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Des soins de la chair

Grand Évangile de Jean Tome 2 Chapitre 12 Jacob Lorber

1. (Le Seigneur :) « Retenez bien ceci : lorsque vous arriverez en un lieu où vous
verrez les humains des deux sexes très bellement faits et parés, passez votre
chemin au plus vite ; il n'y a là rien à attendre pour le royaume de Dieu, car il y a
déjà là au moins la moitié de Sodome et Gomorrhe ! Et le jugement de Dieu n'est
pas loin de s'abattre sur un tel lieu ; car ces âmes trop incarnées, qui pour la plus
grande part de leur existence très singulière ont enfoui presque toute
conscience dans le tombeau de la chair, sont trop solidement liées de tous côtés.
Et dès que quelques mauvais esprits de l'air à la nature encore brute et grossière
s'insinuent dans leur belle chair, ces âmes ligotées ne peuvent leur opposer
aucune résistance et succombent très vite avec leur chair qui, parce qu'elle est
trop mêlée à l'âme, est beaucoup plus réceptive et sensible que la chair du corps
d'une âme libre.
2. Saisissez donc fermement par le bras ou toute autre partie du corps une de ces
délicates filles de la ville, et elle criera de douleur ; mais allez trouver à la
campagne un paysan qui, hormis son travail, a également grand souci de son âme
et de celles de ses enfants, et vous aurez beau saisir et secouer les mains de ce
paysan et de ses enfants aussi fort que vous le voudrez, ils ne pousseront pas de
bien grands cris de douleur ou de peur !
3. Vous pensez sans doute que cette insensibilité a pour origine le dur labeur et
l'endurcissement qui en résulte ? ! Oh, non, Je vous le dis ; au contraire, cette
plus grande insensibilité est uniquement la conséquence d'une plus grande liberté
de l'âme acquise par toutes sortes de renoncements, et qui provoque en même
temps un juste endurcissement de la chair.
4. Mais là où on apporte tous ses soins à l'attendrissement de la chair, où il y a
même des écoles pour montrer comment rendre le corps le plus harmonieux
possible par toutes sortes de gymnastiques et l'attendrir ensuite par des baumes et
des huiles, il n'y a plus d'âme libre et forte ; et il suffit d'un léger souffle
empoisonné sur ces corps d'une écœurante faiblesse pour que la mort fasse sans
peine une riche moisson.
5. C'est alors que s'élèvent à nouveau les lamentations et les plaintes, et tous ces
hommes de peu de foi ouvrent la bouche l'un après l'autre et disent : "Quel plaisir
peut donc trouver Dieu à infliger sans cesse aux hommes les maux les plus divers?!"
Ils affirment que cela montre qu'il n'y a pas de Dieu, ou que Dieu est bien
trop au-dessus des hommes pour Se soucier encore de ces misérables vers de
terre, ou que Dieu est affamé de sacrifices et avide d'encens et qu'il faut L'apaiser
par de somptueuses offrandes, des incantations magiques et de l'encens ! Ou
encore, ils disent que Dieu est en colère, qu'il Se venge à présent sur la faible et
innocente humanité et qu'il faut donc faire pénitence sous le sac et la cendre et
jeter au Jourdain au moins douze boucs émissaires !
6. Mais il ne vient à l'idée de personne que toutes les souffrances, toutes les
maladies, toutes les guerres, toutes les disettes, famines et pestes viennent uniquement
de ce que l'homme, au lieu de tout faire, selon l'ordonnance divine, pour
son âme et son esprit, ne fait tout que pour son corps !
7. On prêche sans doute, mais on prêche à des âmes mortes la crainte d'un Dieu
auquel le prédicateur à l'âme morte ne croit plus lui-même depuis longtemps, ne
croyant qu'à ce qu'on lui donnera pour son sermon et aux honneurs et à la
considération que lui vaudra son talent étudié de prédicateur. C'est ainsi qu'un
aveugle conduit un autre aveugle, qu'un mort veut rendre la vie à un autre mort.
Le premier prêche pour son corps, le second écoute le prêche à cause de son
libre arbitre.
corps. Mais quel bénéfice peut-il y avoir là pour une âme malade au plus haut
point ?
8. Je suis un Sauveur ; comment puis-Je faire de telles choses ? se demandent les
hommes morts, donc tout à fait aveugles. Or, Je vous le dis, Je ne guéris pas la
chair, mais, chaque fois qu'une âme n'est pas encore indissolublement confondue
avec sa chair, Je Me contente de libérer cette âme et, dans la mesure où cela est
possible, d'éveiller l'esprit enfoui dans cette âme. Celui-ci fortifie aussitôt l'âme
qui devient libre, et il est alors facile à celte âme de rétablir instantanément
l'ordre normal au lieu des infirmités de la chair.
9. On appelle cela une guérison miraculeuse, alors qu'il s'agit véritablement de la
guérison de la chair la plus naturelle qui soit ! Tout un chacun peut donner ce
qu'il a ; mais nul ne peut donner ce qu'il n'a pas !
10. Celui qui possède une âme vivante selon l'ordonnance divine et dans cette
âme un esprit libre, celui-là peut aussi libérer, lorsqu'elle n'est pas encore par trop
incarnée, l'âme de son frère, et celle-ci guérit alors très facilement sa propre chair
malade. Mais si le médecin de l'âme a lui-même une âme très malade et bien plus
morte que vivante, comment pourra-t-il donner à une autre âme ce qui lui fait à
lui-même entièrement défaut ?! Réfléchissez bien à cela !
11. Je vous ai ainsi expliqué les conditions pour devenir Mes disciples, et les
maux du monde jusqu'à leur ultime vraie cause. À présent, faites comme vous
voudrez ! Je ne vous prends pas pour disciples ni ne vous refuse de l'être. Mais si
vous voulez devenir Mes disciples, il vous faut avant tout rendre vos âmes libres
et fortes, sans quoi il ne vous servirait à rien d'être des disciples de Ma doctrine !»

Source: http://www.scribd.com/doc/18632389/Jacob-Lorber-Grand-Evangile-de-JeanV3