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Chapitre 4 : Systèmes Hyperstatiques Calcul des Structures

1. Généralités
On a vu que dans le cas des systèmes isostatiques, les composantes de réaction et les éléments
de réduction (Nx , Ty , Mz) dans n'importe quelle section se calculent au moyen des équations
d'équilibre de la statique seules.

Il importe de bien noter qu’un système dont les réactions d’appuis peuvent être connues à
partir des équations de la statique mais que ces dernières ne permettent pas de déterminer les
efforts internes Nx , Ty , Mz dans toutes les sections, n’est pas un système isostatique.

Une structure est dite hyperstatique lorsque le nombre d’équations et d’efforts internes connus
sont insuffisants pour la résoudre. Elle comprend plus d’éléments ou de liaisons qu’il n’est
strictement nécessaire pour garantir l’équilibre. Ainsi on définit le degré d’hyperstaticité d’un
système comme une valeur qui donne le nombre d’inconnus supplémentaires.

2. Liaisons surabondantes

On appelle liaisons surabondantes, les liaisons supplémentaires qu’il faudrait supprimer du


système hyperstatique pour obtenir un système isostatique. On a deux types de liaisons
surabondantes :
- Les liaisons surabondantes extérieures que l’on retrouve dans les appuis (les réactions)

- Les liaisons surabondantes intérieures sont celles qui proviennent de la conception


intérieure du système. Généralement, les structures hyperstatiques ont des liaisons
surabondantes tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.

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Chapitre 4 : Systèmes Hyperstatiques Calcul des Structures

3. Degré d’hyperstaticité

Pour les structures hyperstatiques le nombre d’inconnues est supérieur au nombre


d’équations. Le nombre d’inconnues supplémentaires est appelé degré d’hyperstaticité, noté
H.

3.1. Degré d'hyperstaticité des structures planes

D'une manière générale, le degré d'hyperstaticité H d'un système plan est donné par :

H = 3.k + 2.a + r - 3.b

k : Le nombre de liaisons rigides entre deux barres

a : Le nombre d’articulation entre deux barres

b : le nombre de barres

r : le nombre de réaction y compris les encastrements

Exemples

3.2. Degré d'hyperstaticité des systèmes en treillis

La formule ci-dessous permet de déterminer le degré d’hyperstaticité dans le cas des systèmes
en treillis :
b : Le nombre de barres ou membrures
n : Le nombre de nœuds
r : Le nombre de réactions verticales et horizontales
r = 2 : Dans le cas d’un appui double
r = 1 : Dans le cas d’un appui simple
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Chapitre 4 : Systèmes Hyperstatiques Calcul des Structures

Exemple

Application :
Calculer les degrés d’hyperstaticité des structures suivantes :

Remarques :

- On remarque que le calcul du degré d'hyperstaticité est indépendant des charges extérieures
appliquées au système. Il dépond surtout des conditions d'appuis.
- Par ailleurs, il existe deux genres d'hyperstaticité ; une hyperstaticité extérieure et l’autre
intérieure. Cela signifie qu'il y a des inconnues supplémentaires liées aux appuis (réactions
inconnues) et aussi d’autres inconnues liées aux efforts internes.

4. Résolution des systèmes hyperstatiques par la méthode des forces :

La méthode des forces s’applique aux structures hyperstatiques lorsque les liaisons sont
rigides et parfaites. Elle est basée sur le choix d’un système de base qui permet d’identifier les
réactions surabondantes et aussi le principe de superposition du système isostatique simple
avec les charges réelles et des systèmes virtuels avec une charge unitaire.

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Chapitre 4 : Systèmes Hyperstatiques Calcul des Structures

4.1. Principe de la méthode des forces :

La méthode des forces s’appuie principalement sur la validité du principe de superposition.


Dans cette méthode les inconnues sont des forces. Le terme « force » doit être compris ici
dans un sens général, les inconnues pouvant être des efforts internes, des réactions d’appui,
des moments ou des paires de moments, etc. Pour résoudre un système, Le principe de cette
méthode consiste à remplacer la structure hyperstatique en une structure isostatique
équivalente c'est-à-dire que les liaisons surabondantes sont remplacées par des réactions
inconnues qu’il faut calculer.

4.2. Système Equivalent :

Pour la même structure il y a plusieurs choix du système Equivalent. Ci-dessous deux


structures initiales transformées en structures isostatiques équivalentes soumises aux charges
extérieures et aux réactions choisies (les inconnues sont des Xi). On pêut dire donc qu’un
système équivalent est soumis à deux catégories de forces :
- Forces extérieures initiales (les charges réparties, concentrées, …).
- Réactions introduites (les inconnues hyperstatiques).
Exemple :

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Chapitre 4 : Systèmes Hyperstatiques Calcul des Structures

4.3. Système de base :

Le système de base est le système isostatique obtenu par suppression des liaisons
surabondantes dont les actions sont remplacées par des forces inconnues. D'une façon
générale, pour un système hyperstatique donné, on peut choisir plusieurs systèmes
isostatiques de base.
Différentes possibilités de systèmes de bases d’une même structure plane hyperstatique sont
présentées ci-dessous.

4.4. Principe de superposition :

En utilisant Le principe de superposition on peut mettre la structure isostatique équivalente


soumise à un ensemble de chargement (chargement extérieur connu et les chargements
inconnus Xi) sous forme de somme de plusieurs structures dont chacune est soumise à un seul
chargement.

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Chapitre 4 : Systèmes Hyperstatiques Calcul des Structures

4.5. Equations canoniques :

Dans le paragraphe précédent nous avons noté que pour une structure hyperstatique, il faut utiliser
en plus des trois équations d'équilibre, des équations supplémentaires. Dans la méthode des
forces, ces équations sont connues sous le nom des équations "canoniques" de la méthode des
forces.
Le système d'équations canoniques aux inconnues hyperstatiques constitue l'élément de base de la
méthode des forces. Il permet de calculer les inconnues (X1, X2, X3.......Xn).
Dans le domaine élastique linéaire, l’effet produit par une force Xi est égal à l’effet d’une
force unitaire multiplié par Xi.
Etant donné une structure n fois hyperstatique, soumis à des forces extérieures. Les équations
canoniques de la méthode des forces s’écrivent sous la forme analytique suivante :

𝛿11 . 𝑋1+ 𝛿12 . 𝑋2+ 𝛿13 . 𝑋3+ … … … 𝛿1𝑛 . 𝑋𝑛+ ∆1𝑃 = 0


𝛿21 . 𝑋1+ 𝛿22 . 𝑋2+ 2. 𝑋3+ … … … 𝛿2𝑛 . 𝑋𝑛+ ∆2𝑃 = 0
𝛿31 . 𝑋1+ 𝛿32 . 𝑋2+ 𝛿33 . 𝑋3+ … … … 𝛿3𝑛 . 𝑋𝑛+ ∆3𝑃 = 0
………………………………………………… …
……………………………………………………..
{𝛿𝑛1 . 𝑋1+ 𝛿𝑛2 . 𝑋2+ 𝛿𝑛3 . 𝑋3+ … … … 𝛿𝑛𝑛 . 𝑋𝑛+ ∆𝑛𝑃 = 0
Ou sous la forme matricielle :

Chacune de ces équations exprime la condition selon laquelle dans un système hyperstatique,
le déplacement généralisé correspondant à chacune des forces généralisées superflues
inconnues est égal à zéro.
 𝛿𝑖𝑗 : représente le déplacement dans la direction i provoqué par la force inconnue Xj .
 𝛿𝑖𝑖 : représente le déplacement dans la direction i provoqué par la force inconnue Xj
Lorsque i = j.
 ∆𝑖𝑝 : représente le déplacement dans la direction i provoqué par le chargement extérieur.

- Pour la détermination des déplacements généralisés, nous devons utiliser des intégrales de
Mohr ou Veretchaguine (méthode graphique).

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4.6. Les étapes de la méthode des forces :

Les différentes étapes de calcul par la méthode des forces sont les suivantes :
 Déterminer le degré d’hyperstaticité

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 Ecrire les n équations canoniques.


 Choisir le système de base (système isostatique le plus simple)
 Tracer le diagramme des moments fléchissant du système isostatique due aux charges
extérieures
 Tracer les diagrammes ou épures unitaires correspondant au système isostatique sans charges
extérieures et avec Xi =1.
 calculer tous les coefficients et à l’aide des diagrammes de Mohr.
 Résolution du système d’équations canoniques
 Calcul du nouveau système isostatique

5. Applications :

Un portique ci-dessous, constitué de poutre et de poteau de rigidité EI en flexion. Tracer les


diagrammes Mz, Ty , Nx.

 On détermine le degré d’hyperstaticité H (le nombre d’inconnus)

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H = 3*k +2.a + r - 3*b = 3*1 + 2*0 + 5 - 3*2 = 2

 On écrit le système d’équations canoniques :

 Choix du système de base (fondamental)

La structure initiale (hyperstatique) est transformée en une structure isostatique Equivalente


soumise aux charges extérieures et aux deux forces inconnues X1 et X2

 On Trace les diagrammes Mz du système de base ainsi que ceux de ̅̅̅̅


𝑀1 , ̅̅̅̅
𝑀2 lorsque X1 =1
et X2 =1

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 Equations canoniques

 Calculer des déplacements ij

1 𝐿
- 11 : le déplacement provoqué par X1 dans la direction de X1 𝛿11 = ∫0
̅̅̅̅ ̅̅̅̅1 . 𝑑𝑥
𝑀1 . 𝑀
𝐸𝐼
1 𝐿
- 22 : le déplacement provoqué par X2 dans la direction de X2 𝛿22 = ∫ ̅̅̅̅
𝑀2 . ̅̅̅̅
𝑀2 . 𝑑𝑥
𝐸𝐼 0

- 12 = 21 : le déplacement provoqué par X1 dans la direction de X2


1 𝐿
𝛿12 = 𝛿21 = ∫ ̅̅̅̅1 . ̅̅̅̅
𝑀 𝑀2 . 𝑑𝑥
𝐸𝐼 0

- ∆1p : le déplacement provoqué par le chargement dans la direction de X1


1 𝐿
∆1𝑃 = ∫0
𝑀𝑧 . ̅̅̅̅
𝑀1. 𝑑𝑥
𝐸𝐼

- ∆1p : le déplacement provoqué par le chargement dans la direction de X2

1 𝐿
∆2𝑃 = ∫ 𝑀 . ̅̅̅̅
𝑀 . 𝑑𝑥
𝐸𝐼 0 𝑧 2

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On obtient enfin

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