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Thème du mémoire

LES MECANISMES
DOUANIERS AU SERVICE DE
L’ENTREPRISE ALGERIENNE

Lieu de stage pratique:

Inspection divisionnaire des


douanes de la wilaya d’Annaba Page6

LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


Abréviations

ASFC : Agence des services frontaliers du Canada.


CCD : Conseil de coopération douanière.
CDA : Code des douanes Algérien.
CNUDCI : Commission des nations unies pour le droit commercial international.
CNIS : Centre national de l’informatique et des statistiques des douanes.
DLCF : Direction de la lutte contre la fraude.
EDI : Echange de données informatisées.
EDIFACT : Echange électronique de données dans l’administration, le commerce et les
transports.
EPAN : Entreprise portuaire d’Annaba.
ISPS : Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires.
IPEC : Informations préalables sur les expéditions commerciales.
OMC : Organisation mondiale de commerce.
OMD : Organisation mondiale des douanes.
ONU : Organisation des nations unies.
OSCE : Office des statistiques de la communauté européenne.
RUE: Référence unique de l’envoi.
SIGAD : Système d’information et de gestion automatisée des douanes.
UE : Union européenne.
UNDG: United Nations Dangerous Goods Identifier.
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE
PARTIE N° 1 : LE DISPOSITIF JURIDIQUE EXISTANT EN MATIERE DE FACILITATIONS
ACCORDEES AUX ENTREPRISES
Introduction partielle de la première partie
CHAPITRE N°1 : LES FACILITATIONS LIEES AUX PROCEDURES DE DEDOUANEMENT
Section 01 : Les procédures de dédouanement du droit commun
Section 02 : Les procédures de dédouanement accélérées
CHAPITRE 02 : LES FACILITATIONS LIEES AUX REGIMES ECONOMIQUES DOUANIERS
ET AUX AVANTAGES FISCAUX
Section 01 : Les facilitations liées aux régimes économiques douaniers
Section 02 : Les facilitations liées aux avantages fiscaux
Conclusion partielle de la première partie
DEUXIEME PARTIE : ETUDE DES CAS PRATIQUES ET EVALUATION DES MESURES DE
FACILITATION ACCORDEES AUX ENTREPRISES
Introduction partielle de la deuxième partie
CHAPITRE 01 : PRESENTATION ET ETUDE DES CAS PRATIQUES
Section 01 : Cas pratique sur les procédures de dédouanement accélérées
Section 02 : Cas pratique sur les facilitations liées aux régimes économiques douaniers
CHAPITRE 02 : EVALUATION DES MESURES DE FACILITATION ET PROPOSITION DE
MESURES CORRECTIVES
Section 01 : Evaluation des mesures de facilitation accordées aux entreprises
Section 02 : Proposition de mesures correctives
Conclusion partielle de la deuxième partie
CONCLUSION GENERALE
Bibliographie
TABLE DES MATIERES
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INTRODUCTION GENERALE
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INTRODUCTION GENERALE

Depuis le début des années 90, l’Algérie a adopté un système économique libéral
ayant pour principe fondamental la libéralisation de toute la sphère des activités
économiques, entre autre le commerce extérieur considéré, jusqu'à lors comme un secteur
exclusif à l’Etat, ses démembrements et aux entreprises publiques.

Ce changement, brusquement intervenu dans le domaine du commerce extérieur, qui


consiste en la libéralisation, la diversification et la complexité des échanges extérieurs, avait
mis en relief l’inadaptation de l’organisation des moyens, des qualifications et des méthodes
de travail de l’institution douanière, au même titre d’ailleurs que les autres administrations
et organismes chargés de son encadrement.

Ces nouvelles orientations économiques ont conduit l’administration des douanes,


instrument important de la mise en œuvre de la politique économique, à s’engager dans une
démarche de changement stratégique, afin de mieux répondre et d’être à la hauteur des
attentes des opérateurs économiques et des nouvelles exigences commerciales. Cette
démarche de changement consiste, pour l’institution douanière à adapter, constamment son
organisation, ses méthodes et procédures d’intervention dans le processus d’acheminement
des marchandises, à ce nouvel environnement économique.

Ainsi, le changement a été ressenti, non pas comme un choix mais comme un
impératif sans lequel l’institution douanière pourrait constituer un frein au processus des
réformes, notamment dans le cadre du commerce extérieur.

Ces changements opérés par l’institution douanière ont contribué au passage de cette
dernière, d’une administration à l’origine fiscale, à une administration qui intervient,
désormais dans de très nombreux domaines notamment économique, où elle devient un
facteur d’incitation au développement et à l’épanouissement des échanges extérieurs, en
raison de certaines mesures de facilitation introduites au niveau des procédures de
dédouanement et par la promotion et l’aménagement des régimes économiques douaniers.

Ces mesures de facilitation constituent les différents mécanismes entrepris, justement


par l’institution douanière en vue d’accompagner, d’orienter et d’aider les entreprises, dans
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leurs relations commerciales extérieures et dans un environnement mondial, de plus en plus
concurrentiel et hostile aux systèmes d’organisation et d’encadrement bureaucratiques.

Dans ce contexte, nous essaierons de présenter notre travail concernant les


mécanismes douaniers au service de l’entreprise, et pour cela nous nous articulons sur la
problématique suivante :

Quelles sont les mesures de facilitation entreprises par l’administration des douanes
dans le but d’accompagner et d’orienter les entreprises ? Ces mesures répondent ils aux
attentes de ces dernières et aux nouvelles orientations économiques ?

Dans le cas contraire, que doit faire la douane pour mieux s’inscrire dans la phase
d’accompagnement et d’orientation des dites entreprises ?

Pour essayer de répondre à ces interrogations, nous vous proposons un plan constitué
des deux parties suivantes :

- 1ère partie : Elle est intitulée le dispositif juridique existant en matière des facilitations
douanières accordées aux entreprises. Dans cette partie on évoquera les simplifications
introduites concernant les procédures de dédouanement, et la promotion des régimes
économiques douaniers.

- 2 ème partie : Elle est intitulée présentation des cas pratiques et l’évaluation des
mesures de facilitation et proposition de mesures correctives. Dans cette partie on
essaiera de mettre en exergue ces facilitations prises au profit des entreprises, de
relever quelques lacunes constatées durant cette période de stage, afin de pouvoir
apporter notre petite expérience, en proposant quelques recommandations en vue de
mieux prendre en charge les préoccupations des entreprises.

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PARTIE N° 1 :
LE DISPOSITIF JURIDIQUE
EXISTANT EN MATIERE DE
FACILITATIONS ACCORDEES
AUX ENTREPRISES
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PARTIE N° 1 :
LE DISPOSITIF JURIDIQUE EXISTANT EN MATIERE DE FACILITATIONS
ACCORDEES AUX ENTREPRISES

L’ouverture de l’économie nationale sur le commerce international a conduit les


autorités économiques Algériennes à confier de nouvelles missions à l’administration des
douanes, considérée comme étant un instrument très important pour la mise en œuvre de
toutes politiques du commerce extérieur.

L’administration des douanes se voit, actuellement démarquer de son rôle qui


consistait, auparavant en la protection de l’économie nationale par l’application stricte de la
fiscalité du commerce extérieur. Mais il s’agit, actuellement d’une administration qui est
appelée à contribuer au développement et à la libéralisation des échanges extérieurs.

La meilleure prise en charge de ces nouvelles missions confiées à l’administration


des douanes, dans un tel environnement est subordonnée à la modernisation et au
développement de ses procédures et méthodes d’intervention, dans la chaîne logistique du
commerce international.

A cet égard, l’administration des douanes Algériennes a procédé à la mise en œuvre


de certaines mesures de facilitation, découlant des engagements internationaux pris par
l’Algérie à travers les différentes conventions internationales adoptées, et visant à offrir de
nouvelles facilitations aux opérateurs du commerce extérieur et répondre ainsi à leurs
attentes.

Ces mesures de facilitation se traduisent par deux grands mécanismes, que nous
tacherons d’étudier dans cette première partie à savoir notamment : les mesures liées aux
procédures de dédouanement dans un premier chapitre, et les différentes facilitations
relatives aux régimes douaniers économiques et aux avantages fiscaux dans un deuxième
chapitre.
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CHAPITRE N°1 :
LES FACILITATIONS LIEES
AUX PROCEDURES DE
DEDOUANEMENT
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CHAPITRE N°1 :
LES FACILITATIONS LIEES AUX PROCEDURES DE DEDOUANEMENT

Les facilitations liées aux procédures de dédouanement accordées aux entreprises


visent, principalement à introduire une certaine rapidité et flexibilité dans le processus de
traitement et de dédouanement des marchandises importées ou à exporter, et à assouplir
ainsi les formalités de dédouanement afin de mieux remédier aux contraintes économiques
auxquelles sont confrontées les entreprises commerciales et industrielles.

Mais avant de procéder à la présentation de cette série de mesures et de procédures


accélérées entreprises, par l’administration des douanes dans une deuxième section, il
convient de citer dans une première section les procédures de dédouanement du droit
commun, afin de mettre en exergue toute leur efficacité.
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Section 01 : Les procédures de dédouanement du droit commun

Ces procédures de dédouanement, dites du droit commun parce qu’elles s’appliquent,


automatiquement si l’opérateur du commerce extérieur n’est pas éligible aux avantages que
procurent les mesures de facilitation.

Les procédures de dédouanement du droit commun comprennent l’ensemble des


formalités suivantes :

 La conduite des marchandises au bureau des douanes territorialement compétent.


 Le dépôt des marchandises sous douane (la mise en douane).
 L’établissement d’une déclaration en détail.
 L’assignation d’un régime douanier économique autorisé pour les marchandises.
 Le contrôle documentaire (la déclaration et les documents y annexés).
 Le contrôle physique des marchandises.
 Le paiement des droits et taxes exigibles.

 La douane accorde, ensuite l’enlèvement des marchandises après délivrance du bon à


enlever.

Sous section 01 : Durant la phase d’attente des marchandises

D’après la procédure du droit commun, on a du constater que la perception des droits


et taxes n’intervient qu’après la mise en douane des marchandises et accomplissement des
formalités douanières tendant à les libérer. Donc afin de garantir les intérêts du trésor public
et notamment préserver les marchandises contre tout risque pouvant intervenir, durant cette
phase d’attente de celles-ci, l’administration des douanes, à travers les textes réglementaires,
se voit doter de certains mécanismes visant à répondre aux attentes des entreprises, à
savoir :

 Les magasins et aires de dépôt temporaire (MADT).


 Le dépôt en douane.
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I-) Les magasins et aires de dépôt temporaire (MADT)

I-1) Définition des MADTPS:

Aux termes des dispositions de l’article 66 du code des douanes Algérien « lorsque
les marchandises, dès leur arrivée au bureau de douane, ne font pas l’objet d’une déclaration
en détail réglementaire, elles peuvent être déchargées dans des endroits désignés à cet effet
pour y séjourner sous contrôle douanier en attendant le dépôt de ladite déclaration en
douane. Ces endroits sont dénommés magasins et aires de dépôt temporaire. Ces derniers
peuvent également recevoir, en attendant leur expédition, les marchandises destinées à être
exportées ou réexportées qui ont été déclarées en détail et vérifiées. »

Il convient de signaler que cet article a fait l’objet d’une décision du directeur général
des douanes N° 03 du 03/02/99 qui fixe les modalités de gestion des MADT, les charges
supportées par l’exploitant en matière de fournitures, d’entretien et de réparation des
installations nécessaires à l’exercice du contrôle douanier.

I-2) Etablissement et fonctionnement des MADTPS :

Les MADT peuvent être crées par des personnes physiques ou morales, leur création,
emplacement, construction et aménagement sont soumis à l’agrément préalable de
l’administration des douanes (1). L’exploitant doit déposer une demande de construction d’un
MADT auprès du chef de l’inspection divisionnaire territorialement compétent.
Les MADT sont ouverts à tous les importateurs et autres personnes habilitées à
disposer des marchandises importées ou à exporter, sont également ouverts pour l’usage
exclusif de personnes déterminées. Les MADT sont ouverts pour toutes les marchandises
importées ou à exporter, toutefois les marchandises qui présentent un danger ou sont
susceptibles d’altérer les autres marchandises ne peuvent être admises que dans les MADT
aménagés spécialement pou les recevoir (2). Les MADT sont fermés à deux clefs dont l’une
est détenue par l’administration des douanes et l’autre par l’exploitant. La mise en
exploitation des MADT est subordonnée, primo à la production d’une copie du registre de
commerce et secondo à la souscription d’une soumission générale cautionnée agrée par le
receveur des douanes. L’admission des marchandises dans les MADT est conditionnée par
la présentation du document portant autorisation de déchargement ou de circulation.
La durée maximale de séjour des marchandises dans les MADT est de 21 jours, et
pendant ce délai , des opérations tendant à conserver les marchandises sont autorisées après
accord de l’administration des douanes, telles que le nettoyage, le dépoussiérage, le tri , la
remise en l’état ou remplacement des emballages défectueux, le lotissement, le pesage, le
marquage, la réunion des colis destinés à former un même envoi de telle manière que leur
enlèvement et leur acheminement ultérieur soient faciles.
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(1) Article 67 du code des douanes.
(2) Idem article 68.
A l’expiration du délai de séjour, l’exploitant est tenu de conduire les marchandises à
un lieu désigné par l’administration des douanes où elles sont constituées d’office sous le
régime de dépôt en douane.
Il convient de signaler, que le régime des MADT peut devenir le régime de base des
ports secs, car les ports sec sont considérés comme étant des MADT extra portuaires, et par
définition ils constituent un prolongement naturel des ports maritimes. Les ports secs sont
établis en vue d’assurer :
- Les désengorgements des ports.
- Une plus grande sécurité des marchandises que les ports maritimes.
- La facilitation du travail des services des douanes constituant en la lutte contre la
fraude.
II-) Le dépôt en douane :
II-1) Définition :
On entend par dépôt en douane le régime douanier suivant lequel les marchandises
sont stockées dans les locaux désignés par la douane pendant un délai déterminé, à
l’expiration duquel ces marchandises sont aliénées dans les conditions fixées par le présent
code (1).
Aux termes de l’article 204 du code des douanes « Le dépôt en douane est constitué,
soit dans des magasins appartenant à l’administration des douanes, soit dans les locaux
agréés par elle ; ces locaux peuvent être constitué notamment dans l’entrepôt public ou dans
les magasins ou aires de dépôt temporaires ». Cependant, en application des dispositions de
l’article 207 du code des douanes, le transport et le séjour des marchandises en dépôt
demeurent aux risques et périls du propriétaire.

Concernant, les frais de toute nature, résultant de la constitution et du séjour des


marchandises en dépôt, sont à la charge des marchandises elles-mêmes. Dans le cas ou le
propriétaire de la marchandise procède à son enlèvement de dépôt en douane dans le cas ou
le propriétaire de la marchandise procède à son enlèvement de dépôt en douane.
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II-2) La constitution des marchandises en dépôt :

Le code des douanes, dans son article 205 a prévu les marchandises qui sont
constituées d’office en dépôt :

- Les marchandises importées qui n’ont pas été déclarées en détail avant l’expiration du
délai légal fixé à 21 jours.

- (1)
LesArticle 203 du code
marchandises des douanes
déclarées en détail pour lesquelles le déclarant ne se présente pas ou
qui ne sont pas enlevées après la vérification dans un délai de 15 jours de l’obtention
du bon à enlever de l’administration des douanes.

Le délai maximal de séjour des marchandises en dépôt est fixé, par l’article 209 du
code des douanes, à quatre (04) mois. Ce délai court à compter de la date d’inscription des
marchandises sur un registre spécial, qui doit comprendre : la nature de la marchandise,
leurs marques et le numéro des colis. Les marchandises qui ne sont pas enlevées dans ce
délai de quatre (04) mois, elles seront vendues par l’administration des douanes.

Durant cette période de dépôt, et conformément à l’article 208 du code des douanes,
les agents des douanes peuvent vérifier les marchandises contenues dans des colis. Cette
vérification doit être faite en présence du propriétaire des marchandises, du destinataire ou à
défaut d’une personne désignée par le juge de la juridiction statuant en matière civile.

Sous section 02 : Le dépôt de la déclaration et la vérification des marchandises


I-) Le dépôt de la déclaration en détail

Le code des douanes, dans son article 75 a prévu le principe de l’établissement de la


déclaration en détail pour toutes les marchandises importées ou à exporter. Cependant, pour
des raisons d’ordre pratique, l’administration des douanes a introduit quelques atténuations
à ce principe, en autorisant les opérateurs du commerce extérieur à souscrire, d’un coté des
déclarations autres que celle en détail, et de procéder à l’annulation des déclarations, déjà
souscrites d’un autre coté.

I-1) La déclaration provisoire :

C’est une mesure de facilitation destinée à libérer les marchandises pour lesquelles le
déclarant ne dispose pas de renseignements nécessaires pour établir la déclaration en détail,
ou ne peut pas produire tous les documents requis à l’appui de la déclaration.

Cette mesure de facilitation est prévue par le code des douanes, dans son article 86
qui dispose « Lorsque pour des raisons estimées valables par l’administration des douanes,
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le déclarant ne dispose pas de tous les renseignements nécessaires pour établir la déclaration
en détail ou ne peut produire immédiatement les documents requis à l’appui de la
déclaration, il peut être admis de déposer une déclaration incomplète dite « déclaration
provisoire ».
Selon le même article, cette déclaration doit comporter un engagement « D 48 » de
compléter ultérieurement cette déclaration ou de produire les documents manquants dans les
délais fixés par les services des douanes. Et les mentions complémentaires prennent effet à
la date d’enregistrement de la déclaration initiale, et constituent avec les mentions de celle-
ci un acte unique et indivisible.

I-2) La déclaration simplifiée :

Cette déclaration est dite simplifiée parce qu’elle ne comprend que certaines
énonciations, il ne s’agit pas d’une déclaration sommaire mais d’une déclaration
réglementaire remplaçant la déclaration en détail.

Cette mesure de facilitation est prévue, d’une manière indirecte, dans l’article 82 du
code des douanes qui stipule « ….. Le directeur général des douanes détermine, par
décision :
- Les cas où la déclaration en détail peut être remplacée par une déclaration verbale ou
simplifiée ». Et cet article est explicité par la décision du directeur général N° 02 du
03/02/99 fixant les cas d’utilisation de cette déclaration.
D’après cette décision on a du constater que cette mesure est, quasiment réservée
aux voyageurs, mais pour ce qui concerne les entreprises, cette déclaration ne trouve son
champs d’application que dans deux régimes à savoir : l’admission temporaire des
marchandises devant être réexportées en l’état, et le cas du transit selon la procédure
simplifiée.
I-3) La déclaration anticipée :
Cette procédure est destinée à permettre plus de souplesse, dans le processus de
dédouanement, par le traitement du dossier de dédouanement (contrôle documentaire) avant
l’arrivée des marchandises. Et du coup, les opérateurs du commerce extérieur peuvent
procéder à l’enlèvement de leurs marchandises dés l’arrivée des moyens de transport au
bureau des douanes.
Cette forme de déclaration est prévue par le code des douanes, dans son article 89 et
elle consiste, pour le déclarant à déposer une déclaration en détail avant l’arrivée des
marchandises. Cependant, une déclaration anticipée n’est recevable, par le service des
douanes que lorsqu’il s’agit d’une opération d’importation ou d’exportation sur les
marchandises suivantes :
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- Des marchandises périssables destinées à la consommation.
- Des produits chimiques et tout produit ayant un caractère assimilé (produits
dangereux).
La déclaration anticipée, ne produit pas ses effets juridiques dés son enregistrement,
mais lorsqu’il est justifié de l’arrivée des marchandises pour lesquelles elle est souscrite. Et
le législateur a donné la possibilité, aux déclarants de procéder à la modification de ce type
de déclaration, au plus tard au moment où il est justifié de l’arrivée des marchandises au
bureau des douanes.
I-4) Permis d’examiner :
Cette procédure consiste à autoriser, le déclarant à examiner les marchandises
importées avant l’établissement de la déclaration, conformément à l’article 84 du code des
douanes qui stipule « Lorsque le déclarant ne dispose pas de tous les renseignements
nécessaires pour l’établissement de la déclaration en détail. Il est autorisé à examiner les
marchandises avant déclaration et prélever des échantillons ; dans ce cas, une déclaration
pour reconnaissance, dite « permis d’examiner » doit être déposée avant toute ouverture des
colis. ».
Cependant, et selon le même article, le dépôt du permis d’examiner ou la
déclaration de reconnaissance, n’a aucun effet sur l’obligation de souscrire une déclaration
en détail ou sur les délais de dépôt de celle-ci.
Après la souscription de la déclaration pour reconnaissance, auprès de l’inspecteur
principal aux sections, celui-ci procède à la désignation d’un agent assistant à l’opération de
reconnaissance, et ce dernier doit inscrire sur les trois (03) exemplaires de permis
d’examiner (1), les mentions suivantes :
- « Vu ouvrir et renfermer les colis », dans le cas où le déclarant a procédé, seulement à
l’examen des colis.
- « Vu prélever des échantillons mentionnés ci-dessus », dans le cas de prélèvement
d’échantillons.
Cette possibilité offerte aux opérateurs, leur permet de s’assurer de la nature et de la
qualité des marchandises expédiées par le fournisseur, et du coup éviter toutes les
infractions éventuelles pouvant résulter de l’ignorance d’informations sur les
marchandises objet de déclaration.

I-5) L’annulation de la déclaration :


Aux termes des dispositions de l’article 89 du code des douanes «  Les déclarations
enregistrées ne peuvent plus être modifiées », notamment lorsque le service des douanes
en l’occurrence (IPCOC), a informé le déclarant de son intention de procéder à la
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vérification des marchandises. Cependant, l’article 89 bis du même code, a prévu la
possibilité, pour le déclarant de demander l’annulation de la déclaration enregistrée, mais
cette demande ne peut être acceptée qu’après que la vérification ait eu lieu et qu’aucune
infraction n’ait été constatée. Et cette demande peut être acceptée dans certains cas, à
savoir :

A-) A l’importation, si le déclarant justifie que les marchandises sont :

 Déclarées sous un régime douanier inapproprié.

 Manifestées mais non débarquées.

 Irrémédiablement perdues par suite d’accident ou cas de force majeur dûment établie.

 Non conforme à la commande.

Le deuxième est destiné au déclarant.

Le troisième est destiné au gestionnaire des MADT.

 Déclarées impropres à la consommation.

 Vendues aux enchères publiques.


B-) A l’exportation, si le déclarant justifie :
 Que les marchandises n’ont pas quitté le territoire douanier.
 Qu’il n’a pas bénéficié des avantages liés à l’exportation.

La décision d’annulation de la déclaration, est du ressort de l’inspecteur principal aux


opérations commerciales, qui accorde cette annulation après demande motivée du déclarant,
accompagnée de pièces justificatives. Et l’inspecteur (IPCOC) est tenu d’archiver la
déclaration annulée avec tous les exemplaires portant mention « annulée ».

L’annulation de la déclaration entraîne :


 La restitution au déclarant des documents joints à la déclaration après
annulation des mentions portées par le service des douanes.
 La restitution par le déclarant de l’exemplaire « déclarant » de la déclaration.
 La récupération par le service de l’exemplaire «banque » de la déclaration.
Mais dans ce cas le service des douanes doit s’assurer qu’il y’ait eu soit un non
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transfert, soit rapatriement de la contre partie financière, justifiée par une
attestation ou par une annulation de la domiciliation bancaire.

(1) Le premier est destiné au bureau des douanes.

II- le contrôle des marchandises


En règle générale, aucune marchandise ayant franchi le territoire douanier, ne peut
être échappé au contrôle douanier, c'est-à-dire le contrôle intégral. Toutefois le code des
douanes a donné la possibilité, aux inspecteurs vérificateurs, de recourir à leur pouvoir
discrétionnaire quant à la nécessité de procéder au contrôle des marchandises importées ou à
exporter et, le cas échéant, à sa nature ; c'est-à-dire s’agit-il d’un contrôle physique des
marchandises ou d’un simple contrôle documentaire ?

Le législateur a prévu ces facilitations de contrôle, essentiellement pour des raisons


de rapidité, condition très importante dans les opérations du commerce extérieur ainsi
qu’afin d’éviter les pesanteurs reprochées aux services douaniers dans le processus de
dédouanement des marchandises
Parmi ces facilitations classiques, dans le cadre de contrôle et de vérification des
marchandises, on retrouve entre autre :

II-1) Le contrôle documentaire :

En règle générale, le contrôle douanier porte sur deux volets essentiels, à savoir le
contrôle documentaire et le contrôle physique des marchandises importées ou à exporter.
Cependant, l’administration des douanes peut, pour des considérations de facilitations et
d’allégement des procédures douanières, procéder uniquement, au contrôle documentaire.

Le contrôle documentaire consiste, pour le service des douanes à s’assurer de la


concordance entre les énonciations mentionnées dans la déclaration en détail et les éléments
figurant sur les documents annexés à l’appui de cette dernière.

Il en va de soi que ce type de contrôle, ne peut être accordé pour tous les opérateurs
du commerce extérieur, mais il est réservé, principalement à ceux connus par
l’administration des douanes en raison de leur volume d’activité et leur bonne réputation.
Dans ce cas de figure, la déclaration est dite « admise pour conforme ».

II-2) Le contrôle partiel des marchandises :


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Aux termes de l’article 92 du code des douanes qui stipule « après enregistrement de
la déclaration en détail, les agents des douanes procèdent, s’ils le jugent utile, à la
vérification de tout ou partie des marchandises déclarées. »

Cependant, et selon le même article, le déclarant a le droit de demander la


vérification intégrale des marchandises, dans le cas où il conteste les résultats de la
vérification partielle.

Sous section 03 : Les facilitations liées à la garantie et aux modes de paiement

I-) Les mesures de facilitation concernant la garantie de paiement

Le code des douanes, dans son article 119, a prévu la nécessité de garantir la créance
douanière par la souscription d’un engagement cautionné.

La caution consiste, pour le déclarant de consigner auprès d’une institution


financière, une somme d’argent pour le paiement des droits et taxes exigibles et des
pénalités éventuellement encourues, à l’occasion du placement des marchandises sous un
régime douanier déterminé. Et ainsi sauvegarder les intérêts du trésor public.

Cette caution doit couvrir le montant global des droits et taxes exigibles, toutefois en
raison de la conjoncture économique actuelle où l’administration des douanes est dans la
phase d’accompagnement et non du sabotage des opérateurs économiques, des
assouplissements ont été apportés à ce principe. Ces assouplissements consistent, soit en la
réduction du taux de la caution pour tous les régimes douaniers économiques (RDE), soit en
la suppression de la caution pour certains régimes.

I-1) La réduction du taux de la caution pour les RDE

En application des dispositions de l’article 02 de la décision N° 11 du 03/02/99 fixant


les modalités d’application de l’article 119 du code des douanes, les engagements souscrits,
dans le cadre des régimes économiques douaniers portant sur des marchandises non
prohibées sont assujettis à une caution ou une consignation couvrant 10% du montant des
droits et taxes suspendus.

I-2) La suppression des cautions pour certains RDE

En application des dispositions de l’article 104 de la loi de finances de 1997, les


régimes douaniers économiques suivants sont dispensés de la caution :

- L’exportation temporaire des marchandises pour perfectionnement passif destinées à


l’exportation définitive.
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- L’admission temporaire des marchandises pour perfectionnement actif.

- L’admission temporaire des emballages vides des marchandises destinées pour


l’exportation.

- L’exportation des marchandises pour foires et exposition.

II-) Les mesures de facilitation concernant les modes de paiement

Les modes de paiement de la créance douanière sont prévus par l’article 106 du code
des douanes qui stipule « les droits et taxes liquidés pour les marchandises déclarées
deviennent exigibles dés que la vérification est achevée et qu’il peut être donné mainlevée
des marchandises. Cependant, l’administration des douanes peut exiger que la somme
représentant les droits et taxes soit consignée ou que soit constituée une garantie suffisante
pour assurer, au moment de la mainlevée, le paiement intégral de ces droits et taxes. »
Ainsi, il existe trois modes de paiement, à savoir :
 Le paiement en immédiat
 La consignation
 Le cautionnement

On remarque que parmi ces modes de paiement, il y’a le cautionnement qui constitue
une facilitation de paiement et une atténuation du principe de l’enlèvement des
marchandises déclarées après paiement des droits et taxes exigibles.

Le législateur a explicité cette modalité de paiement dans les articles 108 et 109 bis du
code des douanes.

II-1) Le paiement par obligations cautionnées :

Cette modalité de paiement est appelée aussi « le crédit du droit », et elle est
prévue par l’article N° 108 du code des douanes qui stipule « pour le paiement des droits et
taxes, l’administration des douanes peut accepter des obligations cautionnées par une
institution financière nationale à quatre (04) mois d’échéance, lorsque la somme à payer
après chaque décompte dépasse cinq mille (5.000) dinars…… ».

Ce mode de paiement permet aux grandes entreprises de disposer, à un moment


donné, d’une liquidité pour faire face aux frais engagés à l’occasion de l’opération de vente,
et cela dans un délai de quatre (04) mois. Cependant à l’arrivée de l’échéance de la traite
remise en paiement, le redevable paye, par le biais de sa banque, la somme des droits et
taxes exigibles et un intérêt de crédit et une remise spéciale, en application des dispositions
du même article « ….ce crédit des droits et taxes donne lieu au paiement d’un intérêt de
crédit et à une remise d’un tiers pour cent (1/3 %). A défaut de paiement des obligations à
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


leur échéance, les souscripteurs sont tenus de verser un intérêt de retard calculé au
lendemain du jour de l’échéance jusqu’au jour de l’encaissement inclus… »..

Selon l’arrêté du 27 mai 1995 fixant les taux d’intérêt de crédit et de retard, de
remises spéciales ainsi que les modalités de leur répartition, le taux d’intérêt de crédit et de
retard est fixé à 15 % l’an, ce qui donne 5 % pour les quatre mois de la traite.

II-2) Le paiement par soumissions cautionnées de crédit d’enlèvement :

La caractéristique essentielle de ce régime de paiement, est de permettre aux


redevables d’enlever leurs marchandises au fur et à mesure de leur vérification et avant le
paiement des droits et taxes dus. Le crédit d’enlèvement est accordé par les receveurs
principaux des douanes, sous leur propre et entière responsabilité, si la ou les cautions
présentées leur paraissent offrir des garanties suffisantes (1).

Ce mode de paiement, accordé aux grandes entreprises qui effectuent plusieurs


opérations de dédouanement dans l’année et en raison de l’ampleur des droits et taxes
qu’elles versent au receveur, est prévu par l’article 109 bis du code des douanes « le
receveur des douanes peut autoriser l’enlèvement des marchandises, au fur et à mesure des
vérifications et avant liquidation et acquittement des droits et taxes exigibles, moyennant la
souscription par le redevable d’une soumission cautionnée de crédit d’enlèvement …. ».

Ces soumissions annuelles cautionnées doivent, selon le même article, comporter les
engagements suivants :

 D’acquitter les droits et taxes dans un délai de quinze (15) jours à compter de la
délivrance de l’autorisation d’enlèvement.
 De payer une remise spéciale de un pour mille (1 ‰).
 De verser à défaut de paiement dans les délais prescrits, un intérêt de retard comme
fixé par l’arrête du 27 mai 1995.

Il convient de signaler qu’il existe un autre mode de paiement qui est le crédit
administratif, mais ce dernier est réservé, exclusivement aux administrations publiques, aux
collectivités territoriales ainsi que les établissements publiques à caractère administratif.
Donc il est clair que ce mécanisme n’est pas mis en œuvre en faveur des entreprises
industrielles et commerciales.

**
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


(1) Guide des opérations financières des comptables en douane (Manuel des recettes) KITRANSIT
2002 pages 06

Section 02 : Les procédures de dédouanement accélérées


Le développement du commerce extérieur et l’accroissement des échanges
internationaux, a conduit l’administration des douanes à remanier ses procédures
d’intervention, afin d’assurer une certaine fluidité dans le processus d’acheminement des
marchandises déclarées.
Ainsi, l’administration des douanes, a mis en œuvre certaines procédures dites
accélérées, parce qu’elles visent à accélérer le processus de dédouanement, qu’on peut citer
comme suit :
 Le dédouanement à domicile
 Le dédouanement par le SIGAD
 La procédure du circuit vert

Sous section 01 : Le dédouanement à domicile


I- Définition et champ d’application de la procédure :
I-1) Définition et condition d’octroi de la procédure
A) Définition :
Le dédouanement à domicile est une procédure qui permet à l’opérateur du
commerce extérieur d’être relié, directement au système d’information et de gestion
automatisée des douanes.
Ainsi, le service déclarant de l’entreprise peut procéder à la déclaration des
marchandises importées ou à exporter, à partir d’un terminal installé dans les locaux de
l’entreprise. L’application de cette procédure suppose la mise en œuvre de certaines mesures
fondamentales. En premier lieu, le dédouanement s’effectue dans les installations du
bénéficiaire de la procédure, sans que les marchandises passent par le bureau de douane de
dédouanement, dit « bureau de domiciliation », auquel l’entreprise est rattachée. En second
lieu, l’opérateur bénéficiaire n’est pas obligé de déposer une déclaration lors de l’arrivée de
la marchandise mais il procède à un simple enregistrement des opérations dans les écritures
comptables de l’entreprise, qui sera régularisée par une déclaration complémentaire globale.
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L’objectif principal de la procédure de dédouanement à domicile consiste en la
réduction maximale du temps nécessaire au traitement des marchandises sous douanes, ainsi
que de permettre au déclarant :

 d’éviter les retards qu’engendre le séjour des marchandises dans les bureaux de
douane.

 De pouvoir saisir sa déclaration, sans avoir à se déplacer au niveau d’un bureau des
douanes, et à tout moment parce que le système informatique est régulièrement
fonctionnel.

B-) Conditions d’octroi de la procédure :

L’accord de cette procédure de dédouanement à une entreprise, est conditionné, du


fait de la réglementation douanière par :

 Le dépôt d’une demande par l’entreprise intéressée, au niveau du receveur des douanes
du bureau de rattachement.

 La disposition par le bénéficiaire d’un crédit d’enlèvement destiné la garantie de la


créance douanière.

 L’établissement d’une convention entre le bénéficiaire et l’administration des douanes


dont il faut respecter les clauses.

Le bénéfice de cette procédure de dédouanement n’est pas absolu, dans la mesure où


l’administration des douanes peut retirer ou suspendre son accord, dans le cas où le
bénéficiaire de cette procédure, ne respecte pas les clauses de la convention ou il s’adonne à
des tentatives de fraude.

I-2) Champ d’application de la procédure :

A) Les bénéficiaires de la procédure :

Il en va de soi que cette procédure n’est pas accordée à toutes personnes ayant
présenté une demande à l’administration des douanes, mais cette procédure est réservée aux
personnes qui remplissent les conditions suivantes :

 La jouissance d’une moralité douanière et fiscale.

 Présentation d’une garantie financière ; il s’agit généralement du crédit d’enlèvement.


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 Les opérateurs qui effectuent des opérations d’importation très fréquentes.

B) Les marchandises admises à la procédure :

La procédure du dédouanement à domicile n’est applicable qu’aux marchandises


suivantes :
 Des marchandises non prohibées ;
 Les produits non stupéfiants ;
 Les marchandises qui ne sont pas soumises à des formalités particulières comme le
contrôle sanitaire et phytosanitaire ;
 Les marchandises autres que les biens culturels.

II-) Le contrôle douanier dans le cadre de cette procédure :

Le contrôle douanier, dans le cadre de la procédure de dédouanement à domicile, se


fait par des visites sur le site de l’entreprise bénéficiaire. Cette visite peut se limiter tout
simplement sur les écritures comptables, comme elle peut s’étendre et porter sur l’aspect
physique des marchandises.

II-1) Contrôle des écritures comptables :

Le processus commence par l’adoption d’un dispositif qui confère aux


fonctionnaires des douanes les prérogatives voulues pour examiner les écritures
commerciales de toutes les opérations du commerce extérieur, et qui exige que les
intervenants laissent une trace écrite de leurs transactions pendant un délai déterminé, et
communique leurs écritures en temps utile pour les contrôles à posteriori (1).
Dans ce cadre, l’administration des douanes contacte les représentants de l’entreprise,
pour leur demander les écritures comptables et les documents utiles au contrôle douanier
tels que les factures commerciales, les bons de commande, de livraison, le contrat... Ensuite
les agents des douanes procèdent, en concertation avec les représentants de l’entreprise en
question, à l’analyse de toutes ces données recueillies.

Ce genre de contrôle peut, à lui seul, permettre au service des douanes de déceler des
infractions qui, au départ de l’opération de dédouanement, ne représentent aucun indice de
fraude ou de violation des lois.

II-2) Contrôle physique des marchandises :

Le contrôle douanier peut s’étendre à une visite physique des marchandises, dans les
lieux de fabrication, d’entreposage de l’entreprise, lorsque les agents des douanes le jugent
utile.
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(1) Séminaire sur les facilitations du commerce dans la chaîne logistique, section douane 2003-
2004, page 77

Le contrôle physique des marchandises doit être orienté, d’une manière prioritaire,
vers des opérations qui présentent des risques de fraude très élevés. C’est le cas des
opérations portant sur les marchandises qui bénéficient d’un traitement privilégie en raison
d’une destination ou d’une utilisation particulière, comme dans le cas des opérations
réalisées dans le cadre de l’encouragement des investissements. Ces contrôles sont effectués
en vue de s’assurer de la destination des marchandises dans le cadre de la promotion des
investissements.

Sous section 02 : Le système d’information et de gestion automatisée des douanes

I-) Définition et composition du SIGAD

Un système d’information et de gestion automatisée des douanes (SIGAD) a été mis


en place par l’administration des douanes depuis octobre 1995, en remplacement du système
existant depuis avril 1986 mais qui était très peu performant car limité dans ses applications
(la mise à la consommation) et dans son implantation géographique (port et aéroport
d’Alger). Le SIGAD s’étend actuellement sur 25 sites déportés et couvre 98% du volume du
commerce légal de l’Algérie (1).
En utilisant le système SIGAD, le service des douanes peut, à tout moment faire
ressortir des statistiques concernant les marchandises par produits, groupes de produits,
zones géographiques, opérateurs économiques, les moyens de transport utilisés…etc.

Le système SIGAD est constitué de 04 sous-systèmes :


1. Le système tarif intégré : Ce sous système rassemble l’ensemble de la
réglementation, la fiscalité ainsi que la classification des produits.
2. Le système dédouanement des marchandises : Ce sous système prend en charge
le dédouanement de la marchandise.
3. Le système contentieux : Ce système concerne la gestion et le suivi des litiges
éventuels.
4. Le système statistique : Ce sous système ajuste et interprète l’ensemble des
informations recueillies sur le système de dédouanement.
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(1)
Ouvrage cité précédemment, page 77.

II-) Le fonctionnement du SIGAD


II-1) Prise en charge du manifeste et du moyen de transport
Le SIGAD enregistre toutes les informations relatives aux moyens de transport et
aux cargaisons. Les consignataires sont obligés d’introduire dans le système, lors de la saisie
du manifeste (déclaration sommaire), qui reprend les informations qui permettent
l’identification des conteneurs et leur contenu.
Donc, le système dans cette étape, réalise des opérations relatives au manifeste, il
contrôle ensuite les opérations de constat et le dénombrement des marchandises réellement
débarquées, annote le manifeste et suit l’entrée des marchandises au magasin.
Après la saisie du manifeste par le système, le SIGAD procède à la comparaison
entre les marchandises introduites au magasin et les marchandises manifestées. En cas de
déficit ou d’excédent, le SIGAD le signale et établit, le cas échéant des bulletins
différentiels éventuels.

Après quoi, le système effectue un réajustement du manifeste et procède à


l’établissement des bulletins différentiels et l’amende de principe relative à cette infraction.

II-2) Enregistrement et liquidation des déclarations en détail


Au moment de la saisie des éléments de la déclaration en détail, le SIGAD donne
trois (03) possibilités au déclarant (1) :
 Leur validation ;
 Leur annulation ;
 Leur stockage en mémoire pendant 24 heures aux fins de rectification ou de
complément.
Dans le cas de stockage en mémoire, cette opération ressemble à la déclaration
anticipée dans les bureaux qui ne sont pas dotés du système (SIGAD), en offrant la
possibilité d’entamer le dédouanement des marchandises avant leur arrivée, et avant
l’ouverture des bureaux des douanes dans le cas du dédouanement à distance.
En cas de validation des données par le système, la responsabilité du déclarant est
engagée, car sur le plan juridique la validation a la même valeur qu’une signature, le
déclarant est sensé avoir pris connaissance des éléments déclarés ainsi que des
conséquences qui peuvent en découler.
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(1) : Circulaire n° 67/DGD/CAB/D/110 du 10/11/1999, relative aux procédures de dédouanement.

La validation de la déclaration en détail par le SIGAD entraîne :


 Son enregistrement et son horodatée (la date et l’heure de son enregistrement)
 Son affectation à un inspecteur vérificateur
 Son édition

Après l’achèvement des opérations de contrôle et de vérification effectuées par


les agents des douanes, le SIGAD procède à l’édition automatique de la quittance des droits
et taxes exigibles pour la délivrance du bon à enlever, qui permet l’enlèvement des
marchandises par l’importateur.
Le système prend en charge toutes les écritures comptables et les imputations de
crédit d’enlèvement, ainsi le receveur de la douane dispose d’une situation fidèle de sa
comptabilité à chaque fin de journée.
II-) Objectifs du SIGAD
Les objectifs attendus de l’utilisation du système SIGAD, sont tous
particulièrement appréciables, à savoir :
 Accélérer le processus de dédouanement des marchandises, et réduire au maximum le
délai de séjour des marchandises dans les bureaux des douanes.
 Diminuer le subjectivisme dans le traitement des marchandises sous douane, par la
limitation des relations directes entre les opérateurs et les fonctionnaires des douanes.
 Mettre à la disposition des pouvoirs publics et des opérateurs économiques, des
statistiques du commerce extérieur, fiables et nécessaire à la prise de décision.
 Améliorer les capacités de l’administration des douanes, dans le cadre de la lutte contre
la fraude, basée de plus en plus sur le ciblage et le contrôle à posteriori.

Sous section 03 : La procédure du circuit vert

I-) Définition et conditions d’octroi de la procédure

I-1) Définition du circuit vert :

Le circuit vert est une procédure de dédouanement accélérée, qui permet à l’opérateur
économique de disposer de ses marchandises, juste au moment du dépôt de la déclaration en
détail. Il découle de cette définition, que toutes les opérations de contrôle, qui sont le
contrôle documentaire et le contrôle physique des marchandises déclarées, sont suspendues.
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Ces opérations de contrôle seront effectuées à posteriori, en s’articulant
essentiellement sur la comptabilité tenue au réel par l’entreprise bénéficiaire de la procédure
de circuit vert.

La procédure du circuit vert, trouve sa base juridique sur le plan international, dans la
convention de KYOTO relative à la rationalisation du contrôle douanier. Et elle se voit
également recommandée dans la déclaration d’Arusha de l’Organisation Mondiale des
Douanes concernant l’éthique douanière, en ce sens qu’elle est de nature à réduire l’exercice
des pouvoirs discrétionnaires, sources de dysfonctionnement, tout en instaurant davantage
de discipline et de professionnalisme (1).

Quant à la législation nationale, elle a prévu les principes de la procédure du circuit


vert, dans l’article 92 du code des douanes et l’article 12 de la décision du directeur général
du 03/02/99 portant application de l’article 82 du même code relatif au dédouanement des
marchandises par le SIGAD.

I-2) Condition d’octroi de la procédure :

Cette mesure de facilitation, qui est le circuit vert, est proposée, par les directeurs
régionaux des douanes et les chefs d’inspection divisionnaire des douanes, sur la base de
critères de sélection tirés de la technique moderne de gestion des risques, devenue
indispensable du fait de la conjoncture économique actuelle. Ainsi cette procédure n’est
réservée que pour les opérateurs économiques qui remplissent certaines conditions.

L’administration des douanes accorde, la procédure du circuit vert, pour trois (03)
activités économique (2), domaine des trois opérateurs économiques suivants :

 Les producteurs et les industriels.


 Les investisseurs
 Les exportateurs

Outre cette condition relative à la nature de l’activité économique, les opérateurs,


éligibles à la procédure du circuit vert doivent :

(1) Décision n°11/DGD/CAB/D300/00 du 03 avril 2000, relative à la rationalisation du


Contrôle douanier et à la mise en place du circuit vert.
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(2) IDEM

 Disposer d’un crédit d’enlèvement : La procédure du circuit vert permet l’enlèvement


des marchandises dés le dépôt d’une déclaration en détail, cependant le code des
douanes, dans son article 109 bis, conditionne l’enlèvement des marchandises au
paiement des droit et taxes exigibles ou à la souscription d’une soumission générale
cautionnée de crédit d’enlèvement.

 Tenir une comptabilité au réel : Cette condition est liée à la nature du contrôle
douanier, dans le cadre du circuit vert, qui s’opère à posteriori.

 Jouir d’une moralité fiscale : Cette condition suppose que le bénéficiaire de la


procédure du circuit vert, a une bonne réputation au niveau de l’administration des
douanes ou de toute autre administration fiscale.

II-) Le contrôle douanier

Avant de citer les modes de contrôle, il convient de préciser que l’administration des
douanes, dans le cadre de la procédure du circuit vert, est astreinte à sélectionner les
opérations à contrôler, conformément au principe prévu par l’instruction N°11
précédemment citée et selon lequel « il faut contrôler moins pour contrôler mieux ». A cet
effet la convention de KYOTO a établi des normes, relatives à cette sélection, c'est-à-dire
l’administration des douanes, pour la sélection des opérations à contrôler, doit tenir compte :

 L’aspect fiscalité : S’agit il des marchandises fortement taxées ou non ? les


marchandises fortement taxées, au sens du code des douanes, sont celles soumises à
une quotité des droits et taxes dépassant 45%.
 Les mesures de restriction et de prohibition.
 Le degré de sensibilité à la fraude.
 L’origine de la marchandise.
 La provenance de la marchandise.
 Les antécédents des opérateurs économiques.
 Le régime douanier sous lequel sont déclarées les marchandises : à titre d’exemple
dans le cas d’une admission temporaire, le contrôle douanier est obligatoire afin
d’identifier les marchandises à consommer ou à réexporter.

II-1) Le contrôle différé :

Dans le cadre de ce contrôle, le service chargé de l’enregistrement des déclarations


admises en circuit vert, a des prérogatives concernant le contrôle documentaire et physique
des marchandises. Cependant, dans la pratique, ce service se contente, seulement de
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l’élaboration d’un état statistique des déclarations admises en circuit vert, qu’il transmet au
service de la lutte contre la fraude qui s’occupe de tous les contrôles à posteriori.

Les facilitations et l’allègement des procédures douanières qui permettent


l’enlèvement accéléré des marchandises, doivent être accompagnées et consolidées par un
contrôle post dédouanement qui est le contrôle différé.

Le contrôle différé est un contrôle documentaire des déclarations qui a pour objet :

 de déceler les irrégularités et anomalies ayant trait à la forme (vérification des


documents produits) et au fond (vérification des éléments relatifs à la valeur en
douane, à l’espèce tarifaire, à l’origine de la marchandise, au contrôle du commerce
extérieur et du change).
 De recueillir des renseignements grâce à des vérifications documentaires en vue
d’alerter les services de contrôle immédiat sur les opérations à risque.
 D’initier les enquêtes sur place.

Ce contrôle peut, également s’opérer par authentification des documents annexés et


qui sont délivrés par les administrations ou tout autre organisme. Le service peut également
faire procéder à l’authentification des documents auprès des autorités douanières étrangères
avec lesquelles l’administration des douanes Algériennes est liée par des accords
d’assistance mutuelle internationale. Toutefois lorsqu’il s’agit de fausses déclarations de
valeur, cette procédure ne doit être envisagée par le service qu’après épuisement de toutes
les méthodes de substitution prévues par l’article 16 du code des douanes (1).

II-2) Le contrôle à posteriori :

Le contrôle à posteriori, constitue l’une des prérogatives essentielles de


l’administration des douanes, qui consiste en le droit de communication qui lui est confié en
application des dispositions de l’article 48 du code des douanes qui stipule « les agents des
douanes ayant au moins le grade d’officier de contrôle et ceux chargés des fonctions de
receveur peuvent exiger à tout moment la communication des documents de toute nature,
relatifs aux opérations intéressant leur service, tels que la facture, bulletins de livraison… ».

Le contrôle à posteriori est dévolu principalement au service de la lutte contre la


fraude, qui est habilité à se déplacer durant les huit (08) premiers jours de l’enlèvement des
marchandises, au niveau du site et des locaux de l’entreprise bénéficiaire de la procédure du
circuit vert, et procéder aux opérations de contrôle des documents commerciaux et
comptables, et voir même au contrôle physique des marchandises.

(1) Décision du directeur général des douanes N° 15 du 06/02/05 relative à la rationalisation du


contrôle douanier.
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Il s’agit d’un contrôle approfondi qui consiste à vérifier, principalement les écritures
comptables de l’entreprise. Il nécessite la tenue, par l’entreprise, de la comptabilité
commerciale conformément au code de commerce et/ou de la comptabilité matière. Ce
contrôle peut porter également sur les éléments de taxation. Il présente un avantage
indéniable, puisqu’il n’entrave nullement la fluidité des échanges commerciaux (1).

L’objectif du contrôle à posteriori et du contrôle différé, est de faciliter la circulation


des marchandises, en opérant avec les techniques de la gestion des risques et de faire
orienter les contrôles vers les marchandises représentant de haut risque de fraude et, de ce
fait, accomplir les formalités des marchandises importées rapidement pour éviter toutes les
pesanteurs reprochées aux services des douanes dans le processus de dédouanement.

NB : Il est à noter qu’il existe une procédure accélérée relative au contentieux douanier,
cette procédure consiste en la transaction douanière.

La transaction est l’action de régler les conflits, entre l’administration des douanes et
ses contrevenants, à l’amiable, sans porter le conflit devant les instances judiciaires. Et cette
possibilité offerte à la douane, elle est prévue par l’article 265 du code des douanes qui
stipule « les personnes poursuivie pour infraction douanière sont déférées devant les
juridictions compétentes pour être sanctionnées conformément aux dispositions du présent
code. Toutefois, l’administration des douanes est autorisée à transiger avec les personnes
poursuivies pour infraction douanière qui en font la demande…. ».

Cette procédure accélérée, dans le règlement des conflits, constitue une facilitation
aux opérateurs économiques, dans la mesure où elle leur permet de régler, d’une manière
rapide et réglementaire leurs différends sans recourir aux instances judiciaires. Ils peuvent,
ainsi éviter les lourdeurs du système judiciaire, et du coup limiter les frais qui s’en suivent.

Les infractions à la législation et à la réglementation de changes ne sont pas


concernées par les dispositions précédentes, et l’administration des douanes peut engager
des transactions exclusivement sur les infractions prévues et réprimées par le code des
douanes. Concernant les litiges portant sur les marchandises prohibées au sens de l’article
du code des douanes ne peuvent, en aucun cas faire l’objet d’une transaction douanière. Les
affaires de l’espèce doivent être, systématiquement, déférées en justice.

(1) IDEM.
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CHAPITRE 02 : LES
FACILITATIONS LIEES AUX
REGIMES ECONOMIQUES
DOUANIERS ET AUX
AVANTAGES FISCAUX

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CHAPITRE 02 :

LES FACILITATIONS LIEES AUX REGIMES ECONOMIQUES DOUANIERS ET AUX


AVANTAGES FISCAUX

L’administration des douanes, à travers les différentes destinations qui peuvent être
données aux marchandises déclarées, et les différents mécanismes instaurés pour
l’encouragement et l’incitation à l’investissement, vise à renforcer les capacités
concurrentielles sur le marché international.

Dans ce chapitre, il sera question de situer l’intervention de la douane à travers


l’aménagement des différents régimes douaniers économiques dans une première section,
puis d’essayer de mettre en exergue les avantages fiscaux accordés aux entreprises dans une
deuxième section.

Section 01 : Les facilitations liées aux régimes économiques douaniers


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Dans cette section, on essaiera de mettre en exergue les facilitations accordées aux
entreprises, à travers l’étude des différents régimes économiques douaniers ayant une
relation, d’une part avec l’activité industrielle des entreprises, et d’autre part avec l’activité
commerciale de ces dernières.

Mais avant de procéder à l’étude de ces régimes un par un, il convient de préciser,
dans une sous section, les points communs de tous ces régimes.

Sous section 01 : Définition et caractères communs des régimes économiques

I-) Définition
La réglementation douanière nationale ne définit pas ce qu’il faut entendre par le
régime douanier. Le glossaire des termes douaniers de l’organisation mondiale du
commerce, à laquelle l’Algérie s’apprête à adhérer, définit le régime douanier comme étant
le traitement applicable par l’administration des douanes aux marchandises assujetties au
contrôle de la douane (1).

Cette notion n’est que l’héritière de la notion du régime suspensif, traditionnellement


utilisée, qui s’était relevée incapable de couvrir toutes les situations liées à des activités
économiques.
Les régimes douaniers économiques définissent le traitement douanier applicable aux
marchandises importées qui séjournent ou circulent sur le territoire douanier sans être
placées sur le marché intérieur, ou qui sont temporairement introduites sur celui-ci pour une
utilisation spécifique ou pour concourir à la fabrication d’un produit destiné à l’exportation.
Ils prennent aussi en considération les cas des marchandises prises sur le marché, qui sont
en attente d’être expédiées à l’étranger, ou qui, après avoir été temporairement exportées,
sont replacées sur le marché en l’état ou après transformation à l’étranger (1).

(1) : OMC, glossaire des termes douaniers internationaux, 1995.

(1) : RENOUE Jean-Claude, la douane, que sais-je, PUF, Paris, 1989.

II-) Les caractéristiques communes des régimes économiques douaniers


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En dépit des spécificités propres à chaque régime, il n’en demeure pas que tous ces
régimes présentent des caractéristiques communes notamment en ce qui concerne :

1-) Le principe de la déclaration en détail :

Les marchandises présentées en douane, doivent recevoir une des destinations


douanières admises pour de telles marchandises. Cette obligation de placement sous un
régime douanier, entraîne l’accomplissement des formalités réglementaires. Ces formalités
sont réalisées par le biais d’une déclaration en détail, il s’agit là du principe selon lequel,
toute opération de dédouanement doit s’effectuer sur une déclaration écrite du redevable et
contrôlée par le service des douanes.

La production de cette déclaration a pour objet et avantage, de fixer la responsabilité


des assujettis envers l’administration des douanes, parce que cette déclaration est l’acte
juridique, par lequel le déclarant :

 Désigne le régime douanier dont il demande l’application à des marchandises données.


 S’engage, sous les peines du droit, à accomplir les obligations découlant du régime
douanier déclaré, à payer les droits et taxes dans le cas de la mise à la consommation.

Ce principe est fixé par l’article 75 du code des douanes qui stipule « toutes les
marchandises importées ou réimportées, destinées à être exportées ou réexportées doivent
faire l’objet d’une déclaration en détail. ». Ce principe ne souffre d’aucune dérogation, il
s’applique à toutes les personnes et à toutes les opérations du commerce extérieur. Mais,
dans la réglementation internationale, ce principe fait l’objet de nombreux assouplissements,
notamment en matière de procédures de dédouanement, ce qui en atténue la rigueur.
Ces dérogations résultent notamment des textes qui ont étendu aux régimes
économiques le champ d’application des procédures simplifiées de dédouanement,
lesquelles autorisent le dépôt d’une déclaration simplifiée lors de chaque opération de
dédouanement sous réserve de l’établissement ultérieur d’une déclaration complémentaire.

2-) L’exigence d’un engagement cautionné :


Aux termes des dispositions de l’article 117 du code des douanes « les marchandises
placées sous l’un des régimes visés à l’article 115 bis du présent code, doivent être
couvertes par une déclaration en détail assortie d’un engagement cautionné ou
accompagnée de l’un des documents prévus à l’article 119 du présent code. »
Il en découle de l’application de cet article, que toute souscription d’un régime donné
est soumise à la souscription d’un engagement cautionné. Et selon l’article 02 de la décision
du directeur général N° 11 du 03/02/99 portant application de l’article 119 du code des
douanes, les engagements souscrits dans le cadre des régimes économiques douaniers sont
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assujettis à une caution ou une consignation couvrant 10% du montant des droits et taxes
suspendu.
Cependant, des atténuations ont été portées à ce principe, en raison de la conjoncture
économique actuelle et dans le cadre de la promotion des exportations hors hydrocarbures.
Ces assouplissements consistent en la dispense, de certains régimes (1) de la caution.

3-) La suspension des droits et taxes et de mesures de prohibition:


Ce caractère commun à tous les régimes économiques douaniers, est prévu par
l’article 115 bis du code des douanes qui dispose « …les régimes douaniers économiques
permettent le stockage, la transformation, l’utilisation ou la circulation de marchandises en
suspension des droits de douanes, des taxes intérieures de consommation ainsi que tous
autres droits et taxes et mesures de prohibition à caractère économiques dont elles sont
passibles. »

4-) Le principe de l’exterritorialité :


La suspension des droits et taxes exigibles ainsi que tous autres formalités du
commerce extérieur, est le résultat de la théorie de l’exterritorialité des marchandises
placées sous l’un des régimes. Ce principe résulte de la fiction administrative qui suppose
les marchandises, séjourner en dehors du territoire douanier national.

Sous section 02 : Les régimes douaniers et l’activité commerciale des entreprises
Les régimes douaniers économiques à caractère commercial, permettent,
généralement aux entreprises de stocker et de faire circuler leurs marchandises en
suspension de droits et taxes et de toutes mesures de prohibition à caractère économique.
Ces régimes répondant à ces deux fonctions peuvent être :

 L’entrepôt des douanes.


 Admission temporaire pour réexportation en l’état.
 L’exportation temporaire.
 Le transit.

(1) Les régimes concernés sont cités précédemment page 10

I-) L’entrepôt douanier :


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L’entrepôt des douanes est le régime douanier qui permet l’emmagasinage des
marchandises sous contrôle douanier dans les locaux agréés par l’administration des
douanes en suspension des droits et taxes et de mesures de prohibitions à caractère
économique (1).

Le code des douanes prévoit trois (03) catégories d’entrepôts de douanes :


 L’entrepôt public.
 L’entrepôt privé.
 L’entrepôt industriel.

Il faut noter que l’entrepôt industriel fera l’objet d’étude dans la sous section qui suit.

I-1) L’entrepôt public :


Le code des douanes, dans sa section N°06 du chapitre 07 relatif aux régimes
économiques douaniers, évoque la notion de l’entrepôt public ainsi que les conditions
d’ouverture et d’exploitation et les conditions dans lesquelles s’exercent le contrôle
douanier, et les frais découlant de l’exploitation de cet entrepôt (TEL).
C’est ainsi que l’entrepôt public est ouvert à tous les usagers pour l’entreposage des
marchandises de toute nature à l’exception de celles qui sont exclues par application des
dispositions de l’article 116 du code des douanes.
L’entrepôt public est crée, lorsque les nécessités du commerce le justifient, par toute
personne physique ou morale établie dans le territoire douanier et dont l’activité principale
ou accessoire porte sur les prestations de service en matière de magasinage, de transport et
de manutention des marchandises (2).

(1) Article 129 du code des douanes.

(2) IDEM, article 140.

I-2) L’entrepôt privé :


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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


Le code des douanes dans sa section N°07 du chapitre N°07 relatif aux régimes
économiques douaniers, évoque la notion de l’entrepôt privé ainsi que les conditions
d’ouverture et d’exploitation et les conditions dans lesquelles s’exercent le contrôle
douanier, et les frais découlant de l’exploitation de cet entrepôt (TEL).
C’est ainsi que l’entrepôt privé peut être accordé à toute personne physique ou
morale pour son usage exclusif en vue d’y entreposer des marchandises en rapport avec son
activité en attendant de leur assigner un autre régime douanier autorisé (1).
Cependant, lorsque cet entrepôt est destiné à recevoir des marchandises périssables
ou susceptibles d’altérer les autres marchandises, il doit être, conformément aux dispositions
de l’article 154 du code des douanes, installé et aménagé d’une manière spéciale. Il est,
alors dit spécial.

II-) L’admission temporaire pour réexportation en l’état


On entend par « admission temporaire » le régime douanier qui permet l’admission
dans le territoire douanier, en suspension des droits et taxes, sans application des
prohibitions à caractère économique, de marchandises importées dans un but défini et
destinées à être réexportées dans un délai déterminé (2).
Lorsque ces marchandises admises temporairement sur le territoire douanier sont
destinées à la réexportation en l’état, sans avoir subi une modification, une ouvraison ou un
complément de main d’œuvre, ce régime est dit admission temporaire pour réexportation en
l’état.
Les marchandises admises, dans le cadre de ce régime sont destinées à être
employées en l’état pour :
 La production
 L’exécution des travaux
 Le transport en trafic interne

Cette disposition est introduite dans le code des douanes pour :

(1) Article N° 154 du code des douanes.

(2) IDEM, article N° 174.

 Eviter aux entreprises nationales d’être concurrencées par des entreprises étrangères
utilisant des matériels n’ayant pas supportés de droits et taxes.
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


 Permettre la perception des droits et taxes en fonction des amortissements des
matériels admis sur le territoire national.

III-) l’exportation temporaire :


C’est le régime douanier qui permet l’exportation temporaire, sans application des
mesures de prohibitions à caractère économique et dans un but défini, de marchandises
destinées à être réimportées dans un délai déterminé :
- Soit en l’état, sans avoir subi de modification, exception faite, de leur dépréciation
normale par suite de l’usage qui en est fait (1).

Ce régime peut correspondre à l’activité commerciale de l’entreprise, notamment en


ce qui concerne la fonction livraison de marchandises vendues à l’étranger, il concerne entre
autre, le matériel de transport, l’emballage récupérable…

VI-) Le transit :
Aux termes des dispositions de l’article 125 du code des douanes « le transit est le
régime douanier sous lequel sont placées les marchandises transportées sous contrôle
douanier d’un bureau de douane à un autre bureau de douane, par voie terrestre ou aérienne
en suspension des droits et taxes et de mesures de prohibitions à caractère économique. »
Cette facilitation est destinée à permettre, aux entreprises d’accomplir les formalités
de dédouanement pour les marchandises qu’elles déclarent, dans le bureau de douane le plus
proche du ses locaux.

Sous section 03 : Les régimes économiques et l’activité industrielle des entreprises
Les régimes douaniers économiques à caractère industriel, permettent, généralement
aux entreprises de transformer et d’utiliser des marchandises en suspension de droits et taxes
et de toutes mesures de prohibition à caractère économique. Ces régimes répondant à ces
deux fonctions peuvent être :
- Admission temporaire pour perfectionnement actif
- Exportation temporaire pour perfectionnement passif
- Réapprovisionnement en franchise des droits et taxes
-
(1) IBIDEM, article 193.

- L’usine exercée
- L’entrepôt industriel

I-) Admission temporaire pour perfectionnement actif :


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Le régime du perfectionnement actif, permet aux entreprises établies sur le territoire
douanier d’importer, en admission temporaire en suspension des droits et taxes et dispense
des formalités du commerce extérieur, des marchandises destinées à être réexportées après
avoir subi une ouvraison, transformation ou complément de main d’œuvre.
Les marchandises admissibles, sous ce régime, sont celles destinées à être intégrées
dans les produits compensateurs et celles devant être utilisées dans le processus de
fabrication. Avant échéance des délais accordés et sous réserves des éventuelles
prorogations des délais accordés, par le directeur régional ou le chef d’inspection
divisionnaire, les produits compensateurs doivent être réexportées ou faire l’objet d’un
régime douanier autorisé par la législation (1).

II-) Exportation temporaire pour perfectionnement passif :


Aux termes des dispositions de l’article 193 du code des douanes « on entend par
« exportation temporaire » le régime douanier qui permet l’exportation temporaire, sans
application des mesures de prohibitions à caractère économique et dans un but défini, de
marchandises destinées à être réimportées dans un délai déterminé :
- soit dans le cadre du perfectionnement passif, après avoir subi une transformation,
une ouvraison, un complément de main d’œuvre ou une réparation.
Ce régime permet aux entreprises nationales, dans le cas où le marché national
n’offre pas les possibilités de réparation du matériel défectueux ou toutes autres prestations
de services, de recourir aux services des entreprises étrangères.
La réimportation des produits compensateurs pour la mise à la consommation dans le
territoire douanier est assujettie à la souscription d’une déclaration en douane pour
l’apurement du régime de l’exportation temporaire et à la perception des droits et taxes dont
l’assiette fiscale est constituée par la plus-value résultant du perfectionnement passif et ce,
selon l’espèce tarifaire des produits compensateurs.

(1)Manuel des régimes économiques douaniers, CNID 1995, page 06

III-) Le réapprovisionnement en franchise


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Aux ternes des dispositions de l’article 186 du code des douanes « par
« réapprovisionnement en franchise » on entend le régime douanier qui permet d’importer,
en franchise des droits et taxes à l’importation, les marchandises équivalentes par leur
espèce, leur qualité et leurs caractéristiques techniques à celles qui, prises sur le marché
intérieur, ont été utilisées pour obtenir des produits préalablement exportés à titre définitif. »
Le régime du réapprovisionnement en franchise est accordé pour les marchandises
étrangères ci-après énumérées, qui sont importées en compensation des produits préalablement mis
à la consommation :

 Matières premières
 Produits catalyseurs, accélérateurs, ralentisseurs ou stoppeurs de réactions
chimiques
 Produits semi-finis
 Autres composants
 Emballages de conditionnement

L’octroi de ce régime est subordonné au dépôt d’une demande, auprès de l’inspection


divisionnaire de la douane territorialement compétente, après l’opération d’exportation.
L’autorisation accordée par cette dernière, détermine notamment, les quantités admises, les
modalités du contrôle technique de l’équivalence et fixe le délai de réalisation, lequel ne
peut excéder six (06) mois à compter de la date d’exportation. Ce délai peut être
exceptionnellement porté à une (01) année sur demande justifiée du bénéficiaire (1).
L’avantage que procure ce régime aux entreprises exportatrices, consiste en
l’importation en franchise des droits et taxes, des marchandises en compensation. Et cet
avantage sera mis en exergue lors du cas pratique relatif au régime de réapprovisionnement
en franchise.
VI-) L’usine exercée :
Le régime des usines exercées est réservé aux établissements et aux entreprises qui
procèdent sous contrôle douanier (2) :

(1) Article 05 de la décision du directeur général du 03/02/99 fixant les modalités d’application
de l’article 187 du code des douanes.

(2) Article 165 du code des douanes


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 A l’extraction, la collecte et au transport des huiles brutes de pétrole ou de minéraux
bitumineux, des gaz de pétrole et des autres hydrocarbures liquides ou gazeux ;
 Au traitement et au raffinage des huiles brutes de pétrole ou de minéraux bitumineux,
de gaz de pétrole et des autres hydrocarbures gazeux pour obtenir des produits
pétroliers et assimilés passibles de droits intérieurs de consommation et de
toutes autres taxes ou redevances ;
 A la liquéfaction des hydrocarbures gazeux ;
 A la production de produits pétroliers et assimilés passibles de droits intérieurs de
consommation et de toutes autres taxes ou redevances ;
 A la production et la fabrication de produits chimiques et assimilés dérivés du
pétrole ;
 A la fabrication connexe d’autres produits dont la liste est fixée par voie réglementaire.
 A la mise en œuvre ou à l’utilisation des marchandises qui bénéficient d’un régime
douanier ou fiscal particulier.
Selon l’article 166 du code des douanes, les marchandises placées sous le régime de
l’usine exercée sont admises à l’entrée en suspension des droits et taxes et des restrictions à
caractère économique et autres formalités administratives. Cependant certaines
marchandises dont la liste est fixée par la voie réglementaire peuvent être soumises au
paiement des droits et taxes de douane inscrits au tarif douanier.
Concernant les marchandises issues des usines exercées sont dédouanées,
conformément aux dispositions de l’article 167 du même code, aux conditions suivantes :

 Celles destinées à l’exportation, en exonération des droits et taxes,


 Celles destinées au marché intérieur, moyennant le paiement des droits et taxes
exigibles dont la valeur assiette est fixée par voie réglementaire.

V-) L’entrepôt industriel :

L’entrepôt industriel est un établissement placé sous le contrôle de l’administration


des douanes, où les entreprises sont autorisées à procéder à la mise en œuvre de
marchandises destinées à la production pour l’exportation, en suspension des droits et taxes
dont celles-ci sont passibles (1).
Le régime de l’entrepôt industriel renferme un intérêt administratif et surtout
économique.
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(1) Circulaire n° 05/92 DGD/CAB/D100 du février 1992, fixant les modalités
d’application du régime de l’entrepôt industriel.
A-) Intérêt administratif :
En vue de la réglementation actuelle, les entreprises exportatrices utilisant pour la
fabrication, des marchandises importées, sont amenées généralement à faire appel
successivement à deux régimes douaniers, l’entrepôt de stockage et l’admission temporaire
pour perfectionnement actif.
Le régime de l’entrepôt industriel, a pour avantage de regrouper les deux phases,
stockage/fabrication, dans un acte douanier unique constitué par la déclaration code 14 (2).

B-) Intérêt économique :


Le régime de l’entrepôt industriel permet à l’entreprise d’intervenir
simultanément sur le marché intérieur et sur le marché extérieur suivant la conjoncture et les
débouchés du marché d’exportation, en bénéficiant pendant le stockage et le cycle de
fabrication de la suspension des droits et taxes sur les marchandises importées.

Le régime de l’entrepôt industriel comporte, en outre les avantages de la zone franche


(enceinte industrielle ou commerciale extra territorialisée) sans en comporter les
inconvénients, par le fait qu’il n’oblige pas l’industriel, à déplacer son usine ou à créer une
nouvelle usine dans une zone sous douane délimitée.
De ce qui précède, on peut dire que l’entrepôt industriel est un régime qui associe les
modalités de l’entrepôt de stockage et de l’admission temporaire, dans le but de faciliter aux
industriels la création de nouveaux courants d’exportation.

(2) IDEM, article 160


(1) Circulaire n° 05/92 DGD/CAB/D100 du février 1992, fixant les modalités
d’application du régime de l’entrepôt industriel.
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Section 02 : Les facilitations liées aux avantages fiscaux

Dans cette section on essaiera de mettre en exergue les différentes facilitations


accordées aux entreprises, lors des opérations de l’investissement. Ces facilitations se
traduisent, généralement par la :
 Application du taux réduit en matière de droit de douane pour les équipements
importés et entrant directement dans la réalisation de l’investissement.

 Franchise de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour les biens et services entrant
directement dans la réalisation de l’investissement.

Il sera question, dans un premier lieu, d’étudier les avantages accordés aux
différents investisseurs, puis dans la deuxième sous section, on tachera de préciser les
avantages liés aux zones franches.

Sous section 01 : Les avantages fiscaux liés au régime général

I-) Les bénéficiaires du régime général :


Ces avantages sont, généralement des mesures d’incitation à l’investissement
instaurées par les lois de finances ainsi que la loi relative à l’investissement (1). Ils peuvent
se traduire par les avantages accordés à certains secteurs :

I-1) L’exonération de la TVA au profit des entreprises étrangères ayant conclu avec un
opérateur lui même exonéré de la TVA :
Cette exonération est instituée en vertu de l’article 42 bis du code des taxes sur le
chiffre d’affaires, institué par la loi de finance pour 2004, dans son article 20.

I-2) Les réductions des droits et taxes comme mesures d’encouragement de


l’investissement :
A-) Les réductions en faveur des transferts des activités des non résidents : Le
taux des droits des douanes applicables en ce sens est de 5% (2).

(1) L’ordonnance N° 01-03 du 20/08/2001 relative au développement de l’investissement.

(2) Article 202 du code des douanes, article 03 du décret exécutif N° 99-188 du 10 août
1999, article 11 du code des taxes sur le chiffre d’affaires.

B-) Les réduction en faveur des industries de montage SKD et CKD :


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En matière des droits de douane, la loi de finance pour 2000, dans ses articles 58 et 61, fixe
les quotités comme suit :
- 30% pour le SKD
- 5% pour le CKD
En matière de la TVA, la loi de finance pour 2000, dans son article 51, fixe les
quotités comme suit :
- 17% pour le SKD
- 7% pour le CKD

C-) Les réductions en faveur de l’investissement hors hydrocarbures

 - Les investissements réalisés par les jeunes promoteurs :


L’article 41 de la loi de finance pour 2004, prévoit que les entreprises ou unités
nouvellement créées et exerçant des activités réalisées par les promoteurs éligibles à l’aide
du fonds national de soutien à l’emploi des jeunes, bénéficient du taux réduit des droits de
douane de 5% pour les équipements importés et entrant directement dans la réalisation de
l’investissement de création ou d’extension.

 Les investissements réalisés par les chômeurs promoteurs :


Selon l’article 52 de la loi de finances pour 2004, le bénéfice de la réduction des
droits des douanes de 5% et l’exonération de la TVA accordé aux jeunes promoteurs a été
étendu aux investissements réalisés par les personnes en situation de chômage et éligibles au
régime de soutien de création d’activités de production de biens et services régi par la caisse
nationale d’assurance chômage.

 Investissements dans les autres secteurs :


L’article 09 de l’ordonnance N°01-03 citée ci-dessus, prévoit en ce qui concerne
les équipements entrant directement dans la réalisation des investissements hors
hydrocarbures :
- d’une part, l’application du taux réduit en matière de droits de douane, à savoir 5%.
- d’autre part, l’octroi de la franchise en matière de TVA.
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II-) Modalités pratiques :
Les avantages fiscaux cités précédemment, sont accordés par l’agence nationale
de développement de l’investissement (ANDI), créée pour remplacer l’agence de promotion
et du suivi des investissements (APSI), par l’article 06 de l’ordonnance N° 01/03 et régie
par le décret exécutif N° 01/282 du 24 septembre 2001 modifié par le décret exécutif N°
02/314 du 16 octobre 2002, après présentation de demande par les investisseurs concernés
qu’ils soient nationaux ou étrangers.
L’ANDI, en accordant un avantage fiscal pour de telles entreprises, elle délivre
des décisions précisant la nature et la quantité des marchandises admissibles à ces
avantages. C’est ainsi que l’administration des douanes procède à la mise en œuvre des
avantages fiscaux traduits par l’application du taux réduit en matière des droits de douanes
et par l’exonération totale de la TVA.
En application des dispositions de l’article 32 de l’ordonnance N° 01/03 relative
au développement de l’investissement, l’administration des douanes en coordination avec
celle des impôts et d’autres représentant de l’ANDI, procède au contrôle à posteriori, afin de
déceler toutes destinations frauduleuses des marchandises pour lesquelles, les avantages
fiscaux ont été accordées.

Sous section 02 : Les avantages fiscaux liés aux zones franches

I-) Définition et principes


Les zones franches sont prévues par l’article 02 du code des douanes, où la loi
douanière, au même titre que les autres lois civiles, fiscales ou sociales, ne s’applique pas en
partie ou en totalité et ce dans le but d’attirer les investisseurs étrangers et même nationaux.
Outre les dispositions de l’article 02 du code des douanes, le régime fiscal
dérogatoire dans les zones de développement durable est précisé par les textes suivants :
 l’ordonnance N° 01/03 du 20 août 2001 relative au développement de
l’investissement.
 L’ordonnance N° 03/02 du 19 juillet 2003 relative aux zones franches.
L’article 03 de cette dernière ordonnance stipule « les zones franches sont des
espaces délimités sur le territoire douanier, au sens de l’article 02 du code des douanes, où
s’exercent des activités industrielles, commerciales, et/ou de prestations de services… »
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Les principes régissant les zones franches sont prévus par le décret exécutif N°
94/320 du 17 octobre 1994, modifié et complété par le décret exécutif N° 95/439 du 23
décembre 1995 relatif aux zones franches.
Ainsi, les investisseurs réalisés dans les zones franches sont exonérés de tous impôts,
taxes et prélèvements à caractère fiscal, parafiscal et douanier, à l’exception :
 des droits et taxes relatifs aux véhicules automobiles, autres que ceux liés à
l’exploitation.
 De la contribution et cotisation au régime légal de la sécurité sociale, lorsque les
travailleurs non résidents n’optent pas pour le régime de sécurité sociale d’un pays
étranger.
Aux termes de l’article 15 du décret exécutif cité ci-dessus « les opérateurs installés
dans la zone franche exportent et importent librement des services et des marchandises pour
les besoins de l’implantation et du fonctionnement suivant le régime fiscal, douanier et de
changes, à l’exception des marchandises prohibées à titre absolu, des marchandises portant à
la moralité et à l’ordre public, à la sécurité publique, à la santé et l’hygiène publiques, ou
bien qui contreviendraient aux règles régissant la propriété intellectuelle ».
Toutes opérations reliant des opérateurs économiques de la zone franche et ceux qui
n’opèrent pas dans cette enceinte géographique, sont soumises aux formalités du commerce
extérieur. Cependant, l’écoulement de biens et services en provenance de la zone franche,
sur le territoire douanier, conformément aux dispositions de l’article 17 du même décret, ne
doit pas excéder 50% du chiffre d’affaires hors taxes de chaque producteur de biens et/ou de
services.
Il est à signaler que toutes les marchandises qui entrent ou qui sortent de la zone
franche, sont soumises à une déclaration en douane simplifiée. Cependant leur circulation à
l’intérieur de cette enceinte géographique est libre.

II-) objectifs des zones franches :


Les objectifs attendus de la création des zones franches, sont tous particulièrement
appréciables, à savoir :
 La suppression du chômage par la création de nouvelles entreprises dans la zone
franche.
 L’amélioration des capacités professionnelles des travailleurs par leur
familiarisation avec les nouvelles techniques technologiques.
 Une utilisation rationnelle des ressources naturelles disponibles.
 Répondre à un souci de développement et d’aménagement d’une région
déterminée.
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Conclusion partielle de la première partie

Après avoir présenté, dans cette partie le dispositif juridique ou théorique


existant en matière de facilitations douanières accordées aux entreprises, qui se résume,
d’un coté par les différents assouplissements apportés aux procédures de dédouanement, et
de l’autre coté par la promotion et l’aménagement des différents régimes économiques
douaniers.

Il est essentiel d’essayer de voir l’applicabilité de ce dispositif juridique et


théorique par l’administration des douanes et de faire ressortir les différents obstacles qui
viennent limiter leur efficacité et apport attendu, en vue d’essayer d’apporter quelques
mesures correctives.

Ces mesures correctives qu’on essaiera de préconiser, dans la partie suivante à


l’administration des douanes, sont recommandées dans un souci de permettre à l’Algérie de
se mettre au diapason des exigences commerciales internationales, mais aussi et surtout pour
permettre à l’administration des douanes de bien s’inscrire dans l’optique des nouvelles
orientations économiques.
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DEUXIEME PARTIE :
ETUDE DES CAS PRATIQUES ET EVALUATION
DES MESURES DE FACILITATION ACCORDEES
AUX ENTREPRISES

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DEUXIEME PARTIE :
ETUDE DES CAS PRATIQUES ET EVALUATION DES MESURES DE FACILITATION
ACCORDEES AUX ENTREPRISES

Dans cette deuxième partie, il sera question dans un premier chapitre de présenter des
cas pratiques sur les procédures de dédouanement accélérées et les régimes économiques
douaniers. Avant de procéder à l’évaluation de ces mesures de facilitations et à la
proposition de quelques recommandations en vue d’améliorer leur efficacité.

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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


 

CHAPITRE N°1 :
PRESENTATION ET ETUDE
DES CAS PRATIQUES

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CHAPITRE 01 :
PRESENTATION ET ETUDE DES CAS PRATIQUES

Dans ce chapitre, on essaiera de mettre l’accent sur les mesures de facilitation mises
en œuvre par l’administration des douanes, en vue de répondre aux attentes des entreprises.
Ainsi, il me parait très important à plus d’un titre, d’essayer de voir sur le plan pratique,
l’apport porté par ces mesures de facilitation aux opérateurs économiques, tant en matière
des procédures de dédouanement accélérées qu’en matière des régimes économiques
douaniers.
A cet effet, il sera question de présenter, dans une première section, deux (02) cas
pratiques illustrant les facilitations relatives aux procédures de dédouanement accélérées, et
dans une deuxième section, deux autres cas pratiques concernant les facilitations liées aux
régimes économiques douaniers.

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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


Section 01 : Cas pratique sur les procédures de dédouanement accélérées

Sous section 01 : Le dédouanement par le SIGAD

Etant donné que, dans la première partie de ce présent mémoire, j’ai procédé à la
définition, la composition, aux opérations prises en charges et les objectifs du système, dans
cette section on se limitera au fonctionnement du système d’information et de gestion
automatisée des douanes, dans l’inspection divisionnaire des douanes d’ANNABA.
Vu l’importance et l’efficacité du système informatisé dans la prise en charge de la
gestion des contingents tarifaires, prévus par l’accord d’association entre l’Union
Européenne et l’Algérie, déjà en vigueur depuis le 1 er septembre 2005, on essaiera de
présenter dans ce qui suit le fonctionnement du SIGAD, afin de montrer tous les objectifs
attendus de sa mise en service.

Paragraphe 01 : Concernant les marchandises prévues par l’accord d’association :

D’abord, il faut signaler que depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’association


entre l’Union Européenne et l’Algérie au 1 er septembre 2005, le système SIGAD prend en
charge, en plus de toutes les opérations citées précédemment, la gestion des contingents.
C’est-à-dire, dans l’accord d’association, il est spécifié des quotas de marchandises
d’origine européennes devant bénéficier de l’exonération et la franchise des droits et taxes
douaniers. 
Après la saisie et la validation des éléments de la déclaration en détail, pour les
marchandises d’origine européenne et prévues par l’accord d’association, le SIGAD procède
à l’édition automatique de la quittance des droits et taxes exigibles pour la délivrance du bon
à enlever, qui permet l’enlèvement des marchandises par l’importateur. Mais, dans cette
quittance on remarque que les quotités des droits et taxes sont 0%, conformément au
nouveau tarif douanier institué en vue de mettre en œuvre l’accord d’association.
Dans ce cadre, le système informatisé fait, également ressortir, au temps réel un état
du contingent tarifaire où il est mentionné l’état d’avancement des quotas, et du coup la
continuité d’importation en franchise des droits et taxes dans le cas où les quantités
importées n’atteignent pas le quota initial, et l’arrêt des importations en franchise des droits
et taxes dans le cas d’épuisement des quotas.

Le système informatisé fait ressortir les informations inhérentes au contingent


tarifaire, qui peuvent être présentées dans un tableau comme suit :

Position Libellé classe Quota Quota % du Quota % du


tarifaire initial importé quota restant quota
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


importé restant

Situation du contingent tarifaire


Etat quantitatif des importations liées au contingent tarifaire

Paragraphe 02 : Concernant les autres marchandises :

Le système informatisé prend en charge toutes les étapes du processus de


dédouanement ; c'est-à-dire de la phase d’enregistrement de la déclaration, jusqu’à
l’enlèvement des marchandises en passant par la liquidation des déclarations.

C’est ainsi qu’au moment où l’enregistrement de la déclaration en douane, dans les


bureaux non informatisés se fait par les services de l’inspection principale aux sections, et sa
cotation à un inspecteur vérificateur selon le procédé du tirage au sort, le système
informatisé assure l’application de toutes ces étapes en procédant, seulement à la validation
des éléments saisis.

Après la cotation de la déclaration à l’un des inspecteurs vérificateurs pour contrôle


et liquidation, ces derniers peuvent recourir à leur pouvoir discrétionnaire quant à la
nécessité de procéder au contrôle des marchandises importées ou à exporter et, le cas
échéant, à sa nature ; c'est-à-dire s’agit-il d’un contrôle physique des marchandises ou d’un
simple contrôle documentaire ? Cependant, quand il s’agit d’un bureau de douane
informatisé, comme le cas du port d’ANNABA, le pouvoir discrétionnaire n’a plus cour, car
le système SIGAD, indique les différents couloirs relatifs au contrôle douanier.

Il existe, dans ce cadre trois (03) couloirs possibles appelés communément


« circuits », à savoir :

 Le circuit rouge : lorsqu’une déclaration est admise en circuit rouge, l’inspecteur


vérificateur est tenu d’exercer et le contrôle documentaire et le contrôle intégral des
marchandises.
 Le circuit orange : lorsqu’une déclaration est admise en circuit orange, l’inspecteur
vérificateur, ne procède généralement qu’au contrôle documentaire.
 Le circuit vert : lorsqu’une déclaration est admise en circuit vert, l’inspecteur
vérificateur suspend tout contrôle immédiat, et il est ainsi transformé en un contrôle
différé.
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


Après l’achèvement des opérations de contrôle et de vérification effectuées par
les agents des douanes, dans les cas des circuits rouge et orange, le SIGAD procède à
l’édition automatique de la quittance des droits et taxes exigibles pour la délivrance du bon à
enlever, qui permet l’enlèvement des marchandises par l’opérateur économique.
La prise en charge de toutes les étapes du processus de dédouanement par le
système SIGAD, permet aux opérateurs économiques d’enlever leurs marchandises, dans un
délai acceptable, contrairement au long séjour des marchandises dans les cas de
dédouanement manuel. Dans ce cadre on a constaté une diminution très importante dans les
délais de séjour des marchandises, qui passe de trente (30) jours en 1995, à un (01) jours,
actuellement notamment lorsqu’il s’agit des déclarations admises en circuit vert.

Sous section 02 : La procédure du circuit vert


Etant donné que, dans la première partie on a évoqué les conditions d’octroi, et le
contrôle douanier relatif à cette procédure de dédouanement accélérée, on se limitera dans
cette section à l’établissement d’un état statistique sur toutes les déclarations enregistrées,
durant les mois de janvier et février, et un état périodique des opérateurs du commerce
extérieur qui ont bénéficié de la procédure du circuit vert au niveau du bureau des douanes
de ANNABA.

Dans ce qui suit, on présentera un état statistique des déclarations admises en


tous les circuits possibles, afin de procéder à une analyse de quelques ratios significatifs, qui
nous permettent de mettre en exergue la mise en œuvre des facilitations accordées aux
entreprises en matière du circuit vert, dans le bureau des douanes du port d’ANNABA.

Mois de janvier 2016


Nbre de déclarations Nbre de déclarations Nbre de déclarations
admises en circuit vert admises en circuit orange admises en circuit rouge
75 69 225

Taux des déclarations admises en circuit vert : 21 %.


Taux des déclarations admises en circuit orange : 18 %.
Taux des déclarations admises en circuit rouge : 61 %.

Mois de février 2016


Nbre de déclarations Nbre de déclarations Nbre de déclarations
admises en circuit vert admises en circuit orange admises en circuit rouge
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


47 49 178

Taux des déclarations admises en circuit vert : 18 %.


Taux des déclarations admises en circuit orange : 18 %.
Taux des déclarations admises en circuit rouge : 64 %.
On constate que les facilitations prônées par l’administration des douanes, en matière
de la procédure du circuit vert, restent moins applicables, au niveau de l’inspection
divisionnaire des douanes d’ANNABA, comme l’attestent les ratios précédents. Avec un
taux de 18 % des déclarations enregistrées, les objectifs attendus de la procédure du circuit
vert ne peuvent pas être atteints.

Ce taux faible des déclarations admises en circuit vert, est peut être le résultat des
conditions d’octroi de cette procédure, notamment celle relative au volume d’activité, parce
que la majorité des opérateurs du commerce extérieur transitant par le port de ANNABA,
sont considérés par l’administration des douanes comme étant des opérateurs occasionnels,
pour lesquels cette dernière hésite d’appliquer la théorie de la gestion du risque.

Cette structure des opérateurs économiques transitant par le bureau des douanes
d’ANNABA peut être mise en exergue à l’aide de l’état périodique (1) des déclarations
admises en circuit vert, qui est établi durant la période qui s’allonge du 01/02 au 15/02/06,
et dans lequel on fait ressortir des informations relatives aux opérateurs qui ont bénéficié de
cette procédure, et la nature des marchandises admises à cette procédure.

On remarque que la procédure du circuit vert peut être accordée, soit pour un
opérateur économique soit pour la marchandise elle même. Cependant, le critère essentiel et
le plus répandu est celui de la conjonction de ces deux facteurs, à savoir le critère personnel
et matériel. Ce taux faible des déclarations admises en circuit vert peut être expliqué,
également par le manque de moyens indispensables, tant matériels qu’humains, à l’exercice
du contrôle post dédouanement qui s’impose dans le cadre des procédures accélérées.

Il est à signaler que ce type de contrôle ne se fait, presque jamais au niveau de


l’inspection divisionnaire des douanes d’ANNABA, en raison de la nature des opérateurs et
des marchandises bénéficiant de la procédure du circuit vert. Autrement dit, l’administration
des douanes, n’accorde cette procédure que pour les entreprises habituelles et ayant un
volume de trafic très important, telle que la société CIVITAL ANNABA, NORD
AFRICAINE MILA.

(1) Voir annexe N° 01

Section 02 : Cas pratique sur les facilitations liées aux régimes économiques douaniers.
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


Dans cette section, il sera question d’étudier deux (02) régimes économiques
douaniers, qui me paraissent très important dans la mesure où ils vont nous permettre de
faire ressortir tous les avantages qui s’attachent aux régimes économiques, il s’agit en
l’occurrence d’un cas relatif à l’admission temporaire pour perfectionnement actif, et du
réapprovisionnement en franchise.

Sous section 01 : Admission temporaire pour perfectionnement actif

L’admission temporaire pour perfectionnement actif est le régime qui permet aux
entreprises d’importer, en admission temporaire en suspension des droits et taxes et dispense
des formalités du commerce extérieur, des marchandises destinées à être réexportées après
avoir subi une ouvraison, transformation ou complément de main d’œuvre.
A travers cette définition, nous allons étudier le cas de la société SPA
« ALCOVEL », spécialisée dans le textile. Cette société importe de la matière première qui
est le coton, et à l’aide duquel, elle produit du velours habillement côtelé destiné à
l’exportation. Donc cette opération est une importation de marchandises destinées à être
réexportées après avoir subi un complément de main d’œuvre.
Dans cette section, on essaiera de schématiser le déroulement de cette opération
comme suit :
I-) L’octroi du régime pour la SPA « ALCOVEL »
I-1) Entreprises bénéficiaires :
Le bénéfice du régime est réservé aux entreprises qui mettent en œuvre elles mêmes,
les marchandises importées. Toutefois une partie des opérations du perfectionnement actif,
peut être effectuée par une autre entreprise (1).
Dans la demande d’admission pour perfectionnement actif (2), déposée au niveau de
l’inspection divisionnaire des douanes d’ANNABA, il est spécifié que l’établissement où les
marchandises importées doivent être transformées est la SPA « ALCOVEL ». Donc cette
société peut bénéficier de ce régime.

(1) Article N° 04 de la décision du DGD du 03/02/99 portant application de l’article 182 du


code des douanes.

(2) Voir annexe N° 02

I-2) Les marchandises admissibles :


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Les marchandises admissibles sous ce régime sont celles destinées à être intégrées
dans les produits compensateurs, il s’agit notamment des matières premières, des produits
semi-finis…etc. donc le coton est une marchandise admissible, car il est destiné à être
intégré dans le produit compensateur.
I-3) Présentation des demandes :
En raison des délais que peut nécessiter l’examen des demandes, il est nécessaire que
les importateurs déposent leurs demandes, suffisamment à l’avance sans attendre que les
produits soient en cours de route ou arrivés sur le territoire national.
L’octroi du régime est subordonné au dépôt d’une demande préalable, auprès de
l’inspection divisionnaire des douanes, dont dépend territorialement le bureau d’importation
des marchandises (1).
Conformément à cette disposition, le directeur d’exploitation de la SPA
« ALCOVEL » a déposé une demande au niveau de l’inspection divisionnaire des douanes
d’ANNABA, cette demande a été transmise au BAT pour l’étude.
Cette demande doit reprendre, notamment la position tarifaire des marchandises
importées, qui est dans notre cas à huit (08) chiffres : 52.01.00.90, ainsi que le délai
nécessaire à l’admission temporaire qui est de six (06) à neuf (09) mois.
Elle comprend, ainsi :
 Nom, raison sociale et adresse de l’entreprise.
 Nature du perfectionnement actif.
 Quantité, valeur et origine des marchandises importées.
 La destination finale des marchandises.
I-4) Délivrance des autorisations :
Après examen des demandes et du dossier joint à l’appui et lorsqu’une suite
favorable leur est réservée, conformément aux conditions édictées par la réglementation en
vigueur, le chef de l’inspection divisionnaire des douanes accorde les autorisations tout en
fixant le taux de suspension des droits et taxes correspondant à la durée d’admission
temporaire dont les délais commenceront à courir à compter de la date de souscription des
acquits.

(1) Article N° 05 de la même décision du DGD.

On trouve au verso de la demande, la décision du chef de l’inspection


divisionnaire des douanes, portant autorisation d’admission temporaire pour
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


perfectionnement actif, en suspension totale des droits et taxes d’importation, pour durée de
neuf (09) mois et en dispense de la caution en application des dispositions de l’article 104
de la loi de finances de 1997. Cette autorisation est délivrée par le service des douanes le
19/04/04 sous le N° 27/DRSE/ANNIDDA/BATAn/04.

I-5) La souscription du régime :


La déclaration établie pour l’assignation du régime de l’admission temporaire
pour perfectionnement actif, est constituée par une déclaration (acquit), obligatoirement
cautionnée conformément à l’article 119 du code des douanes. Mais
Dans notre cas, on remarque que l’importateur a bénéficié de la dispense de la
caution en application de l’article 104 de la loi de finances pour 1997. Et la déclaration en
détail doit être déposée auprès du bureau des douanes ayant autorisé initialement
l’autorisation.
Pour le produit « balles de cotons », le service transit de la SPA ALCOVEL, a
souscrit une déclaration d’admission temporaire pour perfectionnement actif ayant pour
code 78/02, le 20/04/04 (1), en six (06) exemplaires et accompagnée du contrat commercial
d’exportation.

II-) Les formalités accomplies durant l’admission temporaire


II-1) Le rôle du service des douanes :
Après enregistrement, vérification, identification des marchandises, ainsi que
révision et paiement des redevances douanières, la déclaration sera transmise par le receveur
des douanes au service chargé des acquits (2).
Durant le séjour des marchandises en admission temporaire, des visites de contrôles
peuvent être effectuées, à intervalles réguliers par les agents des douanes, au lieu
d’implantation de transformation (site ALCOVEL) et consignées dans un rapport de service
dont une copie sera transmise au chef d’inspection divisionnaire territorialement compétent
(ANNABA).

(1) Voir annexe N° 03

(2) Manuel des régimes douaniers économiques, page 06.

II-2) Obligations de l’importateur :


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Durant les neufs (09) mois d’admission temporaire des marchandises, la SPA
ALCOVEL est tenue d’utiliser, exclusivement les marchandises importées pour les besoins
du régime de l’admission temporaire pour perfectionnement actif, c'est-à-dire dans notre cas
pour la fabrication des produits compensateurs (velours habillement côtelé) destinés à être
réexportés.
III-) Apurement des acquits 
Avant échéance des délais accordés et sous réserve des éventuelles prorogations de
délais accordées par le directeur régional ou le chef d’inspection divisionnaire, les produits
compensateurs doivent être réexportés ou faire l’objet d’un régime douanier autorisé par la
législation.
Ce régime peut être apuré par la mise à la consommation, dans les cas notamment de
rupture de contrat ou de retour des marchandises exportées considérées par l’acheteur
comme non conforme à la commande. Cet apurement est autorisé aux conditions ci-après :
 les marchandises importées intégrées ou utilisées pour la fabrication des produits
compensateurs doivent être libres à l’importation au regard de la réglementation du
commerce extérieur à la date d’enregistrement de la déclaration de mise à la
consommation.

 Apurement préalable de contentieux éventuellement relevés.


 Paiement des droits et taxes suspendus majorés de l’intérêt de crédit.
 Dans notre cas, l’apurement des acquits s’est fait par le régime d’exportation des
produits compensateurs, mais cet apurement est subordonné à la souscription :
 d’une déclaration d’exportation pour les produits compensateurs.
 D’une déclaration de réexportation des marchandises importées en admission
temporaire ayant subies un complément de main d’œuvre (1).

Après avoir présenté ce cas pratique, on essaiera de faire ressortir tous les avantages
escomptés de ce régime :
- La société ALCOVEL a bénéficié d’une exonération totale des droits et taxes exigibles
à savoir :
 Droit de douane : 5% de 10807779.00 = 540388.95 DA
 TVA : 17% de 11348167.95 = 1929188.55 DA
 Le total dont a bénéficié la SPA ALCOVEL est = 2469577.40 DA

(1) Voir annexe N° 04


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Cet avantage financier se répercutera directement sur les coûts des produits exportés,
et il vient en diminution du prix de ces produits puisqu’ils ne sont grevés d’aucune
imposition locale, et par conséquent cette facilitation accordée par l’administration des
douanes permet à l’entreprise exportatrice en l’occurrence SPA ALCOVEL, de bien se
positionner sur le marché du textile international grâce à ses prix compétitifs. Et cette
capacité de rivaliser sur le plan international permet à cette entreprise de créer, à l’avenir
d’autres canaux de commercialisation de ses produits.

Sous section 02 : Cas pratique sur le réapprovisionnement en franchise


Le régime douanier de réapprovisionnement en franchise est défini par l’article 186
du code des douanes.
Il consiste à accorder l’exonération totale ou partielle des droits et taxes à
l’importation, pour des produits équivalents à ceux contenus ou utilisés dans la fabrication
de la marchandise exportée, et qui ont fait l’objet lors de leur importation d’une mise à la
consommation.
A travers cette définition, nous allons étudier le cas de la société SPA « EMBAG »
spécialisé en emballage et arts graphiques ; c’est une SPA au capital social de 300 000 000
DA filiale de GIPEC. Cette entreprise a importé des produits, sous le régime de la mise à la
consommation, qui ont été intégrés et utilisés dans la fabrication des marchandises
initialement destinées au marché local, mais finalement ces produits compensateurs ont fait
l’objet d’une exportation. Et dans ce cas, elle demande à l’administration des douanes,
conformément aux articles 186 et 187 du code des douanes, de bénéficier d’un régime de
réapprovisionnement en matières premières, en franchise des droits et taxes.
Dans cette section, on essaiera de schématiser les étapes de cette opération comme
suit :

I-) L’octroi du régime pour la SPA « EMBAG »


I-1) Champ d’application du régime :
Le champ d’application du régime est limité quant aux marchandises admissibles à la
compensation, à l’équivalent et quant aux personnes bénéficiaires.

A) Marchandises admissibles :
Les marchandises admissibles sous ce régime sont celles destinées à être
intégrées dans les produits compensateurs, il s’agit notamment des matières premières,
produits catalyseurs, produits semi finis…donc le produit objet du réapprovisionnement en
franchise PAPIER KRAFT, est une marchandise admissible parce qu’il est équivalent aux
produits contenus dans le produit exportés, par leur espèces, qualité et caractéristiques
techniques.
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B-) Bénéficiaires du régime
Au sens de l’article 188 du code des douanes, le bénéfice du régime est réservé aux
personnes établies sur le territoire douanier, qui transforment eux-mêmes les marchandises
importées. Néanmoins, le fabricant est autorisé à faire appel à une sous-traitance nationale
pour des nécessités et impératifs de production propre à sa branche d’activité.
Dans la fiche technique de fabrication (1) annexée à la demande de
réapprovisionnement en franchise, il est mentionné que l’entreprise qui a procède à la
fabrication des marchandises exportées est bien la SPA « EMBAG». Donc cette entreprise
peut bénéficier de ce régime.

I-2) Présentation des demandes


L’octroi du régime de réapprovisionnement en franchise est subordonné au dépôt
d’une demande de l’opérateur, auprès du service des douanes de wilaya compétent pour
l’opération d’exportation et d’importation. Cette demande doit être introduite après
l’opération d’exportation (2).
Conformément à cette disposition, le président directeur général de la
SPA « EMBAG» a déposé une demande (3) de réapprovisionnement en franchise le
08/01/05, auprès de l’inspection divisionnaire des douanes d’ANNABA.
Cette demande doit reprendre notamment, les éléments suivants :
 L’adresse de l’entreprise concernée.
 La nature, la sous position tarifaire et la valeur des marchandises exportées.

 La nature, la sous position tarifaire et la quantité des produits intégrés dans la


fabrication des marchandises exportées et devant faire l’objet d’un
réapprovisionnement en franchise.
 Délai sollicité pour la réalisation de l’opération d’importation (06 mois).
 La provenance des produits à importer.
 Contrat et déclaration d’exportation (1).

(1) Voir annexe N° 05


(2) Article 04 de la DGD du 03/02/99 fixant les modalités d’application de l’article 187 du code
des douanes.
(3) Voir annexe N° 06
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I-3) Délivrance des autorisations :
Après examen des demandes et du dossier joint à leurs appui et lorsqu’une suite
favorable leur est réservée, conformément aux conditions édictées par la réglementation en
vigueur, le chef de l’inspection divisionnaire des douanes accorde les autorisations tout en
fixant la nature et quantité des produits à importer, le délai d’importation ainsi que les
mesures retenues pour le contrôle de l’équivalence.
Cette autorisation a été accordée par le chef d’inspection divisionnaire des douanes le
25/01/05 sous le N° 01/DRSE/IDBE/BAT/05 (2). Dans cette autorisation, on trouve la nature
et quantité des produits à importer et qui correspond à ce qui a été demandé par la société à
savoir deux cents (200) tonnes de PAPIER KRAFT ECRU. On retrouve également le délai
d’importation accordé et qui est, dans notre cas identique à celui qui a été demandé. Ce délai
est de six (06) mois à compter du 25/01/05, tout en sachant que l’entreprise a sollicité un
délai de 06 mois.

I-4) Souscription du régime


La déclaration d’importation doit comporter les documents commerciaux et l’original
de l’autorisation du réapprovisionnement en franchise, pour contrôle et apurement de
l’opération. A cet effet, la section importation de la SPA « EMBAG », a souscrit une
déclaration d’importation (3) code 1007, le 21/02/05, au niveau du bureau des douanes de
ANNABA. Et dans la fiche de fabrication sac ciment exportation, il est spécifié la quantité
des marchandises importées et utilisées dans la fabrication des sacs à exporter, à savoir 200
tonnes et 683 KG.
On remarque, dans la déclaration d’importation en franchise des droits et taxes, que
la quantité mentionnée est, exactement égale à celle spécifiée dans la fiche de fabrication.

(1) Voir annexe N° 07


(2) Voir annexe N° 08
(3) Voir annexe N° 09
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II-) Déroulement de l’opération de réapprovisionnement en franchise

II-1) Contrôle des produits importés :


Le contrôle technique de l’opération, consiste à s’assurer que les produits importés
sont équivalents à ceux contenus ou utilisés pour la fabrication des marchandises exportées,
quant à leurs nature, quantité et caractéristiques techniques.
En matière de contrôle de l’équivalence des marchandises, aucune méthode précise
ne peut être arrêtée, ainsi le service conserve toute la latitude pour utiliser les moyens
appropriés en rapport avec les spécificités et particularités de chaque opération. Sans
toutefois verser dans un excès de contrôle susceptible d’enlever toute son efficacité à ce
régime, qui est en définitif un instrument de promotion des exportations non programmées.
La méthode de contrôle retenue doit être la plus souple possible, selon que les
marchandises à exporter, sont déjà fabriquées, en cours de fabrication ou en instance de
fabrication. Le contrôle peut être fondé sur la simple comparaison des échantillons des
produits utilisés ou contenus dans les marchandises exportées, avec les échantillons des
produits importés, sans faire appel, systématiquement à une analyse en laboratoire (1).

Dans notre cas, aucune mesure de contrôle spécifique n’est retenue, mais d’après les
propos des inspecteurs vérificateurs, le contrôle de cette opération s’est fait par une simple
étude des documents y annexés à la demande, alors que, dans la demande de
réapprovisionnement en franchise, les moyens proposés pour le contrôle quantitatif et
technique de l’équivalence sont E.NA.C.T.

II-2) Liquidation de la déclaration d’importation


La déclaration d’importation exige pour sa liquidation, le retrait de la déclaration
d’exportation et la production, pour apurement définitif de l’original de l’autorisation du
réapprovisionnement en franchise.
Cependant, la liquidation de la déclaration d’importation est différée lorsque
l’autorisation de réapprovisionnement prescrit un prélèvement d’échantillon pour analyse en
laboratoire ou pour simple comparaison avec ceux prélevés avant l’exportation des
marchandises (2).

(1) Manuel des régimes économiques douaniers, CNID 1995 pages 22.
(2) IDEM, pages 23.
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Concernant notre cas, la décision du chef d’inspection divisionnaire portant
autorisation de réapprovisionnement en franchise, n’a pas prescrit un prélèvement
d’échantillons. Donc la liquidation de la déclaration est instantanée ; elle ne sera pas
différée.

La déclaration d’importation donne lieu, obligatoirement à une liquidation normale


des droits et taxes, pour déduction du montant des droits et taxes déjà acquittés ; c'est-à-dire
établir une comparaison entre le montant des droits et taxes déjà acquitté et celui des droits
et taxes exigible, mais exonéré du fait du régime de réapprovisionnement en franchise.
Cette liquidation peut donner lieu à deux cas de figure qu’on peut citer comme suit :
 Dans le cas où le montant liquidé est égal ou inférieur au montant acquitté,
l’importation est admise en exonération des droits et taxes. Le remboursement du
reliquat éventuel n’est pas prévu par le code des douanes pour l’application du régime
du réapprovisionnement en franchise.
 Par contre, lorsque le montant liquidé est supérieur au montant acquitté, la différence
fait l’objet d’une perception, et donne lieu à établissement d’une quittance détaillée du
montant des droits et taxes.
Dans notre cas le montant des droits et taxes acquitté pour l’ensemble des
marchandises importées initialement, et non seulement celles contenues dans les produits
exportés, selon la quittance (1) du 28/06/15, et nonobstant de tous autres recouvrements et
opérations diverses, est le suivant :
 Droits de douanes : 68407563.00 * 5% = 3420378.15 DA
 TVA : 71827941.15 * 17% = 12210750.00 DA

A savoir un montant total des droits et taxes acquitté de 15631128.00 DA


Le montant exigible par la déclaration d’importation en franchise est le suivant :

 Droits de douanes : 9133403.00 * 5% = 456670.15 DA


 TVA : 9590073.15 * 17% = 1630312.44 DA
A savoir un montant total exigible des droits et taxes de 2086982.00 DA, cependant,
dans la quittance (2) relative à l’opération d’importation effectuée le 21/02/05, on ne retrouve
aucune trace des droits et taxes, sauf les autres recouvrements et opérations diverses.

(1) Voir annexe N° 10


(2) Voir annexe N° 11
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On constate, dans notre cas que le problème de remboursement du reliquat ou la
perception des droits et taxes ne se pose pas, car l’entreprise bénéficiaire de ce régime a
demandé et a importé des marchandises, identiques et en quantité et valeur égale à celle
utilisée dans les produits exportés à savoir 200 tonnes et 683 KG.
Le principal avantage que procure ce régime de réapprovisionnement en franchise est
d’ordre financier, dans la mesure où la SPA « EMBAG », bénéficie d’une franchise de
paiement de 2086982.00 DA. De cet avantage découle l’allégement de la trésorerie de
l’entreprise, mais aussi et surtout le renforcement des capacités concurrentielles de cette
société, qui en constitue les objectifs majeurs de l’aménagement des régimes économiques
douaniers.

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CHAPITRE 02 :
  EVALUATION DES MESURES
DE FACILITATION ET
PROPOSITION DE MESURES
CORRECTIVES

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CHAPITRE 02 :
EVALUATION DES MESURES DE FACILITATION ET PROPOSITION DE MESURES
CORRECTIVES

Dans ce chapitre il sera question, dans un premier lieu, d’essayer de mettre en


exergue les avantages et les biens faits tirés par les entreprises à travers les mesures de
facilitation entreprises par l’administration des douanes, mais aussi et surtout, d’essayer de
relever quelques lacunes concernant l’apport porté par ces mesures d’assouplissement. Puis,
dans un deuxième lieu, on essaiera d’apporter notre petite expérience pratique et théorique
en proposant quelques rectifications et correctifs à ces mesures afin de mieux répondre aux
attentes des entreprises.

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Section 01 : Evaluation des mesures de facilitation accordées aux entreprises

Sous section 01 : L’apport des mesures de facilitation aux entreprises


Les procédures de dédouanement ainsi que les régimes économiques douaniers
aménagés par l’administration des douanes, offrent des avantages considérables aux
opérateurs économiques, c’est ainsi qu’on les présentera comme suit :

Paragraphe 01 : Les avantages tirés des procédures de dédouanement

Les procédures de dédouanement du droit commun, comme celles accélérées recèlent


en leurs seins des avantages pour les opérateurs économiques, ces avantages peuvent être les
résultats des:

I-) Mécanismes douaniers durant la phase d’attente :


L’administration des douanes en sa qualité de garante des intérêts du trésor public,
elle veille à la préservation des marchandises sous son contrôle, qui constituent une garantie
sûre de la perception des droits et taxes. Cette mission de l’administration des douanes se
réalise essentiellement à travers les mécanismes qu’elle a instaurés durant la phase d’attente
des marchandises, à savoir les magasins et aires de dépôt temporaire (MADT) et le dépôt en
douane.

Les entreprises importatrices voient ainsi, leurs intérêts protégés par l’administration
des douanes, via la préservation de leurs marchandises mises sous douane. Outre la sécurité
des marchandises que peut assurer les agents des douanes, les opérateurs économiques sont
autorisés, durant cette phase d’attente, à procéder aux opérations de nettoyage, de
remplacement des emballages ainsi que toutes les opérations visant à conserver les
marchandises sous leur bon état.

II-) Les facilitations d’établissement de la déclaration en douane :


L’administration des douanes a introduit quelques atténuations au principe de la
déclaration en détail, en autorisant les opérateurs du commerce extérieur à souscrire, d’un
coté des déclarations autres que celle en détail, et de procéder à l’annulation des
déclarations, déjà souscrites d’un autre coté. Ces atténuations peuvent être perçues comme
des facilitations aux entreprises dans la mesure où elles permettent de réduire le temps et les
coûts relatifs au processus de dédouanement.

C’est ainsi, par exemple, la déclaration provisoire et la déclaration anticipée peuvent


servir, d’un coté aux désengorgements portuaires, et de l’autre coté à l’enlèvement des
marchandises dés leurs arrivées aux ports. Ces avantages sont possibles, parce que ces deux
(02) types de déclarations sont destinés à ne pas bloquer les marchandises dans les enceintes
portuaires, pour le manque d’un seul document qui doit être annexé à la déclaration et à
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


permettre aux services des douanes d’entamer les opérations de contrôle avant l’arrivée des
marchandises aux quais.

L’administration des douanes contribue, également à la réduction des coûts de


l’acheminement des marchandises importées ou à exporter, lorsqu’elle a instauré le
mécanisme de la déclaration simplifiée dans les cas du transit notamment. Ce type de
déclaration évite à l’opérateur économique, de recourir aux services des commissionnaires
en douane pour l’établissement de la déclaration, puisque les énonciations de cette
déclaration sont très générales.

L’entreprise importatrice est autorisée de visiter ses marchandises, même


avant le dépôt de la déclaration, et cela à travers la déclaration pour reconnaissance qui leur
permet de s’assurer de la nature et de la qualité des marchandises expédiées par le
fournisseur, et du coup éviter toutes les infractions éventuelles pouvant résulter de
l’ignorance d’informations sur les marchandises objet de déclaration.

III-) Les avantages tirés des modalités de paiement

L’avantage essentiel de ces modalités de paiement consiste, en l’allégement de


la trésorerie des entreprises, qui peut se traduire, soit par l’utilisation des recettes
disponibles dans d’autres investissements, soit par l’enlèvement des marchandises sans
paiement des droits et taxes pour les entreprises qui souffre d’un trou de trésorerie.

Cet avantage peut être assuré, par le taux de la caution qui n’est que de 10%
des sommes exigibles, ainsi que le crédit d’enlèvement et le crédit du droit.

VI-) L’apport des procédures de dédouanement accélérées

L’administration des douanes, dans un souci de mieux répondre aux attentes


des entreprises, elle a mis en œuvre de nouveaux mécanismes, dont les avantages offerts aux
entreprises sont tous particulièrement appréciables.

A-) Concernant le SIGAD

Le système informatisé (SIGAD) offre des avantages considérables aux


entreprises, notamment par la disponibilité totale de l’administration des douanes ; c’est
ainsi que l’opérateur économique peut introduire sa déclaration à tout moment et où qu’il
soit sans avoir à se déplacer au bureau des douanes.

Ce système, à travers une élaboration rapide et fiable des statistiques


douanières et du commerce extérieur, il est une source d’informations importante pour les
opérateurs du commerce extérieur dans leurs processus décisionnels.
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


Les délais du processus de dédouanement sont, du fait de l’utilisation du
système informatisé, démesurément réduits parce que les formalités douanières sont prises
en charge au temps réel. Ce gain du temps s’avère à la fois important, du fait de
l’importance de ce facteur dans les opérations commerciales, et du fait de la réduction des
coûts de séjour et d’emmagasinage des marchandises importées ou à exporter dans les
enceintes portuaires.

B-) Concernant le circuit vert et le dédouanement à domicile

Ces deux mesures de facilitation assurent la continuité normale du cycle de


production des entreprises, parce qu’elles permettent le transfert des marchandises des
enceintes portuaires aux locaux des entreprises. Et du coup ces dernières peuvent
s’approvisionner dans les délais opportuns, sans qu’il y’ait rupture dans ses stocks, et c’est
ainsi qu’elles peuvent être en mesure de satisfaire la demande de leurs clients.

Paragraphe 02 : Les avantages tirés des régimes économiques douaniers

La situation monopolistique de l’Etat sur le commerce extérieur, durant prés


d’un demi-siècle, a fait du régime douanier « mise à la consommation », la situation
juridique sous laquelle sont placées toutes les marchandises importées. Cependant le recul
qu’a connu l’Etat dans ce domaine, et la libéralisation des échanges extérieurs, ont poussé
les entreprises nationales à s’ouvrir beaucoup plus sur le marché international.

Ce nouvel environnement économique a été très hostile aux entreprises


nationales, du fait notamment de la grande concurrence qu’imposent les opérateurs du
commerce extérieur. Donc ces entreprises sont astreintes à améliorer leur productivité et
leur compétitivité qui passent par la conjonction de plusieurs facteurs dont certains
échappent à l’entreprise et nécessitent l’intervention de la douane.
C’est dans cette optique que se situe l’intervention de la douane à travers
l’aménagement des régimes douaniers économiques et les avantages fiscaux accordés aux
entreprises.
Les régimes douaniers économiques permettent aux entreprises de promouvoir leur
politique et stratégie orientées vers l’exportation et de développer leurs capacités
concurrentielles sur le marché international.

D’abord, les régimes économiques douaniers, en vertu de leur caractère


commun qui consiste en la suspension des droits et taxes exigibles, présentent des avantages
considérables pour les entreprises à savoir : l’allègement de la trésorerie qui peut être perçu
sur deux angles différents :
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LES MECANISMES DOUANIERS AU SERVICE DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE


 Concernant les entreprises qui ont un défaut de trésorerie, elles peuvent importer et
enlever des marchandises dont elles ont besoin, sans pour autant payer les droits et
taxes.
 Concernant les entreprises dont la situation financière est bonne, elles peuvent faire
orienter leurs ressources disponibles vers d’autres challenges tels que de nouveaux
investissements…
Cependant les régimes économiques douaniers, présentent des avantages
inhérents à chacun d’eux que l’on peut citer comme suit :

 L’entrepôt : Ce régime permet à l’entreprise de faire appel à son stock, à chaque fois
que le besoin se fait sentir, sans effectuer une opération d’importation qui, de par ses
délais risque de ne pas répondre aux besoins immédiats de l’entreprise. Ce régime
permet notamment à l’entreprise de procéder au dédouanement partiel des
marchandises mises sous ce régime, en fonction des besoins de commercialisation ou
de production, et de ses ressources disponibles.
 Le réapprovisionnement en franchise et l’admission pour perfectionnement
actif : Ces deux régimes sont instaurés par l’administration des douanes, dans le but
de promouvoir les exportations hors hydrocarbures, et ils recèlent en leurs sein des
avantages aux entreprises exportatrices, à savoir :

 Les produits importés en vue d’être réexportés, bénéficient d’un traitement prioritaire
au niveau des services des douanes, et du coup une réduction importante dans les
délais de réapprovisionnement en produits indisponibles sur le marché national, et
également des coûts relatifs au processus d’acheminement des marchandises
importées.
 Les produits compensateurs ne sont grevés d’aucune taxe, donc leurs prix deviennent
plus compétitifs, et les entreprises bénéficiant de ces régimes peuvent ainsi se
rivaliser sur le marché international. Cet avantage peut se concrétiser aussi par la
création de nouveaux canaux pour la commercialisation de leurs produits.
 L’entreprise bénéficiaire de ces régimes se voit offrir, par les mécanismes instaurés
par l’administration des douanes, de multiples choix pour les apurer. Cet avantage
consiste en l’apurement des régimes selon la formule qui lui parait favorable, car
l’entreprise peut procéder à la mise à la consommation ou à la vente de ces
marchandises importées, lorsqu’elle estime que les frais que va générer leur
réexportation vont lui causer des dommages importants ou pour quelconque raison.
 L’admission temporaire pour réexportation en l’état : Ce régime permet aux
entreprises résidentes sur le territoire national, de recourir aux offres du marché
extérieur, lorsque le marché intérieur ne peut pas répondre à leurs préoccupations. Ce
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régime permet aussi à l’entreprise de bénéficier des avantages procurés par le
développement technologique, à travers les matériels de production les plus
performants, importés temporairement sans avoir à les acheter, mais simplement en les
louant pour la durée de réalisation de son projet.
 Le transit : Ce régime permet à l’entreprise importatrice, de dédouaner ses marchandises
dans le bureau des douanes le plus proche de ses locaux et de ses magasins.
 L’entrepôt industriel : Ce régime a pour avantage de regrouper les deux phases
stockage/fabrication qui sont des fonctions des deux régimes de l’entrepôt et du
perfectionnement actif, dans un acte douanier unique constitué par une déclaration.
Donc, l’entreprise peut ainsi faire appel à ces deux régimes à la fois sans accomplir
toutes les formalités administratives.
Ce régime présente un intérêt économique particulier, dans la mesure où il permet à
l’entreprise d’intervenir, simultanément sur le marché intérieur et sur le marché
extérieur suivant la conjoncture et les débouchés du marché d’exportation, en

Bénéficiant pendant le stockage et le cycle de fabrication de la suspension des droits et


taxes sur les marchandises importées.

Ce régime comporte, en outre les avantages de la zone franche, sans en


comporter les inconvénients, par le fait qu’il n’oblige pas l’industriel, à déplacer son
usine ou à créer une nouvelle usine dans une zone sous douane délimitée.
Sous section 02 : Les insuffisances des mesures de facilitation

Dans cette section, on essaiera de faire ressortir, dans un premier lieu les
limites des mesures de facilitation douanières sur le plan théorique (juridique), pour ensuite,
procéder à la présentation de leurs insuffisances sur le plan pratique.

Paragraphe 01 : Les insuffisances juridiques (théorique)

Ces insuffisances sont relevées de notre lecture de la réglementation douanière


en vigueur, ayant trait avec les mesures de facilitations accordées aux entreprises. Ces
insuffisances peuvent se résumer ainsi :

 La souscription obligatoire d’une caution concernant les régimes économiques : le code


des douanes, dans son article 117, prévoit la souscription obligatoire d’une caution
couvrant 10% des droits et taxes exigibles. Cette disposition est perçu comme étant une
facilitation de paiement, cependant lorsqu’il s’agit du régime de l’entrepôt, cette mesure de
facilitation peut s’avérer inefficace parce que l’entreprise, malgré le taux réduit de la
caution, elle est sujette au paiement d’un montant volumineux des droits et taxes. Le
volume important du montant à payer est du, principalement au fait que l’entreprise
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importe, généralement de quantités faramineuses de marchandises pour répondre à ses
besoins qui s’allongent sur une longue durée.
  La rigidité des critères et des conditions d’octroi des procédures de dédouanement
accélérées, notamment en matière du circuit vert où l’administration des douanes se voit
limiter sa marge de manœuvre. Raison pour laquelle le nombre d’opérateurs bénéficiant de
cette procédure reste insignifiant, par rapport au volume du trafic au niveau du port
d’ANNABA.
Paragraphe 02 : Les insuffisances pratiques

1-) La difficulté d’exercer le contrôle post dédouanement :

D’abord, avant de procéder aux opérations de contrôle, il est à signaler que la


sélection des opérations à contrôler, dans le cadre de ce contrôle n’obéit pas toujours aux
critères posés par la convention de KYOTO. Ensuite, ce contrôle ne se fait pas au sein de
l’inspection divisionnaire d’ANNABA, en raison de certains paramètres que l’on peut
citer comme suit :

 IL existe encore des anomalies au niveau de la comptabilité des entreprises, c'est-à-dire


en dépit de la réglementation qui stipule l’obligation de tenir une comptabilité au réel,
par les entreprises bénéficiaires de certaines procédures de dédouanement accélérées,
ces dernières ne tiennent pas une comptabilité matière ou elles ne la communiquent pas
facilement lorsque le service la demande.
 Le manque en effectif spécialisés en matière des techniques comptables, qui est du
peut être au manque de profil de compétence, bien établi lors des recrutements, même
si la fonction de contrôle à posteriori nécessite une haute technicité comptable.

2 -) Absence de contrôle permanent pour les régimes douaniers économiques :


La présence douanière dans les entrepôts au niveau de l’inspection divisionnaire des
douanes d’ANNABA n’est pas permanente. Les agents des douanes ne sont présents que s’il
y a entrée des marchandises en entrepôt. Cependant les opérations de manipulation ou de
mise à la consommation ne sont effectuées qu’après le déplacement du propriétaire de
l’entreprise au niveau du port pour solliciter la présence d’un agent des douanes. Ce qui
engendre un retard considérable, puisque pour les entrepôts situés loin du port comme dans
le cas des sociétés sises à AKBOU, la venue de l’agent des douanes peut prendre beaucoup
de temps du fait de la distance à parcourir.
3-) Concernant la procédure de dédouanement à domicile :

Cette procédure permet le dédouanement des marchandises sans avoir à passer


par un bureau des douanes, cependant au niveau de l’inspection divisionnaire des douanes
de ANNABA, aucun opérateur économique ne dispose d’un terminal installé au sein de ses
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locaux et ils doivent, en conséquence se déplacer dans le bureau des douanes, afin de
pouvoir déclarer leurs marchandises.

Donc, les objectifs prônés par l’administration des douanes, de l’application de


la procédure de dédouanement à domicile, restent irréalisables du fait de son inapplication.
Et du coup, les entreprises ambitionnant bénéficier de cette procédure, se voient ainsi, lésées
par les services des douanes.

4-) Une application limitée de la procédure du circuit vert :

En dépit des ambitions affichées par l’administration des douanes, qui


consistent notamment à atteindre 50 % des déclarations admises en circuit vert, ce taux reste
très faible au niveau de l’inspection divisionnaire des douanes, parce qu’il avoisine les 20 %
seulement (selon les statistiques recueillies pendant la durée du stage pratique). 

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Section 02 : Proposition de mesures correctives

Dans cette dernière section, j’essaierai de présenter quelques correctifs, et


d’émettre quelques propositions et recommandations, suite aux anomalies et irrégularités
constatées dans la première section.

Sous section 01 : Présentation de quelques mesures correctives

Ces mesures correctives porteront, essentiellement sur le contrôle post


dédouanement que l’administration des douanes est, de plus en plus, tenue à le développer
et le promouvoir afin qu’elle se verse progressivement et d’une manière efficace dans la
phase d’accompagnement et d’orientation des opérateurs économiques. Cependant, il sera
dans un premier lieu d’apporter quelques recommandations concernant les mesures de
facilitation déjà entreprises par l’administration des douanes. C’est ainsi qu’il est question
d’émettre quelques recommandations concernant les régimes économiques douaniers.

Paragraphe 01 : Concernant les régimes économiques douaniers :

Les régimes économiques douaniers constituent certes, une facilitation


importante pour les entreprises notamment en ce qui concerne l’amélioration de capacités
concurrentielles. Cependant afin de tirer le maximum de profit attendu de leur
aménagement, il est important de personnaliser les régimes économiques douaniers, c'est-à-
dire l’administration des douanes est tenue de faire adapter le régime sollicité par
l’entreprise aux besoins, préoccupations, objectifs et capacité de cette dernière.

Cette recommandation trouve sa source dans la réglementation des pays


développés, et notamment en Europe, où l’administration des douanes permet différentes
formules pour un même régime économique, dans le but de mieux répondre à la variété des
situations commerciales et de la conjoncture économique.

Il est à noter, également qu’en matière des régimes économiques, la


suppression ou la réduction du taux de la caution, dans un régime tel que l’entrepôt, peut
mieux répondre aux attentes des entreprises pour les raisons citées dans les insuffisances
juridiques.

Paragraphe 02 : concernant la politique de recrutement et de formation :

Dans ce cadre, on a constaté un manquement dans la prise en charge des


nouvelles missions assignées à l’administration des douanes, notamment après le passage à
la phase d’accompagnement des entreprises et les nouveaux objectifs recherchés par
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L’administration des douanes. Raison pour laquelle, on a estimé important d’émettre
quelques recommandations, concernant :

1- Le profil de compétence de l’encadrement et des agents des douanes :

Il serait trivial de dire qu’une administration sous encadrée ne peut pas


répondre aux attentes des entreprises et des citoyens. Plus encore, les cadres de
l’administration publique ne sont pas formés au nouveau rôle qu’on veut leur faire jouer. Ce
qui pose avec acuité le problème de la conduite du changement et de la prise en charge des
nouveaux métiers de l’administration (1).

L’administration des douanes souffre comme toutes les autres administrations,


d’un manque des personnels, capables de bien prendre en compte le nouveau rôle que les
autorités économiques du pays veulent leur faire jouer. A cet effet, il est nécessaire de
mettre en place un système de recrutement et de formation qui peut répondre aux besoins de
l’administration des douanes en matière des ressources humaines.

Pour ce faire, il me parait important de faire introduire les nouvelles missions


dans les programmes de formation, et les profils de compétence des personnels douaniers.

2- Comment traduire les missions en objectifs de façon à donner un sens au travail ?

Comme le soulignaient très justement, les gestionnaires des ressources


humaines des entreprises, l’administration éprouve des difficultés à traduire ses missions en
objectifs et partant, à donner un sens au travail de ses collaborateurs.

(1) Cour de Mr AHMED RAHMANI, gestion des ressources humaines, Le contexte de la fonction
publique, page 35.

On peut dire, et ceci est valable pour tout travailleur, que pour motiver les
fonctionnaires, il faut donner un sens à leur travail, qu’ils sachent dans quelle direction ils
sont engagés et dans quel but. Pour cela, tout le monde admet aujourd’hui que la motivation
n’est pas liée aux seuls éléments matériels de la vie professionnelle mais qu’il faut la
rechercher dans la clarté des objectifs que se donne une organisation.

L’administration des douanes doit, en conséquence clarifier ses objectifs à tous


ses personnels, via les différentes facilitations entreprises au profit des entreprises, et du
coup les fonctionnaires sauront dans quelle direction, ils sont engagés et dans quel but.

Paragraphe 03 : concernant le contrôle post dédouanement :

Comme on l’a déjà vu dans les sections précédentes, l’efficacité et l’apport


attendu par les mesures de facilitation entreprises par l’administration des douanes au profit
des entreprises, ne peuvent se réaliser qu’en différant le contrôle douanier et le rendant, à la
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fois souple mais très efficace. L’administration des douanes, dans cette optique, elle est
tenue d’accorder des facilitations aux entreprises mais sans perdre de vue l’aspect contrôle
qui doit être transformé en un contrôle post dédouanement.

Afin que ces contrôles post dédouanement ne perdent pas leur efficacité, on a
jugé utile de suggérer quelques recommandations, à savoir :

1-) Sur le plan organisationnel :

Les contrôles après dédouanement impliquent la mise en œuvre de moyens


spécifiques et requièrent une technicité particulière. Raison pour laquelle, cette tache doit
être confiée à des services spécialisés, contrairement à la situation actuelle à l’inspection
divisionnaire de ANNABA, où le service de la lutte contre la fraude et le service chargé de
l’enregistrement des déclarations admises en circuit vert, procèdent au contrôle post
dédouanement.

L’implantation de structures spécialisées dans ce type de contrôle, doit obéir à


certains principes que l’on peut citer ci après :

 L’étendue du territoire géographique doit être prise en charge, afin d’éviter les longs
déplacements aux enquêteurs.
 La localisation des principales entreprises à contrôler peut être un critère de choix pour
implanter un service d’enquêtes.
 Créer plusieurs services, mais si les moyens dont dispose l’administration ne sont pas
suffisants, il convient de les concentrer dans un seul site.

2-) La maîtrise de la fonction renseignement :

L’exigence de fluidité du trafic, la complexité des réglementations rend les


contrôles après dédouanement incontournables. Cette technique se caractérise par la
dissociation entre l’appréhension des flux physiques et les opérations de contrôle. Ainsi
pour compenser ce handicap, le service chargé de ce contrôle doit exploiter le maximum
d’informations.

Il est alors impératif de maîtriser, et notamment d’organiser la fonction


renseignement.

3-) Le développement de l’analyse de risque :

L’administration des douanes, dans le but de mieux répondre aux attentes des
entreprises, elle a l’obligation de mettre en œuvre des contrôles dissuasifs, efficaces et
proportionnés.
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Pour atteindre cet objectif, le développement de l’analyse des risques est
indispensable. Cela passerai automatiquement par :

 L’identification et l’évaluation de l’ensemble des composantes du risque de fraude.


 La synthèse de toutes les composantes de risque de fraude, en les organisant selon une
méthodologie permettant de déterminer un risque de fraude sur un objectif particulier
(personnes physiques ou morales, produits, secteur d’activité, régime douanier, moyen
de transport…)

4-) Préservation de la documentation :

Les structures spécialisées dans les contrôles post dédouanement, ont


l’obligation de réunir toutes documentations susceptibles de leurs permettre d’orienter le
contrôle douanier d’une manière efficace. Afin d’y arriver, il est nécessaire de :

 Tenir un fichier sur le contentieux : Le contentieux représente une source


d’information importante. L’existence d’une base de données du contentieux permet au
service de connaître les antécédents contentieux des opérateurs, et d’analyser ainsi les
évolutions et tendances de la fraude.
 Tenir un fichier des déclarations : Ce fichier permet au service d’analyser le volume du
trafic de toutes les entreprises pouvant bénéficier des mesures de facilitation. Et à
l’aide de ces déclarations, le service peut connaître les bureaux de dédouanement
utilisés par la société, et étudier les principales espèces tarifaires déclarées. Donc ce
fichier peut être un critère pertinent pour le choix des opérations à contrôler.
 Une bonne gestion de la réglementation : La réglementation applicable doit être
conservée pendant un délai suffisant, même dans le cas où cette réglementation est
abrogée par une nouvelle réglementation, parce que lors du contrôle post
dédouanement, le service peut avoir besoin de la réglementation en vigueur au moment
de l’opération sélectionnée pour le contrôle. C’est ainsi par exemple un historique du
taux de change devrait être mis à jour et notamment conservé durant une durée
suffisante.
 La gestion des informations sur la fraude : Le service chargé du contrôle post
dédouanement doit connaître les procédés de fraude, les tendances et risques de fraude.
Il doit avoir accès à tous les répertoires pouvant le servir dans son travail de lutte
contre la fraude.

5-) L’accès aux sources d’informations externes

On entend par sources externes, les sources d’informations non douanières, on


peut les diviser en deux :
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 Les sources administratives : Il s’agit notamment de la direction générale des impôts
qui peut être la collaboratrice directe de l’administration des douanes, parce qu’elle
détient de nombreuses informations susceptibles d’intéresser les services douaniers, et
contribuer, ainsi à l’appréciation du niveau du risque de fraude.
 Les sources privées : Il peut s’agir notamment de :
 Les syndicats professionnels : Ils permettent d’obtenir des renseignements, sur
l’existence d’entreprises qui exercent une concurrence déloyale (contrebande,
minoration de valeur…), qui peuvent aider à déceler d’éventuels risques de
fraude. Ils fournissent également des précisions sur les pratiques
commerciales du secteur.

 L’Internet et la presse : Les entreprises, lorsqu’elles commercent avec des


société inconnues peuvent demander, à des agences de renseignements
commerciaux, des informations relatives à la fiabilité de leurs clients.
Certaines de ces agences disposent de banques de données accessibles par
Internet. Et c’est ainsi que les services douaniers peuvent obtenir des
informations sur les accords de partenariat joint venture ; les recherches
menées en commun avec d’autres sociétés. La lecture de ces documents
permet de mettre en évidence des indices laissant présager le versement d’une
redevance, et du coup éviter les minorations de valeurs.

Sous section 02 : Passer à une phase d’accompagnement des entreprises

Les institutions internationales, telles que l’organisation mondiale du


commerce, le fond monétaire international et la banque mondiale, exercent des pressions, en
appelant les Etats à s’ouvrir sur le commerce international et à libéraliser les échanges
extérieurs. Ces pressions exercées notamment sur les autorités économiques du pays, ont

fait de l’administration des douanes, du fait de son implantation au niveau des frontières, un
acteur incontournable dans la mise en œuvre des engagements pris vis à vis de ces
institutions et leurs Etats membres.

Ces engagements consistent notamment, en les mesures de facilitation


entreprises par l’administration des douanes, et c’est ainsi qu’elle s’efforce à offrir des
facilitations diverses pour les opérateurs du commerce extérieur, et elle s’inscrit d’avantage
dans le processus d’accompagnement et d’orientation des entreprises édicté par les
institutions internationales.

Cependant comme on l’a déjà suscité précédemment, des obstacles viennent à


entraver le rôle de l’administration des douanes, et mènent à l’inefficacité de ses procédures
d’intervention, et la rendent, ainsi un frein majeur à la performance des entreprises.
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La levée de ces entraves passe obligatoirement, par la bonne maîtrise des
procédures d’intervention de l’administration des douanes, qui constitue un élément très
important dans la stratégie des entreprises. C’est ainsi que les retards, dans les traitements
des opérations commerciales, peuvent engendrer des conséquences économiques et sociales
très importantes, dans la mesure où le facteur temps est très déterminant dans la réussite des
opérations commerciales.

L’administration des douanes doit, en conséquence adapter ses procédures


d’intervention aux nouvelles réalités économiques, et répondre aux attentes des entreprises
en matière d’informations, de conseils et d’orientation, à travers quatre (04) priorités :

 Rapidité : C’est ainsi que l’administration des douanes doit contribuer à la réduction
des délai et coûts relatifs à l’acheminement des marchandises importées ou à exporter.
Elle doit mettre en œuvre des mécanismes visant à réduire le temps et les coûts du
processus de dédouanement (traitement douanier des marchandises), en essayant
d’introduire les théories modernes de l’administration des douanes, qui se résument
principalement dans la théorie de gestion du risque et le ciblage.
 Fiabilité : L’administration des douanes doit prendre en compte la gestion en flux
tendus des échanges, et cela à travers les contrôles post dédouanement qu’elle est
censée améliorer et non le contrôle immédiat qui se fait, essentiellement au niveau des
frontières.
 Sécurité : L’administration des douanes doit permettre aux opérateurs du commerce
extérieur, de mieux appréhender la réglementation douanière et les procédures
d’intervention de l’administration des douanes, de manière à les aider à se familiariser
avec l’environnement douanier (l’entreprise portuaire, les consignataires, les assureurs,
les commissionnaires en douane…), afin de sécuriser leurs activités internationales.
 Qualité : l’administration des douanes doit offrir la possibilité aux entreprises,
d’optimiser la réglementation et les procédures douanières existantes, et du coup
améliorer la relation douane entreprise telle qu’elle existe déjà en matière des régimes
économiques douaniers ; il s’agit, en quelques sortes d’une relation contractuelle.

Parallèlement aux aspects cités ci-dessus, que l’administration des douanes est
tenue de développer, dans cette phase dite d’accompagnement et d’orientation des
opérateurs du commerce extérieur, elle doit, également développer les activités suivantes :

 Faciliter la tache aux opérateurs du commerce extérieur, en matière d’accès au système


SIGAD, afin de bénéficier de tous les avantages attendus de sa mise en service, à
savoir notamment :
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 La disponibilité des statistiques concernant le commerce international, considérées
comme un instrument entreprenant de la politique commerciale des entreprises.
 Le suivi au temps réel, des opérations de dédouanement de leurs marchandises.
 Développer son rôle de communication et d’information : Il s’agit notamment, de bien
entretenir ses relation avec tous les intervenants dans les opérations du commerce
extérieur, tant sur le plan des services économiques que sur le plan des administrations
publiques.
Concernant son rôle de communication, l’administration des douanes doit
améliorer son système d’information qui est un moyen très important dans la vulgarisation
des procédures douanières en vue de les rendre accessibles pour les opérateurs du commerce
extérieurs. Ce rôle est important dans la mesure où la composition des opérateurs
économiques est en majorité des opérateurs occasionnels et de revendeurs en l’état,
manquant du professionnalisme en matière du commerce international. Toutefois,
l’efficacité de ce système est liée à la nature des mécanismes adoptés et aux moyens mis en
place en la matière.
Dans le souci de mieux accompagner et orienter les opérateurs économiques,
l’administration des douanes doit mettre à leur entière disposition la documentation
douanière nécessaire, à savoir :
 Les guides et les manuels en matière des facilitations douanières notamment les
régimes douaniers économiques et les nouvelles facilitations comme le circuit
vert.
 Assurer une meilleure diffusion des documents du Centre National d’Information
et de la Documentation (CNID).
 L’organisation de séminaires, de rencontres et des journées d’études avec les
entreprises.

Le passage à la phase d’accompagnement est, en conséquence subordonné à


l’adaptation des moyens de toutes natures et des missions de l’institution douanière, la
révision des méthodes de gestion et de l’ensembles des mécanismes d’action et du contrôle
douanier, en rapport avec le nouvel environnement tout en tenant compte de la complexité et
de la célérité qui caractérisent, de plus en plus les opérations du commerce extérieur.
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Conclusion partielle de la deuxième partie

Dans la partie précédente, on a pu constaté la mise en œuvre, par


l’administration des douanes du dispositif juridique existant en matières des facilitation
douanières accordées aux opérateurs du commerce extérieur. Ces efforts consentis par
l’institution douanière, répondent dans une certaine mesure aux attentes des entreprises.

Cependant, on a pu constater également quelques irrégularités et anomalies,


qui viennent limiter l’efficacité de ces mesures entreprises par l’institution douanière. Ces
anomalies et insuffisances ont trait, généralement à la conjonction de certains paramètres
tant internes qu’externes à l’administration des douanes.

A cet effet, l’administration des douanes doit s’inscrire et se verser davantage


dans ce processus d’orientation et d’accompagnement des entreprises, en tenant compte des
nouvelles données et orientations commerciales.

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CONCLUSION GENERALE

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CONCLUSION GENERALE

A la lumière des éléments développés dans le présent mémoire, nous pouvons


conclure que le rôle de l’institution douanière va au-delà de la protection de l’économie
nationale et de l’application stricte de la réglementation douanière. A ce titre, elle
accompagne et oriente les opérateurs du commerce extérieur et ses usagers dans la
réalisation de leurs opérations commerciales en relation avec les entreprises étrangères,
notamment par le biais de l’introduction et de la promotion de certaines mesures de
facilitation.

Si les résultats atteints en matière des mesures de facilitation entreprises au profit des
entreprises sont tous particulièrement appréciables, notamment en matière des procédures de
dédouanement accélérées telles que le dédouanement par le SIGAD, la procédure du circuit
vert et le dédouanement à distance et des régimes économiques douaniers, ils restent,
néanmoins en déca des attentes des opérateurs du commerce extérieur et des exigences de
performance du service public.

Cette situation astreint l’administration des douanes qui se veut incitatrice à la


promotion et au développement des échanges extérieurs, à poursuivre ses efforts de
simplification des formalités et de facilitation des procédures d’intervention, mais sans, pour
autant occulter l’impératif exercice d’un contrôle rigoureux et efficace, notamment en
matière de la lutte contre la fraude, la promotion de la concurrence et l’augmentation de son
rendement fiscal.

L’impératif exercice d’un contrôle douanier rigoureux suppose, au préalable la


maîtrise des mutations profondes dans le phénomène de la fraude commerciale, qui du fait
de la libéralisation, diversification et de complexité des échanges extérieurs, revêt de plus en
plus un caractère intellectuel touchant le plus souvent l’espèce, l’origine et la valeur en plus
des pratiques cambiaires frauduleuses.

Dans un souci de mieux s’inscrire dans l’optique de ces nouvelles orientations


économiques, il est impérativement suggéré, à l’administration des douanes de développer
l’assistance administrative mutuelle avec ses homologues étrangères et de procéder à la
vulgarisation de ses formalités et techniques d’intervention, visant à instaurer un climat de
confiance, de coopération et de partenariat avec les opérateurs professionnels du commerce
extérieur. Et non un climat tendu où la douane est considérée comme une administration
fiscale, au même titre que celle des contributions redoutées par ses redevables.
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En conclusion, nous devons affirmer que les contraintes d’un changement dans le
domaine du commerce extérieur sont liées à d’autres intervenants dans ce domaine, parce
que les progrès accomplis par l’institution douanière restent limités tant que les autres
parties de cette dernière n’auront pas effectué des efforts similaires. Raison pour laquelle un
cadre de partenariat entre les différents intervenants dans la chaîne logistique du commerce
extérieur, à savoir l’administration des douanes et la communauté portuaire, doit être établi
et mis en œuvre.

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BIBLIOGRAPHIE

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I- Les textes législatifs :
- Loi Nº 79/07 du 21/07/1979 modifiée et complétée par la loi 98/10 du 22/08/1998 portant
code des douanes.
II- Les textes réglementaires :
- Décision Nº 09 du 03/02/1999 déterminant les conditions et les modalités de
dédouanement par SIGAD.
- Décision Nº 11/DGD/CAB/DE300 du 03/04/1999 relative à la rationalisation du contrôle
douanier et à la mise en place du circuit vert.
- Décision Nº 32/DGD/CAB/DE400 du 15/12/2001 portant création, organisation et
fonctionnement des brigades scanners, complétée par la décision Nº03/DGD/CAB/DE400
du 28/01/2002, et par la décision Nº 15/DGD/CAB/DE400 du 11/06/2003.
- Note Nº 48/DGD/CAB/DE400 du 21/12/2002 relative au développement des facilitations
douanières- procédure dite « circuit vert ».
III- Ouvrages :
J.CLAUDE BERR (C.) et TREMEAU (H.), le droit douanier, 4 ème édition, Economica,
Paris 1997.
JEAN-CLAUDE RENOUE, « la douane », que sais-je ? PUF, 1989.
CLAUDE PARCEAU, « la valeur en douane », END Neuilly, 1993.
JACQUELINE CUTZACH, « l’origine », END Neuilly, 1989
JEAN BATISTE, « la vérification des marchandises », END Neuilly, 1989.
IV- Publications de l’OMD :
- Cadre de normes visant à sécuriser et à faciliter le commerce mondial, OMD, juin 2005.
V- Revues :
- revue de l’entreprise portuaire d’Alger (E.P.AL), Nº 40, décembre 2001.
- revue de l’E.P.AL, Nº 60, renforcement de la sûreté interne, 1er trimestre 2004.
VI- Conférences :
- SMAOUN (A.), cours sur l’organisation de l’administration des douanes, ENA, 2004/2005
VII- Mémoires et séminaires :
LASSAD (A.), Le contrôle des régimes fiscaux privilégiés par la douane, mémoire de fin
d’études, IEDF, 1993.
IDIR BELAID, « la fraude douanière et la libéralisation du commerce extérieur » mémoire
de fin d’étude, IEDF, 1992.
BRIKA DJAMEL, « analyse des règles de détermination de l’origine des marchandises en
droit douanier algérien » mémoire de fin d’étude à l’END Neuilly, 1995.
AIT SI SLIMANE MOURAD, « la fraude douanière et le contrôle a posteriori », mémoire
de fin d’étude IEDF, 1995.
MILLIANI (A.), la gestion des risques dans les contrôles douaniers, mémoire de fin d’étude
IEDF, 2000/ 2001.
- facilitation de commerce dans la chaîne logistique, mémoire de séminaire réalisé par les
élèves de l’ENA, 4eme année, section douane, promotion 37, 2003/2004.
VIII- Sites web :
- site de l’OMD : www.wcoomd.org.
- site de l’ASFC : www.cbsa-asfc.gc.ca.
-site de la douane algérienne : www.douanedz.gov
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TABLE DES MATIERES

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ABREVIATIONS 01
SOMMAIRE 02
INTRODUCTION GENERALE 04
PARTIE N° 1 :
LE DISPOSITIF JURIDIQUE EXISTANT EN MATIERE DE FACILITATIONS ACCORDEES AUX
ENTREPRISES 08
CHAPITRE N°1 : LES FACILITATIONS LIEES AUX PROCEDURES DE DEDOUANEMENT 10
SECTION 01 : Les procédures de dédouanement du droit commun 11
SOUS SECTION 01 : Durant la phase d’attente des marchandises 11
I-1) Définition des MADTPS:11
I-2) Etablissement et fonctionnement des MADTPS : 12
II-) Le dépôt en douane : 13
II-1) Définition : 13
II-2) La constitution des marchandises en dépôt : 13
SOUS SECTION 02 : Le dépôt de la déclaration et la vérification des marchandises 14
I-) Le dépôt de la déclaration en détail 14
I-1) La déclaration provisoire : 14
I-2) La déclaration simplifiée : 15
I-3) La déclaration anticipée : 15
I-4) Permis d’examiner : 16
I-5) L’annulation de la déclaration : 16
II- le contrôle des marchandises18
II-1) Le contrôle documentaire : 18
II-2) Le contrôle partiel des marchandises : 18
SOUS SECTION 03 : Les facilitations liées à la garantie et aux modes de paiement 19
I-) Les mesures de facilitation concernant la garantie de paiement 19
I-1) La réduction du taux de la caution pour les RDE19
I-2) La suppression des cautions pour certains RDE19
II-) Les mesures de facilitation concernant les modes de paiement19
II-1) Le paiement par obligations cautionnées : 20
II-2) Le paiement par soumissions cautionnées de crédit d’enlèvement : 20
SECTION 02 : Les procédures de dédouanement accélérées 22
SOUS SECTION 01 : Le dédouanement à domicile22
I-Définition et champ d’application de la procédure : 22
I-1) Définition et condition d’octroi de la procédure22
A) Définition : 22
B-) Conditions d’octroi de la procédure : 23
I-2) Champ d’application de la procédure : 23
A) Les bénéficiaires de la procédure : 23
B) Les marchandises admises à la procédure : 23
II-) Le contrôle douanier dans le cadre de cette procédure : 24
II-1) Contrôle des écritures comptables : 24
II-2) Contrôle physique des marchandises : 24
SOUS SECTION 02 : Le système d’information et de gestion automatisée des douanes 25
I-) Définition et composition du SIGAD 25
II-1) Prise en charge du manifeste et du moyen de transport 26
II-2) Enregistrement et liquidation des déclarations en détail 26
II-) Objectifs du SIGAD 27
SOUS SECTION 03 : La procédure du circuit vert 27
I-) Définition et conditions d’octroi de la procédure 27
I-1) Définition du circuit vert : 27
I-2) Condition d’octroi de la procédure : 28
II-) Le contrôle douanier 29
II-1) Le contrôle différé : 29
II-2) Le contrôle à posteriori : 30
CHAPITRE 02 : LES FACILITATIONS LIEES AUX REGIMES ECONOMIQUES DOUANIERS ET AUX
AVANTAGES FISCAUX 33
SECTION 01 : Les facilitations liées aux régimes économiques douaniers 34
SOUS SECTION 01 : Définition et caractères communs des régimes économiques 34
I-) Définition 34
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II-) Les caractéristiques communes des régimes économiques douaniers 35
1-) Le principe de la déclaration en détail : 35
2-) L’exigence d’un engagement cautionné : 35
3-) La suspension des droits et taxes et de mesures de prohibition:36
4-) Le principe de l’exterritorialité : 36
SOUS SECTION 02 : Les régimes douaniers et l’activité commerciale des entreprises 36
I-) L’entrepôt douanier : 37
I-1) L’entrepôt public : 37
II-) L’admission temporaire pour réexportation en l’état 38
III-) l’exportation temporaire : 39
VI-) Le transit : 39
I-) Admission temporaire pour perfectionnement actif : 40
II-) Exportation temporaire pour perfectionnement passif : 40
III-) Le réapprovisionnement en franchise 41
VI-) L’usine exercée : 41
V-) L’entrepôt industriel : 42
A-) Intérêt administratif : 43
B-) Intérêt économique : 43
SECTION 02 : Les facilitations liées aux avantages fiscaux 44
SOUS SECTION 01 : Les avantages fiscaux liés au régime général 44
I-) Les bénéficiaires du régime général : 44
I-1) L’exonération de la TVA au profit des entreprises étrangères ayant conclu avec un opérateur lui
même exonéré de la TVA : 44
I-2) Les réductions des droits et taxes comme mesures d’encouragement de l’investissement : 44
C-) Les réductions en faveur de l’investissement hors hydrocarbures 45
Les investissements réalisés par les jeunes promoteurs : 45
Les investissements réalisés par les chômeurs promoteurs : 45
Investissements dans les autres secteurs : 45
II-) Modalités pratiques : 46
SOUS SECTION 02 : Les avantages fiscaux liés aux zones franches 46
I-) Définition et principes 46
CONCLUSION PARTIELLE DE LA PREMIERE PARTIE 48
DEUXIEME PARTIE :
ETUDE DES CAS PRATIQUES ET EVALUATION DES MESURES DE FACILITATION ACCORDEES AUX
ENTREPRISES 50
CHAPITRE 01 : PRESENTATION ET ETUDE DES CAS PRATIQUES 52
SECTION 01 : Cas pratique sur les procédures de dédouanement accélérées 53
SOUS SECTION 01 : Le dédouanement par le SIGAD 53
Paragraphe 01 : Concernant les marchandises prévues par l’accord d’association : 53
Paragraphe 02 : Concernant les autres marchandises : 54
SOUS SECTION 02 : La procédure du circuit vert55
SECTION 02 : Cas pratique sur les facilitations liées aux régimes économiques douaniers 57.
SOUS SECTION 01 : Admission temporaire pour perfectionnement actif 57
I-) L’octroi du régime pour la SPA « ALCOVEL » 57
I-1) Entreprises bénéficiaires : 57
I-2) Les marchandises admissibles : 58
I-3) Présentation des demandes : 58
I-4) Délivrance des autorisations : 58
I-5) La Souscription du régime : 59
II-) Les formalités accomplies durant l’admission temporaire 59
II-1) Le rôle du service des douanes : 59
II-2) Obligations de l’importateur : 60
III-) Apurement des acquits 60
SOUS SECTION 02 : Cas pratique sur le réapprovisionnement en franchise 61
I-) L’octroi du régime pour la SPA « EMBAG » 61
I-1) Champ d’application du régime : 61.
A-) Marchandises admissibles : 61
B-) Bénéficiaires du régime62
I-2) Présentation des demandes62
I-3) Délivrance des autorisations : 63
I-4) Souscription du régime 63
II-) Déroulement de l’opération de réapprovisionnement en franchise 64
II-1) Contrôle des produits importés : 64
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II-2) Liquidation de la déclaration d’importation 64

CHAPITRE 02 : EVALUATION DES MESURES DE FACILITATION ET PROPOSITION DE MESURES


CORRECTIVES 68
SECTION 01 : Evaluation des mesures de facilitation accordées aux entreprises 69
SOUS SECTION 01 : L’apport des mesures de facilitation aux entreprises 69
Paragraphe 01 : Les avantages tirés des procédures de dédouanement69
I-) Mécanismes douaniers durant la phase d’attente : 69
II-) Les facilitations d’établissement de la déclaration en douane : 69
III-) Les avantages tirés des modalités de paiement 70
VI-) L’apport des procédures de dédouanement accélérées 70
A-) Concernant le SIGAD 70
B-) Concernant le circuit vert et le dédouanement à domicile 70
Paragraphe 02 : Les avantages tirés des régimes économiques douaniers 70
SOUS SECTION 02 : Les insuffisances des mesures de facilitation 73
Paragraphe 01 : Les insuffisances juridiques (théorique) 73
Paragraphe 02 : Les insuffisances pratiques 74
1-) La difficulté d’exercer le contrôle post dédouanement : 74
2 -) Absence de contrôle permanent pour les régimes douaniers économiques : 74
3-) Concernant la procédure de dédouanement à domicile : 74
4-) Une application limitée de la procédure du circuit vert : 75
SECTION 02 : PROPOSITION DE MESURES CORRECTIVES 76
SOUS SECTION 01 : Présentation de quelques mesures correctives 76
Paragraphe 01 : Concernant les régimes économiques douaniers : 76
Paragraphe 02 : concernant la politique de recrutement et de formation : 76
Paragraphe 03 : concernant le contrôle post dédouanement : 77
1-) Sur le plan organisationnel : 78
2-) La maîtrise de la fonction renseignement : 78
3-) Le développement de l’analyse de risque : 78
4-) Préservation de la documentation : 79
5-) L’accès aux sources d’informations externes 79
SOUS SECTION 02 : Passer à une phase d’accompagnement des entreprises 80
CONCLUSION PARTIELLE DE LA DEUXIEME PARTIE 83
CONCLUSION GENERALE 85
TABLE DES MATIERES 89

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