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Rapport d’expertise

RD242 – PR 3+700

Examen de l’étude d’avant-projet établie par Géolithe

BRGM/RP-61007-FR
Projet PSP12REU11 – Appui Département - Routes - 2012
Fiche d'intervention n°2012-05

Mars 2012

Cadre de l’expertise : Assistance technique

Date de réalisation de l’expertise : mars 2012

Localisation géographique du sujet de l’expertise :


RD242 – Cilaos (974)

Auteur BRGM : A. Rey

Demandeur : Département de La Réunion / DDV / UTR Sud


L’original du rapport muni des signatures des Vérificateurs et Approbateurs est disponible aux
Archives du BRGM.
Le système de management de la qualité du BRGM est certifié AFAQ ISO 9001:2000.
Ce rapport est le produit d’une expertise institutionnelle qui engage la responsabilité civile du
BRGM.

Ce document a été vérifié et approuvé par :

Vérificateur:
Nom : C. Mathon Date : 11/04/12

Approbateur :
Nom : S. Bes de Berc Date : 12/04/12

Le système de management de la qualité du BRGM est certifié AFAQ ISO 9001:2000.

Mots clés : expertise – assistance technique – La Réunion – Cilaos - Mouvements de terrain – Eboulement
– Chute de blocs –mise en sécurité – RD242.

En bibliographie, ce rapport sera cité de la façon suivante :

A. Rey (2012) – RD242 – PR 3+700 – Examen de l’étude d’avant-projet établie par Géolithe – Rapport
d'expertise RP-61007-FR - 11 p., 4 fig.

© BRGM, 2012, ce document ne peut être reproduit en totalité ou en partie sans l’autorisation expresse du
BRGM.

Im 002
RD242 – PR 3+700 – Examen étude d’avant-projet Géolithe

1. Objet de l'expertise
A la demande du Conseil Général de La Réunion - Unité Territoriale Routière Sud, le BRGM a
examiné l’étude d’avant-projet établie par le bureau d’études Géolithe pour le compte du
groupement d’entreprises SOGEA / HCOI / SGTPS, en vue de sécuriser le tronçon de la RD242
situé au niveau du PR 3+700 (Cap Tuf) contre les instabilités provenant de la paroi rocheuse
dominant la route.

Ce tronçon a déjà fait l'objet de diagnostics et d'avis préalables de la part du BRGM avec des
préconisations en matière de mise en sécurité :

- Rapport RP-59064-FR d’Octobre 2010 : « Diagnostic de risques et Propositions de


mesures de sécurisation sur plusieurs secteurs – visite du 15/09/10 » ;
- Rapport RP-59311-FR de Décembre 2010 : « Exposition de la RD242 aux risques naturels
et propositions de sécurisation – rapport de phase 2 » ;

Les objectifs de la présente expertise du BRGM sont les suivants :

- vérifier la conformité de la proposition du groupement avec les objectifs principaux de mise


en sécurité ;
- s'assurer de la cohérence technique de la solution proposée.

Aucune visite de terrain n’est prévue dans cette expertise. L'avis du BRGM repose sur l'analyse du
document suivant :

- « RD242 – PR 3+700 – Sécurisation de la RD242. Avant-Projet », dossier Géolithe n°10-


039IV du 12 mars 2012, 16 pages.

Figure 1 - Localisation de la zone d’étude (fond IGN scan25)

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RD242 – PR 3+700 – Examen étude d’avant-projet Géolithe

NB. : Il s'agit d'une mission de type G5 partielle – diagnostic géotechnique– telle que définie par la
norme NF P 94-500. Ces prestations ne consistent pas en une mission de maîtrise d'œuvre, seuls
des principes généraux de sécurisation étant définis. Par ailleurs, cette mission ne relevant pas
d’un contrôle technique, les notes de calcul n’ont pas été vérifiées dans le détail, seuls les
principes généraux étant examinés.

Une incohérence sur les PR apparait entre les différents rapports BRGM précédents et le
document Géolithe. Il semblerait que le secteur concerné par le présent projet de sécurisation soit
situé entre les PR 3+220 et 3+600 et non 3+700.

2. Contexte et préconisations de mise en sécurité du BRGM


Le contexte du secteur étudié est le suivant :
- Talus naturel entièrement dévégétalisé (érosion), constitué de brèches de démantèlement
attribuées à des dépôts de glissements plus ou moins anciens ;
- Hauteur d’environ 20 m côté Cilaos à près de 100 m côté Ilet à Cordes, avec une pente
moyenne de l’ordre de 45-50° incluant des tronçons plus raides (60 à 70°) ;
- Talus érodé, marqué par la présence de petits thalwegs qui canalisent les instabilités ;
- Présence d’ouvrages de confortement sur le talus aval (sous la chaussée), de protection
contre l’érosion lors de pluies ;
- Chutes de blocs type éboulement, fréquentes lors d’épisodes pluvieux, pouvant atteindre
des dizaines de m3 voire plus avec recouvrement systématique de la chaussée ;
- Chutes de blocs isolées fréquentes hors épisodes pluvieux (intensité moins forte) atteignant
l’accotement côté talus voire la chaussée ;
- Constat d’un talus présentant de nombreux blocs instables (déchaussés, érodables
à la base) de taille variable pouvant générer des chutes de blocs isolées, mais
également des éboulements d’ampleur plus conséquente (10 à 100 m3) présentant un
risque systématique pour la chaussée et ses usagers.

Figure 2 – Vue générale du Cap Tuf – RD242 – PR3+220 à 3+600 (photo BRGM)

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RD242 – PR 3+700 – Examen étude d’avant-projet Géolithe

Comme précisé précédemment, ce tronçon a déjà fait l’objet de diagnostics par le passé de la part
du BRGM avec des propositions de mise en sécurité du linéaire routier concerné.

2.1. Propositions suite à l’expertise du 15 septembre 2010 – rapport BRGM/RP-


59064-FR

Le BRGM a recommandé les solutions de mise en sécurité suivantes :

- Parade contre les instabilités de faible à moyenne ampleur par la mise en place de barrière
mixte (bastaings en bois empilés entre des profilés métalliques ancrés au sol) et/ou
d’écrans en gabions de 2 m de hauteur (priorité de niveau 2 qui correspond à des mesures
à mettre en place dans les mois suivant la recommandation sans caractère d’urgence) ;
- Pas de traitement en paroi.

Ces barrières mixtes ont été mises en place sur le tronçon par les services de l’UTR Sud, suite à
l’expertise du BRGM, courant fin d’année 2010.

2.2. Propositions suite à l’étude de mise en sécurité de la RD242 de décembre


2010 – rapport BRGM/RP-59311-FR

L’étude de sécurisation menée par le BRGM sur tout le linéaire de la RD242 en décembre 2010,
propose des mesures de sécurisation complémentaires pour le secteur du Cap Tuf.

Dans le cadre de cette étude globale à l’échelle de la RD242, le tronçon du Cap Tuf correspond au
tronçon C1 (PR 3+220 à 3+600).

Il est préconisé dans le rapport BRGM de décembre 2010, en complément des barrières mixtes
mises en œuvre au niveau de l’accotement de la chaussée la mise en œuvre au sein du talus
d’écrans déformables en filets et/ou des grillages pendus ou plaqués pour guider les
instabilités du haut de talus vers le bas. Deux solutions de sécurisation ont été présentées dans
cette étude globale à l’échelle de la RD242. Pour le secteur du Cap Tuf, les deux solutions sont
similaires.

Dans son rapport de décembre 2010, le BRGM indique également la nécessité de réaliser des
études complémentaires, type relevés topographiques et simulations trajectographiques pour
préciser et dimensionner les ouvrages de protection de type écrans déformables et/ou d’arrêt en
filets notamment.

La figure suivante présente le type de protection proposée par le BRGM pour le secteur C1
correspondant au PR3+220 à 3+600 de la RD242 (« Cap Tuf »).

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RD242 – PR 3+700 – Examen étude d’avant-projet Géolithe

Secteur étudié

Figure 3 – Propositions de sécurisation du tronçon C1 (RD242 – PR+320 au PR3+600 – extrait du rapport BRGM/RP59311-FR)

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3. Analyse du document Géolithe

3.1. Chapitre 1. du rapport - « Présentation »

Il s’agit d’une étude d’avant-projet qui présente :


 un diagnostic complémentaire des aléas type éboulements rocheux, avec une précision
des risques pour la RD242 et ses usagers par simulations trajectographiques ;
 des principes de parade de sécurisation uniquement pour le talus amont, dominant la route.

Ce type d’étude correspond à une étude de type G11+G12 conformément à la norme NFP 94-500
de décembre 2006 relative aux missions d’études géotechniques. Dans le cadre d’éventuels
travaux de sécurisation du secteur il conviendra d’effectuer les missions géotechniques de projet
(G2), d’exécution (G3) et de suivi d’exécution (G4) pour assurer une réalisation des ouvrages de
sécurisation adaptée et conforme aux règles de l’art.

3.2. Chapitre 1.5 du rapport - « Limites de l’étude et sectorisation »

Il est précisé que les limites « géométriques » de l’étude concernent un linéaire de 150 m divisé en
3 tronçons respectivement de 35 m, 80 m et 35 m.

A la vue de l’illustration présentée en page 5 du rapport Géolithe, délimitant les secteurs d’étude, il
apparait nécessaire d’intégrer un 4ème secteur voir d’élargir le secteur n°3 en direction d’Ilet à
Cordes. Ce secteur au niveau de la RD242 ne représente qu’une vingtaine de mètres de largeur
mais s’élargit en remontant le talus. Ce secteur supplémentaire avait été identifié lors de l’expertise
BRGM de septembre 2010 (figure 9 en p9 du rapport BRGM/RP-59064-FR). Elle est dans une
configuration géomorphologique similaire à celle de la zone d’étude attenante, avec par ailleurs la
présence de deux petits thalwegs, qui drainent les eaux pluviales du versant mais également les
éboulis lors de chutes de blocs le cas échéant.

Secteur 4 à
inclure

Figure 4 – zone d’étude à élargir (illustration issue du rapport Géolithe expertisé)

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RD242 – PR 3+700 – Examen étude d’avant-projet Géolithe

3.3. Chapitre 2.1 du rapport - « Démarche méthodologique »

La démarche présentée est pertinente. Toutefois, il aurait été intéressant d’intégrer les éléments
historiques connus et recensés par les services de l’UTR. Cet élément est d’autant plus important
pour le calage des simulations trajectographiques.

Une confusion peut également apparaitre dans l’approche naturaliste présentée avec la période de
référence considérée qui semble être annuelle. Une approche « à dire d’expert » pour l’évaluation
d’aléa considère en règle générale (notamment approche PPR) des périodes de référence
nettement plus importantes (généralement le siècle et dans tous les cas pas moins de 30 ans)
pour l’estimation qualitative de la probabilité d’occurrence du phénomène naturel.

3.4. Chapitre 2.2 du rapport - « Détermination de l’aléa de départ »

Le tableau synthétique présentant l’aléa éboulement rocheux par type d’instabilité et par secteur
confirme l’intensité forte et la probabilité importante que ce type de phénomène survienne, comme
l’avait indiqué les rapports précédents du BRGM.

Etant donné la période de référence retenue (1 an), Géolithe précisera la qualification de l’aléa sur
une période plus longue, afin d’informer le maitre d’ouvrage et gestionnaire de la route en
contrebas des phénomènes susceptibles de se produire à échéance plus lointaine, afin de mettre
en œuvre des ouvrages de sécurisation adaptés.

Une précision cartographique des indices hydrogéomorphologiques relevés avec identification des
zones de départ considérées permettrait de compléter l’analyse du bureau d’études. Ce point est
nécessaire pour la définition des profils préférentiels de propagation.

La détermination de l’aléa de départ pour des masses voire des grandes masses (éboulement de
plusieurs m3, à dizaine voire centaine de m3) n’est pas présentée.

3.5. Chapitre 2.3.1.1 du rapport - « Profils considérés »

Géolithe n’a pas utilisé de plan topographique précis du talus amont, hormis un relevé de terrain à
l’aide d’un télémètre laser. La précision des données topographiques résultant de ces levés de
terrain est à indiquer pour évaluer la pertinence de ces mesures et par conséquent le choix des
profils.

De nouvelles données topographiques (litto 3D) sont dorénavant disponibles auprès des maitres
d’ouvrages publics. L’utilisation de ces données est essentielle, combinée à une approche
naturaliste de terrain, pour définir les profils pertinents de propagation.

Nous conseillons au Conseil Général de transmette ces récentes données topographiques


précises à Géolithe pour affiner la définition des profils de propagation.

A ce stade, à partir des informations communiquées dans le rapport Géolithe, les profils
considérés semblent pertinents mais il est délicat de se prononcer objectivement sur ces choix
sans plus de précision topographique.

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3.6. Chapitre 2.3.1.2 du rapport - « Evènements types retenus »

Vis-à-vis des instabilités susceptibles de prendre naissance dans le versant amont, Géolithe
retient un volume de référence de 0,5 à 1 m3, après fragmentation, autrement dit le volume
susceptible d’atteindre la route en contrebas.

Un volume d’1 m3 parait pertinent au regard des diagnostics précédents du BRGM et du diagnostic
de Géolithe. Une comparaison avec des évènements historiques connus sur le secteur
(informations à collecter auprès de l’UTR) permettrait de valider ou non ce paramètre.

3.7. Chapitre 2.3.1.3 du rapport - « Hypothèses prises en compte »

Les hypothèses retenues pour la nature des terrains sont pertinentes, cohérentes avec les
observations de terrain, mais les valeurs des coefficients de calcul ne sont pas fournies. On ne
peut donc se prononcer sur leur pertinence.

Nous conseillons de retenir un nombre de départ de blocs plus élevés pour le dimensionnement
des parades (3000 départs minimum), que celui retenu par Géolithe (1000 départs).

Il convient de préciser à ce stade, que les simulations trajectographiques ne prennent en


compte que des évènements isolés de type chute de blocs et non des évènements de type
éboulement en masse, comme ceux considérés au droit du site dans les précédents
diagnostics du BRGM (volume global décamétrique à hectométrique). L’éboulement en
grandes masses est possible, de probabilité moins forte que les chutes de pierres et/ou
blocs isolés, mais à considérer dans le cadre de la sécurisation du secteur.

3.8. Chapitre 2.3.1.4 du rapport – « Calage du modèle numérique »

Idéalement le calage du modèle est à réaliser sur un évènement connu sur le tronçon (zone de
départ, couloir de propagation, zone d’arrêt et volume connus). Cela rejoint la demande de collecte
de données historiques sur le tronçon en phase diagnostic.

A défaut, le calage proposé est retenu. Il conviendra toutefois d’en tenir compte dans les
interprétations des résultats (incertitudes).

3.9. Chapitre 2.3.2 du rapport « Résultats des simulations trajectographiques »

Les résultats des simulations trajectographiques sont donnés par profil : 3 extraits du logiciel sont
fournis et présentent les trajectoires des blocs, confirmant l’atteinte quasi systématique de la
RD242 sur les 3 profils (78 à 98 % de probabilité d’atteinte) ; ce qui tend à confirmer que les
instabilités issues de la tête du versant, quel que soit leur positionnement latéralement,
atteindront la chaussée.

La non prise en compte des barrières mixtes (bois-métal) disposées le long de la RD242, côté
talus est pertinente. Etant donné le constat de leur état de dégradation, celles-ci ne semblent plus
efficaces et ne sont de toute façon pas adaptées pour stopper des blocs en mouvements comme
ceux modélisés (0,5 à 1 m3).

Géolithe ne présente pas de résultats détaillés de ces simulations hormis le pourcentage d’atteinte
de la chaussée en pied de talus. Les statistiques par taille de bloc (hauteurs de passage) et les
énergies maximales obtenues le long du versant, sont des données utiles pour évaluer la
pertinence des parades proposées, mais ne sont pas fournies.

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3.10. Chapitre 3.1 du rapport - « Principe de parade »

Géolithe présente deux solutions pour le traitement des menaces issues du versant afin de
sécuriser le linéaire routier :
1. Construction d’une galerie pare blocs au-dessus de la chaussée sans traitement en falaise
2. Traitement sur le versant par pose de grillage, doublé ou non de filets de câbles pendus sur
poteaux dans la partie haute du versant et dans des zones d’interceptions en aval.

On regrettera qu’à ce stade (AVP), la première solution ne soit pas plus détaillée, avec un chiffrage
estimatif pour justifier le choix de ne pas retenir cette option.

Concernant la deuxième solution, celle-ci est conforme aux préconisations du BRGM dans son
rapport de sécurisation de la RD242 sur tout son linéaire (rapport BRGM/RP-59311-FR), dont des
extraits sont présentés aux paragraphes précédents.

Comme le précise Géolithe, il conviendra lors des phases d’études à venir (projet et/ou exécution),
de préciser certaines données comme la topographie précise du versant afin de caler les
simulations trajectographiques dans le but de positionner et dimensionner les ouvrages de
protection.

A ce stade, en tenant compte des incertitudes sur les résultats des simulations trajectographiques,
nos remarques sont les suivantes sur le principe de parade proposé :
 La solution de grillage pendu en tête de versant pour diminuer les hauteurs de passage et
protéger les techniciens cordistes en phase travaux est une solution pertinente. Il
conviendra toutefois de vérifier les véritables hauteurs de passage avec des simulations
trajectographiques précises ;
 Le positionnement et la hauteur des filets pendus sur poteaux est à caler avec la
topographie et avec les résultats en terme de hauteurs de passage et d’énergie. Nous
conseillons d’effectuer deux vérifications :
o Une en situation définitive (combinaison fondamentale) avec les grillages pendus
sur poteaux en amont limitant les énergies et hauteur de passage ;
o Une en situation définitive (combinaison accidentelle) pour tenir compte de la
défaillance du dispositif amont (grillage pendu). L’objectif étant d’évaluer le
pourcentage des blocs pouvant lober le dispositif aval en cas de défaillance, afin
d’adapter le dispositif de confortement (positionnement et hauteur).
 Les grillages plaqués sous les ouvrages de filets de câbles pendus sur poteaux présentent
des difficultés d’entretien (création de poches d’accumulation). Le dispositif retenu devra
être conçu de manière à en faciliter l’entretien et donc à pérenniser les ouvrages. Cela
concerne les secteurs où l’accotement en pied de talus n’est pas suffisamment large pour
collecter les blocs éboulés (entre secteurs 1 et 2 notamment, au niveau du virage) ;
 La remise en état des barrières mixtes existantes en pied de talus associé à un
prolongement, voire un renforcement, sur tout le linéaire, là où un accotement le long de la
RD242 est disponible, devrait suffire pour stopper les éventuelles instabilités provenant du
talus dans sa partie inférieure, sous le positionnement des filets de câble pendus. Une
optimisation de la solution de grillages plaqués et/ou pendus prévus sur cette partie du
talus est envisageable et devra être précisée en phase d’étude de projet et/ou d’exécution.
 Cette solution de grillage et/ou filets pendus sur poteaux, reste sensible au risque de
« coup au but » (atteinte d’un poteau par un bloc), notamment en partie basse, qui peut
rendre inefficace le dispositif de protection en cas de chutes répétées. Il convient de
préciser le principe de protection dans les couloirs préférentiels de propagation pour éviter
et/ou minimiser ce risque.

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3.11. Chapitre 3.2 du rapport - « Estimatif quantitatif »

Les quantités présentées semblent cohérentes vis-à-vis du principe de protection proposé et du


schéma de principe présenté en page 14.

4. Conclusions
Nos remarques sur l’étude d’avant-projet de Géolithe pour la sécurisation du PR3+220 à 3+600 de
la RD242 (« cap Tuf ») sont les suivantes :
 Prendre en compte un 4ème secteur vers Ilet à cordes, conformément aux
recommandations des diagnostics précédents du BRGM ;
 Collecter et utiliser les évènements historiques connus afin de caler au mieux les
hypothèses pour les simulations trajectographiques ;
 Préciser la topographie du talus, en utilisant soit un levé topographique précis du site, soit à
défaut les données Litto 3D. La couverture de l’éventuel levé topographique doit concerner
les abords du talus (abords du plateau en partie sommitale, route et talus aval en pied et
abords latéraux sur au moins une dizaine de mètres) ;
 Préciser les indices hydrogéomorphologiques identifiés dans le talus pour qualifier les aléas
de chutes de blocs et d’éboulement en masse ;
 Présenter les résultats détaillés des simulations trajectographiques par taille de bloc. A
prévoir pour les simulations à réaliser lors des phases futures de conception et
d’exécution ;
 Préciser et adapter, voire modifier le principe de parade proposée à partir de simulations
trajectographiques prenant en compte des hypothèses calées et validées (profils et
hypothèses) ;
 Le principe de parade doit également tenir compte de phénomènes plus conséquents en
volume (éboulement en masse) susceptible de se produire. Le rapport d’AVP n’aborde pas
ce point qui reste à préciser. A défaut de solution de protection réaliste techniquement et
financièrement, il conviendra d’évaluer le risque pour la RD242 et ses usagers en cas
d’occurrence d’un tel évènement avec les dispositifs de protection qui seraient retenus ;
 Le choix de la solution de parade doit intégrer les conditions techniques et financières de
l’entretien après la mise en service des ouvrages. Ce point est à préciser lors des études
de conception.

Il convient à ce stade de passer à une phase d’étude de projet géotechnique visant à


dimensionner plus précisément les ouvrages. Des éléments topographiques plus précis sont
indispensables pour cela. Le choix de la solution de confortement devra être effectué à l’issue de
cette phase de définition précise des ouvrages en intégrant son coût dans la réflexion.

RP-61007-FR - SGR/REU 11
Centre scientifique et technique Service Géologique Régional Réunion
3, avenue Claude-Guillemin 5, rue Saint Anne – BP 906
BP 36009 - 45060 Orléans Cedex 2 - France 97478 Saint Denis Cedex
Tel. 02 38 64 34 34 Tél. : 02 68 21 22 14

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