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Dossier scientifique

Transplantations et virus
Le contrôle des infections virales :
un enjeu majeur en transplantation

© ARNO MASSEE/SPL/PHANIE
L'activité de transplantation a beaucoup augmenté ces dix dernières
années, de 4 620 greffes d’organes solides en 2008 à 6 105 en 2018
(rapport de l’Agence de la biomédecine en 2 018). En hématologie, la
greffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH) s’est également
développée dans de nombreux centres (75 en France) passant de 4 423
greffes en 2008 à 5 224 en 2017.
Néanmoins, la transplantation demeure une activité à risque avec la
nécessité de contrôler la réaction immunitaire à l’origine du rejet mais
également les risques infectieux, du fait de l’immunodépression induite Sommaire
par les traitements anti-rejets ou l’état d’aplasie des patients receveurs
de CSH. En effet, de nombreux virus largement répandus chez l’homme ◗ Le contrôle des infections virales :
peuvent se révéler mortels chez le patient immunodéprimé. un enjeu majeur en transplantation
Les adénovirus, virus extrêmement répandus, sont des pathogènes pré- Sébastien Hantz ................................................... p. 25
occupants en greffe de CSH et particulièrement chez les enfants avec un
◗ Virus d’Epstein-Barr et
arsenal thérapeutique limité au cidofovir ou au brincidofovir ne disposant
de surcroît pas d’autorisation de mise sur le marché.  Le cytomégalovirus syndromes lymphoprolifératifs
(CMVH) et le virus d'Epstein-Barr (EBV) sont des pathogènes incon- post-transplantation
Julien Lupo, Anne Thiebaut-Bertrand,
tournables en transplantation. Le CMVH est le virus responsable de la
Olivier Epaulard, Patrice Morand,
plus grande morbidité en transplantation et les propriétés oncogènes de
Raphaële Germi .................................................... p. 26
l’EBV conduisent à l’apparition de lymphomes. En hématologie, les greffes
étant réalisées jusqu’à des âges avancés, la séroprévalence du CMVH peut ◗ Prise en charge de l’infection
atteindre 70 % entraînant plus de risque de réactivations. Le suivi de ces à cytomégalovirus
infections virales par qPCR vient d’être inscrit à la nomenclature des actes en transplantation
de biologie médicale depuis cette année, permettant la diffusion de ces tests Sébastien Hantz, Léa Moret,
dans de nombreux laboratoires. Néanmoins, il faut rappeler la nécessité Sophie Alain ............................................................... p. 36
de maintenir le suivi d’un patient au sein du même laboratoire malgré
des résultats rendus en UI/mL. Les infections à BK virus sont également ◗ Le BK virus en greffe rénale
préoccupantes, notamment en transplantation rénale, avec la nécessité Floriane Gallais, Ilies Benotmane,
de réduire l’immunosuppression pour contrôler la réplication virale tout Aurélie Velay, Morgane Solis,
en maintenant un niveau d’immunosuppression suffisant pour éviter le Samira Fafi-Kremer ............................................ p. 44
rejet. De nouvelles stratégies diagnostiques et thérapeutiques devraient
permettre de mieux contrôler l’infection dans les prochaines années. Enfin, ◗ Les infections à adénovirus
il semblait intéressant d’aborder la problématique des arboviroses dans le en transplantation
contexte de la transplantation, les voyages dans des zones d’endémie étant Maud Salmona, Linda Feghoul,
de plus en plus fréquents pour les donneurs comme pour les receveurs et Jérôme Le Goff ..................................................... p. 53
les arbovirus pouvant circuler de plus en plus facilement grâce à la diffusion
de leur vecteur jusque dans des zones tempérées. ◗ Arbovirus et greffes
Malgré des outils de surveillance de plus en plus précis, le contrôle Nicolas Lévêque,
de ces infections virales chez le greffé demeure toujours délicat, ce Sophie Lucas Samuel ........................................... p. 61
d’autant que l’arsenal thérapeutique contre ces différents virus reste
◗ QCM ............................................................................. p. 69
encore très limité. QQ Dr Sébastien Hantz
UMR Inserm 1092, agents anti-microbiens
Faculté de Médecine, 2 rue Dr-Marcland, université de Limoges, France Coordination du dossier
CNR Herpesvirus Sébastien Hantz
Laboratoire de bactériologie-virologie-hygiène,
CHU Limoges, 2 avenue Martin-Luther-King, France. sebastien.hantz@unilim.fr

REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES • N ° 515 • SEPTEMBRE-OCTOBRE 2019 25

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