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CES MYSTÉRIEUX PSAUMES IMPRÉCATOIRES

Alfred Kuen

Cet article est composé de plusieurs extraits du livre d’Alfred Kuen, Encyclopédie des
difficultés bibliques, vol. III, Livres poétiques, Éditions Émmaüs, 2009, p. 256 à 265. Ils ont
été reproduits avec l’aimable autorisation de l’auteur et des Éditions Émmaüs. Nous
recommandons cet ouvrage, qui est une mine de réponses face à des questions qui peuvent
se poser à la lecture des Psaumes. En particulier, il répond dans sa partie « Psaumes :
Questions générales » à 26 questions utiles pour entrer dans la compréhension de ce livre.

DEFINITION ET ETAT DES FAITS

Des imprécations isolées se trouvent dans beaucoup de Psaumes, mais dans certains d’entre eux
(55, 59, 69, 79, 109 et 137), l’imprécation constitue l’élément essentiel. Dans ces Psaumes, le
psalmiste demande à Dieu de châtier le méchant conformément à ce qu’il mérite.

Si notre sens du bien ou du mal est notre critère pour déterminer si un passage est inspiré ou
non, il y a de fortes chances pour que nous rejetions ces passages, les considérant comme non
inspirés par l’Esprit de Dieu.

LE PROBLEME

Comment un esprit de vengeance évident peut-il être concilié avec les préceptes du N.T. et avec
l’ordre de Jésus d’aimer ses ennemis et de prier pour ceux qui vous persécutent (Matt 5.44) ?
Trois problèmes se posent :
– Comment peut-on expliquer la présence de ces imprécations dans le recueil d’hymnes
hébreux ?
– Peut-on leur trouver une application dans la vie et le culte des chrétiens ?
– Ces cris appelant à la vengeance et au châtiment peuvent-ils être aussi inspirés que les autres
parties du Livre des Psaumes qui exaltent le caractère de Dieu ?

ÉLEMENTS DE REPONSE

Affirmer que ces Psaumes font partie de la Parole inspirée de Dieu est une condition
préliminaire indispensable à une compréhension correcte de ces paroles. Avant de nous lancer
dans la discussion, nous devons réaffirmer notre confiance dans la Parole de Dieu, nous déclarer
d’accord avec ce qu’a dit Jésus-Christ, reconnaître que David a parlé et écrit sous l’inspiration
de l’Esprit (voir Matt 22.43 ; Marc 12.36 ; Act 1.16 ; 4.25 ; Héb 4.7). Cela exige beaucoup
d’humilité, de renoncement à notre propre jugement comme autorité suprême et de confiance
dans la Parole de Dieu — même si nous ne la comprenons pas.

Le sens de la justice

Les Psaumes imprécatoires sont une prière pour que justice soit faite et que les exigences du
droit soient respectées. Les poètes de l’A.T. étaient très sensibles au mal dû à l’injustice des
hommes. David savait être très généreux envers ses ennemis (Saül, Absalom), mais il pouvait
aussi être outré par des actions cruelles et il demandait alors à Dieu de les juger.
Bien des appels à la vengeance (109.12 ; 137.8) sont des cris arrachés à des cœurs souffrants qui
demandent à Dieu de faire justice et de rétablir le droit. Ces Psaumes veulent réveiller les
sentiments du fidèle pour susciter en lui un cœur sensible à la misère causée par la cruauté. Nous
trouvons la même préoccupation dans le N.T. La parabole du juge inique demande que justice
soit faite à la veuve, et Jésus conclut en disant que « Dieu fera promptement justice à ses élus »
(Luc 18.1-8). Pour que la justice de Dieu s’accomplisse, il faut que le mal soit condamné.

Dans un certain sens, ces poètes anciens étaient proches de Dieu qui « a, pour les péchés de ses
ennemis, l’hostilité implacable qu’exprime le poète. Implacable ? Certes, mais envers le péché,
et non envers le pécheur. Le péché n’est ni toléré, ni ignoré ; il ne fait l’objet d’aucun
compromis. De cette façon, l’attitude impitoyable des psalmistes est plus proche d’un des
aspects de la vérité que bien des attitudes de nos contemporains qui peuvent être prises, à tort,
par ceux qui les adoptent, pour de la charité chrétienne. Les passages féroces des Psaumes
servent à nous rappeler que la méchanceté existe réellement dans le monde et qu’elle (sinon ses
auteurs) est détestable aux yeux de Dieu. »1

L’injustice émeut et provoque de l’indignation. Si ce n’est plus le cas, le mal est banalisé et
accepté.

Le réalisme de la Bible

Le royaume de Dieu ne pourra s’établir qu’après la destruction du royaume de Satan. « Délivre-


nous du mal » implique aussi : « Délivre-nous de ceux qui font le mal », de ceux qui
s’identifient à la cause de Satan. De même, nous prions avec joie pour le retour du Christ, sans
nous arrêter à la pensée que nous prions en même temps pour les événements de 2 Th 1.7-9 2.

Si nous sommes choqués par ces imprécations, cela peut provenir non pas tant de notre
sensibilité chrétienne que d’un manque général d’expérience de la persécution et de notre
incapacité à épouser la cause des chrétiens persécutés. Le Ps 83.3-4 dit : « Voici, tes ennemis
s’agitent, Ceux qui te haïssent lèvent la tête. Ils forment contre ton peuple des projets pleins de
ruse, Et ils délibèrent contre ceux que tu protèges. » Cette situation n’a pas changé. Partout dans
le monde, on entend parler des attaques extérieures et intérieures contre l’Église. Dans le
Deutéronome, Dieu a prononcé des malédictions sur les membres de son propre peuple. À plus
forte raison, maudira-t-il ceux qui s’opposent à lui.

Le cadre de l’alliance

Ces textes sont prononcés dans le cadre d’une société liée par une alliance avec Dieu qui
comprenait un engagement mutuel. En cas de rupture du contrat, des sanctions étaient prévues.
Le psalmiste demande à Dieu de les appliquer et de punir ceux qui transgressaient son alliance.
Cette punition avait aussi un but pédagogique : « Ne laisse pas réussir les projets du méchant, de
peur qu’il ne s’en glorifie ! » (140.9)

L’alliance avec Abraham promettait la bénédiction à ceux qui béniraient la postérité d’Abraham
et la malédiction à ceux qui la maudiraient (Gen 12.1-3). Comme cette alliance était
inconditionnelle, ses promesses restent valables aussi longtemps qu’Israël subsiste en tant que
nation. Sur cette base, David avait donc parfaitement le droit, en tant que représentant de la
nation, de prier que Dieu veuille accomplir ses promesses en maudissant ceux qui maudissaient
ou attaquaient Israël.
Attaquer le roi (représentant oint officiel de la théocratie), c’était attaquer Dieu. Son zèle pour
Dieu inspirait ses prières. Le psalmiste a choisi Dieu pour ami ; les ennemis de celui qui prie
sont donc aussi les ennemis de Yahveh.

Mais les malédictions sont toujours conditionnelles : « Dieu est un juste juge, qui, chaque jour,
fait sentir son indignation à qui ne revient pas à lui. » (7.12-13)

Ces imprécations sont des prières

David avait la passion de la justice ; il n’était pas animé d’un esprit de revanche. Il pouvait être
généreux lorsqu’il était lui-même attaqué (2 Sam 16.11 ; 19.16-23). Il a témoigné sa bonté à un
fils de Saül (qui l’avait persécuté) (2 Sam 9).

Les psalmistes reconnaissent à Dieu seul le droit d’exécuter la vengeance. Il est certainement
préférable de demander à Dieu de nous venger, plutôt que de se venger soi-même. Est-il si
condamnable de demander à Dieu de briser les dents des méchants (58.7) lorsque ceux-ci s’en
servent pour déchirer les justes ? Combien de malheurs seraient évités si, au lieu de nous venger,
nous exposions à Dieu notre amertume et notre misère — tout en traitant nos ennemis de
manière noble et généreuse comme David !

Jésus prie aussi ces Psaumes

Il y a des passages des Psaumes que nous ne pouvons pas reprendre pleinement à notre compte,
par exemple des affirmations comme celles du Ps 18.21-24 : « L’Éternel m’a traité selon ma
droiture, Il m’a rendu selon la pureté de mes mains ; Car j’ai observé les voies de l’Éternel, Et je
n’ai point été coupable envers mon Dieu. Toutes ses ordonnances ont été devant moi, Et je ne
me suis point écarté de ses lois. J’ai été sans reproche envers lui, Et je me suis tenu en garde
contre mon iniquité. » Un seul a pu les redire en toute vérité : Jésus-Christ.

Dans les « je » des Psaumes, c’est le Christ qui parle. Qu’en est-il alors des confessions de
péché dans les Psaumes ? David a confessé ses propres péchés dans ces paroles, mais Jésus les a
priées parce qu’il s’est chargé de nos péchés, s’appropriant nos dettes (2 Cor 5.21).

Dans ce sens, tous les Psaumes sont messianiques parce qu’ils regardent vers le Christ — même
les Psaumes imprécatoires. « Quelle différence cela fait dans notre prédication lorsque nous
savons que ces Psaumes ne sont pas les prières émotionnelles d’hommes coléreux, mais les cris
de guerre de notre Prince de la paix ! »3 Il faut lire ces prières à la lumière d’Apocalypse 19.11-
16.

Sur la croix, Jésus a prié : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » Comment
peut-il alors prier ces Psaumes de vengeance contre ses ennemis ?

Il nous faut voir la personne du Christ dans son entier. Il est le Sauveur miséricordieux et plein
d’amour qui pardonne les péchés, mais il est aussi Celui qui viendra pour juger ceux qui
désobéissent à l’Évangile.

Quel est le but de ces prières ?

Le Ps 83.16-17 dit : « Poursuis-les ainsi de ta tempête, Et fais-les trembler par ton ouragan !
Couvre leur face d’ignominie, Afin qu’ils cherchent ton nom, ô Éternel ! » Nous sommes
appelés à prier pour que Dieu exerce ses jugements sur ses ennemis « afin qu’ils cherchent ton
nom », c’est-à-dire qu’ils se convertissent. Bien des tempêtes (physiques ou morales) ont amené
des gens à se tourner vers le Seigneur.

Le N.T. fait un pas de plus

Dans leur impatience, les psalmistes demandent à Dieu de hâter le jugement. L’Évangile, par
contre, montre que Dieu est désireux de sauver. Dans Jean 13.18, Jésus cite le Ps 41.10 au sujet
de l’ami qui « mangeait mon pain » et qui « lève son talon contre moi », mais il ne prie pas
comme David pour avoir l’occasion de le lui rendre.

L’A.T. ne fait pas de distinction entre le péché et le pécheur. Celui qui combat le péché doit
aussi combattre celui qui le commet. Dieu hait le péché et le détruit. Seules la souffrance et la
mort du Christ ouvrent le chemin vers le fait que le pécheur peut être pleinement gracié et
réconcilié. C’est pourquoi, même dans le N.T., seul celui qui se réfugie auprès de l’Agneau de
Dieu qui porte le péché du monde (Jean 1.29) voit s’ouvrir devant lui la porte du paradis (Luc
23.43). Le Dieu de l’A.T. n’est pas plus saint que celui du N.T. Sa colère reste suspendue au-
dessus du péché. Cet arrière-plan de l’A.T. rend d’autant plus lumineuse la grâce que Jésus-
Christ est venue apporter : tout en condamnant le péché, il voulait sauver le pécheur (Luc 7.47-
50 ; 19.1-10 ; Jean 8.1-11).

Apocalypse 20.11-15 nous révèle que Dieu jugera les méchants dans l’avenir. Mais, comme
indiqué plus haut, nous pouvons prier Dieu pour qu’il paralyse la main des méchants, juge ceux
qui ne veulent pas changer et que la justice soit manifestée sur la terre.
1
C.S. Lewis, Réflexions sur les Psaumes, Éditions Raphaël, 1999, p. 49-50.
2
« Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme
de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de
notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et
de la gloire de sa force. »
3
J.E. Adams, War Psalms, p. 33.
Les Psaumes messianiques
Que comprenons-nous derrière l’expression « Psaumes messianiques » ?

Au soir de sa résurrection, le Seigneur Jésus explique à ses disciples qu’il fallait que soit
accompli tout ce qui était écrit de lui dans la loi de Moise, dans les prophètes et dans les
Psaumes (Luc 24.44).

Par cette référence, Jésus confirme le fait que certains Psaumes portent un caractère particulier
de Psaumes « messianiques », en ce qu’ils parlent de façon directe du Messie promis au peuple
d’Israël.

Parallèlement, on pourrait étendre le concept aux « textes messianiques tirés du Pentateuque »


ou aux « prophéties messianiques tirées des prophètes ». En général, le caractère messianique
d’un texte de l’Ancien Testament est avéré, quand un ou plusieurs auteurs du Nouveau
Testament citent ce texte en relation avec le Messie. Par extension, d’autres parties de la Bible
portent ce caractère, sans être spécifiquement « accréditées comme telles » par le Nouveau
Testament. Il nous faut ici beaucoup de discernement et de sagesse dans l’interprétation des
Écritures, car on risque, dans une recherche trop poussée de typologie, de vouloir rendre
messianique un passage qui ne le serait pas. Au-delà d’une lecture directe, historique des
Psaumes, nous pouvons en relire certains en cherchant à y trouver ce qui annonce par avance
Jésus.

Au cours de son enseignement, Jésus a souvent cité lui-même des Psaumes, afin d’illustrer
ou d’établir une vérité

– Mat 21.16 : « Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la
mamelle. » (Ps 8.2)
– Mat 5.5 : « Heureux les humbles de cœur, car ils hériteront la terre ! » (Ps 37.11)
– Jean 6.31 : « Il leur donna le pain du ciel à manger. » (Ps 78.24)

Jésus nous montre ainsi que la lecture des Psaumes constitue une très riche nourriture spirituelle.
Mais il va plus loin, quand il reconnaît le caractère messianique de certains Psaumes : 
– Marc 12.36 : Il cite un psaume qui annonce la gloire du Messie : « David lui-même, animé par
l’Esprit-Saint, a dit : “Le Seigneur a dit à mon Seigneur : ‘Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce
que je fasse de tes ennemis ton marchepied.’” » (Ps 110.1)
– Jean 15.25 : Il évoque la souffrance du Messie : « Mais cela est arrivé afin que s’accomplisse
la parole qui est écrite dans leur loi : “Ils m’ont haï sans cause.” » (Ps 35.19)
– Jean 13.18 : Il annonce la trahison de Judas : « Il faut que l’Écriture s’accomplisse : “Celui qui
mange avec moi le pain a levé son talon contre moi.” » (Ps 41.9)
– Luc 20.17 : Il démasque le rejet des chefs religieux à son égard : « La pierre qu’ont rejetée
ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. » (Ps 118.22)
N’est-ce pas touchant d’entendre Jésus parler de lui-même, à travers ces citations de Psaumes ?

Cette introduction — que l’on pourrait compléter par de nombreuses citations des Actes et des
Épîtres — nous conduit à parcourir ensemble un de ces Psaumes messianiques, cité dans le
Nouveau Testament en Hébreux 10. 5-7 : le Psaume 40.
Psaume 40
« J’avais mis en l’Éternel mon espérance ; Et il s’est incliné vers moi, il a écouté mes cris. »
(v.1) 
Comme souvent dans les Psaumes, le premier verset peut être lu comme un résumé ou une
introduction à ce qui suit. L’humanité parfaite du Seigneur marchant sur la terre, sa dépendance
et sa patience, sa souffrance, sont évoquées là et se retrouvent dans les versets qui suivent.

« Il m’a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue ; Et il a dressé mes pieds sur le
roc, il a affermi mes pas. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une louange à
notre Dieu. » (v. 2-3a)
Le Psaume commence par la résurrection et la louange. Nous pensons à Jésus victorieux. Après
l’abîme de la mort, évoquée dans des expressions qui rappellent celles qu’utilisait Jonas dans le
ventre du grand poisson, la stabilité d’une vie qui demeure à toujours s’appuie sur le roc. 
Et si nous sommes nous-mêmes au fond d’un puits ou dans un bourbier, nous pouvons penser à
celui qui en est sorti victorieux.

« Beaucoup l’ont vu, et ont eu de la crainte, et ils se sont confiés en l’Éternel. » (v. 3b)
De nombreux témoins oculaires de sa résurrection ont vu et ont cru. C’est le cas de Jean,
« l’autre disciple », entrant dans le tombeau vide (Jean 20.8) ou de Thomas face aux marques
des clous et de la lance (Jean 20.28).

« Heureux l’homme qui place en l’Éternel sa confiance, Et qui ne se tourne pas vers les
hautains et les menteurs ! » (v. 4)
Nous entrevoyons la confiance de Christ comme homme. Il n’était pas tourné vers les
orgueilleux, lui qui était « doux et humble de cœur » (Mat 11.29).

« Tu as multiplié, Éternel, mon Dieu ! Tes merveilles et tes desseins en notre faveur ; Nul
n’est comparable à toi ; Je voudrais les publier et les proclamer, Mais leur nombre est trop
grand pour que je les raconte. » (v. 5)
Ses œuvres et ses pensées sont merveilleuses. L’apôtre s’écriera dans une doxologie : « Ô
profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! » (Rom 11.38) Jean dira aussi
des œuvres du Seigneur : « Si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même
pourrait contenir les livres qu’on écrirait. » (Jean 21.25) Jésus dira aussi : « Le Père aime le Fils
et lui montre toutes les choses qu’il fait lui-même, et il lui montrera des œuvres plus grandes que
celles-ci afin que vous soyez dans l’admiration. » (Jean 5.20, Darby) Partageons-nous cette
admiration ?

« Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, Tu m’as ouvert les oreilles ; Tu ne demandes ni


holocauste ni victime expiatoire. » (v. 6)
Jésus était le « plaisir de Dieu » sur la terre, au-dessus des quatre formes de sacrifice qui nous
sont décrites dans le début du livre du Lévitique et qui sont rappelées ici. À deux reprises, lors
de son baptême et sur la montagne de la transfiguration, Dieu fait entendre sa voix : « Celui-ci
est mon Fils bien aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir. » 
L’humanité de Christ est soulignée dans l’expression : « Tu m’as ouvert les oreilles », traduite
par : « Tu m’as formé un corps » dans la traduction des Septante citée en Hébreux 10.5. Outre le
fait que les Septante aient probablement choisi ici un mode de traduction dit « par équivalence
dynamique » et non pas mot à mot, il est touchant d’entrevoir que toute l’humanité du Seigneur
Jésus — « Tu m’as formé un corps » — se caractérisait par son écoute, son obéissance, sa
soumission à son Père — « Tu m’as ouvert des oreilles ».
Son corps d’homme parfait est présenté comme sacrifice, ultime ressource quand le sacrifice de
prospérité, l’offrande de gâteau, l’holocauste et le sacrifice pour le péché ne nous sont plus «
demandés ».

« Alors je dis : “Voici je viens” » (v. 7a)


Joseph dit : « Me voici » quand son père veut l’envoyer vers ses frères (Gen 37.13). Ésaie dit : «
Me voici, envoie moi » quand Dieu demande : « Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? »
(És 6.8) 
David « se leva de bon matin, […] prit sa charge, et partit » quand Isaï son père lui demanda
d’aller voir ses frères (1 Sam 17.17,20).
Joseph et David, par divers traits de leur caractère et par les expériences de leur vie (par exemple
leur rejet par leurs frères), annoncent par avance celui qui, encore mieux qu’eux, dira : « Voici je
viens. »

« Il est écrit de moi dans le rouleau du livre. C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui
est ton bon plaisir, Et ta loi est au fond de mon cœur. » (v. 7b-8)
Quand Jésus dit à ses disciples étonnés, devant le puits de Sichar : « Ma nourriture est de faire la
volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre » (Jean 4.34), c’est un peu comme
s’il citait ce texte du Psaume 40 pour lui-même. Et voilà que ce même verset fait référence à un
autre rouleau, un autre livre, celui de la loi. C’est comme une chaîne qui commence dans le
Pentateuque, passe par le Psaume 40 et se termine dans les Évangiles et l’Épitre aux Hébreux.
Jésus dira : « Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a écrit à mon sujet. »
(Jean 5.46)

« J’annonce la justice dans la grande assemblée ; Voici, je ne ferme pas mes lèvres,
Éternel, tu le sais !
Je ne retiens pas dans mon cœur ta justice, Je publie ta vérité et ton salut ; Je ne cache pas
ta bonté et ta fidélité dans la grande assemblée. » (v. 9-10)
Jésus est le vrai témoin fidèle. Sa vie se caractérise par la perfection. 
Au cours de son ministère il ne se lassait pas : « Selon sa coutume, il se mit encore à enseigner
[la foule]. » (Marc 10.1) Dans les tout derniers jours avant la croix, « tout le peuple, dès le
matin, se rendait vers lui dans le temple pour l’écouter. » (Luc 21.38)
Jésus a fait une « belle confession devant Ponce Pilate » (1 Tim 6.13). Il n’a pas hésité non plus
devant le souverain sacrificateur, alors qu’il savait quel déchaînement de violence ses paroles
allaient provoquer : « Tu l’as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de
l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. » (Mat 26.64)
Jésus unifie admirablement dans cette seule phrase deux textes messianiques complémentaires :
le Psaume 110.1 (« assis à la droite de la puissance ») et Daniel 7.13 (« Sur les nuées des cieux
arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme »). La situation s’est retournée : Jésus
devient le juge et l’assistance, l’accusée. C’est comme si Jésus donnait, à la dernière heure de
son ministère, la clef de l’expression qu’il aimait tant utiliser pour se désigner lui-même : « le
fils de l’homme » (79 fois dans sa bouche).

«  Toi, Éternel ! tu ne me refuseras pas tes compassions ; Ta bonté et ta fidélité me


garderont toujours.
Car des maux sans nombre m’environnent ; Les châtiments de mes iniquités m’atteignent,
Et je ne puis en supporter la vue ; Ils sont plus nombreux que les cheveux de ma tête, Et
mon courage m’abandonne. » (v. 11-12)
Ce Psaume, qui a introduit Christ comme un sacrifice, le présente maintenant comme celui qui a
porté nos péchés sur lui, les prenant à son compte. Il est semblable au bouc azazel (le bouc qui
s’en va, ou le bouc-émissaire), qui recevait l’imposition des mains du sacrificateur sur sa tête.
Ce dernier y confessait toutes les iniquités et toutes les transgressions du peuple que le bouc
portait au désert (Lév 16. 20-23).

« Veuille me délivrer, ô Éternel ! Éternel, viens en hâte à mon secours !


Que tous ensemble ils soient honteux et confus, Ceux qui en veulent à ma vie pour
l’enlever! Qu’ils reculent et rougissent, Ceux qui désirent ma perte !
Qu’ils soient dans la stupeur par l’effet de leur honte, Ceux qui me disent : Ah ! ah ! » (v.
13-15)
Le Seigneur est passé par la souffrance de la moquerie, du ridicule, d’être différent. Un autre
Psaume messianique dit : « L’opprobre me brise le cœur. » (Ps 69.20) Quelqu’un d’endurci peut
se moquer de l’avis des autres, mais le Seigneur était sensible à la violence des mots et des
regards. Il nous comprend, si nous ressentons parfois des attaques de cette nature.
Il semble que ce Psaume se termine par la croix, alors qu’il avait commencé par la résurrection.
Quand nous nous préparons et participons à un culte d’adoration, ne tombons pas sous la
tyrannie de la chronologie ou de la liturgie. N’hésitons pas à commencer un culte par la
résurrection et la victoire et à reparler de la croix après la célébration de la cène. Il en est de
même dans notre adoration privée, pour laquelle un Psaume comme celui-ci peut nous servir de
base ou d’aide.

« Que tous ceux qui te cherchent Soient dans l’allégresse et se réjouissent en toi ! Que ceux
qui aiment ton salut Disent sans cesse : Exalté soit l’Éternel ! » (v. 16)
Au cœur même de la souffrance, le Messie entrevoit les fruits de son œuvre. Des hommes et des
femmes rechercheront Dieu, se réjouiront en lui et seront l’objet « d’un si grand salut ». Ils
seront un peuple d’adorateurs.
Hébreux 12.2 nous dit : « Jésus, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant
méprisé la honte. » C’est un peu le résumé des trois derniers versets de notre psaume : la honte
(v. 15), la joie (v. 16) et la croix (v. 17).

« Moi, je suis pauvre et indigent ; Mais le Seigneur pense à moi. Tu es mon aide et mon
libérateur : Mon Dieu, ne tarde pas ! » (v. 17)
Sur la croix, le Seigneur Jésus était le pauvre par excellence. On venait de le dépouiller du peu
qui lui restait, ses vêtements, dont la tunique tissée d’une seule pièce. Il sait que la délivrance
viendra de son Dieu, qui ne l’oublie pas. Mais la souffrance est là et le temps est long : « Mon
Dieu, ne tarde pas ! »
Un magnifique soir d’été. Je chante dans une chorale le Psaume 103 mis en musique
spécialement pour l’occasion. C’est le mariage de ma meilleure amie. Je la connais depuis 25
ans. Nous sommes voisines depuis toujours, allons dans la même école, avons souvent été dans
la même classe, partageons la même foi, fréquentons la même église, partons parfois en
vacances ensemble et passons de longues heures à parler, au téléphone ou  de visu !

Pour son mariage, l’oncle de la mariée a donc composé une musique adaptée au Psaume 103 et
une grande chorale chante à pleins poumons : « Mon âme, bénis l’Eternel et n’oublie aucun
de ses bienfaits ! » (v. 2) C’est vrai que, pour Amélie, c’est un grand bienfait que d’épouser un
garçon qu’elle aime, qui partage sa foi et qui, de plus, a de nombreuses qualités. Pour moi, c’est
un peu différent : j’ai vraiment l’impression de la « perdre ». Nos longues heures de discussion
risquent de se réduire considérablement ; c’est normal mais j’en éprouve un petit pincement au
cœur…

« Autant l’orient est loin de l’occident, autant il éloigne de nous nos transgressions. » (v.
12) C’est beau de rappeler en un jour de mariage que Dieu nous a pardonnés toutes nos fautes et
qu’il ne nous les rappelle plus.

« L’homme ! ses jours sont comme l’herbe, il fleurit comme la fleur des champs.
Lorsqu’un vent passe sur elle, elle n’est plus, et le lieu qu’elle occupait ne la reconnaît
plus. » (v. 15-16) Mais quelle idée a eu l’oncle d’Amélie de vouloir nous faire chanter  tout le
Psaume 103 ! Les mariés sont jeunes, beaux, pleins de vie et la vie est devant eux ! Il aurait pu
nous proposer une adaptation du Psaume en omettant ces deux versets…

« Bénissez l’Éternel, vous toutes ses œuvres, dans tous les lieux de sa domination ! Mon
âme, bénis l’Éternel ! » (v. 22)

Quatre jours plus tard, coup de téléphone. C’est la mère de la mariée : « Michel et Amélie sont
auprès du Seigneur ! » Stupéfaction. Incompréhension. C’est un accident de voiture qui les a
tués tous les deux sur le coup, lors de leur voyage de noces. J’avais eu l’impression de
« perdre » ma meilleure amie le jour où elle partait avec son mari, mais là, c’est effectif : je ne la
reverrais plus sur cette terre…

Je passe mes journées à pleurer. Et au milieu de mes larmes et de toutes les pensées qui
m’assaillent, le Psaume 103 me revient : « L’homme ! ses jours sont comme l’herbe… » Je
comprends pourquoi il ne fallait pas supprimer ces deux versets dans l’adaptation musicale. Et,
même si je ne comprends pas pourquoi « elle n’est plus », je comprends un peu la brièveté de la
vie et la souveraineté de Dieu.

Et, dix-sept ans après, je peux dire : « … elle n’est plus… mais la bonté de l’Eternel est de
tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent. » (v. 17)

« Mon âme, bénis l’Eternel ! »


Le Dieu qui se dévoile

Donald A. Carson

Les Éditions Clé ont publié deux recueils de méditations journalières un peu particuliers,
intitulés Le Dieu qui se dévoile. L’auteur, Donald A. Carson, est professeur de Nouveau
Testament à Trinity Evangelical Divinity School aux États-Unis. Il est auteur ou co-auteur de
plus de 40 livres, dont plusieurs ont été traduits en français : citons La prière
renouvelée, Jusques à quand ?(Éditions Excelsis) et Dans l’intimité de Jésus, Jean 14-
17 (Éditions Grâce et Vérité) — tous chaudement recommandés. D’autres de ses ouvrages ne
sont malheureusement disponibles qu’en anglais, dont un commentaire sur l’Évangile selon Jean
qui fait autorité, ainsi qu’une approche remarquablement équilibrée de 1 Corinthiens 12 à 14
intitulée Showing the Spirit. Il est également un conférencier apprécié, dont plusieurs
conférences sont téléchargeables en mp3 sur le web.

Dans Le Dieu qui se dévoile, Donald Carson propose chaque jour la lecture de quatre chapitres
de la Bibleet commente un de ces quatre chapitres, en donnant quelques éléments de contexte et
d’interprétation, agrémentés de quelques applications. C’est cet équilibre entre une vision large,
permettant de saisir le but visé par chaque livre et des mises en relation avec notre monde actuel
qui fait l’immense intérêt de ces deux ouvrages. Le style est clair, concis et met bien en évidence
les articulations de la pensée. Le second volume reprend en fait le même découpage annuel,
mais commente un autre des quatre chapitres proposés.

La qualité de ces courts commentaires fait qu’on reste un peu frustré, car même en rassemblant
les deux volumes, seuls 730 chapitres environ sont commentés sur 1189. On aimerait bien que
les « blancs » soient comblés !

La mise en page est un peu curieuse et n’aide pas toujours à s’y retrouver. Cependant un index
en fin du vol. 2 permet de retrouver l’ensemble des thèmes abordés. On peut ainsi aller
directement au commentaire d’un chapitre particulier.

Ainsi, qu’on décide ou non de se lancer dans l’aventure excitante et enrichissante de la lecture
en un an de toute la Bible, ces deux ouvrages sont une source d’édification de qualité. Nous
reproduisons ci-dessous le commentaire du Psaume 17 (vol. 1, 10 avril), à titre d’exemple, en
rajoutant le texte du Psaume (version Colombe).

Psaume 17

1 Éternel ! écoute ce qui est juste, sois attentif à mon cri,


Prête l'oreille à ma prière (faite) avec des lèvres sans ruse.
2 Que mon droit paraisse devant ta face,
Que tes yeux contemplent la droiture !
3 Tu sondes mon cœur, tu le visites la nuit,
Tu m'éprouves, tu ne trouveras rien :
Ma parole ne dépasse pas ma pensée.
4 À la vue des actions des hommes, par la parole de tes lèvres,
Je me garde des sentiers des violents ;
5 Mes pas sont fermes dans tes voies
Mes pieds ne chancellent pas.
6 Je t'invoque, car tu me réponds, ô Dieu !
Incline vers moi ton oreille, écoute ma parole !
7 Toi qui sauves ceux qui cherchent un refuge,
Montre les merveilles de tes bienfaits,
Par ta droite contre les assaillants.
8 Garde-moi comme la prunelle de l'œil ;
Cache-moi, à l'ombre de tes ailes,
9 Contre les méchants qui me persécutent,
Contre mes ennemis acharnés qui me cernent,
10 Ils se renferment dans leur graisse,
Leur bouche parle avec orgueil,
11 Ils sont sur nos pas, déjà ils nous entourent,
Ils jettent les yeux sur nous, pour nous étendre à terre.
12 On dirait un lion avide de déchirer,
Un lionceau aux aguets dans son repaire.
13 Lève-toi, Éternel, marche à sa rencontre, fais-le plier !
Délivre-moi du méchant par ton épée,
14 Des hommes par ta main, Éternel, des hommes de ce monde !
Leur part est dans la vie,
Et tu remplis leur ventre de ce que tu as mis en réserve ;
Leurs fils sont rassasiés,
Et ils laissent leur superflu à leurs jeunes enfants.
15 Pour moi, avec justice, je verrai ta face ;
Dès le réveil, je me rassasierai de ton image.
Le Psaume 17 est une prière par laquelle David demande à Dieu de prendre sa défense, de le justifier, de lui
donner raison. Certes, le psalmiste sait très bien qu’il n’a pas toujours été juste (cf. Ps 51 !). Il arrive
cependant des situations dans lesquelles le croyant est certain d’avoir agi de façon absolument intègre, selon
une justice tout à fait transparente. C’est le cas de David dans ce Psaume. Si, dans de telles situations, les
adversaires mentent ou lancent une campagne de dénigrement, si, comme un lion, ils s’apprêtent à fondre sur
leur proie pour l’abattre (v. 10-12), comment le juste doit-il réagir ?

La première chose nécessaire est de rechercher humblement le Dieu qui prend sa défense. En
fait, David ne demande pas seulement à être justifié plus tard, il réclame une intervention divine
plus immédiate : « Lève-toi, Éternel, marche à sa rencontre, fais-le plier ! Délivre-moi du
méchant par ton épée. » (v. 13) Il reconnaît que le fait de demander à Dieu de prendre sa défense
le situe du côté de ceux qui ne se contentent pas d’appartenir à ce monde : « Délivre-moi des
hommes par ta main, Éternel, des hommes de ce monde ! Leur part est dans la vie. » (v. 14)

Comme Dieu est souverain, toute justification ne peut venir que de lui : « Que mon droit
paraisse devant ta face, que tes yeux contemplent la droiture. » (v. 2) David en appelle à l’amour
fidèle de Dieu pour les siens : « Toi qui sauves ceux qui cherchent un refuge, montre les
merveilles de tes bienfaits, par ta droite contre les assaillants. » (v. 7)

La Bible répète plusieurs fois cette leçon, partiellement ou entièrement. L’apôtre Paul écrit aux
chrétiens de Rome : « Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien
devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec
tous les hommes. Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère, car il
écrit : ‘À moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai’ [Deut 32.35], dit le Seigneur. » (Rom
12.17-19)

C’est une leçon que les croyants doivent constamment réapprendre et appliquer. Il est facile de
la mettre en pratique quand tout va bien. Mais que faire lorsque des membres d’Église s’en
prennent injustement à votre ministère, lorsque des commérages sapent votre position dans
l’entreprise au profit de ceux qui les répandent, lorsque des collègues à l’université vous
soupçonnent systématiquement de malveillance dans tout ce que vous dites ou faites ? C’est
alors l’occasion de remettre votre défense entre les mains de Dieu ; ses attentions pour les siens
et sa passion pour la justice garantissent leur défense finale.

Cette confiance est propre à nous libérer de tout stress : « Pour moi, avec justice, je verrai ta
face ; dès le réveil, je me rassasierai de ton image. » (v. 15)
LA BIBLE ET LE POULAIN

« Heureux l'homme […] qui trouve son plaisir dans la loi de l'Éternel, et qui la médite jour et
nuit ! » (Ps 1.2)

Quelques chrétiens parlent ensemble de la meilleure manière de lire la Bible.

– Il me semble très important, dit l'un d'eux, de réserver systématiquement chaque jour un
moment à la lecture de la Parole. Le mieux est sans doute de prendre une demi-heure le matin à
cet effet. Sans discipline, on n'arrive à rien.

– C'est très bien, lui répond un autre, mais se forcer à ouvrir sa Bible alors que l'on n'en éprouve
pas le désir, n'est-ce pas un peu hypocrite ? Pour ma part, je préfère la lire quand je me sens
poussé à le faire, et je ne regarde pas le temps passer.

– Permettez-moi de vous donner une illustration, intervient un troisième. Je m'occupe des bêtes
et j'ai souvent été surpris du comportement des jeunes poulains : au cours d'une journée, ils
peuvent aller téter leur mère un nombre incalculable de fois. Oh, bien sûr, ils ne prennent
souvent qu'une petite lampée, en passant, mais ils éprouvent un plaisir immense à s'alimenter à
leur gré. Naturellement, la tétée du matin est généralement plus longue. Mais si un éleveur
consciencieux s'aperçoit qu'un de ses poulains ne s'est pas nourri pendant une journée, il le fera
boire régulièrement, de façon à ne pas laisser dépérir cet animal fragile.

La leçon est claire. L'apôtre Pierre compare la Parole à un « lait spirituel et pur » et souhaite que
nous le désirions aussi ardemment que des enfants (ou des poulains !) nouveau-nés (1 Pi 2.2).
Suivant notre caractère, nous serons davantage portés à ressembler à l'un ou à l'autre des deux
premiers croyants ; leur attitude recèle chacune une part de vérité :

– Il est sans doute très profitable de mettre à part un moment pour s'approcher du Seigneur, par
la lecture de la Bible et la prière. L'envie n'est pas forcément là au départ, mais comme l'on dit, «
l'appétit vient en mangeant » ! Pour autant, ne nous culpabilisons pas si un jour « saute » et ne
nous imposons pas de règles : en tirer fierté serait un piège subtil.

– Ne nous limitons cependant pas à ce seul moment : le psalmiste méditait « tout le jour » (Ps
119.97). Il ne nous est pas toujours possible d'ouvrir physiquement notre Bible, mais on peut
toujours « méditer », c'est-à-dire repenser à ce que nous avons lu précédemment. Et cette «
gorgée », prise au passage, dans le cours d'une journée, aura une saveur toute particulière.
 La Vierge Marie et Christian Rosenkreuz - Laurent K. Djondo (Rays de Sept/Oct 2003)

«Nous sommes tous des Christs en devenir, l’amour spirituel se développe en nous tous, aussi
pourquoi ne serions-nous pas membres de l’une ou l’autre des Eglises chrétiennes qui chérissent
l’idéal du Christ ? Certains des meilleurs collaborateurs de notre Fraternité sont membres, et même,
ministres d’une Eglise. Nombreux sont ceux qui ont faim et soif des enseignements dont se
nourrissent nos âmes, et nous ne pouvons les partager en demeurant à part ; en outre, cela nous fait
négliger une excellente occasion d’aider à élever le niveau de l’Eglise» (Lettre aux Etudiants N°4 –
Max Heindel).

Les étudiants sur le sentier de l’occultisme pourraient avoir


tendance, sans en être vraiment conscients, à se sentir supérieurs
à leurs frères mystiques. Dans l’ouvrage de Max Heindel
«Initiation Ancienne et Initiation Moderne», une image montre une
montagne à deux voies : l’une droite et l’autre serpentée. On
constate que là où les deux voies se coupent, les membres des
Eglises (l’humanité ordinaire) sont plus avancés que les élèves de
l’école occulte de l’intersection inférieure.

Il n’est pas facile pour un occultiste de retourner à l’Eglise


traditionnelle. C’est comme verser de l’eau sur le feu : il doit faire
un grand effort. Il lui faut développer beaucoup d’humilité.
L’Ecole Rosicrucienne rencontre ses élèves à la porte de la
connaissance (feu) ; l’Eglise rencontre ses fidèles à la porte de la
foi (Eau). L'étudiant rosicrucien devra développer la dévotion pour
atteindre l’équilibre, alors que les membres des Eglises ont besoin
de développer une compréhension mentale pour atteindre cet
équilibre.

Quand je suis retourné à mon église (qui se trouve être l'église


catholique), j'ai cherché à découvrir les points de convergence
avec les Enseignements Rosicruciens. Ce qui est le plus apparent chez les catholiques, c’est le
mystère dont ils entourent la Vierge Marie, et la vénération spéciale qu’ils lui accordent. Plusieurs
questions me sont venues à l’esprit, à savoir : la vénération que les fidèles accordent à Marie
contredit–elle les Enseignements Rosicruciens ? Quelle devrait être l’attitude d’un « rosicrucien
catholique » à l’égard de Marie ? Quelle place les Enseignements Rosicruciens accordent-ils au sexe
féminin ? Existe–t-il un lien entre la Vierge Marie, la Mère de Notre Seigneur Jésus-Christ et Christian
Rosenkreutz, Fondateur de l’Ordre de la Rose-Croix ? Y a-t-il un rapport entre le Rosaire et la Rose-
Croix ?

Au cours de mes recherches, j’ai découvert beaucoup de vérités ; la plus merveilleuse concerne les
véritables relations entre la Vierge Marie et Christian Rosenkreutz ; ces relations sont de deux types :
familiales et mystiques.

Relations familiales
Selon les Enseignements de la Sagesse Occidentale, Christian Rosenkreutz est la réincarnation de
Lazare, le Fils de la Veuve, qui fut ressuscité des morts par notre Seigneur Jésus-Christ (voir le
chapitre 4 de «Franc maçonnerie et Catholicisme»). Il est l’un des disciples de notre Seigneur, celui
qu’il aimait le plus. Corinne Heline dit sans équivoque dans son ouvrage «Mystery of the Christos»
que Jean le bien-aimé est Lazare, Lazare étant son nom initiatique.

Jacques et Jean sont les enfants de Salomé et de Zébédée. Salomé et Marie, la mère de Jésus, sont
les enfants d’Anne et de Joachim. Par conséquent, Jacques et Jean sont les neveux de Marie. C’est
ce lien de famille qui poussera Salomé la mère de Jacques et de Jean à intervenir auprès du Maître
pour demander que ses deux enfants soient assis, «l’un à sa droite et l’autre à sa gauche, dans le
Royaume des Cieux» (Matt 20-21).

Ce sont ces mêmes liens de famille qui ont amené à croire qu'ils étaient les enfants de Marie. En fait,
Jacques et Jean sont les cousins germains de Jésus. En hébreu le même mot est utilisé pour
désigner frère et cousin, comme on le trouve dans d’autres langues. Dans Galates 1 :19, l’apôtre
Paul disait à Céphas «Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n’est Jacques, le frère du
Seigneur».

Relations Mystiques
Selon les Enseignements de la Sagesse Occidentale, Dieu, (au niveau de notre système solaire) a
trois aspects : Père, Fils et Jéhovah ou Saint Esprit. Chaque aspect possède deux pôles : le positif et
le négatif ; Jéhovah représente le pôle positif et le Saint Esprit (le Consolateur) le pôle négatif, du
Troisième aspect de Dieu.

Jéhovah a travaillé à travers Moïse pour donner La loi et le Saint Esprit à travers la Vierge Marie.
Marie n’est pas seulement la mère physique de Jésus, elle est aussi sa mère spirituelle. Marie a pris
part aux souffrances de son fils. Marie est allée au secours de son fils Jésus quand il avait rencontré
le Gardien du Seuil de notre humanité qu’il devait racheter plus tard sur la Croix. Son aide pour son
Fils (puis pour beaucoup de croyants) lui a valu le titre de «Notre Dame du Perpétuel Secours».

A propos du Saint Esprit, voici ce que dit Enoch : «Voici le bien-aimé ; Voici le Saint Esprit qui parle
aux prophètes, la Reine de l'Océan de Lumière».
Moïse était l’instrument de Jéhovah et Marie l’instrument du Saint Esprit ; Marie est décrite comme
«la Fiancée du Saint Esprit».

Un mystique a écrit que «l’âme de Marie a offert au Saint Esprit un temple glorieux dans lequel vivre,
un jardin secret dans lequel Lui seul peut pénétrer, un autel sur lequel sont offerts le plus sublime des
sacrifices».

Le Saint Esprit œuvre mieux avec celui en qui les qualités féminines ont été développées et c’est en
la Vierge Marie que ces qualités ont été les mieux développées.

«Qui est celle-ci qui s’avance comme l’aurore,


Belle comme la lune, éclatante comme le soleil,
Terrible comme une armée rangée en bataille ?».
Cantique des Cantiques : 6 :10

Ces paroles sont utilisées pour décrire le Saint Esprit. Au jour de l’Annonciation, l’Ange Gabriel
affirma : «le Saint Esprit descendra sur toi et tu seras enceinte». Marie était présente au milieu des
Apôtres, le jour de la Pentecôte, lorsque le Saint Esprit descendit sur eux. Tous ceux qui cherchent à
s'approcher du Saint Esprit doivent d’abord développer les qualités féminines et maîtriser les désirs
inférieurs en eux.

La première habitation des Frères Aînés s’appelait «La maison du Saint Esprit». La principale
différence entre la Vierge Marie et Christian Rosenkreutz est que Marie suit la voie du cœur (= foi -
élément Eau) alors que Christian Rosenkreutz suit celle du mental (= connaissance - élément Feu).
Mais nous savons que pour avancer sur le sentier, pour atteindre à la Conscience du Christ, nous
devons fouler les deux voies, celle de l’eau et celle du feu.

Parlant de ces deux voies, le Talmud dit : «On peut comparer la loi à deux chemins, l’un de feu et
l’autre de la neige. Celui qui suit le premier périt dans le feu ; celui qui suit le second meurt de froid.
Seule la voie du milieu reste sûre».

Aujourd’hui, de nombreux fidèles sont en quête de connaissances ésotériques et ils doivent pouvoir
trouver satisfaction. Le niveau intellectuel de notre humanité a beaucoup augmenté. L'universalité
des médias, la généralisation de l'éducation, l'application de méthodes scientifiques etc. ont favorisé
l’évolution des mentalités. Les leaders des églises, les prêtres, les pasteurs passent beaucoup de
temps à étudier dans les centres de formation, les séminaires. Aujourd’hui, il existe dans le monde,
un nombre important de fidèles dont le niveau intellectuel est élevé. Une grande partie de la jeunesse
chrétienne a accès aux études supérieures ; elle est en quête d'un niveau plus élevé des
enseignements chrétiens, quelque chose de plus que ce qui est enseigné dans les classes de
catéchisme et de Bible.

Comme Max Heindel conseille à ceux qui suivent la voie de la connaissance de retourner à leur
église afin d'accélérer leur croissance de l’âme, de même, les membres des Eglises doivent t-ils
s’ouvrir aux enseignements ésotériques occidentaux pour compléter leur formation chrétienne.

Certains pensent que l’intellect n’est pas important dans la recherche de Dieu. Cela est inexact. Les
fidèles des Eglises qui aspirent à la sainteté ont aussi besoin de connaissances ésotériques, pour
comprendre les expériences spirituelles qu'ils vivent sur la voie qui mène à la sainteté. Afin d’être
spirituellement équilibré, chaque chrétien doit développer les deux voies, celle de la tête et celle du
cœur. Saint Louis-Marie de Grignon de Montfort (1673-1716), conscient de cette vérité, insistait sur le
fait qu’on ne doit pas réciter le chapelet d’une manière passive mais que la tête et le cœur doivent y
participer.

De nos jours, la communauté chrétienne devrait promouvoir la création d'écoles ésotériques


intellectuelles et mystiques. Dans un proche avenir, «La Cosmogonie des Rose-Croix» de Max
Heindel sera très demandée par les chrétiens, car cet ouvrage fait appel à la fois à la tête et au cœur.

A travers la Vierge Marie et Jean le bien-aimé, le Christ a rétabli l’équilibre que l’humanité a perdu
pendant la « Guerre des Cieux ». Avant cet événement, les constellations de la Vierge et du Scorpion
ne faisaient qu'un. Cette guerre a changé l’axe polaire de chacune des planètes ainsi que le rythme
planétaire de tout notre système solaire et séparé les constellations de la Vierge et du Scorpion (voir
«Le message occulte de la Bible» de Corinne Heline. (Tome 1 - chapitre I, XV et XXII). Cette
disharmonie a duré jusqu’à l’arrivée de notre Seigneur le Christ. Quand le Christ était sur la croix, il a
réuni à nouveau, sur le plan spirituel, les constellations de la Vierge et du Scorpion. Notre Seigneur a
pu réaliser ce Grand Œuvre grâce à ces deux disciples : la Vierge Marie et Jean le bien-aimé,
représentant respectivement, la Vierge et le Scorpion.

Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : «Femme, voilà ton fils».
Puis il dit au disciple : «voilà ta mère». Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui (Jean 19 : 26-
27).

Selon les Enseignements de la Sagesse Occidentale, Christian Rosenkreutz est la réincarnation de


Lazare - Jean, le neveu de la Vierge Marie. Au moment de la résurrection de Lazare, le Christ initiait
Jean son disciple le plus avancé dont le nom initiatique est Lazare, au nouveau Mystère Solaire.

Christian Rosenkreutz fonda l’Ordre de la Rose Croix en l’an 1313, dans le but d’apporter au monde
des enseignements qui pourraient élever la conscience de l’humanité par la connaissance et le
service aimant et désintéressé. Dans l’emblème rosicrucien, la croix symbolise la matière, le corps
physique et les roses représentent l’âme. Lorsque l’Ego travaille consciemment sur ses différents
corps, il fait croître l’âme qui, elle-même nourrit l’Esprit. Le Rosicrucian Fellowship est une école
préparatoire de l’Ordre de la Rose-Croix dont la mission est de promouvoir la Conscience de l’Ere du
Verseau, qui débutera vers l’an 2600.

Le Chapelet
En l’an, 1214, la Vierge Marie fonda l’Ordre du Rosaire, «Rosa Mystica». Dans l’ouvrage de Saint
Louis Grignon de Montfort «Le Secret du Rosaire», il décrit l’origine et la pratique du chapelet comme
cela a été communiqué à Saint Dominique (1170-1221) par la Vierge Marie. Montfort, dans son
ouvrage, appelle les grains du chapelet des «Roses». Le Chapelet est donc composé d’une croix et
de roses.

Une des significations du mot «rosaire» est : couronne de roses. Celui qui récite le chapelet tisse une
couronne de roses sur la tête de Notre Seigneur Jésus Christ. Le chapelet ordinaire est composé de
5 dizaines de grains. Le Rosaire consiste à prier un «Je vous salue Marie» par grain et à parcourir
trois fois le chapelet pour obtenir 150 «roses» au total (qui correspondent aux 150 Psaumes). A
chaque décade de grains, celui qui récite le chapelet contemple l’un des 15 Mystères qui sont le
résumé de l’Evangile et la voie de la réalisation.

Les 15 Mystères sont divisés en trois parties : 

1. Mystères Joyeux :

 Annonciation
 Visitation
 Nativité à Bethléem
 Présentation au Temple (Circoncision)
 Jésus dans le Temple à 12 ans.

2 – Mystères Douloureux :

 Agonie au Jardin des Oliviers


 Flagellation
 Couronnement d’épines
 Jésus porte sa croix
 Crucifixion.

3 – Mystères Glorieux :
 Résurrection
 Ascension
 Pentecôte
 Assomption de Marie
 Couronnement de Marie au Ciel.

«Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds
et douze étoiles couronnent sa tête» (Apocalypse 12,1). Selon Saint Louis Grignon de Montfort,
chaque cycle de 50 répétitions correspond aux versets 2-5 : 11 de l'épître aux Philippiens que l'on
retrouve dans notre «Service du Temple».

 Les Mystères Joyeux correspondent à «Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus
Christ, qui s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant
semblable aux hommes».
 Les cinq Mystères douloureux correspondent aux versets «Et quand il se fit homme, il se
rabaissa Lui-même et se montra obéissant jusqu’à la mort, jusqu’à la mort sur la croix».
 Les cinq Mystères Glorieux correspondent aux versets «C’est pourquoi Dieu l’a
souverainement exalté et lui a donné un nom aux dessus de tout nom, afin qu’au nom de
Christ Jésus tout genou fléchisse et toute langue confesse qu’il est Seigneur à la gloire de
Dieu le Père».

Le Rosaire peut-être vu comme un procédé qui vivifie et intériorise tout l’Evangile afin d’unir la tête et
le cœur de celui qui prie et contemple la vie de Jésus-Christ et de Marie. Lorsqu'on additionne les
chiffres du nombre 15 (15 Mystères) on obtient 6 qui est le nombre clé de la Vierge Marie et de
Christian Rosenkreutz ; six est le nombre du service, le nombre clé de la sixième maison et du signe
de la Vierge du Zodiaque. C’est aussi le mot de passe du Rosicrucian Fellowship.

C’est en étendant toujours plus sa capacité de servir, que l’homme avance vers la divinité. Notre
Seigneur Jésus Christ dit : «Que celui qui veut être le premier et le plus grand parmi vous soit le
dernier et le serviteur de tous» (Marc, 9-35).

Quand vous additionnez les trois premiers grains de «Je vous salue Marie» aux 150 nous arrivons au
nombre 153, ce qui donne le nombre 9 qui est un nombre très important dans la vie de la Vierge
Marie et du «Chrétien à la Croix et la Rose».
L’angélus qui annonce un exercice de dévotion commémorant et honorant Marie, sonne 3 x 3 = 9
fois. Quand Pierre sur l’ordre du Seigneur jeta le filet à droite de la barque, il prit 153 poissons,
correspondant au nombre 1+5+3 = 9. Le même nombre 9 représente les 144.000 qui sont sauvés
dans l’Apocalypse.

Selon les Enseignements de la Sagesse occidentale, neuf est le nombre de la Libération, de


l’Initiation ; il existe 9 Initiations Mineures. Le neuvième mois (octobre) du calendrier est le mois du
rosaire ; ce mois est gouverné par deux planètes : Mercure et Venus qui gouvernent la Vierge dans le
Zodiaque naturel ou sidéral et Venus (affection) qui gouverne la Balance dans le Zodiaque
intellectuel ; c’est au cours du mois d’octobre que le mystique peut le mieux unir en lui, les deux
forces de la tête et celle du cœur. Ces deux forces sont bien amalgamées dans l’antienne de Catena
qui est une prière à la Vierge Marie, une force pour lutter contre les mauvais esprits : «Quelle est
Celle qui s’avance comme l’aurore, belle comme la Lune, éclatante comme le Soleil, terrible comme
une armée rangée en bataille ?».

Prié avec le cœur, le rosaire aide à développer l’aspect dévotionnel ; fait révérencieusement, avec
concentration mentale, une telle pratique pourra accélérer le développement spirituel de l'étudiant
ésotérique. Parce que Max Heindel pensait que les écrits rosicruciens manquent d'éléments
dévotionnels, il conseillait la lecture de l’ouvrage de Thomas à Kempis «L'Imitation de Jésus-Christ».

Marie est universelle, elle est la mère de notre Frère Aîné Jésus qui a apporté le salut à notre
humanité.

Au début de cet article, nous avons posé les questions suivantes : 

 Quelle doit être l’attitude du catholique rosicrucien à l’égard de la Vierge Marie ?


 Qu’elle est la place du sexe féminin dans les Enseignements Rosicruciens ?

Un étudiant rosicrucien devrait se sentir libre de vénérer la Vierge Marie et de réciter le rosaire, s'il s'y
sent enclin. «La Madone et l'Enfant» est un thème de tous les temps. Il contient l’idéal suprême de la
maternité comme on le trouve chez la Vierge Marie, la Mère immaculée de Jésus, porteur du Christ.
La Vierge Marie est l’une des incarnations de la Madone Eternelle ; elle s’est incarnée à travers
d’autres Mères telles que Isis en Egypte, la Vierge Frigga en Scandinavie, la Reine du Ciel au
Mexique.

Marie était, et est, une grande Enseignante Spirituelle qui légua à son fils les richesses de sa
profonde sagesse. Elle est le plus haut Initié qui se soit incarné dans un corps féminin. Dans
l’ouvrage en sept tomes «Le message occulte de la Bible», écrit par Corinne Heline avec les
encouragements de Max Heindel, il est dit que la Célèbre Madone peinte par Raphaël dans la
chapelle Sixtine fut utilisée dans des écoles ésotériques chrétiennes comme thème de méditation.
Parmi les premières images que les pionniers étudiaient et interprétaient se trouvait l’image de la
Mère et de l’Enfant. Chaque temple mystique possédait un sanctuaire de guérison où l'on enseignait
aux malades comment projeter leur conscience dans la Mémoire de la Nature d’où il recevait la force
de guérison qui émanait de l’image sainte de la Mère Divine.

L’auteur de l’Apocalypse, qui plus tard devint le «Chrétien à la Rose et la Croix», écrit à propos de la
Mère Cosmique : «Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, et la lune
sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête» (Apocalypse 12-1).

L’église catholique vénère Marie, elle ne l’adore pas. La demande à l’égard de la Vierge Marie est «
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous … », alors que la prière du fidèle à l'intention du Christ
est «Seigneur aies pitié de nous». En vénérant la Vierge Marie, nous ne sombrons pas dans la
«Mariolâtrie» ; ce n’est pas à la Vierge Marie «extérieure» que nous nous adressons mais à la Vierge
Marie «intérieure». Les membres du Rosicrucian Fellowship travaillent, en particulier, à
l’émancipation de la femme dans tous les domaines de la vie.

Selon les Enseignements de la Sagesse Occidentale, l’Ego humain se réincarne alternativement


dans des corps masculins et féminins. Le but de cette alternance est de permettre à l’Ego de recevoir
toutes les leçons pouvant être tirées des expériences vécues sous l’influence de chaque signe, ces
expériences n’étant pas les mêmes pour l’homme et pour la femme. Cela lui permet d’apprendre
toutes les leçons qui peuvent être tirées des conditions qui existent sur Terre. Ce que font
présentement les hommes pour la promotion des femmes leur profitera dans leur prochaine
incarnation en tant que femmes.

Quand on a posé à Max Heindel la question de connaître son point de vue sur le suffrage de la
femme, voici ce qu’il dit (Q&R T1-n°185) : «La femme, au contraire de l’homme, possède un corps
vital positif et il en résulte qu'elle est intuitivement en contact avec les vibrations spirituelles de
l'univers. Elle est plus idéaliste et imaginative, prenant un grand intérêt à toutes les choses qui
tendent à l'élévation morale de la race humaine, et comme ce n'est que par la croissance morale et
spirituelle que l'humanité peut progresser actuellement, la femme est vraiment le premier facteur de
l'évolution. Ce serait un immense bienfait pour la race humaine si on lui accordait, en toutes choses,
des droits égaux à ceux de l'homme. Tant que cela ne sera pas, nous ne pouvons espérer voir les
réformes qui uniront vraiment l'humanité. Nous voyons cela, par analogie, si nous considérons le
foyer où la femme est vraiment le pilier central, autour duquel se groupent le mari et les enfants.
Selon sa capacité, elle fait le foyer ce qu'il est, elle est l'influence qui cimente, qui pacifie. Le père
peut mourir ou quitter la maison, les enfants peuvent s'éloigner, tant que la mère reste au foyer, le
foyer subsiste ; mais que la mère soit enlevée par la mort, aussitôt le foyer est brisé. Certains diront,
«D'accord, mais si la femme se consacre à la politique, son foyer sera tout aussi bien brisé». Or c'est
là une chose qui n'est pas à craindre. Il se peut que, pendant la période de transition où la femme
devra lutter pour acquérir ses droits, elle néglige plus ou moins son foyer, cela jusqu'à ce qu'elle se
soit adaptée aux conditions nouvellement créées ; mais dans les pays où ces conditions sont déjà
établies, aucun foyer n'a été détruit, et il en est résulté beaucoup de bien, car les femmes sont
toujours à l'avant-garde du progrès moral. Alors que les lois sont des expédients pour élever
l'humanité à un plan supérieur, où chacun sera une loi en lui-même faisant ce qui est juste sans
contrainte, il est néanmoins nécessaire, de nos jours, de réaliser légalement de telles réformes».

La Vierge Marie et Christian Rosenkreutz ont tous deux atteint la Conscience de la Période de
Vulcain à travers Le Grand Œuvre qu'ils ont accompli sous la guidance du Christ. Ils ont donc
dépassé la Conscience de la Période de Vénus qui est décrite comme Objective, Soi-Consciente,
Créative et Tout-Amour. La Vierge Marie a souvent été représentée avec un cœur au centre de la
poitrine pour symboliser l’équilibre parfait entre la tête et le cœur. Si l'on représentait Christian
Rosenkreutz, il aurait également un cœur au centre de la poitrine. La Vierge Marie et Christian
Rosenkreutz ont surmonté la mort ; ils possèdent une conscience ininterrompue dans ou hors du
corps physique. La Vierge Marie travaille principalement avec les Eglises et les chercheurs mystiques
; Christian Rosenkreutz travaille avec les gouvernements, la science et les chercheurs spirituels à
prédominance mentale. Savoir si le rosicrucien doit retourner à son église est une question
individuelle. Max Heindel donne le conseil suivant à ce propos :

«Bien entendu, chacun est entièrement libre de ces décisions. On ne vous demande pas de devenir
membres d’une Eglise, ni même de prendre part à ses services, mais si vous y aller dans l’idée de
vous rendre utiles, je puis vous promettre que vous ferez l’expérience d’une merveilleuse croissance
spirituelle en un temps très court» (Lettres aux Etudiants n° 4).
Conférence basée sur l'Enseignement rosicrucien
légué à Max Heindel par les Frères Aînés de la Rose-Cro