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Chapitre 7

Courbes paramétrées

Objectifs

– Définition d’une courbe paramétrée et du vocabulaire qui s’y rattache. Lien avec la cinématique.
– Plan d’étude d’une courbe paramétrée. Étude locale au voisinage d’un point. Étude des branches infinies.
– Définition et étude des courbes polaires.
– Étude des coniques.

Sommaire
I) Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1) Fonctions vectorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2) Définition d’une courbe paramétrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
II) Étude locale en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1) Tangente en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2) Branches infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
III) Courbes paramétrées en polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1) Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2) Cas particulier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3) Plan d’étude d’une courbe polaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
IV) Les coniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1) Définition monofocale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2) Le cas de la parabole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3) Le cas de l’ellipse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4) Le cas de l’hyperbole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5) Définition bifocale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
6) Définition algébrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
V) Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

P désigne un plan affine muni d’un repère [éventuellement orthonormé direct] R = (O, → −ı ,→
− ), on note


P = {a →

ı + b→− / a, b ∈ R} l’ensemble des vecteurs du plan. Dans tout le chapitre I désigne un intervalle de R
(non vide et non réduit à un point).

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Généralités Chapitre 7 : Courbes paramétrées

I) Généralités
1) Fonctions vectorielles
N Définition 7.1


− →

Une fonction vectorielle est une fonction f : I → P . y(t )


t 7→ f (t )

− →

Pour t ∈ R on note (x(t ), y(t )) les coordonnées de f (t ) dans la →
− f (t )


base (→
− − ), on a donc f (t ) = x(t )→
ı ,→ −
ı + y(t )→
− . On remarquera
que x et y sont deux fonctions de I dans R. O →

ı x(t )

Le repère étant choisi, se donner une fonction vectorielle revient à se donner deux fonctions réelles.

N Définition 7.2


− →
− →
− → − →

Soit f : I → P une fonction vectorielle, soit ` ∈ P et soit y(t ) f (t )


t 0 un élément de I (ou une borne de I), on dit que f admet

− →
− →
− →
− →
− →

pour limite le vecteur ` en t 0 lorsque lim k f (t ) − ` k = 0. f (t ) − `
t →t 0

− →− →
− →
− b
Notation : lim f (t ) = ` ou f (t ) −→ ` . →

t →t 0 t →t 0 `
O →

ı a x(t )

I THÉORÈME 7.1


 x(t ) −→ a

− − et si →
− − alors : lim →
− →−
Si f (t ) = x(t )→

ı + y(t )→ ` = a→

ı + b→
t →t 0
f (t ) = ` ⇐⇒ .
t →t 0 
 y(t ) −→ b
t →t 0

N Définition 7.3

− →
− →

Soit f : I → P une fonction vectorielle et t 0 un élément de I, on dit que f est continue en t 0 lorsque

− →−
lim f (t ) = f (t 0 ).
t →t 0


− − alors il découle du théorème précédent que →

Si f (t ) = x(t )→

ı + y(t )→ f est continue en t 0 ssi les fonctions x et
y sont continues en t 0 .
N Définition 7.4

− →
− →

Soit f : I → P une fonction vectorielle et t 0 un élément de I, on dit que f est dérivable en t 0 lorsqu’il existe

− 1 → − →
− →− →
− →−
un vecteur ` tel que lim [ f (t ) − f (t 0 )] = ` , auquel cas on écrit f 0 (t 0 ) = ` .
t →t 0 t − t 0


− − alors il découle du théorème précédent que →

Si f (t ) = x(t )→

ı + y(t )→ f est dérivable en t 0 ssi les fonctions x


et y sont dérivables en t 0 auquel cas on a f 0 (t 0 ) = x 0 (t 0 )→

ı + y 0 (t 0 )→
− .

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Étude locale en un point Chapitre 7 : Courbes paramétrées

I THÉORÈME 7.2


− →

Soient f et g deux fonctions vectorielles dérivables sur I, on a :

− → − →− → − →− → −
– [ f · g ]0 = f 0 · g + f · g 0 .

− → − →
− →− →
− → −
– [det( f , g )]0 = det( f 0 , g ) + det( f , g 0 ).

−0 → −

− →
− f ·f
– Si f ne s’annule pas, k f k0 = → − .
kf k

N Définition 7.5

− →

Une fonction vectorielle f : I → P est dite de classe C k sur l’intervalle I lorsqu’elle est k fois dérivable sur I


et que sa dérivée k -ième (notée f (k) ) est continue sur I.


− − alors la fonction →

Si f (t ) = x(t )→

ı + y(t )→ f est de classe C k sur I ssi les fonctions x et y sont elles-mêmes de


classe C k sur I, si c’est le cas, alors on a f (k) (t ) = x (k) (t )→

ı + y (k) (t )→
− .

2) Définition d’une courbe paramétrée


N Définition 7.6


Une courbe paramétrée (ou arc paramétré) C, de classe C k est la donnée d’un triplet C = (I, f , Γ), où I est

− →
− −−−−−→
un intervalle de R, f une fonction vectorielle de classe C k sur I, et Γ = {M(t ) / t ∈ I et f (t ) = OM(t ) }. Le


couple (I, f ) est appelé paramétrage de la courbe, et Γ est appelé le support de la courbe [ou ensemble des
points de la courbe].

Interprétation cinématique :


– La courbe C = (I, f , Γ) est appelée mouvement, et le support Γ est appelé trajectoire.

− −−−−−→
– Le vecteur f (t ) = OM(t ) = x(t )→ −
ı + y(t )→ − est appelé vecteur position.
−−−−−→

− d (OM(t ) )
– Le vecteur f 0 (t ) = = x 0 (t )→
−ı + y 0 (t )→
− = →−
v (t ) est appelé vecteur vitesse. Lorsque →

v (t ) 6= 0,
dt
on dit que le point M(t ) est régulier, sinon on dit qu’il est stationnaire. Lorsque tous les points sont
réguliers, on dit que la courbe C est régulière.
−−−−−→

− 00 d 2 (OM(t ) )
– Le vecteur f (t ) = = x 00 (t )→

ı + y 00 (t )→
− = →
−a (t ) est appelé vecteur accélération. Lorsque
dt2

− →
− →
− →

v (t ) et a (t ) sont non colinéaires, (i.e. det( v (t ), a (t )) 6= 0), on dit que le point M(t ) est birégulier.
Lorsque tous les points sont biréguliers, on dit que la courbe C est birégulière.

II) Étude locale en un point


1) Tangente en un point


Soit C = (I, f , Γ) une courbe de classe C n (n > 1), soit M(t 0 ) un point régulier et soit h ∈ R∗ tel que
1 −−−−−−−−−−−−→ x(t 0 + h) − x(t 0 ) →
− y(t 0 + h) − y(t 0 ) →
− est un vecteur directeur
t 0 +h ∈ I, alors le vecteur M(t 0 )M(t 0 + h) = ı +
h h h
de la droite (M(t 0 )M(t 0 + h)), donc lorsque h tend vers 0, cette droite « tend » vers la droite qui passe par


M(t 0 ) et dirigée par le vecteur f 0 (t 0 ).
N Définition 7.7


Si M(t 0 ) est un point régulier, la droite qui passe par M(t 0 ) et dirigée par f 0 (t 0 ) [le vecteur vitesse] est
appelée tangente à la courbe au point M(t 0 ).

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Courbes paramétrées en polaires Chapitre 7 : Courbes paramétrées

y(t ) − y(t 0 )
En un point stationnaire M(t 0 ), si le quotient admet une limite en t 0 , alors celle-ci est le coefficient
x(t ) − x(t 0 )
y 0 (t )
directeur de la tangente au point M(t 0 ). Cela revient aussi à étudier la limite en t 0 du rapport 0 [si celui-ci
x (t )
existe].

2) Branches infinies
N Définition 7.8


Soit t 0 un élément de I ou une borne de I, on dit que la courbe C = (I, f , Γ) admet une branche infinie en t 0
lorsque lim x(t ) = ∞ ou lim y(t ) = ∞.
t →t 0 t →t 0

Étude des branches infinies :


– Si lim x(t ) = ∞ et lim y(t ) = y 0 , alors on dit qu’il y a une asymptote horizontale d’équation y = y 0 .
t →t 0 t →t 0
– Si lim x(t ) = x 0 et lim y(t ) = ∞, alors on dit qu’il y a une asymptote verticale d’équation x = x 0 .
t →t 0 t →t 0
y(t )
– Si lim x(t ) = ∞ et lim y(t ) = ∞, alors on étudie la limite en t 0 du rapport :
t →t 0 t →t 0 x(t )
y(t )
– Si lim = 0, on dit qu’il y a une branche parabolique dans la direction de l’axe Ox.
t →t 0
x(t )
y(t )
– Si lim = ∞, on dit qu’il y a une branche parabolique dans la direction de l’axe Oy.
t →t 0 x(t )
y(t )
– Si lim = a ∈ R∗ , alors on étudie la limite de y(t ) − ax(t ) en t 0 :
t →t 0 x(t )
– Si lim y(t ) − ax(t ) = b, alors on dit qu’il y a une asymptote d’équation y = ax + b.
t →t 0
– Si lim y(t ) − ax(t ) = ∞, alors on dit qu’il y a une branche parabolique dans la direction asympto-
t →t 0
tique y = ax.

Dans la suite du chapitre, R = (O, →



ı ,→
− ) désigne un repère orthonormé direct.

III) Courbes paramétrées en polaires


1) Généralités
Une courbe paramétrée de P peut être représentée par des coordonnées polaires (ρ(t ), θ(t )) en fonction
du paramètre réel t . Dans ce cas la fonction vectorielle correspondante est :
−−−−−→ → −
OM(t ) = f (t ) = ρ(t )→

u (θ(t )) ou →

u (θ(t )) = cos(θ(t ))→−
ı + sin(θ(t ))→
−

 x(t ) = ρ(t ) cos(θ(t ))
ce qui équivaut au paramétrage cartésien : .

y(t ) = ρ(t ) sin(θ(t ))

M(t )
(C )

−−−−−→
OM(t ) = ρ(t )→

u θ(t )

θ(t )

− →

u θ(t )



ı

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Courbes paramétrées en polaires Chapitre 7 : Courbes paramétrées

Le vecteur vitesse : On a →

v (θ) = →

u (θ + π2 ) = − sin(θ)→ −
ı + cos(θ)→ − , les fonctions vectorielles θ 7→ →

u (θ) et θ 7→


v (θ) sont donc dérivables et on a :
d→ −
u d→−
v
=→ −v (θ) et = −→ −
u (θ).
dθ dθ


On en déduit que si les fonctions t 7→ ρ(t ) et t 7→ θ(t ) sont dérivables sur I alors la fonction t 7→ f (t ) l’est
aussi et on a :

−0
f (t ) = ρ0 (t )→

u (θ(t )) + ρ(t )θ0 (t )→

v (θ(t )).
Le vecteur accélération : Si les fonctions t 7→ ρ(t ) et t 7→ θ(t ) sont deux fois dérivables sur I alors la fonction
→−
t 7→ f (t ) l’est aussi et on a :

− 00 [ ]− [ ]−
f (t ) = ρ00 (t ) − ρ(t )θ0 (t )2 →
u (θ(t )) + 2ρ0 (t )θ0 (t ) + ρ(t )θ00 (t ) →
v (θ(t )).

2) Cas particulier
Le cas particulier le plus simple est celui où θ(t ) = t , autrement dit le paramètre est l’angle polaire θ.
N Définition 7.9
La courbe polaire d’équation r = ρ(θ) où ρ : I → R est une fonction de classe C k , k > 1, est la courbe para-

−−−−−→ → −  x(θ) = ρ(θ) cos(θ)
métrée par : OM(θ) = f (θ) = ρ(θ)→

u (θ), c’est à dire .

y(θ) = ρ(θ) sin(θ)

Propriétés : si la fonction ρ est de classe C 2 alors :



− →−
– Le vecteur vitesse au point M(θ) est f 0 (θ) = ρ0 (θ)→

u (θ)+ρ(θ)→ −
v (θ) et le vecteur accélération est f 00 (t ) =
[ 00 ]→
ρ (θ) − ρ(θ) − u (θ) + 2ρ0 (θ)→

v (θ).
– M(θ) est un point régulier ⇐⇒ (ρ0 (θ), ρ(θ)) 6= (0, 0), on en déduit que tous les points de la courbe
distincts de O sont des points réguliers.
– M(θ) est birégulier ⇐⇒ 2ρ0 (θ)2 + ρ(θ)2 − ρ(θ)ρ00 (t ) 6= 0 (c’est le déterminant entre les vecteurs vitesse
et accélération dans la base (→ −
u (θ), →

v (θ)).

3) Plan d’étude d’une courbe polaire


– Restriction du domaine d’étude :
– Si ρ(θ) = ρ(−θ) : alors la courbe présente une symétrie par rapport à l’axe Ox, on peut restreindre
l’étude à t > 0.
– Si ρ(−θ) = −ρ(θ) : alors la courbe présente une symétrie par rapport à l’axe Oy, on peut restreindre
l’étude à t > 0.
– Si ρ(2α − θ) = ρ(θ) : alors la courbe présente une symétrie par rapport à la droite d’équation polaire
θ = α, on peut restreindre l’étude à θ > α.
– Si ρ(2α−θ) = −ρ(θ) : alors la courbe présente une symétrie par rapport à la droite d’équation polaire
θ = α + π/2, on peut restreindre l’étude à θ > α.
– Si ρ(T + θ) = ρ(θ) : (T est une période de ρ), alors le point M(T + θ) se déduit de M(θ) par la rotation
de centre O et d’angle T, on peut restreindre l’étude à un intervalle de longueur T.
– Si ρ(T + θ) = −ρ(θ) : (T est une anti-période de ρ), alors le point M(T + θ) se déduit de M(θ) par la
rotation de centre O et d’angle T + π, on peut restreindre l’étude à un intervalle de longueur T.
– On étudie ensuite les variations de la fonction ρ.
– Classification des points :
– Si M(θ0 ) 6= O : alors le point M(θ0 ) est régulier, donc la tangente est portée par le vecteur vitesse :

−0
f (θ ) = ρ0 (θ )→
0

u (θ )+ρ(θ )→
0 0

v (θ ). L’équation de cette tangente dans le repère (M(θ ), →
0 0

u (θ ), →

v (θ ))0 0 0
ρ(θ0 )
est : ρ(θ0 )X − ρ0 (θ0 )Y = 0, son coefficient directeur est 0 lorsque ρ0 (θ0 ) 6= 0.
ρ (θ0 )
1 −−−−−→ −
– Si M(θ0 ) = O alors lim ρ(θ) OM(θ) = →u (θ0 ), donc la tangente est dirigée par le vecteur →

u (θ0 ),
θ→θ0

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Les coniques Chapitre 7 : Courbes paramétrées

– Recherche des points doubles :


 
 θ = θ0 + 2kπ  θ = θ0 + (2k + 1)π
M(θ) = M(θ0 ) ⇐⇒ ou .
 
ρ(θ) = ρ(θ0 ) ρ(θ) = −ρ(θ0 )

IV) Les coniques


1) Définition monofocale
N Définition 7.10
Soit F un point du plan, D une droite affine ne passant pas par F et soit e un réel strictement positif. On
a appelle conique de foyer F, de directrice D et d’excentricité e l’ensemble C = {M ∈ P / MF = ed(M, D)}.
Lorsque :
– e = 1 : la courbe C est appelée parabole.
– e < 1 : la courbe C est appelée ellipse.
– e > 1 : la courbe C est appelée hyperbole.

On choisit un repère R = (F, →



ı ,→
− ) de tel sorte que D admette comme équation dans ce repère x = −d

H M
où d = d(F, D) : →
− t .
−d F →

ı

Une équation cartésienne dans le repère (F, → −ı ,→


− ) est : MF2 = e 2 MH2 c’est à dire x 2 + y 2 = e 2 (x + d )2 ou
encore x 2 (1 − e 2 ) − 2e 2 d x + y 2 − e 2 d 2 = 0. Déterminons maintenant un paramétrage polaire : on a MH =
( )2
|x H − x M | = |d + x| = |d + ρ cos(t )|, et MF = |ρ|, on a donc M ∈ C ⇐⇒ ρ2 = e 2 d + ρ cos(t ) ce qui équivaut à
ρ = e(d +ρ cos(t )) ou ρ = −e(d +ρ cos(t )), on obtient ainsi que C est la réunion de deux courbes : C = C 1 ∪C 2
ed −ed
avec C 1 d’équation polaire : ρ1 = et C 2 d’équation polaire ρ2 = . On voit que ces deux
1 − e cos(t ) 1 + e cos(t )
courbes sont symétriques par rapport à l’axe Fx car ρ1 (π − t ) = −ρ2 (t ), mais on voit que ρ1 (−t ) = ρ1 (t ) donc
la courbe C 1 est symétrique par rapport à l’axe Fx, par conséquent C 1 = C 2 et donc :

I THÉORÈME 7.3

p
Une équation polaire de C dans le repère (F, →

ı ,→
− ) est ρ(t ) = où p = ed est appelé para-
1 − e cos(t )
mètre de la courbe.
Une équation cartésienne dans le repère (F, →

ı ,→
− ) est : x 2 (1 − e 2 ) − 2epx + y 2 − p 2 = 0.

2) Le cas de la parabole
Équation réduite : On a e = 1, l’équation cartésienne devient y 2 = 2px + p 2 = 2p(x + d2 ). Soit O(− d2 , 0), alors
dans le repère (O, →

ı ,→
− ) l’équation devient : Y 2 = 2pX c’est l’équation réduire de la parabole. On est ra-

mené à tracer la courbe représentative de la fonction f (X) = 2pX puis à faire une symétrie par rapport à
Ox.

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Les coniques Chapitre 7 : Courbes paramétrées

D
H M
t
d
Allure de la courbe : −d O F Parabole de sommet O(− , 0) et d’axe Ox.
2


 x(t ) = t2
− d2 −−→ −−→
2p
Tangente en un point : Paramétrons la parabole par , dérivons la relation FM · FM =

y(t ) = t
−−→ −−→
−−→ −−→ →
− −−→ −−→ dMH −−→ → − −−→ dFH
MH · MH , on obtient 2 v (t ) · FM = 2MH · = −2MH · v (t ) car MH · = 0. On en déduit que
dt dt

− −−→ −−→ −−→
v (t ) · [MH + FM ] = 0 c’est à dire →

v (t ) · FH = 0 . La tangente est la perpendiculaire à (FH) passant par M,
c’est la médiatrice du segment [FH].
Application : principe du miroir parabolique.

3) Le cas de l’ellipse
Équation réduite : On a e < 1, une équation cartésienne dans le repère (F, →

ı ,→
− ) est (avec e < 1) :

( √ )2
2 2 2 2 ep p2
x (1 − e ) − 2epx + y − p = 0 ⇐⇒ x 1−e − p 2 + y2 =
1 − e2 1 − e2
( ) 2
( p ) 2
x(1 − e 2 ) y 1 − e2
⇐⇒ −e + =1
p p
( ep )2
x − 1−e 2 y2
⇐⇒ + = 1,
a2 b2
p p − ), on a X = x − ep et Y = y, donc
. Soit O( 1−e 2 , 0) dans le repère (O, →

ı ,→
ep
avec a = et b = p
1−e 2
1 − e2 1 − e2
X2 Y2
l’équation devient + = 1 . C’est l’équation réduite de l’ellipse.
a2 b2
Remarques :
– On a b < a car 0 < 1 − e 2 < 1.
– Les coordonnées de F dans le repère (O, →
−ı ,→
− ) sont (−c = − ep , 0).
1−e 2
√ c
– On a c = a 2 − b 2 , e = et l’équation de la directrice dans le repère (O, →

ı ,→
− ) est
a
a2 2
X = −d − c = − . En particulier on en déduit que 0 < c < a < ac .
c
– L’ellipse est symétrique par rapport à Oy, elle a donc un deuxième foyer F0 de coordonnées (c, 0) et
une autre directrice D0 d’équation X = ac dans le repère (O, → −ı ,→
− ).
2


 X(t ) = a cos(t )
– Un paramétrage possible dans le repère (O, → −ı ,→
− ) est avec t ∈ R.

Y(t ) = b sin(t )
Étude de la courbe : Les fonctions X et Y sont 2π-périodiques, X est paire et Y est impaire, on a donc une
symétrie par rapport à Ox, on réduit l’étude sur [0, π]. On a X(π − t ) = −X(t ) et Y(π − t ) = Y(t ) : symétrie par

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Les coniques Chapitre 7 : Courbes paramétrées

π
t 0 2
a
X
rapport à (Oy), on réduit l’étude sur [0, π2 ]. 0 La tangente au point M(0) est verticale et la
b
Y
0
tangente au point M( π2 ) est horizontale.

D D0

b M ep
H H0
Ellipse de centre O( , 0),
1 − e2
p
de demi-grand axe a = ,
1 − e2
− ac
2
F(−c, 0) O F0 (c, 0) a a2
c p
de demi-petit axe b = p .
1 − e2

I THÉORÈME 7.4

Pour tout point M de l’ellipse, on a MF + MF0 = 2a .

I THÉORÈME 7.5 (Tangente en un point)

ƒ0 .
En tout point M de l’ellipse, la tangente est la bissectrice extérieure de l’angle FMF

4) Le cas de l’hyperbole
Équation réduite : On a e > 1, une équation cartésienne dans le repère (F, →

ı ,→
− ) est :

( √ )2
ep −p 2
x 2 (1 − e 2 ) − 2epx + y 2 − p 2 = 0 ⇐⇒ − x e2 − 1 + p + y2 = 2
e2 − 1 e −1
( )2
( p )2
x(e 2 − 1) y e2 − 1
⇐⇒ +e − =1
p p
( ep )2
x + e 2 −1 y2
⇐⇒ − = 1,
a2 b2
p p −ep − ) on a X = x + ep et
avec a = et b = p . Posons O( , 0), alors dans le repère (O, →

ı ,→
e2 − 1 e2 − 1 e −1
2 e2 − 1
X2 Y2
Y = y, l’équation cartésienne s’écrit alors : − = 1 . C’est l’équation réduite de l’hyperbole.
a2 b2
Remarques :
– Les coordonnées de F dans le repère (O, →

ı ,→
− ) sont (c = ep , 0).
e 2 −1
√ c
– On a c = a 2 + b 2 , e = et l’équation de la directrice dans le repère (O, →

ı ,→
− ) est
a
a2 a2
X = −d + c = . En particulier on en déduit que 0 < c < a < c.
c

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Les coniques Chapitre 7 : Courbes paramétrées

– L’hyperbole est symétrique par rapport à Oy, elle a donc un deuxième foyer F0 de coordonnées (−c, 0)
et une autre directrice D0 d’équation X = − ac dans le repère (O, →−
ı ,→
− ).
2


 X(t ) = ±ach(t )
– Un paramétrage possible dans le repère (O, → −ı ,→
− ) est avec t ∈ R.

Y(t ) = bsh(t )
Étude de la courbe :

 X(t ) = ach(t )
La partie de la courbe dans le demi-plan X > 0 est paramétrée par avec t ∈ R [l’autre

Y(t ) = bsh(t )
partie est symétrique par rapport à Oy]. La fonction X est paire et la fonction Y est impaire il y a donc une
t 0 +∞
+∞
X
symétrie par rapport à Ox et on réduit l’étude sur [0; +∞[. a . La tangente au point M(0)
+∞
Y
0
est verticale. En +∞ : on a Y(t )
X(t ) = ba th(t ) → ba , Y(t ) − ba X(t ) = −be −t → 0, on a donc une asymptote d’équation
Y = ba X et la courbe est sous l’asymptote.

D0 D

Y = − ba X
H
H0
M

Hyperbole de centre O .
F0 (−c, 0) − ac
2
O a2 a F(c, 0)
c

Y = ba X

Remarque : Lorsque a = b les deux asymptotes sont orthogonales [ce sont les deux bissectrices] on dit
alors que l’hyperbole est équilatère. Dans ce cas, dans le repère (O, →

u ,→

v ) avec →

u = p1 [→

ı −→
− ] et →

v =
2

− → −
p1 [ ı +  ], on a X = p1 [X 0 +Y 0 ] et Y = p1 [−X 0 +Y 0 ] donc l’équation de l’hyperbole devient (X − Y)(X + Y) = a 2
2 2 2
2
0 0 a
i.e. X Y = .
2

I THÉORÈME 7.6

Pour tout point M de l’hyperbole, on a |MF − MF0 | = 2a .

I THÉORÈME 7.7 (Tangente en un point)

ƒ0 .
En tout point M de l’hyperbole, la tangente est la bissectrice intérieure de l’angle FMF

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Les coniques Chapitre 7 : Courbes paramétrées

5) Définition bifocale

I THÉORÈME 7.8

FF0
Soient F, F0 deux points distincts du plan, soit c = et a > c , alors l’ensemble C = {M ∈ P / MF +
2
c
MF0 = 2a} est une ellipse de centre O = Mil[F; F0 ] d’excentricité e = et de foyer F.
a

I THÉORÈME 7.9

FF0
Soient F, F0 deux points distincts du plan, soit c = et 0 < a < c , alors l’ensemble C = {M ∈
2
c
P / |MF − MF0 | = 2a} est une hyperbole de centre O = Mil[F; F0 ] et d’excentricité e = et de foyer F0 .
a

6) Définition algébrique
Soit (E) l’ensemble des points M(x, y) du plan vérifiant l’équation :

P(x, y) = ax 2 + bx y + c y 2 + d x + e y + f = 0 avec (a, b, c) 6= (0, 0, 0).

N Définition 7.11
Le nombre ∆ = b 2 − 4ac est appelé discriminant de l’expression P(x, y).

Soit →

u = cos(θ)→ −
ı + sin(θ)→ − et →

v = − sin(θ)→

ı + cos(θ)→
− , notons (x, y) les coordonnées de M dans le
repère R = (O, →

ı ,→
− ) et (X, Y) les coordonnées dans le repère R 0 = (O, →

u ,→

v ), on a alors les relations :

 x = X cos(θ) − Y sin(θ)
.

y = X sin(θ) + Y cos(θ)

On en déduit que dans le repère R 0 l’équation de (E) devient : AX 2 + BXY + CY 2 + DX + EY + F = 0 avec :




 A = a cos2 (θ) + c sin2 (θ) + b sin(θ) cos(θ)



 B = (c − a) sin(2θ) + b cos(2θ) .



 C = a sin2 (θ) + c cos2 (θ) − b sin(θ) cos(θ)
On a alors :
B2 = a 2 sin2 (2θ) + c 2 sin2 (2θ) + b 2 cos2 (2θ) − 2ac sin2 (2θ) − 2ab sin(2θ) cos(2θ) + 2bc sin(2θ) cos(2θ) et
4AC = a 2 sin2 (2θ)+c 2 sin2 (2θ)−2ab sin(2θ) cos(2θ)+2bc sin(2θ) cos(2θ)+4ac[cos4 (θ)+sin4 (θ)]−b 2 sin2 (2θ),
on en déduit alors que B2 − 4AC = b 2 − 4ac[cos4 (θ) + sin4 (θ) + 12 sin2 (2θ)] = b 2 − 4ac.
Remarques :
– Si on change → −
v en −→ −
v alors B est changé en −B et on a toujours B2 − 4AC = b 2 − 4ac.
– On a A + C = a + c.
– Si A = B = C = 0 alors b 2 = 4ac et a = −c ce qui entraîne a = b = c = 0. Par conséquent, puisque
(a, b, c) 6= (0, 0, 0), on a aussi (A, B, C) 6= (0, 0, 0).

I THÉORÈME 7.10

Un changement de repère orthonormé ne change pas le discriminant.

Nous allons maintenant choisir θ de telle sorte qu’il n’y ait plus de terme croisé, c’est à dire tel que B = 0
(réduction de l’équation) :
– Si b = 0 : il n’y a rien à faire, on prend θ = 0.

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Exercices Chapitre 7 : Courbes paramétrées

π π
– Si b 6= 0 et a = c : il suffit de prendre θ = (mod 2 ).
4 ( )
– Si b 6= 0 et a 6= c alors il suffit de prendre θ = 12 arctan b
a−c .
0
Une fois ceci-fait, on a l’équation de (E) dans le repère R :

AX 2 + CY 2 + DX + EY + f = 0.

– Si AC 6= 0 (i.e. si ∆ 6= 0) : alors l’équation devient :

D 2 E 2
A[X + ] + C[Y + ] + F0 = 0
2A 2C
ou encore dans le repère R 00 = (O0 , →

u ,→

v ) avec O0 (− 2A
D E
, − 2C )R 0 :

A[X 0 ]2 + C[Y 0 ]2 + F0 = 0.

On en déduit que :
– Si AC > 0, c’est à dire si ∆ < 0 [car ici −4AC = ∆], alors l’ensemble (E) est soit vide, soit une ellipse
[éventuellement un cercle].
– Si AC < 0, c’est à dire si ∆ > 0 , alors l’ensemble (E) est soit une hyperbole, soit la réunion de deux
droites sécantes [lorsque F0 = 0].
– Supposons A = 0 [donc C 6= 0], c’est à dire ∆ = 0 , alors l’équation devient C[Y + 2C ] + DX + F0 = 0, on
E 2

en déduit que :
– Si D = 0 : alors l’ensemble (E) est soit vide, soit la réunion de deux droites parallèles.
0
E 2
– Si D 6= 0 : alors l’ensemble (E) est une parabole car on a [Y + 2C ] = 2p[X + FD ] avec p = − 2C
D
.

V) Exercices
F Exercice 7.1
a) Étudier la courbe paramétrée par : x(t ) = cos(t )3 et y(t ) = sin(t )3 (astroïde).
b) Même question avec la courbe polaire ρ(θ) = 1 + cos(θ) (cardioïde).

F Exercice 7.2
Á l’aide d’un paramétrage bien choisi, étudier l’ensemble des points M(x, y) tels que :
a) x 3 + 2x y + y 3 = 0 (Folium de D ESCARTES ).
b) (x 2 + y 2 )3 = (x 2 − y 2 )2 .

F Exercice 7.3
Un cercle roule sans glisser sur l’axe Ox, on fixe un point M sur ce cercle. Étudier la trajectoire du
point M.

F Exercice 7.4
a) Étudier la courbe paramétrée par : x(t ) = cos(t )2 et y(t ) = cos(t )(1 + sin(t )).
b) Á tout point M(t ) de C\{O}, on associe le point M(u) de C tel que les droites (OM(t )) et (OM(u))
soient perpendiculaires. Déterminer (Γ) le lieu des milieux des segments [M(t ), M(u)].

F Exercice 7.5
Soit r > 0, soit C le cercle de centre O et de rayon r . Pour tout M ∈ C, le cercle de centre M passant
par O coupe l’axe Ox en deux points O et A (éventuellement confondus), et coupe l’axe Oy en deux
points O et B (éventuellement confondus), on considère H le projeté orthogonal de O sur la droite
(AB).
a) Calculer les coordonnées cartésiennes de H en fonction de celles de M.
b) Donner une représentation polaire du lieu des points H lorsque M décrit C. Étudier ce lieu.

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Exercices Chapitre 7 : Courbes paramétrées

F Exercice 7.6
Étudier les courbes suivantes :

t2 t3 1 1 1 1
a) x(t ) = et y(t ) = b) x(t ) = + et y(t ) = + .
1+ t2 1+ t2 1+t t 1−t t

θ+1
c) ρ(θ) = 1 + tan(θ/2) d ) ρ(θ) = .
θ−1

F Exercice 7.7
Déterminer la nature de la courbe d’équation cartésienne (dans un repère orthonormé du plan) :
a) x 2 − 2y 2 + x − 2y = 0. b) y 2 + 3x − 4y = 2.
p
c) x 2 + x y + y 2 = 1. d) x 2 + 3x y + x = 2.

F Exercice 7.8
Soient A et B deux points distincts du plan et I le milieu du segment [AB]. Déterminer l’ensemble
des points M tels que MI2 = MA × MB.

F Exercice 7.9
Soit (H) une hyperbole équilatère, soient A, B, C trois points distincts sur (H). Montrer que l’ortho-
centre du triangle (ABC) est sur l’hyperbole.

F Exercice 7.10
Soient P et P 0 deux plans sécants dans l’espace avec un écart angulaire de α. Soit C un cercle sur
le plan P , déterminer l’image de ce cercle par la projection orthogonale sur le plan P 0 .

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