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Année Préparatoire

Corrigé de l’examen d’Optimisation (03-07-2013)

Exercice I- [6 points]
a) On remarque que f (−x, y) = f (x, y) ; f (x, −y) = f (x, y) : on peut donc se limiter à R2+ .
D1 f (x, y) = 4x+2xy 2 −4x3 = 2x(2+y (
2 −2x2 ) et par symétrie, D f (x, y) = 2y(2+x2 −2y 2 ).
2
x(2 + y 2 − 2x2 ) = 0
Un point critique (x, y) vérifie donc .
y(2 + x2 − 2y 2 ) = 0
• Si x = 0, alors y(2 − 2y 2 ) = 0 donc y ∈ {−1; 0; 1}.
• Si y = 0, alors x ∈ {−1; 0; 1}.
• Si x 6= 0 et y 6= 0, alors x2 − 2y 2 = y 2 − 2x2 , soit x2 = y 2 et 2 + y 2 − 2x2 = 0 donne x2 = 2.
√ √
On a donc les points critiques : (0; 0), (0; ±1), (±1; 0), (± 2, ± 2) (9 points critiques).

On a alors D12 f (x, y) =!4 + 2y 2 − 12x2 , D1 D2 f (x, y) = 4xy et D22 f (x, y) = 4 + 2x2 − 12y 2 .
4 0
• ∇2 f (0, 0) = : 2 valeurs propres positives donc un minimum local.
0 4
! !
6 0 −8 0
• ∇2 f (0, ±1) = et ∇2 f (±1, 0) = : deux valeurs propres de signe
0 −8 0 6
opposé donc pas d’extrémum local. ! !
√ √ −16 8 √ √ −16 −8
• ∇2 f (ε 2, ε 2) = et ∇2 f (ε 2, −ε 2) = : le déterminant
8 −16 −8 −16
est positif et la trace négative donc on a deux valeurs propres négatives et donc un maximum
local [3pts].

1 2
b) f (x, y) = 2r2 − r4 + 3x2 y 2 avec (|x| − |y|)2 = x2 + y 2 − 2|xy| ≥ 0 donc |xy| ≤ 2r et
3 4 1 4
f (x, y) ≤ 2r2 − r4 + 4r = g(r), soit f (x, y) ≤ 2r2 − 4r .

On a g 0 (r) = 4r − r3 = r(4 − r2 ) = r(2 − r)(2 + r) positif sur [0, 2] et négatif sur [2, +∞[ donc g
4
admet sur R+ un maximum en r = 2 avec g(2) = 2 × 4 − 24 = 8 − 4 = 4 donc f (x, y) ≤ 4 pour
tout (x, y) ∈ R2 [1,5pt].
√ √ √ √
c) f (± 2, ± 2) = 4 + 4 + 4 − 4 − 4 = 4, donc les points (± 2, ± 2) sont des maximums
globaux. Un minimum global serait aussi minimum local ; or f (2, 0) = 8−16 = −8 < 0 = f (0, 0).
C’est donc que (0, 0) n’est pas minimum global et f n’admet pas de minimum global [1,5pt].

Exercice II- [4 points]


On a C = ϕ−1 (] − ∞, 0]) avec ϕ(x, y) = x2 + y 2 − 1. ϕ est de classe C 1 comme f donc C
est fermé car l’image réciproque d’un fermé par une application continue est un fermé. C’est
aussi un ensemble borné (la boule unité BF ((0, 0), 1)), donc C est un fermé borné et on a bien
l’existence d’extrémums sur C. La contrainte étant convexe, elle est qualifiée en tout point et
les extrémums u = (x, y) vérifient les conditions du théorème de Kuhn-Tucker : il existe λ tel
que 
 ∇f (u) + λ∇ϕ(u) = 0
 ! !
−2 − 2x 2x
λϕ(u) = 0 avec ∇f (u) = et ∇ϕ(u) = .
2y 2y
ϕ(u) ≤ 0

• Si la contrainte n’est pas saturée, on a ∇f (u) = 0 qui donne x = −1 et y = 0, impossible


car en ce point la contrainte est saturée.
−1 − x x
• Si la contrainte est saturée, les deux gradients sont liés, soit = −y(1+2x) = 0,
y y
avec x2 + y 2 = 1.
→ y = 0 donne x = ±1 avec

f (1, 0) = −3 √
et f (−1, 0) = 1 ;
→ x = − 2 donne y = ± 2 avec f − 2 , ± 23 = 43 + 1 − 14 = 32 .
1 3 1

On a tous les candidats possibles et comme −3 < 1 < 23 , min f = −3 avec argminC f = {(1, 0)}
C
n √   √ o
3 3 3
et max f = 2 avec argmaxC f = − 12 , 2 , − 12 , − 2 .
C

Exercice III- [5 points]


1
a) C est le triangle rectangle limité par les droites x = 2, y = 5 et y = m x. Plus m est petit,
plus la pente de cette dernière droite est grande. Le domaine est réduit au point A(2; 5) si cette
2 2
droite passe par A, c’est-à-dire si 5m = 2, soit m = 5 . Le domaine est vide si m < 5 [1,5pt].
4
ϕ−1
i (] − ∞, 0]) avec ϕ1 (x, y) = 2 − x, ϕ2 (x, y) = x − my, ϕ3 (x, y) = y − 5 et
T
b) On a C =
i=1
ϕ4 (x, y) = −y. Ces fonctions contraintes sont donc de classe C 1 comme f . On a donc C fermé
comme intersection de fermés (l’image réciproque d’un fermé par une application continue étant
2
un fermé). C’est aussi un ensemble borné (triangle ABD avec B 2; m et D(5m; 5)), donc C est
un fermé borné et on a bien l’existence d’extrémums sur C. Les contraintes sont toutes linéaires,
donc elles sont qualifiées en tout point et les maximums u = (x, y) vérifient les conditions du
théorème de Kuhn-Tucker : il existe λi ≥ 0, 1 ≤ i ≤ 4 tels que

4
 ∇f (u) − λi ∇ϕi (u) = 0

 P !

i=1 2(x − 1)(6 − y)
avec ∇f (u) = ,

 λi ϕi (u) = 0 pour 1 ≤ i ≤ 4 −(x − 1)2
 ϕ (u) ≤ 0 pour 1 ≤ i ≤ 4

i
! ! ! !
−1 1 0 0
∇ϕ1 (u) = , ∇ϕ2 (u) = , ∇ϕ3 (u) = , ∇ϕ4 (u) =
0 −m 1 −1
soit 

 2(x − 1)(6 − y) + λ1 − λ2 = 0
 −(x − 1)2 + mλ − λ + λ = 0

2 3 4
[1pt].

 λ 1 (x − 2) = 0 ; λ 2 (x − my) = 0 ; λ3 (y − 5) = 0 ; λ4 y = 0


x ≥ 2 ; x ≤ my ; y ≤ 5 ; y ≥ 0 ; λi ≥ 0.
c) [2,5pts] Si m = 25 , C = {A} avec f (2, 5) = 1 et si m < 52 , C = ∅. On ne considèrera donc
que le cas m > 25 .

• Si aucune contrainte n’est saturée, on a ∇f (u) = 0 qui donne x = 1 : c’est impossible car
pour tout (x, y) ∈ C, x ≥ 2.

• La contrainte ϕ4 n’est jamais saturée car sinon y = 0, mais alors x ≤ 0, ce qui contredit
x ≥ 2, donc λ4 = 0 .

• On a nécessairement λ2 6= 0 car sinon, on aurait λ1 = −2(x − 1)(6 − y) < 0, ce qui


est impossible. Ainsi, le maximum se trouve sur le segment [B, D] et x = my (contrainte ϕ2
saturée).

2
• Si λ1 6= 0, la contrainte ϕ1 est saturée. On a alors

x=
2 et y = m 6= 5, ce qui correspond
1 1 2 5−12m
au point B, donc λ3 = 0 et λ2 = m et λ1 = m − 2 6 − m = m , ce qui n’est possible que
5
si m < 12 .

• Si λ3 6= 0, la contrainte ϕ3 est saturée. On a alors x = 5m > 2 (donc λ1 = 0) et y = 5,


ce qui correspond au point D. On a alors λ2 = 2(5m − 1) et λ3 = −(5m − 1)2 + 2m(5m − 1) =
(5m − 1)(1 − 3m) ce qui est impossible car, pour m > 52 , 5m − 1 > 1 et −3m + 1 < 0 : on aurait
λ3 < 0.

• Ainsi, λ3 = 0. On a alors λ2 = 2(x − 1)(6 − y) et mλ2 = (x −1)2 , soit 2m(6− y) = my − 1


puisque x = my 6= 1, et 12m + 1 = 3my. On obtient le point M 12m+1 3 ; 12m+1
3m qui est sur le
12m+1 5 5
segment [B; D] si 3 ≥ 2, c’est-à-dire 12m + 1 ≥ 6, soit m ≥ 12 . (Pour m = 12 , on retrouve
le point B).

Finalement,
 
2 5 2 6m−2
• si 5 <m≤ 12 , argmaxC f = {B} et max f = f 2, m = m ;
C
n o
5 12m+1 12m+1 4
• si m ≥ 12 , argmaxC f = {M } = 3 ; 3m et max f = f (M ) = 27m (6m − 1)3 .
C

Exercice IV- [8 points]


a) On désigne par x1 et x2 les quantités des produits P1 et P2 fabriquées. La fonction objectif
est la marge totale z = 4x1 + 482 qu’il faut maximiser. Avec les contraintes de production
maximale (x1 + x2 ≤ 10), de temps total d’usinage (3x1 + x2 ≤ 24) et de quantité de ressource
(2x1 + 6x2 ≤ 48, soit, en divisant par 2, x1 + 3x2 ≤ 24), le problème se modélise sous la forme
suivante : 

 4x1 + 8x2 = z[max]
 x1 + x2 ≤ 10



x1 + 3x2 ≤ 24





 3x 1 + x 2 24
x1 ≥ 0 ; x2 ≥ 0

Le domaine des solutions admissibles est le polytope de sommets OABCD avec O(0; 0), A(0; 8),
B(3; 7), C(7; 3), D(8; 0) [1,5pt].

b) Premier tableau :

i ↓ j → x1 x2 x1̄ x2̄ x3̄ β βi /αi,e


1̄ 1 1 1 0 0 10 10
← 2̄ 1 3 0 1 0 24 8
3̄ 3 1 0 0 1 24 24

∆j 4 8 0 0 0 z−0
↑e
Deuxième tableau : x2 entre dans la base et x2̄ en sort

i↓ j→ x1 x2 x1̄ x2̄ x3̄ β βi /αi,e


← 1̄ 2/3 0 1 −1/3 0 2 3
2 1/3 1 0 1/3 0 8 24
3̄ 8/3 0 0 −1/3 1 16 6

∆j 4/3 0 0 −8/3 0 z − 64
↑e
Troisième tableau : x1 entre dans la base et x1̄ en sort
i ↓ j → x1 x2 x1̄ x2̄ x3̄ β
1 1 0 3/2 −1/2 0 3
2 0 1 −1/2 1/2 0 7
3̄ 0 0 −4 1 1 8

∆j 0 0 −2 −2 0 z − 68
Il n’y a plus de terme positif dans la dernière ligne donc on est à l’optimum. La solution est
donc x∗1 = 3, x∗2 = 7 et la valeur à l’optimum est z ∗ = 68 [2 pts].

c) On écrit directement le programme dual :




 10y1 + 24y2 + 24y3 = w[min]

 y1 + y2 + 3y3 ≥ 4
[0,5pt]

 y1 + 3y2 + y3 ≥ 8


y1 , y2 , y3 ≥ 0.
On déduit directement du tableau à l’optimal que ∆01̄ = −3, ∆02̄ = −7 et ∆03 = −8, les autres
étant nuls ; et que y1 = y2 = 2 (variables de base), les autres étant nulles. Enfin, on remplit le
0 = −α
tableau grâce à αi,j ¯
j̄,ī (en convenant que ī = i). Pour des raisons de lecture plus simple, on
place y1̄ et y2̄ en premier dans le tableau. On a alors le tableau du simplexe du dual à l’optimal
[1 pt] :

i↓ j→ y1̄ y2̄ y1 y2 y3 β0
1 −3/2 1/2 1 0 4 2
2 1/2 −1/2 0 1 −1 2

∆0j −3 −7 0 0 −8 w + 68
d) Le domaine reste le même et le maximum est sur l’un des sommets du polytope. On
a zO = 0, zA = 8p2 , zB = 12 + 7p2 , zC = 28 + 3p2 et zD = 32. Le maximum reste en B si
8p2 ≤ 12 + 7p2 et 12 + 7p2 ≥ 28 + 3p2 , soit p2 ≤ 12 et 4p2 ≥ 16.
Ainsi,
• le maximum de z est en B(3; 7) pour 4 < p2 < 12 .

• Pour p2 > 12, le maximum de z est atteint en A(0; 8) .


De plus, zD > zC pour 28 + 3p2 < 32, soit p2 < 34 . Ainsi :
• Pour 0 < p2 < 43 , le maximum est atteint en D(8; 0).
• Pour 43 < p2 < 4, le maximum est atteint en C(7; 3).
Enfin, pour p2 = 12, n’importe quel point du segment [AB] réalise le maximum ; de même,
n’importe quel point de [BC] réalise le maximum si p = 4 et n’importe quel point de [CD]
réalise le maximum si p = 34 .


 32 si p2 < 4/3[

 28 + 3p
2 si p2 ∈ [4/3, 4[
On a finalement zp∗2 = (fonction continue de p2 ) [2 pts].

 12 + 7p 2 si p2 ∈ [4, 12[


8p2 si p2 ≥ 12

e) On a ici wq = qy1 + 24y2 + 24y3 . Pour cette question, on travaille sur le dual et on tire
du tableau optimal y1 = 2 + 32 y1̄ − 21 y2̄ − 4y3 , et y2 = 2 − 12 y1̄ + 12 y2̄ + y3 , donc

−wq = −qy1 − 24y2 − 24y3


3 1 1 1
   
= −q 2 + y1̄ − y2̄ − 4y3 − 24 2 − y1̄ + y2̄ + y3 − 24y3
2 2 2 2
3 1
   
= −48 − 2q − q − 12 y1̄ − − q + 12 y2̄ − (−4q + 48)y3
2 2

On écrit qu’à l’optimal, les ∆0 sont négatifs, ce qui donne 32 q − 12 ≥ 0, − 12 q + 12 ≥ 0 et


−4q + 48 ≥ 0, soit finalement q ≥ 8, q ≤ 24 et q ≤ 12. Donc, pour q ∈ [8; 12] , le point en lequel
l’optimum est atteint est inchangé. [1 pt].

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