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EXAMEN – ALGEBRE

Université du Littoral Côte d’Opale

Lundi 17 septembre 2007, 14h-17h

L’usage de tout ouvrage de référence, de tout document et de tout matériel électronique (incluant le
téléphone portable, la calculatrice, ...) est rigoureusement interdit.
Veuillez utiliser des feuilles blanches pour la question de cours et l’exercice 1, des feuilles jaunes pour
les exercices 2 et 3, et des feuilles vertes pour les exercices 4, 5 et 6.

Question de cours
Soit K un corps commutatif, V un K-espace vectoriel.

1. Rappeler la définition de sous-espace vectoriel de V .


2. Montrer que si W1 et W2 sont deux sous-espaces de V , alors l’intersection W1 ∩ W2 est aussi un
sous-espace vectoriel de V .

Exercice 1 Considérons trois vecteurs de R3 :


     
1 0 x
     
v~1 = 
 2  v~2 =  −2
   v~3 =  y 
  
−1 1 z

où x, y, z sont trois réels.


A l’aide d’un calcul de déterminant, donner une condition nécessaire et suffisante pour que le système
β = (v~1 , v~2 , v~3 ) soit une base de R3 .

Exercice 2 Soit C(R, R) le R-espace vectoriel des fonctions d’une variable réelle à valeurs réelles conti-
nues sur R.
On considère le R-sous-espace vectoriel E de C(R, R) engendré par les fonctions f : x 7−→ exp(x)
(exponentielle) et g : x 7−→ exp(−x).
On considère le R-sous-espace vectoriel F de C(R, R) engendré par les fonctions c : x 7−→ cosh(x)
(cosinus hyperbolique) et s : x 7−→ sinh(x) (sinus hyperbolique).

1. Montrer que l’ensemble des fonctions {f, g} est libre.


Remarque : {f, g} est donc une base de l’espace vectoriel E.

1
L1 Maths - Info Algèbre – S2 2007

2. Montrer que l’ensemble des fonctions {c, s} est libre.


Remarque : {c, s} est donc une base de l’espace vectoriel F .
3. Montrer que c ∈ E et que s ∈ E.
Remarque : on déduit que F ⊂ E.
4. Montrer que E = F .
5. Donner la matrice de passage P de la base {f, g} dans la base {c, s}.
6. Exprimer la fonction u : x 7−→ 2 cosh(x) − 3 sinh(x) dans la base {f, g}.
7. Exprimer la fonction v : x 7−→ 2 exp(x) − 3 exp(−x) dans la base {c, s}.

Exercice 3 Soit B = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 .


On considère les applications linéaires f et g de R3 dans R3 définies par

f (x, y, z) = (x + y + z, y + z, z),

g(e1 ) = e1 + e2 + e3 , g(e2 ) = e2 + e3 , g(e3 ) = e3 .

1. Donner les matrices Mf et Mg de f et g dans la base B.


2. Donner l’image de B par l’application linéaire h = f − g.
3. Pour tout (x, y, z) ∈ R3 , donner les coordonnées de h(x, y, z) dans la base B.

Exercice 4 Soit f une application de R3 dans R2 définie par

f (x, y, z) = (x − z, x + y).

1. Montrer que f est une application linéaire.


2. Déterminer ker(f ).
3. Déterminer Im(f ).
4. Enoncer le théorème de rang. L’appliquer à f .

Exercice 5
1. Résoudre dans C l’équation Z 2 + 4Z + 16 = 0.
2. Résoudre dans C l’équation z 8 + 4z 4 + 16 = 0.

Exercice 6 Résoudre le système linéaire suivant en discutant selon les valeurs des paramètres réels a
et m : 
 x1 + 2x3 = 2


x1 − mx2 = a .


 x +x +x =1
1 2 3

–2/2– Mathématiques
EXAMEN – ALGEBRE
Université du Littoral Côte d’Opale

Lundi 17 septembre 2007, 14h-17h

L’usage de tout ouvrage de référence, de tout document et de tout matériel électronique (incluant le
téléphone portable, la calculatrice, ...) est rigoureusement interdit.
Veuillez utiliser des feuilles blanches pour la question de cours et l’exercice 1, des feuilles jaunes pour
les exercices 2 et 3, et des feuilles vertes pour les exercices 4, 5 et 6.

Question de cours
Soit K un corps commutatif, V un K-espace vectoriel.

1. Rappeler la définition de sous-espace vectoriel de V .


Une partie non vide W de V est un sous-espace vectoriel de V si c’est une partie stable pour les deux
lois de V ; c’est alors un K-espace vectoriel pour les lois induites.
2. Montrer que si W1 et W2 sont deux sous-espaces de V , alors l’intersection W1 ∩ W2 est aussi un
sous-espace vectoriel de V .
Notons + et . les deux lois de V (i.e. on considère l’espace vectriel (V, +, .).
– 0 ∈ W1 et 0 ∈ W2 , donc 0 ∈ W1 ∩ W2 et W1 ∩ W2 est non vide.
– Soit x ∈ W1 ∩ W2 et y ∈ W1 ∩ W2 . On déduit x ∈ W1 et y ∈ W1 puis x + y ∈ W1 (car W1 est un
sous-espace vectoriel de V ). De même, x ∈ W2 et y ∈ W2 puis x + y ∈ W2 (car W2 est un sous-espace
vectoriel de V ). D’où x + y ∈ W1 ∩ W2 et W1 ∩ W2 est stable pour +.
– Soit x ∈ W1 ∩ W2 et λ ∈ K. On déduit x ∈ W1 et comme λ ∈ K, λ.x ∈ W1 (car W1 est un sous-espace
vectoriel de V ). De même, x ∈ W2 et comme λ ∈ K, λ.x ∈ W2 (car W2 est un sous-espace vectoriel
de V ). D’où λ.x ∈ W1 ∩ W2 et W1 ∩ W2 est stable pour ..
Ainsi, W1 ∩ W2 est un sous-espace vectoriel de V .

Solution 1

1 0 x

2 −2 y 6= 0,


−1 1 z

équivaut à ce que le système β = (v~1 , v~2 , v~3 ) soit une base de R3 .

1
L1 Maths - Info Algèbre – S2 2007

En application de la règle de Sarrus, on obtient :


y + 2z 6= 0 ⇐⇒ β = (v~1 , v~2 , v~3 ) est une base de R3 .

Solution 2
1. Montrer que l’ensemble des fonctions {f, g} est libre.
Soient λ ∈ R et µ ∈ R. Si ∀x ∈ R, λ exp(x) + µ exp(−x) = 0, d’où en faisant tendre x vers +∞, on
obtient que λ = 0 et en faisant tendre x vers −∞, on obtient que µ = 0 et l’ensemble des fonctions
{f, g} est libre.
Remarque : {f, g} est donc une base de l’espace vectoriel E.
2. Montrer que l’ensemble des fonctions {c, s} est libre.
Soient λ ∈ R et µ ∈ R. Si ∀x ∈ R, λ cosh(x) + µ sinh(−x) = 0, d’où en posant x = 0, on obtient que
λ = 0 et en dérivant puis posant x = 0, on obtient que µ = 0 et l’ensemble des fonctions {c, s} est
libre.
Remarque : {c, s} est donc une base de l’espace vectoriel F .
3. Montrer que c ∈ E et que s ∈ E.
f +g f −g
c= 2 ∈ E et s = 2 ∈ E et on déduit que F ⊂ E.
4. Montrer que E = F .
f = c + s ∈ F et g = c − s ∈ F et on déduit que E ⊂ F .
De F ⊂ E et E ⊂ F , on conclut que E = F .
5. Donner la matrice de passage P de la base {f, g} dans la base {c, s}.

!
1 1 1
P = .
2 1 −1

6. Exprimer la fonction u : x 7−→ 2 cosh(x) − 3 sinh(x) dans la base {f, g}.

exp(x) + exp(−x) exp(x) − exp(−x)


2 cosh(x) − 3 sinh(x) = 2 −3
2 2
1 5
= − exp(x) + exp(−x)
2 2
1 5
u = − f+ g
2 2

7. Exprimer la fonction v : x 7−→ 2 exp(x) − 3 exp(−x) dans la base {c, s}.

2 exp(x) − 3 exp(−x) = 2(cosh(x) + sinh(x)) − 3(cosh(x) − sinh(x))


= − cosh(x) + 5 sinh(x)
v = −c + 5s

–2/5– Mathématiques
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Solution 3
1. Donner les matrices Mf et Mg de f et g dans la base B.
 
1 1 1
 
Mf =  0 1 1
.

0 0 1
 
1 0 0
 
Mg =  1 1 0
.

1 1 1
Si h = f − g,  
0 1 1
 
Mh = Mf − Mg = 
 −1 0 1 .

−1 −1 0
2. Donner l’image de B par l’application linéaire h = f − g.

h(e1 ) = −e2 − e3 , h(e2 ) = e1 − e3 , h(e3 ) = e1 + e2 .

3. Pour tout (x, y, z) ∈ R3 , donner les coordonnées de h(x, y, z) dans la base B.

h(x, y, z) = (y + z, −x + z, −x − y).

Solution 4 Soit f une application de R3 dans R2 définie par

f (x, y, z) = (x − z, x + y).

1. Montrer que f est une application linéaire.


∀λ ∈ R, ∀µ ∈ R, ∀(x1 , y1 , z1 ) ∈ R3 , ∀(x2 , y2 , z2 ) ∈ R3 ,

f (λx1 + µx2 , λy1 + µy2 , λz1 + µz2 ) = ((λx1 + µx2 ) − (λz1 + µz2 ), (λx1 + µx2 ) + (λy1 + µy2 ))
= (λ(x1 − z1 ) + µ(x2 − z2 ), λ(x1 + y1 ) + µ(x2 + y2 ))
= (λ(x1 − z1 ), λ(x1 + y1 )) + (µ(x2 − z2 ), µ(x2 + y2 ))
= λ(x1 − z1 , x1 + y1 ) + µ(x2 − z2 , x2 + y2 )
= λf (x1 , y1 , z1 ) + µf (x2 , y2 , z2 )

2. Déterminer ker(f ).
ker(f ) = {(x, y, z) ∈ R3 tels que f (x, y, z) = (0, 0)}.
(
x−z =0
f (x, y, z) = 0 ⇐⇒ ⇐⇒ x = −y = z.
x+y =0
ker(f ) = h(1, −1, 1)i.

–3/5– Mathématiques
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3. Déterminer Im(f ).
Im(f ) = {(a, b) ∈ R2 tels que ∃(x, y, z) ∈ R3 avec f (x, y, z) = (a, b)}.

( (
x−z =a z =x−a
f (x, y, z) = (a, b) ⇐⇒ ⇐⇒ .
x+y =b y =b−x

Im(f ) = h(1, 0), (0, 1)i.


4. Enoncer le théorème de rang. L’appliquer à f .
dim(ker(f )) + dim(Im(f )) = dim(R3 ).
| {z } | {z } | {z }
=1 =2 =3

Solution 5
1. Résoudre dans C l’équation Z 2 + 4Z + 16 = 0.
√ √
Calcul du discriminant réduit : ∆′ = −12. Les racines sont donc −2 + 2ı 3 et −2 − 2ı 3.
2. Résoudre dans C l’équation z 8 + 4z 4 + 16 = 0.
On pose Z = z 4 , l’équation devient alors Z 2 + 4Z + 16 = 0.
√ 2ıπ
Premier cas : z 4 = −2 + 2ı 3 = 4e 3 .
√ ıπ
Une racine évidente est z1 = 2e 6 . L’ensemble des racines s’obtient en multipliant cette racine
évidente par chacune des racines quatrièmes de l’unité.
√ ıπ √ 2ıπ √ 7ıπ √ 5ıπ
Puis, l’ensemble des racines est { 2e 6 , 2e 3 , 2e 6 , 2e 3 }.
√ 4ıπ
Second cas : z 4 = −2 − 2ı 3 = 4e 3 .
√ ıπ
Une racine évidente est z2 = 2e 3 . L’ensemble des racines s’obtient en multipliant cette racine
évidente par chacune des racines quatrièmes de l’unité.
√ ıπ √ 5ıπ √ 4ıπ √ 11ıπ
Puis, l’ensemble des racines est { 2e 3 , 2e 6 , 2e 3 , 2e 6 }.
Conclusion : l’ensemble des racines de l’équation z 8 + 4z 4 + 16 = 0 est
√ ıπ √ 2ıπ √ 7ıπ √ 5ıπ √ ıπ √ 5ıπ √ 4ıπ √ 11ıπ
{ 2e 6 , 2e 3 , 2e 6 , 2e 3 , 2e 3 , 2e 6 , 2e 3 , 2e 6 }.

Solution 6 Résoudre le système linéaire suivant en discutant selon les valeurs des paramètres réels a
et m : 
 x1 + 2x3 = 2


x1 − mx2 = a .


 x +x +x =1
1 2 3


1 0 2

∆ = 1 −m 0 = m + 2.


1 1 1

• Si m 6= −2, le système est dit de Cramer et admet une solution unique.

–4/5– Mathématiques
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2 0 2 1 2 2 1 0 2

∆x = a −m 0 = 2a
∆y = 1 a 0 = −a
∆z = 1 −m a = m + 2 − a.


1 1 1 1 1 1 1 1 1
et
∆x 2a ∆y −a ∆z m+2−a
x= = ; y= = ; z= = .
∆ m+2 ∆ m+2 ∆ m+2
• Si m = −2, le système devient
 


 x1 + 2x 3 = 2 [L1 ]  x1 + 2x3 = 2 [L1 ]


x1 + 2x2 = a [L2 ] ⇐⇒ x1 + 2x2 = a [L2 ] .

 

 x + x + x = 1 [L ]  0 = a [L + L − 2L ]
1 2 3 3 1 2 3

◦ Si a = 0, le système équivaut à (
2−x1
x3 = 2 [L1 ]
a−x1
.
x2 = 2 [L2 ]
En d’autres termes,    
0 1
   
(x1 , x2 , x3 ) ∈  a
 +λ  − 1 ,
  2  2 
1 − 12
| {z } | {z }
A ~
u

ou la droite passant par A de vecteur directeur ~u est solution.


◦ Si a 6= 0, il n’y a pas de solution.

–5/5– Mathématiques

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