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LA VENGEANCE EST UNE FEMME

La vengeance est une femme

Episode 1

***France***Toulouse***

Assise à l’arrière de ma Pajero, je le regarde sortir en rampant de sa


voiture qui vient de faire plusieurs tonneaux. C’est toujours avec
satisfaction que je regarde ce genre de scène. Mes mains protégées par
des gants noirs en cuire, mes talons aiguilles aux pieds, je les sors un par
un après que Mel m’ait ouvert la portière. Je marche à pas rassurés vers le
corps allongé au sol essayant d’appeler les secours avec son portable. Plus
je m’approche de lui plus la joie m’envahie. C’est tellement plaisant de voir
des puissantes personnalités qui inspirent la crainte chez plusieurs être à
sa merci. C’est fou comme une personne financièrement et socialement
puissante, une personne qui a cette facilité de contrôler la vie des autres
et d’en déterminer la fin peut être vulnérable face à la mort.

Lui, le grand Edgard Bock, homme puissant du Cameroun, membre du


gouvernement Camerounais mais aussi membre important d’une des plus
grandes sectes de l’Afrique « Blood Brother » (frère de sang), le voici là
agonisant par terre comme de la merde et sur le point de mourir parce que
moi je l’ai décidé. Oui je décide de qui doit mourir et quand il doit mourir.
Une fois devant lui, je m’accroupie à son niveau le sourire aux lèvres.
- Aidez-moi… je vous en prie… Pitié… ne me laissez pas mourir. Se tue-t-il à
me dire en agonisant.

- Mon père aussi suppliait pour qu’on le laisse en vie mais il n’a pas obtenu
grâce de toi et tes confrères.

- Pitié… Je ne sais pas… de quoi vous parler.

- Julien Anselme TAPÉ. Ça te dit quelque chose ?

Il ouvre grand les yeux et à voir l’expression de son visage je pense qu’il a
tout compris. J’aime trop ce moment où mes victimes se rendent comptent
de qui je suis REELLEMENT. Ils perdent carrément l’usage de la parole,
normal quand on rencontre une personne censée être morte.

- Alors je suppose que maintenant tu sais ce qui va se passer ? Non ? Ok


laisse-moi le résumer pour toi… Tu vas mourir tout comme tes trois
confrères avant toi. Tu as devant toi la cause de leurs morts subites. Nous
sommes dans une zone complètement isolée donc aucune chance que
quelqu’un te trouve. Le réseau ? Il n’y en a pas. Nous sommes en plein milieu
de nulle part et vu l’état dans l’état dans lequel tu es tu n’as plus pour très
longtemps.

Il essaie tant bien que mal de parler mais il n’a plus assez de force. Je me
relève et reste toujours près de lui à le regarder mourir. J’aime tous les
regarder mourir comme j’ai assisté à la mort de mon père. Voir des
cadavres j’en ai l’habitude donc ça ne me dis plus rien déjà qu’à 17 ans j’ai
assisté à l’assassinat de mon père et j’ai regardé ma mère se faire violer
par différents hommes après qu’elle ait assisté au meurtre de son mari
jusqu’à ce qu’elle meure en me fixant dans les yeux. Il m’est facile
d’atteindre mes cibles surtout lorsque je connais tout d’eux. De leurs
points faibles à leurs fantasmes en passant par leurs plus gros secrets.
Pour l’avoir lui j’ai dû utiliser mon charme et du champagne. Il est sous
traitement donc ses médocs et l’alcool ne font pas bon ménage. Il s’est
déplacer sans son chauffeur et ses gardes parce qu’il voulait circuler
librement ni vu ni connu avec ses putes. Quand Mel m’a informé qu’il était
de passage en France pour prendre du plaisir avec des escortes, je l’ai
suivie et me suis invitée à une soirée à laquelle il était. Nous avons
sympathisé et je l’ai juste incité à prendre plus de verre que ce qui lui
était autorisé.

Il pousse son dernier soupire en me fixant. Bien. Je suis le dernier visage


qu’il a vu avant de mourir. Je tends ma main à Mel qui y pose mon rouge à
lèvres de la marque Royane. Il est d’un rouge vif que même à des
kilomètres on peut le voir. Je me baisse et écrit sur son front la lette V.
Je me relève et le redonne à Mel qui le range à nouveau.

- Le jet est prêt ?

- Oui ma tante.

- Ok allons-y.

Nous tournons les talons et Mel m’ouvre la portière arrière pour que je
m’installe. Une fois fait je retire mes gants puis prends ma tablette pour
lire les nouvelles jusqu’à ce que nous arrivions à l’aéroport où m’attendent
mon jet privé et mes autres gardes. Je marche jusqu’à l’avion suivie de Mel
qui tient mon sac à main. Je vais dans ma cabine et troque ma robe de
grand couturier pour un jeans et un haut léger. Je reviens et m’étends
dans l’un des sièges pour me détendre. Mel m’apporte une coupe de
champagne pour que je puisse boire à une autre victoire. Comme ça fait du
bien d’avoir la vie des gens entre ses mains.

- Alors la suite ? Je demande à Mel.

- Tu as un rendez-vous demain à Lomé avec M Alain KONDZA.

- Tout est ok de son côté ?

- Oui ma tante. Tiens voici les photos et les documents.


Je pose ma coupe et prends la grande enveloppe qu’il me tend. J’inspecte
tout ce qui s’y trouve avec satisfaction. J’ai hâte de voir la tête que fera
cet imbécile devant la surprise que je lui prépare.

***Togo***Lomé***

Une fois prête pour mon rendez-vous, je descends de ma suite pour


retrouver mon cortège posté devant l’hôtel. Ils me saluent tous avec
respect et nous montons tous dans les voitures. Je regarde une dernière
fois durant le trajet les documents que j’aie en ma possession. Les
transactions sont Ok, les photos compromettantes Ok. Tout ce qu’il reste
c’est les lui balancer à la figure de sorte à ce que ça crée un arrêt
cardiaque. De toutes les façons il aura un arrêt cardiaque parce que savoir
que du jour au lendemain on est fauché, complètement fauché, ça tue. A
pas rassurés, je me dirige vers son bureau. Mel comme à son habitude me
suit comme mon ombre tandis que les autres restent dehors. L’assistante
de M KONDZA nous conduit jusqu’à son bureau et une fois à l’intérieur je
m’y installe en face de mon hôte. Mel quant à lui reste debout près de la
porte.

M Alain KONDZA, autrefois premier ministre du Togo et aujourd’hui chef


d’une des plus grandes entreprises du pays. Homme actif dans le milieu
politique mais aussi et surtout membre de la secte « Blood Brother » et
c’est d’ailleurs la seule chose qui m’intéresse. Il a pique une crise la
semaine dernière donc son docteur a demandé à ses proches qu’ils lui
évitent des chocs parce que son cœur est encore très fragile. Mais bon je
ne fais pas partie de ses proches donc je n’ai pas à faire attention. Nous
sommes censés être des partenaires en affaires et devons finaliser
aujourd’hui l’accord de notre partenariat.
- Soyez la bienvenue très chère. Me dit-il le sourire aux lèvres en se
levant de son siège pour venir m’accueillir.

- Merci beaucoup. Je lui réponds en lui faisant les trois bises. Vous
rajeunissez de jour en jour à ce que je vois.

- Oh arrêtez de me flatter. Venez donc vous asseoir.

Nous prenons place autour de son bureau et commençons à parler affaire.


Je l’écoute parler de projet et tout et moi j’attends juste le moment où la
banque va l’appeler pour lui confirmer SA ‘‘volonté’’.

- Vous ne voulez vraiment pas qu’on sorte déjeuner ?

- J’aurai bien voulu mais j’ai un autre rendez-vous. Alors où en étions-


nous ? Ah je vois tenez.

Je lui tends une enveloppe qu’il prend et en sors des photos. Au fur et
mesure qu’il les regarde l’expression de son visage change.

- Non ce n’est pas possible. Qu’est-ce que cela signifie ?

- Que votre femme est une putain qui aime se faire prendre par tous les
orifices par plusieurs hommes.

- Comment ?... Où avez-vous eu ces photos ?

- Secret de polichinelle. Ah laissez-moi aussi ajoutez que ceux qui sont


censés êtes vos enfants ne le sont pas.

- Par… pardon ?

- Les deux premiers sont de l’ancien Président de qui vous étiez le premier
Ministre et le dernier de votre actuel chauffeur.

Il me regarde complètement dépité puis explose de colère.


- COMMENT OSEZ-VOUS ?

- Vous devriez vous calmez ce n’est pas très bon pour votre santé fragile.
Lui dis-je très calmement en jouant avec mes doigts.

- Pourquoi faites-vous ça ? C’est quoi votre but ?

- Vous le saurez une fois que vous aurez répondu à l’appel. Je réponds en
regardant l’heure sur ma montre.

- Quel appel ?

A peine sa question posée que le téléphone de son bureau se met à sonner.


Il se met à poser toutes sortes de questions à son interlocuteur et à
hurler qu’il n’a pas autorisé ci et ça puis comme s’en rendant compte il
tourne son regard vers moi. Je lui fais mon plus beau sourire pour
confirmer sa pensée. Il pose le combiné comme un automate.

- C’est… vous ?

- Oui. Tenez voici la preuve. Lui dis-je en lui tendant un autre document
qu’il se met à lire aussitôt.

- Mais… qu’est-ce que… je n’ai jamais signé ça.

- Vous l’avez pourtant fait lors de notre premier rendez-vous pour signer
notre premier partenariat.

- Comment ça ? Je vais appeler la police.

Il pose les documents, décroche le fixe et commence à composer.

- Allez-y donc. J’aimerais bien savoir la peine qui vous sera donnée lorsque
la police saura combien de milliard vous avez détourné et continuez de
détourner dans la caisse de l’Etat. Mais aussi de savoir que vous faites de
la contrefaçon ici et blanchissez de l’argent sale de la drogue. Vous ne
faites plus partie du gouvernement ce qui veut dire que vous n’êtes plus
protégé par une quelconque loi donc la police se donnera à cœur joie
d’enfermer un enfoiré de première classe comme vous.

Il ouvre grand la bouche et repose le téléphone en tremblant de tout son


corps.

- Pourquoi ?... Pourquoi vous faites ça ? Que vous ai-je fait ?

- Julien Anselme TAPÉ… C’était mon père.

Il ouvre grands ses yeux puis me fixe comme s’il voulait déchiffrer quelque
chose sur mon visage.

- Tu… tu es…

- Oui… JE SUIS.

- Mais vous êtes…

- Morte ? Je suis bien vivante, vous le voyez bien et je suis là pour vous
régler vos comptes. Laissez-moi donc vous résumer la situation. Vous
m’avez faite nouvelle détentrice de tous vos biens, absolument tout y
compris de cette entreprise ainsi que de vos comptes en Suisse et je me
suis permise de les distribuer à des gens qui en ont le plus besoin. Donc en
grosso modo… vous êtes fauchés, complètement… fau-ché.

- Non… non ce n’est pas possible.

Il pose sa main sur sa poitrine et à voir l’expression de son visage j’en


déduis que son cœur est en train de lâcher. De toutes les façons s’il ne
lâchait pas j’allais moi-même m’en occuper.
- Au sec… au secou… au sec… Essaye-t-il d’articuler en tendant son bras
vers moi.

Je le regarde s’écrouler petit à petit au sol et je me lève de mon siège


pour aller vers lui et le regarder rendre son dernier souffle. Il essaye
toujours d’appeler au secours en me regardant jusqu’à ce que son bras
retombe au sol indiquant qu’il est mort. Je tends ma main vers Mel qui
était là depuis le début et il s’avance vers moi pour me donner mon rouge à
lèvres fétiche. Je me baisse et écris sur son front la lette V.

Je ressors de là complètement satisfaite de moi. Depuis l’année passée que


j’ai mis mon plan de vengeance à exécution je dois dire que tout se passe à
merveille pour moi. Déjà quatre de moins sur ma liste noire. Il en reste
encore une dizaine de qui je m’occuperai au fur et à mesure. Oui, régler
mes comptes avec mes ennemies c’est ma raison de vivre, mon objectif
dans la vie, mon leitmotiv. Je me suis fixé pour objectif de me venger et
de venger mes parents et rien ni personne ne pourra m’arrêter. J’ai tout
perdu à cause de ces gens et aujourd’hui que j’ai argent et pouvoir je vais
les faire saigner. La vie n’a pas été du tout tendre avec moi et je compte
lui montrer que je suis beaucoup plus garce qu’elle. Peu importe qui se
trouve en face de moi, si tu fais partie de ma liste tu me sentiras
traverser ta vie et soit tu perds ta vie soit tu perds ta tête pour
finalement perdre ta vie. Dans tous les cas tu vas mourir. On dit que la
vengeance est un plat qui se mange froid mais moi quiconque me mange se
brule parce que je suis LA VENGEANCE et je suis brulante.

Appelez-moi V. V comme Vicky mais surtout V comme… VEANGEANCE.


La vengeance est une femme

Episode 2

***USA***Washington***

Mes deux missions achevées je retourne à ma vie normale. Je vis à


Washington, y travaille et y fais tout. Mel au volant, nous conduit chez
nous et mes gardes nous y escortent. Toutes les voitures se mettent sur le
côté au passage de mon cortège. Je prends dans ma pochette ma bague et
l’enfile puis prends ma tablette pour vérifier mes mails.

- Tu as des nouvelles de Brad ?

- Oui ma tante. Il m’a fait le rapport sur l’évolution de sa mission par


message ce matin.

- Et ?

- Tout roule pour l’instant.

- Ok tu lui feras un virement demain pour ses besoins.

- C’est compris. Nous sommes arrivés.

La voiture gare devant l’immense demeure qui me sert de maison et j’y


rentre totalement légère après avoir souhaité bonne nuit à Mel et à mes
gardes à qui je donne la permission de rentrer chez eux profiter de leur
week-end. J’ai laissé au seuil de la porte V pour faire revenir Vicky. Toutes
les lumières sont éteintes. Mes talons en mains, je me dirige dans mon
bureau puis ouvre mon coffre-fort dans lequel se trouve un autre petit
coffre secret qui contient ‘‘la liste noire’’. C’est une liste sur laquelle sont
inscrits les noms de mes ennemis et futurs victimes. Ces même gens qui
ont bousillé ma vie. Je la prends et y barre les noms d’Edgard MBOCK et
Alain KONDZA. Encore deux de moins. Avant de remettre la liste à sa
place, je regarde les deux derniers noms qui y figurent : M et Mme
BEYNAUD. Je touche la cicatrice sur ma poitrine et pense à ce que je leur
réserve à ces deux-là. Pour l’instant je me concentre sur les autres parce
que quand je commencerai avec eux je ne m’arrêterai pas jusqu’à les voir
morts et enterrés. Dieu seul sait le degré de haine que j’aie contre eux.

Je monte ensuite dans ma chambre où tout doucement je vais prendre une


douche pour enlever la sensation de mort sur moi. Quand le premier jet
d’eau coule sur mon corps je soupire d’aise. Je ferme les yeux et profite
de cette sensation de bien-être. Je ne supporte pas d’être en présence de
ces gens tellement ils me répugnent. Si je pouvais les tuer par télépathie
je le ferai mais en même temps j’aime les voir si faible face à moi qui était
faible face à eux il y a 20 ans. Comme on le dit la roue tourne. Je sors de
la cabine de douche, m’essuie le corps, y passe ma crème de nuit et enfile
ma nuisette avant de retourner me mettre au lit. Comme il m’a manqué mon
lit douillé. Béni soit celui qui a fabriqué ce matelas. J’aime rentrer chez
moi après de longues journées de travail ou de règlement de compte. J’ai
une vie en dehors de la vengeance. Oui la vie a été moins garce avec moi
sur ce coup. Je lui en suis d’ailleurs reconnaissante. Elle m’a certes enlevé
les personnes que j’aimais le plus au monde mais elle m’en a donné d’autres.

Ayant senti ma présence il se retourne pour me faire face.

- Bonne arrivée ma prunelle. Chuchote-t-il.

Je l’embrasse aussitôt parce qu’elles m’ont manqué ses lèvres.

- Merci. Désolée de t’avoir réveillé.

- Je ne dormais pas vraiment. Ça a été ? Vous avez pu signer l’accord ?


- Oui. Tout s’est déroulé exactement comme je l’espérais. Lui dis-je en lui
caressant le visage.

- Je l’ai toujours dit que tu été la meilleure.

- C’est être ta femme qui me rend meilleure.

Je l’embrasse à nouveau et il glisse sa main sous ma nuisette.

- Tu as faim ? Tu veux que j’aille te réchauffer ton plat ?

- Non merci. J’ai plutôt faim de toi. Tu m’as tellement manqué mon trésor.

- Toi aussi. Me répond-t-il en m’embrassant.

Notre baiser se fait de plus intense. Il monte sur moi et commence à


parsemer mon corps de doux baisers. Il le sait ça que quand je suis
fatiguée j’aime quand il prend soins de moi sans se presser. Je ferme les
yeux et profite des caresses de mon homme. Nous passons donc les 30
minutes qui suivent à faire l’amour lentement, passionnément et
amoureusement. Même quand je suis fatiguée à l’extrême, il me suffit
d’être dans ses bras pour que mes forces se renouvellent. Oui, mon mari
est la personne la plus importante de ma vie. Il est ma deuxième raison de
vivre, mon deuxième leitmotiv. Je ne sais pas ce que je deviendrai sans lui.
Je l’aime tellement. Il a apparu dans ma vie alors que plus rien n’avait
d’importance pour moi. Les hommes ne m’intéressaient pas du tout, l’amour
encore moins. Normal puisqu’on m’a arraché ma vie alors que j’étais
adolescente donc les joies de la jeunesse je n’en ai pas vraiment connu.
Mais Malcom, mon époux m’a appris à aimer, à sourire, à refaire confiance
mais surtout à vivre et c’est ce qui fait de lui l’être le plus précieux à mes
yeux. Je me rappelle encore de comment je lui en ai fait baver lorsqu’il me
faisait la cour. Je l’ai traité de tous les noms d’oiseaux, l’ai ridiculisé en
publier. Je l’ai traité comme de la merde jusqu’à même lui verser de la
nourriture dessus dans un restaurant. Mais malgré tout ça il a continué à
insister. Je me rappelle du jour où j’ai abandonné l’idée de le repousser
parce qu’il était trop têtu. Ce jour-là je m’étais rendue dans mon restau
habituelle après mon cours d’auto défense dans un camp militaire et à
peine je m’étais-je installée qu’il a pris place devant moi sans que je ne le
lui avais permis.

- Bon sang qu’est-ce que vous voulez encore ? Lui avais-je demandé avec
colère.

- Faire plus ample connaissance avec vous et je n’abandonnerai pas tant que
vous ne m’aurez pas donné cette chance.

- Non mais c’est quoi cette façon de harceler les gens !? Je ne veux pas de
votre amitié. Bon sang qu’est-ce qui est difficile à comprendre dans ça ? Il
y a plein de jeune fille là dehors qui mourrais de vous avoir…

- Et moi c’est vous que je veux. Ecoutez je ne sais même pas moi-même
pourquoi je suis autant attiré par vous mais…

Je ne l’avais pas laissé finir que j’étais ressortie du restaurant mais il m’a
suivie et attraper le bras. Automatiquement par reflexe je me suis
retournée et lui ai affligé une gifle qui a fait retourner les passants.

- Je suis désolé si je vous ai heurté. S’était-il excusé. Mais je veux vous


aider. J’ai plusieurs tenté de rester loin de vous mais à chaque fois que je
vous vois je perds le contrôle de moi-même. Je ne sais pas par quoi vous
êtes passée, je ne sais pas ce que vous avez vécu mais votre regard dégage
tellement de tristesse et vos gestes ainsi que vos propos agressifs cache
quelque chose de vraiment sombre dans votre vie. Je vous ai plusieurs fois
observé de loin et à chaque fois vous aviez la mine attachée. Je ne peux
expliquer pourquoi vous m’attirez autant, c’est peut-être de l’amour ou
juste de la sympathie mais laissez-moi vous apprendre à sourire à nouveau,
laissez-moi vous aider à faire disparaitre cette profonde tristesse qui
sévit dans votre âme. Laissez-moi vous apprendre à revivre même si c’est
juste comme ami. Acceptez mon amitié.
Je ne sais pas ce qui l’avait poussé à me dire tout ça ce jour-là mais ça a
créé quelque chose d’inexplicable en moi. Je n’avais que 25 ans et lui 26.
Deux ans après nous nous sommes mariés et il a été mon premier homme…
enfin mon premier vrai homme.

Je me réveille et remarque que Malcom n’est plus dans le lit. Il doit


sûrement être à la cuisine en train de préparer le petit déjeuner. Il aime
me faire la cuisine tout le temps. Il m’en fait même plus que je ne lui en
fais. Je vais me brosser les dents et descends le rejoindre en enfilant mon
peignoir par-dessus ma nuisette. Je le retrouve dans la cuisine en train de
faire des pancakes. Il me fait dos mais je ne peux m’empêcher de le
trouver sexy du haut de ses 38 ans. Je m’avance et l’enlace par derrière.

- Bonjour mon amour. Je lui dis en lui posant un baiser dans le dos.

- Bien dormi ?

- Oui.

Je le laisse et vais devant lui pour l’embrasser avant de m’assoir sur le


paillasson. Je tends ma main vers les pancakes et en prends un.

- Tu as prévu quoi pour la journée ?

- Rien de spéciale. Je vais aller faire les courses ensuite je viendrai


prendre soin de toi comme il se doit.

-Tu veux que je vienne avec toi ?

- Tu n’es pas fatiguée ?

- Non ça va. Je veux passes toute la journée avec toi peu importe l’endroit.

- Ok c’est compris. Dit-il en se lavant les mains. Allez à table.


Nous nous rendons dans la salle à manger et plutôt que de m’asseoir sur
l’un des sièges je prends place sur les jambes de mon homme et je picore
dans son assiette. J’aime ces moments avec mon homme.

- Prunelle j’ai pensé à un truc ?

- Quoi ? Je lui demande en soufflant sur mon café.

- Je voudrais que pour les vacances nous nous rendions en Côte d’Ivoire.

Je m’arrête de boire mon café et essaye de paraitre la plus naturelle


possible.

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Ça fait plus de 10 ans que j’ai mis une distance entre ma famille et moi et
je pense que c’est le moment de me rapprocher de nouveaux d’eux. Malgré
tout ce qui s’est passé ils restent mes parents. Aussi ma sœur me manque.
Je ne veux pas rester ici et apprendre un jour que l’un deux est mort. Je
m’en voudrais.

Je pose ma tasse, m’essuie la bouche et m’assoie en califourchon sur lui.

- D’accord, si c’est réellement ce que tu veux je te suis.

- Je veux qu’on y passe 6 mois comme ça vous aurez de temps pour


apprendre à vous connaitre.

- Ok pas de souci mon amour. Je pense d’ailleurs que c’est le moment de


tout mettre dans l’ordre.
Oui et aussi le moment de régler mes comptes. C’est en côte d’Ivoire que
se trouvent presque toutes les autres personnes sur ma liste noire. Ses
parents je les ai juste vus en photo et de ce que j’ai remarqué Malcom ne
ressemble à aucun des deux. Quelques traits de ressemblance oui mais pas
autant que ça. Il m’a dit qu’il ressemblerait à son grand-père. Lui et ses
parents se sont disputés parce que ceux-ci voulait lui imposer une femme
de bonne famille juste par intérêt. Mais bon bref ce n’est pas ça ma
priorité. Il faut que je commence à m’organiser pour pouvoir régler leurs
comptes à mes ennemis avant que nous ne revenions. C’est une occasion que
je ne dois rater. Il faut que je contacte Brad pour qu’il en finisse vite avec
sa mission au Gabon pour me rejoindre. Nous aurons beaucoup à faire en
Côte d’Ivoire. Comme aime le dire mes frères Ivoiriens « occasion raté
c’est péché ». Je vais donc saisir cette occasion pour en finir avec eux
tous.

Malcom pousse le chariot pendant que nous parcourons les rayons et moi
j’ajoute les choses dont nous avons besoins. Nourriture, outils pour la
maison et autres. Je demande à ce que nous allions dans le rayon bébé pour
acheter le nécessaire pour l’une de mes employées qui vient d’accoucher et
nous tombons sur une petite de je dirais 3 ou 4 ans qui pleure à chaude
larmes en désignant un énorme nounours qu’apparemment sa mère n’a pas
les moyens d’acheter. La mère essaye de la sortir du rayon mais rien y
faire la petite pleure toujours. Malcom lâche le chariot et va prendre la
petite dans ses bras. Une fois qu’il a réussi à la calmer il lui demande ce
qu’elle veut et elle lui désigne le nounours. Il la soulève à la hauteur de
l’objet et lui dit de le prendre.

- Oh non monsieur je vous en prie ne vous dérangez pas. Elle fait juste un
caprice. Dit la mère embarrassée à Malcom.
- Non ce n’est rien. Ça me fait plaisir de le faire.

Il ne laisse pas la mère en placer une autre qu’il prend plusieurs jouets et
les mets dans le chariot de la mère qui ne contient d’ailleurs rien que trois
produits ménager. Je regarde Malcom discuter avec la petite et je me dis
quel merveilleux père il ferait si je n’étais pas ce que je suis. Il règle notre
facture ainsi que celle de la jeune femme et de sa fille qui ne cesse de le
bénir puis nous nous en allons. Durant tout le trajet je reste silencieuse et
Malcom sachant pourquoi me prend la main. Je veux lui donner un enfant
mais mon passé m’en empêche. Après avoir tout rangé je m’enferme dans
notre chambre et me mets à penser à ce que serait notre vie si on avait un
ou des enfants. Est-ce que j’aurai continué mon plan de vengeance ? Un
enfant, ça me prendrait plus de temps et je ne pourrais pas me concentrer
comme il se doit sur mes missions mais n’empêcher qu’il m’arrive d’en
désirer. Je veux aussi être mère. Je préfère arrêter d’y penser pour ne
pas flancher. De toutes les façons je serai une mauvaise mère. Je tue des
gens et aucun enfant ne doit avoir une mère sanguinaire comme moi. Ma
mère à moi était une merveille. Elle était la perfection incarnée et me
comblait de tout son amour. J’étais le centre de vie ainsi que papa mais moi
le centre de ma vie c’est la vengeance donc la maternité ce n’est pas pour
moi. Je gâcherai la vie de tout enfant. Mais… Malcom veut un enfant. Il ne
m’en parle pas, n’en fait pas toute une histoire mais je sais que c’est son
désir. La vie choisie vraiment des gens à qui elle donne tout et d’autres à
qui elle prive de tout. Quelle garce !

- Je t’aime, malgré tout.

Je reviens à moi lorsque j’entends la voix de Malcom dans mon dos et sens
son baiser sur ma nuque. Je ne l’avais même pas entendu rentrer. Il serre
fort ses bras autour de moi et je me couche sur son torse. J’aime mon
mari beaucoup plus que je ne l’aurais voulu et je me demande à chaque fois
comment il réagirait s’il savait tout. S’il savait qu’elle genre de femme
j’étais et ce que je fais vraiment lors de mes supposés voyages d’affaires.
S’il savait que la femme qu’il aime tant a du sang sur les mains.

La vengeance est une femme

Episode 3

Je récupère mon sac à main plus mon sac d’ordi sur le lit et descend pour
me rendre dehors où m’attend Mel pour me conduire au travail. Je suis
chef d’entreprise d’une très grande entreprise de plus de 300 employés.
Je retrouve Malcom et Mel adossés à ma voiture.

- Bonjour Mel.

- Bonjour ma tante. Me répond-il en me débarrassant de mes sacs pour les


mettre dans la voiture.

Je me tourne vers Malcom pour lui ajuster sa cravate et il me tend mon


gobelet à café. Il le fait chaque matin quand je dois aller au travail.

- Merci mon amour. Bonne journée à toi. Je lui murmure tout près de sa
bouche avant de l’embrasser.

- Bonne journée ma prunelle. Toi veille bien sur elle. Ordonne-t-il à Mel.

- Oui mon oncle ne t’inquiète pas.

Chacun monte dans sa voiture et nous nous rendons dans nos entreprises
respectives. Malcom aussi est chef d’entreprise mais je gagne deux fois
plus que lui. Cependant ça ne m’empêche pas de lui être soumise et de le
respecter. Ce n’est pas parce que je gagne plus que lui que je vais me
permettre de le rabaisser. Malcom demeure mon chef malgré tout le
pouvoir que j’aie. D’ailleurs, lui il est plus à féliciter que moi parce que lui a
construit sa boite de par ses propres efforts et moyens alors que moi j’ai
juste profité du fait d’appartenir à une famille riche ici aux USA.

Dès que Mel gare la voiture devant V Global Corporation, April mon
assistante vient m’accueillir avec en main sa tablette. Elle m’ouvre la
portière avant que Mel ne vienne le faire donc il récupère juste mes sacs
et ils me suivent tous les deux. April se met à me citer mon programme de
la journée et sur mon passage les gens se tiennent droit pour me saluer et
me souhaiter la bienvenue. Je ne suis pas une patronne qui tyrannise ses
employés mais j’ai imposé le respect pour ma personne. Nous montons dans
l’ascenseur et April continue toujours à me raconter ci et ça.

- Il y a l’entreprise NLT Group qui a envoyé un mail proposant un accord


avec eux et nous et…

- Dis leur que nous ne sommes pas intéressés. Je la coupe en sortant de


l’ascenseur qui vient de s’ouvrir sur l’étage où se trouve moi seule mon
bureau.

- Déjà fait.

Je m’arrête et me retourne pour la regarder.

- Comment tu as su que j’allais refuser ?

- Disons que je suis ton incarnation donc je pense et réfléchie dorénavant


comme toi. Je me surprends même des fois à parler comme toi.

- C’est fou comme on se ressemble.

- Oui et j’aime ça. Ah il y aussi l’ONG…

- Fais leur un chèque au montant que tu veux et envoie-leur pour qu’ils me


foutent la paix. Ces gens ne sont rien d’autres que des arnaqueurs qui
utilisent les enfants pour s’enrichir. Fais-je en m’asseyant derrière mon
bureau.

- Ok ce sera alors 200 dollars pour eux (117.200 fcfa). Ah j’oublie Vicky, la
semaine prochaine il y a les Awards des entreprises.

- Ah bon ? Malcom ne m’en a pas parlé pourtant. Ok un instant.

J’appuie sur un bouton de mon téléphone et l’appel s’en va. Il décroche à la


première sonnerie.

« - Oui prunelle ? »

- Tu savais que c’était la semaine prochaine les Awards ?

« - Oui mais ma boite n’a pas été sélectionnée donc je ne m’y intéresse
pas. »

- Ok d’accord. A plus, bise je t’aime.

« - Love you. »

Je raccroche et lève la tête vers April mais avant que je ne puisse dire
quoi que ce soit elle m’interrompt.

- Oui je sais, je le fais tout de suite.

- Merci.

- Ah Armel tu es en beauté aujourd’hui. Tu as un rencard ? Demande-t-elle


à Mel en souriant

- Combien de fois vais-je te dire d’arrêter de me poser ce genre de


question stupide ?

- Jusqu’à ce que j’en aie marre et que j’arrête. J’aime bien te faire chier.
Tu es tout le temps sérieux et ça craint au max.
- April tu n’as pas quelque chose à faire ? Je demande pour qu’elle arrête
d’embêter Mel.

Il secoue la tête et elle sort en riant. J’adore cette petite. Elle est mon
assistante depuis maintenant 5 ans et il y a eu une telle affinité entre nous
que je lui ai permise de m’appeler par mon prénom et de me tutoyer. Elle
est orpheline et se bat toute seule pour réussir ce qui fait d’elle une jeune
fille travailleuse en plus d’être pipelette.

- Alors toi tu as fait quoi de ton week-end ? Je demande à Mel.

- Je suis resté chez moi comme d’habitude.

- Tu sais que tu devrais chercher à te faire des amis ?

- J’en ai déjà.

- Je veux dire en dehors de ceux avec qui nous travaillons.

- J’y songerai.

- Ok bon on passe au couple ICHOLA au Bénin. Enquête sur eux et envoie-


moi le résultat avant la fin de la semaine.

- Ok ma tante c’est compris. Autre chose ?

- Ah oui, il y a un gros paquet cadeau dans le coffre de la voiture. Apporte-


le à April. C’est Lucie, elle a accouché la semaine passée. Ce sera tout pour
le moment.

- D’accord ma tante.

Je le regarde jusqu’à ce qu’il sorte. Armel, mon petit Armel. Comme je suis
fier de lui. Armel c’est mon filleul. Quand j’étais adolescente j’avais une
meilleure amie, Mélaine qu’on appelait Mel. En plus d’être voisins nous
étions inséparables et nos parents aussi l’étaient. Puis la période de
trouble a commencé et ça a commencé par sa famille. Nos deux pères
étaient flics et nos deux mères partenaires en affaires. L’un de ces gens
que nous traquons aujourd’hui l’a kidnappé et violé pour ensuite la jeter
devant leur porte. C’était un premier avertissement pour nos deux pères
qui avaient commencé une enquête sur eux. Eux des sectaires. Mélaine est
tombée enceinte suite à son viol et tous ensembles nous l’avons aidé à
surmonter cette épreuve. Nous avons même tous déménagés pour lui faire
changer d’air. C’est moi qui ai donné le prénom Armel, c’était l’ensemble de
nos deux prénoms. Pour moi Ariane (Ar) et pour elle Mélaine (Mel). C’est
ainsi que notre vie avait repris son cours normal jusqu’à ce que tout
bascule. Nos deux familles se sont séparées pour être plus en sécurité et
je n’ai plus eu de nouvelles d’eux jusqu’à ce qu’Armel réapparaisse il y a 3
ans.

Ce jour-là j’étais dans mon bureau en train d’étudier un dossier lorsqu’April


m’a annoncé une visite. Je ne voulais pas le recevoir parce qu’il n’avait pas
pris rendez-vous au préalable mais il est renté de force dans mon bureau
et avant que je n’ouvre la bouche pour le foutre à la porte, il a fait sorti sa
chaine de sa poche et je suis restée figée sur place. Je me suis avancée
tout doucement vers lui pour bien voir le médaillon. Il me la tendu et j’ai
faillir m’évanouir. C’était bien la chaine que moi et sa mère lui avions offert
en cadeau pour ses 1 ans. C’était nous-même qui l’avions confectionné avec
l’aide du bijoutier et le nom Armel qui est la médaille est écrit assez
bizarrement. Le ‘‘Ar’’ est en italique et le ‘‘Mel’’ écrit normalement. Mélaine
et moi n’étions pas d’accord sur le modèle d’écriture donc chacune a écrit
l’initial de son prénom comme elle le voulait et nous les avons mis ensemble
pour donner cette chaine. J’ai retourné la médaille et nos deux prénoms y
étaient inscrits.

- C’est… bien toi ? Armel… c’est… toi ? Lui avais-je demandé la voix
enrouée et les larmes aux yeux.

- Oui ma tante, c’est moi. Ton petit Mel.

J’ai éclaté aussitôt en sanglots et l’ai pris dans mes bras. April ayant
compris qu’il nous fallait de l’espace est sortie. Il m’a raconté que ces
même gens avaient tué ses grands-parents et tué sa mère après l’avoir une
fois de plus violée et tout ça sous ces yeux alors qu’il était caché sous le
lit. C’était comme une sorte de rituel qu’ils avaient fait et sa famille a été
le sacrifice. Il a vécu dans des orphelinats parce que les membres de la
famille de ses grands parents ne voulaient pas le prendre pour soit disant
ne pas avoir de problème. Il avait dans ses affaires des photos de lui moi
et sa mère et quand il a eu son BTS à 19 ans il s’est mis à ma recherche. Il
a vu un jour ma photo sur le net et m’a reconnu grâce à une chaine que je
portais tout le temps même jusqu’à aujourd’hui. Il est donc passé par des
moyens très dangereux comme la migration pour arriver jusqu’à moi parce
qu’il avait foi que j’allais prendre soin de lui à cause de mon amitié avec sa
mère et il n’a pas eu tort. Je l’ai mis à l’école militaire comme il le désirait
et une fois sorti il a dit qu’il ne voulait travailler pour personne d’autre que
moi et voulait m’aider à me venger de ceux qui avaient détruits nos deux
familles. Voilà comment du haut de ses 24 ans il est mon chauffeur, mon
bras droit et mon deuxième garde principale. Malcom l’a aussi accepté et
nous le considérons comme notre fils.

Le jour de nos retrouvailles j’ai pleuré comme une madeleine et c’était


d’ailleurs la seule fois que j’avais pleuré après ma sortie de l’hôpital
psychiatrique…

April rentre dans mon bureau et me fais signe que Daniel THOMPSON
était en ligne. Je me dépêche donc de décrocher le téléphone.

- Comment se fait-il qu’il y a les BFA (Best Firm Awards) et que mon mari
ne fasse pas partie de la liste ? Comment ?

« - Madame je… »

- Non je ne veux rien savoir. Je ne sais pas comment tu vas t’arranger mais
démerde-toi pour que dans les minutes qui suivent le nom de sa compagnie
y figure et que ce soir il puisse me l’annoncer. Et démerde-toi doublement
pour qu’il remporte ces fichues Awards parce qu’il a fait plus de chiffre
cette année que tous ces blancs imbéciles qui se font sodomiser pour avoir
des contrats juteux. Si à la soirée le maitre de cérémonie n’attribue pas à
Malcom et le prix et le diplôme qui va avec je peux t’assurer Daniel que tu
vas te réveiller le lendemain sans tes couilles dans ton froc. J’espère que
je me suis faite bien comprendre.

Je raccroche alors qu’il essaye de répondre. April rentre à nouveau dans


mon bureau mais cette fois de façon en trombe.

- Ton père est.

- Là où ?

- Son cortège vient de garer devant l’entreprise.

- Fuck. Mais qu’est-ce qu’il fou ici ?

- Ca fait 2 semaines que tu n’es pas allée le voir.

- Merde. Ok tu peux y aller.

A peine elle sort que mon père rentre.

- Daddy !! Fais-je en allant vers lui pour l’enlacer.

- Suis-je encore ton père ?

- Bien sûr que si. Attends laisse-moi te regarder un instant… C’est moi ou
tu as rajeunie de 10 ans ?

- Si tu essaies de m’amadouer pour ne pas que je te reproche de ne jamais


venir me voir eh bien c’est raté.

- Sorry !! Dis-je en tirant sur mes oreilles puis en faisant mon visage de
chien battue.
Il roule les yeux et m’ouvre ses bras dans lesquels je me réfugie. Je l’aime
mon papa. C’est lui et sa femme qui m’ont trouvé alors que j’étais sur le
point de mourir et ils m’ont donné une nouvelle famille sans même me
connaitre ni connaitre mon histoire. Je leur serai éternellement
reconnaissante. Nous prenons place dans mon salon et nous discutons de
tout et de rien.

- Tu sais que tu devrais passer voir ta mère et ta sœur. Tu les as


complètement abandonnés.

- I know (Je sais). J’irai les voir promis.

-Ok bon je dois y aller, mon jet m’attend. Dit-il en se levant.

- Ok fais un bon voyage.

Il me prend à nouveau dans ses bras et me caresse les cheveux


exactement comme quand j’avais perdu la tête. Il le faisait pour me
communiquer son amour alors qu’il ne me connaissait qu’à peine.

- Tu devrais tout laisser tomber et vivre une vie normale avec nous qui
t’aimons. Me chuchote-t-il à l’oreille alors que je suis toujours dans ses
bras. Confie ton cœur au Seigneur. Lui seul pourra te guérir et t’aider à
pardonner. La haine t’éloignera de ceux qui t’aiment et te rapprochera de
ceux qui veulent te nuire. Mais le pardon rendra possible dans ta vie ce qui
est impossible.

Je me détache de lui et en guise de réponse je lui fais un sourire. Lui et


ma mère savent pour ma vengeance. Ils savent absolument tout de mon
passé et m’aident du mieux qu’ils peuvent. Ils savent qu’ils ne peuvent pas
m’empêcher d’exécuter mon plan mais à chaque fois qu’ils en ont l’occasion
ils essayent de me faire entendre raison. C’est d’ailleurs pour les épargner
de tout ça que je mets un peu de distance entre nous. Je le raccompagne
jusqu’à son véhicule et le regarde partir. Je remonte ensuite m’occuper de
mes dossiers en attente.

C’est toute épuisée que je rentre chez moi retrouver mon époux. Une fois
au salon je balance mes talons aiguilles et vais retrouver l’homme de ma vie
dans son bureau. Je m’assois sur ses jambes et attends qu’il raccroche ce
qu’il fait s’en tarder. Je m’approche et après l’avoir embrassé m’assois sur
ses jambes.

- Bonne arrivée toi.

- Merci. Qui c’était ?

- Daniel THOMPSON. Apparemment je suis nominé pour les BFA.

- Pourquoi tu le dis sur ce ton ? Quoi ça ne t’enchante pas ?

- Prunelle ça fait 4 ans qu’on me nomine mais qu’on donne mon prix à
quelqu’un d’autre tout simplement parce que je ne suis qu’un étranger dans
ce pays. On sait tous comment ça se passe chez les occidentaux. Aucun
étranger ne peut venir dans leur pays et avoir plus d’honneur qu’eux encore
moins quand c’est un black. Je n’irai même pas.

- Non tu iras et je peux t’assurer que cette fois ce sera la bonne.

- Et qu’est-ce qui te fait croire ça ?

Je me lève et me rassois en califourchon sur lui puis entoure son cou de


mes bras.
- Eh bien parce que tu es mon époux et que je sais que tu es meilleur que
tous ces blanc réunis. Je sens que cette année sera la bonne.

- Je l’espère aussi sinon c’est fini, plus de BFA.

- Don’t worry baby (ne t’inquiète pas bébé).

- Je suis très chanceux tu sais ? Oui je suis super chanceux de t’avoir dans
ma vie. Dit-il en me caressant le dos.

- Me too (moi aussi). Ma vie n’aurait pas été la même sans toi. Tu es la plus
belle chose qui me soit arrivée.

Oui ma vie n’aurait pas été la même sans lui. Je l’aime et je ferai
absolument n’importe quoi pour lui quitte à donner une bonne correction
aux organisateurs de ces fichues Awards pour qu’on lui donne le prix car il
doit lui revenir. Il m’apporte tellement de joie que je ferai tout ce qui est
en mon pouvoir pour le garder parce qu’il risque de me quitter s’il apprenait
tout. S’il apprenait tout sur mon passé et aussi sur mon plan de vengeance.
Je ne suis pas sûr qu’il voudra toujours d’une meurtrière.

Je ne suis pas sûr qu’il voudra toujours de moi s’il apprenait que ses
parents font partis des gens que je vais tuer. Je l’aime plus que ma vie
mais le sort de ses parents est déjà scellé et RIEN ni PERSONNE ne
pourra le desceller. Je vais les tuer.
La vengeance est une femme

Episode 4

- Tu veux que j’aille te chercher ton costume de ce soir ? Je demande à


Malcom en lui boutonnant sa chemise.

- Non ne te dérange pas, je le ferai moi-même.

- Non ça ne me dérange. Rien de ce qui te concerne ne me dérange mon


amour. Alors prêt pour recevoir ton prix ce soir ?

- J’y vais seulement parce que tu me le demande sinon j’avais prévu une
soirée rien que pour tous les deux.

Il me colle à lui et saisi mes lèvres pour un bref et doux baiser. Il en pose
un dans mon cou puis sur mon front avant de me faire asseoir sur le lit
pour me faire porter mes talons. Il sort ensuite de la chambre avec sa
veste posée sur son bras et son sac d’ordi. Je finis de me préparer à mon
tour et le rejoins en bas des escaliers avec Mel à son côté qui me
débarrasse de mes sacs. Malcom me tend mon gobelet à café et ensemble
nous sortons de la maison. Mel vit dans la dépendante derrière notre
maison donc est à ma disposition à toute heure. Malcom et moi nous
embrassons en nous souhaitant bonne journée et chacun monte dans sa
voiture. Lui n’a pas de chauffeur parce qu’il dit ne pas en avoir besoin. Une
fois nos deux voitures séparées, je récupère l’enveloppe posée près de moi
sur la banquette. Ce sont les informations sur le couple ICHOLA. Plus je
parcoure les documents et photos plus des idées diaboliques me passent
par la tête. Je vais faire d’une pierre deux coups. Je vais détruire leur
famille le même jour.

- Obtiens-moi une carte d’invitation pour le mariage de leur fille. Ça fait


longtemps que je n’en ai pas assisté à des mariages. Il faut que j’aille y
mettre un peu d’ambiance.
- D’accord ma tante.

Nous arrivons quelques minutes plus tard et comme à l’accoutumé, April


est là pour m’accueillir. Sa tablette à la main elle me dicte mon programme
de la journée jusqu’à ce que nous arrivions à mon bureau. Mel quant à lui
est allé poser ce dont j’aurai besoin dans la salle de réunion.

- Tout le monde est déjà dans la salle de conférence ?

- Oui Vicky. Au fait…

- Quoi ?

- Humm, il y a Julie qui est arrivée avec un œil au beurre eeet c’est la 5e
fois depuis la semaine passée.

- Ah bon ? Et a-t-elle dit ce qui lui arrivait ?

- Non mais je pense qu’elle est victime de violence de la part de son mec.

Je pousse un soupir en secouant la tête et réfléchis rapidement.

- Ok on verra ça à la fin de la réunion. Ma robe pour ce soir est prête ?

- Oui. J’ai déjà averti que tu irais la récupérer toi-même.

- Good. Allons à la réunion.

Elle me suit de nouveau jusqu’à la salle de réunion où tout le monde se lève


pour m’accueillir. Je leur fait signe de s’asseoir et nous débutons la
réunion. Chaque département me fait le point de ses activités et ses
projets ainsi que les difficultés qu’ils rencontrent s’il y en a. Je donne à
chacun mon point de vue et des directives puis la réunion tire à sa fin.
- Je vous avais déjà averti que je serai absente pour quelques mois. Je vais
ouvrir une autre succursale et ça me prendra un peu de temps mais j’aurai
des yeux ici et je pourrai vous surprendre à n’importe quel moment pour
m’assurer que vous travaillez comme il faut. Ne pensez donc pas profiter
de mon absence pour foutre le bordel dans ma boite. Jones, dis-je
regardant la concernée, tu es ma seconde et je compte sur toi pour
conduire sur de bonnes railles cette boite pendant mon absence. Je veux
un rapport chaque fin de semaine et s’il y a de grandes décisions à prendre
tu m’en fais part. Pour les petits problèmes je te laisse les gérer.

- C’est compris.

- Ok nous avons terminé. Julie, suis-moi dans mon bureau. Bonne journée
de travail à vous. Fais-je en me levant.

Je m’installe derrière mon bureau et ordonne mes dossiers le temps que


Julie prenne elle aussi place. Une fois fait je la fixe et elle baisse la tête.

- Il parait que ça fait la 5e fois en deux semaines que tu viens comme ça.
Dis-je en montrant son œil avec mon menton. Alors tu m’explique ? ET
n’essaie même pas de me mentir.

- C’est mon fiancé. Il m’a battue parce que j’ai essayé une fois de plus de le
quitter. Il a perdu son travail il y a 4 mois et depuis il a changé. Il passe
son temps à boire et à fumer chose qu’il avait arrêté après notre
rencontre. J’attirais son attention mais ça finissait toujours en dispute
violente où il se mettait à casser tout puis un jour il m’a battu. Il a même
pris un jour l’argent du prêt que j’avais pris pour mettre sur pied une
activité pour tous les deux afin de ne pas dépendre seulement de mon
salaire pour aller jouer au poker et il a tout perdu. Il m’a encore battue
quand je lui ai fait des histoires. J’ai donc décidé de le quitter pour lui
permettre de se reprendre en main parce qu’il risque de me tuer dans sa
colère maladive mais il refuse et me violente à chaque tentative.
Je me mets à jouer avec mon stylo en réfléchissant. Les hommes violant je
les déteste par-dessus tout. J’appuie sur un bouton de mon portable pour
appeler Mel et le préviens qu’on sort. J’ordonne à Julie de me suivre et de
nous indiquer chez elle. Elle obéit avec hésitation en me disant que ça ne
vaut pas la peine que je me déplace pour ça. Je ne l’écoute pas et nous
montons dans ma voiture. C’est toute tremblant qu’elle ouvre la porte de
chez elle pour nous laisser entrer. Son homme est couché dans le canapé
en train de regarder un match en buvant je ne sais combien de bière. Il
jette un coup d’œil négligé vers la porte et quand il nous voit il se lève d’un
seul coup.

- Euh qu’est-ce qui se passe ? Demande-t-il en passant son regard de moi à


Mel puis sur Julie.

- Vas prendre tes affaires Julie. J’ordonne en fixant l’autre imbécile.

- Woh woh qu’est-ce que ça veut dire ça ? Vous venez chez moi et
ordonnez à ma fiancé de prendre ses affaires. Non mais pour qui vous
prenez-vous ?

-Julie j’ai dit va prendre tes affaires et maintenant.

Julie se décide enfin à s’exécuter lorsque son fiancé se déplace de sa


place pour venir vers elle à pas rapide dans l’intention de l’arrêter mais
avant qu’il ne puisse l’atteindre je me place devant lui, lui attrape
rapidement le bras et le tord avec force puis le retourne pour le plaquer
contre le mur.

- Maintenant tu vas m’écouter. La prochaine fois qui tu lèveras la main sur


elle je peux t’assurer que je te le ferai payer le restant de tes jours. Elle
n’a pas accepté de se fiancer et de vivre avec un incapable doublé de lâche
et triple idiot. Quand tu te décideras à redevenir l’homme qu’elle a aimé
auparavant et avec qui elle comptait passer le restant de sa vie eh bien tu
iras la voir pour recoller les morceaux. Elle t’attendra parce qu’elle t’aime
mais si tu mets du temps à te reprendre en main, elle ira voir ailleurs. Je
me chargerai moi-même de lui présenter un homme, un vrai qui saura
prendre soin d’elle. Maintenant laisse-la prendre du recul. Dis-je en
libérant mon emprise.

Il se retourne en se massant le poignet. Je peux sentir de la tristesse et


du découragement dans son regard mais c’est le mieux à faire sinon il ne
fera rien pour changer. Julie ressors des minutes plus tard avec ses
valises et nous y allons. Je lui paye une chambre d’hôtel le temps que
demain on lui trouve un appart. Je déteste la violence que ce soit sur moi
ou sur quelqu’un d’autre. C’est d’ailleurs pour pouvoir me défendre que j’ai
pris des cours d’auto-défense à l’école militaire.

Nous finissons de nous préparer pour la soirée et nous mettons en route.


Mel nous y conduit et nous sommes escortés par seulement une voiture.
Malcom n’aime pas trop ça donc j’ai juste demandé à deux de mes gardes
de venir. Malcom est un peu stressé donc je lui tiens la main et emmène
des sujets de conversation gaie jusqu’à ce que nous arrivions. Les flashs
des photos fusent de partout et les gens se font photographier. Il y a des
costumes et des robes de soirée de tout genre, de toutes les couleurs et
toutes les tailles. Moi et Malcom avons opté pour des vêtements simples
mais chics. Les choses tape à l’œil ce n’est pas notre truc.

Nous prenons tous place dans la grande salle et la cérémonie commence.


Les différents prix sont attribués par catégorie et moi j’attends
impatiemment qu’on annonce le lauréat du grand prix pour qu’on puisse s’en
aller. J’en ai marre de voir la tête de tous ces gens arrogants. Mel aussi
qui est assis avec nous puisqu’il fait partie de la famille a l’air de s’ennuyer.
Lui et Malcom s’entendent à merveille, on aurait dit qu’ils sont père et fils.
Mon regard et celui de Daniel THOMPSON se croisent et je le salue de la
tête. Il y répond de façon timide puis détourne le regard. On annonce
enfin le grand prix. Celui qui tient la carte fronce les sourcils
d’étonnement lorsqu’il ouvre l’enveloppe qui contient le nom du gagnant et
le lit.

- Nous allons maintenant passer au grand prix BFA. Celui à qui revient ce
prix a été plusieurs fois nominé mais n’en a jamais remporté. Il a fait un
chiffre d’affaire de plus 30 milliards ces 2 dernières années et je suis
même surpris qu’il n’ait jamais gagné auparavant vu le palmarès de son
entreprise et du nombre de contrat qu’il a signé cette année. Moi en tant
qu’un black, dit-il en souriant, je suis super heureux et fière et de vous
annoncer que le prix BFA reviens à la société MHB Group avec à la tête
mon chère frère Malcom. Congratulations guy (Félicitations mon gars)

Les acclamations s’élèvent dans toute la salle quoi que la surprise est de
taille surtout chez ceux à la peau blanche. Les noirs quant à eux sont
supers heureux parce que comme je l’ai dit ce genre de compétition est
toujours destinée aux white ce qui fait que les black n’y participent pas
beaucoup ou ne répondent pas à leurs nominations. Malcom reste figé un
bref instant tellement surpris puis quand il revient à lui m’embrasse et fait
une accolade à Armel avant de monter récupérer son prix. Je regarde mon
homme heureux et je le suis encore plus. Voir la personne qu’on aime
heureuse nous remplit forcement de joie. Si Daniel avait donné ce prix à
quelqu’un d’autre, je l’aurai buté et buté ce quelqu’un d’autre c’est sûr.

- Wahoo, commence Malcom devant le micro son trophée à la main, i’m so


happy (je suis si heureux). Je ne m’attendais vraiment pas à recevoir ce
prix. Je suis… wahoo. Les mots me manquent. Je voudrais dédier ce prix
d’abord au Seigneur, oui car c’est grâce à lui si je suis là où je suis
aujourd’hui. Il est mon guide.
Les ‘‘amen’’ se font entendre un peu partout dans la pièce obligeant Malcom
à marquer une pause. Moi son Seigneur ne m’intéresse pas donc j’attends
juste le moment où il me le dédiera.

- Je voudrais, reprend-il, ensuite dédier ce prix à une personne qui m’est


chère. Elle est la personne la plus importe de ma vie. She’s my inspiration
and my motivation (elle est mon inspiration et ma motivation). Sans elle ma
vie n’aurait pas été la même. Ce prix je le dédis à la femme de ma vie, ma
prunelle Vicky. I love you so much sloe. You’re the best thing of my life (tu
es la meilleure chose de ma vie).

Je lui souffle un bisou avec mes deux mains puis rejoins les autres dans
leurs acclamations. Malcom revient vers nous et on s’embrasse brièvement
avant qu’il ne se rasseye.

- Je te l’avais bien dit que tu le gagnerais ce prix. Lui dis-je à l’oreille.

- Thank you darling.

Il accompagne sa phrase d’un baiser sur mon front avant qu’on ne se


reconcentre sur la cérémonie. Malcom lui ne cesse de contempler son
trophée comme s’il s’agissait de la neuvième merveille du monde. Je dis la
neuvième car je suis sa huitième merveille. J’aime la lueur que je vois dans
ses yeux. Il est heureux. Que ne ferais-je pas pour le voir heureux comme
il me rend heureuse. Ce prix lui ouvrira de grandes portes, de très grandes
même qui lui donneront plus d’influence ici et ailleurs. Bon ça c’est de fait
maintenant que c’est fini on pourra aller en Côte d’Ivoire. Il pourra
maintenant ouvrir une autre boite dans son pays comme il l’a toujours rêvé
et je pourrai faire de même. Ce n’est pas parce que nous avons réussi
ailleurs qu’on va oublier notre pays d’origine.
Une fois la voiture garée devant la maison, nous souhaitons bonne nuit à
Mel et rentrons.

- Je veux appeler mes parents pour les informer de notre arrivé. Je n’avais
pas eu le temps de le faire.

- Ok.

- Tu viens que je fasse les présentations même si c’est par téléphone.

- Non ça ne présente pas bien de le faire ainsi. Il est préférable


d’attendre quand on sera devant eux.

- Ok je serai dans mon bureau.

Oui il est préférable de faire les présentations face à face comme ça je


prendrai le loisir de voir leurs têtes quand ils me reconnaitront. Je me
rends au bar me servir un verre de vin rouge et le retrouve dans son
bureau. Je retire mes talons après m’être assise sur le siège en face et
croise mes pieds en le regardant converser. Il est heureux. Il discute avec
son père. Ce meurtrier doublé de salaud. Entendre sa voix réveille en moi
une haine sans nom. Je bois un coup quand j’entends la voix de sa mère.
Cette femme, Aïcha, bon sang comme je vais lui faire sa fête. Combien de
gifle elle m’a donné. Combien d’insulte elle m’a lancé au visage. Combien de
fois elle m’a craché dessus. Combien de fois elle a traité mes parents
d’idiots. Je vais tout lui rendre. Qu’elle ne soit pas surprise parce que je le
lui avais dit. Je lui avais dit un jour en la fixant droit dans les yeux qu’un
jour je reviendrai et que je leur ferai leur fête à tous mais
particulièrement à elle et sa chose de mari. Ils ont tous tué mes parents
mais les deux ils m’ont tué. Ils ont tué Ariane. Elle ne m’a pas cru quand je
le lui ai dit et elle verra de ses propres yeux. Je lève les yeux vers Malcom
qui me fait un clin d’œil. J’ai mal pour lui. J’ai mal qu’il soit au milieu de tout
ça. Si j’avais su qui il était jamais je ne l’aurais permis de rentrer dans ma
vie. Mais maintenant c’est trop tard. Je ne peux plus faire machine
arrière. Je l’aime mais je tiens encore plus à ma vengeance. Je ferai mon
possible pour qu’il n’apprenne jamais rien mais si cela arrivait je me verrai
dans l’obligation de choisir ma vengeance plutôt que lui parce que oui je
sais qu’il me demandera de faire un choix. Je n’hésiterai pas à renoncer à
nos 10 années de mariage pour assouvir ma vengeance.

Entendre les voix de ces gens fait remonter pleins de mauvais souvenirs
alors je décide de m’en aller. Je me lève et vais vers Malcom que je
t’interromps dans sa conversation en l’embrassant.

- Je t’aime boo. Peu importe mes mauvais choix. Je lui souffle dans
l’oreille.

- Je t’aime.

Je lui caresse la joue et sors. J’ai mal parce que je sais que rien ne pourra
me faire reculer, même pas tout l’amour que je ressens pour mon mari. 10
ans de mariage n’est rien comparés à 20 années de souffrance.
La vengeance est une femme

Episode 5

Je me prépare pour aller prendre mon jet direction le Bénin où j’ai des
comptes à régler. C’est demain samedi qu’aura lieu le mariage de Houéfa
ICHOLA la fille d’Armand et Fidélia ICHOLA deux partisans de la secte
« Blood Brother ». Ils étaient là le jour où mon père s’est fait sacrifié sur
leur autel satanique. Je dois régler leur cas avant notre retour en Côte
d’Ivoire comme ça je pourrai m’occuper de ceux qui y sont. Je ferme ma
petite valise en même temps que la porte s’ouvre sur Malcom.

- Tu es prête ?

- Oui, plus vite j’irai plus vite je reviendrai pour t’aider à boucler les
dernières valises pour notre départ.

- Ok fais donc l’effort de rentrer vite dimanche. N’oublie pas que nous
avons un diner avec tes parents.

- Oui ne t’inquiète pas je serai là à temps.

- Tu vas me manquer. Dit-il en me prenant dans ses bras.

- Ce n’est que pour deux jours.

- Oui mais c’est trop. Même quand on se sépare pour le boulot tu me


manque énormément. Et si on fusionnait nos deux entreprises ?

- Tu sais très bien qu’on ne le peut pas. Nous ne sommes pas dans le même
domaine.

- Mais on peut en créer une ensemble.

- Ca rendrait notre mariage ennuyeux parce que nous n’aurions plus grande
chose à nous confier. On ne se manquera pas et on finira par se lasser l’un
de l’autre. Je t’aime tu le sais ça ? Dis-je en lui caressant la joue.

- Moi aussi ma prunelle.


Il me fait un smack puis m’aide à enfiler mes mocassins. Il porte ma valise
jusqu’à la voiture et la donne à Mel. Je me retourne vers mon homme et
l’enlace par la taille.

- Tu vas beaucoup me manquer. Entame-t-il avant que je ne parle.

- A moi aussi mon amour. Sois sage ici.

- Comme une image je serai. Tu sais très bien qu’aucune femme sur cette
terre ne peut me détourner de toi. Aucune ne t’arrive à la cheville. You are
my wife (tu es ma femme).

- And you are my husband (et tu es mon mari). Mon merveilleux mari à moi.

Je lui donne un langoureux baiser avant qu’il ne m’ouvre la portière pour


que je m’installe dans la voiture. Nous quittons les lieux et la Vicky de
Malcom disparait pour laisser place à V. Mon sourire disparait pour laisser
place à une mine sérieuse. Mon cortège de trois voiture dont l’une devant
nous et les deux autres derrière nous accompagne comme toujours. J’aurai
toujours besoin d’eux pour veiller sur ma sécurité car dans ce genre de
chose il faut toujours avoir une sécurité de fer. Je repasse en tête le plan
pour m’assurer que tout est ok.

***Samedi***Bénin, Abomey-Calavi***

Vêtue d’une très longue robe de soirée, je mets mes talons aiguilles de la
même couleur plus les bijoux qui vont avec. Je me regarde dans la glace et
je me sens prête pour aller assister au mariage de l’année. De l’année oui
parce que je vais le rendre exceptionnel. Puisque c’est le mariage de la fille
d’un député les médias seront présents. Apparemment la jeune fille aime
s’afficher et sa tombe bien parce que je vais l’aider à bien le faire. Le
monde entier parlera de son mariage avec ce que je leur prépare. Du père à
la mère en passant par la fille, ce ne sont que des voyous habillés en
costume et robe de grand couturier. Je pense qu’ils ont déteins sur le
future marié parce que lui aussi est un ripou.

Une fois arrivée sur le lieu de réception, je montre ma carte d’invitation et


on me donne accès au lieu avec Mel à ma suite. Les mariés font leur entrée
et la fête commence. Je vois de là où je suis assise ceux pour qui je suis là.
Ils ont certes pris de l’âge comme eux tous d’ailleurs depuis la dernière
fois que je les ai vu mais ils sont toujours les mêmes. Ils ne me
reconnaissent jamais non seulement parce que j’ai beaucoup changé
physiquement mais aussi parce que je me déguise un peu. Perruque, nouveau
style de maquillage et lentilles. Ils ne me reconnaissent que lorsque je
décide de me dévoiler.

La mariée s’éclipse un moment avec sa dame de compagnie alors je compte


jusqu’à 20 en imaginant ce qu’elle est supposée être en train de faire. Je
me lève avec ma pochette en main et la rejoins dans les toilettes pour
femme. Je dépasse sa dame de compagnie qui semble avoir oublié quelque
chose. J’entre et trouve la mariée en train de se laver les mains. Je me
place à côté d’elle et ouvre ma pochette avec empressement. J’y sors un
petit sachet et en consomme le contenu. Elle me regarde genre.

- Tu en veux ? Je lui demande en me mastiquant les dents.

- Euuh non merci. Je préfère rester sobre le jour de mon mariage.

- Oh je peux t’assurer que ça, ça vas t’aider à t’amuser comme jamais. J’en
ai pris aussi le jour de mon mariage et c’était la folie. Ça reste jusqu’à ce
jour le plus beau moment de ma vie. Ou bien tiens celle-là, elle est moins
forte. Je lui propose en sortant un autre sachet de ma pochette. Je pense
que tu l’as connais bien.

- Comment ça ?
- Entre consommatrice on se connait. Je sais que tu en consommes donc
n’essaie pas de te jouer les saintes-ni-touche. Et puis ce n’est pas si mal
d’en prendre le jour de son mariage, ça nous donne encore plus de peps. Tu
seras même une vraie tigresse ce soir pour votre nuit de noces. J’ajoute
avec un clin d’œil.

Elle me regarde puis regarde le sachet dans ma main avant de ramener son
regard sur moi. Je lui fais oui de la tête. Elle va condamner la porte et
comme je l’espérais vient me prendre le sachet des mains. Je lui pose des
questions sur le mariage et autre en la regardant consommer l’herbe juste
pour faire la causette. On sympathise même puis quand nous entendons
cogner à la porte nous décidons de retourner à la fête. Elle est désormais
sous effet de substance donc il sera facile d’obtenir la réaction espérée.
Elle se drogue déjà voilà pourquoi ça n’a pas été difficile de la convaincre.
Seulement dans la drogue que je lui ai donnée j’ai fait un mélange avec
d’autres substances qui vont lui faire perdre le contrôle d’elle-même. Le
mien c’était juste du gingembre râpé. Je retourne aussi à ma place et
donne le signale à Mel qui s’occupe du reste. Il y a un écran géant dans la
salle sur lequel défile les photos des mariés d’avant leur mariage et de
maintenant dans leurs ténues de mariage. Selon mes informations, la
grand-mère de la mariée qui n’a pas pu venir de Belgique à cause de sa
santé fragile lui a fait parvenir une vidéo surprise pour lui souhaiter ses
vœux, et c’est là que V va intervenir. M ICHOLA annonce à sa fille dans le
micro la surprise et la vidéo se met à tourner. Tout le monde a les yeux
rivés sur l’écran donc pas moyen que quelqu’un manque le spectacle qui va
suivre. Je verse mon propre champagne dans ma propre coupe avec
lesquels je suis venue et regarde aussi la vidéo quand tout d’un coup l’écran
se met à grisoller et là BAM, on assiste à une sexe-tape entre la mère de
la mariée et le marié. Je souris en sirotant mon verre. Le choc se lit sur
les visages et les murmures remplissent la salle. Des mères ferment les
yeux de leurs enfants pour les empêcher de regarder. Le volume augmente
de plus belle et les gémissements de la belle-mère se font assourdissants.

TU ES FORMIDABLE V.
C’est la panique totale. Les techniciens essayent d’arrêter la vidéo mais
rien y faire. Ce sont mes hommes qui la commandent depuis dehors dans
une camionnette. La vidéo change encore pour laisser place à autre une
sexe-tape mais cette fois entre le père eeet… le marié. Cette fois c’est la
totale. La mariée restent d’abord abasourdit par tout ça pendant que les
médias se font plaisirs à gogo. Je sens que les journaux Béninois auront du
succès dans les jours à venir ainsi que leurs sites. Voyant qu’ils ne
pouvaient arrêter la vidéo du père qui se faire sucer par son beau-fils, la
sécurité se décide à vider la salle pour laisser la famille régler ça seule. Je
m’éclipse aussi mais juste le temps que la salle se vide puis reviens. La
mariée a commencé à faire du tapage.

- COMMENT AVEZ-VOUS PU ME FAIRE CA ? Hurle-t-elle, VOUS MES


PARENTS.

- Laisse-nous t’expliquer mon bébé, commence la mère en pleurant. Ce n’est


pas ce que tu crois.

- ET QU’EST-CE QUE JE CROIS ? QUE DIABLE VEUX-TU QUE JE


CROIS EN VOUS VOYANT BAISER AVEC CELUI QUI EST SENCE ETRE
MON MARI ?

- Mon amour… Essaye d’intervenir le marié.

- TOI LA FERME. TU LA FERME SINON JE TE JURE QUE JE TE BUTE.

- C’est d’ailleurs ce que tu devrais faire ma belle. Je me glisse dans la


conversation en m’avançant vers le groupe à pas rassurés

- Qui êtes-vous ? Me demande le père.

- Ca n’a pas d’importance. Alors ma belle comme je disais tu dois les tuer
ces deux que tu considères comme tes parents parce qu’ils t’ont vraiment
niqué sur ce coup.

- Pourquoi vous m’avez fait un coup pareil ? Demande la mariée en éclatant


en sanglots. Que vous ai-je fait ?
- Mon bébé…

- Eh bien parce que tu n’es rien pour eux. Tu n’es pas leur fille. Je lâche en
m’asseyant sur une chaise que Mel a rapprochée et croise les pieds.

- Quoi ?

- Tu n’es pas leur fille.

- Ils m’ont ?... Vous m’avez adopté ?

- Volé, je dirai plutôt. Elle, dis-je en désignant Mme ICHOLA, t’a volé.

- FERMEZ LA. Hurle Mme ICHOLA.

Et là une dispute éclate entre un père et une fille surpris d’apprendre


cette nouvelle et un fiancé qui ne sait pas quoi faire pour sauver sa peau.
Mel me tend un document que je tends à M ICHOLA parce qu’à voir leur
fille, je pense que la drogue est en train de faire son effet donc elle ne
pourra pas lire. Elle se torche le nez de temps en temps avec sa main.
Pendant que le père lit le document prouvant mes dires, je décide de faire
le résumé à Houéfa.

- Pour te résumé, je commence en jouant avec mes ongles, cette femme


que tu considères comme ta mère est stérile et elle s’est arrangée avec
une infirmière de l’hôpital où tu es née pour te voler des bras de ta mère
biologique à qui elles ont fait croire que tu étais morte 10 minutes après ta
naissance. Alors si j’analyse bien, c’est parce que ces deux-là n’en n’ont rien
à foutre de toi qu’ils n’ont pas hésité à se taper ton future mari qui lui
aussi a été payé pour se marier avec toi parce que selon tes ‘‘parents’’ tu
serais une pauvre toxico incapable de se trouver un homme. Donc ma belle
je te le redis, TU T’ES FAIT NIQUER EN BEAUTE.

Aussitôt mon monologue finit que Houéfa se met à foutre le bordel dans la
salle en hurlant comme une tarée. La drogue la guide. Sa mère est en
pleure, son père essaie de la calmer et le fiancé s’assoit par terre la tête
entre ses mains. Houéfa jette tout ce qu’elle trouve sur ses parents en les
injuriant et je décide de l’aider à mettre fin à cette histoire. Je porte un
de mes gants en cuire sur ma main droite pour éviter de laisser mes
empruntes sur quoi que ce soit. Je tends ensuite ma main à Mel qui y pose
une arme qu’il a pris soin de piquer à l’un des agents de sécurité sans qu’il
ne s’en aperçoive. Je me lève et vais vers la mariée qui est en train de
pleure tout son saoule à genoux. Je me baisse à son niveau et profite du
fait que ses parents soient en train de se chamailler pour lui tourner la
tête. Je commence à lui parler à l’oreille.

- Mes parents m’ont aussi fait ce sale coup, et tu sais ce que j’ai fait ?

Elle renifle incapable de me répondre.

- Je les ai butés, tous les deux. Dis-je en lui glissant larme dans la main.
Après ça je me suis sentie merveilleusement bien et je suis heureuse
jusqu’à aujourd’hui. Je ne regrette absolument rien.

Elle baisse la tête pour regarder larme puis me regarde. Je lui fais oui de
la tête. Elle hésite encore puis ayant pris l’arme tout doucement se lève.
C’est à ce moment que ses parents se tournent vers elle. C’est toute
tremblante qu’elle lève la main et pointe l’arme sur eux. Le fiancé se lève
aussitôt paniqué.

- Qu’est-ce que tu fais ? Demande son père paniqué. Ma chérie ne fais pas
ça, nous allons tout régler calmement et tout rentrera dans l’ordre.

- Mon bébé, reprend la mère, ne commets cette erreur. Ne fais pas ça.

- Fais-le et tu te sentiras plus mieux. Je lui murmure encore à l’oreille en


étant arrêté derrière elle. Ces gens t’ont volé toute ta vie. Tu aurais pu
être heureuse présentement avec tes vrais parents, mariée à un homme
merveilleux qui te rend heureuse et avec vos enfants. Ils t’ont tout pris, ta
vie, ton bonheur et ton fiancé. Ils t’ont humilié devant tout le pays.

Elle se met à trembler de plus en pleurant. Tout le monde commence à


parler en même temps. Ses parents essayent de la convaincre en même
temps qu’ils me hurlent dessus tantôt des qui ‘‘êtes-vous’’ tantôt des
‘‘fermez-là’’. Moi je continue de lui parler à l’oreille et c’est toute
embrouillée qu’elle tire le premier coup qui par chance se plante dans la
tête de sa mère. Les gardes dehors commencent aussitôt à cogner sur la
porte d’entrée que mes hommes ont pris le soin de condamner. C’est la
panique totale. Les deux hommes se mettent à hurler et moi je continue
mon travail de sorcière. Je suis la petite voix qui résonne dans sa tête.
Avec l’effet de la drogue, ma voix résonne à l’intérieur d’elle comme sa
conscience. Elle pousse un cri et quatre coups s’en vont de façon
désordonnée mais encore par chance les deux hommes sont touchés. Le
fiancé meure sur le coup et le père agonise au sol. Quand elle voit tous ces
corps allongés au sol elle panique direct.

- Oh mon Dieu qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’ai fait ?

- Tu les as tués. Mission accomplie.

Elle continue de se lamenter ainsi et contre attente se tire une balle dans
la tête.

- Wooh. Je ne m’y attendais pas à celle-là. Mais c’est Parfait.

Je m’avance vers le père qui se vide de son sang et comme à l’accoutumé lui
révèle le nom de mon père. Il ouvre grand les yeux mais avant qu’un mot ne
sorte de sa bouche, il rend l’âme. Mel me tend rapidement mon rouge à
lèvres et marque le couple ICHOLA de mon signe. V. Nous sortons aussitôt
par la porte arrière. Une fois loin j’ordonne à mes hommes de débloquer la
porte qu’ils avaient condamnée électroniquement. Je bois d’une traite ma
coupe de champagne et me mets à sourire. J’adore quand tout se passe
comme prévu.

Tu es fantastique V.

***Dimanche***USA, Washington***

Je me rends directement chez mes parents après être descendu de mon


jet où un diner en famille m’attend. On le fait de temps à autre mais cette
fois c’est pour dire au revoir à mes parents. Mes hommes rentrent chez
eux et je reste avec mon filleul Mel. Les gardes de la maison de mes
parents m’escortent jusqu’à l’intérieur où je rencontre ma mère qui venait
à ma rencontre.

- Oh my baby. Je suis si heureuse de te voir.

Elle me prend dans ses bras et me serre fort. Je réponds à son étreinte.

- Mee too mummy. (Moi aussi maman)

- Comment tu vas mon bébé ?

- Très bien maman et toi ?

- Maintenant que je te vois ça va. Tu m’as abandonné ma fille.

- Meuh non maman, j’étais juste un peu trop occupée c’est tout.

- Occupé à quoi ? Demande-t-elle avec un air qui dit qu’elle sait déjà la
réponse.
Je roule les yeux et ma petite sœur Faith vient me sauver de longs
interrogatoires.

- Vickyyy. Crie-t-elle en venant sauter dans mes bras.

Je la réceptionne en basculant légèrement en arrière à cause de son poids


et la serre très fort. Je l’aime ma petite sœur chérie. Elle a 18 ans et se
comporte toujours comme une petite fille. Elle et moi sommes très
proches comme si nous avions le même sang. Je ne me suis jamais sentie
rejeté après sa naissance.

- Tu m’as apporté quoi ? Tu m’as apporté quoi ? Fait-elle en sautillant.

Elle voit Mel et se ressaisi d’un seul coup. Elle devient timide et commence
à se caresser les cheveux.

- Bonsoir Mel.

- Bonsoir Faith comme vas-tu ?

- Très… bien.

Je regarde ces deux-là et je roule les yeux. Ils se plaisent mais personne
n’ose faire le premier pas. Je décide de rompre ces échanges de regard.

- Ton chauffeur arrive avec tes cadeaux Faith.

Elle revient à elle et n’attend pas que ce dernier vienne à elle qu’elle court
dehors pour le retrouver. Maman embrasse Mel et nous conduit dans le
salon où sont confortablement installés les deux hommes de ma vie.
J’enlace très fort mon père puis me dirige vers mon amour pour un doux
baiser. Ici aux États-Unis s’embrasser devant les gens n’est pas tabou.

- Comment tu vas toi ? Je demande à mon homme tout près de ses lèvres.

- Bien maintenant que je t’aie près de moi. Ta chaleur m’a manqué. Rajoute-
t-il dans mon oreille.

- J’ai une surprise pour toi cette nuit.

Je lui fais un clin d’œil et il sourit. Nous nous retournons vers les autres
qui nous regardent en souriant. Faith vient nous rejoindre en s’extasiant
sur les cadeaux que je lui ai apportés. J’aime être entourée de ma famille
comme là maintenant. Jamais je n’aurais pensé que moi fille d’un Colonel de
police je finirai fille d’un vice-président des Etats-Unis. Mon père adoptif
M John HAMILTON était le Vice-président de ce pays les 10 années qui
ont suivies mon adoption après quoi il a décidé d’abandonner son projet de
devenir Président pour se concentrer sur sa petite famille qui ne comptait
plus que lui et son épouse Laura. Laura HAMILTON, ma nouvelle mère
n’arrivait pas à enfanter mais le miracle s’est produit une année après
qu’elle et son mari m’aient recueilli. Les chrétiens disent que c’est le
résultat de son amour envers l’enfant d’autrui en l’occurrence moi. Elle a
pris soins de moi comme son propre enfant et a accepté de faire de moi
une HAMILTON. Elle passait ses journées à mon chevet tout le temps que
j’ai passé dans le coma donc en retour Dieu s’est souvenu d’elle. Mon père
en dehors de sa vie politique qu’il a une multinationale dont je dirige la plus
grande partie et il fait partie des hommes les plus riches ici. Il continue de
mener sa vie dans la politique même s’il ne vise aucun haut poste. Dans ce
domaine même quand tu prends ta retraite tu es toujours honoré, en tout
cas si tu avais une bonne réputation. Ma mère mène à bien son sa fondation
pour enfants démunis. Elle parcoure le monde pour venir en aide aux
familles pauvres et récupèrent les orphelins pour les ramener dans sa
fondation. Elle a eu ce déclic après m’avoir sauvé de la mort.
Nous passons à table dans la bonne humeur et nous discutons de tout et
rien. Faith n’arrête pas de regarder Mel en cachette et lui fait
l’indifférent. Nous, nous continuons de discuter de tout et de rien puis la
discussion vire vers la religion. Vraiment, tu ne peux pas passer une
journée avec eux sans qu’il ne te parle de Dieu et de ses merveilles et
patati et patata.

- Le pasteur Bill te passe le bonsoir Vicky. Me dit maman.

- De même.

- Il aurait voulu que tu sois là pour prier aussi pour toi.

- Il a prié pour Malcom donc c’est comme s’il l’avait fait aussi pour moi.

- Oui mais chacun a sa vie et chacun doit être protégé.

- Si c’est ça ne t’inquiète pas. J’irai avec tous mes hommes.

- Mais les hommes ne peuvent pas t’apporter la protection que Dieu


t’apportera, renchérit papa. Les hommes sont limités mais Dieu non.

- Alors Faith comme ça va à l’école ? Je demande pour changer de sujet.

- Bien. Mel j’aurai besoin de ton aide pour un devoir… enfin si tu veux bien.

- Ok pas de souci. On le fera après le diner.

- Avant que vous ne partiez je voudrais prier pour vous, reprend maman.
Tout le monde peut prier pour vous mais la prière des parents est
importante.

- Oui ça c’est indispensable. Réponds Malcom en souriant.

Le diner se termine sur un autre sujet de conversation plus gaie et nous


nous rendons dans la salle de séjour. Maman revient sur son idée de prier
pour nous et je roule les yeux. Sérieux leurs histoires de prière ça me
saoule. Ils ont réussi à avoir Malcom qui les suit chaque Dimanche matin à
l’église et les mercredis soir pour les réunions. Tout le monde ferme ses
yeux et voyant que je ne ferme pas les miens, Malcom me presse la main et
me fait signe de les fermer. J’obéis et me mets à penser à ma prochaine
cible. Je ne sais pas ce qu’elle a dit dans sa prière et je n’ai d’ailleurs pas
envie de savoir mais je reviens à moi quand tout le monde dit Amen.

Dieu, lui et moi ne sommes pas amis. Je le considère même comme un


ennemi même si à lui je ne peux rien faire. Je le tiens responsable de tout
ce qui m’est arrivé. Oui tout est sa faute. N’est-ce pas qu’on dit que rien
n’arrive sans qu’il ne l’ait permis ? Donc c’est lui qui a voulu tout ce qui
m’est arrivé. Je pense qu’il n’avait pas besoin de me faire passer par tout
ça pour me faire savoir qu’il ne m’aimait pas. Il pouvait tout simplement me
reprendre le souffle de vie qu’il m’a donné et c’était tout mais
apparemment il voulait me voir souffrir atrocement et j’espère qu’il est
satisfait maintenant. Je ne vais pas à l’église et je n’irai jamais. Je ne crois
pas en lui et je n’y croirai jamais. Pourquoi m’occuper de quelqu’un qui lui
m’a abandonné ?

- Vicky j’aimerais te voir en privé stp. Me dit ma mère me faisant sortir de


mes pensées.

- Ok mum.

Je la suis jusque dans leur chambre à elle et papa tandis que Mel suit Faith
dans la sienne. Malcom et mon père reste au salon parler des affaires.

- Tu tiens vraiment à te venger de tes beaux-parents ? Me demande-t-elle


de but en blanc après avoir fermé la porte de sa chambre.

Je m’apprête à lui demander comment elle a su qu’ils faisaient partie de la


liste noire quand je me rappelle que je suis aux Etats-Unis. Il n’y a pas
meilleur service de renseignement qu’ici. C’est d’ailleurs avec les meilleurs
espions et informateur que je travaille. Et puis oui c’est vrai que je le lui
avais dit mais j’ai cru qu’elle avait oublié.
- Je n’ai pas envie d’en parler maman.

- Mais il va falloir pourtant. Tu sais que tu risques de perdre ton mari que
tu aimes tant s’il l’apprenait ?

- Il ne le saura jamais en tout cas si QUELQ’UN dans cette maison ne lui


en siffle mot. J’irai, je leur règlerai leurs comptes à chacun de ces
satanistes et je reviendrai comme je suis partie.

- Vicky…

- Mum, i know what i do. (Maman, je sais ce que je fais)

Elle se résigne et me regarde longuement. Elle sait, ils le savent tous qu’ils
ne pourront jamais me faire changer d’avis. J’ai décidé de me venger et je
le ferai jusqu’à ce qu’ils périssent tous même si je dois y laisser ma vie.

- Ok. Et par rapport aux enfants ?

- Aargh mummy stop. Je ne veux pas en parler. Pas d’enfants un point c’est
tout. Maintenant est-ce qu’on peut aller rejoindre nos hommes en bas ?

- Ok mais d’abord tiens ça. Je veux que tu ailles avec.

Elle sort un truc dans l’un de ses tiroirs et quand elle me le tend je
constate que c’est la Bible.

- Are you serious ? (Es-tu sérieuse ?)

- Je ne te demande pas de la lire même si c’est ce que je voudrais mais je


veux au moins que tu l’ais sur toi. Elle va te protéger.

- Maman j’ai une dizaine de garde du corps et tu penses sérieusement que


c’est un ensemble de papier dont les textes qui y sont inscrits ont été
écrits par des gens qui n’avaient pas toute leur tête qui va me protéger ?
Moi Vicky ? Je lui demande en rigolant presque.

- Ce n’est pas cet ensemble de papier dont les textes qui y sont inscrits
ont été écrits par des gens qui n’avaient pas toute leur tête qui va te
protéger, mais plutôt la puissance s’y trouve.

- No.

- Vicky ces gens travaillent avec le diable donc toi il te faut Dieu de ton
côté pour te protéger et te faire ouvrir les yeux afin que tu vois que ce
que tu fais n’est pas bon.

- I said no. (J’ai dit non)

Je veux sortir de la chambre mais elle me retient et avant que je ne me


rende compte de ce qui se passe elle me prend dans ses bras. C’est quoi ça
encore ? On vient de presque se disputer et elle elle me prend dans ses
bras.

- Je t’aime mon bébé. Je ne t’ai certes pas mise au monde mais je t’aime
comme si. Ne l’oublie jamais. Tu es ma première fille et quoi que tu fasses
je serai toujours là pour toi.

Je ne sais vraiment pas à quoi ça rime mais je me sens bien tout d’un coup
dans ses bras alors je réponds à son câlin.

- Je t’aime aussi maman. Je t’aime fort.

Nous redescendons rejoindre les autres et après près de 2h de causerie


ma bande et moi prenons congés d’eux. Je monte avec Malcom dans sa
voiture et Mel nous suit dans celle de Malcom. Celui-ci se met aussitôt au
lit une fois à la maison. Moi je vais prendre une douche et enfiler la
surprise que j’ai pour lui. Quand je le rejoins dans la chambre il est sur sa
tablette.

- Boo ?

- Oui pru…

Il stop sa phrase quand il me voit dans ma ténue hyper méga sexy. J’avance
à pas sensuelle et m’assoie en califourchon sur lui tandis qu’il a toujours la
bouche ouverte.

- Alors monsieur a perdu sa langue ? Je demande en commençant à bouger


lentement sur lui. Il grogne.

- Comment ne pas la perdre quand j’ai devant moi une tigresse ? J’adore…
quand tu es déchainée.

- Dis-moi que tu m’aime boo.

- Je t’aime… ma prunelle. Tu es mon…essence.

Je n’ai pas le temps de passer par les préliminaires que je m’empale sur lui.
Il m’a manqué et j’ai une folle envie de me sentir aimer ce soir. Me sentir
aimer par lui, lui qui me rends tellement heureuse. V est certe dangereuse
et sans pitié mais Vicky, sa Vicky à lui est une enfant qui veut tout le
temps être dans les bras de son père. Malcom n’est pas seulement mon
époux, mais il est aussi mon père, mon frère, mon oncle, mon meilleur ami,
mon… TOUT. V est insensible mais Vicky est sensible surtout quand il s’agit
de lui. V ne souhaite que se venger de tous mais Vicky ne veut que l’aimer
lui.

- Promets-moi mon amour… de ne jamais me quitter. Je le supplie presque


en haletant.
- Je te le promets… ma prunelle. Jamais je ne pourrais aimer une autre
femme comme toi je t’aime. You and I, Forever and Ever. (Toi et moi, pour
toujours et à jamais)

- Forever and… Ever. Je termine en atteignant le summum du plaisir.

Je m’écroule dans ses bras et nous reprenons nos souffles. Il me serre


contre lui et je me sens hyper bien. Je me sens toujours bien dans ses
bras. Je me redresse et prends sa tête en coupe en plongeant mon regard
dans le sien.

- Promets-moi boo, que quoi qu’il arrive, tu ne m’abandonneras pas. Quoi


qu’il se passe, quoi que tu apprennes, tu ne me quitteras pas.

- Qu’est-ce qui se passe prunelle ?

- Je t’aime tellement mon amour que je mourrai si tu me laissais.

-Hey prunelle, je serai toujours là avec toi. Je t’ai promis t’aimer jusqu’à
mon dernier souffle et c’est ce que je compte faire. Tu es ma femme et
jamais, au grand jamais l’idée de te quitter me traversera l’esprit. Je
t’aime plus que ma propre vie que je serais même prêt à donner pour toi.
Ne doute jamais de ça ok ? Never (Jamais).

- Never.

Nous partons pour un doux et tendre baiser qui devient fougueux. Sa main
glisse jusque sur ma féminité et je me prépare à passer une autre belle
nuit avec mon homme. Les propos de ma mère m’ont travaillé durant toute
la soirée même si je faisais genre. Rien qu’à l’idée que Malcom pourrait me
quitter s’il apprenait tout me brise le cœur. Je ne veux pas le perdre et je
ferai tout mon possible pour que ça n’arrive jamais. Never.
La vengeance est une femme

Episode 6

« - Non je vous en supplie ne me faites pas ça.

Il ne m’écoute pas et continue de se déshabiller. Je ne sais pas où je suis


parce qu’on m’a drogué et quand je me suis réveillée j’ai constaté que je
suis menottée à un lit toute nue, les jambes relevées et écartées dans une
chambre que je ne connais pas. Je vois devant moi un homme beaucoup plus
âgé que moi et je le reconnais. Il faisait partie de ceux qui ont tué papa et
qui ont assisté au viol de maman. Je continue de me débattre et de
supplier l’homme qui me regarde avec appétit et le sourire aux lèvres.

- C’est fou comme tu as un beau corps.

- Je vous en supplie ne me faites pas de mal. Je vous en prie. Laissez-moi


partir.

- Je ne te ferai aucun mal, bien au contraire je vais te procurer du plaisir.


Beaucoup de plaisir. Fait-il en faisant tomber son pantalon.

Quand je vois son membre je panique parce que 1 je suis encore vierge et
2, à voir son regard de pervers je sais qu’il ne va aller en douceur. Alors je
me mets à pleurer de plus belle, à le supplier tout en essayant de me
libérer de ces menottes.

- Je vous en supplie ne faites pas ça. Je suis encore vierge.

- Raison pour laquelle je te veux. Si tu ne l’étais pas on t’aurait déjà tué


comme tes parents. Tu es pure et ça va me procurer encore plus de
pouvoir.
Une fois complètement nu il monte sur le lit et se place entre mes jambes.
Je hurle de plus en plus en priant que quelqu’un vienne à mon secours mais
rien. J’essaye de fermer mes jambes mais il est plus fort et réussi à les
bloquer.

- Non, non, je continue de supplier en bougeant dans tous les sens. Non
pitié, non. Non non non. NOONNN.

Je hurle de toute mon âme quand il me pénètre d’un seul coup avec rage me
déchirant au passage. Je hurle de douleur, de tristesse, d’indignation, de
tout. J’ai l’impression qu’il ne m’entend pas parce qu’il continue sa sale
besogne. Je ne sais combien de temps ça a duré mais je me sens partir à la
fin. Avant que je ne sombre totalement je le vois prendre des trucs sur la
table après s’être habillé et revenir vers moi. Je le sens introduire quelque
chose en moi et le retourner comme s’il voulait récupérer quelque chose
puis le ressort avant de sortir à son tour de la pièce. Une larme perle sur
ma joue puis c’est le trou noir »

Je me réveille quand je sens quelque chose d’humide sur ma bouche.


J’ouvre les yeux et tombe sur ceux de Malcom au-dessus de mon visage.

- Hey ! Dis-je en lui souriant.

- Hey !

Je prends sa tête en coupe et l’embrasse. Il se couche confortablement


sur moi risquant au passage de froisser sa belle chemise déjà bien
repassée.

- Tu sens super bon.


- C’est la nouvelle gamme de parfum pour homme de Royane. Tu aimes ?

- Ouep. Il est pour quelle heure ton rendez-vous ?

- Tout à l’heure. J’y vais de ce pas.

- Tu as pris ton petit déjeuner ?

- Juste un peu café. Je t’ai laissé des pancakes dans le micro-onde.

- Qu’est-ce que je deviendrai sans toi ? Je demande à lui caressant la joue.


C’est à moi de prendre soin de toi, de te faire à manger mais c’est toi qui le
fait pour moi.

- Et j’adore le faire. J’aime prendre soin de toi et je le ferai tant que j’en
aurai la force. Mais tu sais ce que j’aime faire aussi ? Il me le demande
avec un sourire qui me fait deviner ce à quoi il pense.

- Non dis-moi.

Je fais mine de ne pas savoir en enroulant mes jambes autour de lui. Il


commence à poser de petits baisers dans mon cou.

- J’aime te faire de petits bisous. Aussi j’aime te faire des… papouilles.

Il se met à me chatouiller. Et moi qui pensais qu’il voulait me faire l’amour.


Je me tort de rire sous ses gilis.

- Non Malcom arrête… Je t’en supplie.

Il ne m’écoute pas et continue jusqu’à ce qu’il soit lui-même fatigué.

- Oh bon sang Mal, tu vas me tuer. Non mais tu es malade ? Je lui donne
une tape en lui posant la question.
- J’aime tellement t’entendre rire ma prunelle.

Il m’essuie une larme puis capture mes lèvres. Ses mains se font
baladeuses et je croise à nouveau mes jambes autour de sa taille. Je me
mets à déboutonner sa chemise ensuite son pantalon.

- Je vais être en retard. Dit-il entre mes lèvres.

- Fallait y penser avant de me provoquer.

Il sourit et approfondit notre baiser. J’aime cet homme, d’une manière que
je ne peux expliquer. J’enfonce mes doigts dans son dos dès qu’il me
possède et je me sens envolée. Il sait prendre soin de moi. Il a toujours su
s’y prendre.

C’est aujourd’hui le grand départ. Nous irons un peu plus tard que prévu
parce que Malcom doit s’est rendu ce matin à une réunion de dernière
minute avec un homme puissant dans le monde des affaires qui désire
collaborer avec lui. Je l’avais dit que mon homme était doué dans les
affaires, seulement ces imbéciles d’Américains veulent l’étouffer. Mais
depuis qu’il a eu le BFA, plusieurs portes se sont ouvertes. Les contrats
n’ont pas cessé de pleuvoir depuis ce qui augmente son chiffre d’affaire. Il
a décidé d’ouvrir une autre boite en Côte d’Ivoire ainsi que moi d’ailleurs
donc il est possible que nous fassions plus de six mois là-bas, ce qui n’est
pas pour me déplaire. De toutes les façons peu importe le temps qu’on y
passera, je m’arrangerai à en finir avec eux avant.

Je finis de boucler nos valises et lorsque je descends je tombe sur Faith


qui discute avec Mel dans le salon principal.

- Je ne savais pas que tu devais venir.


Ils se lèvent tous les deux à l’entente de ma voix. Faith vient me faire un
câlin et retourne s’arrêter près de Mel.

- J’étais venue remettre ça à Mel, répond-t-elle en me montrant un


bracelet fait de perle avec le nom de Mel écrit dessus.

- Ah ok je vous laisse discuter alors.

Je les laisse et vais m’assurer que tout est en ordre dans la maison puis
récupère mes pancakes dans le micro-onde avant de prendre la direction la
salle à manger mais avant que j’y arrive, April fait son entrée.

- Bonjouuurr.

Je secoue la tête et la regarde me rejoindre.

- Ooh des pancakes.

Elle en pioche un qu’elle se met à manger. Elle veut en prendre un autre


mais je soulève l’assiette par-dessus ma tête.

- Vas t’en prendre dans le micro-onde.

Elle court dans la cuisine et me rejoint après dans la salle à manger. J’ai
décidé de l’emmener avec moi en Côte d’Ivoire. Je n’ai pas envie de me
trouver une autre assistante qui va prendre assez de temps à s’habituer à
ma manière de travailler et mes exigences. Je suis habituée à April et elle
elle sait tout ce que j’aime et ce je déteste. En plus je suis très attachée à
elle.

- Où est Mal ?

- Rendez-vous d’affaire. Il ne devrait plus tarder. Tu n’as rien oublié


j’espère ?

- Non non. J’ai pris toutes mes affaires. J’ai cru voir la voiture de Faith.

- Oui elle est au salon avec Mel.

- J’ai manqué un épisode ?

- Non le film n’a toujours pas commencé. Faith lui fait des yeux doux et lui
fait comme s’il ne voyait rien.

Je termine ma phrase en buvant une gorgée de mon café et les deux


tourtereaux font leur entrée.

- Hey April. Dit Faith en venant lui faire la bise.

- Coucou ma puce, comme vas-tu ?

- Bien. J’étais juste passée faire un dernier au revoir avant le grand


départ et là maintenant j’y vais. Vous allez me manquer.

- Dis plutôt que c’est Mel qui va te manquer.

Mel lance aussitôt je ne sais quoi sur April qui éclate de rire. Faith fait
semblant de n’avoir rien entendu et dit au revoir avant de disparaitre.
April a 4 ans de plus que Mel et ils s’entendent plutôt bien même si Mel lui
est toujours dans sa bulle. Ce qu’il a vécu l’a renfermé sur lui-même.

- Pourquoi tu ne lui déclare pas ta flamme Mel ?

- Je n’ai rien à déclarer et arrête de m’emmerder.


- Oh non, ne me dites pas que le grand Armel est une poule mouillée ?

Il roule les yeux exaspéré et se lève de table pour partir.

- Ok c’est bon, ça va j’arrête.

Il se rassoit et aussitôt April se met à fait le cri de la poule en buvant son


café. Cette fois il se lève et s’en va pour de bon malgré ses excuses. Nous
nous mettons à rire et terminons notre petit déjeuner.

Il est 15h lorsque nous quittons la maison. Le rendez-vous de Malcom a


duré plus que prévu ensuite il a du faire un saut dans sa boite pour régler
un petit souci et il y est encore. Il m’a appelé pour qu’on passe le chercher
pour aller directement au jet. April est assise devant à côté de Mel qui
conduit. Elle s’assure que tout est prêt pour notre arrivé. Elle a réservé
une suite pour mon homme et moi et d’autres chambres pour elle, Mel et le
reste des gardes. J’ai dû supplier Malcom pour qu’il accepte que mes
gardes viennent avec nous. Disons qu’il n’aime pas trop ça. Selon lui c’est
trop tape à l’œil alors que lui aime la discrétion. Il est très calme de
nature donc il évite tout ce qui pourrait attirer l’attention sur lui. C’est
pourquoi il a imposé en échange de son accord que j’en prenne que deux au
lieu de dix. J’ai accepté sans broncher puisque de toutes les façons je les
aurai tous avec moi quand j’irai visiter mes autres victimes.

Malcom vient me rejoindre dans la voiture une fois arrivée devant son
entreprise et nous nous en allons. C’est l’une des rares fois que Malcom
monte dans mon jet. Il déteste voyager seul donc il préfère prendre l’a
avion commun contrairement à moi qui aime être seule, tranquille et me
mettre à l’aise quand je passe d’un pays à un autre. Les gardes et l’hôtesse
font monter nos bagages et April commence à se filmer. Elle est d’ailleurs
la dernière à monter les marches de l’Avion et une fois au pas de la porte
elle se met à hurler.

- BYE BYE NEW-YOK CITY. CÔTE D’IVOIRE I’M COMIIIING.

Malcom se met à rire à cause de son manège et je vais la tirer pour la faire
entrer afin que l’hôtesse puisse fermer la porte.

- Je suis supers heureuse de visiter enfin mon pays.

- Ton pays ? Je demande surprise.

- Oui je suis certes née ici aux USA mais je suis Ivoirienne d’origine, de
père et de mère. Je te l’avais pourtant dit.

- Ah j’ai dû oublier.

La portière se ferme et nous décollons.

Côte d’Ivoire me voici.

***Côte d’Ivoire, Abidjan***

Nous entrons tout épuisés dans notre suite. Malcom tombe direct sur le lit
et je me charge de le dessaper et me mets à ranger nos affaires d’un côté
de la chambre. Nous avons besoin de repos avant d’aller pour le diner de
demain soir avec ses parents. Je tire Malcom du lit et le conduit jusque
dans la douche de force. Je l’oblige à prendre une douche pour faire
baisser la fatigue puis nous retournons au lit. Il s’endort aussitôt et moi je
vais regarder les dernières informations que j’ai eues sur mes beaux-
parents. A ce que je vois ils sont toujours dans la politique. Tant mieux, je
vais pouvoir bien les humilier avant de les envoyer six pieds sous terre.

Enfin nous y allons. Nous sommes prêts pour aller diner avec mes beaux-
parents. Je comptais les secondes et les minutes pour que l’heure arrive
vite et voilà que s’est arrivée. Le diner c’est pour 19h et il est 18h. Le
temps du trajet nous fera arriver chez eux à 19h tout au plus puisqu’ils
n’habitent pas très loin de l’hôtel où nous sommes logés. Je sors ma boite à
bijoux et porte ma chaine. Cette chaine qui les permettra de me
reconnaitre, cette chaine que je refusais de perdre et suppliais ma belle-
mère de la faire arranger parce qu’elle était un cadeau de mon père. Ils
m’ont tellement vu cajoler cette chaine que je suis sûr qu’ils la
reconnaîtront. Ils se souviendront aussi de cette cicatrice sur ma poitrine.
Je cache le tout avec une écharpe afin de créer encore plus une grande
surprise parce que je suis sûre qu’ils ne me reconnaitront pas du premier
coup d’œil parce que j’ai beaucoup changé. Je ne suis plus la petite ado de
17 ans taille fine qu’ils ont connu. Je suis une vraie femme maintenant avec
des rondeurs.

Notre voiture gare dans la cour d’un gigantesque duplex et nous y


descendons. Je sens Malcom un peu nerveux. Normal, il a coupé tout
contact avec eux il y a plus de 10 ans parce que selon le peu qu’il m’a
expliqué, il n’était pas d’accord avec ce qu’ils faisaient rien que pour avoir
du pouvoir. Je citerai entre autre s’enrichir sur le dos des pauvres mais il
ne sait rien pour la secte. Aussi il y a l’histoire avec sa sœur. Ses parents
l’ont obligé à se marier avec le fils de l’actuel gouverneur qui dans le temps
était vice-président afin que s’ouvrent au-devant d’eux plusieurs portes
dans le monde de la politique. Ils ont aussi voulu le faire avec lui mais il a
refusé. Ca a créé beaucoup de tension, ils ont menacé de le déshérité et lui
ont même fermé toutes portes pour lancer ses propres affaires ici donc il
a tout envoyé bouler et ait parti refaire sa vie aux Etats-Unis avec le peu
qu’il avait. Sa sœur ne sera d’ailleurs pas là ce soir parce qu’en voyage avec
son époux. Je lui prends la main pour lui donner du courage et il me gratifie
d’un sourire. A peine nous arrivons devant la porte que celle-ci s’ouvre sur
une femme qui nous conduit jusque dans une pièce qui semble être la salle
de séjour et là nous tombons sur… le couple BEYNAUD. Mme BEYNAUD
saute aussitôt sur son fils qu’elle serre fort dans ses bras.

- Oh mon Dieu merci. Mon fils est enfin rentré. Merci beaucoup de me
l’avoir ramené. S’exclame sa mère.

Elle se met à le toucher un peu partout comme pour s’assurer que c’est
bien lui puis le prend à nouveau dans ses bras en versant quelques larmes.

- Maman ça suffi, dit Malcom un peu lasse de tous ces câlins.

Elle se décide à le laisser et les deux hommes se font une accolade qui
dure un peu plus avant qu’ils ne se relâchent. L’émotion est au rendez-vous.
Ils n’ont jusque-là pas fait attention à moi. C’est tant mieux parce que
quand ils le feront, leur attention ne se détournera plus de moi.

- Papa, maman, je ne suis pas venu seul. Laissez-moi vous présenter


quelqu’un. Dit-il en me prenant par la taille. Papa, maman voici Vicky mon
épouse.

Leurs yeux se posent enfin sur moi et à voir la manière dont ils me fixent
on dirait qu’ils cherchent dans leurs mémoires où ils m’ont déjà vu puis tout
doucement, le sourire aux lèvres, je détache mon échappe un genre comme
si j’ai chaud pour leur faire voir la chaine ainsi que la petite cicatrice que
j’ai au-dessus des seins. Ils la reconnaîtront sans hésiter parce que cette
cicatrice c’est M BEYNAUD qui me l’a fait pour selon lui marquer son
passage dans ma vie. Dès qu’ils voient les deux éléments qui leurs sont
familiers leurs yeux s’ouvrent grandement de surprise et de stupéfaction.

- Bonsoir beaux-parents. Comment allez-vous ? Fais-je avec mon plus beau


sourire.

A peine ma phrase finit que les mains de M BEYNAUD se mettent à


trembler. On aurait dit qu’il a vu un fantôme.

- KOUTOUBOU. Crit Mme BEYNAUD avant de tomber dans les pommes.

Je souris de plus belle en la regardant allongée au sol.

Je vous présente M et Mme BEYNAUD mes pires ennemis.

Je vous présente M BEYNAUD celui qui fut mon premier homme de la pire
des manières.

Je vous présente M BEYNAUD qui a fait de moi sa prisonnière pendant


plusieurs mois.

Je vous présente M BEYNAUD qui n’a cessé de me violer encore et encore


pour des fins rituelles.

Je vous présente Mme BEYNAUD qui était la complice de son époux et qui
venait nettoyer après sa sale besogne.

Je vous présente M et Mme BEYNAUD qui m’ont fait avorter contre mon
gré.

Je vous présente M et Mme BEYNAUD qui m’ont rendu stérile en


bousillant mes deux trompes.
Je vous présente M et Mme BEYNAUD qui voyant que je me vidais de mon
sang m’ont jeté dans la rue espérant que je meure.

Je vous présente M et Mme BEYNAUD, ceux que je vais prendre un malin


plaisir à faire souffrir avant de les tuer.

Je me présente, je suis Vicky HAMILTON BEYNAUD.

La vengeance est une femme

Episode 7

***Flash-back 20 ans plus tôt***

C’est le jour de mon anniversaire. J’ai 17 ans aujourd’hui et depuis 3h de


temps maintenant je suis en appel vidéo avec Mélaine ma meilleure amie
d’avec qui j’ai dû me séparer pour des raisons de sécurité. Je prends des
nouvelles d’elle et de mon neveu Armel que j’aime beaucoup. Papa a prévu
nous envoyer tout à l’heure dans un endroit spéciale qu’il dit avoir préparé
rien que pour moi et demain on ira dans mon restau préféré. J’ai hâte d’y
être. En matière de surprise papa est très doué en tout cas quand il s’y
met parce qu’avec son boulot il est très occupé. Il est Colonel et malgré
qu’il ait des subordonnés, il aime lui-même mener ses enquêtes et depuis
quelques années il est sur une affaire qui le préoccupe beaucoup ainsi que
tonton Théodore le père de Mélaine.

- Ariane commence à te préparer, ton père ne va pas tarder à entrer. Dis


ma mère en entrant dans ma chambre.

- D’accord m’man. Ok ma chérie je te laisse. Bye bisous. Je dis à Mélaine


avant de couper.
Je me lève pour me diriger dans la salle de bain alors que maman pose sur
le lit la robe qu’elle a acheté pour moi. Mes yeux se mettent à briller quand
je vois la magnifique robe mais avant que je ne puisse m’extasier là-dessus,
nous entendons un grand bruit en bas. Maman et moi nous regardons
stupéfaites puis elle descend voir. Je prends ma robe et me met à la
contempler lorsque j’entends maman crier en bas. Je la dépose et m’y
précipite pensant qu’elle s’était faite mal mais grande est ma surprise de
voir quatre hommes en bas dont deux luttent avec maman pour la ligoter.
Je hurle et les deux autres me voyant se jettent à ma poursuite dans les
escaliers. Je m’enferme dans ma chambre mais juste pour 2 secondes
parce qu’ils fracassent la porte d’un seul coup.

- Je vous en supplie ne me faites pas de mal. Je supplie presqu’en pleurant.

Ils s’approchent de moi avec des cordes et du bandage. Les minutes qui
suivent j’ai les yeux bandés et les membres ligotés. Je sens que nous
sommes dans une voiture qui d’ailleurs roule à vive allure. Maman me
demande si je vais bien et je lui réponds que oui. Je suis morte
d’inquiétude parce que je ne sais absolument pas qui sont ces hommes et ce
qu’ils ont l’intention de faire mais à constater le calme de maman j’en
déduis qu’elle elle le sait. La voiture se gare et on nous fait sortir du
coffre. Arrivé je ne sais où on nous retire les bandes et quand nous
ouvrons les yeux nous voyons papa allongé par terre le visage en sang dans
une pièce qui donne froid dans le dos.

- Papa.

- Julien.

Nous nous hâtons vers lui et le prenons dans nos bras. Je me mets à
pleurer aussitôt.
- Chut ma princesse ça va. Essaye de me rassurer mon père.

- Oh mon Dieu qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? S’inquiète maman.

- Ca va mon amour. Comment vous allez ?

- Bien chéri.

Nous restons là les uns dans les bras des autres pendant plusieurs heures.
La pièce est sombre et sans horloge donc nous ne pouvons savoir l’heure
qu’il fait. Nous commençons tous à somnoler lorsque la porte s’ouvre en
fracas sur plusieurs hommes en noirs comme ceux qui nous ont conduits ici.
Ils nous relèvent chacun en nous brutalisant et nous emmènent dans une
plus grande salle qui est cette fois éclairée par des milliers de bougies
placées dans toute la pièce. On dirait un endroit de culte avec tous ces
objets bizarres collés de part et d’autre. Nous sommes projetés au sol par
les hommes en noirs qui ressortent aussitôt de la pièce. Les minutes
d’après plusieurs hommes en robe noir et des ceintures rouges autour de la
taille font leur entrée dans la salle les uns à la suite des autres. Je
reconnais certains visages car je les ai plusieurs fois vus à la télé ou sur le
net. Ce sont des hommes politiques et d’autres font partie du
gouvernement Ivoirien actuel. Ils forment un cercle autour de nous et les
hommes en noirs entrent avec une petite cuvette jaune or que l’un pose
sous une table. Je commence à paniquer et maman me serre dans ses bras.
Papa lui se place devant nous pour nous protéger.

- Ne touchez surtout pas à ma femme et à ma fille. Interdit mon père.

- Il est maintenant trop tard pour exiger quoi que ce soit. Réponds celui
qui m’a l’air d’être le chef. Tu aurais dû nous obéir quand c’était encore
temps. Maintenant tu vas assumer.

Il fait un signe et les hommes en noirs viennent prendre papa qui se débat.
Maman et moi nous mettons à hurler, à les supplier de ne rien lui faire mais
ils l’emmènent vers la table qui me semble être l’autel et l’y allongent
ensuite l’y attachent. C’est à ce moment que maman commence à paniquer.
Elle se met à supplier les hommes de libérer son mari mais ceux-ci
n’entendent rien et commencent à dire des choses incompréhensibles. On
dirait des incantations. La salle est remplie par leurs voix et le chef
s’approche de papa avec un couteau à la main. Maman cache mon visage sur
sa poitrine pour m’empêcher de regarder mais les hommes en noir nous
séparent et nous obligent à regarder ce qui va se passer. Papa tourne la
tête vers nous et je ne lis pas la peur sur son visage malgré qu’il soit sur le
point de mourir.

- Je vous aime.

A peine sa phrase terminée que les voix se font plus fortes et le chef avec
le couteau stabilise la tête de papa avec une main et de l’autre lui tranche
la gorge mais pas assez profondément pour qu’il meure immédiatement.

- NOON PAPA.

- JULIEN NON.

Nous nous mettons à pleurer en regardant papa se vider de son sang et


mourir petit à petit. Son sang verse dans la cuvette placée en dessous et
les hommes continuent leurs incantations. Quand papa rend enfin l’âme
complètement vidé, les hommes récupèrent la cuvette et nous sommes
conduites maman et moi dans la même pièce sombre.

Nous ne savons pas quel jour on est ni quelle heure il fait mais maman et
moi n’avons cessé de pleurer la mort de papa. La porte s’ouvre sur deux
hommes en noirs et prennent maman de force. Ils ressortent avec elle et
dans les minutes qui suivent je l’entends hurler et supplier. Il s’en suit des
grognements d’un homme puis d’un autre quelques instants plus tard. Ils
sont en train de la violer. Cela dure plusieurs minutes. La porte s’ouvre à
nouveau et le corps de maman rempli de bleu est jeté dans la salle.

Deux mois maintenant que maman est violée presque tous les jours et à
chaque fois c’est moi qui la nettoie. Elle est affaiblie et amaigrie. Il lui
arrive souvent de délirer. Je ne supporte plus de la voir ainsi si bien que
chaque jour je pleure et supplie le Seigneur de venir à notre aide. La porte
s’ouvre encore une fois de plus et les mêmes hommes entrent mais plutôt
que de prendre maman seule, ils nous prennent toutes les deux pour nous
emmener dans la grande salle. La même scène qu’avec papa se reproduit
mais plutôt qu’on lui tranche la gorge, elle se fait violer par quatre hommes
à tour de rôle sur l’autel. Je suis tellement épuisée de pleurer qu’aucun son
ne sort de ma bouche. Je laisse donc mes larmes couler en regardant ma
mère mourir à force d’être violer et violer. C’est en me fixant qu’elle
meure non sans m’avoir chuchoté qu’elle m’aime. Je ne sais pas pourquoi ils
veulent à chaque fois qu’on assiste à ce genre de scène. Peut-être qu’ils
aiment torturer l’esprit de leur victime. On me ramène dans la précédente
pièce et je m’allonge au sol. Je pleure en silence parce que j’ai atrocement
mal. Pourquoi tout ça ? Qu’est-ce que mes parents ont bien pu leur faire ?

Des hommes viennent me chercher quelques instants plus tard et avant que
je ne m’en aperçoive c’est le trou noir.

- Non je vous en supplie ne me faites pas ça.

Il ne m’écoute pas et continue de se déshabiller. Je ne sais pas où je suis


parce qu’on m’a drogué et quand je me suis réveillée j’ai constaté que je
suis menotté à un lit toute nue, les jambes relevées et écartées dans une
chambre que je ne connais pas. Je vois devant moi un homme beaucoup plus
âgé que moi et je le reconnais. Il faisait partie de ceux qui ont tué papa et
qui ont assisté au viol de maman. Je continue de me débattre et de
supplier l’homme qui me regarde avec appétit et le sourire aux lèvres.

- C’est fou comme tu as un beau corps.

- Je vous en supplie ne me faites pas de mal. Je vous en prie. Laissez-moi


partir.

- Je ne te ferai aucun mal, bien au contraire je vais te procurer du plaisir.


Beaucoup de plaisir. Fait-il en faisant tomber son pantalon.

Quand je vois son membre je panique parce que 1 je suis encore vierge et
2, à voir son regard de pervers je sais qu’il ne va aller en douceur. Alors je
me mets à pleurer de plus belle, à le supplier tout en essayant de me
libérer de ces menottes.

- Je vous en supplie ne faites pas ça. Je suis encore vierge.

- Raison pour laquelle je te veux. Si tu ne l’étais pas on t’aurait déjà tué


comme tes parents. Tu es pure et ça va me procurer encore plus de
pouvoir.

Une fois complètement nu il monte sur le lit et se place entre mes jambes.
Je hurle de plus en plus en priant que quelqu’un vienne à mon secours mais
rien. J’essaye de fermer mes jambes mais il est plus fort et réussi à les
bloquer.

- Non, non, je continue de supplier en bougeant dans tous les sens. Non
pitié, non. Non non non. NOONNN.
Je hurle de toute mon âme quand il me pénètre d’un seul coup avec rage me
déchirant au passage. Je hurle de douleur, de tristesse, d’indignation, de
tout. J’ai l’impression qu’il ne m’entend pas parce qu’il continue sa sale
besogne. Je ne sais combien de temps ça a duré mais je me sens partir à la
fin. Avant que je ne sombre totalement je le vois prendre des trucs sur la
table après s’être habillé et revenir vers moi. Je le sens introduire quelque
chose en moi et le retourner comme s’il voulait récupérer quelque chose
puis le ressort avant de sortir à son tour de la pièce. Une larme perle sur
ma joue puis c’est le trou noir.

Je ne sais depuis combien de mois je suis là enfermée dans cette chambre


mais je me fais violer et déchirer trois fois par semaine et par cet homme,
M Emile BEYNAUD et de ce que j’ai pu remarquer c’est que je suis chez lui
parce que j’entends sa voix et celle de sa femme tous les jours et à
n’importe quelle heure. Je me fais violer dans n’importe quelle position. Des
fois je suis attachée au lit, des fois c’est suspendu au plafond et d’autres
fois à une chaise en position levrette. Quand il finit sa besogne, il introduit
à chaque fois un truc bizarre en moi pour récupérer sa semence mélangé
au mien et mon sang avec lesquels il sort faire un rituel et de ce que j’ai
appris, tout ceci lui procurait beaucoup d’argent et de pouvoir. J’ai fini par
m’habitué à la situation si bien qu’au lieu de pleurer à chaque séance, je
serre les dents de rage et je muris en moi une haine profonde ainsi qu’un
moyen de m’échapper d’ici. Puisque le Seigneur m’a abandonné à mon sort,
je me débrouillerais toute seule. Je ne cesse de demander son secours
mais rien. A chaque fois qu’il me pénètre violemment je serre fort les
dents en le maudissant de mon être. Chaque coup intensifie ma rage et ma
haine. Je serai même capable de les tuer à mains nues. Je pense que je ne
plus un être simple parce que personne ne peut ressentir la haine que je
ressens et être simple. Ils sont en train de ma transformer en un démon
et ça ne me déplait pas. Les anges ne font aucun mal mais les démons si.
Qu’ils prient que jamais je n’ai la possibilité de les affronter parce que je
n’hésiterai pas à les éliminer. Mme Aïcha BEYNAUD vient nettoyer le sang
après son mari parce que oui à chaque séance il veille à ce que mon sang
coule. Ça lui procure de la joie. Il se sent ainsi puissant.
- Ma chaine est encore coupée. Dis-je en la lui tendant.

- Tu commences vraiment à me saouler avec cette chaine.

- Dans ce cas dis à ton mari de ne plus la couper à chaque fois qu’il me
brutalise.

Elle me gifle et prends ma chaine avant de la balancer contre le mur.

- Je ne la ferai pas réparer. Tu vas devoir survivre sans.

Je ramène ma tête vers elle et la regarde avec rage. Je serre les dents
pour ne pas lui sauter dessus et lui tordre le cou.

- Un jour, oui un jour je vous ferai payer tout ce que vous me faites. Je
vous tuerai un par un et toi et ton mari je vous détruirai avant de vous
tuer de mes propres mains.

- Pries donc que tu sortes vivante d’ici parce qu’on a l’intention de te


donner le même sort que tes idiots de parents.

- Idiots vous-même.

Elle me donne une autre gifle puis sort de la chambre. Je me lève avec
douleur pour me rendre à la douche pour me nettoyer. J’ai mal à l’anus
parce qu’il m’a encore une fois de plus sodomisé. Il a commencé la sodomie
un jour alors que j’avais eue mes menstrues et depuis il continue parce qu’il
y a pris goût. J’ai l’impression qu’il ne me viol plus pour ces rituels mais
plutôt par plaisir. Il aime ça. Je pleure sous la douche en serrant contre
mon cœur la chaine que mon père m’avait offerte. Il y a sur la médaille nos
noms à moi, papa et maman gravé donc il est facile à reconnaitre pour ceux
qui l’ont déjà vu. Je la bricole du mieux que peux et la reporte. Je regarde
dans le miroir la plaie sur ma poitrine qui cicatrise petit à petit. M
BEYNAUD me l’a fait comme punition parce que j’ai mordu son sexe alors
qu’il m’obligeait à lui faire une fellation. Il a pris un couteau et a écrit la
lettre B en disant :

- Je vais te marquer de mon nom comme ça même quand tu seras morte tu


n’oublieras pas qui j’étais moi Emile BEYNAUD.

Je m’apprête à sortir de la douche lorsqu’un malaise me prend. Je me


précipite devant le wc et vomis mes tripes. Ça fait deux semaines
maintenant que je me sens mal, enfin plus mal que d’habitude. Je sors un
peu affaiblie et appuie sur le bouton qui me sert à leur signaler que j’ai
besoin de quelque chose. Mme BEYNAUD apparait quelques minutes plus
tard.

- Quoi ?

- Je ne me sens pas bien. Je ne fais que vomir depuis un moment. Dis-je en


me couchant sur le lit toute tremblante.

- Et ?

- Et j’ai besoin de soins.

- Meure tant qu’on y est. On se trouvera une autre fille.

Elle tourne les talons pour sortir mais s’arrête d’un coup.

- Tu as eu tes règles ce mois ?

- Non. J’ai mal au ventre.


Elle affiche une mine inquiète et ressors de la chambre. Elle revient
quelques instants plus tard avec deux tests de grossesse qu’elle me tend.
Je ne comprends rien mais je me lève faiblement pour aller les faire. Ils
sont positifs. Je suis enceinte. Mme BEYNAUD se met à paniquer et sors
en trombe.

Je ressens des tapes sur mon bras et quand j’ouvre les yeux je vois Emile
et Aïcha BEYNAUD plus l’un de leurs gardes. Ce dernier me transporte
jusqu’à la voiture et tous nous mettons en route pour un endroit très
bizarre dans une sorte de forêt. Nous entrons dans une cabane et
trouvons un homme en blouse blanche qui apparemment nous attendait. On
me fait coucher sur un lit et je remarque plein d’outils bizarres posés sur
une table. Il y en a des toutes sortes, des pointus, des tranchants, des
crochets etc… L’homme en blouse prend un de pointu et vient vers moi. Il
m’écarte les jambes et je comprends enfin ce qui se passe. On veut me
faire avorter. Mais je suis tellement faible que je n’arrive pas à lutter.
Seuls des faibles mots de supplications parviennent à franchir le seuil de
mes lèvres.

Mon sang coule abondamment et je me sens de plus en plus faible. J’ai mal,
atrocement mal mais je ne peux me plaindre. Je suis assise à l’arrière de la
voiture avec Aïcha et je manque de tomber.

- Aidez-moi… je vous… en supplie. Je… me… vide… de… mon… sang.

Aïcha se baisse et remarque effectivement que je perds assez de sang.

- Emile, elle saigne abondamment. Elle va mourir.

- Comment ? Qu’est-ce qu’on fait ?


- On ne peut pas la donner en sacrifice dans cet état. Je suggère donc
qu’on jette son corps dans la rue. Comme ça on n’aura pas à s’en
débarrasser une fois à la maison. De toutes les façons elle va mourir. On
se trouvera une autre jeune fille vierge.

Aussitôt dit aussitôt fait. Le garde après avoir garé vient ouvrir la
portière de mon côté et Aïcha me pousse. Je tombe violemment en me
cognant la tête au sol. C’est le trou noir.

J’ouvre mes yeux petit à petit et je m’attends à voir des anges ainsi que
mes parents parce que c’est sûr que je suis morte. Plus j’ouvre les yeux
plus ce que je vois me fait douter du fait que je sois au paradis. Je dirais
plutôt que je suis dans un hôpital à voir tous ces fils branchés sur moi et
ces appareils. Une femme se tient assise à côté de moi et me lit un livre.

- Où… suis-je ? Je demande faiblement.

- Oh mon Dieu elle s’est réveillée. Se met à hurler la femme dans un accent
bizarre en sortant appeler le docteur.

Toute une équipe médicale entre dans la chambre et demande à la femme


de sortir. Je me fais examiner pendant plusieurs minutes puis les
infirmières sortent pour céder leurs places à la femme de tout à l’heure et
un homme. Ils me regardent avec beaucoup de tendresse alors qu’on ne se
connait même pas. Ou peut-être qu’ils me connaissent.

- Docteur comment vas-t-elle ? Demande la dame.


- Bien pour le moment. Son état n’est pas du tout stable donc elle peut
encore retourner dans le coma à n’importe quel moment. Ses chances de
survie sont minimes. Il lui faut donc des soins plus approfondis.

- Oui ma femme et moi y avons pensé, renchérit l’homme, et nous voulons


bien l’emmener avec nous aux Etats-Unis pour mieux prendre soin d’elle.

- Oui c’est une bonne idée mais elle doit avoir de la famille. D’ailleurs où en
êtes-vous avec les recherches ?

- Toujours rien. Ma femme et moi ne faisons que nous renseigner dans tous
les commissariats mais rien. Ça fait deux mois maintenant et personne ne
s’est signalé. Nous avons conclu donc qu’elle n’avait peut-être plus de
famille. Mais nous allons vous laisser nos contact pour au cas où quelqu’un
se signalait.

- Ok d’accord. Mais il ne faudrait pas oublier d’informer le docteur qui la


suivra que nous avons dû lui retirer ses trompes pour la sauver parce
qu’elles avaient été sacrément endommagées. Celui qui a pratiqué
l’avortement a failli la tuer ou du l’aurait tué si vous ne l’aviez pas trouvé.

- D’accord Docteur et merci beaucoup. Nous allons commencer à tout


préparer pour son transfert.

C’est sur ces mots que je sombre à nouveau.

***Fin du flash-back***

Quand j’ai ré ouvert mes yeux j’avais 19 ans donc j’ai fait plus d’un an dans
le coma. Après mon réveille j’avais perdu l’usage de la parole et j’étais tout
le temps paniquée. On m’a appris le langage des signes pour que je puisse
communiquer mais je ne disais jamais rien. Je voulais rester dans ma bulle.
Les nuits j’entendais les cris de ma mère quand elle se faisait violer et je
me mettais à hurler en me fermant les oreilles. Je revoyais tout le temps
le visage de mes parents quand ils rendaient l’âme. Je me revoyais aussi me
faire violer et battre et quand quelqu’un me touchait je me mettais en
mode défense. Mes parents m’ont donc confié à un psychiatre dans un
centre spécialisé et c’est là-bas que j’ai été suivie pendant 4 années. C’est
à 21 ans que j’ai recommencé à parler et mon premier mot fut ‘‘Vengeance’’
ce qui a inquiété tout le monde. De mes 21 ans à 23 ans j’apprenais à
revivre dans ce centre. J’ai expliqué ce que j’avais vécu au Psy et je ne lui
ai pas caché mon intention de me venger. Il en a informé mes parents et
devant eux j’ai tout répété. De mon vécu à mon intention. Ils ont essayé de
me faire entendre raison mais j’étais trop têtue pour les écouter. Ils m’ont
expliqué qu’ils étaient en voyage d’affaire en Côte d’Ivoire et que c’était
de retour d’un diner en amoureux qu’ils ont trouvé mon corps en pleine rue
déserte. Ils m’ont adopté avec mon accord parce qu’ils avaient fini par
s’attacher à moi et aussi c’était une manière de me remercier parce
qu’après qu’ils m’aient ramené avec eux ma mère est tombée enceinte.
Quand je suis sortie du centre à 24 ans, la première chose que j’ai faite
c’est de m’inscrire à des cours de défense et de tire dans une école
militaire. J’allais en avoir besoin dans ma vengeance. J’ai préféré changer
de prénom pour pourvoir bien entamer ma nouvelle vie. Aussi j’ai fait une
chirurgie sur mon dos pour enlever toutes ces cicatrices qu’avaient
laissées les incisions de M BEYNAUD.

Un an après j’ai rencontré Malcom et j’ai commencé à reprendre goût à la


vie sans pour autant abandonner mon projet de vengeance. Je ne savais pas
qui il était, je ne savais pas trop grande chose sur lui puisque je ne lui
posais jamais de question sur lui. J’étais trop renfermée sur moi pour
vouloir en savoir plus sur lui. C’est seulement après nos fiançailles que j’ai
connu son nom de famille ou du moins son vrai nom de famille parce qu’il
disait s’appeler Malcom Ehui et sur tous ses papiers c’était marqué Malcom
Ehui B. Je n’ai jamais cherché à savoir ce que voulais dire le B. J’ai su en
effet que le B était pour BEYNAUD quand j’ai vu une photo de lui et ses
parents et qu’il s’était enfin décidé à me parler d’eux. Il ne parlait jamais
d’eux et refusait qu’on l’appelle BEYNAUD à cause de la dispute qu’ils
avaient eue qui a causé leur division. C’était déjà trop tard pour moi de
faire marche arrière. Je l’aimais éperdument et je savais que si je le
quittais je n’allais plus pouvoir ouvrir à nouveau mon cœur à un autre
homme donc j’ai continué comme si de rien n’était. Tout ce qu’il sait de moi
c’est que mes parents ont été assassinés devant moi raison pour laquelle il
me trouvait mélancolique. Pour mes trompes il pense qu’on me les a retirés
suite à une maladie bizarre que j’avais choppée.

Je voulais avant de débuter mon plan de vengeance avoir une vie stable sur
tous les plans et avoir aussi beaucoup de pouvoir pour pouvoir influencer
tout le monde partout où je passerais. Le fait que mon père soit devenu
vice-président des Etats-Unis m’a beaucoup aidé à m’imposer. Donc voici
maintenant 1 an que j’ai commencé à me venger. Je mets du temps entre
mes opérations pour ne pas trop attirer les attentions. Je veux les faire
payer en gardant mon identité cachée mais maintenant qu’il ne reste plus
que quelques-uns je peux maintenant m’afficher, surtout avec le couple
BEYNAUD c’est sûr qu’ils informeront les autres.

Mais je suis prête. Qu’ils viennent je les attends. Je ne suis plus la petite
ado qu’ils ont malmené. Je suis V et je vais leur faire payer UN PAR UN
quitte à y laisser ma vie.

V is in the place.
La vengeance est une femme

Episode 8

Assise dans l’un des fauteuils du salon les jambes croisées, un verre de vin
en main et le sourire aux lèvres, je regarde Aïcha revenir à elle petit à
petit. Les hommes se sont absentés un moment, Emile avec beaucoup
d’hésitation mais Malcom a tenu à ce qu’ils discutent un peu. Elle tourne la
tête et me voit.

- Coucou Aïcha. Bien reposée ?

Elle me fixe longuement puis se redresse pour s’asseoir me faisant face.

- Tu n’es donc pas morte ?

- Malheureusement, ou heureusement. C’est toi qui vois. Dis-je


ironiquement. Tu devrais maitriser tes évanouissements parce que tu me
verras tous les jours. Ça serait vraiment dommage que tu tombes toutes
les secondes.

- C’est vraiment toi ?

- Oui et je te conseille vivement de faire comme si de rien n’était sauf si


tu veux que ton fils sache qui vous êtes vraiment. Je termine ma phrase en
vidant mon verre.

Elle s’apprête à parler lorsque les deux hommes font leur entrée. Je me
lève et Malcom vient me prendre par la taille tandis qu’Emile va voir
comment va sa femme.
- Comment tu vas chérie ? Lui demande-t-il

- Bien. Je suis vraiment désolée de vous avoir faire peur. Je ne sais pas ce
qui s’est passé.

- Sûrement le trop plein de joie, dis-je, ou… la surprise.

Le couple se tourne vers moi et je leur fait mon plus beau sourire. Aïcha se
décide enfin à se lever et nous demande de nous rendre dans la salle à
manger pour le diner. Malcom est hésitant parce qu’il s’inquiète pour elle
mais elle le rassure. Le diner est tendu de chez tendu. Le couple n’arrive
pas à lever la tête et quand ils le font ils évitent de croiser mon regard.
Quoi je leur fait autant peur ?

- Vous avez une très belle maison. Je complimente pour faire la


conversation.

- Merci, me répond timidement Aïcha.

- Il y a combien de chambre ?

- 8.

- Hum autant ? Alors que vous n’êtes que deux ? J’aimerais bien savoir à
quoi vous servent les autres chambres.

Aïcha manque de faire tomber sa fourchette en comprenant à quoi je fais


allusion. Le silence règne de nouveau et Emile se reprend enfin.

- Alors fiston qu’es-tu devenu après toutes ces années ?

- Disons que j’ai réussi à réaliser l’un de mes rêves en créant ma propre
boite aux Etats-Unis qui grâce à Dieu et au soutien de ma femme marche
plutôt bien.
Il en me fait un sourire que je lui rends. J’aime quand il me regarde et me
sourit avec amour.

- Ok et ça fait combien de temps que vous êtes mariés ?

- 10 ans papa et je suis l’homme le plus heureux.

- Et moi la femme la plus chanceuse au monde de l’avoir LUI comme époux.


Alors Emile j’aimerais en savoir plus sur votre vie politique. Malcom m’a dit
que vous êtes un homme influent et que vous êtes membre du
gouvernement.

Il prend une bouché de son plat, se racle la gorge puis lève la tête pour
répondre.

- Oui et les choses vont plutôt bien. Je suis le premier Ministre de ce pays.

- J’ai cru voir sur le net que tu avais l’intention de te présenter aux
élections présidentielles cette année. Demande Malcom.

- Oui, hum, se racle-t-il la gorge. Le Président sortant m’a désigné pour


représenter notre partie aux élections.

- Et elles sont pour quand ces élections ? Je demande en portant mon


verre à ma bouche.

- Hum, se racle-t-il à nouveau la gorge, elles auront lieu dans 3 mois.

- Ca tombe bien alors, on pourra vous soutenir dans votre campagne. N’est-
ce pas mon amour ?

- Oui Prunelle. Mais bon on verra ça plus tard. Maman tu es bien


silencieuse, ça va ?

- Hum ? Oui mon chéri ça va. C’est juste que je suis un peu épuisée avec la
cuisine et le ménage que j’ai aidé les domestiques à faire. Mais ça va, ça va
passer.
Le diner continue dans cette ambiance mi-figue mi-raisin jusqu’à ce que
nous décidons de prendre congé d’eux.

- Papa, maman, nous allons rentrer maintenant. Nous devons encore


beaucoup à faire pour nous installer. De toutes les façons nous sommes là
pour un bon bout de temps.

- D’accord fiston. Je suis vraiment heureux que tu sois de retour parmi


nous.

Nous nous levons et Malcom enlace ses parents à tour de rôle. Moi je dis
au revoir oralement à Emile et m’approche d’Aïcha qui me tend la main que
je regarde un moment puis sans qu’elle ne s’y attende je l’enlace.

- Au plaisir de vous revoir. Je lui siffle à l’oreille avant de la lâcher et lui


servir encore une fois mon plus beau sourire.

Elle a l’air de quelqu’un qui est sur le point de rendre l’âme tellement elle
est raide. Nous sortons de la concession et nous rendons dans notre hôtel.
Je sens Malcom plus relaxe et plus heureux maintenant.

Nous avons enfin fini d’aménager dans notre chez nous. Nous nous sommes
acheté un immense duplex plutôt que de louer une maison puisque nous
allons rester un peu longtemps. Aussi nous nous sommes dit que ce n’est
pas mal d’avoir notre propre maison dans notre pays d’origine comme ça
toutes les fois que nous serons de passage nous aurons un endroit où loger.
Nous avons trouvé la maison le lendemain de notre arrivée et avons pris
deux jours pour tout meubler et nous installer. Maintenant on peut passer
aux choses sérieuses. Mel vit avec nous puisqu’il est comme notre fils mais
April elle a préféré e prendre un appart à deux rues de chez nous. Mes
beaux-parents, depuis le diner je ne les ai pas encore revues. Malcom lui va
les voir de temps à autre. Moi j’ai préféré bien m’installer avant de passer
du temps avec eux. Malcom et moi avons trouvé des locaux pour ouvrir nos
boites. Disons qu’on les avait déjà trouvés avant notre arrivée puisque nous
avons contacté le proprio de la plus grande société de construction de
bâtiments ici, Terry YOUL qui est une connaissance à Malcom.

- Où en est l’annonce de recrutement ?

- Ca avance, nous avons déjà une centaine de postulant. Me répond April en


manipulant sa tablette.

- Nous avons juste besoin de 60 donc 10 dans chaque département. Je


compte sur toi pour me dégoter les meilleurs. Tu as une semaine pour finir
les entretiens et monter les équipes. Tu connais mes attentes donc je n’ai
plus besoin de te briefer là-dessus. Maintenant tu peux disposer. Tu peux
prendre le week-end pour visiter la ville et commencer le travail lundi.

- C’est compris. Bon week-end.

- À toi aussi.

Elle sort et je me rends dans la cuisine pour terminer le déjeuner. C’est


aujourd’hui que j’inaugure la cuisine. Nous n’avons fait que manger dehors
depuis que nous sommes arrivés. Je finis et vais prendre une douche pour
attendre mon homme qui ne va plus tarder. Je me détends devant la télé
un verre de vin en main lorsque l’un de mes gardes entre.

- Madame il y a une femme dehors pour vous. Elle dit être la mère de
monsieur.
Je suis en même temps surprise et heureuse de la savoir ici. Elle a enfin
trouvé le courage en elle pour venir m’affronter.

- Fais la entrer.

Il sort et revient avec elle avant de s’éclipser. Je la regarde et bois une


gorgée. Elle m’a l’air en colère. Dès que nous sommes seules elle commence.

- Qu’est-ce que tu nous veux ? Pourquoi es-tu revenue ?

- Pour me venger. Je termine ma phrase en buvant un coup.

Elle beugue directe mais se reprend.

- C’est donc pour ça que tu as épousé notre fils ? Pour te venger de nous ?

- Malcom ne fait pas parti de mon plan de vengeance. Je ne savais même


pas qui il était jusqu’à ce qu’on se fiance. Apparemment il avait aussi honte
d’être votre fils.

- Tu n’as pas le droit de l’utiliser dans tes plans sordides.

- Oh non je ne l’utilise pas. Que tu le crois ou non je l’aime mais pour vous
ce n’est pas le cas donc il n’y qu’avec vous que je règlerai mes comptes.

- Ariane que…

- Vicky. Je m’appelle Vicky ou si tu veux V. C’est toi qui vois.

- V ? V ? Elle se le répète comme si ça lui disais quelque chose. Non c’est...


toi ?

- Ding ding ding bingo ! Nous avons un gagnant. Dis-je ironiquement avant
de terminer mon verre que je pose par la suite sur le petit guéridon près
de moi.

- Je t’interdis de t’approcher de…


- Tu n’as rien à m’interdire encore moins dans ma propre maison, dis-je
sèchement en me levant d’un seul coup pour lui faire face. Tu n’as
absolument rien à m’interdire. J’ai été pendant près d’une année sous votre
domination mais maintenant c’est à vous de l’être sous moi. Je vais vous
faire payer à toi et à ton mari tout ce que vous m’avez fait tout comme je
l’ai commencé avec les autres membres de votre bande. Vous allez morfler
ça je peux vous l’assurer.

- Eh bien je ne te laisserai pas faire. Il est hors de question qu’une gamine


comme toi vienne foutre le bordel dans ma vie et mes affaires que j’ai bâti
avec beaucoup de sacrifices.

- J’ai hâte de voir comment tu vas t’y prendre pour m’arrêter. Je ne suis
plus cette adolescente que vous avez malmenée à votre guise, j’ajoute en
me rapprochant plus d’elle. Je ne suis plus cette fille qui pleurait devant
les épreuves. Je ne suis plus cette fille qui se défendait avec de petites
insultes minables. Je suis une femme maintenant avec beaucoup de pouvoir
que tu ne peux l’imaginer. Je ne suis plus Ariane TAPÉ. Je suis VICKY
HAMILTON et je serai comme un cancer dans vos os.

- Eh bien la guerre est déclarée.

- Elle l’est très chère. J’appuie avec un rictus.

Nous nous défions encore du regard puis elle décide de partir. À peine elle
fait trois pas que je la rappelle. Elle se retourne et je me rapproche d’elle.

- Je vais vous faire une faveur. Puisque j’ai encore des comptes à régler
avec vos confrères, je vous donne une dernière chance. Je vous laisse la
balle donc vous avez jusqu’aux élections pour me mettre KO après quoi je
la récupèrerai. Et je vous assure que si vous me loupez moi je ne vous ferai
pas de cadeau. Je vous jure sur ma vie que vous ne gagnerai pas ces
élections. Commencez à préparer vos armes car les miennes sont déjà
prêtes. Tous les coups sont permis.
Elle me lance un dernier regard meurtrier puis reprend sa marche jusqu’à
disparaitre de mon champ de vision. Je vais leur arracher ce pour quoi ils
m’ont détruite, le fauteuil présidentiel. Je prends mon portable et appelle
Mel qui est allé chercher Malcom à l’église. Il décroche à la première
sonnerie.

- Vous pouvez commencer les recherches sur le couple BEYNAUD. Je veux


tout savoir jusqu’à la couleur de leurs brosses à dents.

Je raccroche et continue de fixant l’horizon. Elle m’a déclaré la guerre,


j’espère qu’elle est prête à la mener parce que moi je ne lutte pas.
J’écrase. Elle a déclaré la guerre à V et elle goutera à la colère de V.

Personne ne me défie et ne s’en sort indemne. Ils viendront me lécher les


pieds. Ils me supplieront à genoux de les épargner. Parole de V.
La vengeance est une femme

Episode 9

Je suis assise dans un restaurant avec Mel et April en train de discuter de


l’organisation de la boite. Elle m’a apporté hier les dossiers de ceux qu’elle
avait choisi comme étant apte à travailler avec nous donc ce matin je lui
fais un retour. De ce que j’ai vu elle a fait de bon choix parce qu’ils m’ont
l’air tous compétents, en tout cas à voir leurs CV.

- Je suis fière de toi ma belle. Tu as fait du bon boulot. Reste plus qu’à
voir ce qu’ils ont dans le ventre.

- J’ai mis dans la liste une ancienne connaissance que j’ai rencontrée
pendant une balade. Ça ne te dérange pas j’espère ?

- Tant qu’elle fait bien son travail il n’y a pas de problème.

- Mai concernant ton adjoint…

- On prendra notre temps. Je ne suis pas pressée. Je ne veux pas confier


ma boite à quelqu’un que je connais à peine. Tu joueras ce rôle de temps à
autres. Il est temps que tu côtoies les partenaires. Tu ne vas pas rester
une assistante à vie.

- Je m’y plais Vic. Tu es une bonne patronne avec un grand cœur et je veux
rester ton assistante. La seule promotion que je veux c’est au niveau du
salaire.

- April je t’ai déjà augmenté ton salaire le mois passé.

- Oui je sais, je dis ça juste pour le mois prochain. Me taquine-t-elle.

- Rêve toujours ma belle. Si c’était pour ça que tu me lançais des fleurs eh


bien tu peux les garder.
Elle éclate de rire et son portable se met à sonner. Dès qu’elle décroche et
dit allô l’expression de son visage change. Elle devient toute raide. Elle
s’excuse et s’éclipse. Je converse avec Mel de l’évolution des recherches
sur les BEYNAUD et April revient nous rejoindre. Elle affiche une mine
triste et tremble même presque.

- Qu’est-ce qui se passe ? Je demande.

- C’était mon père.

- Ton père ? Tu ne m’avais pas dit qu’il était mort ?

- C’est ce que je croyais aussi mais apparemment je me suis trompée, ou du


moins il m’a menti.

Elle se met à pleurer et j’échange ma place avec Mel pour la prendre dans
mes bras. Elle se vide pendant un bon moment puis se calme.

- Je suis désolée. Dit-elle en reniflant.

- Tu n’as pas à l’être. Je lui dis en lui tendant un mouchoir avec lequel elle
s’essuie le visage. Tu veux en parler ?

- Il n’y a pas grande chose à dire à part que mon père m’a toujours tenu
éloigné de lui et de ce pays même s’il venait me voir de temps en temps
puis 1 mois après la mort de ma mère et de mes frères j’ai aussi appris la
sienne. Et voilà aujourd’hui qu’il me rappelle pour me dire qu’il m’aime et que
tout ce qu’il a fait c’était pour mon bien. N’importe quoi.

- Tu devrais l’écouter pour voir si ça vaut la peine de le laisser faire partie


à nouveau de ta vie. Intervient Mel.

- Je ne sais pas d’abord. Mais bon j’y réfléchirai pour l’instant j’ai une
boite à faire tourner.

- Voilà que je te retrouve. Dis-je en souriant. Je suis là si tu as besoin de


parler. Ok ?
- Ok. C’est ce que je disais tout à l’heure que tu étais la meilleure des
patronnes. Ajoute-t-elle en riant.

- Tu n’auras pas d’augmentation April.

- Mais je n’ai rien dit. Eclate-t-elle de rire.

Nous reprenons notre déjeuner en discutant de l’organisation de la boite


avant de nous séparer. Mel et moi montons dans ma voiture suivis de mes
deux gardes et April dans la voiture que je lui ai donnée pour lui faciliter
ses déplacements avec son chauffeur. Une fois à la maison j’appelle
Malcom qui me prévient qu’il ira directement chez ses parents après le
boulot. Ils ont encore organisés un diner pour cette fois avoir leurs deux
enfants près d’eux puisque la petite sœur de Malcom est de retour avec
son époux. Ça va leur permettre aux deux de se retrouver après tout ce
temps. Je me prépare donc et y vais avec Mel. Il fait partie de notre
famille donc tout le monde doit le connaitre. A peine nous faisons quelques
pas à l’intérieur que je surprends une conversation entre Malcom et son
père.

- Malcom connais-tu réellement celle que tu as épousé ?

- Bien sur papa. Pourquoi cette question ?

- Je ne sais pas pourquoi mais il y a quelque chose qui me dérange chez elle.
Vous les jeunes quand nous vos parents vous parlons vous pensez que c’est
parce que nous ne voulons pas votre bien. Je suis ton père et après avoir
passé plus de 50 ans sur cette terre je peux te dire avec mon intuition que
cette femme n’est pas faite pour toi.

- Tu n’es pas sérieux là papa ? Comment peux-tu avancer une telle chose
alors que tu ne la connais même pas ?

- Je n’ai pas besoin de la connaitre pour te dire une telle chose. C’est une
intuition et mon intuition ne me trompe jamais.

- Dans ce cas garde cette intuition pour toi. Si je suis revenu ici c’est pour
recoller les morceaux avec vous pas pour que tu me donnes ton intuition
sur mon mariage. Vicky est ma femme et le restera que tu le veuilles ou
non. Tu ne vas pas m’imposer un choix de mariage comme tu l’as fait avec
Pamela et comme tu as voulu le faire avec moi raison pour laquelle je suis
parti. Alors soit tu acceptes MA femme soit je retourne avec elle aux
Etats-Unis et je peux t’assurer que cette fois tu ne me verras plus.

- Ok d’accord je suis désolé. Je n’aurai pas dû te dire ça. Excuse-moi


beaucoup.

- D’accord.

- S’il te plait excuse-moi. Ta sœur doit venir et je veux passer une bonne
soirée avec vous deux. Je ne veux pas qu’il y ait de tension entre nous.

- D’accord papa mais comprends que tu ne peux plus m’imposer tes choix.

- Ok c’est compris.

Je souris et décide de les rejoindre avec Mel à ma suite. Dès que Malcom
nous voit il se lève pour m’embrasser et nous installe près de lui. Nous
saluons Emile et je fais un léger signe de tête à Mel qui demande à Malcom
de lui montrer les toilettes afin qu’il se soulage. J’en profite pour lui
demander de me rapporter à boire. Je veux rester un instant seule avec
mon beau-père. Les jambes croisées je le regarde avec mon éternel rictus.

- Alors beau-papa, comme ça tu veux retourner de mon mari contre moi ?

- Je ne sais pas ce que tu lui veux mais je ne te laisserai pas lui faire du
mal.

- Comme je l’ai déjà dit à ce qui te serre de femme, je ne lui veux aucun
mal. Il est mon époux et n’a absolument rien à avoir dans toute cette
histoire.

- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour lui faire comprendre que tu
n’es pas la femme qu’il lui faut.

- Et moi si j’étais toi je ne m’immiscerai pas dans notre couple parce que tu
n’as pas idée de ce que je peux faire pour le protéger des vautours comme
toi et ton espèce de femme. Je te conseille de garder ton énergie pour
m’affronter moi plutôt que de les dépenser dans une mission impossible. Tu
sais déjà qui je suis et ce que j’ai déjà fait aux autres. Je vous réserve
bien pire très cher.

- Tu ne me fais pas peur.

- Tu devrais pourtant parce que moi-même je me fais peur. Vicky ne fait


pas peur, mais V oui.

- Nous sommes là, dit Malcom en revenant un verre à la main avec Mel.
Tiens ma prunelle.

- Merci mon amour. Où est ta mère je ne l’ai pas encore vu.

- Elle est montée se changer.

- Ok.

Sa mère descend aussitôt et j’en profite pour leur présenter Mel. Aïcha le
regarde un peu étrangement puis ramène son regard de défie vers moi.
J’écoute Malcom et ses parents discuter de leur famille lorsque des bruits
de pas se font entendre puis la voix d’une femme qui appelle maman. On se
tourne et je n’ai pas besoin qu’on m’en dise plus pour savoir que celle qui
vient d’entrer est la petite sœur de mon homme. Ils se ressemblent comme
deux gouttes d’eau. Quand elle voit son frère ses pas ralentissent et
Malcom lui la fixe avec beaucoup d’émotions. Elle coure aussitôt de jeter
dans ses bras en éclatant en sanglots. Ça se sent qu’ils étaient proches
avant de se perdre de vue. Malcom la serre fort à l’étouffer mais elle ne
s’en plaint pas. Le spectacle est vraiment émouvant. Si je n’étais pas faite
de glace j’aurais certainement coulé une larme. Je jette un coup d’œil au
couple BEYNAUD qui sont eux aussi émus. N’importe quoi. Ils n’ont
vraiment pas à être émus, ce sont eux qui ont divisé leur famille et séparés
ces deux frères. Malcom lâche enfin sa sœur et se met à lui faire des
bisous partout sur son visage ce qui la fait rire malgré ses larmes. C’est
une très belle femme de 34 ans. Il lui fait un dernier câlin et la laisse aller
embrasser leur parent puis il vient vers moi. Je lui souris et lui caresse le
dos pour le faire remettre de ses émotions. C’est à ce moment qu’un
homme entre. Surement le mari de ma belle-sœur. Il salut et nous
répondons, Malcom avec une mine attachée.

- Vien Pam que je te présente quelqu’un. Dit Malcom à sa sœur.

- Tu n’as pas oublié ce surnom ridicule. Dit-elle en essuyant le peu de larme


qui lui reste sur le visage tout en souriant et venant vers lui. Il sourit aussi
l’attire contre lui.

- Je te présente Vicky, mon épouse, la femme de ma vie. Prunelle je te


présente ma petite sœur adorée, Pamela.

Alors que je m’apprête à lui tendre la main elle me prend dans ses bras. O-
k. Je ne sais pas si je me trompe mais je sens un peu de tristesse dans son
étreinte comme si elle recherchait du réconfort. Je réponds donc à son
câlin puis elle se sépare de moi pour essuyer ses larmes.

- Je suis vraiment heureuse de rencontrer la femme qui rend mon frère


heureux parce que oui à le voir ça se sent qu’il l’est.

Elle parle avec une mine mi joyeuse mi triste. Pourquoi ai-je l’impression
qu’elle cache une souffrance ?

- Je suis aussi heureuse de te rencontrer. Malcom m’a beaucoup parlé de


toi. Sa petite sœur adorée.

Elle sourit puis va vers l’homme qu’elle nous présente. Antony SAKO son
mari. Je ne la sens pas heureuse de nous le présenter et ce type je n’aime
pas sa tête. Je sais reconnaitre les méchants quand j’en vois et celui-là
s’en est un. Aïcha nous invite à table et nous la suivons. Les deux parents
sont assis chacun à un bout de la table et nous au milieu chacun à côté de
son compagnon. Mel est assis près de nous. Je sens ma belle-mère
beaucoup plus sure d’elle par rapport à notre première rencontre. Tant
mieux, je n’ai pas envie de combattre une mauviette. J’aime quand on me
défie, ça m’excite encore plus.

- Alors Vicky ça fait combien de temps que tu es mariée à mon frère ?

- 10 ans ma belle. 10 merveilleuses années, je réponds en souriant à mon


homme.

- Wahoo c’est géniale. Et combien de neveux et nièces j’ai ?

- Tu n’en n’a pas encore dommage.

- Pour le moment, ajoute Malcom en me prenant la main. Toi maman m’a dit
que tu avais deux enfants. Où sont-ils ?

- Chez les SAKO. On les y avait laissés pour partir en voyage mais la
semaine je vous les enverrai pour faire connaissance. Je suis tellement
heureuse que tu sois dans la famille Vicky, je ne serai plus seule.

- Tu n’as jamais été seule. La contredit sa mère.

- Oui je veux dire que maintenant j’aurai une sœur avec qui discuter et
passer du temps enfin si tu le veux bien. Me demande-t-elle avec un peu de
tristesse.

- Bien sûr que je le veux. Nous allons juste aménager nos emplois du temps
respectifs pour pouvoir passer beaucoup de temps ensemble.

- Oh si c’est de mon côté il n’y a pas à s’en faire. Mon seul travail c’est de
m’occuper de mes filles.

- Ah bon ? S’étonne Malcom. Et pourquoi ça ? Tu as pourtant plein de


diplôme à ce que je sache.

- Oui mais…

- Oui mais je ne veux pas qu’elle travaille. La coupe ce qui est censé être
son mari. Je gagne suffisamment pour prendre soin d’elle et de nos
enfants.

- Et toi c’est ce que tu veux ? Demande Malcom à sa sœur.


- Je…

- Bien sûr qu’elle…

- La question est adressée à ma sœur.

La tension commence à monter et je sens mon mari près à péter un câble.


Déjà qu’il n’a jamais été d’accord avec ce mariage arrangé, il faut encore
que ce type traite mal sa sœur.

- Voyons vous n’allez pas vous disputer pour ça ? Intervient Emile. Malcom
vous aurez le temps de parler de tout ça plus tard, pour l’instant profitons
de nos retrouvailles.

- Je veux te voir demain chez moi. Ordonne Malcom encore à sa sœur.

Je passe ma main sous la table et lui tapote la cuisse pour le calmer.


Malcom est quelqu’un de très très calme. Tellement calme que moi-même
j’en ai peur souvent parce quand il se met en colère soit sûr que tu vas
passer un sale quart d’heure. Il est calme mais autoritaire. Il est calme
mais très très protecteur au point où il peut casser la gueule à quiconque
s’en prend à un être cher. Nous restons silencieux et Antony commence
une causerie orgueilleuse avec ses beaux-parents. Ils parlent de chiffre
d’affaire, de jet privé, de maison, de voyage et j’ai l’impression qu’ils
essayent de me narguer avec leurs biens. Si seulement ils savaient qui
j’étais et quel pouvoir j’ai, ils la fermeraient. Je n’ai pas besoin de révéler
ma nouvelle identité pour essayer de les influencer. Les choses se feront
d’elles-mêmes.

- Alors cher beau-frère, comment vont les affaires là-bas aux Etats-
Unis ?

- Très bien par la grâce de Dieu.


- Tu pourrais lui trouver des partenaires ici Antony, dit Aïcha, puisqu’il a
ouvert une autre entreprise.

- Non merci maman ça va je n’en ai pas besoin.

- Oh non ça ne me dérange pas. Insiste Antony.

- Et j’ai dit que je n’en ai pas besoin. J’ai déjà tout ce dont j’aurai besoin et
si j’ai besoin d’autres choses je sais vers qui me tourner.

- Ok c’est comme tu veux. Et toi Vicky ?

- Oh pareille que mon époux. J’ai aussi ouvert une boite ici.

- Oh tu es chef d’entreprise !? S’exclame Pamela. C’est super ça.

- Oui, tu pourrais passer voir quel poste t’intéresse quand l’envie de


travailler te prendra. Dis-je pour énerver son mari et mes beaux-parents
qui me lancent des regards menaçant.

- Le plus grand travail que puisse avoir une femme c’est de s’occuper de
ses enfants. Alors le travail de ma femme c’est de s’occuper de mes
enfants et pour ça je la paye, beaucoup plus que tu ne le feras.

- Comment pourrait-elle le savoir elle qui n’a pas d’enfant. Lance Aïcha.

Là Malcom pose sa fourchette avec fracas et lève les yeux vers sa mère.
Je pose à nouveaux ma main sur sa cuisse pour lui faire comprendre que je
vais bien. Il veut quand même parler mais Mel intervient.

- Moi je suis son fils et je peux vous assurer qu’elle est la meilleure mère
que je connaisse.

- Oui en faisant de toi son chauffeur plutôt que de te mettre à l’école.

- Maman je…

- Elle m’a fait entrer dans l’armée, continue Mel en interrompant Malcom,
et quand j’ai été assez formé j’ai préféré la servir elle que de continuer.
Alors je peux vous assurer que grâce à elle je suis mieux formé que vos
gardes. Je n’aurai pas connu meilleure mère qu’elle.
Je regarde Mel et j’en suis émue. Il ne m’avait jamais dit cela avant.

- Oui c’est ça. Murmure Aïcha.

- En tout cas je préfère rester stérile à vie que d’être comme certaines
mères qui vendent leurs enfants pour juste un peu de pouvoir dans la
société. Pouvoir qui peut leur être arraché en un claquement de doigt.

Je la fixe droit dans les yeux et elle soutien mon regard.

- Ok bon je pense que nous allons nous en aller avant que je n’explose de
colère.

- Mais Malcom…

- Non maman ça suffit. C’était quoi cette manière d’attaquer ma femme.


Quoi toi aussi tu ne l’aimes pas tout comme papa ? Eh bien vous allez devoir
l’accepter sinon vous me perdrez à jamais parce que moi je refuse de vivre
sans elle, stérile ou pas. Prunelle on s’en va et toi Pamela je veux te voir
demain comme j’ai dit.

- D’accord.

Malcom se lève et me prend la main pour me faire lever à mon tour ce que
je fais en faisant un petit sourire à ma belle-mère. Elle n’a toujours pas
compris qu’en s’en prenant à moi elle se mettait Malcom sur le dos. Je dis
au revoir à Pam et me laisse tirer par mon époux jusqu’aux voitures. Nous
montons tous les deux dans sa voiture à lui et Mel nous suit dans la mienne.
C’est dans un silence total que nous arrivons à la maison. Je me rends dans
la salle de bain pour prendre une douche lorsque je sens la présence de
Malcom derrière moi. Il me regarde me laver sans rien dit et quand je finis
il ouvre grand ma serviette et m’y enveloppe.
- Je suis vraiment désolé.

- C’est moi qui le suis de ne pas pouvoir te donner d’enfants. Dis-je en lui
caressant la joue.

- Si on me demande si je veux des enfants, je dirai oui. Mais si on me


demande qui je préfère avoir dans ma vie entre toi et ces enfants, je dirai
toi parce que toi sans enfants je suis heureux mais des enfants sans toi, ça
serait le chaos total. Aussi, continue-t-il en se rapprochant encore plus de
moi, j’ai foi là dans mon cœur que le Dieu que je prie le fera. Nous devons
juste le lui demander, ensemble, toi et moi. Tu dois lui faire confiance
parce qu’il t’aime.

- Je t’aime Malcom. Je préfère dire pour couper court parce que je


déteste quand il me parle de Dieu.

Il soupire et m’embrasse. Je laisse tomber ma serviette et m’accroche à


son cou. Il comprend le message et me soulève pour me conduire sur le lit.
Dieu m’aime, je n’en crois pas. Mais ce dont je suis sûre et certaine c’est
que Malcom est le seul homme avec qui je veux être jusqu’à mon dernier
souffle. Malcom Ehui BEYNAUD, je t’aime.
La vengeance est une femme

Episode 10

Ce soir je dois prendre l’avion pour me rendre au Gabon régler le compte


de deux autres de mes ennemis mais avant je dois passer la journée avec
Pamela. Depuis maintenant 1 mois que nous sommes au pays qu’elle et moi
passons assez de temps ensemble. Elle passe des fois à l’entreprise aux
heures de pause ou la maison pour discuter de tout et de rien. Elle et moi
nous entendons bien pour la joie de Malcom mais pour le regret de leur
parent et Antony. Je suis même surprise de voir à quel point elle est
extravertie contrairement à quand son mari est dans les parages ce qui me
fait penser qu’il la maltraite. J’ai même l’impression que des fois elle veut
se confier à moi mais se retient. Je ne lui demande rien et préfère
attendre qu’elle fasse le premier pas. Je retrouve en elle une petite sœur
et elle une grande sœur en moi comme elle ne cesse de le dire. J’ai parlé à
Malcom de mon désir de l’embaucher parce qu’un jour alors qu’il y avait un
petit souci avec les finances, elle a fait une de ces démonstrations qui m’a
grandement surprise et épater. Je la veux comme DAF de la boite
puisqu’elle a fait finance économie. Mais elle refuse parce que son mari ne
veut pas qu’elle travaille ce qui la chagrine beaucoup. Ça se sent qu’elle
aime la chose. Malcom a essayé de lui faire entendre raison mais que peut-
elle faire si son mari n’est pas d’accord surtout s’il est soutenu par ses
parents.

J’ai rencontré ses deux enfants, Nadia et Sara, deux adorables filles de 8
et 6 ans. Je les adore et je les comble de cadeaux à chaque fois que je les
vois. J’adore les enfants et je veux en avoir mais comme je sais que ça
n’arrivera jamais j’évite d’y penser en me concentrant sur mon mariage et
ma vengeance. À chaque fois qu’on me demande combien d’enfants Malcom
et moi avons, j’ai un pincement au cœur par rapport à lui parce que je sais
qu’il en veut de toute sa force. Je m’attends donc au jour où il viendra
m’annoncer qu’il a mis une autre enceinte. En tout cas s’il fait ça, et lui et la
fille je les bute.

- Tiens, je voudrais avoir ton avis sur ce dossier. Dis-je à Pam en lui
glissant une chemise en carton.

- Vicky je t’ai déjà dit que…

- Je te demande juste de l’analyser et de me donner ton point de vue rien


de plus.

Elle me jette un regard puis prend le dossier en secouant la tête. Elle


l’analyse un moment puis commence à me faire un speech à la consultante.
Je l’écoute en souriant mon verre de jus à la main. Je n’arrive pas à croire
que son idiot de mari prive la société de ce talent.

- Voilà c’est mon avis et je pense même que c’est que tu devrais faire pour
avoir un bon chiffre d’affaire pour ta première année.

- Ça te dirait de travailler pour moi en freelance.

Elle me lance encore un regard comme pour dire « arrête d’insister ».

- Ok ça va.

Nous continuons à papoter jusqu’à ce que Malcom nous rejoigne. Nous nous
étions donné rendez-vous pour déjeuner ensemble. Il embrasse sa sœur et
me pose un baiser sur la tempe avant de s’asseoir près de moi. Je fais
signe au serveur qui apporte son plat que j’avais déjà commandé et il se
met aussitôt à manger.
- Alors ton rendez-vous ? Je lui demande en lui plaçant la serviette de
table comme bavoir.

- Merci, oui ça a été. Le contrat a été signé. Merci Pam pour le conseil.

- De rien. Ça me fait plaisir d’aider et ça me change un peu des devoirs de


maison des enfants.

- Comment vont-ils mes neveux ?

- Très bien. Ils sont très heureux des cadeaux que vous leur avez donnés.

- Ca me fait plaisir. Et Antony ?

Ok je sens que maintenant la conversation va virer aux remontrances.

- Il va bien. Répond-t-elle timidement.

- J’ai toujours voulu te poser cette question mais à chaque fois j’oublie. Tu
es heureuse dans ce mariage arrangé par les parents ?

- Oui. Dit-elle en baissant la tête. Mes enfants font ma joie.

- Je te parle de ton mari.

- Ca va.

- Pourquoi tu n’as pas refusé ?

- Chéri je ne suis pas sûr que ce soit le moment de parler de ça.

- Ok je suis désolé. Je suis super heureux de voir que vous vous entendez
bien toutes les deux.

- Comment ne pas nous entendre quand nous aimons toutes deux le même
homme. Dis-je en souriant.

- Tu pars à quelle heure ? Me demande Malcom.

- 16h. J’y vais pour une semaine.

- C’est trop. Que veux-tu que je fasse seul pendant une semaine ?

- Te concentrer sur tes nouveaux contrats.


- Tu sais très bien que c’est toi ma source d’inspiration donc si t’es pas là y
a pas moyen que j’arrive à faire quoi que ce soit. Me murmure-t-il tout près
de mes lèvres avant de les capturer.

- Rhooor vous êtes trop mignons. Je suis jalouse.

Nous séparons nos lèvres en éclatant de rire. Mon portable sonne et je


souris quand je vois le nom qui s’affiche. Brad.

- Allô.

« - Tout est ok. »

Je raccroche le sourire aux lèvres puis me reconcentre sur la causerie qu’a


entamé Malcom et sa sœur.

***Gabon, Libreville***

Je descends de l’avion et retrouve avec joie Brad qui m’attend au pied de


l’escalier. Brad est mon garde du corps en chef, c’est après lui que Mel
vient. Lui contrairement à Mel a un sang très chaud je dois dire. Il est sans
pitié donc c’est lui que j’envoie lorsque le sang doit verser. Moi je ne me
sali pas les mains. Il a aussi ses hommes à lui qui l’aident quand besoin. Je
l’avais envoyé en mission infiltration depuis trois mois au Gabon pour
espionner le couple EKOWE et c’est maintenant qu’il a fini. Lui est une
victime politique. Toute sa famille a été tué en Afrique du Sud lors d’une
crise poste électorale. Le perdant refusait de perdre alors il a foutu le
bordel dans le pays tuant tous ceux qui étaient sur leur passage à lui et ses
partisans. J’y étais allées pour les affaires et c’est là que je les vus
défoncer la gueule lui seul à trois hommes. Je l’ai engagé net et depuis
l’année passée il est mon homme de confiance et de terrain. Il s’assure
toujours que tout soit prêt avant que je n’arrive. Il me tend la main que je
saisi en descendant les dernière marches.

- Bonne arrivée.

- Merci. Alors ?

- Ils sont là où tu voulais qu’ils soient.

- Tous les trois ?

- Tous les trois.

- Et les hommes ? Je demande en montant dans la voiture.

- Vingt au total. D’autres sont prêts à prendre le relai.

- Ok.

Il ferme la portière et monte à l’avant avec Mel. Tous mes autres gardes
nous suivent. Pendant le trajet Brad me fait le compte rendu sur la
situation et je suis heureuse de constater qu’il a fait un bon travail. Je me
rends à mon hôtel prendre une douche et me changer avant de me rendre
sur le lieu où se trouve la famille EKOWE.

Itu et Mamina EKOWE, deux membres de « Blood Brother » qui ont


assisté à l’assassinat de mes parents. Itu faisait partie des quatre hommes
qui ont violé ma mère à mort et sa femme le regardait faire en souriant.
Alors aujourd’hui je vais leur faire vivre la même chose que ma mère et moi
avions vécue. Ils vont savoir ce que ça fait de se faire violer et d’assister
au viol d’une personne qu’on aime. Parmi ces quatre hommes j’en ai déjà tué
2, lui est le troisième et le quatrième se trouve en Côte d’Ivoire. Il est le
prochain sur la liste. Itu EKOWE, actuelle Ministre des eaux et forêts et
Mamina EKOWE Ministre de la famille. Certains parmi eux sont toujours
dans de hauts postes dans le gouvernement et d’autres ont pris leurs
retraites politique mais jouent toujours des rôles importants dans leurs
sociétés c’est pourquoi nous les étudions avant de les attaquer. Brad m’a
dit comment il a étudié leurs habitudes et ceux de leurs gardes pendant
ces trois mois où il les surveillait. Il sait donc à quel moment ils ne sont
plus gardés.

Nous arrivons dans ce lieu désert au milieu de nulle part où se trouve une
petite maison abandonnée. J’entre avec Mel et Brad à ma suite puis arrivée
dans une des pièces je vois le couple EKOWE et leur fille suspendus au
plafond tous nus. Je m’assois sur la chaise placé en face d’eux en croisant
les jambes et Brad les réveille en les aspergeant d’eau.

- Bonsoir à vous.

- Qui êtes-vous et que nous voulez-vous ? Demande Itu.

- Généralement je me présente à la fin mais comme je ne sais pas


exactement à quel moment du film vous allez mourir je vais le faire
maintenant. Je suis la fille du feu Colonel Julien Anselme TAPÉ.

- C’est impossible vous êtes…

- Je ne suis pas morte comme vous pouvez le constater et je suis là pour


vous faire payer ce que vous avez fait à mes parents.

- Si tu penses qu’une moins que rien comme toi peut nous faire peur tu te
fous le doigt dans l’œil. Me jette à la figure Mme EKOWE. Nos hommes
seront là d’un moment à l’autre et c’est vous qui vous trouverai dans cette
position. Minable que tu sois.

- Oui vos hommes seront là mais quand ils viendront ils vous trouveront
déjà mort après que vous ayez été violé par une vingtaine d’hommes.

- Non je vous en supplie ne faites pas ça. Me supplie leur fille en éclatant
en sanglots.

- Moi aussi j’ai supplié tes parents de nous épargner mais ils n’ont rien
voulu comprendre. Le plus dommage c’est que ça commencera par toi pour
que tes parents ici présents ressentent ce que j’ai ressenti quand je
regardais ma mère se faire violer.
- Je vous en prie pas ma fille, dit Mamina en éclatant aussi en saglots. Elle
n’y est pour rien là-dedans.

- Oh, moi aussi j’y étais pour rien mais vous ne m’avez pas épargné encore
moins ma mère. C’était entre vous et mon père mais vous nous y avez
impliqué alors j’implique aussi votre fille. Dites-moi merci d’avoir épargné
vos deux autres enfants qui sont en France.

- Ecoutez, prend la parole Itu, on peut s’arranger. Dites-moi ce que vous


voulez on vous le donnera, peu importe la somme.

- Je suis Vicky HAMILTON et je suis plus riche que vous donc je n’ai pas
besoin de vos miettes. Ce que je veux, c’est vous voir souffrir et mourir
comme mes parents. Vous voyez le lit, dis-je en pointant un lit, eh bien ce
sera votre lit conjugal à vous et ces hommes sauvagement dosés au viagra
qui n’attendent que de vous défoncer.

Je prends mon briquet dans ma pochette, me lève et marche à pas lents


pour me placer devant Itu. Je le regarde de haut en bas et mon regard
reste sur son sexe. J’allume le briquet et colle le feu sur son sexe. Il se
met à hurler et les deux autres se mettent à pleurer.

- C’est avec ça que tu as violé ma mère n’est-ce pas ? Tu n’en auras plus
besoin puisque c’est toi qui seras la femme.

Il continue de hurler de toute son âme et Brad vient l’attraper pour


l’empêcher de bouger. Je le regarde hurler de douleur et j’en suis
heureuse. Je referme le briquet et le regarde pleurer comme un gamin.

- Faites entrer deux hommes. J’ordonne en allant me rasseoir.

Mel fait entrer deux hommes qui sont déjà nus et au garde à vous pendant
que j’allume une cigarette que je commence à fumer. On détache La fille
qui se met à pleurer et supplier et on la place sur le lit. Les deux hommes
commencent leur travail. Je ferme les yeux en écoutant les cris, les pleurs
et les supplications de Mme EKOWE et de sa fille et je me remémore de
ce que j’ai vécu quand on violait ma mère. Leurs cris à elles me rappellent
ceux de ma mère. Entendre le couple me supplier apaise mon cœur alors je
décide de me retirer laissant les hommes continuer ceux pour quoi je leur
ai donné des millions. Ça n’a pas été très difficile de convaincre ces
hommes de jouer le rôle de violeur. Des ennemis d’hommes politiques il y en
a surtout dans les quartiers précaires car ce sont eux qui sont plus leurs
victimes. Soit leurs maisons sont démolies et eux jeté à la rue soit ce sont
leurs enfants, frères qu’on utilise pour des sacrifices humains. Toutes ces
victimes murissent en eux l’envie de vengeance pour que justice soit faite
mais comme n’ayant aucun moyen de le faire ils restent sagement chez eux
attendant qu’une petite occasion comme une crise poste électorale se
présente à eux pour enfin exprimer leurs rat-le-bols. Brad a donc
sympathisé avec ces gens pendant son séjour ici et leur a proposé à chacun
1 millions pour se venger et garder le silence. Mel me raccompagne à mon
hôtel et Brad reste avec les autres gardes pour s’assurer du bon
déroulement de l’opération.

***Trois jours plus tard***

Trois jours ont suffi pour en finir avec la famille EKOWE. Ils sont tous
morts. Ce n’est pas évident de survivre lorsqu’on se fait violer par tous les
trous et frapper pendant l’acte par plusieurs hommes. Les hommes ont été
heureux d’avoir enfin obtenu vengeance mais surtout pour leurs millions qui
d’ailleurs ne viennent pas de mon compte en banque mais plutôt de celui de
leurs victimes. J’arrive sur le lieu et fait l’heureux constat. Mel me tend
mon rouge à lèvres et les marques de mon initial. Ce signe je le leur mets
juste pour passer le message aux autres pour qu’ils sachent que c’est la
même personne qui fait tous ces dégâts. Je veux leur faire comprendre
que leurs tours arrivent. Jamais les détails de leurs morts ne sera donné à
la population parce qu’on doit sauver leurs images même s’ils ne sont plus à
moins que ce soit la population qui découvre leurs corps en premier raison
pour laquelle j’ai chargé mes hommes de jeter leurs corps en plein milieu
de la rue. Ce sera une grande humiliation pour le gouvernement Gabonais.

- On peut rentrer maintenant.

Je tourne les talons avec mes hommes et nous nous en allons. Une fois
dans ma chambre d’hôtel je file dans la salle de bain enlevé cette sensation
de mort sur moi. Je déteste être en présence de cadavre. Une fois propre
je me mets au lit et lance un appel vidéo à Malcom. Il décroche et à sa vue
mon cœur s’emballe. Il est assis dans son bureau le torse nu. Son sourire
me fait fondre. C’est fou comme j’aime cet homme.

- Hey boo.

« - Hey ma prunelle. Comment ça se passe là-bas ? »

- Très bien. J’ai fini plutôt que prévu donc je rentre demain.

« - Oh enfin, je commençais vraiment à déprimer sans toi. C’est fou comme


tu me manques ma prunelle. »

- Tu me manque aussi chéri. Tu es encore en train de travailler ? Il se fait


tard pourtant.

« - Oui mais j’avais besoin de faire passer le manque de toi. J’ai hâte de
t’avoir de nouveau dans mes bras. »

- Tu sais que tu me perturbe avec ton corps exposé là comme ça. Dis-je en
me mordant la lèvre.

« - Ah bon ? Je ne savais pas que mon corps te faisait autant d’effet. »


Dit-il en souriant.

- Ouais c’est ça fait le malin.

« - Je t’aime. »

- Moi encore plus.


« - Moi plus que toi. »

-Non je t’aime plus que toi.

« - C’est faux. Moi je t’aime 100 millions plus que toi. »

- Moi 100 milliard plus.

« - Et moi 100 zillions zilliards plus que toi. »

- Arrête ça n’existe pas ça. Dis-je en éclatant de rire.

« - J’aime tellement te voir rire. »

- Tu me rends heureuse Malcom. Tellement. Dis-je en caressant l’écran


comme s’il s’agissant de lui.

« - Je t’aime. » Fait-il en collant aussi sa main sur l’écran. « A demain. »

- A demain.

Je lui envoie un bisou auquel il répond puis nous nous déconnectons. Je me


laisse tomber sur le lit et pense encore à lui. Des fois j’ai envie de tout
laisser tomber pour pouvoir vivre pleinement avec lui mais quand je me
souviens que je ne peux pas lui donner d’enfants à cause de ces gens, la
haine reprend sa place et je décide de continuer.

Je suis rentrée avec Mel, Brad et mes deux autres gardes avec qui j’étais
venue en Côte d’Ivoire et nous nous rendons à la maison. Les autres
hommes sont retournés aux USA et me reviendrons pour la prochaine
mission. Au fait mes deux autres gardes ont pour mission de surveiller
Malcom à son insu parce que je crains que des ennemis politiques de son
père ne s’en prennent à lui surtout avec les élections qui approchent.
Lorsque nous garons dans la grande cour de la maison je vois la voiture de
ma belle-mère et deux autres que je ne connais pas. Je vois aussi deux
gardes en plus de ceux de ma belle-mère arrêtés qui veulent venir vers
nous mais je ne les calcule pas et entre dans ma maison. Ce sont des éclats
de rire qui m’accueillent. Des éclats de rire de ma belle-mère et d’une
autre dont je ne reconnais pas la voix. Quand j’entre dans la pièce je vois
effectivement ma belle-mère assise en face de Malcom puis une jeune
demoiselle assise près de lui avec une coupe de champagne en main et qui le
colle un peu trop à mon goût.

- Bonjour ici. Je salut en m’avançant vers eux.

Malcom se lève aussitôt et vient m’embrasser. Aïcha fait un signe de tête


à la jeune fille qui pose son verre et se lève.

- Prunelle viens que je te présente. Carole je te présente ma magnifique


femme Vicky et prunelle je te présente Carole SAKO la sœur d’Antony et
aussi une amie.

Elle s’avance le sourire aux lèvres vers moi comme pour me faire passer un
message.

- Je suis aussi son EX-FIANCEE. Ajoute-t-elle toute sourire en me


tendant sa main.

Je regarde ma belle-mère qui me sourit malicieusement et ramène mon


regard vers la fille. C’est donc sur ce terrain qu’elle veut jouer ? Ok.
J’espère qu’elle s’est assurée avant que sa petite protégée a toutes les
armes pour m’affronter.
La vengeance est une femme

Episode 11

Malcom m’a parlé brièvement de son ‘‘ex fiancée’’ et de ce que j’ai retenu
c’est qu’il a rompu lorsqu’il a su que leur relation était un moyen pour ses
parents d’avoir une place dans le gouvernement et qu’elle était de mèche.
Quand il a rompu ses parents ont voulu coûte que coûte qu’il l’épouse en
même temps qu’il obligeait Pamela à épouser Antony le frère de Carole.
C’est ainsi que leur dispute a commencé et qu’il a quitté la maison pour aller
refaire sa vie aux Etats-Unis. Connaissant mon homme, il n’est pas
quelqu’un de rancunier raison pour laquelle il reparle de nouveau avec cette
fille.

Je me décide enfin à lui prendre la main qui depuis était suspendu et lui
fait mon plus beau sourire.

- Enchantée mademoiselle l’ex-fiancée. Merci à toi d’avoir cédé le passage


pour moi. Tu ne sais pas quel homme tu as raté. Fais-je en m’accrochant au
bras de mon homme. Vous allez m’excuser un moment, je reviens de voyage
et je vais monter me changer pour vous revenir.

Je monte prendre une douche et me changer après quoi je reviens vers nos
invitées. Malcom me tend une coupe de champagne, me fait asseoir très
près de lui et passe son bras autour de mes épaules. Je les écoute parler
du bon vieux temps et Aïcha ne fait que sourire. Elle a quel problème celle-
là ?

- Donc comme ça c’est toi qui a réussi à prendre le cœur de Mal.


- Eh oui, c’est moi la femme la plus chanceuse. Apparemment la famille
SAKO a fait bonne impression à M et Mme BEYNAUD au point où ils
voulaient à tout prix que leurs deux enfants vous épousent ton frère et
toi. J’aimerais bien savoir ce que vous avez de si particulier.

- Oh qui n’aimerais pas épouser les enfants d’un Vice-Président dans le


temps et Gouverneur maintenant ?

- Malcom apparemment puisque c’est moi qu’il a choisi.

- Oui et je ne le regrette pas. Mais bon tout ça c’est derrière maintenant.


Alors dis-moi ce que tu deviens. Lui demande Malcom.

- Oh je suis toujours dans les affaires raison pour laquelle je suis toujours
entre deux avions. Mais j’ai pris des vacances donc je vais rester un peu
dans mon pays pour me reposer et maintenant que tu es de retour on va en
profiter pour rattraper le temps perdu.

- Je suis si heureuse de voir que vous vous entendez à nouveau bien. Parle
enfin Aïcha. Vous avez toujours fait un beau duo.

- Oui et on peut le reformer ce duo. N’est-ce pas Mal ?

- Le seul duo que je fais c’est avec ma prunelle.

Il termine sa phrase en me faisant un baisemain. Dans ta face pétasse. Je


lui souris et me tourne vers les deux pimbêches là. Je ne sais vraiment pas
sur quoi Aïcha compte pour m’attaquer sur ce plan. Notre amour à Malcom
et moi est infaillible donc qu’elle m’attaque sur un autre plan ça vaudrait
mieux parce que c’est de l’énergie qu’elle va dépenser. Elle va jusqu’à
l’appeler Mal. Lol, Mal mon œil. Elles prennent congé de nous et je reste
seule avec mon homme.

- Mal hein. Dis-je pour le taquiner.

- Arrête tes conneries.

- Quoi qu’est-ce que j’ai dit ? Ce n’est pas comme ça qu’elle t’a appelé. Oui
on va reformer ce duo, n’est-ce pas Mal ? Je me mets à imiter l’autre.
- Tu es folle.

- C’est plutôt elle la folle si elle pense pouvoir te reconquérir.

- Elle n’a jamais dit une chose pareille.

- Oh elle n’a pas besoin de le dire. Entre nous femmes on se connait.

- Quoi tu es jalouse ? Me demande-t-il en souriant.

- Meum pas. Mais en tout cas si elle tente quoi que ce soit avec toi je la
zigouille.

- Ne t’inquiète pas ma prunelle, tu sais très bien que je ne suis qu’à toi.
Aucune femme dans ce monde ne peut réussir à me détourner de toi.

- Eh bien y a intérêt.

Il sourit et me lance un coussin au visage. Je lui fais pareil et nous nous


sourions amoureusement.

- Tu m’as manqué boo.

- Viens là. Dit-il en tapotant sa cuisse.

Je m’exécute et commence à l’embrasser passionnément.

- Tes gardes… peuvent… entrer.

- Ils ont pour ordre de ne jamais me déranger quand je suis avec toi.

J’approfondis le baiser et il me soulève pour nous conduire dans notre


chambre. J’ai hâte qu’il me prenne tellement il m’a manqué.

*
*

Je suis assise dans mon bureau en train d’étudier des dossiers avec April à
qui je veux apprendre les affaires parce que je ne veux pas qu’elle se
limite seulement au poste d’assistante. Je veux l’envoyer souvent me
représenter dans des réunions et autres. Elle est brillante et travailleuse
et c’est ça qui nous a le plus rapprochés.

- Demain tu iras me représenter à la réunion avec M GUEÏ.

- Quoi ? Non.

- Tu vas arrêter d’être une trouilleuse !? Tu as les compétences requises


pour me représenter. Tu me connais mieux que quiconque et tu as la
tchatche donc tu peux.

- Devant toi et des gens avec qui je suis familière oui j’ai la tchatche mais
pas devant des hommes d’affaires.

- Ok tu me prends ce dossier et une fois chez toi tu l’étudies de fond en


comble et demain tu pars au Plateau me représenter sinon je te vire.

Elle me regarde longuement découragée que j’insiste autant.

- Tu sais, des fois j’ai envie de te dire à quel point je te déteste mais c’est
dommage je ne le peux pas parce que tu es ma boss.

- Prends ce dossier et dégage de mon bureau.

Il tire la bouche et récupère le dossier avant de se diriger vers la porte.


Brad entre et ils se cognent les points avant qu’elle ne sorte.

- Tu t’es connecté aujourd’hui ? Me demande-t-il une fois seuls.


- Non pourquoi ?

- La famille Ikowe est au cœur des médias.

- Si rapidement ?

- Oui, j’avais prévenu des journalistes qui sont venus juste après que leurs
corps aient été déposés au milieu de la rue.

- Oh j’y avais pas pensé. Merci alors.

- De rien. Qui est le prochain ?

Je tire mon tiroir et en sors la copie de la liste que je me mets à examiner.

- Francis ACHI. D’ailleurs lui ça fait un bon moment que je n’entends plus
parler de lui.

- Je pense qu’il a eu un petit souci avec la secte donc il s’était réfugié au


Ghana. Je vais essayer de voir où est-ce qu’il se trouve maintenant.

- Ok.

Il touche son oreillette et dit un ok dans le micro sur son poignet avant de
revenir à moi.

- Ton beau-père est là.

- Ah bon ? Ok laissez-le monter.

- Tu veux que je reste ?

- Non ça va. Il ne me fera rien.

- Ok.
Il répète l’ordre de laisser monter Emile puis il sort. Je regarde encore
mes dossiers le temps qu’il vienne à moi ce qu’il fait sans tarder. Il m’a l’air
furieux. Je lui fais mon plus beau sourire.

- Beau papa. Que me vaut l’honneur de ta visite ?

- C’est toi qui est derrière ce chaos au Gabon ?

- Bonjour oui je vais bien et toi ?

- Arrête-moi tes conneries et réponds-moi. Hurle-t-il presque.

- Tu connais déjà la réponse.

- Comment as-tu pu ? Comment ?

- Je ne suis pas sûr que tu veuilles le savoir.

- Est-ce que tu sais que tu es en train de jouer avec le feu ? Parce que si la
secte sait que c’est toi je peux t’assurer que tu vivras pire que ce tu as
déjà vécu.

- J’en ai hâte. Je veux tous vous avoir en face de moi pour qu’on règle nos
comptes. Tu peux donc leur dire que c’est ta belle-fille V.

- Je n’arrive vraiment pas à croire que de toutes les femmes qu’il y a là-bas
aux Etats-Unis il a fallu que mon fils te choisissent toi comme épouse.

- Ça s’appelle le karma beau papa, le karma. Le mal que tu fais revient


toujours vers toi et je suis ton mal à toi.

- Qu’est-ce que tu veux ?

- Ta femme ne te l’a pas dit ?

- Est-ce que tu as pensé à ce que Malcom pourrait ressentir si quelque


chose nous arrivait ?

- Il aura mal mais ça lui passera. Il ne sera pas le premier à perdre ses
parents.
- Ok comme c’est comme ça compte sur moi pour vous séparer parce qu’il
est hors de question que vous restiez mariés. Je suis son père et je sais
comment le convaincre.

- Bonne chance alors.

Nous nous défions du regard pendant je ne sais combien de minutes puis il


se décide à partir. S’il savait ce que je lui réserve il n’allait pas gaspiller
son temps à vouloir me séparer de son fils. Je travaille jusqu’à 16h et fais
signe à Mel de préparer la voiture pour notre départ. Mais avant de me
rendre à la maison je dois d’abord me rendre dans une salle de sport
demander les services du patron. Il a une grande réputation qui dépasse la
frontière ivoirienne et j’ai besoin de lui. Nous garons devant le lieu et
j’entre dans la salle de sport qui est très grande. Elle est divisée en deux
niveaux. Le bas c’est pour la muscu et en haut pour les cours d’auto-
défense. Je le vois de loin en train d’aider des jeunes à soulever un poids.

- Bonsoir M ANDERSON.

Il se lève de tout son long et c’est là que je le remarque vraiment. Woh, il


est immense. Normal qu’il inspire la crainte.

- Bonsoir Madame. Comment puis-je vous aider ?

- Est-ce que nous pouvons nous entretenir en privé svp ?

- Ok pas de souci. Suivez-moi là-haut.

Je le suis jusqu’à son bureau où nous nous installons. Je vois des photos
d’une femme un peu partout dans le bureau puis sur une ils sont tous les
deux. Il y a aussi des photos d’enfants. Je suppose que c’est sa famille.
- J’aimerais savoir si vous êtes disponible pour faire partie de ma garde
rapprochée. J’ai entendu parler de vous et faut dire que votre profil me
plait.

- Je suis très ravi que vous pensiez à moi pour vous garder mais je vais
devoir décliner l’offre. Je préfère rester dans l’ombre surtout après avoir
bien nourrit la presse ces dernières années. J’ai promis à ma princesse de
ne plus me mettre dans des histoires d’armes et autres parce que ça nous
a trop créé des problèmes. Je préfère donc rester coach sportif. Et puis
si je m’amusais à accepter votre offre je ne pourrai même faire une
journée avec vous parce que ma femme me tuera avant. Finit-il en souriant.

- Oui je m’en doutais bien mais j’ai quand même voulu essayer. Ok mais
j’aurai quand même besoin de vous comme coach pour des cours d’auto-
défense. J’en ai déjà appris mais comme ça fait un bon moment je pense
avoir perdu la main.

- Ok pour ça il n’y a pas de souci. Vous voulez des cours personnels chez
vous ou… ???

- Oui des cours personnels mais ici dans votre gym. Je vais profiter pour
dégraisser un peu. Dis-je en souriant.

- C’est compris. On discutera de la paye après la première séance mercredi


comme ça vous verrez si ça vous convient.

- Ok. Bon je ne vais pas prendre encore plus de temps. Je vais y aller. Ah
au fait, passez le bonsoir à votre sœur Roxane. Dites-lui que c’est de la
part de Vicky HAMILTON. Je suis l’une de ses meilleures clientes.

- Je n’y manquerai pas.

Je prends congé de lui et rentre chez moi retrouver mon homme. Je pense
qu’il faut vraiment que je me remette en jambes parce que je sens que je
vais bientôt utiliser mes poings pour mettre certaines personnes à leurs
places, comme cette Carole. Ils veulent tous la caser avec Malcom eh bien
ils vont devoir me passer d’abord sur le corps.
La vengeance est une femme

Episode 12

***Malcom Ehui BEYNAUD***

« Je marche en direction des reniflements que j’entends. Ce sont ceux


d’une femme, une femme qui a mal, une femme meurtrie dans son âme, une
femme pleine de tristesse. Je marche encore et vois devant moi un énorme
trou que je ne peux contourner. Je tends l’oreille pour voir d’où viennent
les pleurs lorsque je constate qu’ils viennent du trou. Je m’avance et
regarde à l’intérieure. Je vois effectivement une femme assise la tête
baissée en train de pleurer. Le trou est éclairé par la lumière du jour mais
tout autour d’elle est sombre, très sombre.

- Hého, bonjour ? Vous m’entendez ?

Elle ne me répond pas et continue de pleurer la tête toujours baissée.

- Donnez-moi votre main pour que je vous sorte de là.

- Je n’ai pas besoin de votre aide. Dit-elle avec une voix confiante alors
qu’elle pleure.

- Laisse-vous aidez. Vous ne pourrai pas sortir de ce trou toute seule.

- Fichez-moi le camp. Je n’ai besoin de l’aide de personne.

- Ok c’est comme vous voulez.

Je me lève et décide de rebrousser chemin mais je me sens attirer par


cette femme dont je ne vois pas le visage. Je me sens proche d’elle,
beaucoup trop proche. Je veux partir mais je n’y arrive pas. Je me
retourne pour la regarder et mon cœur se rempli d’amour pour elle. J’ai
l’impression que je dois l’aider, qu’il n’y a que moi qui puisse l’aider… »

J’ouvre les yeux encore plus perturbé par ce même rêve qu’à chaque fois
que je le fais. Je ne sais pas qui est cette femme que je dois aider et
pourquoi je dois l’aider. Ça fait un bon moment que je fais ce même rêve
sans toutefois le comprendre. La première fois que je l’ai fait c’était il y a
12 ans avant que je ne rencontre Vicky puis après notre mariage je n’en ai
plus fait enfin si mais c’était quelque rare fois. Mais depuis deux mois
maintenant je refais ce même rêve sans cesse avec toujours le même
scénario. Une femme qui a besoin d’aide pour sortir de ce gros trou mais
qui refuse un peu comme si elle s’y plaisait malgré la souffrance.

Je suis Malcom Ehui BEYNAUD, l’homme qui a la chance d’avoir Vicky


comme épouse. Je ne saurai dire exactement à quel moment j’ai commencé
à l’aimer parce que dès le premier jour où je l’ai vu déjeuner dans ce
restaurant à Washington. Je me suis senti attiré et durant toute cette
nuit je n’ai fait que voir son visage. Je ne comprenais rien à ce qui
m’arrivait parce que je ne la connaissais pas. Puis les jours qui ont suivi je
ne faisais que la rencontrer partout où j’allais ce qui m’intriguait beaucoup.
C’était un peu comme si elle et moi étions liés ou connectés, enfin quelque
chose de ce genre. Puis une nuit alors que je dormais j’ai rêvé d’elle qui
marchait sur une voie sombre alors que moi j’étais sur la même voie mais il
y avait de la lumière autour de moi. Une voix dans ce rêve m’a ordonné de
la suivre et plus je la suivais plus elle accélérait les pas. La voix a continué
à m’ordonner de tout faire pour la rattraper et je me suis mis à courir
après elle jusqu’à ce que je la rattrape et instantanément je l’ai enlacé. La
lumière qui était sur moi l’a aussi enveloppé. Elle m’a serré dans ses bras
puis a éclatant en sanglots. Ensuite elle m’a regardé et s’est mise à me
sourire. Quand je me suis réveillé une violente envie de la revoir m’a pris et
je me suis mis à la suivre afin de faire connaissance avec elle. Je l’ai vu
dans son regard qu’elle cachait une profonde tristesse, tristesse qui
disparaissait au fur et à mesure qu’on se fréquentait puis après notre
mariage elle s’est transformée en une femme heureuse. Elle riait tout le
temps et vivait s’en se soucier de quoi que ce soit. J’ai été heureux de
l’avoir transformé et je suis encore heureux de l’avoir dans ma vie. Quand
elle m’a dit avant qu’on ne se marie qu’elle était incapable de tomber
enceinte, ça n’a pas réveillé en moi ne serait-ce qu’une seconde le
découragement ou l’envie de ne plus la vouloir comme femme. Des femmes
stériles qui finissent par enfanter j’en ai déjà vu donc je n’ai pas eu peur.
Je sais que le Dieu que je prie opèrera le miracle un jour.

Je me lève et vais dans la pièce voisine faire ma prière matinale pour ne


pas déranger Vicky qui dort encore. Je prie pendant 1h de temps et quand
je reviens dans la chambre elle n’y ait plus. Je vais prendre ma douche et
descends voir si elle est en bas. Je la trouve dans la cuisine faisant le petit
déjeuner. A chaque fois que je vois ma femme mon cœur se rempli de joie.
Une joie que je ne peux exprimer.

- C’est moi qui t’es réveillé ?

- Oh tu es là ? Non j’avais déjà prévu me réveiller un peu tôt pour faire ton
petit déjeuner.

Elle s’essuie les mains sur un torchon et vient terminer le nœud de ma


cravate que j’avais commencé à faire.

- Tu sais que tu n’es pas obligée de te lever tôt pour me faire à manger.

- Je suis ta femme donc c’est mon devoir. Dit-elle en terminant totalement


le nœud puis elle pose un baiser sur mes lèvres. Voilà tu es tout mignon
comme ça.

- Merci.
Je lui donne un autre baiser puis la laisse aller terminer sa tâche. Je
m’assois sur l’un des sièges autour du plan de travail et la regarde
s’activer. Elle me rejoint avec nos plats que nous dégustons tout en
bavardant.

Je suis maintenant au travail plongé dans mes dossiers le sourire aux


lèvres. Les affaires vont bon train et les contrats venant d’un peu partout
ne cessent de pleuvoir. J’aime le résultat de mon travail et je peux dire
que je suis sur la bonne voie pour atteindre mes objectifs. Depuis la nuit
des BFA dont j’ai remporté le prix par miracle ma boite là-bas est au top
niveau. Je ne fais que gravir les échelons. Mon assistante me prévient par
téléphone que ma mère est là. Je lui dis de la faire entrer, ce qu’elle fait.

- Bonjour mon fils. Salue-t-elle en venant vers moi.

- Bonjour maman.

Je me lève et vais l’embrasser avant de nous diriger vers mon petit salon.

- Je te serre quelque chose à boire ?

- Non merci ça va. Alors comment tu vas toi ?

- Très bien par la grâce de Dieu. Et chez toi ?

- Ca va. Et ta femme ?

- Elle doit être au boulot. Elle va bien.

- Je peux te demander quelque chose ?

- Oui vas-y.

- Connais-tu vraiment la femme que tu as épousée ?

- Non tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ?

- Mais Malcom…
- Non maman, non. J’ai déjà été clair avec papa sur ce sujet. Vicky est ma
femme, c’est elle que j’ai choisi. Je la connais et même si elle n’est pas
‘‘parfaite’’, c’est elle que j’aime donc vous allez devoir l’accepter.

- Mais elle ne pourra jamais te donner d’enfants. Tu en es conscient ? Tu


es un homme et entant que tel il te faut un fils pour perpétrer ton nom. Il
te faut un héritier sinon tout ce travail que tu fais sera vain. Il faut que le
nom BEYNAUD continue d’exister.

- Tu sais, c’est parce que tu es ma mère que je ne t’ai pas encore foutu à la
porte.

- Tu oserais faire ça à cause de cette femme ?

- Non, parce que tu manques de respect à ma femme. Vous aviez voulu


m’imposer une femme une première fois ce qui a causé notre séparation
mais apparemment aucun de vous deux n’a retenu une leçon. Soit vous
acceptez ma femme soit vous nous rejetez tous les deux.

- Ok d’accord elle est ta femme c’est compris. Mais et Carole ? Elle t’aime
toujours tu sais ?

- Oh bon sang ! Dis-je en roulant les yeux.

- Tu pourrais essayer de voir s’il est possible de recoller les morceaux.

- Je ne suis pas partisan de la polygamie et je ne le serai jamais.

- Malcom je suis ta mère et je sais ce qui est bien pour toi et cette femme
est très loin de l’être.

- Et sur quoi te bases-tu pour faire une telle affirmation ?

- Mon instinct maternel.

- Je te demande donc d’utiliser cette intuition pour voir combien Pam est
malheureuse dans ce mariage que tu lui as imposé.

- Elle n’est pas malheureuse. Et puis ce n’est pas d’elle qu’il est question ici.

- Maman ça suffit. Si tu ne veux pas qu’on se dispute à nouveau arrête avec


ça.
- Ok d’accord mais je t’aurai prévenu. Bon j’étais venue aussi te prévenir
qu’on faisait un diner ce soir en famille. Maintenant que tu es là ton père et
moi voulions en profiter pour nous retrouver avec vous le plus de fois que
possible.

- Ok d’accord nous y serons.

- Ok. bon je vais y aller pour te laisser travailler. Je dois aller faire les
courses pour ce soir.

- D’accord maman.

Elle me fait la bise puis s’en va. Je ne comprends vraiment pas cet
acharnement qu’ils ont contre Vicky. Comment peuvent-ils prétendre qu’elle
n’est pas une bonne personne alors qu’ils ne la connaissent même pas !? En
tout cas si c’est la tactique qu’ils ont pour me remettre avec Carole eh bien
ils ont échoué d’avance parce que jamais, au grand jamais je n’abandonnerai
Vicky, la femme que j’aime.

Nous sommes au diner familial et comme je l’avais imaginé, Carole est aussi
présente. Bon en même temps elle fait partie de la famille puisqu’elle est la
sœur d’Antony. Mais je pense que ce n’est pas pour cette raison qu’elle est
là. Nous avons fini de diner et nous sommes maintenant assis dans le grand
salon en train de discuter. Vicky elle est plutôt occupée à jouer avec Nadia
et Sara les enfants de Pam.

- Qu’est-ce que ça fait de jouer avec des enfants ? Demande Carole à


Vicky.

- Oh c’est plaisant.
- Ça doit donc faire sacrement mal de savoir qu’on ne peut pas en avoir,
n’est-ce pas ?

- Bon sang mais vous allez arrêter avec ça ? Dis-je furieux. En quoi est-ce
que ça te regarde tout ça Carole ? Je t’interdis formellement d’aborder à
nouveau ce sujet sinon je te jure que tu seras désagréablement surprise.

- Mais je demande juste.

- Pourquoi est-ce que vous n’adoptez pas ? Demande Antony.

Je veux lui donner sa réponse lorsque Vicky m’interrompt.

- Eh bien parce que je ne me sens pas prête.

-Si tu ne te sentais pas prête pour avoir un enfant il ne fallait donc pas te
marier pour faire souffrir l’enfant des gens. Réplique ma mère.

- Tu es la première femme que je connaisse qui ne veut pas donner de


descendance à son époux. Ajoute Antony.

- Je me propose entant que mère porteuse si vous le voulez. Propose


Carole.

- Non mais vous avez quoi à vous acharner sur Vicky. En quoi leur vie vous
regarde ? Fichez-leur la paix dit donc. Se plaint Pamela.

- Oula madame a la grande gueule parce que son frère est là. Tu devrais
chercher à me donner un héritier au lieu de l’ouvrir pour défendre une
arriviste qui n’en veut qu’à la fortune des BEYNAUD.

Et le coup part tout seul direction la gueule d’Antony qui se retrouve


aussitôt par terre.

- C’est la dernière fois que tu parles ainsi à ma sœur et de ma femme.


C’EST LA DERNIERE FOIS QUE VOUS PARLEZ TOUS AINSI DE MA
FEMME.
- Bon sang Malcom tu as perdu la tête. Me lance mon père en aidant Antony
à se relever.

- Non c’est vous qui avez perdu vos têtes si vous pensez qu’en me lançant à
la figure de pareilles insanités sur MA FEMME je vais la laisser pour une
autre. Ni Carole, ni une autre ne prendra sa place, enregistrez bien cela.

- Malcom c’est à cause de cette femme que tu te retournes ainsi contre ta


propre famille ? Hurle à son tour ma mère. C’est donc elle qui t’a tenu
éloigné de nous durant toutes ces années ? Cette femme a un mauvais fond
et te veut du mal. Elle ne t’aime pas sinon elle n’hésiterait pas à faire
n’importe quoi pour te donner des enfants. Elle n’en a rien à foutre de ce
que tu peux ressentir.

- Non mais tu t’entends parler ? Bon on va mettre un terme à tout ça. Je


veux que vous restiez loin de nous et plus jamais vous ne reverrez mes
pieds ici encore moins ceux de ma femme. Vous venez une fois de plus de
me prouver que vous n’en avez rien à faire de moi et de ce que je peux
ressentir. C’est justement à cause de ce comportement que j’étais parti et
aujourd’hui que je suis revenu pour qu’on oublie le passé vous refaites la
même chose. Mais sachez que cette fois si je pars, vous ne me rêverez plus
jamais. PLUS JAMAIS. Viens prunelle on s’en va.

Je la tire par la main et nous sortons de la maison. Cet imbécile d’Antony


m’a fait pécher. Je conduis tout furieux et Vicky pose sa main sur ma
cuisse. Elle le fait à chaque fois quand elle sait que je suis énervé. C’est sa
manière à elle de me calmer sans dire un mot. Je sais qu’elle a mal parce
que même si elle le cache bien, elle a toujours mal quand on aborde ce
sujet c’est pourquoi je ne le fais jamais. Je préfère tout mettre en prière
pour qu’un jour les choses changent. Quand nous arrivons à la maison Mel
s’est déjà enfermé dans sa chambre comme il le fait chaque soir après le
diner. Il n’a pas voulu venir au diner parce que fatigué. Vicky monte
directement dans la chambre et va dans la salle de bain. Elle ressort
quelques secondes plus tard, se déshabille et y retourne. Je reste assis
sur le lit en train de repenser à ce qui c’était passé ce soir et j’ai mal pour
ma femme. Quand elle a mal ou se sent offensée elle préfère garder le
silence. Comme elle-même aime si bien le dire « mon silence est ma force ».
Je me lève et vais la rejoindre dans la douche. Elle est couché dans le bain
alors je me déshabille et la relève pour me positionner derrière elle. Elle
se couche sur moi et je lui caresse le bras.

- Je suis désolé.

Elle reste silencieuse les yeux toujours fermés.

- Prunelle je suis désolé pour ce qui s’est passé.

- Tu me quitterais parce que je n’arrive pas à te donner d’enfants et que je


refuse d’en adopter ?

- Bien sûr que non qu’est-ce que tu racontes. Ecoute prunelle, j’ai accepté
de t’épouser malgré tout en sachant que tu n’avais plus de trompes et
même jusqu’aujourd’hui je ne regrette pas mon choix. Les gens diront ce
qu’ils veulent mais tu dois garder en esprit ce que moi je dis et ce que je
dis c’est que c’est avec toi que je veux être avec ou sans gosses. Est-ce
clair ?

- Oui. Dit-elle tristement.

- Hé mon cœur tu n’as pas à être triste. Si tu veux on peut retourner à


Washington.

- Non ça va. On ne va pas partir juste à cause d’eux. Restons pour leur
montrer qu’ils ont torts et que notre amour est fort que tout.

- Ok mais si tu changes d’avis tu me le dis ok ?

- Ok.

- Je t’aime quoi qu’il arrive.

- Quoi qu’il arrive boo. Quoi qu’il arrive.


Elle se positionne bien dans mes bras et je la serre très fort contre moi.
J’aime ma femme et je refuse de la perdre surtout à cause des gens de
mauvaises fois.

La vengeance est une femme

Episode 13

Deux semaines se sont écroulées depuis la nuit où Malcom s’est violemment


disputé avec sa famille à cause de moi. Je ne sais pas à quoi ils pensaient
quand ils ont organisé ce diner. Peut-être que mes beaux-parents ont été
traumatisés par la mort de la famille EKOWE, je ne vois pas d’autres
explications. Si j’ai eu mal lorsqu’eux tous me balançaient ma stérilité au
visage ? Oui j’ai eu mal, très mal même. Ça fait toujours mal quand on te
rappelle que tu es un ventre vide et que ton homme devrait aller voir
ailleurs pour avoir une descendance. Mais je n’ai rien laissé paraitre parce
que jamais je ne me laisse déstabiliser devant mes adversaires. Emile et
Aïcha n’ont pas cessé d’appeler Malcom mais il n’a pas décroché un seul
appel. Il était sérieux quand il a dit qu’ils ne reverraient plus ses pieds
chez eux. J’ai été surprise de le voir sortir de ses gongs. Ça signifie donc
qu’ils avaient dépassé les bornes parce que Malcom est très calme, il ne
s’énerve jamais, il a un tempérament doux et très posé donc le voir comme
ça m’a fait tout bizarre. Notre vie a repris son cours normal et moi
j’attends juste les informations concernant ma prochaine cible pour passer
à l’attaque. En parlant de ça, Brad rentre dans mon bureau pour me faire le
point sur ce qu’ils ont trouvé.

- Alors ?

- Toujours rien. Les gars n’arrivent pas à mettre la main sur lui. C’est un
peu comme s’il avait disparu de la surface de la terre.

- C’est pourtant bizarre puisqu’il est en vie.


- Oui mais nous continuons de chercher.

- Ok bon demande à l’autre équipe de commencer les recherches sur René


SALIOU. Il est ici en Côte d’Ivoire et il est le Ministre de l’enseignement
supérieur.

- C’est compris. Besoin d’autres choses ?

- Oui préparez-vous on va chez ma belle-sœur. Ça fait deux semaines que


je n’ai plus de ses nouvelles et ça m’inquiète.

- D’accord.

Il sort et je jette un dernier coup d’œil sur mes dossiers avant de me


lever de mon fauteuil. Je laisse des consignes à April qui comme à son
habitude m’accompagne jusqu’à ma voiture avant de retourner à son poste.
Cette fille, je l’aime de plus en plus. Elle est pour moi une seconde sœur
voir même une fille. Nous prenons la route pour chez Pamela de qui je suis
sans nouvelles depuis deux semaines et je ne suis pas tranquille surtout à
cause de la manière dont sa chose de mari lui a parlé la dernière fois. Ça se
sent qu’il la maltraite et aujourd’hui je compte avoir cette conversation
avec elle. Je m’en fou carrément de si Antony veut me voir chez lui ou pas.
Je vais où j’ai envie d’aller et personne ne m’en empêchera. Je me suis pris
d’affection pour elle parce qu’elle est une femme avec un grand cœur, elle
est très sensible mais aussi parce que c’est la sœur de l’homme que j’aime.
Le vigile vient vers notre voiture pour savoir qui nous sommes et Mel se
charge de lui dire qui je suis pour la maitresse des lieux. Il nous laisse
entrer dans la concession ainsi que la deuxième voiture de mes gardes.
Quand j’entre dans la maison je surprends Pamela assise par terre au salon
en train de pleurer.

- Pam ?

Elle se lève précipitamment et me tourne le dos pour pouvoir essuyer son


visage.
- Pam ça va ? Je lui demande en m’approchant d’elle.

- Oui oui. Répond-t-elle en étant toujours de dos. Qu’est-ce que tu fais là


Vicky ? Je ne m’attendais pas à te voir.

- Hé regarde-moi !

Elle se retourne pour me faire face. Elle a un œil au beurre. Nous restons
là à nous regarder puis elle éclate en sanglots. Je la prends aussitôt dans
mes bras et m’assoit par terre avec elle. Je m’en fiche de si je porte une
robe de grande marque, il s’agit de la sœur de mon époux. Elle pleure et
pleure et pleure pendant plusieurs minutes sur moi et je la laisse faire.
Quand elle se calme je me lève pour aller lui chercher de quoi se
rafraîchir. Elle boit une bonne quantité et me remet le verre que je pose
sur la table basse.

- Alors je t’écoute.

- Je suis désolée mais je n’ai pas envie de t’embêter avec tout ça. Merci
déjà de m’avoir prêté tes bras.

- D’un tu ne m’embêteras pas et de deux si tu ne me dis rien je préviendrai


ton frère.

- Non pas Malcom. Il serait capable de tuer Antony.

- C’est donc lui qui t’a fait ce bleu ?

- Oui, répond-t-elle la tête baissée.

- Depuis combien de temps tu subis ça ?

- Toujours. Mes parents m’avaient promis que ce mariage ne durerait que le


temps qu’ils soient bien positionnés dans le pays mais depuis rien et ce
malgré qu’ils aient eus le poste qu’ils convoitaient. Je n’ai jamais voulu de
ce mariage mais je n’ai pas eu assez de courage comme Malcom pour dire
non ou du moins je me suis laissée attendrir et bernée. Ce mariage ne
durera qu’une année après quoi tu pourras demander le divorce pour cause
d’infidélité, m’avait dit ma mère. Ils savent ce que je vis mais parce que
papa vise le titre de Président de la république ils font comme s’ils ne
voyaient rien. Il me viole Vicky, éclate-t-elle en sanglots, à chaque fois qu’il
est en colère. Parce que j’ai pris ton parti l’autre nuit il m’a battu et m’a
interdit de te parler à nouveau. Aujourd’hui j’ai voulu t’appeler parce que je
me sentais vraiment seule mais il m’a surpris et a cassé mon portable pour
ensuite me violenter. Je suis fatiguée Vicky, fatiguée.

Elle éclate encore en sanglots et je la prends à nouveau dans mes bras.


Pendant qu’elle est dans mes bras je récupère mon portable dans ma
pochette et écris un message à Brad : « Je veux un tête à tête ce soir
avec Antony. ». Il comprendra ce à quoi je fais allusion.

- Ne t’inquiète plus ma chérie, je la calme en lui caressant les cheveux,


tout va rentrer dans l’ordre. Je te promets que plus jamais tu ne verseras
une larme en tout cas plus à cause de lui.

- N’en parle pas à Malcom stp.

- Je ne le ferai pas. Hé regarde-moi, Tout ira bien je te le promets. Ok ?

Elle secoue vigoureusement la tête pour dire oui et je la prends encore une
fois de plus. Je pense déjà à ce que je vais faire à ce type. Osé traiter une
femme ainsi ? En plus sa femme ? C’est inadmissible encore moins qu’il
s’agit d’une personne que j’affectionne. Mon portable se met à sonner,
c’est Malcom.

- Coucou boo.

« -Coucou, ça va ? »

- Oui ça va. Quoi de neuf ?


« - Au fait, il y a ma mère qui vient de quitter mon bureau. Elle dit qu’elle
veut qu’on se rende à la maison ce soir. Apparemment ils veulent tous
s’excuser pour la dernière fois. »

- Ah bon ?

« - Oui mais j’ai dit que ça n’en valait pas la peine. »

- Non pourquoi ? Tu n’aurais pas dû. Appelle-là et dis-lui que nous serons là
ce soir.

« - Tu en es sûre ? »

- Oui mon amour. S’ils veulent s’excuser nous n’allons pas les en empêcher.
Rendons-nous ce soir pour entendre ce qu’ils auront à nous dire.

« - Ok d’accord. C’est comme tu veux. »

- Mais tu me devanceras parce que j’aurai un petit truc à régler avant.

« - Rien de grave j’espère ? »

- Non t’inquiètes chéri.

« - Ok donc à ce soir. »

- A ce soir. Je t’aime.

« - Je t’aime »

Vêtue d’une courte robe qui m’arrive aux genoux et de mes talons aiguilles
précisément des Louboutins je descends de la voiture après que Brad
m’est ouvert la portière et ensemble nous entrons dans cet hôtel où
Antony a rendez-vous avec l’une de ses putes. Elle sera là dans 1h de temps
donc on doit faire ce qu’on a à faire comme ça elle le trouvera dans l’état
dans lequel il sera et fera ce qu’il faudra. Nous montons directement sans
passez par la réception vu que nous connaissons déjà le numéro de sa
chambre. Mes hommes ont trafiqués toutes les caméras de sorte à ce que
je n’apparaisse dans aucune s’il doit avoir enquête. Quand j’entre je le
trouve attaché sur une chaise complètement nu. Je prends place en face
de lui et Brad lui donne des gifles pour le réveiller.

- Vicky ?

- Bonsoir beau-frère.

- C’est donc toi tout ceci ? Qu’est-ce que tu me veux ?

- Je suis venu te parler de Pamela.

- Que veux-tu à ma femme ?

- Sa liberté.

- Elle t’a dit qu’elle était en prison ?

- La prison comparée à ce que tu lui fais vivre est meilleure. Je veux que tu
lui donne sa liberté.

- Il est hors de question que je lui accorde le divorce.

- Oh je ne parle pas de divorce. Ça se sera à elle d’en décider. Si nous


sommes là ce soir c’est pour t’apprendre que le viol c’est méchant. En plus
de la rendre cocue tu l’as bat et la viol. Et ça je ne l’accepte pas. Je lui ai
promis que plus jamais elle ne vivra ça et je vais tenir ma promesse.

- Et que vas-tu me faire ? Me couper les couilles.

- Oh mais dit donc, tu es doué en devinette.

- Tu crois vraiment que tu m’effraies ? Ni toi ni tes gardes ne me faites


peur.

- Tu m’en crois incapable ?

- Oui.

Je déplie mon petit couteau et m’avance d’un coup pour le planter dans son
sexe mais il recule rapidement et le couteau se plante dans la chaise.
- Non mais tu es malade ?

- Oui, plus rien est en place là dans ma tête. Bon trêve de bavardage,
passons aux choses sérieuses.

Je fais signe de la main à mes hommes, c’est-à-dire Brad et mes deux


gardes du corps qui du tic au tac mettent un bandage dans la bouche
d’Antony et le font coucher au sol. Je retire le couteau de la chaise et me
place au-dessus de lui.

- Maintenant je veux que tu me promettes qu’une fois sorti d’ici tu


autoriseras Pamela à travailler.

Il parle malgré le bandage bien que ce ne soit très audible mais je peux
comprendre qu’il me dit non. J’enfonce légèrement le couteau dans l’une de
ses couilles ce qui le fait hurler.

- J’ai dit de me promettre que tu autoriseras Pamela à travailler.

Il dit non et j’enfonce encore le couteau. Il dit aussitôt oui en secouant


vigoureusement la tête.

- Quoi je n’ai rien entendu ?

Brad lui retire le bandage pour lui permettre de parler. Il respire très
rapidement comme s’il avait couru un marathon.

- Oui.
- Oui quoi ?

- Oui je te promets de lui permettre de travailler.

Je fais signe de la tête à Brad de remettre le bandage et enfonce à


nouveau le couteau dans la même boule.

- Maintenant promets que tu lui accorderas tout ce qu’elle désire même si


c’est le divorce. Promets de lui donner sa liberté.

Brad retire le bandage à nouveau.

- Oui oui je le promets mais je t’en supplie Vicky ne fais pas ça. Je ferai
tout ce que tu veux. Je lui demanderai même le divorce si tu veux mais
épargne-moi.

- Ca ce n’est pas avec moi qu’il faut négocier, mais avec eux. Moi j’ai un
rendez-vous avec tes beaux-parents. Maintenant si tu ne tiens pas tes
promesses soient sûr que la prochaine fois je t’ouvrirai la poitrine sans
anesthésie et t’enlèverai le cœur pour l’offrir en cadeau à tes parents. Si
tu penses que tu pourras m’avoir avec des relations saches que j’en ai plus
que toi. Je suis Vicky HAMILTON, fille de l’ancien Vice-Président des
Etats-Unis d’Amérique et l’un des hommes les plus riches des USA donc ni
toi ni tes parents, ni même tes beaux-parents ne pourrez quelque chose
contre moi. Tu as appris ce qui était arrivés au couple EKOWE au Gabon et
au couple ICHOLA au Bénin ? Eh bien c’est moi. Donc si tu ne veux pas être
le prochain sur la liste noire tiens-toi à ce qu’on s’est dit. Et puis chut, que
ce soit notre petit secret. C’est compris ?

- Oui, oui c’est compris.

Je me redresse et donne le couteau à Brad. Je mets de l’ordre dans ma


robe et tourne le dos pour m’en aller.
- Coupez lui une de ses couilles.

Je l’entends me supplier malgré le bandage que Brad a de nouveau mis dans


sa bouche. Mel me suit et nous sortons pour nous rendre à ce diner auquel
je suis impatiente d’assister.

J’entre chez les BEYNAUD et les trouve tous assis au salon. Il y a le


couple BEYNAUD, Malcom, Carole et Pamela. Elle s’est bien maquillée si
bien qu’on ne voit pas son bleu à l’œil. Je salut tout le monde oralement et
embrasse Malcom après m’être assise près de lui.

- Désolée pour le retard, j’avais un truc urgent à régler.

- Ce n’est pas grave. Me dit Aïcha. Ok bon nous allons rentrer dans le vif
du sujet. Chéri, dit-elle à son mari, nous t’écoutons.

Emile se positionne confortablement dans son fauteuil, se racle la gorge et


commence.

- Mon fils, si nous vous avons demandé de venir ici ce soir ta femme et toi
c’était par rapport à ce qui c’était passé la fois dernière. Antony devait
être là mais bon je suppose qu’il a eu un empêchement. Nous voulons vous
présenter nos excuses. Nous reconnaissons avoir dépassé les bornes en
nous en prenant à ta femme. Par ma voix tout le monde vous présente ses
sincères excuses.

Mon regard croise celui d’Aïcha qui roule les yeux et les détournent de
moi. Je fais un sourire en coin.
- Oui Mal, reprend Carole, je m’excuse beaucoup pour ce que j’ai dit. Je ne
savais pas que ça allait vous blesser. Stp excuse-moi et que cela n’empiète
pas sur notre amitié. Je te promets de ne plus m’immiscer dans ton couple.
Désolée aussi à toi Vicky.

Elle me fait un sourire narquois auquel je réponds malicieusement. Malcom


glisse ses doigts entre les miens et me jette un regard interrogatoire. Je
lui fais oui de la tête et il fait de même avant de se retourner vers les
autres.

- Ok nous avons compris, nous acceptons vos excuses en espérant que cela
ne se répète plus.

- Ne t’inquiète pas pour ça mon chéri, cela ne se reproduira plus.

- Merci maman.

Un silence s’installe et l’un des gardes de Carole s’approche vers nous avec
un cadeau à la main.

- Excusez-moi, il y a un cadeau qui vient d’arriver pour vous madame. Dit-il


en avançant vers sa patronne.

- Ah bon ? Et de qui ça vient ?

- Je ne sais pas madame. Le livreur a juste donné et est parti.

- Ok donne-le moi.

Il le lui tend et repart à son poste. Carole se met à déballer le cadeau sous
notre assistance et le nouveau portable que j’ai offert à Pamela se met à
sonner. Celle-ci s’éloigne pour communiquer. Quand Carole ouvre enfin son
cadeau elle saute de stupéfaction en hurlant.
- Oh mon Dieu qu’est-ce que c’est que ça ?

Les autres aussi hurlent quand un testicule tombe du carton pour se


retrouver sur la moquette. C’est la panique dans le salon. Je me mets à
sourire lorsque Pam entre aussi à son tour inquiète.

- C’est l’hôpital. Antony s’est fait agresser et il se retrouve aux urgences.


OH MON DIEU C’EST QUOI CA. Hurle-t-elle aussi en voyant les couilles
sur la moquette.

- Qu’est-ce qu’a mon frère ?

- Je n’en sais pas plus, juste qu’il a été amené d’urgence à l’hôpital.

- Non mais c’est quoi ça encore ? Se plaint ma belle-mère. Allons à l’hôpital


voir comment il va.

Nous nous levons tous et chacun monte dans sa voiture. Moi avec Malcom
dans sa voiture puisque Mel est rentré avec la mienne. Nous arrivons en
moins de temps à cause de l’escorte de M le premier Ministre aka mon
beau-père aka Emile BEYNAUD. Quand nous entrons dans la clinique nos
voyons un docteur qui de ce que je constate est le docteur de la famille.

- Docteur comment va mon mari ?

- Son état est stable. Disons que nous avons frôlé la catastrophe. Il sera
tout à l’heure transféré dans une chambre pour que vous puissiez le voir.
Mais il ne sera plus comme avant je tiens à vous prévenir dès maintenant.

- Comment ça ? Qu’est-ce qu’il a ?

- Il… en fait c’est un peu complexe. Disons que votre mari n’a plus qu’un…
testicule.

- Quoi ? Comment ça ?

- Son agresseur lui en a coupé un.


- Oh mon Dieu ! S’écrit-elle.

- Comment cela a-t-il pu arriver à mon frère ? Qui a pu lui faire ça ? Oh


mon Dieu le cadeau. C’était donc à lui.

Et là commence une discussion désordonné où chacun essaye de


comprendre ce qui s’est passé et qui lui en veut à ce point. Malcom lui tient
sa sœur dans ses bras pour la consoler. Une infirmière nous fait signe une
heure plus tard que nous pouvons aller voir le malade ce que nous faisons
en même temps que Mme SAKO nous rejoint. Nous entrons tous et
retrouvons le ‘‘malade’’ couché avec l’air d’un cadavre sur le lit. Il fait pitié
avec sa tronche. Dès qu’il me voit il baisse les yeux. Tout le monde lui
demande comment il va et patati et patata. Il répond faiblement parce qu’il
a toujours mal. Il évite de me regarder. Je suis arrêté en retrait et les
regarde discuter.

- Oh chéri qu’est-ce qui t’es arrivé ? Qui est-ce qui t’a fait ça ? Tu as vu
leurs visages ? Demande Madame SAKO la voix tremblante.

Il garde le silence et c’est à sa sœur de lui poser la même question mais


c’est toujours le silence.

- Mais parle bon sang, s’énerve Pamela.

- Calme-toi Pam. La calme Malcom.

- Bon comme tu ne veux rien dire on va informer la police pour mener


l’enquête. Ajoute sa mère.

- Non… ce n’est… pas la… peine. C’est ma… ma… maitresse qui m’a fait ça.

Personne n’ose réagir parce qu’ils savent tous ce qu’il fait. Pamela baisse la
tête de douleur et Malcom serre les poings.
- Les choses… se sont mal passées… entre nous. Nous nous… sommes
disputés… et… elle a… fait ça.

- Nous allons donc portez plainte contre cette garce. Lance Carole toute
furieuse.

- Non… pas ça… Je ne… veux pas… que l’histoire… s’ébruite… surtout… que…
les élections… sont proches. Pas de… scandale… svp.

- Mais…

- Maman… stp. Coupe-t-il sa mère.

Un silence règne pendant un moment puis le blessé reprend la parole.

- Pamela… chérie… approche stp. Je voudrais… devant tout… tout le


monde…te demander pardon.

- Antony tu…

- Laisse-moi… finir stp. Je te demande… pardon pour… tout ce que je t’ai


fait… de mal. Aussi… je t’autorise maintenant à… trouver du travail
comme… tu le voulais. Pour les enfants… on trouvera des servantes. Tu
m’avais… parlé du poste… que te pro… posait Vicky… tu peux l’accepter.

Pamela se tourne vers moi complètement perdue puis reporte son attention
sur son mari.

- Vicky… je voudrais aussi… te demander pardon… pour la dernière fois.


Stp pardonne-moi.

- Oh ne t’en fais beau-frère, c’est déjà oublié. En plus je crois que la vie t’a
déjà assez châtié pour que je puisse en rajouter en gardant rancune
contre toi.
Je l’ai dit sur un ton rempli de sous-entendu que ma belle-mère s’est
retournée vers mois comme frappée par une évidence. Je la regarde et lui
fais mon plus beau sourire suivi d’un clin d’œil. L’expression de son visage
change. Elle a compris. Je reporte mon attention sur les autres la laissant
me dévisager. Malcom et moi prenons congé et rentrons chez nous. Malcom
ne fait aucun commentaire sur ce qui s’est passé surement parce qu’il est
toujours en colère après qu’il ait découvert que tout le monde savait
comment Antony traite sa sœur mais ne disait rien. Qu’il ne s’inquiète pas,
je vais m’occuper personnellement de sa sécurité et comme je le lui ai
promis je la protégerai ainsi que tous ceux que j’affectionne et ce quel que
soit la personne qui se trouve en face de moi.

La vengeance est une femme

Episode 14

***April Bénédicte DOBÉ***

Je n’aurai jamais imaginé même un seul instant que Vicky me confierait des
dossiers importants. Je n’ai qu’un diplôme en assistance de direction et
c’est d’ailleurs pour ce poste que j’ai postulé mais voilà que ma patronne me
donne le rôle de son adjointe. Et j’en suis flattée, très flattée même. Je
n’aurai pas rêvé mieux comme patronne. Avec elle j’apprends beaucoup, je
fais des choses dont je me pensais incapable, je déjeune avec des gens
importants et pour tout ça je lui en serais éternellement reconnaissance.
J’aime beaucoup Vicky et j’adore travailler avec elle. Elle m’a accepté
comme assistance alors que toutes les autres entreprises me refusaient
parce que je n’avais aucune expérience. J’ai 28 ans et je peux dire que j’ai
une bonne situation stable avec un très bon salaire. Pour les hommes
disons que je ne suis pas très pressée en plus être l’assistante personnelle
de Vicky prend beaucoup de temps.
Ma rencontre d’aujourd’hui se termine très bien avec un accord qui sera
signé cette semaine. J’en sors heureuse surtout parce que je sais que
Vicky sera encore plus fière de moi. Elle me fait confiance en me confiant
ces dossiers donc le minimum que je puisse faire c’est de lui ramener de
bons résultats. Je monte dans la voiture que Vicky m’a offerte. Je l’adore
cette voiture. Elle m’avait donné un chauffeur mais j’ai fini par me séparer
de lui. Je veux moi-même conduire mon bijou. Lorsque je gare au parking
de l’entreprise mon portable sonne. Je coupe le contact et décroche. C’est
un numéro masqué.

- Allô ?

« - Ma chérie ? C’est papa »

Mon cœur se met à battre la chamade comme la dernière fois que j’ai
entendu sa voix. C’est la deuxième fois qu’il m’appelle depuis que je suis
dans ce pays. Ça me fait tout bizarre d’entendre sa voix alors que je le
croyais mort.

« - Comment vas-tu ma princesse ? »

- Je vais bien papa.

« - Ca me fait plaisir d’entendre ta voix. Tu m’as tellement manqué. »

Que répondre à ça ? Oui il m’a manqué et je le pleurais des fois mais


apprendre qu’il m’avait menti toutes ces années a réveillé une certaine
colère contre lui donc là je n’ai pas envie de le flatter.

« - Je suis en Côte d’Ivoire et j’aimerais qu’on se voit. »


Mon cœur fait un bond dans ma poitrine et se met à battre encore plus
fort. Il est là et il veut qu’on se voie. Que dire ?

« - Ma chérie tu es là ? »

- Euh oui papa je suis là. Je ne sais pas si je pourrai…

« - Stp ma chérie fais-moi cette faveur. Tu me manque. Tu m’as


énormément manqué toutes ces années. Aussi j’ai… des trucs vraiment
importants à te dire. Je dois me confesser chez toi ma princesse. J’ai
besoin de ton pardon et de t’avoir de nouveau dans ma vie. Stp fais-moi
cette faveur. »

Je reste silencieuse un moment à réfléchir. Est-ce que j’ai envie de le


voir ?

- Ok d’accord c’est compris.

« - Merci ma chérie. Disons donc ce soir à 18h. Je t’enverrai l’adresse par


message. »

- D’accord.

« - Je t’aime ma chérie. »

- A ce soir.

Je raccroche complètement perdue. Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté, je


ne sais pas si j’ai envie de le voir. Comment dois-je me comporter avec lui ?
Pff toute cette histoire m’embrouille. Je me décide à descendre pour
continuer ma journée de travail comme si de rien n’était. Je respire un
grand coup et entre dans le bureau de Vicky après avoir toqué.
- Enfin te voilà. Je pensais qu’on t’avait kidnappé.

- Très drôle.

- Alors ?

- Tout s’est bien passé, dis-je en m’asseyant. Nous sommes tombés


d’accord pour 15 millions au lieu 16. Il a déjà signé les documents, il ne
manque plus que ta signature.

Je pose les documents en question devant elle et la regarde les analyser.

- Encore une fois de plus tu as fait du bon boulot.

- Merci. Je peux retourner à mon poste ?

La tête toujours baissée sur les documents elle lève les yeux sur moi
ensuite les plisses. Elle se redresse et ferme le dossier.

- Ok, pourquoi cette ride est sur ton front ?

- Pour rien, enfin il n’y a rien de grave.

- J’écoute toujours.

Je le regarde puis soupire.

- Mon père m’a de nouveau appelé et il veut qu’on se voie ce soir.

- Oh il est là alors ?

- Oui.

- Et c’est quoi le souci ?


- C’est que je ne sais pas si j’ai envie de le voir. Ça fait trois ans que je le
pense mort et voilà qu’il réapparait et veut me voir. Il dit qu’il a des choses
importantes à me dire. Une sorte de confession.

- Vas donc le voir et écouter ce qu’il a à dire. Tu sauras peut-être pourquoi


il s’est fait passer pour mort tout ce temps. Il faut toujours donner une
chance à une personne qui veut se confesser. Je suis sûre qu’après tu te
sentiras plus mieux.

- Oui tu as raison. J’espère que je ne le regretterai pas.

- Tu veux que l’un des gardes t’accompagne ?

- Non ça va, je ne pense pas qu’il me fera du mal.

- Ok c’est comme tu veux. Ça va déstresse, me taquine-t-elle en me


tapotant la main, tout va bien se passer. Tu devrais être heureuse de
savoir qu’enfin de compte tu n’es pas une orpheline.

- Oui. Dis-je en souriant.

C’est le cœur battant que je marche vers la chambre qu’occupe mon père
dans cet hôtel isolé qui se trouve sur la route de Dabou à la sortie de
Yopougon. J’ai dû lutter contre moi-même pour venir ici parce que j’ai eu la
trouille à la dernière minute. J’ai l’impression d’avoir rendez-vous avec un
vrai fantôme. Du genre un défunt t’appelle et te dit qu’il a envie de te voir
pour retourner reposer dans sa tombe. C’est flippant. Je frappe trois
coups sur la porte et attends qu’il vienne ouvrir. Cette fois je sens que mon
cœur va sortir. Quand la porte s’ouvre sur lui, les larmes me montent aux
yeux et j’ai envie de le prendre dans mes bras mais je me retiens. Il me
regarde le sourire aux lèvres et les yeux mouillés. Lui n’hésite pas à me
prendre dans ses bras et à me serrer fort, très fort. Je me laisse donc
faire. Après près d’une quinzaine de minutes de câlin nous entrons enfin et
prenons place l’un en face de l’autre. Il a pris un coup de vieux mon papa.
Je ressens quand même de la joie de le revoir.

- Je suis vraiment heureux de te voir.

- Ouais.

- Je te serre quelque chose à boire ou à manger ?

- Non ça va.

Il me regarde et vient prendre place près de moi pour me prendre la main.

- Tu m’as tellement manqué ma princesse.

- Pourquoi m’as-tu donc abandonné ? Pourquoi m’as-tu laissé croire toutes


ces années que tu étais mort papa ?

- Je… j’ai fait des choses pas très bien mon bébé. J’ai fait de mauvais
choix dans le passé et j’en paie encore les conséquences.

- Qu’as-tu fait ? Qu’as-tu fais qui puisse te demander de te faire passer


pour mort ?

Il baisse la tête et respire un grand coup en se massant le visage avec ses


mains.

- Avant ta naissance, précisément quand ta mère était à 5 mois de


grossesse, j’ai intégré une secte. Blood Brother. Je faisais mes premiers
pas dans le monde de la politique et je rêvais d’avoir un haut poste dans le
pays. Alors comme premier sacrifice pour atteindre le premier échelon il
me fallait donner du sang, mon sang précisément et pour ce fait on m’a dit
de sacrifier l’enfant que ta mère portait, c’est-à-dire toi. J’avais mal parce
que ta mère et moi t’avions désiré pendant 4 années de mariage donc je ne
savais pas quoi faire. Puis viens le jour de l’accouchement. Notre surprise
fut grande de constater que vous étiez deux, donc des jumelles. J’ai alors
décidé avec la complicité des sages-femmes de… sacrifier ta sœur.

- QUOI ?

- J’étais aveuglé par la soif de pouvoir et du prestige, essaye-t-il de se


défendre. J’étais donc prêt à tout. Mais comme j’avais peur qu’ils ne
veuillent que je te sacrifie aussi j’ai demandé à ta mère de rester avec toi
pendant une année là-bas aux Etats-Unis où tu es née et aussi qu’elle te
donne un autre nom plutôt que le mien. Bien évidemment j’ai trouvé une
bonne excuse pour ça. Ta mère n’étais au courant de rien ça je peux te
l’assurer. J’ai ensuite exigé que tu y restes vivre en prenant pour prétexte
que tu aurais une meilleure éducation là-bas qu’ici. Je faisais donc la
navette entre ces deux pays. Les choses allaient bien pour moi au fur et à
mesure que les années passaient. Puis vint cette année où tout a commencé.
Il y avait deux flics qui enquêtaient sur notre secte et pour leur donner un
premier avertissement j’ai dû… j’ai dû… violer la fille de l’un. Elle n’avait que
15 ans.

- QUOI ? COMMENT AS-TU OSE FAIRE UNE TELLE CHOSE ?


COMMENT ?

Je me lève toute furieuse et commence à tourner sur moi-même.

- Ma chérie je ne suis pas fière de ce que j’ai fait. Je le regrette


amèrement crois-moi. Dit-il en se levant aussi. Si j’avais une possibilité de
retourner en arrière sois sûre que je ne ferai plus la même erreur. J’ai
accepté de violer cette fille non seulement parce que dans la même période
j’étais à la recherche de fille vierge pour un sacrifice mais aussi parce que
son père était sur le point de foutre en l’air ce pour quoi j’avais fait autant
de sacrifice tant matériel qu’humain. Cette année j’étais candidat pour les
législatives et je ne voulais en aucun cas que deux policiers viennent me
mettre les bâtons dans les rue. Nous n’avons plus entendu parler d’eux
pendant quelques années mais nous continuons de les traquer puis un jour,
disons 6 à 7 ans plus tard ils ont refait surface cette fois avec toutes les
infos pour nous faire couler. Ils s’étaient séparés pour plus de sécurité
mais nous les avons quand même retrouvés. La secte s’est divisée en deux
groupes pour les traquer et les tuer. Mon groupe à moi est allé vers la
famille de l’adolescente que j’avais violé et on m’a demandé de la violer à
nouveau pendant les autres se chargeaient de ses parents.

J’attrape ma poitrine et m’assoit dans l’un des fauteuils pour ne pas


tomber à le renverse tellement je suis sur le choc. Je n’en crois pas mes
oreilles.

- Deux ans plus tard j’ai commencé à avoir des remords. A vrai dire lorsque
je violais la fille pour la deuxième elle a commencé à me maudire tout en
pleurant. Elle a dit qu’elle me tourmenterait et que plus jamais je n’aurai la
paix. Que ma famille, mes enfants paieraient pour mes actes. Puis avant de
rendre son dernier souffle elle a dit une dernière phrase : Je t’aime mon
chéri et quel que soit où je serai je veillerai toujours sur toi. Je ne faisais
que voir le visage de cette fille et entendre sa voix dans mon sommeil. Le
remord m’envahissait alors j’ai décidé de quitter la secte mais j’ai vite
renoncé à cette idée lorsqu’ils ont tué le nouveau-né que ta mère venait de
mettre au monde après Henry et Jeanne tes deux petits frères. Je
continuais donc à jouer mon rôle dans la société avec toujours ce remord.
Une nuit j’ai fait le rêve du second viol et comme frappé par une évidence
je me suis rendu compte que la jeune fille adressait son dernier message à
son fils. Je me suis souvenu que dans les photos que nous avons pris d’eux
on y voyait la fille avec un petit garçon. Je me suis mis à fouiller dans les
dossiers du père de la fille et j’ai revu la photo du petit. J’ai manqué de
m’évanouir quand j’ai remarqué la ressemblance avec moi quand j’étais
petit. J’ai eu la confirmation que c’était mon fils lorsqu’étant retourné
dans leur ancien quartier une femme m’a informé que la jeune fille était
tombée enceinte suite à un viol.

- Tu as donc un fils ?

- Oui j’ai un autre enfant, seulement je ne sais rien de lui. Où il se trouve


ni ce qu’il devient. Je sais néanmoins qu’il est en vie parce que Dieu me l’a
dit. Je ne faisais que pleurer et pleurer ce qui a éveillé les soupçons de ta
mère qui s’est mise à me poser beaucoup de question. Quand je me suis
confessé chez elle elle m’a quitté avec tes frères. Comme je ne voulais pas
vous perdre j’ai remis le désir de quitter la secte sur le tapis et cette fois
j’étais déterminé. C’est ainsi qu’ils ont tué ta mère et tes frères et que j’ai
décidé de me faire passer pour mort parce que si je te contactais ils
allaient te retrouver et te tuer aussi.

- Tu n’es qu’un monstre, me mis-je à lui crasher au visage. Tu mérites


d’aller en enfer après tout ce que tu as fait. C’est donc de ta faute si
maman est morte. Tu es un assassin.

- Je sais et je le regrette vraiment.

- Et tu penses que ce sont tes regrets qui vont ramener maman, Henry et
Jeanne à la vie sans oublier tous ces gens que tu as sacrifié pour accéder à
la gloire ? TU LE PENSES VRAIMENT ?

- Non mais je sais que je suis prêt à faire n’importe quoi pour obtenir le
pardon de tous ceux à qui j’ai fait du mal à commencer par toi.

- Vas te faire foutre tu m’entends !? Vas te faire foutre. Tu disparais et


réapparais pour me faire de telles révélations et tu penses que je vais te
pardonner ? Eh bien tu te fou le doigt dans l’œil. Cherche plutôt le pardon
de Dieu ça vaut mieux pour toi.

- Oui c’est ce que j’ai fait ces trois dernières années. Je me suis réfugié
dans une église au Ghana et je me suis confessé chez le Pasteur qui m’a
montré comment obtenir le pardon de Dieu. Je suis une nouvelle personne
chérie. Je marche en nouveauté de vie mais Dieu m’a fait comprendre que
pour repartir de nouveau il faille que je te demande pardon à toi et à mon
autre fils. Qu’il faille que je fasse la paix avec tous.

- Tous sauf moi parce que jamais, au grand jamais je ne te le pardonnerai


ça. Si Dieu t’a pardonné ça ne regarde que lui mais avec moi c’est mort.

- Je t’en supplie pardonne-moi ma fille, me supplie-t-il en faisant un pas


vers moi. Je suis rempli de remord. N’eut été la grâce de Dieu je serai
déjà mort. Ils savent peut-être que je suis toujours en vie mais ne savent
pas où je me cache et tout ça c’est grâce à Dieu. Je ne sais pas si c’est en
rapport avec cette histoire mais j’ai l’impression qu’ils ont tous en train de
payer un par un parce qu’ils ne font que mourir l’un après l’autre. Je sais
juste qu’il y a quelque part une femme qui a une grande soif de vengeance
mais je ne sais pas si c’est elle qui fait ça. J’ai prié le Seigneur pour que si
cette femme est l’une des victimes de cette histoire qu’il me la fasse
rencontrer pour qu’à elle aussi je puisse demander pardon. C’est risqué
parce que je risque d’y laisser ma vie mais je suis prêt à courir ce risque.

- Eh bien j’espère que tu y resteras vraiment. Que cette femme te


torturera comme tu l’as fait avec ces gens.

- Ne dis pas ça chérie. Fait-il en voulant me toucher.

- NE ME TOUCHE PAS ESPECE DE MONSTRE. Je te haie tu m’entends,


éclatais-je en sanglots, je te déteste. J’aurai préféré que tu sois vraiment
mort. Ne me contacte plus jamais, ne cherche plus jamais à me voir.
Oublie-moi, oublie que tu as une fille. Si j’avais un flingue là je t’aurai
planté une balle dans la tête. J’étais une orpheline de père et je le suis
toujours et à jamais.

Je prends mon sac à main et sors de là en courant le visage inondé de


larmes. Comment puis-je avoir un père aussi horrible ? Comment ? Je
n’arrive pas à bien voir la route tellement mes larmes ne cessent de couler
et couler. Un moment tous mes membres se mettent à trembler et je
commence à perdre le contrôle de la voiture. Aussitôt une forte pluie se
met à tomber. Je gare la voiture au milieu de nulle part qui est d’ailleurs
très sombre. Je me mets à pleurer tout mon saoul puis je me décide à
appeler quelqu’un pour venir me chercher parce que je n’ai plus la force de
conduire.

- Allô, Mel ? Dis-je la voix enrouée.

« - April ? Qu’est-ce qui se passe ? »

- J’ai besoin de toi snif. Je n’arrive pas à conduire. Stp viens me chercher
pour me raccompagner à la maison.
« - Ok dis-moi où tu es ? » Fait-il l’air inquiet.

- Je suis sur la route qui mène vers Dabou, à la sortie de Yopougon.

« - Ok d’accord j’arrive tout de suite. Ne bouge surtout pas. Eteins les


phares et condamne les portières. »

- D’accord mais stp ne préviens pas Vicky. Je ne veux pas la déranger.

« - Ok. »

Il raccroche et je replonge dans mes pleurs jusqu’à ce qu’une voiture gare


juste en face de ma mienne. Je la reconnais comme celle de Vicky. Plutôt
que ce soit Mel qui descende c’est Brad qui le fait côté passager un
parapluie à la main. Il se dirige vers l’arrière de la voiture et une jambe
que je reconnaitrai parmi mille se pose par terre. Vicky. Bard l’escorte
jusqu’à moi avec le parapluie ouvert par-dessus la tête de Vicky. Je ne
voulais certes pas qu’elle vienne mais je me sens vraiment bien de la voir.
Elle ouvre ma portière et je récupère mon sac.

- Qu’est-ce que tu as ma petite chérie ?

- Je ne voulais pas te déranger snif. Tu n’aurais pas dû te déranger pour


moi snif.

Elle me prend dans ses bras et nous allons à sa voiture. Brad retourne dans
la mienne et tous nous quittons les lieux. Elle ne me pose pas de question
mais me garde bien au chaud dans ses bras. Je me sens bien à chaque fois
qu’elle me prend dans ses bras. Plutôt que d’aller chez moi nous nous
rendons chez elle. Toujours sans me poser de question elle m’installe dans
l’une des chambres et me prête un peignoir avant de me laisser seule. Je
prends une douche et reviens m’allonger pendant plusieurs minutes puis
j’entends toquer.

- Je peux entrer ? Me demande Vicky derrière la porte.


- Oui. Réussis-je à répondre la voix toujours enrouée en me levant pour
m’asseoir.

Elle entre un plateau rempli de nourriture, un verre de jus de fruit et une


pomme. Elle s’assoit en face de moi et le pose entre nous.

- Ouvre la bouche.

- Non je n’ai pas très…

- Ouvre la bouche j’ai dit.

Je sais qu’il ne servira à rien de discuter alors j’obéis. Elle me donne à


manger et je me charge moi-même de boire.

- Merci ça va. Je suis rassasiée.

- Ok.

Elle pose le plat sur la commode et reporte son attention sur moi. Elle me
regarde avec beaucoup de tendresse.

- Ca s’est mal passé avec ton père ?

- Oui.

- Tu veux en parler ?

- Non. J’ai d’abord besoin de digérer tout ça.

- Ok.

- Mais tu peux me serrer dans tes bras. Dis-je avec un petit sourire.
Elle sourit aussi et vient prendre place près de moi. Je me couche dans
mes bras et nous restons ainsi jusqu’à ce que je sombre dans les bras de
Morphée. Il m’est moi-même difficile de croire tout ce que j’ai appris donc
comment pourrais-je le raconter à quelqu’un d’autre ? Une chose est sûre
jamais je ne pardonnerai à cet homme. Jamais.

La vengeance est une femme

Episode 15

Ça me fait de la peine de voir April dans cet état. Depuis trois jours qu’elle
est chez moi, elle a toujours la même tête et je l’entends pleurer les soirs
au couché. Malcom m’a dit de lui laisser du temps ce que j’ai du mal à faire
parce je ne supporte plus de la voir si déprimée mais bon que puis-je faire
d’autre si ce n’est attendre. Je lui ai dit de se reposer le temps qu’elle aille
mieux mais elle a refusé disant que travailler lui permettra d’oublier un
peu.

Je descends déjà prête pour le boulot retrouver Malcom qui finit de boire
son café. Ces jours-ci il va très tôt au boulot et rentre très tard. Cela est
dû au fait que sa boite a été sélectionnée pour un appel d’offre donc il
travaille deux fois plus pour mettre les chances de son côté. Je ne sais pas
si j’ai déjà vu un homme qui a une aussi grande soif de réussite, un homme
qui travaille d’arrache-pied pour être parmi les meilleurs dans le monde et
c’est tout ça qui me fait l’aimer encore plus. Il me tend mon gobelet à café
et me fait un bref baiser sur les lèvres mais je pose mon gobelet, le
retiens et approfondis le baiser. Ça fait longtemps qu’il ne m’a pas
embrassé langoureusement.

- Je suis désolé. Dit-il en collant son front au mien.

- Pas grave je ne t’en veux pas. Tu vas rentrer tard ce soir ?


- Oui. Encore désolé. Mais je te promets, ajoute-t-il en me fixant, que
lorsque tout ça sera terminé je te consacrerai beaucoup plus de temps.

- Je sais. C’est qui la personne qui fait l’offre ?

- Un certain Patrice TIA. Je pense qu’il est dans la politique mais veut
aussi se lancer dans les affaires.

- Ah ok. Fais-je en le libérant pour récupérer mon gobelet. Tu penses avoir


une chance ?

- Au vu des dernières nouvelles je suis en tête donc oui je pense que ça


sera bon mais bon je mets tout entre les mains du Seigneur.

- Hum.

- Bon je dois filer. Je t’aime. Fait-il en posant un autre baiser sur mes
lèvres.

- Je t’aime aussi.

Je le regarde partir et au même moment April et Mel descendent me


rejoindre. Mel prend un bout de pain qu’il se met à manger et April se
serre aussi du café dans son gobelet et tous les trois sortons retrouver
les hommes dehors. Quand j’arrive à l’étage où est situé mon bureau je
croise Pamela qui s’y rendait aussi. Ca fait maintenant une semaine qu’elle
travaille avec nous et tout va pour le mieux. Elle est super heureuse et fait
son travail avec beaucoup de plaisir et d’engouement. On se fait la bise et
entrons ensemble dans mon bureau où nous prenons place.

- Alors ma belle quoi de neuf ?

- J’étudiais la nouvelle offre de contrat et je trouve qu’il y a quelque chose


de bizarre.

- Explique.

- La société qui souhaite avoir ce contrat avec nous est selon moi un peu
suspecte. Je pense que c’est de l’arnaque et qu’elle a augmenté son chiffre
d’affaire juste pour t’épater. Regarde bien les différents chiffres qui sont
inscrits, me tend-t-elle le document, il n’est pas possible pour une
entreprise d’avoir un aussi énorme chiffre d’affaire pour une première
année surtout dans un pays comme le nôtre. Alors soit ils sont des
arnaqueurs soit c’est la société qu’ils volent mais ça fait encore d’eux des
voleurs donc je conseille qu’on ne signe rien avec eux mais bon le fin mot te
revient.

- Je te fais confiance. Informe donc April de décliner l’offre.

- Ok c’est compris.

- Comment vont mes neveux ?

- Super bien. Ils ne font que te demander. Tu leur manque.

- Eux aussi. Je passerai les voir ce week-end. Et comment va Antony ?

- Il se remet peu à peu. Depuis son agression il est devenu un tout homme.
Il me parle avec plus de respect et quand j’ai dit que j’allais attendre qu’il
aille mieux pour commencer à travailler il a refusé disant qu’il m’avait assez
retenu comme ça. Vraiment je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête mais
que ça ne s’arrête jamais. Je commence maintenant à vivre.

- Et je suis contente pour toi.

- Ouais. Bon je retourne à mon poste.

- D’accord. On se voit à la pause.

- Sans faute.

Elle se lève pour sortir tandis que Brad ouvre la porte pour entrer.

- Alors quelles sont les nouvelles ?

- Voici les informations que nous avons eues sur René SALIOU.

Je récupère le dossier qu’il me tend et y jette un coup d’œil. J’aime bien ce


que je vois et je sais déjà quoi lui réserver à cet espèce de violeur.
- Ok beau travail. Vas rendre une visite de courtoisie aux gens qu’il a mis à
la rue en détruisant leurs maisons avec les mains chargées. Tu sais ce que
tu as à leur proposer en échange d’une bonne somme ?

- Oui.

- Ok tu peux y aller maintenant.

La journée aujourd’hui a été fatigante. J’ai décidé de rentrer à 19h plutôt


que 16h pour ne pas trop me sentir seule. Je sais que Mel et April sont là
mais sans Malcom à mes côtés je me sens seule. Nous avons fini de diner et
Mel a proposé à April d’aller faire un tour pour lui faire changer un peu
d’air. Moi je m’en ferme dans ma chambre travailler un peu pour faire
passer le temps en espérant que Malcom rentre vite. Je ne veux pas
dormir sans lui. Pourtant je finis par sombrer.

Je sens de petits baisers sur mon visage. J’ouvre lentement les yeux et
croise ceux de Malcom qui est agenouillé près du lit. Je lui souris et il
m’embrasse sur les lèvres.

- Je suis désolé de t’avoir réveillé, murmure-t-il. Je n’ai pas pu


m’empêcher. Tu es si belle quand tu dors.

- Ta journée s’est bien passée ?

- Oui. J’ai fait un tour chez ton pâtissier préféré.

- Tu m’as rapporté une buche ? Je demande le sourire aux lèvres.

- Deux buches. Une à la fraise chocolat vanille et l’autre à la myrtille et au


caramel.

- Je t’adore tu sais ça.

- Oui. Vient qu’on aille les déguster.


Il me donne un baiser et se relève pour ensuite m’aider à sortir du lit.
Nous nous rendons dans la cuisine où nous dégustons l’un des gâteaux. Il
me raconte sa journée lorsqu’il reçoit un message sur son portable.
L’expression de son visage change dès qu’il le lit. Il repose le portable et
reprend la causerie comme si de rien n’était mais ça se voit qu’il est un peu
déçu. Il s’éclipse alors que je débarrasse et quand je monte le retrouver
dans la chambre il et assis sur le lit la tête entre les mains.

- Ça ne va pas Boo ?

- Je n’ai pas eu le contrat. Je ne l’ai pas eu alors que je remplissais toutes


ses exigences. Je ne comprends donc pas ce qui s’est passé.

Voir mon homme aussi abattu me fend le cœur. Je me rapproche et


m’asseoir derrière lui pour l’enlacer.

- Je suis désolée.

Il me caresse le bras et colle sa nuque à mon front.

- Ce n’est pas grave. Ce sera pour une autre fois.

Je lui pose des baisers dans le cou et il se retourne pour prendre


possession de mes lèvres. Il a besoin de se défouler et je vais l’y aider.
Nous nous retrouvons nus, lui sur moi et lui en moi et il me fait l’amour
avec cette douceur dont lui seule a le secret après quoi nous allons nous
rincer pour nous mettre au lit. Il ne tarde pas à sombrer dans le sommeil
et moi je ne fais que le regarder. Il a l’air tellement paisible quand il dort.
Je ne peux m’empêcher à chaque fois que je le regarde de me dire que j’ai
vraiment de la chance de l’avoir comme époux. Je ne sais pas ce que je
deviendrai sans lui. Je trace du bout de mon doigt des sillons sur son
visage et me lève pour sortir de la chambre mon portable en main. Je lance
l’appel et Brad répond la voix ensommeillée.

- Je suis désolée de te réveiller mais j’aurai besoin d’informations sur un


certain Patrice TIA pour demain 12h et organise une rencontre privé avec
lui pour 15h.

« - Règlement de compte ? »

- Disons intimidation.

« - Ok c’est bien noté. »

Je raccroche et retourne près de mon homme. Il m’attire aussitôt m’être


couchée à lui et me place sur son torse avant de refermer ses bras sur
moi. Qu’est-ce que je ne ferai pas pour lui ? Pour le voir heureux ?

Comme dit Brad m’a envoyé les informations dont j’ai besoin sur ce type
que j’ai bien examiné avant de prendre la route pour notre rendez-vous qui
se tient dans un endroit privé. Escortée de mes gardes j’entre dans ce
restaurant privé et le trouve seul assis à une table. C’est un homme de la
même tranche d’âge qu’Emile. Il se lève pour m’accueillir et m’aide à
m’asseoir avant de faire de même en face de moi. Mes hommes restent
dans la pièce mais un peu loin de nous tout comme ses deux gardes à lui.

- Comment allez-vous très chère ? J’ai été surpris d’apprendre que la


belle-fille du premier Ministre souhaitait me rencontrer.

- Je vais bien. Je suis ici justement pour vous parler de mon époux.

- Je suppose que ça un rapport avec l’appel d’offre ?


- Oui je suppose que si vous ne le lui avez pas confié votre projet c’est
parce qu’il est le fils de votre plus grand rival politique.

- Entre autre.

- Bon je vais aller droit au but. Je sais que vous allez vous présenter
encore une fois pour les prochaines élections mais le problème c’est que
j’ai des informations compromettantes sur vous. Comme par exemple tous
les énormes détournements que vous avez faits quand vous faisiez partie
du précédent gouvernement, des complots que vous avez montés contre le
Président actuel qui n’ont pas aboutis, le trafic de drogue dans lequel vous
êtes actionnaire ainsi que d’autres grands hommes politiques, des
sacrifices humains que vous faites chaque mois. Bref la liste est longue.
Alors pour ne pas que j’aie à divulguer ces informations qui non seulement
vont vous empêcher de continuer la course vers le fauteuil présidentiel
mais aussi vous faire passer le reste de votre vie en prison je vous
demanderais gentiment de donner ce contrat à mon époux en doublant le
montant prévu puis après ces deux mois de collaboration chacun prendra sa
route. Je ne veux pas que mon mari traite avec des hommes comme vous
seulement là il a travaillé comme un malade pour pouvoir obtenir ce
contrat. Je suis donc obligé de faire ce que je fais pour lui redonner le
sourire.

- C’est Emile qui vous envoie ? Demande-t-il avec un air inquiet parce qu’il
sait qu’Emile le balancera à coup sûr s’il savait tout ça.

- Pas du tout et pour vous rassurer que ce n’est pas lui sachez que lui et
moi nous détestons. Il ne me veut pas comme belle-fille et moi lui comme
beau-père encore moins Aïcha comme belle-mère. Je souhaite même qu’il
perde ces élections.

Comme rassuré par mes propos il se met à sourire. Un sourire qui dit qu’il
pense à faire de moi son alliée pour traficoter contre Emile. Qu’il rêve
toujours. Je n’ai pas besoin de m’allier à qui que ce soit pour détruire mes
ennemis. A moi toute seule je les détruis tous.
- Ok c’est comme vous voulez. Continue-t-il de sourire. Je pense que vous
et moi ferions une belle équipe. J’aime les femmes dominantes.

Il prend son portable et appel quelqu’un à qui il donne pour ordre d’annuler
le contrat avec celui à qui il l’avait donné pour le redonner à Malcom. Il
raccroche et me sourit.

- Je me demande bien ce qu’une femme comme vous fait avec un homme


comme lui. Vous avez besoin d’un vrai homme qui soit aussi dominant que
vous. Pas d’un homme qui n’a rien dans le caleçon comme son père.

Je souris pour ne pas lui faire voir mon mécontentement puis me lève
doucement de mon siège pour aller vers lui. Il recule sa chaise et la fait
tourner sur le côté surement en pensant que j’allais m’asseoir sur ses
cuisses. Je rapproche mon visage du sien toujours en souriant puis sans
qu’il ne le voie venir je lui empoigne son sexe avec rage. Il hurle à se briser
les cordes vocales. Ses hommes approchent mais les miens les en
empêchent en pointant leurs armes sur eux.

- Maintenant tu vas écouter ceci. Plus jamais, j’ai bien dit PLUS JAMAIS
tu ne parleras ainsi de mon homme. Et je te déconseille vivement d’essayer
de faire quelque chose contre lui parce que sinon toi, ta femme et vos trois
enfants gouterai à ma colère. Personne dans ce monde n’a le droit
d’insulter mon mari, même pas ses imbéciles de parents. Il est à l’infini
meilleur que vous tous réunis. La prochaine fois que je vais entendre un
commentaire déplacé sur lui je t’arracherai les couilles avec mes doigts.
Est-ce que je me suis fait comprendre ?

- Oui… oui. Dit-il en se retenant de hurler.

- Je n’ai rien entendu.

- Oui j’ai dit.


Je le lâche et récupère ma pochette sur la table.

- Ca a été un plaisir de faire affaire avec vous. Maintenant ordonnez à vos


gorilles de nous laisser passer mes hommes et moi.

D’une main il fait signe à ses gardes tandis que l’autre main se trouve sur
son entre-jambe. Je sors avec mes hommes satisfaite de redonner le
sourire à mon homme et rentre me changer pour mon cours avec Carl
ANDERSON.

Le cours a duré 2h de temps et j’en sors satisfaite. Carl m’a appris de


nouvelle prise d’auto-défense. J’ai hâte de l’utiliser sur Carole. Non je
blague. Je n’aime pas me fatiguer donc je ne suis même pas sûre d’utiliser
un jour toutes ces techniques. Mais bon on ne sait jamais. Après le cours
je décide d’aller voir mon homme afin de voir le bonheur sur son visage. Il
doit maintenant avoir été mis au courant que le contrat lui revenait. Je
monte jusqu’à son étage et son assistante me sourit et me fait signe qu’il
n’est pas occupé. Mais dès que j’ouvre la porte je le vois dans le bras de
Carole. Mon sang fait un tour.

- Je dérange ?

- Hey prunelle, dit-il le sourire aux lèvres en se séparant de Carole. Je suis


heureux de te voir ici.

Malcom est relaxe parce qu’il n’a rien à se reprocher et je lui fais
confiance. Carole elle me sourit malicieusement. Il vient vers moi et
m’embrasse.
- Carole était en train de me féliciter avant que tu n’entres. Finalement j’ai
obtenu le contrat. Me dit-il un plus large sourire aux lèvres.

- Félicitation boo. Tu le mérites.

Je l’embrasse de nouveau et Carole se racle la gorge pour prendre la


parole.

- Bon j’étais venue donner une carte d’invitation à Malcom pour vous inviter
à une soirée organisée en mon honneur après-demain. Je vais recevoir à
cette soirée le titre d’ambassadrice pour la lutte contre les abus sexuels
sur les jeunes filles et leur exploitation. J’espère vous compter parmi mes
invités. Bon j’y vais. Bonne soirée à vous.

Elle récupère son sac à main et se rapproche de nous puis sans qu’on ne s’y
attende vraiment pose un baiser sur les lèvres de Malcom avant de sortir.
Malcom reste estomaqué devant ce qui vient de se passer. Il se tourne
vers moi embarrassé.

- Prunelle.

- Tu dors ce soir dans la chambre d’ami.

- Mais tu as bien vu qu’elle m’a surprise.

- Ce n’est pas mon problème.

- Attends tu es jalouse. Dit-il en souriant.

- Et puis ça t’amuse ?

- Non c’est juste que c’est la première fois en 10 ans de mariage que je te
vois jalouse.

- C’est peut-être parce que c’est la première fois en 10 ans de mariage


qu’une plouque t’embrasse en plus devant moi.
- J’adore te voir jalouse.

Il essaye de me prendre dans ses bras et je le repousse.

- Si je te vois ce soir dans ma chambre je te castre.

Je finis ma phrase et sors énervée. Cette fille a osé mais qu’elle se


prépare parce qu’elle va me le payer et très cher. Personne ne se met
entre Malcom et moi. Celui ou celle qui essaye sentira ma foudre. Carole
SAKO prépare-toi à passer la pire soirée de ta vie.

- Je veux des informations compromettantes sur Carole SAKO dans le


deux jours qui viennent. J’ordonne à Brad en montant dans la voiture.

- Ok. Fait-il en refermant la portière.

La vengeance est une femme

Episode 16

Il est 20h et Malcom n’est pas encore rentré. Je lui ai dit qu’il allait
dormir dans la chambre d’ami pas dehors quand même. Je suis assise sur
mon lit en train de murmurer des injures à l’encontre de Malcom. Il a
intérêt à rentrer sinon je le zigouille. Je regarde mon portable avec l’envie
de l’appeler mais je me ressaisi. Bon sang où il est ? Le poignet de la porte
tourne et par la suite trois petits coups sont donnés.

- Prunelle. Ouvre-moi stp.

- NON VA-T’EN.
- Je t’en prie prunelle. Tu sais très bien que c’est toi seule que j’aime.

- MAIS ELLE T’A EMBRASSE.

- Oui par surprise et je suis allé la voir pour mettre les points sur les i. Je
lui ai même dit que nous ne serons pas présents à sa fameuse soirée.

- JE N’EN AI RIEN À FOUTRE. J’AI DIT QUE TU DORMIRAIS DANS


LA CHAMBRE D’AMI DONC TU DEGAGE.

- Ok c’est comme tu veux. Je pensais que je réussirais à me faire


pardonner en t’achetant ce magnifique BRACELET incrusté d’une
CINQUANTAINE d’EMERAUDE. Mais bon je vais devoir le ramener et
dire au représentant de ton joaillier préféré HARRY WINSTON ici en
Côte d’Ivoire que ma femme ne veut pas de sa toute DERNIERE
CREATION.

Mes sens se mettent aussitôt en alerte. Il a bien dit bracelet incrusté


d’Emeraude ? Harry Winston le grand joaillier des stars
Hollywoodiennes et dernière création ? Je me lève aussitôt du lit et ouvre
la porte mais je ne vois pas Malcom devant. Je sors ma tête et le vois se
diriger vers les escaliers une boite en main.

- MALCOM EHUI BEYNAUD TU AS INTERET À REVENIR ICI TOUT DE


SUITE AVEC CE BRACELET.

Il ne m’écoute pas et continue son chemin. Quand il descend la première


marche je le vois sourire. Il est en train de se foutre de moi. Je sors de la
chambre et le suis dans les escaliers toujours en lui intimant l’ordre de
s’arrêter.

- Malcom j’ai dit de me remettre ce bijou. Ne me pousse surtout pas à


bout sinon tu risques de passer toutes tes nuits dans le garage. MALCOM
J’AI DIT DONNE-MOI…
Je ne finis pas ma phrase qu’il me la fait avaler avec un baiser alors que
nous sommes arrivés au bas des escaliers. Je réponds à son baiser mais je
continue de parler, enfin j’essaye.

- Humhum humhum humhum.

- Quoi ? Demande-t-il en libérant mes lèvres.

- J’ai dit ne pense pas pouvoir m’amadouer avec ce bais…

Il me coupe encore la parole en m’embrassant à nouveau.

- Humhum humhum humhum.

- Quoi encore ?

- Tu me donnes le collier et tu déga... humhum humhum. Ok tu as gagné,


j’abdique entre ses lèvres.

Il me colle plus à lui et approfondis le baiser. Je passe mes bras autour de


son coup et me mets à sourire en répondant à son baiser.

- Plus jamais tu ne doutes de moi.

- Je ne doutais pas de toi. J’avais juste envie de te faire chier.

Il sourit et reprend possession de mes lèvres. Je suis trop folle de cet


homme.

- Beuuurrk il y a des mineurs ici je vous signale. Lance April en venant vers
nous.
Nous éclatons de rire et nous séparons.

- Tais-toi et commence à me chercher une belle robe de soirée et un


smoking pour Malcom pour après-demain. Nous devons nous rendre à une
soirée. Dis-je en prenant la boite des mains de Malcom.

- J’avais dit qu’on n’y allait plus.

- Si c’est à cause de moi ça va. Il faut qu’on aille la soutenir.

- Tu es sûre ?

- Oui chérie. Maintenant enfile-moi ce bracelet que je l’inaugure.

Il sourit et me la met. Je l’adore. Il sait que les bijoux sont mes péchés
mignons et j’en ai une tonne mais j’en veux encore et encore. J’aime quand
c’est mon homme qui me les offre. D’ailleurs c’est lui qui m’a offert
presque tous mes bijoux. Bon maintenant réfléchissons à ce qu’on va faire
de Carole.

Nous nous rendons à la soirée dédiée à Carole SAKO et j’ai vraiment hâte
d’y être. J’ai hâte qu’elle reçoive la correction que je lui ai préparé. J’ai
été dégoutée entant que femme lorsque j’ai vu ce que mes hommes avaient
découvert sur elle. Elle ne mérite même pas d’être appelée femme. Sa vie,
c’est de la grosse merde. Je me demande bien si elle réussira à se trouver
un mari avec tout ça. En tout cas elle va chercher longtemps parce
qu’aucun homme ne voudra d’une pute comme épouse et mère de ses
enfants.
Les flashs des appareils des différents sites internet ainsi que la presse
fusent de partout. Ils prennent en photos les différents invités et
organisateurs. Il y a sur quelques tables des filles avec un même tee-shirt,
celui de la fondation. Je suppose donc qu’elles font partie des victimes
pour qui lutte cette fondation. C’est dommage que leur future
Ambassadrice soit une dépravée sexuelle. Une hôtesse nous conduit à une
table où sont déjà installées Pamela, Aïcha et la mère de Carole. Nous
saluons tout le monde moi oralement sauf Pam à qui je fais des bises et
Malcom faisant des bises à toutes puis nous prenons place. Je demande
après Carole qui n’est pas encore arrivée et sa mère m’informe qu’elle se
trouve dans sa suite juste en haut de la salle de cérémonie. Elle a préféré
prendre une chambre là-haut pour éviter d’être en retard. Mel et April
sont restés à la maison se faire une soirée ciné. Moi non plus je n’allais pas
venir à cette soirée si je n’avais pas en tête d’humilier cette pouffe qui a
osé embrasser mon homme devant moi pour me narguer. La concernée fait
enfin son entrée et salut presque tout le monde avant de venir s’asseoir
avec nous. La soirée commence enfin et nous visualisons sur un écran géant
le travail abattu par la fondation et leurs projets. Ils font du bon boulot je
dois dire, j’espère juste qu’ils sont sincères et ne s’enrichissent pas sur le
dos de ces filles. Nous passons plus d’une heure de temps entre les
présentations de la fondation, les visualisations des vidéos et autres puis
vient le moment tant attendu. La présentation de Carole et le contrat
d’Ambassadrice qu’elle doit signer. Celui qui est arrêté derrière le pupitre
la présente et l’invite à le rejoindre pour qu’elle fasse son speech. Elle
s’exécute sous les applaudissements qui l’accompagne jusqu’à ce qu’elle
prenne la parole. Les images de la fondation ne cessent de tourner sur
l’écran.

- Bonsoir à tous, commence-t-elle, je suis Carole SAKO et je suis vraiment


honorée d’avoir été choisie pour représenter cette magnifique Fondation.
J’ai tout un tas de projet pour cette fondation mais surtout pour les filles
qui s’y trouvent et pour celles qui y rentrerons parce que oui qu’on le veuille
ou non il y a encore des filles là dehors qui sont victimes d’abus et de
maltraitance.
Elle continue de parler lorsqu’au lieu qu’une autre image de la fondation
s’affiche c’est plutôt l’une de Carole faisant du striptease en tenue légère
qui apparait avec dessus la date où la photo a été prise. Les chuchotements
commencent à se faire mais d’un petit nombre parce que tout le monde est
concentré sur elle. Une autre d’elle suçant deux queues apparait. Les
photos toutes autant vulgaires les unes que les autres se mettent à
défiler. Les murmures se font de plus en plus ce qui attire son attention.
Elle ne comprend rien à ce qui se passe vu que l’écran se trouve derrière
elle mais dès que le son de sa sexe-tape lui parvient elle se retourne
aussitôt. Cette fille est une détraquée. Elle enregistre à chaque fois ces
rapports avec différents hommes et les gardes dans son ordi que mes
hommes ont piratés pour les récupérer. Ce sont ses films x à elles.
Heureusement qu’il n’en avait pas d’elle et Malcom. Nous avons donc fait
une compile de ces vidéos pour les passer. Elle est une vraie pute. Il a une
où elle participe à une partouse, une à une sorte de gang bang c’est-à-dire
avec plus de cinq hommes, plusieurs avec un seul partenaire homme et
d’autres avec des filles et des femmes qui ont l’âge de sa mère. C’est le
travail qu’elle fait et qui lui procure énormément d’argent. C’est la panique
dans la salle. Les informaticiens essaient d’arrêter la vidéo mais rien.
D’autres rigolent, d’autres baissent la tête de honte et par pudeur,
d’autres se lèvent pour sortir tout comme Malcom qui s’est excusé avant
de sortir de la salle suivie de Pamela. Aïcha tourne la tête pour me
regarder et je lui fais un clin d’œil. Elle comprend le message.

- ARRETEZ CETTE VIDEO. Se met à hurler Carole. CECI EST UN GROS


MONTAGE POUR NUIRE À MON IMAGE. ARRETEZ LA
IMMEDIATEMENT.

Tout est mélangé dans la salle et Carole va toute furieuse vers les câbles
qu’elle se met à débrancher avec rage. Elle continue puis dans un
mouvement se prend le pied dans un câble et tombe entre une grande table
ronde sur laquelle étaient disposé une montagne de coupe de champagne et
une autre table où était disposé le buffet. Et les coupes et les plats tout
se renverse sur elle, de sa tête à ses pieds. Elle ne ressemble plus à rien.
Ses gardes viennent la relever ainsi que sa mère et la conduise hors de la
salle.

- C’est encore un autre coup de toi n’est-ce pas ? Pourquoi tu lui as fait
ça ?

- Parce qu’elle a voulu se mettre entre moi et Malcom. Que ça te serve


donc de leçon très chère.

- Je te jure que si jamais…

- Horrr va loin avec tes menaces à deux balles.

Je récupère ma pochète et sors à mon tour de la salle mais pour me rendre


dans la chambre de Carole. Depuis le couloir on entend la voix de sa mère
qui lui hurle dessus. Apparemment elle n’était pas informée de cette partie
de la vie de sa fille. Je reste près de la porte à attendre qu’elle sorte pour
entrer m’entretenir avec Carole toujours en écoutant leur conversation.

- Comme peux-tu être aussi conne et garder ce genre de vidéo dans ton
ordinateur ? Tu vois maintenant où ça t’a mené ?

- Je suis désolée maman. Pleure Carole.

- Tu es désolée ? Tu le sauras quand ton père apprendra tout ça parce que


oui il l’apprendra avec tous ces journalistes qui étaient présents. Bon sang
c’est quoi cette vie de débauche que tu mènes ? De quel argent avais-tu
besoin que nous ne pourrions te donner ?

- Je voulais être indépendante.

- ET C’EST CA QUE TU AS TROUVÉ COMME TRAVAIL ? NON MAIS TU


ES MALADE ? Tu sais quoi ? Je te laisse régler ça avec ton père.
J’entends des bruits de pas puis elle sort sans même me voir. J’entre
suivie de Brad dans sa chambre et la trouve en train de pleurer par terre
toujours aussi sale.

- C’est bien dommage ce qui vient de se passer.

Elle lève la tête et quand elle me voit elle se lève tout d’un coup.

- C’était toi n’est-ce pas ?

- C’était juste un avertissement pour te montrer à quel point Malcom m’est


précieux donc si tu me refais le même coup de la dernière fois à son
bureau ou autre chose tu auras pire sois en sûre.

- Je vais te tuer espèce de salope. Dit-elle en fonçant sur moi avec rage.

Brad se place devant moi et lui attrape les bras pour la repousser. Elle se
met à vociférer des menaces.

- Tu vas me le payer sale pétasse de merde. Tu ne sais pas à qui tu te


frotte. Je suis Carole SAKO et tu vas mordre la poussière. Tu vas ramper
et me supplier à genoux.

- Et moi je suis Vicky HAMILTON et je peux t’assurer que de nous deux


celle va supplier l’autre à genoux c’est bien toi. Passe une bonne soirée très
chère. Ah une dernière chose. Echec…

Je lui tourne dos et sors rejoindre mon homme qui est déjà installé dans la
voiture en train de regarder une émission sur l’écran collé au tableau de
bord. Nous rentrons chez nous dans le silence. Je sais que Malcom n’aime
pas ce genre de scandale et autre surtout sur une personne qu’il connait.
Lorsque nous arrivons à la maison les lumières sont déjà éteintes Malcom
va prendre une douche et moi j’en profite pour aller voir si Mel et April
dorment déjà, je veux leur souhaiter bonne nuit. Je vais vois d’abord Mel
qui manipule son ordi étant allongé sur son lit.

- Tu ne dors pas encore ? Je lui demande en allant m’asseoir près de lui sur
le lit.

- Non, j’attendais d’abord que vous rentriez. Je sais que vous étiez avec
Brad mais je voulais être sûr que vous étiez rentrés sains et sauf.

- Merci. Alors cette soirée ciné ?

- Pff n’importe quoi. April n’a pas cessé de bavarder, de hurler, de se


plaindre et même de pleurer durant tout le film. Après elle a voulu qu’on
regarde un film d’horreur et en fin de compte je l’ai regardé tout seul
parce qu’elle avait son visage fermé dans les coussins.

- Vous vous êtes donc bien amusés. Dis-je en rigolant.

- Et la vôtre ?

- Parfait. Tout s’est déroulé comme prévu. J’attends maintenant de voir ce


qu’elle va faire. Bon je vais te laisser te reposer. Passe une bonne nuit.

- Bonne nuit à vous.

Je lui fais une bise sur le front et sors de sa chambre pour me rendre
dans celle d’April qui étudie un dossier.

- Tu devrais dormir maintenant.

- Oui mais je voulais faire passer le temps en travaillant jusqu’à ce que tu


rentres. Je voulais te parler.

- Ah bon de quoi ?

- De ce qui c’était passé avec mon père.

- Tu te sens prête pour en parler ?


- Oui. J’ai envie de me libérer.

- Ok vas-y donc.

Je m’assieds confortablement près d’elle et passe mon bras autour de ses


épaules.

- Bon mon père est un violeur et assassin.

- Ah bon ? Comment ça ?

- Tout a commencé quand ma mère était enceinte de moi.

Et elle se met à me raconter l’histoire comme si elle me faisait le récit


d’un livre qu’elle a lu ou d’un feuilleton. Plus elle parle plus j’ai l’impression
de connaitre cette histoire. Je fronce les sourcils au fur et à mesure
essayant de déchiffrer quelque chose. Quand elle parle du viol de son père
sur une jeune adolescente de 15 ans qui était la fille d’un policier mon sang
se glace mais je me reprends et me dis que c’est peut-être une autre
histoire rien à avoir avec la mienne et celle de Mélaine la mère de Mel.
Mais tous les détails qu’elle donne après me font comprendre que non c’est
la même histoire.

- Attends un instant. Comment s’appelle la secte dans laquelle il était ?

- Brother Blood ou Blood Brother. Enfin quelque chose comme ça.

Je me fige et plonge dans mes pensées. Je ne l’entends plus parler puis


quand elle me parle de la fille violée et du fait qu’elle a eu un fils issu de ce
viol je reviens à moi. Est-elle en train de parler de Mélaine ?

- Attends comment s’appelle ton père ?


- Francis ACHI.

Et BAM je tombe des nus. April est la fille de Francis ACHI qui serait
aussi le violeur de Mélaine et le père d’Armel donc elle est sa sœur ???
WHAT THE FUCK ????????

Je me maitrise et l’écoute jusqu’au bout puis lui pose une question qui va
peut-être m’aider dans ma prise de décision.

- Que comptes-tu faire maintenant le concernant ?

- Je n’en sais rien. Une part de moi veut lui pardonner parce qu’il a
vraiment été sincère lorsqu’il se repentait et aussi parce que je l’aime mais
une autre lui en veut à mort. Je ne sais donc pas quoi faire. Que me
conseilles-tu ?

Qu’est-ce que je lui conseille ? Bah j’en sais rien moi. Je ne suis pas doué
en conseil mais en meurtre oui. Si elle me demandait comment le tuer là
j’allais lui donner plus de mille propositions mais un conseil je n’en ai pas. Je
cherche quoi lui répondre lorsque mon portable sonne, c’est Brad.

- Oui Brad ?

« - Désolé de te déranger, je voulais juste t’informer que nous avons


retrouvé Francis ACHI. Il est dans un motel à la sortie de Yopougon. Tu
veux qu’on passe à l’action ? »

- Attends-moi à la voiture j’arrive.

Je raccroche et me tourne vers April.


- Ecoute ma puce je pense que tu devrais en parler à Malcom. Il est plus
doué dans les conseils que moi.

- Oui c’est vrai tu as raison. Merci quand même de m’avoir écouté. Je me


sens mieux.

- Pas de quoi. Bon dors bien et à demain.

Je lui pose un baiser sur le front et ressors de sa chambre pour aller voir
si Malcom dort. Il est sur son ordi, je lui fais donc signe que je reviens
tout à l’heure et le laisse. Je retrouve Brad près de la voiture qui m’attend
un document en main. Surement les informations sur Francis ACHI. Il me
le tend et je le prends pour y jeter un bref coup d’œil avant de le
refermer.

- Nous avons un problème. Lui dis-je en tournant sur moi-même.

- Qu’est-ce qui se passe ?

- Francis ACHI, ce type, eh bien c’est le père d’April.

- QUOI ?

- Chut moins fort.

- Désolé. Quoi ? Comment ça se fait ?

- Je viens de l’apprendre de la bouche d’April et là je suis sur le cul.

- Alors qu’est-ce qu’on fait ?

- Je n’en sais rien. Mais pour le moment on ne fera rien. Je veux savoir ce
qu’elle décide le concernant. Si elle lui pardonne ou pas. Et tu sais la
meilleure ?

- Non.

- Il est aussi le père de Mel donc April et lui sont frère et sœur. Mais bon
pour ça pour en être sûr je vais procéder à un test ADN. Demain je te
donnerai les échantillons de leurs cheveux à tous les deux et tu iras le
déposer dans une clinique en insistant sur le fait que je veux le résultat en
deux jours maxi.

- D’accord. Et Mel il le sait ?

- Non. On ne lui dira rien pour l’instant mais je ne sais vraiment pas
comment lui annoncer ça et comment il va réagir. Mais bon on verra ça plus
tard. Tu peux retourner dormir. Bonne nuit Brad.

- Oui bonne nuit Vicky.

Je lui redonne le dossier et nous nous séparons. Je déteste perdre le


contrôle d’une situation. Comment pourrai-je encore faire périr ce type en
sachant qu’il est le père d’une fille que j’aime énormément ? Vraiment toi
Dieu tu viens de me prouver encore une fois de plus que tu n’en avais rien à
foutre de moi. Tu viens encore me pourrir la vie dans mon plan de
vengeance. Merci beaucoup, non vraiment merci beaucoup. Fuck !

La vengeance est une femme

Episode 17

Je lis et relis les résultats du test ADN et je ne sais quoi en penser. C’est
confirmé, Mel et April sont frères et sœur. Ils ont les mêmes germes.
Qu’est-ce que je fais maintenant ? Comment je l’annonce à Mel ? April elle
sait déjà qu’elle a un frère donc elle sera juste surprise d’apprendre que
c’est Mel mais lui c’est tout autre chose. D’abord nous avons retrouvé son
père biologique qui fait partie de la secte ou faisait partie donc nous
devons en finir avec lui tout comme avec les autres. Ensuite lui annoncer
qu’on ne peut rien pour l’instant contre lui parce qu’il est aussi le père
d’April ce qui est le enfin. Je dois en parler avec Malcom. J’ai besoin de
ses conseils. Oui Malcom a toujours été mon conseillé que ce soit dans
notre vie de couple, dans la vie de tous les jours et même dans les
affaires. J’entre dans la chambre où je trouve mon époux beau comme tout
assis sur le lit avec sur lui un tee-shirt noir et un kawet de la même
couleur. Si je n’étais aussi préoccupée je lui aurais sauté dessus parce qu’il
me fait de l’effet comme tous les jours depuis 10 ans que nous sommes
mariés. Je m’assois près de lui le résultat du test en main et je cherche
comme aborder le sujet sans faire la gaffe de lui parler de notre
vengeance.

- Tu veux me dire quelque chose ? Me dit Malcom en tapotant sur son ordi.

- Oui.

- Sérieux ou pas ?

- Complexe.

- Ok.

Il ferme son ordi aussitôt et le pose sur le guéridon près de lui pour me
faire face.

- Je t’écoute donc.

- C’est à propos de Mel.

- Huhum.

- J’ai… retrouvé son… père.

- Hum ? Fait-il en ouvrant grand les yeux.

- Je t’avais déjà expliqué son histoire ?

- Oui que sa mère était ta meilleure amie et qu’elle s’était faite violé par
un type haut placé dans la société que tu ne connaissais pas.

C’est tout ce que je lui ai expliqué de l’histoire pour éviter qu’il me pose
trop de question.
- Oui c’est bien ça.

- Comment tu sais que c’est lui si tu ne le connaissais pas.

- C’est justement ce qui est complexe. Tu sais pourquoi April est ici ?

- De ce que tu m’as dit elle avait rencontré son père qu’elle croyait mort et
que les choses s’étaient mal passées. Quel est le rapport ?

- Le rapport c’est que le père d’April est aussi celui de Mel.

Là il manque de s’étouffer avec sa salive.

- T’es pas sérieuse ?

Sans mot dire je lui tends l’enveloppe contenant le résultat qu’il ouvre à la
hâte. Il lit et me regarde stupéfaite.

- Woh. Je ne m’attendais pas à ça. Et comment comptes-tu gérer ça ?

- C’est justement pour ça que je suis venue te voir. Je suis complètement à


l’Ouest dans cette histoire.

- Dis-leur donc de pardonner. C’est la seule chose que je vois. Ça va les


aider tous les deux à reprendre le cours normal de leurs vies surtout
Armel. Ça se sent qu’il est rempli de rancœurs envers cet homme qui a
violé sa mère et cela lui bouffe sa vie. Regarde il n’a même plus de vie alors
qu’il n’a que 24 ans. Il n’a aucun ami et refuse d’admettre qu’il a des
sentiments pour Faith tout ça pour éviter de penser à une quelconque
relation. Prunelle je pense qu’il est temps que tu le libères.

- C’est-à-dire ?

- Qu’il ne soit plus ton garde ou plutôt qu’il ne le soit plus à plein temps.
Libère le, pousse le à avoir une vie sociale. Trouve lui quelque chose à faire.
Il a eu la chance d’être dans les marins donc aide-le dans cette même
lancée. Soit il y retourne et devient un marins soit tu le mets dans un
autre corps ou dans une agence de garde rapprochée, bref pousse le à voir
du monde.

- Tu veux dire que c’est moi qui l’ai ainsi renfermé ?

- Peut-être que oui peut-être que non mais je sais que si ça vient de toi tu
ne l’as pas fait méchamment. Tu as retrouvé ton filleul donc tu as voulu le
surprotéger et le couver comme l’aurai fait ta défunté meilleure amie mais
il est temps qu’il prenne son envole et cela commence par le pardon. Qu’il
accepte de pardonner même si ce n’est pas pour créer des liens avec cet
homme mais qu’il libère son cœur de tous ces ressentiments. Pareil pour
April qui va aussi en vouloir à son père si elle apprend ce qu’il a fait.

- Elle le sait déjà mais ne sait pas qui est cet autre fils de son père.

- Ah bon ?

Je me mets à lui raconter ce qu’April m’a dit en survolant certaines parties


qu’il n’a pas à savoir.

- Tu vois que j’ai donc vu juste quand je parlais de pardon ?

- Ouais mais bon le dernier mot lui revient à elle après je trouverai
comment leur révéler aux deux qu’ils ont le même sang.

- Je pourrai t’aider si tu le veux.

- Bon ça va je peux m’en charger. Avec April oui tu peux mais avec Armel
je préfère le faire seule.

- Ok comme tu veux.

- Merci mon amour.

- De rien. Je ne mérite pas un bisou ?

- Tu mérites tous les bisous du monde.


Je m’assois en califourchon sur lui et l’embrasse langoureusement. Il faut
que j’aie une réponse d’April pour savoir quoi faire. Si elle pardonne ou pas
à son père. Avec Armel je sais que c’est déjà mort donc je ne m’attarde
pas sur lui.

Je descends retrouver Malcom et April qui regarde la télé. Mel et Brad


sont allés regarder un match de la Côte d’Ivoire au stade Félix Houphouët
Boigny avec les deux autres gardes. Ils avaient besoin d’un peu de détente.
Malcom et April regarde une série Américaine dont ils raffolent tous les
deux. Je m’assois près de Malcom et il passe automatiquement son bras
autour de mes épaules. Quand la série se termine April se tourne vers
nous.

- Mal ?

- Yeah Ap !

- J’ai… Je peux te demander un truc ?

- Vas-y.

- Euh selon toi qu’est-ce qui ne mérite pas d’être pardonné ?

- Rien. Tout est pardonnable sur cette terre. Certains plus difficiles que
d’autres mais pardonnables quand même.

- Hum ! Ok merci.

Elle se reconcentre sur la télé et se retourne à nouveau.


- Mais il doit quand même y avoir un truc d’impardonnable comme peut-être
le meurtre. Tu ne trouves pas ?

- On dirait ça mais un meurtrier mérite aussi d’être pardonné s’il regrette


son acte et se repend.

- Oui mais lui n’a pas eu pitié de ses victimes donc on ne doit pas en avoir
pour lui. Hum ?

Malcom la regarde en souriant puis de son autre main tapote la place de


son côté qui est libre.

- Viens là.

Elle se lève et vient s’asseoir près de lui. Il passe son bras aussi autour
d’elle. Je me lève donc et vais m’asseoir à la place d’April pour qu’il soit
plus à l’aise.

- Qu’est-ce qui ne va pas ? Lui demande-t-il.

- Rien, enfin il y a quelque chose mais je ne sais pas quoi faire. C’est mon
père. Il m’a raconté plein de truc vraiment horrible la dernière fois que
nous nous sommes vus et depuis une lutte se fait à l’intérieure de moi. Au
début j’avais dit et j’étais vraiment sérieuse que jamais je ne lui
pardonnerai ces choses qu’il a faites mais avant-hier il m’a envoyé un mail
puisque je ne réponds plus à ses appels pour m’informer qu’il allait bientôt
mourir. Il a une tumeur en phase terminale donc il voudrait avoir mon
pardon avant de quitte ce monde. Je ne sais donc plus quoi faire.

- Tu l’aimes ton papa ?

- Oui bien sûr mais…

- Donc pardonne-lui.
- Mais on parle de meurtre, de viol, de sacrifice humain d’autres trucs
moches.

- Jésus étant sur la croix a prié Dieu pour qu’il pardonne à ses meurtriers
ce qui veut dire que lui-même ne leur en voulait pas.

- Oui mais Jésus il est Dieu donc c’était facile pour lui de pardonner.

- Quand il était sur terre il était 100% homme ce qui veut dire qu’il pouvait
ressentir les mêmes choses que nous. Ecoute la Bible dit que l’Amour
pardonne tout. TOUT. Ce qui veut dire tout. Dieu n’a pas dit l’Amour
pardonne tout sauf ci et ça.

- Donc je devrais lui pardonner ?

- Oui. Tu sais un homme qui se repend sincèrement mérite d’être


pardonner. Vicky m’a un peu raconté ce qu’il avait fait et de tout ça je dois
dire qu’il t’a sauvé la vie en s’éloignant de toi. Il s’est même fait passé pour
mort pour ne pas qu’on te trouve toi donc tu vois qu’il t’aime vraiment.
Pardonne à ton père. Tu te sentiras mieux après.

Elle se met à cogiter et moi je commence à me dire que cette histoire me


fait chier. Je devais le tuer ce type mais voilà que je vais l’épargner. Je
suis certes plus riche que Malcom, plus influente que lui mais jamais je ne
le contredis, jamais je ne m’oppose à lui donc je préfère le laisser
convaincre April de pardonner son père. Moi je vais me charger de
convaincre Mel.

- C’est d’accord. Je vais lui pardonner. Merci beaucoup Mal.

- De rien ma belle.

Ils se font un câlin ce qui me fait sourire. Je décide alors du fait qu’on soit
là en même temps pour lui parler de son frère.

- April, concernant ton frère, je sais qui sait.


- Ah bon ? Comment ça ? Et c’est qui ? S’étonne-t-elle en se levant des
bras de Malcom

- Armel.

- Non !

- Si !

- Non !

- Si !

- Quoi ? Comment ça se fait ?

Je me mets à lui raconter l’histoire d’Armel qui concorde avec celle que
son père lui a raconté et quand je finis elle reste là la bouche ouverte les
yeux remplis de larmes.

- Oh my God. Mel est mon petit frère ?

- Yes.

Elle est partagée entre la surprise et la joie. Bon je dois aller rendre visite
à leur père. Lui et moi devons causer.

Je suis venue avec Brad voir Francis. J’ai décidé de ne pas venir avec Mel
pour ne pas l’y mener. J’ai dit à mes hommes de l’emmener loin de son
hôtel. J’ai dit que je n’allais plus le tuer mais pas que je n’allais pas le
secouer un peu. J’entre dans l’entrepôt et le trouve à genoux un sac sur la
tête et les mains attachés dans son dos. Je fais signe à mes hommes qui
enlèvent le sac de sur sa tête et libère ses mains.
- Je vous en supplie ne me faites pas de mal. Supplie-t-il tout paniqué et en
sueur.

- Bonsoir Francis. Vous savez qui je suis ?

- Non, non mais svp ne me faites pas de mal. J’ai des enfants enfin une
fille.

- C’est justement à cause d’elle que je suis là.

- Non je vous en prie ne lui faites pas de mal. Elle est innocente.

- Je le sais raison pour laquelle je vais t’épargner. Je suis la fille de l’un


des flics que vous avez tué et la meilleure amie de cette adolescente que
tu as violé sans remord.

- Oh mon Dieu. C’est donc vous qui vous vengez sur la secte ?

- Tu as tout compris. Et normalement c’était ton tour.

- Je vous demande pardon, commence-t-il à supplier en collant ses mains.


Je regrette tout ce que j’ai fait. Je me suis repenti, je ne suis plus le
même homme je vous le jure. Je ferai tout ce que vous voudrai mais de
grâce épargnez-moi. Je ne veux pas mourir sans avoir le pardon de ma fille
et celui de mon fils que je cherche. Je vous en supplie.

- April. C’est son nom n’est-ce pas ?

- Oui mais elle n’est au courant de rien je vous le jure.

- Je le sais. Je suis sa patronne et elle est mon bras droit. C’est d’ailleurs
à cause d’elle, à cause de son innocence, commençais-je à m’énerver, à
cause de sa bonté de cœur, de sa pureté que je vais vous épargner.

- Oh mon Dieu merci, merci merci beaucoup. Dit-il en me baisant presque


les pieds.

- Remercie-là elle parce que moi je n’aurai pas hésité à te planquer une
balle dans la tête. Bordel de merde pourquoi a-t-il fallu que tu sois son
père à cette petite ? J’aurai dû te mettre en tête de la liste comme ça je
t’aurai réglé ton compte avant d’apprendre tout ça. J’aurai dû !
Je commence à tourner sur moi-même en colère de devoir épargner ce
type. Ce type qui a violé et tué ma meilleure amie. Rien qu’en pensant à ça
une rage me remplit et je me mets à hurler. Je me tourne et récupère
l’arme de Brad et tire à côté de Francis. Il sursaut en poussant un cri de
frayeur. J’en avais besoin pour faire passer cette rage. Je m’arrête et
souffle un coup avant de reporter mon attention sur lui.

- Je sais qui est ton fils. Il vit avec moi.

- Oh mon Dieu ! Comment est-il ? Comment va-t-il ? Il sait qui je suis ?


Que suis vivant et que je le cherche ? Svp convainquez-le d’accepter de me
voir pour que je puisse lui demander pardon.

- Ca c’est à lui seul de le décider je ne peux pas l’y forcer. Maintenant


laisse-moi te dire une dernière chose. Tu dois ta vie à April parce que si ça
ne tenait qu’à ton fils tu serais déjà sous pieds sous terre. Cette fille je
l’adore. Tu as donc intérêt à bien te comporter avec elle, tu as intérêt à ne
plus la faire pleurer, tu as intérêt à ne pas lui faire regretter sa décision
de te pardonner. Moi je ne t’ai pas pardonné ce qui veut dire qu’à la
moindre petite erreur de ta part je peux frapper. Sois un père pour elle,
un vrai sinon tu m’auras sur ton chemin.

Je me redresse et sors de là. Mes hommes vont le libérer et le


raccompagner à son hôtel. Il faut maintenant que je trouve les mots pour
parler à Mel. Je sens que ça ne va pas être facile.
La vengeance est une femme

Episode 18

***Armel SEKA***

Mon ordi posé sur mon lit me signale un appel vidéo. Je ferme mon jeans et
m’assois sur le lit en enfilant ma chemise sur mon débardeur sans la
boutonner. Je sais déjà qui m’appelle. Elle le fait chaque matin. Je
décroche et fais un rictus.

« - Salut toi. »

- Hey Faith. Comment vas-tu ?

« - Ca va et toi ? »

- Idem. Alors quoi de neuf ?

« - Bof pas grande chose. J’avais envie de te parler c’est tout. »

- T’as pas cours ?

« - Non. Nous sommes un jour férié ici. Je vois que la Côte d’Ivoire t’a fait
oublier les choses d’ici. » Dit-elle en souriant.

- Ouais un peu. Je réponds à son sourire.

« - Ça se passe comment là-bas ? »

- Bien.

Un silence se fait et elle affiche un air un peu déçu parce que je ne


contribue pas vraiment à la conversation. Normal je ne suis pas très
bavard et avec elle je ne sais pas comment me comporter. Disons qu’elle me
fait perdre un peu mes moyens. Elle m’intimide un peu.
« - Tu me manques. »

Bon là je ne sais pas quoi lui répondre. Si elle me manque ? Oui. Mais je ne
veux pas le lui dire pour éviter qu’elle se fasse de fausses idées, qu’elle
pense qu’il peut se passer quelque chose entre nous. Oui je reconnais
qu’elle me plait un peu. Bon pas qu’un peu. Disons que je ressens des trucs
pour elle. Des trucs auxquels je ne veux pas penser parce que je ne veux
pas de ça dans ma vie. Tout ce qui m’importe pour l’instant c’est de voir
cette secte s’effondrer et tous ses membres sous pieds sous terre.

« - Mel j’ai dit que tu me manquais. » Me ramène Faith sur terre.

- Euh ok ça me fait plaisir.

« - Et moi je ne te manque pas ? »

- Euh… bon… enfin.

« - Ok laisse tomber. Dit-elle abattue et énervée. Je ne vais plus


t’emmerder longtemps. Bye. »

- Non attends ce n’est pas…

Et elle a coupé. Je soupire et ferme l’ordi. Je l’aime mais je n’ai pas le


temps pour les amourettes donc qu’elle me pardonne si je me joue les
indifférents. Je finis de me préparer et m’apprête pour conduire ma tante
au travail. Cette femme, ma tante, j’ai vraiment la chance de l’avoir dans
ma vie. Je l’aime beaucoup. Je ne le lui dis pas mais c’est ce que je ressens.
Je n’aurai jamais rêvé meilleure mère comme elle, oui parce que pour moi
elle est ma mère. Je ne l’appelle pas maman parce que j’ai peur de
l’attrister à cause de sa stérilité. Lorsque j’ai découvert qu’elle voulait se
venger je n’ai pas hésité à lui proposer mon aide. Elle ne le voulait pas mais
je l’ai convaincu en lui disant qu’elle avait besoin de personnes de confiance
pour l’accompagner. En plus j’avais une formation militaire que j’ai toujours
voulu faire. S’il n’y avait pas eu le projet de vengeance j’aurai continué dans
les marins parce que j’aime beaucoup ça mais j’aime encore plus lui être
utile. Son mari, mon oncle m’a aussi accepté et je lui en serai toujours
reconnaissant. C’est un couple en or.

On frappe à la porte de ma chambre juste au moment où j’enfile ma veste


sur ma chemise.

- Oui.

La porte s’ouvre sur ma tante qui n’est pas habillée pour le travail. Elle
porte juste un jeans et un tricot.

- Tu n’iras pas au travail aujourd’hui ?

- Non. Répond-t-elle en refermant la porte derrière elle.

- Pourquoi tu es malade ?

- Non chéri. Il faut qu’on discute.

Elle m’a l’air inquiet ce qui m’inquiète aussi.

- Qu’est-ce qui se passe ma tante ? Tu me fais peur là.

- Viens t’asseoir près de moi. Dit-elle en tapotant la place près d’elle sur le
lit.

Je retire ma veste et m’assois près d’elle. Je ne sais pas pourquoi mais son
air m’annonce une mauvaise nouvelle.
- Armel…

Elle m’a appelé Armel. Ok ça n’annonce rien de bon.

- Je, continue-t-elle, j’ai… retrouvé ton… père.

- Ah bon ? C’est une bonne nouvelle. Déjà qu’on ne savait pas qui c’était.
Alors on s’occupe de lui quand ?

Elle passe sa main sur son visage puis lance un soupire.

- On ne s’occupera pas de lui Mel.

- Et pourquoi ça ? Il fait partie de la secte et c’est lui qui a violé maman, ta


meilleure amie. Il l’a encore violé et la tué donc on doit s’occuper de lui.

- Chéri on ne peut pas.

- Quoi mais pourquoi ? Dis-je en me levant pour me placer devant elle. Quoi
c’est un ami à toi ? Un partenaire important ?

- Ni l’un ni l’autre. Ecoute c’est compliqué.

- Attends, tu n’as pas dit ce que j’ai entendu ? C’est compliqué ? Qu’est-ce
qui est compliqué ? Je te rappelle qu’il ne sera pas le premier à qui on
règlera le compte.

- Oui mais…

- MAIS QUOI ? Hurlais-je. Il a réussi à te convaincre de lui laisser la vie


sauve ? Il est plus fort c’est ça ? Il menace la vie de mon oncle ? La
mienne ? Pourquoi dis-tu que c’est impossible ? Je te rappelle qu’on parle
de l’homme qui a violé ta meilleure amie.

- Viol duquel tu es né et qui a permis que je t’aie dans ma vie.

- Attends tu viens de dire que le fait que je sois né d’un viol est une bonne
chose ?
- Non je n’ai pas dit ça. Juste que de ce viol nous avons eu une bénédiction.

- Une bénédiction ? J’aurai préféré ne pas naitre si cela pouvait éviter à


ma mère de se faire violer. Oh non je comprends tout maintenant. Tu veux
qu’on l’épargne parce que ce n’est pas toi qu’il a attaqué directement ?
C’est ça hein ?

- Non ce n’est pas ça.

- ALORS C’EST QUOI ? Tu ne veux pas lui faire la peau parce qu’il ne fait
pas partie des gens qui ont décapité ton père ?

- Armel stp calme-toi.

- Ou bien de ceux qui ont violé ta mère ?

- Chéri.

- Ou encore parce que ce n’est pas lui qui t’a violé et rendu stérile ?

- Mel calme-toi.

- NON JE NE ME CALME PAS. Tu n’es qu’une traitresse. Notre mission


était de nous venger de tous ces gens mais toi, toi tu veux me lâcher sur
ce coup parce que tu n’as rien à avoir avec lui. Quel genre d’amie es-tu ?
Quel genre d’amie es-tu pour refuser de venger la mort de ta meilleure
amie alors que tu en as les moyens. Je t’ai cru lorsque tu m’as dit que tu
allais lui rendre justice. Leur rendre justice à elle et mes grands-parents.
Tu me l’as dit putain et je t’ai cru.

- Et je ne t’ai pas menti.

- Si tu as menti parce qu’aujourd’hui tu te rétracte.

- Je ne me rétracte pas. C’est juste que cette fois c’est un peu plus
compliqué que ça.

- Rien n’est compliqué.

- Si c’est compliqué.

- ALORS DIS-MOI CE QU EST COMPLIQUE.

- ON NE PEUT PAS LE TUER PARCE QU’IL EST AUSSI LE PÈRE D’APRIL.


Cette phrase me glace sur le champ. Elle a dit quoi ?

- Cet homme qui a violé ta mère, dit-elle avec douceur, et qui est ton père
est aussi le père d’April. La même April que nous connaissons et aimons.

- Non c’est faux.

- Si c’est la vérité. Quand April m’a raconté sa rencontre avec son père et
les révélations qu’il lui a fait j’ai tout de suite fait le lien. Alors pour en
être sûre j’ai fait un test ADN avec vos cheveux sans que vous ne le
sachiez et c’est positif. Vous êtes frère et sœur. April est ta grande
sœur. Voilà pourquoi on ne peut pas le tuer.

Je tourne sur moi-même n’en revenant pas. Ça ne peut pas être possible.
On ne peut pas le tuer, on ne peut pas venger ma mère et mes grands-
parents parce qu’il est le père d’April, ce qui fait d’elle ma sœur. On ne
peut pas lui faire de mal parce qu’il est le père d’une personne qu’on
affectionne. Oui j’apprécie beaucoup April et nous sommes de bons potes
mais jamais je n’aurai pensé qu’elle était ma sœur. Ma sœur. J’éclate
aussitôt de rire. Non ça c’est la meilleure.

- Tu te fou de moi n’est-ce pas ? Je demande en m’asseyant dans le divan


en face de mon lit.

- Non chéri. J’ai même le test dans ma chambre si tu veux le voir.

- Non ça va. Ok si tu ne veux pas le tuer moi je m’en chargerai.

- Mel on ne peut pas.

- TOI TU NE PEUX PAS MAIS MOI SI. TOI TU NE PEUX PAS LE TUER
PARCE QUE TU AIMES BEAUCOUP APRIL MAIS MOI JE LE PEUX.
Hurlais-en me levant avec colère.

- Tu ne l’apprécies donc pas ?


- Si mais ce n’est pas comparable à la haine que je ressens pour son père.

- Ton père.

- RIEN A FOUTRE. Hurlais-je en renversant la veilleuse ce qui l’a fait


sursauter.

- Mel je pense que tu devrais y réfléchir plus calmement. Tu n’es plus seul
dans cette histoire. Pense à April, à ce qu’elle va ressentir quand elle
apprendre que son père est mort juste au moment où elle a décidé de lui
donner une seconde chance.

- Elle va devoir faire avec.comme moi je l’ai fait. Il est hors de question
que ce type reste en vie. Si toi tu ne veux pas venger ma mère moi je le
ferai.

Je récupère mon arme dans mon armoire, prends ma veste sur le lit et
sors. Ma tante me suis en essayant de me retenir mais je ne l’écoute pas.
Je monte dans la voiture et démarre en trombe manquant de renverser l’un
des gardes et de défoncer le grand portail qui s’ouvre électroniquement.
Je sais qui s’est ce type. Nous avons récemment retrouvé la trace d’un
homme qu’on cherchait depuis longtemps et il se cache à quelques pas de là
où April était la nuit où elle m’a appelé en pleure. J’ai donc fait le lien. Je
conduis comme un fou en jetant de temps en temps des coups d’œil sur
mon arme. Je vais le tuer cet enfoiré.

J’arrive et me dirige directement vers sa chambre. Je cogne deux coups


et dès qu’il m’ouvre la porte je lui empoigne le cou et pointe l’arme sur son
front. Il lève instinctivement les mains en l’air. Je le pousse pour que nous
entrions puis d’un coup de pied referme la porte.

- C’est donc toi l’enfoiré. Ce fils de pute qui a violé ma mère puis l’a tué.

- Oh mon Dieu mon fils.


- JE NE SUIS PAS TON FILS ASPECE DE SALE ENCULE DE MERDE. Je
vais te tuer.

- Mon fils stp…

- JE NE SUIS PAS TON FILS. Dis-je en lui foutant mon poing dans sa
face.

Il tombe dans le fauteuil juste derrière lui et je le saisi d’une main par les
colles et de l’autre lui assène plusieurs coups au visage. Il essaie de les
bloquer en mettant ses bras devant mais je réussi quand même à lui en
donner. Il saigne de la bouche et du nez. Il ne me supplie pas de le laisser,
j’ai juste l’impression qu’il veut me laisser me défouler en essayant de
réduire les dommages sur lui. Je le lâche et prends mon arme que je
replace sur sa tête.

- Vas-y mon fils si cela peut te soulager. Me dit-il en s’essuyant la bouche.

- JE NE SUIS PAS TON FILS BORDEL. Tu mérites de finir comme tous


tes confrères. Tu vas aller les rejoindre pauvre enculé.

Je charge l’arme et au moment de tirer j’entends la porte s’ouvrir et des


mains me tirer par derrière.

- Non Mel ne fais pas ça je t’en prie. Supplie April en se mettant entre son
père et moi. Stp ne fais pas la même erreur que lui. Tu n’es pas un assassin.
Tu es quelqu’un de bien.

- April quitte là que j’en finisse avec cet enfoiré. Il mérite de mourir.

- Oui il le mérite. Il mérite même de souffrir avant de mourir mais si tu le


tue tu ne seras plus différent de lui. Ne te souille pas les mains et l’âme
pour lui car il ne le mérite pas.

- Comment peux-tu encore prendre sa défense après tout ce que tu sais ?


Tu es donc pareille que lui !?
- Tu sais très bien que non. Tu me connais Mel. Stp range cette arme et
rentrons à la maison.

- Vous me dégoutez tous.

Je lui tourne le dos et sors encore plus en colère que quand je suis venu.
Quand j’arrive à la maison je trouve ma tante assise juste à l’entrée dans
la maison en train de tapoter son pied sur le sol. Elle se lève aussitôt en me
voyant.

- Dis-moi qu’April est arrivée à temps.

- Je vois que tout le monde compte pour toi sauf moi. Lui lançais-je en me
dirigeant vers les escaliers.

- Mel je t’en prie écoute-moi. Dit-elle en me suivant.

- Je ne veux plus rien entendre. Ni de toi ni de quelqu’un d’autre. Allez


tous au diable.

Je lui claque la porte de ma chambre au nez et commence à faire ma valise.


J’ai besoin de m’éloigner de tous. J’ai besoin de rester seul. Je prends tout
ce dont j’aurai besoin et sors de la chambre.

- Mel où vas-tu avec cette valise ?

- Loin de toi et de ta trahison. Loin de vous tous.

- Je t’en supplie ne pars pas. J’ai besoin de toi.

- Je ne suis pas ta seule marionnette. Des gardes tu en as plein donc tu


n’as vraiment pas besoin de moi.

- Je n’ai pas besoin de toi en tant que garde mais en tant qu’un membre de
ma famille. Mel je suis ta tante.
- Non tu n’es plus rien pour moi. Tu as cessé d’être ma tante à l’instant
même où tu as décidé d’épargner cet homme dégoutant.

Je m’arrête au grand portail qui commence à s’ouvrir seul et me retourne


pour lui faire face.

- Ne viens pas m’embêter là où je vais. Ne demande surtout pas à tes


gorilles de me suivre partout. Je suis un marins et je sais me défendre. Je
pense qu’il est temps pour moi de prendre ma vie en main.

Je la plante là et sors de la concession à pieds. Il faut que je réfléchisse à


ce que je vais faire par la suite. Mais une chose est sûre, je n’épargnerai
pas ce type.

La vengeance est une femme

Episode 19

Ça fait une semaine que Mel a quitté la maison et je me sens vide. Il me


manque, énormément, atrocement. C’est la première fois qu’on se dispute
et même qu’il quitte la maison. Il ne m’a pas appelé depuis et ne prend pas
mes appels encore moins ceux de Malcom. Seul Brad est en contact avec lui
parce que je lui ai dit de veiller sur lui et à ce qu’il ne manque de rien. Je
sais dans quel hôtel il se trouve mais je n’y vais pas parce que je veux lui
donner de l’espace. Je ne sais pas jusqu’à quand je vais tenir. Je reste
assise sur le bord du lit la tête sur Mel lorsque Malcom sort de la salle de
bain. Il s’arrête et me regarde puis s’avance vers moi. Il s’accroupie à mon
niveau, pose ses deux mains sur le lit de part et d’autre de moi et colle son
front au mien. Je ferme les yeux et passe ma main sur sa nuque que je me
mets à caresser.
- Il va revenir t’inquiète.

- Je l’espère. Il me manque tellement.

Il prend mes mains dans les siennes et me fait lever. Il m’attire dans ses
bras dans lesquels je me réfugie puis tout doucement me caresse les
cheveux.

- Il a juste besoin de temps pour digérer tout ça.

- je sais.

- Moi je suis là et quel que soit alpha je ne t’abandonnerai jamais.

J’ai un pincement au cœur quand j’entends sa phrase. Est-ce qu’il


respectera sa parole quand il saura tout ? Je me détache de lui, lui fais un
bref baiser puis l’aide à s’habiller pour le travail. Moi je n’ai pas la tête à
aller bosser aujourd’hui donc je reste à la maison. Je n’ai pas de souci à me
faire de ce côté parce qu’April assure vraiment la relève. Elle a parlé avec
son père et lui a demandé de patienter le temps qu’elle convainque Mel de
le rencontrer. Je ne sais pas s’il pourra l’accepter un jour. J’ai demandé à
un de mes gardes de le surveiller afin qu’il ne fasse pas de bêtise comme
aller tuer son père.

J’accompagne mon homme jusqu’à sa voiture et l’embrasse en lui souhaitant


une bonne journée. Je vais analyser un peu les nouveaux dossiers qu’April
m’a envoyés hier. Elle est retournée maintenant chez elle et va beaucoup
mieux. Elle a retrouvé sa joie de vivre mais son seul souci actuellement
c’est de pourvoir parler à son petit qui lui ne veux voir ni entendre
personne. Je finis de travailler et me rends à la cuisine pour nous
concocter un repas à moi et mes hommes. Ils me sont efficaces donc je
prends bien soin d’eux. Pendant que je m’affère à la cuisine je vois sur le
petit écran de surveillance la voiture de ma belle-mère qui s’approche du
portail. J’appuie sur le bouton relié aux oreillettes de mes hommes et leur
dit de la laisser entrer. Si elle est ici c’est pour moi parce qu’elle sait que
son fils est au boulot à cette heure. J’entends ces pas jusque derrière moi
dans la cuisine mais je ne me retourne pas.

- Bonjour Vicky.

- Que veux-tu ?

- Je n’avais pas fait le rapprochement plutôt mais maintenant j’ai compris.

- De quoi parles-tu ?

- Ton neveu, c’est le fils de l’un des nôtres. Francis ACHI.

Je me fige un moment puis reprends ce que je faisant attendant la suite.

- C’était lui qui avait violé la fille du collègue de ton père qui par la suite
est tombée enceinte. Lorsque je l'ai v’ la première fois j’ai tiqué parce qu’il
avait les mêmes traits que Francis.

- Où veux-tu en venir au juste ? Je demande en lui faisant face.

- J’ai appris qu’il y avait une tension entre vous et qu’il a même quitté la
maison. Tu vois, son père avait une dette envers la secte donc puisque
celui-ci est introuvable il y a de forte chance qu’on le remplace par…

Elle n’a pas fini sa phrase que j’ai pris le couteau sur le plan de travail et
me suis jetée sur elle pour la plaquer contre le mur avant de lui enfoncer
mes ongles dans la gorge.

- Vous n’avez pas intérêt à toucher un seul poil de ce petit. Dis-je entre les
dents. S’il lui arrivait quoi que ce soit même un petit palu dans les jours qui
viennent je peux t’assurer que je vais tous vous bruler vifs.
- Tu ne nous fais pas peur encore moins à moi. Me lance-t-elle en essayant
de se libérer de mon emprise.

Je soulève le couteau et enfonce légèrement le bout dans son cou.

- Tu devrais pourtant. Tu es la mère de mon mari oui mais je n’hésiterai


pas à te trancher la gorge si tu touches à mon neveu.

La colère monte en moi et je serre mon emprise sur son cou et y enfonce
un peu plus le couteau jusqu’à ce que j’y vois du sang. Elle commence à
paniquer en essayant d’articuler ce que je pense être un ordre pour que je
la laisse. Je me souviens que ce n’est pas encore son heure et je lâche
prise. Elle s’écroule aussitôt au sol en toussant et se massant le cou.

- Avertie ton mari et commencez à vous préparer parce que notre guerre à
tous les trois se fera pendant les élections et je peux vous assurer qu’il
n’ira pas au bout.

Je jette le couteau dans la poubelle et sors de la cuisine en colère. Cette


femme a réussi à m’énerver. Je monte dans ma chambre et appelle le garde
qui surveille Mel pour m’assurer qu’il va bien. Il me rassure et je réfléchi à
comment le ramener à maison. Il faut que j’aille le voir.

Il est 16h lorsque je sors de la maison avec Brad pour aller voir Armel. Il
faut que je le vois, il me manque. J’ai bien voulu lui laisser de l’espace mais
je n’en peux plus. J’ai dit à mon deuxième garde d’aller assurer la sécurité
d’April. Je ne veux pas qu’il lui arrive aussi quelque chose. Mel a encore une
fois changé d’hôtel surement pour éviter qu’on ne vienne l’emmerder. Il est
dans un endroit vraiment bizarre et très sombre. Je cogne à la porte de sa
chambre et il n’a pas l’air surpris de me voir. Il me tourne le dos en laissant
la porte ouverte pour que je puisse entrer ce que je fais dans l’immédiat.

- Comment vas-tu ?

- Bien jusqu’à ce que tu viennes empiéter sur ma tranquillité.

- Tu dos rentrer à la maison Mel. Tu me manques.

Il ne répond rien et prend sa tablette qu’il commence à manipuler.

- Aïcha et Emile savent qui tu es. Je veux dire qui est ton père.

- Je ne suis le fils de personne.

- Mel ils risquent de s’en prendre à toi et je ne pourrai pas te protéger si


tu n’es pas près de moi.

- On peut toujours leur livrer ce type.

- Tu sais très bien qu’on ne le peut pas.

- Dans ce cas que fais-tu ici ?

- Je suis venue te ramener à la maison.

- Tant que ce type ne sera pas mort, je veux dire tant que tu ne l’auras pas
tué je ne reviendrai pas. Maintenant merci de me laisser seul.

- Mel stp.

Il se lève et vas s’enfermer dans ce qui me semble être la salle de bain. Je


capitule et sors. Nous somme sur le chemin du retour lorsque nous voyons
un gros arbre couché qui barre la route. Cet arbre n’était pas là tout à
l’heure quand nous venions. Brad arrête la voiture et promène son regard
comme s’il cherchait quelque chose.
- Qu’est-ce qui se passe ?

- Il y a quelque chose qui cloche. J’ai l’impression qu’on nous a tendu un


piège.

- Comment ?

Aussitôt ma question posée que deux hommes armés sortent devant la


voiture.

- BAISSE-TOI. Me hurle Brad.

Nous nous baissons au même moment qu’une rafale de balle s’abat sur la
voiture. Heureusement que la voiture est à l’épreuve des balles donc elles
ne rentrent pas. Les tires continuent pendant je ne sais combien de minute
avant de s’arrêter.

- Ça va ? Me demande Brad alors que nous sommes toujours baissés.

- Oui et toi ?

- Ca va.

- SORTEZ DE LA VOITURE LES MAINS LEVEES. Ordonne l’un des deux


hommes.

Brad me fait signe de la tête et ensemble nous nous levons pour sortir.
Arrivés devant la voiture comme les deux hommes nous l’ont ordonné, l’un
s’avance vers nous pour nous fouiller et c’est par moi qu’il commence en me
tripotant les yeux remplies de désirs. Je me retiens de le cogner.

- Tu dois être bonne à baiser toi avec tes grosses fesses.

- Qu’est-ce que vous voulez ? Je demande en serrant les dents.


- On nous a dit de vous tuer, surtout toi mais façon je te vois bien en
forme là j’ai envie de te grai (baiser) mal d’abord. Ou bien djo ? Demande-
t-il à son compagnon qui s’approche de nous.

- C’est donc pour nous tuer tous les deux que vous êtes venus à trois ? Dit
Brad pour les piéger.

- À trois ?

Ils se retournent aussitôt ensemble pour regarder derrière eux afin de


vérifier s’il y avait vraiment une troisième personne et aussi rapidement
que possible Brad saisi l’un par son cou et de son arme à lui-même qu’il avait
caché dans son dos tire une balle dans la tête du deuxième avant de la
repointer sur la tempe du gars.

- Qui vous a envoyé ? Lui demande Brad.

- Pardonnez ne me tuez pas. Je ne vous connais pas. On m’a juste payé pour
vous tuer.

- QUI ?

- Une jeune femme. Elle s’appelle Carole. On m’a dit que c’était la fille d’un
gouverneur. La go là même c’est une pkôclé (pute). Elle nous a donné 1
millions et puis on l’a aussi grai. Vieux père pardon, la vielle mère pardon
faut sciencer (ais pitié). Je ne vais plus recommencer.

Je fais signe de la tête à Brad qui lui tire aussi une balle dans la tête.

- Appelles tes gars. J’ai besoin de leurs têtes.

*
Je suis assise dans la pénombre du salon de Carole. Mes hommes ont été
chargés de neutraliser ses deux gardes du corps. Cette fille m’a provoqué
et elle aura sa réponse. Ce type a osé me toucher avec ses mains
dégoutantes. Aucun homme à part Malcom n’a le droit de me toucher.
AUCUN. Je la regarde passer et monter dans sa chambre là où une
surprise l’attend. Surprise qu’elle vient de voir à en déduire le cri strident
qu’elle pousse. Mes hommes ont posés les têtes des deux hommes sur son
lit. Je l’entends dévaler les escaliers en hurlant le nom de ses gardes qui
sont surement déjà neutralisés. Quand elle allume au salon elle manque de
tomber quand elle me voit.

- Merde c’est quoi ça ? Que fais-tu chez moi et comment es-tu entrée ?
C’est toi qui a mis ces têtes là-haut ? Tu n’es qu’une pétasse, une
meurtrière, je vais te tuer.

Elle fonce sur moi ses bras en avant. Je me lève rapidement, la retourne,
lui empoigne les cheveux et vais cogner son visage contre le mur à
plusieurs reprises jusqu’à lui casser le nez. Je l’emmène vers le divan et l’y
fait coucher me plaçant au-dessus d’elle en lui serrant le cou.

- Combien de fois t’ai-je dit de ne pas me chercher sale connasse ? Je


t’avais pourtant prévenue, je t’avais prévenue que si tu t’attaquais à moi tu
allais le regretter mais tu n’as pas écouté. Tu as envoyé ces gars répugnant
et l’un d’eux a oser me toucher avec désir. IL M’A TRIPOTER et ça je vais
te le faire payer. Aucun homme en dehors de Malcom ne doit me toucher
TU M’ENTENDS ? AUCUN. Et pour ça tu auras une punition en plus de ce
que j’avais prévu pour toi. Comme tu aimes les queues je vais t’en donner 5
pour cette nuit. Profites-en bien parce que ce sera ta dernière partie de
jambes en l’air.

- Non non pas ça je t’en supplie.


- Tu as voulu me faire tuer et je serai déjà morte si ma voiture n’était pas
blindée. Tu aurais dû choisir un autre jour pour ton forfait parce que
j’avais déjà passé une journée de merde pour que tu viennes en rajouter.
Maintenant écoute bien ce qui va t’arriver. Tu vas te faire défoncer tous
les trous, ensuite te faire tabasser, sauvagement tabasser. Si tu veux
rester en vie tu vas devoir donc être forte.

Je la libère et me dirige vers la sortie. Les hommes de Brad savent déjà ce


qu’ils doivent faire et le résultat que j’attends. Moi je rentre retrouver
mon homme qui doit être surement fatigué par le travail. Il est 21h quand
j’entre et le trouve déjà au lit. Je vais prendre une douche et reviens me
coucher derrière lui pour l’enlacer. Il prend ma main dans la sienne et la
serre fort contre sa poitrine tout en dormant. Je ne tarde pas à
m’endormir aussi.

Le portable de Malcom se met à sonner sans cesse nous réveillant. Je


regarde l’heure, 5h30 du matin.

- C’est qui ? Je demande en me frottant les yeux.

- Ma mère. J’ai eu 13 appels manqués d’elle. Rendors-toi.

Je me recouche et il se dirige vers la salle de bain en répondant à l’appel


de sa mère. Je sais déjà ce qu’elle va lui dire. Il ressort quelques secondes
plus tard inquiet.

- Qu’est-ce qui se passe ?

- C’est Carole, elle s’est fait cambriolé et tabasser. Apparemment elle dans
un état critique. Tout le monde est à l’hôpital. Je vais les rejoindre.

- Je viens avec toi. Dis-je en me levant.

- Non repose-toi. Tu n’y es pas obligé.


- Non ça va.

Nous nous apprêtons et nous rendons à la clinique privée où elle se trouve.


Nous trouvons Aïcha et Mme SAKO. Emile est en déplacement avec M
SAKO et Pamela je suppose qu’elle est restée surveillée les enfants.
Antony est aussi là et il baisse les yeux quand nos regards se croisent.

- Comment va-t-elle ? Vous l’avez déjà vu ? Demande Malcom.

- Elle va mal, très mal snif, pleure Mme SAKO. Ils vont lui amputer les
deux jambes. Ma fille ne va plus marcher.

Elle éclate en sanglot et Malcom la prend dans ses bras. On nous informe
qu’on peut maintenant aller la voir. Mme SAKO se remet à pleurer quand on
arrive dans la chambre. Carole se réveille quelques minutes après.

- Où suis-je ? Demande Carole tout doucement.

- À l’hôpital ma chérie.

- Qu’est-ce qui s’est passé ?

- Tu as t’es fait cambrioler et agresser.

Elle regarde tout le monde à tour de rôle et quand nos regards se croisent
sa respiration s’accélère. Elle veut bouger mais n’y arrive pas.

- Mes jambes ? Je ne les sens plus. Qu’est-ce qui se passe ?

Tout le monde se regarde comme pour se demander quelle réponse donner.


- Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi je ne sens plus mes jambes ? Maman.

- Ma chérie calme-toi. Ton état était critique donc c’était soit ça soit tu
mourais.

- Soit quoi maman ?

- On a dû pour te sauver la vie t’am… t’amputer les deux jambes.

- QUOI ? NON NON NON CE N’EST PAS POSSIBLE. PAS MES JAMBES.
NOONN !!!!!

Elle se met à gesticuler, à pleurer et à hurler. Tout le monde s’active


autour d’elle pour la calmer puis quand elle enlève le drap sur elle pour
constater ses jambes coupés et ce qu’il en reste enroulé par un bandage
elle devient folle. Les infirmières et le docteur rentrent pour lui injecter
du tranquillisant. Elle s’endort aussitôt. Pendant que nous nous dirigeons
vers la salle d’attente Aïcha me retient en arrière en me saisissant le bras.

- C’est encore toi n’est-ce pas ?

- Sérieux tu n’en a pas marre de me poser à chaque une question dont tu


connais déjà la réponse ?

- Tu n’es qu’une… aucun mot ne peut te qualifier au fait.

- Donc lâche-moi si tu n’as plus de mot dans ton dictionnaire. Estime-toi


heureuse que tout ça arrive parce que ça vous permet de voir comment je
travaille. En guerre il faut toujours connaitre ses ennemis sinon tu périras
avant même que la guerre ne commence. Maintenant laisse-moi que j’aille
rejoindre mon mari.

Une heure de temps plus tard, Mme SAKO prévient qu’elle rentre se
changer et prendre quelques affaires pour venir rester auprès de sa fille.
Malcom aussi demande la route alors je lui demande de me devancer à la
voiture le temps que j’aille me soulager. Dès que j’entre dans la chambre de
Carole elle ouvre les yeux.
- Pourquoi m’as-tu fait ça ? Pleure-t-elle doucement.

- Parce que tu m’as cherché et qui me chercher me trouve de le pire des


manières. Dis-je en allant m’asseoir près d’elle sur le lit. Tu sais pourquoi
je ne t’ai pas faire tuer et qu’en lieu et place je t’ai fait amputer les
jambes ? Pour que qu’à chaque fois que tu verras tes jambes coupées tu
regrettes de t’être mise en travers de mon chemin. Tu te diras « Je
n’aurai jamais dû provoquer cette femme. ». Je suis dangereuse Carole,
plus que tu ne le crois. Même Aïcha et Emile ne peuvent rien contre moi
encore moins tes parents. Je te conseillerais donc de rester tranquille et
d’essayer de mener une vie normale parce que sinon la prochaine fois je
peux t’assurer que ce ne sont pas tes membres que je prendrai mais ta vie.
Sur ce bonne journée.

Je me redresse et me dirige vers la porte puis m’arrête et me retourne.

- Ah une dernière chose. Et mat.

Je vais rejoindre mon homme et nous rentrons. Quand nous entrons dans la
maison grande est ma surprise de voir Mel arrêté là à l’entrée comme s’il
nous attendait. Je ne sais pas si je dois être heureuse ou attendre de
m’assurer qu’il soit revenu avant de jubiler.

- Bonjour mon oncle, bonjour ma tante.

- Comment vas-tu champion ? Je suis heureux de te voir.

- Je m’excuse de la manière dont je suis parti mon oncle. Je te demande


pardon.

- Ce n’est pas grave. Viens-là.


Malcom le prend dans ses bras pour une longue accolade puis monte nous
laissant seuls pour discuter. J’attends qu’il soit complètement monté pour
faire un pas vers Mel.

- Mel.

- Je te demande pardon ma tante. Quand j’ai appris qu’on vous avait tiré
dessus j’ai senti comme si mon cœur allait me lâcher. Je n’aurai pas
supporté s’il t’était arrivé quelque chose. Je pense que je me serais tiré
une balle dans la tête pour éviter de revivre ce chagrin de perdre à
nouveau une mère. Pardonne-moi.

Je me précipite vers lui et le serre fort dans mes bras. Je suis heureuse
qu’il soit revenu à la maison. Je suis heureuse que ma famille soit de
nouveau réunie. Je peux donc mieux respirer et ne pas craindre le pire
parce que généralement le pire c’est moi. V.

La vengeance est une femme

Episode 20

***Pamela Ehui BEYNAUD***

J’ai repris goût à la vie depuis que je travail. J’aime mon travail, j’adore
travailler. J’ai toujours aimé travailler mais c’était sans compter sur
l’approbation de mon époux. Un époux que je n’aime pas et que j’aimerai
sans doute jamais. Je ne me suis pas mariée à lui par amour mais plutôt
pour accomplir le désir de mes parents afin qu’ils accèdent au poste dont
ils rêvaient à l’époque. Je n’avais que 24 ans lorsqu’ils m’ont promise en
mariage à lui et à mes 25 ans nous nous marions donc voilà 9 ans que nous
sommes mariés. C’était prévu qu’un an après notre mariage je demande le
divorce pour infidélité parce que oui Antony était un gros pervers qui
aimait les putes donc je prenais la pilule pour éviter de tomber enceinte
mais Antony je ne sais comment a changé mes pilules contres un autre truc
qui y ressemblait. Quelques mois plus tard je me retrouvais enceinte pour
ma plus grande surprise de Nadia notre première. J’ai voulu malgré tout
demander le divorce mais maman m’en a dissuadé en me faisant tout un
speech sur les mères célibataires et le disfonctionnement des enfants qui
ont des parents séparés. Je me suis laissé berner et à chaque fois que
j’émettais l’envie de divorcer parce que je n’étais pas heureuse maman
trouvait toujours des arguments qui m’obligeaient à rester. Deux ans plus
tard je prenais une autre grossesse de Sara. Ma mère m’a lancé un jour à
la figure « tu oublies cette histoire de divorce. Efface ça de ta tête. Tu es
mariée et tu le resteras un point c’est tout. ». Voilà comment depuis je suis
bloquée dans ce mariage.

Mais depuis l’agression d’Antony les choses ont changé. Il n’est plus aussi
autoritaire, hautain et violent comme avant. Il me donne plus de liberté et
a même pris des servantes pour s’occuper des enfants et m’aider dans les
tâches de la maison sans oublier un chauffeur pour les enfants. Il est à
mes petits soins et ne cesse de me répéter qu’il est prêt à m’accorder le
divorce si je le lui demandais. Si maintenant que j’ai la possibilité de me
libérer de ce mariage et que depuis je ne l’ai pas fait c’est parce que je ne
voulais pas l’abandonner alors qu’il était très mal. Il avait besoin de moi
pour l’aider dans ses soins donc ça aurait été atroce de ma part de
l’abandonner à son sort mais maintenant qu’il va mieux et a même repris le
travail je vais en profiter. Entre lui et moi ce n’était pas le grand amour
donc il ne sera pas question de déception et tout.

Les enfants finissent de prendre leur petit déjeuner et je les accompagne


jusqu’à leur voiture et les embrasse pour leur souhaiter une bonne journée
à l’école. Quand je reviens je vois Antony termine son café en étant
débout.
- Tu as fini ? Je lui demande en m’arrêtant devant lui.

- Oui. Tu as besoin de quelque chose ?

- Non. Tu es pressé ? Je voudrais te parler.

- Ok d’accord.

Nous nous asseyons de nouveau autour de la table à manger et je


commence sans perdre de temps.

- Antony tu le sais tout comme moi que notre mariage n’est pas ce qui est
de mieux. Nous ne nous sommes pas mariés parce que nous nous aimions
mais plutôt parce que nos parents le voulaient. Alors je ne veux pas qu’on
continue de se faire souffrir dans ce mariage sans lendemain c’est
pourquoi je demande le divorce. Je veux qu’on arrête. En de bon terme
pour nos enfants.

Il reste silencieux un bon moment la tête baissée puis la relève.

- C’est compris. Comme je te l’ai dit je ne vais pas m’opposer à ta décision.


Je suis d’accord avec toi. Si cela peut te rendre heureuse je suis partant.
Je me plierai à toutes tes exigences. Tu pourras garder la maison et y
vivre avec les enfants. Je te laisserai leur garde et je les verrai les week-
ends et pendant les vacances. Tu as toujours été meilleure parent que moi,
dit-il avec un sourire un peu triste.

- D’accord c’est compris. J’irai voir l’avocat pour entamer la procédure.

- Ne t’inquiète pas pour ça je m’en occupe. Je dirai que c’est d’un commun
accord que nous le faisons pour éviter que ce soit trop long.

- Ok. On va devoir réunir nos deux familles pour les informer.

- Oui. Je sens que ça ne sera pas du gâteau.

- Ouais.
Un silence plane pendant quelques instants avant qu’Antony ne le brise.

- Bon s’il n’y a plus rien je vais devoir y aller. J’ai une réunion importante.

- Ok.

Le silence se réinstalle et il se lève pour partir. Ça me fait tout bizarre


tout ça mais je sais au moins que je veux divorcer pour recommencer ma
vie. Je vais me préparer aussi et file au travail. Là-bas les choses vont
pour le mieux. Je collabore facilement avec Vicky qui elle d’ailleurs n’est
pas du tout compliquée. Elle est plutôt trop sympa pour une boss. Je
l’apprécie de plus en plus cette femme. Elle inspire en même temps
assurance, confiance et crainte. Tu rigole avec elle mais en même temps tu
sais que tu n’as pas droit à l’erreur. J’aime beaucoup me confier en elle,
elle est pour moi une grande sœur.

À la pause plutôt que d’aller manger dehors je commande en avance la


nourriture et débarque dans le bureau de Vicky qui est au téléphone avec
Malcom. Je le sais par la façon dont elle joue avec ses cheveux et se mord
la lèvre. Cette femme est super amoureuse ça ce n’est pas à discuter et
Malcom d’ailleurs est fou d’elle. J’envie leur amour, il est pur, vrai et fort.
À chaque fois que je les vois ensemble en train de lover je ne peux
m’empêcher de sourire.

- Vicky ça suffit raccroche ce portable. J’ai faim. Dis-je en faisant mine


de lui arracher son portable.

- Oh laisse-moi causer avec mon amour. Fait-elle en esquivant mon geste.


Jalouse que tu sois.

- MALCOM COUPE CE TELEPHONE MAINTENANT.


Vicky se met à rire et met le haut-parleur.

« - Pourquoi tant de jalousie dans le corps de ma petite sœur ? » Rit


Malcom.

- Tu auras tout le temps de discuter avec ta dulcinée une fois chez vous
donc laisse-la manger maintenant.

« - Il y a quoi au menu ? »

- Frite, poulet, salade, Coca.

« - Ok j’apporte de la pizza. J’ai envie de déjeuner avec mes deux femmes


ce midi. »

- Raison de plus Malcom pour raccrocher ce portable. C’est du temps que


tu perds là.

Nous nous mettons à rire et il raccroche. Nous nous installons sur la


moquette dans le salon qui se trouve dans le bureau de Vicky les pieds nus
et commençons à grignoter les frites en attendant que Malcom arrive, ce
qui ne tarde pas. Il entre dans le bureau avec deux gros cartons de pizza.
Il me fait une bise sur le front et s’agenouille devant sa femme pour
l’embrasser langoureusement.

- Oh nous ne sommes aux Etats-Unis ici hein. Il y a des pudiques dans la


pièce.

Ils mettent fin au baiser en souriant puis mon frère prend place toujours à
côté de sa femme. Nous commençons donc à manger dans la gaieté.

- J’ai quelque chose à vous dire. Commençais-je.

- Quoi ? Demande Malcom.


- Ce matin j’ai demandé le divorce à Antony.

Ils se regardent tous les deux puis ramènent leurs regards sur moi.

- Pourquoi ?

- Tu sais pourquoi Malcom.

- Et tu es sûre de ta décision ? Questionne Vicky.

- Oui très sûre. Je compte cependant sur vous surtout toi Malcom pour
convaincre les parents. Nous avons décidé de réunir nos deux familles pour
annoncer la nouvelle.

- Je sens que maman va faire un infarctus.

- Ca je ne te le fais pas dire.

- Alors que vas-tu faire maintenant ? Je veux dire après le divorce ?


Continue Malcom.

- Je n’en sais rien pour le moment mais je vais me concentrer pour


commencer sur mon travail et le reste viendra.

- Un chéri en vue ? Me taquine Vicky en remuant les sourcils.

- Arrête avec tes conneries. Je ne vais pas me mettre en relation alors que
je sors d’un mariage foireux.

- Cette fois laisse personne prendre des décisions pour toi. Fais ce qui te
plait. Ok ?

- Ok Malcom.

Nous continuons nos causettes jusqu’à l’heure de la reprise. Malcom s’en va


et moi je retourne dans mon bureau.

*
*

C’est ce soir que nous allons annoncer la nouvelle à nos familles et ça se


fera chez nous puisque c’est moi la femme. En Afrique quand il doit avoir
séparation, c’est l’homme qui va vers les parents de sa femme un peu
comme à la dote et la séparation se fait. Antony viendra avec ses parents
sans Carole qui a quitté le pays pour aller se soigner en France où elle vit
aussi. Elle refusait de sortir de son lit et passait ses journées à se
lamenter. Bon entre elle et moi ça n’a jamais été l’amour fou non plus donc
je la soutenais à distance. Je suis passée chez Malcom et Vicky pour
pourvoir venir avec eux. Je me sens un peu stressée à cause de la réaction
des parents donc je préfère m’accrocher à Malcom au cas où ça dégénère.

Lorsque nous arrivons tout le monde est déjà là en train de boire et


discuter. Malcom prend ma main dans la sienne aussitôt pour m’encourager.
Nous les saluons tous et je me trompe peut-être mais j’ai cru voir maman
lancer un regard noir à Vicky. Mais bon en même temps maman n’a jamais
caché qu’elle ne l’aimait pas. Je m’assois auprès de Malcom et de Vicky en
faisant face à mes parents. Antony et ses parents sont assis à notre
droite.

- Bon, commence Antony, comme tout le monde est présent nous allons
entrer dans le vif du sujet. Pamela et moi après 9 ans de mariage avons
décidé d’un commun accord de… nous séparer. Nous allons divorcer.

- QUOI ? Hurle maman. Vous blaguez n’est-ce pas ?

- Non maman, dis-je, j’ai demandé le divorce et Antony a accepté sans


discuter donc nous voulons que vous aussi l’acceptiez.

- Antony mon chéri, stp dis-moi que c’est une blague. Renchérit Mme
SAKO.

- Non maman.
- NON QUOI ? Antony, pourquoi voulez-vous briser ce mariage après 9
année de mariage. Vous avez deux enfants je vous le signale.

- Maman, pour les petites c’est déjà réglé. Elles resteront avec leurs
mères et moi je les verrai les week-ends.

Et là commence les sermons de nos deux mères tandis que nos pères
gardent le silence mais ça se voit qu’ils ne sont pas d’accord. Un moment
Mme SAKO se lève toute furieuse et récupère son sac.

- Cette décision est insensée. Antony on va régler ça à la maison. Il est


hors de question que j’accepte cette décision.

Elle sort et son mari la suit le visage attaché. Antony s’excuse et suit aussi
ses parents.

- Carole ma chérit dis-moi que c’est faux.

- Maman c’est la vérité. Je n’ai jamais été heureuse dans ce mariage donc
je ne vois pas pourquoi y rester longtemps ?

- PARCE QUE C’EST TON MARI.

- MAIS JE NE L’AIME PAS. JE NE L’AI JAMAIS AIME ET CA TU LE


SAIS.

- Calmez-vous, intervient Malcom. Maman tu sais très bien que c’est la


meilleure chose à faire pour le bonheur de Pam. Tu devrais la soutenir au
lieu de vouloir la maintenir dans ce foyer dans lequel elle n’a que trop
souffert.

- Mais le mariage n’est pas rose ça tout le monde le sait Malcom. C’est donc
ensemble qu’ils doivent se rendre heureux.

- Maman, je reprends, j’ai pris ma décision et je ne reviendrai pas dessus.

- Emile je t’en prie parle à ta fille parce que moi je ne sais quoi dire.
- Ma chérie pourquoi maintenant ? Demande papa.

- Parce qu’avant vous m’en avez empêché. Papa je ne vois pas pourquoi
continuer dans ce mariage puisque tu as déjà obtenu ce que tu voulais. Tu
seras même si tout se passe bien le futur président de ce pays donc c’est
quoi le problème ?

Ils se taisent puis subitement maman lève les yeux sur Vicky.

- C’est elle qui t’a retourné la tête c’est ça ? C’est cette femme qui t’a
influencé aussi négativement ?

- Maman arrête Vicky n’a rien à avoir dans ma prise décision.

- Si elle y a à avoir. Cette femme est un démon et depuis son arrivée dans
cette famille tout va de travers. Je vais la tuer.

Elle fonce sur Vicky et Malcom se lève pour se placer devant elle.

- MAMAN TU M’ARRETE CA MAINTENANT. S’énerve Malcom.

- Je n’arrête rien tu m’entends ? Tu as emmené le diable dans cette maison


et tu ne le vois pas. C’est cette femme qui crée tous ces problèmes. C’est
elle qui a coupé le testicule d’Antony et qui a mis Carole dans cet état.
Cette sorcière stérile. Tu n’es qu’un ventre vide. Naloman (imbécile).

- Tu devrais la fermer Aïcha, réplique Vicky calmement. Tu n’es pas


meilleure que moi donc ferme là.

- Je t’interdis de me parler de la sorte Ariane. Sale dévergondé, poufiasse.


Soubaga, dangadê (sorcière, enfant maudit). Tu finiras comme tes parents,
minables et misérables. Ta mère n’était rien d’autre qu’une pute, qu’une
prostituée. Elle méritait de mourir encore pire que de la manière dont elle
est morte.
Et là comme piquée au vif Vicky quitte de derrière Malcom en le poussant
presque et bam donne une gifle violente à ma mère. Je reste sur le cul
devant cette scène, papa se lève d’un bon et Malcom tire sa femme pour
l’éloigner de maman.

- Non mais Prunelle qu’est-ce qui te prend ?

- Il me prend que j’en ai par-dessus la tête que ta poufiasse de mère me


traite de tous les noms à chaque fois qu’elle en a l’occasion. PROSTITUEE
TOI-MEME, crie-t-elle à ma mère.

- VICKY LA FERME. Hurle à son tour Malcom.

Vicky ouvre grandement la bouche surprise par le ton qu’a employé son
homme. Apparemment c’est la première fois qu’il lui hurle dessus. Je
regarde maman qui se met à sourire comme satisfaite.

- Malcom ? C’est sur moi que tu hurle alors que c’est ta mère…

- Tu vas m’attendre dans la voiture et maintenant. Ordonne-t-il sèchement.

Elle le regarde encore surprise et toujours avec colère prend son sac à
main dans le fauteuil, lance un regard assassin avant de tourner le dos.
Maman elle sourit toujours de plus belle.

- Merci mon fils de m’avoir défendu.

- Je ne t’ai pas défendu. Je veux juste empêcher ma femme de te suivre


dans tes conneries. Bonne soirée à vous.

Il tourne les talons à son tour et maman choqué par les propos de son fils
se met à hurler derrière lui.
- Koutoubou ééh. Malcom moi connerie ? S’offusque-t-elle en se tapant la
poitrine. Moi ta mère connerie ? Tout ça à cause de qui une femme ? Tu
vas tourner tourner tu vas venir me trouver ici. Batra dé (batard).
Lagalabatô (idiot). Et puis toi Pamela Ehui BEYNAUD rentre retrouver ton
mari sinon je te jure que je te tue de mes propres mains.

- Dans ce cas fais-le en même temps parce que je ne changerai pas de


décision. Bonne soirée.

Je sors aussi et demande au chauffeur de maman de me déposer chez moi


vu que j’étais venue dans la voiture de Malcom qui est déjà parti avec sa
femme. Pendant le trajet j’envoie un message à Vicky pour m’excuser pour
ce qui s’est passé. Elle était venue me soutenir et voilà que tout s’est
retourné contre elle. J’espère que ça n’influencera pas nos rapports. Moi je
l’aime bien et je ne veux pas qu’il y ait une distance entre nous. Bon en
attendant de pouvoir lui parler, il faut que je réfléchisse à ma nouvelle vie.
Suis-je prête pour une nouvelle histoire avec un homme ? Je n’en sais rien
donc pour l’heure je me consacre à mon boulot.

La vengeance est une femme

Episode 21

Malcom m’a hurlé dessus. Malcom m’a hurlé dessus. Malcom m’a hurlé
dessus. Cette phrase n’arrête pas de tourner en boucle dans ma tête. Non
sérieux il a osé et pour qui ? Pour cette plouque. Oh elle ne perd rien pour
attendre. Cette femme je vais lui faire ça dure qu’elle se prépare. Je n’ai
pas attendu Malcom dans sa voiture comme il me l’avait dit. J’ai pris un
taxi et suis rentrée. Je n’avais pas envie d’entrer avec lui au risque de lui
sauter dessus.
Je finis de prendre ma douche après avoir passé plus de 15 minutes à
tourner sur moi-même et quand j’arrive dans la chambre la porte s’ouvre
sur Malcom. Je l’ignore et commence à me passer ma crème de nuit sur le
corps.

- C’était quoi ça tout à l’heure ?

- ….

- Prunelle c’est à toi je parle.

- Oh tu m’appelles prunelle ? Où est passé le Vicky ?

- Ne joue pas à ça avec moi.

- Et toi fiche-moi la paix. Commençais-je à m’énerver. Tu as fini de me


hurler dessus pour ta mère maintenant fiche-moi la paix.

- Je te hurlerai dessus toutes les fois que tu dépasseras les bornes.

- Oh j’ai dépassé les bornes ? Malcom c’est moi qui ai dépassé les bornes
alors que c’est ta MERE qui m’a traité de tous les noms.

- Et toi tu l’as giflé. Tu l’as giflé alors qu’il s’agit de ma mère, de ta belle-
mère.

- Elle est ta mère mais pas ma belle-mère. Jamais je ne la considèrerai


comme un membre de ma famille et je la frapperai à chaque fois qu’elle
poussera le bouchon trop loin.

- Dans ce cas tu vas faire de notre mariage un enfer parce que oui je
t’aime comme un demeuré et je suis prêt à tout et n’importe quoi pour toi
mais je n’accepterai jamais que tu lèves la main sur ma mère. Non
seulement parce que c’est un sacrilège mais aussi parce qu’elle est ma mère
que tu le veuilles ou non. Jamais Vicky je ne t’ai hurlé dessus mais si
aujourd’hui je l’ai fait comprends que tu es allée trop loin et tant que tu
n’admettras pas que t’as eu tort je ne te le pardonnerai pas.

- Dans ce cas ne me parle plus jamais parce que jamais je ne reconnaitrai


quoi que soit. Non tu vas me bouder parce que j’ai mis cette poufiasse à sa
place.
- JE T’INTERDIS DE LA TRAITER À NOUVEAU DE POUFIASSE. Non
mais tu as perdu la tête ou quoi ?

- Et moi je t’interdis de me hurler dessus à nouveau. Non mais ça ne va pas.


Pour qui tu te prends ?

- Ton mari. Je suis ton mari et tu baisse d’un ton avec moi.

- Malcom ta mère m’a insulté.

- Et c’était à moi de te défendre pas à toi. C’est moi l’homme, c’est moi ton
mari alors c’est à moi de te défendre en vers et contre tous et même ma
famille. Je suis prêt à me mettre tout le monde sur le dos rien que pour te
défendre mais toi, toi tu gardes le silence. Et puis depuis quand ma mère
connait tes parents jusqu’à savoir comment ils sont morts ? Aussi pourquoi
t’a-t-elle appelé Ariane ?

- Vas donc le demander à ta maman chérie puisque c’est elle qui compte le
plus pour toi au point de me ridiculiser devant elle. Cette…

- Fais gaffe à ce que tu vas dire. Et puis merde il faut que je sorte d’ici. Je
déteste cette atmosphère.

Il ressort comme il est rentré et comme frappée par quelque chose je sors
de la chambre et le suis. Avant qu’il n’arrive à la porte je me place dessus
pour l’empêcher de sortir.

- Si tu veux me bouder fais le ici mais il est hors de question que tu sortes
et que quelques semaines plus tard tu viennes m’apprendre qu’une
profiteuse est enceinte parce que cette nuit-là tu étais trop déprimé pour
réfléchir correctement alors à moins que tu me cogne pour me faire
bouger de cette porte tu ne sortiras pas cette nuit.

Il me regarde longuement puis sans rien dire me tourne le dos en


déboutonnant sa chemise. Il monte et je le suis. Nous ne nous adressons
pas la parole jusqu’à nous mettre au lit chacun regardant dans une
direction. S’il pense que je vais m’excuser d’avoir frappé sa mère il se fou
le doigt dans l’œil.

Deux jours que la tension entre Malcom et moi existe et pour dire vrai ça
commence à me saouler. Je n’ai plus droit à mes traitements de princesse.
Ses lèvres me manquent, ses caresses, ses petites attentions et j’ai envie
de lui. Je fais semblant d’arranger le lit qui est déjà fait juste pour voir
s’il m’adressera la parole. Il commence à s’habiller sans prêter attention à
moi. Je suis déjà prête, il ne me reste plus qu’à enfiler mes talons aiguilles.
C’est lui qui me les met d’habitude alors je m’assois pour voir s’il le fera. Il
finit de boutonner sa chemise et prend son sac d’ordinateur aussitôt son
portable sonne. Il repose son sac pour décrocher.

- Oui Drew… Comment ça ? 250 milles dollars ? Sérieux ?... Ok et tu ne


peux pas gérer ça ? Suis-je obligé d’être là ?... Pff ok donc je prendrai le
vol de demain… Ok bye.

Il range son portable, récupère son sac et sort sans un regard pour moi. Il
est donc fâché à ce point ?

Nous avons terminés le diner dans le silence total et chacun a vaqué à ses
occupations. Malcom s’enferme dans son bureau tandis que Mel va
s’enfermer dans sa chambre. Je décide donc moi aussi d’aller m’enfermer
dans ma chambre. Je travaille un peu sur mon ordi en attendant que
Malcom vienne. Il est 22h quand il rentre dans la chambre. Il se dirige
vers son dressing et en sort une petite valise dans laquelle il se met à
ranger des vêtements. Je le regarde faire et j’ai envie de lui hurler
dessus. Donc il part en voyage sans même me le dire.
- Donc tu pars en voyage et tu ne m’en informe pas ?

Ok c’est sorti tout seul mais bon il va devoir me répondre.

- Pourquoi veux-tu que je te le dise si tu le sais déjà ?

- Malcom.

- De grâce Vicky je n’ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec toi.

- Tu vas donc continuer à m’appeler Vicky encore longtemps ?

Il ne me répond pas et referme sa valise qu’il dépose près du canapé. Il


troque ses habits contre un bas de jogging et un débardeur puis se dirige
vers la porte.

- Où vas-tu ?

- Dormie dans une autre chambre. J’ai besoin de tranquillité pour régler le
problème qui m’attend à Washington.

Et il sort de la chambre aussi tranquillement. Plus les heures passent plus


je me sens mal. Malcom ne m’a jamais autant boudé même quand je faisais
un peu trop de caprice. Malcom prend très à cœur le verset dans la Bible
qui dit « que le soleil ne couche point sur votre colère » si bien qu’à chaque
fois qu’on avait une petite embrouille, même toute riquiqui il faisait tout
pour qu’on le règle avant de dormir mais là rien. Ça fait deux soleils qui se
sont couchés sur sa colère et nous allons vers le troisième. Il m’a appelé
Vicky. Prunelle me manque. Ok bon au diable mon orgueil, j’ai besoin de mon
homme. Je sors de ma chambre et me rend dans celle qu’il occupe. Je
frappe deux coups et ouvre lentement la porte sans même qu’il ne m’ait
donné répondu. Il est couché sur son dos, une jambe replié et son bras
posé sur ses yeux. À pas lents je m’avance et m’assois sur mes genoux près
de lui. Il ne bouge pas.

- Boo.

- ….

- Boo.

- ….

- I’m sorry. (Je suis désolée).

-…

- I say i’m sorry boo. (Je dis je suis désolée chérie.)

Il ne répond toujours rien et je sais qu’il ne me répondra pas tant que je


n’aurai pas formulé de longues phrases d’excuse. Il ne dort pas ça je le
sais.

- Tu me manques chéri. Je suis désolée ok ? Je te promets de ne plus me


laisser emporter de la sorte.

-…

- Boo tu n’as pas le droit de me bouder de la sorte. Tu veux me donner un


gros chagrin c’est ça ? Je suis ta femme et entant que mon mari tu ne dois
pas me bouder plus d’une journée. Moi oui j’en ai le droit mais toi non. Moi
je suis le bébé et toi le responsable, celui qui est mature mais là tu es en
train de jouer mon rôle et c’est pas juste.

-…

- Booooo, fais-je à bout en le secouant.

- Prunelle j’ai sommeil.

- Oh tu m’as appelé prunelle. Tu n’es plus fâché ?

- J’ai dit que j’avais sommeil.


- Ok. J’abdique découragée. Je vais donc te laisser dormir. Fais un bon
voyage demain.

Je me relève tout doucement et descends du lit. Je tourne les talons


déprimée et sort de la chambre. Je me couche sur mon lit et monte le drap
jusque sur mes épaules. Je le déteste. Je commence à somnoler lorsque je
sens quelqu’un se glisser sous le drap derrière moi. Il passe d’abord son
bras autour de ma taille pour ensuite parcourir mon corps de caresses qui
réveillent déjà mes sens.

- Tu m’as manqué prunelle.

Je me retourne pour lui faire face et lui caresser la joue.

- Tu m’as aussi manqué boo. Je t’aime tellement.

Pour toute réponse il rapproche encore plus son visage du mien et saisi mes
lèvres. Je réponds tout de suite à son baiser chaud et doux. Sa main se
fait baladeuse jusque sous ma nuisette. Je gémis quand il effleure ma
chair ultra-sensible. J’ai hâte de l’avoir en moi.

Je me réveille brusquement tout en sueur. Je viens de faire un rêve


bizarre que je ne comprends pas mais mon cœur est rempli d’angoisse. Je
ne sais plus exactement à quoi j’ai rêvé mais je sais qu’il y avait du sang,
beaucoup de sang qui était versé. Mais en quoi est-ce que le sang qui verse
me concerne ? Je regarde ma veilleuse il est 10h. J’ai vraiment dormi
jusqu’à cette heure ? Mais c’est normal puisque j’ai passé toute la nuit à
discuter avec Malcom. C’est aujourd’hui qu’il rentre de voyage. Plutôt que
deux jours, il a fait deux semaines là-bas parce que le problème qui l’y
attendait était beaucoup plus grave. L’un de ses employés a signé des
contrats à l’insu de tous et a empoché l’argent. Voilà maintenant que les
supposés partenaires se plaignent parce qu’ils n’ont pas obtenu leurs parts
du contrat. Ils ont même porté plainte. Mais heureusement tout est rentré
dans l’ordre. L’employé a été arrêté et Malcom a remboursé à certains ce
qu’ils avaient payé et les autres ont préféré résigner le contrat avec
Malcom. Je prends mon portable et vois deux appels manqués de lui puis un
message dans lequel il m’informe qu’il a embarqué dans l’avion. Je compose
le numéro d’un de mes gardes que j’ai chargé de veiller à la protection de
Malcom à son insu jusqu’à ce qu’il embarque pour le retour. Il décroche à la
première sonnerie.

« - Bonjour Madame. »

- Alors ?

« - Tout s’est bien déroulé Madame. Il a embarqué et son avion a décollé


devant moi avant que je ne quitte les lieux. »

- Ok bon boulot.

« - Merci Madame. C’est un plaisir de vous servir. »

Je raccroche et vais prendre ma douche. Alors que je m’habille mon


portable sonne. C’est ma mère.

- Hey mumy.

« - Comment tu vas ma chérie ? »

- Très bien et toi ?

« - Ca va chérie sauf que... »

- Que quoi maman ?


« - Je ne sais pas. Je ne veux pas te faire peur mais j’ai un mauvais
pressentiment concernant Malcom. J’ai fait un rêve bizarre dans lequel
quelque chose lui était arrivée mais je ne sais pas quoi exactement. »

- Maman tu me fais peur là.

« - Je suis désolée mais c’est ce que j’ai vu. Il a pris son avion ce matin
donc prie pour qu’il arrive sain et sauf. »

- Pourquoi toi tu ne pries pas ? Tu sais très bien que ces choses ne me
concernent pas.

« - Oui j’ai prié mais tu sais la prière d’une femme pour son mari a
beaucoup plus d’effet que celui d’une autre personne. Prie pour ton homme
ça ne te coutera rien. Parle à Dieu et dis-lui de te ramener ton homme sain
et sauf. »

- Il protège déjà mon mari parce qu’il le prie chaque jour avant de sortit
donc ça va.

« - Ok c’est comme tu veux. Bon je dois y aller. Je t’appellerai plus tard.


Je t’aime ma chérie. »

- Love you mum. Bye.

Pamela et April sont venues passer la journée avec moi et m’aider à


concocter un bon plat pour Malcom qui ne devrait plus tarder. J’ai envoyé
Mel et Brad aller le chercher et l’emmener jusqu’à moi. J’ai hâte de le voir
et d’être dans ses bras. Pamela se sentait mal pour ce qui s’était passé
avec sa mère donc elle s’est excusée mais je lui ai fait comprendre que je
ne lui en voulais pas. Mon ennemi c’est sa mère, pas elle.

- Alors ma belle toujours pas de rencard ? Je taquine Pamela

- Non mais tu vas arrêter Vicky ? Dit-elle en riant. Ca fait à peine une
semaine que je suis une femme divorcée donc je ne suis pas pressée.

- Moi je connais un de nos partenaires qui serait prêt à payer pour n’avoir
qu’un seul rencard avec toi. Ajoute April.
- Merci mais c’est non pour le moment. Je ne suis pas pressée de me
remettre avec quelqu’un.

Son portable sonne et elle communique quelques brèves secondes et


raccroche.

- C’était maman. Elle a appelé pour m’informer qu’ils étaient rentrés. Ils
ont enfin tout ce qu’il leur faut pour mener à bien leur campagne.

- Hum c’est bien.

Les élections ont débuté il y a une semaine et mes chers beaux-parents


ont effectué un voyage mystère avant de débuter les différentes
campagnes. De toutes les façons qu’ils fassent ce qu’ils veulent, moi je les
attends pour les faire quitter la compétition. Nous continuons à bavarder
dans la gaieté lorsque Mel entre dans la cuisine nonchalamment.

- Oh tu es là ! Où est Malcom ?

Je ne le laisse pas répondre que je sors de la cuisine pour aller à la


rencontre de mon très cher et tendre époux mais je ne vois personne. Ni
lui ni sa valise. La porte s’ouvre sur Brad mais sans Malcom.

- Brad où est Malcom ?

- Vicky je… il.

- Qu’est-ce qu’il y a Brad ?

- Ma tante, dit Mel derrière moi me faisant retourner, il y a eu un


accident.

- Quel accident ?
- L’avion dans lequel mon oncle était… il n’a pas atterrit.

- Comment ça ? Il s’est retourné ou qu’est-ce qu’il y a ?

- Il a… il était déjà arrivé mais il y a eu un problème technique ou je ne sais


pas quoi et… le pilote a perdu le contrôle et…

- Qu’est-ce que tu essayes de me dire Armel ?

- Bon sang vous allez parler ! S’écrit Pamela.

- Vicky, reprend Brad. Au fait l’avion a… crashé à port-Bouët.

Non c’est faux. Ils ne peuvent pas être sérieux là. Je me mets à rire et je
ne prête plus attention à ce que Pamela raconte ou fait.

- C’est une blague n’est-ce pas ? Parce que si s’en est une je peux vous
assurer que vous allez y laisser vos têtes. Maintenant dites-moi où se
trouve mon mari ET MAINTENANT.

- Ma tante je…

- Vicky, l’information passe à la télé.

Je tourne la tête vers April et la rejoins dans le salon. Je lui prends la


télécommande des mains et mets le volume. C’est la journaliste Tina
Dasylva qui passe une annonce.

« - Ils nous a été rapporté qu’un avion en provenance des Etats-Unis plus
précisément de Washington avec à son bord plusieurs ivoiriens s’est écrasé
dans la commune de Port-Bouêt. Nous avons donc envoyé notre repporter
Rebbecca N’dri sur place pour plus d’information. »
La journaliste disparait et une autre image apparait. On y voit une jeune
femme avec un micro en main qui parle devant une caméra et derrière elle
on peut voir des hommes qui s’activent un peu partout.

« - Nous sommes en direct de la commune de Port-Bouêt où un avion s’est


crashé et selon les témoignages recueillis l’avion était mouvementé depuis
le ciel et en feu jusqu’à ce qu’il s’écrase. Les recherches pour d’éventuels
survivants se poursuivent mais selon le chef des secours il se pourrait qu’il
n’y ait aucun survivant vu l’état de l’avion mais bon nous croisons les doigts
parce que la Côte d’Ivoire ne veut pas perdre plusieurs de ses fils et
filles. »

Il n’y a aucun survivant. Il n’y a aucun survivant. Il n’y aucun survivant.


Cette phrase résonne dans ma tête puis je ressens un coup violent au
cœur. Je me sens perdre l’équilibre et c’est le trou noir.

La vengeance est une femme

Episode 22

« - Je t’aime ma prunelle.

- Moi aussi mon amour.

- Je t’aime comme ce n’est pas permis d’aimer.

- Arrête tu exagères.

- Non je n’exagère rien. Je te dis juste ce que je ressens pour toi. Les
gens ont l’habitude de dire ce genre de chose juste parce que tout le
monde le dit ou juste pour épater. Regarde-moi Prunelle, aucun mot, aucun
adjectif ne peut qualifier ni expliquer l’amour que je ressens pour toi. À
chaque que je te vois je ne peux m’empêcher de bénir le Seigneur de
t’avoir créé et mis à mes côtés. Quand je t’aie dans mes bras mon cœur
s’enfle de bonheur. C’est un peu comme si j’avais la neuvième merveille
chez moi ce qui fait de moi l’homme le plus envié et le plus chanceux de la
planète. Le monde a huit merveilles parce qu’il est insatiable et en veut
toujours une nouvelle mais moi je n’ai qu’une seule merveille et c’est toi
Vicky HAMILTON. »

Je reviens à moi petit à petit et quand j’ouvre les yeux je vois tout le
monde au-dessus de moi allongée dans le divan.

- Malcom. Dis-je en me levant d’un seul coup.

- Calme-toi Vicky

- Non je ne me calme pas April. Il faut que je me rende sur place. Soit vous
me suivez soit vous me laissez y aller seule.

Je me chausse à la hâte et cherche mon portable. Pamela n’est pas là, je


suppose donc qu’elle est partie sur les lieux du drame ou chez ses parents.
Nous sortons tous à la hâte et c’est Brad qui prend le volant, Mel s’assoit à
côté de lui et April près de moi derrière. Je vise mon portable à l’oreille
après avoir composé le numéro de mon père. Il décroche aussitôt.

- Daddy !

« - Oui je sais mon trésor. Je viens de l’apprendre. »

- J’ai besoin de ton aide. Je ne fais pas confiance à l’équipe de recherche


de ce pays.

« - Oui j’ai déjà vu le Président qui a déjà déployé les forces d’ici pour aller
aider. Je te rejoins tout à l’heure avec ta mère. Mais garde ton calme ma
chérie. Tout ira bien. J’ai foi que Dieu l’a épargné. »

- Ok daddy.
Je raccroche un peu rassurée. Je refuse de perdre mon mari. Mes
membres se mettent à trembler et April pose sa main sur la mienne. Je
tourne la tête vers elle et elle me fait un sourire de réconfort auquel je
réponds tristement. Malcom je t’en prie ne me laisse pas. J’ai encore
besoin de toi. La foule que nous voyons nous prévient que nous sommes
arrivés. Il y a plein de voiture de police et d’ambulance. Mes gardes
descendent et frayent le chemin pour que je puisse passer. Un grand ruban
jaune encercle la place où l’avion est tombé. Je manque de m’effondrer
quand je vois l’état de l’avion. Malcom ne peut pas être dans cet avion, c’est
impossible. Les forces de l’ordre nous empêchent d’avancer encore plus.
J’ai envie d’aller chercher aussi mais je me retiens. Je ne suis pas
tranquille et je ne le serai pas tant que je n’aurai pas vu mon mari en bonne
santé. Brad s’approche et présente sa carte de militaire Américain vu qu’il
a aussi suivi une formation de courte durée pour qu’on puisse lui permettre
d’aider dans les recherches. On lui donne accès au site ce qui m’apaise. Je
veux qu’un de mes proches soit sur le site.

- Si le sang n’était pas versé là moi ça allait m’étonner. S’énerve une femme
dans la foule. À chaque fois qu’il doit avoir élection dans ce pays il faut
toujours qu’il y ait des morts. Vous les hommes politiques là vous ne pouvez
pas réussir quelque chose sans sacrifier de pauvres innocents. Des
sorciers comme ça. Mtchrrrrrrrrrrrrrrr.

Je suis aussitôt frappée par une évidence. Le couple BEYNAUD s’est


absenté et ils reviennent justement aujourd’hui où il y a cet accident. Ils
sont à la base de ce crash. Un cortège arrive et va se garer un peu plus loin
de la foule. C’est celui du couple BEYNAUD. Je marche donc à grandes
enjambées et les rejoins qui descendent de leur voiture.

- Bande d’assassin, criminel. C’est vous n’est-ce pas ?

- Ariane stp ce n’est pas le moment. Me dit calmement Aïcha.


- Ce n’est pas le moment ? Vous tuez des innocents et peut-être même
votre fils et vous me dites que ce n’est pas le moment pour moi de
m’énerver ?

- On ne pouvait pas savoir qu’il monterait dans un avion aujourd’hui. Répond


Emile. Nous ne pouvons pas choisir qui fera partie des victimes. On décide
de ce qui doit arriver et c’est tout.

- Eh bien dans ce cas priez tous vos dieux pour que mon mari sorte vivant
de ce crash parce que sinon c’est vous que je mettrai dans un avion et le
ferai crasher. Bande de vautours. Je vais vous tuer bande d’imbécile
d’heureux.

- Ma tante arrête les gens regardent. Me murmure Mel.

Ca fait maintenant plus de 4h de temps que nous sommes là et toujours pas


de survivant. Rien que des corps de victimes mortes et je commence à ma
décourager. Je fais de allés et venues entre la voiture et le lieu du crash.
Il faut que Malcom survive. Il le faut. La tristesse commence à m’envahir
et les larmes me montent aux yeux mais je les refoule. Je ne dois pas
pleurer. J’en peux plus de rester là. Je me lève d’un bond et m’avance
toute enragée et fonce sur le site. Un policier m’attrape pour me stopper
mais je fais volte-face et lui assène une gifle. Mel et April accourent
aussitôt et me ramène en arrière.

- Vous n’êtes qu’une bande d’incapable, j’insulte ce policier. Comment se


fait-il que depuis vous n’ayez pas encore retrouvé mon mari alors que vous
êtes à plus de 100 en train de chercher.

- Madame calmez-vous ou je risque de vous enfermer pour agression sur un


officier de police en exercice.

- Policier n’importe quoi. Si vous ne retrouvez pas mon mari dans les
minutes qui suivent j’irai moi-même le chercher et gare à la personne qui
essayera de m’en empêcher.
Ma voix commence à trembler et je me tais pour éviter de pleurer. Je ne
dois pas pleurer. Vicky ne pleure jamais.

- Vicky tu devrais te calmer maintenant. Tu n’es pas la seule à avoir mal.


Me lance Aïcha avec reproche.

- Toi tu devrais la fermer et prier pour qu’on le retrouve. De toutes les


façons qu’il s’en sorte ou pas je vais vous régler votre compte à toi et à ton
imbécile de mari.

Un autre cortège gare mais je n’y prête pas attention tellement énervée.

- Vicky !

Je reconnais cet accent Américain qui m’appelle. Je me retourne et vois


ma mère courir vers moi. Je coure aussi vers elle et tombe dans ses bras.

- Maman j’ai tellement peur.

- Chut don’t worry baby. God is in control. (N’ai pas peur bébé. Dieu est au
contrôle).

Mon père descend à son tour de la voiture et viens vers nous. Je laisse
maman pour aller me réfugier dans ses bras. Je m’y sens toujours bien.

- Quelles sont les nouvelles ?

- Toujours rien papa. Rien que des morts pour l’instant et aucune trace de
mon mari. J’ai peur papa. Je ne veux pas le perdre.
Ma voix tremble à nouveau et je le serre fort dans mes bras pour
m’empêcher encore une fois de pleurer.

- On devrait rentrer. Dis maman.

- Non je ne veux pas. Je ne peux partir à la maison alors qu’on ne l’a pas
encore retrouvé. Non.

- Tu ne feras non plus rien avancer en restant ici chérie. Tu dois rentrer
te reposer pour quand ton mari va revenir. Il faut qu’il te retrouve en
bonne santé.

- Mais maman. Je veux être sûre qu’il est en vie.

- Il l’est ma chérie, il l’est. Sa mission dans ta vie n’est pas encore achevée
donc il ne peut pas mourir. Je sais que tu ne t’entends pas avec Dieu mais
crois qu’il ne va pas te prendre ton mari.

- Maman…

- Allons, rentrons à la maison. Ton père va rentrer demain mais moi je


resterai avec toi jusqu’à ce que ton mari rentre.

- D’accord maman.

Trois jours que les recherches continuent mais toujours pas de Malcom en
vue. Plusieurs corps ont été retirés mais toujours pas de Malcom. Je me
rends encore sur le site avec Mel. Maman a dû rentrer ce matin parce
qu’April est tombée malade. C’est donc de l’aéroport que je me rends sur le
lieu du crash. Je ne fais que jouer avec mon alliance en pensant à mon mari.
À peine nous arrivons et descendons de la voiture qu’un policier vient vers
moi.
- Bonjour Madame BEYNAUD. Je suis le Commandant Hervé M’BRO et je
tenais personnellement à vous annoncer que les recherches prennent fin
aujourd’hui.

- Comment ça ? Vous ne pouvez pas arrêter. Mon mari n’a toujours pas été
retrouvé.

- Nous sommes désolés mais tous les corps ont été retirés d’en dessous les
décombres et ceux que nous n’avons pas pu retirer sont les corps
complètement écrasés et votre mari… peut se retrouver parmi eux.

- Vous n’avez pas le droit de me dire que mon mari a été broyé. Je vous
l’interdis. Vous allez continuer à chercher jusqu’à me retrouver mon homme
est-ce clair ?

- Madame les ordres ne viennent pas de nous. Mais j’ai retrouvé ceci.

Il me tend un lot de document et je les reconnais comme ceux de Malcom.


Mon cœur manque de lâcher et je les récupère en tremblants.

- Nous sommes désolés madame.

Il tourne les talons et mes larmes veulent couler. Je les ravale et remonte
dans la voiture. Mel monte aussi et me ramène à la maison. Je cours
m’enfermer dans ma chambre parce que les émotions commencent à me
submerger. Je m’assois sur le bord du lit et regarde dans le vide. Au fait
j’essaie de trouver en moi quelque chose pour m’empêcher de pleurer. Je
promène mon regard dans la chambre et refoule mes larmes.

Vicky ne pleure jamais.

Je regarde la photo de Malcom collé au mur de la chambre et ravale mes


larmes.
Vicky ne pleure jamais.

Je repense à notre nuit avant son voyage. Nous avons fait l’amour
passionnément et il n’a pas cessé de me dire à quel point il m’aimait. Je
passe ma main rapidement sur mes yeux pour essuyer mes larmes avant
qu’ils ne coulent.

Vicky ne pleure jamais.

Je me lève et vais vers son dressing que j‘ouvre. Je regarde ses habits
bien rangé par couleur ainsi que ses montres, ses chaussures, ses ceintures
et ses chaussettes. Je prends l’une de ses chemises et l’emmène vers mon
visage pour la sentir. Mes larmes montent à nouveau mais beaucoup plus.
Je serre la chemise de plus en plus fort pour lutter contre mes larmes.

Vicky ne pleure… merde je viens de craquer.

Je laisse libre cours à mes larmes et étouffe mes sanglots dans sa


chemise. Il ne peut pas mourir comme ça. Mon mari ne peut pas me laisser
comme ça. Je me laisse tomber au sol et me libère.

- Malcom je t’en prie ne me laisse pas. Ne m’abandonne pas. J’ai tellement


besoin de toi boo. Stp reviens-moi. Boo je t’en supplie.

Je pleure et pleure et pleure et pleure comme pour rattraper toutes ces


années où je n’ai pas versé une seule larme. Je repense à tout ce que lui et
moi avions partagé, à notre amour si fort. Je le revois me sourire et me
serrer dans ses bras. J’entends sa voix qui me dit qu’il m’aime comme un
fou. J’ouvre les yeux toute révoltée. Je me relève et commence à me
défouler sur ses habits. Il faut que je casse quelque chose, que je déchire
quelque chose, que je jette quelque chose. Je jette tout ce qui me tombe
sous la main et là je vois un livre que je reconnais aussitôt. C’est une Bible
mais pas celle de Malcom. C’est la Bible que ma mère voulait me donner
mais que j’ai refusé de prendre. Elle a dû la donner à Malcom. Une rage me
monte au nez et je la prends. Je reste là à la regarder puis en hurlant je la
jette contre le mur.

- Comment veux-tu que je crois que tu m’aimes si tu ne cesses de me


prendre les gens que j’aime ? Hurlais-je en regardant la Bible par terre.
On ne cesse de me dire que tu es bon et que tu aimes tout le monde mais
faut croire que je ne fais pas partie de ce tout le monde. Tu m’as pris mes
parents, ma vie, mes trompes et maintenant tu veux me prendre mon mari.
Qu’est-ce que je t’ai fait hein dis-moi ? Pourquoi est-ce que tu ne vas pas
t’acharner sur ces gens mauvais à l’intérieur comme à l’extérieur et me
laisser tranquille moi ? Jamais je ne croirai en toi tu m’entends ? Jamais.
Estime-toi heureux que tu ne sois plus sur la terre parce que sinon je
t’aurai fait pire que ce que t’ont fait ces gens en te crucifiant.

Je vais prendre la Bible et la jette de nouveau contre le mur avant moi-


même se tomber sur le lit en pleurant.

- Je veux mon mari tu m’entends ? Je veux Malcom snif. Je ne suis rien


sans lui. Je ne peux rien sans lui. Si tu me le ramène je croirai juste un
tout petit peu en ton amour. Prouve-moi que tu l’aimes lui et que les prières
qu’il fait chaque jour ne sont pas vaines. Prouve-moi qu’il dit vrai quand il
me dit à chaque fois que tu es un Dieu de miracle snif. Ramène-moi mon
mari.

Je glisse du lit jusque par terre en ne cessant de pleurer. Je veux mon


mari. Je veux mon Malcom. Boo je t’en prie reviens-moi.
La sonnerie de mon portable me réveille brusquement. Je m’étais endormi
sur le sol sans m’en rendre compte. Je prends mon portable et vois le nom
de Brad qui est toujours sur le lieu du drame.

- Brad ?

« - Vicky, nous avons retrouvé Malcom. »

Je me relève prestement le cœur battant la chamade.

- Stp dis-moi qu’il est en vie.

« - …. »

- Brad, dis-moi qu’il est en vie je t’en supplie.

«-…»

- PUTAIN BRAD DIS-MOI QUE MON MARI EST EN VIE. Je hurle en


pleurant.

« - …. »
La vengeance est une femme

Episode 23

« - Allô prunelle. »

- Oh mon Dieu Malcom. Eclatais-je en sanglot.

Je décolle le portable de mon oreille et me mets à pleurer. Je l’entends


m’appeler et je reprends l’appel.

- Oui boo je suis là. C’est bien toi ? Tu es en vie ?

« - Oui mais je vais devoir te laisser. On doit me conduire à l’hôpital pour


des examens. »

- D’accord où serez-vous ?

« - Au CHU de Treichville. »

- D’accord à tout à l’heure.

Je coupe et me rends prestement dans la salle où je me lave le visage. Je


me maquille rapidement pour cacher mes cernes et sors comme une furie.
Je dis à Mel ce qui se passe et il démarre la voiture en trombe. Mes
gardes font retentir la sirène pour faire dégager le chemin jusqu’à ce que
nous arrivions à l’hôpital. Je m’apprête à me renseigner à l’accueille lorsque
j’entends mon nom et vois Pamela venir vers moi avec Antony.

- Où est mon mari ?

- Dans la salle des soins.


J’y cours et rentre dans la salle sans toquer. Je m’en fou de si c’est
interdis ou pas d’y entrer. Je veux vois mon mari et c’est tout. Je le vois
assis sur un lit le torse nu en train de se faire examiner par un docteur
assisté par deux infirmières.

- Madame vous ne pouvez pas…

Le temps que l’une des infirmières ne termine sa phrase j’étais déjà dans
les bras de mon homme. Je le serre fort, très fort à l’étouffer.

- Oh mon Dieu Malcom tu es là. Mon amour, oh God. Je suis tellement


heureuse.

Je me mets à l’embrasser un peu partout en laissant mes larmes couler sur


ma joue. J’ai failli perdre l’homme que j’aime de toute mon âme. Le docteur
me demande de sortir pour qu’il continue de l’examiner mais je lui fais
comprendre que je n’ai aucunement l’intention de bouger alors soit il le fait
en ma présence soit on change d’hôpital. J’ai été assez séparée de lui
comme ça. Si je dois bouger eh ben c’est avec lui.

- Comment avez-vous pu survivre à ce crash ? Demande le docteur dépassé.

- Je n’en sais rien. Ou du moins je dirai que c’est la grâce de Dieu. C’est lui
qui m’a sauvé. J’étais dans les toilettes quand j’ai senti des secousses. Je
n’arrivais pas à sortir parce qu’un objet avait bloqué la porte donc j’y suis
resté jusqu’à ce qu’un grand boum se fasse et que je perde connaissance et
que je me réveille aujourd’hui sous cette sorte caisse ou je ne sais quoi.
Disons que la partie de l’avion où j’étais n’a pas été beaucoup endommagé
par le crash.

- Ca ne peut vraiment qu’être un miracle parce que voir un homme qui sort
d’un crash d’avion être intacte comme vous l’êtes eh bien seul Dieu peut
faire une telle chose. Vous êtes un témoignage vivant de l’existence de
Dieu. Non seulement vous êtes le seul survivant mais vous n’avez presque
rien. Accrochez-vous à votre Dieu.

- Je n’ai pas l’intention de le lâcher. Répond Malcom en souriant comme à


chaque fois qu’il parle de Dieu.

- Vous allez le garder ici docteur ? Demandais-je.

- Je ne vois pas de raison de le garder. Il n’a juste que des égratignures à


la tête. Je pense que je le bandage fera l’affaire

- J’ai aussi un peu mal au pied docteur droit.

- Oui nous vous ferons une radio mais je ne pense pas qu’il y ait quelque
chose de grave. Vous étiez quand même sous un objet lourd donc c’est
normal.

Je regarde mon mari le cœur soulagé et pose ma tête sur son épaule. J’ai
eu la peur de ma vie.

Nous sommes rentrés avec Pamela qui est couchée dans les bras de son
frère depuis que nous sommes là. Elle aussi a eu très peur. Antony est
rentré parce qu’il avait du boulot. Je me trompe peut-être mais j’ai
l’impression qu’il se rapproche de Pam. Mais bon tout est dans sa main à
elle. Si elle veut se remettre avec lui eh bien bon vent à eux. Au moins elle
a eu sa liberté. April et Mel font leur entrée et April court se jeter sur
Malcom ce qui le fait grimacer un peu.

- Oh bon sang Mal tu as failli me tuer. Plus jamais tu nous fais un truc
pareil sinon je te fais crasher moi-même. Ajoute-t-elle en l’indexant.
- C’est compris chef. Sourit-il. Je suis désolé.

- Pas grave.

Elle le sert encore et c’est au tour de Mel de se rapprocher. Il se met à


genoux devant Malcom et pose sa tête sur ses genoux. Il pleure
silencieusement ce qui m’étonne vraiment. C’est la première fois que je le
vois vraiment pleurer. Disons qu’il est un peu comme moi, froid et doué
pour cacher ce qu’il ressent. Il a fallu ce crash pour nous faire sortir de ce
caractère. Malcom lui caresse la tête. Il ne se dise rien mais se
communique leurs sentiments. Mel se lève et s’excuse pour monter dans sa
chambre. Malcom et moi nous regardons et nous sourions. Des bruits de
pas se font aussitôt entendre et Aïcha apparait avec à sa suite son mari.

- Oh mon Dieu Malcom mon chéri. S’exclame-t-elle la voix enrouée.

Malcom se lève et réceptionne sa mère dans ses bras. Elle se met à pleurer
telle une madeleine. Comme j’ai envie de la claquer, de la démonter cette
bécasse. Venir pleurer pour quelque chose qu’ils ont eux-mêmes provoqué.
Mon regard croise celui d’Emile et il le détourne.

- Ça va maman je vais bien maintenant.

- Je sais mais j’ai eu tellement peur si tu savais.

Elle se détache de lui et commence à le palper de partout.

- Comment tu vas ?

- Bien maman.

- Et ta tête ?
- Ca va. Ce sont juste des égratignures.

- Dieu merci. J’ai eu tellement peur.

- Moi aussi. Intervient Emile.

Aïcha s’éloigne et père et fils se prennent dans les bras. Leurs têtes me
donnent envie de gerber. Bande de comédiens. April me fait signe de la
main et s’en va. Je reste donc avec ma belle-famille. Ils s’asseyent en face
et je les regarde discuter.

- Alors papa comment se passent les campagnes ? Demande Malcom pour


changer de sujet.

- Ca va. Je vais bientôt commencer les tournées à l’intérieur du pays. Mais


mes hommes ont déjà commencés le travail et selon leurs rapports les
choses s’annoncent plutôt bien.

- Excusez-moi, dit Brad qui vient d’entrer, il y a un certain M Terry YOUL


qui dit être un ami de M Malcom.

- Oui fais-le entrer. Il m’avait prévenu qu’il passerait me voir par rapport à
l’accident. Bon excusez-moi je vais le recevoir dans l’autre salon.

- Ok mon amour. Tu veux que je t’aide ?

- Non ça va. Mais tu peux nous servir des rafraîchissements.

- Non attends je vais le faire. Intervient Pam. Je dois y aller toute façon.

Pam aide son frère à marcher malgré qui ait dit qu’il pouvait le faire. Elle
revient nous dire au revoir quelques instants plus tard puis s’en va. Brad en
sortant me fait un signe de la tête. Je reste donc seule avec mes beaux-
parents. Je prends place en face d’eux et croise les pieds.

- Alors comme ça tout se passe bien avec les campagnes !?


- En quoi ça t’intéresse ? Demande Emile.

- En le fait que je vais tout bousiller. Je vous l’ai dit, je suis là pour vous
faire la guerre et comme je suis tombée au moment des élections je vais
donc te combattre sur ce terrain.

- J’ai déjà pris mes précautions. Des gardes j’en ai mis un peu partout, des
anti-balles j’en porterai à tout moment.

J’éclate de rire quand j’entends ces bêtises.

- Non tu es sérieux ? Je demande dans un éclat de rire. Tu penses


vraiment que je vais te tuer ? Non t’es vraiment con. Bon ok c’est vrai que
je vais tu tuer je l’avoue, ça c’est une évidence mais ce n’est pas pour
maintenant. Je te ferai mordre la poussière, je te ferai ramper à mes
pieds pour me supplier puis quand tu seras complètement mais
complètement au fond du gouffre, j’appuierai sur la gâchette. Même tes
nombreux gardes ne pourrons rien pour toi encore moins ton idiote de
femme.

- Je ne te permets pas…

- Tu ne me verras pas venir, je continue sans prêter attention à ce


qu’Aïcha voulait dire. Tu sais V ne signifie pas seulement vengeance.Ca
signifie aussi Vent parce que je suis comme le vent. La particularité du
vent c’est qu’il te prévient qu’il soufflera sauf que tu ne sauras d’où il
viendra et où il s’en ira. Et moi très cher je te préviens que je soufflerai
comme le vent du mistral. Tu ne sauras d’où je viendrai ni où je terminerai
ma course. Mais quand tu te rendras comptes de ma présence, boum, je
t’aurai déjà emporté. Je vais vous emporter beaux-parents.

Je me lève sans plus un regard pour eux et sors rejoindre Brad dehors.

- Alors ?
- Nous avons tout ce qu’il faut pour René SALIOU. Il ne reste juste qu’à
tout mettre en place et attendre qu’il fasse le premier pas.

- D’accord.

La journée a été plus longue. Il y a eu beaucoup plus de visiteur qu’on ne


l’aurait pensé. D’autres sont même venus des USA pour avoir de ses
nouvelles ce qui m’a fortement étonné. Je ne savais pas qu’il était autant
apprécié. Je range ses vêtements et vois posé un cadre photo de nous
deux. Il aime regarder cette photo quand il s’habille. Je le prends et le
regarde tendrement jusqu’à aller m’asseoir sur le lit. Nous étions heureux
sur cette photo. Je me mets à sourire en caressant la photo. J’adore le
regard qu’il me lance sur cette photo. On y voit l’amour, de la tendresse, de
l’attention, de la douceur. Merde j’ai failli le perdre. Les larmes me
remplissent les yeux mais je les essuie vite. J’ai déjà assez pleuré comme
ça. Mais rien que de me rappeler que j’ai failli le perdre me fait
atrocement mal et me met en colère. En colère contre lui.

- Prunelle ça va ?

Entendre sa voix me mets encore plus en colère. Je pose la photo et me


lève pour le taper.

- Eh mais qu’est-ce que j’ai fait ?

Je le tape encore une fois.


- Prunelle qu’ai-je fait ?

- Tu n’as pas le droit tu m’entends ? Dis-je en le tapant à nouveau. Tu n’as


pas le droit de me rendre vulnérable comme tu l’as fait. Tu n’as pas le droit
de me faire pleurer tu m’entends ? Je suis Vicky et Vicky ne pleure jamais.
Elle ne pleure jamais.

Je continue de le taper et mes larmes se mettent à couler à flots. Ça


m’énerve de pleurer encore une fois de plus. Il se contente de me regarder
sans m’empêcher de le taper.

- Je demande le divorce snif. Je vais appeler mon avocat et lui dire


d’entamer la procédure. Je ne veux plus te voir, je ne veux plus que tu me
fasses pleurer snif. Pourquoi m’as-tu joué un tel coup ? C’était ta mission
c’est ça ?

- Tu as aussi le droit de pleurer tu sais ?

- Non je n’en ai pas. Je te déteste Malcom.

Je le tape mais cette fois il m’empoigne les mains et me rapproche de lui


pour me serrer dans ses bras. Je me débats contre son torse mais il me
serre plus fort. Je pleure dans ses bras et il me caresse le dos.

- Chut prunelle. Tu es humaine et tu aussi besoin de te lâcher souvent. Tu


as assez gardé des choses dans ton cœur. Tu t’es assez retenu de pleurer.
Tu dois apprendre à lâcher prise. Même les personnes fortes sont faibles
une fois en passant alors tu ne fais rien de mal.

Je me laisse faire et le serre très fort toujours en pleurant.


- Promets-moi que jamais tu ne me laisseras snif. Promets-moi que tu ne
me laisseras jamais seule. Je mourrai sans toi snif.

- Je te le promets. Par la grâce de Dieu je serai éternellement avec toi.

- Accepte stp de te faire escorter par mes gardes. Stp.

Il garde le silence un moment puis respire un grand coup avant de


répondre.

- C’est d’accord. Hé regarde-moi. Je suis là ok ?

- Ok, je réponds en secouant vigoureusement la tête. Je t’aime mon amour.


Je t’aime de tout mon être.

- Je t’aime ma prunelle à moi.

- Fais-moi l’amour boo je t’en prie.

Il ne se fait pas prier et saisi mes lèvres. Nous partons dans un langoureux
baiser mélanger de mes larmes puis il me soulève pour me faire coucher
sur le lit. J’aime tellement mon mari que j’en suis la première surprise. Je
ne savais pas que j’allais être ainsi vulnérable un jour mais il fallut lui pour
le faire. L’amour c’est vraiment quelque chose de bizarre. Ça rend
vulnérable parce que comment comprendre que moi V je suis dangereuse là
dehors devant tous ces gens mais que devant une seule personne je sois si
faible. Il est mon univers et ma vie donc quiconque s’en prendra à lui me
sentira traverser sa vie à commencer par ses parents. Ils ont osé mettre
sa vie en danger et ça ils vont me le payer en plus de ce qu’ils doivent déjà
me payer. Mais d’abord il faut que je m’assure de la totale sécurité de mon
mari.
La vengeance est une femme

Episode 24

***Antony SAKO***

Je me lève comme chaque matin depuis mon divorce nonchalamment du lit


et parcoure du regard ma chambre. Je me sens seul. Je me lève pour me
rendre à la douche où je me lave et me brosse les dents avant de ressortir.
Je m’arrête pendant je ne sais combien de minutes tout comme la veille et
les jours d’avant devant mon dressing en train de regarder mes vêtements
ne sachant lequel porter. C’était Pamela qui s’occupait de me choisir mes
tenues en prenant en compte le jour, mon agenda, le climat, la météo etc…
Depuis notre séparation je ne m’en sors plus ou du moins pas totalement.
Bref. Je choisi une tenue comme ça, veste, chemise et me prépare. J’y
ajoute une montre en argent et des paires de souliers noirs. Je sors
ensuite de la chambre me faire un café que je bois rapidement pour me
rendre au bureau. J’ai quitté la maison pour me prendre un appart dans la
même commune pour ne pas être loin des filles. Mes petites chéries, ça me
manque vraiment de ne pas les voir les matins au levé et les soirs. Je passe
quelque week-end avec elles quand je ne suis pas occupé.

J’arrive au bureau et à peine installé que ma secrétaire entre avec son bloc
note en main. Elle commence à me citer mon programme de la journée plus
précisément mon rendez-vous avec un partenaire dans un restaurant. Il
est toujours bon de discuter affaire en mangeant parce que quand le
ventre est plein on est heureux et on fait de bonnes affaires. Je suis chef
d’entreprise et je n’ai pas vraiment bavé pour en être là. Mes parents sont
riches et ont des relations un peu partout donc ça m’a facilité les choses.
Disons même que c’est mon statut de gosse de riche qui m’a donné la
grosse tête. Je me croyais tout permis et invincible si bien que je ne me
foutais pas mal des gens autour de moi surtout ma femme ou du moins mon
ex-femme. Je travail jusqu’à 12h et descends pour me rendre à mon
rendez-vous. Quand j’arrive dans le restaurant mon rendez-vous est déjà
là. Je le rejoins donc et commande une assiette de salade de fruits. Je n’ai
pas vraiment faim. Pendant que nous discutons, un éclat de rire me fait
détourner les yeux et je suis surpris de voir Pamela assise à une table avec
un homme. Je ressens un léger pincement au cœur. Elle n’a pas perdu de
temps je dois dire. Je ne sais pas si c’est mon éternel orgueil de gosse de
riche mais ça me fait tout chose de voir un autre homme la toucher comme
le type avec qui elle est le fait. Il lui caresse la main et lui raconte je ne
sais quoi qui la fait rire. Je reporte mon attention sur mon rendez-vous
mais je ne suis plus très concentré. Je baisse la tête sur mon alliance que
je n’ai toujours pas retiré, va savoir pourquoi, et il y a comme une sorte de
regret qui me remplit. Tous mes rêves de quand j’étais jeune me
reviennent d’un seul coup.

Le divorce ne faisait pas parti de mes projets ni de mes rêves ou du moins


était la dernière sur la liste. J’étais ce qu’on pourrait appeler un lover, un
romantique né et je rêvais de vivre une grande histoire d’amour avec celle
dont je tomberais follement amoureux. Normalement ce genre de chose
c’est pour les filles mais moi j’étais l’exception qui dérogeait à la règle. Je
voulais être riche pour combler ma future femme et nos futurs enfants de
tout, absolument tout. Voyager partout dans le monde et s’aimer comme si
c’était le dernier jour. Mais tout ça a été jeté à la poubelle quand une
ambition démesurée m’a rempli la tête. J’avais de l’argent mais j’en voulais
mille fois plus ainsi que le prestige et l’honneur.

Mon mariage avec Pamela n’était rien d’autre qu’un arrangement. Une
histoire de pouvoir. Nos parents respectifs voulaient en tirer profil et moi
aussi d’ailleurs. Mon père était le Vice-président du pays à l’époque donc M
BEYNAUD pour rentrer dans les bonnes grâces et se frayer un bon chemin
vers le fauteuil présidentiel a voulu que moi l’unique garçon de mes parents
épouse son unique fille Pamela. Mes parents ont accepté parce qu’ils
savaient qu’ils pourraient aussi se servir de lui comme bon lui semble. Ils
m’ont expliqué ce que ce mariage pourrait m’apporter à moi qui avais aussi
des ambitions politique. Pour dire vrai je ne l’aimais pas Pamela, pas parce
qu’elle n’était pas belle et tout, non, mais plutôt parce que j’étais du genre
coureur de jupon. Je préférais les putes que de baiser avec le même cul
pendant des années. Elle faisait donc partie de ma longue liste de cul à
visiter. J’ai voulu des enfants pour me sentir homme. Je voulais surtout un
garçon, un héritier mais Pam ne m’a donné que des filles que j’adore
d’ailleurs. Je n’ai pas voulu engrosser l’une de mes putes pour éviter d’avoir
une multitude d’enfants de mères différentes parce que rien ne
garantirait qu’elle me donnerait un garçon. J’attendais juste le moment où
ça viendrait, en attendant je menais ma vie comme je l’entendais. Je me
foutais de celle qui était ma femme et comblait de tout mes putes.
Combien de fois j’ai cogné Pamela ? Combien de fois je l’ai violé parce
qu’elle était trop fatiguée pour se donner simplement à moi ? Combien de
fois je l’ai traité comme de la merde ? Combien de fois je l’ai privé de sa
liberté et de sa joie ? Je voulais que la seule chose qu’elle ait à faire dans
sa vie soit de s’occuper de mes enfants. C’est donc normal qu’elle ait voulu
divorcer.

- Alors ça vous convient ? Me demande l’autre me faisant sortir de mes


pensées.

- Hum ?

- Vous n’avez pas écouté ce que j’ai dit ?

- Si, bien sûr que si. Envoyez le contrat soit par Mail ou par fax et on
l’analysera mieux mon staff et moi.

- Ok ça marche.

Je veux payer l’addition mais il m’en empêche et je me lève pour m’en aller.
Mais je ressens l’envie d’aller saluer Pamela pour je ne sais quelle raison.
Elle ne me voit pas arriver et continue de rigoler avec l’autre type.

- Bonjour. Je salut en glissant mes mains dans mes poches.


Pamela qui dès qu’elle me voit est d’abord surprise puis baisse les yeux
comme à chaque fois qu’elle me voyait quand on était marié. Le peur est
toujours là.

- Bonjour Antony.

- Comment vas-tu ?

- Bien et toi ?

- Ca va.

On se regarde encore un bref moment moi cherchant quoi dire puis je


décide de prendre congé.

- Bon je vais y aller. Je t’ai aperçu et j’ai voulu te dire bonjour.

- Oh ok. Merci c’est gentil.

- Ouais. Ok bon à demain soir pour l’anniversaire de Nadia.

- Oui à demain soir.

Elle baisse à nouveau la tête et je m’en vais. Il me faut réfléchir à ma vie


parce que j’ai l’impression d’être passé à côté de beaucoup de chose.

Ce soir c’est l’anniversaire de Nadia la plus grande et pour l’occasion elle


n’a pas voulu de fête. Juste d’un diner en famille, c’est-à-dire, moi, Pamela,
sa sœur Sara et elle. Elle dit que nous voir tous ensemble lui manque donc
on a voulu lui faire ce plaisir. Pamela avait prévu faire la cuisine elle-même
pour qu’on l’on de partage à la maison mais j’ai proposé qu’on sorte plutôt
comme ça ça nous fera une sortie en famille. J’enfile juste une chemine
bleu et un pantalon noir puis sors pour aller les chercher. Je n’ai pas voulu
qu’elles prennent la route seule surtout en cette nuit. Je gare dans la cour
et rentre dans la maison. Sara qui a entendu le bruit du moteur de ma
voiture vient à ma rencontre et saute sur moi.

- Ooh. M’exclamais-je en la réceptionnant. C’est fou comme tu pètes la


forme. Comment tu vas ma princesse ?

- Je vais bien papa. Tu es tout beau.

- Merci trésor toi aussi tu es magnifique. Où es Nadia ?

- Papaaa. Crie cette dernière en dévalant les escaliers.

Je dépose Sara et réceptionne Nadia.

- Oula vous pétez une sacrée forme. Vous avez mangé quoi ?

- Arrête papa. Dit-elle en rigolant.

- Joyeux anniversaire princesse.

- Il est où mon cadeau ?

- Patience, patience. Elle est où maman ?

- Elle est là-haut. Attends je vais la chercher.

Nadia remonte et je discute avec Sara en attendant qu’elle revienne avec


sa mère.

- Nadia arrête de courir tu vas finir par tomber. Se plaint Pamela.


Quand j’entends sa voix je me lève pour la saluer mais quand je tourne la
tête vers elle qui fait son entrée dans le salon mon cœur rate un
battement. Je me sens bizarre en sa présence et elle m’a l’air nouvelle.
C’est comme si c’était la première fois que je la voyais. Elle est belle. Je la
trouve magnifique, extrêmement belle alors qu’elle ne porte rien d’extra.
J’ai l’impression qu’il y avait un voile sur mes yeux et qu’il vient de tomber.
Elle me salut timidement et moi comme poussé par une force m’approche
d’elle et embrasse sa joue. Elle tique.

- Tu es magnifique ce soir. Je la complimente en plongeant mon regard


dans le sien.

Là elle arque les sourcils de stupéfaction. C’est la première fois depuis 9


ans de mariage que je lui fais un compliment. Disons que je ne la regardais
jamais vraiment. Je me sens nul d’un coup. Sans plus tarder nous
embarquons dans ma voiture et nous mettons en route. Pamela voulait
monter derrière mais je lui ais demandé de me rejoindre devant. Je
remarque que malgré que nous soyons divorcés elle est toujours
négativement intimidée par moi.

Installés dans ce restaurant 5 étoiles, nous bavardons et rions. Pamela qui


était au début calme se lâche au fur et à mesure. À chaque fois qu’elle
sourit je la regarde et une once de regret m’anime. Neuf ans de mariage et
je ne l’ai jamais trouvé aussi belle qu’aujourd’hui. Neuf ans de mariage et
c’est aujourd’hui que nous sommes divorcés que mon cœur s’emballe en sa
présence. Pourquoi est-ce que je me sens ainsi ? La vie veut-elle me punir
pour l’avoir traité comme du n’importe quoi ? La vie veut-elle me montrer
que c’était elle mon bonheur et que je l’ai laissé passer ? Je commence à
croire en cet adage qui dit qu’on apprécie le vrai bonheur que lorsqu’on l’a
perdu. Je suis là comme un con à la regarder alors qu’elle a peur de croiser
mon regard. Je l’ai un peu traumatisé. J’ai un pincement au cœur. Je
regarde ce joli tableau de famille que nous représentons et je regrette
que ce ne soit pas réellement le cas.
Je fais signe au serveur qui vient avec le gâteau d’anniversaire. Nous nous
mettons à chanter pour Nadia. Elle souffle les bougies et alors que je veux
prendre le petit couteau sur la table pour le lui donner, ma main touche
celle de Pam qui voulait faire la même chose. Quelque chose se passe en
moi. Bon sang c’est quoi ce délire ? Je ne vais quand même pas tomber
amoureux d’elle ? Encore moins maintenant que nous sommes divorcés. Ça
n’a pas de sens.

- Papa où est mon cadeau ?

- Patience j’ai dit. Il est à la maison.

- Comment ça à la maison. Il n’y avait rien quand on sortait.

- J’ai des agents secrets qui sont allés le mettre là-bas donc à notre
retour tu le verras.

- Dans ce cas rentrons. Vite vite vite.

- Calme-toi ma puce, intervient Pamela. Sois patiente.

- Humm mais je veux mon cadeau. Boude-t-elle.

- Bon d’accord rentrons.

Le serveur remballe le reste du gâteau et nous reprenons la route du


retour. Quand nous arrivons un petit carton nous attend au salon.

- Voilà ton cadeau princesse.

Nadia se précipite vers et regarde à l’intérieur. Elle se met à hurler et


sautiller en voyant le chiot qui y est couché. Elle vient d’abord sauter sur
moi pour me dire merci et retourne vers le carton pour en sortir le chiot.
Sara et elle se mettent aussitôt à jouer avec lui malgré qu’il soit encore
tout petit.
- Doucement les filles il est encore un bébé. Dit Pamela.

Elles ne nous écoutent plus et continuent à se passer le chiot. Je vais les


embrasser et leur dire au revoir. Je reviens vers Pamela et lui fais face.

- Bon je vais y aller.

- Ok sois prudent sur la route.

- Merci.

Je lève ma main et lui caresse la joue.

- Qu’est-ce que tu fais ? Demande-t-elle perplexe.

- Je n’en sais rien Pam. Je ne sais plus ce qui m’arrive depuis que je t’ai vu
hier au restau.

Je lève la main plus haut pour lui enlever quelque chose qu’elle a dans les
cheveux mais elle recule en se protégeant le visage. Je me sens mal
aussitôt. J’étais aussi monstrueux que ça ? Je rabaisse ma main et recule.

- Je suis… désolé. Vraiment désolé.

Je sors à la hâte le cœur en lambeau. Qu’est-ce que je suis devenu ? Quel


genre d’homme suis-je ? Comment en suis-je arrivé là ? Bon sang qu’est-ce
que j’ai fait ? La soif de pouvoir et l’orgueil m’ont transformé en un homme
que je n’étais pas. Ce n’est pas cet homme-là que je voulais devenir. Oui je
voulais être riche mais pour ma femme et mes enfants mais aujourd’hui je
le suis mais je n’ai pas de femme et mes enfants sont loin de moi. Qu’est-
ce que j’ai fait ? J’ai toujours rêvé d’une famille heureuse, d’une famille
unie mais… j’ai tout gâché.

Couché sur mon lit je n’arrive pas à fermer les yeux. Je ne fais que tourner
sur moi-même. Je ne sais vraiment pas pourquoi je ressens tout ça
subitement. C’est vrai que quand j’ai quitté la maison j’ai commencé à me
sentir seul. Mes habitudes me manquaient mais je ne pensais pas que ça
allait partir jusque-là. Suis-je en train de tomber amoureux d’elle pour de
vrai ?

Une semaine que je suis perturbé par cette histoire. Je ne cesse de


regretter tout ce que j’ai fait et je me sens de plus en plus seul. Il a donc
fallu que Pamela me quitte pour que je voie son importance dans ma vie.
Bon cette fois c’est décidé. Depuis une semaine que je me pose la même
question. Une semaine que je me demande si je dois le faire et aujourd’hui
oui je crois que je dois le faire. Rien ne garantit que ça va marcher mais je
dois quand même essayer. Je ferme mon ordi et dis à ma secrétaire
d’annuler tous mes rendez-vous. Je dois allez voir mes parents pour leur
faire part de ma décision. J’appelle mon père pour l’informer que je viens
les voir tous les deux et il me confirme leur présence à la maison. Quand
j’arrive je les trouve assis au salon. J’embrasse ma mère et salut mon père
avant de prendre place.

- Antony, entame ma mère, depuis plusieurs semaines qu’on demande à te


voir c’est aujourd’hui tu t’emmènes ?

- Je ne suis pas venu pour ça et si je n’ai pas répondu à votre convocation


c’est parce que je n’avais pas l’intention de revenir sur ma décision.

- Pourquoi es-tu donc venu ?

- Pour vous dire que je renonce à entrer dans la secte.

- Quoi ? S’exclament-ils tous les deux.

- J’ai dit que je ne voulais plus faire partie de la Blood Brother.


- Hé Seigneur qu’est-ce qui arrive à mon fils. Se plaint maman. Antony
qu’est-ce qui ne fonctionne plus dans ta tête tu peux me le dire ? D’abord
tu divorce de la fille du futur président et maintenant tu renonce à la
secte ? Antony que t’avons-nous faire ?

- Maman j’ai bien réfléchi et j’ai remarqué que je suis complètement passé
à côté de mes rêves, de mes ambitions, de mes projets. Vous m’avez rempli
la tête de plein de trucs qui vous arrangeaient et je vous ai écouté mais
aujourd’hui ça n’a plus vraiment d’importance pour moi. Depuis que Pamela
m’a quitté j’ai compris que j’étais en train de gâcher ma vie. J’ai 37 ans, je
suis divorcé, je vais entrer dans une secte qui va encore conditionner ma
vie et même me demander de sacrifier mes enfants pour accéder à un
certain rang, je serai tourmenté à chaque fois que je ferai ne serait-ce
qu’une minime erreur et je ne veux pas de cette vie. Je veux être heureux,
vivre ma vie comme je l’entends et fonder une vraie famille, pas une famille
pour nourrir mes ambitions. Je ne veux plus de ça.

- Fiston c’est parce qu’il te manque un testicule que tu raisonne ainsi ? Ton
testicule a été coupé en même temps que ton cerveau ?

- Il a fallu qu’on me coupe ce testicule pour que mes yeux puissent s’ouvrir
et me faire voir ce qui est vraiment important. Tu diras donc au président
que je ne veux plus faire partie de sa secte. Sérieux vous n’en avez pas
marre de tout ça ? Combien d’année que ces gens vous disent quoi faire,
comment marcher, parler, aller aux chiottes et même pleurer. Je ne veux
pas de ça. Regardez ce qui est arrivé à MBOCK, KONDZA, la famille
ICHOLA et EKOWE, c’est comme ça que vous voulez finir ?

- Nous ne finirons pas comme ça. Ils savent ce qu’ils ont fait pour mériter
ce sort.

- Peu importe. J’ai déjà pris ma décision.

- Et qu’est-ce qui t’a poussé à décider ainsi ? Demande ma mère.

- Je veux reconquérir Pamela. Mais ce n’est pas pour vous que je veux le
faire. Vos ambitions ne m’intéressent plus. Je le fais pour moi-même parce
que je crois que je l’aime. Si elle me donne une chance, je veux la protéger
de vous, de ses parents et de votre bande. Elle mérite mieux, elle et nos
filles. Maintenant excusez-moi j’ai d’autres trucs à faire.
Je les laisse là la bouche et les yeux ouverts et sors. Je dois maintenant
parler à Vicky et Malcom. Mais d’abord à Vicky, c’est elle la plus
dangereuse. Comme compris mes parents font partie d’une secte et dans le
temps mon père était dans celle des présidents, vice-président, sénateurs
et autres grosses têtes mais à cause d’une erreur il a été rétrogradé dans
celle des ministres, maires, députés et autres moyennes têtes. C’est
pourquoi il voulait coûte que coûte que je reste marié à Pamela pour qu’il
puisse rentrer dans les bonnes grâces de M BEYNAUD afin qu’in soit le
futur président après lui. J’ai voulu y rentrer aussi pour la gloire et autre
mais maintenant ça ne m’intéresse plus. Je veux une vie normale.

Je me rends chez Vicky pour m’entretenir avec elle. J’ai besoin de l’avoir
de mon côté et comme amie. Elle pourra m’aider à reconquérir sa belle-
sœur. Depuis qu’elle m’a dit que c’était elle qui était derrière la mort des
membres de la secte de mon père j’ai commencé à avoir beaucoup peur
d’elle. Elle doit être super dangereuse si elle a réussi à leur faire ce qu’elle
a fait malgré leurs puissances et gardes rapprochés. Je ne sais pas si mes
parents le savent mais j’ai l’impression qu’Emile et Aïcha eux le savant ce
qui expliquerait pourquoi ils ne l’aiment pas. J’ai l’impression qu’ils se
connaissaient avant et qu’il y a une histoire de règlement de compte
derrière tout ça mais bon mieux je ne m’occupe pas de ça. Ma priorité
actuellement c’est de reconstruire ma famille. J’arrive devant chez elle et
l’un de ses gardes vient vers moi. Je lui dis que je viens voir sa patronne et
il me demande de patienter le temps qu’il aille lui demander si elle veut me
recevoir. Il revient quelques secondes plus tard et me fait signe d’entrer
alors que le portail s’ouvre grandement.

Comme une reine elle est assise gracieusement les jambes croisées dans un
des fauteuils du salon avec un verre de vin en main. Elle boit un coup en me
regardant venir vers elle.

- Bonsoir Vicky.
- Assieds-toi. Que me vaut l’honneur de ta visite ?

- Je viens en paix.

- Huhum.

- Si je suis là c’est parce que je veux que toi et moi repartions sur du bon
pied. Nos premiers rapports ont échoué et je voudrais réparer ça parce
que c’est de ma faute. Je sais que je n’ai pas été une bonne personne mais
maintenant je l’ai compris et je veux me racheter. J’étais aveuglé par la
richesse, l’orgueil et d’autres choses sans valeurs si bien que j’ai foutu en
l’air ma famille. Le problème n’est pas de faire des erreurs dans la vie,
mais de pouvoir les reconnaitre et travailler à être une personne meilleure.
Pour te dire la vérité, Pamela me manque.

Elle écarquille les yeux de surprise.

- Je suis le premier surpris je dois te l’avouer. C’est maintenant je


comprends qu’elle avait plus d’importance dans ma vie que je ne le pensais.
Je crois que je suis amoureux d’elle et je veux la reconquérir.

Là elle éclate de rire en manquant de renverser son verre.

- Tu n’es pas sérieux là Antony !?

- Si, je le suis. Je m’en suis rendu compte et rien que pour elle j’ai renoncé
à intégrer la Blood Brother parce que je veux la protéger de tout ça. Ce
n’est pas moi qui vais t’apprendre comment ils fonctionnent là-bas puisque
tu sais déjà tout. Je veux lui offrir ce qu’il y a de mieux avec nos filles.

- Pourquoi devrais-je te croire ? Tu veux qu’elle revienne pour la retenir


encore une fois sous ton joug ?

- Non loin de là. Je l’aime et je suis sérieux quand je le dis. Je veux juste
qu’on réessaie sans que nos parents ne s’en mêlent. Qu’on réessaie sans
baser cela sur des intérêts. Je veux me racheter et lui faire oublier ces 9
années d’échec de mariage. Je veux juste que tu m’aides.

- Fhum. Je ne sais pas pourquoi mais je te trouve sincère alors je vais te


donner une chance. Mais sache qu’à la moindre erreur je te couperai l’autre
couille qui te reste. J’espère qu’on est clair ?

- Comme de l’eau de roche.

- Bonsoir ici. Salut Malcom en entrant.

Vicky va l’embrasser et il me regarde bizarrement comme s’il voulait me


casser la gueule. Normal, j’ai été con avec sa sœur. Sa femme lui dit
quelque chose à l’oreille et il s’assoit en face de moi. Je lui fais mon même
speech qu’à sa femme et il regarde celle-ci qui hoche la tête.

- Tu veux à nouveau de ma sœur pour la maltraiter c’est ça ?

- Non, bien sûr que non. C’est difficile à croire mais je pense que des
sentiments sont en train de naitre dans mon cœur pour elle. Je la veux
pour de vrai et non par ambition. Je suis sincère Malcom sinon je n’aurai
pas pris le risque de venir ici sachant que tu pourrais me casser la figure.

Il se met à réfléchir encore et relève la tête vers moi.

- Ok tu as mon approbation mais je te jure qu’à la moindre erreur je te


coupe l’autre couille qui te reste.

- Ta femme m’a dit la même chose.

- Tu es donc prévenu.

- Ouais. Merci beaucoup et merci à la personne qui m’a coupé ma couille


parce que sans ça j’aurai continué à être le gros con que j’étais. Dis-je en
regardant Vicky qui me sourit.

- Ouais.
- Bon je vais y aller maintenant. Il faut que je réfléchisse à comment
reconquérir ma femme. Merci encore de m’avoir écouté et donné une autre
chance.

On se lève tous et je leur empoigne les mains avant de sortir le cœur léger.
Maintenant que j’ai réglé tout le contour je vais maintenant me concentrer
sur ma nouvelle mission : Séduction et récupération de ma femme.

La vengeance est une femme

Episode 25

***Armel***

Je me suis enfermé dans ma chambre pour regarder la tété parce qu’en


bas April et ma tante ne font que bavarder donc impossible de suivre la
télé. Pour dire vrai j’évite un peu April parce que je ne sais pas comment
me comporter avec elle. Avant c’était facile parce qu’elle n’était qu’une
amie mais maintenant qu’on parle de fratrie je ne sais plus comme me
comporter. J’évite d’aborder le sujet avec elle surtout que j’en veux
toujours à son père. Il n’est pas mon père et ne le sera jamais. Comment
considérer comme mon père un homme qui a violé et tué ma mère. S’il
c’était contenté de la première fois qui m’a fait voir le jour peut-être que
je lui aurais pardonné, un peu difficilement mais oui je l’aurais fait mais il a
fallu qu’il la viol une deuxième fois devant moi et qu’il la tue elle et mes
grands-parents. Il est hors de question que je lui pardonne. Je préfère ne
pas lui pardonner que de faire semblant juste parce que tout le monde me
le dit sinon je risque de le tuer si on se retrouve à deux.
Je prends mon ordi et essaie de joindre Faith par appel vidéo mais elle ne
décroche pas alors qu’elle est en ligne. Elle me boude parce que la dernière
fois je ne lui ai pas dit qu’elle me manquait. Je ne suis pas très
sentimentale et je ne m’étais jamais intéressé à une fille. Je relance
l’appel mais rien. Je repose mon ordi sur le lit et on cogne à la porte de ma
chambre.

- Oui.

- Je peux ? Demande April en passant sa tête par l’entrebâillement de la


porte.

- Oui entre.

Je la regarde venir s’arrêter devant moi et je lui fais signe de s’asseoir


sur le lit ce qu’elle fait. Je diminue la télé et reporte mon attention sur
elle.

- Je voudrais qu’on discute.

- Ok.

- J’ai voulu te laisser du temps pour digérer tout ça et je pense que


maintenant on peut discuter pas comme des amis mais comme frère et
sœur.

Je baisse les yeux quand elle dit ça. Ça me fait bizarre de l’entendre me
dire qu’elle est ma sœur.

- D’abord sache que je suis heureuse que tu sois mon petit frère. Dit-elle
en souriant.

- Ouais moi aussi même si les conditions me déplaisent.

- Que comptes-tu faire par rapport à papa ?


- Ce n’est pas mon père.

- Il l’est pourtant et il va falloir que vous vous confrontiez.

- Non ce n’est pas à envisager.

- Mel je sais ce que tu ressens.

- Non tu n’en sais rien.

- Si j’en sais quelque chose. Il a aussi causé la mort de ma mère et de mes


trois frères.

- Donc il ne mérite pas qu’on lui pardonne. Il n’a fait que tuer et nous priver
des gens que nous aimions.

- Oui mais il le regrette vraiment sinon il ne serait pas en train de mettre


sa vie en danger en étant ici où ses anciens confrères le recherchent pour
le tuer rien que pour obtenir notre pardon.

- Il joue peut-être la comédie pour que lorsqu’on baissera la garde il nous


sacrifiera aussi.

- Je n’en suis pas sûre et puis je ne pense pas qu’il puisse y arriver avec
Vicky qui veille sur notre sécurité comme la prunelle de ses yeux.

Nous nous mettons à sourire et elle pose sa main sur la mienne.

- Je ne te demande pas de lui pardonner sur le champ. Accepte juste de le


voir, d’écouter ce qu’il a à dire et après tu verras. Il est mourant et il veut
avant de quitter cette terre se racheter auprès de nous ses deux seuls
enfants.

- Je n’en sais rien.

- Fais-le pour moi stp. Rien qu’une seule fois. Stp Mel. Stp.

Je la regarde me faire les yeux doux pour essayer de me convaincre et je


roule les yeux. Cette fille a toujours été une vraie teigne qui savait s’y
prendre pour obtenir ce qu’elle voulait. Je n’ai vraiment pas envie d’aller
voir ce type mais rien que pour elle je le ferai. Je ne le montre pas mais je
suis heureux qu’elle soit ma sœur.

- D’accord c’est compris mais tu viens avec moi. Si je reste seul avec lui je
risque de lui tirer une balle entre les deux yeux.

- D’accord merci beaucoup.

- De rien.

- Alors dis-moi qu’est-ce qu’on peut bien faire entre frère et sœur ?
Demande-t-elle en souriant toute excitée.

- Rien. Maintenant sors de ma chambre.

- Oh tu ne veux pas passer du temps avec ta sœur chérie ?

- No so get out of my room. (Non donc dégage de ma chambre)

Elle se met à rire et s’en va. Je me détends sur le lit et me demande si


c’est vraiment une bonne idée d’aller voir ce type.

Je continue de me poser la même question alors que nous sommes en


chemin pour son hôtel. Ma tante et mon oncle ont été ravis d’apprendre
que j’allais le voir même si c’est juste pour faire plaisir à April. Les deux
gardes que ma tante a assignés à mon oncle nous accompagnent puisque lui
est actuellement à la maison. Le concernant, j’ai eu tellement peur et mal
quand il y a eu le crash. Je l’aime comme mon père et j’aurai voulu qu’il le
soit donc penser qu’il ne ferait plus partie de ma vie m’a anéanti mais j’ai
pris sur moi pour soutenir ma tante parce qu’elle allait avoir plus besoin de
moi. Mais Dieu soit loué il n’a rien eu si ce ne sont que quelques
égratignures.

Nous arrivons devant l’hôtel et je regarde mon arme me demandant si je


dois la prendre parce que j’ai subitement des envies de meurtre.

- Ne pense même pas à la prendre.

Je lève les yeux sur elle et vois qu’elle regarde aussi mon arme. Je la laisse
donc dans la voiture et nous sortons. Quand cet homme nous ouvre la porte
après que nous ayons cogné à peine deux coups, toute la haine que je
ressens pour lui se réveille. Je serre les poings et les dents pour me
retenir de le cogner. April me tire par la main pour me faire entrer et nous
prenons place en face de lui. Il m’a l’air heureux ce qui m’énerve encore
plus parce que j’ai l’impression qu’il se fout de notre gueule.

- Je suis vraiment heureux que vous soyez là mes enfants.

- Je ne suis pas ton fils donc parle seulement pour April.

- Mon fils.

- J’AI DIT DE NE PAS M’APPELER TON FILS.

Lui et April sursaute et elle pose sa main sur la mienne pour me calmer. Je
vais buter ce type. Avec quelle arme ? Je ne sais pas mais je jure que je
vais le buter.

- Papa tu devrais y aller par étape.

- D’accord ma chérie. Comment vous allez ?


- Bien. Nous sommes venus pour que tu puisses directement dire à Mel ce
que tu as sur le cœur.

- Mel…

- Pour toi c’est Armel. Je tranche en évitant de le regarder pour


m’empêcher de lui sauter dessus.

- Ok Armel. Je voulais comme je l’ai fait avec ta sœur te demander pardon.


Je ne suis pas fier de tout ce que j’ai fait dans le passé. Je regrette
amèrement.

- Tu le regretteras encore plus lorsque tu sentiras mon poing dans ta


gorge.

- Mel. Me hurle presque dessus April en me faisant des gros yeux.

- Laisses-le chérie. Il a le droit de s’exprimer. Je ne t’en veux pas de me


détester tu sais. Mon plus grand souhait c’est que tu me pardonnes avant
que je ne meure. Je ne te dis pas de m’aimer ou de me considérer comme
ton père mais juste de m’accorder ton pardon. Si j’avais la possibilité de
tout reprendre sache que je ne referai pas les mêmes choses. Toi et April
êtes les seuls enfants qui me restent et j’ai besoin de vous.

Il se lève de son fauteuil et se met à genoux un peu faiblement.

- Armel, je te demande pardon. Je ne peux rien effacer, je ne peux pas


ressusciter ta mère et tes grands-parents mais je peux faire en sorte que
cette haine que j’ai mis en toi et qui t’empêche de vivre normalement
comme un jeune de ton âge disparaisse, en tout cas si tu me le permets. Je
suis prêt à tout faire pour me faire pardonner même à donner ma vie pour
vous.

- Ta vie j’en veux pas donc garde-là pour toi et stp lève-toi parce que tout
ce cinéma ne m’émeut pas le moins du monde. Je suis là pour April donc
dites-vous tout ce que vous avez à vous dire qu’on se barre.
Il se relève et April entame une discussion avec lui en essayant de temps à
autre de m’y impliquer mais je ne pipe pas mot. Je prends mon portable et
tente de me connecter mais le réseau est à chier. Je ne supporte plus la
présence cet homme et être là dans la même pièce que lui me donne
l’impression de trahir la mémoire de ma mère. Il faut que je sorte.

- April je t’attends dans la voiture. Tu as 30 minutes.

Sur ce je sors dans un regard ni un mot pour l’autre type. Je m’assois au


volant et me mets mes écouteurs dans mes oreilles pour écouter de ma
musique. April ne tarde pas à me rejoindre. Je retire mes écouteurs et
démarre.

- Merci pour l’effort.

- De rien mais c’est la dernière fois. Je ne suis plus sûr de pouvoir garder
mon sang froid.

- D’accord c’est compris.

J’entre à la maison après avoir déposé April chez elle et trouve ma tante
assise au salon en train de travailler sur son ordi. Mon oncle doit surement
être dans son bureau. Je vais l’embrasser et m’asseoir près d’elle.

- Alors comment ça s’est passé ?

- Il est toujours en vie.

- Donc ?

- Donc rien du tout. Je le déteste toujours autant. Mais bon pour April je
vais essayer d’apaiser un peu mon cœur.

- C’est bien. Mel je veux que tu ais une vie normale.


- J’ai déjà une vie normale.

- Disons vraiment normale. Qu’est-ce que tu veux faire ?

- Je suis déjà ton garde.

- Oui mais je ne veux plus te mêler à ce que tu sais. Dit-elle en chuchotant.


Tu n’es plus seul donc il faut protéger la vie d’April. Si ces gens savent qui
tu es déjà qu’Aïcha le sait et qu’ils savent qu’April est ta sœur ils risquent
de s’en prendre à elle. Donc le mieux c’est que tu fasses quelque chose qui
ne met pas vos vies en danger.

- D’accord mais je veux un truc qui soit en rapport avec l’armée, la garde
rapprochée, la sécurité. Enfin ce genre de chose.

- Ok il y a M Terry YOUL qui cherche un chef de sécurité pour sa boite.


Je lui parlerai de toi.

- D’accord.

- Mais à notre retour à Washington tu retourne dans les Marins. J’ai déjà
vu mon père pour qu’on renouvelle ton dossier. D’accord ?

- D’accord chef.

- Maintenant dis-moi ce qui se passe avec Faith. Je l’ai appelé aujourd’hui


et quand j’ai parlé de toi elle m’a clairement dit qu’elle ne voulait plus
entendre de toi.

- Pff. Elle est en colère parce que je ne lui ai pas dit qu’elle me manquait.

- Elle ne te manque pas ?

- Si mais bon tu sais pourquoi je ne voulais pas me mettre dans une


relation.

- Oui mais maintenant que tu as décidé d’avoir une vie normale tu devrais
lui dire ce que tu ressens.

- Ouais.

- Ok tu as diné ?

- Non mais je n’ai pas vraiment faim. Ce type m’a coupé l’appétit. Je vais
monter dans ma chambre me tendre un peu.
- Tu veux que je te fasse monter un peu de pizza et un verre de jus ?

- Bof ok d’accord. Merci.

Je monte dans ma chambre et vais prendre une douche. Quand je ressors


je vois mon plateau de pizza et de jus posé sur mon bureau. Je mange un
bout puis me connecte. Faith aussi est connectée donc je décide de
l’appeler. Comme depuis un moment elle ne décroche pas. Je lui écris donc
un message : « Je suis désolée princesse. Tu me manques énormément.
Sache aussi que je t’aime. ». J’envoie le message et aussitôt je reçois un
appel vidéo d’elle. Je me mets à sourire et décroche.

« - Redis-moi ton message de vive voix. »

- Tu n’es plus fâchée ? Dis-je pour la taquiner.

« - Arrête avec ça Mel et redis-moi ton message oralement. »

- J’ai dit que tu me manquais.

« - Mais aussi… »

- Je t’aime.

Elle rougit et se mord la lèvre inférieure en tournant la tête. Je la vois


sourire et je souris aussi.

« - Tu ne dis pas ça pour te foutre de moi j’espère ? »

- Comment le pourrais-je ? Je suis sincère Faith. Je t’aime.

« - Oh God je vais pleurer. »

J’éclate de rire et elle m’y rejoint. Nous continuons à discuter de tout et


de rien jusqu’à ce que le sommeil commence à se faire plus intense. Je lui
souhaite bonne nuit et avant de raccrocher elle me dit qu’elle m’aime aussi.
Je me sens beaucoup mieux maintenant. Je vais apprendre à vivre comme
un jeune de mon âge et commencer à faire des projets de vie parce
qu’avant mon seul projet c’était de retrouver l’homme qui avait violé et
assassiné ma mère et le tuer aussi. Mais maintenant j’ai une sœur et une
fille que j’aime. Ma tante a raison je dois penser à bâtir mon futur.

La vengeance est une femme

Episode 26

- Il a rendez-vous ce soir avec un jeune dans un hôtel. C’est son amant.

- Il est homo ?

- Disons qu’il aime aussi les hommes en l’occurrence les jeunes d’une
vingtaine d’années.

- Pourquoi ça ne m’étonne pas. Dis-je en refermant le dossier que Brad m’a


apporté. Tes gars sont prêts ?

- Oui. Ils ont hâte de donner une bonne leçon à celui qui les a mis à la rues
eux et leurs familles.

- Je les veux balaises.

- Pour ça tu n’as pas à t’en faire.

- Qu’est-ce qu’on fait de son amant ?

- On s’en charge ne t’inquiète pas pour ça.

- Ok. Où se trouve Malcom actuellement ?

- Dans le restau d’un hôtel où séjourne le partenaire avec qui il doit signer
une affaire.

- Le périmètre est sécurisé ?

- Oui.

- Ok tu peux y aller.
Je reste seule pour terminer un travail que j’avais commencé en pensant au
plan de ce soir. Il va mal se faire défoncer ce type. Comment un gros type
comme lui peut avoir des penchants pour les jeunes garçons ? S’il y a bien
une chose que j’ai compris dans ce milieu c’est que deux choses le mine : les
crimes rituels et le sexe. Ils sont tous de gros pervers homme comme
femme. Ils adorent la dépravation sexuelle et sont tous bisexuels. Les
hommes mariés couchent avec d’autres hommes en particuliers les jeunes
certainement pour se sentir jeunes et les mères de famille avec des jeunes
filles. Ils savent que c’est par ça qu’on les conduira à leurs pertes mais ils
continuent quand même. Mes beaux-parents aussi sont dans cette pratique
mais pour eux je ne suis pas pressée. Je boucle le dossier sur lequel je
travaillais et sors pour prendre ma pause. Je me dirige vers le bureau de
Pamela pour qu’on aille déjeuner. Je frappe deux coups et elle me dit
d’entrer.

- Alors ma belle on va déjeu oohh elles sont de qui ces magnifiques fleurs ?

Elle pose l’énorme bouquet de fleur qu’elle reniflait quand je suis rentrée
et prend la carte qui s’y trouve. Elle se met à la lire à haute voix.

- « J’ai essayé de trouver des roses qui soient aussi belles que toi mais j’en
ai pas trouvé alors je me suis contenté de celles-là en espérant que ta
beauté les illumine. Tu rends magnifique tout ce que tu touches. Agréable
journée beauté. A.S »

- A.S comme Antony SAKO ?

- Oui. Des cadeaux de ce genre il m’en fait presque chaque jour.

- Et ?

- Et rien du tout. Allons déjeuner je meure de faim.


Je souris et nous sortons retrouver April qui range ses affaires. Ensemble
nous nous rendons dans le restau juste à quelques minutes de la boite et
nous y installons. Une fois nos commandes passées nous plongeons dans
diverses conversations.

- Comment va Mel ? Ca fait une semaine que je ne l’ai pas vu. Demande
Pamela.

- Il est chef de sécurité chez Les maisons YOUL.

- De Terry YOUL ?

- Oui. Et ça va. J’ai voulu l’éloigner un peu de moi pour qu’il prenne son
envol.

- Et tu as bien fait. Je ne sais pas si c’est moi mais April et lui ont des
traits de ressemblance.

- Oui c’est parce que nous sommes…

- Tout le temps ensemble que tu penses cela, coupais-je April en lui faisant
signe des yeux. Il peut arriver que des gens se ressemblent.

- Oui c’est vrai.

- Excusez-moi mesdames mais j’ai un colis pour mademoiselle Pamela


BEYNAUD. Dit un jeune qui s’est approché de notre table.

- Oui c’est moi.

Il lui tend un petit sac en carton et elle signe la fiche de livraison avant
qu’il ne prenne congé de nous. Elle sort du sac une boite et quand elle
l’ouvre nous restons wahoo. Une magnifique montre avec gourmette
incrustés de diamant.

- Oh mon Dieu ! S’exclame-t-elle en prenant les bijoux dans ses mains pour
les contempler.

- C’est encore un cadeau d’Antony ? Demandais-je.


Elle prend aussitôt la carte qui accompagne et la lit encore à voix haute.

- « Je t’ai vu la contempler hier à Sococé avec envie et j’ai voulu te l’offrir.


A.S ». Je n’arrive pas à croire qu’il me l’ait offerte. Elle coûte super chère
et comme je ne me voyais pas mettre une somme exorbitante dans un bijou
je ne l’ai pas acheté malgré que j’en avais grave envie. Nous étions en
ballade avec les filles à Sococé et c’est là que j’ai flashé dessus.

- En tout cas il a fait fort là.

- Tu reçois toujours ce genre de cadeau de ton ex-mari ? Demande April


dépassée.

- Oui comme je l’ai dit à Vicky mais ce n’est pas seulement ça. Antony a
changé du tout au tout. Il est attentionné, doux, tout le temps souriant
bref tout ce qu’il n’était pas avant avec moi. Il organise chaque week-end
des sorties en famille et le plus bizarre c’est qu’il me fait des compliments
à chaque carrefour. J’en suis dépassée.

- Hé les choses de mon corps ooh. S’exclame April.

- C’était quoi ça ? Je lui demande surprise.

- Quoi comment ? Ça te surprend que je parle comme une Africaine quoi ?


Je suis abonnée sur différentes pages de chroniques Africaines et j’adore
leurs expressions.

- Où est passé la stétoise ?

- Elle est restée à Washington-Dulles International Airport. Pardon


revenons à Pamela. Donc vous êtes de nouveau ensemble ?

- Quoi nooon. Nous venons à peine de divorcer, on ne va pas se remettre


ensemble. Ça serait insensé.

- Mais tu n’es pas indifférente à ses petites attentions ? Parlais-je.

- Non enfin si, enfin, je ne sais pas trop. C’est nouveau pour moi tout ça. Je
n’avais pas prévu retourner avec lui. Nous avons été mariés une fois et ça a
été le cauchemar et là vraiment je n’ai pas envie de revivre ça.
- Il s’est peut-être rendu compte qu’il avait été vache avec toi et il veut
réparer ses erreurs.

- Je pense que maintenant qu’il t’a perdu il se rend compte de ton


importance. Complète April.

- Je ne sais plus quoi en penser.

- Laisse donc les choses se faire et tu verras par la suite. Lui conseillais-
je.

- D’accord.

Nous terminons notre déjeuner et retournons au boulot. April rentre dans


mon bureau un peu perplexe.

- Pourquoi tu n’as pas voulu que je dise à Pam que Mel était mon petit
frère ?

- Parce que son père fait partie de la secte dans laquelle ton père était et
s’il sait qui vous êtes il risque d’en informer les autres et ils vont s’en
prendre à vous. Personne pour le moment ne doit savoir que vous êtes
frères encore moins qui est votre père. C’est déjà une bonne chose que tu
ne portes pas son nom.

- Ok c’est compris. Bon je retourne.

Il est 16h30 lorsque je commence à ranger mes affaires pour rentrer. La


porte de mon bureau s’ouvre aussitôt sur… Malcom.

- Boo ?

- Comment va la plus belle femme de la terre ?

- Je vais bien. Qu’est-ce que tu fais là ?


Il contourne mon bureau et vient m’embrasser langoureusement puis fait
sortir une magnifique rose qu’il me tend. Je me mets à sourire comme une
débile.

- Merci mon amour.

- De rien. Tu t’apprêtais à rentrer ? Demande-t-il en posant une fesse sur


mon bureau.

- Oui. Je dois faire à diner.

- Ne fais rien. Je veux qu’on sorte diner ce soir rien que toi et moi.

- Humm qu’est-ce qu’on célèbre ?

- Notre amour. Tu ne penses pas qu’on doit le célébrer ?

- Si. Alors va pour un diner aux chandelles ce soir. Mais on va le mettre à


20h30 parce que j’ai un truc urgent à faire d’abord. C’est pour le boulot.

- D’accord moi aussi de toutes les façons j’ai un rendez-vous. Donc on se


retrouve directement sur place. Dans le restaurant de l’Hôtel Ibis.

- Ok bien noté.

Je me lève et l’embrasse en enroulant mes bras autour de son cou.

- Tu vas faire sauter ma braguette si tu continues de m’embrasser ainsi.

- Et si on rentrait à la maison pour que je la fasse bien sauter. Dis-je avec


un sourire coquin.

- Très bonne idée. Allons-y.

*
Un pied après l’autre je descends gracieusement de ma voiture en faisant
attention à où je pose mes Louboutin. Faudrait pas les abimer. Je marche
suivie de mon éternel bras droit Brad jusqu’à la suite où est censé se
rendre René SALIOU pour son dévergondage avec ce jeune de 24 ans. Ce
jeune est un étudiant défavorisé qui a fini par céder aux avances de René
en échanges de gros chèques pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa
mère malade ainsi que ces deux petits frères en classe d’examen. Brad
voulait utiliser la technique violente avec lui pour qu’il n’ait pas à venir au
rendez-vous mais quand j’ai appris son histoire j’ai demandé à ce qu’on me
fasse le rencontrer. Normalement ils devaient être deux à se faire enculer
par René mais comme l’autre est un homo baptisé confirmé et qu’il en ait
fier j’ai demandé qu’on le fasse dégager par la manière forte. Le jeune
garçon attend donc patiemment qu’on lui fasse son show pour lui filer le
chèque dont il a besoin pour finaliser la scolarité de ses frères et payer
les soins de sa mère qui risque de perdre la vue si on ne l’opère pas.

Quand j’entre dans la suite et que le jeune me voit avec Brad et mes
quatre autres gardes qui m’attendaient déjà ici dans une chambre qu’ils
avaient loué il sursaute aussitôt manquant de jeter son portable qu’il
manipulait.

- Qui êtes-vous et qu’est-ce que vous voulez ? Demande-t-il en tremblant.


Vous vous êtes trompés de chambre. Ici c’est déjà occupé.

Mes hommes vont s’arrêter dans chaque recoin de la suite et Brad dégage
les petits coussins dans le fauteuil pour que je m’y asseye.

- C’est toi Nicola ANOMAN ?

- Comment connaissez-vous mon nom ? Svp ne me tuez pas. Supplie-t-il en


se mettant à genoux. Je n’ai rien fait de mal. Je suis juste venu chercher
de l’argent pour m’occuper de ma famille. Je suis l’ainé de ma famille et
c’est sur moi que tout repose. Ma mère est malade et mes petits frères
sont en classe d’examens. J’ai donc besoin d’argent pour nous faire vivre.
Je vous en supplie Madame ne me faites pas de mal. Ma mère doit se faire
opérer sinon elle va perdre la vue et par la suite la vie. Termine-t-il en
pleurant.

- Relève-toi et assieds-toi je ne te ferai rien. Je veux juste discuter avec


toi en attendant René SALIOU.

Il lève la tête surpris et s’assoit lentement en tremblant.

- Qu’est-ce que tu fais là ?

- Je, je, balbutie-t-il en jouant avec ses doigts, je suis là pour satisfaire la
libido de M René SALIOU.

- Depuis combien de temps tu fais ça ?

- 6 ou 7 mois je crois bien. Mais je ne suis pas le premier ni le seul avec qui
il le fait. Relève-t-il comme pour se défendre. C’est son passe-temps
préféré.

- Ça te plait de faire ça ?

- Bien sûr que non mais j’y suis obligé. Je n’ai pas d’autres choix. Je sais
que ce n’est pas bien mais c’était soit ça soit me voir refuser tous les
accès au différentes Universités et grandes écoles et voir ma famille être
jetée à la rue.

- Raconte-moi tout. Parle-moi de toi. Nous avons encore 45 minutes avant


qu’il n’arrive.

- Je suis Nicola ANOMAN premier enfant d’une fratrie de 3. Mes deux


petits frères sont des jumeaux, ils ont 9 ans et sont en classe de CM2. Je
suis en 4e année de médecine à l’Université d’Abobo la commune où je vis
avec ma famille. Mon père je ne le connais pas, ma mère m’a juste dit qu’il
était mort avant ma naissance et celui de mes frères est aussi mort il y a
deux ans nous laissant dans la misère parce que c’était lui qui faisait tout à
la maison vu la santé faible de ma mère. Au fait elle a le… SIDA et elle fait
la maladie parce qu’on ne l’a pas vite détecté. D’autres maux se sont
ajoutés au fil du temps et maintenant elle est au plus mal. Toutes les
charges de la maison m’incombaient donc et je devais travailler en plus
d’aller à l’école. Je suis donc allé postuler pour n’importe quel poste dans
l’entreprise de M René et c’est là qu’il m’a proposé de coucher avec moi en
échanges de gros chèques. J’ai refusé et les menaces ont commencé. Etant
en plus de chef d’entreprise le Ministre de l’Enseignement supérieur il m’a
fait renvoyé et fermer toutes les portes dans les autres écoles. J’ai donc
fini par accepter et quand je lui ai parlé de mes besoins il m’a dit que je
devrais mériter chaque chèque qu’il me ferait parce que selon lui s’il me
donnait tout à chaque fois quand j’en ai besoin je ne voudrais plus lui servir
de pute. Donc quand j’ai besoin d’argent je l’appelle et il me fixe un
rendez-vous pour la nuit. Il me donne aussi de l’argent quand c’est lui qui a
besoin de moi. Voilà c’est tout.

Plus ce jeune parlait plus j’étais frappée par quelque chose chez lui. Je le
regarde donc intensément pour découvrir ce qui me chiffonne.

- Combien coûte l’opération de ta mère et tous ses soins ?

- Ses soins sont multiples, à vrai dire elle va mourir mais je ne veux pas
rester là sans rien faire à la regarder mourir. Je veux tout tenter pour la
garder encore un peu près de nous. Pour l’opération on parle de 15 millions
sans compter les différents médicaments.

- Ok qui de toi et René est la femme ?

- ….. Moi.

Le manche de son peignoir tombe de son épaule et il le rajuste lentement.


Je le regarde encore avec beaucoup d’insistance.

- Ok bon voici ce qu’on va faire. Tu vas te rhabiller et rentrer chez toi. Tu


vas aller bosser pour avoir de bonnes notes à l’école et devenir le médecin
que tu rêves d’être. Pour ta mère je m’en occupe et tu auras de mes
nouvelles dans les jours qui viennent. Toi et ta famille aurez tout ce dont
vous avez besoin pour vivre. Mais en retour tu vas me promettre deux
choses.

- Tout ce que vous voulez Madame. Tout.

- Cette conversation n’a jamais eu lieu, on ne sait jamais vu. Aussi je ne


veux plus jamais apprendre que tu continues à faire la pute sinon je peux
t’assurer que je vais te mettre une barre de fer au fond du trou qui
sortira par ta bouche.

- C’est promis Madame. Plus jamais je ne referai ça. Et on ne sait jamais


vu. Jamais jamais.

- Bon va t’habiller et sort d’ici avant qu’il n’arrive. L’un de mes hommes va
te raccompagner chez toi.

- D’accord.

Il se lève tout excité et va se rhabiller dans la chambre avant de revenir


me trouver dans le salon. Je lui tends 20 mille fcfa et le laisse partir. Il
me remercie encore et encore et s’en va.

- Je veux avoir plus d’information sur lui mais surtout sur sa mère.
J’ordonne à Brad.

- D’accord.

- Faites entrer les hommes et qu’ils commencent à tout préparer.

Assise dans le noir de la chambre avec mes hommes je regarde René


SALIOU rentrer et commencer à se déshabiller. Il est dégoutant avec son
énorme ventre. René SALIOU est l’actuel Ministre de L’enseignement
supérieur et si Emile est élu Président il sera son premier Ministre selon
ce qu’ils ont programmé. Dommage, ils vont devoir revoir leur plan. Cet
homme faisait partie des quatre hommes qui ont violé ma mère et
aujourd’hui il se fera aussi violer par de hommes deux fois plus costauds.
Des loubards comme on les appelle ici au pays. Il sursaute en me
découvrant après avoir allumé la lumière.

- Seigneur Jésus Marie Joseph. Vous êtes qui ?

- V. Assieds-toi qu’on discute.

- Quoi comment ça ?

- J’ai dit assis.

Deux de mes hommes l’obligent à s’assoir dans le fauteuil qu’ils avaient plus
tôt placé en face du mien devant le lit. La chambre a été décorée de façon
exotique avec des objets de soumissions. Menottes, barres de fers et
autres. Il sera la pute de six gros hommes à tour de rôle. Je fais signe à
l’un de mes hommes qui va récupérer les affaires de René et en sort son
chéquier plus un stylo qu’il pose sur la table entre nous. Pendant ce temps
lui ne fait que parcourir la chambre du regard ne comprenant ce qui se
passe.

- Vous allez m’expliquer ce qui se passe ? Qu’est-ce que vous me voulez ?


Et qui êtes-vous ?

- D’abord tu vas me signer un chèque 20 millions pour l’opération de la


mère du jeune que tu utilisais pour ta sale besogne et aussi pour le reste
de ses besoins.

- Pourquoi je devrais vous obéir ? C’est lui qui vous a envoyé c’est ça ?

Je le regarde avec un rictus et commence à jouer avec mes doigts.

- Tu as entendu parler de V ? Ce signe qui était sur les corps de tes


confrères.
Il me regarde l’air de réfléchi et il ouvre grand les yeux quand il comprend.

- C’est, c’est vous ?

- Bingo. Maintenant fais-moi ce chèque pour qu’on pour qu’on puisse passer
à l’étape suivante.

- J’ai… 25 millions dans ma manette. Vous pouvez y prendre les 20 millions.

- On prendra donc les 25 millions.

L’un de mes gardes lui apporte la manette qu’il déverrouille et ouvre pour
nous montrer l’argent. Mon garde reprend la manette et se repositionne à
sa place.

- Bon maintenant que ça c’est ok je vais vous laisser vous accoupler. Il


parait que tu aimes les hommes. Tu seras donc servi. Tu en auras jusqu’à 6
à ta disposition et cette caméra là va tout filmer pour qu’en suite on puisse
mettre la vidéo en ligne. Tu seras donc une super star du porno gaie. Bon
j’y vais. Terminais-je en me levant.

- Non vous ne pouvez pas me faire ça. Je vous en supplie ne faites pas ça.
Je vous donnerai tout ce que vous voudrez. Je n’ai jamais été la femme,
enfin si mais il y a des années en arrière.

- Tu vas donc revivre cette expérience. Ah au fait j’oubliais. Je suis la fille


du feu Colonel Julien Anselme TAPÉ et avant que tu ne poses la question
oui je suis bel et bien vivante. Passe une excellente soirée.

Je sors de là avec Brad et celui qui tient la manette. Je lui confie la tâche
de s’assurer que l’opération de la mère du jeune soit réglée et que le reste
lui soit remis. Pendant que nous roulons pour la maison je regarde la vidéo
en direct du sort qui est en train d’être affligé à René SALIOU. Il est en
train de sucer de force deux des hommes qui doivent le violer. Quand tout
ça sera fini, la vidéo sera faite en sorte qu’on ne voit pas que c’est un viol
mais plutôt une sexe-tape. Je coupe la connexion à la vidéo et retire mes
gants en cuir. Une fois à la maison je prends rapidement une douche et
enfile une robe que Malcom m’a offerte avant son voyage qui a failli lui
coûter la vie.

Le diner s’est magnifiquement bien passé. Malcom est beau comme un cœur
dans son ensemble Nigérian. C’est la première fois qu’il en porte et il est
magnifique. Nous avons passé la soirée à discuter de tout et de rien. Nous
nous sommes retrouvés rien que tous les deux et j’ai adoré. Il conduit la
voiture d’une main et de l’autre me tient la main.

- Tu as aimé le diner ?

- J’ai adoré boo. J’adore qu’on passe du temps ensemble.

- Moi aussi. Tu es magnifique dans cette robe mais je suis sûr que tu le
seras encore plus sans.

- Est-ce une déclaration que vous me faites là M BEYNAUD ?

- Une énorme déclaration Mme BEYNAUD et il me faut vérifier mes dires.

- T’es un gros coquin toi.

- Je deviens le plus gros coquin quand je suis avec toi. Je t’aime ma


prunelle.

- Je t’aime boo.

Quand nous arrivons devant la maison nous sommes attirés par un truc
posé par terre enroulé dans un morceau de pagne. Quand nous nous
approchons encore plus nous constatons qu’il s’agit d’un enfant qui dort là à
même le sol. Malcom gare et nous descendons pour nous approcher de
l’enfant. Je me baisse et vois qu’il s’agit d’une petite fille qui est
profondément endormie. Brad vient vers moi avec un garde et font le
même constat.
- Qui a bien pu la déposer là ? Demandais-je dépassée.

- On visualisera les caméras de surveillance et on verra.

- Malcom qu’est-ce qu’on fait ?

- On la garde jusqu’à ce qu’on retrouve ses parents.

Mon cœur se met à battre en désordre. Moi m’occuper d’un enfant ? C’est
impossible. Je fais ça comment ? Et puis cette histoire ne me dit rien qui
vaille. Absolument rien.

La vengeance est une femme

Episode 27

Ça fait maintenant quatre jours que la petite est avec nous et pour dire
vrai j’ai fini par prendre goût. Je me plais dans ce rôle de mère même si
elle n’est pas ma fille. J’aime m’occuper d’elle, me réveiller les matins, lui
faire à manger, lui donner son bain, lui acheter des trucs, regarder la télé
avec elle etc… En seulement quatre jours je me suis attachée à elle. Je ne
suis pas aussi froide que ça. D’après ce que nous avons vu à travers les
caméras de surveillance, c’est une jeune fille à en juger par sa morphologie
qui l’a déposé là alors qu’elle dormait. Je pense que la petite a été drogué
pour dormir aussi longtemps parce qu’elle ne s’est réveillée que le
lendemain matin. On ne voit pas le visage de la jeune fille en question parce
qu’elle s’est couverte la tête et a donné dos à la caméra comme si elle
savait qu’il y en avait. La petite que j’ai baptisé Jolie parce qu’elle est
toute mignonne n’a cessé de pleurer et de réclamer sa mère durant toute
la journée. Malcom et moi avions dû lui acheter plein plein plein de chose
pour qu’elle se calme. Mais aujourd’hui elle s’est un peu habituée à nous.
Elle rigole avec Malcom qui lui se débrouille comme un chef contrairement
à moi qui suis complètement gauche. À vrai dire je fais en sorte de ne pas
trop m’attacher à elle parce que je sais que bientôt ses parents referont
surface et qu’elle s’en ira. C’est Pamela qui me dit un peu comment faire.

- Viens Jolie il est l’heure de rentrer.

Elle descend de la balançoire et coure vers moi. Elle doit avoir 2 à 3 ans
tout au plus. Je la prends dans mes bras et nous allons monter en voiture.
Je la garde sur mes jambes parce que je n’ai pas de siège pour enfant. Je
n’en ai pas acheté parce qu’elle ne va pas rester éternellement avec moi.
Brad démarre et nous quittons le parc.

- La police n’a toujours rien ?

- Non. Ils ont mis les photos de la petite un peu partout dans les bas
quartiers parce que c’est généralement dans ce genre de quartier qu’on
trouve des parents qui ont abandonné leurs enfants à cause de la misère
dans laquelle ils sont.

- Oui. Il faut être vraiment méchant pour abandonner d’aussi innocents


enfants qui ne demandent rien d’autres que d’être aimés et entretenus.
Pendant que certains en cherchent de toute leur âme d’autres les
abandonnent. Je murmure pour moi-même.

Nous arrivons à la maison en même temps que Malcom. Il descend de sa


voiture avec dans sa main un gros nounours beige avec un petit cœur rouge.
Quand il l’approche de la petite celle-ci se cache derrière moi. Elle sort
ensuite sa tête pour regarder le jouet avec envie de le prendre mais se
cache à nouveau quand Malcom l’approche d’elle. Nous nous mettons rire.

- Ne t’inquiète pas elle finira par s’habituer. Dis-je à Malcom.


Il me donne le nounours et se baisse pour la prendre dans ses bras. Nous
entrons ensemble et je me mets rapidement à la cuisine pour faire le diner
et de la purée de pomme de terre accompagnée de viande hachée pour
Jolie. Quand nous sommes à table mon cœur ne peut s’empêcher de se
gonfler de joie devant ce magnifique tableau de nous trois. Ça aurait dû
être ainsi. Lui, moi et notre enfant ou nos enfants. Mel avait une sortie
avec sa sœur ce qui explique son absence.

- A boit l’eau. Dit la petite dans son français à elle.

- Tu veux bois de l’eau ma puce ? Je lui demande pour être sûre.

Elle hoche la tête pour dire oui et je porte son petit gobelet en caoutchouc
à sa bouche pour la faire boire. Malcom découpe un petit bout de son
poulet pour le mettre dans la bouche de la petite qui elle le mange avec
appétit. Il y a une lueur dans les yeux de mon mari qui n’apparait que
lorsqu’il est en présence d’enfants. Je vais mettre la petite au lit et
rejoins mon homme dans la nôtre qui est déjà allongé sur le lit.

- Elle s’est endormie ?

- Oui elle n’a pas mis du temps. Je pense qu’elle aime bien sa chambre
rempli de toutes sortes de jouets.

- Je commence à l’aimer cette petite.

- Moi aussi.

- La police n’a toujours pas fait signe de vie de ses parents ?

- Non. On attend toujours.

- Tu joues bien ton rôle de maman tu sais ?

- Oui et toi celui de papa. Tu en serais un très bon.


Je me couche sur son torse et nous continuons à discuter jusqu’à ce que je
sombre dans les bras de Morphée.

Ce matin comme depuis une semaine maintenant qu’elle est là je ne vais pas
au travail. Je ne veux pas la laisser seule ici à la maison et même si je le
voulais avec qui resterait-elle ? Je travaille sur mon ordi pendant que la
petite joue avec ses poupées et l’énorme nounours que Malcom lui a offert
hier. Ce matin quand elle s’est réveillée elle l’a pris dans ses bras.

- Bonjour ici. Dit Pamela en rentrant.

- Bonjour Pam. Comment vas-tu ?

- Très bien et ici ? Comment va ma petite nièce ?

- Elle va bien mais elle n’est pas ta nièce.

- Si nous ne trouvons pas ses parents elle le deviendra.

- Arrête ne me fais pas rêver. Alors quel vent t’emmène ?

- Bon comme tu as déserté le bureau pour être une nounou je t’ai apporté
des dossiers que tu dois signer afin de sortir l’argent pour les remettre
aux départements qui en ont besoin pour leurs projets.

- Ok tout est bon ?

- Oui tout est bon et si tout se passe bien nous aurons de plus gros
revenus.

- Ok.

Je prends les documents que je parcoure vite fait du regard et les signe.
Pamela fait du bon travail et ça nous fait gagner beaucoup. Elle a plein de
stratégie pour emmener nos partenaires à doubler leurs mises. Elle ne
tarde pas à prendre congé et je reste de nouveau avec Jolie.
- Vicky, il y a une femme et sa fille qui veulent te voir. M’annonce Brad.

- Ah bon ? Et qu’est-ce qu’elles veulent ?

- Elle dit que c’est en rapport avec la petite.

Mon cœur rate un battement.

- Ok qu’elles rentrent.

Il sort et revient avec une femme un peu âgée et une jeune fille de la
même tranche d’âge que Mel. Dès que Jolie les voit elle coure se jeter
dans les bras de la plus jeune en l’appelant maman. Mon cœur continue de
battre la chamade. Je leur propose à boire mais elles refusent.

- Je devine déjà pourquoi vous êtes là mais je vais vous demander quand
même les nouvelles.

- Ok merci, commence la plus âgée. Je m’appelle Mariam et elle c’est Maï


ma fille et la petite ici Sita ma petite fille, la fille de ma fille.

- Ok.

- Si nous sommes là c’est pour vous demander pardon pour ce que m’a fille
a fait. Je suis venue avec elle pour qu’elle-même vous demande pardon
d’avoir joué avec vous.

- Je ne comprends pas.

- Maï faut parler. Ordonne la femme à sa fille.

- Madame je vous demande pardon. C’est moi qui est déposée ma fille ici
mais j’ai fait ça parce qu’on m’a demandé. C’est la femme du Premier
Ministre qui m’a demandé de faire en échange de beaucoup d’argent.

- Quoi ?
- Elle a dit qu’elle voulait vous soyez loin d’eux un moment et vous blesser
entant que femme… stérile. Elle ne m’a dit plus.

- Madame wallah je ne savais rien de tout ça. Je ne voyais plus ma petite


fille et quand je lui demandais où elle était elle me disait qu’elle l’avait
envoyé chez une amie. Mais hier j’ai vu la photo de la petite où il était écrit
qu’on recherchait ses parents et c’est là qu’elle m’a tout avoué. Je suis moi-
même une femme et je ne peux pas accepter qu’on joue avec les
sentiments d’une femme qui malheureusement ne peut pas mettre au
monde. Moi aussi à une époque j’ai eu du mal à enfanter ce qui m’a coûté
une coépouse qui a fini par tuer notre mari quand celui-ci ne la calculait
plus après l’annonce de ma grossesse. Je vous demande pardon pour ce que
ma fille a fait.

- Tantie Allah kosson, dit-elle en se mettant à genoux, ne me fait rien.


J’avais besoin d’argent pour ma famille. Nous sommes pauvre, le père de
mon enfant n’a pas reconnu la grossesse et a disparu. Ma petite sœur de 16
ans s’est fait violer et nous n’avons pas pu l’envoyer à l’hôpital faute de
moyen parce qu’on nous demanderait de dépenser beaucoup et depuis sa
santé se dégrade. Pardon je ne vais plus recommencer tantie, pleure-t-elle.

Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal. Le fait d’être séparée de la


petite, le fait que ma stérilité soit utilisée contre moi ou le fait d’avoir mal
d’être stérile.

- Relève-toi jeune fille. Je ne vais rien te faire.

Mais à celle qui t’a envoyé si.

- Combien t’a-t-elle payé ?

- Elle m’a donné avance 200 mille donc il reste 150 mille. Elle doit me
donner ça la semaine prochaine quand j’allais venir chercher Sita.
- D’accord tu ne lui diras rien et tu empocheras l’argent. Comment va ta
sœur ?

- Ca commence à aller depuis que j’ai acheté un peu de médicament avec


l’argent que la femme là m’a donné.

- Ok. Je vais vous raccompagner chez vous. La petite a beaucoup de jouet


là-haut.

- Non madame faut pas te fatiguer. Notre quartier là ce n’est pas jolie oh.
C’est bas quartier. Dit Mariam gênée.

- Ce n’est pas grave. Je veux voir où ma Jolie vit comme ça je pourrai aller
la voir de temps en temps. Fais-je en caressant la joue de la petite.
Attendez moi je reviens.

Je remonte en me retenant de pleurer et commence à ranger les affaires


de Jolie. J’appelle Brad pour qu’il vienne avec un autre garde récupérer les
affaires pour les mettre dans ma voiture. J’essaye tant bien que mal de
camoufler la douleur qui m’habite pendant le trajet qui mène chez eux.
Nous entrons dans un quartier et ma respiration se saccade quand je le
reconnais. C’est mon ancien quartier. Celui où nous vivions quand Mélaine
s’est fait violer sauf qu’il est devenu précaire. À l’époque c’était un beau
quartier. Un tout petit quartier où tous les habitants se connaissaient les
uns les autres. Toutes les maisons ont été détruites pour laisser place à
des terrains vides et des maisons en bois. On ne voit même plus le goudron
si goudron il y a toujours. Pourquoi ont-ils rendu ce quartier comme ça ? La
voiture tanguote comme pas possible à cause de la voie remplie de trou et
de pierre. Il y a une sorte de décharge où les ordures sont en train d’être
brulé. C’est polluant tout ça. Des souvenirs, de beaux souvenirs me
reviennent malgré tout. Je me vois en train de jouer avec la mère de Mel
et d’autres amis. Lorsque nous passons devant là où était située notre
maison je nous revois toutes les deux assises devant la porte en train de
se raconter des ragots, critiquer tel ou tel, parler de nos rêves, de nos
futurs maris, dire à quoi on voulait qu’ils ressemblent. Un sourire triste
m’étire les lèvres et je passe rapidement ma main sous mes yeux pour
essuyer des larmes qui menacent. Depuis le jour où j’ai pleuré pour Malcom
je n’arrive plus vraiment à maitriser mes émotions. Mes yeux se mouillent
rapidement et ça m’énerve. Nous garons devant une sorte de cour
commune dont toutes les maisons sont en bois recouvert de sachet noir et
nous descendons. Heureusement que je n’ai pas mis de talons haut sinon je
me serais ramassée le sol avec toutes ces pierres et flaques d’eau un peu
partout. Lorsque nous entrons Mariam se précipite vers une jeune fille je
dirai une ado pour lui arracher un bidon sur lequel est écrit « Eau
de Javel » dont elle s’apprêtait à boire le contenu. Je comprends que c’est
la fille qui s’est fait violer et qu’elle veut se suicider. Sa mère commence à
lui faire des remontrances en leur langue que je suppose être le Malinké ou
dioula comme on l’appelle de façon commune.

- Maman laisse-moi me tuer. Je suis enceinte. Pleure brouillement la fille.


Je suis enceinte de ces violeurs. Je veux mourir ooohhh.

Jolie se met à pleurer et sa mère sort avec elle. Brad dépose les affaires
et retourne dehors. Je regarde Mariam qui tente de raisonner sa vie en
pleurant parce qu’apparemment elle vient aussi d’apprendre la nouvelle de
la grossesse et mon cœur se brise. Mon cœur se brise devant le profond
désarroi de la fille et l’immense tristesse de sa mère qui se sent
impuissante. Mariam est affaiblie par ses pleurs et la fille qui s’appelle
Fatou en profite pour se dégager et aller prendre un couteau dans une
sorte de petit panier qui est posé au sol. Mariam veut intervenir mais je la
dégage et arrache le couteau à sa fille avant de lui flanquer une gifle
violente. Elle tombe aussitôt sur le matelas posé à même le sol et c’est là
que je remarque les deux tests de grossesse par terre. Les deux femmes
sont sur le cul. Je rejoins la fille sur le matelas et lui attrape les épaules
que je me mets à secouer.

- Tu vas te calmer maintenant et m’écouter.

- Je veux mourir.
- Il est hors de question que tu meures tu m’entends ? Tu vas vivre un
point c’est tout.

- Laissez-moi mourir ou laissez-moi avorter.

- Ni l’un ni l’autre. Tu vivras avec cette grossesse.

- Non je ne veux pas.

- Tu vas devoir l’accepter. Tu vas garder cette grossesse et en prendre


soin. Tu vas mettre au monde ce bébé et lui donner tout ton amour.

- Je ne pourrai pas l’aimer. Il est le fruit d’une abomination, d’un viol. Je ne


pourrai plus aller à l’école et les gens vont se moquer de moi.

Elle s’affaisse et se met à pleurer à chaude larme. L’émotion me submerge


mais je reste forte pour lui parler.

- Que les gens fassent ce qu’ils veulent. Qu’ils disent ce qu’ils veulent. Toi
tu dois continuer à te battre pour être heureuse. Tu as été violé c’est
regrettable mais maintenant tu dois apprendre à vivre avec. Tu dois
apprendre dès maintenant à être forte pour affronter toutes les épreuves
qui viendront à toi. Il y a un bébé qui commence à grandir en toi et un bébé
peu importe la manière dont il est conçu reste une bénédiction.

Je marque une pause pour reprendre une voix normale parce qu’elle
commence à trembler. Je ferme les yeux pour retenir mes larmes.

- Tu dois être forte pour ta mère, ta sœur et ta nièce. Tu dois être forte
pour ce bébé. Son père on s’en fou. Ces gens auront ce qu’ils méritent
parce que sur cette terre tout ce paye. Tu n’es pas la première encore
moins la dernière à passer par cette épreuve. Beaucoup l’ont surmonté
alors toi aussi tu le peux.
- Mais qui voudra de moi comme femme ? Non seulement j’ai été violé mais
je vais me retrouver avec un enfant. Quel homme voudra d’une telle
femme ?

- Tu trouveras un mari. Il y a sur cette vaste planète quelqu’un quelque


part qui va te voir et tomber amoureux de toi. Il te voudra pour femme
malgré ta triste histoire. Moi aussi… moi aussi j’ai été violé. Révélais-je
avec beaucoup de mal. J’ai eu du mal à remonter la pente mais j’y suis
arrivée grâce à mon mari. Je l’ai rencontré quelques années après cette
tragédie et malgré tout il m’a aimé et a voulu de moi comme sa femme. Il
est l’homme le plus attentionné que je connaisse. Jamais, au grand jamais il
ne m’a balancé à la figure que j’ai été violée. Il m’a fait revivre et continue
de le faire. Il m’aime malgré que je ne puisse lui donner d’enfant. Je suis
tombée aussi enceinte de mon violeur et j’ai avorté. Aujourd’hui je vis sans
trompes parce qu’elles ont été bousillé quand j’avortais. Toi tu vas avoir un
enfant que moi je donnerai toute ma richesse pour avoir donc soit forte et
garde ce bébé. Aime le, chéri le, donne lui une bonne éducation, bats-toi
pour lui. Tu verras que tu as bien fait de le garder. Il sera l’amour de ta
vie.

Elle me regarde comme si j’étais une extraterrestre puis se calme peu à


peu. Comme poussé par je ne sais quoi je la prends dans mes bras et
m’essuie le visage inondé de larme que je n’ai plus réussi à retenir. Elle
reste couchée dans mes bras puis un moment je sens sa respiration se
réguler. Elle dort. Lentement je la fais coucher et me lève pour aller
prendre sa mère dans mes bras. Celle-ci se met à me remercier en
essuyant ses larmes.

- Ce n’est rien. Je veux faire le tour du quartier et à notre retour si elle


dort toujours on la réveillera pour l’emmener à l’hôpital. Elle a besoin de
soin.

Elle se met à genoux devant moi et m’attrape les pieds. Je veux la faire
relever mais elle reste à genoux.
- Merci beaucoup madame. Vraiment merci. Que Dieu te le rende au
centuple.

- Ce n’est rien lève-toi maintenant et fais-moi visiter le quartier.

La journée a été longue et je suis rentrée à 17h30 avant Malcom pour lui
faire à manger parce que moi j’ai perdu tout appétit. Le quartier est dans
une merde totale qu’on ne peut même pas d’écrire. J’ai du mal à croire que
des gens vivent dans une telle misère et que personne ne fait quelque
chose pour les aider même si c’est juste pour arranger le quartier. Je
songe à faire quelque chose pour eux mais j’y réfléchirai plus tard. Pour
l’heure il faut que j’arrive à faire disparaitre cette douleur qui m’anime au
cœur.

Malcom entre dans la maison en appelant Jolie. Mon cœur se comprime et


je termine ma vaisselle. Il me rejoint et m’embrasse dans le cou.

- Hey prunelle ! Comment ça va ?

- Bien et toi ? Dis-je en me retournant pour le regarder.

- Ca va. Où est Jolie ? Je lui ai acheté des Légos.

- Elle est partie. Je réponds en retournant à ma tâche le visage triste.

- Partie où ?

- Chez elle. Sa mère et sa grand-mère sont venues la chercher. Vas te


changer on passe à table.
Je sors de la cuisine sans lui laisser le temps de répondre. Le diner se
déroule ensuite dans le silence. Malcom est triste je le sais mais il fait
comme si. Je ne veux pas le regarder parce que j’ai peur d’y voir une
déception qui est de ma faute. Oui parce que je ne peux lui donner
d’enfant. Je lutte contre mes larmes en picorant dans mon assiette. Au
fait je suis à table juste pour tenir compagnie à Malcom sinon je serais
déjà couchée. Le diner terminé, Malcom monte en chambre et moi je vais
mettre les assiettes dans la machine à laver. Je le rejoins dans la chambre
et commence à me déshabiller pour enfiler ma nuisette. Je me couche et
lui donne dos. Il se retourne sur le côté et m’enlace la taille.

- Comment tu vas ?

- Bien.

- Je suis désolé.

- Désolé pour quoi ? C’était prévu qu’elle retourne auprès de sa vraie


famille. Nous nous l’avons juste retrouvé et pris soin d’elle. Ce n’est pas
comme si c’était notre fille.

- Je…

Je ne le laisse continuer sa phrase et me lève pour sortir de la chambre.

- Où vas-tu ?

- Boire de l’eau.

Faux, je veux juste être seul. Je veux pleurer mais quand je me rappelle
que tout ça n’est qu’un coup d’Aïcha je lutte. Il est hors de question que je
pleure à cause d’elle.

*
*

Ca fait une semaine encore depuis le départ de Jolie que Malcom est dans
sa bulle. Il ne me parle que lorsqu’il a besoin de quelque chose. Il ne me
boude pas, il n’est pas en colère, juste qu’il ne parle plus. Il ne me parle
plus et ça commence à bien faire. Il s’est plongé corps et âme dans son
travail et rentre quand bon lui semble après 19h. Les diners se font aussi
dans le silence. Au fait la maison est devenue silencieuse. C’est Mel qui
essaie tant bien que mal de faire la conversation. Je suis assise dans le
salon avec Mel et April qui est venue passer la nuit ici parce qu’elle se sent
seule lorsque Malcom rentre. Il est 20h. Il salut les autres oralement et
me fait un bisou dans les cheveux avant de monter les escaliers. Je me
lève et le rejoins en haut en train de se dessaper.

- Je te réchauffe ton diner ?

- Non merci. J’ai diné au bureau.

- Ok.

- Je vais effectuer un voyage dans deux jours pour le Ghana. J’y ferai une
semaine tout au plus.

- Oh ! Ok. Tu iras avec le jet et les gardes.

- Je ne sais pas, je verrai. Bon je vais aller travailler dans le bureau.

Il passe près de moi et sort sans un regard. Je me sens mal. Qu’est-ce qui
est en train de se passer ? Pourquoi est-ce qu’il est comme ça ? Est-il
maintenant en train de regretter de m’avoir épousé ? Pas ça ! Je ne
supporterai pas de le perdre.
La vengeance est une femme

Episode 28

***Aïcha Sissoko BEYNAUD***

Mon portable posé sur le lit se met à sonner alors que je m’habille pour
descendre retrouver Jeanne SAKO en bas. L’une de mes domestiques m’a
prévenu qu’elle était là pour me voir. Je me demande bien ce qu’elle me
veut celle-là. Depuis qu’ils ont été rétrogradés de la secte de Président à
la nôtre elle est tout le temps dans mes pattes et je ne sais pourquoi. C’est
juste pour qu’on ne les oublie pas quand nous serons à la tête de ce pays.
Normalement, puisqu’ils se sont rachetés en sacrifiant cinq filles vierges
et trois nouveau-nés ils ont droit à être dans le gouvernement, soit
premier ministre soit Vice-président, mais plus précisément vice-président
parce qu’ils ont relevé le niveau de sacrifice. Celui qui était censé être
notre premier ministre, René SALIOU, s’est suicidé, enfin c’est ce que les
gens croient mais nous nous savons qu’il est mort après s’être fait violé par
plusieurs hommes de gros calibres. La vidéo de leur ébat circule
actuellement sur la toile. Au fait quand on regarde la vidéo on a
l’impression qu’il aime ce qu’on lui fait, c’est-à-dire se faire défoncer le
petit trou à tour de rôle en étant attaché. Oui René aimait les hommes
mais c’était lui qui défonçait et non l’inverse.

- Allô ? Dis-je après avoir décroché.

« - Madame c’est moi. Maï. »

- Oui quoi ?

« - On devait se voir pour le reste de l’argent. »

- Tu es allée récupérer ta fille ?

« - Oui comme tu m’as dit. »


- J’espère que tu ne lui as rien dit.

« - Noon. J’ai dit que c’était une voisine qui la volé pour aller la déposer là-
bas parce qu’elle et moi on était en palabre. »

- C’est bien. Bon je te rappelle tout à l’heure.

« - D’accord tantie. Je t’attends parce que j’ai besoin de l’argent pour


payer les médicaments de ma petite sœur. »

- Ok au revoir.

Je raccroche et regarde mon reflet dans le miroir le sourire aux lèvres.


Cette Vicky pense que c’est elle seule qui sait manigancer des choses
contre les gens. Je vais lui montrer moi de quoi je suis capable. Bon il faut
que j’aille voir ce que me veut cette lèche-botte. Je descends et la
retrouve assise en train de boire du jus devant la télé. Je lui fais la bise et
m’assois face à elle.

- Que me vaut l’honneur de ta visite ce matin Jeanne ?

- C’est pour te parler de ce qui se passe avec les membres de la secte. La


semaine passée c’était au tour de René et ça commence vraiment à
m’inquiéter.

- Qu’est-ce qui t’inquiète ?

- Comment ça qu’est-ce qui t’inquiète ? Nos confrères se font tuer les uns
après les autres par une même personne dont nous ignorons toujours
l’identité. C’est ce V ou cette V ?

- Je n’en sais pas plus que toi mais je me dis que s’ils sont tous tué par la
même personne c’est qu’ils lui ont fait quelque chose tu ne crois pas ?

- Mais et si la personne s’en prenait à nous ?

- Si tu étais visée crois-moi que depuis tu serais passée à la casserole.

- Pourquoi tu dis ça ?
- Rien. Arrête de trop t’inquiéter. Antony ne veut toujours pas revenir sur
sa décision ?

- Non. Il dit qu’il préfère mener une vie simple pour être heureux avec
Pamela.

- Ils se sont réconciliés ?

- Je ne sais pas. Il ne vient plus nous voir comme avant.

- Ok du moment qu’ils se remettent ensemble ça va. Mais le mieux aurait


été qu’il rejoigne la secte. Il a plein de compétence.

- Oui mais en tout cas son père et moi allons continuer de lui en parler pour
le convaincre de revenir sur sa décision.

- D’accord. Bon je dois allez à un rendez-vous.

- Ok je vais y aller.

Elle se lève et je la regarde sortir en tordant ma bouche. Vous, vous êtes


dans la secte et puis vous êtes autant peureux. Mtchrrr. Si ce n’était pas
par ambition jamais je n’aurai voulu d’elle et son mari dans ma famille.
Surtout cette femme. Elle n’est rien d’autre qu’une villageoise que
Ferdinand a ramassé dans son village parce que selon lui plus une femme
est inculte moins elle pose de question et il avait raison. Cette femme est
bénie oui oui. Elle le suit dans tout ce qu’il fait. Si je veux que Pamela se
remette avec son fils c’est parce je veux toujours qu’on ait une bonne
place dans la secte. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Ils étaient au-
dessus de nous et ils peuvent le redevenir donc le mieux c’est de les
garder comme alliés.

Si Emile et moi n’avons pas encore révélé à la secte qui est V c’est pour 3
raisons. La première, c’est que nous voulons montrer à cette peste de
Vicky que nous sommes plus dangereux qu’elle et lui faire regretter de s’en
prendre à nous. La deuxième est que si nous venons à bout de Vicky, celle-
là même qui trouble la secte entière ça fera grimper notre côte auprès des
grands chefs. Et la troisième raison c’est pour Malcom. Certes, je la
déteste elle mais j’aime mon fils donc si la secte sait que c’est sa femme
qui fait tous ces dégâts ça risque de lui tomber dessus et ça je ne le veux
pas.

Bon je dois maintenant vaquer à mes occupations. Je lance l’appel vers Maï
et lui donne un lieu de rendez-vous. Je monte récupérer mon sac à main et
vais monter à l’arrière de ma voiture. Mon cortège me suit et nous nous
rendons dans en endroit un peu isolé. Maï monte et je lui tends une
enveloppe.

- On ne s’est jamais vue, on ne s’est jamais parlé sinon toi et ta famille


finirai au fond du gouffre.

- D’accord tantie.

Elle prend l’enveloppe et descend.

- On va chez mon fils. J’ordonne à mon chauffeur qui démarre aussitôt.

Je veux voir la tête abattue de Vicky. Elle se la joue dangereuse mais je


sais que le fait qu’elle ne puisse pas être mère la ronge. Elle devient triste
à chaque fois qu’on aborde ce sujet mais se la joue. Je veux aussi foutre le
bordel dans son mariage. Malcom est fou d’elle oui c’est certain mais il va
finir par craquer si on lui met toujours sous le nez l’évidence qu’il doit
absolument avoir un enfant. Je vais travailler à cela. Il faut que Vicky soit
occupée à autre chose jusqu’à ce que les élections finissent. Il est hors de
question que nous les perdions, pas après tous les sacrifices que nous avons
fait. Cette garce a vraiment une longue vie parce que cette nuit elle était à
un doigt de rendre l’âme mais je ne sais par quel miracle elle a survécu.
Vicky nous a apporté beaucoup quand elle était à notre merci. Elle avait
une âme pure et innocente ce qui nous a procuré énormément de pouvoir.
Son père n’était qu’un imbécile qui voulait nous faire tomber mais comme
son chef, Sébastien YAO faisait partie de la secte il nous l’a livré parce
que malgré ses interdictions de poursuivre l’enquête il s’est entêté lui et
son ami. Ce sacrifice a permis à Sébastien de quitter sa place de Ministre
de la défense à celui de Député. Après la mort de René nous l’avons choisi
pour le remplacer au poste de premier Ministre ce qui l’a réjoui.

Je descends de ma voiture après qu’on ait garé dans la cour de leur maison
et y rentre. Elle est assise les jambes croisées et un verre de vin en main
en train de me regarder avancer vers elle. Je m’assois face à elle le
sourire aux lèvres et croise aussi les jambes.

- Bonjour très chère. Alors comment va ?

- ….

- J’avais appris que tu avais sous ta garde une petite fille où est-elle je
voudrais la voir.

- ….

- Ne me dis pas qu’elle est partie ? C’est vraiment dommage parce que la
dernière fois que j’ai vu Malcom et qu’il m’a parlé d’elle il avait une lueur
dans les yeux. Je pense qu’il aimait cette petite. Il m’a même dit que si ces
parents ne se signalaient pas il allait te proposer de l’adopter vu que tu ne
peux concevoir.

- ….

- Ca doit faire vraiment mal de ne pas être une femme à 100%. De


regarder les autres femmes donner la vie et d’en être soit incapable.

Je parle et elle continue de ma regarder sans rien dire en buvant son vin.
Je m’en fiche pas mal. Du moment qu’elle a mal c’est l’essentiel. Je me lève,
m’avance vers elle, lui prends son verre des mains sous son regard, bois
tout le contenu et pose le verre sur la table basse avant de prendre mon
sac et de tourner les talons. J’aime cette sensation de victoire. Si elle a pu
atteindre les autres eh bien ça ne sera pas le cas avec moi. Je vais lui
montrer qui je suis. Il faut maintenant que j’entre pour me reposer. Nous
avons une séance ce soir.

Je descends de la voiture et rentre dans notre autre maison qui nous sert
uniquement pour les rituels. C’est dorénavant dans cette maison que nous
envoyons nos nouvelles victimes, ces filles vierges dont nous tirons tout le
jus pour renforcer et augmenter notre pouvoir. Nous avons décidé de les
emmener dans une autre maison que la nôtre pour éviter que nos enfants
ne tombent sur elles. Avant ils passaient beaucoup de temps à l’étranger
pour les vacances ou leurs études mais maintenant qu’ils sont là en
permanence on préfère prendre nos précautions. Emile est déjà là et déjà
prêt. J’enfile ma toge et le rejoins en haut dans la pièce où est enfermée
cette jeune fille de 20 ans. Moi je ne fais pas partie de la secte à
proprement dit mais j’aide Emile en tout. Au fait nous les femmes avons
notre secte à nous. C’est la même que celles de nos hommes mais c’est
uniquement pour nous les femmes. Nous contrairement à eux ne faisons
pas de sacrifice à proprement dit sur les autels mais nous aidons nos maris
à en faire. Nous sommes si je peux le dire leurs cerveaux. Mais nous
utilisons aussi des pratiques obscures pour nous donner plus de pouvoir. Il
y a sur une table le matériel dont j’aurai besoin pour extraire la semence
de cette fille après leurs rapports ou le viol. Rien à foutre de toute façon.

- Tu es en retard.

- Je suis là maintenant donc fiche-moi la paix et vas baiser cette fille


qu’on en finisse.
Je le dépasse et vais donner une gifle à la fille qui s’est endormie en étant
attachée au lit toute nue. Elle se réveille et se met à pleurer en nous
suppliant. Ca fait une semaine qu’elle est à notre merci. Nous l’avons
kidnappé donc quand on en aura tiré assez d’elle soit on la tuera soit on la
jettera dans la rue toute affaiblie pour que sa famille la retrouve mais de
toutes les façons elle ne survivra pas donc en gros on va la tuer. Emile la
retourne sur son ventre et l’oblige à se mettre à 4 pattes. Il réussit avec
un peu de difficulté à pénétrer son petit trou. C’est la première fois qu’il la
sodomise en plus sans l’y avoir préparé donc je n’imagine pas la douleur.
Elle hurle, pleure, se tortille et continue de supplier. Dommage que ça ne
nous fasse ni chaud ni froid. Emile commence à réciter les incantations
alors qu’il la sodomise sauvagement et je l’accompagne en murmurant.
Lorsqu’il jouit je lui passe un outil pointu qu’il lui enfonce dans le vagin pour
la faire saigner. Oui nous avons aussi besoin de son sang en plus de sa
semence. Il retire l’objet d’elle et la pénètre. Coucher avec elle dans son
sang nous donne des forces. Quand il finit il sort et c’est à moi de faire ce
que j’aie à faire. Je prends un gant et m’avance vers elle écroulée sur le lit.
Je la retourner et lui écarte les jambes. Voir son minou m’excite mais elle
je ne peux pas la toucher, je me contente donc de glisser un doigt en elle
et de le lécher. Elle est douce. J’enfile mon gant et j’introduis mes doigts
un par un afin que son liquide plus son sang y reste pour qu’on puisse
l’utiliser. Je donne ce que j’ai pu extraire à Emile et il va dans la pièce aux
cultes pour faire les incantations et autre. Pendant ce temps je nettoie la
fille qui est tombée dans les pommes et vais la remettre dans sa chambre.
Je l’y enferme et vais dans une autre pièce où se trouve notre dernier fils
de 6 ans qui lui se charge de nous vomir de l’argent chaque jour. Lui nous
l’avons conçu uniquement pour ça pas pour le chouchouter ou pour agrandir
notre famille. Les enfants ne savent pas qu’il existe. J’ai quitté Abidjan
lorsque j’ai entamé le 3e mois pour aller me réfugier dans une forêt pour le
concevoir sans que personne ne le voie et après sa naissance nous l’avons
sacrifié à la secte pour qu’il nous serve de guichet. Il est couché au milieu
de tous ces billets et se contente de me regarder. Je pose sa nourriture
près de lui et prends autant de billet que possible avant de ressortir.
Regarder Emile sodomiser cette fille m’a vachement excité et je sais qui
appeler pour me satisfaire. Je prends mon portable et appelle l’une de mes
amantes. Je lui fixe un rendez-vous et lui demande de venir avec un jeune
homme parce que j’ai envie d’un plan à 3.

- À qui tu parlais ? Me demande Emile en venant au salon quand je


raccroche.

- Depuis quand ça t’intéresse ?

- Ca ne m’intéresse pas. Je veux juste savoir si ça a un rapport avec nos


affaires.

- Non affaires non, mes affaires si.

- Tu as rendez-vous avec l’une de tes putes.

- Exact.

- Tu devrais faire attention à qui tu choisis pour tes sales besognes.

- Ne traites surtout pas mes besognes de sale, je te l’interdis


formellement. Je ne bronchais pas lorsque tu t’envoyais en l’air avec Carole
ou encore avec certains de ces jeunes artistes Ivoiriens à qui tu donnes
des sacs d’argent. Chacun de nous gère sa libido comme il l’entend donc
viens pas me faire la morale.

- Tu es ma femme et…

- Je suis encore ta femme juste pour les affaires rien d’autres. Les
derniers rapports que nous avons eu date d’il y a 6 ans et c’était juste pour
la conception de cet enfant qui nous serre de guichet. Quand il s’agit de
faire bonne figure et pour les raisons sectaires je suis Mme BEYNAUD
mais en dehors de ça je suis Aïcha Sissoko. Bon maintenant laisse-moi aller
m’amuser.

Je prends mon sac et sors de là pour me rendre dans une autre de nos
maisons qui me serre pour mes parties de jambes en l’air. Mon amante
arrive juste à peine que j’aie fini de prendre ma douche. Je la trouve au
salon avec un jeune super canon et costaud comme je le lui ai demandé et
nous montons en chambre. J’aime les gros engins et à voir ce jeune-là
devant moi je pari qu’il en possède un bien gros. Les hommes je me les fais
très rarement disons quand l’envie de sodomie me prends sinon mon genre
c’est plutôt les filles. Surtout les filles qui ont entre 20 et 27 ans là elles
sont encore bien fraîches. J’en ai plusieurs qui me font grimper au rideau
mais j’ai une autre hors de ce pays qui est ma titulaire. À celle-là j’ai exigé
de ne pas avoir d’autres compagnons en dehors de moi. Nous sommes un
peu comme mari et femme. Elle me consacre sa vie et en retour je lui
donne tout ce qu’elle veut. Elle sait que je moi j’en vois d’autres mais ne
peux rien dire parce que la chef c’est moi. Ces filles avec qui je couche,
elles ne le savent pas mais en même temps que je prends du plaisir avec
elle je leur soutire quelque chose. Tous les sectaires ne font rien sans en
tirer grands profits. On leur vole leurs grâces, chances, leurs jeunesses et
leurs énergies en même temps qu’on se met bien. Ils ne le savent pas et
eux tout ce qui les intéresses ce sont les liasses de billets qu’on leur
donne. Vraiment l’amour de l’argent rend souvent bête.

Je me fais sodomiser sauvagement par ce jeune tandis que la fille en bas


de moi me broute le minou. Le lit est mouillé tellement je ne cesse de jouir
à répétition. Quand j’y mets un terme complètement repus je leur donne à
chacun 1 million suivie de menace aux jeunes pour lui faire comprendre que
s’il dit un mot de ce qui vient de se passer il mourra. De toutes les façons il
ne dira rien tant que je lui propose d’être à mon service pour se faire plus
d’argent. J’appelle un restaurant pour commander à manger et vais encore
prendre une douche. Ma commande arrive et je me couche sur le lit pour
manger en regardant la télé. Il faut que je trouve une autre personne à
sacrifier pour assurer le bon déroulement de la campagne à l’intérieur du
pays. La semaine passée nous avons tué une fille qui s’est donnée
volontairement à Emile en échange d’argent sauf qu’elle ne savait pas qu’on
lui prendrait aussi sa tête et son sang avant de la jeter dans la rue.

Je finis de manger et pendant que je bois mon vin la porte de ma chambre


s’ouvre d’un coup ce qui me fait sursauter parce que je suis censée être
seule. Mais mon cœur manque de tomber quand je vois entrer… Vicky.
Seigneur Jésus que fait-elle ici ? Elle s’assoit le sourire aux lèvres dans le
fauteuil en face du lit.

- Que fais-tu là et comment as-tu pu rentrer sans que mes gardes ne te


voient ?

- Oh j’étais là bien avant toi et assez longtemps pour t’entendre gémir


comme une demeurée. Alors tu as aimé ta séance ?

- Que veux-tu et comment connais-tu cette maison ?

- Je suis V et je sais tout ce que je veux savoir. Il était délicieux ton


repas ? Tu devrais faire plus attention à ce que tu manges tu sais.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

Elle lève sa main et bloque son regard sur sa montre.

- Tu le sauras dans 5, 4, 3, 2, 1, maintenant.

- Quo…

Je ne finis pas ma question qu’une douleur atroce me coupe le souffle. Mon


cœur se met à se serrer et je commence à manquer d’air. Je veux parler
mais je n’y arrive pas. Je m’attrape la poitrine et commence à glisser du lit
pour me retrouver en train d’agoniser au sol. Qu’est-ce qu’elle m’a fait ?
Elle se lève et vient se poster devant moi.

- Il est tellement facile tu sais de corrompre les gens pour qu’ils fassent
ce qu’on veut. Il y avait du poison dans la nourriture. C’est un poison qui tue
lentement mais qui fait souffrir atrocement.

- Vi… cky… je… je…


- Hum ? Qu’est-ce que tu dis ? Demande-t-elle en tournant son oreille vers
moi.

- Je…

- Tu réfléchiras dorénavant à deux fois avant de t’en prendre à moi et de


cette façon. Moi je ne complote jamais des trucs à deux balles. Sois je tue
soit je marque à vie. Je te l’ai dit je suis V et je suis la vengeance donc
avant de te mesurer à moi tu dois réfléchir énormément. Maintenant,
continue-t-elle en regardant à nouveau sa montre, tu as moins d’une heure
de temps pour te rendre dans un hôpital pour qu’on te fasse un lavement
d’estomac sinon c’est fini pour toi. Tic tac tic tac.

Elle prend mon verre de vin qu’elle termine avant de se baisser à mon
niveau.

- Tu sais, le diable a peur d’une seule chose sur cette terre en dehors de
Dieu ; c’est d’une femme qui se venge. Même lui sait que ni lui ni ses
démons ne font le poids face à elle. Et cette femme... c’est moi.

Elle jette le verre près de moi et se relève pour s’en aller. Je commence à
saigner du nez et je panique. Il faut que je récupère mon portable pour
faire signe à mes hommes de venir me chercher. Je me mets à ramper
jusqu’au guéridon sur lequel est posé mon portable. Je le récupère mais je
m’écroule avant de lancer l’appel.

Je me réveille petit à petit et remarque que je suis dans une chambre


d’hôpital. Je suis soulagée d’être toujours en vie. Je vois Emile assis dans
le fauteuil en train de lire le journal.

- Emile.
- Ah tu t’es enfin réveillée. Qu’est-ce qui n’a pas marché pour que tu te
retrouves ici ? Je pensais que c’était toi qui avais le dessus sur Vicky.

- Comment tu sais que c’est Vicky qui m’a empoisonné ?

- Parce que c’est elle qui a dit à tes gardes que tu voulais les voir après 30
minutes. Ils disent avoir été surpris de la voir sortir de la maison mais
n’ont rien fait puisque tu ne les a pas appelé en renfort.

- La garce. Elle va me le payer.

- Je t’ai dit que le mieux c’était de la tuer.

- Mais tu es bête ou tu fais exprès ? La dernière fois qu’on a essayé de lui


lancer un sort nous avons failli être brulé par ce feu qui la protégeait. Je
ne sais d’ailleurs pas d’où vient ce feu puisqu’elle ne fait pas partie d’une
secte et ne fréquente encore moins une église.

- Ce sont les prières de ses nouveaux parents. Quand j’ai réessayé à


nouveau j’ai vu sa mère qui était arrêté devant elle comme pour la
protéger.

- On verra bien si leurs prières seront encore efficaces quand je me serai


occupée d’elle.

- Elle est la fille de John HAMILTON l’ancien vice-président des USA qui
est aussi très très riche donc elle a plus de pouvoir que toi.

- Je ne t’ai pas dit que j’allais l’attaquer directement. Son talon d’Achile
c’est Malcom donc on va passer par lui.

- Tu n’as pas intérêt à faire quoi que ce soit à mon fils.

- Comment peux-tu croire que je vais lui faire quelque chose ? Je ne sais
pas encore ce que je vais faire mais je vais foutre le bordel dans leur
couple pour que lorsqu’elle sera affaibli je la tuerai sans que cela ne passe
pour un meurtre. Toi concentre toi sur tes campagnes, elle j’en fais mon
affaire.

Oui je vais lui montrer de quoi est faite Aïcha Sissoko BEYNAUD.
La vengeance est une femme

Episode 29

***Malcom***

Ça fait quatre jours que suis à Kumasi au Ghana pour une convention des
entreprises. Ici on retrouve presque toutes les meilleures entreprises de
l’Afrique donc si tu veux faire de bonnes affaires, avoir des contrats très
juteux et prometteurs c’est ici qu’il faut se rendre. J’y suis pourtant mon
esprit n’y est pas. Je n’arrive pas à me concentrer. Je n’arrête pas de
penser aux derniers évènements qui nous sont arrivés. L’arrivé et le départ
subite de cette petite fille. Je me suis habitué à la présence d’un enfant
dans ma maison, je me suis habitué à acheter des jouets chaque soir à ma
descente du travail. Je me suis habitué à donner à manger à un enfant, je
me suis habitué tout simplement à jouer le rôle de père et voilà que d’un
seul coup tout s’est arrêté. J’ai été déçu quand Vicky m’a dit qu’elle était
retournée auprès de sa famille. J’ai eu mal et j’ai préféré garder le silence.
Je ne voulais pas que Vicky s’aperçoive de mon découragement. Je ne
voulais pas qu’elle sache que passer ces quelques jours avec la petite m’a
donné envie d’adopter chose qu’elle ne veut pas. Je ne voulais pas lui dire
par accident que si nous avons pu aimer et prendre soin d’une enfant que
nous avions ramassé devant chez nous c’est que nous sommes prêts à
adopter. En même temps il n’y a pas de différence. Jolie n’est pas notre
enfant et si on adopte ça ne sera pas aussi le fruit de nos entrailles et si
ses parents n’avaient pas refait surface nous l’aurions légalement pris sous
notre aile et ça Vicky n’allait pas y voir d’inconvénient donc pourquoi ne pas
le faire ? Je sais que Dieu fera le miracle mais en attendant on peut se le
permettre n’est-ce pas ?

Le fait de ne pas avoir d’enfant ne me tourmentait pas, en tout cas pas


plus que ça. J’ai accepté Vicky tout en sachant qu’elle n’avait pas de
trompes et je n’ai jamais regretté ce choix. Je ne me troublais jamais de
ne pas être père. J’attendais juste le temps de Dieu. Mais depuis notre
arrivé en Côte d’Ivoire j’ai l’impression que ce manque me saute à la figure
à chaque instant. C’est comme si tout était mis en œuvre pour me faire
comprendre qu’un vrai homme doit avoir des enfants. Je ne m’en occupais
pas mais l’histoire avec la petite a été le coup de grâce. Je ne regrette
toujours pas d’avoir choisi Vicky et ne lui en veux pas de ne pas me donner
d’enfant sauf que le contact avec la petite a fait naitre en moi ce désir
d’être père et ça me tape un peu sur le système parce que Vicky le sentira
et elle aura mal. Je ne veux pas lui faire mal, je ne veux pas la blesser
parce que je l’aime plus que ma propre vie mais je suis humain et j’ai des
émotions. Je n’arrive pas à la regarder dans les yeux parce que j’ai peur
qu’elle lise en moi. Je ne lui adresse plus trop la parole parce que je ne
veux pas penser tout haut. Je préfère donc ruminer ma peine tout seul et
la faire passer pour redevenir le mari qu’elle aime tant et qui l’aime aussi.

Je regarde ma Bible posée sur mes jambes et je n’arrive pas à l’ouvrir pour
la lire. C’est comme ça depuis le départ de Jolie. Je suis découragé et je
n’ai de la force ni pour prier ni pour méditer. Pour dire vrai je ne sais pas
quoi dire à Dieu. Je n’ai pas de mots donc je ne prie plus. Je sais que je
m’expose comme ça mais je n’y peux rien. Je l’ai dit je suis un homme donc
il peut m’arriver de baisser les bras. Il faut que je me reprenne seulement
je ne sais pas comment commencer. Je me positionne bien sur le lit et
ferme les yeux. Je respire un grand coup et quand je m’apprête à dire la
première phrase de ma prière mon portable se met à sonner. En temps
normal je ne décrocherai pas parce que quand je suis dans la présence de
Dieu je coupe tout contact avec le monde extérieur mais je ne sais pas
pourquoi je décroche. C’est un appel de mon second à Washington. Il me
fait un point sur les ressentes activités et leurs bilans. Il me parle ensuite
des différentes propositions de contrat d’une entreprise en Afrique du
Sud et d’une autre en Grande-Bretagne. Après son appel j’en reçois un
autre de mon assistante en Côte d’Ivoire. Après encore c’est celui de ma
mère.
- Allô bonjour maman comment tu vas ?

« - Hamdoulilah. Et chez toi ? Comment ça va là-bas ? »

- Ca va. J’ai eu plusieurs contacts et d’autres contrats déjà entamés. Dieu


fait grâce maman.

« - Amine. Tu rentres quand ? »

- Bon demain si rien ne me tombe dessus parce que ces hommes d’affaires
sont imprévisibles et ils peuvent me tomber dessus comme ça à n’importe
quel moment. »

« - Ok d’accord. J’ai hâte de te voir. Tu me manque. »

- Toi aussi maman. Comment se passe les campagnes ?

« - Dieu est au contrôle. Bon je vais te laisser chéri. À demain Inch’Allah. »

- À demain. Je salut papa.

« - D’accord c’est compris. Bye ».

Je me couche après avoir raccroché avec l’envie de prier qui a totalement


disparu. Je remarque qu’il est 12h, j’hésite entre déjeuner avant de faire
un somme ou dormir avant de manger. Pendant que je réfléchi mon
portable sonne à nouveau. C’est un numéro local donc je suppose que c’est
forcément l’une des personnes avec qui j’ai échangé les contacts. Je me
mets à sourire.

- Malcom Ehui BEYNAUD on ligne. (Malcom Ehui BEYNAUD à l’appareil)

« - Hello Mr BEYNAUD. Dit un homme avec un accent Anglophone. Je soui


Mr ENOUMAN de D&D Compagnie. Nous nous sommes rencontré dans la
convention et nous avons échangé ours contacts. I’m calling you pour
informe que ma chef want meet you today. Je veux dire tout à l’heure pour
le déjeuner avant que vous ne vous décidiez à retourner in your country. »

- Ok d’accord je suis disponible. Et c’est où le lieu de rendez-vous ?

« - Je vais vous l’envoyer par message with more details. »


- Ok j’attends donc.

Nous raccrochons et le temps que je me prépare je reçois les informations


concernant le lieu de rencontre. Je finis de me préparer et me mets en
route. Je me rappelle avoir promis à Vicky l’appeler ce matin mais bon je le
ferai ce soir comme ça on sera plus tranquille.

Je bois une gorgée de mon jus à la pamplemousse lorsque je vois une


silhouette féminine apparaitre devant moi.

- Bonjour c’est bien vous Monsieur Malcom Ehui… Malcom ? Malcom c’est
bien toi ?

Je regarde le visage devant moi qui m’a l’air familier. J’ouvre grand les
yeux quand je le reconnais.

- Sabine ? Sabine BOLOU ?

- Oh my God ! Malcom. Wahoo.

Je me lève tout heureux de voir un visage familier et lui fais une accolade.
Les gens se tournent pour nous regarder puis se reconcentre sur leurs
plats. Nous prenons place l’un en face de l’autre le sourire aux lèvres.

- OMG je n’arrive pas à croire que c’est toi Malcom. It’s amazing (c’est
incroyable).

- Yes. Je suis vraiment heureux de te voir.

- Et moi donc. C’était donc toi mon rendez-vous ?

- Apparemment oui. Tu es donc chef d’entreprise ici ?


- Eh oui. Je me suis installée ici et je me fais un nom petit à petit. Je suis
heureuse de faire affaire avec toi. Quand mon bras droit m’a parlé de ton
entreprise j’ai tout de suite adoré ce que vous faisiez donc j’ai voulu moi-
même rencontrer le patron de cette entreprise prometteuse. Et voilà que
je tombe sur toi. Mon fantasme de jeunesse.

- Arrête. Dis-je en éclatant de rire.

- Bon tu sais quoi ? On parlera affaire plus tard. Il faut qu’on se fasse de
vraies retrouvailles.

- Oui mais je rentre demain matin.

- Ok dans ce cas je t’invite à diner ce soir chez moi. Comme ça on pourra se


raconter nos vies et autre et on terminera en beauté en signant un
contrat. Qu’est-ce que tu en dis ?

- On le fera u peu tôt parce que dois vite dormir pour pouvoir vite me
réveiller pour prendre l’avion.

- Ca marche. Disons 19h ?

- Ok ça marche.

Nous papotons encore quelques minutes puis nous séparons pour aller nous
préparer pour ce soir. Je suis vraiment heureux de rencontrer une
personne de mon pays. Sabine BOLOU et moi étions ensemble dans le
même lycée et nous sommes retrouvés dans la même université et dans la
même filière. Elle était super amoureuse de moi mais ce n’était pas
partagé. Moi j’aimais sa meilleure amie et nous sortions même ensemble.
Sabine ne me faisait certes pas la cour par respect pour son ami mais elle
ne lésinait pas sur les gestes affectifs. Elle m’apportait souvent des
gâteaux qu’elle avait elle-même fait chez moi si bien que mes parents ont
fini par l’apprécier contrairement à ma copine qu’ils trouvaient
superficielle. C’est quand j’ai rompu avec son ami que je me suis mis avec
Carole pour par la suite quitter le pays définitivement pour les States.
Nous nous sommes donc perdu de vue jusqu’à aujourd’hui. En tout cas c’est
maman qui sera contente d’apprendre que je l’ai retrouvé parce que pour
elle c’était soit Carole soit Sabine mais Dieu lui a voulu que je sois avec
Vicky. La prunelle de mes yeux.

La sonnerie de mon portable me réveille de ma sieste. Je vois le numéro du


Pasteur Bill aux Etats-Unis et décroche. C’est notre pasteur à moi et à la
famille HAMILTON sauf Vicky qui ne se voit pas mettre les pieds dans une
église. Je m’étire puis me racle la gorge pour ne pas avoir une voix
endormie.

- Hey Pastor.

« - How are you doing Malcom ? (Comment tu vas Malcom ?). »

- Ca va. J’avais même prévu vous appeler ce soir ou demain.

« - Qu’il y a-t-il ? »

- Bof rien de très grave. Juste vous demander de prier pour moi car j’ai
régressé dans la prière et dans la méditation. J’y arrive plus à cause du
découragement.

« - C’était donc ça ! »

- What Pastor ? (Quoi pasteur ?)

« - J’ai fait un songe cette nuit où tu marchais et tu t’étais laissé distraire


par je ne sais quoi puis tu es tombé dans un trou. »

- Qu’est-ce que ça signifie ?

« - Que tu dois être vigilent et plus concentré sinon le diable va t’avoir. Tu


sais la Bible dit qu’il rode comme lion rugissant cherchant qui dévorer donc
si tu lui ouvres un passage il va y entrer et mettre le désordre dans ta vie.
Tu dois reprendre ta vie de prière. C’est normal qu’un homme se décourage,
mais qu’il ne reste pas longtemps dans cet état sinon le diable va l’utiliser à
son avantage. Dis à Dieu ce qui te pèse sur le cœur et il t’aidera. »

- C’est compris pasteur.


« - Tu vois Dieu m’a dit qu’il t’a confié une mission que tu n’as toujours pas
encore accompli parce que justement tu n’y accorde pas d’importance. Ce
rêve que tu fais sur cette femme dans l’énorme trou, est-ce que tu pries
pour que Dieu t’en donne plus de révélation ? »

- Euuh, non. Au fait je ne sais trop comment prier pour ça. Je ne sais pas
quoi dire.

« - La prière ce n’est pas une formule de chimie ou de Math que tu dois


réciter frère Malcom. Tu ne comprends pas quelque chose, tu dis à
Dieu « Père je ne comprends pas, explique-moi » et c’est tout. Prends
cette histoire au sérieux parce que sinon beaucoup de personne vont être
noyés. Tu es la solution pour cette femme, celui qui l’a fera sortir du trou
et l’emmener à la lumière. C’est ta mission à toi tout seul. »

- Vous connaissez cette femme pasteur ? Vous en savez quelque chose ?

« - Ce n’est pas à moi de te dire quoi que ce soit. Prie et Dieu te révèlera
tout. Mais n’oublie pas une chose, quand tu sauras surtout garde ton calme
et ne fais rien sous l’effet de la colère. »

- Pasteur je ne comprends rien à ce que vous dites mais bon je vais prier
comme vous me l’avez dit. J’espère en savoir plus sur ça.

« - C’est bien. Bon je vais te laisser. Je dois aller à la prière du soir. Tous
les frères te passent le bonsoir. »

- Moi aussi. Au revoir pasteur.

Je raccroche et quand je vois l’heure je lance un juron et saute du lit pour


aller prendre une douche. Je dois être chez Sabine à 19h et là il est déjà
18h30. Je voulais prier mais je suis déjà en retard.

J’arrive 30 minutes plus tard chez Sabine pile poil à 19h et nous nous
mettons à table aussitôt. Elle est magnifiquement habillée d’une robe en
page avec un petit nœud du même pagne dans les cheveux.
- Du vin ? Me propose-t-elle.

- Non je ne bois pas d’alcool.

- Humm c’est nouveau ça.

- Oui beaucoup de chose ont changé chez moi ces dernières années.

- Mais tu ne vas tout de même pas me laisser boire le champagne que j’ai
acheté rien que pour nos retrouvailles toute seule ?

- Je me contenterai d’une seule coupe que je ne suis pas sûr de terminer


d’ailleurs.

- Va donc pour le champagne.

Elle se lève et revient avec une bouteille de champagne qu’elle pète devant
moi et nous serre tous les deux. Nous trinquons en prenons une gorgée
avant de nous concentrer sur la nourriture.

- Tu as une très belle maison.

- Oh merci. On l’avait acheté mon ex fiancé et moi pour y vivre après notre
mariage sauf qu’il a eu la trouille du mariage à deux jours de la célébration
et s’est barré. J’ai donc pris la maison comme compensation. De toutes les
façons j’y avais aussi mis de l’argent.

- Donc tu y vis seule ?

- Oui comme un petit poisson rouge dans son bocal. Et toi qu’es-tu devenu ?

- Installé à Washington, chef d’entreprise et mari d’une merveilleuse


femme depuis 10 ans.

- Wahoo it’s marvelous (Wahoo c’est merveilleux). J’ai hâte rencontrer ta


femme.

- Fais-moi signe quand tu es prête et je t’invite. Nous sommes


actuellement en Côte d’Ivoire pour quelques temps. Nous y étions venus
juste pour les vacances mais on a finalement décidé d’ouvrir des
succursales de nos différentes entreprises.
- C’est bien et à combien ‘enfants êtes-vous ? Te connaissant je parie que
vous en avez déjà une dizaine.

Je souris malgré moi un pincement au cœur.

- Non nous n’en avons pas encore. Elle ne peut pas en faire. Mais j’ai foi que
Dieu fera un jour.

- Oh je suis désolé. Mais pourquoi ne pas adopter en attendant ? En


Amérique c’est plus facile qu’ici en Afrique.

- Elle ne se sent pas encore prête donc je ne la brusque pas.

- Et ça ne te chagrine pas de ne pas avoir d’enfant alors que tu te


rapproches de la quarantaine si mes calcules son bon.

- En fait ce n’était pas le cas quand nous étions aux Etats-Unis mais depuis
que nous sommes arrivés en Côte d’Ivoire j’en meure d’envie. Mais bon je
prends mon mal en patience. Il m’est arrivé de penser à avoir une mère
porteuse mais je ne suis pas sûr que Vicky voudra qu’une autre femme
reçoive ma semence en elle.

- Mais tu as une maitresse ? Demande-t-elle en remuant ses sourcils avec


un sourire aux lèvres.

- Lol non je ne fais pas partie de cette race d’homme. J’ai choisi une
femme et c’est à elle seule que j’appartiens d’abord parce que je l’aime
comme un taré mais aussi et surtout parce que je crains Dieu. Bon pouvons-
nous changer de sujet ? Je demande avec un sourire.

- Ok bon et si on allait continuer au salon. J’espère que le repas t’a plu.

- C’était délicieux.

Nous nous levons avec nos coupes en main et la bouteille de champagne


pour nous rendre au salon. C’est quand nous nous asseyons que je prends
une gorgée de mon verre. Elle s’absente et reviens avec des amuses
bouches que nous prenons comme dessert. La conversation se poursuit et
dans un mouvement la cuisse de Sabine se dévoile. Je le vois sans le vouloir
et détourne la tête aussitôt. Une petite envie me traverse. Je prends un
autre gâteau que je mange pour oublier ce qui vient de se passer. Elle
s’excuse pour aller se changer afin d’être plus à l’aise et quand elle revient
dans une robe presque transparente cette même envie me traverse. Sabine
a toujours été une bombe je le reconnais mais je n’avais jamais été attiré
par elle donc c’est quoi cette envie ? Je veux demander la route mais je ne
sais pas pourquoi je reste.

- Malcom tu vas bien ?

- Oui, oui. Juste que je me sens un peu bizarre.

- Tu as envie de te détendre ? Demande-t-elle en me caressant le bras.

Je devrais la repousser mais je n’y arrive pas. Je n’arrive à rien au fait. Je


me contente juste de parcourir son corps du regard.

- Tu veux toucher ?

Elle baisse son décolleté pour me donner une vue sur sa poitrine. Je suis
excité. Et merde !

- Je pense que je vais rentrer. Merci pour ce diner.

- Non reste là. Ordonne-t-elle prestement en se mettant en califourchon


sur moi.

- Mais qu’est-ce que tu fais ?

- Ce dont j’ai rêvé presque toute ma vie et même encore aujourd’hui quand
je t’ai vu. Tu es encore plus beau quand dans mes rêves Malcom. Aime-moi
ne serait-ce que pour cette nuit ensuite tu retourneras près de ta femme.
Supplie-t-elle en me caressant le torse. Tu veux un enfant n’est-ce pas ?
- Oui mais…

- Alors je vais t’en donner un.

Elle commence à onduler les reins sur mon sexe qui prend du volume d’un
seul coup. Je n’arrive toujours pas à la repousser pourtant j’en ai envie.
J’ai l’impression qu’autre chose a pris le contrôle de moi. Elle prend mes
mains et les pose sur ses fesse en dessous de la mini robe qu’elle porte.

- Je t’aime boo.

Boo. C’est comme ça que Vicky m’appelle. Il faut que je sorte d’ici. Oui mais
je me surprends en train de lui caresser les fesses. Je me mets à
transpirer abondamment. Je veux parler mais elle me fait taire par un
baiser. Elle gémit et je suis de plus en plus excité.

Je me réveille petit à petit dans un lit et quand j’ouvre totalement mes


yeux je me rends compte que je ne suis pas dans ma chambre d’hôtel. Je
suis nu et j’enlace une personne. Une femme qui est aussi nue et dont les
fesses sont collées sur mon membre. Je cligne des yeux pour bien voir le
visage de la femme que je suppose être ma femme. Je manque de
m’évanouir quand je constate que non ce n’est pas Vicky mais Sabine.

- OH JESUS-CHRIST QU’EST-CE QUE J’AI FAIT ?

Je saute du lit et tombe par terre le drap enroulé sur mes pieds. Mon cri a
réveillé Sabine qui se retourne et me sourit.

- Coucou boo.

- ARRETE DE M’APPELER AINSI.


- Qu’est-ce qui se passe pourquoi tu es en colère ?

- Pourquoi je suis en colère ? Pourquoi je suis en colère ? Merde qu’est-ce


qui s’est passé ?

- Comment ça qu’est-ce qui s’est passé ? Nous avons fait l’amour Malcom.
Nous étions tous les deux excités et comme deux grandes personnes
responsables nous avons couché ensemble. Quoi tu ne t’en souviens pas ?

- Non, enfin si, enfin merde on n’aurait pas dû. Dis-moi qu’on s’est protégé
stp.

- Non. Tu as dit que tu voulais un enfant donc nous l’avons fait sans
protection en espérant que je tombe enceinte.

- Oh Jésus ! Je m’exclame en me laissant tomber sur le lit.

J’essaye de me rappeler de cette nuit mais mes souvenirs s’arrêtent au


baisser qu’elle m’a donné et c’est tout. Je ne me souviens plus de la suite.
Je la sens s’approcher sur le lit et elle me caresse le dos. Comme piqué au
vif je me lève et lui assène une gifle qui la fait tomber sur le lit. Je
regrette aussitôt mon geste parce que je ne suis pas de nature violente
encore moins avec les femmes mais quand je me rappelle qu’elle m’a piégé
je me retiens de m’excuser et commence à m’habiller pendant qu’elle se
met à pleurer. Il n’y a que les larmes de ma femme que je ne supporte pas
de voir donc qu’elle pleure autant qu’elle veut. Je sors de là malgré qu’il
fasse encore nuit comme si j’avais le feu aux fesses et conduit
complètement perdu. Je retiens mes larmes qui me floutent déjà la vue
jusqu’à ce que j’arrive à mon hôtel. Une fois dans ma chambre je marche je
marche comme automate et me laisse tomber sur le lit. Je pense à cette
soirée et à ma femme. Ma femme. Purée je l’ai trompé, pour la première
fois en dix ans de mariage je l’ai trompé. Ma prunelle. Les propos du
Pasteur Bill me reviennent. Il a dit que je n’avais pas veillé et étais tombé
dans un trou. Le trou de l’adultère. J’éclate aussitôt en sanglot en glissant
du lit pour me retrouver par terre.
- Oh God forgive me (Oh Seigneur pardonne-moi). Je te demande pardon
je t’en supplie snif. Pardonne à ton fils que je suis. Je n’ai pas veillé et je
suis tombé. J’ai failli à mon rôle de mari en trompant ma femme. Oh
Seigneur qu’est-ce que j’ai fait ?

Je pleure tout mon saoul et ma main qui est posée sur le lit touche ma
Bible. Je la prends et la serre contre mon cœur. J’aurai dû prier depuis ce
matin, ça m’aurait évité de tomber dans ce piège. Je continue de demander
pardon au Seigneur lorsque mon portable sonne. Je n’ai pas besoin de
regarder l’écran pour savoir que c’est ma femme. Je lui ai attribué le
cantique Amazing Grace. Je prends mon portable juste pour regarder la
photo d’elle qui d’affiche quand elle m’appelle. Mes larmes redoublent et
mon cœur se brise. J’avais promis l’appeler ce soir mais au lieu de ça j’étais
entre les cuisses d’une autre. Je n’arrive pas à décrocher parce que je ne
pourrai pas la regarder avec cette culpabilité qui me ronge. J’ai honte de
moi. Sacrément honte. Je me laisse tomber sur la moquette tout en
continuant à serrer plus fort la Bible contre moi. C’est dans cette position
que je m’endors.

Le jet de Vicky a atterrit ce matin et ce sont ses gardes qui sont venus me
chercher. Je n’ai pas voulu partir avec eux pour ne pas paraitre orgueilleux
aux yeux des autres. Je n’aime pas vraiment être gardé. Durant le trajet
qui mène à la maison mon cœur bat la chamade. J’appréhende de la voir.
J’ai peur qu’elle sache tout rien qu’en me regardant. Je ne pourrai pas la
regarder en face. Je ne cesse de me demander si je dois lui avouer ou
garder ça pour moi. Mais je ne me rappelle de rien. Je ne me rappelle pas
l’avoir pénétré ni avoir jouis en elle. Je me rappelle juste du baiser et c’est
tout.
Quand nous arrivons je monte directement dans ma chambre pour prendre
une douche parce que je me sens sale depuis cette nuit. Vicky doit être au
travail. C’est ce que je pense jusqu’à ce que je la voie assise sur le lit la
tête baissée. Elle sait que je suis là mais ne lève pas la tête ni ne vient
m’accueillir. J’ai peur d’un coup. Est-ce qu’elle sait ?

- Hey prunelle comment…

- Tu me punis parce que je ne peux pas te donner d’enfant ?

- Prunelle…

- Tu ne veux plus me parler parce que je ne peux faire de toi un père ? Dit-
elle la voix tremblante. Est-ce de ma faute si je n’ai plus de trompes ? Est-
ce ma faute si je ne peux procréer ? EST-CE MA FAUTE SI CES GENS
M’ONT BOUSILLE MES TROMPES ?

Ces gens ? Quels gens ? Je n’ose pas lui demander.

- Chérie…

- NE M’APPELLE PAS CHERIE. Crie-t-elle en me lançant quelque chose à la


figure que j’évite en me baissant. Est-ce de ma faute si cette jeune fille a
laissé sa fille devant notre porte et que nous avons fini par l’aimer comme
notre propre enfant ?

Elle continue de hurler en pleurant avec pleins de questions qui me brisent


le cœur. Je m’approche d’elle petite à petit et veux la prendre dans mes
bras mais elle me repousse et continue de pleurer.

- Pourquoi m’ignore-tu ces temps-ci ? Tu ne m’as appelé qu’une seule fois


durant ton séjour au Ghana et hier, hier je t’ai appelé mais t’as pas
répondu. Tu regrettes de m’avoir épousé c’est ça ? Snif. Tu as rencontré
une autre qui elle peut te donner des enfants donc tu réfléchissais à
comment me demander le divorce c’est bien ça Malcom.

Une larme perle sur ma joue devant la profonde douleur de la femme que
j’aime tant. C’est la première fois en 10 ans que je la vois pleurer pour ce
sujet. Son visage est rempli de larme et de morve qu’elle essuie en passant
avec sa main. Je me rapproche encore plus d’elle et réussi à la prendre
dans mes bras. Elle se laisse faire et éclate en sanglot. Je me mets à
genoux par terre avec elle dans mes bras.

- Pardonne-moi prunelle. Je n’ai pas voulu te faire mal. Je ne voulais juste


pas que tu sache que le départ de la petite m’a affecté. Je ne voulais pas
que tu penses que je t’en voulais parce que ce n’est pas le cas prunelle. Ce
n’est pas le cas. Je t’aime peu importe ce qui arrive. Je t’aime.

Je la berce et elle se calme. Les souvenirs de cette nuit me reviennent et


je serre les dents pour ne pas craquer. Elle serait anéantie si je le lui
disais. Vicky est certes forte mais elle est la femme la plus sensible que je
connaisse. Je trouverai un autre jour pour lui dire. Pour l’instant il faut que
je me fasse pardonner. Seigneur aide-moi à me racheter auprès de ma
femme. Je ne veux pas la perdre. Absolument pas.
La vengeance est une femme

Episode 30

***Pamela***

Je me réveille le sourire aux lèvres après la soirée et la nuit de folie que


j’ai passé. Je sens un bras autour de ma taille et quand je me retourne je
tombe sur le visage endormi d’Antony. Je souris en me mordant la lèvre
inférieure. C’est la première fois que je le vois aussi beau. Oui il est beau
de nature mais moi je ne le voyais pas comme je le vois ce matin. Je pense
que je suis en train de tomber de lui. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Comment avons fini par faire l’amour après tout ce qui s’est passé ?

***Flash-back***

Je me réveille comme à l’accoutumé à 6h pour faire le petit déjeuner des


filles en permettant à leur servante d’aller les aider à se préparer pour
l’école. Pendant que je m’active dans la cuisine on sonne à la porte ce qui me
surprend parce qu’il est encore tôt. J’arrange mon peignoir et vais ouvrir.
Un jeune avec un énorme bouquet de fleur est arrêté devant ma porte. Il
me le tend et je signe la fiche qu’il me tend. J’entre en suite en cherchant
la carte qui se trouve à l’intérieur. Je sais déjà elle est de qui. « De belle
fleure pour la plus belle femme pour te souhaiter une très bonne journée.
A.S ». Je souris malgré moi. Je mets les fleurs dans un vase rempli d’eau
et le pose dans un coin de la cuisine pour qu’elles soient visibles. Je
reprends ma cuisine en réfléchissant aux derniers évènements. Je ne sais
pas ce qui arrive à Antony pour qu’il me fasse tous ces cadeaux. Il m’en
avait jamais fait quand nous étions mariés donc pourquoi maintenant ? Est-
ce une manière pour lui de me piéger dans le but de me faire revenir pour
ensuite me maltraiter ? Je suis en tout cas sur mes gardes. Il est hors de
question que je me laisse piéger même si ses petites attentions ne me
laissent pas indifférentes.

Je finis de cuisiner et vais me préparer pour le boulot avant de venir


rejoindre les filles à table. Nous finissons de manger et les filles se lèvent
pour aller chercher leurs sacs au salon.

- Bonjour tout le monde.

Je ne sais pas pourquoi ma respiration s’accélère quand j’entends la voix


d’Antony. D’ailleurs que fait-il là ? Les filles vont l’embrasser avant de
continuer leur chemin et il s’approche de moi pour m’embrasser la joue. Le
contact de sa main sur le bas de mon dos me rend un peu bizarre.

- Comment vas-tu ? Murmure-t-il tout proche de moi ce qui me met un peu


mal à l’aise.

- Ca va. Je réponds en reculant subtilement pour ne pas lui faire


comprendre que je le fuis.

Il a un rictus et glisse ses mains dans ses poches. Pourquoi je le trouve


sexy ce matin ?

- Tu as reçu les fleurs ?

- Oui merci beaucoup. Que fais-tu là ?

- J’ai voulu venir chercher les filles pour les conduire à l’école.

- Ah ok.
Il me regarde d’une de ces manières que j’en suis gênée. Il a quel problème
celui-là même ? Les filles viennent et il m’embrasse à nouveau sur la joue
sans que je ne m’y attende. Nous sortons tous ensemble et chacun prend sa
route.

Ca fait plusieurs heures que je suis au boulot mais que je n’arrive pas à me
concentrer. Je ne fais que penser et repenser à tout ce qu’Antony fait et
je ne sais quoi en penser. Entre lui et moi il n’a jamais été question d’amour
donc le voir me faire presque la cour comme ça me fait bizarre. Il se
comporte comme si tout ce qui c’était passé n’avait pas existé et que
c’était maintenant qu’on se rencontrait. Il faut que j’aille en parler à Vicky.
Je tape deux coups sur son bureau et elle me demande d’entrer. Elle est au
téléphone donc je m’avance et m’assois en silence.

- C’est quoi cette tête ? Demande-t-elle après avoir raccroché.

- Je ne sais plus quoi penser de cette situation.

- Laquelle ?

- Celle avec Antony. Je ne sais pas pourquoi est-ce qu’il me montre tant
d’intérêt et d’attention alors qu’entre lui et moi ça n’a été qu’arrangement,
tristesse et haine.

- Qu’est-ce qu’il y a à comprendre si ce n’est qu’il est finalement amoureux


de toi.

- Ca ne peut pas être possible Vicky. Je ne suis et n’ai jamais été le genre
d’Antony donc pourquoi ? Pourquoi n’a-t-il pas fait tout ça quand nous
étions mariés ? Pourquoi maintenant que je veux repartir de nouveau et
refaire ma vie, être heureuse ? Pourquoi ?

- Tu sais l’homme fait des erreurs et Antony est un homme. Je pense qu’il
a fini par comprendre ce qu’était vraiment important pour lui en
l’occurrence toi donc il veut tout réparer. Je ne l’ai pas vraiment apprécié
quand je l’ai rencontré jusqu’à ce que vous divorciez mais je pense qu’il
mérite une seconde chance. Je ne te dis pas forcement de te jeter dans
ses bras mais de le laisser faire ses preuves et si tu sens que tu peux lui
donner une chance n’hésite pas. Il ne te laisse pas indifférente depuis qu’il
a changé n’est-ce pas ?

- Ouais je dois l’avouer mais j’ai peur de lui faire confiance et de me


rendre compte que ce n’était qu’un autre complot pour me ramener dans ce
mariage merdique.

- Moi aussi j’y ai pensé mais je pense qu’il est sincère. Tu sais qu’il a
demandé la permission à ton frère avant de faire tout ça ?

- Ah bon ? Il a fait ça ?

- Oui et il lui demande à chaque fois des conseils pour te reconquérir donc
toutes ces fleurs et autre sont un complot de lui et ton frère.

- Oh je n’en savais rien. Tu penses que je devrais lui laisser une chance ?

- Pas tout de suite. Qu’il fasse ses preuves d’abord.

- Pff cette histoire ma fatigue.

- Du courage ça ira. Dit-elle en riant.

Mon portable se met à sonner et c’est Antony. Je le montre à Vicky,


décroche et mets sur haut-parleur.

- Antony ?

« - Je ne te dérange pas j’espère ? »

- Euh non, non pas vraiment.

« - Ok je voulais savoir si tu avais quelque chose de prévu ce midi. Je


voulais t’inviter à déjeuner. Enfin si cela ne te dérange pas. »

Je lève les yeux vers Vicky qui me fait signe d’accepter. Je dis non de la
tête et elle insiste.
- Euh ok d’accord.

« - Cool. Je suis déjà en bas puisqu’il sera midi dans 20 minutes. »

Je cherche quoi répondre lorsque Vicky me fait encore signe d’aller le


rejoindre maintenant.

- Non. Dis-je en mimant pour ne pas qu’Antony entende.

- Si, tu y vas maintenant. Mime-t-elle à son tour.

- Mais…

« - Allo tu es là ? » M’interrompt Antony.

- Oui oui. Je te rejoins maintenant.

« - Ok. »

Je raccroche et fais de gros yeux à Vicky qui se met à rire. C’est toute
anxieuse que je rejoins Antony en bas. Comme ce matin dès que je
m’installe dans sa voiture il me fait une bise sur la joue sans prévenir. Il
nous emmène dans un restaurant que je n’avais jamais visité. Une fois nos
commandes passées un silence s’installe. Je baisse les yeux et commence à
jouer avec mes doigts.

- Il a fallu que j’ouvre véritablement les yeux pour remarquer à quel point
tu es vraiment splendide. Dit Antony avec tout son sérieux.

- Pourquoi tu fais tout ça Antony ? Pourquoi toutes ces fleurs, ces


cadeaux, ces compliments, ce petites attentions ? Pourquoi dis-moi ?

Il me regarde puis baisse la tête qu’il relève après avoir respiré un grand
coup.
- Je me suis juste rendu compte que j’avais été con toutes ces années et
je veux… tout réparer.

- Pourquoi ?

Il pose sa main sur la mienne et me fixe intensément. Je me sens troublée


et je retire ma main. Le serveur apporte nos plats et j’y plonge aussitôt
mon regard.

- On devrait manger. On aura tout le temps de parler de ça. Dit-il pour


changer de sujet.

Comme dit nous nous mettons à manger. Il envoie un autre sujet plus gai
et nous passons un bon moment je dois quand même l’avouer. Je n’arrête
pas de me demander si ce qui se passe est réel ou c’est une façade pour
une autre ambition démesurée.

Il gare devant la boite et coupe le contact.

- Merci pour le déjeuner.

- De rien. Merci à toi de m’avoir accordé ce temps.

- Hum. Bon je vais y aller maintenant. Le boulot m’attend.

- D’accord. Passe une bonne suite de journée.

- Merci et merci encore pour tout.

J’ouvre la portière mais il me retient.

- Tu ne m’embrasse pas ?
Je me retourne et plutôt que ce soit moi il approche sa tête et m’embrasse
sur la commissure de mes lèvres. Je ne sais pas comment réagir à ça donc
je me contente de juste descendre. Cette situation me dépasse.

- Papa non tu triches. Se plein Sara en riant.

- Ce n’est pas de ma faute si je suis meilleur joueur que vous toutes


réunies. Maintenant vends-moi ta ville que j’aille acheter celle de votre
mère.

Nous rigolons et Antony me fait un clin d’œil quand nos regards se


croisent. Ce soir Antony a voulu qu’on passe une soirée tous ensemble à la
maison et là nous sommes en train de jouer au Monopoly après avoir joué à
certains jeux familiaux et Antony est toujours celui qui gagne. Toute cette
semaine Antony n’a cessé de nous faire sortir les soirs. Entre restau, ciné
et boutique, ça n’a pas cessé. De jour en jour je découvre un autre Antony
et pour dire vrai ça me plait. Je ne le savais pas si amusant. Il a toujours
été un homme très sérieux et autoritaire et là je le vois sous un autre
jour. Après le Monopoly nous allons tous nous asseoir devant la télé pour
regarder l’émission VTEP (Vendredi Tout Est Permis) sur TF1. Antony et
ses filles font les jeux en même temps que dans l’émission, moi je me
contente de rigoler en les regardant. J’aime l’ambiance qu’il y a. Un moment
les filles sont épuisées donc ils viennent me rejoindre dans le canapé et
nous regardons la suite de l’émission en riant de temps à autre. Lorsque
l’émission fini je constate que les filles se sont endormies. Je prends Sara
et Antony Nadia et allons les faire coucher chacune dans sa chambre avant
de revenir nous asseoir devant la télé.
- Oh la vache je suis tout exténué. C’est fou comme ces petites débordent
d’énergie. J’ai cru qu’on ne s’arrêterait jamais.

- Toi aussi tu étais débordant d’énergie. Je pense qu’elles tiennent ça de


toi.

- Oui et leur beauté de toi. Lâche-t-il en me fixant étrangement.

Je baisse les yeux et il glisse ses doigts sur ma joue pour la caresser.

- Il commence à se faire tard Antony et tu devrais rentrer.

Il lève la main et moi par reflexe je recule et me protège le visage. Comme


le coup ne vient pas j’ouvre les yeux et le regarde. Je lis la peine dans ses
yeux.

- Tu as toujours peur de moi ?

Oui, ai-je envie de répondre pourtant je n’ose pas. Il soupire et se


rapproche de moi. Je ne recule pas. Il prend ma main dans la sienne et y
pose un baiser avant de se mettre à la caresser.

- Je te demande pardon Pam. Stp pardonne-moi. Je regrette amèrement


tout ce qui s’est passé et… je voudrais que tu me donnes une chance de me
faire pardonner, de te prouver que je ne suis plus l’homme que tu as connu.

- Antony.

Il se rapproche encore plus de moi et commence des caresses sur ma joue.


- Fais-moi confiance Pam et tu ne le regretteras pas. Rien que pour te
reconquérir j’ai abandonné certaines choses comme mes ambitions
politiques.

- Tu as quoi ?

- Je l’ai fait pour toi, pour te consacrer à toi et nos deux merveilleuses
filles tout mon temps, mon énergie et… mon amour. Je t’aime Pamela. Pour
de vrai.

J’ouvre les yeux de surprise devant sa révélation. Il vient de dire qu’il


m’aime ? Je n’en crois pas mes oreilles. Il m’aime ? Wahoo, jamais je n’aurai
cru que ça sortirait de sa bouche pour moi. Je continue de le regarder les
yeux agars et je suis dans l’incapacité de le repousser lorsque je le vois
rapprocher son visage du mien ensuite ses lèvres. Je ferme les yeux en
même temps que ces lèvres se posent sur les miennes. Une sensation de
bien-être m’envahie ainsi qu’un frisson. C’est la première fois qu’il
m’embrasse pour de vrai et avec mon consentement. J’écarte légèrement
les lèvres et il en profite pour glisser y sa langue. J’adore le goût de sa
langue. Il approfondit le baiser et j’y mets un terme en le repoussant.

- Non Antony arrête. Tu devrais rentrer maintenant. Dis-je en me levant.

- Je suis désolée si je t’ai brusqué mais je t’aime Pamela.

- Je suis désolée mais ça ne sera pas possible. Trop de mal a été fait.

- Et je les regrette tous.

- Je suis désolée mais ne crois pas que je vais oublier aussi facilement que
tu m’as battu, violé et privé de tout ce qui pourrait me rendre heureuse
pendant 9 années.

- Bébé…

- Bonne nuit Antony.


Je le plante et monte en chambre toute émoustillée. Mine de rien j’ai
adoré le baiser mais il fallait que j’y mette fin malgré moi. Il ne faut
surtout pas que je me lance dans quelque chose sans réfléchir.

Je n’arrive toujours pas à dormir alors je décide descendre fermer la


porte d’entrée. Une fois fermée je me rends au salon pour éteindre la
lumière et je suis surprise d’y voir encore Antony qui est assis la tête
entre les mains.

- Antony ? Tu n’es pas parti ?

- Désolé j’ai eu un petit malaise donc je voulais attendre un peu avant de


m’en aller. Mais ne t’inquiète pas je ne vais pas passer la nuit ici.

Il parle avec tellement de tristesse que je me sens mal. Il se lève et


prends ses clés sur la table basse.

- J’y vais.

- Tu es sûr que ça va ? Tu pourras conduire ?

- Je vais prendre un taxi et demain je viendrai prendre la voiture. Bonne


nuit.

Il me dépasse et s’en va. Pourquoi le voir ainsi me touche autant ? Je me


sens vraiment mal. Je vais refermer la porte et monte me coucher.

*
Antony n’est pas venu chercher sa voiture. Il a envoyé l’un de ses employés
la récupérer et cette personne m’a dit qu’il ne se sentait pas bien donc n’a
pas pu aller au travail. Nous sommes samedi et il avait prévu venir nous
chercher pour nous envoyer à la plage mais il m’a envoyé un message pour
s’excuser. Heureusement que mon ex belle-mère est venue chercher les
filles pour qu’elles passent avec elle le week-end. Je suis donc seule à la
maison et j’ai envie d’aller voir comment va Antony. Je ne cesse de me dire
que c’est moi qui l’ai mis dans cet état. J’ai appelé Vicky pour expliquer ce
qui s’était passée et elle m’a conseillé de suivre mon cœur sauf que mon
cœur lui-même ne sait ce qu’il veut. Il est partagé entre l’envie d’essayer à
nouveau et passer à autre chose. Je me ronge les ongles en réfléchissant
puis je décide d’aller le voir à son appart.

Quand j’arrive je reste devant sa porte près de 5 minutes à me demander


si j’ai bien fait de venir. J’ai voulu rebrousser chemin mais je suis
finalement restée alors j’appuie sur la sonnette. Il ne tarde pas à venir
ouvrir.

- Bonsoir Pamela.

- Bonsoir Antony. Je… peux ?

- Oui viens entre.

Il bouge pour me céder le passage et il referme la porte derrière moi.

- Je ne vais pas tarder, je suis juste venue voir comment tu allais comme
hier ce n’était pas trop la forme et que ce matin tu as envoyé quelqu’un
d’autre récupérer ta voiture et ensuite annulé la sortir avec les enfants.
Je demande d’une traite le cœur battant la chamade d’être seule dans la
même pièce que lui et de le trouver sexy dans ce débardeur et ce jeans.

- Ah oui je vais bien merci beaucoup. J’espère que les filles n’étaient pas
trop déçues ?
- Si un peu mais elles ont vites retrouvés leur joie quand ta mère est venue
les chercher pour le week-end.

- Oui elle me l’a dit. Elles n’aiment plus rester à la maison ces petites. Dit-il
en souriant.

- Oui. Tu leur as donné une sale habitude avec toutes ces sorties ces
derniers temps. Je réponds en souriant à mon tour.

Le sourire aux lèvres et un rictus sur le sien nous nous regardons sans plus
rien dire puis je romps ce silence devenu pesant.

- Bon je vais y aller maintenant et te laisser te reposer.

- Ok c’est vraiment gentil d’être passé prendre de mes nouvelles.

Je m’approche de lui pour lui faire une bise sur la joue et lui comme ces
derniers temps pose sa main sur le bas de mon dos. Je m’éloigne
doucement de lui mais mon visage reste bloqué tout près du sien. Nos
regards se font intenses l’un dans l’autre et nos lèvres se rapprochent
petit à petit jusqu’à ce rencontrer. Ce même frisson qu’hier me parcoure
l’échine et il approfondit le baiser en m’enlaçant. Je me laisse faire et
passe mes mains autour de son cou pour répondre passionnément à son
baiser. Je laisse tomber toutes mes craintes, mes angoisses et m’accroche
à lui comme si ma vie en dépendait. Il me soulève et va me poser dans le
divan sans libérer ma bouche l’espace d’une seconde. Il commence à
parcourir mon corps de caresse et quand il passe sa main sur mes fesses je
le repousse légèrement.

- Antony.

- Laisse-moi t’aimer mon amour. Laisse-moi t’aimer comme tu le mérite.


Il m’a l’air tellement sincère que je le laisse m’embrasser de nouveau ainsi
que me caresser. Les minutes qui suivent je n’ai plus aucun vêtement sur
moi et me tortille dans tous les sens. Antony me donne sacrément de
plaisir comme jamais je n’en ai ressenti rien qu’avec sa bouche et sa langue
qui fouille à l’intérieur de moi. Combien d’année je n’avais plus ressenti ça
ou du moins c’est la première fois de ma vie que je ressens ça. Faut dire
que mon premier homme n’était pas aussi doué que ça donc je n’avais pas
ressenti grande chose. Je n’ai pas eu le temps d’avoir d’autres expériences
qu’on m’a m’avait dans ce mariage avec Antony.

- Tu aimes ? Me demande Antony la tête toujours entre mes jambes.

- Oui Tony, oui.

Il reprend son activité jusqu’à ce que je voie les étoiles.

Voilà donc comment je me réveille ce matin dans son lit après que nous
ayons fait l’amour toute la nuit comme pour rattraper ces 9 années de
gâchis. Antony voulait uniquement me donner du plaisir avec des caresses
et autre sans me pénétrer parce qu’il avait peur de ne pas pouvoir me
satisfaire puisqu’il n’avait plus eu de rapports après son agression qui lui a
coûté un testicule. Mais il a fini par céder vu comment il était fort excité
et aussi sous mon insistance parce que je voulais le sentir en moi. Je
voulais qu’on ait notre vrai premier rapport sexuel. Je me mets à angoisser
d’un coup quand je réfléchis à la suite des évènements. Je me lève du lit et
vais prendre une douche rapide pour rentrer chez moi. Je ne cesse de me
dire que je n’aurai jamais dû me donner à lui. Quand je reviens dans la
chambre il est réveillé. Je le salut et commence à m’habiller.

- Où vas-tu ?

- Je rentre.

- Pour quoi faire ? Passe la journée avec moi et tu rentreras le soir.


- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

- Tu regrettes déjà ? Questionne-t-il en sortant du lit.

- Je n’en sais rien. On n’aurait pas dû Antony.

- Pourquoi ?

- Parce que rien ne me garantit que les choses seront différentes. On va


se remettre ensemble et après les même choses vont reprendre. Violence,
viol et infidélité. Maintenant que tu sais que tu fonctionne bien tu voudras
reprendre contact avec tes putes enfin si bien sûr tu avais coupé tout
contact avec elles.

J’ai parlé d’une traite la voix tremblante sans même le regarder. Il ne dit
rien et s’approche de moi. Je recule d’un pas. Il s’avance encore et me
prends les bras pour me faire asseoir sur le bord du lit. Il se met ensuite à
genoux devant moi mes mains dans les siennes.

- Pamela, je ne peux pas effacer le passer ni changer quoi que soit mais je
peux néanmoins éviter de refaire les même conneries. Je suis sincère
lorsque je te dis que je t’aime. Je m’en suis rendu compte un peu tard mais
comme on le dit, il n’est jamais trop tard pour bien faire les choses et moi
je veux bien faire les choses avec toi. Donne-moi juste une chance, une
toute petite chance, la seule et unique. Tu es la seule femme qui fait
battre présentement mon cœur et tu le resteras si tel est ton désir. Je te
promets de ne plus jamais aller voir ailleurs. Ton frère m’a déjà prévenu
que si je te faisais souffrir à nouveau il me couperait l’autre couille qui me
reste.

Je souris et il fait de même. Il lève sa main et me caresse la joue.

- Laisse-moi te rendre heureuse comme je n’ai pas voulu le faire pendant


nos 9 années de mariage. Laisse-moi t’aimer bébé.
Je le fixe pour essayer de trouver une once de mensonge dans son regard
mais tout ne reflète que la sincérité.

- D’accord Antony. Je veux qu’on essaye.

- C’est vrai ?

- Oui.

Il sourit de toutes ses dents et m’embrasse avec fougue. J’y réponds et


c’est partie pour un rebelote. J’espère ne pas regretter ma décision.

La vengeance est une femme

Episode 31

***Commissaire Noël DIBY***

Depuis 1h de temps que je regarde ces photos à la recherche de ce petit


quelque chose qui me mettrait sur la trace de l’auteur de ces crimes. Tout
a été fait avec tellement d’expertise que ça me laisse sur le cul. Aucune
trace, aucune emprunte, aucun fil de tissu, même pas un cheveu tombé. À
croire qu’ils nettoient de fond en comble la scène pour ne pas donner un
seul indice sur eux. J’utilise le pluriel parce que je sais que c’est une équipe
qui fait ça. Il y a peut-être un cerveau mais le sale boulot est fait par
d’autres. Tout ce que je sais c’est que c’est une femme. Oui une femme à
cause du V écrit sur chacun des corps avec du rouge à lèvre. Je ne crois
pas qu’un homme écrirait V sur ses victimes avec un rouge à lèvre. Avec le
sang des victimes oui mais du rouge à lèvres non. Je me laisse tomber dans
le siège de mon bureau et commence à me masser les tempes. Il faut que
j’avance sur ce dossier sinon je risque de devenir fou. Ma femme frappe
deux coups à la porte et entre.

- Chérie tu devrais venir manger maintenant sinon le diner va refroidir.

- Je suis désolé. J’arrive.

Elle me fixe puis viens s’asseoir sur mes jambes avant de m’enlacer.

- Je sais que tu veux rendre justice à ton défunt mentor mais tu devrais y
aller doucement.

- Je le sais mais je n’arrête pas de penser à cette personne mystérieuse


qui s’en prend à ces gens. Ca ressemble à une vengeance uniquement guidé
vers les membres de la Blood Brother. La semaine passée c’était au tour de
René SALIOU.

Je prends l’une des photos, je la regarde et le redépose. Elle se tourne et


commence à regarder les photos. Elle a l’habitude de voir les photos de
cadavre vu que je lui demande des fois son point de vue sur certains cas et
faut dire qu’elle m’aide beaucoup. Je crois en cette phrase qui dit que la
femme a l’esprit plus développé que l’homme.

- C’est du Royane.

- Quoi ?

- Le rouge à lèvre utilisé pour marquer les corps ça vient de la marque


Royane.

- Comment ça ? Comment tu peux le savoir ?

- J’en utilise aussi tu n’es pas sans le savoir. Ecoute je ne sais pas comment
te l’expliquer mais quand tu as l’habitude d’utiliser un produit et que tu le
vois ailleurs tu peux le reconnaitre. D’autre serait capable de deviner le
nom d’un créateur de mode rien qu’en regarder le style du vêtement et moi
qui collectionne toutes les gammes de Royane je peux en reconnaitre sur
n’importe qui. Mais pour en avoir la certitude tu devrais en parler avec ton
boss pour qu’il le demande à sa femme puisque c’est elle la créatrice.

- Merci ma puce tu es un ange. Dis-je tout excité en prenant les photos.

Je la fais lever, l’embrasse et prend mes clés sur mon bureau.

- Où vas-tu ?

- Faire ce que tu as dit.

- Mais…

Je n’entends pas le reste de sa phrase parce que je suis déjà dehors. Il


faut que je sache si réellement le rouge à lèvre vient de la marque Royane.
Cette marque appartient à Roxane ANDERSON TANOH la femme de mon
patron Olivier TANOH donc je pense qu’elle reconnaitra son maquillage.
J’ai conduit tellement vite que je suis arrivé en 15 minute. J’ai aussi été
aidé par ma sirène. Le gardien qui me connait me laisse entrer et la
servante me dit qu’ils sont à table donc je m’assois pour attendre. Je
continue de regarder les photos lorsque j’entends les cris de leurs enfants.
Les jumeaux Carl et Jérémie qui ont 4 ans et la dernière Royane qui a à
peine 8 mois. Les jumeaux se poursuivent tandis que la petite dernière
essaye de les suivre à quatre pattes. Leur mère se met à hurler et c’est là
que mon chef apparait. Je me lève et me mets au garde à vous.

- Repos. Dit-il en s’asseyant. Je ne m’attendais pas à te voir.

- Je suis désolé c’est un truc de dernière minute. Colonel svp je voudrais


savoir si c’est possible de montrer ces photos à votre épouse.
Je lui tends les photos en question qu’il connait déjà. Il les regarde puis
fronce les sourcils.

- Pourquoi veux-tu que je montre des photos d’hommes morts à ma


femme ?

- C’est en rapport avec la marque sur les corps. Le rouge à lèvre utilisé. Ma
femme dit qu’il vient de la marque de votre femme donc je voudrais les lui
montrer pour en avoir la confirmation.

Il regarde encore les photos puis se lève après les avoir déposé sur la
table en verre. Je me tourne le pousse en tapotant mon pied gauche. Je le
fais quand je suis impatient. Il revient suivi de sa femme que je trouve
magnifique dans sa longue robe. Elle donne le biberon à Royane qui somnole
dans ses bras. Le Colonel Olivier lui montre les photos qu’elle regarde avec
beaucoup d’attention.

- Oui c’est mon rouge à lèvre.

- Yes, dis-je dans ma gorge. Merci beaucoup et si vous le permettez


Colonel je voudrais avoir la liste de vos plus fréquentes clientes. Je vous
en supplie c’est pour des raisons d’enquête.

- Vous voulez enquêter sur mes clientes ?

- En quelque sorte. Ecoutez Madame l’une d’entre elles utilise vos produits
sur ses victimes donc techniquement vos produits doivent faire partir de
l’enquête mais vous êtes la femme de mon chef donc je vais vous épargner
de tout ça. Je voudrais juste la liste.

- Ok mais il y a assez de nom.

- Ce n’est pas grave. Tant que je l’ai ça me va.

- Je vous l’enverrai donc par mail tout à l’heure.

- C’est compris Merci beaucoup et désolé de vous avoir déranger.


- Pas grave. J’étais aussi comme ça quand j’étais commissaire. Me dit le
Colonel Olivier TANOH.

Je me lève, me mets au garde à vous et prend congé d’eux.

Une semaine que j’épluche cette longue liste et je n’ai toujours rien. Il doit
bien y avoir quelqu’un qui est coupable sur cette liste. Bon il me faut sortir
un peu de ce commissariat. Je décide d’aller déjeuner plutôt que de
commander de la nourriture. J’ai besoin de respirer un peu. Je me rends
donc dans un restau pour y manger un bout. Mon portable se met à sonner
dans ma poche pendant que je passe la porte d’entrée. Je baisse la tête
pour faire sortir mon portable de ma poche et là je bouscule quelqu’un. Je
relève aussitôt la tête en m’excusant puis quand je rencontre ce visage je
le reconnais aussitôt. Ca ne peut pas être elle puisqu’elle est morte.

- Il y a un problème ? Me demande-t-elle face à mon regard sur elle qui se


fait insistant.

- Non c’est juste que vous me rappeliez quelqu’un. Vous êtes Ariane TAPÉ
la fille du feu Colonel Julien Anselme TAPÉ ?

- Vous êtes ?

- Le Commissaire Noël DIBY.

- Désolée moi je suis Vicky HAMILTON et non Ariane je ne sais pas quoi.
Maintenant excusez-moi.

Elle s’en va et je ne peux m’empêcher de la regarder partir. La


ressemblance est frappante, vraiment frappante. Elle ressemble comme
deux goûtes d’eau à mon feu mentor Anselme TAPÉ. C’est grâce à cet
homme que je suis ce que je suis aujourd’hui. J’ai passé le concours de
police mais on me demandait de payer plusieurs millions et comme je n’avais
pas cette somme ils m’ont retiré de la liste des candidats. Je me suis assis
devant l’école et ai commencé à pleurer parce que c’était ma seule issue de
secours pour me prendre en charge. Je vivais avec mon père et ma marâtre
qui me traitait comme de la merde sans que mon père ne puisse dire quoi
que soit. J’ai donc quitté la maison un jour alors qu’elle m’avait lancé de
l’eau chaude dessus parce que je n’avais pas lavé les assiettes à temps. J’ai
réussi à éviter l’eau même si quelques goûtes m’ont touché et je me suis en
fuis pour ne plus revenir. Je suis resté chez un ami dont les parents ont
accepté de m’héberger. Tout allait bien jusqu’à ce que la femme change
d’humeur envers moi parce que j’ai refusé de coucher avec elle. Je n’étais
qu’un ado donc je ne voulais pas coucher avec elle d’abord parce qu’elle
était la mère de mon pote et la femme d’un homme qui m’a pris comme son
fils. Voyant que je n’en avais plus pour longtemps chez eux, quand j’ai eu le
BAC j’ai décidé de passer le concours de police. C’est là que j’ai rencontré
M TAPÉ et il m’a pris chez lui le temps que je finisse ma formation et que
je sorte policier pour me prendre en charge avec le salaire que j’allais
avoir.

J’ai donc vécu avec sa famille dont Ariane mais comme je n’étais pas
présent constamment elle et moi n’étions pas vraiment proches. N’empêche
que je la considérais comme ma petite sœur. M TAPÉ m’a suivie tout le
temps de ma formation jusqu’à ce que j’aie le poste de Lieutenant. C’est là
qu’il m’a confié au Colonel Olivier TANOH qui était en ce temps
Commissaire et s’est concentré sur une enquête qui le préoccupait
énormément. C’était sur la secte Blood Brother. Il n’a pas voulu m’en dire
plus pour me protéger mais je l’aidais de temps à autre. Le jour où j’ai
appris leurs morts lui et sa femme j’ai été anéanti parce qu’il était un père
pour moi et elle une mère. On m’a aussi rapporté qu’Ariane était aussi
morte mais contrairement à ceux de ses parents je n’ai pas vu son corps.
J’ai donc récupéré les corps de mes défunts parents jetés dans une forêt
et les ai enterrés comme il se devait. Il n’y avait aucun membre de leurs
famille parce qu’ils avaient peur de subir le même sort. Pour rendre justice
à cet homme qui m’a tant aimé comme son fils et m’a aidé à sortir la tête
de l’eau, j’ai repris l’enquête sur laquelle il était et qui lui a coûté la vie. Je
veux achever son travail et démanteler cette secte parce qu’ils doivent
payer pour tous leurs crimes. J’ai tous leurs noms mais pas assez
d’éléments pour les boucler. Je dois au fait les prendre les mains dans le
sac sinon ils s’en sortiront à chaque fois.

Voilà donc qu’aujourd’hui après toutes ces années je tombe sur la


photocopie de mon mentor. Elle lui a toujours ressemblé et voir cette
femme qui dit s’appeler Vicky HAMILTON… Un instant, Vicky HAMILTON.
Vicky HAMILTON. Ce nom je l’ai vu quelque part mais je ne sais où. Je
continue de cogiter lorsque ça fait tilt dans ma tête. Je ressors du
restaurant et retourne au commissariat. Je me remets à fouiller dans la
liste des clientes potentielles de Royane et là bam je tombe sur son nom.
Elle en fait partie. Je commence à faire des recherches sur elle et ce que
trouve me laisse perplexe. Elle est mariée au fils du premier ministre et
est la fille de l’ancien vice-président des Etats-Unis. Mais oui je l’avais vu
sur le site du crash mais je ne me suis pas approché d’elle parce que j’étais
trop occupé à superviser les recherches. Je l’avais vu se disputer avec le
couple BEYNAUD sur je ne sais quoi. Vicky HAMILTON. Il faut que je
sache vraiment si c’est Ariane parce que ce n’est pas possible qu’elle puisse
lui ressembler autant si ce n’est pas elle.

Je me rends ce matin dans l’entreprise de Vicky pour discuter avec elle.


J’ai réfléchi sur un sujet pour me rapprocher d’elle. Il faut que je sois
encore plus proche d’elle pour mieux analyser les choses. J’ai déjà pris
rendez-vous avec elle donc quand j’arrive ses gardes me laissent passer et
l’un m’accompagne jusqu’à son bureau. Une fois à l’intérieur je suis frappé
par la beauté de son bureau mais surtout par ce trône qui lui serre de
siège. Elle est assise gracieusement en jouant avec un stylo et me regarde
m’asseoir face à elle.

- Bonjour Madame Hamil…

- BEYNAUD. C’est Madame BEYNAUD. HAMILTON c’est le nom de mon


père.

Elle appuie sur père comme pour me convaincre de quelque chose.

- Ok désolé Madame BEYNAUD. Je voulais juste vous poser quelques


questions concernant le crash d’avion dans lequel était votre époux.

- Pourquoi venir me poser des questions alors que c’est lui le rescapé ?

- Parce que j’aimerais aussi avoir votre opinion sur ce sujet.

Je commence à lui poser des questions dont je connais déjà les réponses
et à voir le rictus qu’elle a sur les lèvres j’en déduis qu’elle sait que je ne
suis pas là réellement pour parler de ce sujet. C’est fou comme elle
ressemble à mon mentor.

- Monsieur le Commissaire et si vous me disiez la véritable raison de votre


présence dans mon bureau. Ça nous ferait gagner du temps.

- Ok comme vous voulez. Depuis la dernière fois que nous nous sommes vus
je ne peux m’empêcher de penser que vous êtes sa fille. La fille de mon
défunt mentor Julien Anselme TAPÉ.

- Je ne suis pas cette Ariane dont vous m’avez parlé.

- Pourtant vous lui ressemblez comme deux gouttes d’eau surtout à son
père.

- Les gens se ressemblent vous savez.


- C’est vraiment dommage. Moi qui étais heureux d’avoir retrouvé la fille de
celui que je considérais comme père et à qui j’allais enfin dire où est-ce
qu’il avait été enterré lui et sa femme puisqu’aucun membre de leurs
familles n’a voulu le savoir. Mais bon je vais devoir continuer mes
recherches. Excellente journée Madame.

Je prends congé d’elle en ayant fait exprès de lui laisser subtilement


cette information qui l’intéressera si c’est vraiment elle Ariane. Elle
cherchera où ils ont été enterrés et trouvera vu ses relations.

Comme je l’avais dit elle est venue au cimetière de Williamsville une


semaine après notre rencontre. J’avais posté un homme devant le
cimetière pour vérifier si elle viendrait et quand aujourd’hui elle s’y est
rendue mon élément m’a appelé et je suis venu sur les lieux pour voir de
mes propres yeux. Je suis assis dans ma voiture un peu à distance et je la
vois à genoux devant les deux tombes dans le caveau que j’ai fait
construire pour les deux. Il y a un énorme bouquet de fleur sur chaque
tombe. Je vois ses épaules se secouer, je crois qu’elle pleure. J’ai envie
d’aller vers elle mais je reste sur place pour ne pas qu’elle sache que je sais
qui elle est. Maintenant que j’ai la confirmation que c’est elle, il faut que je
découvre si c’est elle V qui venge la mort de ses parents en tuant les
membres de la secte mais aussi pourquoi est-ce qu’elle est mariée au fils
de l’un des hommes responsables de leurs morts. Il faut que je sache tout
sur cette histoire. Ça m’aidera peut-être à avancer dans mon enquête.
La vengeance est une femme

Episode 32

Trois mois se sont écroulés et certaines choses se sont stoppées tandis


que d’autres ont évoluées. En trois mois les travaux de construction que
j’avais entamée dans mon ancien quartier ont grandement avancés. Ça ne
sera certes pas un quartier résidentiel mais il sera plus présentable
qu’avant. Il y aura un goudron et toutes les maisons seront en dur vu qu’ils
se sont installés eux-mêmes sans permission. En effet le quartier a été
détruit et vendu à un homme qui apparemment n’en a rien foutre. Je l’ai
donc contacté et racheté le terrain à deux fois le prix normal. Ensuite j’ai
commencé les démarches administratives pour pouvoir construire et des
maisons, un marché et une école. Le quartier n’est pas vraiment grand donc
il n’aura pas tant de travaux que ça. Pour cette tâche j’ai contacté la boite
de Terry YOUL qui est dans les BTP pour qu’ils me construisent ce que je
veux. J’ai fait tout ça bien sûr avec l’accord de mon mari que je trouve
bizarre ces derniers mois. Ce n’est plus en rapport avec le départ de Jolie
parce qu’après ma crise de l’autre jour tout est rentré dans l’ordre sauf
qu’il est devenu bizarre pour je ne sais pas quel raison. Il est toujours
aussi attentionné et aimant mais… il ne me fait plus l’amour. Trois mois
qu’on n’a pas fait l’amour. Il a d’abord inventé une excuse qu’il ne se sentait
pas très en forme et après il m’a dit qu’il avait une infection donc le
docteur lui a interdit les rapports pendant un moment le temps de se
soigner. J’attends donc toujours qu’il guérisse parce qu’il me manque
vraiment.

Nous nous préparons ce matin pour nous rendre ensemble dans mon ancien
quartier apporter des vivres aux habitants avec mon équipe parce que c’est
vraiment la galère là-bas. C’est bon de leur donner un bon toit mais il faut
aussi qu’ils se nourrissent afin d’être en vie et d’y vivre. Je finis d’enfiler
mon jeans pendant que Malcom fini de porter son polo. Je vais dans mon
dressing chercher mes boucles dans ma boite à bijou.
- Boo tu as vu les boucles que tu m’avais offertes à Noël ? Je ne les trouve
pas.

- ….

- Boo ?

- ….

- Malcom je te parle.

- Quoi ? Hum ?

- Qu’est-ce qui t’arrive Malcom ? Tu es là devant moi et tu ne m’entends


pas ?

- Je… suis désolé prunelle j’avais la tête ailleurs.

- Qu’est-ce qui t’arrive ces derniers mois Malcom ? Tu es tout le temps


dans tes pensées. Tu as un souci ? Si oui dis-le moi que je t’aide.

- Rien de grave jusque je réfléchi à de nouvelles idées pour la boite.

Je le regarde pas vraiment convaincu et il vient me frôler les lèvres avec


ce qui est censé être un baiser. Il s’éloigne de moi et va sortir mes boucles
que j’avais moi-même déplacés. Je les portes à mes oreilles et vais
embrasser mon mari. Il se crispe et y met vite un terme.

- Malcom qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi tu ne m’embrasse plus comme


avant ? Qu’on ne fasse pas l’amour parce que tu as chopé une infection je
le comprends mais et pour les baisers ?

- Je suis désolé, c’est juste que si je t’embrasse trop je ne pourrai pas me


retenir de te faire l’amour et si on le fait je risque de te contaminer.

- C’est quoi d’ailleurs cette infection que tu as ? Demandais-je en


attrapant mes hanches et en le fixant même si lui évite de me regarder.

- Le docteur m’a donné un nom bizarre.


- C’est une infection sexuellement transmissible ?

- Non puisque toi tu n’es pas infectée.

- Je veux savoir si tu as couché avec une autre.

Là il laisse tomber sa montre puis se baisse pour la ramasser.

- Quoi ? Non, bien sûr que non.

- Pourquoi tu me réponds sans pouvoir me regarder dans les yeux Malcom ?

Son portable se met à sonner alors qu’il cherche ses mots. Il s’excuse et
répond. Je le regarde communiquer et je ne suis pas tranquille. Malcom
aurait couché avec une autre ? Non je ne crois pas. Il n’est pas comme ça.

Nous sortons retrouver Mel et April dehors qui sont en train de rigoler.

- Bonjour à vous. Les saluais-je. Le camion est déjà près ?

- Oui Vicky. J’appellerai Pamela quand on se mettra en route pour que non
arrivions au même moment.

- Ok Mel où est Brad ?

- Tu lui as dit d’aller rejoindre Pamela pour s’assurer que le camion arrive à
bon port.

- Ok bon allons-y.

Je monte avec Malcom, April avec son frère et les gardes nous suivent. Il
ne nous faut pas 45 minutes pour arriver sur les lieux en même temps que
Pamela, Antony, Brad et le camion. Quand je sors de la voiture les enfants
viennent me sauter dessus. Je me baisse pour les embrasser chacun
malgré la poussière qui est sur eux. J’avais demandé à Mariam de réunir
tout le monde sous le grand préau qu’on avait fait construire afin de
pouvoir distribuer les vivres à chaque famille. Les hommes viennent aider à
décharger le camion et tout apporter sous le préau. Je fais un bref
discours juste pour informer ce que nous allons faire et les distributions
commencent. Je suis heureuse de voir le sourire sur les lèvres de ces gens.
Malcom discute avec les jeunes avec qui il rigole. Antony et Pamela
n’arrêtent pas de se faire les yeux doux. Je suis heureuse que tout aille
pour le mieux entre eux. Elle m’a l’air heureuse en tout cas. Je vois Fatou
arriver de loin avec son ventre qui pointe en tenant la main de Jolie. Celle-
ci se met à courir vers Malcom en l’appelant papa. Je vois mon mari sourire
quand il la voit et il se baisse pour la réceptionner. Je m’avance et lui fait
un bisou sur la joue avant d’aller prendre Fatou dans mes bras. Mariam et
Maï nous rejoignent.

- Comment vas-tu ma chérie ? Je demande à Fatou.

- Je vais bien tantie. C’est grossesse qui me fatigue un peu. Répond-t-elle


le sourire aux lèvres en caressant son ventre.

- Ça ira. Je t’ai apporté plein de truc pour bien te nourrir. C’est dans la
voiture.

- Merci tantie.

- Vraiment monsieur, s’adresse Mariam à Malcom, merci beaucoup. Faut


dire merci aussi à ta femme pour tout ce qu’elle fait pour moi et mes
enfants malgré que ce qui s’est passé.

- Qu’est-ce qui s’est passé ? Demande Malcom perdu.

- Oh juste un malentendu chéri. Je coupe pour ne pas qu’il soit au courant


de ce que sa mère a fait.

Un enfant vient subitement se jeter sur moi et quand je baisse les yeux je
le reconnais. C’est un petit garçon de 5 ans sourd et muet. Je me basse à
son niveau et le serre très fort dans mes bras. Je le relâche et nous
commençons à discuter par le langage des signes. J’éclate de rire lorsqu’il
dit que s’il grandit il va demander la permission à Malcom pour m’épouser.
Malcom se baisse et lui dit en langage des signes qu’il n’est pas question
qu’il me laisse à un autre, chose qui me surprend. Le petit se met à rire.

- Tu sais signer ?

- Oui. Enfin un peu mais bon comme je n’ai jamais eu de sourd-muet dans
mon entourage je n’ai jamais essayé.

Nous reprenons la distribution des vivres et les échanges lorsque Brad qui
n’est pas loin me fait un léger signe de la tête. Je m’excuse auprès de la
vielle femme avec j’échangeais pour me rapprocher de lui.

- Oui ?

- Les jeunes du quartier m’ont approché pour me dire qu’ils se mettaient


entièrement à notre disposition si besoin. M’informe-t-il en chuchotant.

- Tu penses qu’on peut leur faire confiance ?

- Oui. On aura besoin d’eux pour la prochaine étape. Sébastien YAO a fait
enlever deux personnes pour un rituel. Il a ensuite jeté les corps dans la
forêt du Banco. Ils avaient déjà fini le sale boulot quand nos hommes sont
arrivés sur le lieu.

- Tu as déjà prévu quelque chose ?

- Oui tout est déjà en place. Nous n’attendons que ton mot d’ordre.

- Ok ce soir c’est possible ?

- Oui surtout pour l’idée que j’aie mieux vaut agir pendant que les corps
sont encore frais.

- Ok.
Je le laisse et vais reprendre ce que je faisais. Je lui fais confiance même
sans savoir ce qu’il a prévu. Brad a toujours eu de bonnes idées donc je le
laisse gérer.

Je finis de me préparer pour aller régler son compte à Sébastien lorsqu’en


sortant je tombe sur Mel.

- Que fais-tu là ? Tu n’es pas censé être au travail ?

- Nous avons terminé la journée plus tôt. Où vas-tu ?

- C’est au tour de Sébastien YAO.

- Stp est-ce que je peux venir avec toi.

- Non Mel, je t’ai déjà dit que pour ton bien et celui d’April tu devrais
rester loin de tout ça.

- Oui je sais mais je ne ferai rien. Je te conduirai juste puisque Brad n’est
pas là. Je resterai dans la voiture si tu veux. Stp.

- Ok mais tu restes dans la voiture.

- Yes !

Mes hommes et moi garons en plein milieu de la forêt du Banco. Cette


forêt la même qui est témoin de plusieurs sacrifices humains. Je vois Brad
arrêté devant un homme qui lui est à genoux. Sébastien YAO, Député de la
ville de Séguéla autrefois le chef de mon père. Celui-là même qui a livré
mon père à la secte pour entrer dans leur bonne grâce. Un flic corrompu. Il
va voir de quel bois la fille de son défunt subordonné se chauffe. Je
marche suivie de mes deux hommes jusqu’à me pointer devant lui.
- Qui êtes-vous et que me voulez-vous ?

- Je veux que vous me fassiez des aveux devant une caméra.

- Quels aveux ?

- Ceux concernant les Blood Brother. Je veux que tu me dises tout ce que
vous faites ainsi que les noms.

- Quoi ? Jamais je ne ferai une telle chose. Tuez-moi qu’on en finisse.

Je savais qu’il allait me dire ça. Un sourire m’étire les lèvres.

- Ok mais je ne vais pas te tuer. Ça serait trop facile. Tu te souviens des


deux enfants que tu as sacrifiés ce matin ? Eh bien leurs corps se trouvent
juste là dans la cabane et tu vas passer du temps avec eux jusqu’à ce que
tu te décides à parler.

- Quoi ? Non pas ça je vous en prie. Je ne peux pas dénoncer la secte sinon
je suis mort et ma famille aussi.

- Ok c’est toi qui vois.

Je fais signe et mes hommes le prennent pour le jeter dans la cabane où


les deux corps se trouvent. Au fait ce sont les hommes qu’il a envoyé qui
ont fait le sale boulot. Ils devraient lui rapporter les têtes des enfants et
leurs parties intimes mais mes hommes les ont appréhendés et récupérés
les parties. Ces hommes font les sacrifices humains mais ont une peur des
corps de leurs victimes. Sébastien n’arrête pas de hurler de toutes ses
forces et de taper contre la cabane. Il supplie, hurle et demande qu’on
s’arrange mais je préfère l’y laisser encore quelques jours.

- Tu t’es bien assuré qu’il n’y a pas d’objet tranchant ou quelconque qu’il
pourrait utiliser pour se tuer ? Demandais-je à Brad.
- Oui tout est nickel. À moins qu’il se casse un os pour se poignarder ou qu’il
se coupe la respiration je ne vois pas comment il pourrait se suicider.

- Ok où sont les jeunes ?

- Pas loin. Ils surveilleront à tout de rôle la cabane. L’un d’eux eh bien c’est
le grand frère d’un des enfants.

- Vraiment ? Demandais-je attristée.

- Oui. Apparemment l’un des jeunes du quartier a reconnu l’enfant et il est


allé le lui annoncer vu que sa famille le cherchait. Il a accepté qu’on utilise
le corps de son frère pour se venger de son assassin et a voulu faire partie
du plan.

- Je suis vraiment triste pour lui. Après cela assure-toi que les enfants
aient des enterrements digne de ce nom et donne 2 millions à chaque
famille.

- C’est compris. Je te raccompagne ?

- Non je suis venue avec Mel. Il m’attend dans la voiture. À demain.

- Ok.

Ce soir ma belle-mère est de très bonne humeur, va savoir pourquoi.


Comme certains week-ends nous sommes chez eux pour un diner familial.
Nous venons d’arriver et nous sommes en train de discuter le temps que
Pamela et Antony arrivent. C’est Aïcha qui l’a invité pour surement essayer
de le rapprocher avec Pamela. Personne à part Malcom et moi ne sait qu’ils
ont remis le couvert. Ils préfèrent arranger les choses dans le secret pour
éviter que leurs parents ne s’en mêlent avec leurs ambitions politiques à la
con.
- Maman tu m’as l’air bien heureuse ce soir. Dit Malcom à sa mère.

- Oh c’est parce que les campagnes se déroulent à merveille SANS


TURBULENCE.

Elle a dit sans turbulence en me lançant un regard de victoire. Quoi elle


pense qu’ils ont déjà gagné ? Lol non ! J’attends juste le bon moment pour
frapper. Les campagnes avaient été interrompues à cause de plusieurs
évènements malheureux. D’abord, un bus bondé qui a fini sa course dans
l’eau. Ensuite, plusieurs troubles causés par des militaires qui réclamaient
leurs dû que le gouvernement refusait de donner et enfin une menace
terroriste que le gouvernement voulait gérer avant de reprendre les
élections donc il y a seulement deux semaines que les campagnes ont repris
et dois s’achever la semaine prochaine. C’est à ce moment que je frapperai,
lorsqu’il sera tout près du but. Pamela arrive et dès qu’elle s’assoit après
avoir salué c’est Antony qui arrive.

- Vous vous suiviez apparemment. Dit Emile.

- Euh oui. Répond Pamela en baissant les yeux. Alors on passe à table ? Je
meure de faim là.

- C’est quoi ce gros haut que tu portes ?

- Maman ce n’est pas ce qui est important. J’ai faim.

- Où sont mes petites filles ?

- Maman.

- Elles sont chez ma mère.

- Je pense qu’on devrait vraiment se mettre à table avant que Pam n’avale
quelqu’un. Plaisante Malcom.

- Bien vue mon grand frère chéri et c’est par toi que je vais commencer.

- Ok bon allons-y.
Pendant tout le diner ce sourire ridicule ne quitte pas les lèvres d’Aïcha.
Elle a quoi au juste ?

- Antony comment ça va les affaire ? Demande Emile.

- Bof la routine. On rencontre des partenaires, on signe des contrats et


ainsi de suite.

- Maman je peux en avoir encore un peu. Demande Pamela la bouche pleine.

- Pamela pourquoi tu manges autant ? Demande à son tour sa mère.

- Parce que j’ai faim.

Je regarde Pamela et elle m’a l’air un peu changé. Elle a même un peu pris
du poids.

- Antony comment tu trouves le plat ?

- Délicieux ma tante. J’allais même te demander la recette.

- Oh tu peux la demander à Pamela, c’est elle qui me l’a appris. Hein Pamela
que tu vas aller cuisiner pour Antony.

- Maman non ne commence pas.

- Qu’est-ce que j’ai dit de mal ? Il n’y a rien de mal à aller faire la cuisine
pour le père de ses enfants.

- Je n’y suis pas obligée et je ne le ferai pas. Je n’ai pas le temps d’ailleurs.

- Que fais-tu après le boulot ?

- Je suis occupée c’est tout.

- Tu vois quelqu’un ?

- Oui. Lâche-t-elle. Je fréquente quelqu’un voilà tu es contente ?


Maintenant excusez-moi je dois allez me vider la vessie.
C’est dans le silence que nous terminons le diner pour ensuite retourner
dans le salon. Nous discutons et pour la énième fois Pamela va encore aux
toilettes. Cette fois je la suis et l’attends devant. Quand elle sort je la
tire dans l’une des chambres juste à coté.

- Qu’est-ce qui t’arrive Pamela ?

- Je suis enceinte.

- QUOI ?

- Chuuut la ferme.

- Je suis désolée. Dis-je en souriant. Toutes mes félicitations.

- Merci. Répond-t-elle froidement.

- Qu’est-ce qui se passe tu n’es pas contente ?

- J’en sais rien. Antony et moi recommençons tout à zéro et je ne sais pas
comment ça va se passer avec la grossesse.

- Qu’est-ce qu’il en dit ?

- Il ne le sait pas encore.

- Tu es à combien ?

- 3.

- QUOI 3 ?

- Chuuuut.

- Désolée.

- Je pense que ça s’est fait notre première nuit. Je l’ai su il y a une


semaine et je ne sais pas comment le lui annoncer. Au fait j’ai toujours
peur qu’il redevienne du jour au lendemain le Antony d’avant. Qu’est-ce que
je dois faire Vicky ?

- Dis-le lui pour commencer et vous discuterai de la suite des évènements.

- D’accord. On devrait retourner auprès des autres maintenant.


Je l’enlace avant que nous ne sortions. Nous arrivons au salon en même
temps qu’une jeune fille avec un ventre un peu rebondit qui fait son entrée.

- Sabine BOLOU ? S’étonne Pamela.

Les autres se tournent et je vois Malcom pâli alors que je vais m’asseoir
près de lui.

- Bonsoir ici. Salut la nouvelle venue. J’espère que je ne dérange pas ?

- Sabine BOLOU c’est bien toi ma fille ? Demande Aïcha.

- Oui maman c’est moi.

- Oh mon Dieu quelle surprise. Quand es-tu rentrée ?

- Ce matin. Au fait je suis là pour Malcom. Nous nous sommes revus au


Ghana récemment. N’est-ce pas Malcom ? Demande-t-elle avec un peu de
colère.

Nous nous tournons tous vers Malcom qui lui a les regards rivés sur le
ventre de la fille.

- Ah bon ? Il m’a rien dit pourtant. Dit Aïcha.

- Dans ce cas je vais tout vous dire moi. Malcom, se tourne-t-elle vers lui,
comme tu as refusé de prendre mes appels et de répondre à mes messages
je vais te dire ici devant tout le monde et TA FEMME ce que j’avais à te
dire. Après la nuit que nous avons passée ENSEMBLE je me retrouve
enceinte de TOI. Malcom Ehui BEYNAUD je porte ton enfant.
Un silence d’aplomb se fait tandis qu’Aïcha se met à jubiler face à cette
révélation. Moi je regarde mon homme en attendant qu’il réfute les dires
de cette femme. Il n’ose même pas me regarder ni la regarder elle.

- Sabine je sais que tu as toujours été amoureuse de Malcom mais de grâce


ne vient pas inventer des trucs sans tête ni queue. Intervient Pamela.

- Oh tu penses que j’invente ? Malcom pourquoi est-ce que tu ne leur dis


pas que nous avons effectivement couché ensemble il y a trois mois chez
moi à Kumasi ? Bon ok pour couper court je vais vous montrer la vidéo.

Là Malcom lève la tête vers elle et se lève d’un coup. Je fais de même sans
le quitter du regard. La fille sort une clé et la tend à Aïcha qui la connecte
à la télé. Une vidéo commence et on les y voit tous les deux.

« - Je n’ai pas encore d’enfant. Elle en est incapable et elle ne veut pas en
adopter.

- Tu as une maitresse ? Je demande ça parce que vous les hommes on vous


connait.

- Non mais j’y ai pensé à un moment donné. »

Elle se lève de son fauteuil et va s’asseoir en califourchon sur lui.

Et lui grogne comme un fou.

« - Tu veux un enfant ?

- Oui.

- Je vais donc t’en donner. »

Et là commence une sexe-tape qui ne dit pas son nom. Elle le chevauche
sauvagement et lui grogne comme un fou. Mon cœur me fait mal et mes
larmes menacent de couler. Mes yeux restent rivés sur la vidéo qui
continue de jouer tandis que Malcom essaye de m’expliquer je ne sais pas
quoi. Aïcha quant à elle continue de danser en répétant sans cesse qu’elle
va enfin être grand-mère. Pamela et Antony eux restent complètement sur
le cul. Malcom a osé me faire ça. L’homme que j’aime plus que ma propre vie
m’a trahit de la sorte.

Je les regarde à tour de rôle en me demandant qui je vais buter en


premier. Malcom qui m’a trompé, ma belle-mère qui continue de danser ou
cette fille qui a eu le courage de coucher avec mon mari ? Mais une chose
est sûre, entre ces trois quelqu’un va mourir.

La vengeance est une femme

Episode 33

***Malcom***

Je ne fais que regarder ma femme ne sachant pas vraiment quoi lui dire.
Ma bouche demeure ouverte à la recherche de mots adéquats pouvant
l’apaiser mais à voir l’expression de son visage je crains qu’aucun mot ne
puisse la calmer. J’aurai dû m’attendre à ce que Sabine me fasse le coup de
la grossesse mais j’étais tellement focalisé sur comment avouer ma faute à
Vicky que j’ai oublié cette éventualité. Et puis merde cette vidéo a été
truquée, en tout cas le dialogue parce que je n’ai jamais dit que j’avais
songé à une éventuelle maitresse et quand elle m’a demandé si je voulais un
enfant j’ai répondu « oui mais » puis elle m’a coupé la parole donc c’est quoi
ce montage ? Maman ne cesse de jubiler ainsi que papa. Quant aux autres
leurs regards sont rivés sur moi attendant sans doute que je nie les faits
sauf que je ne peux nier parce que oui j’ai couché avec Sabine.
- Prunelle je…

Je cherche encore mes mots lorsqu’elle prend sa pochette et sort de la


maison en colère.

- Malcom tu n’as pas osé faire ça ? Dis-moi que c’est faux stp. Demande
enfin Pamela.

- Je…

- Hoor Pamela laisse mon fils tranquille et viens qu’on jubile. Tu n’as pas vu
la vidéo avec nous ou bien tu veux que je remette pour que tu voies bien ?
On te dit que tu vas être tata et tu poses beaucoup de question. Vas dit à
la servante de nous apporter une bouteille de champagne qu’on célèbre ça.

- Vas toi-même chercher ta bouteille de champagne.

Elle me lance un de ces regards et s’en va à son tour. Elle est déçue de moi.
Antony la suit en silence. Maman vient m’enlacer pour me féliciter alors
que je suis toujours dans les vapes.

- Hé Malcom mon fils ooh, enfin tu me rends fière de toi. Enfin tu as


compris que cette Vicky n’était pas faite pour toi.

Vicky ! Ce nom me ramène aussitôt sur terre. Il faut que je la rattrape. Il


faut que je lui parle, que je lui explique, que je lui dise que je suis désolée.
Je repousse légèrement maman et m’en vais. Elle me crie de revenir mais
je ne l’écoute pas. Il faut que j’arrange les choses avec Vicky.

Quand j’arrive à la maison je trouve Mel au salon l’air inquiet. Il n’était pas
au diner parce qu’il avait prévu une soirée avec April. Le regard qu’il me
lance quand il me voit est indescriptible. Il y a un mélange de tristesse, de
colère et de déception. Je m’apprête à lui parler lorsque j’entends un bruit
de fracas venant d’en haut. À voir son calme face à ce bruit j’en déduis que
ce n’est pas le premier. Je le laisse et monte mais dès que j’ouvre la porte
de la chambre et y mets un pied elle me lance quelque chose. Je me baisse
de justesse pour l’éviter. Je jette un coup d’œil dans la chambre et en plus
du désordre qu’il y a je vois ma petite valise faite et posée au sol.

- COMMENT AS-TU PU ME FAIRE ÇA MALCOM ? COMMENT ?

- Prunelle je…

- NE M’APPELLE PLUS PRUNELLE, dit-elle en me jetant un truc que


j’esquive, TU N’EN AS PLUSS LE DROIT.

- Je suis désolée.

- Je te faisais confiance Malcom et tu m’as trahit. Comment as-tu eu la


force et le courage de coucher avec une autre alors que c’est moi ta
femme ?

- Bébé…

- C’est pour ça que tu refusais de me faire l’amour ? C’est donc elle qui t’a
filé cette infection ?

- Je n’ai aucune infection. Je t’ai menti.

Elle prend son parfum et le lance vers moi. Je l’esquive en passant sur le
côté.

- Donc après l’avoir baisé tu n’avais plus envie de moi c’est ça ? Elle est plus
bonne que moi ? Il a quoi de si spécial son putain de vagin pour qu’il te
détourne de moi au point où tu me mentes ?

- Je me sentais sale chérie, indigne de te toucher, de t’embrasser, de te


faire l’amour. Je cherchais comment te le dire je te jure mais j’avais peur
de te perdre.
- Tu lui as dit que j’étais stérile et que tu voulais qu’elle te fasse un enfant.
Tu lui as dit que je n’en voulais pas. Malcom tu l’as baisé en lui répétant
sans cesse que tu veux un bébé.

- Ca c’est faux…

- Tu m’avais promis. Tu m’avais promis m’appartenir à moi toute seule. Tu


m’avais dit que tu voudrais des enfants si seulement ils sortaient de moi.

- Bébé ne te fit pas à cette vidéo. Ecoute ce soir je ne sais pas


exactement ce qui s’est passé.

- Tu m’as ignoré durant tout ton séjour au Ghana. C’était donc elle la
raison.

- Je ne me rappelle de rien je te jure.

- Si tu doutais tu allais m’en parler. Si tu me l’avais dit dès ton retour je


serai allée moi-même la voir pour lui faire cracher le morceau mais si tu as
gardé le silence c’est parce que tu sais que tu as couché avec elle. C’est
donc ça la crainte que tu as de ton Dieu ?

- ….

- C’est donc ça le résultat de toutes tes prières ? C’est donc ça le résultat


de tous les cultes auxquels tu assistes les dimanches ?

- Prunelle…

Elle se tait puis respire un grand coup.

- Prends tes affaires et sors de ma maison. Ordonne-t-elle calmement


mais de façon cinglante.

- Prunelle ne fais pas ça.

- J’ai dit prends tes affaires et sors d’ici.

- Prunelle…
- TAKE YOUR FUCKING BAG AND GET OUT OF MY HOUSSE. (Prends
tes putains d’affaires et dégage de ma maison). Hurle-t-elle en jetant ma
valise vers moi.

Je la regarde pleurer et le cœur miette je ramasse ma valise et sors. Je


referme la porte et m’y adosse pour reprendre mes esprits. Quand je
l’entends éclater en sanglots je sens mon être se déchirer. Je l’ai trahit.
Une larme perle sur ma joue et je l’essuie avant de descendre les escaliers.
Mel me regarde sortir sans rien dire.

Deux jours que je suis enfermé dans ma chambre d’hôtel en train de


réfléchir à comment me faire pardonner auprès de ma femme. Je n’ai fait
que l’appeler encore et encore mais ça sonnait d’abord dans le vide puis
après plus rien. Je pense qu’elle a bloqué mon numéro. Mes parents n’ont
pas cessé de m’appeler mais je n’ai pas répondu. Je n’ai vraiment pas envie
de les voir ni d’entendre parler de cette grossesse. Cette grossesse, je ne
sais pas comment la prendre. Au fait pour le moment je m’en fiche pas mal.
Je l’ai dit, je ne veux des enfants qu’avec Vicky donc sérieux Sabine va
devoir se débrouiller toutes seule. Je lui ferai un gros chèque puis ça
s’arrête là. Si je n’étais pas chrétien je lui aurais demandé d’avorter mais
je le suis et la Bible le condamne donc qu’elle garde l’enfant mais qu’ils
restent loin de moi. J’ai tellement voulu avoir un enfant mais aujourd’hui
apprendre que j’en aurai ne me réjouit absolument pas. Je veux ma femme
avec ou sans enfant. Il faut que je la voie. Je vais prendre une douche
rapidement et me rends à la maison. Dès que je gare je vois Brad porter
son portable à l’oreille surement pour prévenir Vicky que je suis là. Il fait
signe de me laisser passer ce qui me rassure et quand j’entre je la trouve
assise au salon en train de discuter avec Pamela qui d’ailleurs m’a l’air
changé.

- Bonjour.

- Bonjour Malcom, répond Pamela. Je suis heureuse de te savoir en vie vue


que tu ne répondais à aucun appel.
- Je vais bien.

- Dieu merci. Bon je vais vous laisser. Je serai dans la cuisine, dit-elle à
Vicky avant de s’éclipser.

Elle est assise avec un verre de vin à la main. Je la trouve magnifique


comme toujours même si elle a quelques cernes sous les yeux. Je m’avance
et m’assois en face d’elle. Elle ne me regarde même pas.

- Bonjour Prunelle.

- La chambre est située là-haut si ce sont tes affaires que tu es venu


prendre.

- Je suis là pour te parler. Pour te demander pardon.

- J’ai déjà appelé mon avocat à Washington pour entamer la procédure de


divorce. Il nous enverra les papiers par avion. Je retourne à la fin de ce
mois puisque je n’ai plus ma place ici. Tu es avec ta famille, ta copine et
votre bébé à naitre.

Elle dépose le verre sur le guéridon près d’elle et se lève pour s’en aller. Je
la retiens et lui attrapant le bras mais quand elle se retourne sa main
s’abat sur ma joue faisant basculer ma tête.

- Plus jamais tu ne poses ta main sur moi.

Elle le dit de façon très calme mais avec rage. Elle me retire sa main et
disparait. Je me laisse tomber dans le fauteuil et m’attrape la tête.

- Tu devrais lui laisser un peu de temps pour digérer tout ça.


Je lève la tête et vois Pamela qui s’assoit près de moi.

- Je me suis beaucoup inquiétée pour toi. Comment tu vas ?

- Je suis au fond du gouffre. Elle me manque.

- Tu lui manque aussi mais elle a mal.

- Je te jure que je n’ai rien fait volontairement. Je ne sais pas ce qui s’est
passé pour que j’en arrive là.

- Tu penses qu’elle t’aurait drogué ?

- Je ne crois pas. Nous avons mangé la même nourriture qu’elle a servie


devant moi. Bu le même champagne qu’elle a aussi ouvert et servi devant
moi pour finir avec des cupcakes que nous avons aussi mangé ensemble
même si j’en ai mangé plus qu’elle. J’ai juste commencé à être excité quand
elle a troqué la robe qu’elle avait porté pour une plus sexy et dévoilante. Je
voulais m’en aller, fuir parce que la Bible dit de fuir l’impudicité mais je n’y
suis pas arrivé. Elle s’est assise sur moi, m’a embrassé et c’est tout. Je me
suis réveillé plus tard nu dans son lit et je n’ai rien compris.

- Je pense qu’il doit y avoir une autre explication.

- Je ne sais pas.

- Que vas-tu faire maintenant ? Avec elle et la grossesse je veux dire.

- Je ne pense même pas à ça. Tout ce que je veux c’est récupérer ma


femme, c’est après que je pourrai réfléchir normalement.

La sonnerie de mon portable interrompt notre conversation. Je le dépose


sur la table quand je vois le numéro de ma mère. Elle est la dernière
personne à qui j’aimerais parler.

- Tu devrais répondre pour savoir ce qu’elle veut.

- Je sais ce qu’elle veut.


- Tu devrais quand même répondre parce qu’elle ne lâchera pas l’affaire.

Je soupire et prends mon portable pour décrocher.

« - Malcom ce sont les appels de moi ta mère que tu refuses de prendre ?


Moulo bé nié ? (C’est quoi ça ?) » Crie-t-elle dès que je décroche.

- Bonjour maman.

« - Ton père et moi voulions te voir immédiatement. »

Et elle raccroche. Je me masse le visage désemparé. Dans quoi je me suis


mis ?

- Je pense que vais y aller. Prends soin d’elle stp.

- D’accord. Sois fort, tout s’arrangera.

Je lui pose un baiser sur le front et m’en vais. C’est fou comme l’impudicité
peut détruire la vie de quelqu’un en l’espace d’une seconde. C’est pourquoi
la Bible dit de la fuir parce qu’on ne doit pas jouer avec ou essayer de
l’affronter. Quand on est face à l’impudicité on doit prendre ses jambes à
son cou et c’est ce que j’aurai dû faire. Comme je m’en veux.

Quand j’arrive chez mes parents je les trouve assis dans le salon avec
Sabine dans une robe qui dessine son ventre un peu rebondi. Je ne ressens
rien à la vue de ce ventre. Je les salut et prends place.

- Comment vas-tu Malcom ?

- Bien papa.
- J’en suis heureux. Nous t’avons appelé ici pour aborder le sujet de la
grossesse de Sabine. Reconnais-tu avoir passé la nuit avec elle ?

- Oui même si je ne m’en souviens pas vraiment.

- Que tu t’en souviennes ou pas ce n’est pas ce qui compte. Renchérit ma


mère. Ce qui est important maintenant c’est qu’elle porte ton enfant. TON
enfant. Enfant que tu as tant désiré.

- Désiré d’avoir avec une seule femme. MA femme.

- Fallait donc fermer ta braguette.

- Je ne t’ai obligé à rien Malcom. Tu m’as fait l’amour de manière


consentante.

Je me tais pour retenir la colère qui a commencé à pointé quand Sabine a


dit que je lui avais fait l’amour.

- Tu dois assumer tes actes Malcom. Reprends papa.

- Je n’ai rien à assumer.

- Oh que si tu vas assumer fiston. On ne met pas une femme enceinte pour
l’abandonner plus tard elle et l’enfant.

- Si c’est l’argent qu’elle veut je ferai un chèque du montant qu’elle veut


mais il est hors de question que je quitte ma femme pour elle.

- Non mais tu es malade Malcom ! S’énerve Sabine. Tu penses que j’ai


besoin de ton argent ? Je suis chef d’entreprise au cas où ta mémoire te
ferait défaut.

- Calme-toi ma chérie, intervient maman. Malcom on ne te dit pas de


quitter ta femme même si c’est la chose à faire. Tu peux prendre Sabine
comme deuxième femme pour que elle elle puisse te donner une
descendance et tu pourras continuer à roucouler avec l’autre qui est
stérile.
- Je t’interdis d’utiliser ces termes en parlant de Vicky. Je l’ai dit et le
répète. Cet enfant je m’y désengage.

- Malcom, dit mon père, je ne sais pas comment ça se passe là-bas aux
Etats-Unis mais ici en Afrique quand tu enceinte une femme, non
seulement tu assumes mais aussi tu laves son visage de la honte en la
dotant parce qu’ici les mères célibataires sont mal vues.

- Elle aurait dû y penser avant de se jeter sur moi.

- Je vais te tuer Malcom je te le jure. S’énerve à nouveau Sabine. Je vais


te traduire en justice pour avoir abusé de moi et me rejeter par la suite
avec notre enfant. Je vais salir ta réputation tu vas voir.

- Malcom mon fils, je suis actuellement en campagne pour être le Président


de ce pays et je n’ai vraiment pas besoin de scandale actuellement. Je veux
éviter tout ce qui pourrait me porter préjudice et cois-moi avoir un fils qui
met une femme enceinte et qui s’en désengage ça me porte préjudice.

- Papa si tu penses sérieusement qu’utiliser tes ambitions politiques me


fera change d’avis eh bien tu te trompes. Je reste sur ma décision quitte à
te faire rater le fauteuil présidentiel. Maintenant excusez-moi je dois
travailler à récupérer la seule femme que j’aime et avec qui je veux rester.
Bonne après-midi à vous.

Je me lève et sors malgré les interpellations de mes parents. Je réglerais


ce problème plus tard, pour l’instant ma priorité c’est Vicky. Je passe le
reste de la journée en bordure de mer en train de réfléchir à la suite des
évènements. C’est seulement à 19h que je retourne à mon hôtel. Quand
l’ascenseur s’ouvre sur mon étage je vois Antony qui m’attend devant ma
porte. Ça me surprend un peu vu que lui et moi ne sommes pas très pote
même s’il n’y a plus de tension entre nous.

- Bonsoir Antony. Que fais-tu là ?

- Bonsoir Malcom. Je venais prendre de tes nouvelles. Pamela s’inquiète


beaucoup pour toi.
J’ouvre la porte et l’invite à rentrer. Je nous serre des rafraichissements
et m’assois près de lui. Je prends la télécommande et mets sur la chaine
nationale.

- Comment la rencontre avec tes parents s’est passée ?

- Ils veulent que je prenne Sabine comme deuxième femme.

- La bonne blague. Moi-même je refuserai d’avoir une femme comme Vicky


pour rivale. Douce et dangereuse à la fois.

- Ouais.

- Et qu’est-ce que tu as dit ?

- A ton avis ? Il est hors de question qu’une autre femme partage ma vie.

- Et pour l’enfant ?

- Je préfère ne pas y penser pour l’instant.

- Pamela m’a expliqué ce qui s’était passé et je trouve ça louche mais bon
ce qui est arrivé est arrivé. Il faut maintenant penser à arranger les
choses.

- Et moi qui pensais que c’était toi l’enfoiré de la famille.

- Moi aussi je le croyais jusqu’à ce que Sabine apparaisse.

Je me mets à rire et il fait de même. Nous trinquons et terminons nos


verres.

- Comment ça va avec Pamela ?

- Ca va même si je sens qu’elle est encore sur ses gardes. Mais c’est normal
après tout ce que j’ai fait. Je voudrais qu’on quitte le pays pour aller
reprendre nos vies ailleurs pour pas que nos parents s’en mêlent sans
cesse. Je réfléchi encore à cette éventualité.
- Ce n’est pas une si mauvaise idée mais bon c’est elle qui voit.

- Ouais.

Nous continuons la soirée à parler de tout et de rien. Je prends mon


portable pour envoyer un mail à Vicky parce qu’elle a bloqué mon numéro.
Je lui dis combien je m’en veux et combien de suis fou d’elle. Je prie juste
qu’elle me pardonne parce que c’est elle ma bouffé d’air.

La vengeance est une femme

Episode 34

- Bonjour Vicky, me salut Brad en rentrant dans la cuisine. Je t’apporte de


bonnes nouvelles.

- La maitresse de Malcom est morte ?

- Euuh non. Ca concerne plutôt Sébastien. Il est prêt à faire ces aveux
devant une caméra.

- Ah bon ? Dis-je le visage soudainement illuminé. Enfin une bonne nouvelle.


Tout est prêt ?

- Oui, nous attendions juste ton mot d’ordre.

- Ok je me change et on y va.

- Je pense que tu devrais te reposer. Tu as des cernes sous les yeux.

- Ces cernes ne disparaitront pas si je vais dormir. Ce qui les fera


disparaitre c’est que je retrouve le sourire et ce sourire c’est en me
vengeant que je l’aurai donc dis aux hommes qu’on se déplace et que le
périmètre soit sécurisé.

- Ok.
Je monte me changer le sourire aux lèvres. Quatre jours que ce type est
enfermé avec ces corps qui commencent à se décomposé et aujourd’hui il
est prêt à tous les balancer. Les jours précédents il disait qu’il allait
révéler une partie de leurs secrets mais j’ai refusé parce que moi c’est
tout que je veux qu’il révèle, pas pour moi puisque je sais déjà tout, mais
pour le monde entier, qu’il voit qui sont réellement ces gens qui le
gouverne. J’enfile rapidement un jeans et un haut avec des basquets parce
que je veux être relaxe et que je ne veux pas abimer mes talons aiguilles
dans cette forêt. Je descends ensuite retrouver mes hommes déjà prêts.
Pendant le trajet je reçois une notification que j’ai encore une fois reçu un
message de Malcom. Je le supprime sans le lire. Je n’ai pas envie de penser
à lui pour l’instant. Il m’a trahit et je le veux loin de moi.

Quand nous arrivons sur le lieu je suis aussitôt frappé par le décor qui
avait été posé. Mes hommes ont aménagés le lieu de sorte à ce qu’on ne
s’aperçoive pas du lieu où la vidéo aura été filmée. Il y a une chaise posée
au milieu de ce qui est représenté comme une pièce et en face de la chaine
une caméra posée sur des pieds.

- Faites-le venir.

Aussitôt ordonné que mes hommes vont le chercher. Il est tout amoché et
affaibli. Il a plein de cernes sous les yeux qui prouvent qu’il n’a pas pu
fermer les yeux ne serait-ce qu’un seul instant. Il a aussi des bleus, il a dû
se faire mal lui-même soit pour mourir soit pour sortir de la cabane.

- De… l’eau je vous en prie. Supplie-t-il faiblement.

On lui donne une grande bouteille d’eau qu’il finit d’une traite.
- Merci. J’ai faim.

- Tu mangeras après la vidéo. Tu as donc intérêt à tout dire pour ne pas


m’obliger à te ramener dans la cabane pour encore plusieurs jours.

- Non pas ça. J’ai compris je vous dirai tout.

- Ok. Soit le plus naturel possible tu veux.

On le fait installer sur la chaise et après qu’il ait donné son ok on active la
caméra. Il prend une bouffée d’air et commence son récit. Il révèle les
secrets et les noms des membres y compris ceux de mes beaux-parents. Il
dit comment ils procèdent et pourquoi. Plus je l’écoute parler plus ma haine
pour ces gens s’accroit. Dommage que j’aie des personnes bien précises à
tuer sinon je leur aurais réglé leurs comptes à tous. Quand il se met à
parler de mon père et du grand-père de Mel j’ai envie de lui planquer une
balle dans la tête. Il s’arrête de parler un instant et éclate en sanglots. Il
se libère pendant je ne sais combien de minute puis quand il se reprend il
commence à demander pardon. Il demande pardon pour tous les crimes qu’il
a commis. Ce n’était pas prévu mais bon ça ne fait que rendre la vidéo plus
crédible et personne ne pourra se dire qu’il a été contraint à la faire. Il
fait une phrase de fin et nous coupons la caméra.

- Merci d’avoir parlé de ce vous aviez fait à mon père.

- Votre père ?

- Julien Anselme TAPÉ, votre meilleur élément.

- Oh mon Dieu, Ariane ?

- Oui.

- Je savais que j’avais déjà vu ce visage quelque part mais… Emile et Aïcha
t’ont tué ?

- Ils n’y sont pas arrivés.

- Je te demande pardon.
- C’est trop tard maintenant.

- Tu vas donc me tuer comme les autres ?

- Exactement.

- Laisse-moi donc t’épargner cette tâche. Ne te sali pas les mains avec mon
sang. Donne-moi une arme que je me tue moi-même.

- Tu règleras ça avec mes hommes.

Je lui tourne le dos et quitte les lieux. J’aurai la vidéo ce soir le temps que
mes hommes la travaillent. Quand j’arrive à la maison, je vais faire un
petit somme avant de me rendre à la cuisine me cuisiner quelque chose.
Cuisiner me permets de ne pas trop penser à Malcom qui me manque
affreusement. Sa chaleur, ses baisers, ses caresses, son parfum. L’image
de lui avec l’autre me revient aussitôt à l’esprit et mon cœur de brise à
nouveau. Il a osé me faire ça alors que moi jamais je n’ai laissé un autre
poser la main sur moi. Il lui a dit qu’il voulait qu’elle lui fasse un enfant.
Enfant que moi je ne peux lui donner. Mes yeux s’inondent de larmes que
j’essuie en même temps qu’Antony fait son entrée. J’avais vu sa voiture
garée à travers le petit écran qui est relié aux caméras dehors. Je lui
tourne dos pour mieux essuyer mes larmes.

- Bonsoir Vicky. Comment tu vas ?

- Ca va et chez toi ? Dis-je en forçant un sourire.

- Ca va. Je suis venu te parler de quelque chose d’important. C’est


concernant l’histoire de Malcom et Sabine.

- Désolée mais je n’ai pas envie de revenir là-dessus. Malcom m’a trompé et
il aura un enfant avec sa maitresse fin de l’histoire.

- Tu ne t’es pas dit que ça pourrait être un coup monté ?

- Nous avons tous vu la vidéo et Malcom n’a pas nié.

- Il n’a pas nié mais il a aussi dit qu’il ne se souvenait de rien à part qu’il a
diné avec elle et que par la suite il s’est réveillé dans son lit.
- Ca ne l’excuse pas.

- Et si c’était un coup d’Aïcha ? C’est elle ton adversaire actuellement


n’est-ce pas ?

- Où veux-tu en venir ?

- Assieds-toi et écoute-moi.

J’obéis et m’assois sur l’un des sièges en face de lui.

- Ecoute je ne sais pas réellement ce qui se passe mais je pense qu’Aïcha a


quelque chose à avoir. Cette fille Sabine, était dans la même école que
Malcom et a toujours été amoureuse de lui. C’était elle que ta belle-mère
voulait comme femme pour ton mari mais comme il n’était pas amoureux
d’elle elle s’est donc tournée vers ma sœur. Sabine est partie au Ghana
terminer ses études et pour s’éloigner de l’homme de ses rêves mais je
pense qu’Aïcha a toujours gardé le contact avec elle. J’ai plusieurs fois
entendu son nom dans des discutions et avant que vous ne veniez Malcom
et toi au pays Aïcha voyageait beaucoup pour le Ghana alors qu’elle n’a rien
là-bas qui puisse l’emmener à faire tous ces tours. Alors soit Sabine fait
partie de la secte soit elle est liée autrement à ta belle-mère. À toi de
découvrir comment. En tout cas tout me laisse croire qu’elle y est pour
quelque chose. Rappelle-toi de comment elle était heureuse ce soir-là au
diner et la rapidité avec laquelle elle a connectée la clé à la télé.

Je me mets à cogiter sur ces paroles et je me rends compte que j’ai zappé
tous ces détails tellement aveuglée par la colère.

- Tu te rends compte que tu es en train de trahit l’une des puissantes


femmes de la secte ?

- Oui mais je préfère l’avoir elle comme ennemie que toi. Tu es mille fois
plus dangereuse, avoue-t-il avec un rictus. Aussi c’est ma manière de te
dire merci de m’avoir presque castré parce que sans ça je n’aurai jamais
ouvert les yeux.

- Le fait que tu me dises que je suis plus dangereuse est censé être un
compliment ?

- Hum ouais je crois bien.

Nous nous mettons à sourire et je plonge à nouveau dans mes réflexions.

- Je pense que tu devrais donner une chance à Malcom de s’expliquer.

- C’est ce que je m’apprête à faire. Dis-je en manipulant mon portable pour


envoyer un message à Malcom. Peux-tu me trouver l’adresse de son hôtel à
cette garce ?

- Ok et que comptes-tu faire ?

- Je veux vraiment le savoir ?

- Euh non je préfère pas. Bon je vais prendre congé de toi. Je dois aller
faire des courses pour Pamela. D’ailleurs elle je ne sais pas ce qu’elle a mais
elle ne fait que se goinfrer de tout ce qui est sucrerie.

- Tu devrais mieux cogiter là-dessus, tu trouveras certainement la


réponse.

- Ouais. Bon ciao bella. Fais-moi signe si tu as besoin de mon aide.

- Sans faute.

Il est 18h lorsque Malcom arrive. Etant assise dans le fauteuil mon regard
glisse sur lui et mon cœur se met à battre de façon désordonnée tant il
est à craquer dans son Polo et son jeans. Je détourne mon regard pour
garder mes idées claires et ne pas me lever là pour l’embrasser tant il me
manque.

- Bonsoir Prunelle, il me salut en s’asseyant. Désolé pour le retard j’avais


éteint mon portable pour assister à une réunion.

- Ok. Je vais aller droit au but. Je veux que tu me raconte tout ce qui s’est
passé ce jour-là avant et après ta soirée avec elle.

- Prunelle…

- Je veux les moindres détails de cette journée.

- Ok comme tu veux. Ce jour-là…

Et il se lance dans un récit détaillé de sa journée. Avec qui il a communiqué,


son pasteur et sa mère ; ce qu’il avait mangé, l’appel du bras droit de cette
fille, leur rencontre, le diner, tout ce qu’ils ont bu et mangé, comment il a
commencé à se sentir après, là où ses souvenirs s’arrêtent avant de se
réveiller dans le lit nu avec elle, sa réaction et je suis surprise d’entendre
qu’il l’a giflé mais j’en suis heureuse.

- Voilà tu sais tout. Prunelle je te jure sur ma vie que je regrette. Je ne


saurai même pas te dire si je l’ai fait par volonté ou si j’étais possédé.

- Va m’attendre chez tes parents et réunis y toute la famille. J’ordonne en


me levant.

- Où vas-tu ?

Je ne lui réponds pas et sors de la maison pour rejoindre Brad. Antony m’a
envoyé un message m’indiquant l’hôtel où elle logerait. J’enfile mes gants en
cuire pour ne pas gâcher ma manucure si parfaite. Quand nous arrivons
Brad ouvre la porte avec une fausse clé et il rentre à ma suite. Je claque
fortement la porte exprès pour lui signaler qu’il y a quelqu’un.
- Mon amour c’est toi ? Tu as oublié quelque chose ? Crie-t-elle depuis la
chambre.

Je m’y rends et quand elle me voit elle tique d’abord puis se reprend pour
s’arrêter avec arrogance devant moi.

- Qu’est-ce que tu fou chez moi ? Tu es venue pour que je te donne tous
les détails de mes ébats avec ton mari ?

Je fais un rictus puis fonce sur elle. Je lui agrippe les cheveux et cogne
son visage sur le mur. Enceinte ou pas je vais la dégommer cette pétasse.
Je la tire encore par les cheveux et lui donne un coup dans le visage avec
mon genou. Elle s’écroule et commence à hurler. Son nez pisse le sang mais
je ne m’arrête pas. Après un dernier coup de genou dans le visage je
prends le couteau qui était posé dans un plateau sur le lit, lui ramène la
tête en arrière et enfonce le bout du couteau dans son cou.

- Maintenant tu vas me dire EXCATEMENT ce qui s’est passé et qui t’a


envoyé.

- Je n’ai rien à aaahhhh.

Je lui ai enfoncé encore plus le bout du couteau dans la gorge et la


déchire. Son sang se met à couler.

- D’accord je vais parler mais je t’en prie ne me tue pas.

Je la laisse et m’arrête devant elle. Je tends ma main à Brad qui me remet


mon arme en or. Je ne la sors que dans des cas extrêmes.
- Tu as intérêt à me dire toute la vérité sinon le prochain coup te sera
fatal.

- D’accord… je vais tout te dire.

- Mets-toi à genoux et parle.

Elle s’exécute en tremblant et se frotte les mains comme pour demander


pardon.

- Voilà c’est, c’est Aïcha qui m’a envoyé. C’est elle qui m’a dit de faire ça
pour te séparer de son fils et t’occuper le temps que les élections
finissent. Elle m’a appelé pour me dire que je devrais m’arranger pour
coucher avec Malcom et tomber enceinte de lui afin de le détourner de toi.
C’est moi qui lui ai envoyé l’invitation à se rendre à ce forum parce que ça
tombait dans ma période de fécondation.

Elle marque une pause pour essuyer le sang qui coule de son nez à sa
bouche et celui qui coule dans son cou.

- Quand je l’ai invité ce soir-là à diner j’avais déjà tout préparé pour le
mettre dans mon lit. Je savais qu’il ne buvait pas d’alcool donc je n’ai pas
mis de drogue dans le champagne encore moins dans la nourriture parce
que je voulais aussi profiter de lui et pour éviter que cela paraisse louche
que je ne mange pas ce que j’ai préparé. Tout s’est fait dans les cupcakes
mais il n’y avait pas de somnifère. C’était juste de l’aphrodisiaque et une
drogue qui rend plutôt docile. J’avais mangé aussi un ou deux cupcakes pour
être aussi super excitée et m’envoyer en l’air comme une folle avec lui.

- Tu as donc drogué mon mari pour coucher avec lui ?

- Nous n’avons pas couché ensemble je te le jure. Je jouais la comédie sur


la vidéo et la voix d’homme qui grognait c’était un montage. Malcom n’a pas
bandé comme espéré. Enfin si au début mais après il a débandé comme si
l’aphrodisiaque n’avait pas fait d’effet. Je n’ai rien compris. Il ne voulait
pas mais je l’ai retenu puis quand je me suis assise sur lui il s’est endormi
aussitôt. J’étais déçue, mon plan était en train de foirer. J’ai tout fait
pour le faire bander mais rien il était mort. J’ai quand même continué à
jouer le jeu et ai mis en scène cette vidéo. Malcom ne m’a ni pénétré ni
éjaculé en moi. Il ne s’est absolument rien passé je te jure sur ma vie.
Regarde je ne suis même pas enceinte.

Elle se redresse et enlève d’en dessous de sa robe une sorte de ventre


rebondi en chiffon ou je ne sais quoi.

- Tu vois je ne suis pas enceinte de ton mari. Ça Aïcha ne le sait pas. Elle
pense que je suis vraiment enceinte de Malcom. Je ne voulais pas raté
cette occasion en or de faire partie de la famille BEYNAUD parce que j’ai
toujours été amoureuse de Malcom. J’allais trouver une solution plus tard
mais pour l’instant je voulais attirer l’attention de Malcom sur moi.

- Qu’est-ce qui te lie à Aïcha ?

Elle baisse les yeux de honte sans répondre. Je charge mon arme et la
pointe vers elle. Elle panique.

- Pardon attends je vais parler. Elle et… moi… sommes amantes. Je suis sa
maitresse ou du moins la titulaire. Quand elle a compris que Malcom ne
voudra jamais de moi comme femme elle m’a proposé d’être sa ‘‘femme’’ à
elle quand nous nous sommes revues une année plus tard ici à Abidjan alors
j’y étais venue faire des achats. Elle m’a proposé beaucoup d’argent et
d’autres privilèges si j’acceptais. Tout ce que j’aie, tout ce que je possède
vient d’elle. La seule condition est que je n’ai pas le droit de fréquenter
d’autres personnes, homme ou femme. Je lui appartiens totalement. Elle a
dit qu’elle préférait me partager avec son fils si ça pouvait arranger ses
affaires. J’accepte qu’elle couche avec d’autres personnes parce que je
sais que c’est pour des rituels et avec moi c’est du sérieux.

- Ok tu vas répéter tout ça devant toute la famille.

- Non je t’en prie pas ça. Elle va me tuer.

- Rien à foutre.

Je donne mon arme à Brad et la relève par les cheveux.

Dès que nous entrons dans le salon des BEYNAUD je la jette par terre
devant tout le monde. Ils se lèvent tous aussitôt stupéfaits.

- Vicky qu’est-ce qui te prend de traiter une femme enceinte comme ça ?


Non mais tu es malade ? Gueule Aïcha.

- Qu’est-ce qui se passe Prunelle ? Pourquoi elle est dans cet état ?

- Parles maintenant. J’ordonne à la fille.

- Malcom je te demande pardon. Je t’ai piégé. Pleure-t-elle.

- Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?

Elle commence son récit et plus elle parle plus le visage d’Aïcha se
décompose.

- C’est ta mère qui m’y a obligé Malcom je te jure.


- Ferme-là espèce de menteuse. Hurle Aïcha en tremblant.

- Je ne mens pas Malcom. Tout ce que j’ai dit est vrai. Elle déteste ta
femme et veut vous séparer. Je ne suis pas enceinte. Regarde mon ventre,
il est plat.

- Comment as-tu pu oser me berner de la sorte petite garce. Lance Aïcha


en fonçant sur la fille toute en colère.

Son mari l’a retient et la ramène en arrière avant que sa main ne s’abatte
sur la joue de la fille.

- Tu vas me le payer tu m’entends. Je vais te détruire. Tu ne sais pas à qui


tu te frotte. Continue de gueuler Aïcha.

- Maman comment as-tu pu me faire une chose pareille ? Que t’ai-je fait
pour m’humilier de la sorte ?

- Toi rien mais ta garce de femme si. Je la déteste cette femme et tu le


sais mais tu continues de nous l’imposer. Elle ne t’aime pas et n’est pas
celle qu’il te faut.

- Oui c’est ça. Tu préfères donc donner une femme que tu peux aussi
baiser à ton fils. Je révèle pour l’humilier.

- Comment ça ? Demande Malcom.

- Eh bien ta mère…

- TU LA FERME VICKY ! Hurle Aïcha pour me faire taire.

- Eh bien Sabine est la maitresse de ta mère.

- QUOI ? S’étonne Malcom et Pamela.

- Maman non dis-moi que c’est faux. Continue Pamela.


Pour toute réponse Aïcha fonce sur moi les mains en avant pour essayer de
m’étrangler. Malcom me tire et se place devant moi avant de repousser sa
mère.

- N’ose même pas poser tes mains sur ma femme. Tu me déçois au plus haut
point. Et toi papa tu devrais contrôler ta femme.

- Comment peut-il la contrôler si lui aussi se tapait ton ex fiancé Carole.


Apparemment ils se partageaient les femmes que tu refusais d’épouser.

- Je vais te tuer Vicky tu m’entends ? Me lance Aïcha en me pointant son


doigt. Je vais te faire la peau. Soubaga (Sorcière).

Je lui fais mon sourire, celui de la victoire et m’en vais. Je n’ai plus rien à
faire ici.

- Je ne veux plus entendre parler de cette fille sur toute la terre. Dis-je à
Brad en montant dans la voiture.

Parce qu’elle a vu la nudité de mon homme je vais la tuer. De toutes les


façons elle mourra parce qu’Aïcha ne va pas l’épargner. Je préfère donc lui
arracher ce plaisir. Je suis soulagée qu’il n’y ait rien eu entre elle et
Malcom et que tout ceci n’était qu’un complot. Il ne m’a pas trompé. Il
m’appartient à moi toute seule.

Je laisse couler l’eau de la pompe sur mon corps les deux mains posées sur
le carreau lorsque j’entends la baie-vitrée coulisser. Une présence se fait
ressentir dans mon dos. La réaction de mon corps à l’approche de cette
personne me fait comprendre qu’il s’agit de mon homme. Il pose ses mains
sur mon dos et les fais glisser jusque sur les chutes de mes reins. Un
frisson me traverse. Il m’a trop manqué mon mari. Une pluie de baisers
brulants tombe de mes épaules à mon dos puis plus bas sur mes fesses qui
sont aussitôt croquées à tour de rôle. Je laisse échapper un gémissement.
Je me cambre pour le faire comprendre que j’ai besoin de le sentir
maintenant. Il comprend le message et me prend d’un seul coup. Je ne suis
plus que soupires et gémissements. Je le repousse pour lui faire face parce
que je veux le regarder et lire dans ses yeux tout le désir qu’il éprouve
pour moi. Il me soulève et j’enroule mes jambes autour de sa taille. Il me
prend à nouveau et commence à bouger sans me quitter des yeux.

- Tu m’appartiens Malcom. Tu m’appartiens.

- Oui… je t’appartiens. Toi et toi seule.

Je bascule ma tête en arrière lorsqu’il accentue et accélère ses coups. Je


suis sur un nuage appelé l’amour. J’ai failli perdre ma moitié, mon essentiel,
ma bouffé d’air, mon mari. Que ce que j’ai fait à l’autre serve de leçon à
toutes celles qui ont des vues sur mon homme. Celle qui l’approche même en
pensée me sentira traverser sa vie. Bon maintenant il est temps de donner
le coup de grâce au couple BEYNAUD. Il est temps de foutre en l’air la vie
politique d’Emile BEYNAUD et la belle réputation d’Aïcha BEYNAUD.

La balle est maintenant dans mon camp. V rentre en action.


La vengeance est une femme

Episode 35

***Antony***

Adossé sur l’embrasure de la porte de la salle de bain les bras croisés sur
ma poitrine, je regarde Pamela se brosser les dents après avoir pris son
bain. Je ne me lasse jamais de la regarder et à chaque fois je me demande
comment n’ai-je pas pu la voir comme la belle femme qu’elle est avant. Ces
derniers mois passés près d’elle m’ont fait comprendre que je la désirais
beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé. Je l’aime encore plus chaque jour
et je ne m’en plains pas. Je me rends compte de la femme exceptionnelle
qu’elle est. Une femme forte en même temps si faible qui a besoin de toute
l’attention du monde. J’ai tout le temps envie de la sentir contre moi, de
me sentir en elle mais ces deniers temps je ne sais pas pourquoi elle me
repousse. Elle me repousse à chaque fois que je m’approche d’elle, elle me
repousse quand je veux lui faire l’amour en prétextant que le boulot l’avait
épuisé mais je pense que ce n’est pas vraiment ça la raison.

- Pourquoi tu me regardes comme ça ? Me demande-t-elle en se rinçant la


bouche.

- Je te trouve magnifique c’est tout.

- Hum.

C’est comme ça qu’elle répond maintenant à chaque fois que je lui fais un
compliment. Je me décolle de l’embrasure et vais me positionner derrière
elle. Je lui caresse les épaules alors qu’elle s’essuie la bouche et y pose un
baiser.
- J’ai envie de toi bébé.

- Désolée j’ai beaucoup de chose à faire ce matin.

Elle se dérobe et retourne dans la chambre. Je l’y trouve en train de


s’habiller. Je m’assois sur le lit et la regarde. Il faut qu’on parle.

- C’est quoi le problème ?

- De quoi parles-tu ?

- Du fait que tu me repousses à chaque fois que je veux être proche de toi.
Qu’est-ce qui se passe ?

- Rien. Je te l’ai déjà dit, je suis beaucoup occupée ces temps-ci donc ça
m’épuise.

- Je suis chef d’entreprise contrairement à toi et malgré tout le boulot


que j’aie je garde de la force pour toi.

- Tu l’as dit tu es chef d’entreprise donc techniquement tout le boulot ce


sont tes employés qui le font et c’est exactement ce que moi je suis.
L’employée de quelqu’un.

- Tu peux très bien arrêter de travailler si cela t’épuise autant. Je peux


subvenir à tous tes besoins.

- Tu vois tu recommences. Ce comportement de macho qui m’a fait fuir


notre faux mariage.

- C’est différent. La première fois je ne voulais pas que tu travailles parce


que je te voulais prisonnière mais là je veux juste te mettre à l’aise, être à
tes petits soins.

- Et moi je dis que je n’en ai pas besoin. Des fois j’ai l’impression que tu
n’as pas vraiment changé.

- Ah bon ? Tu m’expliques ?

- Eh bien ce que tu viens de dire.


- Je t’ai aussi expliqué la raison pour laquelle j’ai dit ça. Bébé stp je ne
veux pas qu’on se dispute.

- Dans ce cas cesse de vouloir m’imposer des rapports dont j’ai pas envie.
Tu en as assez fait ces 9 dernières années.

J’accuse le coup et me tais. Je sors et vais m’enfermer dans mon bureau.


Je commence à avoir mal à la tête à force de réfléchir. Je savais que ça
n’allait pas être facile mais pas aussi douloureux. J’entends la porte de
l’entrée claquer signe qu’elle est partie. Nous avons passé la nuit chez moi
plutôt que chez elle parce que les filles sont là. Nous évitons juste de nous
afficher devant elles pour éviter qu’elles vendent la mèche à mes parents.
Nous voulons prendre le temps de mieux nous réparer les choses avant de
l’annoncer à nos parents. C’est en partie en cause d’eux que nous avons eus
ce mariage merdique.

Alors que je suis étendu sur mon lit à moitié endormi je sens la porte de la
chambre s’ouvrir. Je reste immobile en me disant que soit je rêve soit
c’est Pamela qui est revenue. Je ne l’ai pas appelé après son départ pour lui
laisser un peu d’espace. Je ne sais pas quoi faire pour la mettre totalement
en confiance parce qu’une relation sans confiance n’a pas vraiment de
raison d’être. Je reconnais avoir été le pire des hommes mais maintenant
j’ai changé. Je suis un tout autre homme et je l’aime. Le lit s’affaisse sous
le poids de la personne et je la sens se positionner sur moi en califourchon.
Je sens des lèvres se poser sur les miennes et forcer le passage de mes
lèvres avant d’approfondi le baiser. Je me crispe quand je me rends
compte que cette façon d’embrasser un peu osé n’est pas de Pamela encore
moins ce parfum de femme. Quand j’ouvre les yeux j’ai la confirmation en
voyant Adèle Kouassi au-dessus de moi. Je veux me lever mais elle me
maintient sur le lit maintenant mes épaules.

- Putain que fais-tu ici ?


- Bonsoir mon amour. Comme tu as décidé de m’ignorer ces temps-ci je suis
venu vers toi savoir ce qui ne va pas.

- Est-ce que je peux me lever ?

- Non. J’aime bien notre position. Ça me donne des idées salaces.

Je tente encore de me lever mais elle maintient la pression. Si je veux


forcer je vais lui faire sacrément mal donc je laisse tomber en espérant la
convaincre de sortir de ma maison.

- Tu devrais être avec ton époux.

- Oui mais c’est avec toi que j’ai envie d’être. Lui ne me fait pas vibrer
comme toi. Tu me manques chéri. Ton mini toi me manque.

- Désolé mais je ne suis plus disponible pour toi.

- Tu dis à cause de ta petite femme ? Ou devrais-je dire ex-femme que tu


essaie de reconquérir ?

- Je ne pense pas que cela te regarde au fait.

- Fais-moi l’amour.

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce que je n’ai pas l’intention d’être ton amant à vie. Maintenant stp
sors de chez moi.

- Fais-moi donc l’amour pour une dernière fois.

- Y a pas moyen.

- Tu veux qu’il arrive quelque chose à ta petite famille ?

- Si tu oses toucher…

- Libère-moi une dernière fois de ce trop-plein d’envie et je laisse ta


famille. Prends-moi sauvagement Tony.
- Tu sais très bien que Pamela est la fille d’Emile donc si tu lui fais quoi que
ce soit…

- On règlera ça entre membre d’une même secte. Bon trêve de bavardage,


fais-moi l’amour. J’ai un vol à prendre.

Je veux parler lorsqu’elle m’embrasse. Elle commence à onduler les reins


sur mon sexe et je me mets à peser le pour et le contre dans mon esprit.
Je n’ai pas envie de lui faire l’amour c’est certain mais elle menace la vie de
Pamela et je sais qu’elle peut mettre à exécution ses menaces. Adèle
Kouassi est la femme d’un ancien membre du gouvernement et actuellement
membre puissant de la secte. Elle fait ou faisait partie de mes nombreux
plans cul. Pour dire vrai j’espérais par notre soit disante relation avoir
beaucoup d’avantage quand j’intègrerai la secte. Mais maintenant que j’y ai
renoncé je ne vois pas l’utilité de continuer à la fréquenter. Ce n’est pas
comme si j’étais amoureux d’elle. Bon ok il est temps que je stop ce jeu et
qu’elle foute le camp de chez moi. Je glisse ma main dans ses cheveux dans
l’intention de lui faire mal afin de l’obliger à se lever lorsque la porte de la
chambre s’ouvre. Je tourne la tête et vois Pamela. Mon cœur rate un
battement. Elle ressort aussitôt et referme la porte derrière elle. Je
projette Adèle qui se fait mal en tombant par terre et coure derrière
Pamela.

- Bébé. Bébé stp attend je vais t’expliquer.

Je lui attrape le bras pour la retenir. Elle fait volte-face et s’ensuit une
gifle résonnante.

- Plus jamais je ne veux te voir. Tu restes loin de moi et si tu veux voir tes
enfants tu appelles leur chauffeur ou leur servante. Je te veux loin de moi.

- Bébé je t’en prie.


- Je ne sais pas comment j’ai pu croire un instant que tu avais changé. Tu
es toujours le même enfoiré que j’ai connu. N’essaie même pas de mettre
les pieds chez moi.

Elle se retourne et s’en va. Je la regarde partir incapable de la retenir. Je


m’assois dans un fauteuil et me masse les tempes. C’est vraiment difficile
de se défaire de son passé. Adèle vient me trouver mais je ne l’écoute pas.
Quand elle est fatiguée de parler dans le vide elle se décide à partir.

- Bonsoir mes princesses. Où est votre mère ?

- Dans sa chambre. Répondent-elles à l’unisson.

- Je pense qu’elle est fâchée. Ajoute Nadia.

- Je ne pense pas. Elle doit avoir eu une lourde journée. Je reviens je vais
la voir.

Je les laisse continuer leur dessin animé et monte parler à Pamela. Je


cogne à sa chambre et elle demande d’entrer pensant surement que ce
sont les filles. Je souffle et rentre. Je referme la porte et la condamne
pour au cas où elle voudrait me planter et sortir. Elle en train de faire son
lit.

- Que fais-tu ici ? Je t’avais signifié que je ne voulais plus te voir. T’as
oublié ?

- Bébé stp prends juste le temps de m’écouter.

- Je ne veux pas. Tu vas m’y obliger comme tu en toujours eu l’habitude ?


- Non je veux juste que tu me laisse une chance de t’expliquer.

- M’expliquer que tu étais sur le point de coucher avec la femme de l’ex


Sénateur ?

- Je n’allais pas coucher avec elle mais… j’étais en train de peser le pour et
le contre parce qu’elle… a menacé de te faire du mal.

- Pardon ?

- Elle voulait que je lui fasse l’amour une dernière fois sinon elle s’en
prendrait à toi.

- Lui faire l’amour une dernière fois ?

- Nous étions amants.

- Ca c’est la meilleure. Je pensais que ton truc c’était les putes.

- Oui mais…

Je soupire pour prendre du courage en moi pour lui dire toute la vérité.

- Tu devrais t’asseoir j’ai des choses à te dire.

- Non je ne…

- J’ai failli entrer dans une secte.

Elle garde la bouche ouverte et me regarde avec stupéfaction. Elle s’assoit


lentement sur son lit et je fais de même dans le fauteuil en face du lit.

- Tu n’es pas sans savoir que j’étais un assoiffé de grandeur. J’avais pour
ambition de me lancer dans la politique pour être encore plus influent et le
seul moyen d’y arriver c’était que je fasse partie d’une secte. Secte dont
fait partie plusieurs membres du gouvernement actuel comme ancien.
- Mon père aussi…

- Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Je devais normalement


en faire partie cette année et j’avais même commencé certaines pratiques
pour épater certains. Pour prouver que je voulais sérieusement rentrer
dans la secte et que j’étais prêts à tout pour y arriver j’ai… couché avec un
homme.

- Quoi ?

- Mais c’était avant de me rendre compte que ce n’était pas ce que je


voulais. Avant de me rendre compte que je te voulais dans ma vie. J’ai fait
plein de trucs pas nets comme dealer de la drogue mais j’ai changé, j’ai
tout arrêté, j’ai renoncé à entrer dans la secte et aussi à toutes mes
grandes ambitions démesurées pour toi. Parce que je veux être avec toi.
Je t’aime Pamela et pour de vrai. Ça n’a rien à avoir avec la première fois.
Bébé je te dis tout ça en aillant conscience que tu peux me rejeter mais je
ne veux rien te cacher. Je veux que tu saches tout parce que je veux bâtir
notre relation sur la vérité. Maintenant, après tout ça si tu n’as plus envie
de retenter le coup avec moi je ne t’en voudrai pas. Retiens juste que je
t’aime toi, toi et personne d’autre. Je t’aime Pamela. Je t’aime… Passe une
bonne nuit.

Je me lève et ressort. Je ne veux pas la perdre mais je ne veux pas non


plus l’obliger à rester avec moi.

Je sens quelque chose d’humide se poser sur mes lèvres qui me fait
émerger peu à peu de mon sommeil. Je sens quelqu’un assis sur moi. Je me
rends compte que ce sont des lèvres qui sont posées sur les miennes. La
scène de ce matin me revient et je me réveille d’un coup dans le but de
foutre à la porte par les cheveux Adèle. Seulement quand j’ouvre les yeux
plutôt que de voir Adèle, c’est le visage de Pamela qui s’offre à moi. Je
tique d’abord surpris en me demandant si je ne rêve pas. Quand je me
rends compte que non je regarde l’heure sur l’horloge, il est 1h du matin.

- Pamela que fais-tu ici à cette heure ?

- Je ne pouvais pas dormir sans t’avoir parlé.

- Mais ça pouvait attendre demain. Tu es sortie à une heure tardive et


c’est dange…

- Je suis enceinte Antony.

- …. .

- On va avoir un autre enfant.

- …..

- Dis quelque chose.

- Je… tu es sérieuse ?

- Oui c’est pourquoi j’étais un peu distante ces temps-ci. Je ne savais pas
comment prendre la chose et j’avais peur d’être de nouveau déçu. Peur de
découvrir que tout ceci n’était qu’un leurre. Peur que tu ne redeviennes cet
homme qui me traumatisait. Mais après les révélations que tu m’as faites
sans y être obligé j’ai décidé de te faire confiance. Je veux qu’on soit
ensemble, seulement je veux être rassurée que ni moi ni nos enfants ne
courons de danger.

- Tu n’as pas à t’en faire pour ça. J’ai déjà tout régler sinon je n’aurais pas
pris le risque de te vouloir à nouveau dans ma vie en sachant que ça te
mettrait en danger. Ni Adèle ni qui que ce soit ne vous fera de mal.

- Promis ?

- Promis.

Elle se baisse et m’embrasse.


- Tu en es à combien ?

- Trois. Ça s’est fait notre première nuit.

- Quel puissant homme je suis. Dis-je en souriant.

Elle me tape et se remet à m’embrasser.

- Je t’aime Antony.

- Je t’aime bébé.

La vengeance est une femme

Episode 36

***Emile Ehui BEYNAUD***

Comme chaque matin après avoir pris ma douche, je fais des incantations
en me badigeonnant le corps avec une huile. Cette huile me permet d’avoir
de l’emprise sur les gens que je rencontre. Cette huile me rend puissant et
je peux manipuler n’importe qui, rendre docile, mettre les gens à mes
pieds, leur faire gober tous mes mensonges et aussi me protéger de toutes
autres attaques mystiques et même physique de mes adversaires. Dans le
monde de la politique il y a toute sorte de vice les uns aussi répugnant que
les autres. Entre les sacrifices humains, la sexualité, l’homosexualité, la
pédophilie, le trafic de drogue et autres. Déjà étant jeune j’avais une
ambition démesurée et j’étais prêt à tout pour atteindre mes objectifs. Je
voulais être un homme craint, un homme avec beaucoup de pouvoir sur le
plan physique et spirituel, je voulais dominer et avoir la vie des gens entre
mes mains. J’avais une grande soif de pouvoir alors ayant déjà une petite
fortune j’ai commencé à côtoyer les hommes politiques et c’est là que l’un
deux m’a parlé de la secte. Il m’a expliqué en long et en large les
implications et les avantages. J’étais prêt à tout donc j’ai accepté. Pour
mon baptême de feu j’ai sacrifié deux nouveau-nés. Facile pour les avoir, il
suffit juste de donner une grosse somme aux agents de la santé et c’est
tout. Quand j’ai eu mon premier résultat j’étais tellement heureux que j’ai
continué et je n’ai fait qu’enchainer sacrifice sur sacrifice. J’en ai parlé à
Aïcha et elle m’a suivie. Nous avons voulu épargner nos deux enfants donc
de ce fait il me fallait avoir d’autres enfants à sacrifier raison pour
laquelle je vais de maitresse en maitresse et quand elles tombent enceinte
et accouchent je sacrifie les bébés et leurs donne à elles beaucoup
d’argent pour refaire leur vie ailleurs sans qu’elles ne soient informées de
rien, enfin pour la plupart. Nous l’avons fait une ou deux fois nous-même
mais pour éviter d’attirer l’attention des gens sur nous j’ai opté pour cette
solution.

- Emile, m’appelle Aïcha en déboulant dans ma chambre, Sébastien est


mort.

- QUOI ?

- Je viens de l’apprendre. C’est encore elle.

- Bon sang elle est vraiment déterminée à tous nous finir.

- Oui et on doit l’arrêter. Emile on doit trouver un moyen pour l’arrêter.


Elle doit mourir sinon ce sera nous.

- Laisse-moi réfléchir à une solution.

- Depuis tu réfléchis ça ne finit pas alors qu’elle continue de gagner du


terrain.

- Toi qui est si forte pourquoi jusque-là tu ne la pas encore arrêté ?

- Oh moi au moins j’ai réussi à la toucher là où ça fait mal.

- Oui et ça s’est retourné contre toi. Tes enfants savent que tu es


lesbienne.
- Oui et ils ne tarderont pas savoir que tu es un violeur doublé de mystique
et dealer.

- Ok bon tu veux qu’on fasse du mal à Malcom ? Parce que c’est seul moyen
pour nous de l’atteindre le plus rapidement. On le sacrifie devant elle et
quand elle est effondrée on la tue.

- Tu n’as pas intérêt à toucher à mon fils.

- Tu vois donc qu’on n’a pas tellement de moyen pour l’atteindre. Elle est
d’abord protégée par les prières de ses parents pour elle et si on va dire à
la secte que c’est elle V ils demanderont à sacrifier Malcom pour effacer
le sang de nos confrères mort puisque c’est notre fils qui l’a emmené dans
notre maison.

- Dans ce cas demande à tes hommes de l’abattre en cachette.

- Tu veux créer une guerre en les Etats-Unis et la Côte d’Ivoire c’est ça ?


Tu as oublié qui était son père ?

- Pourquoi j’ai l’impression que toi-même tu ne veux pas lui faire de mal ?
Emile tu es toujours amoureux d’elle ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- Tu penses que je ne vois pas comment tu la regarde ? Déjà à l’époque elle


ne t’était pas indifférente raison pour laquelle tu l’as gardé plus que prévue
pour coucher avec elle.

- Je l’ai gardé pour pouvoir bien profiter de la fille de l’homme qui a voulu
nous nuire rien de plus.

- Hum en tout cas c’est ton fils qui te tuera quand il saura que sa femme
est ton plus grand fantasme. Pervers que tu sois.

Elle ressort et claque la porte. Je soupire et referme le pot d’huile. Oui je


suis amoureux de Vicky, je l’ai toujours été d’ailleurs. Quand elle était plus
jeune et que je l’ai gardé prisonnière chez moi je suis tombée sous son
charme. Elle était si belle et si innocente que mon cœur a craqué. La
première fois que je l’ai violé c’était pour lui faire payer les erreurs de son
père mais pour les autres fois c’était parce que je voulais qu’elle
m’appartienne, je la voulais mienne en même temps que je l’utilisais pour les
rituels. Normalement nous utilisons les filles que nous enlevons pour une à
deux semaines au plus trois mais elle je l’ai gardé plusieurs mois. Quand
elle est tombée enceinte ce n’était pas bon, en tout cas dans la période. Ce
n’était pas prévu qu’elle meure comme ça, ça devrait être moi qui la
sacrifierais mais vue l’état dans lequel elle se trouvait après qu’on lui ait
fait le curetage on ne le pouvait pas. Nous ne devons jamais offrir en
sacrifice une personne déjà aux portes de la mort. J’ai cru qu’elle était
morte et mes sentiments pour elle aussi mais quand je l’ai revu ce soir-là
avec mon fils mon cœur s’est de nouveau emballé en même temps que je
craignais son retour. Elle a beaucoup changé, physiquement comme
psychologiquement et je la crains un peu même si je ne le dis pas. Elle est
d’ailleurs à craindre pour avoir réussi à tuer des sectaires. Je me demande
comment la vie a pu la remettre sur notre chemin en plus comme étant la
femme de mon fils. Bon il faut que j’aille vérifier que tout est prêt pour la
dernière campagne.

Quand j’arrive sur le lieu de la campagne je suis heureux de voir le monde


fou qu’il y a. Je vois que mon travail a porté du fruit. Ces gens ne sont rien
d’autre que des imbéciles qui croient encore aux belles paroles des
politiciens. Il suffit de leur promettre monts et merveilles appuyé par
différents dons et tu les a dans tes poches surtout ces analphabètes. Pour
être un bon politicien il faut avoir l’art du mensonge et être charismatique.
Rares, je dis bien rares sont les politiciens sérieux qui eux veulent
vraiment apporter du changement dans le pays et dans la vie du peuple.
Nous sommes tous des menteurs, trompeurs et sorciers. Nous sommes des
fois à la base des graves accidents qui tuent plusieurs personnes, des
enlèvements et autres tragédies mais puisque ce ne sont pas nous-même
qui allons sur le terrain mais y envoyons des pantins ce sont eux qu’on
accuse. Les policiers aussi le savent mais ils ne peuvent rien contre nous
donc ils s’acharnent sur ceux qu’on envoie juste pour montrer à la
population qu’ils travaillent pour leur intérêt.
Mes gardes viennent encercler ma voiture et quand je descends c’est moi
qui suis encerclé pour éviter d’être bousculé ou agressé. Il y a toujours
des gens pas net dans les foules. Quand j’arrive sur le podium où m’attend
mon staff je risque de m’évanouir quand j’y vois en plus mes deux enfants,
Antony et Vicky mais surtout Vicky. Ils sont assis au dernier rang
surement pour être discrets. Je commence à craindre le pire encore plus
avec le regard et le sourire que me lance Vicky. Je craignais déjà qu’elle
fasse quelque chose pour boycotter mes campagnes puisqu’elle m’avait dit
que c’était sur ce terrain qu’elle allait m’attaquer. Je salut tout le monde
et arrivé vers mes enfants je les prends chacun dans mes bras sauf elle.
Je voulais le faire mais elle m’a fait non de la tête discrètement.

- Que faites-vous là les enfants ?

- Comme c’est le dernier jour nous avons voulu venir te soutenir. Répond
Malcom.

- Ah vraiment merci beaucoup. Je suis heureux de vous voir.

Je retourne à ma place devant où Aïcha m’attend. Elle sent que je suis


nerveux.

- Déstresse. Me chuchote-t-elle à l’oreille. Il y a des gardes partout et


même des tireurs d’élites. Elle ne pourra rien. Il y a des gardes près du dj
et celui qui s’occupe de la projection. En plus Malcom est là et en sa
présence elle ne fera rien de déplacé.

- Ok.

- Maintenant vas saluer ton peuple.

Je me lève et lève les deux mains pour saluer tout ce monde fou qu’il y a.
Ils se mettent aussitôt à hurler et scander mon nom. Je suis heureux. La
musique joue à fond et je me mets à esquisser quelques pas de danses pour
mettre la foule en délire. Je retourne m’asseoir et mon directeur de
campagne prend le micro pour faire mes éloges et parler des avantages à
me voter moi et pas les autres.

- Vous avez déjà vu les compétences de M Emile Ehui BEYNAUD entant


que premier Ministre de ce pays et vous n’avez pas été déçu. Si vous le
voter il fera encore plus. Avec lui c’est le changement, avec lui c’est la
réussite, avec lui l’argent va circuler, avec lui les vies vont changer. Les
mamans vous accoucherez dans de meilleures conditions et vos enfants
recevrons des cadeaux, habits, biberon, berceau, lit etc parce qu’il faut
quand même qu’ils ne manquent de rien.

La foule se met à hurler de joie.

- L’Etat se chargera personnellement d’ajouter 50.000 fcfa à vos salaires.


Je m’explique, si on vous embauche et que votre salaire est 100.000 fcfa
l’Etat ajoute 50.000 fcfa donc ça vous fera 150.000 fcfa.

La foule est encore en délire. Il continue de mentir à ces gens encore et


encore puis m’appelle pour que je prenne la parole. Je suis exalté jusqu’à ce
que je prenne le micro. Je parle en montrant l’écran géant qui passe en
boucle nos œuvres et projets. Je commence à me sentir plus rassuré
surtout parce que les choses se passent bien et que juste après mon
discours je ne resterai que quelque minute avant de m’en aller. Pendant que
je parle l’un des gardes présents me tend un bout de papier. Je le prends
en supposant que c’est quelque chose que je dois dire puis quand je le lis
tout en continuant mon discours je suis surpris. Il y a juste écrit
« BOUM ». Boum ? Je fronce les sourcils et alors que je veux me
retourner vers l’homme qui m’a donné ce papier j’entends comme un
grisonnement qui vient de l’écran géant ce qui me fait me taire. J’essaye
de comprendre ce qui se passe lorsque tout à coup le visage de Sébastien
YAO apparait sur l’écran. Il est tout bizarre comme s’il n’avait pas dormi
pendant plusieurs jours. Un grabuge se fait autant sur le podium que dans
la foule. La vidéo se met aussitôt à jouer.

« - Bonjour, je suis Sébastien YAO, Député de Séguéla et j’ai des


confessions à vous faire. »

C’est quoi encore ces conneries ?

« - Tout comme la plus part des membres du gouvernement je fais partie


d’une secte… »

Et il se met à révéler tous nos secrets. Je reste immobile les yeux figés
sur la vidéo n’en revenant pas de ce qui se passe. Les techniciens n’arrivent
pas à arrêter la vidéo. Mon sang se glace lorsque Sébastien commence à
citer les noms des membres de la secte mais soit c’est lui qui n’a pas donné
tous les noms soit la vidéo a été modifiée de sorte à ce qu’on n’entende que
les noms de ceux que V a tué et… le mien. Quand mon nom est cité un autre
grabuge se fait. C’est le brouhaha dans la foule. Je sens du mouvement
derrière mais je suis comme tétanisé. La vidéo change pour une autre où je
suis en train de violer cette jeune une jeune fille qui est suspendu au
plafond. Je laisse tomber mon micro et je reçois aussitôt quelque chose en
plein visage ce qui me ramène à moi. La foule commence à me huer et à me
lancer des choses dessus en criant « assassin ». Mes hommes viennent me
sortir et quand je me retourne je ne vois plus mes enfants et Vicky. Je
tremble de tous mes membres tellement choqué. Comment a-t-elle su où on
cachait les filles ? Comment a-t-elle fait pour y mettre des caméras sans
qu’on ne s’en aperçoive ?

*
- PAPA TU VAS NOUS EXPLIQUER CE QUE C’ÉTAIT QUE CA ? Hurle
Malcom dès que nous franchissons le salon.

- Ce n’est qu’un coup monté. Me défend Aïcha. Vous savez que votre père
n’est pas ainsi.

- Oh vue les dernières révélations sur vous, votre plan pour me séparer de
ma femme et vos penchants sexuels je ne serai pas étonné que tout ça soit
vrai.

- Quoi tu doutes de nous tes parents ? Tu préfères croire en des sottises


qui sortent d’on ne sait où plutôt que nous qui t’avons mis au monde.

- Ce Sébastien YAO il est mort hier selon les informations donc il s’est
confessé avant de se tuer ce qui veut dire que ses propos sont surement
vrais. Pourquoi aurait-il menti sur vous et se tuer alors que c’était lui que
vous aviez choisi pour être votre premier Ministre ?

- Papa si tout ce que nous avons vu et entendu est vrai sache que tu es
véritable monstre. Lance Pamela.

Mon sang commence à bouillonner alors que mes enfants n’arrêtent pas de
me lancer des reproches et injures. Je m’attrape la tête et commence à
tourner sur moi-même. Aïcha essaie tant bien que mal que de les faire
gober notre version mais c’est peine perdu. Quand je lève la tête mon
regard croise celui de Vicky. Elle me sourit, de ce même sourire qu’elle
affiche quand elle veut nous narguer. Mon sang ne fait qu’un tour. Je file
dans mon bureau y prend mon arme puis reviens au salon et alors que la
dispute continue entre mes enfants et leur mère je pointe l’arme sur
Vicky. Pamela hurle et Antony la tire pour l’éloigner un peu. Aïcha se place
devant Malcom pour l’empêcher d’avancer.

- Papa qu’est-ce que tu fais ? Demande Malcom horrifié.


- Tout ça c’est de ta faute. Je gueule en fixant Vicky droit dans les yeux.
Tout ceci n’est rien qu’un plan de toi. Tu n’es qu’un monstre Vicky. Tu viens
de jeter à l’eau tout mon plan, tous mes sacrifices.

Malcom quitte derrière sa mère et vient s’arrêter près de Vicky qui elle
me regarde avec assurance.

- Papa stp baisse ton arme. Ne fais pas de connerie.

- Laisse-le Malcom. Qu’il le fasse si cela peut l’apaiser. De toutes les


façons je ne serai pas la première personne qu’il tuera. Hum Emile ?

Ce sourire dans ces yeux et cette assurance qu’elle dégage me mettent


hors de moi. Comment peut-elle être aussi calme alors que je lui pointe mon
flingue. Tout doucement, avec assurance elle se rapproche de moi et colle
son front au bout de l’arme. Malcom veut approcher mais elle lui fait signe
de ne pas le faire.

- Prunelle qu’est-ce que tu fais ?

- J’aide ton père à faire ce qu’il a toujours eu envie de faire. Antony tu


devrais ramener Pamela à la maison. Elle n’a pas besoin de voir ça
actuellement.

- Non je ne bougerai pas tant que papa n’aura pas baissé son arme.

- Papa stp baisse cette arme. Me supplie Malcom.

Je commence à trembler de tous mes membres. Cette femme est une


diablesse. Je la déteste autant que je l’aime.

- Boum. Me murmure-t-elle avec un rictus.


- Bon ok ça suffit maintenant. Intervient Malcom en tirant sa femme pour
se placer devant l’arme. Papa tu me baisse ça et maintenant. Pense à régler
ce chao là dehors et à laver ton nom avant que les choses ne s’empirent.

Il tire sa femme et sortent de la maison. Antony fait de même avec


Pamela.

- Mais qu’est-ce qui t’a pris de faire ça Emile ?

- Toi ne m’énerve surtout pas. Surtout pas Aïcha. Tout ça c’est de ta


faute.

- De ma faute ?

- Oui de ta faute. Si tu ne l’avais pas provoqué en complotant cette


histoire d’enfant avec Sabine nous n’en serions pas là. Tu l’as provoqué et
voilà maintenant que c’est moi qui en paye les conséquences.

- Non mais tu es malade Emile ! Complètement malade. Tu as oublié qu’elle


avait déjà prévu boycotter tes campagnes ? Cette fille est là pour se
venger contre nous donc ce qu’elle a fait aujourd’hui elle l’aurait fait de
toutes façons. Moi j’ai juste retardé les choses c’est tout.

- Tu n’es qu’une incapable.

- Incapable toi-même. Plutôt que de t’en prendre à moi en prend toi à la


secte puisque c’est elle qui a tué les parents de Vicky. Tu n’es qu’un pauvre
type Emile. Cherche une solution sinon c’est la fin pour toi. Mtchrrrrrrrrr.

Elle me plante et sort. Je suis dans la merde. Vicky m’a mis dans la merde.
Je jure que cette fille je vais la tuer mais avant je vais bien me la faire
pour lui montrer qui commande.
La vengeance est une femme

Episode 37

« - Vicky il y a le poulet de l’autre jour qui est là. » Me dit Brad au


téléphone.

- Laissez-le entrer.

« - Ok je l’escorte donc. »

Ce flic, je le connais et je sais que lui aussi mais qu’il ne compte pas sur moi
pour lui confirmer ses soupçons. Mon père ne cessait de parler de lui à la
maison et de l’affection qu’il lui portait. Nous n’avons jamais été très
proche lui et moi. Il n’était d’ailleurs pas aussi présent à la maison quand il
y était venu s’installer. Quand je l’ai vu devant ce restaurant je l’ai reconnu
mais bien évidemment j’ai nié qui j’étais pour ne pas l’avoir dans mes
pattes. Je veux qu’il continue de se poser des questions sans pour autant
avoir les confirmations. Je savais qu’il me tendait un piège quand il m’a
parlé des tombes de mes parents mais je mourrais d’envie d’y aller me
réfugier et leur dire combien ils me manquent quitte à lui donner la
confirmation que j’étais Ariane TAPÉ. De toutes les façons le fait de
savoir que je suis Ariane ne veut pas dire qu’il sache que je suis V. Je
m’assois confortablement dans mon fauteuil et le regarde entrer avec
Brad à sa suite. Je lui fais signe de s’asseoir et Brad reste un peu à l’écart.

- Bonjour Mme BEYNAUD.

- Bonjour Commissaire. Que me vaut l’honneur de cette visite matinale ?

- C’est en rapport avec la campagne scandale du premier Ministre, votre


beau-père.

- Oui c’est regrettable ce qui est arrivé.

- J’espérais que vous m’en disiez plus ?


- Moi ? Pourquoi ?

- Je ne sais pas à vous de me le dire.

- Ecoutez Commissaire, si vous n’avez pas de choses concrètes à me dire je


vais devoir prendre congé de vous. J’ai une tonne de chose à faire.

- Pourrais-je avoir l’intégralité de la vidéo.

- Ce sont des accusations ?

- Pas encore. Mes premières enquêtes sur tous les récents évènements
dans ce pays me conduisent à vous. J’ai repris en main l’enquête de mon
ancien mentor Julien Anselme TAPÉ, celui que vous prétendez ne pas
connaitre.

- C’est bien de suivre les traces de son maitre.

- Ariane…

- Lorsque vous trouverez cette Ariane veuillez me la présenter


puisqu’apparemment nous nous ressemblons. Et moi qui pensais être un
format unique. Bon je dois aller à une réunion importante donc…

- Ok pas de souci. Dit-il en se levant. Merci de m’avoir accordée un peu de


votre temps.

- Ce fut un plaisir.

Il me fixe un moment, fais un rictus et tourne le dos. Brad le raccompagne


et reviens.

- Tu veux qu’on s’occupe de lui ?

- Non pas la peine. Il est du côté de la justice, laissons-le faire son travail.
Apparemment il a repris en main les enquêtes de mon père et du grand-
père de Mel. Bon il est temps d’aller chez Emile et Aïcha.

- Nous sommes déjà prêts.

- Et les vidéos ?
- Aussi.

- Et pour l’autre ?

- Pareil. Nous n’attendons que ton mot d’ordre.

- Ok. Je veux que tous les évènements s’enchainent pour ne pas leur
donner de répit.

- C’est comme tu veux.

- Ah au fait, tu t’es bien assuré que la sécurité ait été renforcée autour de
Malcom et de Pamela sans qu’ils ne s’en aperçoivent ?

- Oui. Ils sont suivis par nos hommes en tout temps et en toute discrétion.

- Ok. Après les révélations sur leur père faudrait pas que la population s’en
prenne à eux. Ok bon on y va maintenant.

Je me rends chez mes beaux-parents pour enfoncer le clou. S’il pense que
le coup de la vidéo était mon super plan eh bien il se fout le doigt dans
l’anus. Ce n’était que l’acte 1 et le second on le jouera aujourd’hui. Je sais
qu’ils feront tout pour démentir ces vidéos voilà pourquoi j’en ai gardé les
plus pertinentes. Des scénarios j’en ai prévu un tas pour eux et ça
commence aujourd’hui. Je leur ai donné assez de temps pour me vaincre
mais ils ont échoué donc c’est à mon tour de jouer. Quand nous approchons
de la maison je vois un long cortège qui en sort. Je reconnais aussitôt la
voiture du Président. Nous entrons aussitôt que le cortège soit sorti. Je
récupère la clé près de moi et descends de la voiture. Je trouve mon
couple préféré assis au salon en train de discuter l’air inquiet.

- Bonjour beaux-parents. Ça pète la forme ?

- Dégage de ma maison espèce de connasse. Crache-t-elle en s’avançant


dangereusement vers moi.

Son mari la retient et la ramène en arrière. Je prends place dans l’un des
fauteuils et croise les jambes.
- Que nous veux-tu Vicky ? Me demande Emile.

- Terminer ce que j’ai commencé ou plutôt poursuivre parce que ça ne se


terminera pas de sitôt. Puisque vous n’avez pas pu m’atteindre je récupère
la balle. Tiens Aïcha, connecte cette clé comme tu aimes bien le faire.

- C’est quoi ?

- Connecte et tu le sauras. Emile où en es-tu pour démentir les vidéos ?


Demandais-je alors qu’Aïcha connecte la clé sur la télé.

- Si tu pensais vraiment m’anéantir avec ces ridicules vidéos sache que tu


as échoué. Le Président lui-même se chargera de les démentir.

- Oh. C’est bien j’en suis ravie. Mais je doute bien fort que le Président
continue de te soutenir s’il voyait la vidéo de toi culbutant sauvagement sa
fille illégitime.

- KO MOU ? (QUOI ?). Emile tu couche avec la fille du Président.

- Je je elle elle raconte n’importe quoi.

- Ok regardez la télé.

Je prends la télécommande qui était posée sur la table basse et active la


vidéo. Aïcha ouvre la bouche dépassée.

- Emile tu as osé !?

- C’est une ancienne vidéo. Se défend-il.

- Elle date d’il y a 1 mois donc elle n’est pas si ancienne que ça. Ce que tu ne
sais pas aussi très chère Aïcha c’est qu’elle est tombée enceinte et celui-là
lui a demandé d’avorté. J’ai hâte de voir la tête de ton boss quand il
apprendra que tu as fait avorter sa fille de 25 ans.

- Je je. Je ne savais qu’elle était sa fille je le jure. Il l’a eu avec sa


maitresse en Tunisie mais personne ne la connaissait vraiment. Moi je l’ai
rencontré lors d’une mission dans son pays et nous avons couché ensemble.
Je l’ai prise pour une fille légère donc je n’ai pas cherché à savoir qui elle
était vraiment. Nous nous sommes revus encore et encore et c’est quand
elle m’a annoncé qu’elle était enceinte qu’elle m’a aussi dit qui était son
père. Mais je jure Aïcha qu’après qu’elle me l’ait dit j’ai coupé avec elle.

- Tu n’es qu’un imbécile Emile. Tu ne peux te contenter de baiser les filles


d’ici il faut que tu ailles baiser les arabes. Je me demande ce qui m’a attiré
chez toi au point d’accepter d’être ta femme. I naloman wallahi (tu es bête
je jure).

- Je t’interdis de me parler de la sorte espèce de femme légère et passe


partout.

Une dispute d’en suit entre les deux amoureux et ça me fait rire. Mais le
temps passe et j’ai un timing à respecter.

- PASSONS. Hurlais-je pour les faire taire. Passons à la deuxième vidéo.

J’appuie sur next et sur la vidéo suivante on voit un petit garçon qui vomi
de l’argent.

- Koutoubou éééhh. S’écrit Aïcha en attrapant sa tête.

- Comment as-tu fais ?

- Je ne révèle jamais mes sources beau papa. Bon des vidéos


compromettantes sur vous il y en a une tonne sur cette clé. Je vais donc la
laisser couler et nous allons conclure un accord.

Les vidéos passent, entre sexe-tape, conversation sur des complots,


rituels, viol etc. Aïcha se laisse tomber dans le fauteuil.

- Qu’est-ce que tu veux ? Demande Emile les yeux rouges de colère.


- D’abord que vous vous mettiez à genoux devant moi et me suppliez de ne
pas diffuser ces vidéos.

- Rêve toujours. Crache Aïcha.

- Ok. Brad stp est-ce que tu peux démarrer l’envoie de la vidéo de la


partouse d’Aïcha de la semaine dernière sur YouTube ? J’ordonne en lui
montrant la vidéo en question de mon portable. Ainsi que celle de la fille du
Président à son père.

Aïcha ouvre grand sa bouche et me tue même du regard.

- Nous somme à 90% de l’envoie, 91, 95, 97, 98.

- Ok ok c’est bon. M’interrompt Emile.

Tout lentement ils se baissent et se mettent à genoux. Mon sourire


s’agrandit. Je fais signe à Brad qui a déjà balancé les vidéos mais ça eux ils
ne le savent pas.

- Très bien. J’aime quand vous êtes si dociles. Maintenant Emile tu vas
appeler la presse et devant le monde entier tu vas annoncer que tu te
retires de la vie politique.

- QUOI ?

- Brad prépare la vidéo du petit qui vomi l’ar…

- Ok je le ferai. Je le ferai mais ne diffuse pas.

- Ok de toutes les façons si tu ne le fais pas je révèlerai ton autre fils à la


nation. Pas le guichet humain. Celui que tu as eu avec une autre mais que tu
ne voulais pas. Ça te dit quelque chose Rachel ANOMAN ? Cette femme
que tu as mise enceinte et à qui tu as donné de l’argent pour qu’une fois le
bébé né elle te le donne pour que tu le sacrifie.

- Le bébé était mort-né. Dit-il en tremblant de tout son être.


- Ca c’est ce qu’elle t’a fait croire. Elle a sauvé la vie de son enfant et
aujourd’hui elle est prête à dire à la nation qui tu es vraiment.

- Eh Emile ! Eh Emile ! Eeehhh ! Tu es né comment même ? Ayiiaa. J’ai


l’impression que je suis plus intelligente que toi alors que c’est toi qui porte
le chapeau.

- Vicky… je je ferai tout ce que tu veux mais de grâce ne mets pas toutes
ces révélations aux yeux du monde, surtout de mes enfants.

- Tu prends ta retraite politique et je ne révèle rien au monde. Tu devrais


le faire vite puisque c’est demain les élections.

- Ok c’est compris.

- Ah il faut aussi que tout le monde soit là pour te soutenir tu ne crois pas.

Il ne répond pas e commence à organisé les choses. Aïcha reste assise et


me fusille du regard. Je lui fais un clin d’œil.

Tout est prêt pour la déclaration d’Emile. La chaine nationale est là ainsi
que toute la presse. Sa déclaration sera en direct pour prévenir en même
temps ses partisans. Malcom et Pamela nous ont rejoints. Quand Malcom
m’a appelé pour m’avertir qu’on devait se rendre chez ses parents j’ai dit
que je n’étais pas loin donc que j’allais l’y devancer. Nous sommes donc
assis en retrait en train d’assister. Malcom et Pamela ne savent pas ce qui
se passe.

- Bonsoir chers compatriotes, chers électeurs et chers partisans. Je


voudrais tout d’abord vous dire merci pour votre soutien massif malgré les
vents et tempêtes. Sachez que le partie vous en est et vous en sera
toujours reconnaissant. Je voudrais donc par ma déclaration de ce soir
vous annoncer à tous que… pour des raisons personnelles je… me retire…
des élections mais aussi que je me retirais… de la vie politique. J’ai
beaucoup analysé certaines choses et je pense que le mieux pour moi serait
d’être un citoyen normal. Je m’excuse pour tout le désagrément que cela
peut causer. Je vous souhaite une excellente soirée. Que Dieu bénisse la
Côte d’Ivoire.

Les caméras s’éteignent et tout le monde commence à remballer ses


affaires. Certains veulent poser des questions mais il leur fait comprendre
qu’il ne répondra à aucune. Nous attendons que tout le monde libère la
maison pour nous approcher d’eux et tous nous nous installons dans le
salon.

- Mais papa pourquoi as-tu fait ça ? Demande Malcom perdu.

- Certaines situations nous poussent souvent à prendre des décisions dont


on n’a pas vraiment envie.

- Et c’est quoi ces situations ?

- C’est personnel Malcom. Je préfère t’en épargner. Vous en épargner.

- J’espère qu’il n’y a rien de grave.

- Non ça va fiston.

- En tout cas je suis là si tu as besoin de quelque chose.

- Sans faute.

- Et moi aussi. J’appuie pour le narguer.

Il me lance un regard qui en dit long sur sa pensée. Je tourne mes yeux
vers l’entrée lorsque je vois des silhouettes apparaitre. Bon je pense qu’on
va passer à l’étape suivante. J’avais dit à Brad de dire aux gardes de la
maison qu’ils étaient mes invités.
- Bonsoir tout le monde. Dit un peu faiblement la femme.

Quand Emile la voit son visage devient rigide. On a l’impression qu’il va


s’étrangler. Nous répondons tous.

- Excusez-moi de me présenter à vous comme ça. C’est juste que j’estimais


que mon fils avait le droit de connaitre sa famille.

- Pardon ? Beugue Malcom.

Nous nous levons tous, les autres parce qu’ils sont surpris et moi parce que
je veux mieux assister à la scène.

- Je me présente, je suis Rachel ANOMAN l’ancienne maitresse d’Emile


Ehui BEYNAUD et ce jeune homme là près de moi c’est Nicola ANOMAN,
mon fils, notre fils à Emile et moi. C’est un BEYNAUD.

Tous les regards se tournent vers Emile qui tremble de tout son être.
Aïcha s’attrape la tête et s’assoit.

Vengeance contre les BEYNAUD acte 3 activée.


La vengeance est une femme

Episode 38

La tension est à son paroxysme. Les regards de Pamela et Malcom vont des
nouveaux venus à leur père qui lui transpire comme un phacochère. J’aime
trop avoir le dessus sur mes ennemis et j’aime voir leurs têtes quand ils
perdent le contrôle. Malcom brise le silence en demandant à Rachel et son
fils de s’asseoir. Emile en profite pour me parler en chuchotant.

- Tu m’avais promis Vicky.

- J’avais dit que je n’allais pas révéler l’existence de ton fils au monde pas
à tes enfants. Chut quelqu’un pourrait nous entendre.

Je lui souris et vais m’asseoir près de Malcom pour l’aider à se calmer.


Comment est-ce que j’ai découvert l’autre fils ? Eh bien c’est cette nuit
quand on devait régler le compte à René SALIOU. Le jeune qui était sa
pute. À un moment de notre conversation son peignoir est tombé de son
épaule et c’est là que j’ai vu sa tache de naissance. Déjà que sa
ressemblance avec Malcom était flagrante sa tache de naissance venait
encore me troubler. Malcom et Pamela ont la même et à la même place sur
leur épaule gauche ainsi que Emile. C’est difficile de ne pas remarquer la
tâche de naissance d’un homme qui a passé des mois à te violer. J’ai donc
demandé à Brad de faire des recherches sur lui et sa mère. Quand il m’a
apporté les résultats de ses recherches j’ai cru rêver. Nicola était bel et
bien un BEYNAUD. On ne savait pas exactement ce qui c’était passé mais
on savait que la mère du jeune a été la maitresse d’Emile. J’ai d’abord
appelé Nicola pour avoir une conversation avec lui. Quand je l’ai eu devant
moi dans mon bureau j’avais l’impression de voir mon mari.

***Flash-back***
- Comment vas-tu Nicola ? Tu veux boire quelque chose ?

- Je vais bien merci madame. Non je ne veux rien.

- Comment va ta mère ?

- Par la grâce de Dieu elle va mieux. Elle est sortie de l’hôpital et se remet
peu à peu. Je voudrais en même temps vous remercier pour l’argent de
l’opération et le reste qui nous a beaucoup servi.

- De rien. Dis quels sont tes projets pour l’avenir ?

- Mes projets ? J’en ai tellement si vous savez. Je voudrais aller continuer


mes études à l’étranger et y suivre une formation en médecine pour faire
partie des meilleurs dans le monde. Je veux avoir ma propre clinique et si
je l’ai je vais aussi me lancer dans le bénévolat pour aider ceux qui n’ont
pas les moyens de se soigner et qui ont été abandonnés comme les
porteurs du VIH. Ma mère a justement été abandonnée par sa famille
parce qu’elle le porte et pire fait la maladie.

Il continue de me parler de ses projets et rêves avec joie et enthousiasme


que son sourire me contamine.

- Mais malheureusement tout ceci reste des souhaits, un rêve. Termine-t-il


avec tristesse.

Je me mets à réfléchir et lui sourit.

- Les rêves deviennent réalités quand on y croit fermement. Peux-tu me


conduire à ta mère ? Je veux la rencontrer.

- Euh je ne pense pas que ce soit une très bonne idée ?

- Pourquoi ?
- Nous habitons dans un quartier qui n’est pas fait pour des gens comme
vous. Nous sommes pauvres vous savez et notre maison n’est pas très jolie
jolie.

- Je n’ai pas dit que voulais faire un documentaire sur votre quartier et ta
maison. Je veux voir où tu vis et rencontrer ta mère ainsi que tes frères.
Je ne me vois jamais supérieur aux gens qui n’ont pas eu la chance d’avoir
ce que j’aie.

- D’accord madame.

Nous sommes arrivés avec beaucoup de difficulté dans le quartier le plus


précaire d’Abobo et mon cœur s’est de nouveau serré quand j’ai vu les
conditions dans lesquelles vivaient les gens surtout les enfants. Leur
maison ou leur entré-couché situé dans une cour commune était vraiment
vieille. La peinture avait carrément disparu, le seul fauteuil était déchiré
d’un peu partout et n’avait presque plus de mousse. Une femme était assise
sur le lit. C’est une belle femme malgré la maladie et la pauvreté. Un peu
d’entretien fera ressortir sa beauté. Nicola m’a présenté à sa mère et
celle-ci a essayé de se lever pour me saluer.

- Non madame restez couchée. Ne vous dérangez surtout pas.

- Comment ne puis-je pas me lever pour accueillir cette femme qui m’a
sauvé la vie ? Soyez la bienvenue madame.

- Vicky, appelez-moi Vicky et on peut se tutoyer.

- D’accord. Moi c’est Rachel. Nicola stp vas acheter de l’eau minéral à la
boutique pour la dame.

- Oh non pas la peine. Nicola m’a dit qu’il avait des petits frères, des
jumeaux.

- Oui ils sont présentement à l’école. Ils ont été très heureux de
retourner à l’école.

- Ca me ravie. Excuse-moi mais est-ce qu’on pourrait discuter en privé ?


- Oui il n’y a pas de problème. Nicola tu nous laisses ?

- D’accord maman. Je serai devant la cour si vous avez besoin de moi.

Il a embrassé sa mère sur le front et est sorti. Je suis devenue alors très
sérieuse parce que ce qui allait suivre n’allait pas être du jeu.

- J’espère qu’il n’y a rien de grave pour que vous vouliez qu’on discute en
privé.

- Au fait c’est à propos de Nicola. Je vais d’abord me présenter. Je suis


Vicky HAMILTON… BEYNAUD et je suis la femme de Malcom BEYNAUD
le fils… d’Emile BEYNAUD.

Elle s’était figée pendant de longues minutes. Elle était terrifiée et elle
tremblait.

- C’est… c’est lui qui t’a envoyé ? Il sait que Nicola est son fils ? Que veut-
il ?

- Non calme-toi. Il ne sait rien. Absolument rien.

- Donc qu’est-ce que tu veux ? Tu veux révéler son existence à ton beau-
père c’est ça ? Eh bien je ne vous laisserez pas faire de mal à mon enfant.
Que vous soyez riche ou pas je ne vous laisserez pas faire.

- Je n’ai pas l’intention de faire de mal à ton fils. Je veux juste l’aider,
vous aider.

- Pourquoi ?

- Eh bien parce qu’il est le frère de mon mari et donc j’estime qu’il a au
moins droit à une vie meilleure que celle-ci. Je veux lui donner la possibilité
de réaliser son rêve et ses ambitions.

- Et que devrons-nous faire en retour ? Je demande parce que vous les


riches ne faites rien sans rien demander en retour.
- Je veux une confrontation. Je veux que tu révèles toi-même l’identité de
Nicola à la famille d’Emile.

- Quoi ? Hors de question. Il est hors de question que ce démon connaisse


mon fils.

- Il le faut pour qu’il paye ce qu’il vous a fait.

- Et qu’est-ce qu’il m’a fait ? Dis-moi qu’est-ce que tu es sais de ce qu’il m’a
fait ? Tu ne sais pas et tu n’en a aucune idée. Cet homme est un monstre. Il
m’obligeait à faire des choses que je ne voulais pas, des pratiques
sexuelles bizarres dont je n’avais pas envie pour faire ses idolâtries. Ma
seule erreur a été d’avoir accepté d’être sa maitresse mais je n’avais pas
signé pour ça. Tout ce que je voulais c’était avoir une vie meilleure que
celle de mes parents. Je voulais en sortant avec des hommes riches me
construire en investissant ci et là pour pouvoir donner un avenir meilleur à
mes futurs enfants. Je ne voulais pas être une mère incapable de donner à
manger à ses enfants parce qu’elle n’en a pas. Je ne voulais pas être super
riche, juste ne plus manquer de quoi que ce soit et cet homme en a profité.
Il a profité de ma faiblesse pour m’introduire dans ses choses bizarres. Il
introduisait des objets bizarres en moi pour prendre ma semence. Quand
je suis tombée enceinte il m’a dit de but en blanc que nous sacrifierons
l’enfant pour avoir beaucoup plus d’argent mais moi je ne le voulais pas. Je
voulais de cet enfant. Alors quand l’enfant est né, avec la complicité de la
sage-femme je lui ai fait croire qu’il était mort-né. Il était déçu donc en
lieu et place de l’enfant c’était moi qu’il voulait sacrifier parce que selon lui
j’en savais un peu trop sur lui et aussi que je ne lui étais plus d’aucune
utilité. Il a envoyé deux hommes me violer alors que je venais d’accoucher
snif. C’est ainsi que l’un d’eux ou les deux je ne sais pas m’ont filé le
VIH/SIDA snif. Les deux hommes sont sortis après leur forfait et celui
qui devait me tuer est entré. Il avait pour mission de non seulement me
tuer mais d’aussi ramener mes parties intimes. Lorsqu’il s’apprêtait à le
faire il a entendu les pleurs du bébé. Il m’a demandé de m’enfuir parce que
d’après ce qu’il m’a dit ses génies lui interdisait de toucher une nourrisse.
Je suis partie avec mon enfant chez mes parents puis quand on a
découvert que j’étais porteuse du virus ils m’ont mise à la porte pour éviter
que je les contamine. J’ai élevé mon fils toute seule avec ce que je pouvais
avoir jusqu’à ce que je encontre celui qui a été mon mari mais la vie voulait
en finir avec moi donc me l’a repris. Alors après toute cette galère tu veux
que je retourne dans la gueule du loup avec mon fils ? Ca jamais. Je suis
prête à m’engager pour vous rembourser votre argent.

Elle s’est tu et a essuyé ses larmes qui avaient inondé son visage. Elle s’est
ensuite levée pour se diriger vers la porte.

- Je vous demanderais maintenant de sortir de chez moi et de ne plus


revenir.

- Moi aussi j’ai été une victime d’Emile. Avais-je avoué calmement en me
levant derrière elle. Contrairement à toi je ne l’ai pas cherché. Emile et sa
secte ont tué mes parents sous mes yeux et Emile a fait de moi sa
prisonnière sexuelle pendant des mois et des mois. Il m’a violé par tous les
trous et même quand j’avais mes menstrues Je suis aussi tombée enceinte
mais encore contrairement à toi lui et sa femme m’ont fait avorter chez un
amateur qui m’a bousillé les trompes. Je ne peux donc plus faire d’enfant.

Je me suis tu pour me donner la force de reprendre mon récit parce qu’il


m’a toujours été difficile d’en parler. Lentement elle s’est retournée pour
me faire face. J’ai lu l’étonnement sur son visage.

- Ils m’ont laissé pour morte dans la rue et un couple Américain m’a
retrouvé. J’avais perdu l’usage de la parole et l’envie de vivre. Quand je me
suis reprise j’ai rencontré mon mari sans savoir qu’il était le fils de l’homme
qui avait gâché ma vie. Aujourd’hui je ne vis que pour une seule chose, me
venger. Je veux leur faire payer à tous ce qu’ils m’ont fait le couple
BEYNAUD y compris. Je peux très bien le détruire sans toi et Nicola mais
si je veux qu’il soit révélé à toute la famille c’est d’abord pour lui. Il est un
BEYNAUD et en dehors de l’argent sale de leur père les enfants
BEYNAUD ont construire leurs propres richesses donc ils peuvent aider
leur petit frère à réaliser ses rêves. Ils peuvent lui donner à lui et à vos
jumeaux une vie meilleure parce que je sais qu’ils ne les rejetteront pas
car ils sont totalement différents de leur parent. Tu vas bientôt mourir
parce que c’est une évidence et je te donne là l’opportunité de non
seulement donné un avenir meilleur à tes enfants mais aussi de te venger
de cet homme ignoble. Tu veux vraiment laisser tes enfants dans le
désarroi ? Tu penses vraiment qu’à lui tout seul Nicola pourra s’occuper
convenablement de ses petits frères ?

- Je..

- Je n’ai pas encore fini. Est-ce que tu savais qu’il a été victime
d’harcèlement sexuel dont il s’est vu obligé de céder pour pouvoir te faire
soigner ?

- Quoi ? De qui ?

- Ca n’a pas d’importance. Je l’ai déjà réglé et crois-moi quand je te dis que
cela ne se reproduira plus. Je ferai tout ce que tu demanderas en échange.
Je peux tous vous faire quitter le pays juste après vos révélations pour
vous mettre en sécurité. Si autrefois j’étais faible devant Emile,
aujourd’hui j’ai plus de pouvoir que lui. Pensez à vos enfants. Et puis Nicola
a le droit de savoir qui il est vraiment et de connaitre ses frères.

Elle s’est assise complètement perdue puis est restée silencieuse pendant
près de 30 minutes. Elle a accepté et nous avons appelé Nicola pour tout
lui avouer. Bien entendu il a pété un câble et il nous a été difficile de le
convaincre. Nous avons dû insister pendant toute une semaine pour qu’il
accepte.

***Fin du flash-back***
Voilà donc comment nous en sommes là. Rachel vient de finir de raconter
son histoire exactement comme elle me l’a raconté et tout le monde reste
sur le cul.

- Papa dis-nous stp que tout ce que cette femme vient de raconter est
archi faux.

- Malcom il n’a pas besoin de répondre. Intervient Pamela. Regarde


comment il te ressemble. Même si on ne me l’avait pas dit je me serai posé
des questions sur son identité.

- Donc tout ce qui se raconte sur toi est vrai ? Reprend Malcom. Tu es
donc un monstre papa.

- Fiston…

- Ne m’appelle pas fiston. Comment as-tu pu ? Je n’arrive vraiment pas à


croire que tu sois capable de toutes ces choses.

- Il est capable de bien pire mon amour. J’appuie en tordant la bouche.

- Si tu n’étais pas mon père je pense que je t’aurais refait le portrait


depuis. Bon sang j’ai honte d’être ton fils. J’aurai dû rester à Washington.
Oui j’aurai dû rester et vivre ma vie tranquillement avec ma femme.

- Malcom calme-toi. Parle enfin Aïcha. Madame que voulez-vous


maintenant ? Quelles étaient vos intentions en venant révéler tout ça
maintenant ?

- Je voulais juste que mon fils connaisse ses frères et qu’il sache quel
genre d’homme est son père pour qu’après ma mort il n’est pas envie de le
fréquenter.

- Si tu penses pouvoir nous soutirer de l’argent eh bien tu te fou le doigt


dans l’œil. Nous n’enlèverons pas 5f de l’héritage de nos enfants pour ton
batard.

- Maman stp. S’énerve Pam. Tu devrais avoir honte de dire de telles


choses. Il est un BEYNAUD et il mérite mieux. De toutes les façons moi-
même je refuse votre soit-disant héritage parce qu’il taché de sang
d’innocent. Faites-en ce que vous voulez mais retirez mon nom de votre
testament.

- Il en ait de même pour moi. Je ne veux plus rien de vous. Je remercie le


ciel de m’avoir permis de bâtir ma propre fortune. Je ne veux pas que vous
vous approchiez de ce jeune et de sa mère et si j’apprends qu’il leur est
arrivé quoi que ce soit je vous jure sur mon mariage que je vous ferez
croupir en prison parce que c’est là-bas qu’est votre place.

- Tu n’as pas le droit de nous parler ainsi Malcom. S’emporte Aïcha. Nous
sommes tes parents après tout.

- J’aurai préféré être orphelin.

- QUOI ? Hurle-t-elle.

- Vous me faites honte.

Il se met à tourner en rond sur lui-même lorsque l’un des gardes d’Emile
fait son entrée.

- Excusez-moi mais il y a la police dehors.

- La police ? S’étonne Emile. Ils vous ont dit ce qu’ils voulaient ?

- Non monsieur. Juste qu’ils voulaient vous voir vous et madame.

- Ok bon fais les entrer.

- Quel autre kata vous allez nous faire encore ? Ironise Malcom lorsque le
garde est parti.

Ils ne répondent pas et deux policiers font leur entrée.

- Bonsoir messieurs dames.

- Bonsoir à vous. Répond Emile. Que pouvons-nous faire pour vous ?

- Est-ce que nous pouvons monsieur vous parler en privé ?


- Non. Object Malcom. Ce que vous avez à dire faites-le ici devant tout le
monde. Nous voulons tout savoir sur les gens que nous appelons nos
parents.

- Euh monsieur…

- Vous pouvez parler. Dit Emile fatigué de tout ceci.

- Ok nous sommes ici parce que nous avons un mandat d’arrêt contre Mme
Aïcha BEYNAUD.

- QUOI ? S’étonne tout le monde sauf moi qui boit une gorgée de mon vin.

- Madame vous êtes en état d’arrestation pour le meurtre par


préméditation de mademoiselle Sabine BOLOU.

- Non maman dis-moi que tu n’as pas osé ? Demande Malcom désespéré.

Vengeance contre les BEYNAUD acte 4 activée.

La vengeance est une femme

Episode 39

***Malcom***

- Officier il doit y avoir une erreur. Dis-je le cœur battant la chamade.

- Non monsieur. Nous détenons une vidéo que la défunte a faite avant sa
mort expliquant les raisons qui engendreraient sa mort et la personne qui
la tuera. Cette vidéo est une grande preuve pour enfermer votre mère.

- Non je suis innocente. S’écrit maman. Je ne l’ai pas tué.

- Vous dirai tout ça madame devant le juge en attendant vous avez le droit
de garder le silence sinon tout ce que vous dirai sera retenu contre.
Commence-t-il a réciter tandis que son collègue s’avance vers maman les
menottes en mains.

- Je vous interdis de me toucher. Je suis innocente. Dit maman en reculant


pour ne pas qu’on la menotte.

- Madame coopérez svp sinon vous ne ferez qu’aggraver votre cas.

- Je n’ai rien fait. C’est toi hein Vicky ?

- Maman ce n’est pas le moment là.

- Non Malcom. C’est ta femme la vraie meurtrière. Je vais te tuer espèce


de sale garce. Mini fagah (je vais te tuer).

Elle se jette sur Vicky mais je la retiens à temps avant qu’elle ne la touche.

- Maman calme-toi bon sang. Commence à s’énerver Pamela. Tu n’en a pas


marre de tout le temps mettre la faute sur les autres ? Tu devrais te
calmer et réfléchir à comment te sortir de ce pétrin.

- Messieurs les policiers c’est cette femme la véritable coupable. Insiste


maman. Elle a tué Sabine parce qu’elle avait couché avec son mari, mon fils.

- Oui et elle a dit devant tout le monde qu’ils n’avaient pas couché
ensemble et que tout ceci n’était qu’un plan orchestré par toi parce que tu
voulais me séparer de mon mari donc la coupable ici c’est toi vu qu’elle t’a
dénoncé. Meurtrière que tu sois.

- Vicky ça suffit. Soufflais-je à ma femme. Maman laisse-toi faire. On


trouvera une solution et tu sortiras de là.

Elle et Vicky s’affrontent du regard puis maman se décide à suivre les


policiers. Je ne sais vraiment pas c’est quoi cette guerre entre ces deux.
Oui maman n’aime pas Vicky mais de là à trafiquer tout ça contre elle c’est
quand même bizarre.
- Pamela occupe-toi de Nicola et de sa mère. Moi je vais avec maman.

- Non nous allons rentrer chez nous. S’oppose la femme.

- Il est hors de question qu’on vous laisse retourner dans ce taudis. Vous
faites partie de notre famille et vous méritez mieux. Un des chauffeurs
ira chercher vos deux autres enfants pour vous les emmener. Je
reviendrai discuter avec vous plus tard.

Je ne la laisse pas répondre que j’embrasse Vicky pour sortir par la


suite. Cette journée est la plus merdique de toutes celles que j’ai vécu.
Apprendre tant de chose sur mes parents en si peu de temps. Wahoo !

Ça fait deux semaines aujourd’hui que maman a été enfermée et par la


grâce de Dieu nous avons pu lui obtenir une libération sous caution le
temps que le procès ait lieu. Normalement vu le poste qu’a occupé mon père
dans le pays cette histoire devrait être bouclée mais c’est comme si
quelqu’un ne voulait pas qu’elle en soit libérée. Je ne sais d’ailleurs pas
comment mais l’histoire est tombée dans les oreilles de la presse et la
vidéo de Sabine publié sur le net ce qui complique l’affaire. On ne peut pas
la passer sous silence lorsque tout le monde est au courant. Nous allons
donc devoir gérer ça calmement mais je crains que ce soit facile surtout
avec cette vidéo osée d’elle avec une autre jeune fille. J’ai été choqué
d’apprendre cela même si je savais qu’elle couchait avec Sabine. Elle fait la
une des médias actu et c’est vraiment affreux.

Je ressors de chez mes parents et vais à l’appartement où résident mon


nouveau petit frère et sa famille. Ça m’a fait un vrai choc d’apprendre que
j’ai un autre petit frère qui en plus vit dans des conditions macabres. J’ai
eu encore plus mal quand sa mère nous a raconté son histoire. Mon père
est vraiment un monstre. Faire tout ceci pour l’argent et le pouvoir, c’est
vraiment horrible. Il n’y a pas besoin de faire un test ADN pour avoir la
confirmation que Nicola est bien un BEYNAUD. Il me ressemble vraiment
beaucoup et nous avons la même tâche de naissance.
Nicola m’ouvre la porte et m’installe avant de m’apporter à boire.

- Tu n’as pas cours ?

- Non il y a grève de la FESCI.

- Ok et ta mère ?

- Je suis là. Bonjour Malcom. Dit Rachel en venant vers moi.

- Bonjour comment ça va aujourd’hui ?

- Dieu fait grâce. Pamela était là ce matin.

- Ah ok.

Le silence règne pendant quelques secondes et je le romps.

- Maintenant que je suis plus libre je voudrais qu’on discute de Nicola.

- Ecoute ta sœur et toi n’êtes pas obligés de faire tout ça pour réparer les
erreurs de votre père ou par obligation ou encore pour nous obliger à ne
pas raconter ce qui s’est passé au monde. Mes enfants et moi pouvons
retourner chez nous et survivre comme on l’a toujours fait.

- Je sais que tu as des appréhensions et c’est tout à fait normal après ce


que tu as vécu mais je peux t’assurer que Pamela et moi ne faisons rien
pour toutes les raisons que tu as cité. Nicola serait né dans de meilleures
situations que nous aurons tout de même tout fait pour qu’il ne manque de
rien. Oublies ce que mon père a fait et focalise toi sur son avenir à Nicola.
Je veux, nous voulons prendre soin de lui et lui donner la vie qu’il devait
avoir depuis sa naissance parce qu’il est un BEYNAUD. Pamela m’a un peu
fait le débriefing de la conversation qu’elle a eu avec lui et nous voulons
l’aider. Nous voulons jouer pleinement notre rôle de grand-frère. Ma
femme et moi résidons aux Etats-Unis et comme il le désire nous voulions
l’y emmener pour qu’il continue ses études en médecine. Il peut aussi y
aller avec les jumeaux ça ne nous dérange pas. Laissez-nous juste prendre
soin de vous.

Elle tourne son regard vers son fils qui lui pleure en silence. Il pleure de
tristesse ça se voit. Ce jeune a assez souffert comme ça. Elle caresse les
mains de son fis quand elle aussi ses larmes se mettent à couler.

- Tout ce que je veux, commence-t-elle en pleurant, c’est un avenir meilleur


pour lui et ses frères. Je ne veux plus qu’ils souffrent snif. Je ne veux plus
que lui paye pour mes erreurs avec son père. J’ai tellement voulu donner un
avenir meilleur à mes enfants qu’aujourd’hui je vais mourir sans y être
parvenue.

- Mais vous pouvez encore le réaliser en nous laissant faire partie de sa


vie. Je vous donne ma parole que ni lui ni ses frères ne manquerons de quoi
que ce soit. Je m’y engage. Si nous avions de mauvaises intentions nous
aurions juste voulu prendre soin de Nicola et vous éloigner vous autres
mais on veut prendre soin de vous tous, toi le reste de jours qu’il te reste.
Fais-moi confiance.

- D’accord. Je prends à nouveau le risque de faire confiance à un


BEYNAUD.

Elle se lève, prend la main de Nicola qu’elle fait lever, s’avance vers moi
avec lui et pose sa main dans les miennes.

- Je te confie aujourd’hui mon fils devant Dieu. Je te fais confiance parce


que je vois en toi un homme bien. Tu as un cœur blanc tout comme ta sœur.
Prends soin de lui et de ses frères et si tu n’en peux plus de le faire, libère
les simplement sans toucher à leur vie. Je t’en conjure.

Je me lève avec leurs deux mains dans les miennes et leur fait face.
- Je vous promets devant le Dieu que j’adore jour et nuit que vos enfants,
nos frères ne manquerons de rien en tout cas pas tant que Dieu nous en
donnera les moyens.

Elle me remercie en essuyant ses larmes puis d’un seul coup s’écroule.

- Maman. Maman. Panique Nicola.

Elle est raide signe qu’elle est morte. Nicola le sachant surement à cause
de ses cours la prend dans ses bras et se met à pleurer.

Nous avons enterré Rachel hier et l’émotion était au rendez-vous. Il a été


difficile aux jumeaux de dire adieux à leur mère même s’ils savaient qu’elle
allait mourir. Nicola est triste mais ça va vite lui passer. Etre déjà
préparer à la mort d’un être cher est moins douloureux que lorsque ça nous
tombe dessus. Les cours lui permettront d’oublier. Vicky est chez Pamela
qui ne se sent pas trop bien à cause de la grossesse. Je décide d’aller faire
une sieste parce que ces derniers temps je n’ai pas vraiment dormi entre
l’histoire de maman et les funérailles. Je m’endors aussitôt que mon dos
touche le lit.

« Je suis arrêté près du trou dans lequel se trouve toujours cette femme
dont je ne vois toujours pas le visage lorsque soudain du sang commence à
couler de ses mains. Le sang coule abondamment et se met à rempli le trou
mais elle ne bouge pas d’un iota. Elle reste assise et moi je commence à
paniquer. Je ne sais pas quoi faire et l’idée de rebrousser chemin me
traverse l’esprit quand soudain une voie se fait entendre.

- Malcom arrête d’être distrait et concentre-toi sur cette mission que je


t’ai donné.

- Quelle mission ? Demandais-je à la voix sans toutefois voir quelqu’un.

- Tu dois faire sortit cette femme du trou.

- Mais elle ne le veut pas.

- Tu dois l’y obliger sinon sa vie et celle de plusieurs y passerons. Oblige-là


à sortir de ce trou parce que même si elle refuse de l’admettre elle a
besoin d’aide.

- Mais comment je fais ?

- Dispose-toi dans la prière, le jeûne et la méditation et tu auras non


seulement toutes les réponses à tes questions mais aussi les solutions. Il
est temps Malcom que tu te concentre sur cette tâche sinon ce sera le
chao total. Tu dois aider cette femme mais surtout garde ton calme.
Demande au Saint-Esprit de te donner la force de supporter et surmonter
cette épreuve. Ne donne surtout pas accès au diable. »

Je me réveille en sursaut plein de sueur. Ce rêve encore une fois. Le


message de cette voix ne cesse de résonner dans ma tête. Il faut que je
me concentre sur cette affaire afin d’être éclairé.

J’ai pris trois jours de jeûne sec et je suis à la fin aujourd’hui. Pendant les
deux premiers jours je n’ai fait que voir des choses bizarres en songe
comme une fille qui se fait violer par quelqu’un de proche mais dont je n’ai
pas vu le visage. Il y avait vraiment tout un tas de chose sur lequel je
réfléchi encore. Je boutonne ma chemise lorsque Vicky m’enlace par
derrière et pose de petits baisers dans mon dos.
- C’est fou comme tu es beau mon mari.

- Merci mais je pense que c’est parce que j’ai à mes côtés la plus belle
femme du monde que sa beauté déteint sur moi.

- Humm tu sais ce qui te rendrait encore plus beau ? Demande-t-elle en


venant se placer devant moi et m’enlace.

- Non dis-moi.

- Que tu me fasses l’amour.

Je me mets à sourire. Cette femme est une vraie tête de mule quand elle
le veut.

- Je t’ai déjà dit qu’on ne le pouvait pas. Je suis en jeûne.

- Mais tu l’étais hier.

- Un jeûne de trois jours. Je finis aujourd’hui.

- Mais tu ne peux pas faire une pause et reprendre après ?

Là j’éclate de rire.

- Prunelle tu es terrible. Ecoute je termine ce soir à 18h donc après on


pourra faire l’amour autant de fois que tu veux.

- Et dans toutes les positions ?

- Je ne devrais même pas parler de ces choses mais oui on fera comme tu
veux.

- Je peux t’embrasser ?

- Non.
Je lui pose un baiser sur le front et continue de me préparer pour aller à
ce rendez-vous de dernière minute.

- Tu jeûne pour quoi au juste ? Demande-t-elle en mettant ma montre


autour de mon poignet.

- Par rapport à un songe que je fais depuis plusieurs années maintenant.


Bien avant notre rencontre.

- Tu fais un même rêve depuis plus de 10 ans ? S’étonne-t-elle.

- Oui et selon le Seigneur ce rêve persiste parce que je ne l’ai pas pris au
sérieux donc comme je veux régler cette histoire une bonne fois pour
toute et savoir le pourquoi du comment j’ai pris ces jours de jeûne pour
que le Seigneur me parle.

- Ça parle de quoi ton rêve ?

- En résumé d’une femme que je dois aider sauf que je ne sais ni qui est
cette femme ni où elle se trouve encore moins pourquoi c’est à moi de
l’aider.

- Ok bon tu veux quoi pour ce soir.

- Tout ce que tu veux ma prunelle. N’oublie pas une salade de fruit.

- Ok chef.

- Tu ne vas pas travailler ?

- Si j’irai un peu plus tard mais t’inquiète je rentrerai tôt pour préparer
ton diner.

- D’accord. Bon j’y vais maintenant sinon je serai en retard pour mon
rendez-vous.

Je l’embrasse à nouveau sur le front et me dirige vers la porte.

- Bonne chance mon amour. Me lance-t-elle de loin.


Je suis entré plus tôt que prévu parce que durant tout le rendez-vous une
voix n’a cessé de sonner dans ma tête que devais rentrer à la maison. Je ne
saurais dire pourquoi. Je monte dans ma chambre pour me changer.
J’enlève ma Rolex et vais la placer dans son coffret lorsque je remarque
que l’une de mes montres n’est pas à sa place. Cette montre c’est Vicky qui
me l’a offerte et elle coûte les yeux de la tête. Si je la perds Vicky va me
tuer. Je ne me rappelle pas l’avoir déplacé. Je me mets à chercher partout
lorsque l’idée d’aller chercher dans le coffre-fort de Vicky me vient à
l’esprit. Pourquoi est-ce que j’irai chercher ma montre dans son coffre-
fort ? Elle n’y garde que ses bijoux précieux à elle donc c’est clair que je
n’y trouverai pas ma montre. Je cherche ailleurs mais l’idée persiste et
persiste alors je cède et vais ouvrir son coffre dont je connais le code. Je
jette un coup d’œil et ne vois pas ma montre mais alors que je referme mon
attention est tiré sur le fond du coffre. On dirait qu’il y a une petite porte
au fond. Ça me parait bizarre parce que je ne l’avais jamais remarqué
même si je ne fouille jamais dans son coffre. Ma curiosité me pousse à
l’ouvrir et je tique lorsque j’y vois des documents et un petit ordi portable.
C’est ma première fois de voir cet ordi portable et ces documents ? Je me
dis que c’est peut-être des documents importants pour son travaille donc
je referme tout et retourne dans la chambre. Je m’apprête à aller dans la
douche lorsqu’une voix me souffle dans ma conscience d’aller prendre ces
documents et l’ordi. Je cède et y retourne. Quand je parcoure les
documents mon sang se glace. Je vois d’abord des photos de corps, les
corps de ces hommes politiques tués ces derniers temps ici comme ailleurs
avec la lettre V sur leur front à chacun. Que font ces photos dans les
affaires de Vicky ? Je continue de fouiller lorsque je tombe sur une feuille
noire sur laquelle est inscrite en grand caractère ‘‘LA LISTE NOIRE’’ et en
dessous des noms dont certains sont barrés. Ce sont les noms de ces gens
morts sur les photos. Je continue de la lire lorsque je vois à la fin de la
liste les noms de mes parents ‘‘Emile et Aïcha BEYNAUD’’ écris dans un
rouge plus pure que les autres. C’est quoi ça ? Je tourne ma feuille et vois
écrit derrière « Moi Ariane TAPÉ je jure sur la mémoire de mes parents
que je les vengerai et tuerai toutes ces personnes responsables de leur
mort. ». Ariane ? C’est comme ça que maman a appelé un jour Vicky. Non ce
n’a peut pas être ce que je crois. J’allume prestement l’ordi et que vois-
je ? Toutes les vidéos bizarres qui ont fait des scandales. Celles de mes
parents, celles de Carole et bien d’autres. Seigneur Jésus c’est quoi tout
ça ? Pourquoi Vicky détient-elle tout ça ? Qui est vraiment ma femme ?

La vengeance est une femme

Episode 40

***Malcom***

Assis dans le noir dans la chambre j’attends impatiemment Vicky, MA


FEMME. Je ne sais pas comment réagir. Je préfère donc garder mon calme
jusqu’à avoir son explication parce que je refuse de croire que ma femme
soit une… non je refuse même de le dire. Vicky ne peut pas être cette
Ariane TAPÉ. Pourquoi les noms de mes parents figurent sur cette liste
noire ? Ont-ils participé au meurtre de ses parents ? Bon en même temps
avec ce que j’ai appris ces derniers jours ça ne me surprendra pas mais
Vicky elle m’a dit que ses parents avaient été tués pendant la crise par des
rebelles donc ça ne concorde pas à moins qu’elle m’ait menti. Merde il faut
que je me calme pour avoir sa version. Mais tout au fond de moi je sais que
mes soupçons sont vrais. Vicky est une meurtrière. Ce serait donc elle la
femme dans mes songes ?

J’entends les cliquetis de talons dans l’allé puis la porte s’ouvre sur Vicky.
Elle allume et sursaute quand elle me voit.

- Purée Malcom tu m’as fait peur. Que fais-tu dans cette obscurité ?

- Je réfléchissais.

- À quoi ? Demande-t-elle en enlevant ses chaussures et ses bijoux.


- À comment je devrais t’appeler quand tu rentrerais. Vicky ? Ariane Ou
V?

Elle se fige et stop son geste. Elle lève les yeux vers moi et me regarde
stupéfaite.

- Tu es qui au juste ?

-…

- Vicky c’est ton vrai prénom ? Oui je sais que les HAMILTON t’ont adopté
mais ton prénom c’est vraiment Vicky ? Tu as vraiment perdu tes
véritables parents pendant une crise ? Tes trompes, on te les a retirés
parce que tu avais eu un accident ou infection ou je ne sais plus trop le
mensonge que tu m’as dit ?

- ….

- JE VEUX QUE TU OUVRE TA PUTAIN DE BOUCHE ET QUE TU


REPONDE À MES QUESTIONS. Pétais-je un câble en sautant du fauteuil.
POURQUOI TU AS TOUTES CES PHOTOS ET VIDEOS EN TA
POSSESSION ? ET QUE FONT LES NOMS DE MES PARENTS SUR
CETTE PUTAIN DE LISTE NOIRE ?

- Boo je t’en prie laisse-moi…

- REPONDS À MES QUESTIONS.

- Boo calme-toi. Laisse-moi t’expliquer.

- J’en ai rien à foutre de tes explications parce que rien ne justifierait ces
horreurs. Absolument rien alors tu vas me répondre. Est-ce que oui ou non
tu es responsable de tout ceci ? Vicky HAMILTON ES-TU UNE PUTAIN
DE MEURTRIERE ?

- OUI. OUI JE LE SUIS. Je suis une putain de meurtrière qui a pour seul
but dans la vie de tuer tous ces imbéciles qui ont détruits ma vie. J’en ai
déjà tué plein et je continuerai jusqu’à tous les exterminer.

- Quoi ?
- Tu voulais que je réponde à tes questions eh bien attache ta ceinture. Je
suis Ariane TAPÉ, fille du feu Colonel Julien Anselme TAPÉ et feu
Antoinette TAPÉ sa femme assassinés par une secte dont fait parties TES
parents. Ils les ont sacrifiés sur leur autel satanique devant moi. Mon père
a été décapité et ma mère violé pendant deux mois jusqu’à ce qu’elle meure
devant moi. Alors j’ai décidé de me venger peu importe si je devais y
laisser ma vie. Je n’étais qu’une jeune fille innocente qui ne voulait que
profiter de sa jeunesse mais ces gens ont tout bousillé. Je n’avais que 17
ans. 17 putains d’années.

Je la regarde me raconter ce qu’elle a vécu et mon cœur se brise. C’est


affreux ce qu’elle a vécu. Ses larmes coulent et d’un revers de la main les
essuies avec rage.

- Pour mes trompes, eh bien je t’ai encore menti. Je n’ai eu aucune


infection. Elles ont été bousillées lors d’un curetage.

- Tu as avorté ? Demandais-je choqué.

- On me l’a fait de force. Je suis tombée enceinte et l’auteur de la


grossesse ainsi que sa connasse de femme m’ont emmené de force chez un
amateur dans un quartier bidon et celui-ci a tout bousillé en moi. Et tu
veux savoir qui était l’auteur et sa connasse de femme ? Tu veux le
savoir ? Eh bien ce sont tes putains de parents.

- Quoi ?

- Ton enfoiré de père m’a séquestré après que mes parents aient été
sacrifiés et il a fait de moi son objet sexuel. Il m’a violé encore et encore
et encore et encore pendant je ne sais plus combien de moi parce que
j’avais perdu la notion du temps dans cette chambre. TON PÈRE M’A
BAISÉ PAR TOUS MES PUTAINS DE TROUS. Il m’a pris ma jeunesse,
mon innocence, ma dignité, tout. Il m’a tout pris Malcom. Il s’en balançait
les couilles que je sois malade, en règles, évanouie ou à deux doigts de la
mort. Il m’utilisait pour ses rituels à la con comme il l’a fait avec la mère
de Nicola. Il me battait, me crachait dessus et tu vois ce B là sur ma
poitrine ? Eh bien c’est une cicatrice que ton père m’a fait avec un couteau
parce que je lui avais mordu sa queue. Ce B c’est pour BEYNAUD. Son
BEYNAUD à lui. Ta connasse de mère était là et assistait à tout ça avec
joie. Elle me battait aussi, me traitait comme de la merde. Je suis tombée
enceinte de TON PÈRE, j’ai porté TON petit frère mais ça n’a été que de
courte durée parce qu’ils m’ont fait avorter. C’est de leur faute à tous les
deux si je ne peux pas te donner d’enfants. Après le curetage j’ai
commencé à perdre du sang en abondance. J’allais mourir, je les ai suppliés
de me conduire à l’hôpital mais ils m’ont jeté dans la rue. Je me vidais de
mon sang et j’étais à deux de mourir lorsque le couple HAMILTON m’a
trouvé et a pris soin de moi. Malcom tu ne peux pas savoir ce par quoi je
suis passée. J’avais perdu l’usage de la parole pendant deux fichues années.
J’ai été dans un hôpital psychiatrique pour me faire soigner. J’avais perdu
toute envie de vivre jusqu’à ce que je te rencontre. Après tout ça Malcom
je n’ai pas honte ni peur de te dire que oui je suis une meurtrière. Non je
ne suis pas une meurtrière, je suis plutôt une justicière parce que je rends
justice à l’humanité. Le monde se sentirait mieux sans eux. J’en ai déjà fini
avec la majorité, ma priorité là maintenant ce sont tes parents. Je leur
ferai mordre la poussière pour les tuer à la fin. Ce qui leur arrive n’est
qu’un avant-goût de ce que je leur réserve et je n’en ai pas encore finit.
Termine-t-elle en balayant ses larmes.

- Donc moi aussi je fais partie de ton plan de vengeance c’est ça ? Tu t’es
mariée avec moi rien que pour pouvoir te rapprocher de mes parents ?

Elle éclate de rire sous ses larmes.

- Tu penses vraiment que j’aurai eu besoin de toi pour me rapprocher de


tes parents ? Avec ou sans toi Malcom je les aurais eu. Si j’ai accepté de
devenir ta femme c’est parce que je t’aime.

- Tu m’aimes ? Non vraiment tu m’aimes ? Lol ça c’est la meilleure. Tu


déteste mes parents, tu veux les tuer et tu prétends m’aimer moi leur
fils ?
- Oui. Que tu le crois ou non je t’aime et ce plus que ma propre vie. Je suis
tombée amoureuse de toi avant de savoir qui tu étais vraiment et je ne
voulais pas mettre fin à cette belle histoire d’amour que je vivais. Je suis
peut-être une meurtrière, une femme sans cœur mais je t’aime pour de
vrai.

- Alors si tu m’aimes vraiment plus que ta propre vie arrête cette


vengeance.

- J’ai dit que je t’aimais plus que ma propre vie pas plus que ma vengeance.

- Dans ce cas tu je te laisse avec ta vengeance.

- Ca veut dire quoi ?

- Que je pars de cette maison et mets-toi en tête que notre mariage tire
vers sa fin.

- QUOI ? Malcom tu…

- Non tu as assez parlé comme ça maintenant tu vas m’écouter. Je suis


navré, sincèrement navré pour tout ce qui t’est arrivé mais tu aurais pu te
contenter de reprendre ta vie en main surtout que Dieu t’en avait donné
une autre avec une nouvelle famille. Tu penses vraiment que la vengeance
est ce qui va te donner la paix du cœur ? Tu penses vraiment que tes
parents veulent que tu venge leur mort ? Quand tu auras tué toutes ces
personnes tu penses que tu te sentiras mieux ? Non tu seras toujours aussi
malheureuse, tes parents seront toujours morts et toi toujours incapable
d’enfanter. Moi je refuse de vivre avec une femme qui a assez de sang sur
la main, une meurtrière. Alors pour la dernière fois je te demande de
mettre fin à cette sordide vengeance et de faire acquitter ma mère.

- Et moi je te dis non.

- Ok c’est comme tu veux.

Je vais dans ma penderie et commence à ranger mes affaires dans ma plus


grande valise.
- Malcom que fais-tu ?

Je ne réponds pas et continue ma tâche.

- Malcom tu veux vraiment me quitter parce que je veux me venger ?

- Dieu a dit à moi la vengeance à moi la rétribution.

- MOI JE L’EMMERDE TON DIEU. Où était-il quand ces hommes


torturaient mes parents ? Où était-il quand ton père me violait ? Où était-
il quand ils m’ont bousillés mes trompes et laisser pour morte dans la rue ?

Je boucle ma valise et sors de la chambre. Elle me suit toujours en parlant.

- Tu ne le sais peut-être pas mais c’est grâce à moi si ta petite sœur est
heureuse. C’est moi qui est coupé la boule d’Antony parce qu’il l’avait violé
et battue. C’est grâce à moi si tu connais l’identité de Nicola. C’est moi qui
l’ai trouvé et payé l’opération de sa mère. Il était la pute de René SALIOU
un confrère de ton père. C’est grâce à moi si tu as remporté les BFA qui
t’ont aujourd’hui ouvert toutes les portes dans le monde des affaires. Je
suis peut-être ce que je suis mais j’ai fait pleine de bonnes actions qui ont
sauvés et changés des vies. Sache aussi que c’est moi qui est mis Carole
dans son état actuel et faire tuer Sabine parce qu’elles voulaient se
mettre entre nous. Voici la preuve que je t’aime comme une folle mais si tu
veux partir, si tu veux me quitter je ne t’en empêcherai pas tu m’entends ?
D’ailleurs tu es comme ton père. Vous les BEYNAUD vous êtes tous pareils.

Je monte dans ma voiture et démarre.

- VAS AU DIABLE MALCOM. TU N’ES QU’UN PAUVRE LACHE QUI


ABANDONNE SA FEMME. Hurle-t-elle alors que je sors de la demeure.
Je conduis en ressassant toutes ces révélations que j’ai entendues. Mes
parents sont donc ceux qui ont privé Vicky de ses trompes ? Mon père l’a
violé. Mon père fut donc son premier homme parce qu’elle m’avait dit que
j’étais son deuxième mais qu’elle me considérait comme son premier parce
qu’elle ne s’en souvenait pas vraiment de sa première fois. Encore une fois
j’avais une confirmation que mes parents étaient des monstres. Et ma
femme, une meurtrière. Elle n’est pas si différente d’eux puisqu’ils hôtes la
vie des gens. La femme que j’aime, ma femme, est un montre. Un être froid
sans cœur. C’est donc pour cela qu’elle ne voulait pas qu’on adopte. Un
enfant ça allait la ralentir dans ses plans diaboliques. Bon sang ma femme
est une meurtrière. Je donne plusieurs coups sur le volant et ma colère
décuple. Je change de trajectoire et vais chez mes parents. J’ai des
comptes à régler avec eux. Je gare n’importe comment et quand j’entre je
le vois se diriger vers le salon. Je l’appelle en fonçant vers lui et quand il se
retourne, bam, le coup s’en va. Il se retrouve par terre la main sur la
mâchoire.

- Oh mon Dieu Malcom qu’est-ce qui te prend ? S’affole ma mère en


sortant de je ne sais où pour venir aider son mari à se relever.

- Tu n’es qu’un enfoiré. Vous êtes tous deux des personnes ignobles.

- Mais qu’est-ce qui t’arrive Malcom ?

- Je sais tout. Je sais pourquoi il y a cette guerre entre vous et Vicky.


Comment avez-vous pu ? Papa comment ? C’est de votre faute si
aujourd’hui elle ne peut enfanter. Vous lui avez non seulement pris ses
parents mais en plus sa dignité et ses trompes.

- Malcom elle t’a raconté des sottises. Nous n’avons…

- N’essaies même pas de me mentir maman. N’essaye même pas. Tu n’en a


pas marre de mentir ? Vous méritez de pourrir en prison. À parti
d’aujourd’hui je ne vous reconnais plus comme mes parents et considérez
que je ne suis plus votre fils. Je vous interdis aussi de vous approcher de
Pamela et de Nicola. Restez dans votre monde de meurtrier. Bande de
vautour.

J’ignore les appellations de ma mère et sors comme je suis renté. Ils m’ont
tous eu. Ils se sont tous foutu de moi. Ils m’ont mis au milieu de leur
guerre et m’ont humilié. Par leur faute une autre femme a vu ma nudité.
Une autre femme m’a touché. Ils m’ont souillé. J’ai culpabilisé pendant des
jours pensant avoir trompé ma femme alors que non tout ceci n’était qu’une
guerre.

Je tourne sur moi-même comme un lion en cage dans ma chambre d’hôtel.


Ils m’ont eu, je ne cesse de me répéter. C’était donc ça que le Seigneur
voulait me révéler. Il m’a donc fallu 10 ans et 3 jours de jeûne pour pouvoir
découvrir le véritable visage de ma femme. Le jeûne ? Le pasteur. Il faut
que je l’appelle. Était-il au courant de tout ceci ? Et le couple
HAMILTON ? Il faut que je sache. Le lance l’appel vidéo et il décroche.

« - Malcom ? Pourquoi tu… »

- Vous saviez tout hein n’est-ce pas ?

« - De quoi tu parles ? »

- Du fait que LA FEMME que j’ai épousé soit une meurtrière ?

« - Dieu te l’a enfin révélé ? »

- Donc vous tous le saviez et c’est moi qui était le seul con dans l’histoire.

« - Tu dois te calmer Malcom et te concentrer sur la mission. Ta femme… »

- Elle n’est plus ma femme. Il est hors de question que je reste marié à une
telle femme qui se complait dans le crime.

« - C’est justement pour ça que Dieu t’a mis à ses côtés. »

- Pour lui servir de cobaye ?


« - Non pour l’aider à sortir dans le trou dans lequel elle est. Rappelle-toi
du songe. C’est elle la femme que tu dois aider. »

- Eh bien il est hors de question que je l’aide. Qu’elle se démerde toute


seule.

« - Malcom ne donne pas accès au diable. Je comprends que ce soit un coup


dur pour toi mais tu dois te maitriser pour écouter les instructions du
Seigneur à ce sujet. »

- J’ai dit non. Prévenez M et Mme HAMILTON que je viens dans quelque
jour pour qu’on règle cette affaire et dites-leur que je demande le divorce.

Je coupe aussitôt ma phrase terminée. Putain j’ai mal. Celle que j’aime tant
m’a trahit. Je me sens sale et utilisé. Vicky, ma prunelle est une criminelle.
Je me laisse tomber par terre et laisse libre cours à mes larmes. Je me
libère encore quelques minutes puis me ressaisi. Je regarde longtemps la
bouteille de whiskys et j’ai envie de la boire. J’ai envie de me bourrer la
gueule pour oublier. Je sais que pour un chrétien ce n’est pas bon mais là je
ne suis pas dans mon état normal. Je prends la bouteille et commence à la
boire directement. Il me faut oublier. Oublier que ma femme est une
criminelle. Je l’aime mais je ne peux pas être avec une femme qui a les
mains pleine de sang. Je ne le peux pas. C’est au-dessus de mes forces.
Que le Seigneur me pardonne mais je vais devoir renoncer à sa mission.
La vengeance est une femme

Episode 41

***Emile BEYNAUD***

Tout va mal, au plus mal. Les affaires commencent à prendre un coup, mes
finances disparaissent sans que je ne sache où ça part. Tout est en train
d’être chambouler autour de moi. Mes affaires physiques comme
mystiques, ma réputation qui est carrément salie et ma famille qui est
totalement divisée. Mes enfants savent tout et ils me détestent
maintenant. Ni moi ni leur mère n’avons d’importance maintenant à leurs
yeux. Je suis peut-être un sanguinaire mais mes enfants je les aime et je
tiens à eux. Ça me chagrine donc qu’ils me détestent surtout Malcom après
la découverte qu’il vient de faire. Je ne sais pas comment il l’a su mais je
ne l’avais jamais vu aussi furieux. J’ai envie de lui parler mais je ne sais
vraiment pas quoi lui dire donc j’attends juste de voir comment les choses
vont se passer. Aux dernières nouvelles il avait quitté sa maison pour loger
à l’hôtel ce qui veut dire qu’à elle aussi il en veut.

- Emile ? Emile. M’appelle avec insistance Aïcha qui rentre dans mon
bureau.

- Quoi ?

- Comment ça quoi ? Depuis que je t’appelle c’est maintenant tu réponds.

- Qu’est-ce que tu veux ?

- Je pense que c’est le moment d’attaquer Vicky.

- Tu crois ?

- Oui. Actuellement elle est un peu déstabilisée à cause de sa dispute avec


Malcom qui a quitté la maison. Nous n’avons plus à faire semblant donc nous
pouvons l’attaquer en toute tranquillité.
- Tu dis toujours que je suis idiot mais j’ai l’impression que toi tu l’es plus
que moi. Tu veux qu’on tue Vicky présentement où tout le pays et nos
enfants ont les regards sur nous ?

- Notre nom est déjà dans la boue donc salissons-le bien en même temps.

- Attends quand ce sera le nom de ton père tu pourras le salir comme bon
te semble pour le moment laisse-moi laver celui de mon père.

- Bon on fait quoi maintenant ?

- Je réfléchis mais il nous faut faire un sacrifice pour essayer d’apaiser la


bête et remettre nos affaires sur de bonnes railles.

- On pourrait sacrifier l’un des petits frères de ton batard de fils.

- Tu es vraiment décidée à être bête aujourd’hui ou bien tu es tellement


fatiguée que tu as la paresse de réfléchir ? Nous ne pouvons pas toucher
ni à Vicky ni à ces garçons. Ils sont sous la responsabilité de Malcom. Tu
devrais réfléchir à comment te sortir de ce merdier toi dont les sexe-
tapes circulent partout et qui a aussi un meurtre sur le dos au lieu de me
fatiguer.

- Je ne m’inquiète pas pour ça. L’histoire s’estompera toute seule. Bon j’y
vais. J’ai rendez-vous avec une bombe.

- Tu devrais avoir honte de coucher avec des filles qui sont moins âgées
que tes enfants.

- J’arrêterai le jour toi tu arrêteras de sodomiser de jeunes garçons qui


sont moins âgés que Malcom.

Elle sort de mon bureau et je replonge ma tête dans mes dossiers. Il faut
que je réfléchisse à comment remonter la pente parce que là je suis le
dernier sur la liste. Mon portable me signale un appel de l’ex-Président
Jean mon mentor.

- Votre excellence. Dis-je dans un raclement de gorge en décrochant.


« - JE VEUX TE VOIR CHEZ MOI DANS LES SECONDES QUI
SUIVENT. »

Je décolle mon portable de mon oreille pour éviter de l’endommager avec


les cris de Jean. Il a raccroché et moi je reste là à me demander ce qui
s’est passé pour qu’il me gueule de la sorte dessus. Il ne l’avait jamais fait
auparavant même quand il n’était pas content de moi.

Dès que je franchis le seuil de sa maison je reçois un énorme coup dans le


ventre qui me fait me plier au sol. Je reçois un autre dans le visage. Deux
des gardes m’attrapent par les deux bras et me trainent jusqu’au salon où
l’ex-Président se trouve. Il m’a l’air très énervé. Ses gardes me jettent au
sol et commence à me bastonner jusqu’à ce qu’il leur demande de nous
laisser seuls.

- Comment as-tu pu sale enfoirée ? Commence-t-il par hurler.

- Qu’ai-je fait ? Je demande faiblement en essayant de me relever.

Il prend la télécommande et allume la télé. Il appuie sur play et la vidéo


commence. Seigneur Jésus Marie Joseph. C’est la vidéo de moi et sa fille
dans une chambre d’hôtel. Vicky.

- Je vais tout vous expliquez monsieur.

Il se retourne et m’envoie un coup violent dans le ventre. Je m’écroule à


nouveau.

- Comment as-tu pu oser coucher avec ma fille ?

- Je ne savais pas que c’était votre fille. Je le jure sur ma vie.


- Tu n’as pas fait attention à la ressemblance ? De toutes les putes qui
trainent sur la planète il a fallu que ce soit ma fille que tu choisisses pour
tes bêtises.

- Monsieur je ne mens pas quand je vous dis que je ne le savais pas et


quand je l’ai su j’ai tout de suite tout arrêté. Vous pouvez lui demander.
Vous savez que jamais je vous ferai une chose pareille. La personne qui
vous a envoyé la vidéo le savait aussi mais voulait quand même créer des
histoires entre nous.

- Qui est-ce qui l’a envoyé ?

Je reste silencieux et me mords la langue. Je n’aurai jamais dû dire cela.

- Emile tu connais la personne qui me l’a envoyé ?

- Oui monsieur. C’est… ma belle-fille.

- La femme de Malcom ?

- Oui.

- Et pourquoi a-t-elle fait ça ?

Je me rends compte que je vais devoir tout révéler. J’ai déjà lâché la
mèche donc je dois aller jusqu’au bout.

- C’est elle V.

- V ? Quel V ?

- La V qui a tué mes confrères ?

- Tu es sérieux ? Et tu ne l’as pas dit à votre chef.

- Je pensais que je pouvais régler et la mettre hors d’état de nuire.

- Tu te rends compte que ton silence a coûté la vie à plusieurs ? Tu sais


que ça risque de te coûter cher ?
- Je le sais monsieur.

- Ok normalement je devrais te tuer mais nous allons d’abord régler cette


histoire de V et après on verra ton cas. Tu auras des nouvelles d’ici demain.

Comme dit je suis convoqué devant le conseil. J’y vais le cœur battant à
tout rompre. Je ne sais pas ce que le conseil va décider. J’ai peur qu’on ne
dise que c’est moi qui vais devoir payer par ma vie vu que je savais et que
je n’ai rien dit. Après avoir garé dans l’immense maison située dans l’un des
quartiers huppés de Cotonou au Bénin je descends lentement et me dirige
vers l’intérieur. Je retire mes souliers, enfile la toge et marche la tête
baissée jusque dans une pièce où sont assis le grand chef et ses deux bras
droits qui forment le conseil. La tête toujours baissée je m’avancer vers
eux et m’agenouille. Je fais mes révérences et attends que le chef parle.

- Parait-il que tu savais qui était V ?

- Oui grand chef.

- Et pourquoi tu n’as rien dit pour qu’on règle l’histoire une bonne fois pour
toute et tu la laissé tuer nos confrères ?

- Je pensais pouvoir la neutraliser.

- Pourquoi fait-elle tout ça ?

- C’était la fille de Julien Anselme TAPÉ. L’ancien Colonel.

- Elle n’était pas morte ?

- Je le croyais mais apparemment non et elle est revenue pour se venger


de nous tous qui avons tué ses parents mais surtout de moi et ma femme.

- Est-elle la femme de ton fils Malcom ?


- Oui. Mais il n’en savait rien jusqu’à récemment.

- Donc il sait tout sur nous ?

- Oui.

- Ok nous avons décidé que puisque tu connaissais l’identité de V et que tu


n’as rien dit ce sera à toi de verser ton sang pour effacer celui des autres.

- Vous allez me tuer ?

- Pas toi, ton fils. De toutes les façons il sait tout donc il peut être une
menace. Si après son sacrifice la bête n’est pas satisfaite on prendra aussi
ta fille. On te préviendra pour le jour du sacrifice. Ce sera toi qui le feras.
On réfléchira à comment régler son compte à V. Tu peux disposer.

- Non je vous en supplie ne faites pas ça. J’ai un autre fils vous pouvez le
prendre lui mais pas Malcom et Pamela.

- J’ai dit tu peux disposer.

Je sors de là complètement dévasté. Je vais tuer mon fils, mes enfants


que j’aime tant. Tuer les enfants des autres c’est facile mais tuer mes
enfants, c’est impossible. Je ne sais pas si je le pourrai mais je sais que si
je ne le fais pas je vais mourir en même temps que mes enfants. Oh mon
Dieu dans quoi je me suis mis.

De retour en Côte d’Ivoire chez moi je ne fais que repenser à tout ça. Je
cherche une solution mais je n’en trouve pas. Je m’attrape la tête
complètement anéanti. Aïcha fais son entrée au salon.

- Emile, tu es rentré quand ?

- Pas trop longtemps.

- Alors qu’ont-ils dit ?

- Mon sang doit verser.


- Ils vont te tuer ?

- Malcom.

- QUOI ?

- Et si la bête n’en ait pas satisfaite on donnera Pamela.

- NON. NON EMILE NE ME DIS PAS CA.

- J’ai essayé de négocier mais ils n’ont rien voulu comprendre.

- Emile ne les laisse pas prendre mes enfants. On peut leur donner Nicola.

- C’est ce que j’ai proposé mais rien. Je crains qu’on ne peut rien.

- Emile tu ne vas pas les laisser faire ça.

- Je ne peux rien.

Aïcha se laisse tomber et se met à pleurer. Moi je m’attrape la tête à


nouveau. Je n’ai même pas le courage de prier parce que je sais Dieu ne
m’écoutera même pas. Je ne peux rien faire dans cette histoire. Quand tu
prends pour les autres, attends-toi aussi à donner. J’ai donné les enfants
des autres, aujourd’hui ce sont mes enfants que je dois donner.

Malcom je te demande pardon mais c’est soit toi soit nous tous.
La vengeance est une femme

Episode 42

***Malcom***

« Je regarde le sang rempli le trou et je crie à la femme de se lever et de


sortir de ce trou mais elle ne m’écoute pas. Je continue de l’appeler et de
lui tendre ma main mais aucune réaction de sa part.

- Madame vous devez sortir de ce trou avant que le sang ne vous noie.

- Allez vous-en je n’ai pas besoin de vous.

- Mais vous allez mourir.

- Ma vie m’importe peu.

Elle lève la tête pour me regarder et mon sang se glace.

- Vicky ?

- Va-t’en Malcom. Je n’ai pas besoin de ton aide.

Je me redresse étant sur le cul et une colère me monte au nez. Je la fusil


du regard et lui tourne le dos. Je rebrousse chemin lorsque la voix se fait
entendre.

- Ne la laisse pas dans ce trou Malcom.

- Elle ne veut pas que je l’aide alors je ne le ferai pas. En plus c’est Vicky.
Elle saura se débrouiller toute seule.
- Si elle le pouvait je n’allais pas te la confier.

- Je ne veux pas la toucher alors qu’elle a du sang sur la main. Je ne veux


pas être son complice donc j’abandonne. »

Je me réveille et me mets à cogiter sur ce songe. Je n’ai toujours pas la


force de retourner vers Vicky. Je ne pourrai pas la voir autrement qu’une
meurtrière. Je ne pourrai plus la voir comme la femme que j’ai tant aimée.
Comme celle pour qui je priais pour que Dieu nous donne des enfants parce
que je ne voulais pas une autre mère pour porter mes enfants. Je me sens
tellement trahit que je préfère rester loin d’elle pour éviter de faire une
bêtise. Je ne sais plus si je l’aime encore parce que pour dire vrai je me
sens vide, vide de tout sentiment. Comment ai-je pu rater ça durant toutes
ces années ? Comment n’ai-je pas pu m’en rendre compte tout ce temps ?
Elle est vraiment douée. Je me demande si elle m’aime vraiment. Oui, je me
le demande. Elle est tellement pleine de mensonge que je ne sais plus ce qui
était vraie dans notre histoire. Elle m’a donc menti sur ses sentiments. Et
pourtant moi je l’aime comme un fou. Elle a joué avec moi alors que moi
j’étais dans tout mon sérieux. Je l’ai même accepté en sachant qu’elle
n’allait pas pouvoir me donner des enfants. Je priais jour et nuit pour que
Dieu fasse le miracle alors qu’elle passait ses jours et ses nuits à tuer des
gens raison pour laquelle mes prières n’aboutissaient pas. Comment
pouvaient-elles s’accomplir s’il y avait un aussi gros obstacle devant ? Le
péché est un obstacle à la prière et là on parle du plus gros péché, le
meurtre. Il est écrit tu ne tueras point mais elle, elle a tué. Je ne peux
vraiment plus retourner avec elle.

J’ai décidé de retourner à Washington. Je ne supporte plus ce pays. Mais


aussi parce que j’ai certains trucs à régler surtout avec les parents de
Vicky. Il faut qu’ils m’expliquent pourquoi ils m’ont menti à ce point. Je dois
aussi entamer la procédure de divorce. C’est vrai que je l’avais dit sous le
coup de la colère mais maintenant que je suis plus calme je me rends
compte que c’est le mieux à faire. Je ne veux pas faire semblant en
retournant avec elle. C’est au-dessus de mes forces. Je ne supporte même
plus de voir sa photo. Mon vol est pour 15h donc j’ai le temps d’aller parler
à Pamela. Je pense qu’elle doit savoir ce qui se passe vu qu’il s’agit aussi de
ses parents. Je boucle ma valise et le concierge m’aide à la descendre
jusqu’à ma voiture dans laquelle je la range. Je continuerai de chez Pamela
à l’aéroport.

Je trouve Pamela couché au salon sur le torse d’Antony et tous deux


regardent la télé. Quand elle me voit elle se redresse. Je l’embrasse et
salut Antony avant de m’asseoir.

- Comment tu vas Malcom ? Ça fait deux jours que je n’ai pas de nouvelles.
Vicky m’a dit que tu avais quitté la maison sans m’en donner les raisons.

- Oui j’avais besoin de m’éloigner. Je retourne à Washington.

- Sans Vicky ?

- Oui. J’ai découvert des choses sur elle qui me donne à réfléchir sur notre
mariage.

- Euh bon je pense que je vais vous laisser discuter. Dit Antony en se
levant.

- Non tu peux rester ça ne me dérange pas. De toutes les façons tout se


saura d’ici peu. Pamela j’ai découvert que Vicky et nos parents se
connaissaient bien avant que je ne les présentes.

- Comment ça ?

- Je ne vais pas entrer dans les détails donc pour résumer je dirai que
Vicky a aussi été l’une des victimes de papa dans ses pratiques obscures
avec maman comme complice et ça la transformé en une criminelle.

- Comment ça une criminelle ? Se choque Pamela.

- Elle s’est donné pour mission de tué tous ceux qui lui ont fait du mal en
gros la secte à laquelle appartient papa.

- C’était donc pour ça qu’elle leur réglait leur compte. Réfléchi à voix haute
Antony.
- Tu le savais ? Je lui demande.

- Oui. Enfin je ne connaissais pas l’histoire en elle-même mais je savais que


c’était elle V.

- La même V qui tuait les gens de la secte que tu voulais intégrer ?

- Oui bébé. Malcom j’ai failli faire partie de cette même secte puisque mes
parents et les vôtres y sont mais si j’y ai renoncé c’est grâce à Vicky. Si
elle ne m’avait pas enlevé une partie de ma masculinité je ne me serais
jamais rendu compte de ce qui était vraiment important pour moi.

- C’est elle qui t’a…

- Oui chérie. Ecoute Malcom je ne défends pas ce qu’elle a fait mais ces
gens sont des monstres quand ils s’en prennent aux gens. Tu ne peux même
pas t’imaginer le nombre d’horreur dans ce pays qu’ils ont engendré. Le
crash d’avion dans lequel tu étais, c’était tes parents et Vicky a failli
mourir quand elle a cru que tu étais mort. Elle est peut-être une
meurtrière mais elle est une bonne personne. Il faut juste qu’elle se décide
à laisser tomber cette vengeance. C’est vrai que ce n’est pas facile pour toi
d’apprendre que la femme avec qui tu as vécu pendant 10 ans est
dangereuse, prends du recul même si tu veux mais ne l’abandonne pas.

- Moi je ne sais vraiment pas quoi en penser. Reprend Pamela. Je n’arrive


pas à croire que Vicky soit ce que vous dites qu’elle est. Elle a tellement un
grand cœur que c’est difficile de la voir autrement.

- Elle nous bernait plutôt avec ce semblant de grand cœur. Je ne sais pas
si je pourrai l’accepter encore dans ma vie. Je veux juste être loin d’elle.
Bon j’étais juste venu t’informer de tout ça pour que tu fasses attention
parce qu’on ne sait pas si nous faisons aussi partie de son plan de
vengeance. Je ne vais pas te dire quoi faire mais fais attention à toi,
veilles sur Nicola et les jumeaux. Je voulais partir avec eux mais ils n’ont
pas encore terminés les cours donc une fois qu’ils auront fini je viendrai
les chercher.

- D’accord c’est compris.

- Ok et toi Antony je compte sur toi pour être un véritable chef de


famille.
- T’inquiètes pas pour ça.

- Bon j’y vais maintenant. Embrasse mes nièces pour moi.

La voix dans le haut-parleur nous fait comprendre qu’il est l’heure pour
l’embarquement. Je décroise les pieds et me lève pour me diriger vers la
porte d’embarquement lorsque j’entends quelqu’un m’appeler par derrière.
Je reconnais la voix et me retourne.

- Donc tu comptais m’abandonner ici pour retourner à Washington ?


Demande Vicky en s’avançant énervée vers moi.

- Comment sais-tu que… ah oui tes gorilles.

- Tu n’as pas répondu à ma question Malcom.

- Pourquoi veux-tu que je te réponde si tu connais déjà la réponse.

- Donc c’est comme ça ? Tu m’abandonnes à la première épreuve ?

- Ce n’est pas une épreuve mais un joug dans lequel tu nous mets tous les
deux parce que nous sommes une seule chaire. Je t’aime mais je ne peux
pas rester avec toi après ce que tu m’as dit.

- Donc tu vas demander le divorce ?

- Oui sauf si tu te décides à abandonner cette vengeance. Je ne dis pas


que je vais retourner avec toi tout de suite mais si tu veux que je songe à
te redonner une chance, que je songe à sauver notre mariage abandonne
tout.

- Tu as fait tout un speech à April sur le pardon. Tu lui as dit de pardonner


son père qui a tué, violé et bu du sang mais toi tu refuses de suivre ce
conseil.
- Toi aussi tu as tué, tu as fait violer et tu as les mains pleines de sang.
J’ai dit à April de pardonner à son père parce que lui avait un cœur
repentant. Il s’est repenti devant Dieu et devant les hommes donc il
méritait qu’on lui pardonne. Vicky si là maintenant tu décides de tout
laisser et de te repentir je resterai avec toi, ferai venir le pasteur Bill, tu
te confesseras et ensemble nous t’aiderons à libérer ton cœur de cette
haine. Si tu me choisis plutôt que ta vengeance je resterai à tes côtes.

Elle me regarde sans rien répondre. Je soutiens son regard attendant que
sa réponse vienne mais rien. Je ne lis même pas dans ses yeux qu’elle est
confuse. Son choix est clair.

- C’est bien ce que je pensais. Je t’enverrai les papiers du divorce.


Maintenant excuse-moi j’ai un avion à prendre.

Je lui tourne le dos mais elle me retient.

- Boo ne fais pas ça.

- La balle est dans ton camp. Tout dépend de toi.

Je salue le couple HAMILTON ainsi que le pasteur et m’assois dans l’un


des fauteuils en face d’eux. À voir leurs visages on sent qu’ils sont tristes
et en même temps désolés. Je leur en veux de m’avoir caché la vérité
pendant tout ce temps. Il fallait que je les voie pour leur dire ce que je
pense. Ils m’ont tous utilisé et ça m’énerve.
- Malcom, commence M HAMILTON, avant que tu ne prennes la parole je
voudrais te dire que nous sommes désolés. Nous te demandons pardon de
t’avoir caché ce lourd secret. Mais nous avions besoin de toi.

- Besoin de moi pour épouser votre fille parce que vous saviez qu’aucun
autre homme ne le ferait ?

- Non besoin de toi pour aider notre fille. Sa mère et moi avions fait ce
que nous pouvions pour lui donner une autre vie mais nous n’avons pas pu lui
enlever l’envie de vengeance. Quand tu es apparu dans sa vie nous avons
tout de suite su que toi seul le pouvait parce que ton amour pour elle était
vrai et pur. Dieu nous l’a confirmé à travers un songe raison pour laquelle
nous t’avons tout de suite accepté. Nous avons encore eu une autre
confirmation lorsqu’elle nous a avoué avoir des sentiments pour toi ce qui la
surprenait parce que l’amour était le dernier de ses soucis. Dieu nous a
encore confirmé que nous étions sur la bonne voie lorsque tu as expliqué le
songe que tu faisais bien avant et après ta rencontre avec Vicky. Nous
avons compris tout de suite que cette femme dans le trou était Vicky et
que c’était toi celui qui devait l’y retirer. Si nous t’avions tout avoué jamais
tu n’aurais voulu continuer ta relation avec elle.

- Malcom, reprend le pasteur Bill, cela fait seulement quelques mois ou


disons un an que Vicky a mis à exécution son plan.

- Oui mais sa haine et son désir de vengeance datent d’il y a longtemps et


j’avais le droit de le savoir. Peut-être que si je l’avais su tout ceci ne serait
pas arrivé.

- Oui c’est vrai mais si toi aussi tu n’avais pas négligé ce rêve depuis 10 ans
nous n’en serions pas là. Je ne t’accuse pas. Je veux juste de faire
comprendre que nous avons tous une part de responsabilité dans cette
histoire. M et Mme HAMILTON ont été envoyés par Dieu pour lui sauver
la vie et lui donner une nouvelle famille mais c’est toi qu’il a mandaté pour
la sortir du trou dans lequel elle s’est mise.

- Pourquoi moi ?

- Peut-être parce que tu es le fils de cet homme qui l’a détruite


complètement ou pour une autre raison. Je ne suis pas Dieu donc je ne
peux pas te dire le pourquoi.
- Je ne suis pas sûr d’être prêt pour ça. Je me sens idiot dans cette
histoire. Tout le monde autour de moi savait qui était ma femme sauf moi.
Tout le monde savait ce qu’elle faisait et pourquoi elle le faisait mais
personne n’a jugé bon de m’en parler. Si la police l’arrête je serai considéré
comme son complice. Je ne me sens pas capable. J’ai demandé le divorce.

- WHAT ? S’écrit Mme HAMILTON. Malcom tu veux vraiment


l’abandonné ? Tu veux l’abandonner alors qu’elle a besoin de toi ?

- Elle m’a clairement faire comprendre qu’elle n’avait pas besoin de moi.
Elle m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit qu’elle aimait plus sa
vengeance que moi.

- C’est son orgueil qui a parlé Malcom. La soif de vengeance l’a rendu
orgueilleuse. Elle pense n’avoir besoin de personne mais c’est faux. Tu es
son socle et si tu n’es pas dans sa vie elle va s’enfoncer dans ce trou. Nous
n’avons pas pu l’empêcher de faire ce qu’elle fait parce que nous avons
appris qu’en tant que chrétiens nous ne devons pas forcer nos enfants à
suivre la bonne voie parce que plus on les y forcera et plus ils s’entêteront
sur la mauvaise voie. Donc le mieux que nous pouvons faire c’est de leur
donner des conseils et prier pour eux. Jamais nous n’avons cessé de dire à
Vicky de pardonner mais elle ne voulait rien comprendre. Nous nous
contentions son père, moi et le pasteur Bill de prier pour que Dieu lui-
même se révèle à elle et c’est par toi Malcom qu’il se révèlera à elle alors
je t’en supplie, je t’en conjure ne l’abandonne pas. Vicky n’est rien sans toi.
Elle t’aime et je sais qu’à cause de cet amour qu’elle a pour toi elle va tout
laisser tomber et c’est à ce moment-là que tu la conduiras au Seigneur.

- C’est facile à dire quand ce n’est pas vous.

- Prends du recul si tu veux pour pouvoir mieux digérer tout ça. Prends le
temps qu’il te faudra mais ne l’abandonne pas. Tu n’es pas obligé de rejouer
ton rôle de mari parce que sais qu’il te sera difficile de reprendre votre
vie conjugale mais aide la en tant qu’un chrétien.

Elle marque une pause puis quand elle relève la tête pour me regarder ses
larmes se mettent à couler sur ses joues.
- Malcom je t’en prie n’abandonne pas ma fille snif. Je ne l’ai pas porté mais
je l’aime. Tu ne peux pas savoir l’état dans lequel elle était quand nous
l’avions trouvé snif. Elle baignait dans une mare de sang et je dirais même
qu’elle était morte et le Seigneur l’a ramené à la vie. Elle a fait plusieurs
mois dans le coma et quand elle s’est réveillée elle avait perdu l’usage de la
parole parce ce que ce qu’elle avait vécu l’avait traumatisé. Snif.

Son mari lui tend un mouchoir avec lequel elle s’éponge le visage et dans
lequel elle se mouche avant de poursuivre.

- Vicky est une femme au grand cœur. Elle n’hésite pas à aider autrui
quand celui-ci est dans le besoin. C’est juste que le diable la tien captive
parce qu’elle a muri la haine dans son cœur. Mais dans ce cœur rempli de
haine elle a gardé une grande place pour toi. Que tu le crois ou non Vicky
t’aime énormément. La première fois que j’ai vu ma fille sourire c’était
quand elle m’a dit qu’elle était tombée amoureuse de l’homme le plus
merveilleux du monde. Elle ne m’avait jamais parlé de toi mais la première
fois qu’elle a fait ces yeux étincelaient de mille feux, elle souriait comme
une gamine devant une glace qu’elle avait désirée pendant plusieurs
semaines. Elle t’aimait tellement que même le jour où elle a découvert de
qui tu étais le fils elle n’a pas voulu renoncer à toi. Elle m’a dit « maman j’ai
rencontré l’homme qui a apporté quelque chose de nouveau dans mon cœur
et il est hors de question que je renonce à lui à cause de ces gens. Je serai
la femme parfaite pour lui. ». Vicky t’aime pour de vrai et tu peux utiliser
cet amour pour l’avoir. L’amour est capable de tout.

Je m’attrape la tête complètement à la ramasse. Je ne sais plus quoi faire.


Il m’est difficile de retourner prêt de Vicky mais Dieu me demande de
l’aider et voir Mme HAMILTON dans cet état me rend encore plus mal. Je
prends congé d’eux et décide de rentrer à la maison me reposer. Il faut
que je réfléchisse à la suite. Je ne sais plus quoi faire.
Après deux jours à réfléchir j’ai finalement décidé de retourner en Côte
d’Ivoire. Je ne sais pas encore ce que je vais faire mais il faut que je sois
prêt d’elle pour la surveiller. Je verrai comment me comporter par la suite.
J’ai choisi le vol de 19h parce que j’avais beaucoup de chose à faire au
travail. Je conduis vers l’aéroport lorsque je vois dans mon rétroviseur une
voiture qui me suit. Je la reconnais. C’est celle des gardes de Vicky. Je
suppose donc que c’est elle qui leur a demandé de me suivre. Bien que je
sois en colère contre elle ça me fait plaisir de savoir qu’elle veille toujours
sur ma sécurité. Je roule encore quelques minutes lorsque j’entends un
grand bruit derrière. Je regarde par le rétroviseur et constate qu’une
voiture est rentrée en collision avec celle des gardes. Je veux garer pour
descendre pour aller voir comment ils vont lorsqu’une autre me rentre
dedans. Je réussi à stabiliser la voiture après un moment de panique quand
j’entends encore un autre bruit derrière moi mais dans la voiture. Je me
retourne et vois la vitre de la portière brisée comme si on avait tiré
dessus puis soudainement une fumée s’élève dans la voiture. Je commence
à tousser et m’étouffer et alors que j’essaie d’ouvrir la portière pour
descendre je m’affaibli. J’aperçois malgré la fumée des gens en cagoule qui
avancent vers ma voiture puis c’est le trou noir.

La vengeance est une femme

Episode 43

Je me sens seule dans cette maison depuis le départ de Malcom. Ça m’a


fait un choc quand il a tout découvert mais je ne voulais plus lui mentir. Je
me suis dit que c’était le moment de tout lui révéler peu importe les
conséquences et aujourd’hui même s’il m’a quitté je ne regrette rien. Ça m’a
mise en colère qu’il me dise que ce que j’ai vécu n’était pas une raison
valable pour me venger. J’ai eu envie de lui foutre une balle dans la tête. Il
pense que ce que j’ai vécu n’était rien ? J’aimerais bien le voir à ma place.
J’aimerais bien voir comment il aurait réagi si c’était lui qu’on avait violé
encore et encore sans répit. J’aurai bien voulu voir toutes ces personnes
qui me jugent à ma place et vire ce que j’ai vécu. Je ne voulais pas le
supplier de ne pas me quitter mais si c’est sa volonté qu’il en soit ainsi.
J’aime Malcom mais je ne peux pas mettre fin à ma vengeance en tout cas
pas tant qu’ils n’auront pas tous mordu la poussière et six pieds sous terre.
Je finirai avec eux et après j’irai reconquérir mon mari parce que oui je le
veux dans ma vie. Et puis merde s’il ne veut plus de moi tant pis. Je ne vais
pas lui courir après. Je l’ai dit, ma priorité dans cette vie c’est de me
venger. J’en ai pas encore fini avec ces gens encore moins avec le couple
BEYNAUD. Maintenant que tout le monde sait tout me concernant et
concernant notre guéguerre je peux opérer sans craindre d’être
démasquée. Il me reste encore en dehors des BEYNAUD deux personnes à
exterminer.

Je bois une autre gorgée de mon vin en regardant la télé lorsqu’April fait
son entrée avec Mel. Je ne leur prête aucune attention et bois une autre
gorgée. Mel vient m’embrasser sur le front et nous laisse sa sœur et moi
seules. Un silence plane et je sens son regard sur moi.

- Comment tu vas Vicky ?

- Qu’est-ce que tu veux ?

- Prendre de tes nouvelles. Ca fait plusieurs jours que tu ne viens pas au


bureau.

- Je me porte à merveilles comme tu peux le voir. Maintenant tu peux t’en


aller.

- Mel m’a tout expliqué.

Je vide mon verre et me lève pour aller le poser dans la cuisine. Je la sens
me suivre. Arrivée devant la cuisine je m’arrête et me retourne pour lui
faire face.
- Qu’est-ce que tu veux April ? Tu es venue aussi me dire que es déçu de
moi et que toi aussi tu m’abandonne ? Eh bien pas la peine de venir ici me le
dire. Tu peux t’en aller ok. Si tu veux je préviens mon pilote pour qu’il
parte de déposer à Washington avec le jet. Je ne suis vraiment pas
d’humeur à attendre des remontrances. Oui je suis une meurtrière. Oui j’ai
du sang sur la main et crois-moi quand je te dis que je ne le regrette pas.
Je suis fière de moi et de ce que j’ai fait et je le referai encore et encore
dans d’autres vies. Je continuerai à tuer jusqu’à ce qu’ils périssent tous.

- Mais tu as pourtant épargné mon père.

- Je ne l’ai pas épargné. Il a encore l’épée de Damoclès sur la tête et à la


moindre erreur je lui règle son compte peu importe si tu dois en souffrir.

- Tu l’as épargné pour moi, parce que tu me porte en affection donc je ne


te tournerai pas le dos. Ça m’a fait un choc d’apprendre tout ça mais peut-
être que moi aussi j’aurai fait pareille. Il n’est pas encore temps Vicky pour
bien faire les choses.

- Je vais te dire la même chose que j’ai dite à Malcom. Jamais, au grand
jamais je ne renoncerai pas à mon plan de vengeance. J’en ai rien à foutre
si vous me tournez tous le dos. J’irai jusqu’au bout quitte à y laisser ma vie.

Je rentre poser mon verre et ressors sans lui accorder un seul regard. Je
n’ai vraiment pas besoin d’entendre des conseils de tout genre en ce
moment. Il me reste 4 personnes à visiter et j’irai jusqu’au bout. D’ailleurs
ce soir nous réglerons le compte d’un. Je sors retrouver Brad dehors.

- Alors ?

- Tout est prêt Vicky.

- Les seringues et leur contenu sont prêts ?

- Oui. Après injection du venin il souffrira quelques longues minutes avant


de mourir.
- Très bien. Je veux le voir souffrir énormément avant qu’il ne rende son
dernier souffle.

- Il en sera ainsi.

Je tourne les talons et monte dans ma chambre. S’ils pensent qu’en


m’abandonnant ou me jugeant que je vais laisser tomber eh bien ils se
foutent le doigt dans l’œil. Je l’ai dit, j’irai jusqu’au bout. Ma joie ne sera
jamais parfaite s’ils ne sont pas tous morts. Je ne pourrai jamais mener
une vie normale et épanouie si je les sais encore sur cette terre. Je n’ai
besoin de personne donc ils peuvent aller où ils veulent. Ils doivent tous
payer. Mon père n’a rien fait d’autre que de servir son pays en faisant bien
son travail. Il a toujours été pointu sur l’intégrité, il n’a jamais été
corruptible ce qui lui a valut son poste de Générale. Ils ont voulu qu’il
intègre leur putain de secte juste pour pouvoir le manipuler à leur guise
afin qu’il arrête d’enquêter sur eux. Ils le voulaient prêt d’eux pour qu’il
puisse libérer ces gens qu’ils envoient tuer des enfants pour avoir leur sang
et organes. Mon père les traquait et il les arrêtait tous. Combien d’enfants
n’a-t-il pas sauvé des griffes de ces monstres ? Combien de sacrifice n’ont
pas abouti parce que mon père savait exactement où les trouver ? Mon
père a toujours été un putain de bon flic mais ça n’arrangeait pas leurs
affaires à ces hommes politiques. Et ma mère, ma mère. Elle n’a rien fait
d’autres que d’être la femme de cet homme si loyal. Une femme aimant,
soumise, attentionnée et toujours souriante. Mais ces imbéciles n’ont non
plus pas eu pitié d’elle. Ils l’ont violé pendant des mois, violé devant moi et
tué. C’est avec tout ça ils veulent que moi je laisse tomber ? No way. Eux
ils n’ont pas laissé tomber donc pourquoi moi je le ferai ?

Brad m’envoie un message pour m’informer que j’ai reçu un colis. Je


descends donc et le retrouve au salon avec une enveloppe kaki en main. Il
n’affiche pas une très bonne mine. C’est que le contenu n’est pas agréable.
Je lui ai donné la permission de vérifier tous les colis que je recevais pour
s’assurer qu’il n’y a pas de piège avant de me les remettre.
- Qu’est-ce qui se passe Brad ?

- Ça vient de Washington. Du tribunal.

Mon cœur manque un battement quand j’entends tribunal.

- Tu as vérifié c’est quoi ?

- Je préfère que tu le voies de par toi-même.

Je le regarde bizarre et lentement prend l’enveloppe. Il s’excuse et


s’éclipse. Je comprends mais refuse de comprendre ce qu’il y a dans
l’enveloppe. Je l’ouvre et en sors le contenu. C’est une demande de divorce.
Malcom demande le divorce. Mes membres commencent à trembler et je
m’assois avant de tomber. Malcom demande vraiment le divorce. Mes yeux
commencent à se remplir de larmes. Il me demande le divorce. Mon mari
me demande le divorce. Eh bien qu’il aille se faire foutre. S’il pense pouvoir
me convaincre eh bien qu’il aille se faire voir. S’il pense me faire mal il est
mal barré. Je fonce vers mon bar et me serre du vin. Je bois un premier
verre d’une traite, puis un deuxième et un troisième et un quatrième.
Pamela fait son entrée dans le salon.

- Bonsoir Vicky.

- Qu’est-ce que tu veux ? Tu es venue toi aussi me cracher à la figure le


fond de ta pensée ? Tu es venue me dire combien je suis détestable,
ignoble, monstrueuse ? Tu es venue me dire que toi aussi tu m’abandonne
parce que tu ne peux pas avoir une meurtrière dans ta vie ? Eh bien tu sais
quoi ? J’en n’ai foutrement rien à branler. Toi tout comme ton frère
pouvez aller vous faire foutre. Vous n’êtes qu’une bande d’ingrat. Après
tout ce que j’ai fait pour lui, après avoir fait en sorte qu’il gagne les BFA,
après avoir menacé les gens pour qu’ils lui donnent les contrats pour
lesquels il a bossé comme un malade, après l’avoir aidé à avoir et à
continuer à agrandir cette fortune avec laquelle il se la pète il me demande
le divorce. TON PUTAIN DE FRERE ME DEMANDE LE DIVORCE. Tu le
savais hein n’est-ce pas ? Il ose m’abandonner parce que je veux rendre
justice à mes parents et à moi. Vous me tournez tous le dos parce que je
veux faire payer à ces imbéciles tout le mal qu’ils m’ont fait. Tu es venue
me déposer ta lettre de démission ? Pose-la et tu sors de ma maison. Non
attends un moment. Je vais signer ces foutus papiers et tu vas les lui
ramener parce que je ne veux plus rien à avoir avec lui.

Je pose le verre, prends un des stylos posés sur le guéridon et m’apprête à


signer lorsque Pamela tire les papiers.

- Non tu ne signeras rien.

- Donne-moi ces putains de papiers.

- J’ai dit non. Tu vas devoir me tuer pour l’avoir parce que moi vivante tu ne
signeras pas ces papiers.

- Pour qui tu te prends pour venir te la jouer Wonderwoman dans ma


maison ?

- Pour la femme à qui tu as redonné le sourire et une chance de se


reconstruire. Pour la femme qui a eu la chance de connaitre le véritable
amour et le véritable bonheur après 9 années de souffrance. Je ne suis
certes pas pour ce que tu fais mais je n’ai pas l’intention de t’abandonner
et te regarder t’enfoncer encore plus dans ce trou dans lequel tu es. Nous
sommes une famille, je ne suis pas que ta belle-sœur, je suis aussi ta petite
sœur parce que je te vois comme la grande-sœur que je n’ai jamais eu alors
pour cela je resterai à tes côtés pour t’aider. Le seul moyen de me faire
t’abandonner c’est de me tirer une balle dans la tête chose que je doute
fort que tu feras parce que tu n’es pas une meurtrière. Tu es la femme la
plus généreuse que je connaisse. Alors Vicky HAMILTON BEYNAUD
apprête-toi à me supporter.
Des larmes coulent à flots sur mes joues sans que je ne puisse les retenir.
Mais une voix dans ma tête me rappelle que je ne dois pas me laisser
amadouer par qui que ce soit alors je la laisse là et monte dans ma
chambre. Je tourne sur moi-même en me répétant que je ne dois pas
céder. Je ne dois surtout pas céder. Mon portable se met à sonner, c’est
ma mère. Une partie de moi ne veut pas lui parler mais l’enfant qui est en
moi veut parler à sa maman alors je décroche.

- Allô mum. Je vais bientôt rentrer. Je finirai avec les 4 personnes qui
restent les deux semaines qui viennent et je rentre. J’aurai besoin d’une
nouvelle maison parce que Malcom veut divorcer et je ne vais pas le
supplier. Je veux un appartement plutôt qu’une maison. Je pense que je
vais aller m’installer à Los Angeles pour être loin de lui.

« - Sweety snif, pourquoi tu te fais tant de mal ? Pourquoi te fais-tu tant


souffrir mon bébé ? Nous t’aimons et nous avons besoin de toi. Arrête
avec tout ça je t’en prie snif. »

- Non maman ne commence pas toi aussi. J’ai une mission à achever et j’irai
jusqu’au bout. Je m’en fou si tout le monde m’abandonne de toutes les
façons je suis bien toute seule.

« - Chérie écoute-moi. Tu es sûre de vouloir foutre en l’air tout ce que tu


as bâti en 10 années pour cette stupide vengeance ? Tu es sûre de vouloir
renoncer à Malcom pour cette vengeance ? Tu veux vraiment perdre
l’homme que tu aimes plus que tout au monde, l’homme grâce à qui tu as
retrouvé le sourire et repris goût à la vie, l’homme autour de qui tu as bâti
ton existence ? Vicky tu veux perdre l’homme qui t’a aimé malgré ton
incapacité à procréer ? »

- Mais je dois leur faire payer maman.

« - Au prix de ton plus grand amour ? Qu’est-ce qui a le plus d’importance


pour toi entre Malcom et ta vengeance ? »

- C’est…

« - Avant de me répondre regarde au plus profond de toi. Regarde si


malgré qu’il soit parti tu es heureuse. Réfléchi bébé. Si Malcom ne fait plus
parti de ta vie et que tu continues ta vengeance est-ce que tu seras
toujours autant heureuse voir même plus que lorsqu’il était là ? Qu’est-ce
qui te fera le plus pleurer, l’absence de Malcom ou l’abandon de ta
vengeance ? Regarde au plus profond de ton cœur, ressasse ta vie ces
dernières années et vois ce qui te rendait le plus heureuse. Tes moments
avec ton mari ou quand tu en finissais avec l’un de ces gens ? Tu m’as avoué
une fois te sentir sale et impure après chaque meurtre mais jamais, au
grand jamais tu ne m’as dit la même chose pour tous tes moments passés
près de Malcom. Toutes les fois que tu parlais de lui ton visage luisait. Ton
vrai bonheur c’est lui pas cette vengeance. »

Je commence à pleurer et me laisse glisser au sol. J’éclate en sanglots et


pose ma main sur ma bouche pour m’empêcher de hurler.

- He files for divorce mummy. (Il demande le divorce maman).

« - Don’t worry my baby. He will come back for you because he loves you.
(Ne pleure pas mon bébé. Il reviendra pour toi parce qu’il t’aime) »

- Je ne veux pas le perdre.

« - Et tu ne le perdras pas. Si tu reviens à de meilleurs sentiments. »

- Je ne peux pas abandonner maman. Je dois me venger sinon je ne serai


jamais tranquille. Il faut que je leur fasse payer.

Je tourne le regard vers la veilleuse et vois qu’il est l’heure d’y aller.

- Je te laisse maman.

« - Vick… »

Je raccroche avant qu’elle n’en rajoute. Je file dans la salle de bain


prendre une douche et ressors dans la chambre me préparer. Je descends
et ne vois plus Pamela encore moins les papiers du divorce. Je vais donc
rejoindre Brad et nous nous mettons en route. Je ne dois surtout pas me
laisser distraire. La tête plongée dans les nuages je joue avec mon alliance.
Je reviens à moi en m’en rendant compte et commence à l’observer. Il y a
10 ans que Malcom m’a enfiler cette alliance et depuis je ne l’ai pas changé.
Je me rappelle lui avoir dit que jamais je ne changerai d’alliance parce que
je veux garder celle de nos débuts qui renfermera tous nos moments.
Alors il a vidé son compte en banque pour m’offrir cette énorme bague
avec un gros diamant puis 10 petits diamant autour comme 10 ans de
mariage. Chaque 1 an de mariage il me prend la bague, l’emmène chez le
bijoutier pour y ajouter un diamant. Il me dit à chaque fois qu’aucun
diamant ne peut me valoir et que s’il y avait une pierre précieuse encore
plus précieuse que toutes les pierres précieuses eh bien ce serait moi. Je
suis sa pierre précieuse. Une larme perle sur ma joue malgré que je sourie
et je l’essuie. Je suis sa perle précieuse. Bon sang je le suis moi Vicky avec
toutes mes imperfections et sans mes trompes. JE SUIS SA PIERRE
PRÉCIEUSE.

- Fais demi-tour Brad. J’ordonne en essuyant une autre larme qui vient de
s’échapper.

- Quoi ?

- On rentre. Annule tout. Je laisse tomber. Je laisse tout tomber pour


Malcom. Je veux récupérer mon mari.

- Tu en es sûre ?

- Oui je le suis. On rentre.

- Ok. Tu sais que je te suivrai dans tout ce que tu décides.

- Merci.

Pendant le trajet retour je tente de joindre Malcom mais ça ne passe pas.


Je tente encore plusieurs fois, rien. Ce n’est pas grave. Demain à la
première heure je prendrai le jet pour aller le retrouver et lui dire qu’il n’y
a plus de V. Rien que Vicky, sa Vicky qui l’aime tant. Je ne dis pas que je
pardonne mais je ne les tuerai plus. De toutes façons j’en ai terminé plus
de la moitié donc ça va je vais me contenter de ça.

Je me réveille ce matin avec une douleur à la poitrine. J’ai un mauvais


pressentiment. Je me masse la poitrine en allant dans la salle de bain me
rendre propre. Une fois terminée je reviens dans la chambre et relance
l’appel vers le numéro de Malcom. Toujours aucune réponse. Je me souviens
avoir demandé à mes gardes de le surveiller. Je les appelle aussi mais
comme avec Malcom aucune réponse. Bizarre, ils ont toujours été
joignables. Je descends pour aller demander des nouvelles à Brad mais une
fois en bas je vois Brad, Mel, April, Antony et Pamela avec mes autres
gardes. J’entends Brad réprimander des gens au téléphone. Mel aussi est
au téléphone en train de donner des ordres. Ils m’ont l’air furieux.

- Bonjour qu’est-ce qui se passe ?

Brad se retourne et quand il me voit raccroche.

- Brad qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi tout se grabuge ?

- Vicky, il y a un problème.

- Je le vois bien qu’il y a un problème. Ce que je veux savoir c’est lequel.

- Vicky, intervient April en venant vers moi, tu devrais t’asseoir.

- M’asseoir ? Et pourquoi ça ? Merde vous allez me dire ce qui se passe ?


Brad pourquoi je n’arrive pas à joindre les autres à Washington ?

- C’est justement ça le problème. Ils ont été attaqués alors qu’ils


escortaient Malcom à l’aéroport. Ils vont bien mais…

- Mais ???? Un instant qu’en est-il de Malcom ? Brad qu’en est-il de mon
mari ?
Il n’a pas le temps de répondre que je reçois un message me disant de me
connecter. Je dis à Mel de monter dans ma chambre m’apporter mon ordi
portable et quand il revient je l’allume devant tout le monde. J’ai reçu une
photo dans ma boite Mail avec l’adresse d’Emile. Quand je l’ouvre, April,
Pamela et moi poussons un cri. Malcom est assis sur une chaise
complètement en sang. Je me mets à trembler de tous mes membres. Je
reçois encore un appel vidéo sur skype. Je m’empresse de décrocher. Le
visage en sang de Malcom s’affiche puis la caméra recule de sorte à ce
qu’on le voit complètement assis sur la même chaise que sur la photo.

- Oh mon Dieu Malcom.

Il est affaibli. Je vois Brad s’activer autour de moi certainement pour


essayer de voir comment localiser l’appel. Nous paniquons tous en même
temps et je me mets à pleurer. Soudainement deux hommes en boubou noir
et ceinture rouge exactement comme ceux qui ont tué mes parents
apparaissent mais quand ils se retournent je reconnais leur chef, le même
qui a égorgé mon père. Ils commencent à réciter des choses bizarres
comme des incantations et au fur et à mesure le chef se positionne
derrière Malcom. Il sort ensuite un couteau et le place dans son cou. C’est
à ce moment que Malcom lève la tête et regarde la caméra. Il a la bouche
et le nez en sang.

- Non pas ça. Non, non. Je murmure en tremblant.

« - Je t’aime ma prunelle. » Dit-il faiblement.

Puis d’un seul coup le gars lui tranche la gorge et l’appel se coupe. Antony
retourne à temps Pamela pour pas qu’elle voit, April s’évanouie et moi je
commence à perdre la tête. Mes larmes coulent à flot, je tremble de tout
mon corps et je sens mon cœur lâcher petit à petit. J’ai du mal à respirer
et une ligne de sang sort de mon nez. Je ne sais pas si j’ai ouvert la bouche
mais j’ai entendu un cri strident sortir de ma gorge au point de me casser
les cordes vocales. J’ai senti une déchirure dans mon être.

Ils viennent de me prendre ma raison de vivre. Celui pour qui j’ai décidé de
tout laisser tomber.

La vengeance est une femme

Episode 44

Assise à même le sol mon regard est perdu dans le vide. Mes larmes
n’arrivent plus à couler malgré l’atroce douleur que je ressens dans tout
mon être. Les pleurs de Pamela me fendent le cœur et April qui est
toujours dans les vapes. Le visage de Malcom me défile devant les yeux. Je
le vois qui me souris, je le vois me dire qu’il m’aime, je le vois me taquiner,
me faire des blagues, je vois son visage si paisible quand il dort. Malcom,
mon mari, est morte pour de vrai cette fois. La première fois pour le crash
j’espérais qu’il ait survécu parce que je n’avais pas encore vu son corps mais
cette fois je l’ai vu. Ils lui ont tranché la gorge sous mes yeux. Ils l’ont
d’abord battu, il était méconnaissable avec tout ce sang sur lui. Ils l’ont
tué. Je vois son sang gicler de son cou. Pourquoi a-t-il fallu qu’ils le tuent
pile au moment où je décide de tout laisser tomber pour lui ? J’étais prête
à tout faire pour regagner son amour et sa confiance. J’étais prête à tout
pour le convaincre de me revenir. J’ai mis de côté ma vengeance pour lui,
rien que pour lui parce que je ne voulais pas le perdre. Malcom était mon
énergie, mon souffle, ma bouffé d’oxygène, ma vie, mon cœur. Je l’aime
comme jamais personne n’a encore aimé, la preuve j’ai abandonné mon plan
de vengeance auquel je tenais plus que ma propre vie. Mais là plus question
d’abandonner quoi que ce soit. Ils s’en sont pris à la personne la plus
précieuse à mes yeux et ils vont tous me le payer. Je me lève d’un bon et
retourne en haut dans ma chambre. Je cherche dans ma penderie une
tenue adéquate c’est-à-dire légère qui me permettra de faire tout
mouvement que je désire. J’enfile un jeans noir et un tricot de la même
couleur. Je prends mes basquets noirs que j’enfile avant de me rendre
dans la salle de bain me laver le visage. J’ouvre ensuite mon coffre-fort et
sors mon arme en or. Je m’arrête devant une photo de Malcom et y pose un
baiser avant de sortir. Ils t’ont tué et je vais leur faire la peau. Quand je
retourne au salon ils se lèvent tous quand il s’aperçoive de l’arme que j’aie
en main.

- Que personne ne sorte d’ici. Brad, toi et Antony vous allez me chercher
Nicola et ses frères ainsi que les petites pour les emmener ici. Qu’ils
prennent leurs affaires, uniquement ce qui est important. Demande à cinq
de nos hommes de venir ici aujourd’hui même. Mel toi tu veilles sur cette
maison et ces deux femmes. Active tous les paramètres de sécurité de
cette maison. Vas chercher ton arme et tu la gardes sur toi.

Je tourne le dos et m’en vais.

- Vicky où vas-tu ? Me crie Pamela derrière moi.

Je ne réponds pas et sors. Je monte dans ma voiture et sors en trombe de


la concession avec mes deux gardes à ma suite. Je dois d’abord régler
leurs comptes au couple BEYNAUD. Je pense avoir été trop douce avec
eux. J’aurais dû les tuer dès le premier jour où nous nous sommes revus. À
cause d’eux je n’ai pas pu dire à Malcom qu’il était plus important que ma
vengeance, je ne lui ai pas dit que je ne l’aimais pas seulement plus que ma
vie mais aussi plus que ma soif de vengeance. Je ne lui ai pas dit qu’il m’a
fait passer les 10 années les plus merveilleuses de ma vie. Je n’ai pas pu lui
dire qu’il était l’être le plus précieux de ma vie, que j’étais prête
maintenant pour qu’on adopte un enfant. J’efface rapidement cette larme
qui menace de couler et me reconcentre sur la route. Il voulait tellement
qu’on adopte mais moi absorbée par mon envie de vengeance je lui refusais
ce bonheur. Je le savais que si on avait un enfant à la maison sa joie serait
parfaite mais j’ai été égoïste et je lui ai privé de cette joie. Je ne suis pas
si différente de ces gens en fin de compte. Oui, j’ai privé mon mari de la
chose à laquelle il tenait beaucoup tout comme ces gens l’ont fait avec moi.
Je n’avais aucun doute que Malcom m’aimait malgré tout mais je ne l’ai pas
récompensé pour cet amour et maintenant c’est trop tard. Je ne peux plus
lui donner cette joie-là. Il est mort en me détestant, il est mort en
gardant dans son esprit que je n’étais rien d’autre qu’un monstre. Mais il
m’a dit qu’il m’aimait avant de mourir. C’était ça sa dernière phrase. Il
m’aimait malgré tout. Il continuait de m’aimer même après avoir tout
découvert. Il m’aimait.

Une fois garée dans la concession des BEYNAUD je sors avec mon arme en
main. Leurs gardes ne sont pas présentes. J’arrive au salon et quand ils me
voient avancer vers eux à grandes enjambées ils se lèvent.

- Vicky que fais…

Aïcha ne termine pas sa question que du revers de ma main gauche je lui


assène une gifle qui l’a fait tomber dans le fauteuil et bam je tire une balle
dans la jambe gauche d’Emile. Il s’écroule au sol. Je lui saisis le col avec ma
main gauche et le fais s’asseoir dans le fauteuil puis plante mon arme dans
sa gorge.

- Vous m’avez pris mes parents, ma vie, ma virginité et mes trompes, ça ne


vous a pas suffi. Il a fallu maintenant que vous me prenez mon mari. Et je
suis prête à mettre ma main à couper que c’est de votre faute. Alors tu vas
me dire où et quand se réunira la secte pour que je leur rende une petite
visite et récupérer le corps de mon mari avant qu’ils ne le jettent dans le
néant.

- Vicky je suis…
- Je ne veux entendre autre chose sortir de ta putain de bouche que les
réponses à mes questions. Et une fois ce sera fait je vous buterai tous les
deux.

- Vicky je t’en prie calme-toi. Me dit Aïcha derrière moi.

Je me redresse et tire près d’elle ce qui l’a fait sursauter. Je lui pointe
mon arme au visage.

- Assieds-toi près de ton mari.

- Stp ne fais rien de regrettable. Dit-elle en allant s’asseoir près de son


mari en tremblant comme une feuille.

- La seule chose regrettable que j’ai faite a été de vous laisser la vie sauve
jusqu’à aujourd’hui mais ne vous inquiétez pas je vais y remédier après que
vous m’ayez répondu. Alors j’attends.

Je charge mon arme en la pointant toujours sur eux.

- Malcom n’est pas mort. Lâche Emile.

- N’essaie pas de gagner du temps.

- Non je te dis la vérité. La vidéo n’était qu’un leurre. Il l’ont juste blessé à
la gorge mais Malcom est toujours en vie. Ils ont juste fait ça pour te
déstabiliser le temps qu’ils le sacrifient vraiment. Le sacrifice est
programmé pour la pleine lune qui sera dans deux jours.

- Tu penses vraiment que je vais tomber dans ton piège ?

- Ecoute Vicky, c’est vrai que j’ai fait beaucoup de mal au cours de ma vie
mais là crois-moi je me sens mal. J’aime mon fils et pour la première fois
je n’ai pas envie de faire de sacrifice humain. Normalement je ne devrais
pas te le dire mais si je l’ai fait c’est parce que j’espère au plus profond de
moi que tu puisses faire quelque chose pour le sauver. S’ils apprennent que
je te l’ai dit c’est moi qui serai sacrifié. Ils ont aussi prévu donner Pamela
en sacrifice au cas où celui de Malcom n’apaiserait pas notre totem.

- Malcom est vraiment en vie ?

- Oui. Mais si tu ne me crois pas tu peux rendre une petite visite au


Député Bernard BOUA. Il déjeune chaque midi à la Pergola à Biettry. Lui
te dira si oui ou non Malcom est toujours en vie et où aura lieu le sacrifice
parce qu’à moi ils ne m’ont rien dit justement pour éviter que je leur joue
un sale tour. Ils viendront juste me chercher le jour-j.

- C’est vrai Vicky tu peux le croire sur ce coup. Si tu peux sauver Malcom
je t’en prie fais-le. Je t’en conjure à genoux.

Elle se met à genoux en pleurant et pour la première fois je vois de la


sincérité dans ses yeux. Je regarde ma montre, il est 11h50. Ok J’irai voir
si ce Bernard est dans ce restaurant. Il faut que je sache si Malcom est
vraiment en vie et où il se trouve.

- Si vous m’avez menti pour me conduire dans un piège, soyez sûres d’une
chose, on mourra tous.

Ça fait 15 minutes que je suis garée devant ce restau à attendre ce type


mon arme à la main. Brad m’appelle pour la énième fois et je me décide à
répondre.

- Tu as ramené Nicola et ses frères ? Demandais-je d’entrée de jeu.

« - Oui tout le monde est là. Où es-tu Vicky ? Je peux savoir où tu es en te


localisant mais je préfère te le demander. »

- Sache tout simplement que je vais bien. Je rentre d’ici peu. Bye je dois y
aller.
Je raccroche, jette mon portable sur le siège passager et sors de la
voiture. Je fais signe à mes hommes de me suivre. Bernard est rentré dans
le restaurant pendant que je communiquais. J’entre à mon tour en
m’avançant à pas déterminés vers sa table. Il est assis avec une jeune fille
qui ne fait que lui faire des yeux doux. Alors que je m’avance je pointe mon
arme vers la fille en lui faisant signe de dégager. Les gens commencent à
paniquer dans le restau mais je n’y prête pas attention. Quand la fille
prend ses jambes à son cou je m’assois à sa place et du tac au tac pose mon
arme, prends le couteau de table et l’enfonce dans sa main qui était posée
juste à côté. Il se met à hurler et je tiens toujours le couteau enfoncé
dans sa main.

- Tu as 60 secondes pour me dire où se trouve mon mari et s’il est toujours


en vie.

- Je ne sais pas qui est aaaaahhh.

Je tire le couteau dans la plaie pour l’agrandir. Le sang coule abondement.

- 30 secondes.

- Il est, il est en vie. Il est actuellement au Bénin, à Cotonou mais je pense


que le sacrifice aura lieu ici.

- Ok maintenant écoute-moi. Tu vas appeler tes confrères et leur dire que


V est à leur trousse. Qu’ils se préparent donc à me recevoir.

Je lâche le couteau qui reste planté dans sa main, récupère mon arme et
ressors comme je suis rentrée. J’ai fait exprès de leur envoyer ce
message comme ça ce sont eux qui viendrons vers moi. Une fois assise dans
ma voiture, je prends mon portable et appelle Emile. Il décroche aussitôt.
- Tu vas appeler votre chef et lui proposer de me refaire le même coup
qu’il y a 20 ans, c’est-à-dire me kidnapper, sacrifier Malcom devant moi et
me tuer par la suite.

Je coupe encore et respire un grand coup. Mon mari est en vie. Une larme
coule et je l’essuie avant de démarrer pour la maison. Quand j’arrive je
trouve tout le monde assis inquiet au salon. Quand je vois les enfants je
cache l’arme dans mon dos Pamela se précipite vers moi et tombe dans mes
bras.

- Tu vas bien ? Me demande-t-elle.

- Oui ça va. Malcom est toujours en vie.

- Quoi ? Comment ? Demandent tout le monde de façon désordonnée.

- La vidéo n’était qu’un leurre. Vous irez tous à Washington ce soir. Antony
tu iras juste pour accompagner ta femme et vos enfants après si tu veux
tu peux revenir. De toutes les façons ta vie n’est pas menacée. Brad toi et
ton équipe je compte sur vous pour veiller sur leur sécurité jusqu’à chez
mes parents. Ils y seront plus en sécurité. Mais renforcez plus la sécurité
autour de Pamela. Tout est déjà ok pour leurs papiers.

- Toi tu ne viens pas avec nous ? Demande Pamela ?

- Non je resterai ici pour voir comment gérer mes employés et je vous
rejoindrez.

- Mais nous n’avons pas encore terminés l’année. Intervient Nicola.

- Tous les diplômes que tu obtiendras ici n’auront aucune valeur là-bas. Ton
grand-frère a promis à ta défunte mère de veiller sur toi et moi étant sa
femme je joue son rôle. Ne t’inquiètes pas tu continueras tes cours là-bas
et les jumeaux aussi. Pamela je veux que tu arrêtes de stresser pour
l’enfant que tu portes. Ton frère est en vie et ton père m’a rassuré qu’il
sera relâché d’ici demain donc nous vous rejoindrons ensemble. Ils ont
juste fait ça pour me faire passer un message rien de plus.
- Ma tante moi je veux rester avec toi. Dit Mel.

- Hors de question que quelqu’un reste ici avec moi. Vous irez tous un point
c’est tout. Tu veilles sur ta sœur.

Brad qui jusque-là m’observait vient se placer devant moi.

- Je resterai avec toi. Les autres peuvent très bien assurer la sécurité de
tout le monde.

- Non tu pars avec eux.

- Que comptes-tu faire Vicky ?

- Absolument rien. Je vais attendre mon mari et nous rentrerons


ensemble.

- Dans ce cas nous l’attendrons ensemble.

- J’ai dit non.

- Et moi j’ai dit…

- Brad au cas où tu l’aurais oublié je suis ta patronne et en tant que tel je


t’ordonne d’accompagner ma famille jusque chez mes parents. Si tu me
désobéis sois certains que je te ramènerai dans ce taudis d’où je t’ai
retiré. Alors sois tu fais ce que je t’ordonne sois tu m’auras comme ton
ennemie.

Nous nous jaugeons du regard puis il capitule. J’ai déjà mis la vie de
Malcom en danger et je ne veux pas en rajouter avec les autres. Je
préfère aller seule me jeter dans la gueule du loup que de les entrainer
avec moi. Je ne supporterai pas que l’un d’eux perde la vie en voulant
m’aider. Je monte dans ma chambre me reposer un peu parce que j’aurai
besoin de force pour ce qui va suivre. Je sais que d’ici demain ces gens me
traquerons et s’ils me voient sans mes gardes ils n’hésiteront pas à me
capturer. Je prends notre album de mariage et regarde les photos allongée
sur le lit. Que ne ferais-je pas pour cet homme ? Ma moitié. Je l’aime à en
perdre la tête. Je sombre petit à petit dans les bras de Morphée.

Les petits coups donnés sur ma porte me réveillent. Je vais ouvrir et vois
Mel arrêté.

- C’est l’heure du départ.

- Ok. Je descends vous dire au revoir.

- D’accord.

Je referme la porte et vais prendre une douche rapide. J’enfile un jeans


et un tee-shirt plus des basquets et descends. Mes hommes sont en train
de ranger les affaires dans les différentes voitures. J’embrasse April,
Pamela et ses filles puis dit un simple au revoir aux autres. Mel vient me
faire face.

- N’essaie pas de me faire changer d’avis Mel. Tu y vas aussi fin de la


discussion.

Il soupire et range une mèche rebelle derrière mes oreilles.

- Ok mais promets-moi de prendre soin de toi et de rentrer demain comme


prévu.

- Promis.

Je le prends dans mes bras et pendant qu’ils montent tous dans les
voitures une autre fait son entrée dans la concession. Le Commissaire Noël
DIBY en descend et vient vers moi.
- Bonsoir Mme.

- Que me voulez-vous encore ?

- Je sais que votre époux a été enlevé et je voudrais en savoir plus. C’est
un citoyen de mon pays donc je me dois de le retrouver.

- À ce que je sache aucun avis de recherche n’a été lancé. Mon mari n’a pas
été enlevé. Il est en voyage d’affaire et normalement demain il devrait
être là.

- Ariane laisse-moi t’aider. Tu ne pourras rien toute seule contre ces gens.

- Si tu veux vraiment m’aider demande à tes hommes d’escorter ma famille


jusqu’à l’aéroport. Pour Malcom je reste sur ma déclaration. Il n’a pas
disparu.

- Ton père aurait voulu…

- Tu n’as aucune idée de ce que mon père aurait voulu.

- Il aurait…

- Bonne soirée Commissaire.

On se jauge du regard et il soupire comprenant qu’il n’obtiendra rien de


moi.

- Nous escorterons votre famille.

- Merci.

Je tourne les talons et rentre dans ma maison. Bon l’heure tourne et il faut
que je me montre à ces gens pour qu’ils puissent me prendre. Une heure de
temps après le départ des autres je sors de la maison sans mon arme et ma
voiture. Je marche jusqu’à un carrefour où je hèle un taxi pour me rendre
au cimetière de Williamsville. J’ai besoin de m’y réfugier une dernière fois.
Je pose le bouquet de fleur et m’agenouille.

- Vous me manquez tellement papa et maman vous n’imaginez pas à quel


point. J’aurai tellement voulu que vous connaissiez Malcom. Vous l’aurez
adoré j’en suis certaine malgré qu’il ait des parents démoniaque. Ces gens
se sont en pris à lui tout comme ils l’ont fait avec vous. Mais cette fois je
ne les laisserai pas faire. Je ne suis plus comme j’étais quand ils vous ont
tué et je ne les regarderai pas me prendre la personne la plus importante
de ma vie. J’ai besoin de force et de courage. Si je n’y arrive pas je vous
demande pardon d’avance parce que je n’aurai pas réussi à vous venger. Je
pense que de toutes les façons je mourrai aujourd’hui mais quoi qu’il en soit
Malcom lui ne mourra pas. J’en fais le serment.

Je retire mon alliance que je glisse dans ma poche arrière, embrasse ma


chaine fétiche et me lève pour quitter les lieux. À peine j’arrive à l’entrée
du cimetière qu’une fourgonnette noire se gare devant moi. Des hommes en
sortent et foncent sur moi. Je ne bouge pas et les laisse me mettre un sac
sur la tête et me jeter dans la fourgonnette. Je ne sais pas ce qu’il y a
dans le sac qu’ils m’ont mis sur la tête mais je perds connaissance petit à
petit. J’entends juste l’un dire au téléphone qu’ils m’ont eu puis je sombre.
La vengeance est une femme

Episode 45

***Laura HAMILTON***

Je me réveille en sursaut et toute en sueur alors qu’il fait encore nuit. Mon
cœur bat à tout rompre. Ma fille est en danger. Je le sentais bien avant de
faire ce songe. Depuis deux jours je n’étais pas tranquille. Mon cœur se
mettait à battre follement à chaque fois que je pensais à elle et cette nuit
j’en ai eu la confirmation. Vicky est en danger. Dans ce songe je la voyais
ligotée en face de plusieurs hommes en toge et un énorme serpent
s’avançait vers elle pour l’avaler. Si j’en déduis à partie de son histoire je
dirai que ce sont ces gens qui veulent la sacrifier. Je sors de la chambre
pour me rendre dans la pièce consacrée à la prière et commence à prier
pour mon enfant. Je ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Elle a
assez souffert comme ça dans sa vie. Vicky peut paraitre forte et
dangereuse mais dans le fond elle n’est rien qu’une enfant qui a besoin
d’être aimé. Elle a besoin qu’on lui fasse comprendre que l’amour de ses
proches est plus grand que le mal que ces gens lui ont fait. Elle a besoin
d’amour pour l’aider à pardonner.

Le jour où nous l’avons retrouvé dans la rue, nous revenions d’un diner en
amoureux John et moi. Il était en Côte d’Ivoire pour affaire et il a voulu
que je l’y accompagne pour qu’on puisse passer du temps ensemble. Quand
nous avons vu un corps être projeté d’une voiture qui par la suite a disparu,
nous nous sommes approchés et avons remarqué qu’il s’agissait d’une jeune
fille qui était pleine de sang. Nous avons d’abord hésité puis quand notre
chauffeur nous a dit qu’elle avait un pouls faible nous l’avons tout de suis
pris pour la conduire à l’hôpital. Je regardais son petit visage durant le
trajet et j’ai eu compassion. Elle était si jeune. Le docteur nous a fait son
rapport et là encore j’ai eu compassion. Elle avait été violée, battue puis
avait les trompes perforées suite à un curetage mal fait. J’avais perdu à
cette période tout espoir de tomber enceinte parce que déclarée stérile
mais au fond de moi j’espérais un peu et quand on nous a fait comprendre
que la petite n’avait peut-être pas de famille j’ai tout de suite vu une
occasion d’être mère même si elle était déjà bien âgée. J’ai eu la
confirmation que mon désir était de Dieu lorsque dans un songe il m’a fait
savoir que c’était lui qui nous l’avait emmené pour qu’on puisse l’aider et lui
donner une autre famille. C’était ça notre mission à John et moi, prendre
soins d’elle et lui donner l’amour parental. Nous l’avons aimé et traité
comme si elle sortait de nous. Je voyais en elle l’enfant que je n’avais
jamais eu et que peut-être je n’aurai jamais. Lorsque nous avons pris
conscience qu’elle était pleine de rancune nous étions paniqué. Comment
pourrions-nous gérer une fille qui déjà à 22 ans parlais de se venger ? Mais
à chaque fois qu’on priait Dieu nous disait qu’on ne devait jamais cesser de
prier pour elle, jour et nuit nous devions le faire. L’année qui a suivi sa
venue dans nos vies je suis tombée enceinte pour notre plus grande joie à
moi et mon époux mais l’arrivée de notre autre fille ne nous a pas
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