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ANALYSE FINANCIERE

1-Démarche de l’analyse financière

A-Préparer le travail :  Collecte et sélection des documents nécessaires

 Classement des pièces selon l’ordre de l’analyse


 Communications écrite et orale

 Etablissement des soldes de gestion revalorisés


B. Entreprendre une analyse financière de l’activité  Pertinence des commentaires de soldes de gestion
 Calcul de l’autofinancement

 Présentation du bilan financier.


C. Analyser le bilan  Détermination de l’actif net comptable et l’actif net revalorisé
 Analyse de l’équilibre financier :
 Fonds de roulement
 Besoin de financement global
 Trésorerie nette

 Exactitude des calculs des ratios .


 Communication écrite et orale.
D. Utiliser les ratios  Qualité de l’interprétation.
 Application de la méthode de synthèse des ratios.
 .

 Présentation du tableau de financement .


 Interprétation du tableau de financement.

E. Etablir les tableaux de flux


Plan opérationnel pour une analyse financière

L’analyste doit préparer minutieusement la documentation et l’information requises :

Avant de préparer le travail ( A ) :

1. Connaître les concepts fondamentaux de l’analyse financière


2. Saisir les objectifs et la démarche de l’analyse financière

Avant d’entreprendre une analyse financière de l’activité ( B ) :

3. Etablir l’ESG.
4. Calculer les soldes de gestion revalorisés.

Avant d’analyser le bilan ( C ) :

5. Etablir le bilan comptable fonctionnel.

Avant d’utiliser la méthode des ratios ( D ) :

6. Expliquer l’intérêt de la méthode.


7. Distinguer les diverses catégories de ratios :
 Structure financière ;
 Liquidité ;
 Rendement ;
 Rentabilité ;
 Gestion ;

Avant d’établir les tableaux de flux ( E ) :


8. Expliquer l’intérêt du tableau de financement
9. Effectuer le plan de trésorerie
10. Comprendre les relations avec le banquier
11. Expliquer les crédits de mobilisation : escompte, découvert, Affacturage,.…..
12. Savoir comment renforcer le fonds de roulement
13. Effectuer la gestion des excédents de trésorerie

Chapitre1) Analyse financière par le bilan

1.1 Bilan fonctionnel :


Le bilan comptable fonctionnel constitue une photographie à un moment donné des emplois et
ressources de l’entreprise, et constitue de ce fait un outil de mesure de sa solvabilité et de son
’équilibre financier
Aucun retraitement n’est exigé, il suffit de reclasser la rubrique du bilan en fonction des trois fonctions
essentielles :
-Fonction de financement
-Fonction d’investissement
-Fonction d’exploitation
Il s’agit d’un simple réaménagement des postes du bilan comptables sans aucun retraitement, le but
étant d’en faciliter la lecture horizontale recommandée par le plan comptable marocain (PCM) et qui
permet entre autre, de faire un rapprochement entre les financements permanents avec les
immobilisations qu’ils sont censés couvrir , les actifs circulants avec les passifs circulant et la
trésorerie active avec la trésorerie passive
En fait il s’agit de calculer les grandeurs d’équilibre suivants : FRF ,BFG et TN
Ex1 :

Actif Bilan fonctionnel( en KDH) Passif


Actif immobilisé 2500 Financement permanent 2900
Actif circulant (hors trésorerie) 1750 Passif circulant (hors trésorerie) 1300
Trésorerie –actif. 250 Trésorerie-passif 300
Total actif 4500 Total passif 4500

F.R.F. = Financement permanent - Actif immobilisé

= 2900 - 2500 = 400

BFG=ACHT-PCHT <<<<< 1750 -1300=450

Calculer la trésorerie nette de deux manières

Trésorerie nette = FRF – BFG : 400 – 450 = -50

Ou Trésorerie- actif - Trésorerie – passif : 250 – 300 = -50

Remarque : Le bilan fonctionnel ne constitue nullement un outil de gestion mais un simple cliché sur
le patrimoine de l’affaire ce qui nécessite l’élaboration du bilan financier qui renvoie à une relecture
financière et pragmatique du bilan d’où la nécessité d’élaborer le bilan financier ou
(liquidité exigibilité)

1.2 Structure du bilan financier

Le bilan financier favorise une meilleure lisibilité de la situation de l’entreprise :


-D’une part la présentation de l’actif se limite aux valeurs nettes
-D’autre part le critère opérationnel se substitue au critère juridique dans le
réaménagement des postes
Désormais le bilan est reclassé selon une logique purement financière de liquidité
exigibilité et qui intéresse les différents partenaires (actionnaires, banquiers,
fournisseurs etc…) ,Ceci requiert des retraitements de l’Actif, du Passif et du hors bilan
1.2.1-Les retraitements de l'actif
 Les Actifs fictifs : nécessaires au fonctionnement de l’entreprise mais n’ayant
aucune valeur marchande c'est-à-dire ne peuvent être cédés (frais d’établissement ,
prime de remboursement d’obligation etc…) :
Retraitement : les retrancher pour leur montant net aussi bien de l’actif que des
des fonds propres

. Les charges constatées d'avance : ils peuvent être éliminées de l'actif du bilan ainsi que des
capitaux propres pour garder l'équilibre
 Les immobilisations sont enregistrées à leurs valeurs économiques, la différence
entre la valeur comptable et la valeur économique (plus ou moins value) est
ajoutée (retranchée) au niveau du passif (capitaux propres).
 *Les effets de commerce escomptables sont retranchés du poste clients et CR
(Valeurs réalisables) et ajoutés au niveau du poste de trésorerie (Valeurs
disponibles)
 *Les stocks de sécurité sont retranchés du poste stocks (Valeurs d’exploitation) et
rajouté aux immobilisations
 *La détérioration des créances et des stocks seront retranchés de l’actif circulant
pour leur partie non provisionnée et déduites des fonds propres
 *Les Valeurs de placement si elles sont liquides seront retranchées de l’actif
circulant et rajoutées à la trésorerie active
 Ecart de conversion actif : il s’agit d’une perte potentielle de change sur opérations
en devises constatée entre le cours de change à la clôture de l’exercice et le cours de
comptabilisation de ladite d’opérations( dépréciation de créance ou appréciation de
dette )en raison de leur caractère aléatoire en fonction de la fluctuation des cours de
change , il est recommandé de les annuler en augmentant les créances et en réduisant
les dettes qui leur sont rattachées : cette règle sera appliquée dans le présent
cours
 A contrario certains experts recommandent par prudence de les assimiler à une perte
de valeur qu’il convient de retrancher de l’actif et des fonds propres

1.2.2 Retraitements au passif

 Le résultat figurant au bilan est avant répartition comptable, aussi convient-il de


tenir compte de la décision de l’AGO pour loger la partie à distribuer en cours
d’exercice en dette à court terme hors exploitation, le reste à incorporer en fonds
propres
 Les subventions d’investissement : le net incorporé aux fonds propres , l’équivalent
IS logé en dette fiscales latentes à terme ou à court terme selon la durée résiduelle de
leur reprise
 Les provisions pour risques et charges
 Elles doivent être considérées comme des dettes. En effet, il s'agit de charges
probables futures : si ces charges se réalisent, il faudra effectivement les décaisser.
Les provisions pour risques et charges sont intégrées aux dettes à long et moyen
terme.
 Certaines provisions deviennent sans objet vu que le risque associé ne serait pas
réalisé auquel cas il convient de les rétrocéder aux fonds propres pour leur montant
net l’équivalent en IS sera reclassé en dette à court terme hors exploitation
 Les concours bancaires courants et soldes créditeurs de banques :
 La structure du bilan financier fait apparaître deux masses de dettes financières :
des dettes à long et moyen terme et des dettes financières court terme.
 Les dettes financières court terme correspondent aux concours bancaires
courants et soldes créditeurs de banques, c'est-à-dire des découverts bancaires. Ce
sont des dettes qui sont immédiatement exigibles par la banque. Problème : elles
n'apparaissent pas tel quel dans le bilan comptable. Elles sont noyées dans le poste
« emprunts et dettes financières auprès des établissements de crédit ».
L'information est souvent donnée en marge du bilan, parfois en dernière ligne sous
le passif. Ce montant doit être déduit des dettes long terme et doit apparaître en
dettes financières court terme.
 Les obligations cautionnées : Elles peuvent être intégrées à la trésorerie passif.
 Les comptes courants d'associés : A ajouter aux dettes de financement S’ils sont
bloqués à plus d’un an par convention légalisée entre les actionnaires et l’entreprise
sinon ils seront assimilés à des dettes à vue (passif circulant hors exploitation)
1.2.3 Les retraitements d'éléments hors bilan
 Les effets escomptés non échus (EENE) :Ce sont des effets de commerce que
l'entreprise a mobilisé auprès de sa banque pour obtenir des liquidités, mais pour
lesquels la date d'échéance n'est pas encore survenue.
 Rappel: L'opération fait diminuer le montant des créances clients. Or, si
l’émetteur de l’effet est insolvable, la banque, qui cherche à se faire payer l'effet, a
le droit de se retourner auprès du remettant qui reste solidaire de son client.
L'escompte d'un effet de commerce n'est donc pas une cession de créance et
supporte le même risque de non paiement qu'une créance client.
 Il convient d'une part de réintégrer le montant des EENE aux créances clients, puis
d'augmenter les dettes financières de court terme du même montant (l'escompte est
alors considéré comme une avance de trésorerie). Pour rappel Le montant des
EENE n'apparait pas sur le bilan comptable mais en annexe 2058C.
 Le crédit-bail : Source d’acquisition , auprès d’une société de leasing , d’une
immobilisation en location avec option d’achat au terme du contrat
.l’immobilisation ne figure pas au bilan comptable mais en annexe 2058C alors
qu’elle est employée dans l’activité d’où la nécessité de la réintégrer aux
immobilisation pour sa valeur nette et de positionner le même montant au niveau
des dette de financement au passif pour maintenir l’équilibre.
De même les redevances locatives y afférentes comptabilisées en charges externes
au niveau du CPC doivent être éclatées en équivalent dotation annuelles
d’exploitation et le reliquat assimilé aux frais financiers ceci aura pour effet de
renforcer la valeur ajoutée et de rétablir la véracité des autre soldes de gestion

Le bilan financier permet alors de renseigner sur le patrimoine réel à un moment donné
ainsi que les risques d’illiquidité potentiels
FICHE DE RETRAITEMENT

ACTIF PASSIF
Eléments
Actif Valeurs Valeurs Trésorerie Capitaux Dettes M Dettes à CT Trésorerie
immobilisé d’exploitation réalisables actif propres LT -passif
Total bilan
fonctionnel
Retraitements :

Total bilan financier

Ex 2 :
Actif Brut Amort Net Passif Montant
/ Prov
Actif immobilisé Financement
Immob. En non valeur permanent
-Frais préliminaires 20 10 10 Capital social 100
-Charges à rép. Plus 5 - 5 Résultat net de l’exercice 10
exer Dettes de financement 70
Immob. Corporelles Prov. Pour risques / chges 30
-Terrain 90 - 90
-Construction 60 20 40
-Inst Mat. Out. 30 10 20 Passif circulant H T
Immob. Financières Fournisseurs et CR 45
-Prêts immob. 5 - 5 Autres créanciers 15
-Titres / participation 15 - 15
Actif circulant H T
Marchandises 40 10 30 Trésorerie- passif 10
Clients et C.R. 60 15 45
Autres débiteurs 17 - 17

Trésorerie- actif 3 - 3

Total actif 345 65 280 Total passif 280


Autres informations :
-La valeur réelle du terrain est 115.
-La valeur vénale des constructions est 35
-Les prêts immobilisés, comportent un prêt personnel 3 à régler
dans 7 mois
-La valeur sur le marché financier des titres de participation est 23.
-Le poste autres débiteurs comporte une créance de 6 à régler dans
17 mois
-L’entreprise dispose d’un portefeuille d’effets de commerce de 12
tous escomptable auprès de sa banque
- 40% du résultat sera distribué aux actionnaires dans 3 mois
-Une partie des dettes fournisseurs 13 est à régler dans 18 mois.

Travail à faire :
1-Faire les retraitements nécessaires
2-Tracer le bilan financier.

Ex 3 : Etablissez le bilan financier de SOCCER . Vous disposez d’information


complémentaire en annexe du bilan.

 Concours bancaires courants : 2 000


 EENE à la fin de l'exercice : 3 000
 Engagement de crédit-bail mobilier : 1 700 000
 Dividendes sur les bénéfices 2015 : 152 000 versés courant 2016
 Aucune réserve particulière n'est à formuler sur les dépréciations et provisions
passées.
1.3 Eléments d’appréciation de l’équilibre financier d’une entreprise

1.3.1 Le fonds de roulement FR

 Le fonds de roulement se calcule par le haut du bilan (long terme).


 Fonds de roulement par le haut de bilan

 Le fonds de roulement correspond à la différence entre les capitaux permanents et


les actifs immobilisés. Il permet de vérifier que les actifs immobilisés sont financés
par des ressources de long terme.
 Quand il est positif, il constitue un excédent de ressources permettant de financer
une partie de l'activité court terme de l'entreprise. Négatif, il peut révéler un
déséquilibre financier préjudiciable, notamment si l'entreprise est en phase de
croissance.
 Remarque:
 Il existe une autre approche, moins utilisée et pourtant plus fidèle à ses enjeux, qui
consiste à passer par le bas de bilan (le court terme) :


 Fonds de roulement par le bas de bilan

 Dans ce cas, un fonds de roulement positif permettrait de vérifier que la liquidation


des actifs de court terme permettrait de payer les dettes de court terme (si on lui
demandait de les régler immédiatement). Au contraire, un fonds de roulement
négatif signifierait que l'entreprise ne pourrait pas honorer le paiement de ses dettes
de court terme par la liquidation de son actif de court terme.

 Les deux approches donnent le même montant !


Le besoin en fonds de roulement BFR
 1.3.2 Le Besoin en fonds de roulement (BFR) ou besoin de financement global
(BFG)
 Le BFR est composé de deux parties : le BFRE et le BFRHE.


 Le besoin en fonds de roulement d'exploitation

 Le besoin en fonds de roulement hors exploitation

 Le BFRs'obtient en cumulant BFRE et BFRHE. Le BFR permet de savoir combien


de fonds de roulement l'entreprise a besoin pour financer l'excès d'actifs circulants
sur dettes court terme (c'est-à dire pour financer son activité quotidienne).

 Exemple:
 Pour comprendre la signification et les enjeux du BFR, prenons le cas simple de
l'entreprise à ses débuts.
 Pour pourvoir fonctionner, l'entreprise se constitue un stock minimum de 6 000 :
naissance d'un stock de matière de 6 000. Ce stock lui permet de répondre
rapidement aux commandes clients et lui évite des ruptures de stocks.
 Une partie de ce stock est réglée à crédit car le fournisseur a accordé un délai de
paiement : naissance d'une dette fournisseur pour 4 000 .
 L'entreprise reçoit une commande d'un client qu'elle livre en lui accordant
également un délai de paiement : naissance d'une créance client de 5 000 .
 L'actif augmente de 6 000 + 5 000 = 11 000
 Le passif augmente de 4 000
 On obtient donc un excédent d'actif sur passif de 7 000 qu'il conviendra de
financer... Certes, à l'expiration des délais, les positions vont se solder. Mais le
maintient d'un stock minimum, les ventes et achats à crédit sont des opérations qui
se répètent quotidiennement. Dès lors, il est possible d'évaluer un montant moyen
de stock, de créances clients et de dettes fournisseurs. On dit que les stocks,
créances clients et dettes fournisseurs roulent de jour en jour, les extinctions de
créances et de dettes étant couvertes par des nouvelles...
 Cet excédent d'actif court terme sur passif court terme constitue donc un fonds qui
roule quotidiennement et qu'il convient de financer : d'où le terme de besoin en
fonds de roulement.

 1.3.3 La trésorerie :


 C’est un indicateur de solvabilité à court terme de l'entreprise
 Le niveau de la trésorerie s'obtient :

 Quand on analyse le bilan financier, on se rend compte du lien existant entre le FR,
le BFR et la trésorerie. La trésorerie apparait en bas de bilan comme un reliquat :

 Cette méthode met en évidence la nécessité d'avoir un fonds de roulement suffisant


pour pouvoir couvrir le BFR.

 Un BFR supérieur au FR est alors financé par une trésorerie passive (découverts
bancaires, concours bancaires courants). Si ce décalage est stable, peu élevé et
négocié avec son banquier (facilité de caisse) cela n'engage pas la survie de
l'entreprise, même si cela est couteux. En revanche, si ce décalage est subi et en
augmentation, cela révèle un déséquilibre de la structure financière qui peut mettre
en péril la survie de l'entreprise.

 Ex 4 Calculs du FR, BFR et de la trésorerie


 A partir du bilan de SOCCER établi plus haut , il importe de calculer les grandeurs
d’équilibre à savoir : le FDR , BFG et TN et de porter un diagnostic sur la situation
financière de cette affaire

n :|
Essayez de réfléchir aux éléments du bilan particulièrement remarquables en
fonction de l'activité de l'entreprise : avec quels actifs l'entreprise produit-elle ?
Quelles sont les conditions de paiement en vigueur dans le secteur ? Quelle est la
particularité de la production de l'entreprise ? Etc.
1.3.4 Gestion du BFR
L'activité d'un hypermarché : Les clients paient généralement comptant. Parallèlement,
l'entreprise est en situation de force pour obtenir des délais de paiement assez long auprès de
ses fournisseurs. Si le fournisseur veut être référencé dans les rayons du magasin, il doit faire
des concessions... Ainsi, votre boîte de raviolis préférée n'est en générale pas encore payée au
fournisseur au moment où vous la passez en caisse de votre hypermarché habituel !
Cela se traduit au bilan par des créances clients faibles et des dettes fournisseurs
élevées. Le BFR est ici négatif : il devient alors un Excédent en Fonds de Roulement.
Une mauvaise gestion du BFR se traduit souvent par une trésorerie négative. Le BFR,
trop élevé par rapport au FR, est financé en partie par des découverts bancaires.
Dans le cas d'une société de transport aérien comme la RAM, il faut avoir en tête le
métier de l'entreprise et ce que cela sous-entend en matière d'investissement.
L'entreprise réalise des investissements extrêmement coûteux (prix d'un A320 : plus de
500 millions dhs !) qu'elle doit financer par des ressources stables. Le reste du bilan
(stocks, créances clients, dettes fournisseurs...) semblent alors marginal par rapport aux
immobilisations et aux capitaux propres.
Une société du bâtiment comme Alliances se caractérise souvent par des chantiers très
longs : les paiements des clients et fournisseurs s'étalent sur la durée des chantiers au
rythme des situations. Les créances et dettes apparaissent donc assez importantes au
bilan. De plus, l'activité se déroule chez le client. L'entreprise n'a besoin que de peu
d'immobilisations (pas d'usine, seulement des locaux d'administration), les machines
sont souvent utilisées en leasing. L'essentiel de la structure du bilan est donc occupée
par les créances clients et les dettes fournisseurs.
 Quand le déséquilibre entre le BFR et le FR est trop important et conduit à une
trésorerie négative, il est possible d'essayer de diminuer le BFR en agissant sur ses
trois composantes : les stocks, les créances clients et les dettes fournisseurs.
 Diminuer le BFR suppose de réduire les stocks et créances et /ou d'augmenter les
dettes fournisseurs. Attention, il ne s'agit pas d'agir sur les prix mais sur les délais
(vendre moins cher pour diminuer ses créances clients n'a pas de sens !). En effet,
le BFR existe de par le décalage entre le jour de la réalisation d'une vente ou d'un
achat et le jour du paiement correspondant.

 Délais de règlement des créances clients

 Diminuer les créances clients. Bien entendu, on ne va pas baisser les prix de vente
! Cela « risquerait » même d'augmenter la demande et donc les créances... En
essayant d'imposer des délais de paiement plus courts aux clients, l'entreprise peut
baisser le montant de ses créances, puisqu'elles seraient réglées plus vite.
Malheureusement, les délais de paiement accordés aux clients sont souvent la
résultante des usages du secteur qu'il est parfois préférable de respecter sous peine
de voir partir sa clientèle vers la concurrence.
 Une autre solution est de proposer un escompte de règlement aux clients qui
acceptent de payer comptant.

 Les délais de règlement fournisseurs

 A l'inverse, l'entreprise peut tenter de négocier des délais de règlement plus


long auprès de ses fournisseurs, mais là aussi, elle se heurtera bien souvent aux
délais pratiqués dans son secteur.
 Il n'est donc pas toujours facile d'agir sur les délais. Lorsque le BFR reste supérieur
au FR, peut être prise la décision de financer ce surplus en augmentant le FR.
Ainsi, un BFR structurellement élevé mais correspondant à l'activité normale de
l'entreprise pourra être financé par une augmentation des capitaux permanents
(FR).

 Le délai de rotation des stocks



 Diminuer le délai de stockage. C'est un risque car le stock est là pour assurer le
bon déroulement de la production sans rupture de stock. Un travail sur les
approvisionnements peut améliorer les délais de livraison à travers la mise en place
de partenariat avec les fournisseurs. Un fournisseur fiable assurant des délais de
livraisons courts peut être le partenaire idéal dans la mise en place d'une politique
de gestion des stocks en flux tendus.

 L'effet de la saisonnalité sur le BFR


 Le BFR est une mesure à manier avec précaution. En effet, il est calculé à partir du
bilan, lui-même établi à une date donnée. Or la date à laquelle le bilan est établi
peut donner des résultats très disparates si l'activité de l'entreprise est saisonnière.
 Une entreprise de fourniture scolaire n'a pas le même BFR en septembre qu'en
avril. De même, le producteur de fraise bio n'aura pas la même activité en mai et en
janvier !
 Exemple: Le vendeur d’article de plage
 Prenons l'exemple d'une petite entreprise spécialisée dans la vente de ces articles .
Au printemps, elle constitue le stock qu'elle compte écouler sur les plages en
juillet et août. Les clients paient comptant, il n'y a donc pas de créances clients. Il
est alors facile de comprendre qu'établir le BFR en juin et en septembre ne donnera
pas le même montant.
 En juin, les stocks sont importants, ce qui gonfle le BFR et donne une trésorerie
négative.
 En septembre, les stocks sont vides, les créances inexistantes et la trésorerie
pleine ! Le BFR est alors vraisemblablement proche de 0 voire négatif.
 Aussi, conclure à la vue du BFR de juin que l'entreprise court de gros risques
financiers est maladroit. A cette date, ce BFR élevé pèse sans doute sur la
trésorerie, mais il est fort probable que le dirigeant aura négocié un découvert
bancaire sous forme de crédit de campagne.
 En cas d'activité saisonnière, l'analyse du BFR devra donc être fortement relativisée
en fonction de la date d'établissement du bilan...
 Souvent l’arrêté des comptes dot coïncider avec la spécificité de l’activité
saisonnière

 L'effet de la croissance sur le BFR


 L'entreprise SOCCER est en forte croissance. Or toute croissance de l'activité
s'accompagne forcément d'une augmentation des ventes, des achats et des stocks.
Mécaniquement, le BFR s'accroit. Le risque, dans l'euphorie du succès, est de
laisser filer ce BFR. Une entreprise prévoyante doit anticiper son développement
en renforçant ces fonds propres. De cette façon, elle augmente son FR qui pourra
alors couvrir l'accroissement du BFR lié au développement de l'entreprise.
 Hormis les échecs de nature commerciale ou technique, une des principales causes
de disparition de jeunes entreprises est la mauvaise appréciation du BFR nécessaire
à l'activité et donc l'absence d'un financement adéquat.

Chapitre 2 L'analyse du compte de produits et


charges

L’ESG résulte du CPC et permet de générer deux tableaux :


Le tableau de formation de résultat et le tableau de la Capacité d’autofinancement (CAF) ,
cet etat de synthèse est obligatoire aux entreprises générant un chiffre d’affaires supérieur à
7,5 millions dhs

Etat des soldes de gestion

Tableau de formation des résultats Tableau de calcul de

 L'E.S.G comporte deux tableaux :

Fournit une analyse en cascade des Nécessite la détermination de la


différentes étapes de la formation du
résultat capacité d'autofinancement (CAF)
2.1- Le Tableau de formation des résultats (TFR):
2.1.1 : Présentation du TFR

Signes Mode de calcul Comptes utilisés


1 + Vente de marchandises en l'état 711
2 - Achat revendus de marchandises 611
I = MARGE BRUTE SUR VENTES EN L'ETAT (1-2) 811
3 + Ventes de biens et services produits 712
4 + ou - Variation de stocks de produits 713
5 + Immobilisation produites par l'entreprises pour elle-même 714
II = PRODUCTION DE L'EXERCICE (3 + 4 + 5)
6 + Achats consommés de matières et fournitures 612
7 + Autres charges externes 613 et 614
III = CONSOMMATION DE L'EXERCICE (6 + 7)
I + Marge brute sur ventes en l'état 811
II + Production de l'exercice
III - Consommation de l'exercice
IV = VALEUR AJOUTEE (I + II – III) 814
IV + Valeur ajoutée 814
8 + Subvention d'exploitation 716
9 - Impôt et taxes 616
10 - Charges de personnel 617
V = EXCEDENT BRUT D'EXPLOITATION (E.B.E) ou 8171
INSUFFISANCE BRUTE D'EXPLOITATION (I.B.E)
= 8179
V + Excèdent brut d'exploitation (E.B.E) ou insuffisance brute 8171
d'exploitation (I.B.E)
ou – 8179
Autres produits d'exploitation
11 + 718
Autres charges d'exploitation
12 - 618
Reprises d'exploitation, transferts de charges
13 + 719
14 - Dotations d'exploitation 619
VI = RESULTATS D'EXPLOITATION (V+11-12+13-14) 810
15 + Produits financiers 73
16 - Charges financières 63
VII = RESULTAT FINANCIER (15 – 16) 830
17 ± Résultat d'exploitation 810
18 ± Résultat financier 830
VIII = RESULTAT COURANT (17 – 18) 840
19 + Produits non courants 75
20 - Charges non courantes 65
IX = RESULTAT NON COURANT (19 – 20) 850
21 ± Résultat courant 840
22 ± Résultat non courant 850
23 - Impôt sur les résultats 670
X = RESULTAS NET DE L'EXERCICE (21 ± 22 ± 23) 880
(Résultat après impôt)


 2.1.2 Mode de calcul des Soldes intermediaires de gestion (SIG)

 La marge commerciale

 Ce solde mesure la performance commerciale d'une entreprise. Il constitue


l'indicateur de base pour toute entreprise de distribution (import-export, grande
distribution...).

 La production

 Exprime l'importance industrielle d'une entreprise.


 Remarque: Pourquoi comptabiliser la production stockée alors qu'elle n'est pas
encore vendue ?
 Si l'entreprise produit, elle comptabilise des charges de matières premières
incorporées et de personnels (salaires) nécessaires à cette production. Mais cette
production a une valeur qui augmente la richesse de l'entreprise, il faut donc la
comptabiliser en produits. La valeur de la production stockée est évaluée à son coût
de production.
Initiation à l'analyse financière

La valeur ajoutée

Mesure la richesse créée par les activités de production. Elle se calcule en faisant la
différence entre ce que l'entreprise a produit et ce qu'elle acheté à l'extérieur pour réaliser
cette production. On parle de consommations intermédiaires (achats de matières, sous-
traitance,...).
La VA représente la richesse qui sera répartie entre son personnel, l'Etat, ses prêteurs, ses
actionnaires... en effet, ces agents économiques doivent recevoir la rémunération
contrepartie du service rendu à l'entreprise. Le salarié reçoit un salaire en échange de son
travail, le prêteur reçoit des intérêts...

La VA sert à rémunérer :
• Le facteur travail, via les salaires
• Le facteur capital, via les intérêts des prêteurs, les dividendes des actionnaires,
l'amortissement des immobilisations
• L'Etat via les impôts et taxes.
L'excédent brut d'exploitation

C'est l'indicateur économique de référence. Il mesure une rentabilité non


influencée par la politique d'amortissement et de provisions ou des choix
financiers des dirigeants.

Le résultat d’exploitation

Il s'agit du résultat avant prise en compte des éléments de natures financières


et exceptionnelles. Permet la comparaison entre entreprises dont les modes de
financement sont différents.
Attention toutefois, ce solde est facilement manipulable car il incorpore des
charges calculées et non décaissables : dotations aux amortissements,
dépréciations et provisions...

Résultat courant avant IS

Identique à celui présenté dans la liasse fiscale.

Le résultat non courant (exceptionnel)

Pas un vrai solde. Identique à celui présenté dans la liasse fiscale.

Le résultat net

Identique à celui présenté dans la liasse fiscale.


2.1.3. Retraitement des SIG

Pour une meilleure lisibilité des soldes de gestion , il convient d’opérer les retraitements
suivants :
Les subventions d'exploitation
Les subventions d'exploitation sont intégrées dans l'EBE. Or comme il s’agit d’un appui
de l’Etat au chiffre d’affaires des entreprises produisant des bien de base , il est
judicieux de les réintégrer au chiffre d’affaires ce qui aura pour effet d’augmenter la
valeur ajoutée .
Le personnel saisonnier
Très fréquent en bâtiment TP , et même en industrie avec les contrats à durée déterminée
(CDD)
De grosses charges d'intérim viennent grossir les consommations intermédiaires, alors
qu'elles représentent une main d'œuvre courante pour l'entreprise. Il est alors conseillé de
déduire ces charges d'intérim des consommations intermédiaires et de les intégrer aux
charges de personnel dans l'EBE.
Le crédit-bail
Le financement d'un bien a une incidence importante sur les SIG. Dans le cas du
financement par crédit-bail, les redevances sont comptabilisées en consommations
intermédiaires et diminue donc la valeur ajoutée. Si ce même bien est financé par
emprunt bancaire, l'entreprise en est propriétaire. Les amortissements du bien sont
comptabilisés dans le résultat d'exploitation et les intérêts de l'emprunt dans le résultat
courant. Dans le souci de faciliter les comparaisons entre entreprises ayant recourt à des
modes de financement différents, il est conseillé, dans le cas d'un crédit-bail de :
• Déduire les redevances locatives des consommations intermédiaires (VA)
• Comptabiliser des dotations aux amortissements qui auraient été passées si l'entreprise
avait acheté le bien
• Inscrire la différence en charges d'intérêt
Navigation :|

2.2- Elaboration du tableau de calcul de l'autofinancement :

2.2.1Méthode additive : à partir du résultat net de l'exercice


Signe Mode de calcul
+ Résultat net de l'exercice
+ Dotations d'exploitation (1)
+ Dotations financières (1)
Dotations non courantes(1)
+
Reprises d'exploitation(2)
-
Reprises financières(2)
-
Reprises non courantes(2) (3)
-
Produits des cessions d'immobilisations
-
+ Valeurs nettes d'amortissement des immobilisations cédées

Capacité d'autofinancement (C.A.F)

- Distribution de bénéfices (Bénéfices mis en distribution)

Autofinancement (A.F)

1) A l’exclusion des dotations relatives aux actifs et passifs circulations et à la trésorerie : Il


s’agit donc des dotations aux amortissements et des dotations aux provisions sur actif
immobilisé, des dotations aux provisions durables et aux provisions réglementées .
2) A l’exclusion des reprises relatives aux actifs et passifs circulants et à la trésorerie .
3) Y compris reprises sur subvention d’investissement .

2.2.2 Méthode soustractive : à partir de l'excédent brut d'exploitation

Signe Mode de calcul


+ ou –  Excédent brut d'exploitation ou insuffisance brut d'exploitation
 Charges décaissables c-à-d. (autres charges d'exploitation, charges
_
financières, charges non courantes et impôts sur les résultats, à l'exclusion
des dotations relatives à l’actif immobilisé et au financement permanent et
de la valeur nette d'amortissement des immobilisations cédées)
 Produits encaissables c-à-d (Autres produits d'exploitation, transferts de
charges, produits financiers et produits non courants à l'exclusion des
reprises sur amortissements, sur subventions d'investissement, sur provisions
+ durables et provisions réglementées et à l'exclusion des produits de cession
des immobilisations.)
=
Capacité d'autofinancement
- Distribution de dividendes
= Autofinancement

Au total la CAF constitue un indicateur de performance puisqu’il recense


l’aptitude de l’entreprise à créer de la richesse et à entretenir sa pérennité
C’est un gage d’autonomie et de solvabilité

|
CHAPITRE 3 : L'analyse financière par les ratios

3.1 Ratio àpartir du bilan financier

3.1.1 Ratios de solvabilité


La solvabilité exprime la capacité de l'entreprise à rembourser l'intégralité de ses dettes
(long, moyen et court terme) par la vente de tous ses actifs.

 Doit être supérieur à 1.


 Attention:
 Ce ratio doit toujours être accompagné de ratios de liquidité. En effet, être solvable
ne garantie pas que l'entreprise puisse faire face à ses échéances de court terme.
Exemple : Une échéance brulante à honorer le lendemain pour 1 000 000 dhs
sachant que l’entreprise détient une créance de 15 000 000 dhs à 30 jours .
 3.1.2 :Ratios de liquidité
 La liquidité mesure la capacité de l'entreprise à régler ses dettes brulantes (à très
court terme ou arrivées à échéances.)
 Ratio de liquidité générale :

 Exprime la capacité à faire face à son passif exigible de court terme avec son actif
circulant (En vendant aujourd'hui son actif circulant, pourrait-elle rembourser ses
dettes de court terme ?) Ce ratio doit être supérieur à 1.
 Ratio de liquidité restreinte :

 Ratio de liquidité auquel on a retiré les stocks car ceux-ci ont une liquidité
incertaine (ce n'est pas parce que l'on décide de vendre son stock qu'il sera
immédiatement acheté...)
 Ratio de liquidité immédiate :


 Il n'y a pas de normes strictes sur leur interprétation. Doit être utilisé dans le cadre
de comparaison dans le temps ou avec d'autres entreprises.
 3.1.3 Ratio d’endettement

 Plus ce ratio est élevé et plus l'endettement de l'entreprise est important. Notez que
cela n'est pas forcément un mal si l'entreprise arrive à faire face à ses échéances
d'emprunts.
 3.1.4 Ratio d’autonomie financière

 Ce ratio permet d'évaluer le degré d'indépendance de l'entreprise vis-à-vis de ses


prêteurs. En effet, une entreprise risque de devenir dépendante de ses prêteurs si elle
est trop endettée.
 il permet également d'apprécier la capacité d'endettement. En général, un
établissement financier exigera que ce ratio soit supérieur à 1 avant de prêter à
l'entreprise.

 3.1.5 Ratio de structure


.

 Quand il est supérieur à 1, cela signifie que les capitaux permanents financent non
seulement l'intégralité des immobilisations mais également une partie de l'actif
circulant.
 Application au vas SOCCER établi précédemment :
 Au cas

 Travail à faire : Calculez les ratios suivant :

 Ratio de solvabilité générale


 Ratio de liquidité
 Ratio d'autonomie financière
 Ratio de financement de l'investissement

3.2 Les ratios d'analyse du compte de résultat

 3.2.1Les ratios de productivité



 3.2.1.1 Productivité de la main d'œuvre

 Mesure la productivité apparente de la main d'œuvre. Peut se calculer à partir du


nombre d'heures travaillées (productivité horaire)
 3.2.1.2. Productivité des équipements productifs (machines...)

 Met en évidence l'importance du capital technique (équipements productifs) dans la


productivité de la main d'œuvre.
 Ces trois ratios doivent être analysés ensemble et sur plusieurs années afin déceler
les gains ou pertes de productivité...

 3.2.2 Les rations du chiffre d’affaires



 3.2.2.1Taux de marge commerciale

 Mesure la performance commerciale de l'entreprise

 3.2.2.2 Taux de valeur ajoutée

 Mesure la contribution de l'entreprise à la valeur de la production


 3.2.2.3 Taux d'EBE



 Mesure la performance de l'entreprise indépendamment de sa politique
d'amortissement et de financement.
 3.2.3 Ratios de charges
 Ce sont des ratios qui vont permettre de mesurer la part de certaines charges par
rapport à une grandeur de référence.

 Pour plus de simplcité on va se contenter du ratio des frais financiers

 La croissance de ce taux révèle un accroissement de l'endettement. Dans un


contexte d'augmentation de l'activité de l'entreprise, cela peut être révélateur d'une
mauvaise gestion du BFR qui se traduit par des problèmes de trésorerie.

3.3 La capacité d'autofinancement


 3.3.1 Méthodes de calcul (soustractive et additive )
 La CAF est un indicateur essentiel de l'analyse financière. Elle représente le flux
potentiel de liquidité obtenu grâce à l'activité globale de l'entreprise. On parle parfois de
flux potentiel de trésorerie.
 Elle peut être assimilée au résultat de l'entreprise auquel on aurait éliminé tous les
éléments exceptionnels ou sans influence sur la trésorerie.
 Elle est égale à la différence entre les produits encaissables et les charges décaissables.
Il existe deux façon de la calculer.

 Calcul à partir du résultat net :


 CAF par la méthode additive ou ascendante

 Calcul à partir de l'EBE :



 CAF par la méthode soustractive ou descendante

 3.3.2 Utilisation de la CAF


 Elle exprime la capacité de l'entreprise à générer des ressources grâce à son activité
habituelle. Ces ressources servent à financer :


 Utilisation de la CAF

 La CAF rentre dans le calcul de la capacité de remboursement, indicateur très utilisé par
les établissements de crédits.


 La capacité de remboursement

 Ce ratio mesure le nombre d'années que mettrait l'entreprise si elle dédiait l'intégralité
de sa CAF au remboursement de ses dettes financières. NB : les découverts et concours
bancaires courants sont exclus du calcul.
 En complément de l'élaboration des SIG réalisée précédemment, il est nécessaire
d'évaluer la capacité d'autofinancement de l'entreprise SOCCER.
Chapitre 4 Le tableau de financement
 L'analyse dynamique
 Partie 1 du tableau de financement
 Partie 2 du tableau de financement
 Exercice : Le tableau de financement haut de bilan (PCG)

L'analyse dynamique des emplois et des ressources

L'étude de l'évolution de la structure financière de l'entreprise est souvent plus riche


d'enseignement que celle d'un seul bilan. En effet, l'analyse du bilan nous renseigne sur
la situation financière de l'entreprise à la date de la fin d'exercice. Son étude ne nous dit
rien sur l'évolution des différents postes. Quels investissements l'entreprise a-t-elle
réalisés? Comment les a-t-elle financés ?
Étudier l'évolution de bilan successifs peut permettre de révéler une tendance pouvant
être à terme dangereuse pour la survie de l'entreprise... La comparaison de bilans
successifs est donc une nécessité. L'étude individuelle de chaque bilan est insuffisante. Il
faut mettre en avant les évolutions. On parle souvent d'étude dynamique du bilan (par
opposition à l'étude statique d'un bilan).

Que s'est-il passé ?


Attention:
Prendre 2 bilans successifs et faire la différence entre chaque montant est une
solution certes pratique mais très maladroite. Exemple:  2 000 dhs d'immobilisations
en N-1 et 3 000 dhs en N ne signifie pas que l'entreprise a acheté une machine de
1 000 dhs. En effet, il faudra chercher dans les annexes de la liasse fiscales les
informations concernant les mouvements sur immobilisations. Nous pourrions
découvrir qu'en réalité, l'entreprise a acheté une machine de 1 500 dhs et qu'elle s'est
séparée d'une ancienne de 500 dhs.

Ce qu'il s'est passé...


Le tableau de financement est un outil permettant de visualiser l'évolution des principaux
postes du bilan et d'en faciliter l'analyse. Il se construit en 2 parties:
 Partie 1 pour la variation du fonds de roulement (haut de bilan)
 Partie 2 pour l'utilisation du fonds de roulement (bas de bilan)
igation :|

Partie 1 du tableau de financement


Partie 2 du tableau de financement

Tableau de financement (partie 2) : modèle en compte

Navigation :

Le tableau de financement haut de bilan (PCG)

Ce premier tableau permet de mettre en évidence l'évolution des postes du


haut de bilan qui sont à l'origine de la variation du fonds de roulement
entre deux bilans successifs. Ainsi, on peut facilement y lire les
principaux emplois réalisés (investissements de l'année écoulée,
remboursements d'emprunts...) ainsi que les principales ressources mises
en œuvre (CAF, augmentation de capital, nouveaux emprunts...).
Tableau de financement (partie 1) : modèle en compte
Le tableau doit vous permettre de retrouver la variation du fonds de roulement sur
l'année 2015, c'est-à-dire la variation du fonds de roulement entre les deux bilans
31/12/2014 et 31/12/2015.
Pour rappel, le fonds de roulement de 2014 se monte à 1 060 000 dhs et celui de
2015 à 2 860 000 dhs ...

Tableau de financement haut de bilan


On obtient une variation positive du fonds de roulement de 1 800 000 dhs,
conforme à ce que l'on a obtenu en calculant indépendamment les fonds de
roulement 2014 et 2015 : 2 860 000 - 1 060 000 = 1 800 000 dhs
.
On constate que l'essentiel des nouvelles ressources proviennent de la CAF et de
nouveaux emprunts. La majeure partie de ces ressources ont financé des
investissements matériels et immatériels.

Navigation :|

|
Cas d'application

On vous remet les bilans financiers condensés suivants de l'entreprise


"SOMA"

2015 2016 2015 2016


Actifs immobilisés
Immobilisations - 9 057,3 Capitaux 340 336,55 471 676,9
incorporelles propres
Immobilisations 235 629,45 594 536,6
corporelles Dettes 233 943,2 550 397,7
Immobilisations 250 299,35 250 299,3 financière
financières Autres 1 001 018,8 1158 477,5
Actifs circulants 1 089 369,8 1 326 658,9 dettes

1- Calculer les ratios suivants pour les années 2015 et 2016

Immobilisation de l'actif : Actif immobilisé


Actif total

Autonomie financière : Capitaux propres


Capitaux permanents

Financement permanent : Ressources stables


Actif immobilisé

2- Commenter l'évolution de ces ratios


3- Préciser les décisions prises par les dirigeants au cours de l'exercice 2015

1. Commentaire

L'entreprise a respecté les règles classiques d'équilibre : les immobilisations sont financées
par des ressources stables : le ratio de financement des immobilisations est nettement
supérieur à 1 ; il s'est même amélioré, preuve que l'entreprise a pensé au financement de
l'augmentation du besoin de financement lié à son développement.
En revanche, le ratio d'autonomie financière se détériore puisque les dettes financière ont
augmenté plus que les ressources propres ; toutefois, l'entreprise n'est pas très loin de
l'équilibre.

2. Décisions prises par les dirigeants

L'investissement, qui se traduit par une forte augmentation des immobilisations corporelles,
entraîne une augmentation des emplois d'exploitation (donc du besoin en fond de
roulement).
Les investissements sont financés par l'augmentation des ressources propres pour 40 %
environ et le reste par emprunt.
L'augmentation des ressources stables est supérieure à celle de l'actif immobilisé ; les
dirigeants ont donc prévu le financement de la variation du besoin en fonds de roulement.