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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE

DAKAR
□□♦ □□
FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION
(FASEG)
BP 5683 Dakar –Fann -Tél.: (221) 33 859 22 18

f Dakar (SENEGAL)

ATELIER DE RENFORCEMENT DES


CAPACITES SUR LA GESTION DES
RISQUES AGRICOLES
---------------------------

MODULE 4 : Présentation des outils d’analyse du risque : ASSURANCE


AGRICOLE

Auteur : Dr Mouhamadou Moustapha Fall


Présenté par :

Mouhamadou Moustapha FALL

Ingénieur agroéconomiste

Spécialiste assurance agricole

Directeur Général Adjoint CNAAS-SENEGAL 77 665 88 14 moustapha.fall@cnaas.sn

Octobre 2017

Nous aborderons le thème de l’assurance agricole dans une démarche pédagogique prenant en compte
le cas de l’agriculture dans le contexte du continent africain.

1- PROBLEMATIQUE

Dans la plupart des pays africains l’économie est caractérisée par une forte proportion d’activité agricole
(plus de 30% du PIB, plus de 15% des recettes d’exportation, plus de 75% des besoins alimentaires) et
de population (60% de la population) pratiquant des méthodes culturales qui ne permettent pas
d’accroître un revenu chroniquement faible.

Cette fragilité est encore accrue par les aléas climatiques et autres qui frappent régulièrement les
exploitations, les conduisant souvent à la ruine et obligeant les pouvoirs publics à intervenir par des
aides diverses, difficiles à ajuster en fonction de la précarité des sinistrés.

En effet, pour un gouvernement, le problème des dégâts en zones agricoles n’est pas seulement d’ordre
économique, il faut considérer également que le maintien de la population rurale dans ses terres évite
d’autres difficultés :

 Permettre, si modeste soit-elle, de maintenir une production agricole de survie des


ménages
 Empêcher les exploitants découragés d’abandonner leur activité et de venir grossir une
population urbaine désœuvrée et inadaptée à cette nouvelle vie.
 Eviter l’accroissement des terres en friches dans des zones déjà semi désertiques.
 Enfin, minimiser le recours permanent à l’aide internationale, faute d’atteindre
l’autofinancement.

L’exploitant, quant à lui, a adopté depuis des temps ancestraux des habitudes permettant de lutter à petite
échelle contre les aléas qui endommagent régulièrement ses cultures, notamment :

 Avoir recours à l’aide des voisins, s’ils le peuvent, quitte à procéder à leur remboursement plus
tard.
 Attendre une aide publique toujours insuffisante et s’en remettre à la Providence.

A l’évidence, pour inverser une telle situation, il est aujourd’hui question de parler d’esprit d’entreprise,
de financement en matériel, en intrants, de cultures nouvelles, de sécurité alimentaire, de conditions
commerciales favorables…. et aussi d’assurance agricole, une innovation majeure qui doit être
encouragée.

2- TYPES DE RISQUES AGRICOLES


La portée de l’assurance agricole est très vaste, elle recouvre toutes les activités liées à la production
agricole et concerne de manière plus précise, la totalité de la filière de la production, y compris
l’entreposage après la récolte, la transformation et le transport des produits jusqu’au marché final.

Avant d’examiner les différents types de risques afférents aux activités évoquées ci-dessus, il convient
de définir l’exploitation agricole.

21- Définition de l’exploitation agricole

L’exploitation agricole peut être définie selon la nature, la destination et le degré de développement des
moyens de production.

A. Selon la nature de la production


Il faudrait distinguer deux types de production :

 la production végétale ;
 la production animale.

A-1Production végétale
Elle englobe :

A-1-1 Les grandes cultures


 Céréales,
 Cultures de rentes (arachide, coton, etc.).

A-1-2 Horticulture
 Culture maraîchère,
 Arboriculture,
 Floriculture.

A-1-3 La sylviculture
A-2. Production animale
Elle se pratique le plus souvent sous les formes suivantes :

A-2-1 Elevage du bétail (Bovins, ovins, caprins, équins, asins, porcins, etc.).
On distingue deux types d’élevage

 l’élevage de type intensif : semi stabulation ou stabulation complète


 l’élevage de type extensif : transhumance

La transhumance est la forme la plus répandue. Elle se pratique dans la majeure partie des pays en
développement, en association le plus souvent, avec la production végétale.
A-2-2 Aviculture
A-2-3 Pisciculture
A-2-4 Apiculture
A-2-5 Pêche
 Pêche industrielle : couverte par d’autres types de contrats d’assurance, elle est exclue de
l’assurance agricole ;
 Pêche artisanale : compte tenu de son importance, de sa spécificité et de son impact social dans
les pays en développement, elle est intégrée dans l’assurance agricole.

B. Selon la destination et le degré de développement des moyens de production


L’étude de la CNUCED du 26/11/1992 sur l’assurance agricole pour les populations africaines met en
évidence 4 principaux secteurs permettant de dégager pour chacun d’entre eux les caractéristiques d’une
exploitation agricole.

B-1 Secteur traditionnel ou de subsistance


Il est caractérisé par :

 une production destinée principalement à la consommation domestique ;


 une utilisation rudimentaire des facteurs de production ;
 des superficies emblavées relativement faibles ;
 un bas niveau de productivité et de rendement.

Exemple : culture du mil, maïs, niébé, etc…

Les exploitants se trouvent généralement en dessous du « seuil d’assurabilité ». Les plans d’assurance
ne sont pas ici commercialement viables et le secteur privé inopérant.

B-2 Secteur à production semi-commercialisée


Ce sont les petites et moyennes exploitations en transition de la production de subsistance à une
production destinée au marché. Elles sont en rapport avec les établissements de crédit et de
commercialisation qui peuvent servir de points de contact avec l’industrie des assurances.

L’utilisation par ces types d’exploitation de matériels légers, de la traction animale, d’intrants agricoles,
des moyens de lutte contre les épizooties est relativement répandue.

Exemple : culture de l’arachide principalement au Sénégal.

B-3 Secteur à production commercialisée


Il exige :

 de gros capitaux
 des informations à jour
 une technologie de pointe
 une production d’articles non traditionnels ou spécialisés souvent destinés à l’exportation.

22- Les types de risques agricoles


Ce sont les risques auxquels sont exposées les personnes physiques ou morales, leur patrimoine et les
responsabilités découlant des activités décrites ci-dessus.

A. Risque objet
Quatre critères ou variables déterminent le risque objet : le rendement, le coût de production, le prix et
la qualité du produit agricole.

Il recouvre

A-1Les biens de l’exploitation


 véhicules terrestres à moteur (automobile, tracteurs, etc…) ;
 habitations ;
 bâtiments d’exploitation (bureaux, hangars, magasins, usine, etc…) ;
 stocks de produits avant commercialisation ou transformation ;
 stocks de produits finis ;
 intrants agricoles ;
 machines agricoles (charrue, pulvérisateurs, semoirs, bineuses, moissonneuses-batteuses….)
 installations pour la transformation des produits agricoles ;
 stations de pompage (motopompes), installations d’irrigation ;
 étables et fabriques d’aliment pour bétail ou volaille
 Cheptel vif ;
 Récoltes sur pied ;
 Plantations d’arbres fruitiers.

A-2Les responsabilités encourues par l’exploitation


 du fait de l’utilisation de matériel et engrais ;
 du fait des personnes ou des choses dont elle doit répondre ;
 du fait des relations avec les partenaires.

Ces risques se subdivisent en risques de responsabilité civile délictuelle ou professionnelle.

A-3Les personnes contribuant à la gestion de l’exploitation


 l’exploitant et sa famille ;
 ses préposés et leurs familles.

A-4Les frais et pertes accidentels susceptibles de grever les résultats de l’exploitation


B. Risque événement
On distingue :

B-1 Les risques communs


 Incendie, explosion, chute de la foudre ;
 accidents liés à l’utilisation des véhicules terrestres à moteur ;
 accidents corporels ;
 décès, invalidité, vieillesse ;
 maladie de l’exploitant, de ses préposés et de leurs familles ;
 préjudices physiques ou moraux portés à autrui du fait de l’activité de l’exploitant ;
 catastrophes naturelles.

B-2 Les risques spécifiques

B-2-1 Agriculteurs
Bris de machine (moissonneuses-batteuses, motopompes, tracteurs, etc…) ;

Chute des engins ;

Pertes de quantité et de qualité des récoltes résultants de l’action de :

- la sécheresse ;
- l’inondation ;
- l’incendie des arbres fruitiers ;
- des prédateurs
- des maladies.

Quel que soit le type de culture, les pertes de récoltes évoluent en fonction du cycle végétatif qui va des
semis à la récolte en passant par la levée et la maturation.

B-2-2 Eleveurs
- santé animale ;
- mortalité du bétail ;
- mortalité de la volaille ;
- vol des animaux appartenant à l’exploitant
- ou à lui confiés et étant sous sa garde
- altération des produits contenus dans les chambres froides par suite :
 d’une coupure d’électricité ;
 d’une perte de fluide réfrigérant ;
 d’une perte de contenu des tanks à lait
 altération des embryons congelés.

NB : Il existe d’autres possibilités de regrouper les risques évènements comme suit :

- les risques liés à la production,


- les risques liés aux ressources naturelles,
- les risques financiers,
- les risques liés à la commercialisation et aux prix.
Des détails sont donnés en annexe sur les risques évènements majeurs auxquels la majorité des
agricultures africaines sont confrontées.

En résumé, on peut dire que l’inventaire des risques agricoles ne saurait être exhaustif et que l’activité
agricole est soumise à des risques comme toute autre activité. Ainsi l’agriculteur peut être atteint
dans sa personne, dans ses biens ou comme responsable de dommages causés à autrui.

En effet le code CIMA à travers l’article 55 reprend cette définition sans pour autant s’essayer dans le
détail : ce sont les risques assurables auxquels sont exposés les personnes physiques ou morales, leur
patrimoine et les responsabilités découlant des activités agricoles.
Cependant il convient de noter qu’il y a quelques évolutions dans le code CIMA relatives à l’introduction
de nouvelles donnes relatives à l’assurance agricole (livre VII- avril 2012:

 l’acceptation de l’assurance paramétrique ou indicielle comme de l’assurance agricole (risques


climatiques et rendement),
 une nouvelle branche « Autres Assurances Agricoles » pour tout autre risque non encore
répertorié (micro finance agricole, etc..).

22- Assurabilité des risques agricoles

Dans tout contrat d’assurance, et l’assurance agricole ne fait pas exception, le regroupement des risques
par leur mise en commun est déterminant. Les conditions préalables suivantes doivent être remplies pour
que le risque agricole soit assurable et transférable dans une solution d’assurance :

-Caractère aléatoire : la survenance du sinistre ou du dommage doit être imprévisible, incertaine ou


fortuite. Autrement, l’épargne systématique est une meilleure alternative car la mise en commun des
risques n’entraînerait pas une baisse des primes.

-Caractère permanent : risque latent, continu et non limité dans le temps.

Caractère non systémique : c'est-à-dire que le risque ne doit pas être général. Le risque doit pouvoir
menacer suffisamment d’objets bien dispersés dans l’espace.

-Faible probabilité d’apparition : si la majorité des agriculteurs sont susceptibles d’encourir un sinistre
ou un dommage, les primes seront identiques au montant de la provision personnelle et les primes à
payer seront supportables.

-Indépendance du risque : les risques personnels assurés collectivement doivent être indépendants au
regard de leur survenance afin de ne pas menacer la stabilité sur le long terme de l’assurance.

-Caractère incontrôlable du sinistre ou du dommage : le titulaire du contrat ne doit pas être en mesure
de provoquer le sinistre ou le dommage.

-Caractère explicite : l’assureur doit pouvoir vérifier la survenance et la portée du sinistre.

-Existence d’un intérêt assurable : pour qu’une personne soit intéressée par une solution d’assurance,
le sinistre doit être compensé financièrement. Les sinistres potentiels doivent être étroitement liés au
coût des primes.

3- ASSURANCE ET METHODES TRADITIONNELLES DE GESTION DES RISQUES


AGRICOLES

31- Concept d’assurance

L’individu au cours de son existence est constamment exposé à des risques qui peuvent porter atteinte
à son intégrité physique, son patrimoine, aux personnes ou aux biens dont il a la garde ainsi qu’aux biens
de la communauté dans laquelle il vit. La réalisation de ces risques peut lui faire subir des dommages et
entraîner pour lui des conséquences financières.

Généralement, la charge du dommage ainsi subi excède les facultés financières de l’individu et ne peut
être supportée par la collectivité, soit dans le cadre d’une répartition organisé, soit dans un système de
couverture non organisée. Lorsque cette répartition n’est pas organisée, il ne peut être fait appel qu’à
l’assistance fondée sur la notion d’entraide ou de charité, ce qui se révèle insuffisant ou presque.

Mais également l’individu peut recourir à l’épargne ou à la prévention, mais l’assistance, l’épargne et la
prévention n’apportent qu’une solution limitée aux conséquences des dommages subis pour des raisons
qui tiennent à leurs caractères propres.

32- Assistance

A la base de l’assistance, il y a la notion de générosité et de charité. Généralement aucun lien ne lie


l’assisté à l’assistant. De plus, l’assistance n’apporte qu’une aide limite et non proportionnelle aux
dommages. Son efficacité est donc discutable notamment dans le cadre des grandes catastrophes.

L’assistance est en réalité une survivance des sociétés primitives. L’assisté reçoit une aide qui n’est pas
une indemnité en ce sens que l’aide ne répare pas intégralement le dommage. Elle est même devenue
d’autant plus insuffisante que l’industrialisation et l’urbanisation ont multiplié les risques.

33- Epargne

Il s’agit de garder par devers soi en banque ou par tout autre moyen une partie de ses revenus actuels
pour faire face aux besoins des jours futurs ou évènements malheureux qui surviendraient.

Son inconvénient majeur réside dans le fait qu’il faut du temps pour la constituer. En outre l’évènement
redouté peut survenir avant que l’épargne ne soit constituée pour le couvrir.

34- Prévention

Elle a pour objectif de diminuer la probabilité de survenance ou l’intensité du dommage. Elle intervient
avant la survenance du dommage. Elle diminue le risque mais n’en empêche pas toujours la réalisation.
C’est ainsi que la prévention peut être totale (vaccinations) ou partielle (ceinture de sécurité).

Cependant, il y a lieu de noter que lorsqu’elle est totale, la prévention ne porte que sur une petite partie
du risque, ce dernier restant toujours exposé à l’évènement redouté de sorte que si l’on désire se couvrir
contre la totalité du risque, cela peut s’avérer du moins impossible sinon très cher.

C’est pourquoi l’individu qui désire une plus grande protection doit nécessairement avoir recours à un
moyen plus efficace.

Ce moyen peut se trouver dans le cadre d’une association d’individus exposés au même risque en vue
de faire prendre en charge par la mutualité ainsi constituée tout ou partie des conséquences des
dommages subis par chacun.

Dans le cadre d’une telle association, les risques sont répartis d’une manière insensible entre les
membres, la charge individuelle devenant dès lors insignifiante par rapport à l’importance réelle du
risque. C’est la notion de mutualité ou de répartition des risques qui constitue le fondement de toutes les
formes d’assurance. Pour qu’il y ait assurance, il faut qu’il y ait regroupement de risques et c’est cette
opération d’assistance mutuelle à caractère onéreux qui constitue l’assurance.

35- Caractères de l’assurance

A- Assurance et prévention

L’assurance se propose d’éliminer les conséquences des risques que n’a pu éliminer la prévention.
La prévention est indispensable car elle permet de protéger les biens couverts alors que l’assurance
compense en argent les conséquences d’un sinistre. Exemple : une bonne prévention dans une usine
évitera des sinistres donc permettra de conserver la clientèle alors qu’un bon contrat d’assurance
permettra une bonne indemnisation avec des risques de perte de la clientèle pendant la période de
reconstruction. En tout état de cause, la loi sur les contrats d’assurance fait obligation aux assurés de
protéger le risque.

B- Assurance et épargne

L’effort de l’assurance est plus limité que l’effort d’épargne. En effet, avec une prime faible en assurance
Accident, l’assuré a la certitude d’être indemnisé à hauteur d’un capital donné. Pour le même capital,
s’il devait constituer l’épargne, il lui faudrait beaucoup plus d’effort financier et beaucoup plus de temps.
Cependant, l’assurance peut servir à constituer l’épargne dans le cas des assurances Vie en cas de vie
où l’assureur collecte l’épargne et la fait fructifié pour le compte de l’assuré.

C- Assurance et assistance

L’assistance est une aide sans contrepartie qui peut s’avérer parfois faible avec la caractéristique du
caractère impersonnel.

En assurance, l’assuré reçoit une aide proportionnelle à ses efforts. Il acquiert un droit à la réparation du
préjudice dans les limites qu’il a fixées de manière volontaire à la souscription du contrat.

4- ASSURANCE COMME SYSTEME DE GESTION DU RISQUE AGRICOLE

Il faut relever au préalable que la mise en place d’un système de gestion du risque agricole peut relever
d’un Etat (à travers un ou plusieurs ministères d’un gouvernement), d’un partenariat public privé, d’une
organisation d'agriculteurs, d'un assureur, d'une banque ou d'un groupe de sociétés de commercialisation
et de transformation de produits agricoles, etc.

Dans tous les cas, le risque agricole gérable par un système d’assurance doit obéir aux critères suivants
:

- il doit être un risque unitaire (pouvant atteindre l’un ou l’autre des variables tels que rendement,
prix, etc.) et non combiné (pouvant atteindre des variables combinés comme le chiffre d’affaires,
la marge, etc.)
- il doit être indépendant (il n’affecte pas tous les agents de risque en même temps) et non
systémique (il affecte tous les agents de risque en même temps) ;
- il doit être sage ou (correspondant à une perte potentielle faible suivant une loi de distribution
bien connue) et non sauvage (correspondant à une perte catastrophique même à faible
probabilité d’occurrence).
Dans le cadre du présent cours, nous nous contenterons d’étudier le système d’assurance agricole géré
en tant qu’affaire commerciale.

Par conséquent, nous examinerons les conditions de mise en œuvre de l’assurance agricole commerciale
avant d’en évoquer les modalités et modes opératoires.

41- Les conditions de mise en œuvre de l’assurance agricole commerciale

Les différentes étapes de la mise en œuvre de l'assurance agricole commerciale sont les suivantes:

- l'identification des marchés,


- le développement des programmes d’assurance,
- la commercialisation des contrats d’assurance,
- la détermination du rapport des sinistres aux primes,
- le système de collecte des primes,
- le règlement des sinistres.
L'objectif primordial de la conception des structures et des procédures administratives est de préparer
une base qui permette de minimiser les coûts.

Comme la clientèle potentielle se compose de petits cultivateurs souvent largement dispersés, les coûts
peuvent vite atteindre le seuil de non rentabilité de la compagnie, à moins d'être vigilant.

Les diverses étapes administratives de l'assurance classique offrent quelques possibilités d'économie.
Une brève description des tâches correspondant aux diverses étapes figure ci-dessous, accompagnée
d'exemples précis de l'application des procédures qui permettent de réduire efficacement les coûts.

Le degré de participation du secteur public varie de pays en pays mais il joue toujours un rôle même s'il
se limite à l'établissement des polices de soutien et de réglementation. Il est particulièrement important
dans les premiers stades du développement de l'assurance agricole, et dans les situations où le soutien
financier est considéré comme souhaitable et possible.

A. L’identification des marchés


C'est une étape cruciale. L'achat d'une assurance a pour conséquence d'augmenter le coût de revient de
la production. Les avantages liés à l'achat d'une couverture doivent être clairs et tout programme
d'assurance proposé doit être prudemment positionné.

En premier lieu, il s'agit de reconnaître que l'assurance en tant que telle n'a pas toujours un rôle légitime
à jouer dans une industrie donnée à l'égard des risques majeurs, du point de vue des agriculteurs africains
en général et même de la majorité des autres couches socioprofessionnelles.

En deuxième lieu, si on détermine qu'il y a un rôle à jouer, il s'agit alors de prêter attention aux
considérations de bénéfices et de coûts pour les deux parties contractantes - l’Assuré et l’Assureur.

Un marché formel, commercial, implique la capacité à collecter l'information sur les quantités produites
par des cultivateurs donnés. Les données chronologiques de ce type, basées sur des transactions où il y
a paiement, sont probablement très exactes.

Un débouché de marché permet aussi de réaliser des économies administratives dans la préparation de
la couverture, ou même dans l’encaissement des primes.

A ce stade, la question du type d’assureur à choisir pour gérer le risque agricole se pose.

Le choix peut être porté sur une compagnie d'assurance existante qui n'a aucune expérience préalable en
matière d'assurance agricole.

C'est la solution fréquemment adoptée en Amérique latine, et qui a récemment été proposée en Syrie par
une équipe internationale de spécialistes.

Le choix peut aussi porter sur une compagnie spécialisée exclusivement dans les risques agricoles
comme c'est le cas au Sénégal, en Iran et à Maurice.
Une troisième option consiste à créer une coopérative spéciale d'agriculteurs pour administrer
l'assurance, comme c'est le cas en France et en Afrique du Sud et au Bénin.

Chacune des options présente des avantages et des inconvénients qu’ils seraient fastidieux de développer
dans le cadre de la présente étude.

Quel que soit le schéma retenu, l'assurance agricole ne semble pas être plus attractive aux yeux des
assureurs africains que les prêts ne le sont dans ces mêmes secteurs pour la plupart des banques
commerciales.

Il faudra donc faire appel à des incitations supplémentaires ou à d'autres arrangements administratifs.

B. Le développement des programmes d’assurance


Une fois que le choix est arrêté sur la compagnie d’assurance, il est nécessaire de développer un
programme ou une ligne de programmes qui répondent à la demande préalablement identifiée.

C'est au stade du développement du programme qu'il est nécessaire d'identifier le point où l'assurance
produit l'impact le plus économique sur les stratégies de gestion du risque des agriculteurs et contribue
à leur élaboration.

Le développement d'un programme d’assurance est une tâche hautement spécialisée, qui nécessite à la
fois une connaissance détaillée de l'agriculture et/ou de l’élevage, associée à une compréhension claire
des principes et des réalités opérationnelles de l'assurance.

En tant que telle, cette étape du processus peut s'avérer coûteuse et elle est, entre autres, celle qui peut
recevoir le soutien des organismes internationaux. L'aide peut prendre la forme d'un partenariat direct
dans la conception du programme ou dans la formation du personnel existant à gérer les nouveaux défis.
Dans la pratique, il est probable que les deux approches soient utilisées pour débuter. Il importe de noter
que la conception des programmes d'assurance est une mission de longue durée.

C. La commercialisation des contrats d’assurance


Dans toute démarche destinée à démarrer une assurance agricole, l'hypothèse non formulée est qu'il y a
une demande pour le programme.

La réussite de la commercialisation nécessite la conception d’une communication appropriée et


l’identification des canaux de distribution efficaces.

La conception d’une communication appropriée passe par le choix des formats et supports de
communication pertinents.

Le canal de distribution doit être structuré par le système des partenariats de la compagnie d’assurance
agricole. A cet égard, une attention particulière doit être accordée aux :

- relations avec les organisations professionnelles agricoles (organisation de producteurs,


syndicats d’éleveurs, etc.)
- relations avec les structures d’encadrement et de vulgarisation des services agricoles ;
- relations avec les banques et établissements financiers du système décentralisé (Institutions de
micro finance, mutuelles ou caisse d’épargne et de crédit rural)
- relations avec les fournisseurs d’intrants et les acheteurs de produits agricoles qui ont une
relation d'affaires avec les agriculteurs assurés.
- relations avec les intermédiaires d’assurance.
Dans toute stratégie de commercialisation, le service après-vente est d’une nécessité vitale. Dans le cas
de l’assurance agricole, l’accent doit être mis sur :

- l’impartialité scrupuleuse dans l'évaluation des sinistres et le calcul des indemnités;


- le règlement rapide des indemnités.

D. La détermination du rapport des sinistres aux primes


Il est indispensable d'atteindre l'équilibre actuariel entre le niveau des primes et celui des sinistres et de
contrôler cet équilibre de façon continue pour garantir la durabilité financière d’un programme
d’assurance agricole.

Le maintien de la capacité du programme à faire face à ses engagements auprès des agriculteurs assurés
est à ce prix.

Dans le calcul de l’équilibre souhaitable entre sinistres et primes, l’usage de la franchise est important à
un double titre :

- en premier lieu, la franchise impacte la prime pure dans une relation inverse pour chaque niveau
de garantie,
- en second lieu, il a un impact lié aux économies réalisées dans l'évaluation des pertes et les coûts
de règlement, car quand il y a une franchise, les pertes minimales ne déclenchent pas l'indemnité
et il n'y a par conséquent pas lieu de faire une évaluation du sinistre.
La cause majeure de la difficulté à établir le niveau optimal des indemnités et des primes est le manque
de données statistiques qui font le lien entre l'incidence des évènements défavorables et les pertes réelles
dans les champs.

L'expérience montre que les données disponibles sont généralement incomplètes ou ne sont pas fiables
(ils exagèrent généralement les pertes) et que les rapports des ministères du gouvernement sont tout
aussi inexacts puisqu'en l'absence d'assurance, il y a peu d'incitation ou de nécessité à être précis.

Quoi qu'il en soit, il est rare de démarrer un programme d'assurance dans le secteur agricole sur une base
de données aussi complète que l'actuaire le souhaiterait pour pouvoir établir les primes à un niveau
correspondant aux engagements techniques.

L'expérience doit s'acquérir au cours des premières années du programme et l’Assureur a intérêt à
construire des tables d’expérience.

Pendant cette période, le niveau des indemnités et des primes est adapté en conséquence, ainsi que le
pourcentage de la franchise appliquée.

Il faut toutefois relativiser car pour certaines spéculations dont les filières sont bien structurées ou en
situation de monopsone, des données statistiques fiables sur de longues périodes sont généralement
disponibles.

E. Le système de collecte des primes


L’une des principales équations de l’assurance agricole est la maitrise de charges de gestion les plus
basses possible.
Il y a donc une forte incitation à construire des liens avec les fournisseurs des biens et services aux
secteurs de l’agriculture et de l’élevage.

Le lien le plus évident est sans aucun doute celui qui existe entre l’Assureur et les banques et
établissements financiers qui desservent la même clientèle car le prêt, incluant la prime d’assurance, est
une composante du plan d’investissement agricole. Les primes sont virées directement dans les comptes
de l’Assureur sans charges additionnelles d’encaissement.

F. Le règlement des sinistres


La maitrise des charges est l’objectif principal de la conception des procédures de déclaration,
d'évaluation et de règlement des sinistres.

De toute évidence, la différence est très marquée entre les assurances indemnitaires suivant lesquelles
les pertes doivent être évaluées dans chaque exploitation et les assurances indicielles pour lesquelles il
est possible d'appliquer une approche plus globale.

L'étude se concentre par conséquent sur les deux groupes principaux de cultures que sont les grandes
cultures annuelles et les cultures vivaces.

Les grandes cultures annuelles

Le blé, le maïs, le riz, le soja, le sorgho, le coton, les haricots sont toutes des cultures assurées dans les
différentes parties du monde. En tant que culture périodique, toute perte ou dommage ne concerne qu'une
seule saison culturale à l'inverse des cultures vivaces et des forêts.

L'évaluation s'en trouve simplifiée, contrairement à la situation des cultures vivaces.

En règle générale, plus la culture est d'une nature commerciale, plus grandes sont à la fois la demande
potentielle d'assurance et la possibilité d'un rôle économique de l'assurance agricole dans la gestion du
risque.

Les cultures dites « à intrants de coût élevé pour une production de valeur élevée» sont souvent financées
par les banques et institution de microfinance. Ces prêteurs insistent de plus en plus sur la couverture
d'une assurance, quand elle est disponible.

Un autre aspect important de la production des cultures commerciales est la chaîne de


commercialisation.

Dans les cultures comme la canne à sucre, le café, le thé et le coton, la quasi-totalité de la production
récoltée est écoulée sur le marché commercial en l’état ou après transformation. Il y a par conséquent
un contrôle sur les quantités produites d'année en année, et donc la possibilité d'établir une banque de
données solide sur les producteurs et les entreprises de production. Ce type de gestion de l'information
est essentiel à la création du climat de confiance nécessaire aux transactions efficaces et économiques
en matière d'assurance.

Sur les bases de ce qui précède, il apparaît évident qu'il est difficile de faire le suivi après récolte des
cultures vivrières, et notamment de celles qui font partie du marché local actif non déclaré. Il en résulte
que les évaluations en matière d'assurance sont tout aussi difficiles à réaliser pour ce type de cultures.

Les cultures vivaces


Les cultures vivaces posent un problème particulier de valeur d’assurance. En cas de sinistre, est-ce que
les pertes seront calculées uniquement sur la base de la production escomptée pour la saison en cours,
ou bien sur le niveau estimé de la production de la ou des prochaines saisons?

La difficulté à effectuer une évaluation exacte des années à venir est évidente, et les assureurs des
récoltes au Chili et à Chypre, par exemple, incluent seulement la production perdue de la saison en cours.

D'un autre côté, quand un risque comme la tempête cause des dommages aux cultures d'arbres tels que
le palmier à huile, le cocotier, le caoutchouc et le manguier, ou de fruits tempérés comme les fruits à
pépins ou à noyau, les cultivateurs s'attendent naturellement à être indemnisé sur la base des pertes à
long terme.

Il est techniquement possible de faire l’évaluation des pertes à long terme. Elles doivent inclure les coûts
de replantation et/ou de regreffage. Toutefois, un problème survient lorsque les dommages aux parties
bois de la plante ne sont pas importants mais suffisants pour entraîner une diminution de la récolte de la
prochaine saison culturale.

Dans ce cas, l'approche pratiquée par le Chili et Chypre semble la mieux adaptée.

Une autre option est de formuler la police de telle sorte que les fruits et l'arbre soient deux parties
différentes de la même police. C'est le cas dans le programme d'assurance-récoltes du Ministère de
l'agriculture de la Colombie britannique.

Il faut toutefois retenir que le problème de la détermination de l’indemnité se pose uniquement dans les
assurances classiques basées sur le principe indemnitaire. Dans le cas des assurances indicielles, la
nature de la culture n'est pas un critère pertinent puisque le contrat d'assurance est uniquement basé sur
un événement météorologique ou un indice donné.

42- Les modes opératoires des assurances agricoles

L’assurance agricole s’exécute sur le mode de l’assurance classique basée sur le principe indemnitaire
ou sur le mode des nouveaux programmes d’assurances indicielles.

A. Les programmes d’assurance agricole classiques


Ces programmes d'assurance sont de loin les plus pratiquées dans le monde.

Les assurances agricoles classiques sont basées sur les coûts de production et le rendement ou la valeur
vénale du bétail.

Les assurances agricoles basées sur les coûts de production

Les programmes à risques Spécifiés

Elles sont également appelées programmes à risques spécifiées et basées sur la mesure des dégâts réels
causés aux récoltes.

Les caractéristiques de cette assurance sont:

- les dommages causés par le sinistre sont localisés,


- le faible coefficient de corrélation du risque sur une superficie donnée,
- le capital assuré est convenu à la souscription de la police,
- l'expertise du sinistre et l'indemnité éventuelle sont basées sur l'évaluation du pourcentage des
dommages après le sinistre,
- ce type d'assurance ne convient pas aux risques qui produisent un impact à grande échelle
comme la sécheresse, les animaux nuisibles, les maladies, etc.
Les assurances agricoles basées sur les rendements

Elles sont également appelées programmes d’assurance récoltes multirisques et basées sur le niveau
du rendement escompté, plutôt que sur les dommages mesuré après un sinistre précis.

Les caractéristiques de cette assurance sont:

- les polices d'assurance multirisques conviennent aux risques pour lesquels il est difficile
de mesurer la contribution individuelle dans un sinistre,
- dans le même ordre d'idées, les polices basées sur le rendement conviennent aux risques dont
l'impact se prolonge dans le temps,
- les antécédents de rendement de l'agriculteur fournissent une base raisonnable qui permet de
déterminer le pourcentage du manque à gagner après le sinistre,
- le rendement est mesuré au moment de la récolte; le rendement assuré est généralement compris
dans la fourchette de 50% à 70% de la moyenne des rendements antérieurs.
- le manque à gagner peut être déterminé sur la base d'une zone ou individuellement pour chaque
agriculteur.
B. Les nouveaux programmes d’assurance "récoltes"
Deux programmes relativement récents seront brièvement décrits dans cette partie. Il s’agit du
programme d'assurance revenu-récolte et du programme d'assurance indexée ou indicielle.

Les Programmes d'assurance revenu-récolte

L'élément essentiel de ce programme est l'association du risque de production au risque de prix. Cette
association production-prix étant le facteur déterminant du revenu brut engendré par une culture donnée.

Dans les conditions normales de l'offre et de la demande, on peut s'attendre à ce qu'un déficit de
production entraîne une hausse des prix. Dans une certaine mesure, cette hausse annule la perte
financière de l'agriculteur victime du déficit de production. Mais cela ne sera le cas que si sa récolte est
suffisante et si elle est vendue à un prix suffisamment supérieur au prix prévu. L'assurance revenu-
récolte est conçue pour parer à tout déficit supplémentaire des recettes liées à la vente des récoltes. Dans
les programmes revenu-récolte, les pertes sont généralement déterminées au moyen de l'approche par
zone, permettant ainsi de réaliser des économies importantes dans le processus d'évaluation du sinistre.

A l'heure actuelle, les programmes revenu-récolte sont essentiellement commercialisés en Amérique du


Nord, où ils ont été mis à la disposition des cultivateurs de maïs et de soja en Iowa et dans le Nebraska.
Dans ces Etats, leur utilisation est facilitée par les marchés des denrées de base qui y sont fortement
développés et par l'information connexe qui est fiable et facilement accessible. Dans ce contexte, il est
important que l'élément «prix» de la police soit basé sur le marché, à savoir, sur les prix futurs du marché
de la saison culturale suivante. Sinon, l'utilisation d'un prix-cible pourrait entraîner une distorsion de
l'offre. Qui plus est, il est peu probable qu'un programme revenu-récolte basé sur un prix-cible (c'est-à-
dire un prix indépendant du marché) trouve du soutien.

Les programmes revenu-récolte sont maintenant répandus au-delà de l'Amérique du Nord.


Leur application aux pays en développement et particulièrement en Afrique dépend du développement
des marchés futurs des récoltes locales ainsi que de la disponibilité de l'expertise locale nécessaire.

Nous avons la conviction qu’il ne s’agit là que d'une question de temps.

L'approche de l'assurance revenu-récolte s'inscrit dans une nouvelle tendance des assurances agricoles.
Celle de définir l'intérêt assurable comme un flux de revenus plutôt que comme la valeur intrinsèque (ou
valeur prévue) de la matière biologique menacée.

Cette redéfinition conduit directement à considérer le lien entre le crédit agricole et l'assurance agricole,
puisque l'amortissement des intérêts et du capital d'un prêt agricole dépend du flux des revenus
engendrés.

Les programmes d'assurance-récoltes sont désormais conçus pour être un composant du crédit agricole.
Dans ce schéma, la banque est le premier bénéficiaire de l'indemnité payée par l’Assureur, alors que la
prime est un élément du fonds de roulement qui est englobé dans le prêt.

Cette approche est susceptible de se développer considérablement dans le futur.

Les Programmes d'assurance indexée ou indicielle

Il est question dans cette partie d’en décrire sommairement le concept et donner quelques exemples étant
entendu qu’il fait l’objet d’une étude détaillée au chapitre suivant.

Le concept

Dans une assurance-récolte classique, il est nécessaire de constater les dégâts subis par les cultures dans
l'exploitation, ou dans la zone de l'exploitation, avant de payer l'indemnité.

Evaluer les dégâts coûte cher, et déterminer la mesure exacte du sinistre dans chaque exploitation assurée
coûte encore davantage.

La police indexée (appelé aussi « à coupons ») fonctionne différemment.

Dans une police indexée, une mesure météorologique est utilisée par exemple comme facteur de
déclenchement pour le paiement de l'indemnité. Les événements météorologiques qui provoquent des
dommages peuvent être:

- une certaine température minimum pendant une certaine durée;


- une certaine quantité de précipitations pendant une certaine durée - la couverture englobe les
précipitations excessives et aussi la pénurie d'eau (sécheresse);
- des vents qui atteignent une certaine vitesse - pour l'assurance contre les ouragans.
La police d'assurance classique est remplacée par un simple coupon.

Le coupon donne droit à une somme monétaire payable dès que l'événement météorologique choisi
atteint le seuil de déclenchement.

La valeur nominale du coupon peut être forfaitaire ou proportionnelle à l’écart par rapport au seuil de
déclenchement.
Outre les agriculteurs, un grand nombre de personnes sont exposés aux pertes financières dues aux
risques météorologiques comme les pêcheurs, les entreprises touristiques, les vendeurs ambulants sont
autant de catégories qui constituent une clientèle potentielle des programmes d'assurance indexée.

Les avantages

Les expériences de programmes indexés d'assurance-récoltes sont très récentes. Elles ont commencé à
petite échelle dans certaines parties du monde développé.

Malgré l'insuffisance de l'expérience concernant l'assurance indexée, ce mécanisme de gestion du risque


dans les pays en développement suscite un vif intérêt des organisations internationales et des réassureurs.

Cet intérêt est guidé par l'intime conviction que les programmes d'assurance indexée offrent une solution
pratique aux nombreux obstacles que les petits agriculteurs isolés des régions les moins développées du
monde et particulièrement de l’Afrique rencontrent dans l'assurance-récolte classique.

Ces obstacles comprennent:

- la sélection négative - seuls les agriculteurs les plus à risques achètent cette couverture;
- le risque moral - l'agriculteur assuré risque de ne pas faire tout son possible pour éviter ou
minimiser les pertes;
- les coûts de transaction - les coûts énormes de la commercialisation des polices d'assurance
individuelles, associés aux coûts administratifs nécessaires au calcul et à la collecte des primes
individuelles et au règlement des indemnités;
- les frais d'évaluation des dommages - si l'évaluation des dommages est faite individuellement
sur la base de chaque exploitation, les coûts peuvent être très élevés par rapport aux primes
payées.

5- CAS ILLUSTRATIF DU SENEGAL : LA COMPAGNIE NATIONALE D’ASSURANCE


AGRICOLE DU SENEGAL (CNAAS)

51- Statut de la CNAAS

La Compagnie Nationale d’Assurance Agricole du Sénégal est une compagnie d’assurance spécialisée
dans la couverture des risques agricoles. La création de la CNAAS reste de loin la première initiative
dans l’industrie des assurances dans la zone CIMA couvrant les 14 pays francophones de l’Afrique de
l’Ouest et centrale.
L’exemple sénégalais est un modèle réussi de partenariat public-privé qui pourrait à terme servir de
champs d’apprentissage pour les autres pays de la CIMA. La CNAAS est soutenue par plusieurs
institutions bilatérales et multilatérales (Banque Mondiale, BOAD, PAM, USAID, CARITAS, UE, etc.)
dans le développement de plusieurs programmes d’assurance agricole.
La CNAAS est une société anonyme avec un conseil d’administration ; son capital social de
1.500.000.000 de francs CFA est réparti entre l’Etat du Sénégal, des sociétés d’assurance et de
réassurance sénégalaises, une société de réassurance ivoirienne et des organisations professionnelles
agricoles.

51- Mission de la CNAAS


Les objectifs associés à la création de la CNAAS visent essentiellement à améliorer le mieux-être des
communautés rurales par la réduction de la pauvreté et à stabiliser les revenus des producteurs agricoles
en améliorant leur pouvoir d’achat par l’utilisation des programmes d’assurance récolte adaptés à leurs
besoins. Plus spécifiquement, elle devra :
- Assurer les agriculteurs contre les risques de calamités naturelles et les risques liés aux activités
agro-sylvopastorales ;
- Assurer la sécurité des productions, des revenus et des équipements des agriculteurs ;
- En conformité avec les dispositions de l’article 55 du Code des assurances de la CIMA,
accompagner l’Etat du Sénégal dans la mise en œuvre et la pérennisation des régimes
d’assurance agricole prévus par la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP)
- Contribuer à la modernisation de l’agriculture sénégalaise par la levée, entre autres, de certaines
contraintes de financement et contribuer à la facilitation de l’accès des agriculteurs au crédit.

53- Produits commercialisés

Les produits d’assurance commercialisés par la CNAAS sont aussi diversifiés que variés et ce dans un
effort permanent de toucher l’ensemble des acteurs du monde rural, à savoir les agriculteurs, les éleveurs
et les pêcheurs. Des gammes de couverture sont actuellement proposées par la CNAAS sous forme de
tous risques et périls dénommés, à savoir :
- Les multi-périls Récolte
- Les multi-périls Bétail
- Les multi-périls Pêche
- Les multi-périls Matériel et Infrastructure agricoles
- Les multi-périls bouchers des abattoirs et transport hippomobile
- Les indiciels-Récoltes

Les principales spéculations couvertes sont l’arachide, le riz, le coton, le maïs, le mil, le sorgho, la
tomate, l’oignon, la patate, etc.. Les animaux qui peuvent être assurées sont pour le bétail, les équins,
les bovins, les ovins, les caprins ; et pour la volaille, les poulets de chair, poulettes et poules pondeuses.

La plupart du matériel agricole assuré est constitué de tracteurs, moissonneuses batteuses, batteuses,
faucheuses, décortiqueuses, stations de pompage, groupe motopompe, semoirs, houes, autres etc.

54- Réalisations 2011-2015

RECOLTES 2011 2012 2013 2014 2015

Prime Nette Emise 42 987 395 155 110 538 236 817 792 354 726 230 633 968 905
dont Assur. indicielle 0 1059789 28687294 60443920 124301461
Valeurs assurées 589 331 774 1 141 101 773 4 372 264 904 5 958 495 104 10 125 476 014
dont Assur. indicielle --- 6 254 300 186 395 000 397 227 700 765 143 963
Sinistres payés 0 8 708 409 19979975 31973125 253 950 427
dont Assur. indicielle --- 0 15167175 47068156 47488574

S/P 0 5,61% 8,44% 9,01% 40,06%

dont Assur. indicielle 0,00% 52,87% 77,87% 38,20%


# Producteurs Assurés 1 285 2103 8251 12359 20087
dont Assur. indicielle 0 60 2325 5667 8962
Sup. totales assurées (ha) 2 617 4 688 7 900 11 850 37 408
dont Assur. indicielle 0 102 2192 6658 17321
ÉLEVAGE
Prime Nette Emise 21 215 175 59 647 153 247 542 625 196 396 806 86 074 805
Valeurs assurées 751 796 750 1 125 870 120 4 972 619 615 4 448 461 255 1 070 782 978
Sinistres payés 9 625 360 11 882 061 34 015 860 40 673 900 45 944 753
S/P 0,45 0,2 0,14 0,21 0,53
# Eleveurs Assurés 226 154 1 500 1 200 1 168
# Bétail Assuré 55 824 61 571 197 500 156 290 263 684
PECHE
Prime Nette Emise 1 502 000
Valeurs assurées 60 000 000
Sinistres payés 750 000
S/P 0,5
# pêcheurs assurés 50
# pirogues assurées 5
ENSEMBLE
Prime Nette Emise 64 202 570 214 757 691 484 360 417 551 123 036 721 545 710
Croissance du CA 234,50% 125,54% 13,78% 76,38%
Valeurs assurées 1 341 128 524 2 266 971 893 9 344 884 519 10 406 956 359 11 256 258 992
Nombre d'Assurés 1 511 2 257 9 751 13 559 21 305
Sinistres payés 9 625 360 20 590 470 53 995 835 72 647 025 300 645 180
S/P 14,99% 9,59% 11,15% 13,18% 41,67%

55-Projection des réalisations 2016-2020

RECOLTES 2016 2017 2018 2019 2020


Prime Nette Emise 846 550 000 1 100 515 000 1 375 643 750 1 650 772 500 1 980 927 000
- dont Assur. Indicielle 290 150 000 494 660 000 736 350 000 941 100 000 1 129 320 000
Valeurs assurées 12 396 000 000 16 114 800 000 20 143 500 000 24 172 200 000 25 985 115 000
- dont Assur. Indicielle 2 965 500 000 4 829 000 000 6 944 000 000 8 339 000 000 8 500 000 000
Sinistres payés 332 167 500 448 426 125 582 953 963 757 840 151 985 192 197
- dont Assur. Indicielle 130 841 298 231 643 159 358 616 540 496 528 183 645 486 639
S/P 39,24% 40,75% 42,38% 45,91% 49,73%
S/P Indicielle 45,09% 46,83% 48,70% 52,76% 57,16%
Nombre de Producteurs Assurés 58 000 88 000 103 000 113 000 131 600
- dont Assur. Indicielle 35 800 56 700 79 000 94 000 112 000
Superficies Totales Assurées (ha) 65 000 91 000 110 500 117 250 133 600
- dont Assur. Indicielle 41 100 67 600 98 500 122 000 146 000
ÉLEVAGE
Prime Nette Emise 218 010 000 283 413 000 354 266 250 425 119 500 510 143 400
Valeurs assurées 5 040 000 000 6 552 000 000 8 190 000 000 9 009 000 000 9 684 675 000
Sinistres payés 90 610 406 99 671 447 114 622 164 137 546 597 171 933 246
S/P 41,56 35,17 32,35 32,35 33,7
Nombre d’Eleveurs Assurés 2 000 3 000 4 500 6 750 10 000
Nombre de Bétail Assuré 66 989 87 085 108 857 119 742 128 723
PECHE
Prime Nette Emise 65 000 000 325 000 000 650 000 000 975 000 000 1 300 000 000
Valeurs assurées 195 000 000 253 500 000 316 875 000 348 562 500 374 704 688
Sinistres payés 27 787 500 152 831 250 313 304 063 485 621 297 655 588 751
S/P 42,75 47,03 48,2 49,81 50,43
Nombre de pêcheurs assurés 10 000 50 000 100 000 150 000 200 000
Nombre de pirogues assurées 1 000 5 000 10 000 15 000 20 000
ENSEMBLE
Prime Nette Emise 1 129 560 000 1 708 928 000 2 379 910 000 3 050 892 000 3 791 070 400
Croissance du Chiffre d'Affaires 40,61% 51,29% 39,26% 28,19% 24,26%
Valeurs assurées 17 631 000 000 22 920 300 000 28 650 375 000 33 529 762 500 36 044 494 688
Nombre d'Assurés 70 000 141 000 207 500 269 750 341 600
Sinistres payés 450 565 406 700 928 822 1 010 880 190 1 381 008 045 1 812 714 194
S/P 39,89% 41,02% 42,48% 45,27% 47,82%

ANNEXE : QUELQUES RISQUES AGRICOLES MAJEURS

La sécheresse

La sécheresse est à la fois un souci majeur dans un grand nombre de pays africains (sahéliens) et
l'événement météorologique qui pose les plus gros problèmes aux assureurs.

Les raisons de cet état de fait sont nombreuses.

D'abord, les assureurs sont davantage confiants quand un événement à risque est clairement défini
relativement au temps et à sa situation géographique. Un exemple classique est celui de la grêle, dont
les dommages sont produits en quelques minutes ou même quelques secondes, et dont l'impact est
généralement confiné à quelques centaines de mètres carrés, ou, tout au plus, à quelques kilomètres
carrés. Les dommages causés par la grêle sont directement imputables à l'événement, et immédiatement
confirmés en tant que tels sous réserve d'une inspection de terrain.

Inversement, la sécheresse s'installe lentement, ses effets traînent en longueur, et peuvent durer plus
longtemps qu'une saison culturale. Qui plus est, elle produit généralement son impact sur une vaste
superficie de terres. Les pertes de production causées par la sécheresse peuvent être exacerbées par
l'incidence de problèmes supplémentaires, par exemple les maladies qui gagnent les plantes affaiblies
par la pénurie d'eau.

Du point de vue de la souscription proprement dite, la sécheresse crée de graves difficultés à l’Assureur
de récoltes normales qui offre ce qui est en fait une garantie de rendement.

En premier lieu, étant donné que la sécheresse touche un nombre considérable de cultivateurs pendant
la même saison - peut-être un pays tout entier - les pertes de la production sont très élevées. En raison
du caractère systémique ou catastrophique de cette exposition, il est difficile de mobiliser une capacité
de souscription suffisante pour couvrir la somme des risques, même en ayant recours à une réassurance
substantielle.
En second lieu, les périodes de sécheresse des dernières années, au moins dans une grande partie de
l'Afrique, ont eu tendance à se prolonger sur plus d'une année. Cette constatation signifie qu'il est
extrêmement difficile pour les compagnies d'assurance d'obtenir des réassurances pour les portefeuilles
d'assurance agricole qui couvrent le risque lié à la sécheresse.

En troisième lieu, l'ampleur du risque dans les pays en développement est telle que les primes calculées
par voie actuarielle seraient très élevées - trop élevées sans doute pour attirer l'ensemble des cultivateurs,
à part les plus exposés. Aucun assureur n'est prêt à constituer un portefeuille sur la base unique de ce
type de clientèle.

Pour ces raisons, les assureurs hésitent considérablement à couvrir la sécheresse dans le cadre des polices
d'assurance agricole classiques. C'est notamment le cas dans les parties du monde en développement où
la sécheresse est la principale contrainte météorologique à la production agricole: l'Afrique du Sud et de
l'Est, l'Afrique sahélienne, la corne de l'Afrique, l'Afrique du Nord, le Moyen Orient, l'Europe de l'Est,
l'Asie du centre et de l'Est, l'Asie du Sud et l'Amérique centrale et du Sud.

Cette liste témoigne du rôle clé joué par la sécheresse dans la vie d'une grande partie de la population
rurale du monde en développement.

Compte tenu du problème quasiment insurmontable d'intégrer la sécheresse aux polices d'assurance
agricole classiques dans les pays en développement, l'attention s'est tournée dans les dernières années
vers l'examen des assurances indicielles ou polices indexées (à coupons), qui pourraient fournir une
mesure de sécurité utile. Les premiers travaux de développement dans ce domaine sont prometteurs. La
Compagnie Nationale d’Assurance Agricole du Sénégal est la première compagnie de l’espace CIMA à
concevoir et élaborer une police d’assurance indicielle sur base pluviométrie qui a obtenu son visa des
autorités de contrôle en novembre 2012.

L’assurance indicielle a recours à l'utilisation d'une mesure météorologique comme facteur de


déclenchement du règlement des indemnités. Dans le cas d'une police indexée de couverture de la
sécheresse, la formule la plus vraisemblable serait une série d'indemnités par étapes, chaque étape
correspondant à un niveau donné de déficit pluvial. L'idée est que les cultivateurs sélectionnent le niveau
d'indemnité qui convient à leurs circonstances personnelles.

Ainsi, l'indemnité payable augmente en même temps que s'accélère le manque de précipitations à partir
de la quantité définie comme «déclenchement de la sécheresse».

Les polices indexées qui couvrent la sécheresse ou les autres risques climatiques sont devenues des
solutions de gestion du risque agricole dans les pays en développement.

Les assurances indicielles permettent également de couvrir la mortalité du bétail sur la base d’un déficit
pluviométrique entrainant des baisses de pâturage et par conséquent de l’alimentation du bétail.

Les inondations

Les dommages causés par les inondations peuvent être occasionnés par les précipitations excessives sur
place, mais ils peuvent aussi être dus aux précipitations excessives qui se sont abattues ailleurs, à la
montée du niveau des rivières et des lacs qui s'ensuit, et qui inondent les terres agricoles.

Le risque d’inondation est généralement assurable. Les exceptions peuvent être les terres agricoles qui
ne sont pas suffisamment drainées ou dans lesquelles les canaux de drainage ne sont pas entretenus, et
aussi les plaines d'alluvions exposées à un risque d'inondation très élevé.
Les inondations sont parfois une des conséquences des tempêtes très violentes qui heureusement sont
quasi inexistants en Afrique.

Les tempêtes provoquent généralement des inondations sur les terres agricoles basses le long de la zone
côtière qu’elles affectent. Dans ce cas, même si le risque fondamental demeure la tempête, les pertes
réelles dans les exploitations - parmi le bétail et les cultures - sont dues aux inondations qui résultent
elles-mêmes de la montée du niveau de la mer sous l'effet des vents, appelée onde de tempête.

La pluviométrie excessive

Les cultures ont besoin d'eau. Une grande part de la production de labour et horticole en Afrique est
tributaire des précipitations.

Les précipitations excessives, à quelque moment que ce soit, endommagent les cultures, mais il y a des
périodes de vulnérabilité particulière, décrites ci-dessous.

La première alerte est quand les précipitations excessives frappent juste après la germination et la levée.

Des cultures entières sont ainsi emportées par les eaux ; ce qui contraint à un second ensemencement. Il
s'agit là d'un risque assurable, dont l'indemnité inscrite dans la police correspond aux coûts de
réensemencement, auxquels on ajoute un montant possible supplémentaire dans les situations culturales
(courantes dans l'agriculture tropicale pluviale) où l'ensemencement tardif entraîne une diminution de la
récolte possible par rapport à ce qu'elle aurait pu être si la culture avait profité de la totalité de la saison
culturale normale.

L'alerte suivante en matière de vulnérabilité à la pluviométrie excessive correspond au moment de la


récolte, ou juste avant.

Le maïs et les autres céréales peuvent germer prématurément tout en continuant de pousser dans les
champs.

D'autres cultures peuvent être anéanties quand les précipitations excessives empêchent la récolte. C'est
l'exemple de la tomate cultivée pour la transformation. La date de la récolte est fixée par l'usine de
transformation des cultures. Il est aussi de pratique courante de nos jours de pulvériser les tomates
cultivées à des fins commerciales avec de l'éthéphon afin d'accélérer la maturation (rougis sure) des
fruits qui sont encore verts, pour que la récolte se fasse en une seule fois. Si les précipitations excessives
se produisent exactement au moment critique où les cultures sont prêtes pour la récolte, la récolte est
compromise et les cultures sont perdues.

Les tempêtes

La grande vitesse des vents caractérisant une tempête affecte presque toutes les cultures et peut
provoquer des dommages importants dans les forêts.

Comme pour tous les autres événements météorologiques, le premier pas vers la gestion du risque
commence avec la gestion agricole appropriée c'est-à-dire par exemple le respect de la densité des plants
(pour le support mutuel), les brise-vent pour les cultures extrêmement sensibles au vent (par ex. le kiwi),
et les précautions propres à la récolte dans les forêts.

Il n'est pas rare que des problèmes surviennent en cas de récoltes partielles dans les forêts. Les arbres
trop immatures pour être récoltés sont soudainement exposés et peuvent être emportés par les vents
violents.
Quand les assureurs préparent une assurance contre la tempête, ils tiennent compte de ces pratiques de
gestion. Ils doivent être certains que seuls les événements exceptionnels seront déclencheurs de
l'assurance quand les pratiques courantes sont insuffisantes à prévenir les dommages.

La tempête est associée à des pertes catastrophiques en vies et en biens, ainsi que dans les cultures.
L'ouragan Andrew, un des plus dévastateurs jamais enregistrés, s'est abattu sur la Floride et la Louisiane
le 25 août 1992.

Les tempêtes d'une telle magnitude, et les événements météorologiques de ce type, moindres mais
cependant graves, sont de plus en plus fréquents.

Le total des dommages résultant du passage de l'ouragan Andrew a été estimé à 26,5 milliards de dollars
américains, dont 25,5 milliards en Floride. La plus grande part des dommages est due aux vents, et la
valeur estimée comprend tous les dommages - pas seulement les dommages aux cultures.

Les coups de soleil ou vagues de chaleur

L'insolation, dans des conditions exceptionnellement défavorables, occasionne des dommages aux fruits
à pépins et à noyaux, aux raisins et aux fruits à coque. Elle est associée à la perte prématurée des feuilles
de la plante. Le risque est assurable, souvent moyennant un coût supplémentaire dans les polices
multirisques.

L’incendie

L’incendie, un des risques dont la couverture la plus ancienne appartient à l'assurance des biens, est un
risque majeur pour beaucoup de cultures (notamment les grandes cultures comme les céréales) et pour
pratiquement toutes les forêts. Il est couramment inclus dans l'assurance-récoltes multirisques et il est
en général le risque clé de l'assurance foresterie (qui peut aussi inclure les dommages causés par le vent
et la neige).

Les incendies sont causés par l'action humaine (et par la négligence) et aussi par la foudre dans les orages
électriques. Quelle qu'en soit la cause, il existe des mesures de prévention pour limiter les pertes. Elles
comprennent la détection précoce et les moyens d'action immédiate et/ou l'utilisation des coupe-feux
sous forme d'espaces déboisés.

Les polices d'assurance indiquent généralement quelles sont les attentes prévues dans le cadre de la
police pour prévenir les pertes dues aux incendies. Il s'agit là encore d'un exemple d'assurance qui entre
dans le cadre des mesures utilisées pour contrôler les risques.

Les Animaux nuisibles et les Maladies

L'assurance n'est pas un substitut pour la gestion saine des risques liés aux animaux nuisibles, aux
parasites et aux maladies. L'importance croissante du commerce international des denrées agricoles de
base accentue le problème des animaux nuisibles et des maladies dans l'agriculture africaine de
différentes façons:

- en application de la réglementation phytosanitaire, toute trace d'animaux nuisibles ou de


maladies dans une cargaison peut entraîner la disqualification du produit à entrer dans son pays
de destination,
- de même, les résidus de pesticides font l'objet de limites très strictes en vertu des normes du
commerce international,
- la concurrence sur le marché est féroce et même si le produit est autorisé à entrer, les fruits
abîmés auront du mal à trouver un acheteur.
Les conséquences sur l'assurance peuvent être pareillement résumées dans la liste ci-dessous:

- il arrive parfois que les agriculteurs obtiennent une couverture d'assurance contre les animaux
nuisibles et les maladies malgré l'absence du contrôle de gestion,
- afin de réduire l'impact environnemental défavorable de certaines pratiques bien établies de
pulvérisation chimique pour lutter contre les animaux nuisibles et les maladies (par ex. certains
hydrocarbures chlorés), des méthodes inoffensives ont été développées. L'assurance peut être
utilisée à l'avenir pour couvrir provisoirement le risque des agriculteurs qui pratiquent ces
nouvelles méthodes,
- fréquemment, les dommages causés sur les fruits et autres produits des cultures fournissent un
point d'entrée aux organismes pathologiques. La perforation de la peau des fruits suite aux
dommages occasionnés par la grêle est un exemple courant. Dans ce cas, toute police contre la
grêle se doit d'être claire en ce qui concerne la couverture des pertes indirectes liées aux
maladies.
Les risques liés aux ressources naturelles

Ceux-ci comprennent:

- les conditions défavorables du sol, par exemple la salinité, l'érosion de la couche arable
et la perte des nutriments du sol,
- la détérioration de la qualité de l'eau due par exemple à la pollution de la nappe phréatique ou
des cours d'eau naturels,
- la pénurie d'eau à la source d'irrigation.
D'une façon générale, la meilleure gestion de ces risques appartient aux pratiques de gestion agricole.

Toutefois, certaines des causes sous-jacentes aux problèmes posés peuvent être elles-mêmes assurables.
Par exemple, l'érosion du sol peut être occasionnée par les précipitations excessives et/ou par les vents.
La pollution de l'eau peut se produire indépendamment de la volonté des agriculteurs qui
s'approvisionnent aux puits ou dans les rivières.

Dans le même ordre d'idées, il y a le risque de tarissement d'une source d'eau utilisée pour l'irrigation.
Les périodes de sécheresse prolongée entraînent la baisse de la nappe phréatique, et la nécessité de
creuser des puits plus profonds. Les rivières et les cours d'eau peuvent aussi se tarir, par suite de la
sécheresse, ou de l'augmentation du volume d'eau captée en amont. Si un autre pays est impliqué, la
situation ressort du domaine du risque politique qu'un grand nombre de polices d'assurance exclue
expressément.