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Electrocardiogramme

Dr. HIMEUR M A
Laboratoire de Biophysique Médicale, Alger I
I- Rappels anatomiques:
• L’électrocardiogramme représente l’investigation électrophysiologie qui
permet d’enregistrer et d’analyser l’activité des générateurs bioélectriques
cardiaques. Le champ électrique crée par ces générateurs est complexe et
varié dans le temps, son origine nécessite la connaissance de certaine
notion d’anatomie.

• Les innombrables fibres musculaires qui constituent le cœur sont douées


de propriétés spéciales dont les deux plus importantes sont le pouvoir
mécanique de contraction et l’activité électrique rythmique liée à des
déplacements ioniques à travers la membrane. Cette dernière propriété
nécessite un système de distribution de l’influx nerveux aux fibres
musculaires et ce dans une certaine séquence.
.
Tissu Nodal

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 Nœud Sinusal ou de KEITH-
FLACK.
 Nœud Auriculo-
Ventriculaire ou
d’ASCHOFF-TAWARA.
 Faisceau de His.
 Réseau de purkinje.

Tissu responsable de
l’automatisme, de la
conduction et de
l’excitabilité.

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• Dans les conditions normales, le cœur est activé à partir d’un groupe de
cellules formant le nœud sinusal, qui doué d’un automatisme, détermine
lui-même le rythme de sa propre excitation.
• L’excitation issue du nœud sinusal est progressivement transmise à
l’ensemble des fibres auriculaires puis des fibres ventriculaires par
l’intermédiaire du nœud auriculo-ventriculaire, du faisceau de His et du
réseau de Purkinje qui s’étend dans toutes les parois ventriculaires.
• Cet automatisme cardiaque est sous le contrôle des régulations
neurovégétatives. L’arrivée de l’influx nerveux au niveau des fibres
musculaires du cœur engendre la contraction tout d’abord des oreillettes
puis des ventricules.
• La somme des potentiels d’action émis dans les oreillettes forme la partie
auriculaire du tracé de l’ E.C.G. ; il en est de même pour la partie
ventriculaire
II- Le potentiel d’action de la fibre cardiaque:

• Comme toute cellule la fibre cardiaque au repos est polarisée


(potentiel de repos = -90mV). Dès qu’elle est excitée, le
déplacement des ions qui résulte de la modification de la
perméabilité membranaire engendre un potentiel d’action
dont la caractéristique essentielle est sa longue durée (100 à
300 ms).
 Phase 0 : dépolarisation ,
ouverture d’un canal sodique ,
entrée rapide de Na +

 Phase 1 : repolarisation rapide ,


probablement entrée de Cl -,
inactivation du flux sodique

 Phase 2 : repolarisation en
plateau, courant calcico-sodique
lent entrant

 Phase 3 : repolarisation , de la
conductance du Ca ++ ( g Ca ++ )
et de la conductance du K+
( g K+ )

 Phase 4 : rétablissement des


concentrations ioniques de part et
d’autre de la membrane grâce à la
pompe Na + / K+ ATP ase

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Notions d’électronique médicale:
• L’appareillage qui permet de telles études comporte trois parties schématisées:

Φ biologiques Grandeur Transducteur A Récepteur


physique Capteur

Organisme émetteur Appareil de mesure:


d’information. • Galvanomètre
• Enregistrement magnétique
• Oscilloscope cathodique
• Affichage numérique
Théorie dipolaire:
Deux électrodes actives placées aux deux extrémités d’une fibre musculaire
cardiaque isolée et reliée à un galvanomètre permettent d’enregistrer un
tracé biphasique consécutif à la propagation du potentiel d’action le long de
la fibre. La valeur mesurée est due au courant qui s’établit entre la partie au
repos (positive) et la partie déjà excitée (négative) de la cellule pendant la
dépolarisation. Lors de la repolarisation le signal enregistré est inversé.

La différence de potentiel qui apparait dès que la cellule entre en activité


(dépolarisation ou repolarisation en cours) peut être représentée par un
dipôle vectoriel d’amplitude variable et dont le point d’application se déplace:
le vecteur de dépolarisation s’éloigne du point de départ de l’excitation et
chemine parallèlement à l’axe longitudinal de la fibre cardiaque.

En raison de l’importance de la durée du potentiel d’action, la cellule arrive à


être entièrement dépolarisée. Le vecteur qui schématise la repolarisation de
la fibre évolue en sens inverse du vecteur de dépolarisation.
Ainsi donc au cours d’un cycle complet, une fibre cardiaque passe par 04
phases:
- Cellule au repos (phase diastolique): aucune ddp n’est enregistrée,
- Dépolarisation en cours (début de contraction): la cellule étant partagée
en deux parties par le front de dépolarisation, il apparait entre les deux
électrodes une ddp qui varie en fonction de la position du front de
dépolarisation.
- Cellule entièrement dépolarisée (phase systolique): aucune ddp n’est
enregistrée,
- Repolarisation en cours: il apparait entre les deux extrémités de la fibre
cardiaque une ddp variable en fonction de la position du front de
repolarisation.

Les fibres cardiaques qui constituent le myocarde auriculaire tout comme


celles qui constituent le myocarde ventriculaire se contractent de façon
synchrone et peuvent de ce fait être assimilées à une seule cellule. Ainsi
chacune de ces deux grandes parties du cœur subit successivement des
phases d’excitation et de restauration.
Potentiel 0 Onde P 0 Onde QRS 0 Onde T
Enregistré
Myocarde Repos En voie de Dépolarisé En cours de Repos Repos
Auriculaire dépolarisation repolarisation
Myocarde Repos Repos Repos En voie de Dépolarisé En cours de
ventriculaire dépolarisation repolarisation
(1) (2) (3) (4) (5) (6)
Théorie du feuillet électrique:
Une membrane cellulaire peut être assimilée à un feuillet électrique car d’une
part, son épaisseur (e) est très faible comparée à la distance qui la sépare des
électrodes et d’autre part, ses faces portent une distribution uniforme des
charges positives à l’extérieur, négatives à l’intérieur pour une membrane au
repos et inversement pour une membrane en activité.

Si l’on appelle (σ) la charge du feuillet par unité de surface, le potentiel créé par
la fibre cardiaque en un point P éloigné d’elle a pour expression Vp = e σΩ

Dans cette expression (Ω) représente la valeur de l’angle solide sous lequel est
vu la membrane depuis le point P.
Lorsque la cellule est au repos, le potentiel Vp est la somme des effets de la
portion inférieure ABC et de la portion supérieure ADC. Chacune de ces
portions étant vue sous un même angle solide (Ω) leur contribution au potentiel
est identique en valeur absolue mais de signe opposé car le signe Vp est celui
de la face du feuillet qui regarde P;
• Quand la cellule est au repos, P regarde la face supérieure positive de ADC
et la face intérieure négative de ABC. Donc une cellule au repos donne à
l’extérieur un potentiel Vp nul. Il en est de même lorsque la cellule est
entièrement dépolarisée.

• Si la contribution à Vp de (Ω1) et (Ω3) est nulle lorsque la cellule est en


cours d’activation, il n’en est pas de même pour (Ω2).

• Donc pour un oint P fixe traduisant la position de l’électrode, Vp varie de


façon diphasique lorsque le front d’excitation ou de désexcitation se
propage d’une extrémité à l’autre de la cellule.
III- Les dérivations utilisées en
électrocardiographie:

Les montages bipolaires


(triangle d’Einthoven):

Dérivation I (DI) = bras gauche – bras droit.


Dérivation II (DII) = jambe gauche – bras droit.
Dérivation III (DIII) = jambe gauche – bras gauche.
Les montages monopolaires correspondent aux potentiels:

aVR (électrode active au niveau du bras droit)


aVL (électrode active au niveau du bras gauche)
aVF (électrode active au niveau de la cheville gauche)
Les dérivations précordiales sont unipolaires:
les électrodes actives étant situées autour du cœur au niveau du 4eme et du 5eme
espace intercostal (dérivation V1 à V6).