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Chapitre 4 : La croissance et le développement économique

La croissance économique est un objet d’étude essentiel des sciences économiques. C’est un
objectif fondamental de l’ensemble des pouvoirs publics qui s’intéressent à l’augmentation
quantitative de la production. Lorsqu’on intègre les aspects qualitatifs, on définit le concept de
développement économique.

1. La croissance économique
A°- La définition
La croissance économique est une mesure purement quantitative qui reflète l’augmentation de la
production à long terme dans une économie. La croissance économique est donc l’augmentation
soutenue de la production d’un pays sur une longue période. La croissance économique se distingue
de l’expansion économique. L’expansion économique est une augmentation conjoncturelle de la
production d’un pays. En d’autres termes, elle correspond à une phase ascendante du cycle
économique et est de durée courte ou moyenne.

La croissance économique suppose que soient réunies :


§ des conditions économiques : émergence de l’industrie, système de financement efficace, main
d’œuvre suffisante et de qualité ;
§ des conditions institutionnelles et culturelles : existence d’un droit des contrats, stabilité
politique, attitudes favorables au progrès technologiques.

B°- La mesure de la croissance économique


La mesure de la croissance économique repose essentiellement sur le calcul du PIB. Le calcul du
PIB se fait essentiellement à travers trois optiques : optique production, optique demande et
optique revenu. Pour établir le taux de croissance, on calcule le taux de variation du PIB sur une
période donnée.

C°- Les facteurs explicatifs de la croissance économique


Les économistes ont d’abord cherché à expliquer la croissance économique en prenant en compte
la contribution de deux grands facteurs de production que sont le travail et le capital. Une
distinction est faite entre la croissance intensive et la croissance extensive. On parle de croissance
extensive lorsque l’augmentation de la production résulte de l’accroissement des facteurs de
production utilisés. La croissance intensive quant à elle renvoie à la croissance qui provient d’une
meilleure utilisation des facteurs de production génératrice de gain de productivité.

La contribution des facteurs de production a fourni une explication insuffisante de la croissance ;


les économistes ont donc cherché l’origine de la grande partie inexpliquée. En premier lieu, le
progrès technique, considéré comme exogène, a été le facteur identifié notamment par Solow
(1957). Dans les années 1980, une théorie de la croissance dite endogène a été développée pour
identifier les facteurs explicatifs de la croissance. Selon la théorie de la croissance endogène, la
croissance économique résulte en grande partie du progrès technique qui dépend lui-même des
différents facteurs internes à la croissance économique notamment l’accumulation du capital
(Romer, 1986), les innovations technologiques (Romer, 1990), le capital humain (Lucas, 1988), les
infrastructures publiques (Barro, 1990).

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§ L’accumulation du capital
Lorsqu’une entreprise accumule du capital, elle accumule également des connaissances grâce à la
pratique (effet de learning spillover ou effet d’apprentissage). Les autres entreprises en profitent grâce
à la circulation de l’information.

§ Les innovations technologiques


Les innovations technologiques profitent à la collectivité grâce aux brevets (l’acquisition d’un
brevet est moins onéreuse que la recherche). Elles trouvent aussi des applications dans d’autres
activités ; ce qui engendre de nouveaux marchés.

§ Le capital humain
Un individu qualifié sera d’autant plus efficace qu’il opère dans un environnement composé
d’individus qualifiés. En effet, il faut alors tenir compte de la circulation de l’information. Celle-ci
est mieux comprise et mieux transmise au fur et à mesure que le capital moyen s’élève.

§ Les infrastructures publiques


Les infrastructures publiques permettent d’accroître l’efficacité productive en procurant une main-
d’œuvre qualifiée (dépenses de formation), en améliorant les conditions de transport, de
communication, etc.

2. Les irrégularités de la croissance : les cycles


La croissance économique présente une tendance générale et durable d’accroissement des
grandeurs économiques (le trend) mais également des variations significatives au cours du temps
appelées fluctuations ou cycles. Le trend (de la croissance) désigne le mouvement séculaire
d’accroissement de la richesse produite par l’homme. Un cycle est un phénomène de fluctuation
économique ayant un caractère régulier et se traduisant par l’alternance de phases d’expansion et
de récession affectant des grandeurs économiques fondamentales (production, prix, emploi). On
distingue plusieurs types de cycles à l’amplitude plus ou moins importante. Il y a d’abord les cycles
longs dits « cycles de Kondratieff » qui présentent une forte amplitude (durée totale de 50 ans
environs) avec deux phases d’environ 25 ans, l’une d’expansion et l’autre de récession. Il y a ensuite
des cycles courts appelés respectivement « cycles de Juglar » (d’une périodicité comprise entre 5 et
10 ans) et « cycles de Kitchin » (d’une amplitude totale de 3 à 4 ans).

3. Le développement économique
Le développement économique est un phénomène qualitatif, irréversible et observable sur une
longue période, caractérisée par une transformation des structures économiques et sociales liées à
la croissance économique. Ces changements de structure renvoient à des différentes manifestations
du développement : niveau de vie, industrialisation, indicateurs démographiques, urbanisation,
niveau d’éducation et de qualification. La notion de développement peut s’apparenter à une
augmentation du bien-être. Dans ce cas, on parle de développement humain. Le développement
humain est caractérisé par la capacité d’un pays à satisfaire les besoins d’une population non
seulement en termes monétaires mais également en termes non-monétaires notamment l’éducation,
la santé, l’hygiène etc. Dans cette perspective, les économistes de Nations-Unies calculent un
« indicateur de développement humain » (IDH) en combinant plusieurs facteurs élémentaires : le
PIB par habitant mais aussi l’espérance de vie, le taux d’alphabétisation des adultes, le taux de
scolarisation. De nos jours, les problèmes environnementaux occupent une place très importante
d’où le recours au concept de développement durable qui rend compte de l’impératif d’équilibre de
la croissance au plan écologique. Le développement durable est le développement qui répond aux
besoins présents sans compromettre les besoins des générations futures.

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Conclusion
La croissance économique revêt un enjeu pour les économies ; c’est une mesure quantitative de la
production d’un pays au cours d’une période. Plusieurs explications sont fournies à ce phénomène
qui peut connaître des fluctuations ou cycles. Si l’on s’intéresse à l’aspect qualitatif, on met en
exergue le concept de développement économique.

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Chapitre 5 : La Monnaie
Lorsqu’on parle de l’économie, on pense très rapidement à la monnaie. Cette dernière est souvent
assimilée à la richesse. Ce lien est-il justifié ? La monnaie n’est-elle pas plutôt la représentation de
la richesse sans être véritablement son fondement ?

1. La monnaie et ses spécificités


A°- Les fonctions de la monnaie
La monnaie remplit trois fonctions bien distinctes à savoir :
§ Une unité de compte (fonction d’évaluation) : cette fonction a pour but d’évaluer tous les biens
et est ainsi la fonction centrale de la monnaie car elle permet l’existence d’une économie
d’échange.
§ Une réserve de valeur (fonction de thésaurisation) : la monnaie permet d’étaler les achats dans
le temps ; elle représente un lien entre le présent et le futur : c’est un instrument d’épargne.
§ Un intermédiaire des échanges (fonction de circulation) : elle permet aux biens de s’échanger
facilement en établissant un lien entre les échangistes potentiels qui sans elle ne pourrait réaliser
leur transaction.

B°- Les formes de monnaie et les différents moyens de paiement


a°- Les formes de la monnaie
Il existe plusieurs formes de monnaie.
§ La monnaie marchandise
Au départ, la seule forme d’échange était le troc. Mais du fait des difficultés inhérentes à une
économie de troc, il a fallu choisir un bien qui devrait jouer le rôle de monnaie. Ainsi, la monnaie,
sous son aspect primitif, a pris la forme d’une marchandise.
§ La monnaie métallique
Succédant aux monnaies-marchandises, les premières pièces de monnaie font leur apparition
dans l’Antiquité et jouent un rôle dominant jusqu’au XIXe siècle. Ont ainsi cohabité pendant
des siècles des pièces de cuivre, de bronze, d’argent et d’or. Ces métaux ont été choisis en
fonction de leur rareté, mais aussi en raison d’une symbolique religieuse (or,soleil, argent,lune).
§ La monnaie fiduciaire
Il s’agit des billets en circulation qui sont initialement émis par des banquiers privés dès le XVIIe
siècle. Mais des faillites retentissantes, comme celle de la Banque générale de John Law en 1720,
ont justifié la nécessité de limiter la création de monnaie fiduciaire. Dès lors, celle-ci a été dans
un premier temps dépendante de la quantité d’or que possédait la Banque centrale (principe de
la currency school), puis s’en est affranchit (principe de la banking school). Les billets deviennent alors
une véritable monnaie émise en contrepartie de crédits à l’économie. De nos jours, la valeur des
billets de banque ne repose plus que sur la confiance qu’ont les agents économiques dans leur
monnaie (fidus signifie confiance en latin), confiance obligée, car non seulement les billets ont
un cours légal (nul ne peut les refuser en paiement d’une dette), mais ils ont également un cours
forcé, c’est-à-dire qu’ils sont inconvertibles en métal précieux.
§ La monnaie scripturale
C’est la monnaie qui consiste à un simple jeu d’écriture dans un compte. On parle de compte à
vue car l’avoir est remboursable en billets au guichet (à vue signifie au titulaire lui-même). Elle
ne circule pas de main à main mais par jeu d’écriture (scriptural) d’un compte à un autre au sein
du système bancaire.

§ La monnaie électronique
La monnaie électronique consiste en un encours stocké dans une carte prépayée multi prestataire.

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b°- Les moyens de paiement
Les moyens de paiement servent à la circulation des instruments monétaires sont :
§ La monnaie métallique ou monnaie divisionnaire
§ La monnaie fiduciaire
§ Chèque
§ Virement bancaire
§ Carte de paiement

C°- La masse monétaire et ses contreparties


La masse monétaire se définit comme l’ensemble des moyens de paiement en circulation dans une
économie et des placements facilement transformables en liquidité. En d’autres termes, la masse
monétaire peut être définie comme l’ensemble des actifs monétaires détenus par les agents
économiques non financiers et qui peuvent être immédiatement ou rapidement utilisés pour réaliser
les grandes fonctions macroéconomiques : consommation, investissement, épargne.

La masse monétaire peut être divisée en différents agrégats monétaires. Un agrégat monétaire est
défini comme le regroupement d’un ensemble homogène d’actifs monétaires et non monétaires. Il
est alors possible de classer les agrégats de monnaie par ordre de liquidité décroissante. L’on peut
ainsi avoir la classification suivante notamment dans la BEAC :

§ L’agrégat monétaire M1 qui est composé de la monnaie fiduciaire (Billets et pièces) et des
dépôts à vue. M1= Pièces + Billets + dépôts à vue.
§ L’agrégat monétaire M2 est constitué des actifs monétaires compris dans M1 et de la quasi-
monnaie (dépôts d’épargne et dépôts à terme). M2 = M1 + dépôts d’épargne et dépôts à
terme.

Les contreparties de la masse monétaire renvoient aux sources de création monétaire par le système
financier. On distingue les créances sur l’étranger, les créances nettes sur l’Etat et les crédits à
l’économie qui sont la composante la plus importante.

2. Les débats autour du rôle de la monnaie et la demande de monnaie


Quelles sont les conséquences de la variation de la masse monétaire sur les phénomènes
économiques réels ? Qu’est-ce qui motivent les agents économiques à détenir leur richesse sous
formes liquides ?

Pour certains auteurs (les classiques et les néoclassiques), les phénomènes monétaires et les
phénomènes réels sont déconnectés : on parle de la neutralité de la monnaie. En effet, la neutralité
de la monnaie signifie que la monnaie n’a aucune influence sur les grandeurs réelles de l’économie
(croissance économique, investissement, consommation etc.) notamment à long terme. Par ailleurs,
la monnaie est uniquement demandée par les agents pour effectuer les transactions. Dans cet ordre
d’idées, la demande de monnaie est fonction positive du revenu.

A contrario, d’autres auteurs (les keynésiens) remettent en cause la séparation entre la sphère réelle
et la sphère monétaire. Pour ces auteurs, la monnaie est non neutre c’est-à-dire qu’elle influence les
grandeurs réelles de l’économie. Les Keynésiens distinguent trois motifs de détention de la
monnaie. Le premier est le motif de transaction : les agents désirent les encaisses afin de pouvoir
réaliser les transactions. Cette demande est fonction positive du revenu. Le second motif est celui
de précaution : les agents économiques désirent détenir la monnaie pour faire face aux dépenses
imprévues et cette demande est fonction positive du revenu. Le troisième motif est celui de
spéculation. Le motif de spéculation est déterminé par l’objectif de réalisation des plus-values en
capital sur le marché des titres. Ce motif est fonction négative du taux d’intérêt.

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3. L’offre de monnaie
3.1. Le mécanisme de la création monétaire
L’offre de monnaie ou la création monétaire signifie la mise en circulation d’une nouvelle quantité
de monnaie et non la substitution d’une forme de monnaie à une autre. En effet, elle consiste en la
mise en disposition des agents économiques de moyens de paiement totalement nouveaux. En
général, seuls les agents financiers, habilités à gérer les moyens de paiements scripturaux, peuvent
réaliser cette opération. Il leur suffit d’inscrire une somme sur le compte d’un agent non financier
pour créer une monnaie scripturale supplémentaire. Cette inscription se fait en contrepartie d’une
créance, c’est-à-dire en échange d’une promesse de remboursement ultérieur.

3.2. Les acteurs de la création monétaire


La création monétaire est l’œuvre des banques commerciales, la Banque Centrale et le Trésor
Public. Les banques commerciales créent de la monnaie scripturale : lorsqu’une banque accorde le
crédit à un client et verse la somme sur son compte, elle augmente à la fois l’actif (créance sur le
client) et le passif (compte du client) de son bilan. Elle crée de la monnaie ex-nihilo. En revanche,
on ne peut pas parler de création monétaire lorsque l’institution financière prête des ressources
qu’elle a collectées auparavant. La création monétaire des banques est la plus importante. La
Banque Centrale, ne crée paradoxalement qu’assez peu de monnaie. Disposant du monopole de
l’émission des billets, elle les met à la disposition des banques commerciales contre de la monnaie
centrale (compte courant des banques) en fonction des besoins de leurs clients. La création
monétaire par le Trésor Public est infime. En gérant le circuit des comptes chèques postaux, le
Trésor Public est amené à régler certaines dépenses de l’Etat par inscription sur ces comptes et à
créer ainsi de la monnaie scripturale.

4. Financement de l’économie
Parmi les agents économiques (ménages, entreprises, administrations publiques), certains ont des
fonds excédentaires par rapport aux projets qu’ils souhaitent réaliser. On dit qu’ils ont une capacité
de financement. D’autres agents, au contraire, n’ont pas assez de fonds pour financer leurs projets.
On dit qu’ils ont un besoin de financement. En pratique, les agents à capacité de financement sont
les ménages et ceux à besoins de financement sont les entreprises.

Pour se financer, les agents à besoin de financement ont deux possibilités. Ils peuvent aller voir
directement les agents à capacité de financement et leur demander des fonds : c’est la finance
directe. La finance directe a lieu sur le marché. Ils peuvent également passer par un intermédiaire,
le plus souvent une banque : c’est la finance indirecte ou finance intermédiée. Lorsque le mode de
financement directe prédomine dans l’économie, on dit qu’on est dans une économie de marché.
Lorsque la finance intermédiée prend une place prépondérante dans le financement de l’économie,
on dit que l’économie est une économie d’endettement.

Conclusion
La monnaie est au centre de la vie économique de toute nation ; au-delà des fonctions qu’elle
remplit, le rôle de la monnaie dans l’activité économique fait l’objet d’incessants débats.

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Chapitre 6 : Les déséquilibres économiques

La croissance économique est soumise à des fluctuations et des cycles. Certains déséquilibres
économiques et monétaires peuvent être persistants. L’inflation et le chômage constituent les
principaux maux des pays.

1. Le chômage
Le chômage est une situation de déséquilibre sur le marché du travail. Le travail représente
l’ensemble des capacités physiques et intellectuelles que les hommes mettent en œuvre pour
produire les biens et services nécessaires à la satisfaction de leurs besoins.

A°- Le marché du travail


Le marché du travail est défini comme le lieu de rencontre entre l’offre de travail et la demande de
travail. L’offre de travail émane des ménages et dépend de la population active et de la durée du
travail. La population active est l’ensemble des personnes qui exercent un emploi ainsi que celles
n’ayant pas d’emploi, désireuses d’en occuper un et menant une recherche active pour cela. La
population active comprend donc les actifs occupés et les chômeurs. La durée de travail est le
temps qu’accomplit un salarié dans le cadre de la production des biens et services. On distingue la
durée légale du travail définie par les textes de la loi et la durée effective du travail qui tient compte
de l’absentéisme, du chômage technique et des heures complémentaires. L’offre de travail dépend
aussi de la qualité du facteur travail que les économistes mesurent par la productivité du travail. La
productivité du travail est le rapport entre un volume de production réalisé et le volume de travail
nécessaire à cette production. La demande de travail est exprimée par les entreprises.

B°- La définition du chômage


Selon le BIT (Bureau International du Travail), pour être considéré comme chômeur, trois
conditions sont nécessaires :
• Etre sans travail, c’est-à-dire n’avoir pas travaillé ne serait-ce qu’une heure au cours de la
semaine de référence ;
• Etre disponible pour travailler dans un emploi salarié ou non ;
• Etre à la recherche d’un travail.

Le chômage est donc la situation des personnes qui sont sans emploi, à la recherche d’un emploi,
et disponible pour occuper un emploi.

B°- Les conceptions théoriques du chômage


a°- Le chômage classique ou chômage volontaire
Pour l’analyse classique et néoclassique et du fait de la flexibilité des prix, le chômage est lié à la
volonté délibérée des agents économiques de ne pas travailler soit parce qu’il trouve la
rémunération insuffisante, soit parce qu’ils sont à la recherche d’un travail mieux rémunéré. La
conception classique du chômage conduit à des conséquences en matière d’emploi. En effet, la
flexibilité du salaire réel permet de réguler les déséquilibres sur le marché du travail. Les
interventions publiques sont, dans cette optique, sources de rigidités et donc de chômage. Le salaire
minimum, les allocations de chômage et le contrôle des licenciements conduisent à un salaire réel
supérieur au salaire d’équilibre. La lutte contre le chômage passe par la restauration des mécanismes
concurrentiels des marchés.

b°- Le chômage keynésien ou chômage involontaire


Dans l’analyse keynésienne, une économie peut être durablement en situation de sous-emploi si la
demande globale est inférieure à l’offre globale. Dans ce cas, les entreprises sont désireuses de
produire plus, mais ne le font pas à cause d’une insuffisance de la demande. L’équilibre ainsi réalisé
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est régressif et contribue à créer du chômage (on parle de chômage involontaire). C’est donc un
chômage qui émane du ralentissement de l’activité économique.

C°- Les différents types de chômage


§ Le chômage frictionnel
Le chômage frictionnel est un chômage de courte durée qui correspond au temps nécessaire pour
passer d’un emploi à un autre.

§ Le chômage conjoncturel
Le chômage conjoncturel est lié au ralentissement de l’activité économique.

§ Le chômage structurel
Le chômage structurel est lié aux modifications des structures de l’économie telles que le déclin des
activités traditionnelles, l’internationalisation des économies, la tertiarisation des activités etc.

§ Le chômage partiel
Le chômage partiel correspond à une réduction forcée du temps du travail décidé par l’entreprise
pour un temps limité notamment en cas de réduction passagère de l’activité.

§ Le chômage technique
Le chômage technique concerne un arrêt partiel ou total du travail qui résulte des causes externes
à l’entreprise.

2. L’inflation
A°- La définition
L’inflation peut être définie comme une hausse soutenue et durable du niveau général des prix. Elle
exclut les hausses localisées et passagères ; elle suppose que l’augmentation des prix se transmette
à toute l’économie et se reproduise à la période suivante. La désinflation est la baisse du taux
d’inflation. La déflation se définit comme une baisse du niveau général des prix. Elle est
généralement associée à une récession c’est-à-dire une diminution du PIB (croissance négative).
L’hyperinflation est définie par un taux d’inflation d’au moins 50% par mois. La stagflation désigne
une période au cours de laquelle on observe de manière concomitante une inflation élevée et un
chômage élevé.

B°- Les sources de l’inflation


On distingue au moins quatre sources de l’inflation : l’inflation monétaire, l’inflation par la
demande, l’inflation par les coûts et l’inflation importée.

§ L’inflation monétaire
L’inflation monétaire découle d’un excès de création monétaire c’est-à-dire la mise en circulation
d’une quantité importante de monnaie. C’est l’explication dominante de l’inflation qui repose sur
l’analyse des économistes monétaristes.

§ L’inflation par les coûts


Les coûts de production augmentent si les prix des facteurs croissent plus vite que leur productivité.
Si les coûts s’élèvent, les entreprises sont incitées à augmenter leurs prix. Leurs clients accroîtront
à leur tour leurs prix s’il s’agit d’entreprises ou réclameront des hausses de salaires si ce sont des
ménages. De proche en proche, un processus inflationniste en boucle risque de s’installer.

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§ L’inflation par la demande
Pour les keynésiens, la création monétaire n’est inflationniste que si elle alimente la demande et
que, par ailleurs l’appareil de production ne peut y répondre. L’inflation ne peut apparaître que
quand la demande augmente alors qu’on se trouve près du plein emploi. Ainsi, les entreprises ne
sont pas à mesure de répondre à la hausse de la demande.

§ L’inflation importée
La hausse des prix des produits importés a un effet direct sur l’indice des prix. Elle enregistre un
processus inflationniste car elle incite les salariés à réclamer des hausses de salaire les entreprises à
augmenter leurs prix.

C°- Les conséquences de l’inflation


Le débat sur les conséquences de l’inflation est complexe. Tous les économistes s’entendent pour
voir dans l’hyperinflation un mal absolu. Les débats sont plus vifs en revanche dès lors que les taux
d’inflation restent raisonnables. Pour certains, l’inflation est nécessaire car elle serait un « lubrifiant »
indispensable au bon fonctionnement de l’économie alors que, selon d’autres, combattre les
tensions inflationnistes est une priorité pour les politiques économiques.

a°- L’inflation favorise les agents endettés


La charge de remboursement d’un emprunt à taux fixe devient moins lourde dans un contexte de
hausse des prix et des revenus. L’inflation favorise donc les agents structurellement endettés
comme l’Etat et les entreprises. Pour ces dernières, l’inflation améliore « toutes choses étant égales
par ailleurs », la rentabilité de l’investissement productif. L’Etat peut aussi facilement réduire sa
dette et retrouver des marges de manœuvre budgétaires. L’inflation peut aussi favoriser le crédit à
la consommation et donc la consommation. Ces effets positifs pour la croissance économique
peuvent toutefois être contrebalancés par des évolutions favorables. Les épargnants et les
créanciers sont lésés. Ils risquent de réclamer une hausse des taux d’intérêt pour se couvrir contre
le risque d’inflation. Une inflation durable peut donc pénaliser les futurs emprunteurs. Les
conséquences sur le niveau d’épargne sont ambigües. Les agents peuvent considérer que l’inflation
réduit la valeur de leur patrimoine et désirer le reconstituer (ils diminuent leur consommation et
accroissent l’épargne). Ils peuvent estimer au contraire que l’effort d’épargne est mal rémunéré et
augmenter successivement leur consommation ; ce qui attise les tensions inflationnistes.
L’insuffisance d’épargne risque alors de pénaliser l’investissement futur.

b°- L’inflation entraîne des modifications dans la répartition des revenus


Tous les prix et revenus n’évoluent pas de même manière identique, de sorte que les prix relatifs
sont modifiés. Certains y gagnent et d’autres y perdent. Les agents pénalisés sont tout d’abord les
titulaires de revenus fixes ou imparfaitement indexés sur l’inflation (les retraités par exemple). C’est
aussi le cas des agents fortement exposés à la concurrence internationale, qui peuvent difficilement
obtenir des hausses de salaires leur garantissant le maintien du pouvoir d’achat. Les gagnants
opèrent le plus souvent dans les secteurs abrités de la concurrence internationale, où les contraintes
de coûts sont plus faibles et les hausses de salaires plus supportables. Les salariés les plus qualifiés
sont également plus préservés que les autres. L’inflation favorise donc, dans certains contextes,
l’accroissement des inégalités.

c°- L’inflation, source d’incertitude, fausse allocation des ressources


En économie de marché, les prix relatifs doivent refléter les raretés relatives afin d’orienter les
agents économiques dans l’allocation de leurs ressources. L’inflation bouleverse les prix de telle
sorte qu’ils ne reflètent plus les fondamentaux de l’économie. Les entreprises ne sont plus à même
d’anticiper correctement l’évolution de leurs coûts et de leurs recettes. De même les
consommateurs ne peuvent plus faire des prévisions sur leurs dépenses.

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d°- L’inflation et les déséquilibres extérieurs
Lorsqu’un pays à un taux d’inflation supérieur à celui de ses principaux partenaires économiques,
la compétitivité-prix de ses produits recule. Cela conduit plus ou moins à une dégradation du solde
des échanges extérieurs. Cette évolution peut exercer un effet défavorable sur la croissance
économique et l’emploi dans une économie fortement ouverte sur l’extérieur.

D°- Les instruments de lutte contre l’inflation


Les pouvoirs publics disposent de plusieurs instruments de lutte contre l’inflation à savoir les
politiques monétaires restrictives, les politiques budgétaires et fiscales, le contrôle des prix, la
politique des revenus, la politique de la concurrence.

a°- Les politiques monétaires restrictives


La lutte contre l’inflation passe par un ralentissement de la croissance de la masse monétaire.
Initialement, la Banque Centrale fixait un taux de croissance de la masse monétaire et donc des
crédits. Cette politique s’est révélée inefficace du fait de sa rigidité car limitant la concurrence entre
les établissements de crédits. La politique monétaire s’est donc orientée sur la politique des taux
d’intérêt directeurs : la hausse des taux d’intérêt directeurs aboutit in fine à une diminution de crédits
et donc de la masse monétaire. Pour être efficace, la politique monétaire doit être crédible auprès
des agents. Ils doivent considérer que les autorités monétaires ne changeront pas d’objectif en cours
de route. C’est pourquoi les Etats ont rendu les Banques Centrales indépendantes du pouvoir
politique.

b°- Les politiques budgétaires et fiscales


La réduction du déficit budgétaire, qui peut se traduire par la baisse des dépenses publiques et la
hausse des impôts, permet d’agir directement sur le niveau de la demande globale. Le recours à
l’emprunt sur les marchés financiers plutôt que le financement monétaire pour couvrir le déficit
permet également de résorber les tensions inflationnistes.

c°- Le contrôle des prix


Cet instrument permet de stopper momentanément l’augmentation des prix. Cependant, il agit sur
les symptômes et pas sur les causes. La sortie du blocage des prix peut être l’occasion des
phénomènes de redémarrage de l’inflation.

d°- La politique des revenus


Cette politique vise à fixer les normes de progression des revenus compatibles avec la stabilité des
prix.

e°- La politique de la concurrence


La politique de la concurrence vise à lutter contre les entraves à la concurrence en vue de limiter
les marges de manœuvre en matière des prix. Elle repose sur le démantèlement des monopoles,
notamment dans les services publics en réseaux (téléphonie, électricité, gaz, transports.

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Chapitre 7 : L’Etat
L’État désigne la personne morale de droit public qui, sur le plan juridique, représente une
collectivité, un peuple ou une nation, à l'intérieur ou à l'extérieur d'un territoire déterminé sur lequel
elle exerce le pouvoir suprême, la souveraineté.

Au regard de la Comptabilité nationale, l’Etat renvoie au secteur institutionnel des administrations
publiques (APU) dont la fonction principale consiste « à produire des biens et services non marchands ou
à effectuer des opérations de redistribution du revenu ou du patrimoine national »

De façon générale, l’Etat peut être analysé de deux façons. La première consiste à considérer que
c’est un organisme bienveillant qui cherche à maximiser le bien-être de tous, tout en permettant la
réduction des inégalités. Dans ce cas, on peut chercher à mesurer ses performances ou à expliquer
ce qu’il faudrait faire pour les améliorer. La deuxième façon d’analyser l’Etat est d’essayer de
comprendre son fonctionnement, et de comprendre comment les décisions sont prises en mettant
en évidence les rapports de pouvoir, les préoccupations économiques, et les conflits d’intérêts.

1. L’évolution du rôle de l’Etat


Si l’opposition entre Etat gendarme et Etat providence reflète une partie des débats du 19ème et
du 20ème siècle, il convient de rappeler que l’autorité publique n’a jamais cessé d’intervenir dans la
sphère économique et sociale. Les guerres de 1914 et de 1940, la crise économique de1929 ainsi
que les récentes crises financières vont donner une nouvelle légitimité aux interventions de l’Etat.

A°- De l’Etat gendarme à l’Etat Providence


Les théoriciens libéraux affirment qu’en économie de marché, l’Etat doit se contenter d’assurer ses
missions régaliennes : c’est ce qu’on a appelé l’Etat gendarme. Mais dans la première moitié du
XXème siècle, l’intervention économique et sociale s’est développée : l’Etat gendarme fait place à
l’Etat providence.

a°- L’Etat gendarme


Pendant très longtemps, l’Etat a eu pour fonction principale d’assurer le maintien de l’ordre dans
la nation, et tout particulièrement de veiller au respect des droits de propriété privée. Cette fonction
revenait à doter la puissance publique de moyens lui permettant d’avoir une police, une justice et
une défense nationale. Il en résultait que le budget de l’Etat était composé de dépenses liées à ces
fonctions et des recettes, principalement procurées par l’impôt, destinées à les financer. Ce
phénomène procédait très largement de la conception libérale du rôle de l’Etat, qui en théorie,
n’avait pas de volonté propre. La satisfaction des besoins individuels passant normalement par les
mécanismes du marché. L’Etat devait contenter de garantir les règles du jeu du marché et, dans le
cas contraire, disposer des moyens de sanctionner ceux qui y contreviendraient. En d’autres termes,
il devait se limiter à un rôle d’Etat-Gendarme ou encore d’Etat minimal.

b°- L’Etat providence


L’expression Etat providence attribue à l’Etat le devoir de jouer un rôle actif en stimulant la
croissance économique, en fournissant une protection sociale et en corrigeant les injustices sociales.
Le terme Etat Providence renvoie à plusieurs interprétations. C’est tout d’abord un terme qui
traduit une opposition entre deux courants de pensée du 19ème siècle. D’un côté, les libéraux qui
affirment le primat de l’individu et le risque de voir l’Etat se substituer à la Providence. De l’autre,
des républicains du second empire qui critiquent la philosophie trop individualiste de certaines lois
et préconisaient un « Etat social » se préoccupant de l’intérêt général.

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B°- Les fonctions de l’Etat de Richard Musgrave (1959)
Musgrave considère que l’action des pouvoirs publics peut être appréhendée à travers trois
fonctions principales : une fonction d’allocation, de redistribution et de stabilisation (ou de
régulation).

a°- La fonction d’allocation des ressources


L’Etat est amené à intervenir pour cinq raisons principales :
• La définition de règles et des droits permettant le fonctionnement des marchés ;
• L’existence de rendements croissants aboutissant à l’émergence de monopoles naturels ;
• La production des biens et services collectifs devant l’incapacité du marché à le faire de
manière optimale ;
• La multiplication des effets externes liés aux activités des particuliers (ménages, entreprises).
• La régulation du marché des biens tutélaires. Il s’agit de biens que le marché produit
spontanément en quantité suffisante pour satisfaire les besoins des agents, mais pour
lesquels l’autorité publique considère qu’il faut intervenir dans la consommation des agents,
pour qu’ils consomment plus (l’hygiène) ou moins (alcool).

b°- La fonction de redistribution


Elle relève de la justice sociale. Par nature, le libéralisme et l’économie de marché créent des
inégalités dans la société. L’Etat est amené à réduire ces inégalités en redistribuant une partie de la
richesse nationale créée.

c°- La fonction de stabilisation


Cette fonction vise les grands objectifs macroéconomiques tels qu’un niveau d’emploi élevé, une
inflation modérée, une croissance du PIB... Cette fonction relativement nouvelle de l’Etat nécessite
des moyens appropriés que sont la politique budgétaire et la politique monétaire.

2. L’intervention de l’Etat par le jeu des politiques économiques


Toute politique économique consiste à poursuivre un certain nombre d’objectifs à partir
d’instruments spécifiques.

A°- Le concept de politique économique


La politique économique est définie comme l’ensemble des décisions prises par les autorités
gouvernementales dans le but de réguler l’activité économique. Cette définition montre que la
politique économique se place dans un cadre interventionniste contraire au « laisser faire les hommes,
laisser passer les marchandises » de Vincent de Gournay.

Quatre finalités, connues sous le nom de carré magique de Kaldor (1957), constituent l’objectif de
toute politique économique à savoir :
• La croissance économique
• Le plein emploi
• La stabilité des prix
• L’équilibre extérieur

B°- Politique conjoncturelle- politique structurelle


Une distinction est faite entre politique conjoncturelle et politique structurelle. La politique
conjoncturelle vise à maintenir ou rétablir les grands équilibres économiques et financiers à court
terme. Une politique structurelle a pour but de modifier les structures de l’économie à long terme.

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Le tableau suivant compare les politiques conjoncturelles et structurelles

Politique conjoncturelle Politique structurelle


Durée Court terme Long terme
Objectif Maintien des équilibres Adaptation des structures
Effets Quantitatifs Qualitatifs

C°- Les instruments traditionnels de la politique économique


Les deux instruments de la politique économique notamment conjoncturelle sont : la politique
monétaire et de la politique budgétaire. La politique monétaire est définie comme l’ensemble des
décisions prises par les autorités monétaires pour réguler la quantité de monnaie en circulation.
Elle vise la stabilité interne de la monnaie par une régulation de la masse monétaire. En la matière,
la politique monétaire oscille entre le « ni trop » et le « ni trop peu ». En effet, la quantité de monnaie
ne doit être ni trop importante pour éviter les phénomènes inflationnistes, et en quantité suffisante
pour que les transactions entre les agents économiques puissent s’opérer.

La politique budgétaire s’appuie sur l’élaboration du budget de l’Etat, qui n’est autre que la prévision
de l’ensemble des recettes et dépenses de l’Etat pour l’année. Le solde budgétaire constitue un
instrument de politique économique en ce sens qu’il agit sur l’activité économique. En effet, dans
une perspective keynésienne, un déficit budgétaire peut permettre de relancer l’activité économique
grâce au supplément de revenu distribué aux agents économiques. La croissance des revenus qui
en résulte va permettre en retour, d’augmenter les recettes fiscales et de diminuer le déficit
budgétaire.

La difficulté posée par le déficit budgétaire est celui de son financement. En général, on distingue
trois principales sources de financement à savoir :
• Le financement par l’endettement
• Le financement par les impôts
• Le financement par la création monétaire

3. L’intervention de l’Etat dans la résolution des défaillances des marchés.


En économie de marché, les prix jouent un rôle central comme moyen à la fois d’information,
d’incitation et d’allocation. D’abord, ils constituent un moyen d’information pour les agents qui
sont informés du caractère rare des différents biens. Ensuite, les prix jouent un rôle d’incitation
dans la mesure où toute variation de prix va en effet conduire les consommateurs et les producteurs
à modifier leur offre ou leur demande. Enfin, les prix assurent l’équilibrage des marchés et le bon
déroulement des transactions.

Or, il existe « des marchés sans prix » ; dans ce cas, on parle de des défaillances des marchés. Il y a
défaillance de marché lorsque le marché s’avère incapable de fixer les prix et d’assurer une
affectation optimale des ressources. Deux cas sont particulièrement connus : les externalités et les
biens collectifs.

A°- Les externalités


Les externalités existent dès lors qu’interviennent des interactions entre agents économiques
induisant des avantages ou des inconvénients non pris en compte par le marché et donc par le
système des prix. Il existe deux types d’externalités à savoir les externalités positives et les
externalités négatives qui traduisent respectivement une amélioration ou une dégradation de la
situation des agents économiques.

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Comme externalités positives, l’on peut citer l’amélioration du système routier, l’amélioration de la
formation des individus et ses retombés pour les entreprises qui n’ont pas pour autant financé ces
activités de façon spécifique. Les situations d’externalités négatives sont diverses et l’on peut citer
le phénomène de pollution que les mécanismes de marché sont impuissants à faire cesser.

Dans les différents cas de figure, l’Etat est amené à intervenir pour pallier à ces défaillances de
marché en favorisant une internalisation de ces externalités. Dans le cas des externalités négatives,
l’Etat peut imposer une taxe par exemple au pollueur pour inciter les agents à réduire les externalités
négatives. S’agissant des externalités positives, l’Etat intervient par le biais des subventions
accordés. Certains économistes néoclassiques sont hostiles à l’intervention de l’Etat et préconisent
plutôt la distribution des droits des propriétés.

B°- Les biens collectifs


Un bien collectif est un bien qui respecte les conditions de non exclusion et de non rivalité. La
notion de non-exclusion est souvent définie comme le fait qu'il est impossible ou techniquement
très coûteux d'interdire l'accès de ce bien ou service à ceux qui souhaitent en profiter (routes ;
éclairage public etc.). La notion de non-rivalité est associée au fait que la consommation du bien
public par un agent n'empêche pas la consommation de ce même bien par d'autres agents. On dit
que le bien est "indivisible" ou qu'il n'est pas détruit par la consommation. Les biens ayant cette
double caractéristique sont plus souvent pris en charge par l’Etat car il est difficile sinon impossible
de demander un prix à un consommateur donné pour en bénéficier ; ce qui par voie de conséquence
dissuade les entreprises privées d’en assurer la production. L’Etat est ainsi amené à assurer le
financement de la production de ce type de biens. Les biens collectifs deviennent alors des biens
publics. Ils concernent entre autres l’éducation, la défense etc. Soulignons qu’il n’y a pas toujours
égalité entre biens collectifs et biens publics. Ainsi, l’éducation, classée comme bien collectif, est
parfaitement divisible d’où le fait que sa production puisse être assurée par le secteur privé.

Conclusion
L’intervention de l’Etat dans la sphère économique est-elle nécessaire ? Cette question oppose les
conceptions libérales et keynésiennes. Pour les premiers, l’Etat ne doit pas intervenir et se limiter à
jouer un rôle de gendarme. Pour les seconds, l’Etat a un rôle actif à jouer dans l’activité économique.
Dans cet ordre d’idées, l’allocation des ressources, la redistribution et la stabilisation sont les
fonctions reconnues à l’Etat. La dernière fonction renvoie au rôle de l’Etat en matière de politique
économique. L’Etat joue enfin un rôle dans la fourniture des biens collectifs et la résolution des
externalités.

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Chapitre 8 : Les relations économiques internationales
Les échanges économiques internationaux recouvrent à la fois des échanges de marchandises, de
services, de capitaux et de monnaies entre les différents pays. Les échanges internationaux sont
traditionnellement considérés comme étant limités aux seuls échanges des biens et services ; les
échanges de capitaux et de monnaie constituant, pour leur part, des flux financiers.

1. La balance des paiements


La balance des paiements est un compte qui enregistre les transactions et les règlements (à caractère
économique et financier) effectués au cours d’une période (généralement l’année ou le trimestre)
entre les résidents d’un pays et les résidents des autres pays. La balance des paiements retrace donc
l’ensemble des flux entre résidents et non-résidents durant une période donnée. Les flux
économiques et financiers entre résidents et non-résidents sont répartis dans la balance des
paiements en distinguant le compte courant ou compte des transactions courantes, le compte
capital et le compte financier.

Le compte des transactions courantes enregistre l’ensemble des échanges des biens et services avec
l’extérieur. Il est divisé en quatre catégories ou quatre balances partielles à savoir la balance des
marchandises ou balance commerciale, la balance des services ou balance des invisibles, la balance
des revenus de facteurs ou de rémunération, la balance des dons et des transferts unilatéraux.

Le compte financier enregistre les différents types de flux financiers. Dans le compte financier, on
distingue des flux d’investissements directs, des flux d’investissement de portefeuille, et des flux
d’emprunts entre agents économiques résidents et non-résidents. Un investissement direct étranger
correspond à la création ou à la reprise partielle ou totale d’entreprises à l’étranger. Les
augmentations de capital sont également considérées comme des investissements directs. Un
investissement de portefeuille correspond à un achat ou à une vente de titres (action et obligations)
entre les agents résidents et non-résidents dans le but de réaliser une plus-value ou de récupérer
des dividendes.

Le compte capital enregistre essentiellement les transferts en capital. Ce sont des transferts
unilatéraux dans le sens où ils n’ont aucune contrepartie. Il s’agit en général des remises de dettes
et de pertes sur créances accordées à ces pays.

2. Les théories de l’échange international


Les échanges internationaux sont-ils bénéfiques aux pays qui commercent entre eux ? Les
économistes libéraux, partisans du libre-échange, considèrent que l’échange international est
avantageux. Le libre échange est une doctrine économique qui vise à limiter les obstacles à la
circulation des biens, des services et des capitaux entre les économies nationales. D’autres au
contraire, avancent l’idée selon laquelle l’échange international n’est pas toujours sources
d’avantages pour ceux qui le pratiquent et sont défenseurs du protectionnisme. Le protectionnisme
est une doctrine économique qui a pour but de limiter l’accès au marché national pour les étrangers.

A°- Les explications libérales de l’échange international


Qu’est-ce qui justifie l’existence des échanges des biens et services entre les nations ? La première
explication résulte de l’inégale dotation des facteurs naturels entre les nations. Les auteurs classiques
(Adam Smith, David Ricardo) justifient les échanges internationaux au nom de l'allocation optimale
des ressources au niveau mondial.

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Plusieurs théories sont avancées pour expliquer l’échange international.
• La théorie des avantages absolus d’Adam Smith (1776) ; chaque pays a intérêt à se spécialiser
dans les productions pour lesquelles il possède un avantage absolu par rapport aux autres
nations. Un avantage absolu est donc un avantage obtenu, dans l’échange international, par une
nation lorsqu’elle vend à un prix inférieur à celui des nations concurrentes.
• La théorie des avantages comparatifs de David Ricardo (1817) ; les nations sans avantage
doivent se spécialiser dans les productions pour lesquelles elles connaissent le moindre
désavantage. Un avantage comparatif est un avantage obtenu, dans l’échange international, par
une nation lorsque, comparativement aux autres biens, son désavantage sur un bien, en terme
de coût et de prix de vente est moindre.
• La théorie des dotations en facteur de Hecksher (1919), Ohlin (1933) et Samuelson (1954) ;
selon le théorème HOS ou loi des dotations en facteurs de production, les nations doivent se
spécialiser dans les fabrications qui incorporent le facteur de production le plus important. Ainsi,
les pays en développement exporteraient les produits incorporant beaucoup de main d’œuvre,
alors que les pays développés exporteraient des biens nécessitant un capital important pour leur
fabrication.
• Les théories de la « demande représentative » de Linder (1961) ; Linder considère qu’un pays
peut s’être constitué un avantage comparatif grâce à l’existence d’une demande intérieure
importante (vaste marché intérieur).
• Les théories de la « demande de différence » de Lassudrie-Duchêne (1971) ; si les échanges
croisés portent sur des produits semblables, ceux-ci ne sont pas rigoureusement identiques mais
bénéficient d’une « qualité de différence ». La participation à l’échange international permet ainsi
d’améliorer la satisfaction des consommateurs qui peuvent choisir entre de nombreuses variétés
d’un bien et permet également d’élargir le marché potentiel des entreprises.
• Les nouvelles théories de l’échange international qui mettent l’accent sur les rendements
croissants et la différentiation des produits.

B°- Les politiques protectionnistes


Le protectionnisme repose sur l’idée que le libre-échange n’est pas toujours source de
d’accroissement des richesses. Il existe plusieurs pratiques protectionnistes. Celles-ci se divisent en
mesures tarifaires et mesures non tarifaires. Une barrière tarifaire est une barrière douanière dont
l’objectif est de limiter l’entrée des produits étrangers sur le territoire national en augmentant les
droits de douane. Parmi les barrières non tarifaires, on distingue :

• Les subventions à l’exportation ; une subvention à l’exportation est une aide publique versée
à une entreprise qui vend une part de sa production à l’étranger.
• Les quotas d’importation ; un quota d’importation est une limite légale des quantités importées.
• Les restrictions volontaires aux exportations ; il s’agit d’un quota sur le commerce imposé non
pas par le pays importateur mais par le pays exportateur.
• Les règles de contenu local ; selon la règle de contenu local, une fraction donnée d’un bien
final vendu dans un pays doit être produite sur le territoire national.

3. Les taux de change


Si des ménages veulent voyager en dehors de la zone CEMAC, vous aurez besoin d’échanger vos
CFA contre des euros, livres sterling, des dollars ou une autre monnaie en fonction de votre
destination. C’est la même chose pour les entreprises. Si un importateur veut acheter des machines-
outils en provenance du Japon par exemple, il devra obtenir des yens pour payer son fournisseur.
Il est donc important pour les différents agents économiques de connaître la valeur d’une monnaie

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en termes d’une autre. Cette valeur est donnée par le taux de change. Le taux de change est le prix
relatif d’une monnaie par rapport à une autre. Autrement dit, le taux de change entre l’Euro et le
CFA est le nombre de CFA qu’il faut vendre pour acquérir un Euro. En général, on distingue deux
régimes de taux de change : le régime de change fixe et le régime de change flexible. Dans un régime
de change fixe (ou taux de change fixe), les gouvernements nationaux se mettent d’accord pour
maintenir la convertibilité de leur monnaie à un taux fixe. Dans un régime de taux de change
flottant, le taux de change fluctue librement par le jeu de l’offre et de la demande sans aucune
intervention des banques centrales.

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