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Exercices de Révisions (chapitres 1 à 5)

Espaces vectoriels

1. Notons E l’espace vectoriel des fonctions de IR dans IR. On considère les ensembles de fonctions
Fi définis ci-dessous. Déterminer pour chaque i si Fi est un espace vectoriel ou pas (pour montrer que
Fi est un espace vectoriel, il suffit de vérifier que c’est un sous-espace vectoriel de E).
a) F1 = IR[x] (l’ensemble des fonctions polynômes)
b) F2 = {P ∈ IR[x] ; P est unitaire }
c) F3 = {P ∈ IR[x] ; deg(P ) ≤ 3}
d) F4 = {P ∈ IR[x] ; deg(P ) = 4}
e) F5 = {P ∈ IR[x] ; P (0) = 0}
f) F6 = {f ∈ E ; f (0) = 0}
g) F7 = {P ∈ IR[x] ; P (0) = 1}
h) F8 = {P ∈ IR[x] ; P (1) = 0}
i) F9 = {f ∈ E ; f est continue }
j) F10 = {f ∈ E ; f est croissante }
k) F11 = {f ∈ E ; f est monotone }
l) F12 = {f ∈ E ; pour tout x ∈ IR, f (x + 2π) = f (x)}
m) F13 = {f ∈ E ; pour tout x ∈ IR, αf 00 (x) + βf 0 (x) + γf (x) = 0}.

a) F1 (l’ensemble des fonctions polynômes) est un espace vectoriel car 0 est un polynôme et
une combinaison linéaire de polynômes est un polynôme.
b) F2 n’est pas un espace vectoriel. Par exemple, X 2 + X 2 = 2X 2 qui n’est pas un polynôme
unitaire.
c) F3 est un espace vectoriel car 0 est un polynôme de degré inférieur ou égal à 3 et, si P et
Q sont de degré inférieur à 3, alors le degré de λP + µQ est inférieur à min(deg P, deg Q).
d) F4 n’est pas un espace vectoriel. Par exemple, X 4 + (−X 4 + X 3 ) = X 3 n’est pas un
polynôme de degré 4 : il n’y a pas de stabilité pour la somme.
e) F5 est un espace vectoriel car 0 ∈ F5 et, si P et Q ∈ F5 , alors (λP + µQ)(0) = λP (0) +
µQ(0) = 0 donc λP + µQ ∈ F5 .
f) F6 est un espace vectoriel pour la même raison que F5 .
g) F7 n’est pas un espace vectoriel car 0 ∈ / F7 par exemple.
h) F8 est un espace vectoriel car 0 ∈ F8 et, si P et Q ∈ F8 , alors (λP + µQ)(1) = λP (1) +
µQ(1) = 0 donc λP + µQ ∈ F8 .
i) F9 est un espace vectoriel car 0 est une fonction continue et une combinaison linéaire de
fonctions continues est continue.
j) F10 n’est pas un espace vectoriel. Par exemple, la fonction x 7→ x3 est croissante mais pas
son opposée (pas de stabilité pour la multiplication par −1).
k) F11 n’est pas un espace vectoriel. Par exemple x 7→ x3 et x 7→ −x sont monotones, mais
pas leur somme.
l) F12 est un espace vectoriel car 0 est périodique de période 2π et si f, g ∈ F12 , alors
(λf +µg)(x+2π) = λf (x+2π)+µg(x+2π) = λf (x)+µg(x) = (λf +µg)(x) donc λf +µg ∈ F12 .
m) F13 est un espace vectoriel car 0 vérifie l’équation différentielle et si f et g vérifient cette
équation, alors λf + µg aussi (car (f + g)0 = f 0 + g 0 et (λf )0 = λf 0 ).

2. Soit E un espace vectoriel sur K (K = IR ou C). Soit F et G deux sous-espaces vectoriels de E.


Les ensembles suivants sont-ils des sous-espaces vectoriels de E ?
2

a) Le complémentaire de F dans E, noté F


b) La réunion F ∪ {0}
c) L’intersection F ∩ G;
d) La réunion F ∪ G
e) La somme F + G = {z ∈ E ; il existe x ∈ F et y ∈ G tels que z = x + y}.

a) Le complémentaire de F n’est pas un sous-espace vectoriel puisque 0 ∈ / F.


b) La réunion F ∪ {0} n’est pas (en général) un sous-espace vectoriel : par exemple, dans

− →

IR2 , soit (1, 1), (1, −1) ∈ vect(1, 0) ∪ { 0 } ; on a (1, 1) + (1, −1) = (2, 0) ∈
/ vect(1, 0) ∪ { 0 } donc
il n’y a pas stabilité pour la somme.
c) L’intersection F ∩ G est un sous-espace vectoriel (vu dans le cours).
d) La réunion F ∪ G n’est pas un sous-espace vectoriel (vu dans le cours).
e) La somme F + G est un sous-espace vectoriel (vu dans le cours).

3. On se place dans l’espace vectoriel IR2 .


On définit les vecteurs e1 = (1, 0), e2 = (0, 1), v1 = (1, 1), v2 = (2, 2) et v3 = (1, 2).
a) Les familles suivantes sont-elles libres ? sont-elles génératrices ?
(e1 , e2 ), (v1 , v2 ), (e1 , v1 ), (v3 ), (v1 , v2 , v3 ), (e2 , v1 , v3 ), (e1 , v1 , v3 ).
b) Donner une condition nécessaire portant sur le nombre de vecteurs pour qu’une famille de vecteurs
de IR2 soit libre.
c) Donner une condition nécessaire portant sur le nombre de vecteurs pour qu’une famille de vecteurs
de IR2 soit génératrice.
d) Donner une condition suffisante portant sur le nombre de vecteurs pour qu’une famille de vecteurs
de IR2 soit liée.

a) (e1 , e2 ) est libre : λe1 + µe2 = (0, 0) équivaut à (λ, µ) = (0, 0), soit λ = µ = 0.
(e1 , e2 ) est génératrice de IR2 : (x, y) = xe1 + ye2 . Donc (e1 , e2 ) est une base de IR2 et
dimIR2 = 2.

(v1 , v2 ) est liée car 2v1 − v2 = 0. (v1 , v2 ) n’est pas génératrice non plus car, par exemple,
pour tout λ, µ ∈ IR, λv1 + µv2 6= (1, 0).

(e1 , v1 ) est libre : λe1 + µv1 = 0 équivaut à (λ + µ, µ) = (0, 0) donc λ = µ = 0. (e1 , v1 ) est
génératrice de IR2 : (x, y) = (x − y)e1 + yv1 ; donc (e1 , v1 ) est une base de IR2 .

(v3 ) est libre : λv3 = 0 implique λ = 0. (v3 ) n’est pas génératrice de IR2 : par exemple, pour
tout λ ∈ IR, λv3 6= (1, 0).

(v1 , v2 , v3 ) est liée : 2v1 − v2 + 0v3 = 0. (v1 , v2 , v3 ) est génératrice de IR2 : par exemple,
(x, y) = (2x − y)v1 + 0v2 + (y − x)v3 .

(e2 , v1 , v3 ) est liée : e2 + v1 − v3 = 0. (e2 , v1 , v3 ) est génératrice de IR2 : par exemple,


(x, y) = (x + y)e2 + 2xv1 − xv3 .

(e1 , v1 , v3 ) est liée : e1 − 2v1 − v3 = 0. (e2 , v1 , v3 ) est génératrice de IR2 : c’est une sur-famille
de (e1 , v1 ) qui est génératrice.
3

b) Si une famile de vecteurs de IR2 est libre, alors elle possède au plus 2 vecteurs, car
dimIR2 = 2 (voir cours).

c) Si une famile de vecteurs de IR2 est génératrice, alors elle possède au moins 2 vecteurs,
car dimIR2 = 2 (voir cours).

d) Si une famile de vecteurs de IR2 possède au moins 3 vecteurs, alors elle est liée car
dimIR2 = 2 (voir cours) : c’est la contraposée de b).

4. On se place dans l’espace vectoriel IR3 . Les deux familles ci-dessous sont-elles libres ou liées ?

F1 = ((1, 2, −1), (3, 1, 2), (7, 4, 3)) F2 = ((2, 2, −1), (0, 1, 3), (0, 0, 7))

 
 a + 3b + 7c = 0  a + 3b + 7c = 0
a(1, 2, −1)+b(3, 1, 2)+c(7, 4, 3) = (0, 0, 0) équivaut à 2a + b + 4c = 0 , soit à −5b − 10c = 0 ,
 
−a + 2b + 3c = 0 5b + 10c = 0
 
a + 3b + 7c = 0 a = −c
ou encore à , d’où , donc F1 est liée, par exemple avec c = −1 :
b + 2c = 0 b = −2c
(1, 2, −1) + 2(3, 1, 2) − (7, 4, 3) = (0, 0, 0).

a(2, 2, −1) + b(0, 1, 3) + c(0, 0, 7) = (0, 0, 0) équivaut à (2a, 2a + b, −a + 3b + 7c) = (0, 0, 0), qui
équivaut encore à a = 0, b = 0 et c = 0 donc F2 est libre. C’est une famille libre à 3 éléments
dans un espace vectoriel de dimension 3 donc elle est également génératrice de IR3 et c’est une
base de IR3 .

5. Dans le IR-espace vectoriel IR4 , on considère les sous-ensembles :

F = {(x, y, z, t) ∈ IR4 ; x + 3y + 3z + 3t = 0} G = {(x, y, z, t) ∈ IR4 ; x − y + z − t = 0}

a) Démontrer que F et G sont des sous-espaces vectoriels de IR4 et trouver une base et la dimension
de F et de G.
b) Trouver une base et la dimension de F ∩ G.
c) Montrer que IR4 = F + G.
d) Déterminer deux supplémentaires de G puis un supplémentaire de F ∩ G.

a) F = {(x, y, z, t) ∈ IR4 ; x = −3y − 3z − 3t} = {(−3y − 3z − 3t, y, z, t) ∈ IR4 ; y, z, t ∈


IR} = {y(−3, 1, 0, 0) + z(−3, 0, 1, 0) + t(−3, 0, 0, 1) ∈ IR4 ; y, z, t ∈ IR}
= vect((−3, 1, 0, 0), (−3, 0, 1, 0), (−3, 0, 0, 1)) donc F est le sous-espace vectoriel de IR4 engendré
par ((−3, 1, 0, 0), (−3, 0, 1, 0), (−3, 0, 0, 1)) et on vérifie facilement que cette famille est libre, donc
c’est une base de F et dimF = 3.
G = {(x, y, z, t) ∈ IR4 ; x = y−z+t} = {(y−z+t, y, z, t) ∈ IR4 ; y, z, t ∈ IR} = {y(1, 1, 0, 0)+
z(−1, 0, 1, 0) + t(1, 0, 0, 1) ∈ IR4 ; y, z, t ∈ IR} = vect((1, 1, 0, 0), (−1, 0, 1, 0), (1, 0, 0, 1)) donc G
est le sous-espace vectoriel de IR4 engendré par ((1, 1, 0, 0), (−1, 0, 1, 0), (1, 0, 0, 1)) et on vérifie
facilement que cette famille est libre, donc c’est une base de G et dimG = 3.

b) Cherchons une base et la dimension de F ∩ G = {(x, y, z, t) ∈ IR4 ; x + 3y + 3z +


3t = 0 et x − y + z − t = 0} = {(x, y, z, t) ∈ IR4 ; z = −2y − 2t et x = 3y + 3t} =
{(3y + 3t, y, −2y − 2t, t) ∈ IR4 ; y, t ∈ IR} = {y(3, 1, −2, 0) + t(3, 0, −2, 1) ∈ IR4 ; y, t ∈
4

IR} = vect((3, 1, −2, 0), (3, 0, −2, 1)). Donc F ∩ G est engendré par ((3, 1, −2, 0), (3, 0, −2, 1))
qui est clairement une famille libre puisqu’il s’agit de deux vecteurs non colinéaires. On a donc
dim(F ∩ G) = 2.

c) Montrons que IR4 = F + G : dim(F + G) = dimF + dimG − dim(F ∩ G) = 3 + 3 − 2 = 4.


Ainsi, F + G est un sous-espace vectoriel de IR4 , de même dimension que IR4 donc F + G = IR4 .

d) Pour trouver des supplémentaires de G, il suffit de compléter une base de G en une base
de IR4 et de considérer l’espace engendré par les vecteurs ajoutés.
Par exemple, (1, 0, 0, 0) complète ((1, 1, 0, 0), (−1, 0, 1, 0), (1, 0, 0, 1)) en une base de IR4 . En
effet, on vérifie facilement que ((1, 1, 0, 0), (−1, 0, 1, 0), (1, 0, 0, 1)) est libre, et, puisqu’elle com-
porte 4 éléments, c’est une base de IR4 ; donc vect((1, 0, 0, 0)) est un supplémentaire de G dans
IR4 . De même, on montre que vect((0, 1, 0, 0)) est un autre supplémentaire de G dans IR4 (il en
existe bien d’autres).
Pour trouver des supplémentaires de F ∩ G, il suffit de compléter une base de F ∩ G en une
base de IR4 et de considérer l’espace engendré par les vecteurs ajoutés.
Par exemple, il est très facile de vérifier que ((3, 1, −2, 0), (3, 0, −2, 1), (1, 0, 0, 0), (0, 0, 1, 0))
est libre, et, puisqu’elle comporte 4 éléments, c’est une base de IR4 ; vect((1, 0, 0, 0), (0, 0, 1, 0))
est donc un supplémentaire de F ∩ G dans IR4 .

6. Soit V = (v1 , v2 , v3 ) une famille libre d’un espace vectoriel E. Posons x = αv1 + βv2 + γv3 et
W = (v1 + x, v2 + x, v3 + x).
Démontrer que W est libre si et seulement si α + β + γ 6= −1.

Supposons que α + β + γ 6= −1 et montrons que W est libre.


λ1 (v1 + x) + λ2 (v2 + x) + λ3 (v3 + x) = 0 équivaut à (λ1 + λ1 α 
+ λ2 α + λ3 α)v1 + (λ2 + λ1 β +
 λ1 + α(λ1 + λ2 + λ3 ) = 0
λ2 β +λ3 β)v2 +(λ3 +λ1 γ +λ2 γ +λ3 γ)v3 = 0. Or V est libre, donc λ + β(λ1 + λ2 + λ3 ) = 0 ,
 2
λ3 + γ(λ1 + λ2 + λ3 ) = 0
ce qui implique, en faisant la somme, (1+α+β +γ)(λ1 +λ2 +λ3 ) = 0 et, puisque α+β +γ 6= −1,
on a λ1 + λ2 + λ3 = 0. En remplaçant dans le système précédent, on trouve λ1 = λ2 = λ3 = 0.
Réciproquement, supposons que α + β + γ = −1, alors α(v1 + x) + β(v2 + x) + γ(v3 + x) =
αv1 + βv2 + γv3 + (α + β + γ)x = x − x = 0. Les scalaires α, β et γ sont non tous nuls puisque
leur somme est −1 donc la famille W est liée.

7. On considère l’espace vectoriel IR3 muni de la base canonique (e1 , e2 , e3 ).


Soit F = {αe1 + βe2 + γe3 ; α = β} et G = {αe1 + βe2 + γe3 ; α + β = 0}.
a) Démontrer que F et G sont des sous-espaces vectoriels de IR3 et donner une base de F et de G.
b) Trouver deux supplémentaires de F dans IR3 .
c) Donner une base de H = F ∩ G.
d) Trouver des sous-espaces vectoriels de L, M et N tels que :
i) H ⊕ L = F ii) H ⊕ M = G iii) H ⊕ N = IR3 .

a) F = {αe1 +αe2 +γe3 ; α, β ∈ IR} = {α(e1 +e2 )+γe3 ; α, γ ∈ IR} = vect(e1 +e2 , e3 ) donc
F est un sous-espace vectoriel de IR3 dont une base est B = (e1 + e2 , e3 ) (il apparaı̂t ci-dessus
que cette famille engendre F et il est clair que cette famille est libre puisqu’il s’agit de deux
vecteurs non colinéaires). F est donc un plan.
5

G = {αe1 − αe2 + γe3 ; α, β ∈ IR} = {α(e1 − e2 ) + γe3 ; α, γ ∈ IR} = vect(e1 − e2 , e3 ) donc


G est un sous-espace vectoriel de IR3 dont une base est B 0 = (e1 − e2 , e3 ) (il apparaı̂t ci-dessus
que cette famille engendre G et il est clair que cette famille est libre puisqu’il s’agit de deux
vecteurs non colinéaires). G est donc un plan.

b) Pour trouver un supplémentaire de F dans IR3 , il suffit de compléter une base de B en


une base de IR3 et de considérer l’espace engendré par les vecteurs ajoutés.
Par exemple, (e1 + e2 , e3 , e1 ) est une base de IR3 (3 vecteurs qui forment une famille libre)
donc vect(e1 ) est un supplémentaire de F .
De même, (e1 + e2 , e3 , e2 ) est une base de IR3 (3 vecteurs qui forment une famille libre) donc
vect(e2 ) est un autre supplémentaire de F .

c) H = F ∩ G = {αe1 + βe2 + γe3 ; α = β et α + β = 0 ; α, β ∈ IR} = {αe1 + βe2 + γe3 ; α =


β = 0} = {γe3 ; γ ∈ IR} = vect(e3 ). (e3 ) est une base de H qui est donc une droite.

d) Pour trouver des sous-espaces vectoriels L, M et N , il suffit de compléter (e3 ) en une base
de F , de G, puis de IR3 .
i) Avec L = vect(e1 + e2 ), on a H ⊕ L = F ;
ii) Avec M = vect(e1 − e2 ), on a H ⊕ M = G ;
iii) Avec N = vect(e1 , e2 ), on a H ⊕ N = IR3 .

8. On se place dans le IR-espace vectoriel de IR2n où n est un entier naturel non nul. On considère
les deux sous-ensembles définis ci-dessous :

E = {(x1 , · · · , xn , xn+1 , · · · , x2n ) xi = 0 pour tout i ≤ n}

F = {(x1 , · · · , xn , xn+1 , · · · , x2n ) xi = xn+i pour tout i ≤ n}


a) Démontrer que E et F sont des sous-espaces vectoriels de IR2n .
b) Démontrer que IR2n = E ⊕ F .

a) Montrons d’abord que E est un sous-espace vectoriel de IR2n .


Tout d’abord, 0 ∈ E puis, si (0, · · · , 0, xn+1 , · · · , x2n ), (0, · · · , 0, xn+1 , · · · , x02n ) ∈ E et λ, µ ∈ IR,
λ(0, · · · , 0, xn+1 , · · · , x2n ) + µ(0, · · · , 0, x0n+1 , · · · , x02n )
= (0, · · · , 0, λxn+1 + µx0n+1 , · · · , λx2n + µx02n ) ∈ E.
De même, on montre que F est un sous-espace vectoriel de IR2n .
Tout d’abord, 0 ∈ F puis, si (x1 , · · · , xn , x1 , · · · , xn ), (x01 , · · · , x0n , x01 , · · · , x0n ) ∈ F et λ, µ ∈ IR,
λ(x1 , · · · , xn , x1 , · · · , xn ) + µ(x1 , · · · , xn , x01 , · · · , x0n )
= (λx1 + µx01 , · · · , λxn + µxn , λx1 + µx01 , · · · , λxn + µx0n ) ∈ F .
b) On remarque d’abord que E ∩ F est réduit au vecteur nul puisqu’un élément de E a ses n
premières composantes nulles et pour un élément de F , les n dernières composantes sont égales
aux n premières.
Pour montrer que IR2n = E + F , il suffit de remarquer que :

(x1 , · · · , xn , xn+1 , · · · , x2n ) = (0, · · · , 0, xn+1 − x1 , · · · , x2n − xn ) + (x1 , · · · , xn , x1 , · · · , xn ).

9. Soit E = C 2 ([0, 1], IR), E1 = {y ∈ E/y 00 + xy = 0}, E2 = {y ∈ E/y 00 − xy = 0} et E3 = {y ∈


E/y est polynomiale}. Montrer que E1 , E2 et E3 sont en somme directe.
6

Soit y1 + y2 + y3 = 0 où yi ∈ Ei . On dérive deux fois d’où −xy1 + xy2 + y300 = 0. Ainsi,
avec xy1 + xy2 + xy3 = 0, il vient 2xy2 + y300 + xy3 = 0. Soit le polynôme P3 = −(y300 + xy3 ).
On a P3 (0) = 0 soit P3 = XQ3 avec Q3 = 2y2 . Donc, y2 est polynomiale. Mais y200 = xy2 et y2
polynomiale est impossible si y2 6= 0 pour des raisons de degré donc y2 = 0. De même, y1 = 0,
donc y3 = 0.

10. Soit E = K3 [X], E1 = {P ∈ E/P (0) = P (1) = P (2) = 0}, E2 = {P ∈ E/P (1) = P (2) =
P (3) = 0} et E3 = {P ∈ E/P (X) = P (−X)}. Montrer que les Ei sont des sous-espaces vectoriels de E
et que E = E1 ⊕ E2 ⊕ E3 .

On a E1 = KX(X − 1)(X − 2) et E2 = K(X − 1)(X − 2)(X − 3) tandis que E3 = vect(1, X 2 )


3
X
donc dim(E1 ) = dim(E2 ) = 1 et dim(E3 ) = 2, soit déjà dim(E) = dim(Ei ).
i=1
Montrons que la somme est directe. Si P1 + P2 + P3 = 0, alors P3 (1) = P3 (2) = 0. Si
P3 = a + bX 2 , cela donne a = b = 0 donc P3 = 0. Il reste alors P1 (3) = 0 donc P1 a quatre
racines distinctes et P1 = 0. D’où P2 = 0 et la somme est directe. Avec les dimensions, elle vaut
E.

11. On se place dans IR3 [X], l’espace vectoriel des polyômes de degré inférieur ou égal à 3.
Soit U = {P ∈ IR3 [X] ; P (0) = 0}.
a) Démontrer que U est un sous-espace vectoriel de IR3 [X].
b) Déterminer un supplémentaire de U .

a) D’abord, le polynôme 0 appartient à U . Soit P, Q ∈ U et λ, µ ∈ IR : (λP + µQ)(0) =


λP (0) + µQ(0) = 0 donc λP + µQ ∈ U et U est bien un sous-espace vectoriel de IR3 [X].

b) Un élément de U est un polynôme dont le terme constant est nul : P (X) = aX 3 +bX 2 +cX.
Ainsi, la famille (X, X 2 , X 3 ) est génératrice de U et il est clair que cette famille est libre. Le
polynôme constant 1 complète cette famille en une base B de IR3 [X] (la base canonique) donc
vect(1), c’est-à-dire l’ensemble des polynômes constants est un supplémentaire de U dans IR3 [X].

4
12. On considère le C-espace vectoriel C .
4 4
Soit F = {(a, 2a + b, −b, −a) ∈ C ; a, b ∈ C} et G = {(a, 3a + b, −b, −2a + b) ∈ C ; a, b ∈ C}.
4
a) Montrer que F est G sont des sous-espaces vectoriels de C en mettant en évidence pour chacun
d’eux une base.
4
b) Montrer que C = F ⊕ G.

a) F = {a(1, 2, 0, −1) + b(0, 1, −1, 0) ∈ C4 ; a, b ∈ C} = vect((1, 2, 0, −1), (0, 1, −1, 0)) donc
F est un sous-espace vectoriel de C4 engendré par ((1, 2, 0, −1), (0, 1, −1, 0)) qui est une famille
libre puisqu’il s’agit de deux vecteurs non colinéaires, donc c’est une base de F .
G = {a(1, 3, 0, −2) + b(0, 1, −1, 1) ∈ C4 ; a, b ∈ C} = vect((1, 3, 0, −2), (0, 1, −1, 1)) donc G
est un sous-espace vectoriel de C4 engendré par ((1, 3, 0, −2), (0, 1, −1, 1)) qui est une famille
libre puisqu’il s’agit de deux vecteurs non colinéaires, donc c’est une base de G.

b) Montrons que C4 = F ⊕ G. On a déjà dimF + dimG = 2 + 2 = 4 = dimC4 . Il reste donc à


montrer que F ∩ G = {0}. Supposons que v = (a, 2a + b, −b, −a) = (a0 , 3a0 + b0 , −b0 , −2a0 + b0 ) ∈
7

F ∩ G. Les premières et troisièmes composantes donnent immédiatement a = a0 et b = b0 . Avec


les deuxièmes composantes, il vient 2a = 3a donc a = 0 puis avec les quatrièmes, on a b = 0.
D’où v = 0 et C4 = F ⊕ G.

13. Soit E = {(x, y, z) ∈ IR3 ; x + y + 2z = 0} et F = {(a, −a, 3a) ; a ∈ IR}


a) Montrer que E et F sont des sous-espaces vectoriels de IR3 dont on déterminera la dimension
b) Montrer que IR3 = E ⊕ F .

a) E = {(−y − 2z, y, z) ; y, z ∈ IR} = {y(−1, 1, 0) + z(−2, 0, 1) ∈ IR3 ; y, z ∈ IR} =


vect((−1, 1, 0), (−2, 0, 1)) donc E est un sous-espace vectoriel de IR3 engendré par ((−1, 1, 0),
(−2, 0, 1)) qui est une famille libre puisqu’il s’agit de deux vecteurs non colinéaires, donc c’est
une base de E.
F = {a(1, −1, 3) ∈ IR3 ; a ∈ IR} = vect((1, −1, 3)) donc F est un sous-espace vectoriel de
3
IR engendré par ((1, −1, 3)) qui est une famille libre puisqu’il s’agit d’un vecteur non nul, donc
c’est une base de F .

b) Montrons que IR3 = E ⊕ F . On a déjà dimE + dimF = 2 + 1 = 3 = dimIR3 . Il reste


donc à montrer que E ∩ F = {0}. Supposons que v = (−y − 2z, y, z) = (a, −a, 3a) ∈ F ∩ G. Les
deuxièmes et troisièmes composantes donnent immédiatement y = −a et z = 3a. Avec les pre-
mières composantes, il vient −y −2z = a, soit a−6a = a donc a = 0. D’où v = 0 et IR3 = E ⊕F .

14. Soit F le sous-espace vectoriel de IR4 engendré par :

u1 = (1, 4, −1, 0) u2 = (6, 10, 1, 0) u3 = (2, 2, 1, 1) u4 = (1, 0, 1, −4)

Trouver une base de F , puis un supplémentaire de F dans IR4 .

On a u1 +u2 = (7, 14, 0, 0), u1 +u3 = (3, 6, 0, 1) et u1 +u4 = (2, 4, 0, −4) puis 4(u1 +u3 )+(u1 +
u4 ) = (14, 28, 0, 0) = 2(u1 +u2 ). Ainsi, 3u1 −2u2 +4u3 −u4 = 0 donc la famille (u1 , u2 , u3 , u4 ) est
liée. Par contre, αu1 + βu2 + γu3 = 0 donne tout d’abord γ = 0 (quatrièmes composantes), puis
α = β (troisièmes composantes), et enfin 7α = 0 (premières composantes) donc α = β = γ = 0
et la famille (u1 , u2 , u3 ) est libre : c’est une base de F (famille libre maximale).
Comme supplémentaire de F dans IR4 , on peut prendre vect(e1 ) où e1 = (1, 0, 0, 0) car
(e1 , u1 , u2 , u3 ) est libre. En effet, si αe1 + βu2 + γu2 + δu3 = 0, on obtient d’abord δ = 0
(quatrièmes composantes), puis β = γ (troisièmes composantes), puis 14β = 0 (deuxièmes com-
posantes) donc β = γ = δ = 0 et enfin α = 0.
Remarque : Cet exercice peut également se traiter avec les déterminants.

Applications linéaires

15. Les applications suivantes sont-elles linéaires ?


a) f : IR2 → IR2 , (x, y) 7→ (x + y, 8y)
b) f : IR2 → IR2 , (x, y) 7→ (x + y, xy)
c) f : IR3 → IR3 , (x, y, z) 7→ (2x + 1, y + z, x)
d) f : IR3 → IR2 , (x, y, z) 7→ (2x + y, −z)
e) f : IR3 → IR, (x, y, z) 7→ sin(x)
f) f : IR → IR, x 7→ xex .
8

a) f ((x, y) + λ(x0 , y 0 )) = f (x + λx0 , y + λy 0 ) = (x + λx0 + y + λy 0 , 8y + 8λy 0 ) = (x + y, 8y) +


λ(x0 + y 0 , 8y 0 ) = f (x, y) + λf (x0 , y 0 ) donc f est bien une application linéaire.
b) f n’est pas linéaire : par exemple, f (0, 1) + f (1, 0) = (2, 0) alors que f ((0, 1) + (1, 0)) =
f (1, 1) = (2, 1).
c) f n’est pas linéaire car f (0, 0, 0) = (1, 0, 0) 6= (0, 0, 0).
d) f ((x, y, z)+λ(x0 , y 0 , z 0 )) = f (x+λx0 , y+λy 0 , z +λz 0 ) = (2(x+λx0 )+(y+λy 0 ), −(z +λz 0 )) =
(2x + y, −z) + λ(2x0 + y 0 , −z 0 ) = f (x, y, z) 0 0 0
 + λf (x , y , z ). π 
π
e) f n’est pas linéaire : f 2 × , 0, 0 = f (π, 0, 0) = 0 alors que 2f , 0, 0 = 2.
2 2
f) f n’est pas linéaire : par exemple f (1−1) = f (0) = 0 alors que f (1)+f (−1) = e−e−1 6= 0.

16. Soit l’application linéaire f : IR3 → IR3 , (x, y, z) 7→ (x + y + z, 2y + z, x − y). Calculer im(f ) et
ker(f ).

v = (x, y, z) ∈ ker(f ) équivaut à (x + y + z, 2y + z, x − y) = 0, ce qui donne x = y et z = −2y.


Donc ker(f ) = vect((1, 1, −2)) qui est de dimension 1.
im(f ) = {x(1, 0, 1)+y(1, 2, −1)+z(1, 1, 0) ∈ IR3 ; x, y, z ∈ IR} = vect((1, 0, 1), (1, 2, −1), (1, 1, 0)).
La famille ((1, 0, 1), (1, 2, −1), (1, 1, 0)) engendre im(f ) mais n’est pas libre car (1, 0, 1)+(1, 2, −1)−
2(1, 1, 0) = 0. Par contre, la famille ((1, 0, 1), (1, 2, −1)) est libre car formée de deux vecteurs
non colinéaires et im(f ) = vect((1, 0, 1), (1, 2, −1)) donc en particulier rg(f ) = 2 et le théorème
du rang est bien vérifié.

17. Soit f : IR[X] → IR, P 7→ P (1).


Montrer que f est linéaire et déterminer son noyau et son image.

f (P + λQ) = (P + λQ)(1) = P (1) + λQ(1) = f (P ) + λf (Q).


ker(f ) = {P ∈ IR[X] ; P (1) = 0} = (X − 1)IR[X] car P (1) = 0 équivaut à (X − 1) divise P .
im(f ) = IR car déjà im(f ) ⊂ IR et, si Pa = a, polynôme constant, f (Pa ) = a.

18. Soit E l’espace vectoriel de l’ensemble des fonctions de classe C ∞ sur IR et ϕ : E → E définie
par ϕ(f ) = f 0 + f .
a) Montrer que ϕ est linéaire et calculer son noyau.
b) ϕ est-elle injective ?

a) ϕ(f + λg) = (f + λg)0 + (f + λg) = f 0 + λg 0 + f + λg par linéarité de la dérivation, donc


ϕ(f + λg) = f 0 + f + λ(g 0 + g) = ϕ(f ) + λϕ(g) et ϕ est bien linéaire.
ker(ϕ) = {f ∈ C ∞ (IR) ; f 0 + f = 0} = vect(x 7→ e−x ).

b) f n’est pas injective puisque son noyau n’est pas nul.

19. Soit E un espace vectoriel de dimension n ≥ 1. Soit u, v ∈ L(E) avec u ◦ v = v ◦ u ainsi que
E = ker u ⊕ imu = ker v ⊕ imv. Montrer que E = ker(u ◦ v) ⊕ im(u ◦ v).

Étant donné la formule du rang appliquée à u ◦ v, il suffit de montrer que : ker(u ◦ v) ∩


im(u ◦ v) = {0}. Soit x = u ◦ v(y) tel que u ◦ v(x) = 0. On a alors v(x) ∈ ker u et
v(x) = v ◦ u ◦ v(y) = u ◦ v 2 (y), d’où v(x) ∈ ker u ∩ imu donc v(x) = 0. Ainsi x ∈ ker v.
9

Mais x = u ◦ v(y) = v ◦ u(y), donc x ∈ imv. D’où x ∈ ker v ∩ imv donc x = 0.

20. Soit E un espace vectoriel, et u ∈ L(E). Montrer que :


a) E = Imu + ker u si et seulement si Imu = Imu2 .
b) ker u ∩ Imu = {0} si et seulement si ker u = ker u2 . .
Que conclut-on si E est de dimension finie ?

a) On a toujours Imu2 ⊂ Imu.


• Si E = Imu + ker u, soit x ∈ Imu : x = u(y), y = y1 + y2 , où y1 ∈ Imu : y1 = u(z1 ), et
y2 ∈ ker u. Donc, u(y) = u2 (z1 ) = x, i.e. Imu ⊂ Imu2 .
• si Imu = Imu2 : pour tout x ∈ E, il existe y tel que u(x) = u2 (y), d’où u(x − u(y)) = 0,
ainsi x − u(y) = z ∈ ker u, soit x = u(y) + z, donc E = Imu + ker u.
b) On a toujours ker u ⊂ ker u2 .
• si ker u ∩ Imu = {0}, soit x ∈ ker u2 : u2 (x) = 0, donc u(x) ∈ ker u ∩ Imu, soit u(x) = 0,
d’où ker u2 ⊂ ker u.
• si ker u = ker u2 , soit x ∈ ker u∩Imu : u(x) = 0 et x = u(y), donc u2 (y) = 0, puis u(y) = 0,
soit x = 0.
En dimension finie : E = Imu ⊕ ker u si et seulement si Imu = Imu2 (ou ker u = ker u2 ).
D’ailleurs, dim E = rgu+dim Keru = rgu2 +dim Keru2 , donc rgu = rgu2 équivaut à dim Keru =
dim Keru2 , soit Imu = Imu2 équivaut à ker u = ker u2 , puisque l’une des inclusions est assurée
au départ. On peut se contenter de (a) par exemple, pour la preuve !

21. Soit E un espace vectoriel de dimension n ≥ 1 et soient u, v ∈ L(E) vérifiant E = imu + imv =
ker u + ker v. Montrer l’équivalence entre :
a) Les deux sommes sont directes
b) E = im(u + v) et rg(u + v) = rgu + rgv = n.

Si b) est réalisée, n = rgu + rgv − dim(imu ∩ imv) = dim keru + dim kerv − dim(ker u ∩ ker v).
D’où dim kerv ≥ n − dim keru = rgu ≥ n − rgv = dim kerv. Ainsi, rgu = dim kerv et rgv =
dim keru, puis n = rgu + rgv, d’où imu ∩ imv = {0}, et n = dim keru + dim kerv, donc
ker u ∩ ker v = {0}.
Supposons disposer de a). Si (u + v)(x) = 0, alors u(x) = −v(x) = v(−x) ∈ imu ∩ imv, d’où
u(x) = 0 = v(x), soit x ∈ ker u∩ker v = {0}. Ainsi, E = im(u+v), puis n = rg(u+v) = rgu+rgv.

22. Soit E un espace vectoriel de dimension n ≥ 1 et soient u, v ∈ L(E) vérifiant rgu = rgv = 1.
Montrer l’équivalence entre :
a) rg(u + v) ≤ 1.
b) imu = imv ou keru = ker v [on pourra montrer, et utiliser, que, si u ∈ L(E) est de rang 1, il existe
un vecteur non nul e et une forme linéaire λ ∈ E ∗ avec u = λe].

Si on a b), comme im(u + v) ⊂ imu + imv,


• si imu = imv, alors rg(u + v) ≤ rgu ≤ 1,
• si keru = ker v, si u(x) = 0, v(x) = 0 et donc (u + v)(x) = 0 et ker u ⊂ ker(u + v). D’où
n − rgu ≤ n − rg(u + v) et rg(u + v) ≤ rgu = 1.
Si on a a),
• si u + v = 0, v = −u et imu = imv.
10

• sinon, rg(u + v) = 1. Puisque rgu = 1, il existe  6= 0 avec, pour tout x ∈ E, il existe


λ(x) tel que u(x) = λ(x). La linéarité de u entraı̂ne que λ est une forme linéaire non nulle. De
même, v(x) = µ(x)e et (u + v)(x) = γ(x)a, où µ, γ ∈ E ∗ \ {0}. On a donc, pour tout x ∈ E,
λ(x) + µ(x)e = γ(x)a.
. Si ker λ = ker µ = H hyperplan, alors ker u = ker v, donc µ = αλ (α 6= 0), et
γ(x)a = λ(x)( + αe), donc a = δ( + αe) car il existe x0 tel que γ(x0 ) 6= 0.
. Sinon, il existe x0 et x1 tels que λ(x0 ) 6= 0 ; µ(x0 ) = 0 et λ(x1 ) = 0 ; µ(x1 ) 6= 0,
donc λ(x0 ) = γ(x0 )a et µ(x1 )e = γ(x1 )a, soit γ(x0 ) 6= 0, γ(x1 ) 6= 0, donc K = Ke = Ka, soit
imu = imv.

23. Soit E un espace vectoriel de dimension finie, et u ∈ L(E). Montrer l’équivalence entre :
a) u2 = 0.
b) Il existe un projecteur p de E tel que pu = u et up = 0.
c) Il existe un projecteur p de E tel que pu − up = u.

Si l’on veut b), on doit avoir im(p) ⊂ ker(u) et im(u) ⊂ im(p).


u2 = 0 équivaut à im(u) ⊂ ker(u). Soit alors E = ker(u) ⊕ F et p le projecteur sur ker(u)
associé à cette somme directe. Ainsi, im(p) = ker(u) donc up = 0 et c’est aussi ker(p − id) qui
contient donc im(u) donc (p − id)u = 0. Finalement, a) implique b).
b) implique facilement a) car u2 = pupu = p0u = 0.
b) implique trivialement c). Si on a c), on multiplie par p à gauche et à droite, d’où
pup − up = up et pu − pup = pu, soit pup = 0 donc −up = up donc up = 0 puis pu = u :
c’est b).

24. Soit p ∈ L(E). Montrer que p est un projecteur de E si, et seulement si, p2 = p3 et E =
ker p ⊕ imp.

Si p est un projecteur, alors p = p2 , donc p2 = p3 et d’après le cours, on a de plus E =


ker p ⊕ imp.
Réciproquement, si p2 = p3 , alors, pour tout x ∈ E, p(p(x) − p2 (x)) = 0, donc p(x) − p2 (x) ∈
ker p. Mais c’est p(x − p(x)) donc c’est aussi dans imp, d’où p(x) = p2 (x) pour tout x ∈ E, soit
. p = p2 .

Matrices

25. La transposée d’une matrice A s’obtient en échangeant les lignes et colonnes, on la note tA.
Autrement dit, si A = (aij ), alors tA = (a0ij ) avec a0ij = aji .
 
7 2 3
Soit A = . Écrire la transposée de A. Calculer A tA, puis tAA.
2 0 1

   
7 2   7 2  
7 2 3  62 17
t
A= 2 0  ; A tA = 2 0  =
2 0 1 17 5
3 1 3 1
   
7 2   53 14 23
  7 2 3
t
AA = 2 0 =  14 4 6  .
2 0 1
3 1 23 6 10
11

26. Soit A et B dans Mn (K). Résoudre, dans Mn (K), M = (trM )A + B.

Nécessairement, trM (1 − trA) = trB.


trB
• Si trA 6= 1, alors il n’y a qu’une solution possible, c’est M = A+B et réciproquement,
1 − trA
trB trA trB
si M = A + B, alors trM = trB( + 1) = et M est bien solution. Dans
1 − trA 1 − trA 1 − trA
trB
ce cas S = { A + B}.
1 − trA
• Si trA = 1 et si trB 6= 0, alors S = ∅.
• Si trA = 1 et si trB = 0, alors M est nécessairement de la forme λA+B et réciproquement,
si M = λA + B, alors trM = λtrA + trB = λ et on a bien M = (trM )A + B. Donc finalement
S = {λA + B ; λ ∈ K}.
 
3 1 5
27. Soit A =  0 3 2  ∈ M3 (IR).
0 0 3
a) Écrire A sous la forme αI3 + J.
b) Calculer (αI3 )100 , calculer J 3 puis J n pour n ≥ 3.
c) Calculer A100 .
   
0 1 5 0 1 5
a) A = 3I3 +  0 0 2  = 3I3 + J avec J =  0 0 2 .
0 0 0 0 0 0
 
0 0 2
b) 3I3 )100 = 3100 I3 , J 2 =  0 0 0  et J3 = 0 donc Jn = 0 pour n ≥ 3.
0 0 0
c) A100 = (3I3 + J)100 et on peut appliquer la formule du binôme de Newton car I3 et J
commutent (pour le produit des matrices).
 100 
3 100 × 399 500 × 399 + 9900 × 398
100 × 99
A100 = (3I3 )100 +100(3I3 )99 J+ (3I3 )98 J 2 +0 =  0 3100 200 × 399 .
2 100
0 0 3

28. On se place dans E = Mn (IR) l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre n.
Soit S = {A ∈ E ; tA = A} l’ensemble des matrices symétriques
Soit A = {A ∈ E ; tA = −A} l’ensemble des matrices antisymétriques.
a) Donner, pour n = 3 des exemples de matrices symétriques et des exemples de matrices anti-
symétriques.
b) Démontrer que S et A sont des sous-espaces vectoriels de E.
c) Vérifier que pour toute matrice A ∈ E, A + tA est symétrique et A − tA est antisymétrique.
d) Démontrer que E = S ⊕ A.
 
a b c
a) Pour n = 3, les matrices symétriques sont de la forme  b d e  et les matrices anti-
c e f
 
0 b c
symétriques sont de la forme  −b 0 e .
−c −e 0
12

b) 0 ∈ S donc S est non vide. Si A, B ∈ S et λ ∈ IR, on a t (A + λB) = tA + λ tB = A + λB


donc S est stable par combinaisons linéaires. Donc S est un sous-espace vectoriel de E.
De même, 0 ∈ A donc A est non vide. Si A, B ∈ A et λ ∈ IR, on a t (A + λB) = tA + λ tB =
−A − λB = −(A + λB) donc A est stable par combinaisons linéaires. Donc A est un sous-espace
vectoriel de E.

c) t (A + tA) = tA + A = A + tA donc A + tA est symétrique.


De même, t (A − tA) = tA − A = −(A − tA) donc A − tA est antisymétrique.
1 1
d) Soit A ∈ E. On a A = (A + tA) + (A −t A) donc E = S + A et, si A ∈ S ∩ A, on a
2 2
t
A = A = −A donc A = 0 et S ∩ A = {0}. Finalement, on a bien E = S ⊕ A.

29. Dans IR3 , notons B = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique.


Soit B 0 = (e01 , e02 , e03 ) = ((1, 1, 0), (1, 1, 1), (0, 3, 1)) une famille de IR3 .
a) Montrer que B 0 est une base de IR3 .
b) Écrire la matrice de passage de B à B 0 .
c) Déterminer la matrice de passage de B 0 à B.
d) Quelles sont les coordonnées d’un triplet (x, y, z) dans la nouvelle base B 0 ?

a) Pour montrer que B 0 est une base de IR3 , il suffit de montrer qu’elle est libre (3 vecteurs
dans IR3 ). 
 α+β =0
0 0 0
Si αe1 + βe2 + γe3 = 0, alors α + β + 3γ = 0 , donc α = β = γ = 0.

β+γ =0
 
1 1 0
b) PB→B0 =  1 1 3 .
0 1 1
0
c) Pour calculer  la0 matrice de passage de B à B, il faut mettre e1 , e2 et e3 en fonction de
 e 1 = e1 + e2 1 0
(e01 , e02 , e03 ). On a e0 = e1 + e2 + e3 , ce qui équivaut à e3 = e02 − e01 , puis e2 = (e − e02 + e01 )
 20 3 3
e3 = 3e2 + e3
1
et enfin e1 = e01 − e2 = (2e01 + e02 − e03 ). On a alors
3
 
2 1 −3
1
PB0 →B = 1 −1 3 
3
−1 1 0

 0 2 1

 x = x + y−z

 3 3
1 1
d) On a X = PB→B0 X 0 donc X 0 = PB0 →B X, soit y0 = x − y + z .

 3 3

 z0 = − 1 x + 1 y

3 3
30. Soit A, B ∈ M2n+1 (K) telles que AB = 0. Montrer que l’une au moins des deux matrices
A + t A et B + t B n’est pas inversible.

On a im(B) ⊂ ker(A), donc rg(A) + rg(B) ≤ 2n + 1. On ne peut donc avoir rg(A) > n et
rg(B) > n. Supposons par exemple rg(A) ≤ n. On a alors rg(A+ t A) ≤ rg(A)+rg(t A) = 2rg(A)
13

(ceci car im(A + t A) ⊂ im(A) + im(t A) puis Grassmann), donc rg(A + t A) ≤ 2n < 2n + 1, et
A + t A n’est pas inversible.

31. Calculer l’inverse de chacune des matrices ci-dessous :


 
    1 1 0 1
  3 −1 1 1 0 1
1 1  1 0 1 1 
A= B= 0 2 0  C =  −1 1 1  D=
 0 −1 1

1 −1 1 
1 −1 3 0 1 0
1 0 0 1

0
On a M X  = X qui donne X=  M −1 X 0 .  
x + y = x0 2x = x0 + y 0 −1 1 1 1
Pour A, donne donc A = .
x − y = y0 2y = x0 − y 0 2 1 −1
  0
 3x + z = x0 + y

0
 3x − y + z = x y 0
Pour B, 2y = y 0 donne d’abord y = puis 0
2 donne 8x =
 0 2  y
 x + 3z = + z 0
x − y + 3z = z
  2
3 1 −1
1
3x0 + y 0 − z 0 et 8z = −x0 + y 0 + 3z 0 donc B −1 =  0 4 0 .
8
−1 1 3

 x+z =x
0 
0 0 x + z = x0
Pour C, −x + y + z = y donne d’abord y = z puis donne 2x =
 −x + z = y 0 − z 0
y = z0
 
1 −1 1
1
x0 − y 0 + z 0 et 2z = x0 + y 0 − z 0 donc C −1 =  0 0 2 .
2
1 1 −1
 0

 x+y+t = x

x + z + t = y0
Enfin, pour D, donne d’abord y = x0 −t0 et z = y 0 −t0 puis t = y−z+z 0 =

 −y + z + t = z 0

x + t = t0
 
−1 1 −1 1
 1 0 0 −1 
x0 − y 0 + z 0 et enfin x = t0 − t = −x0 + y 0 − z 0 + t0 donc D −1 =   0
.
1 0 −1 
1 −1 1 0
 
1 2 ... n
 .. .. .. 
 . . . 
32. Inverser A = 

.

 (0) ..
. 2 
1

det A = 1, donc A est inversible. On résout AX = Y , soit




 x1 + 2x2 + . . . ... +nxn = y1



 x2 + 2x3 + ... +(n − 1)xn = y2
.. .
 .



 xn−1 +2xn = yn−1

xn = yn
14


 x1 + x2 + . . . ... +xn = y1 − y2



 x2 + x 3 + ... +xn = y2 − y3
On fait, pour 1 ≤ i ≤ n − 1, Li ← Li − Li+1 : .. .
 .



 xn−1 +xn = yn−1 − yn

xn = y n


 x1 + = y1 − 2y2 + y3

 .. ..

 . .



xi = yi − 2yi+1 + yi+2 pour1 ≤ i ≤ n − 2
Puis, de nouveau, pour 1 ≤ i ≤ n−1, Li ← Li −Li+1 : .. .. .

 . .





 xn−1 = yn−1 − 2yn

xn = yn
 
1 −2 1 0 ... 0
 .. 
 0 1 −2 1 . . . . 
 
 .. . . .. .. .. 
 . . . . . 0 
On a donc A−1 =   .. ..
.

 . . 1 −2 1 
 
 .. .. 
 . . 1 −2 
0 ... ... ... 0 1

Applications linéaires et matrices

33. On se place dans le IR-espace vectoriel IR3 .


Soit f l’application linéaire définie par f : IR3 → IR3 , w = (x, y, z) 7→ (2x + 3y − z, x − y, 4z).
Soit E la base canonique de IR3 .
 a) Donner la matrice de f dans la base canonique. Soit g l’application linéaire définie par la matrice
1 2 3
 0 1 0 .
2 −1 0
b) Calculer g(w) avec w = (x, y, z).
c) Calculer g ◦ f en utilisant deux méthodes différentes.

a) La matrice de f dans la base canonique est la matrice dont les colonnes sont les images par
f des vecteurs de la base canonique exprimées dans la base canonique. Ainsi,on a f (1, 0, 0) =
2 3 −1
(2, 1, 0), f (0, 1, 0) = (3, −1, 0) et f (0, 0, 1) = (−1, 0, 4), ce qui donne MB (f ) =  1 −1 0 .
0 0 4
    
1 2 3 x x + 2y + 3z
b) On a  0 1 0   y  =  y . Ainsi, g(w) = (x + 2y + 3z, y, 2x − y).
2 −1 0 z 2x − y
c) g ◦ f (x, y, z) = g(2x + 3y − z, x − y, 4z) = (2x + 3y − z + 2(x − y) + 12z, y − z, 2(x + 3y −
z) − (x − y)), soit g ◦ f (w) = (4x + y + 11z, y − z, x + 7y − 2z) ou bien avec les matrices :
    
1 2 3 2 3 −1 4 1 11
MB (g ◦ f ) =  0 1 0   1 −1 0  =  1 −1 0  .
2 −1 0 0 0 4 3 7 −2

34. On se place dans le IR-espace vectoriel IR3 [X]. Soit f l’application de IR3 [X] dans IR3 [X] qui
à un polynôme associe le reste de sa division euclidienne par P (X) = X 2 − 1.
15

a) Montrer que f est une application linéaire.


b) Donner la matrice M de f dans la base canonique. En déduire une base du noyau et de l’image
de f .
c) Montrer que la famille (1, X − 1, X 2 − 1, (X 2 − 1)(X − 1)) est une base de IR3 [X]. On notera cette
base B.
d) Donner la matrice N de f dans B et en déduire une base du noyau et de l’image de f .
e) f est-il un projecteur ?
f) Donner la matrice de passage P de la base canonique à la base B et la matrice de passage entre la
base B et la base canonique.
g) Quelle relation doit-on avoir entre les matrices M , N et P ? Vérifier cette relation.

a) Si f (P1 ) = R1 et f (P2 ) = R2 , il existe Q1 et Q2 tels que P1 = (X 2 − 1)Q1 + R1 et


P2 = (X 2 − 1)Q2 + R2 avec deg(R1 ) ≤ 1 et deg(R2 ) ≤ 1. On a alors, pour tout λ ∈ IR,
P1 + λQ1 = (X 2 − 1)(Q1 + λQ2 ) + (R1 + λR2 ) avec deg(R1 + λR2 ) ≤ 1 donc f (P1 + λP2 ) =
R1 + λR2 = f (P1 ) + λf (P2 ) et f est linéaire.

b) 1 = (X 2 −1)×0+1, X = (X 2 −1)×0+X, X 2 = (X 2 −1)×1+1 et 3 2


X = (X −1)×X+X.
 On
1 0 1 0
 0 1 0 1 
a donc f (1) = 1, f (X) = X, f (X 2 ) = 1 et f (X 3 ) = X donc M =  
 0 0 0 0 . C’est une
0 0 0 0
matice de rang 2 (2 colonnes indépendantes et C3 = C1 et C4 = C2 donc le noyau est de dimension
4 − 2 = 2 et ker M = vect((1, 0, −1, 0), (0, 1, 0, −1)). Donc ici ker(f ) = vect(1 − X 2 , X − X 3 ) =
(X 2 − 1)IR1 [X].
On a clairement im(f ) ⊂ IR1 [X] et par égalité des dimensions, im(f ) = IR1 [X] = vect(1, X).

c) Soit α + β(X − 1) + γ(X 2 − 1) + δ(X 2 − 1)(X − 1) = 0. On a un polynôme de degré ≤ 3


qui est nul, donc tous ses coefficients sont nuls. Le coefficient de X 3 étant δ, on a tout d’abord
δ = 0, puis α + β(X − 1) + γ(X 2 − 1) = 0 donne γ = 0 en considérant le coefficient de X 2 , puis
de même β = 0 et enfin α = 0 (famille de polynômes de degrés échelonnés). La famille est donc
libre et elle a 4 éléments. Comme dimIR3 [X] = 4, c’est bien une base de IR3 [X].

d) On a f (1) = 1, f (X − 1) = X − 1, f (X 2 − 1) = 0 et f (X 2 − 1)(X − 1) = 0 donc


 
1 0 0 0
 0 1 0 0 
N =
 0
.
0 0 0 
0 0 0 0

On retrouve ainsi aisément que ker(f ) = vect((X 2 −1), (X 2 −1)(X −1)) et im(f ) = vect(1, X −1).
 
I2 0
e) N = par blocs, donc N 2 = N et f ◦ f = f : f est bien un projecteur.
0 0
 
1 −1 −1 1
 0 1 0 −1 
f) Si C est la base canonique, on a PC→B =   0 0
. Pour l’autre matrice
1 −1 
0 0 0 1
de passage, on écrit les vecteurs de la base canonique en fonction des vecteurs de B. On a
16

alors X = (X − 1) + 1, X 2 = (X 2 − 1) + 1 et X 3 = (X 2 − 1)(X −1) + X 2 + X − 1 =


1 1 1 1
 0 1 0 1 
(X 2 − 1)(X − 1) + (X 2 − 1) + (X − 1) + 1 donc PB→C =   0 0 1 1 .

0 0 0 1
g) On doit avoir N = P −1 M P , soit P N = M P , relation que l’on peut vérifier aisément.
 
1 1 −1
35. Soit f l’endomorphisme de IR3 défini par la matrice M =  0 1 1 .
0 0 1
a) f est-elle inversible ?
b) Soit A et B deux matrices qui commutent. Calculer (A + B)n .
c) Calculer f n (pour cela, on pourra décomposer la matrice M en M = I + N ).


 x+y−z =0
a) f (x, y, z) = 0 équivaut à y+z =0 , ce qui donne, par remontée, z = 0 puis y = 0

z=0
et enfin x = 0. On a donc ker(f ) = {(0, 0, 0} et f est bien inversible.

b) Si A et B commutent, la formule du binôme de Newton s’applique, et on a donc


n
X n
X
(A + B)n = Cnk Ak B n−k = Cnk B k An−k .
k=0 k=0
   
0 1 −1 0 0 1
c) M = I3 + N avec N =  0 0 1 , N 2 =  0 0 0  et N k = 0 pour k ≥ 3.
0 0 0 0 0 0
Xn
Comme l’identité commute avec toutes les matrices, on a M n = (I3 + N )n = Cnk I3n−k N k .
  k=0
n2 − 3n
n(n − 1) 2  1 n 
On a donc M n = I3 + nN + N = 2 .
2  0 1 n 
0 0 1
n 2 − 3n
Ainsi, f n (x, y, z) = (x + ny + z, y + nz, z).
2
36. Soit f l’application linéaire de IR3 définie par f (x, y, z) = (2x + y, x + z, y − 2z).
a) Calculer im(f ) et ker(f ). Quel est le rang de f ?
b) Écrire la matrice M de f dans la base canonique.
c) Quel est le rang de la matrice M ?

a) f (x, y, z) = x(2, 1, 0)+y(1, 0, 1)+z(0, 1, −2) donc im(f ) = vect((2, 1, 0), (1, 0, 1), (0, 1, −2)).
La famille ((2, 1, 0), (1, 0, 1), (0, 1, −2)) engendre im(f ) mais elle n’est pas libre, puisque (0, 1, −2) =
(2, 1, 0) − 2(1, 0, 1). Par contre la famille ((2, 1, 0), (1, 0, 1)) est libre et rg(f ) = 2.
 2x + y = 0
f (x, y, z) = (0, 0, 0) équivaut à x + z = 0 , soit y = 2z et x = −z d’où ker(f ) =

y − 2z = 0
vect((−1, 2, 1)) et dim ker(f ) = 1. On a bien rg(f ) + dim ker(f ) = 2 + 1 = 3 = dim(IR3 ).
17

 
2 1 0
b) MB (f ) =  1 0 1  car f (1, 0, 0) = (2, 1, 0), f (0, 1, 0) = (1, 0, 1) et f (0, 0, 1) =
0 1 −2
(0, 1, −2).
c) Le rang de la matrice est le rang de f , c’est-à-dire rg(M ) = 2.
 
1 1 2
37. Soit la matrice P =  2 1 0  et soit E la base canonique de IR3 .
4 −2 −1
a) Montrer que P est la matrice de passage de la base E à une autre base de IR3 que l’on notera B et
que l’on explicitera.
b) Calculer la matrice de passage de la base B à la base E.
c) En déduire P −1 .
Soit f l’application linéaire sur IR3 définie par f (x, y, z) = (z, y + z, x − y)
d) Écrire la matrice de f dans la base E.
e) Écrire la matrice de f dans la base B.

a) On pose b1 = (1, 2, 4), b2 = (1, 1, −2) et b3 = (2, 0, −1) : b1 , b2 et b3sont les colonnes de
 α + β + 2γ = 0
P et elles forment une famille libre. En effet αb1 + βb2 + γb3 = 0 conduit à 2α + β = 0

4α − 2β − γ = 0
d’où β = −2α, puis α = 2γ et 8α − γ = 0, soit 15γ = 0 donc γ = α = β = 0. C’est aussi une
base car elle est constituée de 3 vecteurs.
 
 e1 + 2e2 + 4e3 = b1  9e1 + 2e2 = b1 + 4b3
b) e1 + e2 − 2e3 = b2 donne, en remplaçant e3 par 2e1 − b3 : −3e1 + e2 = b2 − 2b3
 
2e1 − e3 = b3 2e1 − e3 = b3
1 3 2
donc finalement 5e2 = b1 + 3b2 − 2b3 , soit e2 = b1 + b2 − b3 . On en déduit e1 =
5 5 5
1 1 2 1 2 8 2 4 1
e2 − b2 + b3 = b1 − b2 + b3 et enfin e3 = 2e1 − b3 = b1 − b2 + b3 . On
3 3 3  15 15 15
 15 15 15
1 1 2
 15 5 15 
 2 3 4 
a alors PB→E =   − 15 − .
 8 5 15 
2 1 

15 5 15
c) P étant la matrice de passage de la base E à la base B, P −1 est la matrice de passage de
la base B à la base E trouvée à la question précédente.
 
0 0 1
d) ME (f ) =  0 1 1  car f (1, 0, 0) = (0, 0, 1), f (0, 1, 0) = (0, 1, −1) et f (0, 0, 1) =
1 −1 0
(1, 1, 0).

e) On a MB (f ) = P −1 ME (f )P . On calcule donc le produit de ces matrices :


 
1 1 2
   
 15 5 15  0 0 1 2 1 4
 2 3 
4  1 
−1
P ME (f ) =  − − 0 1 1 = −4 13 7 
 815 5 15  15
2 1  1 −1 0 1 −7 2

15 5 15
18

    
2 1 4 1 1 2 20 −5 0
1  −4 13 7   2 1 1
P −1 ME (f )P = 0 =  50 −5 −15 
15 15
1 −7 2 4 −2 −1 −5 −10 0
 
4 −1 0
1
soit MB (f ) =  10 −1 −3 .
3
−1 −2 0
38. Soit f l’endomorphisme de IR3 dont la matrice dans la base canonique est :
 
2 −3 1
M =  −1 3 −5 
−5 9 −7

Donner une base et la dimension de ker f et de im(f ).

On
 commence par déterminer le noyau.  
 2x − 3y + z = 0  x = 3y − 5z  x = 3y − 5z
−x + 3y − 5z = 0 équivaut à 6y − 10z − 3y + z = 0 , soit à 3y − 9z = 0 ,
  
−5x + 9y − 7z = 0 −15y + 25z + 9y − 7z = 0 −6y + 18z = 0
soit y = 3z et x = 4z. Ainsi, ker(f ) = vect((4, 3, 1)). On a donc, en particulier dim ker(f ) = 1
et donc rg(f ) = 2.
On a im(f ) = vect(f (e1 ), f (e2 ), f (e3 )) = vect((2, −1, −5), (−3, 3, 9), (1, −4, −7)). Les 2 pre-
miers vecteurs sont non colinéaires et rg(f ) = 2 donc ils forment une base de im(f ). On peut
donc prendre, par exemple, comme base de im(f ), la famille ((2, −1, 5), (−1, 1, 3)) (ou encore
((2, −1, 5), (1, 0, 8)),....).

39. Soit A ∈ Mn (IR), A 6= 0, telle que A3 = −A.


a) Montrer que E = IR3 = ker A⊕ker(A

2
+idE ).Donner le projecteur associé à cette somme directe.
0 0 0
b) Montrer que A est semblable à  0 0 −1 .
0 1 0

Soit u ∈ L(IR3 ) canoniquement associé à A : u3 = −u.


a) • x ∈ ker u ∩ ker(u2 + idE ): u(x) = 0 = u2 (x) + x donc x = 0.
• u3 +u = u(u2 +idE ), donc Im(u2 +idE ) ⊂ ker u, soit 3 ≤ dim Ker(u2 +idE )+dim Ker u.
Donc, 3 ≤ dim[ker(u2 + idE ) ⊕ ker u] ≤ 3, d’où E = ker u ⊕ ker(u2 + idE ). Donnons la
décomposition de x ∈ E.
Analyse. x = x1 + x2 ; u(x) = u(x2 ); u2 (x) = −x2 , d’où x2 = −u2 (x), x1 = x + u2 (x).
Synthèse. x + u2 (x) ∈ ker u et −u2 (x) ∈ ker(u2 + idE ).
b) Soit e1 un vecteur non nul de ker u, soit e2 ∈ ker(u2 +idE ) et e3 = u(e2 ). (u2 +idE )(e3 ) =
u (e2 ) + u(e2 ) = 0 donc e3 ∈ ker(u2 + idE ). Montrons la liberté de la famille (e1 , e2 , e3 ). Si
3

λe2 + µe3 =0, alors, en composant par u : λu(e2 ) + µu(e3 ) = 0. Or u(e2 ) = e3 et u2 (e2 ) = −e2 .
λe3 − µe2 = 0
On a donc , puis λ2 + µ2 = 0 et λ = µ = 0. Enfin, u(e3 ) = u2 (e2 ) = −e2 , d’où
µe3 + λe2 = 0
la matrice dans (e1 , e2 , e3 ).

40. a) Montrer que Mn (K) a une base de matrices de projecteurs [si (Eij ) est la base canonique de
Mn (K), on pourra calculer (Eii + Eij )2 pour i 6= j].
b) Montrer que {M = (mij ) ∈ Mn (K)/m11 = 0} est l’hyperplan ker(M 7→ tr(M E11 )).
c) Soit A ∈ Mn (K) telle que, pour tout P ∈ GLn (K), si M = P AP −1 = (mij ), on ait m11 = 0.
Montrer que tr(AX) = 0 pour toute matrice X semblable à E11 . En déduire que tr(AX) = 0 pour toute
19

matrice X de projecteur, puis que A = 0.

2
a) Rappelons que Eij Ekl = δjk Eil , donc Eij = 0 et Eij Eii = 0 si i 6= j. Par contre, Eii2 = Eii
et Eii Eij = Eij , donc Eii + Eij est une matrice de projecteurs. Donc :
X n X
X n X
X n
X
M= mij Eij = mij [Eii + Eij ] − mij Eii + mii Eii
ij j=1 i6=j j=1 i6=j i=1

Ainsi, Mn (K) = vect(Eii , 1 ≤ i ≤ n; Eii + Eij , i 6= j) admet une famille génératrice de pro-
jecteurs, qui contient n2 éléments, donc c’est une base.
Xn
b) Si M = (mij ), comme E11 = (δl1 δc1 ), on a M E11 = ( mik δk1 δkj ) = (mi1 δ1j ), donc
k=1
n
X
tr(M E11 ) = mi1 δ1i = m11 .
i=1
c) Pour toute P inversible, tr(P AP −1 E11 ) = 0 = tr(AP −1 E11 P ), donc tr(AX) = 0 pour
toute X semblable à E11 .
r
X
Si X est une matrice de projecteur, et si r est son rang, X est semblable à Eii , Eii elle-
i=1
r
X
même est donc semblable à E11 , donc X est semblable à Pi E11 Pi−1 . Or, tr(APi E11 Pi−1 ) est
i=1
nulle, donc, par linéarité, tr(AX) = 0. Comme Mn (K) a une base de matrices de projecteurs,
il vient, par linéarité, tr(AX) = 0 pour toute matrice X. En prenant X = t A si K = IR, et
X = t Ā si K = C, on a A = 0.

41. Soit f ∈ L(E), E étant de dimension 3, qui vérifie f 2 6= 0, et f 3 = 0. Soit C l’ensemble des
endomorphismes de E qui commutent avec f .
a) Montrer qu’il existe un vecteur e tel que (e, f (e), f 2 (e)) soit une base de E.
b) Montrer que C = Vect(IdE , f, f 2 ).

a) Soit e tel que f 2 (e) 6= 0, et ae + bf (e) + cf 2 (e) = 0. En appliquant f 2 , on a af 2 (e) = 0,


donc a = 0, puis, par f , bf 2 (e) = 0, donc, b = 0, et, enfin, cf 2 (e) = 0, donc c = 0. La famille
(e, f (e), f 2 (e)) est libre, et, comme elle comporte 3 = dim E éléments, c’est une base de E.
b) C est un sous-espace vectoriel de L(E). En effet, 0 commute avec f , et, si g et h commutent
avec f , on a :

(λg + µh) ◦ f = λg ◦ f + µh ◦ f = λf ◦ g + µf ◦ h = f ◦ (λg + µh).

La dernière égalité vient de la linéarité de f .


De plus, Ide , f, f 2 sont dans C, donc Vect(IdE , f, f 2 ) ⊂ C.
Réciproquement, soit g ∈ C. Par(a), g(e) = ae + bf (e) + cf 2 (e) = (aIdE + bf + cf 2 )(e).
Alors :
g(f (e)) = f (g(e)) = af (e) + bf 2 (e) + cf 3 (e) = (aIdE + bf + cf 2 )(f (e)),
g(f 2 (e)) = f 2 (g(e)) = af 2 (e) + bf 3 (e) + cf 4 (e) = (aIdE + bf + cf 2 )(f 2 (e)).
Donc, g et aIdE + bf + cf 2 sont deux applications linéaires égales sur une base, donc égales
partout. Cela prouve que g ∈ Vect(IdE , f, f 2 ), donc C = Vect(IdE , f, f 2 ).
20

Déterminants

42. Calculer le déterminant des matrices ci-dessous :

 
    1 3 3 1
  1 6 6 1 4 6
1 3  1 1 6 2 
A= B= 0 0 1  C = 2 5 9  D=
 2

2 4 2 6 1 
4 2 1 3 6 12
4 5 1 2

1 3
det A = = 1 × 4 − 2 × 3 = −2
2 4
1 6 6
1 6
det B = 0 0 1 = (−1) × = −(2 − 24) = 22
4 2
4 2 1
1 4 6 1 4 6
det C = 2 5 9 = 0 −3 −3 = 0 (On peut aussi remarquer que C3 = C2 + 2C1 ).
3 6 12 0 −6 −6
1 3 3 1 1 3 3 1
−2 3 1 −6 3 1
1 1 6 2 0 −2 3 1 −6 3
det D = = = −4 0 −1 = 0 0 −1 = =
2 2 6 1 0 −4 0 −1 1 −11
−7 −11 −2 1 −11 −2
4 5 1 2 0 −7 −11 −2
63.

43. Calculer le déterminant des matrices ci-dessous en fonction des paramètres x, y et z. En déduire,
dans chaque cas, des conditions nécessaires et suffisantes portant sur les paramètres pour que ces matrices
soient inversibles.
   
x π √1 1 1 1
A= 0 y 2  B= x y z 
0 0 z y+z x+z x+y
 
 2
 0 1 1 1
1 x x  1 0 x y 
C = 1 y y2  D=
 1 −x 0
.
z 
1 z z2
1 −y z 0

x π √1
det A = 0 y 2 = xyz (matrice triangulaire). A est inversible si et seulement si det A 6= 0,
0 0 z
c’est-à-dire si et seulement si x, y et z sont non nuls. Plus généralement, le déterminant d’une
matrice triangulaire est le produit des éléments diagonaux ; une telle matrice est inversible si et
seulement si tous les éléments diagonaux sont nuls.

1 1 1 1 1 1
det B = x y z = x y z = 0 (la première et la
y+z x+z x+y x+y+z x+y+z x+y+z
troisième ligne sont colinéaires). Quels que soient les nombres x, y et z, B n’est pas inversible.
21

1 x x2 1 x x2
det C = 1 y y 2 = 0 y − x y − x2 = ((y − x)(z − x)(z + x) − (z − x)(y − x)(y + x) =
2

1 z z2 0 z − x z 2 − x2
(y − x)(z − x)(x − z). C est inversible si et seulement si x, y et z sont deux à deux distincts.

0 1 1 1 0 1 1 1
1 1 1
1 0 x y 1 0 x y
det D = = = − −x −x z − y
1 −x 0 z 0 −x −x z − y
−y z − x −y
1 −y z 0 0 −y z − x −y
1 0 0
= − −x 0 z − y + x = (z + x − y)(z + y − x).
−y z − x + y 0
Donc D est inversible si et seulement si y 6= z + x et x 6= z + y.

44. Calculer le déterminant d’ordre n ci-dessous (en fonction de a, b et n)

a b ··· b
.. ..
b a . .
Dn = .
.. .. ..
. . b
b ··· b a

a + (n − 1)b b b ··· b
a b ··· b .. ..
.. .. a + (n − 1)b a b . .
b a . . ..
Dn = .. .. .. = a + (n − 1)b b a . b
. . . b .. .. . . ..
b ··· b a . . . . b
a + (n − 1)b b · · · b a
a + (n − 1)b b b ··· b
0 a−b 0 ··· 0
. ..
= 0 0 a − b .. . = (a + (n − 1)b)(a − b)n−1 .
.. .. .. ..
. . . . 0
0 0 ··· 0 a−b

45. Soit a ∈ C. Calculer det(a|i−j| )1≤i,j≤n .


 
1 . . . an
a
 .. . 
 a
 1 . ..  . On effectue Li − aLi−1
A= . . .  → Li pour i de n à 2, et
 . . . . . . a 
an . . . a 1

1 a . . . an 1 ...

.. . ..
a
1 . .. 0 1 − a2 . (∗) 2 n−1
det(A) = . . = = (1 − a ) .
.. . . . . . a ... ..
.
..
.
n
a ... a 1 0 ... 0 1 − a2
22

46. Calculer le déterminant :



1 n
n −1 ··· 2

2 1 n ··· 3

3 2 1 ··· 4
Dn = .
.. ..
.. .. ..
. . . . .

n n−1 ··· 2 1

n(n + 1)
On remarque d’abord que la somme des éléments d’une ligne est toujours . Il
2
est intéressant de garder la première colonne dont deux éléments sont séparés par 1. On fait
1 n n − 1 · · · 1

2 1 n · · · 1

X n(n + 1) .
plutôt Cn ← Cj et Dn = ∆n où ∆n = 3 2 1 · · · .. . Puis on fait
2 .. .. .. .. .
.
. . . ..
n n − 1 ··· 2 1
Li ← Li − Li−1 si i ≥ 2 d’où

1 n · · · · · · 3 1
1 1 − n 1 ··· 1
1 1 − n 1 ··· 1 0
..
.. ..
n+1 . 1 1

∆n = . 1 1 . = (−1) .. .. .. .
.. .. . .. .
.. . . . 1 − n
. . 1 − n
1 1 ··· ··· 1
1 1 ··· ··· 1 0

1 1−n 1 1

0 n 1
n+1
On fait encore Li ← Li − Li−1 si i ≥ 2 et ∆n = (−1) .. .. et finalement
. . n 1

0 ··· 0 n
n+1
Dn = (−)n+1 nn−1 .
2
10 0 ··· 0
.. .. .. ..
1 . . . .
47. Calculer ∆n = 0 . .. .. ..
. . 0 .
.. . . ..
. . . 0 1
0 ··· 0 1 1

En développant suivant la première colonne, il vient


1 0 0 ··· 0
.. ..
01 1 . .
.
∆n = − 0 . . .. ..
. . 0 = −∆n−2
.. . . ..
. . . 0 1
0 ··· 0 1 1
en développant par rapport à la première ligne, si n ≥ 4. (On peut prendre ∆1 = 1, car ∆3 = −1
et on a ∆2 = −1). D’où ∆2p = (−1)p et ∆2p+1 = (−1)p par récurrence ou par télescopage. On
23

n
peut résumer en ∆n = (−1)E ( 2 ) .

48. Soit a1 , . . . , an , b1 , . . . , bn des éléments de K. Calculer le déterminant :



a1 + b1 b1 b1 ··· b1

b a + b b · · · b
2 2 2 2 2
Dn = b3 b3 a3 + b3 · · · b3 .

··· · · · · · · · · · · · ·

bn ··· ··· bn an + bn

On se place dans le contexte canonique de Kn et on pose b = (b1 , . . . , bn ). Si C = (e1 , . . . , en )


est la base canonique, Dn = detC (a1 e1 +b, . . . , an en +b). Par n-linéarité, Dn = detC (a1 e1 , . . . , an en )+
Xn
detC (a1 e1 , . . . , b, . . . , an en )+Sn . Sn est une somme de déterminants qui contiennent au moins
j=1
deux fois le vecteur b, donc Sn = 0. Par ailleurs, en développant detC (e1 , . . . , b, . 
. . , en ) suivant

Yn n
X Y
la colonne j où est b, ce déterminant vaut bj . On a finalement Dn = ai +  ai  b j .
i=1 j=1 i6=j
 
0
 .. 
 . (α) 
49. Soit (α, β) ∈ IR , et M = 
2

 . Calculer le déterminant et le rang de M

 .. 
(β) .
0
x (α + x)

..
[lorsque α 6= β, on pourra calculer . par multilinéarité pour x ∈ IR] .

(β + x) x

A l’aide des opérations élémentaires, Li+1 ← Li+1 − Li , M est de même rang que
 
0 α ... ... α
 β −α 0 . . . 0 
 
 .. .. .. .. 
N =  0 . . . . .

 .. . . 
 . . β −α 0 
0 ... 0 β −α
   
−α β (0) −α (0)
 .. ..   
 . .   β ... 

On extrait de N   ou  , donc rgM ≥ n − 1.
..   .. .. 
 . −α   . . 
(0) β (0) β −α
Si α = 0 ou β = 0, det M = 0, donc rgM = n − 1. Soit
 
x (α + x)
 ..  →
− →

ϕ(x) =  .  = det(C1 + x u , . . . , Cn + x u ),
(β + x) x

ϕ(−α) = (−α)n = a − bα
du type a + bx, par multilinéarité et det M = a = ϕ(0). Or .
ϕ(−β) = (−β)n = a − bβ
24

β(−α)n − α(−β)n (−1)n αβ  n−1 


Si α 6= β, a = = α − β n−1 .
β−α β−α
• Si n est pair, et α 6= β, rgM = n.
• Si n est impair, si β 6= ±α, rgM = n. Si α = −β, rgM = n − 1.
β n−1 − αn−1
Si α = β, on fixe α. β → det M est continue, et lim = (n − 1)αn−2 .
β→α β−α
Donc det M = (−1)n−1 (n − 1)αn 6= 0, donc rgM = n. On pouvait aussi écrire

n − 1 1 ... ... 1 n − 1 1 ... ... 1


.. .. .. ..
0 (1) . 0 . . 0 −1 0 .
n . .. n .
.. . . . n . . . . = (−1)n−1 (n−1)αn .
α =α 1 . . . . .. = α .. .. .. ..
(1) 0 .. .. . . . . .. ..
. . . . 1 . . −1 0
n − 1 1 ... 1 0 0 . . . . . . 0 −1

50. Soit E un espace vectoriel de dimension n et f un endomorphisme de E.


a) On dit que f est un projecteur si f ◦ f = f . Quelles sont les valeurs possibles pour det f lorsque
f est un projecteur ?
b) On dit que f est nilpotent si il existe un entier naturel k tel que f k = 0. Quelles sont les valeurs
possibles pour det f lorsque f est nilpotent ?
c) On dit que f est involutif si f ◦ f = id. Quelles sont les valeurs possibles pour det f lorsque f est
involutif ?
d) On dit que f est une homothétie de rapport λ si, pour tout x, f (x) = λx. Quel est le déterminant
d’une homothétie de rapport λ ?

a) det(f ◦ f ) = det f × det f = det f donc det f = 0 ou det f = 1.


b) det f k = (det f )k = 0 dont det f = 0 (en particulier, un endomorphisme nilpotent n’est
pas inversible).
c) det(f ◦ f ) = (det f )2 = det id = 1 donc det f = 1 ou det f = −1.
d) Soit f une homothétie de rapport λ et B une base de E. Mat(f ; B) = λIn donc det f = λn .