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CHAPITRE II LA TENEUR DE COUPURE

II.1. INTRODUCTION

Depuis les travaux de Lane en 1988, le sujet du calcul et de


l'optimisation de la teneur de coupure a fait l'objet de beaucoup d'attention de la part des
chercheurs. Beaucoup de points de vue et des connaissances ont été ajoutés sur la marge
de manœuvre des politiques relatives aux niveaux de risque . Ce chapitre examine de manière
critique la définition de la teneur de coupure donnée par divers auteurs. La plupart des auteurs
éminents, tels que Rendu et Hall, s'accordent sur la définition de la teneur de coupure et sont
d'accord avec Lane. le dilemme de la teneur de coupure indique qu'il faut encore beaucoup
plus pour déterminer la teneur de coupure compte tenu de la difficulté qu'il y a à tenter
de concilier les intérêts divergents des différentes parties prenantes d'une exploitation
minière.

Ce chapitre explique également les différents types de teneur de


coupure afin de clarifier leur utilisation et fournit une brève discussion sur les coûts
utilisés pour la détermination de la teneur de coupure. Il est important de pouvoir savoir
quels coûts s’appliquent à un moment donné, d’autant plus que certains gisements contiennent
plus d’un minéral économique, ce qui devrait également être pris en compte dans la
détermination de la teneur de coupure. Cette étude repose notamment sur un dépôt
bimétallique, ce qui nécessite de discuter de la manière dont il est traité en pratique.

En outre, les sociétés minières sont soumises à des redevances et à des taxes sur leurs
produits et leurs droits miniers. Ceci est discuté dans la section sur les redevances et les taxes.
La section sur les contraintes de capacité traite des goulots d'étranglement pouvant être présents
dans le système. Ces goulots d'étranglement donnent lieu à différentes manières de calculer
la teneur de coupure.

l'optimisation de la teneur de coupure discute des moyens d'optimiser la VAN par


l'optimisation de la teneur de coupure dans le contexte où les revenus miniers sont affectés par
la volatilité des prix des produits de base. Cette discussion mène au sujet du risque, étant donné
que l'exploitation minière est en grande partie une activité risquée avec de longues périodes
de retour sur investissement.
II.2.1. Teneur (en une substance donnée) :

La teneur en une substance donnée est le rapport pondéral de la quantité de substance utile
considéré au poids sec du volume de minerai, contenant cette même quantité de substance.

II.2.2. Teneur géologique :

La teneur géologique est la teneur de minerai en place estimée à partir des données géologiques,
cette teneur est peu significative pour l’exploitation du gisement et est remplacée en général par
la teneur en place.

II.2.3 Teneur en place :

La teneur de minerai en place est estimée à partir du minerai compte tenu des contraintes
générales d’exploitation.

II.2 la teneur de coupure

De nombreux minéraux se trouvent dans la croûte terrestre à des concentrations variables, et


pourtant, dans des nombreux cas, leurs concentrations sont trop faibles pour permettre
une extraction économiquement rentable. L'industrie minière fait une concentration des
minéraux sous une forme où ils deviennent commercialisables, il existe alors une limite
qui distingue les matières minéralisées extraites pour un traitement ultérieur de celles
qui sont rejetées.
Cette limite est dérivée d'une teneur de coupure. Le mot « minerai » est utilisé pour décrire le
matériau minéralisé qui est extrait pour traitement. En outre, l'établissement de la base
économique permettant de déterminer les teneurs de coupure conduit également à la définition
économique du minerai (Lane, 1988).
Hall (2014) définit la teneur comme le rapport entre la quantité de produit et la quantité de
minerai dans laquelle il est contenu. Il est nécessaire de distinguer trois types de matériaux, à
savoir la roche, le minerai et le produit. Le terme roche désigne l'ensemble des matériaux
extraits avant leur séparation en minerai ou en rejets. Il fait également référence à tous les
matériaux extrait et transporté de la fosse. Le minerai représente le matériau destiné au
traitement. Le produit est le précieux matériau extrait du minerai. Hall (2014) donne
l'équation suivante pour clarifier la classification des matériaux dans une mine à ciel
ouvert:
Roche = minerai (traité ou stocké) + rejets = total des matières transportées
Il est également important de noter que ces matériaux sont les principaux inducteurs des coûts
pour l’obtention et l'optimisation de la teneur de coupure (Hall, 2014).
Le code sud-africain pour la déclaration des résultats d'exploration, des ressources minérales et
des réserves minérales (Code SAMREC, 2009) décrit un corps minéralisé comme une ressource
uniquement s'il existe des perspectives raisonnables d'extraction économique.
Le terme «minerai» est réservé à la partie de la ressource qui peut être extraite de manière
économiquement rentable à un moment donné.
La teneur de coupure est donc la teneur minimale au-dessus de laquelle le gisement est
économiquement exploitable, en fonction des couts d’extraction spécifiques au gisement et des
prix actuels ou estimés du minerai extrait .si cette teneur n’est pas atteinte le gisement sera
laissé en place.

En général, une teneur de coupure doit permettre de sélectionner du minerai générant assez de
revenus pour couvrir tous les coûts jugés pertinents, ces derniers varient en fonction de
la situation particulière de chaque mine. La valeur de la teneur de coupure se réfère au volume
unitaire de sélection (sondage, godet de pelle, volée, panneau,…).

La teneur de coupure possède une signification économique : elle consiste à un instant


donné et un stade de l’exploitation du minerai, afin de débloquer deux lignes de conduites : soit
exploiter un gisement ou le laisser en place, soit traiter le minerai ou le rejeter.

Dans le même ordre d'idées, Asad et Topal (2011) définissent le minerai comme la partie
économiquement exploitable d'un gisement minier. Lane (1988) a jeté les bases en
affirmant que la teneur de coupure est la limite qui sépare le matériau traité de celui qui est jeté.
La teneur de coupure représente la quantité minimale de produit de valeur qu'une masse donnée
de matériau doit contenir pour pouvoir être classée comme minerai.

Il détermine la rentabilité et la vie d'une mine. Une teneur de coupure élevée augmente la
rentabilité à court terme d'une mine et maximise la VAN. Cependant, des teneurs élevées
réduisent également la durée de vie de la mine. Dans de nombreux cas, des seuils élevés sont
appliqués lorsque le risque politique est élevé et que les investisseurs cherchent à obtenir
un rendement financier élevé sur une courte période afin de réduire l'exposition au risque
(Rendu, 2008).

Il convient également de souligner que la mise en œuvre de teneurs de coupure élevées


entraîne des taux de stripping élevés (stripping ratio) et, par conséquent, des coûts unitaires
élevés en raison de la manipulation du même matériau pour des tonnages réduits (John, 1985).
Il est également crucial de noter que la teneur de coupure est spécifique au site, car elle repose
sur des caractéristiques uniques inhérentes à cette opération (Sinding et Larsen, 1995). Enfin
de compte, les teneurs de coupure varient en fonction des caractéristiques géologiques du
matériau extrait.
Dagdelen (2001) ajoute à la définition de la teneur de coupure en notant que c'est la teneur qui
sert à distinguer le minerai des rejets lors de la planification. Il introduit la partie de
planification qui est silencieuse dans de nombreuses définitions par les autres auteurs. La
plupart des mines à ciel ouvert sont conçues et planifiées à l'aide d'une analyse de
rentabilité qui maximise les bénéfices non actualisés. La teneur de coupure qui maximise la
valeur actualisée nette des flux de trésorerie dépend également des limites de capacité
d'extraction, de traitement et de raffinage, ainsi que de la distribution de la teneur au sein du
gisement.

Selon Crone et Hunter (1992), «la valeur actuelle d'une opération minière projetée calculée au
taux d'intérêt proposé (un taux qui reflète le coût du capital) donne une mesure de la rentabilité
de l'opération minière. Par conséquent, la maximisation de la valeur actuelle représente
un objectif fondamental pour orienter la conduite d’une opération minière. La maximisation de
la valeur actuelle signifie que le capital investi dans l'opération est utilisé de la manière la plus
efficace »(Crone et Hunter, 1992, p. 81). La teneur de coupure est donc celle qui détermine si
un matériau minéralisé est traité ou stocké.

La valeur actuelle d'une opération peut être améliorée en sélectionnant correctement la teneur
de coupure. Une approche commune consiste à déterminer la situation d’équilibrage, c’est-à-
dire que la teneur marginale du minerai est telle que le produit de son traitement équilibre le
coût de production du minerai. Une telle approche maximise la récupération de minéraux
précieux et maximise les revenus ou les bénéfices nets (non actualisés). Cependant, il est peu
probable que la VAN maximale soit maximisée, car si le volume de matériau volumineux
est égal à la teneur de coupure traitée au début de l’exploitation, la station de traitement a
tendance à être remplie de matériau produisant un faible bénéfice. effets négatifs sur
la valeur actuelle de l'opération totale (Crone & Hunter, 1992). Fondamentalement,
la teneur de coupure est le facteur de valeur le plus important pour une exploitation minière.
Par conséquent, sa mise en œuvre doit être transparente et bien comprise par toutes les parties
prenantes.

Il est important de faire la distinction entre la teneur de coupure utilisée pour la définition du
minerai et celle utilisée pour décider de traiter ou non. De nombreuses exploitations minières
utilisent la même teneur de coupure à la fois pour déterminer le pit final et pour décider de
traiter ou de jeter un certain tonnage de matériau. Les deux processus sont différents et, par
conséquent, l’obtention des teneurs de coupure sera également différente.
Noble (1993) définit la teneur de coupure comme la teneur au-dessus de laquelle le
matériau minéralisé est économique à extraire et à traiter. Les matériaux en dessous de la teneur
de coupure sont jetés, mais les matériaux ci-dessus peuvent être classés en tant que minerai
dans les bonnes conditions. La définition de Noble sépare le matériau minéralisé en trois parties,
à savoir le matériau situé au-dessous de la teneur de coupure (rejets), le matériau égal à la teneur
de coupure (non classé) et le matériau situé au-dessus de la teneur de coupure (minerai). Il est
essentiel de déterminer ce qu'il advient du matériau avec une teneur égale à la teneur de coupure.
Devrait-il être traité comme du minerai ou des rejets? Hall (2014) affirme que le tonnage de
matériau dont la qualité est égale à la teneur de coupure est généralement insignifiant pour des
raisons pratiques. Il suggère toutefois que le matériau dont la qualité est égale à la valeur de
coupure soit classé comme rejets car il ne génère aucun profit pour l'opération. Cependant, ce
qui est considéré comme un déchet à court terme peut devenir un traitement économique à long
terme. Par conséquent, une politique d'optimisation de la teneur de coupure est applicable à un
moment donné.

Jusqu'à présent, la teneur de coupure a été appliquée au produit principal dans le matériau
minéralisé. Il peut arriver que certaines impuretés entraînent des pénalités pour
l’opération. Les éléments qui consomment de l’acide de gangue doivent être minimisés dans le
minerai acheminé vers les tanks de lixiviation afin de minimiser la consommation d’acide.

La viabilité financière de chaque projet minier repose sur une définition appropriée de la partie
économique d'un gisement minéral. Selon la définition économique du minerai, chaque
incrément de matière minéralisée doit contenir au minimum une concentration suffisante
de métaux pour supporter les coûts d'extraction, de traitement et tous les coûts connexes.
Là où la capacité de l'usine est limitée, l'utilisation de la teneur de coupure limite pour
programmer le traitement du minerai a pour résultat une VAN inférieure pour
l'exploitation. L'accent mis sur la maximisation de la valeur actualisée nette donne lieu à des
teneurs de coupure supérieures à la teneur de coupure limite au cours des premières années de
la vie de la mine. Cela se traduit par une stratégie de baisse de la teneur de coupure.
Les coûts d'opportunité déterminent le niveau de la teneur de coupure appliquée par rapport à
la teneur de coupure d'équilibre (Dagdelen & Mohammed, 1997).
La stratégie de réduction de la teneur de coupure est importante car certains frais généraux ont
tendance à diminuer, les matériaux à haute teneur ont tendance à s'épuiser en premier, ce
qui entraîne une capacité excédentaire qui peut ensuite être utilisée pour traiter les matériaux
à faible teneur des stocks.
Dagdelen (2001) a divisé le processus d’optimisation de la teneur de coupure en étapes décrites
dans la figure 2.1. La capacité de production initiale dans le secteur minier est estimée sur la
base des coûts et des prix des produits de base. Les coûts de production, dans ce cas, tous les
coûts sont utilisés pour produire le pit ultime.
L'estimation de la teneur de coupure fait partie de l'ensemble du processus
d'optimisation et de conception de la fosse. L’optimisation des fosses est un processus
itératif, comme illustré à la figure 2.1.
Les valeurs de bloc économiques permettent de déterminer si la valeur de bloc peut payer
pour l’élimination des morts-terrains qui la recouvrent. La teneur de coupure limite est utilisé
pour cette analyse (Gholamnejad, 2008). La fosse ultime choisie est utilisée pour concevoir des
pushback.
La valeur de coupure interne est appliquée au matériau dans les pushback pour une
utilisation dans la planification de la production.

Figure : Variables de planification de la production à long terme dans les mines à ciel ouvert
interagissant de manière circulaire (Dagdelen, 2001)

Le dilemme de la teneur de coupure

Il existe différentes parties prenantes pour toute opération minière qui peuvent avoir des intérêts
divergents de ceux des politiques opérationnelles d'une opération (Sinding et Larsen, 1995).

En d'autres termes, les politiques d'une exploitation minière ont des répercussions plus
larges sur diverses parties prenantes, ce qui rend le calcul de la teneur de coupure quelque peu
complexe. Il devient difficile de pouvoir satisfaire toutes les parties prenantes, encore plus à
l’heure actuelle où l’on insiste sur l’importance de la licence sociale d’exploitation (SLO).

Les sociétés minières n’ont plus la liberté de mener leurs activités à leur guise. Une mine peut
ne pas démarrer, quelles que soient les autorisations nécessaires obtenues, si la
communauté ne consent pas à son exploitation. Le SLO n’est pas simplement un bout de papier,
mais le consentement, bien que non écrit, de la communauté pour que l’exploitation minière se
poursuive. Ce SLO peut être retiré à tout moment si la communauté est exaspérée par
l'opération. De nombreuses exploitations minières opèrent dans des communautés instables,
notamment dans notre pays la République démocratique du Congo.

Selon Sinding et Larsen (1995), les employés de la mine peuvent adopter des teneurs
de coupure plus optimales afin de prolonger la vie de la mine pour un emploi à long
terme. Lorsque les primes des dirigeants sont liées aux réserves déclarées, cela peut
entraîner l'application des teneurs de coupure sous-optimales pour permettre aux gestionnaires
de gagner leurs primes. Les différentes parties prenantes qui influent sur la détermination de la
teneur limite sont illustrées à la figure 2.2. La société mère s'intéresse à la performance
financière globale du groupe. Cependant, le service de la dette, la performance des actions sur
le marché boursier ou les besoins financiers internes peuvent imposer une politique de teneur
de coupure différente avec des entrées de trésorerie plus importantes au début de la vie de la
mine (Sinding et Larsen, 1995).

La forte baisse récente des prix des produits de base a entraîné une dépréciation des actifs de
nombreuses sociétés minières. Un certain nombre d'entre eux ont également déclaré la
dépréciation de leurs actifs dans le monde entier. Cela a également porté un coup sévère à la
fixation des prix en bourse.

Figure : Parties prenantes à la détermination de la teneur limite (Sinding et Larsen,

1995)
Une teneur de coupure élevée améliore la rentabilité à court terme et optimise la VAN
d'un projet, ce qui est bénéfique pour les actionnaires et les autres parties prenantes financières,
y compris le gouvernement et les communautés locales. Inversement, une durée de vie plus
courte dans une mine peut entraîner une réduction des avantages socio-économiques à long
terme en raison d'une réduction de l'emploi à long terme et des avantages pour les employés et
les communautés locales.

Les banques et autres institutions financières peuvent également imposer leurs exigences en
matière de détermination des seuils. Dans certains cas, il peut être délibéré d’augmenter la
capacité d’extraction tout en maintenant la capacité de traitement. Cela permet une
augmentation de la teneur de coupure. Une partie des minerais de qualité inférieure peut être
stockée pour être traitée ultérieurement, à son tour, le stockage peut prolonger la durée de vie
des installations de traitement, mais peut également entraîner une augmentation des risques
pour l’environnement et une réduction de la récupération métallurgique des matériaux stockés.
Les minerais sulfurés ont tendance à provoquer un drainage acide préjudiciable à
l'environnement. Certains minerais ont tendance à s'oxyder lorsqu'ils sont exposés à
l'environnement et leur récupération est donc également affectée.

Les réserves entrent dans le calcul de l’amortissement du capital, de la valeur comptable de la


société, du coût unitaire de production et des impôts. Les réserves publiées sont également liées
à la valeur que les marchés financiers attribuent à une société minière (Prasetya & Simatupang,
2012).

Les réserves sont publiées pour informer les parties prenantes pour une prise de décision
éclairée. Il est important de comprendre les intérêts et les objectifs de toutes les parties prenantes
et de les prendre en compte lors de la détermination de la teneur de coupure (Rendu, 2008).
La figure 2.3 montre les interrelations complexes entre les parties prenantes dans la
détermination des teneurs de coupure.
Figure 2.3: Interrelations des facteurs influençant la politique de la valeur limite

(Sinding et Larsen, 1995)

Les prêteurs sont plus préoccupés par le service de la dette que par les seuils optimaux. Ce qui
les intéresse le plus, ce sont les flux de trésorerie stables sur la période de
remboursement. Le propriétaire minier revendique une partie de la rente minière tirée de
l'exploitation en augmentant les recettes fiscales. Les loyers sont basés sur divers
instruments fiscaux dont la plupart sont basés sur les bénéfices, les loyers nets ou les
revenus. Le gouvernement reçoit les revenus actualisés les plus importants si une politique
d'extraction optimale est poursuivie. La taxe peut également être basée sur la production
minérale réelle ou des paiements annuels fixes. Dans de tels cas, une politique de teneur

De coupure qui optimise la durée de vie de la mine est préférable. Même s’il est à la fois
optimal et rationnel de favoriser une politique optimale en matière de teneur de coupure, cela
peut servir à exacerber les cycles économiques de l’économie locale. Une teneur de coupure
optimale a tendance à concentrer les flux de trésorerie sur une période beaucoup plus courte,
ce qui entraîne une concentration des recettes fiscales. Cela génère des flux de revenus
importants mais de courte durée pour les autorités régionales. Étant donné que l'autorité
est probablement politiquement incapable de résister aux pressions exercées pour dépenser les
recettes, il en résulte une augmentation correspondante des dépenses publiques. Cela crée
deux problèmes dans l'économie régionale. Premier, Les cycles d'expansion et de
ralentissement associés à l'exploitation concentrée des mines dans le cadre de politiques
optimales en matière de teneur de coupure sont exacerbés par les niveaux élevés de dépenses
publiques. Deuxièmement, une fois que les dépenses publiques ont augmenté, il est
beaucoup plus difficile de les réduire lorsque les revenus diminuent (Sinding et Larsen, 1995).

II.2.5 Teneur de coupure limite (Breakeven grade)

La teneur de coupure limite est la teneur à laquelle le revenu récupérable du minerai est égal
aux coûts d’exploitation.

Représentation graphique de la teneur de coupure

II.2.6. Teneur de coupure optimale (Optimum cut‐off grade)

La teneur de coupure optimale est une teneur de coupure qui, par son choix permet de maximiser
le bénéfice. Ce maximum peut être évalué par des critères d’évaluation économique par
exemple les coûts d’extraction, prix du marché…etc.

II.3 TYPES DE TENEUR DE COUPURE

Il y a souvent eu une confusion dans le choix de la teneur de coupure à appliquer. Baird et


Satchwell (2001) clarifient ce point en faisant valoir que la teneur de coupure limite, où la VAN
de l'ensemble du projet est égale à zéro, est utilisée pour obtenir la forme optimale de
la fosse ou du chantier dans les mines souterraines. Une fois que la taille de la fosse ou la forme
du chantier a été déterminée, un jeu différent des teneurs de coupure est appliqué. Par
conséquent, pour l’exploitation à ciel ouvert, il existe deux classes de teneurs de coupure; à
savoir la teneur de coupure externe et la teneur de coupure interne. La teneur de coupure
externe est appliquée lors de l'optimisation de la fosse pour définir la fosse ultime. La teneur
de coupure interne est appliquée après l'optimisation de la fosse pour les blocs situés dans la
fosse optimale afin de définir les réserves de minerai. C'est à ce stade que la délimitation du
minerai et des rejets est effectuée (Baird et Satchwell, 2001).

Pasieka et Sotirow (1985) expliquent l'application des différentes teneurs de coupure à l'aide
d'un diagramme, comme illustré à la figure 2.4. Ils indiquent quelles teneurs de coupure sont
appliquées pour la planification stratégique et lesquelles sont utilisées pour la planification
opérationnelle. Il est essentiel de noter que la délimitation des minerais n’est appliquée qu’à
des fins opérationnelles, en fonction des objectifs à court terme. D'autre part, la
planification stratégique concerne principalement la valeur globale du projet minier et ses
objectifs à long terme. Il est donc important de comprendre quelle partie du cycle de
planification est en cours pour appliquer la teneur de coupure.

La teneur de coupure géologique

La teneur de coupure géologique est utilisée pour générer des distributions de fréquences des
teneurs afin de séparer les matériaux minéralisés des stériles et de tracer des courbes
teneur - tonnage pour les matériaux minéralisés. La teneur de coupure géologique est utilisée
pour estimer les ressources en minerai. Les ressources en minerai font partie de la matière
minéralisée qui offre des perspectives raisonnables d'extraction économique (Pasieka et
Sotirow, 1985).
Teneurs de coupure de planification

Au cours de l'exploration et aux différentes étapes de la planification de l'exploitation d'un


gisement, une teneur de coupure est nécessaire pour définir géographiquement et
quantitativement les limites du minerai potentiel.

Puisqu’aucune information précise sur l'exploitation minière éventuelle n'est encore connue au
début de l'exploration d'un gîte, la teneur de coupure de planification à cette étape est semi-
quantitative: elle vise à prédire de façon satisfaisante la valeur du minerai qui pourra
éventuellement être exploité ou traité.

La teneur de coupure du budget

La teneur de coupure du budget reflète la teneur de coupure requise pour générer les flux de
trésorerie requis au cours d'une année donnée. Cela est normalement nécessaire pour
atteindre un objectif d'entreprise particulier et générer un flux de trésorerie souhaité pour
l'entreprise. (Pasieka & Sotirow,1985).

La teneur de coupure comptable

Selon Williams (2014), la teneur de coupure comptable est la teneur de coupure annuelle qui
suffit pour une capacité donnée à générer des produits couvrant les coûts d'exploitation,
l'amortissement des immobilisations et les exigences de profit minimum.

La teneur de coupure limite

C'est la teneur dont les revenus couvrent toutes les dépenses en espèces. Ces coûts
comprennent les coûts fixes et variables, les taxes corporatives et minières et toutes les dépenses
en capital allouées (Pasieka et Sotirow, 1985). Dagdelen et Kawahata (2007) définissent
la teneur de coupure limite comme la teneur qui peut être utilisée pour différencier le minerai
des stériles. Cette teneur est calculée comme suit:

Teneur de coupure marginale

La teneur de coupure marginale est celle qui ne prend en charge que les coûts d'exploitation
variables (à l'exclusion des coûts administratifs et des autres coûts fixes d'exploitation et
d'investissement). Il est utilisé pour déterminer la teneur la plus basse qui pourrait être exploitée
sans pertes s'il n'y avait pas d'autre matériau minéralisé disponible pour la capacité
spécifiée afin de générer un flux de trésorerie net positif (Pasieka & Sotirow,1985).
Cette nuance sert à séparer le minerai des stériles dans la limite optimale de la fosse.
Teneurs de coupure d'opération

La teneur de coupure d'opération est nécessaire au début de l'exploitation pour déterminer


à court terme quelle portion du minerai peut être gardée en réserve et quelle portion peut être
acheminée au traitement .

On distingue 3 types de teneur de coupure d’opération à savoir

1. Teneur de coupure à la mine :

Le minerai au-dessus de la teneur de coupure est exploité, celui en dessous reste sur place..

2. Teneur de coupure au concentrateur :

Le minerai (extrait) au-dessus de la teneur de coupure est acheminé vers l'usine de traitement
pour être concentré. Le minerai sous la coupure est jeté ou entreposé pour une concentration
ultérieure.

3. Teneur de coupure à la fonderie (plus rare) : Le concentré au-dessus de la teneur de


coupure est raffiné et vendu.

Les décisions sur les teneurs de coupure sont prises au moment de la production, même si ces
teneurs de coupure ont d'abord reçu une première évaluation à l'étape de la planification. La
teneur de coupure peut aussi s'appliquer de façon inverse.( impuretés présentes dans le
concentré)

Influence de la teneur de coupure d’opération


Coûts utilisés dans le calcul de la teneur de coupure

Les coûts d'exploitation sont les coûts encourus lors de l'exécution d'une opération
minière. Certains coûts sont engagés pour déplacer la totalité de la roche, du minerai ou du
produit obtenu. Il est important de classer et d’affecter correctement les coûts afin
d’obtenir les teneurs de coupure avec précision. Il est également important d'identifier le
comportement des coûts vis-à-vis de la roche, du minerai et du produit. Les coûts doivent être
alloués en fonction des paramètres physiques qui les animent. Ces paramètres sont appelés
inducteurs des coûts (Hall, 2014).

Musingwini (2011) dans Tholana (2012) définissent les coûts d'exploitation en tant qu'argent
qui est dépensé dans un processus afin de produire un produit. Les coûts d'exploitation sont
classés en fonction de leur comportement lorsque le niveau d'activité sous-jacent change.
Le niveau d'activité fait référence au volume de production (Tholana, 2012).

Les coûts d'exploitation sont divisés en fixes et variables. Les coûts fixes sont des dépenses qui
ne varient pas proportionnellement au niveau d'activité dans une période donnée. Ces coûts sont
normalement exprimés en dollars par an ou par mois. Chaque période écoulée entraîne la
dépense du montant indiqué quelle que soit la quantité produite. Les coûts variables
changent en proportion directe du niveau de production. Plus la quantité produite est élevée,
plus le coût est élevé.

Le tableau 2.1 donne des exemples de coûts fixes et variables. Le bénéfice de l'opération
est déterminé par la différence entre le chiffre d'affaires réalisé et les coûts d'exploitation
engagés. Le bénéfice correspond à la différence entre les coûts totaux et le revenu, comme le
montre la figure 2.5 (Tholana, 2012).

Le volume d'équilibre est ce volume où les recettes perçues compensent les coûts totaux
engagés. Tous les volumes de production supérieurs au seuil de rentabilité généreront des
bénéfices. Si les coûts d’exploitation sont supérieurs aux produits, l’opération subit une perte,
comme illustré à la figure 2.5. Tous les volumes inférieurs au seuil de rentabilité génèreront
une perte pour l'opération. Le seuil de rentabilité constitue la base du calcul de la teneur de
coupure limite de l'opération (Birch, 2016).
Figure : Relations coût-volume (Tholana, 2012)

Catégories de coûts d'exploitation

Pasieka et Sotirow (1985) montrent que les coûts d’exploitation sont classés en coûts
directs et indirects d’exploitation minière, de traitement, de fusion, de raffinage et de
commercialisation. Les taxes et redevances payables en espèces sont traitées comme des
éléments de coût. Les dépenses en immobilisations comprennent les dépenses engagées pour
l'exploration, le développement permanent, le matériel neuf, des remplacements et les
fournitures capitalisées nécessaires au démarrage et/ou au maintien de la production.
Toutes les dépenses en capital engagées avant le moment (année) de la détermination
de la teneur de coupure doivent être traitées comme des coûts irrécupérables. Si
des dépenses en immobilisations engagées antérieurement sont incluses dans les calculs de
la teneur de coupure, la teneur de coupure résultante sera plus élevée, ce qui entraînera
une diminution des réserves déclarées. D'autre part, une teneur de coupure plus élevée peut
rendre l'opération non rentable en raison de la réduction des réserves, d'où une perte du capital
déjà dépensé.

Selon Birch (2014), les coûts qui sont inclus dans le calcul de la teneur de coupure varient tout
au long de la vie d'une opération. Une teneur de coupure budgétaire est utilisée dans les
premières années du projet pour permettre de récupérer le capital initial. La teneur de
coupure budgétaire est calculée en prenant en compte les coûts plus un pourcentage
supplémentaire pour la récupération de capital (Birch, 2016).

Au cours des dernières années de la vie de la mine, les coûts sont minimes du fait de la
réduction des coûts de décapage ou de développement, ce qui a permis à des zones
auparavant marginales de devenir rentables. À ce stade, la teneur de coupure marginale peut
être utilisée (Lane, 1988).

II.4. FACTEURS QUI AFFECTENT LE CHOIX DES TENEURS DE COUPURE


D’OPERATION

II.4.1. Le prix

Lorsque le prix du cuivre hausse sur le marché permet d’exploiter avec profit du minerai
présentement non rentable. On pourrait donc abaisser la teneur de coupure d’opération
à la mine, d’un autre côté si l’on prévoit que cette hausse du prix peut n’être que de courte
durée, on pourrait au contraire décider d’augmenter temporairement la teneur de coupure
à la mine de façon à produire le plus de cuivre possible durant cet intervalle de temps et
profiter ainsi des prix à la hausse.

Cette dernière dépend grandement du type d’exploitation utilisée et de la possibilité ou non de


retourner chercher du minerai délaissé.

II.4.2. la méthode d’exploitation

Pour une exploitation souterraine, la teneur de coupure est calculée pour chacune des méthodes
de minage, puisque les coûts de production varient d’une méthode à l’autre, pour une
exploitation de surface les coûts de production sont déterminés pour chaque bloc inclus
dans le modèle de blocs de l’exploitation spécifique.
II.4.3. Développements technologiques

On observe une diminution du coût d'exploitation ou de concentration, extraction d'autres


minéraux devenus en demande.

II.4.4. L'évolution de l'exploitation

À cause de l'actualisation, dans les critères d'évaluation, il est souvent désirable de débuter
l'exploitation à une teneur de coupure plus élevée en exploitant une zone plus riche (produire
plus de métal plus rapidement) et de rajuster la teneur de coupure à un niveau plus bas par la
suite.

II.4.5. Politiques internes et stockpiling

La possibilité d’emmagasiner du minerai permet de sélectionner à la mine du minerai de basse


teneur qui sera éventuellement exploité suivant une hausse du prix du métal.

II.4.6.Dimensions des installations en opération

Influence directe sur les coûts des capacités de production plus grandes permettent un coût
de production à la tonne plus faible et permettent donc d’abaisser la teneur de coupure. De plus,
les unités de sélection (les volumes que l’on peut vraiment sélectionné comme économiquement
rentables) deviennent plus grandes.

II.4.7. Besoins du concentrateur

Afin de maximiser la récupération au concentrateur, il est important de fournir un minerai le


plus homogène possible. Ceci peut nécessiter la dilution de minerai à fortes teneurs ou au
contraire l’ajout de minerai à forte teneur à du minerai de faible teneur.

En général, une teneur de coupure doit permettre de sélectionner du minerai générant assez de
revenus pour couvrir tous les coûts jugés pertinents. Les coûts jugés pertinents varient en
fonction de la situation particulière de chaque mine. Ils varient aussi selon le point de vue des
auteurs.

Globalement, on rencontre deux approches différentes :


1. Approche de Taylor

Dans l’approche de Taylor les coûts pertinents sont uniquement les coûts d’exploitation.

 Si le concentrateur fonctionne à pleine capacité, on considère les coûts fixes et les coûts
variables.
 Si le concentrateur ne fonctionne pas à pleine capacité, on ne considère que les coûts
variables.

En effet, à pleine capacité du concentrateur, un minerai dont la teneur ne permet pas de couvrir
l’ensemble des coûts fixes et variables entraîne une perte. Par contre, si le concentrateur
est en attente de minerai, il vaut mieux fournir un minerai plus pauvre que de ne pas fournir du
tout. Si le minerai couvre les frais de traitement, alors la perte encourue sera moindre que si l'on
ne fournit rien au concentrateur, si les revenus générés par l’exploitation sont actualisés, la
teneur de coupure décroît dans le temps, sinon, elle demeure constante (toutes choses étant
égales).

2. Approche de Lane

Les coûts pertinents incluent un coût d’opportunité en plus des coûts d’exploitation. Le coût
d’opportunité est défini par Lane comme l’intérêt sur le capital que représente la partie
encore non-exploitée de la mine.

C’est en quelque sorte une pénalité pour tarder à exploiter la ressource disponible.
L’importance de ce coût est fortement tributaire de la valeur estimée de la ressource et du
taux d’intérêt choisi. La conséquence directe de l’inclusion de ce coût est de hausser la teneur
de coupure, surtout en début d’exploitation. Au fur et à mesure que le gisement est exploité, la
valeur résiduelle de celui-ci diminue, le coût d’opportunité diminue également ainsi que la
teneur de coupure.

À la fin de l’exploitation, la teneur de coupure obtenue par Lane rejoint celle obtenue par
Taylor. Les mêmes considérations concernant l’utilisation à pleine capacité ou non du
concentrateur s’appliquent ici.

Si le concentrateur ne fonctionne pas à pleine capacité, on négligera les coûts fixes et les coûts
d’opportunité dans le calcul de la teneur de coupure.

Dans les deux cas, mais surtout dans l’approche de Lane, deux autres facteurs importants
viennent influencer la détermination de la teneur de coupure:
 Les attentes concernant l’évolution du prix des métaux.
 La capacité technologique de récupérer ultérieurement le minerai à plus faible
teneur laissé sur place.

Pour le premier facteur, considérons ce qui se produit lorsque le prix du métal diminue.
Théoriquement, il faut exploiter à une teneur de coupure plus élevée pour rencontrer les
coûts d’exploitation. Ce comportement est correct si l’on prévoit que le prix du métal
n’augmentera pas dans un avenir proche. Si au contraire on prévoit une hausse à court ou moyen
terme (disons sur un horizon de 1 ou 2ans), alors il serait plus rentable d’écouler maintenant du
minerai plus pauvre et de conserver le minerai plus riche pour plus tard (les gains futurs
compensant pour les pertes actuelles). Évidemment, il est extrêmement difficile de prévoir
les prix des métaux même sur un horizon de deux ans et l’exercice demeure périlleux.

Concernant la capacité technologique de récupérer du minerai délaissé, ce facteur dépend en


grande partie du mode d’exploitation de la mine. Si l’on peut récupérer le minerai
délaissé, alors on peut se permettre d’appliquer plus facilement une haute teneur de coupure.
S’il est impossible de récupérer du minerai délaissé, alors la teneur de coupure sera
nécessairement revue à la baisse (et il sera impossible d’appliquer directement l’approche
de Lane).

La figure ci-dessous montre graphiquement l’évolution possible de la teneur de coupure au


cours de l’exploitation de la mine.
Evolution de la teneur de coupure avec le temps selon Lane et Taylor

Le concept de teneur de coupure optimale nécessite au préalable la définition de 3 teneurs de


coupure limite et de 3 teneurs de coupure d'équilibre. Taylor (1972) démontre que la teneur de
coupure optimale est nécessairement une de ces 6 teneurs de coupure ci-dessous.

II.5. Teneurs de coupure limite

Les teneurs de coupure ne peuvent être choisies entièrement librement, elles doivent tenir
compte de la capacité des installations et du marché. Si l'on choisit une très forte teneur de
coupure par exemple, il faut être en mesure de développer suffisamment de minerai pour
pouvoir alimenter le concentrateur. De même, plus de concentré sera produit et l’on doit
s’assurer que des débouchés existent pour ce concentré.

Lane et Taylor reconnaissent 3 facteurs limitatifs importants. Pour chacun correspond


une teneur de coupure limite.

 limite de la mine (développement et minage)


 limite du traitement du minerai (concentrateur)
 limite du marché (fonderie, contrats de vente)

Soit les variables suivantes:

 C : teneur de coupure
 Xc : proportion du matériau minéralisé sélectionné (fonction de la teneur de coupure)

 gc : teneur moyenne du minerai sélectionné (après dilution ; fonction de la teneur de

coupure)
 y: taux de récupération du concentrateur

 p: prix d’une tonne de métal

 k: coût de mise en marché d’une tonne de métal (fonderie, raffinage, transport,


assurance, etc...)
 m: frais variables de minage d’une tonne de matériau minéralisé (développement)
 h: frais variables de traitement d’une tonne de minerai (forage, sautage, concassage,
transport, et concentration du minerai)
 f : frais fixes (administration, ingénierie, frais de capital)
 F: coûts d’opportunité. Lane (1988) définit ce terme comme étant le revenu que
rapporterait un montant égal à la valeur présente du gisement placé à un taux d’intérêt
spécifié.
 M: capacité de minage (matériau minéralisé)
 H: capacité de traitement (minerai sélectionné)
 K: capacité du marché (métal)
 v: profit net généré par une unité de matériau minéralisé

En utilisant ces définitions, on voit que 1 tonne de matériau minéralisé donne Xc tonne de

minerai, et xcgcy tonne de métal.

Dans ce qui suit, on considère à tour de rôle que la mine est le facteur limitatif, puis le
concentrateur, puis le marché .Dans chaque cas, il faut convertir la capacité de l’installation en
équivalent « tonnes de matériau minéralisé » et répartir les frais fixes en $/tonne de matériau
minéralisé. Ainsi, la mine a une capacité de M tonnes de matériau minéralisé, le concentrateur
H
traite H tonnes de minerai soit tonnes de matériau minéralisé et le marché a une capacité de
xc
K K
K tonnes de métal soit tonnes de minerai et tonnes de matériau minéralisé.
gc.y gc.y.Xc

1. La mine est le facteur limitatif

M tonnes de matériau minéralisé sont minées et doivent supporter les frais fixes. La fonction
de profit net à maximiser vaut donc:
(𝐟+𝐅)
V = (p-k).xc.gc.y – xc .h – m – [II.1]
𝐌

 Le terme xc.gc.y représente le métal produit.

 Le terme (p-k) xc.gc.y représente le revenu brut obtenu de la vente de ce métal ;

 m : est le coût de minage encouru pour avoir accès au matériau minéralisé et récupéré
le minerai ;

 xc .h: est le coût de traitement du minerai ;


 (f+F) : représente les frais fixes et le coût d’opportunité ;
(𝐟+𝐅)
 : représente le coût par tonne miné dû aux frais fixes.
M
(𝐟+𝐅)
Dans [II.1], les termes m et : ne dépendent pas de la teneur de coupure adoptée.
M
On peut aussi bien maximiser :

v2= (p-k).qcy - hxc [II.2]

Où qc = xc.gc, la courbe de profit net par tonne de matériau minéralisé en fonction de la


teneur de coupure possède un seuil maximum atteint en C1. Comme il existe une relation
monotone entre c et xc, on peut aussi bien dériver par rapport à xc que par rapport à c

(le xc optimal identifie automatiquement le « C » optimal). Posant la dérivée de [II.2]


Ə 𝑞𝑐
par rapport à xc égale à zéro et notant que c = , on trouve
Ə𝑋𝐶

𝒉
C1 = [II.3]
𝒚(𝒑−𝒌)

Cette teneur de coupure exprime le fait que le concentrateur et le marché sont en attente, tout
le matériau qui permet de rencontrer les coûts variables d’exploitation générera un profit
supplémentaire.

On notera que dans ce cas de figure, la teneur optimale ne dépend aucunement du facteur
temps (lequel est inclus dans le terme d’opportunité F)

2. Le concentrateur comme facteur limitatif

Les frais fixes sont couverts par le minerai traité au concentrateur. La fonction de profit net à
maximiser est:
(𝐟+𝐅).𝐱𝐜
V = (p-k).xc.gc.y - xc.h - m - [II.4]
𝐇

 Le terme xc.gc.y représente le métal produit ;

 Le terme (p-k) xc.gc.y représente le revenu brut obtenu de la vente de ce métal ;


 m : est le coût de minage encouru pour avoir accès au matériau minéralisé et récupérer
le minerai ;
 xc.h : est le coût de traitement du minerai ;
 (f+F) : représente les frais fixes et le coût d’opportunité ;
(f+F).xc
 : représente le coût par tonne miné dû aux frais fixes (Pour traiter H tonnes, on
H
𝐻
a dû miner 𝑋𝐶 tonnes),

Par une analyse semblable à la section précédente, on peut éliminer le terme « m » de


la fonction à maximiser et exprimer la fonction à maximiser sous la forme :

(𝐟+𝐅)
V2 = (p-k).qc.y- h.xc-xc. 𝐇 [II.5]

Dérivant par rapport à xc, on trouve que la teneur de coupure maximisant cette fonction
est:

𝐡+(𝐟+𝐅)
𝐡
C2= [II.6]
𝐲(𝐩−𝐤)

On note que cette fois le facteur temps intervient dans la détermination de la teneur de
coupure par la présence du terme F (coût d’opportunité).

Teneur de coupure pour les dépôts polymétalliques

Rendu (2008) définit les gisements polymétalliques comme des occurrences minérales
contenant plus d'un métal de valeur économique. Le calcul des teneurs d coupure doit prendre
en compte la contribution de chacun des métaux au revenu total. Certains éléments peuvent
toutefois entraîner des pénalités pour l'opération. Ces pénalités ont une contribution
négative au chiffre d’affaires puisque les frais de pénalité sont soustraits du revenu. Par
exemple, il existe des pénalités pour un certain pourcentage de fer présent dans le
concentré de cobalt.
Il existe essentiellement différentes façons d’exprimer la teneur de coupure combinée pour
les différents minéraux. La teneur de coupure combinée doit également prendre en compte la
teneur en métal in situ (pour le produit principal et les sous-produits), les facteurs miniers et
métallurgiques, le coût au comptant et le prix reçu pour chaque produit vendu (Heugh, 2010).

Il est important de vérifier le processus de calcul de la teneur de coupure pour un dépôt


polymétallique afin de ne pas classifier incorrectement le matériau. Des formules
incorrectement dérivées peuvent donner lieu à ce que montre la figure 2.6, qui présente un
diagramme de dispersion des valeurs vraies par rapport aux valeurs estimées. Le premier
quadrant indique le minerai perdu à cause d'une classification incorrecte et le troisième quadrant
indique les rejets classés incorrectement comme minerai. Cela démontre l'importance de
déterminer correctement la formule de la teneur équivalente.

Le calcul de la teneur de coupure pour un gisement multi-minéral est effectué à l'aide de teneur
de coupure paramétrique. Une teneur de coupure statistique est indirectement liée à la
distribution de la teneur du gisement minéralisé.
Pour un gisement comme kamfundwa avec le cuivre comme principal minéral et le cobalt, le
sous-produit, teneur est exprimé en termes de teneur en équivalent cuivre. Ceci est effectué en
calculant la teneur équivalente en cobalt dans chaque catégorie de cuivre et en ajoutant la teneur
équivalente au cuivre comme indiqué ci-dessous :

Teneur équivalente cuivre

= =
𝐭𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐂𝐨∗(𝐫𝐞𝐜𝐮𝐩𝐞𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐂𝐨∗(𝐩𝐫𝐢𝐱 𝐂𝐨−𝐟𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐮𝐱 𝐂𝐎)− 𝐜coût 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐂𝐎
teneurCu+ 𝐭𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐂𝐮∗(𝐫𝐞𝐜𝐮𝐩𝐞𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐂𝐮∗(𝐩𝐫𝐢𝐱 𝐂𝐮−𝐟𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐮𝐱 𝐂𝐮)−coût 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐂𝐮

Les teneurs de coupure sont utilisées pour définir la portion du matériel qui sera considérée au
niveau de la mine, au niveau du concentrateur et à la fonderie (pyromettallurgie).

II.3.1. Teneurs de coupure de planification (étape préliminaire) :

II.3.2. Teneurs de coupure d'opération

La teneur de coupure d'opération est nécessaire au début de l'exploitation pour déterminer


à court terme quelle portion du minerai peut être gardée en réserve et quelle portion peut être
acheminée au traitement .

On distingue 3 types de teneur de coupure d’opération à savoir

1. Teneur de coupure à la mine :

Le minerai au-dessus de la teneur de coupure est exploité, celui en dessous reste sur place..

2. Teneur de coupure au concentrateur :

Le minerai (extrait) au-dessus de la teneur de coupure est acheminé vers l'usine de traitement
pour être concentré. Le minerai sous la coupure est jeté ou entreposé pour une concentration
ultérieure.

3. Teneur de coupure à la fonderie (plus rare) : Le concentré au-dessus de la teneur de


coupure est raffiné et vendu.
Les décisions sur les teneurs de coupure sont prises au moment de la production, même si ces
teneurs de coupure ont d'abord reçu une première évaluation à l'étape de la planification. La
teneur de coupure peut aussi s'appliquer de façon inverse.( impuretés présentes dans le
concentré)

Sources d'augmentation de la valeur des opérations minières (Gholamnejad,


2008)

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