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École Polytechnique

Algèbre et théorie de Galois MAT 451

Corrigé du contrôle classant 2014

Ce corrigé constitue un ensemble d’indications pour résoudre les exerci-


ces.
Il ne s’agit en aucun cas d’un modèle de rédaction pour le contrôle clas-
sant.

Exercice 1.

1) Une implication est évidente. Supposons n = a/b ∈ Q est écrit sous
forme irréductible. Soit p un diviseur premier de b. Alors p ne divise pas a

et a2 = nb2 , contradiction. Donc√b = ±1 et n est entier. √
2) Si x était rationnel, alors 6 = (x2 − 5)/2 le serait aussi et 6 serait
entier, contradiction.
3) D’après 2), l’extension est de degré au moins 2. Le polynôme

(X 2 − 5)2 − 24 = X 4 − 10X 2 + 1

annule x donc le degré est au plus 4. Si ce polynôme était réductible, il


se factoriserait sous la forme (X 2 + αX + )(X 2 − αX + ) avec  = ±1
et α ∈ Z en vertu du Lemme de Gauss. Contradiction avec l’équation
−10 = 2 − α2 . Donc le degré est 4. Notons que les racines de ce polynômes
sont {x, −x, x−1 , −x−1 } donc l’extension est galoisienne.√ √ √
4) Le corps Q[x] contient 3 extensions de degré 2 : Q[ 2], Q[ 3], Q[ 6].
Donc le groupe de Galois contient au moins 3 sous-groupe d’ordre 2. Ce n’est
pas le cas d’un groupe cyclique d’ordre 4. Le groupe de Galois n’est donc
pas cyclique.
5) Il a été calculé à la question 3.
6) Non, sinon en vertue du théorème de réduction mod p le groupe de
Galois de P serait cyclique.
7) Pour p = 2, le polynôme X 4 − 1 = (X 2 − 1)2 n’est pas séparable.
Pour p = 3, le polynôme X 4 + 2X 2 + 1 = (X + 1)2 n’est pas séparable. Pour
p = 5, le polynôme X 4 − 4 = (X 2 − 2)(X 2 + 2) est séparable car X 2 − 2 et
X 2 + 2 le sont.
8) P (X) = (X 2 − 2)(X 2 + 2). Pour x une racine de X 2 − 2 dans F 5 , les
autres racines de P sont −x, 2x, −2x. Donc l’extension est de degré 2.

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9) Non, pour des raisons évidentes de degré.
10) Un élément non trivial du groupe de Galois agit non trivialement sur
x qui n’est pas dans F5 . Il envoie donc x sur −x et −x sur x. Donc 2x sur
−2x et −2x sur 2x. C’est bien une double tranposition.
11) Les degrés ne peuvent que 1 ou 2 car le groupe de Galois de P n’est
pas cyclique.
12) On aurait alors une transposition dans le groupe de Galois de P .
Mais un élément du groupe de Galois qui laisse fixe un conjugué de x est
l’identité car ce conjugué engendre Q[x]. Contradiction.
13) Alors l’ensemble des conjugués de x sur Q serait B pour des raisons
de cadinalité.
√ Ce√n’est√ clairement
√ √pas√une base.
√ √ √ √ √ √
14) {1+ 2+ 3+ 6; 1− 2+ 3− 6; 1+ 2− 3− 6; 1− 2− 3+ 6}
convient par exemple.

Exercice 2.

1) Une clôture algébrique est toujours une extension galoisienne. Par


construction, l’union est incluse dans Fq . Un élément x ∈ Fq est algébrique
sur Fq et donc Fq [x] est un corps fini, donc contenu dans l’union.
2) Fq induit un automorphisme de chaque Fqn . Il est donc injectif et
surjectif.
3) Il suffit de montrer que Fq n’est pas d’ordre fini. Mais la restriction
de Fq à Fqn est d’ordre n.
4) φn est le morphisme de restriction. D’après le cours, φn (Fq ) engen-
dre le groupe de Galois Fqn /Fq et donc φn est surjectif. Un élément dans
l’intersection des noyaux est l’identité sur chaque Fqn , c’est donc l’élément
trivial de G.
5) On voit clairement que la condition de la définition est compatible
avec la somme termes à termes.
6) Pour chaque g ∈ G, on a un unique an ∈ Z/nZ tel que φn (g) =
a
Fq . On obtient ainsi un morphisme de groupe φ : G → Ẑ. D’après 4, ce
n

morphisme est injectif. Pour (an )n dans Ẑ, on définit g ∈ G par la formule
g(x) = Fqan (x) si x ∈ Fqn . La définition de Ẑ assure que g est bien défini.
En effet, pour x ∈ Fqn ⊂ Fqnr , on a bien g(x) = Fqan (x) = Fqanr (x) car
Fqn (x) = x. C’est clairement un élément de G tel que φ(g) = (an )n et φ est
un isomorphisme.
7) En utilisant le lemme chinois, on peut se restreindre aux an avec n
puissance de 2. Alors on pose a2r = 1 + 2 + · · · + 2r−1 et on voit qu’on
obtient un élément qui n’est pas une puissance de Fq .

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8) Soit x dans une telle orbite O. Alors d’après la question 6, O =
{Fqm (x)|m ∈ Z}. Mais x est dans un corps fini Fqn , donc Fqn (x) = x et O
est fini.
9) Dans la correction de 8 on peut choisir n minimal. Alors Fqn = Fq [x].
Comme les éléments du groupe de Galois sont des automorphismes, ce n
minimal est le même pour tous les éléments de O.
10) On a une application Φ : O 7→ Fq [O] bien définie vers les extensions
finies de Fq . Comme une extension finie de Fq est primitive, d’après 9
l’application Φ est surjective.
11) Choisissons p = q = 2 et considérons l’extension F8 de F2 . Un
élément x ∈ F8 \ F2 a une orbite Ox = {x, x2 , x4 } de cardinal 3. Il y a donc
2 orbites disjointes dans F8 \ F2 et l’application n’est pas injective.

Exercice 3.

1) Non, par exemple P (X) = X 3 − X 2 + 1/7.


2) Le conjugué d’un élément d’ordre p est d’ordre p.
3) Voir exercice en P C.
4) Supposons que H est contenu dans Gal(K/Q[x]). Alors Q[x] ⊂ K H ⊂
K. Mais comme K H /Q est galoisienne et que x est une racine de P , aurait
K = K H , contradiction car H est non trivial.
5) Conséquence directe de la question 4.
6) Si σ(x) = x alors σ fixe Q[x] et σ ∈ Gal(K/Q[x]), contradiction.
7) On a F0 = F ⊂ F1 ⊂ · · · ⊂ Fn = Kn . Comme x ∈ / F et x ∈ Kn , on a
le résultat.
8) Clairement F ⊂ Fj−1 ∩K. Notons que [K : F ] = p et K = F [x]. Donc
Fj−1 ∩ F = F ou Fj−1 ∩ F = K. La deuxième égalité n’est pas satisfaite car
x∈ / F . Maintenant Fj ⊃ F [x] = K.
9) On a Fj−1 ⊂ E ⊂ Fj . L’extensions E/Fj−1 est galoisienne. On
applique le résultat admis en préambule et on obtient [E : Fj−1 ] ≤ 2.
Donc E = Fj−1 [x] et [Fj−1 [x] : Fj−1 ] = 2. Soit τ l’élément non trivial
de Gal(E/Fj−1 ). Alors τ 2 = Id, τ (x) 6= x, τ (K) ⊂ K (K/Q est galoisienne)
et τ est l’identité sur F . Donc τ ∈ Gal(K/F ) est d’ordre 2. Contradiction
car [K : F ] = p.
10) L’ordre de G est donc une puissance de 2.