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Haut-parleurs

par Jacques JOUHANEAU


Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)

1. Haut-parleurs à bobine mobile ............................................................. E 5 170 - 2


1.1 Principe de fonctionnement........................................................................ — 2
1.2 Détermination des constantes électromécaniques................................... — 3
1.3 Circuit magnétique ...................................................................................... — 4
1.4 Circuits acoustiques .................................................................................... — 5
1.5 Détermination des constantes électroacoustiques................................... — 6
1.6 Rayonnement et directivité d’un haut-parleur encastré........................... — 9
1.7 Matériaux utilisés ........................................................................................ — 10
1.8 Haut-parleurs à chambre de compression ................................................ — 13
1.9 Limitations et défauts des haut-parleurs à bobine mobile ...................... — 15
2. Autres principes de transduction............................................... — 18
2.1 Haut-parleurs à ruban ................................................................................. — 18
2.2 Haut-parleurs électrostatiques ................................................................... — 19
2.3 Autres systèmes utilisés pour l’émission de signaux acoustiques ......... — 22
3. Utilisation des haut-parleurs ................................................................ — 23
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. E 5 170

O n appelle haut-parleur tout transducteur susceptible de transformer une


énergie électrique en énergie acoustique.
Cette transformation peut s’effectuer à partir de différents principes physiques
dont les plus couramment utilisés sont :
— le principe électrodynamique : tout conducteur placé dans un champ
d’induction magnétique uniforme B et parcouru par un courant est le siège d’une
force électromagnétique ;
— le principe électrostatique : les deux armatures d’un condensateur plan
traversé par un courant alternatif subissent une force d’attraction proportionnelle
à la charge électrique des armatures et au champ électrique interélectrodes ;
— le principe piézoélectrique : un matériau piézoélectrique soumis à un champ
électrique subit une déformation proportionnelle à la polarisation électrique ;
— le principe électromagnétique : un entrefer de largeur (donc de réluctance)
variable placé dans un circuit magnétique parcouru par un flux induit par une
bobine voit ses armatures subir une force d’attraction sensiblement proportion-
nelle au courant traversant la bobine ;
3 - 1993

— le principe ionique : une masse d’air ionisée par une décharge électrique HF
entre deux électrodes engendre une variation locale de pression proportionnelle
à l’agitation thermique induite par la modulation BF des électrodes.
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HAUT-PARLEURS ______________________________________________________________________________________________________________________

1. Haut-parleurs
à bobine mobile
Les haut-parleurs à bobine mobile sont des transducteurs électro-
dynamiques fonctionnant en émetteurs.
Ils arrivent, de très loin, en tête du marché des systèmes de repro-
duction sonore. Ce choix quasi exclusif est principalement dû au fait
que ce sont les seuls transducteurs capables de reproduire les basses
fréquences à des niveaux de puissances compatibles avec un rendu
équilibré de tout le spectre audible.
Figure 1 – Bobine placée dans l’entrefer d’un circuit magnétique
et soumise à un champ radial d’induction B

1.1 Principe de fonctionnement


Une bobine libre constituée de N spires de longueur L et placée
dans l’entrefer d’un aimant permanent à symétrie radiale subit une
force perpendiculaire aux lignes de champ quand elle est traversée
par un courant i (figure 1).
Soit  = NL la longueur totale du fil de la bobine. En tout point
du conducteur, les vecteurs représentant le courant et l’induction
sont orthogonaux. Il y a donc création d’une force de Laplace
(figure 2) :
F = i ∧ B
Sous l’action de cette force, la bobine se déplace en coupant les
lignes de flux, d’où génération d’une force électromotrice induite :

e =  v ∧ B
v étant le vecteur vitesse de déplacement.
Cette force électromotrice s’oppose au courant qui lui a donné Figure 2 – Principe de la transduction électromécanique
naissance (loi de Lenz). L’équation du circuit électrique (figure 3)
s’écrit donc :
di
U = Ri + L --------- + Bv (1)
dt
l’équation mécanique traduisant le mouvement de la bobine est
alors :
d2 x dx
Bi = m ----------2- + r f --------- + k m x (2)
dt dt

avec m masse de l’équipage mobile,


km coefficient de raideur de la suspension,
rf résistance mécanique de l’équipage mobile.
On se trouve en présence d’un système d’équations couplées
(article Introduction à l’électroacoustique. Transduction électro-
acoustique [E 5 150] dans le présent traité).
En régime harmonique, les équations s’écrivent en écriture Figure 3 – Circuit électrique d’un haut-parleur à bobine mobile
complexe :
u = Ze i + B v
L’expression de Z *e est conforme à la représentation d’une impé-
avec Z e = R + j [ L ω – ( 1/C ω ) ]
2
dance d’entrée d’un circuit couplé Z *1 = Z 1 – ( Z c  Z 2 ) dont l’impé-
B i = Zm v dance de couplage serait :
avec Z m = r f + j [mω – (k m/ω )] Z c = jB

On en déduit l’impédance électrique libre du système : ■ Conditions de linéarité


2 2
Z *e = Z e + ( B  / Z m ) Des équations (1) et (2), on peut tirer les conditions de linéarité
d’un tel système.
2 2
Le terme B  ⁄ Z m , qui résulte du déplacement de l’équipage Dans le cas où l’on souhaite un fonctionnement en vitesse, il
mobile, est appelé impédance motionnelle du haut-parleur. convient que celle-ci soit proportionnelle à la tension appliquée U.

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2 2
Or v = [ B ⁄ ( Z e Z m + B  ) ] u À partir des courbes Z *e ( ω ) , généralement données par le
constructeur, on peut évaluer :
d’où la condition de linéarité : — la résistance électrique du bobinage R (ordonnée du point B) ;
— le coefficient d’auto-induction L ; les coordonnées du point C
Z e Z m = constante indépendante de la fréquence sont données par la relation :
En pratique, cette condition ne sera réalisée que pour une bande 2 2
Z *e C = R + (Lω)
de fréquence limitée.
Toutefois, contrairement aux microphones pour lesquels il est sou- (compte tenu du fait qu’à la fréquence f C (abscisse du point C),
haitable d’obtenir une grandeur de sortie (tension électrique) l’impédance motionnelle est négligeable) ; d’où :
proportionnelle à la grandeur active (force de pression agissant sur
la membrane), la linéarité des haut-parleurs ne se limite pas aux seuls 2 2
termes électromécaniques ; elle fait également intervenir les compo- yC–yB
L = ---------------------
santes acoustiques du rayonnement : impédance, puissance et 2πf C
directivité.
— le coefficient de frottement r f .
Il en résulte que la caractéristique la plus significative du couplage
électromécanique n’est pas la fonction de transfert v ⁄ i mais l’impé- Le point A correspond à la résonance mécanique de l’équipage
dance électrique Z * . mobile, d’où :
e
2 2
B 
Z*
e
= R + --------------
A rf
1.2 Détermination des constantes À la fréquence f A , Lω est négligeable, on peut donc admettre que :
électromécaniques
2 2
B 
r f = -------------------
yA – yB
Le tracé de la courbe du module de l’impédance électrique Z *e
en fonction de la fréquence est facile à obtenir expérimentalement — le rapport k m /m s’obtient directement à partir de l’abscisse du
(rapport de la tension de sortie au courant débité par l’amplificateur). point A :
Elle présente une allure caractéristique (figure 4) et permet d’obtenir km 2
la valeur de la plupart des constantes électroacoustiques du - = ( 2πf A )
------
m
haut-parleur.
Il en résulte que si l’on connaît la masse (ou la raideur) de l’équi-
La figure 4 montre le tracé des trois grandeurs caractéristiques
page mobile, ainsi que l’impédance de couplage B , toutes les
de l’impédance électrique du haut-parleur :
autres grandeurs électromécaniques [R, L, r f et k m (ou m )] peuvent
2 2 être évaluées à partir de la courbe d’impédance électrique du
B 
Z *e = R + jL ω + -------------- haut-parleur.
Zm
■ Détermination de la masse m de l’équipage mobile
Une des méthodes classiques de détermination de la masse de
la membrane consiste à coller sur le dôme une masse additionnelle
M et à mesurer la nouvelle fréquence de résonance du système.
Si l’on admet, en première approximation, que le rapport des
fréquences propres est égal à celui des fréquences de résonance,
on aura :
km
f 0′ 2 --------------------
f0 
-------
m+M m
= -------------------- = --------------------
km m+M
-------
m
d’où la masse cherchée :
M
m = ---------------------------------
( f 0 ⁄ f 0′ ) 2 – 1

■ Détermination de la raideur k m de la suspension


On peut également mesurer la raideur de la suspension, toujours
en plaçant une masse additionnelle M sur le dôme de la membrane
et en mesurant le déplacement de l’équipage mobile (figure 5).
Le changement d’état d’équilibre se traduit par l’égalité :
Mg = k m ∆x
Mg
d’où k m = ----------
Figure 4 – Impédance électrique d’un haut-parleur électrodynamique ∆x
Cette méthode est toutefois moins précise que la précédente.

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■ Détermination de l’impédance de couplage B


Plusieurs méthodes permettent d’évaluer le terme B .
Les plus courantes consistent à évaluer la force de Laplace
F = Bi induite par un courant i connu.
Une des techniques les plus précises est celle de la balance qui
consiste à ramener l’équipage mobile à sa position initiale
(figure 5c ) en faisant circuler un courant continu I dans la bobine
mobile.
À l’équilibre, on a donc :
Mg = BI
Mg Figure 5 – Mesure du terme de couplage B
d’où B = ---------
I (méthode de la balance électrodynamique)

Remarque : le produit B est parfois appelé facteur de force. Il


s’exprime alors en NA–1.

1.3 Circuit magnétique


Le rôle de l’aimant permanent des haut-parleurs électrodyna-
miques est de maintenir une induction magnétique constante dans
l’entrefer destiné à accueillir la bobine mobile.
Les qualités essentielles que doivent posséder les aimants
permanents sont :
— une forte induction rémanente ;
— un produit induction-champ maximal ;
— des pertes minimales ;
— un faible coût de fabrication.
Les matériaux ferromagnétiques les plus souvent utilisés pour la
fabrication des haut-parleurs sont les ferrites (§ 1.7.1).
Les formes les plus couramment adoptées pour la réalisation des
aimants permanents sont celles de tores cylindriques.
Un exemple type de circuit magnétique pour haut-parleur à bobine
mobile est donné par la figure 6.
■ Point de fonctionnement du circuit magnétique
d’un haut-parleur
Figure 6 – Coupe transversale montrant la disposition classique
Les équations caractéristiques des circuits magnétiques d’un du circuit magnétique d’un haut-parleur à bobine mobile
haut-parleur sont :
— le théorème d’Ampère :
H a  a + qH e  e = 0 (3) ϕ f dépend de la nature de l’aimant, de sa forme et de la dispo-
sition des pièces polaires.
avec q facteur des pertes magnétiques, Pour un aimant cylindrique en céramique, ϕ f croît avec le diamètre
— l’induction magnétique de l’entrefer : 4d
e –1
extérieur De suivant une loi de la forme ϕ f = ------------------ .
Be = µ 0 H e (4) 1 000

— la courbe de désaimantation du matériau : (Les indices a sont relatifs à l’aimant et les indices e à l’entrefer).
Nota : pour de plus amples renseignements, le lecteur pourra se reporter à l’article
B a (H a ) (5) Aimants permanents. Principes et circuits magnétiques [D 2 090] dans le traité Génie
électrique.
— la conservation du flux :
Exemple numérique : recherche du point de fonctionnement
ϕa = ϕe + ϕ f (6) d’un circuit magnétique
Un haut-parleur a un aimant permanent cylindrique :
avec ϕ a flux traversant l’aimant,
— de diamètre extérieur D e = 12 cm ;
ϕ e flux d’entrefer, — de diamètre intérieur D i = 6 cm ;
ϕ f flux de fuite. — de hauteur  a = 2 cm .
Soit encore : L’entrefer du circuit a un volume de 1,286 · 10–6 m3, un rayon
de 23,15 mm et une hauteur b e de 6 mm. L’induction d’entrefer est
BaSa = pB eS e de 1,26 T pour un flux ϕ e de 1,1 · 10–3 Wb.
ϕf Le flux de fuite doit être voisin de (e0,48 – 1) 10 –3.
où p est le facteur de fuite = 1 + ---------
-.
ϕe

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Soit ϕ f = 0,6 · 10 –3 Wb, ce qui correspond à un facteur de fuites :

0,6
p = 1 + ---------- = 1,55
1,1
si l’on admet que le circuit a un facteur de pertes q = 1,1.
Les caractéristiques connues de l’entrefer et de l’aimant étant :
Ve 1,286 –3
- = ------------------------------ = 1,47 ⋅ 10 m
 e = ---------------
πdb e π ⋅ 46,3 ⋅ 6
S e = πdb e = 8,73 ⋅ 10 –4 m 2

— pour l’entrefer on a :
Be = 1,26 T

1,26
- = 10 6 A / m
H e = -----------------------
4π ⋅ 10 –7
— pour l’aimant on a une longueur :
 a = 0,02 m Figure 7 – Notations utilisées pour la détermination
des grandeurs caractéristiques d’un circuit magnétique
et une surface effective :
π 2 2 π
S a = ------ ( D e – D i ) = ------ ( 0,12 2 – 0,06 2 ) = 8,48 ⋅ 10 – 3 m 2
4 4
Les équations du circuit se réduisent donc à (figure 7) :
H a  a + 1,1 H e  e = 0

d’où on tire Ha = – 81 260 A/m


et B aS a = 1,55 B e S e
d’où on tire B a = 0,2 T
La surface utile de l’aimant est déterminée par :
ϕe + ϕf ( 1,1 + 0,6 )10 –3
- = ----------------------------------------- = 8,5 ⋅ 10 – 3 m 2
S au = ------------------
Ba 0,2

Cette surface utile est toujours inférieure à la surface effective


(à Sa = 100 cm2 correspond ici S au = 65 cm 2 ).
Pour avoir S au = 85 cm 2 , il faudrait S a = 115 cm2.
Toutefois, la compensation est déjà prise en compte dans le facteur
de fuites q = 1,55.

1.4 Circuits acoustiques


Figure 8 – Coupe schématique transversale
La figure 8 représente la coupe schématique d’un haut-parleur montrant les circuits acoustiques d’un haut-parleur à bobine mobile
électrodynamique à bobine mobile.
De cette représentation, on peut tenter de développer un schéma Si l’on admet que la vitesse v i est sensiblement la même que
simplifié pouvant servir de modèle pour le calcul du circuit acous- celle de la bobine, on aura :
tique de charge de la membrane (figure 9).
v bob
v e = -----------
-
α
1.4.1 Impédance de l’entrefer
avec α = S e /S i
L’entrefer constitue un rétrécissement dont l’impédance dépend Ainsi, dans l’entrefer, la vitesse relative de l’air par rapport aux
de la vitesse relative de l’air et de la bobine mobile. pièces polaires est ve et la vitesse relative de l’air par rapport aux
En effet, dans le cas où le spider n’est pas perméable, on doit spires est :
avoir conservation du débit d’où : ve – v bob = ve (1 – α )
S iv i = Se ve

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La bobine est constituée de deux couches de fil dont le diamètre d F


vaut 4,5 · 10–4 m.
Le rapport des sections étant égal à α = Se /S i = 1/466, on peut
négliger v bob devant ve et admettre que l’entrefer se comporte comme
deux fentes en parallèle d’épaisseur :
e – 2 d F
- = 2,87 ⋅ 10 –4 m
h e = -----------------------
2
Pour les fréquences inférieures à 150 Hz, l’impédance acoustique de
chaque fente est donc d’environ :

Z a = 4 ⋅ 10 5 + j 210 ω
F

Au-dessus de cette fréquence, Z aF croît lentement pour atteindre


5,6 · 105 N · s · m– 5 à 4 000 Hz tandis que le terme imaginaire croît
proportionnellement à la fréquence.
On pourra donc admettre qu’aux fréquences basses, l’impédance de
l’entrefer sera d’environ :
Figure 9 – Modèle simplifié des circuits acoustiques
du haut-parleur de la figure 8 Za
Z e = ----------F = 2 ⋅ 10 5 + j 100 ω
2
α étant très petit devant 1, on peut admettre que v bob est négli-
geable et considérer que l’entrefer est constitué de deux fentes
cylindriques coaxiales de longueur πdB et d’épaisseur : 1.4.3 Prise en compte de l’impédance acoustique
du spider
e – NF d F
h e = -------------------------
-
2 En pratique, les calculs effectués à partir du modèle de la figure 9
montrent que le coefficient de couplage entre les deux cavités est
avec d B diamètre de la bobine, très faible et que les ordres de grandeurs obtenus coïncident mal
d F diamètre du fil, avec les résultats de mesure, particulièrement lors d’essais sous vide
 e largeur de l’entrefer, (§ 1.5.1).
NF nombre de couches de la bobine. C’est la raison pour laquelle on est conduit à prendre en compte
l’impédance du spider. Celui-ci introduit, en effet, un terme d’inertie
non négligeable doublé, dans la plupart des cas, d’un terme d’amor-
1.4.2 Résistance d’entrefer tissement fluide (résistance au passage de l’air).
Soit Zsp = psp /q si le rapport entre la pression exercée sur la face
Le principe du calcul de l’amortissement induit par une fente est interne du spider et le débit acoustique qui le traverse. Compte tenu
donné dans l’article Introduction à l’électroacoustique. Transduction de l’analyse précédente, cette impédance acoustique peut s’écrire
électroacoustique [E 5 150]. Les résultats en sont résumés dans sous la forme :
l’article Microphones [E 5 160] de ce traité.
Z sp = R sp + j M sp ω
On est conduit à étudier séparément les deux cas :
2 2 (on notera r sp + jmsp ω l’impédance mécanique équivalente).
λ > 3 ⋅ 10 7 h e qui correspond à f < 1,13 ⋅ 10 –5 ⁄ h e
En termes de circuit acoustique, on peut considérer que cette
2 2 impédance se trouve située en parallèle sur l’impédance du réso-
et λ < 10 6 h e qui correspond à f > 3,4 ⋅ 10 –4 ⁄ h e nateur de Helmholtz que constituent la cavité arrière et l’entrefer ;
d’où le schéma équivalent des circuits acoustiques du haut-parleur
et à appliquer successivement les relations :
à bobine mobile (figure 10a ).
12 η b e Il convient de noter qu’en pratique les ordres de grandeurs sont
R aF = ------------------
3
- tels que l’impédance de l’entrefer et celle de la première cavité
he Le sont très grandes devant celles du spider ; ce qui permet de sim-
18 ηρ 0 ω plifier le schéma équivalent et de le réduire à une seule maille
 
be
et R aF = ----------------------------
3
- 1 + ---------- (figure 10b ).
he Le 2 he

Quant aux masses acoustiques, leur valeur reste toujours légè-


rement supérieure à ρ0be /Se . 1.5 Détermination des constantes
Exemple numérique : calcul d’impédance d’entrefer
électroacoustiques
L’entrefer du haut-parleur de référence a pour dimensions (notations
du § 1.3) : 1.5.1 Mesures sous vide
— épaisseur :  e = 1,47 ⋅ 10 – 3 m Lorsque l’on place un haut-parleur électrodynamique dans une
cloche étanche et que l’on fait le vide à l’intérieur, on observe une
— hauteur : be = 6 · m 10 –3 modification caractéristique de la courbe de réponse en régime libre
— circonférence : L e = πd B = 145,5 · 10–3 m et de la courbe d’impédance électrique.

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Ces variations ont la même origine : la suppression des termes Cette différence se traduit :
de charge des circuits acoustiques. a ) par une dérive de la pulsation propre de la membrane qui
En effet, l’étude précédente (§ 1.4.3) a montré que l’impédance passe :
acoustique de la membrane chargée avait pour expression :
km + ki km
km + k i de ω0 = -----------------------
- à ω 0v = -------
Z 0 = r f + R R + r sp + j ( m + m i + m spω ) + X R – ------------------ m + m sp m
ω
Sous vide, il y a disparition des termes d’origine acoustique : (La réactance de rayonnement X R est toujours négligeable
RR , X R , r sp et msp , de même que m i (la masse d’air comprise devant mω ).
dans la première partie) et éventuellement k i (la raideur induite par Il faut noter que, selon les valeurs respectives de msp et k i , la
cette cavité). fréquence propre peut augmenter ou diminuer.
L’impédance sous vide devient donc : Pour les haut-parleurs à spider ouvert (k i = 0), la fréquence propre
sous vide est toujours plus élevée qu’à l’air libre ;
km

Z 0v = r f + j m ω – -------
ω  b ) par une diminution du coefficient d’amortissement de l’équi-
page mobile. Le coefficient passe (en négligeant R R et X R) :
r f + r sp rf
de λ A = -------------------------------
- à λ v = -----------
-
2 ( m + m sp ) 2m

Ces variations se retrouvent sur les courbes caractéristiques du


haut-parleur :
— sur la réponse en régime libre amorti, le décrément de l’oscilla-
tion augmente et la pseudo-période diminue (cas où k i = 0)
(figure 11) ;
— sur la courbe d’impédance électrique (figure 12), le point A
varie :
• en abscisse (passage de ω 0 à ω 0v ),

• en ordonnée  B 2 2
passage de ------------------- à
r f + r sp
B 2 2

------------- .
rf

Figure 11 – Réponse en régime libre de l’équipage mobile


d’un haut-parleur

Figure 10 – Circuits mécanique et acoustique


d’un haut-parleur à bobine mobile

Figure 12 – Impédance électrique d’un haut-parleur à bobine mobile

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km km
La variation ∆ ω = ω 0 – ω 0v = ---------------------- - permet d’évaluer
- – ------ On peut donc inclure le terme de résistance mécanique induit par le
le terme msp . m + m sp m spider r sp = 1,4 N · s · m–1 et comme m sp ≈ mA – m v ≈ 8,8 g, on
Quant à l’accroissement du maximum d’impédance qui corres- possède un premier ordre de grandeur de l’impédance mécanique du
pond, théoriquement, à : spider :

B 2 2 B 2 2 Z msp = 1,4 + j 0,008 8 ω


-------------------- – -------------
r f + r sp rf
La comparaison entre l’impédance acoustique du spider :
il devrait, en principe, donner une estimation du terme r sp . Zsp = 1,4 · 104 + j 88 ω
Cependant, la variation notable du terme B (§ 1.9.1) ne permet pas
d’obtenir un ordre de grandeur acceptable. et celle de l’entrefer Z e = 2 · 105 + j 100 ω
Il est préférable de déterminer le coefficient de surtension
mécanique Q M (§ 1.5.2) et d’en déduire la résistance mécanique du montre que l’approximation Z sp  Z e est justifiée, d’autant que la
haut-parleur : présence de la cavité arrière (quelques cm 3) va considérablement
R M = M M ω 0 /Q M accroître la valeur de Ze dans les basses fréquences.

Exemple numérique : la membrane du haut-parleur de référence a


une masse apparente de 32,6 g. Son impédance de couplage électro- 1.5.2 Facteur de qualité d’un haut-parleur
mécanique vaut B = 11,4 T ⋅ m . à bobine mobile
Les mesures effectuées dans l’air (figure 11) montrent que la
réponse en régime libre amorti est de la forme : Le facteur de qualité mécanique d’un haut-parleur électrodyna-
mique peut être déterminé à partir des fréquences de coupure de
a exp (– λAt ) cos ω At la courbe de résonance mécanique et correspond à :
avec λ A ≈ 43 s–1 et ω A ≈ 183 rad · s–1 (figure 12). MM ω0 ω0
La pulsation propre du haut-parleur vaut donc approximativement : Q M = -----------------
- = ----------
-
R0 ∆ω
2 2 X
ω0 = ω A + λ A = 188 rad ⋅ s –1 avec M M = m + m i + m sp + ------R-
ω
La courbe d’impédance électrique passe par un maximum de coor-
données ω 0 ≈ 188 rad · s–1 et (Z eA )max ≈ 34 Ω. B 2 2
R 0 = R M + --------------
La pseudo-pulsation de la première courbe correspond donc à la R
pulsation de résonance de la seconde. et ∆ω largeur de la bande à – 3 dB.
La fréquence correspondante vaut : En pratique, on évalue plutôt le facteur de qualité à partir de la
188 courbe d’impédance électrique (figure 12).
f 0 = ---------- = 30 Hz
2π Une méthode empirique prenant en compte le fait que B varie
Le coefficient de raideur a donc pour valeur : avec l’amplitude de déplacement de la membrane (§ 1.9.5) consiste
à tracer la droite d’ordonnée y = y A y B (yA et yB sont les valeurs
km ≈ m A ω 20 = 1 112 N/m du maximum et du minimum de Ze). L’intersection de cette droite
avec la courbe détermine deux points d’abscisse ω 1 et ω 2 .
Le coefficient de frottement évalué à partir de λA = 43 s–1 vaut :
La valeur de Q M proposée est alors :
R M = 2 mA λA = 2,8 N · s · m–1
yA ω0
Le même coefficient sous vide donne comme valeurs : QM ≈ - ----------------------
--------
yB ω 2 – ω 1
λ v = 30,5 s–1
Cette méthode est généralement adoptée par les constructeurs
ω 0v = 220 rad/s ; (Z ev )max = 54 Ω qui préconisent également une évaluation du coefficient de sur-
tension électrique :
Dans l’hypothèse où l’on néglige les raideurs d’origine acoustique,
yB QM
l’égalité : Q E = ------------------
-
2 2 yA – yB
k m = mA ω 0 = m v ω 0 v
ω0 2 Le coefficient de surtension globale est alors défini par :
entraîne 
m v = m A ------------- = 23,8 g
ω 0v  Q MQ E
Q G = ----------------------
-
et R v = 2 m v λ v = 1,4 N · s · m–1 QM + QE

Des développements précédents, on peut conclure que : Exemple numérique


RA = r f + rsp Des courbes d’impédances électriques (figure 12) du haut-parleur
de référence, on peut déduire les valeurs de yA et y B relevées à l’air
et Rv = rf libre : yA = 34 et y B = 7.

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La droite d’ordonnée y = y A y B = 15,4 Ω coupe la courbe en deux ■ Application au rayonnement des haut-parleurs
points d’abscisses ω 1 = 108 rad/s et ω 2 = 313 rad/s. On en déduit la Tout haut-parleur monté dans une enceinte peut, en première
valeur du coefficient de surtension mécanique : approximation, être modélisé du point de vue de son rayonnement
à l’aide d’un piston plan encastré.
yA ω0 On a montré expérimentalement que la surface de rayonnement
QM = ------ ------------------- = 2
yB ω2 – ω1 effective d’une membrane conique ou exponentielle était générale-
ment peu différente de la projection sur le plan de base de cette
et la résistance mécanique du haut-parleur : membrane (figure 13).
En pratique, le diaphragme étant relié sur son pourtour au support
MM ω0 fixe du haut-parleur par un système de corrugations circulaires, sa
- = 3 N ⋅ s ⋅ m –1
R M = -----------------
QM surface de rayonnement se trouve généralement comprise entre le
diamètre nominal et le diamètre de la surface projetée du cône.
Cette valeur est peu différente de celle trouvée précédemment.
Cependant, la détermination la plus précise du rayon du piston
On notera que le maximum yA = 34 correspond à une valeur de :
plan équivalent s’obtient à partir du diagramme de directivité du
haut-parleur à une fréquence assez élevée pour que l’on puisse
B = ( y A – y B )R M = 9 N ⁄ A
observer au minimum un lobe complet.
Le même calcul effectué sous vide donnerait : On détermine alors l’angle d’annulation délimitant le lobe
principal θ 0 et on postule que cet angle correspond à la première
Q Mv = 3 et R Mv = 1,6 N · s · m–1 annulation de la fonction h (θ ).
On retrouve ici : Soit J1 (ka sin θ 0) = 0 :
et ka sin θ0 = 3,83
r sp = R M – R Mv = 1,4 N · s · m–1
3,83
d’où a = -----------------------
k sin θ 0

1.6 Rayonnement et directivité


d’un haut-parleur encastré 1.6.2 Puissance rayonnée
par un piston plan encastré
La puissance rayonnée par un haut-parleur et sa répartition spa-
tiale est un phénomène complexe qui dépend de multiples facteurs La puissance rayonnée par un piston plan encastré étant propor-
dont les principaux sont les qualités physiques de la membrane, sa tionnelle à sa résistance de rayonnement et au carré de sa vitesse,
forme, son mode d’encastrement, ainsi que les caractéristiques de il est possible de tracer sa courbe de réponse en puissance.
l’enceinte et du local d’émission.
Soit, par exemple, une membrane assimilable à un résonateur
Il en résulte que l’étude théorique du rayonnement des haut- mécanique du premier ordre soumis à une force harmonique Bi ,
parleurs est rarement abordée de façon systématique. Toutefois, une constante pour toutes les fréquences.
première approche intéressante peut être effectuée en utilisant un
modèle très simple à mettre en œuvre : celui du piston plan. La courbe de réponse de l’oscillateur s’obtient par le tracé, en
échelle log-log, de la fonction :
v0 Zm ( ω0 ) RM
1.6.1 Rayonnement du piston plan encastré L v = 20 lg ------------ = 20 lg -------------------- = 20 lg ------------------------------------------------------
v réf Zm ( ω )
 
KM
R M + M M ω – --------
Nota : pour la lecture de ce paragraphe, il est conseillé de se référer à l’article Introduction ω
à l’électroacoustique. Transduction électroacoustique [E 5 150] de ce traité.

On rappelle que les principales grandeurs relatives à la direc-


tivité d’une source électroacoustique axisymétrique sont :
— la fonction de directivité en pression :
2 J 1 ( ka sin θ )
h ( θ ) = -------------------------------------
ka sin θ
— la résistance acoustique spécifique réduite :
J 1 ( 2 ka )
R 1 = 1 – ------------------------
-
ka
J1 étant la fonction de Bessel de première espèce d’ordre 1 ;
— le facteur de directivité :

k 2a 2
Q = -------------
R1

— la puissance rayonnée :
Figure 13 – Surface de rayonnement de la membrane
π 2 d’un haut-parleur
E = ------ a 2 ρ 0 c R 1 v 0
2
avec v0 vitesse de la membrane.
Par ailleurs, à la même échelle, l’impédance de rayonnement du
piston peut être grossièrement représentée par deux droites :

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— une droite de pente 10 lg [R1(3) – R1(1,5)] dB/octave soit L’efficacité varie avec la fréquence. La valeur nominale, donnée
≈ – 3 dB/octave pour 0,5 < ka < 2 ; par le constructeur, correspond à une fréquence généralement
— une droite horizontale pour ka > 2. comprise entre 400 et 1 000 Hz.
Il en résulte que le niveau de puissance d’une telle source s’obtient L’expression du rendement en fonction de l’efficacité se déduit
par la sommation de deux courbes : de la formule précédente :
E
L W = 10 lg --------------
- = 120 + 10 lg R 1 + 20 lg v 0 η = 10 ( M0 – 109 – ID ) ⁄ 10
10 –12
■ Calcul du rendement d’un haut-parleur à bobine mobile
Le résultat fait apparaître clairement : La puissance acoustique émise par un haut-parleur encastré étant
— d’une part, la difficulté pour un système vibrant de rayonner (article Introduction à l’électroacoustique.Transduction électro-
de l’énergie en basse fréquence sinon à l’aide de très grands acoustique [E 5 150]) :
diamètres ;

 
— d’autre part, la chute de puissance au-delà de la fréquence de Bi 2
2
coupure mécanique du résonateur. E = R R v 0 = R R ------------
Z0
Pour élargir la bande passante de la puissance rayonnée, il faudrait
à la fois augmenter le rayon et diminuer la masse du piston, ce qui RR = ρ0c S R R1 est la partie réelle de l’impédance de rayonnement.
est évidemment incompatible. La puissance électrique fournie au haut-parleur étant, aux environs
Toutefois, il faut bien mettre en évidence le fait que la réponse de 400 Hz (partie de la courbe où Z*e ≈ R ), égale à Ri 2, on en déduit
en pression diffère de la réponse en puissance. le rendement du haut-parleur :
En effet, l’expression de la pression quadratique :
E RR B 2  2
2 EQ η = ---------------- = --------------------------------
-
p ax ( r ) = ρ 0 c ---------------
- P elec R (R 0 + X 0 )
2 2
4πr 2
montre que, pour une même distance r, la pression dans l’axe du Ce rendement est donc proportionnel à la résistance de rayon-
piston est à la fois proportionnelle à E et à Q. nement RR et inversement proportionnel au carré de l’impédance
mécanique Z0 de l’équipage mobile.
Or Q = k 2a 2/R1 devient pratiquement égal à k 2a 2 pour ka > 2
(R1 ≈ 1).
Il en résulte qu’au-delà de la fréquence f c = c /πa, la pression axiale
croît comme le carré de la fréquence et, par conséquent, le niveau
1.7 Matériaux utilisés
de pression augmente de 6 dB/octave par rapport au niveau de
puissance. 1.7.1 Aimants permanents
Autrement dit, la puissance émise par un haut-parleur décroît avec
Connu depuis 1877 le haut-parleur à bobine mobile n’a pas subi
la fréquence mais sa pression induite dans l’axe reste sensiblement
de modifications fondamentales au cours du 20e siècle et les modèles
constante.
les plus courants réalisés de nos jours ressemblent fort aux modèles
Bien entendu, ce recentrage de la puissance rayonnée s’effectue proposés dans les années 20.
au détriment de la largeur du faisceau (2 θ0) qui se rétrécit de telle
Les seules nouveautés acquises depuis lors sont exclusivement
façon que sin θ 0 reste égal à 3,83/ka.
d’ordre technologique. Parmi celles-ci, ce sont, peut-être, les maté-
riaux utilisés pour les aimants permanents et leur mode de fabri-
cation qui ont subi les évolutions les plus spectaculaires.
1.6.3 Rendement et efficacité
Après l’apparition des aimants au cobalt, qui date de 1920, la
recherche d’alliages à base de fer, de cobalt, de nickel, d’aluminium
L’efficacité d’une source électroacoustique peut s’exprimer :
puis, plus tard, de cuivre, débouchera en 1934 sur la série des aimants
— soit à partir du rendement : de type Alnico dont le produit BH atteignait alors 13 kJ/m3.
puissance acoustique rayonnée En 1938, Oliver et Shedden découvrirent qu’un aimant chauffé
η = ----------------------------------------------------------------------------------------- au-dessus de la température de Curie (≈ 1 200 oC) et refroidi dans
puissance électrique fournie
un champ magnétique unidirectif possédait des propriétés magné-
— soit à partir de la pression quadratique mesurée dans l’axe du tiques accrues de façon notable dans la direction du champ d’orien-
haut-parleur alimenté par une tension de référence. tation. Cette technique permettait d’obtenir des champs dont le
Le rendement varie avec la fréquence. Il ne donne aucune infor- produit BH pouvait atteindre 60 kJ/m3.
mation sur la directivité de la source. ■ Ferrites
La mesure de la pression quadratique axiale dépend à la fois de Parallèlement à ces découvertes, les aimants ferrites, connus
la puissance rayonnée et du facteur de directivité de la source. depuis 1930, commençaient à trouver leurs premières applications
Ainsi, pour un haut-parleur de rendement η alimenté par une puis- dans le domaine de l’électroacoustique.
sance électrique P de 1 W, la puissance acoustique obtenue à 1 m Les ferrites sont des céramiques ferromagnétiques qui se carac-
dans l’axe, et appelée efficacité axiale, vaut : térisent par une grande stabilité dans le temps et une faible sensi-
M 0 = L W – 10 lg 4π + 10 lg Q bilité aux champs démagnétisants.
E ηP Les constituants des ferrites (oxydes métalliques de baryum ou
et comme L W = 10 lg -------------
- = 10 lg -------------
-
10 –12 10 –12 de strontium) sont broyés et mélangés de façon à obtenir une poudre
homogène que l’on met en forme à l’aide de presses hydrauliques.
il reste M0 = 109 + 10 lg η + ID Les pièces obtenues sont passées au four et frittées. Mais ce frit-
ID désignant l’indice de directivité (= 10 lg Q ). tage entraîne un retrait important qui rend difficile l’obtention de
cotes très précises.

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Pour obtenir des tolérances plus rigoureuses, il est nécessaire de • améliorer le rendement ;
rectifier les pièces à la meule diamantée, ce qui augmente rapide- — la rigidité indispensable pour :
ment le prix de revient.
• réduire les déformations,
En pratique, les fabricants de haut-parleurs conservent les pièces • éviter l’apparition des modes propres,
brutes, ce qui entraîne, pour une même série de haut-parleurs, une • stabiliser la réponse vibratoire,
certaine dispersion des caractéristiques électromagnétiques. • réduire les pertes par dissipation ;
Parmi les ferrites les plus couramment utilisés dans la fabrication — la forme qui doit permettre :
des aimants permanents des haut-parleurs, on retiendra : • d’éviter les déformations et les résonances,
— les ferroxdures anisotropes composés de ferrites de baryum • d’optimiser la résistance de rayonnement,
(FXD 300 ) dont le produit BH atteint 30 kJ/m3 (densité 4,9, induction • d’adapter et de réguler la courbe de directivité.
nominale 0,24 T) ;
— les ferroxdures à base de ferrites de strontium (FXD 400 ) dont ■ Choix du matériau
le produit BH atteint 32 kJ/m3. La diversité des matériaux utilisés pour la réalisation des
diaphragmes et la multiplicité des formes proposées résultent de la
■ Alliages au cobalt recherche du meilleur compromis entre légèreté et rigidité.
Au cours des années 70, la nationalisation des mines du Zaïre, Une étude de Barlow publiée en 1958 a proposé qu’en termes phy-
principal exportateur de cobalt dans le monde, fit croître les cours
des alliages à base de cobalt (Alnico, Ticonal...) dans un rapport siques ce compromis s’exprime par la recherche d’un rapport E/ρ3
de 1 à 20. Une des conséquences de ce bouleversement est maximal (E module d’élasticité et ρ masse volumique du matériau).
qu’aujourd’hui, à BH constant, un aimant au cobalt est environ 12 Sachant que la célérité longitudinale des ondes dans les solides
à 15 fois plus cher qu’un aimant ferrite. C’est une des raisons pour est c = E ⁄ ρ , certains fabricants utilisent ce paramètre comme
lesquelles les aimants ferrites occupent maintenant une place pré-
critère de choix de leurs matériaux.
pondérante dans la fabrication des circuits magnétiques des
haut-parleurs à bobine mobile. Les plus utilisés sont donnés dans le tableau 1. (0)
On distingue :
■ Liquides ferromagnétiques
a ) les papiers qui, à masse égale, sont plus rigides que les métaux
Citons enfin, depuis 1974, l’apparition des aimants fluides (par-
(béryllium excepté).
ticules d’oxyde ferrique Fe3O4 suspendues dans un gel de diester).
Ces liquides ferromagnétiques placés dans un entrefer accroissent C e p e n d a n t , l e u r m o d u l e d ’ Yo u n g a s s e z f a i b l e ( 0 , 0 3
l’induction active du haut-parleur, participent à l’amortissement et, à 0,2 · 1010 N/m2) n’est pas toujours compensé par leur densité (0,1
surtout, favorisent le refroidissement de la bobine (§ 1.9.4). à 0,5) qui dépend du traitement subi. Ce traitement s’effectue, la plu-
part du temps, en associant le papier à d’autres substances destinées
à renforcer certaines de ses propriétés physiques.
1.7.2 Membranes Citons :
— le papier cellulose recouvert d’un enduit plastifiant assez rigide
Le choix des dimensions, du matériau et de la forme d’une pour limiter les déformations, mais pas trop pour éviter la
membrane est le résultat d’un compromis entre plusieurs impératifs fracturation ;
contradictoires. — le papier phénolé qui possède une bonne stabilité dans le
En effet, sachant qu’aux basses fréquences la puissance rayonnée temps et de faibles variations hygrométriques ;
est proportionnelle à la puissance quatrième du diamètre de l’émet- — le papier imprégné de résine dure contenant parfois des
teur, il est logique de chercher à reproduire les fréquences basses particules minérales, qui réalise un compromis acceptable entre
à l’aide de membranes larges. Toutefois, plus le diamètre est grand réponse transitoire et dissipation interne.
et plus la membrane est lourde. Il en résulte que sa fréquence de La mise en forme des membranes papier, le plus souvent
résonance se situe dans le grave et que le haut-parleur devient alors coniques, s’effectue par compression ou thermoformage.
très directif quand la longueur d’onde diminue.
Notons, enfin, que le papier entre souvent dans la composition
Pour que la directivité et l’impédance mécanique d’une membrane de structures sandwichs ;
ne soient pas trop inhomogènes sur l’ensemble du spectre, on est
b ) les résines thermoplastiques : ces résines ont l’avantage de
conduit à travailler par bandes de fréquences. C’est ainsi que la
se prêter à de nombreuses mises en forme et de présenter une
restitution de la bande audible du spectre passe, dans la plupart des
grande stabilité dans le temps.
cas, par la décomposition en 2, 3 ou 4 bandes (voies), contrôlées
par des haut-parleurs de diamètres adaptés (article Sonorisation Elles ont l’inconvénient d’engendrer de fortes dissipations internes
[E 5 155] dans le présent traité). et de se ramollir au- delà d’une certaine température (≈ 100 oC pour
le polystyrène, ≈ 120 oC pour le polypropylène et le polyéthylène) ;
Les éléments de base de cette décomposition sont donnés par le
tableau dans le paragraphe 3 qui présente également les principales c ) les métaux : les membranes métalliques sont généralement
caractéristiques des haut-parleurs : fréquences charnières, dia- réalisées à partir d’alliages d’aluminium. Ces composés sont très
mètres et fréquences de résonance. peu dissipatifs mais présentent des résonances très marquées.
Le béryllium est également un excellent matériau mais il est trop
1.7.2.1 Matériaux utilisés pour la fabrication des membranes difficile à usiner pour voir son utilisation s’étendre aux fabrications
en série ;
La membrane d’un haut-parleur constitue l’élément clé de la
qualité de la restitution sonore. Son rôle de transfert de puissance d ) les structures sandwichs : elles ont comme principal avantage
mécanique en puissance acoustique rayonnée lui impose des la suppression des déformations et des résonances. Cette stabilité
contraintes de nature très diversifiée, le plus souvent peu mécanique s’effectue au détriment du poids. Le nombre de combi-
compatibles entre elles. naisons possibles des structures sandwichs est illimité. Parmi les
plus courantes, retenons :
Parmi les paramètres prédominants, on retiendra :
— le polystyrène expansé recouvert d’aluminium ;
— la légèreté nécessaire pour : — les structures en nid d’abeille obtenues à l’aide de papier (ou
• accroître la bande passante, d’aluminium) enduit de résine.
• favoriser les réponses transitoires,

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Tableau 1 – Matériaux utilisés pour la fabrication des membranes


Compromis
Module d’Young Masse volumique
Matériau masse-rigidité
(en 1010 N/m2) (en 103 kg/m3) (E/ ρ3)
Papier .......................................................................... 0,2 0,5 16
Papiers
Cellulose ..................................................................... 0,064 0,7 1,9
Polyéthylène (moyenne densité) 0,105 0,94 1,3
Polypropylène ............................................................ 0,155 0,89 2,2
Polystyrène ................................................................. 0,19 0,99 2
Résines plastiques Bextrène...................................................................... 0,23 1,04 2
Poly(chlorure de vinyle) (PVC) .................................. 0,345 1,4 1,3
Poly(fluorure de vinylidène) (PVDF) ......................... 0,35 1,85 0,6
Polyester ..................................................................... 0,451 1,83 0,7
Aluminium .................................................................. 7 2,7 3,6
Métaux Titane .......................................................................... 11 4,5 1,2
Béryllium .................................................................... 29 1,85 46
Nid d’abeille (aluminium).......................................... 7 1,8 12
Composites
Fibres de carbone ...................................................... 5 1,9 7

1.7.2.2 Forme des membranes 1.7.2.3 Suspension des membranes


Les principales formes adoptées pour la fabrication des La suspension joue un rôle prépondérant dans la linéarité des
membranes sont : mouvements de la membrane. Elle doit principalement garantir le
a ) les cônes droits : faciles à réaliser, ils présentent l’inconvénient centrage et la symétrie axiale tout en étant exempte de phénomènes
majeur de favoriser les modes circonférentiels et les modes radiaux d’hystérésis (§ 1.9.2 et 1.9.3).
qui se produisent quand la longueur d’onde correspond à un zéro Ses caractéristiques influent notablement sur la valeur des
de la fonction de déformation. constantes mécaniques de l’équipage mobile.
Ces modes introduisent des pics (de 4 à 5 dB) dans la courbe de
réponse. Ces résonances peuvent être atténuées par la réalisation
de structures combinées ;
b ) les cônes profilés : ils se caractérisent par une réduction notable
des modes radiaux et une meilleure réponse axiale aux fréquences
élevées. Certains profils permettent un accroissement de la
compliance, ce qui a pour effet de favoriser la dissipation et de
réduire la puissance nominale, particulièrement aux fréquences
graves ;
c ) les cônes elliptiques : ils modifient la résistance de rayonne-
ment du haut-parleur aux basses fréquences et réduisent son facteur
de qualité dans le plan passant par le petit axe de l’ellipse ;
d ) les dômes : le principal avantage des dômes est d’être légers
et faciles à réaliser tout en autorisant un contrôle effectif de la rigidité
et de l’amortissement. Ils améliorent la diffusion des ondes
rayonnées et sont, par conséquent, moins directifs que les autres
formes de membranes ;
e ) les pistons plans : généralement de forme circulaire, les
membranes à piston rigide permettent l’obtention de haut-parleurs
extrêmement plats. Pour compenser le manque de rigidité, ils
doivent avoir une certaine épaisseur minimale. Réalisés en polys-
tyrène ou en structure nid d’abeille, ils sont généralement assez
lourds et présentent une réponse transitoire assez lente.
Le contrôle du parallélisme de déplacement de la membrane est
difficile à maîtriser et le moindre déséquilibre par rapport à la
symétrie axiale devient générateur de distorsion harmonique. Enfin,
ces diaphragmes plans présentent des lobes de directivité très
marqués aux fréquences élevées.
La figure 14 donne la courbe de réponse d’un disque plan et d’un
tweeter à dôme hémisphérique de même rayon a dans l’axe et dans
deux directions définies par θ = 22,5o et par θ = 45o.

Figure 14 – Niveaux de pression relevés successivement


dans l’axe et dans deux directions faisant un angle  de 22,5o et 45o
avec l’axe de deux membranes de même diamètre

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Les propriétés mécaniques de la suspension jouent un rôle On a dans ce cas :


déterminant dans la valeur des coefficients de raideur et d’amor-
tissement du haut-parleur. Z a0 = Z ag ( en N ⋅ s ⋅ m –5 )
On notera que la décroissance de la réponse en régime libre sous
d’où, pour les impédances mécaniques :
vide reste exponentielle et traduit l’existence d’un fort coefficient de
frottement fluide très souvent supérieur à celui qui résulte du Z m0 Z mg
passage de l’air dans l’entrefer ou le spider. La suspension peut être --------- = ---------
-
2 2
réalisée dans un matériau identique à celui de la membrane mais S0 Sg
on utilise de plus en plus souvent des matériaux souples tels que
des tissus formés de fibres naturelles ou synthétiques plastifiées soit en posant α = Sg /S0 :
ainsi que des produits à base de mousses (polyuréthanne), caout-
choucs, chlorures de polyvinyle, butyls... Z mg
Z m 0 = ---------
-
Tous ces matériaux doivent avoir en commun une parfaite élas- α2
ticité (faible, dissipation), une absence d’hystérésis (excursion symé-
Si la gorge débouche sur un pavillon de forme adaptée (§ 1.8.2),
trique...), une bonne stabilité dans le temps et une faible sensibilité
on peut admettre que son impédance mécanique est essentielle-
hygrométrique.
ment résistive et égale à Rg ≈ ρ0cSg pour toutes les fréquences
La mise en forme de la suspension (corrugations) doit permettre : supérieures à la fréquence de coupure, c’est-à-dire quand la résis-
— d’optimiser le coefficient de raideur ; tance de rayonnement réduite tend vers 1 (cf. article Introduction
— d’éviter les résonances ; à l’électroacoustique. Transduction électroacoustique [E 5 150]).
— de limiter les distorsions non linéaires (particulièrement aux Il en résulte qu’à pression constante, on obtient une amplifica-
basses fréquences). tion de vitesse d’amplitude 1/α 2. La valeur optimale de α peut être
déterminée en réalisant une adaptation de l’impédance mécanique
(impéénese de source = impédance de charge).
1.8 Haut-parleurs Loin des fréquences de coupure, les équations fondamentales du
à chambre de compression moteur électrodynamique d’une chambre de compression
s’écrivent :
1.8.1 Chambres de compression u = Ri + Bv 0
Bi = R 0 v 0
L’un des principaux inconvénients du haut-parleur à cône réside
Rg
dans la difficulté d’obtenir de bons rendements (ceux-ci sont géné- avec R 0 = r f + ---------
-
ralement inférieurs à 1 %). α2
Ce faible rapport provient du fait que l’impédance de rayonnement La résistance électrique d’entrée est alors :
des circuits de charge internes est très supérieure à la résistance de
rayonnement effective. u B 2 2
R e = ---- = R + --------------
Il en résulte que la majeure partie de la puissance électrique fournie i R0
est transformée en puissance acoustique réactive ou dissipée en
chaleur dans les circuits d’amortissement (entrefer, suspensions...). D’où le schéma électrique équivalent du circuit mécanique repré-
senté sur la figure 16.
L’idée de la chambre de compression est de réaliser une adapta-
tion d’impédance entre la membrane et l’air ambiant. Le rendement peut s’exprimer ici par le rapport de la puissance
2
acoustique disponible à l’entrée du pavillon ( R g v 0 / α 2 ) à la puis-
Cette adaptation peut être réalisée à l’aide d’une cavité qui trans- sance électrique fournie à la bobine :
forme les variations de pressions induites par la membrane en
variations de vitesse à la sortie de la chambre (figure 15). 2
Rg v 0 Rg
 
B 2
Soient S 0 la section de la membrane et Sg la section de la gorge. η = -----------------------
- = ----------------
- ---------
α 2R ei 2 α 2 Re R0
Si la membrane est située près de la gorge, on peut admettre qu’il
y a conservation des impédances acoustiques ( continuité de la Rg B 2  2
pression et conservation du débit). soit η = ---------------------------------------------
B 2 2 2

α 2 R + ------------- R 0
R0 

Figure 16 – Schéma équivalent représentant les transferts


Figure 15 – Principe de la chambre de compression d’énergie mécanique dans une chambre de compression

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 ---------
- = r ,
Rg
Dans le cas d’une impédance mécanique adaptée
l’expression du rendement se réduit à : α 2 f

B 2 2
η = --------------------------------------
-
4 Rr f + 2 B 2  2

Cette relation montre que, dans le cas limite où 2 Rr f serait négli-


geable devant B 2  2 , on pourrait obtenir des rendements proches
de 50 %.
En réalité, sans atteindre une telle valeur, le rendement des
chambres de compression est très largement supérieur à celui des
haut-parleurs à cône (10 % < η < 50 %).
Il convient cependant d’utiliser au mieux la puissance acoustique
disponible à l’entrée de la gorge ; c’est la forme du pavillon qui va
permettre de réaliser au mieux cette adaptation (figure 17).

1.8.2 Pavillons

Les équations de propagation appliquées au pavillon diffèrent des


équations établies pour les tuyaux en ce sens que la section n’est
plus une constante mais une fonction croissante de x.
On distingue principalement :
— les pavillons coniques :
Sx = Sg x
— les pavillons paraboliques :

S x = Sg x 2
— les pavillons hyperboliques :

 x
2
x
S x = S g ch µ ------ + b sh µ ------
2 
Figure 17 – Exemples de réalisations de chambres de compression
Dans la famille des pavillons hyperboliques ( 0  b  1 ) , on dis-
tingue également :
— les pavillons chaînettes (b = 0) : S x = Sg ch (µx /2) ;
— les pavillons exponentiels (b = 1) : S x = Sg eµx.
La figure 18 montre l’évolution théorique de la résistance et de
la réactance acoustiques réduites de la gorge d’un pavillon expo-
nentiel de longueur infinie.
Pour le pavillon de longueur infinie, on peut démontrer qu’aux
fréquences élevées, l’impédance de la gorge tend vers l’impédance
d’un tuyau de section constante Sg et de longueur infinie :
ρ c
Z ag ≈ ----------
S
0
-
g

On peut admettre dans ce cas que l’onde de propagation est une


onde progressive qui transfère la puissance disponible à la gorge
sur toute la longueur du pavillon.
La réalité est un peu différente car le pavillon de longueur finie
va provoquer des réflexions sur son extrémité ouverte et induire la Figure 18 – Résistance et réactance d’un pavillon exponentiel
transformation d’une partie de la puissance active en puissance réac- de longueur infinie
tive. Il y aura apparition d’ondes stationnaires comme le montre la
figure 19.
Au-delà de 2 fc , la majeure partie de la puissance acoustique ( f  f c ) , il présente un lobe de directivité moins directif que celui
reste portée par l’onde progressive et se trouve donc transférée au du piston plan de même diamètre, dont l’angle d’ouverture varie
milieu extérieur avec un taux de dissipation relativement faible. assez peu avec la fréquence.
Le rendement du pavillon dépend donc essentiellement de ses Ces propriétés expliquent la place accordée aux chambres de
paramètres géométriques. compression à pavillon exponentiel dans le domaine de la sonori-
sation de puissance. Le rendement élevé de ces sources ainsi que
■ Directivité des pavillons leur directivité en font un élément privilégié dans de nombreuses
De façon générale, on admet que la tranche d’air située à l’embou- réalisations pratiques.
chure du pavillon se comporte comme un piston plan. Il en résulte
que, si le pavillon est encastré, il rayonne une onde hémisphérique
aux basses fréquences tandis que, pour les hautes fréquences

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Figure 19 – Résistance et réactance de rayonnement


d’un pavillon exponentiel de longueur finie

Toutefois, la qualité de ces haut-parleurs est limitée :


— par leur mauvais comportement au voisinage de la fréquence
de coupure ;
— par le taux élevé de distorsion harmonique induit par les
non-linéarités développées au niveau de la gorge du pavillon pour
les vitesses de grande amplitude.
Figure 20 – Distribution du champ magnétique
dans l’entrefer d’un haut-parleur
Une relation théorique permet d’évaluer le taux de distorsion
introduit par l’harmonique 2 :
L’une des conséquences de cette inhomogénéité d’induction est
γ+1 l’apparition d’une non-linéarité des forces de Laplace ( Bi ) dès
 
f x
d 2 ( % ) = ------------ p g ------- 1 – exp – µ ------
γ P0 fc 2 que la bobine dépasse les limites de l’entrefer.
Ce défaut est particulièrement accentué dans le cas où la longueur
avec fc fréquence de coupure, de la bobine est égale à celle de l’entrefer. Dans cette situation, en
pg pression acoustique induite au niveau de la gorge, effet, l’induction n’est uniforme qu’au voisinage de la position de
P0 pression atmosphérique, repos. Pour les excursions importantes (bobine centrée sur le point
x = – 2 mm, dans l’exemple de la figure 20), une moitié de la bobine
γ rapport des capacités thermiques massiques de l’air. est soumise à un champ uniforme d’induction 1,4 T tandis que l’autre
moitié est soumise à un champ nettement inférieur (0,2 à 1,4 T dans
l’exemple précédent).
1.9 Limitations et défauts En pratique, pour limiter la portée de cette dissymétrie, les
constructeurs choisissent des bobines dont les dimensions sont
des haut-parleurs à bobine mobile nettement différentes de celles de l’entrefer (plus courtes ou plus
longues).
Si les haut-parleurs à bobine mobile sont de loin les plus utilisés Nota : une bobine de même longueur (ou plus longue) que l’entrefer se trouve située
dans tous les domaines de la reproduction sonore, c’est, principa- dans un champ d’induction B qui décroît avec l’amplitude de la vibration ; ce qui explique
lement, en raison de leur simplicité de conception, de leur facilité que la valeur moyenne du produit B est toujours plus faible en régime dynamique que la
valeur théorique établie à partir de l’induction au centre de l’entrefer (cf. figure 22).
de mise en œuvre et surtout de l’importance des puissances acous-
tiques qu’ils peuvent émettre à toutes les fréquences du spectre
audible. Ils sont cependant loin d’être sans défauts.
1.9.2 Non-linéarités d’excursion de la bobine
Ces défauts sont généralement acceptables pour de faibles ampli-
tudes vibratoires mais deviennent rapidement rédhibitoires dès que Quand on envoie dans la bobine un courant sinusoïdal d’amplitude
le niveau du signal dépasse les tolérances électriques et mécaniques variable et que l’on trace la courbe d’amplitude maximale de l’équi-
du système. page mobile en fonction du courant (figure 21), on peut générale-
Parmi les limitations imposées par la technologie des bobines ment faire deux constatations :
mobiles, citons : a ) le déplacement de la bobine n’est proportionnel au courant
— les non-linéarités d’induction dans l’entrefer ; qui la parcourt que dans une plage d’amplitude bien définie.
— les non-linéarités d’excursion de l’équipage mobile ; Au-delà, il y a rapidement saturation. Ce phénomène se produit
— les effets d’hystérésis mécaniques de la suspension ; même quand l’induction magnétique reste uniforme et doit donc
— les distorsions d’origine thermique. son origine au fait que la compliance de la suspension n’est plus
constante au-delà d’une certaine valeur ;
b ) la courbe dynamique ne passe pas par le point de repos statique
1.9.1 Non-linéarités d’induction dans l’entrefer de la bobine. Le décentrage observé peut s’effectuer indifféremment
dans un sens ou dans un autre (pour des haut-parleurs d’une même
Le tracé des lignes de flux dans l’entrefer fait généralement appa- série) avec une amplitude variable. Il est générateur de distorsion
raître une dissymétrie qui s’accroît fortement au-delà des limites harmonique d’ordre 3.
géométriques de l’entrefer (figure 20).

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Figure 22 – Effet d’hystérésis mécanique de l’équipage


Figure 21 – Courbe d’élongation de la bobine du haut-parleur soumis à une force croissante et décroissante
en fonction du courant débité

1.9.3 Effets d’hystérésis de la suspension


Ces effets, dont un exemple typique est donné sur la figure 22,
constituent un paramètre prédominant dans le choix des matériaux
utilisés pour la suspension et la recherche d’une forme optimale
des corrugations.
Une des conséquences de cet effet d’hystérésis est d’ajouter à la
variation du coefficient de raideur de la membrane une variation
de son coefficient d’amortissement. L’hystérésis est, en effet, géné-
ratrice de dissipation d’énergie. Il y a donc modification de deux
des trois constantes mécaniques du système dès que l’équipage
mobile sort de sa zone de linéarité.

1.9.4 Stabilité thermique

Les calculs effectués au paragraphe 1.6.3 montrent l’importance


des termes dissipatifs dans le fonctionnement du haut-parleur à
bobine mobile.
Les rendements de ces émetteurs étant le plus souvent inférieurs
à 1 %, il devient impossible d’ignorer que la presque totalité de la
puissance électrique fournie est dissipée sous forme de chaleur.
Cette dissipation s’effectue, en premier lieu, au niveau de la bobine.
La figure 23 donne une idée des répartitions de températures Figure 23 – Températures relevées en différents points
relevées sur un haut-parleur fonctionnant en régime permanent d’un haut-parleur fonctionnant en régime permanent
dans un local dont l’air ambiant est à 21 oC.
L’une des premières conséquences de cette élévation de tempé-
rature est l’effet de compression thermique. Ce phénomène a pour Pour évaluer l’importance de ce terme, on admet que le circuit
origine l’accroissement de la résistance d’un conducteur avec la thermique fonctionne comme un circuit RC dont la constante de
température. Ainsi, une bobine de fil de cuivre (ou d’aluminium) temps a pour valeur :
dont la résistance électrique à la température T0 est égale à R 0
prend comme nouvelle valeur à une température T : τ = m c R TH
R T = R 0 [1 + 0,004 (T – T0 )] avec m (kg) masse de la bobine,
c [(J/ kg · K)] capacité thermique massique de la bobine,
Cette augmentation de la résistance a pour conséquence, sur un T – T0
haut-parleur alimenté par un amplificateur à faible impédance de R TH (oC/ W) résistance thermique définie par R TH = ---------------
-
sortie, une diminution du courant de sortie. Ce phénomène entraîne Ri 2
une perte d’efficacité qui peut atteindre 3 dB pour une différence (R étant la résistance électrique exprimée en Ω).
T – T0 de 100 oC.
Ainsi, quand un haut-parleur est soumis à un instant t = 0 à un
■ Constante de temps thermique signal d’amplitude constante, la température de sa bobine croît
S’il est relativement facile d’évaluer les limites de puissance suivant une loi de la forme :
admissible par un haut-parleur fonctionnant en régime permanent,
T – T0 = R i 2 (1 – e– t / τ )
il est, en revanche, plus délicat de prendre en compte l’apport des
impulsions de formes plus ou moins variées du régime transitoire Cette relation sert de point de départ à l’établissement du dia-
dans l’élévation de température. gramme isotherme normalisé puissance-temps (figure 24).
Les puissances maximales admissibles dépendent en grande
partie des technologies adoptées. Si les anciens haut-parleurs ne
pouvaient guère dépasser 100 à 130 oC, une meilleure maîtrise des

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Figure 24 – Diagramme isotherme normalisé


puissance-temps d’un haut-parleur à bobine mobile

colles et des vernis permet aujourd’hui de réaliser des bobines


pouvant supporter 300 à 350 oC sans dysfonctionnement notable.
Dans ce cas, seule la compression thermique limite les per-
formances du haut-parleur mais elle peut représenter une chute
de 7 à 8 dB.

1.9.5 Conséquences des non-linéarités


des transducteurs à bobine mobile

Une des principales conséquences de la non-linéarité de certains


paramètres réside dans le fait que les modèles établis à partir des
constantes statiques ne permettent pas de prévoir les comporte-
ments réels du transducteur en régime dynamique.
Les trois grandeurs électromécaniques les plus perturbées par
ces effets de non-linéarité sont :
— l’impédance de couplage B ;
— l’inductance de la bobine ;
— la compliance de la membrane.
La figure 25 montre une variation typique de ces trois para-
mètres en fonction de l’excursion de la bobine mobile.
Sur un plan pratique, l’évolution de ces « constantes » conduit
à introduire un facteur correctif aux différents termes dépendants
de ces grandeurs. La conséquence la plus spectaculaire porte sur
la courbe d’impédance électrique. Figure 25 – Variation typique des paramètres électroacoustiques
La figure 26 donne un exemple de décalage entre la courbe du haut-parleur en fonction de l’excursion de l’équipage mobile
théorique établie à partir des constantes statiques et la courbe (Mills et Hawksford)
expérimentale.

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Figure 27 – Principe de fonctionnement du haut-parleur à ruban


Figure 26 – Comparaison entre deux courbes d’impédance électrique
du haut-parleur de référence
Les équations électrique et mécanique en régime harmonique se
réduisent alors à :

2. Autres principes u = R i + Bv

de transduction et B i = ( jm ω + 2 Z R ) v

De même, pour les fréquences supérieures à une valeur corres-


Ce paragraphe concerne les autres principes de transduction uti- pondant à k = 2 , la résistance de rayonnement reste constamment
lisés dans la réalisation de haut-parleurs. égale à ρ0 c S tandis que la réactance de rayonnement devient
négligeable.
Il en résulte que :
2.1 Haut-parleurs à ruban
ZR ≈ ρ 0 cS
Comme pour les microphones, les émetteurs électrodynamiques L’impédance électrique du ruban est alors :
peuvent se diviser en deux catégories : les systèmes à bobine mobile
et les systèmes à ruban. Les haut-parleurs à ruban, réciproques des u B 2 2
Z *e = ---- = R + ---------------------------------------
microphones du même nom (cf. article Microphones [E 5 160] dans i 2 ρ 0 cS + jm ω
ce traité), sont beaucoup moins utilisés que les sources à bobine
mobile et ne trouvent d’applications que pour les fréquences élevées. B 2 2 m
Soit en posant R eq = -------------------- et C eq = ---------------
- :
2 ρ 0 cS B 2 2
2.1.1 Principe de fonctionnement 1
Z *e = R + --------------------------------------
1
Un ruban de longueur  , de largeur L et d’épaisseur e placé dans ------------ + jC eq ω
un champ magnétique d’induction constante B et parcouru par un R eq
courant i est le siège d’une force active (figure 27) :
d’où le schéma équivalent de la figure 28a.
F = Bi La courbe Z *e ( f ) est une fonction décroissante de la fréquence
(figure 28b). L’efficacité maximale du tweeter à ruban est donc
À cette force s’opposent les forces d’inertie, de frottement et de obtenue quand :
raideur du ruban ainsi que la force de charge acoustique :

Fa = 2 Z R v R eq C eq ω = --------------------  1
2 ρ 0 cS
avec Z R impédance de rayonnement de chacune des deux faces
du ruban, La charge de l’amplificateur devient alors réelle est égale à
R + Req et le rendement du haut-parleur se réduit à :
v vitesse vibratoire du ruban.
Si l’on admet que la charge acoustique est identique de part et B 2 2
η = ---------------------------------------------
-
d’autre du ruban, on peut écrire les équations du système : 4 ρ 0 cSR + 2B 2  2
u = R i + B v (équation électrique) Exemple numérique : le ruban d’un tweeter en aluminium (de
masse volumique ρm = 2 700 kg/m3 et de résistivité
 k
B  i = r f + 2 Z R + j m ω + --------- v (équation mécanique)
jω ρe = 2,67 · 10–8 Ω · m) a pour dimensions  = 5 cm , L = 0,8 cm et
e = 10–3 cm.
On retrouve, aux coefficients près, les équations du haut-parleur Il est placé dans un champ d’induction magnétique de 1 T.
à bobine mobile. Toutefois, dans le cas du ruban, un certain nombre
de simplifications peuvent être envisagées. Sa surface étant S = 4 · 10–4 m2, sa masse vaut
m = ρm Se = 10,8 mg.
Il est, en effet, légitime de négliger les termes de raideur et de
frottement devant ceux qui représentent l’inertie et la charge
acoustique.

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On calcule : 2.1.2 Technologie des tweeters à ruban


— sa résistance électrique :
La principale difficulté de réalisation d’un haut-parleur à ruban

R = ρ e ------- = 1,67 ⋅ 10 –2 Ω réside dans le fait que son énergie rayonnée est proportionnelle à
Le sa surface et que l’induction magnétique dans l’entrefer varie en
— son impédance de couplage : raison inverse de sa largeur.
Par ailleurs, il est nécessaire d’éviter les déformations du ruban
B = 0,05 N / A qui doit vibrer en restant constamment parallèle à lui-même.
On en déduit : Les conditions de linéarité et d’efficacité imposent des coefficients
de raideur et de frottement quasi nuls. La masse du ruban doit rester
B 2 2 très faible.
R eq = -------------------- = 7,62 ⋅ 10 –3 Ω
2 ρ 0 cS En pratique, on utilise des rubans à rainures transversales pour
m éviter les modes de torsion. Les rubans sont reliés par leurs extré-
et C eq = ------------- = 4,32 ⋅ 10 –3 F mités à la partie fixe du haut-parleur à l’aide d’attaches souples en
B2  2
élastomère ou silicone. Des points de liaison souple peuvent être
Il y a égalité des impédances équivalentes pour : réalisés sur la partie centrale du ruban afin d’éviter les déformations
transversales.
1
ω = ---------------------- = 3 ⋅ 10 4 On réalise également des rubans du type circuits imprimés placés
R eq C eq dans un double entrefer. L’inversion de sens de l’induction dans les
deux entrefers est compensée par le changement de sens du courant
donc à 4 770 Hz.
dans le circuit électrique gravé en spirale sur le ruban.
À cette fréquence, l’impédance électrique vaut :
Les caractéristiques optimales du ruban sont déterminées par la
R 2 R 2 recherche du minimum de la constante R Ceq .
Z *e =  R + --------
2 
eq
- +  --------
2 
eq
- = 2,08 ⋅ 10 –2 Ω Or : R Ceq = ρe ρ m/B 2
1 il en résulte que, outre la recherche d’une induction maximale, on
Au-dessous de cette fréquence, ------------------- tend à devenir négligeable
jC eq ω a intérêt à utiliser un matériau dont le produit de la résistivité ρe
et Z *
e prend sa valeur asymptotique : par la masse volumique ρm soit le plus faible possible.
Les principaux matériaux envisageables sont :
R + R eq = 2,43 · 10–2 W
— l’aluminium (ρe ρm = 7,2 · 105 Ω · kg · m–2 ) ;
Le rendement tend alors vers :
— le béryllium (ρe ρm = 7,55 · 105 Ω · kg · m–2 ) ;
2 2
B
----------------------------------------------- = 0,157 — le cuivre (ρe ρm = 14,3 · 105 Ω · kg · m–2 ) ;
4 ρ 0 cSR + 2B 2  2 — l’argent (ρe ρm = 16,5 · 105 Ω · kg · m–2 ).
Notons que pour faire fonctionner un tel tweeter à l’aide d’un ampli- Le béryllium étant très difficile à travailler, l’aluminium reste, a
ficateur adapté sur une impédance de 8 Ω, il est nécessaire d’utiliser priori, le matériau le plus avantageux.
un transformateur dont le rapport de transformation vaut : Notons enfin que pour faciliter le rayonnement, le tweeter à ruban
peut être complété par un pavillon. La face arrière du ruban est alors
8 fermée sur une cavité amortie. Toutefois, la présence des circuits
n = - = 18
---------------------------
2,43 ⋅ 10 –2 acoustiques entraîne l’apparition d’une impédance de rayonnement
interne qui réduit de façon notable le rendement du système (§ 1.4).
La puissance nominale de ce tweeter est d’environ une vingtaine de
watts. Sa réponse est sensiblement constante dans toute la bande de
fréquence comprise entre 2 et 5 kHz.
2.2 Haut-parleurs électrostatiques

2.2.1 Principe de fonctionnement


d’un haut-parleur électrostatique

Le capteur électrostatique (cf. article Microphones [E 5 160]) est,


comme tout transducteur respectant les conditions de linéarité, un
système réciproque.
Il peut donc fonctionner en émetteur dès lors qu’il est polarisé et
alimenté par une tension électrique.
En effet, une variation de tension aux bornes de la capacité formée
par deux armatures planes parallèles entraîne une variation du
courant et de la charge des électrodes (figure 29).
La force d’attraction électrostatique qui s’exerce entre les deux
armatures varie avec la charge électrique Q suivant la loi :

Q2
F = ----------------
2 ε0 S

Figure 28 – Haut-parleur à ruban

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Sachant que cette charge Q est la somme de la charge statique L’impédance électrique motionnelle du haut-parleur est donc :
Q 0 et de la charge dynamique q, on en déduit que :
Zm 1
2 Z em = -----------------
- – --------------
Q0 q2 2qQ 2 2 j ω C0
- + ---------------- + ---------------0-
F = --------------- E 0C 0
2 ε0 S 2 ε0 S 2 ε0 S
et son impédance électrique totale est équivalente à la mise en
Il faut noter ici que si la linéarisation de ces équations est accep- parallèle de Z em et Z e = 1 ⁄ j ω C 0 .
table dans le cas du microphone où les déplacements de l’armature
1 Zm 1
mobile sont faibles, il n’en est plus de même lorsque le transducteur ---------------- ----------------- - – ----------------
fonctionne en émetteur. Les excursions des armatures sont alors Z e Z em j ω C 0 E C
2 2 j ω C0
0 0
relativement importantes et le terme q 2/2 ε0 S devient source de Soit Z*e = ------------------------
- = ---------------------------------------------------------------
distorsion harmonique qu’il est nécessaire de corriger. Z e + Z em Zm
-----------------
2 2
-
C’est pour compenser l’existence de ce terme quadratique que, E 0C 0
dès 1924, l’idée de la membrane fonctionnant en push-pull fut ( E0 ⁄ j ω ) 2
énoncée. ou en définitive Z* e = Z e – ----------------------- -
Zm
Deux armatures planes perforées sont situées à distance 2 d l’une
de l’autre. On place en leur milieu une armature mobile. Au repos, Le schéma électrique équivalent est celui de la figure 31.
l’ensemble constitue une association de deux condensateurs en
parallèle de capacité :
C 0 = ε 0 S /d

2.2.1.1 Fonctionnement de la cellule push-pull


à charge constante
Soit Q0 = 2 C0 V0 la charge totale des armatures au repos. Si l’on
parvient à isoler parfaitement les électrodes extérieures, leur charge
restera constante même lorsqu’elles seront soumises à une diffé-
rence de potentiel U0 ± u.
Il en résulte que, lors du déplacement de l’armature centrale, les
deux capacités en parallèle que constituent les trois électrodes
prennent les valeurs :
C0 C0 Figure 29 – Schéma de principe d’un haut-parleur électrostatique
C 1 = ---------------
- et C 2 = ---------------
-
y y
1 + ------ 1 – ------
d d
tandis que leurs charges respectives Q1 et Q 2 restent telles que
Q1 + Q 2 = Q 0 .
Des relations précédentes on déduit le courant débité dans
chaque armature :
i = C0 E0 v

2.2.1.2 Équation mécanique et schéma équivalent


La force totale s’exerçant sur l’armature mobile s’exprime avec
les notations de la figure 30 :

ε0 S ( U0 + u ) 2 ε0 S ( U0 – u ) 2 ε SU U0
- – ----------------------------------
F = ---------------------------------- - ≈ ----------------
0 0
- u + ------- y
2 ( d – y )2 2 ( d + y )2 d 2 d

d’où l’équation mécanique en écriture complexe : Figure 30 – Notations utilisées pour l’évaluation des forces
s’exerçant sur les armatures d’un haut-parleur électrostatique
C0 E0 ( u + E0 y ) = Z m v monté en push-pull

Compte tenu des relations :

v
y = --------- et i = C0 E0 v

l’équation se réduit à :

Zm 1
- i – ---------------- i
u = -----------------
2 2
E 0C 0 j ω C0

Figure 31 – Schéma électrique équivalent


d’un haut-parleur électrostatique monté en push-pull

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2 2 2.2.2.1 Fonctionnement à charge constante


2 2 E 0C 0
k em = E 0 C 0 k 0 = ---------------
- est un terme de raideur d’origine Il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de réaliser des élec-
jC 0 ω
trodes suffisamment isolées pour conserver une charge donnée
électrique. indéfiniment.
Ce terme est négatif et doit être compensé par la raideur de En principe, on polarise les électrodes à l’aide d’une tension
suspension du diaphragme. constante U0 par l’intermédiaire d’une résistance R0 de valeur très
ZR est l’impédance de rayonnement du haut-parleur qui comprend élevée (> 100 MΩ). L’isolement entre les électrodes par rapport à la
les charges acoustiques s’exerçant des deux côtés de la membrane. masse doit être nettement supérieur à R 0 . La constante de
temps R0 C0 doit être grande devant la période des plus basses fré-
quences à transmettre.
La figure 32 représente les forces de rappel prédominantes
aux basses fréquences ( k m  r f et mω 2).
2.2.2.2 Maintien de parallélisme des électrodes
On notera que, dans le fonctionnement à charge constante, le
point de fonctionnement décrit une droite : Ce maintien est l’une des conditions essentielles au fonctionne-
ment linéaire du haut-parleur électrostatique. Il assure une distri-
k m – k em bution homogène des charges électriques sur toute la surface des
------------------------
- y
jωC 0E 0
2 2 électrodes. Il évite l’apparition des modes propres susceptibles de
provoquer des surtensions locales importantes et des irrégularités
Pour que cette droite ait une pente positive, il est nécessaire dans la courbe de réponse.
que km > kem (La firme QUAD préconise km/kem = 3,5). En pratique, le parallélisme ne peut être obtenu qu’à l’aide d’entre-
À l’inverse, le maintien d’une tension constante U0 entraînerait toises souples et isolantes dont le nombre dépend de la rigidité que
l’apparition d’une force F telle que : l’on souhaite donner à la membrane.
2 2 Les électrodes fixes sont des surfaces métalliques perforées. Le
ε 0 SU 0 1 1 2 ε 0 SU 0 y⁄d taux et la disposition des perforations sont étudiés de façon à obtenir
F = ------------------ -------------------2- – ---------------------2- = ---------------------
- ------------------------------------
2 (d – y) (d + y ) d 2 [ 1 – ( y ⁄ d )2 ]2 la transparence acoustique la plus grande possible à toutes les
fréquences.
Cette force (FRTC), ajoutée à la force de rappel mécanique L’électrode centrale est constituée d’une feuille de plastique métal-
(kmy ) du diaphragme, donne la courbe de fonctionnement à lisée (mylar) recouverte d’une solution à faible conductivité consti-
tension constante (traits mixtes). tuant une résistance de polarisation répartie (107 à 109 Ω).
Les inconvénients du fonctionnement à tension constante
apparaissent bien sur cette figure. Outre les effets de non- Les électrets (cf. Microphones [E 5 160]) sont également utilisés
linéarité qui croissent très rapidement avec le déplacement y, il pour la réalisation de tweeters (Matsushita). Ils sont généralement
y a un risque de dépassement de la valeur limite y1/d. disposés de part et d’autre de l’électrode mobile (polyester de
Dans ce cas, l’électrode mobile, au lieu d’être rappelée vers sa quelques micromètres d’épaisseur) constituant de préférence la
position centrale, est au contraire attirée par l’électrode fixe partie fixe des armatures.
pouvant engendrer le claquage de la capacité.
2.2.2.3 Choix de la surface émissive
Le choix de la surface des électrodes est le résultat d’un compromis
2.2.2 Technologie des cellules électrostatiques entre plusieurs paramètres contradictoires.
Aux basses fréquences, la puissance rayonnée est sensiblement
Pour fonctionner de façon linéaire, conformément à la théorie, le proportionnelle au carré de la surface émissive et au carré de
haut-parleur électrostatique doit respecter un certain nombre l’amplitude de déplacement de l’électrode.
d’impératifs dont les plus importants sont :
L’excursion de l’armature mobile étant nécessairement très faible,
— le fonctionnement à charge constante ; seule l’étendue de sa surface peut permettre l’obtention d’un signal
— le déplacement parfaitement plan de l’électrode mobile ; d’amplitude suffisante aux fréquences graves.
— l’adaptation de la surface émissive.
Malheureusement, les grandes membranes deviennent très direc-
tives aux fréquences élevées. Il en résulte que le seul compromis
acceptable est obtenu en utilisant plusieurs cellules alimentées par
un courant dont l’amplitude et la phase peuvent être contrôlées de
façon à maîtriser au mieux la courbe de réponse et la directivité
résultante.
C’est ainsi que l’on aboutit à des réalisations à cellules verticales
(QUAD mark 1), horizontales (Martin Logan) ou même annulaires
(analogues aux anneaux des miroirs de Fresnel : QUAD ESL 63 )
alimentées par des lignes à retard.
Les cellules peuvent être bafflées ou ouvertes ; dans ce dernier
cas, elles sont bidirectives et doivent être placées assez loin des
parois, particulièrement si celles-ci sont réfléchissantes.
La légèreté des membranes électrostatiques (quelques mg/cm2)
associée au principe de la charge constante permet, sous réserve
que les modes propres de la membrane soient correctement amortis,
d’obtenir des haut-parleurs à réponses très plates même aux
fréquences élevées. Leur taux de distorsion est limité.
Leur point faible reste le manque de puissance rayonnée aux
Figure 32 – Diagramme de répartition des termes de force à charge
basses fréquences.
et à tension constantes

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Certaines enceintes associent un haut-parleur électrodynamique La possibilité de donner à ces membranes des formes variées
pour les fréquences graves et un système électrostatique pour les (thermoformage) constitue une ouverture de choix dans la
fréquences supérieures à la fréquence de raccord (100 à 300 Hz). recherche de caractéristiques de rayonnement et de directivité bien
En conclusion, il faut noter que les amplificateurs destinés à particulières.
alimenter les haut-parleurs électrostatiques doivent être conçus pour C’est ainsi que Pioneer a développé un tweeter à rayonnement
s’adapter à une charge capacitive sans risque d’amorçage. quasi cylindrique tandis que Thomson a conçu un dôme dont l’état
vibratoire se rapproche de celui de la demi-sphère pulsante. Ce
modèle trouve son application dans la réalisation d’écouteurs télé-
phoniques.
2.3 Autres systèmes utilisés Audax a également étudié un prototype de haut-parleur à dôme
pour l’émission de signaux acoustiques à partir d’un film piézoélectrique de 25 µm déposé sur une calotte
à rayon de courbure variable de 70 mm de diamètre. Cet émetteur
atteint une efficacité axiale de 93 dB/1 W/1 m avec une directivité
Bien que nettement moins utilisés que les électrodynamiques et presque hémisphérique sur une large bande passante.
les électrostatiques, un certain nombre de principes peuvent éga-
lement être mis en œuvre dans la conception et la réalisation de
sources électroacoustiques. 2.3.2 Haut-parleurs ioniques
Ces systèmes sont le plus souvent utilisés pour des applications
spécifiques et, à l’exception des sources à plasma, donnent rarement Issu du principe de l’arc chantant (la modulation du courant de
lieu à des applications grand public. Parmi ces principes, citons les décharge entre deux électrodes provoque une ionisation de l’air),
transducteurs piézoélectriques, électromagnétiques, ioniques, l’ionophone de S. Klein (1952) (figure 33) utilise une des propriétés
magnétostrictifs ou à effet Couronne. de l’air ionisé par un champ électrique de fréquence élevée. L’agi-
tation thermique d’une masse d’air ionisée varie proportionnelle-
ment à la modulation du courant de décharge. Comme la pression
2.3.1 Haut-parleurs piézoélectriques locale croît avec l’agitation thermique, il en résulte un transfert de
l’énergie en énergie acoustique sans l’aide d’aucun organe
Le transducteur piézoélectrique décrit dans l’article Microphones mécanique.
[E 5 160] peut fonctionner de façon réversible. Le dispositif comprend généralement une électrode centrale
Un signal électrique émis entre les deux faces parallèles métal- (platine irridié, alliages à base de molybdène ou de silicium ayant
lisées d’un cristal piézoélectrique fait vibrer celui-ci avec un rende- subi un traitement de surface destiné à favoriser l’émission
ment qui dépend : thermo-ionique) placée en regard d’une électrode extérieure portée
— du coefficient de couplage électromécanique k33 ; à très haute tension HF (10 000 V, 27 MHz, 50 W).
— de la fréquence du signal ; L’application de ce principe se heurte à un certain nombre de dif-
— de la compliance. ficultés plus ou moins bien résolues selon les différentes applications
Connaissant la valeur du carré du coefficient de couplage : commerciales (Ionofane d’Audax, Réalon, Magnet-Klein, Hill Plasma
Tronics, etc).
2 Énergie potentielle (stockée dans le matériau) Citons principalement :
k 33 = ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Énergie électrique fournie — la présence de fuites ;
k mx 2 km 2 — la vaporisation de l’électrode centrale lors de l’allumage ;
- = -------- d 33
= -------------- — l’émission d’ozone.
C0 u 2 C0
Les modèles vendus dans le commerce ont des efficacités éle-
avec C0 capacité statique, vées pouvant atteindre 115 dB/1 W/1 m.
d 33 constante de charge, Les modèles réalisés sans pavillon ont un rayonnement à peu
k m coefficient de raideur mécanique de la lame, près omnidirectif pour toutes les fréquences.
il est possible d’évaluer le rendement d’une lame piézoélectrique
émissive :

Puissance rayonnée RR v 2
η = -------------------------------------------------------------------------------- = -------------
-
Puissance électrique fournie C0 u 2

qui devient, compte tenu de l’expression de k 33 :

ω2 2
η = R R ------- d 33
C0

L’examen du tableau donnant les caractéristiques des matériaux


piézoélectriques (cf. article Microphones [E 5 160]) montre que les
céramiques du type PZT présentent, compte tenu de l’importance
de leur constante de charge (et de leur coefficient de couplage), des
performances nettement supérieures à celles des cristaux classiques
(quartz, sel de Seignette, etc.).
Toutefois, leur faible compliance limite leur utilisation exclusive-
ment au domaine des fréquences élevées (4 000 à 400 000 Hz).
Figure 33 – Cellule de quartz du ionophone original de Klein
La mise en œuvre, plus récente, des polymères piézoélectriques
(PVDF notamment) a ouvert la voie à quelques initiatives intéres-
santes dans la fabrication de tweeters.

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La bande passante des ionophones s’étend en moyenne de 2 kHz


à 100 kHz mais peut dans certaines réalisations monter beaucoup Notations et Symboles
plus haut en fréquence (> 1 MHz).
Les haut-parleurs à plasma peuvent fonctionner en association Symbole Unité Désignation
avec un haut-parleur classique pour le bas-médium et un caisson
de graves pour les très basses fréquences. B T Induction magnétique
c m/s Célérité du son (dans l’air = 340 m/s
à 16 oC)
C F ou m/N Capacité électrique ou compliance
3. Utilisation des haut-parleurs mécanique
d33 C/N ou Constante de charge d’une lame
m/V piézoélectrique suivant l’axe de
polarisation
Plus de 95 % des utilisations font appel à des haut-parleurs à E W Puissance rayonnée par une source
bobine mobile (facilité de construction et de mise en œuvre,
F N Force d’attraction des armatures d’un
robustesse, efficacité et coût). haut-parleur électrostatique
Le choix d’autres systèmes dépend du domaine d’utilisation h (θ ) (1) Fonction de directivité d’un transducteur
et surtout de la bande passante concernée. axisymétrique [p (r, θ ) = p ax(r ) h (θ )]
Basses et très basses fréquences : H A/m Champ magnétique
— bobines mobiles presque exclusivement. i (t ) A Valeur instantanée de l’intensité du
Médium : courant électrique
— bobines mobiles (tous usages) ; A Représentation complexe d’un courant
i
— électrostatiques (grande linéarité, faible rendement) ; périodique ( i = i 0 exp [ j ( ω t + ϕ ) ] )
— chambres de compression (rendement élevé).
ID dB Indice de directivité d’un haut-parleur
Aigus : (ID = 10 lg Q )
— bobines mobiles (membranes, dômes, chambres de
compression, coaxiaux) ; Jm (1) Fonction de Bessel de première espèce
d’ordre m
— électrostatiques (homogènes sur large étendue spectracle);
— rubans (bidirectifs à bon rendement, enceintes de contrôle). k rad/m Nombre d’onde d’un signal harmonique
Extrêmes aigus et ultrasons : (k = ω /c )
— piézoélectriques (5 à 50 kHz, faible rendement, émission kem N/m Coefficient de raideur d’origine
sous-marine) ; électrique d’un haut-parleur
— ionophones (sources omnidirectives jusqu’à 60 kHz, bon électrostatique
rendement). ki N/m Coefficient de raideur de la cavité limitée
par le spider et les pièces polaires d’un
haut-parleur à bobine mobile
Le tableau suivant donne la classification des haut-parleurs km N/m Coefficient de raideur mécanique d’un
système masse-ressort
électrodynamiques à membrane en fonction de leur bande passante
d’utilisation : (0) k33 % Coefficient de couplage d’une lame
piézoélectrique
KM N/m Coefficient de raideur apparente de la
Fréquences Fréquences membrane d’un haut-parleur à bobine
Diamètres
charnières de résonance mobile
 m Longueur d’un fil de bobinage, d’un
Boomers ................ 125 Hz - 1 kHz 24 - 38 cm 15 - 30 Hz ruban, d’un conduit, d’un capillaire,
Bas médium .......... 250 Hz - 2 kHz 16 - 24 cm 30 - 60 Hz d’une fente, etc.
Médium ................. 700 Hz - 6 kHz 12 - 16 cm 50 - 300 Hz L H Inductance d’un bobinage
Tweeter ................. 4 kHz - 16 kHz 5 - 7 cm 1 000 - 2 200 Hz
LW dB Niveau de puissance d’une source
Tweeter à dôme.... 4 kHz - 16 kHz 1,5 - 4 cm 800 - 3 000 Hz
Large bande .......... 125 Hz - 8 kHz 10 - 15 cm 50 - 100 Hz [LW = 10 lg (E /10–12)]
m kg Masse mécanique d’un système mobile
(bobine, ruban, membrane)
msp kg Masse mécanique du spider
M0 V/Pa Efficacité axiale d’un haut-parleur
MM kg Masse apparente de la membrane d’un
haut-parleur à bobine mobile
Mp (1) Efficacité relative d’un transducteur

(1) Sans unité. (2) Unité dépendant de la nature du circuit.

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Notations et Symboles Notations et Symboles

Symbole Unité Désignation Symbole Unité Désignation

Msp kg · m– 4 Masse acoustique du spider U0 V Tension de polarisation d’un


p (1) Facteur de fuite haut-parleur électrostatique
p Pa Pression acoustique d’une onde v m/s Représentation complexe de la vitesse
harmonique particulaire d’une onde harmonique
pax(r ) Pa Pression mesurée sur l’axe de référence V m3 Volume d’une cavité
d’une source axisymétrique à la distance X0 N · s · m–1 Partie imaginaire de Z 0
r du centre acoustique X 1 (x ) (1) Partie imaginaire de l’impédance de
p (θ ) Pa Pression dans une direction faisant un rayonnement réduite
angle θ avec l’axe d’une source XR N · s · m–1 Partie imaginaire de l’impédance de
axisymétrique rayonnement d’une membrane
P, P0 Pa Pression continue locale, pression (2) Impédance de couplage d’un trans-
atmosphérique Zc
ducteur ( Z c = jB pour un électro-
q (1) Facteur de pertes magnétiques
d y n a m i q u e , Z c = E0 ⁄ j ω p o u r u n
q m3/s Débit volumique d’une onde acoustique électrostatique)
harmonique
Zem Ω Impédance électrique d’un haut-parleur
Q (1) Facteur de directivité d’une source électrostatique
QE (1) Facteur de surtension électrique Z N · s · m–1 Impédance mécanique d’un circuit
m
QG (1) Facteur de surtension globale ( Zm = F ⁄ v )
QM (1) Facteur de surtension mécanique
Z0 N · s · m–1 Impédance mécanique apparente d’une
Q0 C Charge statique des armatures d’un membrane chargée par un circuit
haut-parleur électrostatique acoustique
Q1 , Q 2 C Charge des armatures d’un haut-parleur ZR N · s · m–1 Impédance de rayonnement d’une
électrostatique push-pull membrane
r m Variable d’espace en coordonnées γ (1) Rapport de la capacité thermique
polaires massique à pression constante d’un gaz
rf N·s· m–1 Coefficient de frottement fluide d’un à la capacité thermique massique à
oscillateur mécanique ou acoustique volume constant (pour l’air : γ = 1,401)
r sp N · s · m–1 Résistance mécanique du spider ε0 F/m Permittivité du vide (ou de l’air)
R0 N · s · m–1 Partie réelle de Z 0 [ε0 = (36 π · 109)–1]
R1(x ) (1) Partie réelle de l’impédance de λA s–1 Coefficient d’amortissement d’une
rayonnement réduite membrane (λ v valeur sous vide)
RM N · s · m–1 Résistance apparente de la membrane η (1) Rendement d’une source
d’un haut-parleur à bobine mobile ρ0 kg · m–3 Masse volumique de l’air
RR N·s· m–1 Résistance de rayonnement d’une (ρ0 = 1,22 kg · m–3 à 16 oC)
membrane ρe Ω·m Résistivité électrique d’un matériau
Rsp N · s · m–5 Résistance acoustique du spider ρm kg · m–3 Masse volumique d’un matériau
S m2 Surface d’une membrane, section d’un ϕa Wb Flux traversant l’aimant
conduit
ϕe Wb Flux d’entrefer
u V Différence de potentiel, tension
électrique entre deux bornes d’un circuit ϕf Wb Flux de fuite

(1) Sans unité. (2) Unité dépendant de la nature du circuit. (1) Sans unité. (2) Unité dépendant de la nature du circuit.

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P
O
U
Haut-parleurs R

E
par Jacques JOUHANEAU N
Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)

S
Bibliographie A
Ouvrages généraux
BERANEK (L.L.). – Acoustics. McGraw-Hill, (1954).
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Van Nostrand Company (1972).
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OLSON (H.F.). – Acoustical Engineering. Von
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Autres références
MILLS (P.G.L.) et HAWKSFORD (M.D.J.). – Distor-
neering Society ont été regroupés dans :
LOUDSPEAKERS vol. 1 : edited by Raymond E.
Cooke. Sixty-one papers, covering the years
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Audio Eng. Soc., vol. 37, n o 3, p. 129-148
1953 to 1977, written by the world’s greatest
transducer experts and inventors on the
design, construction, and operation of loud-
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Collectif : Loudspeaker and Headphone Hand-
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KLEIN (S.). – L’ionophone. Bull. Soc. Radioelec.
32, p. 314-320 (1952).
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LOUDSPEAKERS vol. 2 : edited by Raymond E.
Cooke. Forty-nine papers, from 1978 to 1983,
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McLACHLAN (N.W.). – Loudspeakers, Theory, Audax : Catalogue des haut-parleurs. by experts in loudspeaker technology, exten-
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P
L
U
S
3 - 1993
Doc. E 5 170

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