII.2.1. Caractéristique mécanique
Nous avons reporté sur la figure. 18 l’allure de la caractéristique du couple utile d’un moteur
asynchrone en fonction de la vitesse de rotation et du glissement.

Tu = f(n) (48)
où Tu est le couple utile.

Tu

2,5Tn
Zone de
Point de décrochage fonctionnement
2Tn
Démarrage

1,5Tn

1Tn

0,5Tn
à vide

n
nd n
g

1 Figure 18 0

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Nous avons repéré la zone de fonctionnement du moteur asynchrone, c’est à dire les conditions
de vitesse, de glissement et de couple dans lesquelles le moteur va travailler après avoir démarré.
Celle-ci se trouve dans la zone des valeurs élevées de n, c’est à dire pour les faibles valeurs du
glissement g. Nous pouvons remarquer que, dans ce régime, la vitesse varie peu en fonction de
la charge, et que l’on peut approcher la caractéristique Tu(n) par une droite, de sorte que :

Tu = an + b (49)
où a et b sont des constantes.

D’autre part, nous pouvons observer que, toujours dans la zone de fonctionnement, le couple
utile est proportionnel au glissement, et, de fait :

Tu = kg (50)
où k est une constante.

Nous avons aussi reporté sur la figure 18 la vitesse de décrochage nd : lorsque le moteur
est en fonctionnement, si la charge amène la vitesse de rotation du moteur à descendre en
dessous de nd alors celui-ci cale. Typiquement, nd  0,8 . nS.

VII.2.2. Expression du couple



On calcul Ir à partir du schéma simplifié :
VS
I 'r  (51)
2
 R'r 
 R S    L2S  2
 g 

D’où le couple électromagnétique :

3 R'r ' 2 3 R'r V S2


Ce  I 
 g r  g  R'r 
2

 RS    L2S  2
 
 g 

3V S2 g
Ce  R'r (52)
 R S g  Rr
'
 2
 L2S g 2  2

VII.2.3. Maximum du couple


Le couple C est nul pour g nul. Quand g croît, le couple C croît, passe par un maximun puis
diminue pour atteindre Cd (couple de démarrage) lorsque g = 1.
dC
Pour déterminer le couple maximum Cmax, on cherche la valeur de g qui annule :
dg

dC 3V S2 R'r RS g  Rr
'
 2
  
 L2S g 2  2  g 2 RS RS g  R'r  2 L2S g 2 

dg  R g  R   L g  
S
' 2
r
2
S
2 2
2

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dC
dg
 0 pour Rr2  g 2 RS2  L2S  2  

d’où le glissement donnant le couple maximum est :

R'r
 g max  (53)
RS2  L2S  2

Pour cette valeur de glissement, R'r2  RS2 g 2  L2S g 2 2 . En reportant dans l’expression du
couple, on obtient :

3V S2 R'r gR'r 3V S2 R'r 1


C max   C max 
 RS2 g 2  2 RS R'r g  R'r2  R' 2r  RS2 g 2  2 R'r
2 RS 
g
ou encore en remplaçant g par sa valeur :

3V S2 1
C max  (54)
2 RS  RS2  L2S  2

VII.2.4. Caractéristique – Zone normale du fonctionnement –


Le couple est nul pour le glissement g et nul, le couple C est maximal pour la valeur de glissement
g cité ci-dessus, le couple C est égale à Cd au démarrage (g = 1).
La caractéristique traduisant le couple maximal en fonction de glissement maximal est
représentée dans la figure 19.

Cmax

g
(g)Cmax 1
Figure 19

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3V S2 R'r
C max  (55)
 R S  R'r 
2
 L2S  2

Dans la caractéristique NS = f(C) représentée dans la figure 20, on voit que celle –ci présente deux
branches :

 La branche « stable », comprise entre g = 0 et g qui donne Cmax


 La branche « instable », comprise entre g qui donne Cmax et g = 1

NS g
stable
N NS(Cr)
0
3N N
4 4

N N
2 2
N 3N
4 4 instable

1
C
0
Cd Cn Cmax

Figure 20

Le moteur démarre si Cd est supérieur au couple résistant Cr à vitesse nulle. En suite NS croît et
se stabilise à la valeur correspondante à l’intersection des caractéristiques mécaniques du
moteur et de la charge entraînée.
Le moteur travail normalement au début da la branche stable, entre la marche à vide et le
fonctionnement nominal.
Dans cette zone g est faible et la relation de C d’après (52) donne :

3V S2
Ce  .g (56)
 .R'r

VII.2.5. Intérêt du moteur à rotor bobiné


Avec un moteur à rotor bobiné, on peut, grâce à un rhéostat, faire varier la résistance du rotor
par phase. Les relations (g)max, Cmax, et Cd montrent que :
 le glissement qui rend le couple maximum est poportionnel à Rr’
 le couple maximum est indépendant de Rr’
 le couple de démarrage augmente avec Rr’ du moins tant que (g)max est inférieure à l’unité.

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On démarre avec Rr’ fort d’où un fort couple de démarrage (C2). Puis progressivement, durant la
montée en vitesse, on élimine le rhéostat pour terminer avec Rr’ faible (C1). Avec le moteur à
cage, il faut adopter un compromis (C3) :
 Rr’ assez fort pour avoir un couple de démarrage suffisant ;
 Rr’ pas trop fort pour qu’en fonctionnement normal g ne soit pas trop fort et n’entraîne pas
des pertes Joule au rotor excessives (PJR = g.Ptr)

Cmax

C2

C3

C1
Cn

0 1
Figure 21

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E. Détermination expérimentale du schéma équivalent

Pour déterminer les paramètres du circuit équivalent « ramené au stator », on réalise


habituellement deux essais avec le moteur :

 Essai a charge nulle soit g  0 ;


 Essai à rotor bloqué, la vitesse de rotation est nulle, donc g = 1.

En particulier, ils interviennent également des pertes par Hystérésis et par courant de Foucault
dans le fer de la machine.
Pour représenter ces pertes fer, modifions légèrement le schéma équivalent de la figure 16, par
les deux transformations suivantes :
 Introduction d’une résistance R dans la branche shunt (la puissance active consommée
dans cette résistance représentera les pertes fer)
 Déplacement vers la gauche de la branche centrale (l’erreur ainsi introduite est faible vu
que X est grand)

On obtient ainsi le circuit dessiné dans la figure 23, qui permet une interprétation plus facile des
essais.

RS + m2Rr’ XS + m2 Xr’

I
IS I1

1 g
VS R X = L m 2 R'r
g

Figure 22

I. Méthode en laboratoire
I.1. Essai préliminaire : relevé de p et de m
I.1.1. Les pôles (2p)
La vitesse de synchronisme est le sous multiple de la vitesse de synchronisme maximale (3000
tr/min sous 50 Hz) juste supérieure à la vitesse de rotation nominale (fournie par la plaque
signalétique ou par un essai). On a donc successivement en tr/min : 3000, 1500, 1000, 750, 600,
500, etc. C’est un moyen simple de déterminer le nombre de paires de pôles p.
Exemple : N = 1 462 tr/min  Ns = 1 500 tr/min.

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I.1.2. Essai à rotor ouvert


Dans ces conditions la machine ne tourne pas donc g = 1. De plus le courant dans la branche de
droite est nul. Le transformateur est à vide : la mesure de la tension au rotor permet de
déterminer le rapport de transformation mE .
E
Par mesure de ES et Er : m E  r
ES

I.2. Essai au synchronisme (g = 0) : Rμ et Lμ


On applique la tension nominale au moteur, et on laisse tourner à vide. Lors de cet essai,
l’impédance de la branche de droite est très élevée, donc IS = I0 et I’2 = 0 c'est-à-dire I1 = 0. Les
puissances actives et réactives sont donc intégralement dissipées dans Rμ et Xμ.
En l’entraînant par une machine à courant continu (MCC), la vitesse de rotation de la machine est
synchronisée avec la vitesse du champ tournant : ses pertes mécaniques lui sont fournies. Le
synchronisme est vérifié par observation des courants au rotor : Ir = 0.
Les puissances consommées sont mesurées par la méthode des deux wattmètres.

I.2.1. Schéma de l’essai

A
W1
V

MAS
W2 3

Figure 23

I.2.2. Exploitation des mesures


On mesure : P0, I0, V0 par phase. On en déduit le facteur de puissance correspondant à ces
conditions.
P
cos  0  0 (57)
V0 I 0
d’où les valeurs de Rμ et Xμ :

V0 P0
R   (58)
P0 
I 0 cos  0 2

V0
X  (59)
I 0 sin  0
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I.3. Essai à rotor bloqué (g = 1)


Le rotor de la machine est bloqué (g = 1) tout en alimentant le stator au courant nominal. Pour
rendre ceci possible, la tension statorique est réduite en utilisant un autotransformateur triphasé
(20% de la tension nominale) ; la machine fonctionne alors comme un transformateur qui aurait
beaucoup de fuites de flux et donc le secondaire (rotor) serait en court-circuit, le courant
magnétisant I0 est faible (IS  I1) et les pertes fer sont réduits.
Dans ces conditions, la résistance R’r est minimale. En conjonction avec le fait que les pertes fer
sont proportionnelles au carré de la tension.

La puissance active provient alors essentiellement de R’r, la puissance réactive de L’r.

I.3.1. Schéma de l’essai

A
W1

MAS
3
W2
V

Figure 24

I.3.2. Exploitation des mesures


On mesure : P1, I1, V1 par phase. On en déduit le facteur de puissance correspondant à ces
conditions.

P1
cos  1  (60)
V1 I 1
d’où les valeurs de Re et Xe :

P1
Re  RS  m 2 R'r  (61)
I 12
IV.1.1
V1 sin 
X e  X S  m 2 X 'r  (62)
I1

On peut ensuite calculer les valeurs individuelles de R’r, X’r, RS et XS, si on connaît le rapport de
transformation de la machine, en mesurant directement RS et XS sont accessibles.

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II. Méthode industrielle


Dans cet essai, on utilise le point de fonctionnement nominal pour déterminer R’2 et X’2 = L’2ω. Le
recours à un essai n’est pas toujours nécessaire si on se réfère à la plaque signalétique de la
machine.
Pour le nombre de paires de pôles ou la vitesse de synchronisme, la méthode est la même que
dans le cas précédent.
C’est aussi l’occasion d’évaluer l’inductance magnétisante Xμ = Lμω et la résistance des pertes fer
Rμ avec le point de fonctionnement nominal.
Le relevé du couple maximal et du glissement correspondant conduisent à :

3 V S2
X 
'
(63)
2  S C max
r

R'r  X 'r .g max (64)

Avec ces paramètres, au point de fonctionnement nominal, I = IS – Ir est connu en phase et en


amplitude.
V
Or, Z   S (car VS est pris en référence), donc :
I

VS V
R  et X   S (65)
I P I Q

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