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Le diabète

Les clefs pour le soigner

www.mutsoc.be

L’accès à la santé pour tous


Avertissement
Cette brochure n’est pas un traité médical. Certaines notions, certains
fonctionnements du corps, certains mécanismes du diabète ont été volon-
tairement simplifiés pour permettre une lecture facile et une compréhension
globale de la maladie. Vous obtiendrez des informations plus détaillées
auprès de votre médecin.

Cette brochure peut être obtenue :

• dans un point de contact de la Mutualité socialiste - Solidaris


• par commande ou téléchargement sur le site www.mutsoc.be
• auprès de la Direction P&O-Communication de l’Union nationale des mutualités
socialistes : 02/515.17.33 - unms@mutsoc.be

Une publication de la Mutualité Socialiste-Solidaris, Service Promotion de la santé


3e édition, mise à jour novembre 2011

Supervision : Dr. Baldewyns


Coordination et rédaction : Carine Perin
Maquette et mise en page : Valérie Pernot

Editeur responsable : Jean-Pascal Labille


Dépôt légal : D/2011/1222/06
Avant-Propos
Le diabète, une maladie très répandue
Aujourd’hui, on compte 220 millions de diabétiques dans le monde1 et 400.000 en
Belgique. En réalité, on estime que 800.000 Belges souffrent de la maladie mais une
personne sur deux l’ignore. En effet, le diabète se développe souvent en silence,
sans symptôme visible.

Le nombre de malades pourrait doubler d’ici 2030 si rien n’est fait. En cause :
le vieillissement des populations, l’alimentation déséquilibrée, l’obésité et la dimi-
nution de l’activité physique.

Le diabète peut être stabilisé


Le diabète est une affection chronique qui ne se guérit pas. Mais aujourd’hui, le
diabète peut être stabilisé grâce à un traitement efficace. Sa réussite repose en
grande partie sur votre engagement personnel : avoir de bonnes habitudes alimen-
taires et des activités physiques permettront, dans la majorité des cas, de mener
une vie normale malgré votre diabète.

Une vie normale s’offre à vous… grâce à vous


Il faudra être un peu patient et bien comprendre le diabète, ses mécanismes et son
traitement. Volonté et motivation sont nécessaires pour faire face aux changements
provoqués par la maladie. Ce n’est pas toujours facile car chacun tient à ses habi-
tudes. Pourtant, le jeu en vaut la chandelle !

Rien ne vous empêche d’avoir une vie en santé. Travailler, conduire, pratiquer
votre sport favori, faire la fête, manger au restaurant, voyager… tout est possible
à condition de prendre les précautions qui s’imposent, de bien vous connaître, de
vous surveiller de près, de collaborer étroitement avec votre médecin.

Les lignes de force pour une vie sereine ?


• Etre suivi par un médecin
• Bien connaître votre diabète
• Veiller à une bonne hygiène de vie
• Equilibrer son alimentation
• Pratiquer une activité physique régulière

1 Chiffres OMS 2011 


• Développer une attitude positive et une bonne conscience de soi-même
• Etre patient
• Et songer à se faire plaisir !

Mais finalement, à quelques détails près, ces conseils ne sont-ils pas valables
pour tous ceux qui souhaitent préserver leur santé et trouver un épanouissement
personnel dans leur propre vie ?

Mieux connaître le diabète


pour mieux vous soigner
Mieux vous connaîtrez la maladie, mieux vous pourrez vous impliquer dans son
traitement. Ce guide a été conçu dans cette optique. Il fournit des explications sur
les mécanismes du diabète et propose une série de conseils pratiques pour la
gestion de la vie quotidienne.

A qui s’adresse la brochure ?


Ce guide s’adresse principalement à la personne diabétique. L’entourage y trouvera
également des informations qui l’aideront à mieux comprendre et accompagner
le malade.

Les conseils d’hygiène générale de vie (alimentation, activités) peuvent être suivis
par tous les lecteurs non diabétiques dans une optique de prévention du diabète,
et de bonne santé en général.


Sommaire
Comprendre la maladie...........................................................................6

Tout commence par le glucose (sucre) et l’insuline.......................................6


➊ Sans glucose, pas d’énergie, pas de vie....................................................7
➋ Sans l’insuline, le glucose ne peut pas pénétrer dans les cellules.............7
➌ Le pancréas règle tout le mécanisme.........................................................7

Que se passe-t-il quand le mécanisme se dérègle ?......................................8


➊ Trop de glucose dans le sang (= hyperglycémie)......................................8
➋ Ne pas confondre hyperglycémie et hypoglycémie...................................8

Le diabète se dépiste........................................................................................9

Les différentes formes de diabète.................................................10

L’essentiel sur les diabètes de type 1 et 2.....................................................11

Le diabète de type 1........................................................................................12


➊ Une maladie auto-immune........................................................................12
➋ Les moins de 30 ans sont les plus touchés..................................................12
➌ Les symptômes.............................................................................................12
➍ Le traitement par l’insuline........................................................................13
➎ La discipline personnelle..........................................................................13

Le diabète de type 2........................................................................................13


➊ Causes et facteurs de risques..................................................................14
➋ Plus fréquent chez les adultes
mais en augmentation chez les jeunes.....................................................14
➌ Les symptômes.............................................................................................15
➍ Le traitement : avant tout, manger équilibré
et pratiquer une activité physique.............................................................15

Le diabète de grossesse.................................................................................16
➊ Les risques pendant la grossesse............................................................17
➋ Des risques après la grossesse ?.............................................................17


Le principal à savoir sur le traitement à l’insuline........................................18
➊ Le traitement à l’insuline est-il dangereux ?..............................................18
➋ Plusieurs types d’insuline, plusieurs modes d’injection............................18

Indispensable : une bonne relation avec le médecin...................................19

Les complications d’un diabète mal soigné. ..........................20

Objectif n°1 : éviter les complications..........................................................20

Les principales complications.......................................................................21

Vivre au quotidien avec un diabète de type 2........................24

De la volonté et de la patience........................................................................24

Diabète et alimentation...................................................................................25
➊ Y aller pas à pas et rester réaliste.............................................................26
➋ Il n’y a pas « un » mais « des » régimes diabétiques...............................26
➌ Choisir les bons sucres.............................................................................28
➍ Choisir les bonnes graisses......................................................................29
➎ Privilégier les fibres alimentaires...............................................................31
➏ Manger plusieurs fois par jour, à heures régulières..................................31
➐ Prendre un bon petit-déjeuner..................................................................31
➑ Eviter de grignoter entre les repas............................................................32
➒ Les boissons : préférer l’eau.....................................................................32

Bouger, ça fait du bien....................................................................................33


➊ « Activité physique », c’est quoi au juste ?...............................................34
➋ Que choisir comme activité ?....................................................................34
➌ Intégrer l’activité physique au quotidien...................................................36
➍ A quoi faut-il faire attention en cas de traitement à l’insuline ?.................37

Les autres soins au jour le jour......................................................................37


➊ Surveillez régulièrement votre taux de glycémie......................................37
➋ Les examens médicaux............................................................................39
➌ Surveillez votre poids................................................................................39
➍ Veillez à une bonne hygiène de vie...........................................................41


Les soins et remboursements..........................................................44

Le trajet de soins.............................................................................................44

Le passeport diabète.......................................................................................45

Autogestion du diabète...................................................................................46

Maximum à facturer : mesure spéciale..........................................................46

Le dossier médical global...............................................................................47

La Complémentaire Santé...............................................................................48

Notre avantage « diététique ».........................................................................48

Notre avantage « pédicurie »..........................................................................49

Carnet d’adresses.......................................................................................50

Bibliographie. .................................................................................................51

Webographie..................................................................................................52

Notre carnet central


• Le taux de fibres des principaux aliments
• Les aliments et leur « pouvoir sucrant » (index glycémiques)
• Le sucre et les édulcorants


Comprendre la maladie
Tout commence par le glucose (sucre) et l’insuline
Pour comprendre le diabète, il faut d’abord saisir le rôle essentiel joué par le glucose
et l’insuline dans le fonctionnement de notre organisme.

En bref

• Pour fonctionner, les cellules de notre corps ont besoin de glucose comme
source d’énergie.
• Le glucose est un sucre fourni par certains aliments.
• La glycémie (quantité de glucose dans le sang) est maintenue à un niveau
constant grâce à l’insuline.
• L’insuline est une hormone secrétée par le pancréas (le pancréas est
une organe qui fait partie de notre système digestif, au même titre que
l’estomac ou le foie).
• L’insuline permet au glucose de pénétrer dans les cellules pour les nourrir.
• Lorsque ce mécanisme se dérègle, le taux de glucose dans le sang aug-
mente et le diabète s’installe.


Comprendre la maladie

➊ Sans glucose, pas d’énergie, pas de vie


Le glucose est le sucre que le sang véhicule jusque chaque cellule de notre corps.
Chacune d’elles en a besoin pour produire l’énergie qui lui est nécessaire. Sans glu-
cose, la cellule ne peut ni fonctionner ni vivre. De plus, notre cerveau est un grand
consommateur de glucose et ne peut utiliser aucun autre sucre. S’il vient à manquer
de glucose, il cesse de fonctionner normalement et se détériore.

Le glucose est donc le fournisseur d’énergie dont notre organisme ne peut pas se
passer.

D’où vient le glucose ?


La réponse à cette question est simple : de ce que nous mangeons ! La plupart des
aliments contiennent des sucres (glucides) qui sont transformés en glucose par la
digestion. On trouve des glucides dans (la liste n’est pas exhaustive) :
• le pain
• les pommes de terre
• les pâtes
• le riz
• les fruits
• les légumes et légumineuses
•m  ais aussi… les boissons sucrées, les barres chocolatées, les biscuits, etc.

Toutefois, ce précieux glucose ne suffit pas. Pour arriver jusqu’à nos cellules, il a besoin
d’un coup de pouce. C’est ici qu’intervient l’insuline.

➋ Sans l’insuline, le glucose ne peut pas entrer dans les


cellules
Le mot « insuline » vous fait sans doute penser, en premier lieu, au médicament sous
injection pour diabétique. Ce n’est pas faux, mais l’insuline est avant tout une hormone
secrétée naturellement par le pancréas. C’est elle qui permet au glucose d’entrer dans
les cellules de notre corps pour les nourrir.

Quand elle est produite en suffisance, l’insuline permet à toutes les cellules d’être
régulièrement rechargées en énergie. Glucose et insuline sont tous deux indispen-
sables à la vie.

➌ Le pancréas règle tout le mécanisme

La quantité de glucose présente dans le sang (appelée glycémie) varie au cours


d’une journée : elle augmente après les repas et diminue entre ceux-ci ou lors d’un
exercice physique.


Quand tout va bien, le pancréas réagit immédiatement dès que la glycémie augmente.
Il produit de l’insuline afin que le glucose quitte le sang et entre dans les cellules
pour leur fournir de l’énergie. Ce mécanisme permet de maintenir un taux constant
de glucose dans le sang (ni trop haut, ni trop bas). Autrement dit, le pancréas agit un
peu à la manière d’un thermostat qui commande votre chauffage pour maintenir une
bonne température dans la pièce.

Que se passe-t-il quand le mécanisme se dérègle ?


Il arrive que l’organisme soit incapable d’utiliser correctement le glucose présent
dans le sang :
• soit le pancréas ne produit plus assez (ou plus du tout) d’insuline ;
• soit les cellules du corps ne réagissent plus assez à l’insuline.

Conséquence ? La glycémie n’est plus suffisamment régulée. Le glucose ne pénètre


plus correctement dans les cellules, il s’accumule dans le sang (on parle alors d’hy-
perglycémie), et le diabète s’installe.

➊ Trop de glucose dans le sang (= hyperglycémie)

On l’aura compris, être atteint de diabète signifie que la quantité de glucose


(sucre) dans le sang augmente beaucoup trop et de manière durable.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé les normes suivantes : est considé-
rée comme diabétique toute personne dont la glycémie (taux de sucre dans le sang)
est supérieure à 1,26 grammes par litre de sang à jeun et à 2 gramme par litre deux
heures après le repas. Jusqu’à 1,10 g. par litre (à jeûn), la glycémie est normale. Elle
commence à être suspecte quand elle dépasse ce chiffre.

➋ Ne pas confondre hyperglycémie et hypoglycémie

L’hypoglycémie équivaut à une chute anormale du taux de sucre dans le sang ;


la quantité est alors trop faible par rapport aux besoins de l’organisme.

L’hypoglycémie se manifeste par :


• des palpitations
• une pâleur
• des nausées
• une fatigue intense
• une transpiration abondante


Comprendre la maladie

• une faiblesse musculaire


• des tremblements
• un malaise
• d’autres symptomes, variables en fonction des personnes.

En tant que diabétique, vous devez apprendre à en reconnaître les signes car l’hypo-
glycémie risque de se produire fréquemment au cours de votre maladie.

Les causes principales sont :


• un déséquilibre lié au traitement : excès dans la prise d’insuline ou de médica-
ments
• l’alimentation : oubli d’un repas ou d’une collation, par exemple
• une activité physique mal adaptée
• certains médicaments
• l’alcool

Une personne diabétique ne fait pas forcément de l’hypoglycémie. Mais lorsque cela
arrive, il faut toujours la prendre au sérieux. Le taux de glucose dans le sang est en
forte baisse, et le cerveau est en souffrance. Si on n’agit pas à temps, on risque de
sombrer peu à peu dans un coma profond (coma hypoglycémique).

Que faire en cas d’hypoglycémie ?

Prendre immédiatement du sucre (sous forme de tablettes de dextrose),


une boisson ou un aliment sucré. Un diabétique averti aura donc toujours
du sucre ou une préparation sucrée à portée de main. En cas de coma
hypoglycémique, une réaction rapide est vitale.

Le diabète se dépiste
Faire de temps en temps un dépistage du diabète est important, surtout (mais pas
seulement) s’il y a d’autres diabétiques dans la famille. Trois moyens existent à l’heure
actuelle pour déceler un diabète :
• une prise de sang (effectuée à jeun)
• une analyse d’urine
• un test spécifique et plus complet : un test spécifique et plus complet qui consiste à
administrer du glucose au patient puis à surveiller durant 3 heures si le corps réagit
correctement. En général, ce test est réalisé lorsque l’analyse du sang ou des urines
a révélé un taux de glucose suspect.


Les différentes formes
de diabète
Plusieurs formes de diabète existent, différents par leurs causes et leurs méca-
nismes : le diabète de type 1, le diabète de type 2 et, plus temporaire, le diabète
de grossesse.

Ces 3 formes de diabète se manifestent à travers trois troubles principaux (triade


diabétique) :

• urines abondantes (polyurie) : on urine souvent et beaucoup, y compris la nuit ;


• soif permanente (polydipsie) ;
• perte de poids inexplicable, et ce malgré un appétit intense.

Le diabète (tous types confondus) est une affection chronique. Souvent, le traitement
ne la guérit donc pas. Il permet d’assurer un contrôle efficace de la maladie et d’éviter
les complications. Le suivi médical reste primordial, mais il faut aussi être patient :
le diabète ne se stabilise pas en un coup de baguette magique.

10 10
Les différentes formes de diabète

L’essentiel sur les diabètes de type 1 et 2


Diabète de type 1 Diabète de type 2

Le processus Le processus
L’organisme fabrique des anticorps Le pancréas ne sécrète plus suffisam-
contre les cellules ß du pancréas et ment d’insuline et les tissus sont deve-
les détruit. Résultat : le pancréas ne nus insensibles à l’insuline
sécrète plus d’insuline

Causes et facteurs de risque Causes et facteurs de risque


• Prédisposition génétique • Obésité
• Hérédité • Manque d’exercice physique
• Prédisposition familiale
•D  iabète de grossesse (voir page 16)
ou mise au monde d’un enfant de
plus de 4 kg

Qui ? Qui ?
Plus fréquent chez les enfants et les Plus fréquent chez les plus de 40 ans.
adultes de moins de 30 ans Depuis plusieurs années, on observe
cependant une augmentation inquié-
tante de ce diabète chez les jeunes.

Les principaux symptômes Les principaux symptômes


•L  a triade diabétique (urines abon- • Souvent au début, le diabète de type
dantes, soif incessante, amaigrisse- 2 entraîne peu ou pas de symptô-
ment inexplicable) mes. Il peut donc passer inaperçu
• Fatigue permanente durant plusieurs années, d’où l’im-
• Infections urinaires, infection de la portance de dépister les personnes
peau ou des muqueuses, principa- à risque.
lement dans la région génitale •P  lus tard, symptômes semblables
• Démangeaisons, mauvaise cicatri- au diabète de type 1 (triade, fatigue,
sation des plaies infections urinaires,...)
•D  ans des cas extrêmes : coma
hyperglycémique

Traitement Traitement
• Indispensable: les injections d’in- • Indispensable: régime et exercices
suline physiques
• Régime, exercices physiques •S  urveillance régulière du taux de
•S  urveillance régulière du taux de glycémie
glycémie • Si nécessaire, prescription de médi-
caments et d’insuline

Facteurs associés Facteurs associés


Autres maladies auto-immunes: viti- • Obésité abdominale
ligo, affections de la thyroïde, etc. • Hypertension artérielle
• Hypertriglycéridémie
• Maladies cardiovasculaires
11
Le diabète de type 1

En bref

• Ce type de diabète se manifeste généralement avant 30 ans et le plus


souvent dès l’enfance (8-9 ans).
• Lorsque les symptômes apparaissent, la maladie est déjà bien installée.
• Le traitement comprend toujours :
➤d  es injections d’insuline (que le patient se fait souvent lui-même)
➤ la surveillance régulière de la glycémie
➤ une alimentation adéquate
➤ la pratique d’activités physiques adaptées à la situation et au patient

Autrefois appelé diabète maigre, juvénile ou encore insulinodépendant, ce diabète


se caractérise par une disparition progressive et finalement quasi complète de la
sécrétion de l’insuline. Cette pénurie d’insuline est due à la destruction des cellules
ß du pancréas. La conséquence: le taux de sucre dans le sang s’élève parfois à des
valeurs considérables.

➊ Une maladie auto-immune


Le diabète de type 1 est qualifié de maladie « auto-immune » parce que l’organisme
fabrique des anticorps contre ses propres cellules (ici, les cellules ß du pancréas)
et les détruit. Les causes en sont encore mal identifiées. Cette réaction anormale se
produit chez des personnes génétiquement prédisposées.

➋ Les moins de 30 ans sont les plus touchés


Le diabète de type 1 n’est pas le plus courant : il représente 10% des diabètes. Il se
manifeste généralement avant 30 ans, plus particulièrement entre 8-9 ans et 12-13
ans. En Belgique, près de 1.800 enfants de moins de 18 ans en sont atteints2.

Néanmoins, les adultes ne sont pas à l’abri de la maladie. Dans ce cas, on parle de
diabète de type 1 d’apparition lente.

➌ Les symptômes
Le diabète de type 1 est caractérisé par l’apparition brutale ou l’aggravation subite
(du jour au lendemain) de la triade diabétique (urines abondantes, soif permanente,

12 2 Chiffres de l’Association belge du diabète 12


Les différentes formes de diabète

perte de poids). La maladie se développe sans que l’on s’en aperçoive et lorsque les
symptômes apparaissent, la destruction des cellules du pancréas a débuté depuis
longtemps.

D’autres malaises s’ajoutent souvent aux symptômes classiques du diabète : fatigue


physique et intellectuelle permanente, sécheresse de la bouche et goût amer, peau
terne et teint pâle qui indiquent une déshydratation générale.

Dans certains cas, le diabète de type 1 se révèle par un coma hyperglycémique,


également appelé « acidocétosique ». Il est le résultat d’une hyperglycémie avec un
taux de sucre pouvant dépasser les 3 g/l.

➍ Le traitement par l’insuline


L’objectif du traitement est d’atteindre ou d’approcher une glycémie normale. Comme
l’insuline n’est plus produite par le pancréas, le remède consiste à en injecter directe-
ment dans le sang. C’est le traitement incontournable du diabète de type 1.

De nos jours, ce diabète n’est plus mortel. L’espérance de vie d’un diabétique bien
soigné est identique à celle d’une autre personne.

➎ La participation personnelle
Le traitement à l’insuline doit s’accompagner d’un mode de vie sain pour une bonne
réussite de votre traitement. Une modification de votre alimentation sera parfois néces-
saire et des activités physiques régulières s’imposent. Voilà une excellente motivation
pour perdre un peu de poids ou pour retrouver les joies du mouvement ou des balades
à l’extérieur si vous les aviez oubliées.

Le diabète de type 2

En bref

• Ce type de diabète se manifeste le plus souvent après l’âge de 40 ans.


Toutefois, on observe une forte augmentation de la maladie chez les plus
jeunes, parfois même dès l’enfance ou l’adolescence.
•L  es principaux facteurs de risque semblent liés au style de vie : mauvaise
alimentation (trop gras, trop sucré, trop salé), manque d’exercices phy-
siques, tabagisme …

13
•L
 e premier traitement consiste donc à faire le point sur nos habitudes et
à modifier ce qui peut l’être.
•L
 e recours aux médicaments ou l’insuline sera limité aux situations où une
meilleure hygiène de vie n’est pas suffisante.

Autrefois, on l’appelait diabète de la maturité ou diabète non insulinodépendant.

Dans le diabète de type 2, non seulement le pancréas ne produit plus suffisam-


ment d’insuline, mais l’insuline présente n’agit pas normalement. Comme si les tissus
(muscles, tissus graisseux, foie …) résistaient à son action ; on parle alors d’insulino-
résistance.

La résistance à l’insuline augmente avec l’excès de poids. Inversement, maigrir facilite


le travail de l’insuline.

➊ Causes et facteurs de risque


Les origines de ce diabète sont encore mal connues. Il semble cependant que nos
habitudes de vie soient des facteurs de risque importants et majoritairement en cause :
l’activité physique quotidienne a quasi disparu, notre alimentation est trop riche et
excessive, et nous préférons les jus, sodas et boissons alcoolisées à l’eau ! S’y ajoutent
dès lors l’obésité ou l’excès de poids.

Egalement sur le banc des accusés : le tabagisme, l’hypertension, le fait d’avoir


développé un diabète de grossesse (voir page 16) ou encore d’avoir des antécédents
familiaux (plusieurs cas de diabète de type 2 sont fréquemment diagnostiqués dans
une même famille).

A propos de l’obésité

Toutes les personnes obèses ne sont pas diabétiques, heureusement !


Mais il est prouvé que l’obésité favorise le diabète. C’est même l’un des
principaux facteurs de risque du diabète de type 2.

➋ Plus fréquent chez les adultes


mais en augmentation chez les jeunes
A lui seul, le diabète de type 2 représente 90% des diabètes. Il apparaît surtout chez
l’adulte de plus de 40 ans. L’âge le plus critique se situe entre 50 et 60 ans. Mais il se
déclare parfois bien avant.

14
Les différentes formes de diabète

Depuis quelques années, le nombre de jeunes (et même de très jeunes) développant
le diabète de type 2 augmente de façon très inquiétante. En cause encore une fois :
la « malbouffe » – en particulier les boissons sucrées – et la diminution de l’activité
physique qui entraîne un surpoids de plus en plus fréquent chez des enfants de plus
en plus jeunes.

➌ Les symptômes
Le développement du diabète de type 2 est progressif et discret. Il arrive que des
personnes soient diabétiques pendant des années sans le savoir parce qu’aucun
des symptômes caractéristiques (triade diabétique) ne se manifeste. En réalité, il y
a bien une hyperglycémie, mais la quantité d’insuline que le corps parvient encore à
produire réussit temporairement à masquer les signes de l’affection.

Dans la plupart des cas, ce diabète est découvert par hasard lors d’un examen
médical dans le cadre du travail, d’une analyse d’urine ou encore d’une prise de sang
demandée par le médecin.

Lorsque la maladie se complique, les symptômes font irruption. Ils peuvent prendre
la forme d’une fatigue chronique, d’infections urinaires répétées, d’infections de la
peau ou des muqueuses (en particulier dans la région génitale), de démangeaisons
ou encore des difficultés de cicatrisation des plaies. A ces symptômes s’ajoutent bien
entendu des signes biologiques comme l’hyperglycémie et la glycosurie (présence
de sucre dans les urines).

Peut-on passer du diabète de type 2 au diabète de type 1 ?

Oui, lorsque le pancréas a épuisé ses possibilités de sécrétion d’insuline.


Dans ce cas, on devient dépendant de l’insuline et l’on se retrouve dans
une situation assez semblable à celle du diabétique de type 1.

➍ Le traitement : avant tout, manger équilibré


et pratiquer une activité physique
Bien manger et bouger
Comme dans le cas du diabète de type 1, le but du traitement est le retour à une
glycémie proche de la normale.

15
Les premières mesures consistent à rééquilibrer votre alimentation et à pratiquer des
exercices physiques. Si vous souffrez d’un excès de poids, le premier objectif sera
de vous aider à retrouver un poids santé en y ajoutant un régime amaigrissant. C’est
l’occasion pour perdre ces kilos superflus auxquels vous vous promettez de vous
attaquer depuis des années sans trouver la motivation nécessaire et pour retrouver
le plaisir de bouger.

Ces éléments peuvent s’avérer suffisants pour supprimer la glycosurie et stabiliser


la glycémie. On ne parlera pourtant pas de guérison car malgré tout, la sécrétion de
l’insuline reste perturbée.

Le recours aux comprimés


Souvent, les médicaments ne seront prescrits par le médecin que si le régime et les
activités physiques n’arrivent pas à ramener la glycémie à la normale. Il existe plusieurs
type de comprimés ; le choix du remède dépendra de l’appréciation du médecin et
de la situation personnelle de chaque diabétique.

Plus rarement : l’insuline


Lorsque la combinaison « activités physiques – régime – médicaments » n’arrive pas à
stabiliser le diabète, il reste l’insuline. Cela dit, dans le diabète de type 2, le recours à
l’insuline est plutôt rare et n’est pas toujours définitif. Elle sera prescrite par le médecin
(en association ou non à des comprimés) principalement en cas de complications,
d’infections ou encore après des années de maladie.

Le recours aux médicaments ou à l’insuline ne vous dispense ni du régime, ni des


exercices physiques, ni d’une bonne hygiène de vie. De plus, vous devrez surveiller
régulièrement votre taux de glycémie. Votre participation active sera fortement sollicitée
pour le succès de votre traitement.

Le diabète de grossesse

En bref

• Ce type de diabète est généralement temporaire et disparaît après l’ac-


couchement.
• Il n’entraîne pas de risque particulier lié à la grossesse, à condition d’être
contrôlé et traité.

16 16
Les différentes formes de diabète

• Si vous avez déclenché un diabète de grossesse, vous avez cependant


davantage de risque de développer un diabète de type 2 par la suite.

Il s’agit d’une forme temporaire de diabète survenant chez une femme enceinte qui
n’était pas diabétique avant sa grossesse. Entre 2 et 5% des femmes enceintes sont
concernées.

Trois facteurs favorisent son apparition : l’âge, l’excès de poids et l’existence de dia-
bète dans la famille proche.

➊ Les risques pendant la grossesse


Ce diabète n’empêche absolument pas le bon déroulement de votre grossesse, à
condition d’être scrupuleusement contrôlé et traité. De ce côté, comme pour le diabète
de type 2, il sera encore question d’équilibre alimentaire et d’exercices physiques. Il
arrive que de l’insuline soit prescrite, mais là encore, le médecin reste seul juge du
traitement.

Quand il n’est pas traité, le diabète de grossesse accroît le risque de fausse-couche et


de grosseur excessive du fœtus (macrosomie). Ceci peut entraîner des problèmes ou
imposer un accouchement prématuré. Il est donc essentiel de veiller à bien stabiliser
le diabète durant toute la grossesse.

Une femme diabétique peut-elle avoir des enfants ?

Oui, mais l’idéal est de les concevoir lorsque le diabète est stabilisé. En
outre, il est indispensable de contrôler rigoureusement le diabète tout au
long de la grossesse.

Pour que la grossesse se passe dans des conditions optimales, il vaut mieux
demander conseil au médecin avant la conception !

➋ Des risques après la grossesse ?


En principe, ce diabète disparaît après l’accouchement. Néanmoins, si vous en avez
été atteinte, vous courez un risque plus élevé de développer par la suite un diabète

17
de type 2. Dès lors, vous devrez redoubler de prudence après la naissance de votre
enfant : veillez à votre alimentation, pratiquez une activité physique et surveillez régu-
lièrement votre glycémie.

Il arrive aussi qu’un diabète se déclare durant la grossesse et persiste ensuite. Il va


de soi qu’un suivi médical et un traitement rigoureux sont alors indispensables.

Le principal à savoir
sur le traitement à l’insuline

➊ Le traitement à l’insuline est-il dangereux?


Le seul risque est celui de l’hypoglycémie (le taux de sucre descend trop bas). Mais
celle-ci ne survient pas par hasard. En général, elle fait suite à :
• l’oubli d’un repas ;
• un excès d’activité physique ;
• l’alcool à haute dose ;
• l’injection d’une dose excessive d’insuline ;
• l’absorption de certains médicaments ;
• un traumatisme ou un choc émotif violent.

L’hypoglycémie se manifeste principalement par des réactions nerveuses anormales,


comme l’agitation, la sueur et l’irritabilité. Lorsqu’elle est méconnue ou reconnue trop
tard, elle peut entraîner un coma brutal.

➋ Plusieurs types d’insuline, plusieurs modes d’injection


Les insulines diffèrent les unes des autres par leur durée d’action : rapide, intermé-
diaire, prolongée (lente et ultra lente), ou encore un mélange d’insuline à action rapide
et d’action intermédiaire.

L’insuline s’injecte à l’aide d’une seringue, d’un stylo à insuline (c’est le moyen le plus
utilisé) ou encore d’une pompe portable. C’est le médecin qui choisit le type d’insuline,
ainsi que le mode d’injection en dialogue avec vous.

En général, vous effectuez vous-même les injections d’insuline dont vous avez besoin,
mais il arrive que ce soit un membre de votre entourage qui en soit chargé. Il est alors
évidemment essentiel que cette personne sache comment procéder (où injecter,
comment et à quelle fréquence).

18
Les différentes formes de diabète

Indispensable : une bonne relation


avec le médecin
La prise en charge du traitement repose en grande partie sur vos épaules, mais le
médecin a aussi un rôle important à jouer. D’abord, en vous prescrivant le traitement
adéquat et en surveillant de près l’évolution de la maladie (contrôles réguliers de la
glycémie, examens médicaux). Ensuite, il est votre interlocuteur privilégié, celui qui
peut répondre à vos questions, vous aider dans l’apprentissage de la maladie, vous
conseiller au sujet du régime et des exercices physiques, vous rassurer en expliquant
précisément les risques encourus.

Une bonne relation avec le médecin (généraliste ou diabétologue) s’avère fondamen-


tale. Elle se base sur la confiance, l’écoute et l’information. Vous devez vous sentir
suffisamment à l’aise avec votre médecin pour oser lui poser toutes les questions et
lui confier vos moindres doutes et difficultés.

Si ce n’est pas le cas, ou si votre médecin ne vous donne pas les explications dont
vous avez besoin, n’hésitez pas à en changer. Il ne faut jamais minimiser l’importance
d’une relation de confiance sur l’évolution positive de la maladie.

Un soutien précieux : les groupes d’entraide et de soutien

Un groupe d’entraide est une association de personnes ayant des problè-


mes similaires et qui, par l’écoute, le soutien, le partage et l’action, tentent
d’y remédier.

Ces groupes de patients réunissent des personnes diabétiques et


organisent différentes activités de rencontre (sorties, conférences ...)
et d’information.

Pour connaître leurs coordonnées, surfez sur www.self-help.be


ou appelez le service Promotion de la santé de l’UNMS au
02/515 05 85.

19
Les complications
d’un diabète mal soigné
Objectif n°1 : éviter les complications !
Commençons d’abord par être rassurant. Un diabète bien suivi médicalement et
accompagné d’un peu de discipline personnelle en termes d’alimentation et d’activi-
tés physique (voir nos conseils au chapitre suivant, page 24) devrait se stabiliser et
vous permettre d’avoir une vie normale sans craindre de grosses complications. Des
sportifs de haut niveau sont connus pour être diabétiques ; cela ne les a pas empêché
de devenir footballeur professionnel, de participer au Tour de France ou encore de
gagner des médailles aux Jeux olympiques !

Par contre, les complications possibles d’un diabète mal soigné pendant longtemps
sont assez nombreuses. Elles peuvent même être graves. A la longue, l’hyperglycé-
mie encrasse les vaisseaux sanguins, y compris les grosses artères, provoquant de
nombreux troubles.

20
Les complications d’un diabète mal soigné

Mettez toutes les chances de votre côté : surveillez de près votre glycémie et soyez
attentif aux facteurs de risque (hypertension, cholestérol, excès de triglycérides, obé-
sité, tabac).

Les principales complications


Les yeux
➤ Le diabète peut fragiliser les minuscules vaisseaux de la rétine et entraîner une
baisse de la vision. Dans les cas les plus graves, le malade peut même devenir
aveugle.

➤ P assez régulièrement un examen de la vue, surveillez votre glycémie, votre cho-


lestérol et votre tension.

Les reins
➤ Si le rein est atteint, il ne peut plus filtrer efficacement le sang. A la longue, cela
peut se transformer en insuffisance rénale et nécessiter parfois des traitements
lourds comme la dialyse et la transplantation.

➤ P our éviter les problèmes de rein, buvez beaucoup d’eau (au moins 1,5 litre par
jour), essayez de ne plus fumer, surveillez votre tension artérielle et votre cholestérol,
et ne prenez pas de médicaments anti-inflammatoire (ou en tout cas ne le faites
qu’avec l’accord de votre médecin).

Le coeur et les artères


 ne hyperglycémie durable favorise le développement de plaques graisseuses
➤U
dans les artères. Ceci peut conduire à des problèmes cardio-vasculaires (throm-
bose, infarctus) lorsque les artères se bouchent.

 n comprend alors qu’il soit fondamental de normaliser le taux de glucose san-


➤O
guin grâce à des médicaments anti-diabétiques (pour le diabète de type 1, plus
rarement de type 2), à une meilleure alimentation, à la pratique régulière d’une
activité physique, mais aussi en éliminant autant que possible les autres facteurs
de risque : alcool, tabac, surpoids …

Le foie
 n diabète déséquilibré peut provoquer un mauvais fonctionnement du foie, qui
➤U
peut conduire à une cirrhose (destruction des cellules du foie) voire à un cancer
dans les cas les plus graves. A long terme, l’hyperglycémie se traduit par une

21
accumulation de graisse dans le foie (stéatose hépatique). La graisse responsable
de la stéatose provient des triglycérides augmentés qui s’accumulent dans le sang
et se déposent dans le foie.

➤ P our éviter cette complication, surveillez bien votre glycémie et adoptez une bonne
hygiène de vie : une alimentation diététique, sans alcool, et la pratique d’exercices
physiques réguliers.

Les jambes
➤ P our les mêmes raisons, l’accumulation de graisse dans le sang conduit à une
mauvaise circulation dans les jambes. Le gonflement de la jambe en est généra-
lement le premier signe.

➤ Dans ce cas, il peut être envisagé de porter des bas compressifs. Parlez-en à
votre médecin. De même, si vous souffrez d’une mauvaise circulation dans les
jambes, mieux vaut porter des talons plats et éviter de rester longtemps debout
sans bouger. Si vous ne pouvez pas l’éviter (en raison de votre travail, par exem-
ple), penser à plier régulièrement vos jambes en ramenant vos genoux devant
vous. Un massage de la jambe, en partant de la cheville et en remontant vers le
genou, peut aussi soulager.

Les nerfs
➤ Une des complications à long terme d’un diabète non stabilisé est la neuropathie
diabétique. Cela signifie que les nerfs perdent leur sensibilité (engourdissement,
insensibilité aux blessures …) ou deviennent au contraire hypersensibles (crampes,
sensations de brûlure, polynévrites …)

 ardez le contrôle de votre glycémie, évitez de fumer et consultez votre médecin


➤G
sans tarder si l’un des symptômes apparaît. Consultez-le également en cas d’infec-
tion urinaire, de dysfonctions sexuelles ou encore de problèmes de digestion.

Les pieds
➤ L es complications qui peuvent survenir au niveau des pieds méritent que l’on s’y
attarde. Elles sont mal connues des patients comme des soignants et, de ce fait,
souvent négligées. Pourtant, un « pied diabétique » non soigné peut dégénérer
jusqu’à nécessiter une amputation dans les cas extrêmes3.

Comment l’expliquer ? Un taux trop élevé du taux de glycémie durant plu-


sieurs années peut altérer les nerfs des membres inférieurs. Résultat :
vous n’avez plus de sensibilité au niveau des pieds. Une blessure, une ampoule ou
même une brûlure ne font plus mal. Si la blessure se situe au niveau de la plante

3 Selon le Dr Isabelle Dumont, spécialiste du pied diabétique en Belgique, entre 3 et 10%


des diabétiques connaissent ou connaîtront des problèmes de pied et parmi eux,
22 1 sur 15 devra être amputés : www.drisabelledumont.com
Les complications d’un diabète mal soigné

du pied, vous ne la remarquez pas. Vous continuez à marcher dessus et elle ris-
que grandement de s’infecter sans que vous ne le remarquiez. Progressivement,
l’infection gagne du terrain et devient de plus en plus compliquée à soigner.

 eureusement, tous les diabétiques n’ont pas les pieds à risque ! Les premières
➤H
mesures à prendre pour l’éviter sont un diabète bien équilibré et une hygiène des
pieds irréprochable. Vérifiez régulièrement l’état de vos pieds, principalement
la plante. Consultez un podologue régulièrement et en tout cas, dès que vous
détectez la moindre blessure.

La peau
 n diabète mal soigné peut déboucher sur des problèmes de peau. A la longue,
➤U
à cause de la mauvaise circulation sanguine, la peau devient plus sèche ce qui
lui fait perdre une partie de son rôle de « barrière naturelle ». Des furoncles,
orgelets, démangeaisons au niveau des organes génitaux, ou blessures peuvent
apparaître.

➤ B uvez beaucoup et ne négligez pas les petits problèmes de peau : soignez-les


immédiatement pour ne pas qu’ils s’aggravent.

Les dents
➤ L ’hyperglycémie entraîne un assèchement de la bouche qui peut être cause de
caries dentaires (la salive contribue en effet au nettoyage naturel des dents). Pro-
blèmes de gencives (gingivite, parodontite) et inflammation de la bouche (stomatite)
sont également au chapitre des complications connues du diabète. Ces affections
peuvent entraîner un déchaussement progressif des dents.

➤ Portez une attention particulière à votre hygiène dentaire et buvez de l’eau fré-
quemment.

23
Vivre au quotidien
avec un diabète de type 2
Comme évoqué dans la première partie de la brochure, le diabète requiert
deux changements de comportement essentiels pour éviter les complications :
revoir son alimentation et pratiquer des activités physiques.

Comment y arriver sans trop de frustration ? Quels changements concrets cela sup-
pose-t-il ? C’est ce que nous allons tenter d’éclaircir dans ces pages.

De la volonté et de la patience
Pour garder une bonne qualité de vie malgré votre diabète, des changements dans
votre mode de vie sont nécessaires : selon vos habitudes actuelles, vous allez devoir
modifier plus ou moins fortement votre alimentation et votre activité physique. Ce ne
sera sans doute pas facile tous les jours, mais le jeu en vaut la chandelle ! Vous serez
plus en forme, en meilleure santé, vous aurez plus d’énergie.

24
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

Quelques conseils
➊P  renez le maximum de conseils (auprès de votre médecin, d’autres diabétiques,
dans un groupe d’entraide, dans cette brochure).
➋C  omprenez pourquoi le changement est important : c’est une vie en meilleure santé
qui vous attend.
➌ Soyez doux avec vous-même : inutile de se faire violence, d’employer la manière
forte, de vouloir tout changer en un jour. Mieux vaut installer progressivement vos
nouvelles règles de vie, c’est le meilleur moyen de les tenir.
➍ Ne soyez pas trop doux non plus : de la volonté et de la ténacité sont nécessaires
pour maintenir le bon cap. Trois règles d’or : vigilance, régularité et patience.

Des trucs et astuces pour garder le cap


➊ Encouragez-vous. Dites-vous : « je peux y arriver », « je change » (et pas :
« ça n’ira jamais »)
➋E  tablissez un plan concret et réaliste pour mettre en place progressivement vos
nouvelles habitudes.
➌ Faites un petit pas à la fois et félicitez-vous à chaque succès.
➍L  e soutien de votre entourage est important. N’hésitez pas à expliquer à vos proches
l’importance pour vous de changer certaines choses et associez-les à vos efforts.
Les groupes d’entraide peuvent également vous aider. Vous les trouverez sur le
site www.self-help.be.

Diabète et alimentation

En bref

• Votre régime doit être personnalisé et établi avec votre médecin.


• Mangez plusieurs fois par jour à heures régulières (3 repas et deux col-
lations).
• Privilégiez les aliments dont la charge glycémique n’est pas trop élevée
(voir notre carnet central).
• Ne mangez pas d’aliments très sucrés seuls, en dehors de tout repas.
• Diminuez la quantité de graisses animales au profit des graisses végé-
tales.
• Mangez des aliments contenant beaucoup de fibres : elles ralentissent
l’absorption des glucides et donc réduisent les besoins en insuline.

25
Deux raisons essentielles nécessitent de modifier votre alimentation, peut-être de
manière importante selon vos habitudes actuelles. Tout d’abord, votre pancréas fatigué
doit éviter les surcharges digestives, tant en graisses qu’en sucres. Ensuite, le régime
évite à la fois les montées et les baisses brutales et importantes de la glycémie.

Pour cela, il faut limiter les aliments présentant une charge glycémique élevée (voir
l’encart central de la brochure) et répartir l’apport de glucides tout au long de la journée.
En outre, il est recommandé de ne pas rester trop longtemps sans manger.

➊ Y aller pas à pas et rester réaliste


Comme nous l’avons déjà dit, faites les choses progressivement. Pour tenir sur la lon-
gueur, il faut y aller étape par étape, en se ménageant. Changer de régime alimentaire
ne veut pas non plus dire manger trop peu. Mangez des rations suffisantes pour vivre
normalement, sans avoir tout le temps faim.

Le fait de s’alimenter sainement peut, au premier abord, vous faire penser


que vous allez perdre le plaisir de manger. Or, le régime du diabétique
laisse une assez grande liberté, car aucun aliment n’est interdit. Tout l’art
tient dans un bon dosage et des repas réguliers.

➋ Il n’y a pas “un” mais “des” régimes diabétiques


Votre régime sera élaboré avec le médecin. En effet, le changement alimentaire est
personnalisé ; il doit tenir compte d’une multitude de facteurs liés à votre santé, votre vie
et votre personnalité : votre poids, votre âge, vos médicaments, votre taux de glycémie,
l’apparition de complications éventuelles, vos activités physiques, vos habitudes et
goûts alimentaires, votre activité sociale, etc.

Vous y contribuerez en réalisant un inventaire précis de vos habitudes : composition


et heures des repas et en-cas, préférences, envies irrésistibles, petits creux, etc. Cela
permettra à votre médecin de mieux vous connaître et de déterminer plus facilement
les aliments à réduire et ceux à introduire.

En outre, ce sera pour vous l’occasion de prendre pleinement conscience de vos


comportements alimentaires.

26
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

Régime individualisé, oui.


Mais il reposera sur les principes fondamentaux d’une alimentation
équilibrée.

•M
 anger de tout : varier le contenu de l’assiette permet de lutter contre la
monotonie, source de stress.

•B
 oire au moins 1,5 l d’eau entre les repas (le corps est composé à 60%
d’eau et il faut restaurer les pertes dues à la transpiration, la respiration,
l’urine).

•P
 rivilégier les produits céréaliers (pain, pâtes, riz) complets pour fournir
l’énergie de base.

•A
 vantager les fruits et les légumes de saison : un légume cuit (200g.), un
légume cru (100g.) et un à deux fruits par jour. Les crudités et les fruits
doivent être soigneusement lavés pour pouvoir être consommés avec leur
peau car la majorité des vitamines se trouvent juste en-dessous.

•R
 éduire les matières grasses et surtout les graisses animales (viandes,
beurre, fromages gras). Faire attention aux graisses cachées dans les
charcuteries et les fromages.

•C
 hoisir plutôt des huiles de première pression à froid, dont l’huile
d’olive.

•L
 imiter les fritures (une maximum par semaine).

•E
 viter le sel. Attention, il n’y a pas que le sel que l’on rajoute soi-même
dans les aliments. Il y a aussi le sel caché (beaucoup !) que l’on trouve
dans les plats tout préparés ou les conserves par exemple.

•E
 viter les sucres, et particulièrement les sucres blancs (sodas, pâtes à
tartiner, pâtisseries, biscuits, bonbons, jus de fruits sucrés,…).

Une juste répartition de l’énergie au cours de la journée

Le régime d’une personne diabétique prévoit un apport suffisant de gluci-


des (énergie), de protéines (matériaux de construction), de lipides (stoc-
kage d’énergie), de vitamines et de minéraux, tout au long de la journée.

27
➌ Choisir les bons sucres (glucides)
Contrairement à une idée trop répandue, le diabétique ne doit absolument pas sup-
primer les glucides de son alimentation. Chaque repas doit en contenir, mais vous
les choisirez judicieusement.

On classe à présent les aliments en fonction de leur capacité à élever la glycémie. Pour
cela, on leur a attribué un index glycémique (ou IG). Il peut être faible (moins de 55),
modéré (de 56 à 69), ou élevé (plus de 70). Pour opérer les bons choix, référez-vous
aux tableaux présentés dans le carnet central de notre brochure.

Cependant, il est bon de savoir que le pouvoir glycémiant d’un aliment, c’est-à-dire
sa capacité à élever le taux de sucre dans le sang, varie selon qu’il est consommé
seul ou non. Ainsi, un morceau de tarte pris en dessert après un repas complet ne
provoquera pas une forte élévation de la glycémie, car sa digestion se fera en même
temps que l’ensemble du repas. Par contre, consommé seul à l’heure du goûter, vous
risquez l’hyperglycémie!

Sucres rapides - sucres lents : une notion totalement dépassée !


Pendant longtemps, les glucides ont été classés en deux catégories :

• les sucres rapides, assimilés à des aliments à forte saveur sucrée : pâtisseries,
barres chocolatées, sodas, fruits etc.
• les sucres lents, liés aux aliments à saveur non sucrée dans lesquels on classait
pêle-mêle les pâtes, les pommes de terres, les céréales, les légumes secs, etc.

On sait aujourd’hui que cette classification est fausse. La purée de pomme de terre
devrait être classée dans les « sucres rapides » car son index glycémique est élevé.
A l’inverse, le fructose (sucre des fruits) est un sucre lent puisque son index glycé-
mique est faible.

Que penser des édulcorants ?


Les édulcorants sont des substances qui ont un goût sucré et peuvent remplacer le
sucre dans les préparations. Ils apportent moins de calories que le sucre, voire pas
du tout.

Les plus connus sont la saccharine et l’aspartame. Il existe de nombreux autres subs-
tituts au sucre. Certains ont un pouvoir sucrant très élevé ; il en faut donc très peu pour
avoir le goût sucré souhaité, ce qui est intéressant pour les diabétiques. Nous vous
invitons à consulter le carnet central de la brochure pour les découvrir.

28
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

Autant le dire : les édulcorants font débat. Certains scientifiques affirment que leur
consommation est dangereuse. D’autres études démentent ces affirmations, en sou-
lignant que les quantités d’édulcorants que l’on consomme sont trop faibles pour
présenter un danger. Nous ne trancherons pas la polémique ici. Disons simplement
que dans le cas précis du diabète, il vaut certainement mieux utiliser des édulcorants
que de se lancer sur le « vrai sucre ». Néanmoins, limitez-en la quantité et ne dépassez
pas les doses journalières admissibles (voir notre carnet central).

Ce qui est sûr, c’est que la consommation d’édulcorants maintiendra chez vous le goût
(et donc l’envie) du sucré. Le mieux est d’essayer de s’en déshabituer petit à petit.

➍ Choisir les bonnes graisses (lipides)


Les graisses animales, constituées en majorité d’acides gras saturés, doivent être
diminuées. Il en va de même pour les graisses végétales hydrogénées (on les retrouve
aussi sous la dénomination « graisses trans » sur les étiquettes). Par contre, l’utilisation
de graisses végétales (insaturées) est recommandée.

Pour la cuisson d’aliments, on utilisera l’huile d’olive ou l’huile d’arachide, et pour la


préparation de sauces froides ou de vinaigrettes, les huiles de soja, de maïs, tournesol,
colza, noix, noisettes, etc. Attention que l’huile de palme et l’huile de coco sont des
graisses végétales saturées.

Par ailleurs, la préférence sera donnée aux poissons et viandes blanches (volaille et
lapin) plutôt qu’aux viandes rouges. Les alternatives végétariennes (tofu, quorn, seitan,
tempeh …) sont aussi des produits intéressants.

Attention aux graisses cachées !


Certaines graisses sont aisément identifiables, comme le beurre, les graisses de
cuisson, la crème fraîche, les sauces, etc. Mais d’autres sont invisibles à l’oeil nu et
se retrouvent tant dans des aliments salés que sucrés. Par exemple, dans un beau
morceau de viande rouge.

Ainsi malgré leur apparence, le boeuf et le mouton sont des viandes très grasses
et très riches en acides gras saturés, les abats le sont encore plus. Autres aliments
trompeurs : charcuteries, biscuits d’apéritif, fromages, sauces préparées …

Du côté des aliments sucrés, les pâtisseries, certains biscuits ou encore les crèmes
glacées, comprennent certes des sucres, mais surtout des graisses et sont donc
riches en calories.

29
Les modes de cuisson sans graisse
Une alimentation saine limite l’utilisation de graisses lors de la cuisson des aliments.
Trois modes de cuisson sont particulièrement indiqués :

• la cuisson à la vapeur,
• la cuisson à l’eau
• la cuisson en papillote.

Il existe aussi des feuilles de cuisson que l’on place au fond de la poêle, par exemple,
et qui remplacent la matière grasse.

Pour rehausser le goût des aliments, on peut ajouter des épices (poivre, curry, noix
de muscade, paprika, piment, etc.) et des herbes aromatiques (thym, laurier, basilic,
sauge, marjolaine, coriandre, ciboulette, citronnelle, etc.) dès le début de la cuisson.
Ce n’est pas le choix qui manque ! De nombreux livres et sites Internet existent pour
vous aider à les utiliser si vous ne les connaissez pas bien.

Produits de régime pour diabétique :


toujours lire les étiquettes !

Il faut être prudent avec ces produits de régime. Certains sont effectivement
pauvres en glucides et équilibrés. Mais d’autres sont enrichis en lipides
(graisses) et leur consommation est mauvaise pour les artères.

Méfiez-vous aussi des produits sur lesquels il est noté « sans sucre ajouté ».
Cela ne veut pas dire qu’ils n’en contiennent pas (et même parfois beau-
coup).

Comment lire une étiquette ?

Les ingrédients sont repris par ordre de leur importance en poids dans
le produit fini (de la plus grande à la plus petite quantité) et pas de leur
importance en calories.

Concrètement, cela veut dire que de la matière grasse mentionnée en 6e


position sur l’étiquette n’est pas du tout l’ingrédient principal, mais c’est
peut-être elle qui apporte le plus de calories. Il est donc conseillé de lire
attentivement la liste des ingrédients, surtout si vous devez contrôler votre
poids…

30
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

➎ Privilégier les fibres alimentaires

La consommation régulière de fibres alimentaires peut avoir un effet positif direct sur
le diabète. En effet, elles ralentissent l’absorption des glucides (sucres) et réduisent
dès lors les besoins en insuline. Elles font également baisser le taux de cholestérol
dans le sang.

On les trouve dans les céréales complètes, les légumineuses, certains fruits et certains
légumes. Des tableaux vous informant sur la teneur en fibres de certains aliments sont
proposés dans le carnet central de notre brochure.

➏ Manger plusieurs fois par jour, à heures régulières

Afin d’éviter les manques ou les excès de sucre, il est essentiel de répartir les repas
tout au long de la journée : 3 repas principaux (déjeuner, dîner, souper) et 2 collations
(milieu de matinée et vers 16h). En outre, le diabétique doit essayer de prendre ses
repas chaque jour à la même heure.

➐ Prendre un bon petit déjeuner

Le taux de sucre dans le sang étant souvent plus élevé le matin, il faut éviter les aliments
sucrés au petit déjeuner. Ce qui signifie que le pain blanc, la confiture ou encore le
café sucré ne sont pas du tout indiqués. Préférez les fruits, le pain gris ou complet, le
yaourt, un œuf de temps en temps.

Côté céréales (type corn flakes), méfiez-vous : la plupart contiennent énormément


de sucre ! Privilégiez celles à base de son si vous aimez : elles sont riches en fibres
et meilleures pour votre santé.

Enfin, attention que les jus de fruits peuvent contenir beaucoup de sucre. Par contre,
ils ne contiennent aucune fibre, contrairement au fruit entier. Ils ne vous sont donc
pas vraiment conseillés.

L’idéal : faire du petit déjeuner un véritable repas, et manger des féculents, des pâtes
alimentaires complètes, du jambon maigre, des filets de poisson … C’est une ques-
tion d’habitude ! Mais si cela vous semble au-dessus de vos forces, ne culpabilisez
pas.

31
➑ Eviter de grignoter entre les repas
Tout grignotage, qu’il soit salé ou sucré, est néfaste pour l’évolution du diabète.

A propos des en-cas sucrés, il faut savoir que les sucres sont absorbés beaucoup
plus vite puisqu’ils sont ingérés seuls. Ainsi, un gâteau au chocolat grignoté entre deux
repas risque d’entraîner un pic d’hyperglycémie, alors qu’il n’a qu’une faible incidence
sur la glycémie lorsqu’il est pris à la fin d’un repas.

Trucs et astuces pour éviter les écarts au régime…

• Identifiez les moments à risque (repas familial, d’affaires, stress, etc.) et les
raisons qui amènent à ne pas respecter le régime. A la longue, cela vous
permettra de développer une stratégie pour résister à la tentation.
• Parlez de votre diabète à votre entourage : c’est un bon moyen pour obtenir
son soutien lors d’activités sociales.
•D
 ès que l’envie de grignoter apparaît, faites autre chose : buvez un verre
d’eau, marchez, écoutez de la musique, téléphonez à un proche …
•E
 vitez de manger devant la télévision ou en lisant.
•F
 élicitez-vous régulièrement des changements réalisés avec succès et ne
vous traitez pas durement en cas d’écart ; dites-vous que vous y arriverez
la prochaine fois.

➒ Les boissons : préférer l’eau


L’eau est la boisson idéale. Par contre, les jus de fruits (mêmes naturels), les limonades
et sodas renferment plus de 100 g. de sucre par litre et sont déconseillés en utilisation
régulière. Ils peuvent toutefois être bien utiles lors d’une hypoglycémie.

Et l’alcool ? Avec modération… et toujours pendant les repas. Il ne faut JAMAIS boire
d’alcool à jeun : vous risquez de faire une hypoglycémie.

Le café et le thè
Vous pouvez boire du thé et du café (sans sucre). Des études tendent même à démon-
trer que la consommation de thé et de café noir (y compris décaféïné) a un effet
bénéfique sur le diabète4. Comme pour tout un chacun, il ne faut cependant pas en
abuser.

32
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

Bouger, ça fait du bien !

En bref

•L
 ’exercice physique diminue la quantité de glucose dans le sang et
améliore l’action de l’insuline.

•A
 ctivité physique n’est pas nécessairement synonyme de sport mais de
« remise en mouvement ».

•V
 ous pouvez facilement intégrer l’activité physique à vos activités quoti-
diennes (marcher, s’étirer, jardiner, faire vos courses à bicyclette, prendre
les escaliers plutôt que l’ascenseur …).

•E
 n cas de traitement à l’insuline, vos activités physiques doivent être
gérées selon vos prises d’insuline et votre taux de glycémie.

Plus que toute autre personne, un diabétique de type 2 doit bouger. L’exercice phy-
sique brûle le glucose sanguin, accélère la perte de poids et améliore la sensibilité
des cellules à l’insuline.

Autre atout : l’exercice physique prévient les risques de maladies cardiovasculaires,


complications courantes de cette forme de diabète. Faire de l’exercice peut même
contribuer à diminuer la quantité de médicaments nécessaires (y compris l’insuline).

A côté de ces avantages liés à la santé, la pratique d’une activité physique favorise
l’équilibre intérieur et l’épanouissement personnel. Elle aide à mieux vivre dans son
corps, elle revitalise, libère les tensions, calme le mental, favorise les rencontres …
D’ailleurs, une personne, diabétique ou non, se mettant ou se remettant à bouger le
regrette rarement. Les avantages sont indiscutables.

Faire le premier pas n’est pas toujours facile, mais ça en vaut la peine. Vous trouverez
ici quelques astuces pour vous y mettre.

33
➊ « Activité physique », c’est quoi au juste ?
L’activité physique, ce n’est pas nécessairement faire du sport. C’est d’abord et avant
tout bouger.

Pratiquer une activité physique signifie se dépenser physiquement de manière régu-


lière, modérée et progressive. Le but est de rompre avec la vie sédentaire et d’améliorer
la santé. Bref : marcher, prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, faire du jardinage
ou le ménage, faire du vélo, nager … Le tout en douceur, à votre rythme. En faisant
travailler vos muscles, vous augmentez votre dépense d’énergie.

➋ Que choisir comme activité ?


L’activité physique permet d’exercer 3 fonctions :
• l’endurance (marche, vélo, natation, tennis, danse, jardinage …)
• l’assouplissement (yoga, Taï Chi, jardinage, étirement, danse …)
• la force (lourds travaux extérieurs, monter les escaliers, faire des pompes, muscu-
lation …).

Optez pour des activités physiques progressives et prolongées. L’endurance et l’as-


souplissement sont préférables à la performance.

4 D’après une méta-analyse produite par des chercheurs du George Institute for international
health de l’université de Sydney. Les auteurs ont compilé 18 études menées entre 1966 et
2009 sur un total de 457.922 participants, et portant sur la relation entre consommation de
34 café et de thé et la probabilité de développer un diabète.
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

La durée recommandée
varie selon l’effort

Intensité Intensité Intensité Intensité Intensité


très légère légère moyenne élevée très élevée
60 minutes 30 - 60 20 - 30
• Marcher minutes minutes • Faire des
lentement sprints
• Epousse- • Marcher • Marcher • Suivre un • Participer
ter d’un pas d’un bon cours d’aé- à une
modéré pas robic compé-
• Jouer au • Rouler à • Faire du tition de
volley-ball bicyclette jogging course à
• Effectuer • Ramasser • Jouer au pied
de légers des feuilles football ou
travaux de • Nager au basket-
jardinage • Danser ball
• Faire des • Suivre • Nager ou
exercices un cours danser à
d’étirement d’aquagym un rythme
soutenu

Sensation de chaleur ? Respiration ?

• Comme • Sensation • Sensation • Sensation • Transpira-


au repos de chaleur de chaleur prononcée tion abon-
• Respi- • Respiration • Respiration de chaleur dante
ration un peu plus plus rapide • Respiration • Respira-
normale rapide beaucoup tion extrê-
plus rapide mement
rapide

Les niveaux d’activité


pour rester en bonne santé

Source : Guide d’activité physique pour une vie saine – Santé Canada – Société cana-
dienne de physiologie – www.santepublique.gc.ca

35
➌ Intégrer l’activité physique au quotidien
Etre actif est plus facile qu’on ne le croit. Il s’agit tout simplement de se remettre en
mouvement. Pour être bénéfique, l’activité doit être quotidienne. Il vaut mieux bouger
un peu chaque jour (au minimum 30 minutes) que de faire 3 heures de sport le samedi
puis plus rien, pensant ainsi couvrir les besoins de toute la semaine !

L’activité physique n’a pas forcément besoin d’être difficile et peut s’ajouter aux occu-
pations habituelles (à la maison, au travail, lors des déplacements).

Quelques idées pour être actif tous les jours et à tout âge
• Marchez le plus souvent possible, par exemple en descendant de l’autobus un arrêt
plus tôt, en utilisant les escaliers plutôt que l’ascenseur, en garant votre voiture à une
dizaine de minutes de marche du bureau …

• Evitez de rester inactif pendant de longues périodes (devant la télé par exemple),
pensez à vous étirer, à bouger …

• Sur le lieu de travail, levez-vous régulièrement de votre siège, étirez-vous, faites


quelques mouvements d’assouplissement pendant quelques minutes toutes les
heures, faites des réunions en marchant (invitez vos collègues à faire une promenade
à pied pour parler des affaires).

• Remplacez la pause café par une pause promenade.

• Parcourez les courtes distances à vélo ou à pied (pour aller au magasin, promener
le chien …).

• Commencez la journée par une dizaine de minutes d’exercices d’étirement ou une


courte promenade.

• Dansez à votre rythme sur votre musique préférée au moins dix minutes par jour.

Privilégiez la marche !
Marcher, c’est facile. A part de bonnes chaussures, la marche ne coûte rien et peut se
pratiquer partout, à la ville comme à la campagne. Pas besoin non plus de s’inscrire
dans un club.

36
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

La marche apaise, diminue le stress et permet de se sentir mieux dans sa tête. C’est un
excellent exercice pour les personnes qui se remettent à bouger après 45 ans. En effet, la
marche évite les risques articulaires (contrairement au jogging par exemple) tout en étant
efficace. Attention : il faut marcher régulièrement pour avoir des résultats durables.

➍ A quoi faut-il faire attention en cas de traitement à l’insuline ?


Pour une bonne gestion de l’effort, il faut tenir compte des variations de votre taux de
glycémie. Faire un effort physique intense quand le taux est au plus bas est une très
mauvaise idée : cela pourrait provoquer un malaise. Pour décider du moment de vos
activités, tenez compte :
• des repas (votre glycémie augmente quand vous mangez)
• de l’horaire de vos injections d’insuline et de leur durée d’action
• la valeur de la glycémie en début d’exercice.

Les autres soins au jour le jour

En bref

•S  urveillez votre glycémie régulièrement et notez les résultats dans un


carnet pour garder une vue d’ensemble de son évolution.
•N  e négligez jamais votre suivi médical.
•S  urveillez votre poids.
• Veillez à une bonne hygiène corporelle, principalement au niveau des
pieds et de la bouche (dents)
•E  vitez le stress autant que possible : il provoque une hausse du taux de
sucre dans le sang.
•A  rrêtez de fumer : le tabac augmente le risque de complications.

➊ Surveillez régulièrement votre taux de glycémie


Toute forme de diabète exige une surveillance du taux de glycémie. Le diabétique
de type 1 doit mesurer sa glycémie au moins 4 fois par jour. Le patient diabétique de
type 2 fera 2 à 4 mesures par jour s’il est traité à l’insuline.

Dans le cas contraire, 2 à 3 mesures par semaine suffisent généralement. Vous déter-
minerez la fréquence et l’horaire de ces contrôles en accord avec votre médecin.

37
Deux méthodes de mesure de la glycémie
La glycémie capillaire (bout du doigt)

Il s’agit de recueillir une goutte de sang en vous piquant le bout d’un doigt à l’aide
d’un auto-piqueur. Le sang est déposé sur une bandelette. Ensuite, vous lisez le
résultat :

• soit en introduisant la bandelette dans un petit appareil (vendu en pharmacie) qui


marque le taux de glycémie sur un écran. L’évaluation est proche de celle d’un
laboratoire ;

• soit en comparant la couleur qui apparaît sur la bandelette à l’échelle colorée (colo-
rimètre) imprimée sur la boîte, le flacon ou la notice où chaque couleur correspond
à un taux de glycémie. Cette deuxième mesure est plus approximative.

La mesure du sucre dans les urines

Ici, la bandelette réactive est trempée dans l’urine. La lecture se fait en comparant la
couleur de la bandelette à une échelle colorée imprimée sur le flacon.

Quels événements provoquent de brusques variations


de glycémie (hypo ou hyperglycémie) ?

Les origines les plus fréquentes de ces variations brutales sont :


• un stress violent ;
• un choc émotionnel intense ;
• une poussée de fièvre ;
• une maladie infectieuse ;
• l’excès d’alcool.

Gardez les traces des résultats


Au début, notez dans un carnet toutes les dates et heures des contrôles, ainsi que
leurs résultats pour avoir une vue d’ensemble. Ce contrôle est d’une grande utilité. Il
permet, par exemple :
•d e vérifier le taux de glucose après un repas, et donc de toujours mieux adapter
l’alimentation
• d’évaluer l’efficacité d’une activité physique

38
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

• de mesurer les effets des écarts de régime


• de surveiller les résultats d’un traitement.

Vous pourrez ainsi mieux comprendre les effets de ces différents éléments sur votre
diabète et prendre conscience des réactions de votre organisme face à la maladie et
au traitement. Ce sera une motivation supplémentaire pour trouver la volonté de vous
soigner et de suivre de près l’évolution de votre diabète.

La lecture des résultats permettra aussi au médecin de suivre de près l’évolution de


votre maladie et d’adapter votre traitement en conséquence. Grâce à cette observation
du taux de glycémie, il est plus facile de faire la différence entre une banale fringale
et une tendance hypoglycémique, ou de déceler une poussée hyperglycémique (lors
d’une infection ou d’un stress par exemple).

Par la suite, il n’est peut-être plus nécessaire de tout noter systématiquement. Par
contre, si vous constatez un écart anormal de votre glycémie, il est intéressant de
prendre note de tout ce qui aurait pu le provoquer (ce que vous avez mangé et bu
avant, effort physique inhabituel, stress particulier, maladie, etc.)

➋ Les examens médicaux

• Lors de toute consultation chez le médecin


Vérifiez votre tension (pour prévenir l’hypertension, facteur de risque important des
complications cardiovasculaires).

• Tous les 3 mois


Faites un dosage de l’hémoglobine glycatée (mesure de l’équilibre glycémique pen-
dant les 2 derniers mois).

• Une fois par an


Faites un examen approfondi de votre taux de sucre, de votre cholestérol et des tri-
glycérides sanguins. Et aussi des organes à risque : oeil, rein, coeur, pied.

➌ Surveillez votre poids

La perte de poids suffit souvent à équilibrer le taux de sucre dans le sang. Vous avez
donc tout intérêt à maigrir si votre poids est trop élevé.

39
La pratique régulière (quotidienne pour bien faire) d’une activité physique modérée
peut y contribuer. Un accompagnement diététique peut aider. Vous sentir suivi, béné-
ficier de conseils et expériences aide à se motiver et à tenir le coup.

L’excès de poids se calcule : deux méthodes

➊ L’indice de masse corporelle (I.M.C.)


Le calcul consiste à diviser votre poids (en kilos) par votre taille au carré (en
mètre). Par exemple, pour un homme mesurant 1,70 m. et pesant 75 kg., le
calcul sera :

75
—————— = 25,95
(1,70 x 1,70)

Cette méthode de calcul n’est applicable qu’aux personnes de 18 à 70 ans.


Pour les enfants et les personnes plus âgées, d’autres méthodes de calcul
existent.

Interprétation des résultats


Classification IMC Risque santé
Maigreur < 18,5 Dénutrition
Normal 18,5 - 24.9
Surpoids 25 - 29,9 Modérément augmenté
Obésité > 30 Nettement augmenté
- Obésité grade I 30 - 34,9 Obésité modérée ou commune
- Obésité grade II 35 - 39,9 Obésité sévère
- Obésité grade III > 40 Obésité massive ou morbide

A l’âge de 20 ans, la norme se situe entre 18,5 et 25. Mais elle augmente de 1
tous les 10 ans. L’idéal est donc 19,5-26 à 30 ans, 20,5-27 à 40 ans, 21,5-28 à
60 ans, 22,5-29 à 70 ans. L’obésité franche correspond à un chiffre supérieur
à 30.

➊ Le rapport taille / hanches (R.T.H.)

Pour comprendre l’utilité de cette méthode, il est bon de savoir qu’un excès
de graisse abdominale augmente le risque de maladies cardio-vasculaires.
C’est ce que détermine le rapport taille / hanches ; le calcul du RTH est un
bon indicateur du risque que représente le poids pour la santé et un excellent
complément à l’IMC.

40
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

Il s’agit de diviser le tour de taille (mesuré à mi-distance entre la dernière côte


et le point le plus haut de l’os du bassin) par le tour de hanche (niveau le plus
large du bassin). Un homme ayant un tour de taille de 84 cm et un tour de
hanches de 106 cm aura donc un rapport de :

84
——— = 0,79
106

Interprétation des résultats


Les chiffres de plus de 0,80 chez la femme et 0,95 chez l’homme indiquent
une obésité abdominale.

➍ Veiller à une bonne hygiène de vie


Veiller à son hygiène corporelle
Il est essentiel pour vous d’avoir une bonne hygiène corporelle, tout simplement pour
éviter les infections (notamment au niveau de la peau et des pieds).

Gérer son stress


Lorsque le corps est confronté au stress, il réagit en libérant de l’adrénaline.
Cette poussée d’adrénaline commande au foie de libérer du sucre qu’il a en
réserve. La conséquence ? Le taux de glycémie dans le sang augmente, pou-
vant vous induire en erreur car les symptômes (sueurs, palpitations, vertiges …)
ressemblent à ceux d’une hypoglycémie. Pensant faire une hypo, vous prenez du
sucre alors que vous ne devriez pas ! Vous avez donc tout intérêt à être vigilant et à
prendre cette donnée en compte.

Arrêter de fumer
Le tabac est un facteur de risque important pour le développement des complications
liées au diabète. Par ailleurs, le tabac aurait une influence néfaste sur l’action de
l’insuline et accélérerait la fragilisation des reins.

Mais, reconnaissons-le, on ne se libère pas facilement de cette dépendance. Pour


rendre les choses plus faciles, on peut tout de même compter sur les médications

41
qui se multiplient (patchs, comprimés et autres substituts de la nicotine) et sur une
attention grandissante des médecins. Vous pouvez également bénéficier d’un rem-
boursement de séances de soutien au sevrage tabagique : renseignez-vous auprès
de votre mutualité.

Prendre soin de ses pieds


Vos pieds sont particulièrement exposés aux complications, ils méritent des soins
très attentifs et réguliers.

Quelques recommandations :
• lavez-vous les pieds tous les jours et essuyez-les à fond
• évitez de marcher pieds nus (plage, jardin, garage …)
•e  xaminez vos pieds tous les jours, particulièrement la plante, afin de détecter les
durillons, rougeurs, plaies, ampoules ou crevasses qui pourraient s’infecter
•e  n cas de plaie: désinfectez, protégez avec une compresse et consultez le médecin si
elle ne guérit pas dans les deux jours ou si les pieds sont douloureux ou gonflés ;
• s i vos pieds sont secs, enduisez-les d’une crème hydratante neutre (vaseline par
exemple)
•c  oupez vos ongles à angle droit et ne “chipotez” pas aux ongles incarnés (faites
plutôt appel à une pédicure)
• évitez les sources de chaleur (radiateur, bouillotte) aux pieds
• portez des chaussures confortables, larges et souples (les chaussures neuves seront
assouplies progressivement) et des chaussettes en coton ou en laine qui ne serrent
pas aux chevilles ou aux mollets
• consultez un podologue deux fois par an (+ en cas de plaie ou d’anomalie).

Se soigner les dents


Le diabète vous rend plus exposé à divers problèmes bucco-dentaires (gingivites et
stomatites) qui peuvent entraîner la perte des dents. Une bonne hygiène dentaire est
indispensable pour les éviter.

• L’idéal est de vous brosser les dents après chaque repas et avant de vous cou-
cher.
•V  eillez à changer souvent de brosse à dents (n’utilisez pas une brosse à dent
abîmée).
• Les visites chez le dentiste doivent être régulières.
• Si vous portez une prothèse, soyez particulièrement attentif à la moindre gêne. En
effet, un mauvais ajustement peut entraîner des blessures et des infections.

42
Vivre au quotidien avec un diabète de type 2

43
Les soins et remboursements
Le diabète ne se guérit pas mais peut se stabiliser grâce à un traitement efficace et un
changement de style de vie. Aussi, la réglementation de l’assurance maladie prévoit
diverses mesures de remboursement pour des soins spécifiques. La Mutualité Socia-
liste – Solidaris y a ajouté des avantages pour encore alléger le coût de vos soins.

Le trajet de soins (diabète de type 2)


Vous pouvez compter sur un meilleur accompagnement et un meilleur rembourse-
ment de vos soins si vous concluez un trajet de soins. Il s’agit d’un contrat signé par
votre médecin généraliste, un médecin spécialiste et vous-même, pour une durée
de 4 ans. L’INAMI lui a consacré un site, destiné aux professionnels et aux patients :
www.trajetdesoins.be.

Ce contrat organise le suivi et la coordination des soins, ainsi qu’une meilleure collabo-
ration et un meilleur échange d’informations entre le médecin généraliste, le spécialiste,
le patient et d’autres professionnels de la santé.

44
Les soins et remboursements

➊ Les avantages financiers du trajet de soins


• Aide gratuite d’un l’éducateur diabète
• Remboursement total de 2 séances par an chez un diététicien
• Remboursement total de 2 séances par an chez un podologue
• Matériel d’autocontrôle gratuit (sur base d’une ordonnance du médecin) :
➢ un glucomètre
➢ 3 x 50 tigettes deux fois par an
➢ 100 lancettes deux fois par an
•S implification administrative : lors de la prescription de médicaments spécifiques,
vous ne devez plus obtenir l’autorisation du médecin-conseil.

➋ Les conditions pour y avoir droit


• Etre atteint d’un diabète de type 2
• Démarrer un traitement à l’insuline ou être traité par maximum 2 injections d’insuline
par jour
• Avoir ouvert un dossier médical global (DMG – voir page 47) auprès de votre géné-
raliste ou le faire ouvrir lors de la première année du trajet de soins

Le passeport diabète (diabète de type 1 et 2)


Chaque patient diabétique peut demander son passeport diabète auprès de sa
mutuelle à l’aide d’un formulaire cosigné par lui-même et par son médecin. Vous
pourrez y indiquer vos rendez-vous de contrôle médical et suivre l’évolution de votre
état de santé. Vous y trouverez également des conseils pratiques.

➊ Les avantages financiers du passeport diabète


•R  emboursement total de 2 séances par an (minimum 30 minutes) chez le diététicien
• Remboursement total de 2 séances par an (minimum 45 minutes) chez le podologue

➋ Les conditions pour y avoir droit


•S
 eules les consultations auprès de podologues et diététiciens agréés sont rem-
boursées. Demandez la liste au guichet de votre mutualité ou consultez-la sur le
site www.mutsoc.be.
•C
 es prestations doivent être prescrites par le médecin.
•P
 our les patients bénéficiant déjà d’un trajet de soins, les avantages ne sont pas
cumulables.

45
• Les patients suivis dans le cadre d’une convention d’autogestion (voir ci-après) et
qui bénéficient déjà des conseils gratuits d’un diététicien n’ont pas accès au rem-
boursement des consultations de diététique dans le cadre du passeport diabète.

Les conventions de rééducation en matière d’auto-


gestion du diabète (diabète de type 1 et 2)
Si vous devez vous injecter de l’insuline au moins 2 fois par jour, vous pouvez bénéficier :
• d’un suivi pluridisciplinaire dans un service de diabétologie hospitalier
• d’une éducation à l’autogestion du diabète (par le biais d’une participation active à
votre traitement, vous apprenez à gérer votre alimentation, votre activité physique,
à mesurer votre glycémie, à prendre votre insuline)
• de matériel pour la surveillance de la glycémie (glucomètre, tigettes, lancettes),
délivré au patient à l’hôpital, lors de la consultation en diabétologie.

Ces avantages ne sont pas cumulables avec ceux octroyés dans le cadre du trajet
de soins.

Maximum à facturer : mesure spéciale


(diabète de type 1 et 2)
Le maximum à facturer (MAF) garantit à chaque famille de ne jamais dépasser un
montant annuel de tickets modérateurs pour ses frais de soins de santé. Au-delà de
ce plafond, les soins sont remboursés à 100%.

Sans entrer dans trop de détails, la plupart des dépenses de soins et de médicaments
sont pris en compte dans le calcul du MAF. Les médicaments non remboursés ainsi
que les éventuels suppléments d’honoraires réclamés par les médecins non conven-
tionnés (*) n’entrent pas dans le calcul.

➊ L’avantage financier pour les diabétiques


Dans la plupart des cas, le plafond de dépenses est calculé sur base des revenus.
Votre diabète entraînant des dépenses de santé importantes, vous bénéficiez d’une
mesure spéciale.

Concrètement, si le total de vos tickets modérateurs (*) dépasse 450 euros durant
deux années consécutives, le plafond MAF sera réduit de 100 euros à partir de la 3e
année. Cela vous permet de bénéficier plus rapidement de la prise en charge à 100%
des soins concernés. Cette mesure est valable quels que soient vos revenus.

46
Les soins et remboursements

(*) Que signifie « ticket modérateur » et « médecin non conventionné » ?

•L
 e ticket modérateur est la part que vous payez (non remboursée par la mutualité,
donc) hors éventuel supplément réclamé par un médecin non conventionné.
•U
 n médecin non conventionné est un médecin qui ne s’est pas engagé à respecter
les tarifs légaux fixés par l’INAMI.

➋ Que devez-vous faire pour bénéficier du MAF ?


Rien ! Votre mutualité totalise les dépenses concernées et vous rembourse automati-
quement dès que votre plafond MAF est atteint. Si vos dépenses dépassent 450 euros
durant 2 années consécutives, elle adapte automatiquement le plafond.

Le dossier médical global (pour tous)


A la demande du patient, le médecin généraliste peut ouvrir un dossier médical global
(DMG). Pour rappel, il est obligatoire dans le cadre du trajet de soins. Le DMG présente
de nombreux avantages, tant sur le plan médical que financier.

Parlez-en à votre médecin et demandez-lui de vous ouvrir un DMG : les frais* sont
entièrement remboursés par votre mutualité. C’est donc simple, précieux et gratuit !

➊ Les avantages médicaux du DMG


Sur le plan médical, le DMG permet une meilleure vue d’ensemble de votre santé. Il
évite les examens superflus ou en double et facilite l’échange de données entre les
professionnels de la santé.

Entre 45 et 75 ans, vous bénéficiez d’un bilan santé chez votre médecin généraliste
qui vérifie 6 point importants en matière de prévention. Ce bilan, appelé aussi DMG+
ne coûte que 10 euros, entièrement remboursés par votre mutualité.

* 28,15 euros par an (tarif 2011) 47


➋ Les avantages financiers du DMG
Sur le plan financier, il vous permet d’obtenir un remboursement plus élevés de cer-
tains examens.

• Les consultations chez le médecin généraliste vous coûtent moins cher : votre ticket
modérateur est réduit de 30%
•S  i vous avez au moins 75 ans ou que vous êtes considéré comme malade chronique,
cette réduction est également valable pour les visites à domicile.

La complémentaire santé : soins 100% rembour-


sés pour les moins de 18 ans
(hors suppléments d’honoraires éventuels).
La santé de vos enfants n’a pas de prix, mais elle représente parfois un coût considé-
rable. Afin de limiter cette charge financière et de garantir l’accès à la santé pour tous,
la Mutualité Socialiste - Solidaris rembourse à 100% les soins de santé à ses affiliés
de moins de 18 ans : toutes les consultations auprès des médecins généralistes et
spécialistes, des infirmiers et des kinésithérapeutes.
Une seule condition : ouvrir un Dossier Médical Global chez votre médecin généra-
liste. Vous lui demandez un DMG et il s’occupe du reste. De plus, le DMG est aussi
totalement remboursé par la Mutualité.

Pour les adultes, le même avantage existe.


Maladies chroniques, accidents, faiblesses passagères, petits ou grands bobos. Se
soigner, quel que soit son âge, peut revenir cher. C’est pourquoi la Mutualité Socialiste-
Solidaris a lancé un avantage qui permet de réduire vos dépenses de soins de santé :
nous remboursons toutes les consultations auprès des médecins généralistes, des
gynécologues et des ophtalmologues pour les plus de 18 ans. Pour les plus de 75
ans, nous remboursons également les visites à domicile du médecin généraliste. Ces
remboursements se font avec une franchise de 25 euros par an mais sans plafond.
Condition : ouvrir un Dossier Médical Global chez votre médecin généraliste

Infos: dans un point de contact ou sur www.soinsrembourses.be

Notre avantage « diététique »


(pour les moins de 18 ans)
L’une des premières mesures de prévention du diabète est d’éviter le surpoids et plus
encore l’obésité.

48
Les soins et remboursements

Pour les moins de 18 ans qui souffrent de surpoids, la Mutualité Socialiste – Solidaris
offre des remboursements complémentaires dans les frais de bilan et de suivi diété-
tique, ainsi que pour le suivi psychologique.

➊ Les avantages financiers


• Frais de bilan diététique : intervention unique de 25 euros par an.
• Frais de suivi diététique : intervention pour 6 séances par an, maximum 12,50 euros
par séance.
• Suivi psychologique : intervention pour 6 séances par an, maximum 10 euros par
séance.

Ces interventions sont bien entendu octroyées sur vos frais réels. Si vous bénéficiez
déjà d’un remboursement total de certaines séances dans le cadre du trajet de soins
ou du passeport diabète, par exemple, vous ne pourrez pas bénéficier de l’intervention
complémentaire pour ces séances.

➋ Les conditions pour y avoir droit


• Etre âgé de moins de 18 ans.
• Faire appel à une diététicien et/ou à un psychologue reconnu par la Mutualité Socia-
liste - Solidaris.
• Fournir au diététicien une prescription médicale reprenant la nécessité d’un suivi
diététicien et/ou psychologique.
•P  résenter l’attestation de prestation du diététicien ou du psychologue à la Mutualité
(attestation spéciale dans le cadre de notre avantage, qui est déjà en sa possession
s’il est reconnu).

Notre avantage « pédicurie »


Comme notre avantage diététique, vos pieds doivent faire l’objet d’une attention par-
ticulière et de soins appropriés. En plus des remboursements de podologie dont
vous pouvez bénéficier grâce aux mesures décrites plus haut, la Mutualité Socialiste
– Solidaris vous offre une intervention financière pour vos séances de pédicurie en
cas de besoin.

Contactez votre mutualité pour connaître les modalités (conditions et démarches à


accomplir) pour bénéficier de ces remboursements.

La Mutualité Socialiste - Solidaris vous offre de nombreux autres avantages


complémentaires. Renseignez-vous auprès de la mutualité de votre région
(voir carnet d’adresses page 50) ou surfez sur www.mutsoc.be.

49
Carnet d’adresses
L’Association Belge du Diabète Solidaris Mutualité Socialiste
Tél. : 02/374.31.95 du Centre, Charleroi et Soignies (317)
abd.diabete@diabete-abd.be Avenue des Alliés 2 - 6000 Charleroi
www.diabete-abd.be/ Tél. : 071/50.77.77
Elle propose de l’écoute et de l’informa-
tion téléphonique ainsi que de nombreu- Hainaut occidental (314)
ses activités de soutien en Communauté Rue du Fort 48 - 7800 Ath
française. Dans les « Maisons de l’ABD «, Tél. : 068/26.42.42 • info314@msho.be
du personnel paramédical assure des
Luxembourg (323)
permanences.
Place de la Mutualité 1
6870 Saint-Hubert
La Maison des diabétiques - ADD
Tél. : 061/23.11.11
Tél : 082/22.92.39 contact.lux@mutsoc.be
maison.diabetiques@skynet.be
Créées à l’initiative de l’association «Amis Mons-Borinage (315)
diabétiques de Dinant», les Maisons des Avenue des Nouvelles Technologies 24
diabétiques assurent notamment une 7080 Frameries
permanence et une écoute téléphonique, Tél. : 065/32.97.11
une permanence infirmière et diététique. communication@msmb.be
L’association dispose d’antennes régio-
nales à Bruxelles, Ciney, Dinant, Roche- Solidaris Liège (319)
fort et Sambreville. Retrouvez-les sur le Rue Douffet 36 - 4020 Liège
site www.self-help.be. Tél. : 04/341.62.11
contact.solidaris@mutsoc.be
Les infirmiers relais
Des infirmiers relais, spécialement formés Solidaris mutualité
pour les soins aux diabétiques peuvent Province de Namur (325)
vous apporter leur aide. Chaussée de Waterloo 182
Liste sur le site de l’INAMI : http://www. 5002 Saint-Servais
inami.be/care/fr/other/infirmiers/informa- Tél. : 081/777.777
info@solidarisnamur.be
tion-topic/nurses-reference/
Union Nationale des Mutualités
Socialistes (UNMS)
Nos mutualités régionales Direction P&O&Communication
32/38, rue Saint-Jean - 1000 Bruxelles
Brabant wallon (305) 02/515.17.33 • unms@mutsoc.be
Chaussée de Mons 228 • 1480 Tubize www.mutsoc.be • www.soinsrembourses.be
Tél. : 02/391.09.11 msbw@mutsoc.be
Service Promotion de la santé (UNMS)
Bruxelles et Brabant (306) 32/38, rue Saint-Jean - 1000 Bruxelles
Rue du Midi 111 - 1000 Bruxelles Tél. : 02/515.05.85
Tél. : 02/506.96.11 • mail@fmsb.be promotion.sante@mutsoc.be

50
Bibliographie
•G
 uide d’activité physique pour une vie active saine, Santé Canada – Société cana-
dienne de physiologie de l’exercice, 1998.

•L
 a table de composition des aliments, NUBEL asbl, 5e édition, Bruxelles, 2011. (*)

• La revue de l’ABD, Association belge du diabète, publication bimestrielle.

•L
 e diabète en question, Association Belge du Diabète, 2000 (brochure).

•P
 révention, dépistage et prise en charge du diabète et de ses complications, Asso-
ciation Belge du diabète, 1999.

•D
 ARRIGOL J.L., Mieux vivre avec son diabète, Editions Dangles, France, 1998.

•D
 r PACAUD G., Le diabète et ses complications, Editions Albin Michel, coll. Santé
pour tous, Paris, 1995.

•D
 ARNAUD J. et DARNAUD C., Le diabète, PUF, coll. Que sais-je, n°124,
Paris,1999.

•H
 . LEIGHTON STEWARD, MORRISSON C. BETHEA, SAMUEL S. ANDREWS, LUIS
A. BALART, Les chasseurs de sucre !, Editions AdA Inc., Canada, 2001.

•P
 r BRAND-MILLER J., FOSTER-POWELL K., Dr COLAGIURI S. ,Pr SLAMA G., L’index
glycémique : un allié pour mieux manger, Editions Marabout, 2006.

•S
 TARENKYJ D., Le mal du sucre, Editions Orion, Canada, 1981.

(*) L’asbl Nubel, pour « Nutriments Belgique », gère l’information nutritionnelle scientifique
relative aux denrées alimentaires qui constituent l’alimentation «normale» en Belgique.

51
Webographie
• www.diabete.fr

• www.diabete-abd.be (site de l’Association belge du diabète - ABD)

• http://www.diabete.qc.ca (site de Diabète Québec)

• www.diabsurf.com (site créé par un praticien hospitalier, spécialiste en diabétologie)

• www.dieponline.be

• www.glycemicindex.com (site sur l’index glycémique de Jenny Brand Miller - en


anglais)

• www.drisabelledumont.com (site du Dr Isabelle Dumont, spécialiste du pied dia-


bétique en Belgique)

• www.nubel.com (*)

• www.parlonsdiabete.com

• www.piediab.org (site de l’ABD sur le pied diabètique)

• www.santepublique.gc.ca (site de l’Agence de la Santé publique du Canada)

• www.sanssucre.org

• www.trajetdesoins.be (site de l’INAMI sur le trajet de soins)

• www.who.int/mediacentre/factsheets/fs312/fr/index.html (page diabète de l’OMS)

52
Quelques repères nutritifs…

Le diabète, des clefs pour le soigner


Dans cette brochure, nous soulignons la
nécessité de limiter la consommation de
sucre et l’importance de manger des ali-
ments contenant beaucoup de fibres.

Les tableaux qui suivent ont pour objectif


de vous donner quelques indications et
éventuellement vous aider à choisir les
ingrédients de vos repas.

• taux de fibres des aliments


• pouvoir sucrant des aliments
• sucre et édulcorants

Pour les amoureux des maths et les forçats de l’addi-


tion, l’asbl NUBEL réactualise régulièrement sa « Table
belge de composition des aliments » qui vous don-
nera plus de chiffres que vous ne pouvez en espérer !
www.nubel.com

www.mutsoc.be

L’accès à la santé pour tous

1
N’en faites cependant pas une fixation !
Manger doit rester un plaisir et non devenir une “corvée mathématique”. Vous savez
généralement si un aliment contient beaucoup de sucre, et comprendrez rapidement
quels aliments contiennent des fibres ou non. Faites aussi appel à votre bon sens :
un ingrédient qui présente un index glycémique même très élevé mais qui est ajouté
en très petite quantité ne doit pas vous culpabiliser.

Le taux de fibres de quelques principaux ingrédients


Nous consommons généralement trop peu de fibres. Les besoins en fibres d’une per-
sonne en bonne santé sont estimés à 30 grammes par jour. Pour une personne dia-
bétique, l’apport de fibres dans l’alimentation est très important :

• certaines sont bénéfiques pour le poids


Elles ralentissent la digestion et favorisent la fonction intestinale. On les retrouve prin-
cipalement dans le son et les céréales de blé, les aliments à base de grains entiers,
les légumes, les fruits, les légumineuses et les graines.
• d’autres ralentissent l’absorption du sucre dans le sang
Le sucre est diffusé progressivement, ce qui permet d’éviter une hyperglycémie. Elles
peuvent aussi contribuer à faire baisser votre taux de cholestérol. On les retrouve
principalement dans le son, l’orge et les céréales d’avoine, les légumineuses, les
fruits riches en pectine, les légumes.

Le fait que l’aliment soit consommé cru ou cuit ainsi que son mode de cuisson fait varier,
parfois assez fortement, sa teneur en fibres. La surgélation a aussi une influence.

A noter qu’on ne trouve généralement pas de fibres dans :


• la viande, le poisson et les crustacés
• les produits laitiers
• les matières grasses
• les jus de fruits (contrairement aux fruits consommés entiers).

Normes européennes et allégations santé


Depuis quelques années, la réglementation européenne détermine le cadre dans lequel
l’industrie alimentaire peut utiliser des allégations santé sur ses produits. Concernant
les fibres :

• un produit vanté comme « source de fibres » - ou toute autre expression ayant le
même sens pour le consommateur - doit contenir au moins 3 gr de fibres par 100 g.,
ou 1,5 g. par 100 kcal (calories)
• un produit dit « riche en fibres » doit contenir au moins 6 g. de fibres par 100 g., ou
3 g. par 100 kcal.


Aliments riches en fibres Aliments sources de fibres Aliments contenant peu de fibres

Produit Fibres par Produit Fibres par Produit Fibres par


100 g. (1) 100 g. (1) 100 g. (1)
Confiseries, biscuits, chocolat
Barres muesli 6.6 Chocolat au lait avec Barre chocolatée au
noisettes entières 4.2 caramel (type Twix) 1.5
Biscuits aux céréales Galette de riz 4.3 Barre chocolatée fourrée
et aux fruits 6.3 au caramel et nougat
(type Mars) 1.1
Cacao pur, en poudre Massepain 4.4 Barre chocolatée fourrée
(non sucré) 34.0 au caramel, cacahuètes
et nougat (type Nuts) 1.0
Chocolat fondant (noir) 7.0 Pain d’épice 3.5 Biscuit apéritif fromage 1.0

Pop-corn (non sucré) 5.0 Biscuit fourrés vanille 0.2

Biscuits apéritifs salés 0.0



Boudoir 0.0

Cachuète enrobée
chocolat (type M&M’s) 2.8

Cake frangipane 1.8

Chocolat au lait 2.7

Chocolat au lait aux amandes 2.6

Chocolat au riz soufflé 1.8

Chocolat blanc 0.0

Dragées 2.7

Galettes 1.2

Gaufre à la vanille 0.9

Gaufre au chocolat 2.3

Aliments riches en fibres Aliments sources de fibres Aliments contenant peu de fibres

Produit Fibres par Produit Fibres par Produit Fibres par


100 g. (1) 100 g. (1) 100 g. (1)

Gaufre de Liège 1.3


Madeleine 0.9

Nougat 0.9
Spéculoos 1.0
Dessert et pâtisseries
Couque aux raisins 8.7 Couque à la crème vanille Cornet vanille 1.0
et aux raisins 5.6
Tarte aux fraises 6.9 Couque au beurre 3.9 Craquelin 2.4

Cramique 3.7 Crème glacée vanille 0.1


Tarte aux poires 4.9 Croissant 2.3

Eclair chocolat 2.0

Flan caramel 0.0

Flan chocolat 0.4

Merveilleux 1.0

Milkshake 0.0

Mille-feuilles 1.3

Pudding chocolat 0.5

Pudding vanille 0.0

Riz au lait et vanille 0.1

Sorbet 0.0
Tarte au riz 1.7
Tiramisu 0.0
Aliments riches en fibres Aliments sources de fibres Aliments contenant peu de fibres

Produit Fibres par Produit Fibres par Produit Fibres par


100 g. (1) 100 g. (1) 100 g. (1)
Fruits


Abricot sec (2) 7.3 Groseilles à maquereaux 3.2 Abricot 1.8
Amande (non grillée) 12.9 Groseilles blanches 3.2 Ananas 1.3
Cacahuètes (grillées, salées) 8.4 Kiwi 3.0 Banane 1.7

Cassis 8.7 Cerises 1.5

Chataigne fraîche 8.4 Figue fraîche 2.9

Dattes séchées (2) 6.0 Fraises 1.3

Figue séchée (2) 9.8 Mandarine 1.9

Framboises 7.4 Mangue 1.4



Fruit de la passion 10.0 Melon galia 0.6

Groseilles rouges 8.2 Noix de cajou 2.9
Mûres 7.3 Orange 1.6
Myrtilles 7.3 Pamplemousse blanc 1.7
Noisettes 8.2 Pamplemousse rouge 2.6
Noix 6.7 Pastèque 0.6
Noix de coco 9.0 Pêche (non épluchée) 2.2
Pistache (fraîche ou grillée) 10.3 Poires (non épluchée) 2.4
Pomme séchée (2) 9.6 Pomme (non épluchée) 2.3
Prune séchée (2) 7.1 Prune rouge ou jaune
(non épluchée) 2.7
Raisin 1.4
Aliments riches en fibres Aliments sources de fibres Aliments contenant peu de fibres

Produit Fibres par Produit Fibres par Produit Fibres par


100 g. (1) 100 g. (1) 100 g. (1)
Légumes

Choux de Bruxelles cuit 6.6 4.3 Artichaut 1.5


Avocat
Petits pois en boîte 6.3 Brocoli cuit 4.1 Asperges 1.5
Salsifis en bocal 8.0 Carotte crue 3.2 Aubergine 2.5

Céléri rave cru ou cuit 4.9 Betterave rouge en bocal 0.7

Flageolets en boîte 4.4 Betterave rouge fraîche, cuite 2.3

Pois chiches cuits 5.5 Carotte cuite 2.8

Pomme de terre cuite 3.1 Céléri vert cuit 1.3

Chicon cru 2.2



Chicon cuit 1.2

Chou blanc cru 1.6

Chou blanc cuit 1.1

Chou fleur cuit 2.2

Chou rouge cuit 1.3

Chou vert cuit 1.1

Concombre 1.0

Croquettes de pommes de
terre, précuites, surgelées 2.6

Frites allumettes, précuites,
surgelées 1.8

Frites grosse coupe,
précuites, surgelées 0.3

Haricots verts crus 2.9


Aliments riches en fibres Aliments sources de fibres Aliments contenant peu de fibres

Produit Fibres par Produit Fibres par Produit Fibres par


100 g. (1) 100 g. (1) 100 g. (1)

Haricots verts cuits 2.6


Laitue 1.1

Macédoine de légumes
en boîte 2.5
Maïs doux cuit 2.5
Poireau cuit 2.7
Salade de blé 2.5
Soupe (selon légumes) moins de 1
Tomate en boîte 0.9
Tomate fraîche, crue 1.3


Pain et céréales petit déjeuner
Biscottes complètes 6.2 Baguette 3.5 Cornflakes enrichis 2.5
Céréales au son de blé, Biscottes 4.0 Pain au lait 2.7
enrichies (type All Bran Plus) 27.0
Crackers 7.4 Ciabatta 4.1 Pain blanc 1.0

Craquottes aux céréales Crackers sucrés 3.4
complètes 7.2

Flocons d’avoine 8.5 Craquottes au froment 4.1

Muesli croquant au Créréales au chocolat,
chocolat, enrichi 6.0 enrichies 3.0

Muesli croquant aux fruits 6.0 Pain de campagne 3.0
Muesli tendre au fruits, enrichi 10.3 Pain de seigle 5.5
Muesli tendre, enrichi 10.3 Pain d’épeautre complet 5.9
Pain blanc enrichi en fibres 6.8 Pain gris 5.7
Pain complet 6.4 Pain multicéréales 4.3
Pain multicéréales foncé 6.8 Piccolo 3.0
Pétales de blé complet aux Pistolet 3.7
fruits, enrichies 10.0

Pétales de blé complet
avec son, enrichies 15.0
Riz, farines, pâtes
Farine de blé complet 10.3 Farine de maïs 4.4 Chapelure 2.5
Farine de froment 6.1 Farine de sarrasin 3.7 Farine fermentante 2.2
Farine de soja déhuilée 14.4 Farine de seigle 5.0 Farine fine pour pâtisserie 2.0

Farine d’épeautre 8.4 Pâte brisée 1.8

Germes de blé 23.0 Pâte feuilletée 1.6

Son de blé 43.0 Pâtes aux oeufs, cuites 1.1

Pâtes complètes, cuites 2.7



Riz blanc, cuit 0.9

Riz brun, cuit 1.5

Semoule de blé 2.4
Semoule de riz 0.2
Sur le pain
Pâte à tartiner sans noisettes 3.7 Charcuterie 0.0

Confiture 1.4

Confiture allégée en sucre 1.6

Fromage 0.0

Miel 0.7
Pâte à tartiner aux noisettes 2.4
Sirop de Liège 2.0


(1) Source : NUBEL - (2) Les fruits séchés contiennent beaucoup de fibres par 100 g., résultat de l’élimination de l’eau dans leur poids. N’oubliez
cependant pas qu’ils contiennent également beaucoup de sucre !
Les aliments et leur « pouvoir sucrant »

L’index glycémique (IG) mesure la vitesse à laquelle le glucose


se retrouve dans le sang
En Europe, on mesure l’index glycémique d’un aliment par rapport à celui du glucose
pur, auquel on a donné une valeur « 100 ». Plus l’aliment entraîne une hausse rapide
du taux de sucre dans le sang, plus son index glycémique se rapprochera du chiffre
100 et plus il devrait être consommé avec modération.

Toutefois, l’index glycémique d’un aliment varie sensiblement selon qu’il est pris seul
entre les repas (collation) ou avec d’autres aliments au cours d’un repas. Le fait qu’il soit
consommé cru ou cuit, son mode de cuisson et son état de conservation influencent
aussi la courbe à la hausse ou à la baisse. Enfin, notons que tout aliment consommé
avec des fibres (voir page 2 de notre carnet) voit baisser son index glycémique.

L’index glycémique n’est pas lié à la quantité de sucre


Pour chaque aliment, l’index glycémique est calculé sur base d’une quantité de glu-
cides standardisée. Par exemple, on compare la vitesse d’absorption de 100 gr des
sucres contenus dans l’aliment par rapport à la vitesse d’absorption de 100 gr de
glucose pur.

Ce calcul ne tient pas du tout compte de la quantité réelle de sucre (glucides) ingérée
quand on mange une portion habituelle de l’aliment. Un des exemples les plus frappant
est la pastèque ; son index glycémique est élevé (72) car ses sucres sont rapides. Mais
elle ne contient que 4,7% de sucre. Une portion habituelle raisonnable de pastèque ne
provoquera donc pas de forte augmentation de la glycémie.

A l’inverse, le chocolat au lait a un index glycémique relativement bas (49) parce que
ses sucres sont lents, mais il contient de 50 à 60% de sucre.

La charge glycémique (CG)


Comme nous venons de le dire, l’index glycémique calcule uniquement la rapidité avec
laquelle le sucre d’un aliment se retrouve dans le sang, sans tenir compte de la quantité
de sucre contenue dans l’aliment pour déterminer l’effet réel sur la glycémie.

Le calcul de la charge glycémique remédie à cela.

De manière simplifiée, on multiplie l’index glycémique par la teneur totale en glu-


cide de l’aliment


Si l’on reprend l’exemple de notre pastèque et du chocolat au lait, le calcul simplifié
sera :

• 72 (index glycémique de la pastèque) x 4,7 % (son taux de sucre) = 3,38.


• 49 (index glycémique du chocolat au lait) x 55 % (son taux de sucre moyen) =
26,95.

Malheureusement, dans la réalité, le calcul est plus complexe

Le calcul réel de la charge glycémique tient aussi compte de l’effet « antiglycémiant »


des fibres alimentaires contenues dans aliments. Aussi, pour obtenir un calcul exact,
une simulation assez complexe en laboratoire est nécessaire.

C’est la raison pour laquelle les tableaux des pages qui suivent présentent les index
glycémiques et non les charges glycémiques des aliments. Les sources d’informations
fiables sur les charges glycémiques sont encore peu courantes.

Plus que les calculs, faites appel à votre bon sens pour le choix des aliments

Au fond, vous savez globalement quels sont les aliments qui contiennent beaucoup de
«mauvais sucres». Vous savez qu’il faut les éviter ou ne les consommer qu’en petite
quantité (sauf bien entendu en cas de crise d’hypoglycémie où la prise de sucres
rapides est nécessaire).

La surprise vient des produits laitiers : les yaourts par exemple ont une charge gly-
cémique basse, mais font exploser le taux d’insuline ! L’explication n’est pas encore
connue : il vaut mieux limiter leur consommation.

10
Index glycémique faible (<55) Index glycémique moyen (55 à 70) Index glycémique élevé (>70)

Aliment IG (1) Aliment IG (1) Aliment IG (1)


Boissons
Jus d’ananas sans sucre ajouté 46 Bière 66 Boisson énergétique de l’effort 75

Jus de pamplemousse sans sucre Coca-cola 63
ajouté 48
Jus de pomme sans sucre ajouté 44 Fanta orange 68
Jus de tomate 38 Jus de canneberge (cranberry) 58
Jus d’orange sans sucre ajouté 46
Confiseries, biscuits, chocolat
Snickers 41 Biscuits sablés 64 Bonbons (moyenne) 78
Chips 54 Mars 65 Galettes de riz soufflé 85

Chocolat au lait 49

11

Chocolat fondant (noir > 70% de
cacao) 22

M&M’s 33
Petits beurre 50
Snickers 41
Twix 44
Desserts et pâtisseries
Pudding 43 Crème glacée 61 Gaufres 76

Quatre-quarts 54 Croissant 67

Flan 65
Fruits
Abricots secs 31 Abricot 57 Dattes 103
Ananas en conserve 46 Abricots au sirop sans sucre ajouté 64 Litchis au sirop (égouttés) 79
Index glycémique faible (<55) Index glycémique moyen (55 à 70) Index glycémique élevé (>70)

Aliment IG (1) Aliment IG (1) Aliment IG (1)


Cacahuètes grillées et salées 14 Ananas 66 Pastèque 72

Cerises 22 Banane 55

Kiwi 53 Banane bien mûre 65

Mangue 51 Figues séchées 61

Noix de cajou salées 22 Melon 65

Noix de pecan 10 Pêches au sirop 58

Orange 42 Raisins secs 64

Pamplemousse 25 Salade de fruits en conserve 55

Pêche 42

Pêche au naturel 30

12
Poire 38

Poires au sirop 44
Pomme 38
Pomme séchée 29
Prunes 39
Raisins 53
Légumes
Carottes crues 16 Betteraves 64 Fèves 79
Carottes cuites 47 Maïs en conserve 55 Potiron 75

Haricots rouges cuits 42

Légumes à feuilles (épinards,
salade, etc.) 0

Légumes verts 10

Lentilles vertes ou brunes, cuites 30
Index glycémique faible (<55) Index glycémique moyen (55 à 70) Index glycémique élevé (>70)

Aliment IG (1) Aliment IG (1) Aliment IG (1)

Lentilles vertes séchées cuites


à l’eau 48
Maïs doux en conserve 46
Petits pois cuits 48
Pois cassé 32
Pois chiches bouillis 33
Pois chiches en conserve 42
Pain et céréales petit déjeuner
All Bran Kellogg’s 51 Biscotte blanche 68 Baguette 95
Flocons d’avoine 49 Crackers 67 Céréales petit déjeuner (moyenne) 77
Muesli naturel 49 Pain blanc 70 Corn flakes 84

13
Muesli, céréales avec du lait Pain complet 69 Pain blanc sans gltuen 80
demi-écrémé 39
Pain intégral 49 Pain de mie blanc 70 Pain croustillant (type Krissprolls) 81
Pumpernickel (pain noir allemand) 50 Pain de seigle 65 Pain de mie complet 71

Special K Kellogg’s 54 Pain multicéréales sans gluten 79

Rice Krispies de Kellogg’s 82
Produits laitiers

Lait arome chocolat 34 Lait concentré sucré 61

Lait de soja enrichi en calcium 36

Lait demi-écrémé 30

Lait écrémé 32

Lait entier 27

Yaourt 0% édulcoré 14

Yaourt 0% sucré 33


Index glycémique faible (<55) Index glycémique moyen (55 à 70) Index glycémique élevé (>70)

Aliment IG (1) Aliment IG (1) Aliment IG (1)

Yaourt à boire aux fruits 38



Yaourt au lait de soja et aux fruits 50
Yaourt aux fruits «light»
(pauvre en matières grasses) 26
Yaourt nature 26
Riz, pâtes, pommes de terre, etc.
Blé ebly cuisson 10 min 50 50 Gnocchi 68 Frites 75
Boulgour (blé concassé) 48 Polenta 68 Pomme de terre au four, avec
la peau 89
Cappellini 45 Pomme de terre cuite à la Pomme de terre purée moyenne 81
vapeur, avec la peau 65
Fettucine 32 Pomme de terre cuites à l’eau 70 Pommes de terre cuite à l’eau 78

14
Macaroni 47 Riz Basmati 58 Purée de pomme de terre 91
Riz brun cuit 50 Riz blanc cuit 64 Purée de pomme de terre
instantanée 86
Spaghettis 42 Semoule de blé 55 Riz à cuisson rapide (6 min.) 87

Tortellini 50
Vermicelles 35
Sucres
Fructose (sucre des fruits) 10 Sucre blanc (saccharose) 68 Glucose 100
Sur le pain
Pâte à tartiner chocolat aux Confiture (moyenne) 66
noisettes (type Nutella) 33
Sirop d’érable 54 Confiture d’abricot, allégée en sucre 55

Confiture de fraise 56

Miel 58

(1) D’après la classification de Jenny Brand-Miller


Le sucre et les édulcorants

Qu’est-ce qu’un édulcorant ?


Un édulcorant est une substance qui, par son goût sucré, remplace le sucre dans les
aliments sans apporter de calories ou en les diminuant fortement. Certains édulcorants
ont un pouvoir sucrant très élevé ; il faut donc en mettre vraiment peu dans l’aliment
pour obtenir le goût sucré souhaité.

Pour un diabétique, les édulcorants présentent un intérêt supplémentaire : ils permettent


de consommer un aliment qui, sucré normalement, augmenterait fortement sa glycémie.
Attention toutefois : certains scientifiques estiment qu’une forte consommation d’édul-
corants, surtout pris en dehors des repas, peut entraîner… une hypoglycémie.

Bien lire les étiquettes !


Lire la composition des aliments est bien souvent la seule manière de s’informer sur
les types de sucres présents dans un aliment et, le cas échéant, quels édulcorants y
sont utilisés. Se fier aux pseudo-infos santé bien mises en évidence sur l’emballage
est bien souvent trompeur.

• « Sans sucre » n’est pas synonyme d’absence de glucide. Cela signifie simplement
que l’on n’a pas ajouté de saccharose (sucre de cuisine) en cours de fabrication. Mais
le produit d’origine peut contenir des sucres, et un autre glucide que le saccharose
a pu être ajouté.
• « A l’aspartame » ou « Sucré à l’aspartame » signifient simplement qu’il y a de
l’aspartam dans le produit. Cela n’exclut pas la présence d’autres sucres.
• Attention à la mention « Light » : ces produits comportent moins de sucre que le
produit non light (minimum 25% de moins), ce qui ne veut pas dire que la quantité
est négligeable.

Attention à la maltrodextrine !

Bien que parfois vendue au rayon des édulcorants, la maltodextrine n’en est pas un,
et son index glycémique est de 105, c’est-à-dire plus que le glucose pur ! En compa-
raison, le sucre blanc a un index glycémique de 68. A éviter à tout prix donc, sauf en
cas de crise d’hypoglycémie.

A noter qu’on trouve aussi de la maltrodextrine dans certains substituts du sucre, en


association avec d’autres édulcorants (des vrais, ceux-là).

Les édulcorants sont-ils dangereux ?


Voilà bien un sujet qui fait débat dans la communauté scientifique et concernant certains
édulcorants, les avis divergent !

15
Pour chaque édulcorant, une « dose journalière admissible » (DJA) est déterminée par
des experts. Cette dose correspond à la quantité qui pourrait être consommée chaque
jour sans provoquer de risque pour la santé. Elle est généralement élevée. Consommer
quelques produits « light » ou mettre quelques édulcorants donc son café ne serait
donc pas nocif.

Exemple
La DJA de l’aspartame est de 40 mg par kilo de poids corporel. Prenons un édul-
corant de table contenant 3% d’aspartame (le reste étant constitué d’un autre édul-
corant). Une cuillère à café de cet édulcorant pèse 5 g. et contient 15mg d’aspar-
tame. Une personne de 70 kg pourrait donc consommer 2.8 g d’aspartame par jour
(70 x 40 mg), c’est-à-dire 186 cuillères à café.

Mais autant le savoir : d’autres voix s’élèvent. Certains chercheurs accusent l’aspartame
des pires maux et d’autres édulcorants comme la saccharine et les cyclamates sont
également pointés du doigt.

Nous ne prendrons pas position à la place des scientifiques. Pour un diabétique, si un


peu de « vrai sucre » absorbé à la fin d’un repas complet n’est pas dangereux pour la
glycémie, il vaut mieux utiliser des édulcorants dans les autres cas. Ils ont aussi l’avan-
tage de ne pas apporter de calories. Mais comme nous l’avons déjà souligné plus tôt
dans notre brochure, la consommation d’édulcorants maintiendra chez vous le goût (et
donc l’envie) du sucré. Le mieux est d’essayer de s’en déshabituer.

Et pour les enfants ?

La dose journalière admissible étant relative au poids, l’utilisation d’édulcorants chez


les jeunes enfants est déconseillée. Chez les ados, mieux vaut les consommer modé-
rément.

Les formes de sucre à index glycémique élevé


(référence : glucose pur = 100)
Le saccharose

C’est que l’on appelle communément le « vrai » sucre. Il est proposé sous différentes
forme. Il a un index glycémique élevé et contient 4 kcal par gramme.

Provenance Le saccharose est extrait de certaines plantes,


principalement de la canne à sucre et de la bet-
terave sucrière. Une molécule de saccharose est
la combinaison d’une molécule de glucose avec
une molécule de fructose.

16
Formes Sucre semoule, sucre cristallisé, sucre en mor-
ceaux, sucre brun, sucre blanc, cassonades
blondes, cassonades brunes, extraits de la bette-
rave, sucre de canne, caramel, mélasse, sirop de
blé, sirop de riz, sirop de céréales, sirop d’érable,
sirop d’agave, sirop de sucre candi, rapadura

Où le trouver ? Partout

Pouvoir sucrant 1 (référence)

Utilisation A chaud et à froid

Calories par gramme 4

Index glycémique 68

Convient aux diabétiques de type 1 Non

Convient aux diabétiques de type 2 Non

Le rapadura

Provenance Mélange de saccharose (principalement) et de


fructose, le rapadura est le résultat direct du
pressage de la canne à sucre, obtenu après
évaporation de l’eau. Il n’a subit aucune trans-
formation ni raffinage. Il n’est pas cristallisé, et
contient encore de l’humidité, ce qui fait qu’il a
tendance à s’agglomérer.

Formes En sachet, sous forme d’une poudre grumeleuse


ressemblant à une cassonade très foncée.

Où le trouver ? En magasin bio

Pouvoir sucrant Proche de celui du saccharose

Goût Caramel réglissé

Utilisation A chaud et à froid

Calories par gramme 4

Index glycémique Proche de celui du saccharose

Convient aux diabétiques de type 1 Non

Convient aux diabétiques de type 2 Non

17
Remarques particulières Ce sucre est connu sous de nombreux noms : gur
ou jaggery en Asie du Sud, chancaca, panela,
piloncillo ou rapadura au Mexique et en Amérique
du Sud, sucanat, mascobado ou muscovado. En
Europe, c’est le terme «rapadura», d’origine bré-
silienne, qui est le plus usité car il a été déposé
en tant que marque par une société allemande.

Les édulcorants
Certains édulcorants ne se trouvent que dans des produits finis (plats préparés, laitages,
boissons light, friandises, etc.) ou encore dans l’industrie du médicament. Nous ne les
aborderons pas ici tant ils sont nombreux.

D’autres sont vendus comme édulcorants de table en remplacement du sucre, sous


forme de comprimés, de poudre ou encore de liquide. La proportion de l’édulcorant
dans le produit vendu est telle que généralement :

• 1 comprimé = un peu moins d’un morceau de sucre.


• 1 cuillère à café d’édulcorant en poudre = 1 sucre.
• 10g d’édulcorant liquide = 1 sucre.

Beaucoup se trouvent en grande surface. La difficulté est d’identifier quels édulcorants


sont utilisés dans quels produits : le plus souvent, il s’agit d’un mélange et il faut lire les
étiquettes pour le découvrir.

Il existe deux sortes d’édulcorants :


• les édulcorants de masse (noté EM ci-dessous) : pouvoir sucrant moyen, apportant
moins de calories que le sucre.
• les édulcorants intenses (noté EI ci-dessous) : pouvoir sucrant élevé, n’apportant pas
de calories (certains sont légèrement calorifiques mais leur faible quantité d’utilisation
rend cet aspect négligeable).

Acésulfame K - E950 (EI)

Provenance Edulcorant artificiel produit sur base du sel de


potassium.

Formes On le retrouve dans certains édulcorant de table,


toujours association avec d’autres édulcorants et
généralement comme ingrédient secondaire.

18
Où le trouver ? En grande surface

Pouvoir sucrant 200 fois celui du sucre

Goût Légère amertume en arrière-goût, spécialement


à haute concentration.

DJA Entre 9 et 15 mg par kilo de poids corporel et par


jour, selon les sources

Utilisation A chaud et à froid

Calories par gramme 0

Index glycémique 0

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2 Oui

Remarques particulières Les avis sur ses possibles effets sur la santé sont
divisés.

Aspartame - E951 (EI)

Provenance Edulcorant artificiel produit à base de 2 acides


aminés.

Formes Sous forme d’édulcorant de table en comprimés,


en association avec d’autres édulcorants.

Où le trouver ? En grande surface

Pouvoir sucrant 180 fois celui du sucre

Goût Pas d’arrière-goût particulier. Certaines personnes


lui trouve cependant un goût moins agréable que
le « vrai sucre ».

DJA Max. 40 mg par kilo de poids corporel et par


jour

Utilisation A froid.
À chaud, mais max 80°C, ou 120°C pendant max
30 minutes car il est peu stable à la chaleur.

Calories par gramme 4

Index glycémique Proche de 0

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

19
Convient aux diabétiques de type 2 Oui

Remarques particulières On entend souvent parler de liens entre l’as-


partame et le développement de plusieurs mala-
dies. L’Autorité européenne de sécurité des ali-
ments (EFSA) a, au cours des années, examiner
les conclusions de diverses études tentant de
démontrer les dangers de l’aspartame. Jusqu’à
présent, elle a toujours confirmé sa position à
savoir que l’aspartame est « considéré sûr pour
la consommation humaine » et qu’il n’y a pas lieu
de réviser les doses journalières admissibles «
sur base des preuves actuelles ». 1 Ces conclu-
sions restent toutefois controversées.

L’aspartame est totalement déconseillée aux


personnes atteintes de phénylcétonurie.

1 Références sur le site de l’EFSA :


• http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/945.htm
• http://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/aspartame.htm
• http://www.efsa.europa.eu/fr/faqs/faqaspartame.htm

Cyclamates - E952 (EI)

Provenance Edulcorant artificiel produit à partir du ben-


zène.

Formes Edulcorant de table sous forme liquide ou de


comprimés (souvent en association avec d’autres
édulcorants).

Où le trouver ? En grande surface

Pouvoir sucrant 30 à 50 fois celui du sucre

Goût Goût sucré et masquant l’amertume d’autres


édulcorants. Certaines personnes lui trouvent un
arrière-goût désagréable.

DJA Max. 7 mg par kilo de poids corporel et par jour

Utilisation A chaud et à froid

Calories par gramme 0

Index glycémique 0

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2 Oui

20
Fructose (EM)

Provenance Naturellement présent dans certains fruits et dans


le miel; contenu dans le sirop d’agave

Formes Edulcorant de table, en poudre.

Où le trouver ? En grande surface

Pouvoir sucrant 1,1 à 1,4 fois celui du sucre


80g de fructose = 100g de sucre
75g de sirop d’agave = 100g de sucre

Goût Goût fruité

DJA Pas de norme imposée

Utilisation A chaud et à froid (caramélise à 100°C)

Calories par gramme 4

Index glycémique 19
Miel : 55

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2  on, il augmente certaines graisses dans le sang
N
(ne convient donc pas non plus lors de problè-
mes de poids ou problèmes cardiovasculaires).

Remarques particulières Quand le diabète est bien contrôlé, on conseille


maximum 50g de fructose par jour.

Glycyrrhizine ou acide glycyrrhizique – E958 (EI)

Provenance Edulcorant extrait de la réglisse

Où le trouver ? Vendu en poudre, mais quasi introuvable

Pouvoir sucrant 30 à 50 fois celui du sucre

Goût Fort arrière-goût caractéristique de la réglisse


dont il est tiré. En outre, le goût sucré est plus
tardif en bouche que pour le saccharose.

DJA DJA officielle : 100 mg par jour (sans notion de


poids). Certaines sources évoquent 3 mg par kilo
de poids corporel et par jour

Utilisation Difficilement utilisable en raison de son goût

21
Calories par gramme 0

Index glycémique n/c

Convient aux diabétiques de type 1 Avec prudence

Convient aux diabétiques de type 2 Avec prudence

Remarques particulières Attention : prise régulièrement ou en grande


quantité, la glycyrrhizine peut provoquer de l’hy-
pertension artérielle et de la rétention d’eau. Elle
est particulièrement déconseillée aux personnes
souffrant de problèmes cardiaques. Elle diminue
également le taux de potassium dans le corps.

Elle est utilisée principalement par l’industrie pour


améliorer ou masquer le goût du tabac et des
médicaments. On la trouve aussi dans certaines
sucreries, chewing-gum, etc.

Néotame, le nouvel aspartame - E961 (EI)

Provenance Edulcorant artificiel dérivé de l’acide asparti-


que

Formes Pour le moment, il est encore peu utilisé. On


le trouve dans certains aliments de l’industrie
alimentaire. Son utilisation prochaine comme
édulcorant de table est une « affaire à suivre ».

Pouvoir sucrant De 7000 à 13.000 fois celui du sucre ; soit 40 à


60 fois plus que l’aspartame

DJA 2 mg par kilo de poids corporel et par jour

Utilisation A froid. A chaud avec prudence.

Calories par gramme 0

Index glycémique 0

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2 Oui

Remarques particulières Le néotame a une structure chimique similaire à


l’aspartame. Toutefois, une modification chimi-
que le rend plus stable (conservation) ; il semble
cependant rester sensible à la chaleur.

22
Polyols (EM)

Provenance Les polyols sont un groupe de succédanés du


sucre, naturels ou artificiels, présentant des
caractéristiques assez similaires. Il s’agit des
sorbitol (E420), mannitol (E421), xylitol (E967),
maltitol (E965), isomalt (E953), lactitol (E966),
erythritol (E968).

Formes Le xylitol est vendu comme édulcorant de table,


sous forme de poudre, de comprimés ou de
sirop, parfois en association avec un autre édul-
corant.

Où le trouver ? Xylitol : en magasin bio et dans certains magasins


de détail.

Pouvoir sucrant 0,5 à 1 fois celui du sucre

Goût Doux et sucré

DJA Sorbitol : 40g/jour pour un adulte, 15g/jour pour


un enfant.
Pour les autres polyols il n’y a pas de norme impo-
sée. Il est toutefois conseillé de ne pas dépasser
20g/jour en raison des effets indésirables (voir
remarques ci-dessous).

Utilisation A chaud et à froid

Calories par gramme +/- 2,4

Index glycémique Entre 2 et 8 selon le polyol

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2  ui, sauf le sorbitol qui augmente certaines grais-
O
ses dans le sang.

Remarques particulières Les polyols ne sont que partiellement digérés. Leur


fermentation dans le côlon peut dès lors provo-
quer des gaz, des ballonnements, des douleurs
intestinales voire des diarhées.
Le xylitol serait excellent pour la santé dentaire.

23
Saccharine - E954 (EI)

Provenance Edulcorant artificiel produit à partir du toluène (un


hydrocarbure synthétique reproduisant le tolu, un
extrait aromatique de l’arbre tropical Myroxylon
balsamum).

Formes Sous forme d’édulcorant de table en comprimés,


en association avec d’autres édulcorants.

Où le trouver ? En grande surface (en association)


Dans certaines pharmacies et parapharmacies
(en ingrédient principal - SucrettesTM)

Pouvoir sucrant 300 à 500 fois celui du sucre

Goût Arrière-goût métallique ou amer à hautes concen-


trations. C’est pourquoi la saccharine est souvent
mélangée avec d’autres.

DJA Max. 5 mg par kilo de poids corporel et par jour

Utilisation A chaud et à froid

Calories par gramme 0

Index glycémique 0

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2 Oui

Stevia (stéviosides ou glycosides de stéviol)

Provenance Edulcorant naturel provenant des feuilles de la


plante Stevia.

Formes Edulcorant de table en poudre, en comprimé ou


sous forme liquide

Où le trouver ?
Commercialisation non encore autorisée en
Belgique, même si l’on en trouve malgré tout
dans les magasins bio.
Forme purifiée autorisée en France depuis 2009
où on la trouve en magasins bio et dans cer-
taines parapharmacies. La Stevia verte reste
interdite.

Pouvoir sucrant Stevia verte : 15 fois celui du sucre


Stevia blanche : 200 à 400 fois celui du sucre

24
Goût Stevia verte (feuilles de stevia séchées et moulues) :
fort arrière-goût de réglisse et amertume, ce qui
la rend peu utilisable en cuisine.
Stevia blanche : forme purifiée et concentrée
de la stevia, présentant un goût beaucoup plus
neutre.

DJA Stevia blanche : 4 mg par kilo de poids corporel


et par jour

Utilisation A chaud et à froid. Certaines études tendent


cependant à montrer une certaine instabilité au-
delà de 100-120°C : mieux vaut être prudent et
ne pas la chauffer trop.

Calories par gramme 0

Index glycémique 0

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2 Oui

Remarques particulières L’usage de feuilles ou de fanes de stévia sans


traitement de purification serait susceptible de
provoquer des allergies.

Attention : il est conseillé de bien lire les éti-


quettes pour vérifier les proportions et ingrédients
additionnels car nombreux sont les services mar-
keting qui se sont emparés de l’effet de mode
autour de cet édulcorant pour mettre sur le mar-
ché des produits offrant un pourcentage infime
de stevia !

Sucralose – E955 (EI)

Provenance Edulcorant de synthèse produit par transformation


de substances issues du saccharose.

Formes Edulcorant de table vendu sous forme de poudre


blanche ou de comprimé, souvent en association
avec le tagatose.

Où le trouver ? En grande surface

Pouvoir sucrant 600 fois celui du sucre

Goût Proche du sucre

25
DJA 15 mg par kilo de poids corporel et par jour

Utilisation A chaud et à froid

Calories par gramme 0

Index glycémique Proche de 0

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2 Oui

Polyols (EM)

Provenance Fabriqué à partir du lactose (mais n’en conte-


nant plus à la fin du traitement et ne posant donc
pas de problèmes aux intolérants au lactose) ;
naturellement présent dans certains produits lai-
tiers.

Formes Edulcorant de table vendu sous forme de poudre


blanche, de comprimés ou de sticks (en asso-
ciation ou non avec le sucralose).

Où le trouver ? En grande surface

Pouvoir sucrant 0,9 fois celui du sucre

Goût Proche de celui du sucre, sans arrière-goût.

DJA Pas de norme imposée

Utilisation A chaud et à froid

Calories par gramme 1,5

Index glycémique 3 (n’influence quasiment pas la glycémie).

Convient aux diabétiques de type 1 Oui

Convient aux diabétiques de type 2  ui, sauf le sorbitol qui augmente certaines grais-
O
ses dans le sang.

Remarques particulières A un effet positif sur le flore intestinale. Par contre,


en grande quantité, il peut avoir des effets laxa-
tifs.

26
Notes personnelles

27
Notes personnelles

Editeur responsable : Jean-Pascal Labille, 32/38, rue Saint-Jean- 1000 Bruxelles.

Carnet détachable, supplément de la brochure


« Le Diabète, des clefs pour le soigner ». UNMS - novembre 2011

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