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Stage Géométrie et Informatique -Vendredi 20 Décembre 1019

Jean-Marie Becker

Compléments

Billard elliptique

On va considérer les trajectoires d'une bille (c'est, au billard, le terme consacré pour désigner
ce que le commun des mortels appelle une boule) dans un billard elliptique d'équation :

x2 y 2
(E) + 2 =1 ⇐⇒ Bx2 + Ay 2 = AB (1)
a2 b
(on a posé A = a2 et B = b2 ). Cette bille a été lancée à partir d'une certaine position P dans
une certaine direction représentée par un vecteur V (Fig. 1). Même si, dans la réalité, on ne dépasse
pas quelques bandes (c'est-à-dire quelques rebonds sur les bords) à cause des frottements divers,
nous allons envisager le cas idéal, où l'on peut faire, si on le désire, des centaines de rebonds.
Comment réaliser un programme donnant ces rebonds multiples ?

Pour cela, il sut de raisonner de la façon suivante, en s'appuyant sur la Fig. 1.

Si P est le point de départ, le point d'impact Q du rayon issu de P dans la direction V est tel
que :

Q = P + kV avec k 6= 0 (2)

Ecrivons maintenant les deux conditions d'appartenance des points P (x0 , y0 ) et Q(x1 ; y1) à
l'ellipse (E) ; d'après (1), en notant V (u, v), on a :

(
Q(x1 ; y1 ) ∈ (E) ⇐⇒ B(x0 + ku)2 + A(y0 + kv)2 = AB
(3)
P (x0 ; y0 ) ∈ (E) ⇐⇒ Bx20 + Ay02 = AB
Si l'on développe la première expression et qu'on lui soustrait la seconde, on obtient, tous calculs
faits :

Bux0 + Avy0
k = −2
Bu2 + Av 2
ce qui permet d'obtenir les coordonnées de Q(x1 ; y1 ) (voir programme).

Ayant le point d'impact Q, il faut maintenant trouver la direction W dans laquelle repart la bille.

Supposons que l'on sache déterminer le vecteur tangent T unitaire en Q; on sait en déduire
le vecteur normal unitaire N, et vice versa. Nous verrons plus loin (voir règle du dédoublement
ci-dessous) comment obtenir pratiquement N, T . Notons

1
V = τ T + νN (4)

la décomposition de V sur la base orthonormée (T, N ). Si l'on fait le produit scalaire de (4) avec
T, on obtient τ = T.V ; de même, par produit scalaire avec N , on a ν = V.N :
Or, par dénition d'une symétrie, le vecteur directeur du rayon rééchi sera déni par

W = τ T − νN (5)

Par diérence (4)-(5), on a V − W = 2νN . Par suite, on pourra construire W par

W = V − 2νN = V − 2V (V.N ) (6)

Remarque : au lieu de faire la diérence, on aurait pu faire (4)+(5), ce qui aurait donné :
V + W = 2τ T , d'où une formule : W = −V + 2(T.V )T alternative à (6).

'Billard elliptique'
1 %billard
2 clear all;close all;hold on;axis equal off;
3 set(gcf,'color','w');
4 a=3;b=2;A=a^2;B=b^2;
5 f=sqrt(a^2-b^2);% distance focale OF=OF'
6 scatter([-f,f],[0,0],50,'ok','filled');%foyers
7 t=0:0.01:2*pi;plot(a*cos(t),b*sin(t),'k','linesmoothing','on','linewidth',2);
8 x0=a*rand,y0=b*sqrt(1-(x0/a)^2);% dû à x0^2/a^2+y0^2/b^2=1
9 P=[x0;y0];% point de départ
10 nbe=35;Imp=zeros(2,nbe);Imp(:,1)=P;
11 V=[rand;2*rand], % direction initiale
12 % x0, nbe et V peuvent être changées... voir encadré ci-après
13 for h=1:nbe;%h=numéro de l'impact
14 u=V(1);v=V(2);
15 k=-2*(B*u*x0+A*v*y0)/(B*u^2+A*v^2);
16 P=P+k*V;Imp(:,h)=P;% nouveau point courant [cf formule Q=P+k*V]
17 x0=P(1);y0=P(2);
18 N=[y0/B;-x0/A];N=N/norm(N);%vecteur normal unitaire "sortant"
19 V=V-2*(N'*V)*N;% Nouveau vecteur de dir. courant [cf. formule W=V-2*(N'*V)*N]
20 end;
21 plot(Imp(1,:),Imp(2,:),'linesmoothing','on')

On pourra essayer ces valeurs :

x0 =1.2;V=[-0.4942;-0.7791],nbe=204;% quasi-périodique de période 4


x0 =2.9737;V=[-0.6491;0.7317];% quasi-périodique
x0 =2.236268;V=[0;-1];nbe=260;%passant par foyers
x0 =2.2071,V=[-0.6987;-0.1978],nbe=102;
x0 =2.2355,V=[0.09;-0.7317];nbe=260;%évite une ellipse

2
x0 =2.2,V=[-0.09;-0.7317];nbe=340;%passant par foyers en évitant une hyperbole
x0 =0.8355,V=[-0.5469;-0.9575];nbe=300;%hyperbole d'évit.
x0 =2.8947,V=[-0.1576;-0.9706];nbe=300;%petite ellipse d'évit.
x0 =2.8715,V=[-0.4854;-0.8003],nbe=200;%ellipse d'évit.
x0 =0.1069;V=[-0.8491;-0.9340],nbe=340;% hyperb. d évitement
x0 =0.05;V=[-1;-0.8],nbe=340;% ``plat faïence''
x0 =0.05;V=[-1;-0.95],nbe=340;
x0= 2.7878;V=[0.5098;0.1311];nbe=200;% illusion perspective

3
Règle du dédoublement : c'est une technique de calcul de l'équation de la tangente à une
conique en l'un de ses points (x0 ; y0 ) à partir de l'équation implicite de cette conique ; cette règle
consiste, dans cette équation :

- à remplacer x2 par xx0 , y 2 par yy0 ,

- à conserver telle qu'elle toute constante [ici AB ].

- à remplacer un terme en 2axy (resp. 2bx, ou 2cy ), par a(x0 y + xy0 ), (resp. b(x + x0 ), ou
c(y + y0 )). [Ici, on n'a aucun de ces termes]

Si l'on applique cette règle à l'équation (1), l'équation de la tangente à (E) en Q(x1 ; y1 ) sera
Bxx1 + Ayy1 = AB ; or il est connu qu'une droite d'équation ux + vy + w = 0 a pour vecteur normal
(u; v) ; par suite, le vecteur normal N à cette tangente est (Bx1 ; Ay1 ).

Remarque : la même règle de dédoublement permet de trouver le plan tangent à une quadrique.
Par exemple, le plan tangent à la sphère d'équationx2 − 2x + y 2 + z 2 = 3 au point (x0 , y0 , z0 ) a
pour équation : xx0 − (x + x0 ) + yy0 + zz0 = 3.

Remarque concernant la formule (6) : celle-ci peut encore s'écrire sous forme matrice-vecteurs.
En eet :

W = V − 2N (N.V ) = V − 2N (N T V ) = Id(V ) − 2(N N T )V = (I2 − N N T )V


Ainsi, la matrice de la symétrie par rapport à la droite orthogonale à N est SN := I2 − 2N N T .
cos a − sin a
 
Si l'on pose T = sin a
, alors N= cos a
(T et N sont unitaires), alors :

(1 − 2 sin2 a) (2 sin a cos a)


     
T 1 0 − sin a
SN = I2 − 2N N = −2 (− sin a cos a) = .
0 1 cos a (2 sin a cos a) (1 − 2 cos2 a)

Soit nalement la forme générale d'une matrice de symétrie :

 
cos 2a sin 2a
SN = .
sin 2a − cos 2a
qui a beaucoup de points communs avec celle d'une matrice de rotation... avec un déterminant
−1 ce qui est normal puisqu'une symétrie change l'orientation. Il reste à voir la signication de cet
angle 2a...

Remarque : La typologie de ces systèmes de réexions multiples reste à entreprendre ; en parti-


culier, comment expliquer que l'on a des zones interdites délimitées soit par des hyperboles, soit
par des ellipses homofocales de (E) ?
Pour en savoir plus consulter par exemple https ://www-fourier.ujf-grenoble.fr/ faure/enseignement/mecaa naly

4
Figure 1  Une étape dans les réexions multiples : un couple (point P , vecteur V ) avant réexion,
à partir duquel on sait (voir programme) déterminer le couple (point Q, vecteur W) après réexion.

Fractales de Julia-Mandelbrot

(explications données à l'oral : matérialisation des degrés de divergence de la suite zn+1 = zn2 + c
où c est une constante de notre choix. Les valeurs intéressantes de c sont sur la frontière de l'ensemble
de Mandelbrot (une cardioïde sur laquelle d'autres cardioïdes auraient bourgeonné, et sur lesquelles
à leur tour auraient bourgeonné, etc...).

5
Figure 2  Ici, la trajectoire ne passe pas dans 2 zones interdites qui correspondent à l'intérieur
d'une certaine hyperbole ayant les mêmes foyers que l'ellipse (E) (on dit que l'ellipse et l'hyperbole
sont homofocales).

Figure 3  Ici, l'ensemble de la trajectoire laisse de côté une zone interdite qui est cette fois
l'intérieur d'une certaine ellipse, homofocale de la première.

'Fractales de Julia'
1 clear all;close all;hold on,axis equal off;
2 set(gcf,'color','w');
3 n=200;
4 L=2*n+1;
5 [X,Y]=meshgrid(1:L);
6 p=2/n;Z0=p*((X+i*Y)-n*(1+i));% mise à l'échelle
7 c=-0.743+0.39i; 6
8 U=zeros(L);Z=Z0;
Figure 4  Si l'on fait passer la bille par l'un des foyers, elle repassera, après une bande, par l'autre
foyer.

Commentaires :
1) Prendre n = 400 si l'on désire davantage de nesse...
2) D'autres valeurs de c peuvent être intéressantes : c = 0.1187 − 0.662i, c = −0.7060 + 0.0318i,
etc...
3) Si l'on désire animer cette gure, enclore les 6 dernières lignes dans la boucle suivante :

%for q=0:4 ;
%c=c-i*q/100;
% LES 6 LIGNES
%pause(0.5);
%end;

7
Figure 5  Représentation dans 'l'espace des phases' (s, ϕ) s = abscisse curviligne de l'impact, , ϕ
= angle du vecteur incident avec le vecteur normal.

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