Vous êtes sur la page 1sur 51

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Union - Discipline - Travail

UFR DES SCIENCES DE LA TERRE ET


UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY
DES RESSOURCES MINIERES (STRM)

DEPARTEMENT DES SCIENCES ET TECHNIQUES


DE L’EAU ET DU GENIE DE L’ENVIRONNEMENT

UE: MOBILISATION DES RESSOURCES EN EAU

ECUE : REALISATION ET EQUIPEMENT DES OUVRAGES


DE CAPTAGE DES EAUX SOUTERRAINES

Proposé par:
Prof. Emmanuel
KOUADIO
+225 05 61 18 39
SOMMAIRE

CHAP 1 – CONNAISSANCES DE BASE


CHAP 2 – REALISATION DES FORAGES
CHAP 3 – EQUIPEMENT DES FORAGES
CHAPITRE 1 – CONNAISSANCE DE BASE
1.1 – Notion d’aquifère
Un aquifère est une couche de terrain susceptible de
contenir de l’eau.
1.1.1 – Les catégories d’eau pour
comprendre la notion d’aquifère

Les eaux sont classées en 3 catégories:


-les eaux atmosphériques (nuages, pluies, neige,
humidité)
-les eaux de surfaces (d’écoulement ou stagnantes);
-les eaux souterraines
Nous nous intéressons uniquement au captage des
eaux souterraines.

1.1.2 – Les différents types de nappes d’eaux


souterraines.
On distingue trois types de nappes souterraines par
leur comportement hydraulique:
- les nappes libres dont le niveau piézométrique ne
subit aucune contrainte;
-les nappes captives emprisonnées entre deux couches
de terrains imperméables;
-les nappes semi-captives localisées dans un aquifère
multicouche semi-perméables à charges hydrauliques
différentes, ce qui implique des échanges d’eau et de
pression.
Lorsque la nappe est captive, le niveau piézométrique
se stabilise entre le toit imperméable et la surface du
sol. La nappe captive est dite artésienne lorsque le
niveau piézométrique se trouve au dessus du sol.
1.2 – Caractéristiques de l’aquifère

1.2.1 – Expliquer la porosité


Les vides entre les grains cimentés ou non
constituent la porosité d’un terrain donné.

P (%) = Vv / Vt
Vv=volume des vides
Vt=volume total
Les argiles ont une forte porosité de l’ordre de 50%.
1.2.2 – Eau de rétention et eau gravitaire
L’eau de rétention est l’eau retenue à la surface des grains ou
des fissures du terrain aquifère par des forces d’attraction
moléculaires. Cette eau n ’est pas mobilisable.
L’eau gravitaire circule dans les aquifères et alimente les
ouvrages de captage et les sources. Elle est mobilisable et
c’est elle qui nous intéresse.

1.2.3 – Continuité et discontinuité


Les milieux perméables granulaires, les roches meubles
pourvues de pores, les roches à micro-fissures constituent
des milieux continus.
Les roches compactes à grosses fissures ou à réseau
karstique sont des milieux discontinus.
1.2.4 – Gradient hydraulique
Le gradient hydraulique est la différence de niveaux
piézométriques entre deux points par rapport à la distance
séparant ces deux points le long d’un écoulement.
H = h1 – h2
i = H/d
1.2.5 – Charge hydraulique
L’énergie totale dans chaque aquifère dépend de trois
éléments: pression, vitesse et hauteur d’eau.
La somme de ces énergies ponctuelles H est exprimée par
l’équation de Bernoulli:

H = P/ϒ +V²/2g +Z
P est la pression; ϒ le poids spécifique de l’eau. V est la
vitesse d’écoulement, g est la force de gravité et Z est
l’altitude du niveau de l’eau à une date donnée.
La charge hydraulique est le poids de la colonne d’eau P/ϒ
par rapport à un point de référence.
Dans la pratique, les vitesses d’écoulement sont lentes
(écoulement laminaire) , ce qui permet de négliger le
rapport vitesse/force de gravité ou V²/2g .
1.3 Paramètres hydrodynamiques

Activité 1.3.1 – Perméabilité


La perméabilité est la propriété d’un terrain aquifère à se
laisser traverser par l’eau, mise en mouvement par des
différences de pression ou de dépression (Loi de Darcy, 1856).
Le coefficient de perméabilité est noté K.

Activité 1.3.2 – Transmissivité


La transmissivité noté T est le volume d’eau qui traverse une
tranche verticale de 1 m² de section sur l’épaisseur de la
couche aquifère sous un gradient hydraulique de 1 à une
température de 20°C.
T=K.e (m²/s ou m²/jour)
(e = épaisseur de la couche aquifère)
1.3.3 – Coefficient d’emmagasinement
Il est noté S. C’est la quantité d’eau libéré d’un prisme vertical
de 1 m² de base et de la hauteur de la nappe sous une
variation unitaire de la charge hydraulique. S s’exprime en %.

1.3.4 – Niveau statique et niveau dynamique


Le niveau statique est le niveau d’eau d’un forage au repos
dans une nappe non influencée par un pompage ou par un
écoulement libre.
Le niveau dynamique correspond à un niveau d’eau rabattu
dans un forage au cours d’un pompage

1.3.5– Rabattement
Le rabattement est la différence de cote entre le niveau
statique et le niveau dynamique d’une nappe soumise à un
pompage.
1.3.6 – Rayon d’action
C’est le rayon d’influence se situant au point maximum
de rabattement, dans l’axe du forage, à la limite
extrême où le pompage n’a plus aucune influence sur le
rabattement de la nappe.
Le cône de rabattement ou de dépression se situe entre
ces deux points.

1.3.7– Piézométrie
Le niveau piézométrique est le niveau d’eau de la
nappe mesuré à l’aide d’une sonde dans un forage
d’observation appelé piézomètre.
CHAPITRE 2 – REALISATION DES FORAGES

2.1 - Définition
Un forage est un trou creusé dans la Terre par des
techniques modernes en vue d’explorer et/ou exploiter
les ressources du sous-sol (eau, pétrole, mines) ou pour
des opérations de génie civil (géotechnique,
géothermie).
2.2- Matériels
Un atelier de forage est composé de :
-Une sondeuse ;
-Un compresseur ;
-Un camion citerne contenant l’eau et le gasoil ;
-Un camion de matériel et matériaux (tiges, outils, tubage,
gravier, ciment, etc) ;
-Une unité d’essai de pompage ;
-Un véhicule de liaison.
2.3- Techniques d’exécution des forages

On distingue plusieurs techniques de réalisation des -


forages dont les principales sont:
-Forage au rotary ;
-Forage carotté ;
-Forage à la percussion (battage) ou au marteau
fond-de-trou ;
-Forage au bucket ou à la tarière ;
-La technique mixte (rotary boue et marteau fond-
de-trou).
3.1.1 – Forage à la boue au ROTARY
a- Principe
L’outil de forage est entraîné en rotation par le train de
tiges de la sondeuse. Cet outil, sous la double action de
la rotation et du poids des tiges perfore les couches
géologiques (les altérites meubles ou consolidées). Ce
procédé est complété par une circulation dans le forage
d’un fluide d’injection appelé boue de forage à l’aide
d’une pompe appropriée (la pompe à boue).
Cette boue refroidit et lubrifie l’outil de travail, facilite
son action érosive et permet la remontée en surface
des déblais de forages (cuttings).
Les parois du forage sont stabilisés par le dépôt d’une
croûte de boue résistante « le cake ». Mais en terrain non
consolidé il peut être nécessaire de descendre un tubage
au fur et à mesure de l’avancement du forage.

b- Description du matériel de forage au rotary


L’exécution du forage est assurée par un ensemble de
matériels reliés les uns aux autres et appelé ligne de
sonde. Celle-ci comprend du haut en bas :
-La tête d’injection ;
-La tige d’entraînement ou tige carré (Kelly);
-Une table de rotation ;
-Le train de tiges (drill pipe) ;
-Les masses-tiges (drill collars) ;
-L’outil de forage (rock bit) qui peut être le tricône à
molettes (trépan) ou la trilame.
Les tricônes sont des outils comportant trois cônes
rotatifs ou molettes (libres) munis de picots pour les
terrains durs (longs picots pour les terrains très
compétents, tels les quartzites, et picots courts pour les
terrains moins compétents tels les schistes), et de
dents pour les terrains durs (calcaires) à argileux
(marnes) - les dents étant plus longues lorsque le
terrain est plus argileux. On trouve également des
tricônes à pastilles faites de matériaux ultra-résistants
(diamant et carbure de tungstène par exemple).
Tricône à picots Tricône à dents

Trilames
Les trilames sont des outils montés par trois « lames » en
chevron pour les terrains les plus argileux et en gradin ou
escalier pour les terrains plus durs (marnes et calcaires) .

Les tiges sont des tubes d’acier étirés sans soudure sur
lesquelles on fixe l’outil de forage. Ces tiges sont
raccordées bout à bout par des manchons coniques
mâles et femelles appelés tool-joints.
C’est la partie de l’engin de forage qui permet
d’entraîner la tête de l’outil grâce à la table de rotation.
Les tiges sont conçues avec un tool-joint situé en haut et
en bas de la tige et à l’intérieur duquel se trouve le
filetage (mâle ou femelle). Le filetage est la partie qui
permet de fixer les tiges entre elles.
Tiges

Tool joints
Le tool-joint est une partie plus épaisse sur laquelle on
vient poser la clé de serrage.
C’est grâce au tool-joint que les tiges peuvent être fixées
sans se déformer sous la force de la pression de la clé de
serrage.

Chaque tronçon de la ligne de sonde supporte le poids


des éléments qui se trouvent en dessous de lui. Tous
travaillent à la traction exclusivement lorsque la ligne
de sonde ne tourne pas. Par contre, lorsque l’outil va
toucher le fond du trou, une compression résulte de
cette circonstance. Elle dépendra de la tenue du treuil,
elle sera plus grande pour les éléments inférieurs.
Pour une certaine valeur de cette retenue, il existe un point
sur toute la ligne de sonde où la traction (ou tension) et
compression s’équilibrent. Ce point est connu sous le nom de
point neutre.
Le rôle des masses-tiges consiste à dégager les tiges de l’effet
de compression car elles sont calculées seulement pour
travailler à la traction (ou tension) et à la torsion. On mettra
donc suffisamment de masses-tiges pour que le point neutre
soit situé dans cette ligne de masses-tiges et non dans celle
des tiges qui la surmonte.
En règle générale, l’outil ne doit pas être chargé d’un poids
inférieur à la tranche de 50 à 75% du poids des masses-tiges.
Avec une charge trop importante, l’outil se détériore rapidement
(usure des dents du tricône). En revanche, avec une charge trop
faible, l’avancement sera très réduit ou nul. C’est pourquoi le
foreur doit contrôler ce poids à l’aide du dynamomètre existant
sur la sondeuse.
Il n’y a donc normalement aucune possibilité de torsion, de
flambement ou de compression des tiges.
Les tiges subissent un mouvement de rotation de vitesse
variable appliquée à la tige carrée et un mouvement de
translation verticale transmis par un moteur installé en
surface.

La vitesse d’avancement dépend du poids exercé sur l’outil


mais aussi de la vitesse de rotation, de la capacité abrasive
de l’outil et de la nature du terrain traversé.
Le forage au rotary est particulièrement adapté aux terrains
meubles (sédimentaires, latéritiques) à mi-durs.
Ses principaux avantages sont :
- la profondeur considérable qui peut atteindre des milliers
de mètres en recherche pétrolière ;
- une vitesse d’avancement qui peut dépasser 150 mètres
par jour ;
- la consolidation des parois par la boue de forage.

c- Les boues de forages


Le forage à la boue est une technique de forage qui
nécessite l’utilisation d’un fluide composé d’eau et de
d’une matière de nature physico-chimique variable
appelée boue de forage.
On distingue les boues de forages les plus utilisés :
la bentonite (ou boues bentonitiques) ;
les gels de polymère utilisés pour la fabrication des
boues ou comme additifs (AQUA GS, Revers, AQUA J ou
D 8003); les mousses.
Le formiate de Césium saturé dans l’eau est assez dense
(2.3 g·cm−3) pour que certains sédiments flottent ;
la baryte en émulsion et les sels de sodium et de
potassium augmentent aussi la densité des fluides .
d- Circulation de la boue

Schéma d’une circulation de boue de forage


3.1.2 – Forage à l’air comprimé au marteau fond de
trou
Le marteau fond de trou (MFT) est un outil à percussion
prédestiné aux formations géologiques dures et
cassantes.
Cette technique utilise un système de percussion dérivé
directement du marteau-piqueur. Il emploi, pour cela,
un marteau pneumatique fixé à l’extrémité du train de
tiges. Le marteau est généralement équipé de taillant
en carbure de tungstène sous forme de lames ou de
boutons disposés de façon hémisphérique (foration en
terrain dur).
L’outil est soumis à une rotation et l’énergie utilisée
pour l’action du marteau est l’air comprimé. C’est un
procédé très performant en hydrogéologie,
particulièrement pertinent pour les terrains durs, mais peu
adapté dans les terrains non consolidés ou plastiques.

Son principal inconvénient est le risque de formation de


bouchons de cuttings qui peuvent avoir comme
conséquence extrême le coincement de l’outil.
Il est donc conseillé de procéder à un soufflage énergique
très fréquent pour obtenir la remontée des cuttings gros
et lourds.
Les premières applications hydrogéologiques du marteau
fond-de-trou en milieu fissuré ont été réalisées en 1973
en Mauritanie.
Alésage
Calcul de la profondeur
Calcul débit
CHAP 3– EQUIPEMENT ET DÉVELOPPEMENT DU FORAGE
L’équipement d’un forage a une importance capitale au
cours de la vie du forage. Le meilleur rendement et le coût
d’exploitation de l’ouvrage dépendent de la qualité du
massif de gravier et du tubage (surtout les crépines).

3.1 – Mise en place du tubage


3.1.1 – Nature du matériau de tubage
Le matériau utilisé pour le tubage des forages est de la
matière plastique en Polychlorure de Vinyle plus connu
sous le nom de PVC.
Le polychlorure de vinyle est le deuxième plastique le plus
utilisé après le polyéthylène. Ce matériau résistant au feu
et à l’eau a de multiples applications industrielles,
notamment dans le domaine des emballages et de
l’habitat. Dans les maisons, il est utilisé pour les
tuyauteries et l’habillage des fenêtres, mais aussi comme
revêtement de sol.

3.1.2 – Les crépines


La crépine est l’un des éléments essentiels du forage
d’eau. C’est elle qui conditionne pour une large part le
succès de celui-ci.
Elle présente des fentes d’environ 1 millimètre de
largeur. C’est à travers ces fentes que l’eau de la nappe
accède au forage.
Pour ce faire, elle doit être positionnée au droit des
venues d’eau pour assurer le débit maximum.
Tubes PVC crépinés

Tubes PVC pleins


Activité 3.1.3 – Tubes pleins
Les tubes pleins sont également en PVC et sont posés
dans les parties dépourvues de venue d’eau.

3.2 – Mise en place du massif gravier filtrant

3.2.1 – Nature et calcul du volume du gravier

L'espace annulaire entre le terrain et la colonne du


tubage sera gravillonné jusqu’à 5 mètre au-dessus de la
cote supérieure des crépines.
Le gravier doit être quartzeux et roulé avec un diamètre
de 2 à 4 millimètre.
Calcul du gravier:
Activité 3.2.2 – Le bouchon de sable ou d’argile

Epaisseur = 1 m

3.3 – Colmatage de l’espace annulaire

Activité 3.3.1 – Le tout-venant

Activité 3.3.2 – La cimentation de surface


Coupe lithologique de forage Coupe technique de forage
3.4 – Développement du forage (Souflage)

3.4.1 – Les objectifs de l’opération

Le développement d’un forage vise à


améliorer la perméabilité de la formation
aquifère située autour des crépines, à
stabiliser cette formation et à rendre l’eau
claire.
3.4.2 – Le dispositif opératoire
- un compresseur pour envoyer l’air comprimé;
-un flexible ou des tuyaux galva plongés jusqu’ à un
mètre du fond du forage;
-un récipient de volume calibré pour mesurer les débits
-un chronomètre

3.4.3 – Le temps nécessaire


4 heures conventionnelles avec possibilité de
prorogation si l’eau est trouble au terme de ce temps.

Vous aimerez peut-être aussi