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REPUBLIC OF CAMEROON

REPUBLIQUE DU CAMEROUN
Paix-Travail-Patrie
Paix-Travail-Patrie
--------------------
---------------------
Ministry of Finance
Ministère des Finance
-------------------
---------------------
Directorate General of Treasury,
Direction Générale du Trésor,
Financial and Monetary Cooperation
de Coopération Financière et Monétaire
-------------------
---------------------
Division of Insurance
Direction des Assurances

CENTRE PROFESSIONNEL DE FORMATION A


L’ASSURANCE (CPFA)
Année académique 2019-2020
Cours d’économie générale
Dr ONGONO Patrice
Chargé de Cours
Université de Yaoundé II
E-mail : ongonopatrick@yahoo.fr
Tel : +237 696 091 949

Plan du cours
Chapitre 0 : Introduction générale

Chapitre 1 : Les principales grandeurs économiques

Chapitre 2 : Financement des entreprises et place du secteur des assurances dans


l’économie

Chapitre 3 : L’Evolution économique

Objectifs du cours
Le cours d’économie générale est dispensé aux élèves du Centre professionnel de
formation à l’assurance, non pas pour faire de ceux-ci des spécialistes dans le
domaine, mais pour leur permettre de comprendre et d’intégrer dans leur activité
professionnelle et leur vie quotidienne, les informations sur l’évolution de
l’activité économique nationale et internationale publiées par les institutions
spécialisées et relayées dans les médias. Au terme du cours, il est attendu de
l’apprenant, qu’il soit capable de maîtriser le vocabulaire et les concepts
économiques de base, de comprendre l’influence et le rôle que jouent les
compagnies d’assurance dans l’évolution de l’activité économique d’une nation,
d’identifier les problèmes économiques majeurs de son temps et d’en mesurer la
complexité, et d’apprécier la pertinence des choix des décideurs politiques.
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Cours d’Economie Générale
Dr ONGONO Patrice

CHAPITRE 0 : INTRODUCTION GENERALE


1. Définition de la science économique

La définition la plus répandue de la science économique est celle formelle donnée


par Lionel Robbins en 1932. Cette définition s’est construite au fil du temps et
résulte de la volonté des économistes de faire de leur discipline une science
autonome régie par des lois semblables aux lois de la science physique.
L’économie est alors définie comme « la science qui étudie le comportement
humain comme une relation entre les fins et les moyens rares ayant un usage
alternatif » (Lionel, Robbins, 1932)1.

Pour bien comprendre cette définition, il faut d’abord avoir à l’esprit que les
ressources (moyens) que les hommes ont à leur disposition sont rares (limitées)
et peuvent être utilisées pour satisfaire plusieurs besoins à la fois (usage
alternatif). Ces ressources englobent à la fois : la terre et l’ensemble des biens
qui sont fournies gratuitement par la nature ; les hommes qui possèdent non
seulement la force de travail (main d’œuvre) mais aussi des compétences et des
qualités qu’ils ont accumulées au fil du temps (capital humain) ; les animaux
dont la force peut se substituer à celle des hommes ; le capital physique qui
désigne l’ensemble des biens issus d’un processus de production ; l’argent, etc.

Il faut ensuite accepter que, contrairement aux ressources qui sont limitées, les
besoins (fins) que les hommes cherchent à satisfaire sont quant à eux illimités.
C’est cette insuffisance des ressources face aux besoins qui est à la source du
problème économique, et qui impose que les ressources soient utilisées de
manière rationnelle, d’où l’objet de la science économique.

2. Différence entre capitalisme et socialisme

Deux grands systèmes économiques ont dominé le monde depuis la révolution


industrielle : le système capitaliste dit à économie de marché, et le système
socialiste dit à économie planifiée.

2.1. Le système capitaliste

Selon l’historien de l’économie allemand Max Weber, la caractéristique première


d’un système capitaliste repose sur la généralisation du salariat. Le capitalisme
serait donc apparu lorsque les relations entre les travailleurs (ouvriers) et les
bourgeois ont commencé à être régies par un salaire. C’est à ce moment que se
serait généralisée la logique de l’accumulation du capital. La logique de
l’accumulation du capital signifie qu’une partie importante du profit que génère

1Robbins, L. (1932). An essay on the nature and significance of economic science. New York
University Press, New York.

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une activité n’est pas consommée, mais est plutôt réinvestie dans le processus de
production pour générer encore plus de profit et accumuler les richesses.

Les premières formes de capitalismes sont donc apparues bien avant la


révolution industrielle. La forme de capitalisme que nous connaissons
aujourd’hui a considérablement subie l’influence de la pensée du philosophe
écossais Adam Smith, père de la science économique moderne, qui a mis en avant
la suprématie du marché en matière de répartition des ressources (c’est le
principe de la « main invisible »). C’est pour cela que de nos jours, les pays
capitalistes sont également appelées pays à économie de marché, c'est-à-dire
des pays dans lesquels le comportement de la grande majorité des variables
économiques est dicté par les lois du marché (égalisation de l’offre et de la
demande) sans interférence de l’Etat.

2.2. Le système socialiste

Dans les pays dits socialistes, le marché n’est plus le principal organe de
régulation des activités économique et de répartition des ressources. Cette
régulation se fait par un Etat central qui planifie convenablement l’évolution de
l’économie et donne des orientations impératives aux acteurs économiques. C’est
pourquoi les pays socialiste sont aussi appelés pays à économie planifiée.
L’Etat ne se contente plus d’être un gendarme qui n’agit que lorsque le marché
est défaillant, mais devient plutôt l’acteur central de l’organisation de la vie
économique de la nation.

3. Les fonctions économiques de l’Etat

Au plan juridique, on définit un Etat comme une population vivant sur un


territoire sous le commandement d’un gouvernement autonome. Mais au sens
économique du terme, l’Etat représente l’ensemble des administrations
publiques, c'est-à-dire le gouvernement central et les collectivités locales. Trois
principales fonctions économiques sont assignées à l’Etat : la fonction d’allocation
des ressources, la fonction de redistribution des revenus, et la fonction de
stabilisation de la conjoncture.

3.1. La fonction d’allocation (répartition) des ressources

L'efficacité économique consiste à utiliser l'ensemble des ressources disponibles


de façon à en tirer le maximum de satisfaction pour les individus. La répartition
des ressources d’une économie entre les différentes utilisations possibles est
efficace lorsqu’on on ne peut plus améliorer la satisfaction d'un individu sans
détériorer au moins celle d’un autre : c’est le critère de Pareto. Lorsque les
marchés fonctionnent librement sans intervention de l’Etat, il peut arriver que
l’équilibre qu’on obtient (l’équilibre concurrentiel) de soit pas optimal. Dans ce
cas, on dit qu’il ya défaillance de marché. La fonction d’allocation des
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ressources consiste à permettre que l’équilibre concurrentiel soit un optimum de


Pareto. Trois situations au moins peuvent empêcher que le libre fonctionnement
du marché conduise à un optimum au sens de Pareto. Il s’agit notamment des
biens publics, des externalités et des asymétries d’informations.

3.1.1. Les biens publics

Un bien public est un bien qui remplit deux principales caractéristiques : la non-
exclusion et la non-rivalité. La non-exclusion signifie qu’on ne peut pas exclure
un quelconque individu de l’utilisation du bien par un mécanisme de prix ; et la
non-rivalité veut dire que la quantité de bien consommée par un individu ne
diminue pas la quantité disponible pour les autres individus.

Le problème que pose l’existence de biens publics est que bien qu’ils soient d’un
intérêt certain pour l’ensemble de la collectivité, les individus ne trouvent
généralement pas un intérêt à s’engager dans leur production, dans la mesure où
il est impossible de faire payer leur usage et de rentabiliser l’investissement
consenti. Les individus adoptent donc un comportement de « passager
clandestin » ou « free rider » qui consiste à attendre que les autres prennent
l’initiative de la production du bien, pour pouvoir ensuite en bénéficier sans
supporter aucun coût. Il est alors très probable que le bien ne soit pas produit, ou
qu’il le soit en quantité insuffisante.

Pour surmonter cette lacune, il faudrait que tous les acteurs privés se
coordonnent pour produire le bien public en mutualisant les coûts. Mais cette
coordination n’est pas facile en raison des coûts liés à la négociation et de la
difficulté de mettre en application des sanctions contraignantes. C’est pourquoi la
solution optimale réside en la production de ces biens par la puissance publique.
Le seul moyen de produire un bien public de manière optimale est donc d’adopter
un mécanisme qui contraint tous les citoyens bénéficiaires à participer à son
financement. Seul l’Etat dispose d’une telle capacité de coercition grâce à son
système fiscal.

3.1.2. Les externalités

Une externalité ou effet externe désigne l’impact que l’activité d’un agent
économique exerce sur celle d’un autre agent sans que ceux-ci soient légalement
tenus de payer, ou en droit de recevoir une quelconque compensation. Une
externalité présente donc deux principales caractéristiques. D’une part, c’est un
effet secondaire qui n’est pas émis par celui qui subit ou celui qui en profite ; et
d’autre part, il n’ya aucune possibilité de contrepartie marchande entre
l’émetteur et le récepteur de l’externalité.

Une externalité peut être positive ou négative selon que sa conséquence sur le
bien être est favorable ou défavorable. Du fait que les effets externes ne soient
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pas reflétés dans le prix du marché, en présence d’externalités donc, le marché ne


fonctionne pas de manière optimale et il peut être défaillant. Pour résoudre le
problème des externalités, deux types de solutions sont généralement proposées :
la taxe pigouvienne et le droit de propriété.

- La taxe pigouvienne ou principe interventionniste

Elle est généralement proposée pour résoudre le problème d’externalité négative,


et notamment les problèmes de pollution. C’est pourquoi on parle également du
principe de pollueur-payeur. Elle doit son nom à l’économiste britannique
Arthur Cecil Pigou qui l’a proposée en 1920. Le principe est d’imposer une taxe
sur le produit dont la fabrication ou l’utilisation génère un effet négatif sur les
autres agents. La taxe carbone, la taxe sur le tabac, ou la taxe sur l’alcool sont
des exemples de taxe pigouvienne.

- Le droit de propriété

Pour les économistes libéraux, en présence d’externalité, l’optimum de Pareto


peut être atteint sans intervention de l’Etat. Selon Ronald Coase en particulier,
l’externalité résulte d’un conflit au sujet de l’utilisation d’une ressource rare : le
droit de propriété. Lorsque les droits de propriété sont clairement définis, et que
les parties peuvent négocier et arriver à un accord avec des coûts de transaction
négligeables, l’externalité sera internalisée dans le prix du marché sans
intervention de l’Etat. Le problème de l’externalité sera résolu quel que soit
l’agent à qui on aura attribué le droit sur la ressource rare.

3.1.3. Les asymétries d’information

On dit qu’il y a asymétrie d’information lorsque l’une des parties prenantes à une
transaction dispose d’une information que l’autre n’a pas. Il existe deux
principaux types d’asymétrie d’information : la sélection adverse et l’aléa moral.

- La sélection adverse est une forme d’asymétrie d’information qui


survient avant la signature du contrat et porte sur les caractéristiques du
bien objet de la transaction.
- L’aléa moral. C’est une forme d’asymétrie d’information qui survient
après la signature du contrat et porte non pas sur les caractéristiques du
bien, mais plutôt sur le comportement des agents.

En présence d’asymétrie d’information, le marché peut totalement disparaitre.


L’Etat doit dans ce cas jouer le rôle de producteur d’informations.

3.1.2. La fonction de redistribution des revenus

La fonction de redistribution est souvent associée à celle d’un Etat-protecteur ou


d’un Etat-justicier. Elle consiste pour l’État à opérer une redistribution directe

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entre les différents agents par des prélèvements obligatoires (cotisations sociales
et impôts) et des transferts (aides, subventions, prestations sociales, etc.). Il
s’agit donc pour l’Etat de concilier à la fois l’efficacité économique et la justice
sociale. Cette redistribution des revenus peut également se faire de manière
indirecte par une répartition territoriale des équipements collectifs.

3.1.3. La fonction de stabilisation de la conjoncture

Cette fonction est généralement reconnue par les partisans d’un Etat-régulateur.
Les politiques de stabilisation tentent de réguler l'évolution des variables macro-
économiques de façon à éviter ou à limiter les principaux déséquilibres
susceptibles d'affecter l'économie nationale notamment la récession, le chômage,
le déficit extérieur et l’inflation. Mais, certaines décisions des pouvoirs publics ne
visent pas simplement à stabiliser le cadre macroéconomique, mais cherchent
plutôt à modifier la structure même de l’économie. Il convient donc de faire une
distinction entre la politique économique conjoncturelle et la politique
économique structurelle.

4. Les secteurs institutionnels

Les différents acteurs économiques installés sur un territoire sont appelés des
unités institutionnelles. Une unité institutionnelle est un centre élémentaire de
décision économique autonome caractérisé par une unicité de comportement et une
autonomie de décision dans l’exercice de sa fonction principale. Les unités
institutionnelles peuvent être soit une personne physique (généralement un
ménage), soit une personne morale (une entreprise, une association, collectivité
publique). Les unités institutionnelles ayant la même fonction principale et la
même source principale de revenu sont regroupées en secteurs institutionnels.

5. Les secteurs institutionnels de la comptabilité nationale

Les unités économiques d’une économie nationale sont regroupées au sein de 5


secteurs institutionnels : les ménages, les sociétés non financières, les sociétés
financières, les institutions sans but lucratif, les administrations publiques. Il
existe un sixième secteur qui ne fait pas partie de l’économie nationale et qu’on
appelle reste du monde.

Secteur Fonction principale Source principale de


institutionnel revenu
Ménages Consommation finale des biens et services Salaires, subventions,
dons.
Sociétés non Produire des biens et services non financiers Vente de la production
financières
Sociétés financières Financer l’économie soit par des services Vente de services
d’intermédiation financière (banque et assurances) financiers
soit par des activités auxiliaires (courtiers, etc.)

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Les institutions sans Offre de services non marchands au bénéfice des Cotisations volontaires
but lucratif au ménages (associations, syndicats, partis politiques,
service des ménages etc.)
Les administrations produire des services non marchands et faire la contributions
publiques redistribution obligatoires

6. Les secteurs d’activité économique

En plus de la classification par secteur institutionnelle, les acteurs de la vie


économique peuvent également être regroupés en secteurs d’activité. Un secteur
d’activité est un regroupement d’entreprises de fabrication, de commerce ou de
service ayant la même activité principale. Le principe de cette classification est de
regrouper les activités à différents niveaux de la chaîne de production. Il convient
cependant de faire une distinction entre un secteur d’activité et une branche
d’activité. Une branche d’activité est un regroupement des unités de
production homogènes.

6.1. Le secteur primaire

Ce secteur est réservé à l’exploitation des ressources fournies par la nature et


provenant principalement du sol et du sous-sol. C’est donc le premier secteur de
la chaîne de production, d’où son nom de secteur primaire. Le secteur primaire
englobe l’agriculture, la sylviculture, l’élevage, la chasse et la pêche, activités
minières. Le secteur primaire rassemble des activités de production des matières
premières non transformées.

6.2. Le secteur secondaire

Ce secteur regroupe les activités liées à la transformation de matières premières


issues du secteur primaire en produits finis ou semi-finies. Il s’agit notamment
des industries manufacturières, des activités du secteur des BTP, la production
d’eau potable et d’électricité, etc.

6.3. Le secteur tertiaire

Il regroupe toutes les activités qui ne font pas parti du secteur primaire et du
secteur secondaire. Les principales activités de ce secteur sont le commerce et les
services (hôtellerie, tourisme, télécommunications, etc.). Au Cameroun et dans la
plupart des pays, c’est le secteur tertiaire qui contribue le plus au PIB. Bien que
l’agriculture emploie la grande majorité de la population, les activités du secteur
agricole sont à faible valeur ajoutée, puisque n’ayant pas encore subi une
importante transformation, ce qui fait que la contribution de ce secteur au PIB
reste faible.

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CHAPITRE 1 : LES PRINCIPALES GRANDEURS ECONOMIQUES

1. Le produit intérieur brut (PIB)

Pour savoir si un pays se porte économiquement bien, il est tout à fait naturel de
s’intéresser au revenu total que tous ses habitants. Ce revenu total est mesuré
par le Produit Intérieur Brut (PIB). Puisque toute transaction économique
fait intervenir deux catégories d’agents (les vendeurs et les acheteurs), pour une
économie prise dans son ensemble, le revenu gagné par un vendeur correspond
nécessairement à la dépense effectuée par un acheteur. Le PIB mesure donc
simultanément deux choses : le revenu total de tous les habitants d’un pays, et la
dépense totales en biens et services sur la production du pays.

1.1. Définition

Le PIB désigne la valeur de marché de tous les biens et services produits à


l’intérieur d’une économie au cours d’une période donnée. Cette définition a priori
simple présente quelques subtilités.

- la valeur de marché

A cause des subventions, certains biens (les biens publics notamment) sont
vendus à un prix économiquement non significatif qui est très inférieur au prix
qui s’obtiendrait sur un marché. Pour entrer dans le PIB, ces biens sont
réévalués à leur valeur de marché.

- tous les biens et services

Le PIB prend en compte tous les biens et services d’une économie vendus
légalement. Il existe donc des biens dont la valeur n’est pas intégrée dans le PIB
parce que leur production et leur commercialisation sont illicites ainsi, les
stupéfiants et la prostitution n’entrent pas dans le PIB.

- les biens et les services

Le PIB inclut à la fois les biens tangibles (aliments, les vêtements, les voitures,
les téléphones, etc.) et non tangibles (coiffure, voyage, ménage, visites médicales,
etc.). Les biens non tangibles, c'est-à-dire non palpables sont appelés des services.
Leur principale caractéristique est qu’ils ne sont pas stockables et en général
sont consommés en même temps qu’ils sont produits.

- Produits

Le PIB ne tient compte que des biens et services produits au cours de la période
en cours. Il exclut donc les biens et services produits dans le passé. Lorsque
SOCATRAL produit et vend une nouvelle tôle, celle-ci entre dans le PIB. Mais

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lorsqu’une personne vend une tôle usée à une autre personne, la valeur de la tôle
usée n’est pas comptabilisée dans le PIB.

- L’intérieur d’une économie

Le PIB mesure la valeur des biens produits dans les frontières géographiques du
pays. Si un camerounais possède une usine au Gabon, la valeur de la production
de cette usine est comptabilisée dans le PIB du Gabon. Si un Nigérian travaille
dans une entreprise camerounaise, sa production est comptabilisée dans le PIB
du Gabon. Le critère retenu dans le calcul du PIB est donc celui de la résidence et
non pas celui de la nationalité. Un résident désigne toute personne physique ou
morale installée sur un territoire pour y exercer son activité principale pendant
une période d’au moins un an.

1.2. Calcul du PIB


1.2.1. L’optique demande

La première méthode de calcul du PIB consiste à additionner toutes utilisations


possibles (emplois) de la production d’un pays. Ces utilisations sont les
suivantes :

- la consommation finale (C). C’est la dépense effectuée par les ménages en


biens et services exception faite des logements.
- l’investissement (I). Ce sont les achats de biens destinés à la production
future.
- les dépenses publiques (G). Ce sont les achats de biens et services
effectués par les administrations centrales et locales.
- les exportations (X). Ce sont les achats de la production domestique par les
non résidents.
- Les importations (M). C’est la partie de la production disponible sur le
territoire national mais qui provient de l’étranger. Il convient donc de
retirer cette production du calcul du PIB. On peut donc écrire :

PIB  C  I  G  X  M

1.2.2. Calcul du PIB selon l’optique production

Puisque le PIB ne prend en compte que les biens finals, on peut le calculer à
partir de la valeur ajoutée. Selon cette optique, le PIB est calculé de la manière
suivante :

PIB  VA  impôts sur les produits-Subventions sur les produits

La valeur ajoutée représente le supplément de richesse créé par une unité


économique au cours d’une période. Elle s’obtient en faisant la différence entre la

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valeur de la production et la valeur des consommations intermédiaires. Mais


puisque la valeur ajoutée évalue la production au prix de sortie de l’usine, pour
obtenir le PIB, il faut lui ajouter les impôts nets des subventions sur les produits.

1.3. PIB réel et PIB nominal

Si le PIB s’accroit d’une année à l’autre, cela peut soit provenir d’une
augmentation de la quantité de biens et services produits, soit d’une
augmentation des prix auxquels ces biens et services sont vendus. Il est donc
nécessaire de séparer l’augmentation du PIB due aux prix et celle due aux
quantités. C’est la raison pour laquelle on fait la distinction entre le PIB réel et le
PIB nominal.

- Le PIB nominal évalue la production aux prix de l’année en cours. C’est


pourquoi on l’appelle également PIB courant ou PIB à prix courant ;
- Le PIB réel quant à lui évalue la production aux prix d’une année de base ou
année de référence.
- Le déflateur du PIB. C’est le rapport entre le PIB nominal et le PIB réel.
L’évolution du déflateur du PIB donne une indication du niveau de l’inflation
dans le pays. Puisque le PIB réel et le PIB nominal sont identiques à l’année
de base, le déflateur du PIB doit être égal à 100 puisque sa formule est donnée
par :

PIB nominal
DéflateurPIB  x 100
PIB réel

Exemple :
Année Prix du Quantité de Prix du Quantité de
haricot (en haricot (en cacao (en cacao (en Kg)
FCFA) Kg) FCFA)
2010 1 100 2 50
2011 2 150 3 100
2012 3 200 4 150

PIB Nominal
2010 (1FCFA par kilogramme de haricot x 100 Kg de haricot) + (2FCFA par Kg de cacao x 50 Kg de cacao)=200FCFA
2011 (2FCFA par kilogramme de haricot x 150 Kg de haricot) + (3FCFA par Kg de cacao x 100 Kg de cacao)=600FCFA
2012 (3FCFA par kilogramme de haricot x 200 Kg de haricot) + (4FCFA par Kg de cacao x 150 Kg de cacao)=1200FCFA
PIB réel (base 100=2010)
2010 (1FCFA par kilogramme de haricot x 100 Kg de haricot) + (2FCFA par Kg de cacao x 50 Kg de cacao)=200FCFA
2011 (1FCFA par kilogramme de haricot x 150 Kg de haricot) + (2FCFA par Kg de cacao x 100 Kg de cacao)=350FCFA
2012 (1FCFA par kilogramme de haricot x 200 Kg de haricot) + (2FCFA par Kg de cacao x 150 Kg de cacao)=500FCFA
Le déflateur du PIB
2010 (200/200) x 100=100
2011 (600/350) x 100=171
2012 (1200/500) x 100=240

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1.4. PIB et bien-être

Bien que le PIB soit l’indicateur le plus connu de la comptabilité nationale, il est
également le plus critiqué. Il est surtout reproché au PIB de ne pas mesurer le
bien-être ou le bonheur humain, de ne pas intégrer les activités domestiques des
ménages, ou encore de ne pas tenir compte de la destruction de l’environnement.
Mais la difficulté à construire un indicateur de bonheur humain repose dans la
possibilité de mesurer objectivement le bonheur d’un individu. Quand bien même
il serait possible de mesurer le bonheur individuel, la difficulté repose ensuite
dans la possibilité d’agréger les bonheurs individuels en bonheur collectif. C’est la
raison pour laquelle on calcule d’autres indicateurs tels que l’indice de
développement humain (IDH) ou l’indice de pauvreté humaine (IPH).

2. Le chômage

Le chômage désigne la situation d’un individu qui cherche activement un emploi


pendant un certain temps sans en trouver. Un niveau élevé de chômage signifie
que la production économique est plus faible que ce qu’elle aurait dû être puisque
tous les individus qui souhaitent contribuer à l’effort de production de la nation
ne parviennent pas à le faire. C’est pourquoi le niveau et la durée du chômage
sont généralement utilisés comme des indicateurs de la santé économique des
pays.

2.1. La mesure du chômage : le taux de chômage

Le taux de chômage u  est défini comme le pourcentage de la population active


qui est au chômage ou qui n’a pas d’emploi.

Nombre de chômeurs
Taux de chômage   100
Population active

Au Cameroun, le taux de chômage est mesuré par l’Institut National de la


Statistique (INS), qui collecte à des intervalles de temps bien précis, des données
sur différents éléments du marché du travail à partir d’un échantillon d’individus
âgés de plus de 15 ans. En fonction des réponses données, les individus sont
classés en trois catégories :

- Les employés : cette catégorie inclut les personnes qui au cours des
semaines ayant précédé l’enquête, étaient des employés salariés,
travaillaient pour leur propre compte, ou travaillaient comme des
employés non salariés dans une entreprise familiale. On inclut aussi dans
cette catégorie les personnes qui ne travaillaient pas, mais qui disposait
d’un emploi pour lequel elles étaient temporairement absentes pour cause
par exemple de vacance, de maladie ou de mauvais temps.

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- Les chômeurs : ce sont les personnes qui n’étaient pas employées pendant
l’enquête, qui étaient disposées à travailler, et qui avaient essayé de
trouver un emploi pendant les semaines ayant précédé l’enquête. Sont
également inclus dans cette catégorie les personnes attendant d’être
rappelés pour un emploi auquel elles avaient été préalablement licenciées.
- Les non actifs : il s’agit des personnes n’appartenant pas à la population
active, c'est-à-dire les personnes n’étant pas comptées dans les deux
premières catégories telles que les élèves et étudiants à plein temps, les
ménagères, les retraités, etc.

Population active=nombre de personnes employées+nombre de chômeurs

2.2. Les différentes formes de chômage

On distingue trois principales formes de chômage.

- Le chômage conjoncturel ou chômage cyclique

C’est un chômage qui est dû aux phases d’expansion et de contraction de


l’économie. Il augmente pendant les phases de récession et baisse pendant les
phases d’expansion. C’est la forme de chômage que la politique économique
conjoncturelle cible le plus.

- Le chômage structurel

C’est la forme de chômage qui survient parce que le nombre de postes d’emplois
disponible sur le marché du travail est structurellement insuffisant par rapport à
la demande. C’est ce type de chômage perdure le plus. Le chômage structurel est
généralement expliqué par une multitude de facteurs dont certains sont
institutionnels, notamment (i) la législation sur le salaire minimum ; (ii) la
restriction des licenciements ; et (iii) la forte syndicalisation des employés. En
plus de ces facteurs institutionnels, le chômage structurel peut également être dû
aux incitations produites par le marché du travail, notamment les salaires
d’efficience octroyés par les employeurs aux employés pour les motiver à fournir
l’effort optimal.

- Le chômage frictionnel

C’est une forme de chômage qui est toujours présente dans une économie et est le
résultat du temps qui doit s’écouler pour que les individus qui ont quitté un
emploi ou qui ont été licenciés, trouvent un nouvel emploi qui correspond au mieux
à leur profil. Si tous les travailleurs et tous les emplois offerts étaient identiques,
ce problème d’appariement ne se poserait pas, et les personnes licenciées
trouveraient rapidement un autre emploi. Mais dans la réalité, les travailleurs
diffèrent par leurs goûts et leurs compétences, et les emplois diffèrent par leurs

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attributs, ce qui fait que l’information sur les candidats et les postes n’est pas
parfaite. Lorsque le chômage cyclique augmente, le chômage frictionnel tend à
diminuer parce que les travailleurs ne sont pas certains de trouver un emploi
mieux rémunéré s’ils quittent leurs emplois actuels à cause du temps que cela
pourrait leur prendre pour trouver un nouvel emploi.

3. L’inflation

L’inflation désigne une hausse du niveau général des prix et la déflation une
baisse du niveau général des prix. Autrement dit, la déflation signifie que le taux
d’inflation est négatif. Dans la plupart des pays du monde, les pouvoirs publics
cherchent à maintenir un niveau d’inflation faible et stable. C’est pourquoi on
parle de stabilité des prix. Dans la plupart des pays, le maintien de la stabilité
des prix est prioritairement assigné aux autorités en charge de la politique
monétaire ; c’est à dire les banques centrales.

3.1. Calcul du taux d’inflation

Deux principaux indices sont généralement utilisés pour calculer le taux


d’inflation : le déflateur du PIB et l’indice des prix à la consommation (IPC). Ces
indices convertissent la multitude des prix qui existent dans une économie en un
niveau général de prix unique. Les prix sont considérés stables lorsque ces
indices croissent à un taux constant et faible.

3.1.1. Calcul de l’inflation à partir de l’Indice des Prix à la


Consommation (IPC)

L’IPC est une mesure du coût global des biens et services achetés par un
consommateur représentatif (la ménagère). Pour calculer l’IPC, il faut :

- Choisir les biens les plus importants qui doivent entrer dans le panier du
consommateur représentatif ;
- Classer les biens du panier par ordre d’importance afin de donner une
pondération plus grande à ceux qui sont les plus consommés. Si les
individus achètent un bien quelconque en plus grande quantité qu’un
autre bien, cela veut dire qu’ils accordent plus d’importance au premier
qu’au second, et par conséquent, le premier doit avoir un poids plus élevée ;
- Déterminez pour chaque période de temps (année ou trimestre), les prix des
différents biens du panier retenu ;
- Pour chaque période (année ou trimestre), calculer le coût global du panier
en appliquant la formule de la moyenne pondérée. Dans ce calcul, il
convient de souligner que seuls les prix des biens changent, les quantités
qui sont utilisées comme pondérations restent identiques.
- Choisir une année de base et calculer l’indice des prix à la consommation.
Le choix de l’année de base se fait de manière arbitraire car, l’indice sert
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uniquement à mesurer l’évolution du coût de la vie. Une fois que le coût du


panier représentatif a été calculé pour chaque période de temps, la formule
de calcul de l’indice est la suivante :

Coût du panier pour l' année en cours


IPC  100
Coût du panier à l' année de base

- Utiliser l’IPC pour calculer le taux d’inflation qui est le changement en


pourcentage de l’IPC entre deux périodes. Si on note π t le taux d’inflation
de la période t , alors :

IPC t  IPC t 1
πt  100
IPC t 1

3.1.2. Calcul de l’inflation à partir du déflateur du PIB

Le déflateur du PIB est le ratio entre le PIB nominal et le PIB réel.

PIB nominal
Déflateur du PIB  100
PIB réel

Le PIB nominal est une évaluation du niveau de la production aux prix de l’année
en cours, et le PIB réel une évaluation de cette même production aux prix d’une
année de référence appelée année de base. A l’année de base, puisque le PIB
nominal et le PIB réel sont égaux, le déflateur du PIB est égal à 100. Puisque les
quantités sont les mêmes, le déflateur du PIB est un rapport entre les prix de
l’année en cours et les prix de l’année de base.

Le taux d’inflation est obtenu en calculant la variation en pourcentage du


déflateur du PIB entre deux périodes de temps.

Déflateur PIB t  Déflateur PIB t 1


πt  100
Déflateur PIB t 1

La différence entre le déflateur du PIB et l’IPC est que le déflateur reflète les prix
de tous les biens et services produits dans une économie, alors que l’IPC ne
reflète que les prix d’un panier fixe de biens achetés par le consommateur.
Certains biens produits dans l’économie comme les avions n’entrent pas dans
l’IPC, tandis que d’autres que consomment pourtant les consommateurs,
notamment les biens importés, n’entrent pas dans le déflateur du PIB.

4. Le déficit budgétaire

Lorsque les recettes d’un Etat sont insuffisantes pour assurer l’ensemble des
dépenses prévues, on dit que cet Etat a un déficit budgétaire. Dans ce cas, pour
réaliser l’ensemble de ses dépenses, l’Etat doit s’endetter soit auprès des agents

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économiques résidents (dette publique intérieure) soit auprès des non résidents
(dette publique extérieure). L’accumulation des déficits budgétaires accroit donc la
dette publique. Pour une meilleure compréhension de cette grandeur
macroéconomique, il convient de rappeler ce qu’on entend par budget de l’Etat, loi
de finances, recettes de l’Etat, dépenses de l’Etat, et dette publique.

4.1. Le budget de l’Etat

Le budget d’un Etat est une prévision des recettes et des dépenses du gouvernement
central de cet Etat pour l’année à venir, et dont la réalisation est autorisée par le
parlement par l’intermédiaire d’une loi appelée loi de finances. Pour l’année 2020
le gouvernement a soumis devant l’Assemblée nationale un projet de loi de
finances qui prévoient des dépenses d’un montant de 4 951 milliards 700 millions
de francs CFA (4 951 700 000 000 CFA).

Le budget est donc à la fois :

- un acte juridique puisqu’il émane du parlement (pouvoir législatif) et se


présente sous la forme d’une loi ;

- un état prévisionnel puisque les recettes et les dépenses dont il est question
sont évaluées ex-ante à l’année 𝑛 − 1;

- un acte d’autorisation puisque c’est le parlement qui engage l’exécutif à


procéder à son exécution ;

- un acte annuel puisque l’autorisation en question n’est valable que pour


une année.

4.2. La loi de finances

Au Cameroun, le budget de l’Etat est préparé par les services du Ministères des
Finances qui dispose d’un Ministre délégué en charge du budget. C’est ce
ministère qui prépare le projet de loi de finances en collaboration étroite avec le
Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
(MINEPAT). Le projet de loi de finances est soumis à l’Assemblée Nationale
convoquée en session ordinaire au début du mois de novembre. La présentation
du projet de loi de finances est faite par le Premier Ministre, Chef du
Gouvernement, dans un document appelé programme économique, financier,
social et culturel du gouvernement.2

Le projet de loi de finances soumis aux députés est ensuite analysé par la
commission en charge du budget pour son adoption. Une fois que le projet est
adopté, il prend la forme d’une loi, mais son exécution ne pourra démarrer
2 Ce programme a été présenté le vendredi 29 novembre 2019 par Joseph Dion Ngute à
l’Assemblée Nationale.

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qu’après sa promulgation par un décret du Président de la République. Il


convient de faire une distinction entre la loi de finances initiale, la loi de finances
rectificative et loi de règlement de la loi de finances.

La loi de finances initiale est celle qui prévoit et autorise les recettes et les
dépenses de l’Etat au début d’un exercice budgétaire. La loi de finances
rectificative est celle qui modifie en cours d’exercice budgétaire, la loi de finances
initiale pour répondre à des modifications de la conjoncture économique nationale
et internationale. C’est pourquoi on parle plus souvent de loi rectificative de la loi
de finances. La loi de règlement est celle qui arrête ex-post au terme d’un exercice
budgétaire, le montant définitif des recettes et des dépenses ainsi que les
principaux résultats budgétaires (déficit ou excédent budgétaire, dette publique,
etc.). C’est la raison pour laquelle on parle de loi de règlement de la loi de
finances.

4.3. Les recettes de l’Etat

Les recettes de l’Etat représentent l’ensemble des ressources générées par les
services de l’Etat pour la mise en œuvre des programmes du gouvernement. Les
ressources de l’Etat sont scindées en deux grandes catégories : les recettes fiscales
et les recettes non fiscales.

4.3.1. Les recettes fiscales

Les recettes fiscales représentent l’ensemble des prélèvements obligatoires,


effectués sur les personnes physiques et morales par les administrations
publiques pour permettre de financer leurs dépenses. Au Cameroun, les recettes
fiscales sont collectées par la Direction Générale des Impôts (DGI) et par la
Direction générale des Douanes (DGD). Comme dans tous les pays, les recettes
fiscales représentent la plus grande part des recettes de l’Etat au Cameroun.
Leur pourcentage se chiffre généralement à plus de 90% des recettes totales. En
rapportant l’ensemble des recettes fiscales au PIB, on obtient un ratio appelé
taux de pression fiscale qui indique la part de la production totale d’un pays
qui est prélevée par l’Etat sous forme de prélèvements obligatoires.

𝑅𝑒𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒𝑠 𝑓𝑖𝑠𝑐𝑎𝑙𝑒𝑠 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒𝑠


𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑓𝑖𝑠𝑐𝑎𝑙𝑒 = × 100
𝑃𝐼𝐵

Parmi les recettes fiscales, on fait une nette distinction entre les impôts, les taxes
et les redevances.

- Les impôts

Les impôts sont des prélèvements obligatoires sans contrepartie effectués sur
l’ensemble des contribuables en fonction de la richesse de chaque individu. La
somme d’argent que le contribuable verse à l’Etat sous forme d’impôts n’est pas la
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contrepartie d’un service particulier que lui rend l’Etat. On distingue deux
catégories d’impôts : l’impôt direct et l’impôt indirect. L’impôt est direct lorsque
le contribuable (celui qui supporte l’impôt) et le redevable (celui qui est chargé de
reverser l’impôt au Trésor public) sont une seule et même personne. C’est le cas
par exemple de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), l’impôt sur
le bénéfice des sociétés (IS), l’impôt sur la fortune. L’impôt est indirect lorsque
le contribuable et le redevable ne sont pas la même personne. Il s’agit notamment
de la TVA qui est supportée par le consommateur, mais est payée au Trésor
public par celui qui vend le bien ou le service.

La loi peut dispenser certaines personnes du payement d’un impôt et dans ce cas,
on parle d’exonération fiscale.

- Les taxes

Contrairement à l’impôt qui n’est pas la contrepartie d’un service, la taxe est
perçue à l’occasion de la fourniture d’un service sans qu’il n’y ait une équivalence
absolue entre le montant de la taxe et le prix du service public. Comme exemple
de taxe, on peut citer la taxe routière ou péage routier, le ticket de
stationnement, la taxe foncière, la taxe pollueur (taxe carbone), etc.

- Les redevances

La redevance est la somme versée par un usager d’un service ou d’un ouvrage
public. La somme versée au titre de la redevance est la contrepartie directe de la
prestation fournie par le service public de telle sorte que seuls les utilisateurs
paient la redevance. Ainsi, dans la redevance, le montant payé est proportionnel
au service rendu.

4.3.2. Les recettes non fiscales

En plus des impôts et taxes, l’Etat dispose d’autres sources de recettes appelées
recettes non fiscales. Il s’agit notamment des dividendes versés par des
entreprises dans lesquelles l’Etat est actionnaire, des produits du domaine de
l’Etat (loyers et redevances pour utilisation du domaine public ou privé de l’Etat,
cessions des éléments du patrimoine immobilier de l’Etat), des produits de la
vente des biens et services (recettes pétrolières), des remboursements et intérêts
des prêts, et autres immobilisations financières (intérêts des prêts à des banques
ou des Etats étrangers), des produits des amendes , sanctions, pénalités et frais
de poursuite, etc.

4.4. Les dépenses de l’Etat

Les dépenses de l’Etat sont classés eu deux grandes catégories : les dépenses de
fonctionnement et les dépenses d’investissement.

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- Les dépenses de fonctionnement : c’est l’ensemble des dépenses


nécessaires au fonctionnement des services et à la gestion des affaires
courantes de l’Etat. Elles englobent les paiements des salaires, les achats
de fourniture et de matériel de bureau, les paiements de facture
(électricité, téléphone, etc.), les prestations de services (publicité, frais de
mission, transport, etc.), les contributions aux caisses communautaires
(Union Africaine, CEMAC, CEEAC), les intérêts de la dette, les
subventions accordées aux entreprises, les transferts sociaux,
etc. L’ensemble des dépenses consacrées au fonctionnement est appelé
budget de fonctionnement de l’Etat.

- Les dépenses d’investissement. Ce sont des opérations en capital qui se


traduisent par une modification de la valeur du patrimoine de l’Etat. Elles
englobent les achats d’équipements durables, la construction et
l’aménagement des bâtiments, les travaux d’infrastructure, et l’acquisition
des titres de participation dans des entreprises ou d’autres titres
immobilisés, le remboursement en capital des emprunts. L’ensemble des
dépenses consacrées à l’investissement est appelé budget
d’investissement public (BIP).

4.5. La dette publique

La dette publique désigne la somme des emprunts contractés, année après année,
par les administrations publiques et qui ne sont pas encore remboursés.
Contrairement au déficit budgétaire qui est un flux, c'est-à-dire la différence au
cours d’une année entre les recettes et les dépenses de l’Etat, la dette publique
quant à elle est un stock qui résulte de l’accumulation des déficits budgétaires au
fil du temps. Ainsi, le stock de la dette publique évolue dans le temps au rythme
des remboursements effectués par les administrations publiques et des nouveaux
emprunts qu’ils contractent pour financer leurs déficits.

4.5.1. La soutenabilité de la dette publique

La soutenabilité de la dette publique exprime la capacité d’un Etat à rembourser


ses emprunts. Pour chaque pays, il existe un seuil de soutenabilité de la dette
publique qui désigne le niveau d’endettement qui peut entrainer l’Etat dans la
faillite parce qu’il ne peut plus rembourser ses emprunts. Pour un Etat, le seuil
de soutenabilité est difficile à déterminer parce que la gestion de la dette d’un
Etat n’est pas comparable à celle d’un ménage ou d’une entreprise. Cela est du au
fait qu’un Etat a une durée de vie a priori infinie et n’a pas vocation à dégager un
profit. En 2017 par exemple, avec une dette publique qui représentait 238% PIB
au Japon, 105% aux Etats Unis, et 64% en Allemagne, tous ces pays étaient jugés
solvables et les marchés financiers continuaient à leur faire confiance. Par contre,
en 2010, avec une dette de 146% du PIB, la Grèce a vu son coût de financement

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(le taux d’intérêt exigé par les investisseurs) augmenter sur les marchés
financiers à des niveaux tels qu’il lui était devenu impossible pour le
gouvernement de ce pays de se financer sur ces marchés. C’est la raison pour
laquelle le FMI et les autres pays de l’Union Européenne étaient venus au
secours de la Grèce en lui imposant de mettre en œuvre des réformes
économiques et fiscales.

Ces différentes situations montrent bien que la soutenabilité de la dette publique


dépend d’un ensemble de facteurs et d’abord de la situation économique du pays.
Ainsi, pour apprécier l’importance et les conséquences de la dette publique sur
l’économie d’un pays, le plus important n’est pas le montant de la dette elle-
même, mais plutôt le coût de la dette qui dépend fondamentalement de son taux
d’intérêt, son évolution, la capacité de remboursement de l’Etat qui est elle-même
liée à la croissance de l’économie, la qualité de la dépense publique, etc.

4.5.2. Dette bilatérale et dette multilatérale

Au sein de la dette publique, on distingue la dette publique intérieure détenue


par les agents économiques résidents, et la dette publique extérieure
détenue par les prêteurs étrangers. On distingue également la dette à court
terme (un an ou moins), la dette à moyen terme (dix ans au plus) et la dette à
long terme (au-delà de 10 ans). Il convient également de faire une distinction
entre la dette bilatérale qui est contractée par l’Etat auprès d’un autre Etat, et
la dette multilatérale contracté auprès des organisations internationales
comme le FMI, le Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, la
BDEAC, etc.

5. Le taux de change

Si un individu souhaite acheter un bien dans un autre pays alors même que le
bien en question est produit sur le territoire national, cela veut dire que cet
individu a fait une comparaison entre le prix domestique et le prix étranger du
bien. Puisque les prix sur les deux marchés sont exprimés en des monnaies
différentes, pour pouvoir faire cette comparaison, l’individu doit convertir les
deux prix dans une même monnaie. Le prix auquel la monnaie d’un pays peut
être échangée contre celle d’un autre pays est appelé taux de change ou parité
de la monnaie. C’est pourquoi on définit le taux de change comme le prix d’une
monnaie en termes d’une autre monnaie.

5.1. Cotation au certain et cotation à l’incertain

Dans le jargon boursier, la cotation est l’opération par laquelle un titre financier
entre sur le marché boursier. Elle consiste à attribuer une valeur de marché à un
titre financier qui pourra être ensuite modifier en fonction des fluctuations de
l’offre et de la demande. S’agissant des monnaies, il existe deux manières
19
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d’attribuer une valeur de marché : la cotation au certain et la cotation à


l’incertain car, le taux de change peut tout aussi bien désigner le prix de la
monnaie nationale que le prix de la monnaie étrangère. Lorsque le taux de
change donne le prix de la monnaie nationale, c'est-à-dire, le nombre d’unités de
monnaie étrangère qu’il faut pour obtenir une unité de monnaie nationale, on dit
que la cotation se fait au certain. Mais, lorsque le taux de change donne le prix de
la monnaie étrangère, c’est à dire le nombre d’unités de monnaie nationale qu’il
faut pour obtenir une unité de la monnaie étrangère, on dit que la cotation se fait
à l’incertain.

5.2. Les différents régimes de change

Un régime de change désigne l’ensemble des règles qui déterminent


l’intervention des autorités monétaires d’un pays (la banque centrale) sur le
marché des changes. Le marché des changes est défini comme le lieu physique
ou virtuel sur lequel les agents économiques échangent les devises. Il existe deux
grands régimes de changes : le régime de changes fixes et le régime de changes
flexible.

5.2.1. Le régime de change fixe

Le régime de change est fixe lorsqu’une parité de référence est définie entre la
monnaie du pays et une ou plusieurs devises étrangères de référence. A cette
parité, la Banque centrale s’engage à échanger la monnaie nationale contre la
(les) devise (s) étrangère (s). Lorsque le marché sur lequel s’échangent les
monnaies (le FOREX) fonctionne librement, le respect de cet engagement
nécessite que la Banque centrale intervienne dès que le taux de change tend à
s’éloigner de la parité établie en vendant ou en rachetant la monnaie nationale
contre les devises. La parité fixe, définie au moment de l’introduction de la
monnaie sur le marché des changes, peut être modifiée, mais de manière
exceptionnelle. Lorsqu’une telle modification intervient dans le sens d’abaisser la
valeur de la monnaie nationale, on parle de dévaluation.

5.2.2. Le régime de taux de change flottant

Le régime de change flottant est à l’opposé de celui de change fixe. Ici, le taux
de change est autorisé à fluctuer librement en réponse aux modifications de
l’offre et de la demande des devises. Si la Banque centrale n’intervient pas sur le
marché des changes, le régime est un régime de flottement pur, sinon c’est un
régime de flottement dirigé ou administré. Dans le système monétaire
international actuel, seules les principales monnaies internationales (le dollar
US, l’euro, le yen, livre sterling) et les monnaies de certains pays industrialisés
de taille moyenne fluctuent librement. Le principal avantage de ce type de régime

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est qu’il permet à l’économie nationale d’absorber plus facilement les chocs
extérieurs.

Mais, le problème du régime de taux de change flottant est que les fluctuations
du taux de change peuvent ne pas être le reflet d’une baisse de compétitivité ou
d’un changement important survenu dans l’économie considéré. Les variations du
taux de change peuvent être dues à de simples rumeurs qui circulent sur les
marchés financiers et qui font réagir les courtiers. Le taux de change peut donc
enregistrer des fluctuations excessives à court terme et les entreprises doivent en
permanence se couvrir contre le risque d’une dépréciation ou d’une appréciation
de la monnaie.

5.3. Appréciation et dépréciation de la monnaie

Lorsque la monnaie nationale est cotée à l’incertain, le taux de change donne le


prix d’une unité de monnaie étrangère. Dans ce cas, une augmentation du taux
de change signifie qu’il faut donner plus de monnaie nationale pour obtenir la
même unité de monnaie étrangère : on dit qu’il ya une dépréciation de la
monnaie nationale. Par contre, lorsque le taux de change baisse, il faut
désormais donner moins de monnaie nationale pour obtenir une unité de
monnaie étrangère : on dit qu’il y a appréciation de la monnaie nationale.

Lorsque la monnaie nationale se déprécie, les produits nationaux deviennent


moins chers par rapport aux produits étrangers, les exportations augmentent, les
importations diminuent, et les exportations nettes augmentent. En revanche,
lorsque la monnaie nationale s’apprécie, les produits nationaux deviennent plus
chers pour les étrangers, les exportations diminuent, les importations
augmentent, et par conséquent, les exportations nettes diminuent.

5.4. La dévaluation

La dévaluation est une arme à la disposition des autorités monétaires ayant opté
pour un régime de taux de change fixe pour faire face à un déséquilibre durable
de la balance des paiements. La balance des paiements est un document dans
lequel on recense toutes les transactions économiques, monétaires et financières
entres les résidents d’un pays et les résidents du reste du monde. Lorsque les
exportations de biens et de services d’un pays sont durablement inférieures aux
importations, il arrivera un moment où le pays ne disposera plus suffisamment
de devises pour faire face à ses importations. Pour continuer à importer, ce pays
devra s’endetter vis-à-vis du reste du monde. L’un des objectifs de la dévaluation
est de corriger le déficit de la balance des paiements encore appelé déficit
extérieur.

En effet, lorsqu’un pays dévalue sa monnaie, les produits de ce pays deviennent


moins chers lorsqu’ils sont exprimés en monnaie étrangère. Le pays gagne donc
21
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en compétitivité par rapport à ses concurrents, et ses exportations s’accroissent.


Dans le même temps, les produits étrangers devient plus chers lorsqu’ils sont
exprimés en monnaie nationale, ce qui tend à décourager les importations. Si les
exportations s’accroissent et que les importations diminuent, le pays parvient à
réduire le déficit de sa balance commerciale et par conséquent, celui de la balance
des paiements.

Mais en général, puisqu’il existe certaines importations qui sont incompressibles


à court terme (notamment les pièces détachées), la valeur totale des importations
du pays va dans un premier s’accroitre, pour ensuite décroitre. Le déficit de la
balance commerciale aura donc d’abord tendance à se creuser à court terme, pour
ensuite se résorber à moyen terme. On parle de courbe en « J » de la
dévaluation.

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CHAPITRE 2 : FINANCEMENT DES ENTREPRISES ET PLACE DU


SECTEUR DES ASSURANCES

Le système financier d’une économie désigne l’ensemble des règles, des pratiques
et des institutions (banques, bourses de valeurs, établissements de microfinance,
compagnies d’assurance, etc.) qui permettent de mobiliser des capitaux auprès
des agents à capacité de financement (ceux dont les ressources excèdent les
dépenses) pour les mettre à la disposition de ceux à besoin de financement (ceux
dont les besoins excèdent les ressources). Les besoins de financement
correspondent majoritairement au financement des projets d’investissement des
entreprises, des administrations ou des particuliers (logements). C’est la
satisfaction des besoins de financement qui contribue à l’accroissement des
capacités de production de l’économie. C’est pour cela que les économistes
établissent une relation entre le niveau de développement d’une économie et celui
de son système financier, même si le sens de cette causalité ne fait pas l’objet
d’un consensus. L’une des contraintes majeures que rencontrent les entreprises
africaines est l’accès aux financements. Deux principaux modes de financements
s’offrent généralement aux entreprises : le financement interne et le financement
externe.

1. Les instruments de financement des entreprises


1.1. Le financement interne des entreprises

Le financement interne est celui qui provient des associés (propriétaires) de


l’entreprise. C’est pourquoi on parle de financement sur fonds-propres. Le
financement interne englobe les apports en capital des associés (fonds-propres),
les disponibilités dans le compte courant de l’entreprise, et les subventions
d'investissement octroyées par l’Etat.

1.1.1. L’augmentation du capital social de l’entreprise (les fonds-


propres)

Le capital social est la somme que les associés ont décidé de consacrer de façon
définitive à la constitution de leur société. Il s'agit de fonds qui sont destinés à
rester de manière durable dans l'entreprise, et non à être remboursés à ceux qui
les ont apportés. Les associés ne pourront récupérer cet apport de fonds que le
jour de la liquidation de la société, ou par le biais d'une vente de leurs actions, ou
plus exceptionnellement par le biais d'une réduction de capital social de
l’entreprise.

1.1.2. La conservation des bénéfices dans des comptes courants


d’associés : l’autofinancement

Les comptes courants d'associés sont destinés à recevoir les sommes mises à la
disposition de la société par ses associés de façon temporaire. Ils sont destinés à
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être retirés à plus ou moins long terme, et c'est pourquoi on parle de quasi-fonds
propres. On parle également d’autofinancement, car, les ressources placées en
compte courant par les associés proviennent des bénéfices générés par l’activité
de l’entreprise, et les associés choisissent délibérément de les conserver au sein
de l’entreprise. L’avantage de l’autofinancement est qu’il ne nécessite un accord
des personnes extérieures à l’entreprise, ce qui préserve l’indépendance de
l’entreprise.

1.1.3. Les subventions d’investissement

Les subventions d’investissement sont des capitaux-propres qui sont versés aux
entreprises à titre définitif, généralement par l’Etat et les collectivités
territoriales, sans obligation de remboursement. Elles aident au financement des
investissements, contrairement aux subventions de fonctionnement qui servent à
financer des charges d'exploitation.

1.2. Le financement externe

En général, les fonds propres sont insuffisants pour financer la totalité des
investissements de l’entreprise. Celle-ci doit donc recourir à des sources de
financement externe généralement offertes par les établissements financiers et
notamment des établissements de crédit.

1.2.1. L’emprunt bancaire

L'emprunt bancaire correspond à une somme d’argent mise à la disposition de


l'entreprise par un organisme financier, avec obligation de rembourser selon un
échéancier préalablement défini. En contrepartie de son financement, l'organisme
prêteur perçoit des intérêts rémunérant l'apport de fonds et les risques pris. Il est
généralement accompagné de la prise de garantie (s) qui limite les risques du
prêteur en cas de difficultés de remboursement.

1.2.2. Le crédit-bail (leasing)

Le crédit-bail est un contrat de location-vente où la société de crédit-bail reste


propriétaire du matériel jusqu’à la fin du contrat, mais avec une option d’achat
qui est offerte à l’entreprise à l’échéance. Contrairement à l’emprunt bancaire
classique, le crédit-bail ne demande pas un apport personnel de la part de
l’entreprise. C’est un procédé rapide et simple. Le crédit-bail, est sensiblement
différent de l'emprunt, bien qu'il serve en principe à financer le même type de
biens. En effet, lorsqu'elle finance un investissement par le biais d'un emprunt,
l'entreprise en est propriétaire dès le premier jour. En contrepartie, elle devient
débitrice de la banque.

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En revanche, dans le cadre d'un crédit-bail, pendant toute la durée du contrat,


l'entreprise n'est pas propriétaire du bien. Il s'agit d'une simple location assortie
d'une promesse de vente à l'issue de la période de location. L'organisme financier
possède donc le bien, le loue à l'entreprise et s'engage à le lui vendre après une
certaine période selon des conditions prédéfinies. En général, la valeur résiduelle,
correspondant au prix d'achat final, représente une somme dérisoire. Le principal
inconvénient de ce mode de financement est que l’entrepreneur pour n'est pas
propriétaire du matériel qu’il utilise.

Le financement par crédit-bail offre certains avantages par rapport à un


financement classique, notamment : (i) il procure une meilleure garantie à la
banque ; (ii) il ne pénalise pas le bilan de l'entreprise puisque le crédit octroyé ne
figure pas dans les dettes, ce qui rend le niveau d’endettement moins apparent ;
(iii) avec l'emprunt, le bien financé, propriété de l'entreprise, est amorti, et cet
amortissement vient diminuer le résultat de l'entreprise.

1.2.3. Le Capital-risque

Aussi appelé capital-investissement ou private equity, c’est un moyen de


financement direct en capital qui consistent à prendre des participations
temporaires et minoritaires au capital de sociétés innovantes en création
(startups) ou dans les jeunes entreprises ayant un fort potentiel de croissance.
Ces prises de participation sont réalisées par des professionnels ou des
investisseurs aguerris ayant comme objectif premier la réalisation de plus-values,
dans un temps le plus court possible. Les « capital-risqueurs » rentrent au capital
de l’entreprise pour la soutenir financièrement, lui apporter un accompagnement
stratégique, et bien-sûr, bénéficier d’une rémunération importante. On parle
aussi de Business Angels lorsque les capitaux sont apportés directement par les
personnes physiques, notamment pour le lancement du projet. Le capital-risque
peut intervenir à différents moment de la vie de l’entreprise : amorçage,
développement, transmission, retournement.

1.2.4. Le financement participatif ou crowdfunding

Le crowdfunding encore appelé socio-financement est un mode de financement


par la foule généralement destiné aux jeunes entrepreneurs et aux startups. Cela
signifie qu’un grand nombre de personnes sont amenées à participer à
l’élaboration, en termes économiques et financiers, d’un projet. Le crowdfunding
se fait essentiellement par le biais d’internet et a d’ailleurs connu un essor grâce
au développement des réseaux sociaux. Le financement peut prendre la forme
d’un don, d’un prêt ou d’une participation au capital. Pour rassembler un
maximum d’investisseurs, il faut présenter son projet sur une plateforme
spécialisée et en faire la promotion notamment sur les réseaux sociaux.

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1.2.5. L’emprunt obligataire

Un emprunt obligataire est une dette émise par une personne morale (une
entreprise privée, une société publique, un Etat ou une collectivité publique) pour
se financer auprès d’investisseurs, appelés les obligataires. L'emprunteur émet
des titres assimilables à une dette appelés obligations que des investisseurs
achètent. Un intérêt est versé périodiquement aux investisseurs, tandis que le
capital leur sera remboursé à une date prévue. Le recours à l'emprunt obligataire
permet de se financer en dehors du circuit bancaire classique. Il est notamment
utilisé lorsque les conditions octroyées par les banques sont difficiles à satisfaire.
Un emprunt obligataire peut offrir une rémunération à taux fixe ou à taux
variable. Lors d’un emprunt obligataire, l’émetteur et le souscripteur signent un
contrat obligataire pour formaliser le prêt qui fixe notamment la maturité et le
taux d’intérêt.

Contrairement à l’action qui est un titre de propriété qui représente une part du
capital social de l’entreprise et confère le droit de participer à la prise de décision
de l’entreprise et d’en partager les bénéfices, l’obligation quant à elle est un titre
de créance, c'est-à-dire qu'il représente une dette, remboursable à une date et
pour un montant fixé à l'avance, et qui rapporte un intérêt.

2. La place du secteur des assurances dans l’économie

Les compagnies d’assurance jouent un rôle majeur dans la collecte de l’épargne


stable pour permettre un financement sain des entreprises et de l’économie dans
son ensemble. Les compagnies d’assurance sont des intermédiaires financiers.
Un intermédiaire financier est un agent qui emprunte auprès des agents à
capacité de financement pour prêter aux agents à besoin de financement. Les
intermédiaires financiers se caractérisent par leur capacité ou non à créer de la
monnaie. Les intermédiaires monétaires peuvent octroyer des crédits sans avoir
au préalable collecté l’épargne (les banques commerciales). Les intermédiaires
financiers non monétaires (caisses d’épargne, fonds de placement collectifs, fonds
de pension, compagnies d’assurance) ne peuvent quant à eux accorder des crédits
qu’après avoir collecté l’épargne auprès des agents à capacité de financement.

2.1. Définition de l’assurance

Une compagnie d’assurance est une entreprise qui fournit des services
d’assurance. L’assurance est un moyen de couverture et de protection contre la
survenance d’un risque, c'est-à-dire, un événement incertain et aléatoire, mais
auquel on peut attribuer une probabilité. Le principe est d’apporter une
prestation financière à un individu ou une association à condition que ces
derniers aient versé une cotisation appelée prime de risque. Le contrat
d’assurance établit donc les conditions dans lesquelles, le service sera rendu. Il

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Dr ONGONO Patrice

mentionne généralement la prime (cotisation) que l’assuré s’engage à verser, la


prestation que l’assureur rendra, et l’événement incertain qui est couvert (le
risque).

2.2. Rôle social de l’assurance

Sur le plan social, le rôle de l’assurance est d’apporter aux hommes la sécurité
dont ils ressentent le besoin. Elle les protège contre les risques du hasard qui les
menacent dans leur personne comme dans leur bien, et leur donne ainsi confiance
en l’avenir. C’est une vente de sécurité au profit de l’action. L’assurance garantie
donc la réparation et favorise la création de la richesse.

2.2.1. Fonction réparatrice de l’assurance

L’assurance permet d’indemniser les préjudices résultant de la réalisation des


risques. Grâce à elle, l’immeuble incendié sera reconstruit, le véhicule
endommagé ou volé sera réparé ou restauré, etc. Elle permet donc à l’assuré de
conserver l’équilibre de son patrimoine et même de sauvegarder des intérêts
extra patrimoniaux comme sa santé ou sa capacité de travail. L’assurance est
également utilisée par le législateur pour garantir aux tiers la réparation du
préjudice dont ils sont victimes. C’est là le but essentiel des assurances de
responsabilité obligatoire. L’assurance permet une certitude d’indemnisation
pour les victimes. L’assuré est à l’abri d’un tel recours, il sera à mesure de
supporter ces risques et d’accomplir de nouvelles actions.

2.2.2. Fonction créatrice de richesse de l’assurance

En apportant la sécurité aux hommes, l’assurance favorise l’éclosion d’un grand


nombre d’activités qu’ils n’oseraient jamais entreprendre. Nombreuses sont les
activités qui ne seraient pas entreprises sans un tel soutien, qu’ils s’agissent de la
pratique de sport dangereux, de métiers dangereux, de l’utilisation de nouveaux
modes de transport, de l’exploitation de nouvelles formes d’énergie, etc.
L’assurance est donc une nécessité pour l’homme d’action et l’homme d’affaires.
Elle encourage de ce fait l’innovation, et devient un facteur de progrès social et de
développement économique.

2.3. Rôle économique de l’assurance

Au plan économique, l’assurance est d’abord un moyen de crédit, mais, c’est aussi
une méthode d’épargne et plus généralement un mode d’investissement.

2.3.1. L’assurance : un moyen de crédit

C’est un aspect moderne de l’assurance qui vient aujourd’hui relayer les formes
classiques du crédit. L’assurance permet à l’assuré d’obtenir du crédit en
renforçant les garanties qu’il offre à ses créanciers. L’assurance remplit

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également une fonction de crédit au profit de l’économie générale, car les réserves
que les compagnies sont obligées de constituer contribuent à soutenir le crédit
général du pays.

2.3.2. L’assurance : une méthode de formation de l’épargne

L’accumulation des primes des assurés permet la constitution des capitaux


importants, car les prestations d’assureurs s’exécutent sur une échéance
lointaine. L’assurance apparait comme une méthode particulière de formation de
l’épargne.

2.3.3. L’assurance : mode d’investissement

Les sommes considérables que les compagnies d’assurance prélèvent sous la


forme de primes peuvent être réinvesties dans des projets d’investissements
rentables. De ce fait, les placements de ces sommes sont soumis à des règles très
strictes. Ces règles sont justifiées par l’intérêt que peut présenter à l’économie ces
masses de capitaux qui pourront apporter à l’Etat et aux collectivités locales des
ressources considérables.

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