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Les indispensables

Oct.
2017

BIOSTIMULANTS
Accélérer la mise en marché,
Prendre le temps d’expérimenter
STRATÉGIE
• S ur le terrain, p. 2
le tri des solutions continue
• Un marché en quête d’expansion p .6
• P ortraits de professionnels
qui s’engagent sur le marché p. 8

DÉCRYPTAGE
• B iostimulants et biocontrôle :
plus forts ensemble p. 10
• L a réglementation avance…
lentement mais surement ! p. 12

FAITS MARQUANTS
• 2016-2017 en bref  p. 14
© J.L.
STRATÉGIE •

Sur le terrain, le tri


des solutions continue
Ne référencer que des produits homologués,
testés dans ses propres essais. Une règle que
la plupart des distributeurs applique pour
faire le tri dans une offre foisonnante. Pour
tous, il faut distinguer biostimulant et…
biostimulant. Pas simple ! Mais le jeu en vaut
la chandelle car ces molécules ont une place
à prendre dans un contexte où politique et Avant d’employer les biostimulants à grande échelle, les agriculteurs
société ne veulent plus du tout chimique.
veulent la preuve de leur efficacité dans leur région, pour leurs cultures.

A
lgues, bactéries, champignons, mycorhizes, de la Cavac (85). Autant d’éléments qui compliquent
substances naturelles… la liste des molécules la lecture de l’effet réel du biostimulant. » Le gain de
affichant potentiellement un effet biostimulant rendement observé est-il dû à cette molécule, à la date
est longue. Et que dire du nombre de solu- de semis qui cette année a été avancée ou aux maladies,
tions proposées à la vente ? Pour y voir un peu plus clair, particulièrement discrètes ?
les distributeurs interrogés ont un principe : ne tester que
les spécialités homologuées. « La composition, mention- Entre méfiance et défiance, rassurer
née sur l’étiquette, est un impératif pour que le produit Pour répondre à cette question, une seule solution : mul-
soit, à terme, référencé dans notre gamme, confirme tiplier les essais, sur plusieurs années et dans différentes
Gaëtan Marq, chef de marché engrais chez Actura (41). conditions pédoclimatiques. Le réseau d’expérimentation
Nous voulons savoir ce que nous vendons et connaître Etamines d’Actura s’y emploie avec la volonté de vali-
avec précision son efficacité. » der ses propres essais pour bâtir une gamme assumée.
Mais avant cela, le chemin peut être long car contraire- Même ambition à la CAMN (44), la coopérative agricole
ment aux produits phytosanitaires ou aux semences, la des maraîchers nantais. « Bien entendu, nous tenons
démonstration de l’intérêt d’un biostimulant est parfois compte des résultats diffusés par les fournisseurs, mais
compliquée, car plus aléatoire. D’où le peu de spécialités nous mettons en place nos essais en associant des
référencées à ce jour dans les gammes des distributeurs. expérimentateurs et en les croisant avec le retour d’ex-
« Les biostimulants agissent par principe sur un milieu périences des utilisateurs, explique Claude Bizieux, direc-
vivant dont l’activité dépend du climat, du type de sol, teur appro de la CAMN. Les producteurs veulent qu’on
de son pH, du taux de matière organique, de la conduite leur prouve que cela fonctionne, dans leur région, pour
de la culture... explique Laurent Pasquier, directeur appro leurs cultures. Ils sont régulièrement sollicités par des
fournisseurs qui leur proposent des produits, en direct,

2
PORTRAIT DU BIOSTIMULANT IDÉAL aux effets aléatoires. Ils font alors preuve de méfiance,
voire de défiance pour les « vrais » biostimulants. Ils ont
Oct. 2017

besoin d’être rassurés. »


- HOMOLOGUÉ
- EFFICACE, AVEC PREUVES À L’APPUI L’agronomie, au cœur
- RENTABLE de l’argumentaire technique
Les indispensables

- PRATIQUE À UTILISER A charge pour les équipes terrain de bâtir un argumen-


taire solide, un subtil équilibre entre les notions de ren-
STRATÉGIE •

Claude Bizieux, directeur appro de la CAMN (44) : tabilité, d’efficacité et de praticité. Car si le changement
« En cultures spécialisées, l’usage est dans le mode d’action de ces spécialités, il l’est aussi
des biostimulants est déjà rentré dans la façon de les vendre. Les techniciens doivent com-
dans les mœurs. Entre pression
prendre comment fonctionnent ces substances pour les
sociétale et environnementale,
conseiller au plus juste. Les biostimulants s’avèrent ainsi
l’évolution sur l’ensemble des
cultures est inéluctable pour fortifier un très bon support pour reparler agronomie. « D’où la
les plantes. » difficulté pour certains TC de s’approprier le dossier, sou-
ligne Gaëtan Marq. Car en matière de biostimulants, les
résultats ne sont pas « carrés ». Or un TC veut conseiller
un produit qui fonctionne à 100 %. En proposant un bios-
Laurent Pasquier, directeur appro de la Cavac (85) : timulant, il doit apprendre à faire évoluer son discours. Il
« Techniciens et agriculteurs ont n’est plus dans sa zone de confort… sauf s’il sait expli-
encore besoin d’être accompagnés
quer pourquoi les effets obtenus ne sont pas toujours
pour conseiller et appliquer les
ceux attendus ».
biostimulants. D’où l’importance
pour nous de multiplier les essais. » Connaitre le fonctionnement du sol et de la plante per-
met d’aborder la technique avec les bons arguments.
Car en matière de biostimulant, ce sont les conditions
d’utilisation qui dictent l’efficacité du produit. Expliquer,
Thierry Corre, responsable agro chez Terre prouver, convaincre. « Les TC doivent apprendre à s’en
Atlantique (17) : « Sur le dossier des servir, résume Thierry Corre, responsable agro chez Terre
biostimulants, nous n’en sommes Atlantique (17). Et ce, sans oublier que l’impact de ces
qu’à la Préhistoire. Pour l’heure, un spécialités n’est pas uniquement pour la culture en place.
seul produit est référencé à notre Même s’il est encore difficile à identifier précisément, il
gamme. Nous restons prudents et existe aussi un bénéfice pour les cultures suivantes selon
poursuivons les évaluations. » le profil des produits ».

Prenez le meilleur à la racine


Le biostimulant de la rhizosphère explOrer développe l’enracinement de
la plante dès le semis, avec de véritables bénéfices : valorisation de l’eau
et des minéraux, résistance aux stress, augmentation du rendement.

PRP Technologies, solutions biostimulantes pour l’agriculture durable


• STRATÉGIE

Gaëtan Marq, chef de marché


La situation économique actuelle, compliquée pour bon
engrais chez Actura : « Avec les
nombre d’exploitations agricoles, risque de freiner les
biostimulants, l’agronomie
dépenses. Alors comment réussir à positionner un biosti- doit retrouver sa place au
mulant, encore jugé un peu cher par beaucoup ? En prou- cœur des échanges entre les
vant, arguments techniques à l’appui, que la rentabilité peut TC et l’agriculteur. C’est aussi
être au rendez-vous. La tâche est rude, certes mais le jeu une alternative technique et
en vaut la chandelle car il existe un réel créneau à occuper. économique aux produits dits
classiques. »
Les biostimulants, dans l’air du temps
Dans un contexte politique et sociétal où les intrants sont
de plus en plus souvent montrés du doigt, les biostimulants VENTE ET CONSEIL, DISSOCIÉS ?
ont effectivement une belle carte à jouer. Les agriculteurs
recherchent des alternatives au chimique. L’évolution des Les référents « biostimulants » au sein de la
pratiques agricoles semble inéluctable et à ce titre, ces distribution agricole l’expliquent clairement : à ce jour,
solutions constituent une piste à explorer. Mais attention, le conseil reste un maillon indispensable de la bonne
entre produits annoncés comme miracles et poudre de per- utilisation de ces spécialités, dont le « mode d’emploi »
linpinpin, certains auraient tendance à mettre tous les bios- est encore peu connu des agriculteurs mais également
timulants dans le même panier ! Aux distributeurs de faire le des équipes terrain. Beaucoup se demandent ce qu’il
tri… et de prouver le contraire. « Nous nous devons d’être adviendrait si le conseil était, à terme, dissocié de la
acteur de cette évolution, confie Claude Bizieux. Nous vente comme le souhaite le Gouvernement.
sommes encore en période de « défrichage ». Restons Les biostimulants seront-ils concernés, au même titre
lucides et exigeants. Sans croire au produit magique, nous que les produits phytosanitaires ? Une erreur selon
devons laisser la chance à quelques spécialités d’exprimer certains à l’heure où le défi est de développer les
leur potentiel. » Anne Gilet alernatives au chimique.

Pas de stress ! Il affecte votre rendement.


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STRATÉGIE •

Un marché en quête d’expansion


Progression du chiffre
d’affaires à deux chiffres,
nouveaux acteurs, nouveaux
débouchés… comme tout
secteur innovant, le marché
des biostimulants dynamise
les indicateurs de suivi.
Synthèse des grandes
tendances.

«L
e marché de la fertilisation a peu connu lisées sur ce marché ou en valorisant leurs propres travaux
d’innovations depuis 40 ans, mais les de R&D. Plusieurs substances ou micro-organismes pré-
biostimulants en sont une », constate sentent des propriétés biostimulantes et de biocontrôle, en
Henri Boyer, président du directoire du fonction de leur dosage, mode d’utilisation, etc. C’est ainsi
Groupe Roullier à l’occasion de la conférence de presse que Bayer a signé un accord de distribution avec le pro-
annuelle de l’Unifa (1) le 24 octobre. Comme tout sec- ducteur de biostimulants Sicit ou que Sumi Agro est entré
teur innovant, celui des biostimulants évolue vite. En au capital de l’entreprise Futureco Bioscience, spécialisée
France comme à l’échelle européenne, la progression dans la R&D en biocontrôle et biostimulants.
du chiffre d’affaires des fabricants est estimée à 10 %
environ chaque année. « Nous avons doublé nos effectifs Un éventail de cultures plus large
en l’espace de quatre ans », témoigne Hugues Dumas, Bénéficiant d’une R&D poussée et d’une homologa-
directeur de la performance opérationnelle du comité tion longue et coûteuse, les biostimulants ainsi que les
de direction Europe et Afrique sub-saharienne (ESA) de produits auxquels ils sont associés comme les engrais,
Tradecorp. s’avèrent en général plus chers que les solutions stan-
dards du marché. « Ces solutions se sont d’abord
Des acteurs qui se diversifient implantées sur les cultures spécialisées, du fait de leur
Et comme tout marché qui connait une progression ful- plus grande valeur ajoutée, explique Bruno Daridon,
gurante, il attire de nouveaux acteurs. Si les entreprises directeur des technologies chez PRP et de la R&D plant
pionnières sur ce secteur puisent principalement leurs care du groupe Olmix. Elles se développent désor-
racines du côté de la fertilisation organique, des firmes en mais sur grandes cultures, mais le principal défi reste
provenance de la protection des plantes se positionnent. le coût à l’hectare. » Hugues Dumas appuie le constat
Comment ? En collaborant avec des sociétés déjà spécia- pour Tradecorp : « En France, la vigne reste un marché
dynamique et nous sommes de plus en plus sollicités
sur les cultures industrielles comme les pommes de terre
et les betteraves ». Distributeurs comme agriculteurs
recherchent des garanties pour justifier leur investisse-
ment sur ce type d’innovation. C’est pourquoi l’Ebic fina-
6
lise un guide méthodologique à destination des firmes,
Oct. 2017

mais aussi des coopératives et négoces, pour mener à


bien l’expérimentation des biostimulants, première étape
clé pour comprendre leurs mécanismes et établir des
référentiels de performance.
Les indispensables

 Julia Landrieu
(1)
Union des industries de la fertilisation
ITALPOLLINA PUBLI-INFORMATION

« Une entreprise innovante qui offre une gamme complète d’engrais organiques, micro-organismes bénéfiques
et biostimulants d’origine végétale pour une agriculture moderne et durable. »

Qualité, passion et respect pour la Nature ont toujours été les valeurs d’Italpollina. Aujourd’hui l’entreprise est présente dans plus de
70 pays dans le monde, avec des nombreux sièges commerciaux et 4 sites de production dont 2 entièrement dédiés aux biostimulants
d’origine 100 % végétale: le premier déjà ouvert en Italie, et le deuxième démarrant la production avant la fin d ’année aux Etats-Unis.
La philosophie de recherche d’Italpollina est basée sur le modèle de l’éco-efficience, pour garantir une optimisation de la production
tout en diminuant son impacte environnemental et s’engageant pour un développement durable de l’agriculture. Dans le respect
de ces principes la R&D d’Italpollina a conçu un système de production exclusif basé sur l’hydrolyse enzymatique de protéines
végétales: LISIVEG®. Ce mode de production permet d’obtenir
un biostimulant liquide riche en peptides 100% végétaux qui
ont un fort pouvoir biostimulant naturel.
La force de LISIVEG® est sa technologie de traitement
innovante qui préserve les composants les plus fragiles et
conserve leurs propriétés biologiques.

Luca Bonini, PDG d’Italpollina affirme:


« Dans un monde de plus en plus exigeant, où la production
doit assurer des standards qualitatifs et quantitatifs élevés
avec des ressources de plus en plus limitées, les biostimulants
sont essentiels, c ’est pour cela qu’ Italpollina se concentre sur
cet axe pour le développement futur de l’entreprise. » Usine Novamin – production de biostimulants - Novare, Italie

E VE RY DAY, H E LLO NATU R E !


Chaque jour naissant, Italpollina est aux côtés des
agriculteurs, avec les mains dans la terre,
le cœur dans les fruits, la tête dans la science. Chaque
jour, depuis 50 ans, Italpollina recherche des solutions
innovantes pour un futur durable, dans le respect de la
Nature et de la sécurité pour l’Homme.
Une passion qui s’exprime dans la production d’engrais
et de biostimulants certifiés dans le monde entier.
C’est l’aube d’un nouveau jour pour Italpollina, un jour
encore plus près de la Nature.
Chaque jour, Hello Nature.

Nous suivre

www.italpollina.com
STRATÉGIE •

Portraits de professionnels
qui s’engagent sur le marché
Pour faire face à des besoins croissants, les équipes des firmes actives sur le
marché des biostimulants évoluent, s’agrandissent et se structurent. Parole aux
« petits nouveaux » du secteur, en poste depuis un an. Eloi Pailloux et Julia Landrieu

Quentin Protsenko, chargé de réglementation et normalisation chez Frayssinet depuis octobre 2016
« La réglementation, un enjeu clé pour les fabricants de biostimulants »

« Avec les discussions entamées depuis qu’il existe des biostimulants. L’entreprise Frayssinet
2016 sur une réglementation euro- a été pionnière de la biostimulation en déposant un
péenne harmonisée des matières ferti- brevet et en obtenant une homologation de sa molé-
lisantes et des biostimulants, Frayssinet cule active Osyr et du produit Osiryl, qui est le pre-
souhaitait renforcer son expertise dans mier stimulateur de croissance racinaire autorisé en
ce domaine et être acteur de ces discus- France par le ministère de l’Agriculture depuis 2003.
sions, d’où mon arrivée dans l’entreprise Il est nécessaire d’insister sur le fait que l’autorisation
en 2016. En travaillant deux ans au sein de mise sur le marché reste aujourd’hui en France le
de l’Union des entreprises pour la protec- seul moyen de revendiquer des propriétés biostimu-
tion des jardins et des espaces publics, lantes. Nous sommes face à une concurrence déloyale
j’ai acquis de solides compétences à cause du flou réglementaire qui persiste à l’échelle
réglementaires et une forte expérience européenne. Mon rôle consiste, entre autres, à former
de lobbying, qui me sont aujourd’hui nos commerciaux sur la réglementation existante pour
utiles pour participer aux groupes de qu’ils informent à leur tour les distributeurs et les utili-
travail européens sur les biostimu- sateurs. J’apporte aussi mon appui au développement
lants. Beaucoup de personnes se positionnent sur ce de l’export, en m’assurant que nos produits respectent
marché sans forcément respecter la réglementation. les règles en vigueur sur nos nouveaux marchés. »
Le marché se structure, mais cela fait plus de 10 ans

Olivier Bottois, responsable de la région Nord-Ouest chez Tradecorp depuis septembre 2016
« La vision de la distribution sur les biostimulants
a complètement évolué »

« J’ai commencé à travailler il y a 20 ans en Beauce en tant que technico-commercial


dans des négoces et coopératives, grands comme petits. J’ai ensuite évolué en tant
que responsable technique au sein de la coopérative Garun-Paysanne où j’étais aussi
en charge du référencement des biostimulants, ce qui me donne une légitimité auprès
des distributeurs. Leur regard évolue sur ces produits. Ils entament une autre réflexion
sur la fertilisation. Il n’existe pas de solution magique. Les biostimulants demandent une
8
bonne connaissance du sol, de la plante et un suivi régulier des expérimentations. Avec
Oct. 2017

Tradecorp, nous réalisons beaucoup d’essais en France et en Europe. Nous mettons en


avant les gains de rendement. J’utilise des photos des parcelles avec les TC, en plus des résultats chiffrés, car cela
s’avère très parlant. Ce sont eux qui sont les plus à même de passer le message auprès des agriculteurs sur ce
genre d’innovations. Le TC doit être à l’écoute des besoins de l’exploitant pour établir le bon diagnostic et identifier
Les indispensables

le produit adéquat. »
• STRATÉGIE

Alice Toderi, Marketing manager chez Italpollina depuis


novembre 2016
« Structurer et adapter notre
stratégie marketing à un marché
moderne et innovant »

« Mon poste dépasse notre gamme de biostimulants,


mais il a été créé, en très grande partie, pour struc-
turer notre activité sur ce marché. Italpollina souhaite
développer cette activité et consent d’importants
investissements dans ce sens. Nous avons actuel-
lement trois usines, dont une dédiée à ces produits
en Italie, et une nouvelle va entrer en fonctionnement
aux États-Unis en 2018. Avec ces deux sites, nous
pourrons mieux approvisionner le marché à l’interna-
tional. Les besoins européens sont importants, et le
marché français, pionnier en la matière, est au cœur
de notre activité.
Nous travaillons avec des distributeurs et mettons
en place avec eux chaque année de nombreuses
expérimentations : les demandes sont multiples,
c’est le reflet d’un marché dynamique et porteur.
D’autant plus en grandes cultures, où les produits
sont relativement nouveaux, la distribution s’empare
des biostimulants. Les résultats de ces expérimen-
tations peuvent intéresser d’autres pays en Europe.
Mon rôle est de m’appuyer sur nos réseaux pour
structurer notre stratégie marketing auprès de ces
distributeurs.
Une première tâche est accomplie : rénover notre
logo. Pour être en phase avec les caractéristiques du
marché, il nous fallait un logo moderne et innovant ! »
DÉCRYPTAGE •

Biostimulants et biocontrôle :
plus forts ensemble
Baisse du recours aux produits phytosanitaires,
Les associations en Europe
hausse de la demande en produits bios… les
politiques environnementales et les exigences
EBIC 19
sociétales poussent le monde agricole à revoir IBMA
(56 membres) membres
(250 membres)
son système de production. Les fabricants de en commun

biostimulants et de produits de biocontrôle


réfléchissent à s’unir pour que leurs solutions Membres en commun : Arysta, Bayer, BASF, Bio atlantis, Chemia, Compo, Daymsa,
Elephant Vert, FMC, IAB, Koppert, Lallemand Plantacare, Monsanto, Novozymes,
soient reconnues comme des réponses à ces enjeux et SBM, Seipasa, Sipcam, Syngenta, Valagro.
qu’un cadre réglementaire cohérent émerge.

L
es fonctions des biostimulants et des produits et compte une cinquantaine de membres. En France,
de biocontrôle sont différentes et claires : les son représentant officiel est l’Afaïa (2) qui regroupe près
premiers agissent contre les stress abiotiques d’une trentaine d’acteurs de biostimulants. Du côté des
alors que les seconds luttent contre des stress produits de biocontrôle, l’IBMA (3) fédère 250 fabricants
biotiques. Mais certaines matières actives comme les à l’échelle internationale, avec des branches nationales
micro-organismes cumulent les deux fonctions. Au-delà comme IBMA France. « Nous envisageons une colla-
de partager certaines ressources, ces deux secteurs par- boration plus poussée entre l’Ebic et l’IBMA», assure
tagent les mêmes enjeux : construire pour les biosolu- Giuseppe Natale, président de l’Ebic. Aujourd’hui, plu-
tions un cadre réglementaire tenant compte des innova- sieurs entreprises appartiennent aux deux organisations :
tions dont elles font l’objet et convaincre les agriculteurs sur la cinquantaine de membres de l’Ebic, près d’un
de la pertinence de leurs technologies. tiers adhérent aussi à l’IBMA. Sans être complètement
remises en cause ou fusionner, ces deux structures pour-
Des intérêts communs raient, à l’avenir, porter davantage de messages d’une
Pour porter leurs produits sur le devant de la scène, seule et même voix auprès des institutions. Les congrès
ces jeunes secteurs d’activité se sont professionna- annuels des deux organisations, fin novembre pour l’Ebic
lisés et structurés. L’Ebic (1), créé en 2011, représente et fin octobre pour l’IBMA, devraient éclaircir la situation
les producteurs de biostimulants à l’échelle européenne sur les futurs projets communs. Julia Landrieu

Bruno Daridon, directeur des technologies chez PRP et de la R&D Giuseppe Natale, PDG de Valagro
plant care du groupe Olmix, entreprise membre de l’Ebic : et président de l’Ebic : « Il existe
« Depuis 2012, d’importantes firmes du secteur de divers organisations, dans le
la protection des plantes qui n’étaient pas ou peu secteur des biostimulants ou
sur le marché des biostimulants ont rejoint l’Ebic. du biocontrôle qui portent
Cela a contribué à donner du poids au milieu des des intérêts différents en
biostimulants, tout en veillant à ce qu’il n’y ait pas fonction de la diversité de
10 d’amalgames sur ces différents produits » leurs membres et des produits
qu’elles représentent. Toutefois,
Oct. 2017

Benoît Planques, président de l’Afaïa, organisation représentante elles partagent toutes la même vision sur le
de l’Ebic en France : besoin d’accélérer l’accès aux innovations pour
« Ensemble, nous pouvons avancer vers une l’agriculture. Il existe des technologies utilisées par
cohérence réglementaire et travailler sur des les deux secteurs. Cet aspect peut certainement
Les indispensables

dossiers qui nous impactent au niveau national. et doit amener les institutions à se diriger vers une
Les démarches menées dans la construction du cohérence réglementaire. »
règlement sur les biostimulants pourraient servir (1)
European biostimulant industry council
à élaborer dans le futur une approche similaire (2)
Syndicat professionnel des fabricants d’amendements organiques, engrais orga-
pour les produits de biocontrôle, qui aujourd’hui, ne bénéficient niques, engrais organo-minéraux, supports de culture, paillages et biostimulants
d’aucun cadre européen. »
(3)
International biocontrol manufacturers’ association
ACTIVATEURS DES POTENTIELS
La révolution que
vos cultures attendaient

Implantation Développement Protection Quantité Qualité

SUMI AGRO LANCE SEIPRO, SA GAMME DE BIOSTIMULANTS POUR TOUTES LES CULTURES.
Cette gamme propose des solutions pour chaque cycle de la culture : l’implantation, le développement, la protection contre
les stress abiotiques et la production en volume et qualité. Issus de nombreuses années de recherche, les biostimulants Seipro
bénéficient de formulations optimisées pour répondre à vos enjeux techniques.

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DÉCRYPTAGE •

La réglementation avance…
lentement mais sûrement !
Si la réglementation française en matière de
biostimulants reste souvent perçue comme
contraignante par les firmes, celle portée à
l’échelle de l’Union européenne depuis mars 2016
avance dans le bon sens. Définition, composition,
process de fabrication, étiquetage… les contours
des biostimulants qui pourraient à l’avenir
bénéficier d’un marquage CE se dessinent.

P
résenté en mars 2016 par la Commission euro-
péenne dans le cadre du paquet sur l’économie
circulaire, le projet de règlement harmonisé sur
les produits fertilisants intègre pour la première dans la composition des biostimulants. Quatre micro-or-
fois la notion de biostimulants des plantes. Le dossier suit ganismes sont autorisés : Azotobacter spp., les champi-
son cours dans les couloirs bruxellois : les différentes com- gnons mycorhiziens, Rhizobium spp. et Azospirilium spp.
missions du Parlement européen ont apporté depuis le Cette liste, jugée trop restrictive par les commissions du
printemps 2017 plus de 1500 amendements à la version Parlement et les fabricants, devrait être élargie pour inté-
originale, mais seulement 354 ont été retenus. Si tous ne grer d’autres micro-organismes utilisés aujourd’hui par l’in-
concernent pas les biostimulants, plusieurs visent à élar- dustrie. La Commission va lancer un appel à experts pour
gir les définitions ainsi que les produits concernés. Cette constituer un groupe de travail qui se penchera sur cette
version amendée sera votée au Parlement, fin octobre. question. Autre CMC définie dans le projet de règlement :
les extraits végétaux. « La Commission n’a pas tenu compte
Allonger la liste de certains procédés d’obtention de ces extraits, comme
des composants utilisables l’hydrolyse ou la distillation, auxquels plusieurs fabricants
Le texte proposé par la Commission en 2016 liste les ont pourtant recours, et qui méritent donc d’être intégrés au
catégories de matières constitutives (CMC) pouvant entrer texte final », indique Benoît Planques, président de l’Afaïa (1).
Les propositions avancent donc dans la bonne direction,
REPÈRES CHRONOLOGIQUES mais tout peut encore être remis en cause durant le trilogue
AVRIL-JUILLET 2017 : Passage devant les commissions du entre le Parlement, la Commission et le Conseil de l’Union
Parlement européen. européenne.
FIN OCTOBRE 2017 : Vote en plénière au Parlement.
Évaluation de l’approche générale du texte de la part du Conseil de Travail de normalisation
l’Union européenne, regroupant les ministres de chaque État membre. Donner la possibilité aux biostimulants d’obtenir un mar-
DEBUT 2018 : Début probable du trilogue entre la Commission quage CE implique aussi d’établir les bonnes méthodes
12
européenne, le Parlement et le Conseil afin de trouver un consensus. d’évaluation de ces produits pour s’assurer de leur confor-
Oct. 2017

PRINTEMPS/ETE 2018 : mité. À la demande de l’Ebic (2) soutenu par l’Afnor (3), le


Adoption d’un texte final dans le meilleur des cas comité européen de normalisation (CEN), le comité tech-
FIN 2018 : Publication au Journal Officiel de l’Union Européenne nique 455 (CEN/TC 455), a donc été mis en place fin sep-
FIN 2020 : Première mise en marché des produits fertilisants tembre 2017. Sa mission : créer l’ensemble des normes
Les indispensables

bénéficiant de ce nouveau marquage CE européennes spécifiques aux biostimulants qui serviront à


la reconnaissance des produits. Le travail se divise en cinq
• DÉCRYPTAGE

Benoît Planques, président de l’Afaïa


« Attention à ne pas freiner l’innovation »
« L’autorisation de mise sur le marché est aujourd’hui le encore l’inquiétude des fabricants comme la
seul moyen de faire reconnaître un biostimulant sur le mar- protection des données et de l’innovation. La
ché français, mais cette démarche s’avère très aléatoire. Commission considère pour l’instant les biosti-
Les délais de délivrance de l’AMM par l’Anses (4), officielle- mulants comme des commodités. Elle requiert
ment de huit mois, sont dans la pratique plus proches des donc une totale transparence sur les processus
deux ans, et ce, pour des produits simples ! Les entre- de fabrication et les innovations dont ils font
prises doivent avoir les reins solides pour attendre aussi l’objet. Les fabricants demandent davantage de
longtemps. Il n’existe pas non plus d’homogénéisation protection de l’innovation comme c’est le cas
dans l’analyse des dossiers. D’un expert à l’autre, l’avis pour les produits phytosanitaires. Les informa-
donné sur un même type de produit peut s’avérer com- tions pourraient n’être diffusées qu’aux organismes certi-
plètement différent. En témoigne le cas des mycorhizes, le ficateurs en charge du dossier et non rendues publiques
biostimulant faisant l’objet du plus grand nombre d’AMM, comme le prévoit la Commission. Ainsi, les efforts de R&D
où l’on ne constate aucune cohérence d’étiquetage. d’une entreprise seraient préservés et les informations
Concernant le projet de règlement européen, le texte va stratégiques ne seraient pas diffusées aux autres firmes
dans le bon sens, mais quelques ajustements suscitent du marché. »

groupes avec un axe bien défini pour chacun : harmoni- président du comité technique 455.  Julia Landrieu
sation de l’échantillonnage, évaluation de la revendication
des usages, micro-organismes, paramètres d’innocuité et
(1)
Afaïa est le syndicat professionnel des fabricants d’amendements organiques, engrais
organiques, engrais organo-minéraux, supports de culture, paillages et biostimulants
marquage/étiquetage. « Nous aurons a minima environ 25 (2)
European biostimulant industry council
normes à créer d’ici à la publication du règlement, c’est- (3)
Association française de normalisation
(4)
Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement
à-dire au mieux dans 36 mois », estime Benoît Planques,

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FAITS MARQUANTS •

2016-2017 en bref
Durant ces derniers mois, les firmes œuvrant sur le marché des biostimulants ont
renforcé leurs positions, par des prises d’actionnariat, de nouveaux partenariats ou la
construction de nouvelles unités de production. Des acteurs du monde de la protection
des plantes, proposant déjà des solutions de biocontrôle, font leur entrée sur ce
marché. Face à ces changements, les équipes s’étoffent. Julia Landrieu

OCTOBRE 2017 Cette dernière est spécialisée dans les produits


Mathieu Bounes devient directeur de Tradecorp de biocontrôle et de biostimulants. Elle compte 50
France. Il succède à Hugues Dumas qui rejoint le employés, dont la moitié en R&D, et réalise un chiffre
comité de direction Europe et Afrique sub-saharienne d’affaires de 10 M€.
(ESA) de Tradecorp. La SAS Pivert lance une activité de développe-
ment et de commercialisation de produits naturels
dans la nutrition et la santé des plantes. Elle souhaite
SEPTEMBRE proposer, dès 2021, des produits de biocontrôle et des
Chez Arysta LifeScience, David Gaillet devient res- biostimulants.
ponsable marketing biostimulants et biocontrôle Lhoist Agriculture et Tradecorp s’engagent dans
pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. un partenariat industriel afin d’intégrer le produit
Le groupe Olmix, leader mondial des solutions Humifirst de Tradecorp dans les formulations Oxyfertil
naturelles algosourcées se renforce en acqué- de Lhoist.
rant le groupe PRP Technologies, spécialiste des
biostimulants. DECEMBRE 2016
Quentin Protsenko rejoint l’entreprise Frayssinet
AOÛT pour s’occuper de la réglementation de la fertilisation
Italpollina obtient pour ses gammes liquides la organique et des biostimulants. Il fournit également un
certification Ecocert qui atteste de l’aptitude des appui en R&D sur les biostimulants et accompagne le
produits à être utilisés en agriculture biologique. développement des marchés export.
Bayer et Sicit 2000, société italienne spécialisée Stéphanie Habare rejoint Valagro pour assurer
depuis 1960 dans la production de biostimu- l’animation de la distribution des biostimulants sur
lants à base d’acides aminés et de peptides, signent les Hauts-de-France ainsi que sur la Champagne.
un accord de distribution exclusive : Bayer commercia-
lisera Bayfolan Cobre et Bayfolan Aktivator pour des uti- NOVEMBRE
lisations foliaires sur diverses cultures du monde entier. Axioma fait appel au crowdfunding pour trouver
ses futurs actionnaires. L’entreprise espère lever
JUIN 700 000 euros par ce biais, afin d’assurer son déve-
Valagro inaugure une usine de production de loppement commercial.
biostimulants près de São Paulo au Brésil. D’une
capacité de production de 50 000 tonnes par an, elle OCTOBRE
alimentera tout le marché sud-américain. La firme ita- O livier Bottois (ci-contre)

14
lienne a investi 10 M€ dans ce projet. rejoint Tradecorp en tant que
Oct. 2017

responsable commercial de la
FEVRIER région Nord-Ouest de la France.
S umi Agro devient
 PRP lance une offre destinée
actionnaire minoritaire aux distributeurs blenders en leur proposant un
Les indispensables

de la société espagnole accompagnement marketing et une aide à la formula-


Futureco Bioscience. tion d’engrais à base de leur biostimulant Akeo.

L’équipe de Sumi Agro


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