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Paru le 18 juin 2013

Exemplaire destiné exclusiement à MPOUNGUI Serges / Généré le : 6/19/2013 / Strictement personnel, ne pas diffuser.

Guillaume Soro, 
du battle dress au complet veston 
 
 
 
 

SOMMAIRE 

Les proches lieutenants issus de la Fesci  3

Sécurocrates et "frères" des années de rébellion  6

Les connexions aux institutions et au business  10

Les tuteurs et "grands frères" burkinabè  15

Biographie  17
Guillaume Soro, du battle dress au 
complet veston  

Les multiples costumes qu'il a endossés, depuis son engagement estudiantin jusqu'à la présidence 
de l'Assemblée nationale en passant par celui de chef rebelle, ont permis à Guillaume Soro de se 
forger des réseaux aussi nombreux qu'hétéroclites. Formés en une décennie à peine, ceux­ci 
embrassent les domaines militaire, institutionnel ainsi que les milieux d'affaires, un cas assez rare 
dans la Côte d'Ivoire post­Félix Houphouët­Boigny. 

Au cours de sa rapide ascension, le deuxième personnage de l'Etat ivoirien, 41 ans, n'a cessé de 
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s'entourer d'une poignée de collaborateurs ayant fait leurs premières armes à ses côtés. Si cette 
fidélité répond aux valeurs de loyauté sous­tendues par son ethnie Senoufo, elle sert surtout la 
stratégie de conquête du pouvoir entreprise par Guillaume Soro, dauphin constitutionnel d'Alassane 
Ouattara. 

Ministres, chefs de commandement militaire ou dirigeants d'institutions publiques, ces "frères 
d'armes", tels Souleymane Koné,  Moussa Dosso, Hervé Touré ou Issiaka Ouattara, occupent 
aujourd'hui des postes au sommet de l'Etat ivoirien. Tous vouent une admiration pour le combat 
mené par celui qui s'est opposé au concept "d'Ivoirité" puis aux régimes successifs de Robert Guéï
e t   d e  Laurent Gbagbo. Ces personnalités permettent à Guillaume Soro, premier ministre sans 
discontinuer de 2007 à 2012, d'étendre son influence à tous les domaines stratégiques.

A cette garde rapprochée viennent se greffer des amitiés que l'histoire chaotique de la Côte d'Ivoire 
ces dix dernières années a scellées. Outre le couple présidentiel, la galaxie de l'ancien chef de 
guerre s'est enrichie de nombreuses personnalités comme Mustapha Chafi, le conseiller spécial du 
président burkinabè Blaise Compaoré, l'architecte Pierre Fakhoury, ou encore de plusieurs figures 
issues du Rassemblement des républicains (RDR), dont Guillaume Soro convoite la tête dans 
l'hypothèse d'une course à la présidentielle en 2020. 

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Les proches lieutenants issus de la Fesci 

 
Etudiant en anglais à l'Université d'Abidjan, Guillaume Soro s'est engagé au début des années 90 au sein de 
la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), une puissante association étudiante qui s'est 
progressivement transformée en enceinte politique. Il y a mené ses premiers combats politiques comme militant 
avant d'en devenir le leader charismatique aux côtés d'autres figures à l'instar de Charles Blé Goudé. Durant 
trois ans, de 1995 à 1998, il a dirigé le secrétariat général de la Fesci dans un climat tendu et animé. La scène 
politique ivoirienne se trouvait alors littéralement obsédée par le débat sur l'Ivoirité. De cette période sont nées 
ses orientations et ses premiers contacts avec la garde rapprochée actuellement toujours en poste à ses côtés, 
et qu'il ne manque jamais de solliciter pour avis et conseils.

Souleymane Kamaraté Koné  
Directeur du protocole à l'Assemblée nationale  
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Originaire de Bouaké (Centre), Souleymane Karamaté Koné alias "Soul To Soul" dirigeait la 
section de la Fesci de la cité universitaire de Port­Bouët III lorsqu'il a rencontré Guillaume Soro. 
Ce dernier gérait alors la section de la cité universitaire voisine, à Vridi. Les deux hommes ont 
intégré en même temps le bureau exécutif national (BEN) de l'association, dont le secrétaire 
général était Jean Blé Guirao. A partir de cette période, Souleymane Karamaté Koné n'a plus 
quitté son mentor. Il était notamment à ses côtés lors du lancement, en 2000 par Guillaume Soro, 
du Forum des jeunes de Côte d'Ivoire  et durant les années de rébellion ouverte contre Laurent 
Gbagbo. 

En mars 2007, au lendemain de l'Accord politique de Ouagadougou (APO), Guillaume Soro a 
nommé Souleymane Kamaraté Koné comme directeur du protocole à la primature. Quatre mois 
plus tard, ce dernier s'est trouvé dans le Fokker 100 du chef du gouvernement ivoirien lorsque 
l'appareil a essuyé des tirs de roquettes sur le tarmac de l'aéroport de Bouaké. Souleymane 
Kamaraté Koné aurait directement aidé à exfiltrer son "patron" et ami. En quittant la primature, en 
mars 2012, pour présider l'Assemblée nationale, Guillaume Soro a emmené Souleymane Kamaraté 
Koné dans ses bagages pour diriger son protocole avec rang d'ambassadeur.

Lassina "Cardosi" Koné  
Maire de Ferkessédougou  
Conseiller spécial  

Surnommé "Cardosi" ,  Lassina Koné occupe une place centrale dans le premier cercle de 
Guillaume Soro. Depuis 2001, il dirige la municipalité de Ferkessédougou, ville de l'extrême­nord 
de la Côte d'Ivoire. Il représente à ce titre une courroie de transmission essentielle du président de 
l'Assemblée nationale dans cette même région des Savanes dont l'ancien chef rebelle est lui­même 
issu. La popularité et l'influence de Lassina Koné ont d'ailleurs joué pour beaucoup dans l'élection 
de Guillaume Soro comme député de Ferkessédougou (plus de 99% des voix) aux législatives de 
2011 sous la bannière du Rassemblement des républicains (RDR). Egalement membre du parti 
fondé par Alassane Ouattara, Lassina Koné a été reconduit dans sa fonction au lendemain des 
municipales couplées aux régionales d'avril 2013. 

Outre sa fonction de maire, ce dernier travaille aux côtés de Guillaume Soro comme conseiller 
spécial. Sa première nomination remonte à 2008 à la primature. Il occupe le même poste à 
l'Assemblée nationale à partir de 2012. Entre temps, en novembre 2011, Lassina Koné s'est vu 

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Les proches lieutenants issus de la Fesci 

 
propulser président du conseil d'administration de l'Agence des télécommunications de Côte 
d'Ivoire (ATCI). Cette entité publique créée en 1995 est chargée, jusqu'à sa liquidation en avril 
2013, de réguler les télécommunications dans le pays (tarifications, autorisations d'exploitation, 
réglementation des licences…). 

Alphonse Tiorna Soro  
Né en 1977  
Député de Karakoro­Komboro, conseiller spécial  

Formé dans les milieux politico­associatifs, Alphonse Tiorna Soro a intégré la Fesci en 1992. Il 
représentait alors cette fédération dans le lycée Félix Houphouët­Boigny de Korhogo (Nord), dont 
il est originaire. Par la suite, il est devenu membre de la section de l'Ecole supérieure des affaires 
et de management (groupe Esam), à Abidjan. De là datent ses premiers contacts avec Guillaume 
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Soro. Une profonde amitié s'est nouée entre les deux étudiants. Titulaire d’un Master of Art en 
management et marketing, Alphonse Tiorna Soro, qui a créé parallèlement le Front uni pour la 
jeunesse (FUJ), a adhéré au Forum des jeunes de Côte d'Ivoire, où il s'est fait remarquer par 
son éloquence. En 2000, il a pris la tête du Forum des associations du nord (FAN, rebaptisé en 
2007 Forum des associations pour la nation). Ces diverses organisations s'inscrivaient dans la 
lutte contre le régime Gbagbo. Ses prises de positions ont valu à Alphonse Tiorna Soro d'être 
invité à s'exprimer la même année dans le Forum pour la réconciliation nationale, présidé par le 
premier ministre Seydou Diarra. Il y a dénoncé avec énergie le débat sur l'Ivoirité. 

En 2009, Alphonse Tiorna Soro a fondé et présidé l’Alliance pour le changement (APC) tout en 
officiant auprès de Guillaume Soro comme conseiller spécial. A la primature, ses missions ont visé 
à relancer les filières coton, anacarde et karité, stratégiques pour le nord du pays. Alphonse Tiorna 
Soro présidait d'ailleurs le Comité de suivi coton­anacarde (CSCA), structure de régulation de 
ces filières. Elu député de Karakoro­Komboro (Korhogo) fin 2011, il est à ce titre l'un des plus 
jeunes parlementaires ivoiriens. 

Sidiki Konaté  
Né en 1968  
Ancien ministre du tourisme et de l'artisanat 
Député de Man  

Bien qu'il ait mis un temps ses activités syndicales entre parenthèses pour suivre des études en 
Allemagne et en Belgique, Sidiki Konaté reste l'une des figures fondatrices de la Fesci. De 
formation littéraire, il est devenu secrétaire national à l'éducation du bureau exécutif national (BEN) 
de cette organisation au milieu des années 90. Au cours de ces années, il fréquentait Guillaume 
Soro, dont il est de quatre ans l'aîné. Ce dernier l'a appelé par la suite à ses côtés, dès son 
basculement dans l'opposition armée, comme directeur de cabinet et éminence grise. Membre du 
directoire des forces rebelles, Sidiki Konaté était de toutes les négociations entre les Forces 
nouvelles (FN) et le régime Gbagbo. 

Comme tous les proches de l'actuel patron de l'Assemblée nationale, Sidiki Konaté s'est vu offrir un 
poste à responsabilité à partir de 2005. D'abord comme conseiller politique auprès du premier 
ministre d'union nationale, Charles Konan Banny. Ensuite comme ministre du tourisme et de 
l'artisanat dans le premier gouvernement de Guillaume Soro, fonction qu'il a occupée jusqu'à la 

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Les proches lieutenants issus de la Fesci 

 
présidentielle de 2010. La crise postélectorale née du refus de Laurent Gbagbo de céder le 
pouvoir à Alassane Ouattara a permis à Sidiki Konaté de montrer une nouvelle fois sa loyauté et 
sa convergence de vues avec l'ancien leader des FN, aux côtés duquel il a organisé la résistance, 
notamment dans son fief de l'ouest. En 2011, Guillaume Soro a confirmé Sidiki Konaté au 
portefeuille de l’artisanat, poste qu'il a dirigé jusqu'à mars 2012 en plus de son mandat de député 
de Man. Début 2013, il a toutefois échoué aux élections municipales dans la même "ville aux dix­
huit montagnes" de l'ouest ivoirien.

Ignace Gnezere  
Député de Guéyo  

Bien que membre de la Fesci dans les années 90, Ignace Gnezere alias "Ben Souk" n'a 
réellement fait la connaissance de Guillaume Soro qu'à partir de 2002, année du déclenchement 
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de la rébellion. Proche de Sidiki Konaté, ancien porte­parole du Mouvement patriotique de Côte 
d'Ivoire (MPCI, lire ci­dessus), il fut le porte­parole du Mouvement populaire ivoirien du Grand 
Ouest (Mpigo). Partageant une vision commune pour les causes anti­Gbagbo, il s'est 
singulièrement rapproché du chef rebelle au moment de la fusion de l'ensemble des mouvances 
armées au sein des Forces nouvelles (FN). A l'instar d'un Lassine Koné, Ignace Gnezere 
constitue un point d'appui important de Guillaume Soro dans la région de Gueyo dans le Bas 
Sassandra. Fin 2011, Ignace Gnezere a d'ailleurs été élu député de cette circonscription sous les 
couleurs du RDR. 

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Sécurocrates et "frères" des années de rébellion 

 
Guillaume Soro n'aurait pu réaliser son parcours sans le soutien des frères d'armes composant l'état­major de 
la rébellion. Après le putsch manqué de septembre 2002, suivi de l'établissement d'une ligne de démarcation par 
la France puis les Nations unies, dix commandants de zone sont restés cantonnés dans leurs fiefs au nord, au 
centre et à l'ouest, jusqu'à ce que l'Accord politique de Ouagadougou de 2007 les démobilise. Jurant fidélité au 
secrétaire général des Forces nouvelles et partisans d'Alassane Ouattara, ces militaires sur le tard engagés 
dans la lutte armée contre Laurent Gbagbo ont vécu de contrebande et de trafics (taxes, coton, cacao, bois, 
diamants…)  particulièrement sophistiqués et juteux. Prenant goût aux affaires et à la vie facile, ces hommes 
formés dans le giron d'Ibrahima Coulibaly alias "IB", le vrai père de la rébellion ivoirienne, ont mis les 
populations qu'ils contrôlaient en coupe réglée, ce qui leur vaut aujourd'hui d'être dans le collimateur de la Cour 
pénale internationale (CPI). En 2011, ces fameux "com­zones" ont repris les armes pour aider Guillaume Soro 
à chasser Gbagbo du pouvoir. La plupart ont obtenu par la suite de hautes responsabilités dans les corps armés 
officiels. Alors qu'elles permettent de réduire les capacités de nuisance de ces chefs de guerre, ces 
nominations répondent également à la volonté de Guillaume Soro d'avoir l'entière mainmise sur l'appareil 
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sécuritaire du pays. A côté de ces militaires, le président de l'Assemblée nationale continue par ailleurs de 
s'entourer de partisans fidélisés durant ces années de lutte armée. 

Alain Lobognon  
Né en 1968  
Ministre de la promotion de la jeunesse, des sports et des loisirs  
Maire de Fresco  

Alain Lobognon affiche une amitié de 15 ans avec Guillaume Soro. Conseiller spécial et chargé 
de communication et des médias à la primature de 2007 à 2011, il s'est vu confier son premier 
portefeuille (promotion de la jeunesse, des sports et des loisirs) en juin 2011. Il a été confirmé dans 
ses fonctions dans les gouvernements successifs de Jeannot Kouadio­Ahoussou et de Daniel 
Kablan Duncan. 

Ce diplômé en histoire de l'Université Félix Houphouët­Boigny de Cocody­Abidjan s'est engagé 
au sein du Rassemblement des républicains (RDR) dès 1998 en tant que secrétaire général du 
bureau exécutif national du Rassemblement des jeunes républicains (RJR). C'est à cette époque 
qu'il a rencontré Guillaume Soro, au moment où ce dernier s'apprêtait à quitter l'organisation. Leurs 
chemins se sont recroisés en 2000. Alain Lobognon travaillait alors au sein de la cellule de 
communication d'Alassane Ouattara, candidat investi par le RDR pour la présidentielle de 2000. 
Mais ce dernier s'est vu refuser de se présenter au scrutin par la Cour suprême ivoirienne pour 
cause de "nationalité douteuse". La victoire de Laurent Gbagbo, que lui­même a qualifié de 
"calamiteuse" (13 candidats en tout ont été écartés), a définitivement rapproché Guillaume Soro et 
Alain Lobognon, soudés dans la même aversion envers le patron du Front populaire ivoirien 
(FPI). C'est ensemble que les deux hommes se sont rendus à la résidence de Ouattara dans le 
quartier Cocody de la capitale économique, après l'attaque dont le bâtiment a fait l'objet au 
lendemain du scrutin. Ils se sont alors promis de travailler contre le nouveau régime. 

Fidèle parmi les fidèles ­ Entre 2001 et 2002, alors que Guillaume Soro s'était exilé en France et 
dans d'autres pays comme le Burkina Faso, Alain Lobognon lui servait de relais en Côte d'Ivoire. 
Deux mois après le déclenchement de la rébellion, il a rejoint les Forces nouvelles (FN) pour en 
être le porte­parole sous le nom de guerre "Antoine Beugré". Alain Lobognon se targue d'être 
considéré, tant au sein du gouvernement que du RDR, comme "le plus fidèle des pro­Soro". 

Outre ses fonctions ministérielles, ce dernier est, depuis 2013, le secrétaire du directoire du parti 

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Sécurocrates et "frères" des années de rébellion 

 
d'Alassane Ouattara, structure chargée de gérer les affaires courantes du parti au pouvoir jusqu’à 
la tenue de son congrès, prévu à la fin de la même année. Guillaume Soro en est le vice­président 
aux côtés du ministre de l'intérieur Hamed Bakayoko. Alain Lobognon est également député de 
Fresco (Sud). Accaparé par la politique, ce dernier ne néglige pas pour autant le monde des 
affaires. En 2009 il a crée la société Hôtellerie­tourisme­loisirs 225 (HTL­225), dont il est le 
directeur général.

Méité Sindou  
Directeur du Secrétariat national à la gouvernance et au renforcement des capacités 
(SNGRC)  

Secrétaire national à la gouvernance et au renforcement des capacités (SNGRC), structure 
rattachée à la primature depuis 2011, Méité Sindou se présente comme le communicant attitré de 
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Guillaume Soro. En décembre 2000, il assurait déjà la fonction de porte­parole du candidat Soro 
lorsque ce dernier s'est présenté aux législatives à Abidjan, aux côtés de la secrétaire générale du 
RDR, Henriette Diabaté. Aujourd'hui encore, il est l'un de ses conseillers les plus appréciés et 
écoutés. Né d'un père originaire du nord et d'une mère Agni de la région d'Abengourou (est), Méité 
Sindou s'est revendiqué comme un "journaliste combattant" aux côtés de l'ex­chef rebelle et contre 
l'autre figure emblématique de la rébellion, Ibrahima Coulibaly, décédé dans des conditions non 
élucidées durant la crise postélectorale de 2011. 

Patron du quotidien Le Patriote à partir de 2000 puis fondateur, en 2005, avec Moussa Touré, de 
Nord­Sud, Méité Sindou n'a pas hésité à mettre ses journaux au service de Guillaume Soro lorsque 
ce dernier souhaitait faire passer ses messages et sensibiliser l'opinion publique ivoirienne. Nord­
Sud est ainsi devenu tout à fait officiellement l'organe des Forces nouvelles (FN). Méité Sindou, 
par ailleurs membre du RDR, concentrait l'essentiel de ses éditoriaux à fustiger la gouvernance de 
Charles Konan Banny. Une fois premier ministre, Guillaume Soro l'a appelé auprès de lui comme 
porte­parole. Son amitié avec Nadiana Bamba, dite "Nady", la seconde épouse de Laurent 
Gbagbo, lui permettait également, à la même période, de jouer les bons offices entre son mentor et 
le chef de l'Etat. En 2011, il a succédé à Sansan Kambiré comme secrétaire à la gouvernance et 
au renforcement des capacités. Cet organisme veille à la mise en œuvre des mécanismes de 
bonne gouvernance et de lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite en Côte d'Ivoire. 

Issiaka "Wattao" Ouattara  
Né en 1967  
Commandant en second de la Garde républicaine  

Originaire de Bouna, chef­lieu de la région de Bounkani (nord­est), Issiaka Ouattara officiait 
durant la rébellion comme chef d'état­major adjoint des Forces nouvelles (FN) et "com­zone" de la 
zone 5 (circonscriptions de Séguéla et Vavoua). Il dirigeait également l'unité Anaconda à Bouaké 
(baptisée ainsi parce qu'elle "frappe vite") et a pris le surnom de "Wattao". Celui­ci lui vient de son 
professeur de judo, incapable de prononcer correctement son vrai nom. L'amitié le liant à
Guillaume Soro remonte à 2000 après plusieurs rencontres organisées par l'entremise d'Ibrahim 
Coulibaly. Les deux hommes partageaient alors les mêmes analyses et une communion d'esprit sur 
les conséquences du coup d'Etat du général Robert Guéï (décembre 1999), dont Issiaka Ouattara 
fut l'un des fidèles avant de le combattre. Il affichait la même défiance envers Laurent Gbagbo. 
Une fois Guillaume Soro nommé premier ministre, Wattao a été chargé de sa sécurité et de sa 

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Sécurocrates et "frères" des années de rébellion 

 
protection rapprochée. Il a repris les armes durant la crise postélectorale avant d'être propulsé à la 
tête de la Garde républicaine. Ce corps de 2 500 hommes est chargé des missions de sécurité 
des hautes autorités de l'Etat ivoirien. Ses soldats sont les seuls habilités à être physiquement 
présents au sein des hautes institutions comme la présidence, le Sénat ou l'Assemblée nationale.

Une réputation sulfureuse ­  L'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir n'a pas terni l'aspect 
sulfureux de Wattao. Bien au contraire. Il conserve toute son influence dans la région de Séguéla, 
notamment dans les zones diamantifères. Ses hommes campent toujours sur le terrain, contrôlant 
ainsi les circuits d'exploitation et d'exportation. En dépit d'un embargo des Nations unies sur la 
vente des pierres précieuses, les revenus tirés de ces activités ont largement participé, par le 
passé, au financement de la rébellion. Le régime d'Alassane Ouattara tente de rétablir l'autorité de 
l'Etat dans cette région. En vain. Wattao mène par ailleurs grand train à Abidjan, dans les quartiers 
sud de la capitale économique toujours contrôlés par ses hommes. Il a également élargi sa palette 
d'activités à la protection des entreprises privées. Ancien judoka, Issiaka Ouattara a décroché le 
titre de vice­chasmpion d'Afrique à Harare, au Zimbabwe, en 1992.
Exemplaire destiné exclusiement à MPOUNGUI Serges / Généré le : 6/19/2013 / Strictement personnel, ne pas diffuser.

Hervé "Vetcho" Pelikan Touré  
Coordinateur adjoint de l'Agence nationale de stratégie et d'intelligence (ANSI, 
renseignement)  

Militaire professionnel formé au sein de la Garde républicaine avant d'intégrer le 3e bataillon 
d'infanterie et le service des transmissions de l’Etat­major des Forces armées nationales de Côte 
d'Ivoire (Fanci) dans les années 90, Hervé Pelikan Touré alias "Vetcho" a rallié la rébellion dès 
ses premières heures comme chef d'état­major particulier de Guillaume Soro. Il s'est vu confier la 
zone nº2, contrôlée par les Forces nouvelles (FN). Celle­ci regroupait les circonscriptions de 
Katiola, Dabakala, Tafiré et Niakaramandougou. La loyauté de ce natif de Katiola (centre­nord) ­
c'est Hervé Touré qui a sorti Laurent Gbagbo manu militari de son bunker résidentiel pendant la 
crise électorale après l'avoir équipé de protections ­ est récompensée en 2011 avec sa désignation 
p a r  Alassane Ouattara comme directeur adjoint de l'Agence nationale de stratégie et 
d’intelligence (ANSI, renseignement ivoirien). A l'instar de son confrère Issiaka Ouattara  à  
Seguela, Hervé Touré bénéficie d'une mainmise sur l'exploitation diamantifère dans le périmètre de 
Katiola, dans la région de Vallée du Bandama (Centre), où il dispose de nombreux relais locaux. 

Morou Ouattara  
Commandant d'unité au sein des Forces spéciales ivoiriennes  

Autre seigneur de guerre composant la toile sécuritaire de Guillaume Soro,  Morou Ouattara 
commandait la zone nº1 des Forces nouvelles (FN) dans la région de Bouna (nord) durant la 
rébellion. Il s'est notamment fait remarquer par le nombre de femmes composant son unité 
dénommée Atchengue  ("On y va !" en moré), dont il tire son surnom. Au lendemain de l'Accord 
politique de Ouagadougou, ses combattants sont descendus sur Abidjan pour assurer la protection 
rapprochée de Guillaume Soro, nouveau chef du gouvernement. Ces hommes suréquipés 
composent le Groupement autonome de sécurité du premier ministre (GASPM). 

Alors qu'il était sur le point de se retirer du métier des armes au lendemain de la crise électorale 
pour se consacrer à l'agriculture (il possède un complexe agricole à Bouna), Morou Ouattara a 
répondu favorablement à la proposition de Guillaume Soro et du président Ouattara de prendre l'un 

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Sécurocrates et "frères" des années de rébellion 

 
des commandements des Forces spéciales (FS). Cette entité créée de toutes pièces par le chef 
de l'Etat ivoirien se substitue au Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos), 
en vogue sous Laurent Gbagbo. D'autres ex­commandants de zone font également partie des FS, 
tels Gaoussou "Jah­Gao" Koné ou Losseni "Loss" Fofana.

Gervais Kouakou Kouassi  
Né en 1954  
Commandant supérieur de la gendarmerie nationale  

Gervais Kouakou Kouassi figure en très bonne place au tableau des sécurocrates pro­Guillaume 
Soro, malgré des liens tardifs noués avec ce dernier. Homme de rigueur formé à la lutte 
antiterroriste à l'académie du FBI, en Virginie, Gervais Kouakou Kouassi a fait toute sa carrière au 
sein de la gendarmerie à Abidjan, qu'il a intégrée en 1976. En 2006, Charles Konan Banny a fait 
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appel à ses services comme conseiller militaire. Parmi ses principales missions, Gervais Kouakou 
Kouassi était en charge de démanteler les nombreuses milices ­  principalement favorables à 
Laurent Gbagbo  ­ qui essaimaient dans le pays. Il a fondé et dirigé parallèlement le Groupe de 
sécurité portuaire (GSP), chargé entre autres de lutter contre la piraterie. La fin du gouvernement 
de Konan Banny a mis un terme à cette mission. Gervais Kouakou Kouassi est devenu contrôleur 
administratif au sein du ministère de la défense. 

En 2011, la crise postélectorale l'a relancé. Proche de la mouvance d'Henri Konan Bédié, Gervais 
Kouakou Kouassi conseillait l'ancien chef d'Etat et a rallié de nombreux officiers de la gendarmerie 
sous la bannière d'Alassane Ouattara. Comme remerciement, ce dernier l'a promu colonel­major 
en 2011. En juillet de la même année, Guillaume Soro, qui cumulait les fonctions de premier 
ministre et de ministre de la défense, l'a nommé à la tête de la Gendarmerie nationale. Gervais 
Kouakou Kouassi a succédé à cette fonction au général Edouard Tiapé Kassaraté, lequel a été 
nommé ambassadeur de Côte d'Ivoire au Sénégal. 

Soumaila Bakayoko  
Né en 1953  
Chef d'état­major des armées (Cema)  

Le général Soumaila Bakayoko doit son ascension au sein de l’armée ivoirienne à l’appui de 
Guillaume Soro. En 2011, ce dernier a convaincu le président Alassane Ouattara de le nommer 
comme chef d'état­major des armées en raison de son rôle déterminant dans la crise ayant suivi la 
présidentielle et son soutien apporté au nouveau chef d'Etat. Déjà, en 2002, ce militaire originaire 
de Bobien, près de Séguéla (centre­ouest), n'avait pas hésité à se ranger du côté de Guillaume 
Soro contre Ibrahima Coulibaly dans la guerre de leadership opposant alors les deux "frères 
ennemis" de la rébellion. Il commandait alors le Bataillon du génie militaire des Forces armées 
de Côte d'Ivoire. Au sein de la rébellion, il a pris le grade de chef d’état­major des Forces armées 
des Forces nouvelles (FAFN). Considéré comme le stratège militaire de la rébellion, Soumaila 
Bakayoko représentait celle­ci à tous les pourparlers de paix inter­ivoiriens face au général
Mathias Doué, patron de l’armée gouvernementale, puis à son successeur Philippe Mangou. 

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Sécurocrates et "frères" des années de rébellion 

 
Les connexions aux institutions et au business 

 
Devenu incontournable dans le champ politico­militaire ivoirien malgré de nombreuses critiques relatives à son 
engagement, Guillaume Soro a entamé sa carrière gouvernementale dès 2003. Avec quelques uns de ses 
collaborateurs, il a intégré le gouvernement de réconciliation nationale de Seydou Diarra comme ministre de la 
communication, chargé d’appliquer l’Accord de Linas­Marcoussis. Cet accord prévoyait entre autres la 
préparation d’un nouveau scrutin présidentiel après celui, contesté, de 2000. Bien qu’il le combatte 
frontalement, Guillaume Soro se trouvait en bons termes avec Laurent Ggagbo, qu’il a connu au cours de sa 
période militante au sein de la Fesci. Cette séquence ministérielle au contact de toutes les mouvances politiques 
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du pays a duré près de dix ans avec, comme point d’orgue, la fonction de premier ministre (2007­2012). Cette 
période a façonné Guillaume Soro en tant qu'homme d’Etat, lui permettant d’étendre son emprise, de placer ses 
hommes dans les rouages institutionnels tout en se familiarisant avec le monde du business.

Moussa Dosso  
Né en 1955  
Ministre d'Etat de l'emploi, des affaires sociales et de la formation professionnelle  

Expert­comptable formé en France, Moussa Dosso a suivi Guillaume Soro dès le soulèvement 
des Forces nouvelles (FN). Durant le contrôle du nord de la Côte d’Ivoire par ce même 
mouvement armé, il dirigeait la "Centrale". Cette institution officieuse faisait alors office de 
ministère des finances. Elle collectait l’impôt et prélevait les taxes dans les zones occupées. C’était 
le bras financier de la rébellion. En 2003, cet originaire de Mankono dans la région du 
Worodougou (centre) est entré dans le gouvernement, chargé du portefeuille de l’artisanat et ­
ironie de l’histoire ­ de l’encadrement du secteur informel. Il conservera ce poste jusqu’en 2006. 
Moussa Dosso a appartenu à toutes les équipes gouvernementales qui se sont succédées jusqu’à 
aujourd’hui. Il a successivement géré les départements de l'enseignement technique et de la 
formation professionnelle (2007­2010), de l’industrie (2010­2012), puis celui de l'emploi, des 
affaires sociales et de la formation professionnelle en tant que ministre d'Etat. Allié au sein de 
l’exécutif, Moussa Dosso suppléait régulièrement Guillaume Soro lors des déplacements de ce 
dernier à l’étranger. Les liens entre les deux hommes sont, de surcroît, soudés par leur 
appartenance à la Grande loge de Côte d'Ivoire (GLCI). 

Moussa Dosso bénéficiait déjà d’une longue expérience dans le monde de l’entreprise lorsqu’il a 
fait le choix de suivre l'actuel patron du Parlement. Diplômé du Conservatoire national des arts et 
métiers (Paris), de l'Ecole des cadres de Neuilly­sur­Seine ainsi que de l'Institut supérieur de 
commerce et d'administration (Paris), il a occupé le poste de directeur adjoint de la Société de 
transformation industrielle des produits agricoles (1984­1992), puis celui de directeur 
administratif et financier de la Société industrielle alimentaire (Sialim) jusqu'en 1994. Ses 
principaux faits d’armes dans le privé sont la direction du Centre de promotion des 
investissements en Côte d'Ivoire (Cepici), structure d’aide aux entreprises et aux investissements 
dans le pays (1994­2003). Sa longévité ministérielle couplée à son statut de ministre d’Etat en font 
l’une des principales figures de l’exécutif. 

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Les connexions aux institutions et au business 

 
Ibrahim Sy Savané  
Né en 1955  
Président de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (Haca)  

Economiste et journaliste de profession, Ibrahim Sy Savané établit le lien entre Guillaume Soro et 
le Rassemblement des républicains. Issu des rangs de ce parti, il a été appelé par l’ex­chef de la 
rébellion, en 2007, pour devenir son ministre de la communication. Trois ans plus tard, il cumulait 
cette fonction avec celle de porte­parole du gouvernement jusqu'à sa nomination, en 2011, comme 
président de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA). A la tête de cet 
organisme venu se substituer au Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA), 
Ibrahim Sy Savané doit s’attaquer au vaste chantier de la libéralisation de l'audiovisuel ivoirien. 
Cette réforme est prévue depuis 2004 mais n'a jamais été entérinée. 

S’il se présente volontiers comme un "compagnon de la 25e heure"  d e   l’actuel président de 
l’Assemblée nationale, Ibrahim Sy Savané n’en demeure pas moins une figure centrale de sa 
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galaxie. Dans une interview datée de janvier 2013 postée sur son site, il déclare : "Nous avons 
travaillé très étroitement et dans une grande confiance. Lui­même a parfois évoqué ce lien, tout 
en m'attribuant des qualités supposées. Les siennes sont exceptionnelles. Je peux témoigner 
qu'il nous a appris le long de ces années de gouvernement, des choses essentielles dans de très 
nombreux domaines : la gestion des hommes, la vision stratégique, son sens tactique et son 
aptitude à gérer la parole mais aussi le silence, sans oublier l'énergie humaine et intellectuelle 
qui se concentre avant l'action".

Spécialiste du monde des médias, Ibrahim Sy Savané a notamment collaboré à l’hebdomadaire 
Jeune Afrique dans les années 80, avant de retourner en Côte d’Ivoire pour intégrer le groupe 
Fraternité matin comme journaliste économique. Il en est devenu le directeur commercial et le 
directeur général de 1999 à 2000. 

Affoussiata Lamine­Bamba  
Née en 1970  
Ministre de la communication, porte­parole adjointe du gouvernement  

Ministre de la communication du gouvernement de Daniel Kablan Duncan (novembre 2012), 
Affoussiata Lamine­Bamba a adhéré au combat de Guillaume Soro au début des années 2000. 
Ses compétences et son engagement en font l'une de ses plus proches collaboratrices. Elle a été 
sa conseillère juridique puis sa directrice de cabinet au ministère de la communication avant 
d’obtenir le statut de conseillère spéciale chargée de la sortie de crise à la primature. Affoussiata 
Lamine­Bamba décryptait, supervisait voire préparait, pour le compte de la rébellion, les principaux 
accords signés avec le régime Gbagbo. C'est à cette période qu'elle a d'ailleurs intégré le Comité 
d’évaluation et d’accompagnement de l’accord politique de Ouagadougou.  Affoussiata 
Lamine­Bamba a progressivement gravi la hiérarchie des Forces nouvelles (FN) pour devenir 
membre du directoire politique et son porte­parole jusqu’en 2011, date de l’intégration de la 
rébellion au sein des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci). 

Elue députée RDR dans la circonscription d'Abobo à Abidjan fin 2011, Affoussiata Lamine­Bamba 
est inscrite au barreau de Paris. Titulaire d'un diplôme de droit à l'Université Robert Schuman de 
Strasbourg puis d'un DESS en droit international à l'Université René Descartes (Paris V), elle a 
soutenu sa thèse de doctorat en droit comparé et droit international privé à l'Université de Nancy 
II, en 1999. Les premiers pas de sa carrière l’ont amenée à travailler au sein du groupe français 

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Les connexions aux institutions et au business 

 
Saur, filiale de Bouygues. En 2000, elle a décroché son Certificat d'aptitude à la profession 
d'avocat (CAPA) après avoir effectué son stage à Paris chez l’avocat d’affaires Alain Fénéon, 
spécialiste du droit Ohada. 

Mohamed Sidi Kagnassi  
Né en 1967  
Lobbyiste, homme d'affaires  

Mohamed Sidi Kagnassi, fils cadet du Malien Cheikna Kagnassi, appartient au cercle des 
patrons ayant habilement surfé sur les différents régimes ivoiriens grâce à son entregent et ses 
appuis financiers. Proche de Laurent Gbagbo, c’est pourtant lui qui a accompagné l’ascension 
politique de Guillaume Soro tout en ouvrant ce dernier aux milieux d’affaires. Il passe pour être 
son financier. Les affaires de Mohamed Sidi Kagnassi n’ont que peu pâti de l’alternance de régime 
Exemplaire destiné exclusiement à MPOUNGUI Serges / Généré le : 6/19/2013 / Strictement personnel, ne pas diffuser.

en 2010. Personnalité du cercle d’Henri Konan Bédié et magnat du coton à la tête du groupe 
familial, l’Aiglon, dans les années 2000, il était l’homme d’affaires le plus en vue en Côte d’Ivoire au 
cours de la décennie 2000­2010. Au­delà de "l’or blanc", son groupe est présent dans toutes les 
filières stratégiques (café, karité, immobilier, tourisme…)  et forme notamment un partenariat avec 
le groupe Bolloré. 

Malgré les nombreuses critiques sur sa gestion opaque, Mohamed Sidi Kagnassi est adoubé par la 
classe politique ivoirienne grâce à son relationnel. Ce qui n'a pas empêché son groupe, endetté et 
victime de la crise politico­militaire, d'être liquidé en 2007. L’année suivante, l’homme d’affaires a 
réussi un coup de maître en devenant le lobbyiste attitré du français Sagem, lequel a décroché le 
marché (près de 150 milliards F CFA) de la préparation de la présidentielle de 2010 (recensement, 
cartes biométriques…) .  Mohamed Sidi Kagnassi a rebondi après la crise postélectorale. Via la 
Société des infrastructures modernes et de développement de la Côte d’Ivoire (SIMDCI), il a 
décroché en 2012 le marché de la réhabilitation des universités publiques du pays, un chantier de 
140 milliards F CFA.

Pierre Fakhoury  
Né en 1943  
Architecte, homme d'affaires  

Connu pour la conception de la basilique Notre­Dame de la paix de Yamoussoukro (centre), 
l'architecte libano­ivoirien Pierre Fakhoury gravite dans les cercles du pouvoir d’Abidjan depuis 
plus de trente ans. Il en connaît les moindres acteurs, leurs parcours et leurs secrets. Cette qualité 
lui permet, eu égard à cette stature, de s’afficher auprès de toutes les familles politiques avec le 
même crédit. 

Figure nationale des milieux d’affaires, cet "ami de tout le monde" qui se surnomme "Lui­même"
rencontre Guillaume Soro alors que ce dernier débute sa carrière politique. Les deux hommes 
s’apprécient. A l’instar d’autres personnalités de la galaxie du président de l’Assemblée nationale, 
Pierre Fakhoury a fait la passerelle entre ce dernier et Laurent Gbagbo. Il est également 
fréquemment sollicité pour discrètement jouer les médiateurs et aplanir les différends. Ainsi, début 
2013, Alassane Ouattara lui a demandé de jouer les bons offices entre Guillaume Soro et le 
ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko, deux personnalités avec lesquelles il dîne régulièrement 
lors de leurs passages à Paris. Outre son cabinet d’architecture basé à Paris, Pierre Fakhoury 

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Les connexions aux institutions et au business 

 
dirige Pierre Fakhoury Operator (PFO). Cette société intervient dans plusieurs autres domaines 
stratégiques comme le BTP, en partenariat avec le groupe Eiffage. L’homme d’affaires s’investit 
également dans le pétrole avec sa compagnie Yam’s Petroleum. Apporteur d’affaires, notamment 
pour les intérêts français (Accor, Eiffage…), l'architecte possède une partie du bloc CI 100, à 100 
kilomètres au sud­est d'Abidjan et dont le groupe Total a racheté 60%.

Dominique Ouattara  
Née en 1953  
Première dame, femme d'affaires  

C’est à la fin des années 90, lorsqu’il s'est rapproché d’Alassane Ouattara, que Guillaume Soro a 
sympathisé avec son épouse Dominique. En octobre 2000, alors que Laurent Gbagbo prêtait 
serment après une élection contestée à laquelle l’ancien premier ministre de Félix Houphouët­
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Boigny avait été empêché de se présenter, des véhicules blindés ont encerclé le domicile du 
couple et ouvert le feu. Présent sur les lieux, Guillaume Soro a été blessé. C'est Dominique 
Ouattara qui l'a soigné sur le moment. Proche de plusieurs "com­zones" comme Zacharie Koné, 
dont elle a été le témoin de mariage, la première dame ivoirienne gravite toujours autour de 
Guillaume Soro. Ce dernier a d'ailleurs été l'un des rares responsables politiques ivoiriens à 
assister au dîner­gala de la fondation de Dominique Ouattara Children of Africa à Abidjan en 
février 2012.

Endurcie par vingt années de lutte auprès de son mari, cette dernière a su faire fructifier ses 
nombreuses relations en Côte d’Ivoire au sein de la mouvance houphouëtiste, ainsi qu'au cœur 
même de la rébellion. 

Une femme d'affaires accomplie ­ Cette emprise est facilitée par son statut de femme d’affaires, 
acquis dès son arrivée en Côte d’Ivoire dans les années 70 grâce à la création de sa société AICI 
International. Limitée à ce seul pays dans un premier temps mais possédant de prestigieux clients, 
cette agence de gestion de biens immobiliers a rapidement crû pour s’étendre, à la fin des années 
80, à des villes comme Paris ou Cannes. A cette date, cette entité gérait déjà le patrimoine 
immobilier de plusieurs chefs d’Etat, à commencer par celui de Félix Houphouët­Boigny dont 
Dominique Ouattara était proche. En 1993, un cabinet de gestion de syndic de copropriétés, 
Malesherbes gestion  ­  il gère aujourd’hui plus de 200 immeubles parisiens ­  a complété 
l’expansion du groupe AICI International. Une ouverture au Burkina Faso en 2006, fief de 
Guillaume Soro, a parachevé ce développement. 

La 5e première dame ivoirienne est une amie de grands patrons comme Martin Bouygues. Elle 
est sollicitée par de nombreux hommes d’affaires donateurs réguliers de sa fondation créée en 
1998. 

Issiaka Fofana  
DG de la Loterie nationale de Côte d'Ivoire (Lonaci)  

Bien que discret dans l'organigramme de l'ex­secrétaire général des Forces nouvelles (FN), 
Issiaka Fofana, originaire de Bondoukou (est), fait pourtant partie des personnalités gravitant 
autour de Guillaume Soro depuis plusieurs années. Durant les années d'opposition à Laurent 

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Les connexions aux institutions et au business 

 
Gbagbo, ce diplômé de l'ENA en Côte d'Ivoire aidait notamment Moussa Dosso (lire ci­dessus) et 
Lambert Coulibaly, les grands argentiers de la rébellion. 

Issiaka Fofana est devenu le directeur administratif et financier de Guillaume Soro premier 
ministre. Il gérait à ce titre le budget de souveraineté du nouveau chef de gouvernement, estimé à 
25 milliards F CFA. A la fin de la crise postélectorale, Issiaka Fofana a été nommé DG de la 
Loterie nationale de Côte d’Ivoire (Lonaci), principale entreprise de jeux de la place ivoirienne. 
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Les tuteurs et "grands frères" burkinabè 

 
Contraint de fuir la Côte d’Ivoire à la fin des années 90, Guillaume Soro s'est appuyé sur le Burkina Faso et 
son président Blaise Compaoré pour préparer son opposition armée. Le chef de l’Etat burkinabè, qui 
partageait alors les mêmes analyses sur la dérive du système politique ivoirien, lui a apporté un discret soutien 
à la fois logistique et financier. Alors que le Burkina Faso a pu servir de base arrière aux futures Forces 
nouvelles, Blaise Compaoré a progressivement pris une place centrale dans le processus de paix en Côte 
d'Ivoire. Outre l’appui constant de son parrain sous­régional, Guillaume Soro conserve des amitiés et des 
connexions dans les plus hautes sphères, à Ouagadougou. Il ouvre désormais le business ivoirien aux hommes 
d’affaires originaires de l’ancienne Haute­Volta. 

Blaise Compaoré  
Né en 1951  
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Président du Burkina Faso  

Opposant à l’Ivoirité, concept qui cible directement Alassane Ouattara (considéré par ses 
détracteurs comme burkinabè) mais aussi plus de trois millions de ressortissants burkinabè en Côte 
d’Ivoire, Blaise Compaoré  s’affiche comme l'un des principaux sponsors de Guillaume Soro. 
Durant la crise politico­militaire, ce dernier, propriétaire d'une villa à Ouaga 2000, quartier huppé 
de Ouagadougou, n'a cessé de consolider sa relation avec les hautes autorités du Burkina Faso, 
faisant même fructifier les réseaux d’affaires entre les deux pays. 

En 2010, il a introduit Ernest Coovi Adjovi, l'homme d'affaires béninois proche d’Hamed 
Bakayoko, auprès du chef d’Etat burkinabè pour l’organisation des Kora All Africa Music Awards, 
pendant africain des Grammy Awards américains. Après avoir ouvert une filiale de son groupe 
Faso constructions et services à Abidjan, Mohammed Abdulaï a décroché le contrat de la 
construction du futur Complexe sportif Alassane Ouattara de Grand­Bassam (6 milliards F CFA), 
ainsi que la rénovation du Palais des sports d'Abidjan (1,3 milliard F CFA). La compagnie minière 
Ivorian Birimian Gold, créée par Issa Bambara, un proche de Guillaume Soro et de Moussa 
Dosso, a décroché plusieurs permis dans les environs de Bouaké. Le PDG de la firme de BTP Sol 
confort et décor,  Michel Zida, possède également ses entrées à la primature ivoirienne, tout 
comme le représentant de Blaise Compaoré en Côte d'Ivoire, Boureima Badini. Cette légion 
burkinabè s’étend naturellement au premier cercle de Blaise Compaoré, à commencer par Gilbert 
Diendéré, chef d'état­major particulier du président burkinabè, et son conseiller spécial, le 
Mauritanien Moustapha Ould Limam Chafi. Intime de Guillaume Soro et de plusieurs "com­
zones", ce dernier réside fréquemment à Abidjan. 

Djibril Yipènè Bassolé  
Né en 1957  
Ministre burkinabè des affaires étrangères  

Diplômé de l'Académie royale militaire de Meknès (1979­1982), de l'Ecole nationale de 
gendarmerie d'Abidjan (1982­1983) et de l'Ecole supérieure de la gendarmerie de Maisons­
Alfort (1989­1990), l’actuel ministre burkinabè des affaires étrangères, Djibril Yipènè Bassolé, est 
un intime de Guillaume Soro. Bras droit de Blaise Compaoré de 2000 à 2007 comme ministre de 
la sécurité, ce dernier était placé aux premières loges pour favoriser le dialogue direct entre les 
Forces nouvelles (FN) et le régime Gbagbo. Ce travail a débouché sur la signature de l’Accord 

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Les tuteurs et "grands frères" burkinabè 

 
politique de Ouagadougou en 2007. Un an plus tard, les aptitudes de ce colonel pour les médiations 
(dans les années 90, il a piloté plusieurs d’entre elles au Togo et au Mali) lui ont valu une 
nomination comme représentant conjoint des Nations unies  e t   d e   l’Union africaine (UA) au 
Darfour. L’entregent de Djibril Yipènè Bassolé, originaire de Nouna dans la région du Mouhoun 
(ouest), sur Guillaume Soro est également déterminé par son profil maçonnique. Désigné Grand 
Maître de la Grande Loge du Burkina (GLB) en 2012, ce dernier a initié l’ancien chef rebelle à ce 
rite.

Moustapha Ould Limam Chafi  
Né en 1960  
Conseiller spécial de Blaise Compaoré  

Originaire de l'Assaba, dans le sud­est de la Mauritanie, Moustapha Ould Limam Chafi est issu de 
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la tribu Tajakant, réputée être celle de riches commerçants. Détenteur d'un passeport burkinabè, il 
est entré au service de Blaise Compaoré en 1995. Autodidacte, il est aujourd'hui le conseiller le 
plus stratégique du président burkinabè et un conseiller officieux de Guillaume Soro. Démineur de 
dossiers sensibles et médiateur officieux dans plusieurs crises sous­régionales, Moustapha Ould 
Limam Chafi a surtout été sollicité pour dénouer plusieurs prises d'otages survenues en Afrique de 
l'Ouest ces dernières années. Les puissants réseaux de cet homme de l'ombre lui permettent 
notamment d'établir le contact direct avec les émirs d'AQMI. 

Ce mauritanien frêle, franc­maçon, propriétaire d'une villa dans le quartier huppé de Ouaga 2000, 
a fait la connaissance de Guillaume Soro au début des années 2000, au moment où ce dernier 
séjournait dans la capitale burkinabè. Il a été par la suite régulièrement envoyé à Korhogo ou à 
Bouaké, quartier général de la rébellion, pour désamorcer des crises entre le secrétaire général 
des Forces nouvelles (FN) et ses chefs militaires. En décembre 2005, c'est en partie Moustapha 
Ould Limam Chafi qui a convaincu Guillaume Soro d’accepter la main tendue de Laurent Gbagbo 
dans le cadre du dialogue inter­ivoirien. A l'instar de Djibril Bassolé (lire ci­dessus), le conseiller 
spécial de Blaise Compaoré possède un réel pouvoir de persuasion sur l'ancien rebelle, jouant pour 
beaucoup dans sa mutation progressive en homme d'Etat. Entre eux, les deux hommes 
entretiennent le nom de code "général Mayaki" en référence à Amadou Mayaki, héros 
anticolonialiste au Niger. 

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Biographie 

 
Né le 8 mai 1972 à Kofiplé, dans le département de Ferkessédougou (Extrême­Nord), Guillaume 
Kigbafori Soro est le premier d'une famille de quatre enfants. Son père, fonctionnaire spécialisé dans la 
promotion de la culture du coton, est amené à se déplacer régulièrement dans le pays dans le cadre de sa 
profession. Avec sa famille, Guillaume Soro s'installe tour à tour à Katiola (centre), Ouaninou (nord­ouest) 
puis Mankono (centre). C’est dans cette dernière localité qu’il fait la connaissance du prêtre Marcel 
Dussud, un Français qui l'éveille au catholicisme tout en l'incitant à s’engager dans les ordres. Guillaume 
Soro intègre alors le petit séminaire de Katiola en classe de 6e et commence à écrire dans le journal de 
l’établissement. Il organise rapidement ce qu'il appelle lui­même son "premier mouvement social" dans 
Pourquoi je suis devenu un rebelle (Hachette, 2005) en protestant contre les repas servis aux élèves. Au 
sortir du séminaire, en classe de 3e, il poursuit sa scolarité au lycée de Bouaké. Son intérêt pour la 
religion s'estompe. 

Militantisme ­  Parvenu en terminale au début des années 90, Guillaume Soro se familiarise avec les 
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premières contestations estudiantines avant de s’inscrire au département d’anglais de la faculté de lettres 
de l’Université d’Abidjan. En 1991, il intègre la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire 
(Fesci), créée un an plus tôt, dont il devient l'une des figures montantes en dirigeant notamment la section 
de Vridi, à Abidjan. Celle­ci est considérée comme l'une des plus radicales. Cet engagement vaut au jeune 
étudiant, surnommé le "Che" ou "Bogota", plusieurs arrestations dans le cadre de manifestations. En 1994, 
Guillaume Soro est parrainé par deux cadres de la Fesci ­  Youssef Berthe (décédé en 1996) et Blé 
Guirao, actuel patron de la jeunesse au sein de l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte 
d’Ivoire (UDPCI). Au cours d’un congrès clandestin en 1995, Guillaume Soro est propulsé secrétaire 
général de l'organisation étudiante, devançant Damana Pickass d’une voix. 

Amitié et rupture avec Laurent Gbagbo ­  C’est en 1994, grâce à Blé Guirao et au militant du Front 
populaire ivoirien (FPI) Marcel Gossio, que Guillaume Soro fait la connaissance de Laurent Gbagbo, 
leader charismatique de l'opposition depuis les années 70. Animés des mêmes revendications et d'une 
vision plus démocratique et pluraliste de la Côte d'Ivoire, les deux hommes s'apprécient. "Nous étions 
proches l’un de l’autre. Je crois qu’il m’avait en quelque sorte adopté. Je me rendais régulièrement chez 
lui, nous partagions le même repas (…) Nos relations étaient sans ombre", écrit Guillaume Soro dans sa 
biographie. Mais la doctrine de l'Ivoirité que Laurent Gbagbo s'approprie progressivement le pousse à la 
rupture. Il se alors rapproche de l'ancien premier ministre d'Houphouët­Boigny devenu opposant, 
Alassane Ouattara. En 1999, de retour d'un séjour en Grande­Bretagne où il a parfait son anglais, il crée 
le Forum international des étudiants francophones (FIEF) et soutient ouvertement le Rassemblement 
des républicains (RDR). Il se présente d'ailleurs aux législatives de 2000 sur la liste de ce parti dirigée 
par Henriette Diabaté à Port­Bouët. 

Le 27 octobre 2000, lorsque Laurent Gbagbo prête serment comme nouveau chef d'Etat au terme d'un 
scrutin houleux auquel les principaux ténors politiques n'ont pu concourir, des blindés encerclent la 
résidence d'Alassane Ouattara à Abidjan et ouvrent le feu sur les éléments de sa sécurité. Présent sur les 
lieux, Guillaume Soro est blessé au bras. 

Rébellion ­  Poussé à l'exil, le futur président de l'Assemblée nationale séjourne tour à tour au Mali, au 
Burkina Faso et en France. En 2001, il bascule ouvertement dans le clan des anti­Gbagbo en fondant le 
Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI). Cet embryon de rébellion armée lance ses premières 
attaques en septembre 2002 à Korhogo et Bouaké. Mais l'offensive, couplée à celle d'autres mouvements, 

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Biographie 

 
échoue à se diriger vers Abidjan. Le MPCI est contraint de se replier pour se cantonner dans le nord de la 
Côte d'Ivoire. Coincé dans la capitale économique où il attend ses hommes, Guillaume Soro rejoint son fief 
non sans difficultés, en se déguisant en fille. En 2003, le MPCI s'est allié aux Mouvement populaire 
ivoirien du Grand Ouest (Mpigo) et au Mouvement pour la justice et la paix (MJP) pour donner 
naissance aux Forces nouvelles (FN), dont Guillaume Soro prend la tête comme général. Il dirige la 
rébellion jusqu’à son démantèlement définitif et son rattachement, en 2011, aux Forces républicaines de 
Côte d’Ivoire (FRCI). 

Chef de l'exécutif ­  Cette période façonne le début d'une carrière politique appelée à être fournie. En 
2003, Guillaume Soro fait son entrée dans un gouvernement de réconciliation nationale, conformément aux 
premiers accords de paix avec le régime Gbagbo signés la même année à Linas­Marcoussis, en France. 
Il occupe le portefeuille de la communication (2003­2005) puis celui de la reconstruction et de la 
réinsertion (2005­2007). Le 27 juin 2003, il échappe de justesse à une tentative d'assassinat lors d'un 
guet­apens tendu dans les locaux de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI). Cet événement, 
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survenu trois mois après la signature de l'Accord politique de Ouagadougou (APO), constitue le premier 
d'une série de six attentats sur sa personne, la plus marquante étant celle menée en juin 2007 à l'arme 
lourde contre son avion et mise sur le compte des dissensions au sein de la rébellion. Conformément à 
l'APO, Guillaume Soro est chargé de préparer et d'organiser une élection présidentielle transparente, 
supervisée par les Nations unies et censée permettre à tous les candidats de se présenter, à commencer 
par Alassane Ouattara. Après de nombreux reports, le scrutin se tient finalement fin 2010. Mais le refus de 
Laurent Gbagbo de reconnaître l'énoncé des résultats par la Commission électorale indépendante (CEI) 
donnant le président du RDR vainqueur oblige Guillaume Soro à réactiver les FN pour le déloger du 
pouvoir. Reconduit dans sa fonction de premier ministre par Alassane Ouattara (avec le portefeuille de la 
défense en plus), l'ancien leader étudiant fait converger ses hommes vers Cocody, avec le soutien 
déterminant des forces françaises Licorne. Ces derniers sortent littéralement Laurent Gbagbo de sa 
résidence, où il s'était bunkérisé durant plus de quatre mois. 

Soucieux de servir ses ambitions présidentielles, Guillaume Soro sort victorieux des législatives de 
décembre 2011 à Ferkessédougou, avec 99,06% des voix. En mars 2012, il démissionne de son poste de 
premier ministre après son élection comme président de l'Assemblée nationale avec 94,77% des 
suffrages. Comme pour Henri Konan Bédié vingt ans auparavant, ce poste en fait le dauphin 
constitutionnel du chef de l'Etat. En filigrane, cette élection répond également à une stratégie visant à 
procurer à Guillaume Soro une certaine immunité politique. L'ancien chef rebelle et plusieurs responsables 
des Forces nouvelles sont en effet épinglés dans plusieurs rapports des Nations unies et d'organisations 
indépendantes pour les exactions commises durant leur occupation du nord de la Côte d'Ivoire et pendant 
la crise postélectorale ayant fait plus de 3 000 victimes. 

Côté privé, Guillaume Soro est marié à Sylvie Tagro, avec laquelle il a eu quatre enfants. Très discrète, 
son épouse est la nièce de Désiré Tagro, ex­ministre de l'intérieur de Gbagbo de 2007 à 2011, décédé 
durant la crise postélectorale dans des circonstances non élucidées. 

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