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POINT MENSUEL DE

CONJONCTURE

Le point de conjoncture est publié au plus tard 30 jours après la fin du mois.
Il est disponible sur le site de la DPEE : www.dpee.sn

Juillet 2020
Page 1 Point mensuel de conjoncture
CROISSANCE ECONOMIQUE MONDIALE Dans la zone euro, le redémarrage de l’économie semble aussi
Reprise de la production L’économie mondiale a bien engagé. En effet, l'indice PMI du mois de juillet s’est
mondiale entamé le second semestre établi à 54,9 après 48,5 au mois précédent. Cette remontée
de 2020 sur une note résulterait d’une nette amélioration de l’activité dans le secteur
positive, selon l'indice PMI1 composite d'IHS Markit. La levée des services qui affiche un indice des directeurs d’achat de 54,7
progressive des restrictions sur l’activité économique, dues à la contre 48,3 en juin. Dans une moindre mesure, l’indicateur du
Covid-19, a entraîné une reprise de la production à l’échelle secteur manufacturier a augmenté à 51,8 contre 47,4 le mois
mondiale. Au mois de juillet 2020, l’indice PMI mondial est précédent.
ressorti à 50,8 contre 47,8 en juin, soit une expansion de Au Royaume-Uni, l'activité a renoué avec la croissance en
l’activité pour la première fois depuis janvier 2020. Cependant, juillet. En effet, l’indice est repassé en phase d’expansion avec
cette croissance de l’activité diffère d’un pays ou groupe de un niveau de 57 contre 47,7 en juin, porté par les services
pays à un autre selon la gravité de la crise sanitaire et les plans (56,5) et le manufacturier (53,3).
de riposte mis en place par les autorités publiques pour stimuler S’agissant du Japon, l’économie progresse lentement. Son
la reprise. indice PMI du mois de juillet 2020 est resté sous le seuil de
Aux Etats-Unis, l’indice PMI indique un rebond de l’activité au l’expansion (49,9). Toutefois, son évolution nourrit un
mois de juillet 2020. En effet, il est ressorti à 50,3 en juillet optimisme quant à la reprise de l’activité. En effet, en juin,
contre 47,9 en juin. Au niveau sectoriel, les indices PMI sont l’indice a été estimé à 38, après 28 et 26 respectivement en mai
passés de 49,8 à 50,9 dans le secteur manufacturier et de 47,9 à et avril.
50,3 dans celui des services.

MARCHE FINANCIER ET MONETAIRE achats d’obligations sont maintenus au rythme de 120 milliards
de dollars par mois pour les bons du Trésor américain et les
Les politiques monétaires Au plan financier, au- titres hypothécaires. De son côté, la Banque centrale euro-
expansionnistes de la Fed cune nouvelle mesure péenne (BCE) a maintenu, en juillet 2020, le taux de refinance-
et de la BCE restent in- n’a été prise par la ré- ment à zéro et les taux de la facilité de dépôt et celui de facilité
changées en juillet 2020 serve fédérale (Fed) au de prêt marginal à respectivement -0,5% et 0,25%. Cependant,
mois de juillet 2020. le montant alloué au PEPP (Pandemic Emergency Purchase
Les taux directeurs ont continué d’évoluer dans une fourchette Programme) est relevé à 1350 milliards d'euros et s’étale, dé-
de 0 à 0,25% et, au titre de l’assouplissement quantitatif, les sormais, jusqu’en juin 2021.

MARCHE DE CHANGE s’est remarquablement apprécié au mois de juillet 2020. En


effet, il a progressé vis-à-vis du rouble (+5,1%), du réal
Appréciation de l’euro Sur le marché de change, en (+3,8%), du yuan (+0,8%) et de la roupie indienne (+0,8%).
face aux principales juillet 2020, l’euro a connu
Graphique 1: Evolution du cours de l’euro par rapport au dollar
devises en juillet 2020 une ascension par rapport
aux monnaies des écono-
mies avancées. La devise européenne a bénéficié de l’adoption
de l’accord entre les pays membres de l’Union européenne sur
un plan de relance économique de 750 milliards d'euros, de
l’amélioration de la conjoncture en Zone Euro et de la faiblesse
du dollar. Ainsi, en juillet, la monnaie commune européenne
s’est appréciée, en rythme mensuel, de 1,8%, 1,0% et 0,7%
respectivement face au dollar, au yen et à la livre sterling
(GBP). Concernant le dollar, il s’est affaibli vis-à-vis de la
livre sterling et du yen (JPY) au mois de juillet 2020. En effet,
sur cette période, les parités USD/GBP et USD/JPY ont res-
pectivement baissé de 1,2% et 0,8%, en rythme mensuel.
En comparaison aux devises des grands pays émergents, l’euro Source: Banque de France

INFLATION et énergie est ressortie à 1,7% après 1,6 en juin.


Dans les pays anglo-saxons, l’inflation a progressé de 1,0% aux
Hausse de l’inflation Au titre de l’inflation an- Etats-Unis et de 1,1% au Royaume-Uni, en juillet 2020, contre
annuelle en juillet nuelle du mois de juillet respectivement 0,6% et 0,8 au mois précédent. En zone euro,
2020 dans la plupart 2020, elle s’est accentuée l’inflation annuelle s’est établie à 0,4% en juillet, après 0,3%
des économies avan- dans les pays avancés. Dans un mois plus tôt. S’agissant des principales économies de la
la zone OCDE, la hausse zone, les prix à la consommation ont augmenté de 0,8% en
cées
annuelle de l’indice des France et se sont repliés de 0,1% en Allemagne.
prix à la consommation a atteint 1,2% en juillet contre 1,1% au
mois de juin 2020, sous l’effet de l’accélération des prix de
l’énergie. Parallèlement, l’inflation hors produits alimentaires

1Indice des directeurs d’achat


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Page 2 Point mensuel de conjoncture
MARCHE DES MATIERES PREMIERES métaux et minerais (+7,3%), des fertilisants (+4,5%) et des
produits agricoles (+0,6%). En glissement annuel, les indices
Hausse des cours des Sur le marché des matières des cours des produits énergétiques et non énergétiques ont
matières premières premières, les produits éner- reculé respectivement de 31,5% et 0,8%, en juillet 2020.
en juillet 2020 gétiques et non énergétiques Au plan alimentaire, les prix ont globalement progressé de
se sont renchéris respective- 1,2%, tirés par le renchérissement des huiles végétales
ment, en juillet 2020, de 6,1% et 2,7% en variation mensuelle. (+7,6%), des produits laitiers (+3,5%), du sucre (+1,4%) et des
L’augmentation de l’indice des prix des produis énergétiques céréales (+0,1%). En glissement annuel, l’indice des prix des
de base résulterait principalement de la hausse des cours du produits alimentaires a, par contre, reculé de 0,9%, du fait de
pétrole (+6,6%). Quant à la progression de l’indice des cours la viande (-9,2%), du sucre (-4,3%) et des céréales (-0,4%).
des produits non énergétiques, elle est portée par les prix des
Graphique 2: Indice du cours des matières premières (base 100 en Tableau 1: Evolution de l’indice des prix des produits alimen-
2010) taires de base (base 100 = 2002-2004)

Source: BM, DPEE Source: FAO, DPEE

Progression des Concernant les cours du pétrole, Graphique 3: Evolution des cours du pétrole Brent ($/bbl)
cours du Brent au ils ont poursuivi leur progres-
mois de juillet 2020 sion en juillet 2020. En
moyenne mensuelle, celui du
Brent s’est établi à 42,8 dollars le baril, soit un rebond de 7,2%
par rapport au mois de juin. La réduction de la production con-
venue par l’OPEP, dans un contexte de redémarrage de l’activi-
té économique, a soutenu les prix du brut. En revanche, le
cours du Brent a affiché une forte baisse, en glissement annuel,
de 33,1% au mois de juillet 2020.

Source: Banque Mondiale, DPEE

ACTIVITE ECONOMIQUE INTERNE Tableau 2: Indice Général d’Activité (IGA)

Contraction de L’activité économique interne (hors


l’activité en agriculture et sylviculture), au mois de
juillet 2020 juillet 2020, s’est contractée de 3,9% en
rythme mensuel, en liaison avec l’admi-
nistration publique (-19,5%), le secondaire (-1,5%) et le pri-
maire (-3,9%). Par ailleurs, le secteur tertiaire s’est consolidée
de 1,9% sur la période.
Sur un an, un repli de 8,0% de l’activité économique est noté,
en juillet 2020, sous l’effet de la contraction du tertiaire (-
6,9%), de l’administration publique (-18,7%) et du primaire (-
12,8%), dans une moindre mesure.
Source: DPEE

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SECTEUR PRIMAIRE (HORS AGRICULTURE) Graphique 4: Evolution dans le sous-secteur de la pêche (base 100
Contraction de l’ac- L’activité du secteur primaire = 2016)
tivité du secteur (hors agriculture et sylviculture)
primaire en juillet s’est contractée de 3,9%, en va-
riation mensuelle, au mois de
2020
juillet 2020, imputable à la
pêche (-18,6%). Par ailleurs, le sous-secteur de l’élevage s’est
bien comporté (+7,0%) sur la période.
Sur un an, une contraction de 12,8% de l’activité du secteur est
notée, en juillet 2020, en liaison avec la baisse des abattages
contrôlés de viande (-16,9%) et la pêche (-4,6%).
Source: DPM, PAD, DPEE
Tableau 3: Indice Général d’Activité (IGA) dans le primaire Graphique 5: Evolution dans le sous-secteur de l’élevage (base 100
= 2016)

Source: DPM, PAD, SOGAS, DPEE Source: SOGAS, DPEE

SECTEUR SECONDAIRE Tableau 4: Indice Général d’Activité (IGA) dans le secon-


daire (base 100=2016)
Repli de l’activité du Le secteur secondaire s’est
replié de 1,5% au mois de juil-
secteur secondaire
let 2020, en variation men-
en juillet 2020 suelle, essentiellement impu-
table aux activités extractives (-13,6%), à la construction (-
9,5%), à la « production de métallurgie et de fonderie et fabri-
cation d'ouvrage en métaux » (-9,4%), à la « fabrication de ci-
ment et d’autres matériaux de construction » (-5,4%) et au
« raffinage du pétrole et cokéfaction » (-20,5%). Toutefois, la
« production et distribution d’électricité et de gaz » (+9,3%), la
fabrication de matériels de transport (+84,3%) et la « filature,
tissage et ennoblissement textile » (+4,5%) se sont bien com-
portées sur la période.
Sur une base annuelle, l’activité du secteur secondaire a enre-
gistré une baisse de 1,4%, en liaison avec les contreperfor-
mances notées sur la fabrication de produits agroalimentaires (-
11,5%), la « production de métallurgie et de fonderie et fabrica-
tion d'ouvrage en métaux » (-27,1%), la fabrication de maté-
riels de transport (-43,2%) et le « sciage et rabotage du bois » (-
41,7%). En revanche, sur la période sous revue, la « filature,
tissage et ennoblissement textile » (+47,9%), la « fabrication de
savons, détergents et produits d’entretien » (+160%), le
« travail du caoutchouc et du plastique » (+15,1%) et la
« production et distribution d’eau, assainissement et traitement Source: DPEE
de déchets » (+3,8%) ont affiché de bons résultats.
Graphique 6: Evolution de l’activité dans le secteur secondaire

Source: DPEE
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SECTEUR TERTIAIRE 70,5%), l’enseignement (-6,3%) et les services d’hébergement


et restauration (-18,3%).
Bonne tenue de En juillet 2020, le secteur tertiaire Tableau 5: Indice Général d’Activité dans le secteur ter-
l’activité du ter- s’est consolidé de 1,9%, en variation tiaire (base 100 = 2016)
tiaire en juillet mensuelle, à la faveur des « activités
2020 artistiques, culturelles, sportives et
récréatives» (+228,9%), des
« activités spécialisées, scientifiques et techniques » (+13,9%),
du transport (+9,1%), du commerce (+1,9%), des activités im-
mobilières (+2,4%) et de l’« hébergement et restaura-
tion » (+7,8%). Par ailleurs, l’« information et communica-
tion » et les « activités financières et d’assurances » se sont
respectivement contractées de 4,7% et 8,8%, sur la période.
Sur un an, un repli de 6,9% de l’activité du tertiaire est noté en
juillet 2020, en liaison avec le commerce (-7,2%), le transport
(-15,6%), l’« information et communication » (-9,2%), les
« activités de services et de soutien de bureau » (-20,0%), les
« activités artistiques, culturelles, sportives et récréatives » (-
Source: DPEE

EMPLOI SALARIE DANS LE SECTEUR tant dans les industries (-3,5%) que dans les BTP (-2,1%). Con-
cernant le secteur tertiaire, la hausse de 1,5% de ses effectifs
MODERNE est attribuable aux services (+2,9%). L’emploi dans le com-
merce a, quant à lui, baissé de 4,5% sur la période.
Hausse des A fin juillet 2020, l’emploi salarié du
effectifs à fin secteur moderne s’est consolidé de 2%, Tableau 6: Indice de l’emploi salarié dans le secteur mo-
juillet 2020 en variation mensuelle, du fait princi- derne (base 100 = 2014)
palement de la hausse des effectifs
dans le secondaire (+2,8%), notamment dans les industries
(+3,2%) et les BTP dans une moindre mesure (+0,1%). L’em-
ploi dans le secteur tertiaire s’est également accru de 0,8%, à la
faveur de la hausse des salariés dans les services (+1,5%) ; les
effectifs dans le commerce étant ressortis en baisse de 1,9% sur
la période.
Sur un an, l’emploi salarié s’est replié de 1,4% au mois de juil-
let 2020, en liaison avec le recul des effectifs dans le secteur
secondaire (-3,4%). Les postes pourvus ont, en effet, baissé Source: DPEE

OPINION DES CHEFS D’ENTREPRISES DANS LE SECONDAIRE ET LE TERTIAIRE


En juillet 2020, le climat des affaires s’est dégradé en varia- Tableau 7: Indice du climat des affaires
tion mensuelle. En effet, l’indicateur qui le synthétise a perdu
1,9 point pour se retrouver en-dessous de sa moyenne de long
terme. Cette situation reflète les orientations défavorables des
opinions des industriels, entrepreneurs de bâtiment et travaux
publics et commerçants. Sur une base annuelle, le climat des
affaires s’est, aussi, détérioré de 8,4 points, en juillet 2020.

Source: DPEE-Enquête mensuelle d’opinion sur la conjoncture

Dans l’industrie, l’insuffisance de la demande (36%), la con- rythme mensuel, sous l’effet des orientations négatives des
currence supposée déloyale (29%), les difficultés de recouvre- soldes d’opinion relatifs à la production et aux perspectives.
ment des créances (29%) et l’approvisionnement difficile en Pour sa part, le solde d’opinion relatif aux stocks de produits
matières premières (25%), ont majoritairement constitué les finis s’est renforcé, en phase avec l’amélioration des carnets de
principales contraintes à l’activité. Par ailleurs, le climat des commandes.
affaires s’est affaissé (-1,8 point) dans le sous-secteur, en

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Page 5 Point mensuel de conjoncture
Graphique 6: Solde d’opinion dans l’industrie Graphique 7:Principales contraintes dans l’industrie

Source: DPEE Source: DPEE


Concernant le sous-secteur des bâtiments et travaux publics, les (-5,5 points) dans le sous-secteur, en rythme mensuel, en liai-
principales contraintes des entrepreneurs interrogés sont l’accès son avec les orientations défavorables des soldes d’opinion
difficile au crédit (60%) et les difficultés de recouvrement des relatifs aux commandes privées et perspectives de commandes
créances (60%). En outre, le climat des affaires s’est dégradé privées.

Graphique 8: Solde d’opinion dans les BTP Graphique 9:Principales contraintes dans les BTP

Source: DPEE Source: DPEE


Au titre du sous-secteur des services, les interrogés ont majori- Toutefois, le climat des affaires s’est amélioré (+1,0 point)
tairement évoqué les difficultés de recouvrement des créances dans le sous-secteur, en rythme mensuel. Cette situation traduit
(44%), la fiscalité (33%) et l’insuffisance de la demande (33%) la bonne tenue des soldes d’opinion relatifs aux tarifs pratiqués,
comme les principales entraves à l’activité, en juillet 2020. chiffre d’affaires et perspectives de tarifs.

Graphique 10: Solde d’opinion dans les services Graphique 11:Principales contraintes dans les services

Source: DPEE Source: DPEE

S’agissant du commerce, les difficultés de recouvrement des détérioré (-9,7 points) en rythme mensuel, sous l’effet des
créances (80%), l’insuffisance de la demande (80%) et l’appro- orientations négatives des soldes d’opinion relatifs au chiffre
visionnement difficile en marchandises (60%) sont les con- d’affaires, à la situation des stocks de produits finis, aux com-
traintes à l’activité les plus citées par les interviewés, en juillet mandes reçues et perspectives de stocks de produits finis.
2020. Par ailleurs, le climat des affaires dans le commerce s’est

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Page 6 Point mensuel de conjoncture
Graphique 12: Solde d’opinion dans le commerce Graphique 13: Principales contraintes dans le commerce

Source: DPEE Source: DPEE

PRIX A LA CONSOMMATION Tableau 8: Indice Harmonisé des Prix à la Consommation


(Base 100 =2008)
Hausse des prix à En juillet 2020, les prix à la con-
la consommation en sommation ont augmenté de
juillet 2020 1,0% en rythme mensuel, du fait
principalement des « produits
alimentaires et boissons non alcoolisées » (+1,8%), notamment
le poisson frais (+1,9%) et les légumes frais (+14,7%). Sur une
base annuelle, une hausse de 2,7% du niveau général des prix à
la consommation est notée en juillet 2020, portée essentielle-
ment par le renchérissement des « produits alimentaires et bois-
sons non alcoolisées » (+3,7%), des transports (+4,3%) et des
services de restauration et d’hôtellerie (+1,8%).
S’agissant de l’inflation sous-jacente (hors produits frais et
énergétiques), elle est ressortie en hausse de 0,3%, en variation
mensuelle, et 1,6%, en glissement annuel.
En termes d’origine, les prix des produits locaux et importés
ont progressé respectivement de 1,3% et 0,4%, en variation
mensuelle au mois de juillet 2020. Sur un an, les produits lo-
caux se sont renchéris de 2,8% et ceux importés de 2,2%, en
juillet 2020. Source: ANSD

TAUX DE CHANGE EFFECTIF REEL Tableau 9: Taux de change Effectif Réel (Base 100 = 2005)

Pertes de com- Au mois de juillet 2020, l’économie


pétitivité-prix sénégalaise a encore enregistré des
en juillet 2020 pertes compétitivité évaluées à 1,4%,
en variation mensuelle. Cette situation
est le résultat des effets conjugués de l’appréciation du franc
CFA par rapport à la monnaie des principaux pays partenaires
(+0,8%) et du différentiel d’inflation défavorable (+0,6%).
Face aux pays partenaires membres de la zone Euro, des pertes
de compétitivité de 1,9% ont été notées sur la période, sous
l’impulsion du différentiel d’inflation défavorable. Par rapport
aux pays membres de la zone UEMOA, l’évolution de la com-
pétitivité est restée stable, comparativement au mois précédent,
en raison d’un différentiel d’inflation nul.
En glissement annuel, des pertes de compétitivité plus pronon-
cées ont été relevées, soit 4,7%, en liaison avec l’appréciation
du franc CFA par rapport à la monnaie des pays partenaires
(+4,5%) et du différentiel d’inflation défavorable (+0,2%).

Source: DPEE

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Page 7 Point mensuel de conjoncture
Au mois de juillet 2020, le déficit commercial s’est réduit de
ECHANGES AVEC L’EXTERIEUR 15,0 milliards, s’établissant à 119,8 milliards. Cette situation
est expliquée par la hausse des exportations (+13,0 milliards)
Atténuation du conjuguée à une baisse des importations de biens (-2,2 milliards), sur une base mensuelle. Ainsi,
déficit commercial le taux de couverture des importations par les exportations, ressorti à 51,5%, a augmenté de 4,3
en juillet 2020ef points de pourcentage par rapport au mois précédent.

Hausse des Les exportations de biens sont éva- Légère baisse Concernant les importations de biens,
luées à 169,4 milliards au mois de elles sont passées de 330,8 milliards
exportations en des importations
juillet 2020 contre 156,4 milliards le au mois de juin 2020 à 328,6 mil-
juillet 2020 mois précédent, soit une hausse de en juillet 2020 liards en juillet 2020, soit une baisse
8,3% (+13,0 milliards). Cette augmen- de 0,7% (-2,2 milliards). Ce repli
tation est liée, principalement, à l’accroissement des exporta- traduit la contraction de la valeur des importations de produits
tions d’or brut (+24,5 milliards), de titane (+6,7 milliards) et de pétroliers (-16,8 milliards) et de produits alimentaires (-6,2
produits pétroliers (+5,0 milliards). Toutefois, les exportations milliards). Concernant la baisse des importations de produits
de produits alimentaires se sont repliées de 13,0 milliards, im- pétroliers, elle est liée à la fois à la diminution des achats à
putable essentiellement à la baisse des ventes à l’étranger de l’extérieur de produits raffinés (-8,5 milliards) et d’huiles
produits halieutiques (-5,8 milliards), de produits arachidiers (- brutes de pétrole (-8,3) milliards, en variation mensuelle. Pour
4,5 milliards), de « préparation de soupe, potage et bouillons » ce qui est des produits alimentaires, le repli est en relation avec
(-2,4 milliards) et de légumes frais (-1,1 milliard). De même, la baisse des importations de riz (-12,1milliards), d’« huiles,
les exportations d’acide phosphorique (-7,9 milliards) et de graisses animales et végétales » (-4,3 milliards) et de « froment
zircon (-1,8 milliard) ont diminué, en rythme mensuel. et méteil » (-3,5 milliards). A l’inverse, les importations de «
véhicules, matériels de transport et pièces détachées automo-
En glissement annuel, les exportations de biens ont
biles » et de produits pharmaceutiques se sont orientées en
baissé de 8,0% (-14,8 milliards), sous l’effet de la contraction
hausse respectivement de 5,3 milliards et 4,0 milliards sous la
des exportations de produits alimentaires (-13,4 milliards), de
période sous revue.
produits pétroliers (-8,8 milliards), d’acide phosphorique (-7,5
milliards), de ciment (-1,8 milliard) et de zircon (-1,7 milliard). En glissement annuel, les importations de biens ont
Concernant les ventes à l’étranger de produits alimentaires, la connu une baisse de 26,0% (-115,3 milliards), reflétant, princi-
baisse est liée, en partie, au repli des exportations de produits palement, le repli de la valeur des achats à l’étranger de
halieutiques (-5,7 milliards), de produits arachidiers (-4,4 mil- « véhicules, matériels de transport et pièces détachées automo-
liards) et de « préparation de soupe, potage et bouillons » (-3,3 biles » (-42,0 milliards), de produits pétroliers (-32,8 milliards),
milliards). Cette tendance baissière a, toutefois, été atténuée par de « machines, appareils et moteurs » (-31,6 milliards), de pro-
la hausse des exportations d’or brut (+17, 7 milliards) et de duits pharmaceutiques (-4,1 milliards) et de produits alimen-
titane (+2,8 milliards). taires (-3,8 milliards). S’agissant des produits pétroliers, la
baisse est le résultat de la contraction de la valeur des achats à
S’agissant des exportations du Sénégal vers l’UEMOA, elles
l’étranger d’huiles brutes de pétrole (-19,4 milliards) et de pro-
sont estimées à 32,1 milliards au mois de juillet 2020 contre
duits pétroliers raffinés (-13,4 milliards).
38,6 milliards le mois précédent, soit une diminution de 6,5
milliards. Elles ont, ainsi, représenté 19,0% de la valeur totale Concernant les importations de biens en provenance
des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois de des pays de l’UEMOA, elles sont évaluées à 7,9 milliar ds au
juillet 2020. La part des produits acheminés vers le Mali, prin- mois de juillet 2020 contre 7,4 milliards le mois précédent, soit
cipale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est une hausse de 6,7% (+0,5 milliard). Elles ont, ainsi, représenté
passée de 45,7% à 50,1% sur la période, soit un gain de 4,4 2,4% de la valeur totale des importations de biens au mois de
points de pourcentage. La part du ciment dans ces exportations juillet 2020 contre 2,2% le mois précédent. La Côte d’Ivoire
est évaluée à 37,7% en juillet 2020 contre 28,6% au mois pas- demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone,
sé. avec une part évaluée à 58,6% en juillet 2020 contre 64,9% le
mois précédent. Les achats en provenance de ce pays ont, prin-
cipalement, porté sur les matières plastiques artificielles, les
« fruits et légumes comestibles », et les « produits des indus-
tries para-chimiques » qui en ont représenté, respectivement,
17,5%, 16,4% et 13,1% sur la période.

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Page 8 Point mensuel de conjoncture

Tableau 10: Exportations en valeur Tableau 11: Importations en valeur

Source: ANSD Source: ANSD

FINANCES PUBLIQUES
Au terme des sept premiers mois de 2020, l’exécution budgétaire s’est traduite par une évolution modérée des res-
sources, associée à une exécution soutenue des dépenses publiques. En effet, les ressources mobilisées, à fin juillet 2020, sont
évaluées à 1533,2 milliards, soit une hausse de 3%, en glissement annuel. Quant aux dépenses, elles se sont établies à 2568,9
milliards, à fin juillet 2020, contre 2098 milliards un an auparavant, soit une hausse de 22,5%. En conséquence, le solde bud-
gétaire est estimé en déficit de 1035,6 milliards, à fin juillet 2020, contre un déficit de 609,2 milliards à la même période en
2019.

Hausse modérée des


A fin juillet 2020, les res- 6,5 milliards (+ 3,3%), 39,7 milliards (+25,5%) et 14 milliards
ressources budgé-
sources (1533,2 milliards) sont (+137,7%).
taires à fin juillet constituées de recettes budgé- Concernant les dépenses
2020 taires (1377 milliards), de Exécution soutenue budgétaires, elles sont éva-
dons (136,1 milliards) et de recettes exceptionnelles (20,2 mil- des dépenses publiques luées à 2568,9 milliards à
liards). En glissement annuel, les ressources ont progressé de à fin juillet 2020 fin juillet 2020 contre un
44,4 milliards, à la faveur des dons. Ces derniers sont estimés, montant de 2098 milliards un an auparavant, soit une hausse de
globalement, en hausse de 69,5% par rapport à la même pé- 471,9 milliards (+22,4%). Cette situation reflète les hausses
riode en 2019, pour se situer à 136,1 milliards, en liaison avec combinées des dépenses courantes et d’investissement qui se
la progression de l’appui des bailleurs. Par contre, les recettes sont confortées respectivement de 25,7% et 16,8%. Les dé-
budgétaires se sont contractées de 2,2%, à fin juillet 2020, par penses courantes sont évaluées à 1665,6 milliards contre 1325
rapport à la même période en 2019. Cette baisse est imputable milliards à la même période en 2019. Cette hausse est soutenue
principalement à sa composante fiscale (1289,6 milliards) qui a par la masse salariale (478,7 milliards) et les transferts et sub-
baissé de 2,6%. Le repli des recouvrements des recettes fiscales ventions (781 milliards) qui ont progressé respectivement de
est induit par la baisse de l’impôt sur les revenus, l’IRVM/IRC, 17% et 86,7%. Toutefois, cette orientation est atténuée par la
la TVA intérieure pétrole, les taxes spécifiques et les droits de réduction des intérêts sur la dette qui se sont repliés de 5,7 mil-
timbre qui se sont contractés respectivement de 12,1 milliards, liards pour s’établir à 197,5 milliards. Pour ce qui est des dé-
2,6 milliards, 4,4 milliards, 10,9 milliards et 5 milliards pour penses d’investissement, elles sont estimées à 903,2 milliards,
s’établir à 218,9 milliards, 29,6 milliards, 6,2 milliards, 104,5 en hausse de 16,8%, à la faveur des investissements sur res-
milliards et 8,9 milliards à fin juillet 2020. De même, les droits sources intérieures (521,5 milliards) et sur ressources exté-
et taxes mobilisés par la Douane, notamment, la TVA import rieures (381,8 milliards).
(228,9 milliards) et les droits de porte (147,3 milliards) se sont
contractés respectivement de 10,4% et 13,3%. En revanche,
l’impôt sur les sociétés (202,1 milliards), la TVA intérieure
(hors pétrole) (195,2 milliards) et le FSIPP (24,2 milliards) ont
atténué cette tendance baissière avec des hausses respectives de

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Page 9 Point mensuel de conjoncture

MONNAIE ET CREDIT
A fin juin 2020, la situation estimée des institutions de dépôts, comparée à celle de la fin du mois précédent, fait ressortir une
expansion de la masse monétaire. En contrepartie, une augmentation des actifs extérieurs nets et un dégonflement de l’en-
cours des créances intérieures sont notés sur la période.

Progression de la La masse monétaire a progressé de milliards, pour s’établir à 1283,8 milliards. Quant aux banques
50,3 milliards, en variation men- primaires, elles ont enregistré une diminution de 87,6 milliards
masse monétaire suelle, pour atteindre 5864 mil- de leurs avoirs extérieurs nets (531,7 milliards à fin juin 2020).
en juin 2020 liards, à fin juin 2020. Cette évolu- Comparativement à fin juin 2019, les actifs extérieurs nets des
tion est perceptible à travers les institutions de dépôts ont augmenté de 35,6 milliards ou 2%, à
dépôts transférables qui ont augmenté de 77,3 milliards pour fin juin 2020.
s’établir à 2802,7 milliards et la circulation fiduciaire (billets et L’encours des créances inté-
pièces hors banques) qui a progressé de 8 milliards pour ressor- Renforcement de rieures des institutions de
tir à 1380,6 milliards, à fin juin 2020. Quant aux autres dépôts l’encours des dépôts s’est dégonflé de 19
inclus dans la masse monétaire, ils ont baissé de 35 milliards, créances intérieures milliards, entre fin mai et fin
se fixant à 1680,7 milliards. Sur un an, la liquidité globale de nettes en juin 2020 juin 2020, pour se chiffrer à
l’économie est en expansion de 435,6 milliards ou 8%, à fin 5438,1 milliards, du fait des
juin 2020. créances sur l’économie (-17,2 milliards) qui se sont situées à
Hausse des actifs A fin juin 2020, les actifs exté- 4477 milliards et des crédits nets à l’administration centrale qui
rieurs nets des institutions de dé- sont également ressortis en baisse de 1,9 milliard, en variation
extérieurs nets en pôts se sont situés à 1815,4 mil- mensuelle, pour s’établir à 961,1 milliards, à fin juin 2020. En
mai 2020 liards, en hausse de 48,1 milliards glissement annuel, l’encours des créances intérieures des insti-
ou 2,7% par rapport à la fin du tutions de dépôts s’est renforcé de 443,2 milliards ou 8,9%, à
mois précédent. Cette situation est imputable à la Banque cen- fin juin 2020.
trale dont la position extérieure nette s’est améliorée de 135,8
Tableau 12: Situation monétaire intégrée (en milliards de FCFA)

Source: BCEAO

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ANNEXES

*: données provisoires

T: trimestre
*: données provisoires

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